Séance 1 - L’organisation
administrative territoriale
Mise à jour : octobre 2017
Transcription de l’animation n° 3 : Les grandes étapes de
la décentralisation depuis 1982
Les grandes étapes de la décentralisation depuis 1982
L’acte I de la décentralisation : 1982 / 2003
Mars 1982
Loi n° 82-213 du 2 mars 1982 relative aux droits et libertés des communes, des départements
et des régions renforce et développe le processus décentralisateur. Les points forts de la loi
sont les suivants : l’établissement public régional crée en 1972 devient une collectivité
territoriale : la région ;
le préfet arrête d’être l’exécutif de la collectivité territoriale départementale et de la région ;
Les tutelles administratives, financières et techniques exercées sur les collectivités territoriales
sont supprimées et elles sont remplacées par des contrôles juridictionnalisés exercés par des
organes chargés de dire le droit, ces contrôles sont confiés aux tribunaux administratifs et aux
nouvelles chambres régionales des comptes.
Le contrôle exercé ne sera pas d’opportunité mais de légalité.
La loi du 2 mars , dans son article 1er, annonce un vaste programme législatif : « Des lois
détermineront la répartition des compétences entre les communes, les départements, les
régions et l'Etat, ainsi que la répartition des ressources publiques résultant des nouvelles règles
de la fiscalité locale et des transferts de crédits de l'Etat aux collectivités territoriales,
l'organisation des régions, les garanties statutaires accordées aux personnels des collectivités
territoriales, le mode d'élection et le statut des élus, ainsi que les modalités de la coopération
entre communes, départements et régions, et le développement de la participation des
citoyens à la vie locale ».
7 janvier / 22 juillet 1983
Les lois du 7 janvier et du 22 juillet 1983 répartissent les compétences entre les communes, les
départements, les régions et l’Etat.
26 janvier 1984
La loi du 26 janvier 1984 sur le statut de la fonction publique territoriale substitue pour les
agents locaux le système de la carrière au système de l’emploi : intégrés dans le grade d’un
cadre d’emplois, les fonctionnaires territoriaux peuvent avoir accès aux emplois auxquels ils
ont vocation, dans les collectivités et établissements publics.
16 mars 1986
Première élection au suffrage universel direct des conseillers régionaux.
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3 février 1992
La loi relative aux conditions d’exercice des mandats locaux prévoit deux séries de mesures.
La première vise une large ouverture de l’accès aux mandats locaux.
La seconde série de mesures doit garantir la transparence des modalités d’indemnisation et
pour ce faire sont mis en place un barème indemnitaire, une limite au cumul des mandats ;
et, de plus, la loi soumet à impôt les indemnités perçues.
6 février 1992
La loi relative à l’administration territoriale de la République améliore l’information des
citoyens (mise à disposition des documents budgétaires), relance la coopération
intercommunale (création des communautés de communes et des communautés de villes)
et renforce les droits des élus au sein des assemblées locales.
1er juillet 1992
Décret portant charte de la déconcentration. Celle-ci devient la règle générale de
répartition des attributions et des moyens entre les différents échelons des administrations
civiles de l’Etat.
4 février 1995
La loi d’orientation relative à l’aménagement et au développement du territoire du 4 février
1995 constitue un premier aboutissement du renouveau des politiques d’aménagement du
territoire. Elle prévoit notamment l’établissement d’une série de schémas régionaux et prône
la mise en place d’une péréquation entre collectivités riches et pauvres.
9 octobre 1997
Henri Guaino, commissaire au Plan, rend public le rapport "Cohésion sociale et territoires",
rédigé sous la direction de M. Jean-Paul Delevoye, président de l’Association des maires de
France (AMF), qui milite pour une "refondation" de la politique de décentralisation, "l’échelon
local" permettant plus facilement de lutter contre l’exclusion.
12 juillet 1999
La loi n° 99-586 du 12 juillet 1999 relative au renforcement et a la simplification de la
coopération intercommunale avait trois objectifs : simplifier les différentes règles applicables
aux EPCI, favoriser le développement de l’intercommunalité en milieu urbain, tout en
conciliant sa réussite en milieu rural et encourager l’adoption de la taxe professionnelle
unique.
Le respect de ces objectifs imposait une nouvelle organisation institutionnelle à travers une
simplification des structures de l’intercommunalité et de leur mode de fonctionnement. Pour
ce faire, les communautés de villes et les districts sont appelés à disparaître au profit de trois
structures :
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La communauté urbaine, la communauté de d’agglomération et de la communauté de
communes. Ces trois structures sont dotées d’une fiscalité propre, doivent être sans enclave
et d’un seul tenant et ont des règles de fonctionnement communes.
11 juillet 2000
Dans le cadre de la mission d’information du Sénat sur la décentralisation, un rapport de
Michel Mercier intitulé "Pour une République territoriale : l’unité dans la diversité", prône une
"vigoureuse" relance de la décentralisation, fondée notamment sur un nouveau contrat de
confiance avec l’Etat.
17 octobre 2000
Pierre Mauroy, sénateur (PS) du Nord, remet à Lionel Jospin, Premier ministre, le rapport «
refonder l’action publique local » issu des travaux de « la Commission sur l’avenir de la
décentralisation » qui contient 154 propositions : notamment, généralisation de
l’intercommunalité et élection au suffrage universel direct des structures intercommunales ;
instauration d’un conseil départemental au lieu du conseil général ; élargissement de la
compétence des régions ; mise en cohérence de la durée de l’ensemble des mandats
locaux (ramenés à 6 ans) et de leurs statuts ; réunion d’une conférence annuelle de la
décentralisation; renforcement de l’autonomie fiscale des collectivités.
27 février 2002
La loi du 27 février relative à la démocratie de proximité permet une meilleure association
des citoyens aux décisions locales en renforçant la démocratie participative et les droits de
l’opposition au sein des assemblées délibérantes ; elle améliore aussi les conditions d’accès
aux mandats locaux et leurs conditions d’exercice.
L’acte II de la décentralisation : 2003 / 2007
28 mars 2003
La loi constitutionnelle du 28 mars 2003 donne une assise constitutionnelle à la
décentralisation et aux collectivités territoriales et met en place une nouvelle architecture
des pouvoirs : « la France a une organisation décentralisée ». Le principe d’une organisation
décentralisée reçoit des applications qui peuvent être identifiées sous les termes suivants :
Subsidiarité et proximité : « Les collectivités territoriales ont vocation à prendre les décisions
pour l’ensemble des compétences qui peuvent le mieux être mises en œuvre à leur échelon
»,
Spécificité : les régions et les collectivités territoriales à statut particulier figurent maintenant à
côté des communes, départements et des collectivités d’outre-mer.
Expérimentation : Un droit à expérimentation est reconnu d’une manière générale par un
ajout à l’article 37 de la constitution qui prévoit que « la loi et le règlement peuvent
comportement pour un objet et une durée limitée des dispositions à caractère
expérimental.».
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Autonomie financière : La constitution reconnait aux collectivités territoriales une liberté des
dépenses. Cette liberté reste toutefois encadrée par la loi qui pourra notamment leurs
imposer des dépenses obligatoires.
Toute création ou extension de compétences ayant pour conséquence d'augmenter les
dépenses des collectivités territoriales est accompagnée de ressources déterminées par la
loi. La loi prévoit des dispositifs de péréquation destinés à favoriser l'égalité entre les
collectivités territoriales.
Participation populaire : les électeurs de chaque collectivité territoriale bénéficient d’un droit
de pétition.
1er août 2003
Une loi organique du 1er août 2003 relative à l’expérimentation prévoit que l’expérimentation
ne devra pas excéder une durée de cinq ans susceptible d’être prorogée pour une durée de
3 ans
29 juillet 2004
La loi organique 2004-758 du 29 juillet 2004 prise en application de l’article 72-2 de la
Constitution relative à l’autonomie financière des collectivités territoriales.
13 août 2004
Parution au Journal officiel de la loi 2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés et
responsabilités locales. La loi énumère l’ensemble des compétences transférées par l’Etat
aux collectivités territoriales.
L’acte III de la décentralisation : 2007 /….
16 décembre 2010
Après un discours présidentiel de septembre 2008, le président de la République met en
place « un comité pour la réforme des collectivités locales » présidé par Edouard Balladur,
ancien Premier ministre, celui-ci lui remet un rapport intitulé « Il est temps de décider ».
Le Gouvernement pour donner forme législative à cette volonté de réforme élaborera des
projets de loi. Cela aboutira, dans un premier temps, à la loi n°2010-1563 du 16 décembre
2010 de réforme des collectivités territoriales.
Parmi les 90 articles de la loi, quelques dispositions peuvent être signalées. La loi créé les
conseillers territoriaux, nouvelle catégorie juridique d’élus locaux appelés à siéger au conseil
régional et au conseil général. L’achèvement de la carte intercommunale est prévue.
Pour s’adapter à la diversité des territoires, de nouvelles structures intercommunales sont
créées : métropoles et pôle métropolitain. Pour réduire le nombre des communes, est mis en
place un nouveau dispositif : la commune nouvelle.
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17 mai 2013
Loi organique n° 2013-402 et la loi n° 2013-403 du 17 mai 2013 relatives à l’élection des
conseillers départementaux, des conseillers municipaux, des conseillers communautaires et
modifiant le calendrier électoral. Le conseiller territorial créée par l’article 1er de la loi du 16
décembre 2010 est supprimé, l’article 1er étant abrogé.
La distinction représentant départemental et régional est réinstauré, au niveau terminologie il
y aura des conseillers départementaux qui seront désignés dans le cadre d’élections
départementales.
Les conseillers départementaux seront élus dans le cadre de cantons qui sont redécoupés,
chaque canton disposant de deux conseillers départementaux : une femme et un homme
qui seront élus en binôme au scrutin majoritaire à deux tours, la parité sera ainsi assurée.
Le nombre de cantons est réduit de moitié et il est profité du redécoupage pour assurer
l’équilibre démographie entre les cantons d’un même département. Les scrutins municipaux
et intercommunaux sont modifiés.
Les conseillers municipaux seront désormais élus au scrutin de liste dans les communes de 1
000 habitants et plus au lieu de 3 500 habitants précédemment, ce qui permet d’assurer la
parité dans un plus grand nombre de communes. Par ailleurs, dans ces communes, les
conseillers communautaires seront élus en même temps que les conseillers municipaux, les
deux listes figurant sur le même bulletin de vote et nul ne peut être conseiller communautaire
s’il n’est conseiller municipal.
Dans les communes de moins de 1000 habitants, une fois les conseillers municipaux élus, les
conseillers communautaires seront désignés par les membres des nouveaux conseils
municipaux suivant l’ordre du tableau.
Les élections départementales et régionales auraient dû se dérouler, conformément au texte
en mars 2014 mais cette année électoralement chargée (municipales, européennes,
sénatoriales) amène le législateur à reporter les élections départementales et régionales en
2015.
27 janvier 2014
La loi n° 2104-58 du 27 janvier 2014 de modernisation de l’action publique territoriale et
d’affirmation des métropoles.
Cette loi vient rétablir la clause de compétence générale des départements et des régions,
supprimée par la loi de décembre 2010. Cette loi précise la notion de chef de file.
Elle crée, dans chaque région, une conférence territoriale de l'action publique(CTAP) qui est
chargée de favoriser un exercice concerté des compétences des collectivités territoriales,
de leurs groupements et de leurs établissements publics.
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Surtout, elle procède à une refonte du statut des métropoles pour permettre aux
agglomérations de plus de 400 000 habitants d’exercer des compétences en matière de
développement économique, d’innovation, de transition énergétique et de politique de la
ville.
Enfin, est créée la métropole du Grand Paris sous la forme d’un EPCI à fiscalité propre à statut
particulier. La communauté urbaine de Lyon est transformée en collectivité territoriale à
statut particulier dénommée « la Métropole de Lyon ». Enfin, est créée une métropole d’Aix-
Marseille-Provence, EPCI à fiscalité propre à statut particulier.
16 janvier 2015
La loi n° 2015-29 du 16 janvier 2015 relative à la délimitation des régions, aux élections
régionales et départementales et modifiant le calendrier électoral.
Cette loi prévoit une nouvelle carte de France métropolitaine à 12 régions, contre 22
précédemment (la Corse est considérée comme une collectivité territoriale à statut
particulier), et repousse les élections régionales de mars à décembre 2015. Celles-ci auront
lieu sur la base des nouvelles circonscriptions liées à la création des nouvelles collectivités, au
1er janvier 2016. Les 12 régions sont :
9 mars 2015
La loi n° 2015-264 du 9 mars 2015 autorisant l’accord local de répartition des sièges de
conseiller communautaire
16 mars 2015
La loi n° 2015-292 du 16 mars 2015 relative à l’amélioration du régime de la commune
nouvelle, pour des communes fortes et vivantes. Cette loi vient améliorer le régime de la
commune nouvelle créée par la loi du 16 décembre 2010.
Jusqu’au prochain renouvellement suivant la création de la commune nouvelle, le conseil
municipal peut être composé de l'ensemble des membres des conseils municipaux des
anciennes communes, si les conseils municipaux des communes concernées le décident par
délibérations concordantes prises avant la création de la commune
31 mars 2015
La loi n° 2015-366 du 31 mars 2015 visant à faciliter l'exercice, par les élus locaux, de leur
mandat. Cette loi qui vise à améliorer les conditions d’exercice des mandats locaux
concerne principalement trois domaines :
le plan des règles déontologiques,
le plan des indemnités de fonction,
le plan de la formation.
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7 août 2015
Loi n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République. La
loi NOTRe modifie de façon substantielle l’organisation des collectivités territoriales.
Ce texte procède notamment au renforcement des régions, à une rationalisation de
l’intercommunalité, à un repositionnement des départements et à de nombreux ajustements
dans le fonctionnement quotidien des collectivités territoriales.
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