Séance 1 - L’organisation
administrative territoriale
Mise à jour : octobre 2017
Transcription de l’animation n° 2 : Les grands principes
régissant les collectivités territoriales
Les grands principes régissant les collectivités territoriales
La décentralisation s’est mis en place à travers différentes étapes dont la plus importante
est la loi du 2 mars 1982 relative aux droits et libertés des communes, des départements et
des régions. En juillet 1981, le président de la République, François MITTERRAND annonçait ce
mouvement qui n’a cessé de s’amplifier depuis dans les termes suivants : « La France a eu
besoin d’un pouvoir fort et centralisé pour se faire. Elle a aujourd’hui besoin d’un pouvoir
décentralisé pour ne pas se défaire. ».Les deux grands principes de la décentralisation sont le
principe d’autonomie et le principe de libre administration.
Le principe d’autonomie
Le contenu du principe d’autonomie
Le principe d’autonomie se décompose en trois volets : l’autonomie juridique, l’autonomie
organique et l’autonomie fonctionnelle :
L’autonomie juridique. Les collectivités territoriales sont des personnes juridiques distinctes
de l’État. Personnes morales de droit public, elles disposent en tant que telles d’un
patrimoine, de la capacité d’accomplir des actes juridiques et d’ester en justice.
L’article 72 de la Constitution institue : « Les collectivités territoriales de la République sont
les communes, les départements, les régions, les collectivités à statut particulier et les
collectivités d’outre-mer régies par l’article 74… ». Ce même article poursuit « … mais toute
autre collectivité territoriale est créée par la loi ».
L’autonomie organique. Les collectivités territoriales s’administrent librement par des
conseils élus (article 72 de la Constitution). Alors que les autorités administratives
déconcentrées sont nommées par l’État (le préfet), les organes délibérants des collectivités
locales (conseil municipal, conseil départemental, conseil régional) sont élus par les citoyens.
La Région dont la promotion au rang de collectivité territoriale a été prévue par la loi du 2
mars 1982, ne l’est devenue effectivement qu’après l’élection des conseillers régionaux au
suffrage universel direct, c’est-à-dire en 1986.
Quant aux organes exécutifs (maire, président du conseil départemental, président du
conseil régional), ils sont élus par les organes délibérants, donc au suffrage indirect
L’autonomie fonctionnelle. Les organes des collectivités territoriales gèrent, par leurs
délibérations, leurs affaires propres (affaires communales, départementales, régionales) : ils
sont compétents pour prendre en charge les intérêts des populations concernées. C’est la «
clause générale de compétence » qui, traditionnellement, est liée à l’élément territorial de la
collectivité. Cette « clause générale » se conjugue avec les compétences d’attribution ; elle
permet aux collectivités de se saisir de toute question d’intérêt local, même en l’absence de
texte lui en donnant explicitement compétence, dès lors qu’elle n’empiète pas sur une
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compétence relevant d’une autre collectivité.. Depuis la loi du 7 août 2015, les régions et
départements ont perdu cette clause générale de compétences et ne conservent que des
compétences d’attribution.
L’existence d’un contrôle de l’État
Si les collectivités territoriales s’administrent librement c’est, comme le rappelle l’article 72
de la Constitution, sous le contrôle de l’Etat exercé par « le représentant de l’Etat ». Ce
contrôle ne peut être supprimé, mais il peut être réduit. C’est ce qui s’est passé en 1982,
lorsque la loi du 2 mars 1982 a transformé la tutelle en contrôle. Plus précisément, le contrôle
d’opportunité exercé a priori s’est transformé en contrôle de légalité exercé a posteriori.
Le principe de libre administration
Le principe de la libre administration des collectivités territoriales est inscrit dans la
Constitution. Il a été dégagé par le Conseil constitutionnel pour la première fois dans sa
décision n° 79-104 DC du 23 mai 1979 dite Nouvelle-Calédonie1. En vertu de la loi
constitutionnelle du 28 mars 2003, le 3e alinéa de l'article 72 de la Constitution dispose
dorénavant que : « Dans les conditions prévues par la loi, ces collectivités s'administrent
librement par des conseils élus et disposent d'un pouvoir réglementaire pour l'exercice de
leurs compétences ». L'article 72-2 détaille les dispositions constitutionnelles consacrant la
libre administration des collectivités territoriales. De façon concrète, c’est au législateur de
préciser le contenu et l’étendue du principe de libre administration, sous le contrôle du
Conseil constitutionnel :
La libre administration se limite à des compétences infra-législatives et exclut les
compétences régaliennes (édiction de lois, justice, diplomatie, fiscalité, etc.)
La libre administration permet de garantir un espace de liberté dans lequel les collectivités
territoriales peuvent agir. Elle est souvent invoquée à l’encontre de lois soupçonnées de ne
pas la respecter. Mais le Conseil constitutionnel a validé des dispositions législatives qui l’ont
méconnue, ne sanctionnant que les « atteintes excessives du législateur » (pour un exemple
de validation déc. n° 2010-618 DC du 9 déc. 2010, Loi de réforme des collectivités territoriales
instituant le conseiller territorial). Seules quatre lois ont été censurées pour non-respect de ce
principe ;
La libre administration reconnaît un pouvoir réglementaire aux collectivités territoriales. Ce
pouvoir ne s’exerce que dans le cadre des compétences de la collectivité, en l’absence de
normes supérieures contraires, et sous le contrôle du juge administratif.
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