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Réduction des endomorphismes et matrices

Ce document traite des concepts fondamentaux en algèbre, notamment la réduction des endomorphismes et des matrices carrées. Il aborde les sous-espaces stables, les valeurs propres et les vecteurs propres, ainsi que des propositions et théorèmes associés. Les exemples illustrent l'application de ces concepts dans des cas spécifiques tels que les homothéties et les projections.

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Réduction des endomorphismes et matrices

Ce document traite des concepts fondamentaux en algèbre, notamment la réduction des endomorphismes et des matrices carrées. Il aborde les sous-espaces stables, les valeurs propres et les vecteurs propres, ainsi que des propositions et théorèmes associés. Les exemples illustrent l'application de ces concepts dans des cas spécifiques tels que les homothéties et les projections.

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ig

Cours d’Algèbre

z
Classes préparatoires
MI
Re
Rezig Zouhour
zouhourezig@[Link]

FST 2020/2021
Z.
Z.

2
Re
zig
Chapitre 1

ig
Réduction des endomorphismes et des
matrices carrées

z
Dans tout ce chapitre, K désigne R ou C, E un K-ev et f ∈ L(E).
Re
1.1 Sous-espaces stables
Définition 1.1.1 Soit F un sev de E. On dit que F est stable par f si f (F ) ⊂ F .
Dans ce cas, l’application
feF : F → F
x 7→ f (x)
est un endomorphisme de F appelé l’endomorphisme induit par f sur F .

Proposition 1.1.2 On a ker feF = kerf ∩ F et ImfeF ⊂ Imf ∩ F .


Z.

Exemples 1.1.3 1. Soit f = λidE l’homothétie vectorielle de rapport λ alors tout sev de E est
stable par f .
2. Soit
f : K[X] → K[X]
P 7→ P 0
et n ∈ N∗ , on a F = Kn [X] esr un sev stable par f , ker feF = K0 [X] = ker f et ImfeF =
Kn−1 [X] ⊂ Imf ∩ F = Kn [X].
3. Soit
f : K[X] → K[X]
P 7→ XP
et n ∈ N∗ alors F = Kn [X] esr un sev de E qui n’est pas stable par f , puisque X n ∈ F et
f (X n ) = X n+1 ∈
/ F.

3
Proposition 1.1.4 On a les propriétés suivantes :
1. ker f et Im f sont stables par f .
2. Si F1 , · · · , Fp sont des sev de E stables par f alors leur somme F1 + · · · + Fp et leur
intersection F1 ∩ · · · ∩ Fp sont des sev stables par f .

Définition 1.1.5 Base adaptée Soient F et G des sev de E tels que E = F ⊕ G. Si B1 est une
base de F et B2 une base de G alors la base B = B1 ∪ B2 de E est dite base adaptée à F ou base
adaptée à la décomposition E = F ⊕ G.

ig
On peut généraliser cette définition à un nombre fini de supplémentaires dans E comme suit : soit
(Fi )1≤i≤p des sev de E tels que E = ⊕pi=1 Fi , Si ∀i, Bi est une base de Fi alors B = ∪pi=1 Bi est
une base de E adaptée à la décomposition E = ⊕pi=1 Fi .

z
Théorème 1.1.6 Soit F un sev de E stable par f , alors il existe B = B1 ∪ B2 une base se E
adaptée à F dans laquelle la matrice de f est triangulaire par blocs :

A B

Re
M atB (f ) =
0n−p,p C

avec p = dim F et A = M atB1 (feF ) ∈ Mp (K).


Si de plus, G est stable alors B = 0n−p et donc
 
A 0p,n−p
M atB (f ) =
0n−p,p C

Preuve 1.1.7 Soit G un supplémentaire de F dans E et B = B1 ∪ B2 une base adaptée à la


décomposition E = F ⊕ G. On pose B1 = {e1 , · · · , ep } et B2 = {ep+1 , · · · , en }. Pour tout
Z.

i ∈ {1, · · · , p}, ei ∈ F , comme F est stable par f alors f (ei ) ∈ F et donc les coordonnées de
f (ei ) dans B2 sont toutes nulles, d’où la forme triangulaire par blocs de la matrice M atB (f ).
Si de plus G est stable par f , alors pour les mêmes raisons, les coordonnées de f (ep+1 ), · · · , f (en )}
sont nulles sur B1 , d’où le bloc B de la matrice est nul.

Remarque 1.1.8 Si  
A B
M atB (f ) =
0n−p,p C
alors det f = det A det C = det(M atB1 (feF )) det C. Donc si f est inversible alors feF ) est inver-
sible.

Corollaire 1.1.9 soit (Fi )1≤i≤p des sev de E tels que E = ⊕pi=1 Fi et soit B = ∪pi=1 Bi une base
adaptée à la décomposition E = ⊕pi=1 Fi . Si tous les Fi sont stables par f alors la matrice de f

4
dans B est diagonale par blocs :
 
A1 0
M atB (f ) = 
 .. 
. 
0 Ap

avec Ai = M atBi (feFi ) ∈ Mpi (K), pi = dim Fi .

ig
1.2 Valeurs propres-Vecteurs propres
Definitions 1.2.1 — λ ∈ K est une valeur propre de f s’il existe un vecteur x 6= 0E tel que
f (x) = λx.
Dans ce cas , x est appelé vecteur propre de f associé à la valeur propre λ.

z
— L’ensemble de toutes les valeurs propres de f est appelé le spectre de f , il est noté SpK (f ).
— Soit λ ∈ SpK (f ), le sev ker(f − λidE ) = {x ∈ E, f (x) = λx} est appelé le sous-espace
propre de f associé à la valeur propre λ, il est noté
Re
Eλ (f ) = ker(f − λidE ) = {x ∈ E, f (x) = λx}.

Exemples 1.2.2 1. Homothéties


Soit f = αidE , on a SpK (f ) = {α} et Eα (f ) = E.
2. Projections
Soit F et G des sev, non-réduits à {0E }, supplémentaires dans E. Alors, tout x de E se
décompose de manière unique en x = xF + xG où xF ∈ F et xG ∈ G. La projection sur F
selon G est l’endomorphisme de E noté et défini par
pF : E = F ⊕ G → E
Z.

x 7→ xF .
Notons que ker pF = G et Im pF = F ; Im pF est aussi l’ensemble des vecteurs invariants
par pF . On a
Sp(pF ) = {0, 1}, E0 = G et E1 = F.
En effet, puisque F 6= {oE } alors ∃x 6= 0E appartenant à F , donc il vérifie pF (x) = x. Par
suite, 1 est une valeur propre de pF . De même, G 6= {oE } alors ∃x 6= 0E dans G ; il vérifie
pF (x) = 0E . Donc 0 aussi est une valeur propre de pF . D’où {0, 1} ⊂ Sp(pF ).
Réciproquement, on a
λ ∈ Sp(pF ) ⇐⇒ ∃x 6= 0E tel que pF (x) = λx
⇐⇒ xF = λ(xF + xG ) T
=⇒ (1 − λ)xF = λxG ∈ F G = {0E }
=⇒ (1 − λ)xF = 0E et λxG = 0E
or x 6= 0E implique xF 6= 0E ou xG 6= 0E . Donc λ = 0 ou λ = 1 et Sp(pF ) ⊂ {0, 1}.

5
3. Symétries
On garde les mêmes notations que la projection. On définit la symétrie par rapport à F selon
G comme suit :
sF : E = F ⊕ G → E
x 7→ xF − xG .
Alors
Sp(sF ) = {−1, 1}, E−1 (sF ) = G et E1 (sF ) = F.
En effet, on a F = {x ∈ E, sF (x) = x} et G = {x ∈ E, sF (x) = −x}. Donc 1 et −1 sont

ig
des valeurs propres de sF et {−1, 1} ⊂ Sp(sF ) (1). Cherchons y a-t-il d’autres valeurs
propres.
On a
λ ∈ Sp(sF ) ⇐⇒ ∃x 6= 0E tel que sF (x) = λx
⇐⇒ xF − xG = λ(xF + xG ) T
=⇒ (1 − λ)xF = (1 + λ)xG ∈ F G = {0E }

z =⇒ (1 − λ)xF = 0E et (1 + λ)xG = 0E
or x 6= 0E donc xF 6= 0E ou xG 6= 0E . Si xF 6= 0E alors λ = 1 et Si xG 6= 0E alors λ = −1.
Donc
Re
Sp(sF ) ⊂ {−1, 1} (2).
D’après (1) et (2), on conclut que Sp(sF ) = {−1, 1}.

Proposition 1.2.3 On suppose que dim E finie.


1. Pour toute valeur propre λ de f , le sous-espace propre Eλ (f ) est stable par f .
2. λ est une valeur propre de f ⇔ det(f − λidE ) = 0.

Preuve 1.2.4 1. Les endomorphismes f et f − λidE commutent donc le noyau de f − λidE est
stable par f .
Z.

2. On a
λ ∈ Sp(f ) ⇐⇒ ∃x 6= 0E tel que f (x) = λx
⇐⇒ ∃x 6= 0E tel que (λidE − f )(x) = 0E
⇐⇒ ker(λidE − f ) 6= {0E }
⇐⇒ λidE − f n’est pas injectif
et en dimension finie, ceci est équivalent à λidE − f n’est pas bijectif donc de déterminant
nul.

Proposition 1.2.5 Toute famille de vecteurs propres associés à des valeurs propres deux à deux
distinctes est libre.

Preuve 1.2.6 On raisonne par récurrence sur le cardinal de la famille.


Soit F = {x1 } une famille qui contient un seul vecteur propre de f . Comme un vecteur propre est

6
non nul alors la famille F est libre.
Supposons que toute famille de cardinal p formée par des vecteurs propres associés à des valeurs
propres deux à deux distinctes est libre et soit F = {x1 , · · · , xp+1 } une famille de vecteurs propres
associés à des valeurs propres deux à deux distinctes, montrons qu’elle est libre. Soit λi la valeur
propre de xi ,et soient α1 , · · · , αp+1 ∈ K tels que

α1 x1 + · · · + αp+1 xp+1 = 0E . (1)

On applique f , on trouve

ig
α1 λ1 x1 + · · · + αp+1 λp+1 xp+1 = 0E . (2)

On multiplie (1) par λp+1 puis on retranche (2), on obtient

α1 (λp+1 − λ1 )x1 + · · · + αp+1 (λp+1 − λp )xp = 0E .

z
La famille {x1 , · · · , xp } est une famille de p vecteurs propres associés à des valeurs propres deux à
deux distinctes, d’après l’hypothèse de récurrence , elle est libre. Donc αi (λp+1 −λi ) = 0 pour tout
i ∈ {1, · · · , p}. Comme les λi sont distincts alors αi = 0 pour tout i ∈ {1, · · · , p}. On remplace
Re
dans (1), on obtient αp+1 xp+1 = 0E et comme xp+1 6= 0E , puisque c’est un vecteur propre, alors
αp+1 = 0. Donc F est libre.

Corollaire 1.2.7 La somme de sous- espaces propres associés à des valeurs propres distinctes est
directe :
Eλ1 + · · · + Eλp = Eλ1 ⊕ · · · ⊕ Eλp .

Preuve 1.2.8 Montrons que la somme Eλ1 + · · · + Eλp est directe. Soient (x1 , · · · , xp ) ∈ Eλ1 ×
· · · × Eλp tel que x1 + · · · + xp = 0E , on va établir que xi = 0E , ∀i.
Z.

Supposons, par l’absurde, qu’il existe i tel que xi 6= 0E , on élimine tous les xi nuls de la somme
x1 + · · · + xp = 0E . On obtient une somme xj1 + · · · + xjm = 0E où xjk ∈ Eλk , xjk 6= 0E . Les xjk
sont donc des vecteurs propres associés à des valeurs propres distinctes vérifiant xj1 + · · · + xjm =
0E ce qui implique que la famille est liée, et qui contredit la proposition précédente. On conclut
alors que tous les xi sont nuls.

Proposition 1.2.9 Soit F un sev de E stable par f et feF l’endomorphisme induit par f sur F ,
alors on a :
1. Sp(feF ) ⊂ Sp(f )
2. ∀λ ∈ Sp(feF ), Eλ (feF ) ⊂ Eλ (f ).

Preuve 1.2.10 1. Soit λ ∈ Sp(feF ), alors il existe x ∈ F, x 6= 0E tel que feF (x) = λx. Puisque
F ⊂ E et feF (x) = f (x), on en déduit que λ est une valeur propre de f .

7
2. Soit λ ∈ Sp(feF ) alors

x ∈ Eλ (feF ) ⇐⇒ ∃x ∈ F, tel que feF (x) = λx


=⇒ ∃x ∈ E, tel que f (x) = λx
=⇒ x ∈ Eλ (f ).

Cas des matrices carrées

ig
Definitions 1.2.11 Soit A ∈ Mn (K), n ∈ N∗ .
— λ ∈ K est une valeur propre de A s’il existe une matrice colonne X 6= 0n,1 E tel que
AX = λX. Dans ce cas , X est appelé vecteur propre de A associé à la valeur propre λ.
— L’ensemble de toutes les valeurs propres de A est appelé le spectre de A, il est noté SpK (A).
— Soit λ ∈ SpK (A), le sev ker(A − λIn ) = {X ∈ Mn (K), AX = λX} est appelé le sous-
espace propre de A associé à la valeur propre λ, il est noté Eλ (A).

z
Proposition 1.2.12 Soit A ∈ Mn (K), n ∈ N∗ et B la base canonique de Kn alors il existe f ∈
L(Kn ) tel que M atB (f ) = A (appelé l’endomorphisme canoniquement associé à A). Alors,
Re
SpK (A) = SpK (f )

et ∀λ ∈ SpK (f ), on a
x ∈ Eλ (f ) ⇐⇒ X = M atB (x) ∈ Eλ (A);
X = M atB (x) est la colonne des coordonnées de x dans B.

1.3 Polynôme caractéristique


Z.

Définition 1.3.1 Pour A ∈ Mn (K), on considère

φA : K → K
x 7→ det(xIn − A).

φA est une fonction polynomiale en x. Le polynôme associé à φA est appelé le polynôme ca-
rac‘éristique de A, on le note PA .

 
1 3i x − 1 −3i
Exemples 1.3.2 1. Soit A = , on a det(xIn − A) = , donc
−2 5 2 x−5
det(xIn − A) = x2 − 6x + 6 + 6i. Par suite, PA (X) = X 2 − 6X + 6 + 6i.

8
2. Pour  
a b
A= ,
c d
x − a −b
on a det(xIn − A) = , donc
−c x − d
det(xIn − A) = x2 − (a + d)x + ad − bc = x2 − tr(A)x + det A. Par suite,

PA (X) = X 2 − (a + d)x + ad − bc = X 2 − tr(A)X + det A.

ig
3. Pour
T = (tij )
n
Y
on a det(xIn − T ) = (x − tii ) donc
i=1

z PT (X) =
n
Y
(X − tii ).
i=1
Re
Proposition 1.3.3 On a les propriétés suivantes :
1. ∀A ∈ Mn (K), on a
PA = PtA .
2. ∀A ∈ Mn (K), ∀Q ∈ GLn (K), on a

PQ−1 AQ = PA .

(Deux matrices semblables ont même polynôme caractéristique).


Z.

Preuve 1.3.4 1. Puisqu’une matrice et sa transposée ont même déterminant, on a det(xIn −


A) = det t  . L’application qui à une matrice associe sa transposée M 7−→ tM étant
(xIn −A)
linéaire, on obtient det(xIn − A) = det(xIn − tA ). Donc det(xIn − A) = det(xIn − tA ) et
par suite PA (X) = PtA (X).
2. On a det(xIn −Q−1 AQ) = det Q−1 (xIn −A)Q = det (xIn −A)QQ−1 = det(xIn −A),
 

donc det(xIn − Q−1 AQ) = det(xIn − A), d’òu PQ−1 AQ (X) = PA (X).

Remarque 1.3.5 Soit A, A0 ∈ Mn (K) deux matrices représentant un même endomorphisme f


dans deux bases différentes, alors elles sont semblables et donc elles ont le même polynôme ca-
ractéristique.

Définition 1.3.6 Supposons que E est de dimension finie. Le polynôme caractéristique d’un endo-
morphisme f de E est celui de sa matrice dans une base donnée de E, on le note Pf .

9
Théorème 1.3.7 Soit A ∈ Mn (K) alors le polynôme caractéristique de A est unitaire de degré n,
de la forme
PA (X) = X n − tr(A)X n−1 + · · · + (−1)n det A.

Proposition 1.3.8 Pour A ∈ Mn (K) on a

SpK (A) = Zéros (PA ).

Pour f ∈ L(E),

ig
SpK (f ) = Zéros (Pf ).

Preuve 1.3.9 D’après la proposition 1.2.3, λ ∈ Sp(f ) ⇐⇒ det(λidE − f ) = 0 ⇐⇒ Pf (λ) = 0.

Corollaire 1.3.10 Soit A ∈ Mn (K) (resp. f ∈ L(E)), alors A (resp. f ∈ L(E)) admet au maxi-
mum n valeurs propres.

z
Définition 1.3.11 On dit qu’une valeur propre λ de A ( resp. f ) est de multiplicité p (p ∈ N∗ ) si
Re
elle est de multiplicité p en tant que racine du polynôme caractéristique de A (resp f ). On la note
mul(λ).

Exemple 1.3.12 Soit  


2 0 1
A =  1 1 1  ∈ M3 (R).
−2 0 −1
Déterminer les valeurs propres de A avec leur multiplicité et les sous-espaces propres associés.
Commençons par calculer le polynôme caractéristique de A. On a
Z.

λ−2 0 −1
det(λI3 − A) = −1 λ − 1 −1 ,
2 0 λ+1

on développe suivant la deuxième colonne, on obtient

λ − 2 −1
det(λI3 − A) = (λ − 1) = (λ − 1)(λ2 − λ) = λ(λ − 1)2 .
2 λ+1

Donc PA (X) = X(X − 1)2 et Sp(A) = {0, 1} avec mul(0) = 1 et mul(1) = 2.


Déterminons E0 (A) = ker A. On a
    
x  2x + z = 0  1
z = −2x
X = y ∈ E0 (A) ⇐⇒ AX = 0 ⇐⇒
  x + y + z = 0 ⇐⇒ ⇐⇒ X = x 1  .

y = x.
z −2x − z = 0. −2

10
Donc E0 (A) = V ect{t(1,1,−2) } Déterminons E1 (A),
      
x  2x + z = x 1 0
X = y  ∈ E1 (A) ⇐⇒ AX = X ⇐⇒ x + y + z = y ⇐⇒ z = −x ⇐⇒ X = x  0 +y 1 .
z −2x − z = z. −1 0

Donc E1 (A) = V ect{t(1,0,−1) , t(0,1,0) }.

Exemple 1.3.13 On considère

ig
 
0 1
A= ∈ M2 (R)
−1 0
λ −1
alors det(λI3 − A) = = λ2 + 1. Donc PA (X) = X 2 + 1 et SpR (A) = ∅. Mais si on
1 λ
considère A ∈ M2 (C) alors SpC (A) = {i, −i}.

z
Proposition 1.3.14 Soit F un sev stable par f alors PfeF divise Pf .
Re
Preuve 1.3.15 Soit G un sev supplémentaire de F dans E et B = B1 ∪ B2 une base adaptée à F .
D’après Théorème 1.1.6,  
A B
M atB (f ) =
0 C

oû A = M atB1 feF . Soit p = dimF , alors

λIp − A −B
Pf (λ) = = det(λIp − A) det(λIn−p − C) = PfeF det(λIn−p − C).
0 λIn−p − C
Z.

D’où PfeF divise Pf .

1.4 Diagonalisation en dimension finie


Dans la suite du cours, E est un K-ev de dimension n ∈ N∗ , f ∈ L(E) et A ∈ Mn (K).

Définition 1.4.1 On dit que l’endomorphisme f est diagonalisable s’il existe une base B de E
dans laquelle la matrice de f est diagonale.
Autrement dit, On dit que l’endomorphisme f est diagonalisable s’il existe une base B de E formée
par des vecteurs propres de f .
On dit que A est une matrice diagonalisable s’il existe une matrice inversible P ∈ GLn (R) telle
que P −1 AP = D avec D matrice diagonale.

11
Remarque 1.4.2 1. f est diagonalisable si et seulement si sa matrice dans une base donnée
de E est diagonalisable.
Donc les critère de diagonalisabilité qu’on va citer pour les endomorphismes seront valables
pour les matrices carrées.
2. A est diagonalisable si et seulement si elle est semblable à une matrice diagonale.

Exercise 1 Les projections sont diagonalisables.


Pour le prouver, on va considérer F et G sev supplémentaires dans E et pla projection sur 
F

ig
Ik 0k,n−k
selon G. On choisit B = B1 ∪ B2 une base adaptée à F alors M atB (p) = ,
0n−k,k 0n−k,n−k
où k = dim F .

Proposition 1.4.3 Supposons que SpK (f ) = {λ1 , · · · , λp } où p ≤ n et les λi sont deux à deux
distincts. Alors :

z
f est diagonalisable ⇐⇒ E = Eλ1 ⊕ · · · ⊕ Eλp .

Preuve 1.4.4 CN : f est diagonalisable si et seulement s’il existe une base B de E formée par des
Re
vecteurs propres de f . Or tout x de E est combinaison linéaire de vecteurs de B, donc tout vecteur
x de E est combinaison linéaire de vecteurs propres de f , ce qui implique que x ∈ Eλ1 +· · ·+Eλp .
D’où E ⊂ Eλ1 + · · · + Eλp . L’inclusion Eλ1 + · · · + Eλp ⊂ E étant triviale, on obtient E =
Eλ1 + · · · + Eλp . D’autre part, les λi sont deux à deux distincts alors, d’après corollaire 1.2.7, la
somme est directe.
CS : On a E = Eλ1 (f ) ⊕ · · · ⊕ Eλp (f ). Soit B une base adaptée à cette décomposition. Comme
B est formée par des vecteurs propres de f , on conclut que f est diagonalisable.

Corollaire 1.4.5 Supposons que SpK (f ) = {λ1 , · · · , λp } où p ≤ n et les λi sont deux à deux
distincts. Alors :
Z.

p
X
f est diagonalisable ⇐⇒ dim Eλi (f ) = n.
i=1

Preuve 1.4.6 La condition nécessaire est évidente. Pour la réciproque, ⊕pi=1 dim Eλi (f ) ⊂ E et
dim ⊕pi=1 dim Eλi (f ) = n = dim E impliquent que ⊕pi=1 dim Eλi (f ) = E et par suite f est
diagonalisable.

Proposition 1.4.7 Pour tout λ ∈ SpK (f ), on a

1 ≤ dim Eλ (f ) ≤ mul(λ).

Preuve 1.4.8 Si λ est une valeur propre de f alors Eλ (f ) 6= {0E }, donc dim
S Eλ (f ) ≥ 1.
Soit α = mul(λ) et p = dim Eλ (f ), montrons que p ≤ α. Soit B = B1 B2 une base adaptée

12
à Eλ (f ). Comme Eλ (f ) est stable par f et feEλ (f ) = λidEλ (f ) alors la matrice de f dans B est
triangulaire par blocs de la forme
 
λidp B
M = M atB (f ) = .
0 C

(x − λ)Ip −B
On a Pf (x) = det(xIn −M ) = . Donc Pf (x) = (x−λ)p det(xIn−p −C).
0 xIn−p − C
Puisque mul(λ) = α alors p ≤ α.

ig
Définition 1.4.9 P ∈ K[X] est dit scindé s’il existe c ∈ K∗ , λ1 , · · · , λp ∈ K, α1 , · · · , αp ∈ N∗
Yn
tels que P (X) = c (X − λi )αi .
i=1


Pf est scindé dans K[X]

z
Proposition 1.4.10 On a f est diagonalisable ⇐⇒
∀λ ∈ Sp(f ), dim Eλ (f ) = mul(λ).
Autrement dit, soient λ1 , · · · , λp les valeurs propres deux à deux distinctes de f et ki = dim Eλi (f )
alors : p
Re
Y
f est diagonalisable ⇐⇒ Pf (X) = (X − λi )ki .
i=1

Preuve 1.4.11 CN : On a f diagonalisable ⇐⇒ E = Eλ1 (f )⊕· · ·⊕Eλp (f ). Soit B = B1 ∪· · ·∪Bp


une base adaptée à cette décomposition, alors on a
 
λ1 Ik1 0
M = M atB (f ) = 
 .. .

.
0 λp Ikp
p
Z.

Y
Donc Pf (x) = det(x idE − f ) = (x − λi )ki . D’où Pf est scindé et dim Eλi (f ) = mul(λi ).
i=1
p p
Y X
ki
CS : Par hypothèse, on a Pf (x) = (x − λi ) , comme deg Pf = dim E, on obtient que ki =
i=1 i=1
p
X
n. Donc dim E = dim Eλi (f ). Puisque les valeurs propres λi sont deux à deux distinctes alors
i=1
d’après le corollaire 1.4.5, E = Eλ1 (f ) ⊕ · · · ⊕ Eλp (f ).

Corollaire 1.4.12 Si f admet n valeurs propres distinctes alors f est diagonalisable.

Preuve 1.4.13 Si f admet n valeurs propres distinctes et n = dim E alors toutes les valeurs
propres sont simples ( de multiplicité 1). On a donc n sous-espace propres de dimension 1 chacun,
d’après la proposition 1.4.10, f est diagonalisable.

13
Application 1.4.14 Calcul de puissance
Si A est diagonalisable alors il existe P ∈ GLn (K) tel que P −1 AP = D = diag(λ1 , · · · , λn )
matrice diagonale. Donc ∀k ∈ N, Ak = P Dk P −1 où Dk = diag(λk1 , · · · , λkn ).
Si de plus A est inversible alors ∀k ∈ Z− , Ak = (A−1 )−k = P D−k P −1 où D−k = diag(λ−k −k
1 , · · · , λn ).

1.5 Trigonalisation

ig
Définition 1.5.1 On dit qu’un endomorphisme f est trigonalisable s’il existe une base de E dans
laquelle la matrice de f est triangulaire (supérieure ou inférieure).

Remarque 1.5.2 Soit B = {e1 , · · · , en } une base de E dans laquelle la matrice de f est triangu-
t11 · · · t1n
laire supérieure T =  .. . Posons B 0 = {en , · · · , e1 } base de E, alors M atB 0 (f ) =

tnn · · ·
...
0


0

z .
tnn

Re
 = tT . Donc s’il existe une base dans laquelle la matrice de f est triangulaire
 

t1n · · · t11
supérieure alors il existera une base dans laquelle elle est triangulaire inférieure.

Dans la suite du cours, on va considérer des matrices triangulaires supérieures.

Proposition 1.5.3 f est trigonalisable ⇐⇒ Pf est scindé dans K[X].

 1.5.4 CN :Sif est trigonalisable alors il existe une base B de E telle que M atB (f ) =
Preuve
Z.

t11 · · · t1n n n
...
Y Y
T = . Donc P (x) = det(xI − T ) = (x − t ). D’où P (X) = (X − tii )
 
 f n ii f
0 tnn i=1 i=1

est scindé.
CS : Montrons la condition suffisante par récurrence sur n.
Supposons que n = 1 et Pf est scindé alors Pf (X) = (X − λ) et Sp(f ) = {λ}. Soit e1 un vecteur
propre de f associé à la valeur propre λ, alors M at{e1 } (f ) = (λ) qui est une matrice triangulaire
(matrice scalaire).
On considère l’hypothèse de récurrence suivante : ”si un endomorphisme g d’un K-ev de dimen-
sion n est tel que Pg est scindé alors g est trigonalisable”.
Soit f un endomorphisme de E avec dim E = n + 1 et Pf est scindé. Montrons que f est trigona-
lisable. p p
Y X
On a Pf (X) = (X − λi )αi et αi = n + 1. Il existe e1 6= 0 tel que f (e1 ) = λ1 e1 . On complète
i=1 i=1

14
{e1 } en une base B = {e1 , · · · , en+1 } de E. Soit
 
λ1 m12 · · · m1n
 ..
M = M atB (f ) ==  .

A 
0

où A ∈ Mn (K). Soit g l’endomorphisme de l’ev V ect{e2 , · · · , en+1 } tel que A = M at{e2 ,··· ,en+1 } (g)
(en fait, g est la composée de f avec la projection sur V ect{e2 , · · · , en+1 } selon V ect{e1 }).On a
donc Pf (X) = (X − λ1 )PA (X). Comme Pf est scindé alors PA = Pg l’est aussi. D’après l’hy-

ig
−1
pothèse de récurrence,
 g esttrigonalisable, donc il existe Q ∈GLn (K) tel que  Q AQ = T1 .
1 0 ··· 0 1 0 ··· 0
0  0 
−1
Posons P =  .. alors P est inversible et P = . On a
   
  .. −1
. Q   . Q 
0 0

z 0

λ1 × · · ·

P −1 M P =  ..

×


=T

Re
. T1 
0

triangulaire. D’où f est trigonalisable.

Corollaire 1.5.5 On suppose que f est trigonalisable ( ou encore que P f est scindé) et Sp(f ) =
{λ1 , · · · , λn } où les valeurs propres sont comptées autant de fois que leur multiplicité. Alors
n
X
tr(f ) = λi
1
Z.

et n
Y
det f = λi .
1

Preuve 1.5.6 D’après la proposition précédente, on a T et M sont semblables, donc elles ont
p
Y
même polynôme caractéristique PT = PM = Pf . Or Pf = (X − λi )αi donc les termes dia-
i=1
gonaux de T sont les valeurs propres de f comptées autant de fois que leur multiplicité. Pour la
même raison de similitude, M et T ont même trace et déterminant, d’où le résultat.

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Faculté des Sciences de Tunis Septembre 2020
Département de Mathématiques MI B
Cycle préparatoire

Série 1
Réduction des endomorphismes et des matrices carrées

ig
Exercise 2 Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie et u ∈ L(E) un projecteur de E.
Montrer que p ◦ u = u ◦ p si et seulement si ker p et Im p sont stables par u.

Exercise 3 Soit E un R-espace vectoriel de dimension finie et u ∈ L(E) vérifiant u3 + u = 0.

z
1. Montrer que Im u est stable par u.
2. Montrer que pour tout x ∈ Im u, u2 (x) = −x.
Re
3. Soit u
e l’endomorphisme induit par u sur Im u.
(a) Montrer que ue est un automorphisme de Imu.
(b) En déduire que rg u est pair.

Exercise 4 Soit n ∈ N, n ≥ 2 et Wn = (wij )1≤i,j≤n ∈ Mn (R) la matrice définie par



 1 si 1 ≤ i < n et j = i + 1
wij = 1 si i = n et j ∈ {1, 2}
0 sinon.

Montrer que χWn = X n − X − 1.


Z.

Exercise 5 Soit n ∈ N∗ et u l’endomorphisme de Rn [X] défini par

u(P ) = XP ” + (X − 4)P 0 − 3P.

1. Calculer u(X k ) pour tout k ∈ {0, · · · , n}.


2. On désigne par B la base canonique de Rn [X]. Déterminer la matrice A = M (u, B).
3. Déterminer le polynôme caractéristique χu et en déduire le spectre de u.

Exercise 6 Montrer que la matrice A est diagonalisable et effectuer sa diagonalisation dans les
cas suivants: 
0 2 −1
1. A =  3 −2 0 ,
−2 2 1

16
 
−1 1 1
2. A =  1 −1 1 ,
1 1 −1
 
0 0 0 1
0 0 −1 0
3. A = 
0
.
1 0 0
−1 0 0 0

ig
 
0 −2 0
Exercise 7 Soit A = 1 0 −1.
0 2 0
1. Montrer que A n’est pas diagonalisable dans R.
2. a) Montrer que A est diagonalisable dans C.
b) Diagonaliser A dans C.

z 1
Exercise 8 Soit m un paramètre réel, et Am =  −1

0
2
1

1 .
Re
2−m m−2 m
1. Dt́erminer les valeurs propres de Am .
2. Pour quelles valeurs de m la matrice Am est-elle diagonalisable ?
3. Calculer Ak2 pour k ∈ N.

Exercise 9 Soit
f : Mn (C) → Mn (C)
M 7→ tr(M )In − M.
Z.

Déterminer le spectre de u. L’application u est -elle diagonalisable ?

Exercise 10 Soit
f : Mn (R) → Mn (R)
M 7→ tM .
1. Montrer que Sp(f ) = {±1}.
n(n−1) n(n+1)
2. Montrer que dim E−1 = 2
et dim E1 = 2
3. En déduire que f est diagonalisable.
 
0 1 0 0
0 0 1 0
Exercise 11 Matrices circulantes Soit A = 
0
.
0 0 1
1 0 0 0

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1. Calculer A2 et A3 .
2. Montrer que A est diagonalisable dans M4 (C) et diagonaliser A.
 
a b c d
d a b c 
3. Soient a, b, c, d ∈ C et M = 
 c d a b .

b c d a
montrer que M est diagonalisable puis diagonaliser M .

z ig
Re
Z.

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