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Introduction à la finance islamique

La finance islamique est un système financier conforme à la charia, ayant émergé dans les années 1960 avec la création de la première banque islamique. Elle repose sur des principes tels que le partage des profits et des pertes, l'interdiction des intérêts et des spéculations excessives, ainsi que sur des sources comme le Coran et la Sunna. Les institutions financières islamiques, comme les banques et les assurances Takaful, doivent respecter ces principes tout en gérant divers risques spécifiques et communs aux banques conventionnelles.

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Introduction à la finance islamique

La finance islamique est un système financier conforme à la charia, ayant émergé dans les années 1960 avec la création de la première banque islamique. Elle repose sur des principes tels que le partage des profits et des pertes, l'interdiction des intérêts et des spéculations excessives, ainsi que sur des sources comme le Coran et la Sunna. Les institutions financières islamiques, comme les banques et les assurances Takaful, doivent respecter ces principes tout en gérant divers risques spécifiques et communs aux banques conventionnelles.

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Finance islamique M1 FE 2024-2025

Chapitre 1 : Introduction à la finance islamique

1. Définition, naissance et évolution de la finance islamique


1.1.Définition
La finance islamique est définie comme un service financier principalement mis en œuvre
pour se conformer aux principaux principes de la charia (ou loi islamique).
La finance islamique, peut être considérée comme un compartiment de la finance éthique.
1.2. Naissance et évolution
1.2.1. La période de fondation
C’est dans les années 1960 que la finance islamique moderne a réellement commencé à se
développer .En 1963 la Mit Ghamr Local Savings Bank est créée par Ahmad El-Naggar. Cette
banque est considérée comme étant la première banque islamique, même si ce projet fut
abandonné quelques années plus tard pour des raisons politiques. Cette banque islamique fut
créée dans le but de permettre aux habitants de la région de financer leurs terres.

1.2.2. La période de formation (1975-1990)


La période allant de 1975 à 1990 est enrichissante pour la banque et la finance islamiques.
Elle est marquée par la réplication conforme aux principes de la charia des principales
techniques bancaires conventionnelles ; La création de la banque islamique de
developpement) à Jeddah (1975) et la création de nombreuses autres institutions : la Dubai
Islamic Bank, la, Kuwait Finance House, la Faisal Islamic Bank of Sudan …..etc.

[Link] période de développement (1990 et après)


Face a ce développement rapide et a la multiplication des créations d’institutions de finance
islamique, des organes des gouvernances majeurs ont vu le jour dans le but de maintenir ce
développement dans un cadre qui respecte les règles éditées par la charia.
En effet, l’excès de liquidités en provenance des monarchies du Golfe a, en partie, afflué vers
les grandes places financières mondiales, suscitant ainsi un intérêt croissant pour ce système
économique basé sur le Coran et la Sunna.

2. Les fondements de la finance islamique

2.1. Les sources


2.1.1. Le Coran
Le Coran est le texte le plus sacre de l’Islam. Il est la source principale de la loi islamique et il
prévaut sur toutes les autres sources de la Sharia.
2.1.2. La Sunna (Hadith)
Il s’agit d’un ensemble de paroles, d’actes et d’approbations du Prophète sur base duquel les
musulmans peuvent s’inspirer pour définir leur orientation morale et leur comportement.
2.1. 3. Le Consensus « Ijma »
Le mot Ijma signifie « accord sur une question » et correspond dans le cas présent à un
accord trouvé par les juristes musulmans sur certaines questions de droit ou sur une situation
particulière.
2.1.4. Le raisonnement par analogie « Qiyas »
Le Qiya est une règle de droit qui est créée sur base de l’interprétation d’une nouvelle
situation en utilisant des règles déjà existantes au sein du Coran ou de la Sunna.

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2.1.5.L’ijtihâd
La cinquième source de l’islam est l’ijtihâd qui signifie littéralement « effort de réflexion ». Il
s’agit de l’effort de réflexion que les juristes et les savants musulmans entreprennent pour
interpréter les textes de l’islam ou pour juger d’une action.

2.2. Principes et interdictions de la finance islamique

2.2.1. Les principes


a. Le partage des pertes et des profits : Le partage des pertes et des profits fait partie des
principes de base des affaires islamiques. Un contrat ne peut pas être constitue de telle sorte
que toutes ses clauses soient au bénéfice d’une seule partie prenante du contrat.
b. La présence d’un actif sous-jacent : Les opérations refinancement doivent nécessairement
être liées à un actif sous-jacent. Alors que dans le système financier conventionnel les
banques et institutions financières utilisent l’argent comme moyen d’échange permettant de
créer de la valeur, la finance islamique considère que l’argent ne peut en soi pas constituer
l’objet d’un échange.

2..2.2. Les interdictions


a-Interdiction des intérêts ( Riba) : Le mot Riba provient du verbe arabe « Raba » qui signifie
litteralement augmenter et faire accroitre une chose a partir d’elle-même. Tout surplus dans
un contrat de prêt, l’intérêt qu’il soit faible ou élevé, est considérée Riba, qui est fermement
proscrit dans le Coran et la tradition prophétique.
b. Interdiction de l’alea contractuel : Le Gharar se manifeste généralement lorsqu’il existe des
ambiguïtés, des incertitudes et des risques élevés détectables, évitables et contestables dans
les clauses d’un contrat à vocation commerciale (par exemple, l’objet, le prix ou la date de
livraison ne sont pas clairement déterminés dans un contrat de vente).
c-Interdiction de la spéculation excessive : La finance islamique interdit également les
transactions commerciales basées sur le hasard ou la spéculation excessive assimilable aux
jeux de hasard (Maysir8) ou jeux à somme nulle dans lequel le gain d’une partie entraîne la
perte pour l’autre
d-d’investir dans des domaines dit « Haram » (illicite) : Cette règle entraine donc
l’interdiction d’un grand nombre de secteurs d’activités dans lesquels les musulmans ne
peuvent pas investir (alcool, casinos)
e-L’interdiction de vendre ce que l’on ne possède pas

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Chapitre 2 : Les institutions financières Islamiques

[Link] banques islamiques


1.1.Définition
Une banque est considérée comme islamique si toutes ses activités sont conformes à la charia.
Pour cela, un comité de charia existe au sein de la banque pour étudier la conformité de ses
activités et ses produits bancaires à la loi islamique.

1.2. Les ressources et les emplois des banques islamiques

1.2.1. Les ressource :


Les dépôts à vue Les titulaires de ces dépôts ne reçoivent ni bénéfices, ni revenus mais ils
doivent payer des frais liés à l’administration de ces comptes.
Les comptes d’épargne : La banque a l’autorisation des déposants d’utiliser ces fonds aux
propres risques bancaires. Elle peut payer des revenus positifs aux déposants sous forme de
hiba (don) selon sa propre profitabilité. Ainsi, la banque garantit la valeur nominale de ces
dépôts sans toutefois garantir leurs rendements.
Les comptes d’investissement constituent la principale source de dépôts pour la banque
islamique. La banque agit comme un manager des fonds des clients en les utilisant pour
financer un ensemble de projets. Les déposants ne sont assurés ni de la valeur nominale de ces
dépôts, ni d’aucun rendement prédéterminé. Ainsi, la rémunération dépend du montant total
déposé, de la durée des dépôts, des résultats des investissements effectués, etc.
Les comptes de Zakat et les comptes du service social où sont versés respectivement les
sommes dues à l’obligation de la Zakat et les dons servant à financer des services sociaux. La
banque administre l’usage de ces fonds.

1.2.2. Les emplois : représentés par


Les différents contrats de financement (détaillés dans le chapitre suivant)
Les investissements et les placements : Ils sont effectués sur les marchés immobiliers, les
marchés de biens et services et ceux financiers, notamment le marché des sukuks soit pour le
propre compte de la banque soit pour le compte de ses clients.
Les financements sociaux sont liés à l’allocation des fonds de Zakat appliquée aux fonds
propres de la banque ou encore aux dépôts sur l’ordre du client. Ils sont redistribués aux
agents en nécessité. Par ailleurs, les banques offrent d’autres services bancaires rémunérés tels
que les opérations de change au comptant, la location de coffres, l’offre des consultations et
des expertises financières et surtout le management de la richesse des clients.

1.2. Risques spécifiques aux banques islamiques

1.2.1. Risques liés au stock


Les risques lies au stock sont tous les risques qui émanent de la constitution d’un stock
d’actifs par les banques islamiques en vue de réaliser leurs opérations de financement. Les
banques islamiques n’étant pas en mesure d’accorder des prêts classiques avec intérêts
(prohibe), elles se tournent vers des opérations de financement portant sur des actifs réels (et
en principe durables) pour réaliser leurs bénéfices, et constituent ainsi un stock de biens et
d’actifs.
1.2.2. Risques d’abandon des opérations financières
Le risque d’abandon des opérations de financement ou de désistement du client pendant la
durée d’exécution de son contrat.

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1.2.3. Risque de concentration


La spécificité des banques islamique vient du fait que les emplois bancaires servant à
alimenter et gérer les liquidités y sont encore peu diversifies, limitant ainsi le nombre de
grandes entreprises qui optent pour des investissements qui respectent les principes des lois
islamiques. Les risques sont concentrés sur peu de secteurs d’investissement.

1.2.4. Risque lié aux comptes d’investissement


La banque islamique qui va mobiliser des fonds, qu’elle va puiser dans ses fonds propres et
dans les dépôts des titulaires de comptes d’investissement, et les investir dans le projet d’un
entrepreneur, qui lui n’apporte en principe que son industrie et/ou son savoir-faire. C’est donc
la banque qui va subir les pertes financières en cas de faillite du projet et elle devra également
faire face au risque de ne pas pouvoir assurer un rendement suffisant aux détenteurs des
comptes de placement participatifs.

1.2.5. Le risque de taux de rendement


Concerne le taux de rendement des actifs détenus par la banque islamique qui peut être
affecté par des conditions de marche défavorables.

2.2. Les Risques en commun avec les banques classiques


2.2.1. Le risque de crédit : le risque qu'une contrepartie ne respecte pas ses obligations
conformément aux conditions convenues.

2.2.2. Risque de liquidité


La première caractéristique que ces banques doivent prendre en considération dans la gestion
de leur liquidité est le rôle ou l’implication des déposants et des entrepreneurs dans le risque
de liquidité. Il est important de noter que la gestion du risque de liquidité est tout aussi
importante au sein des banques islamique du fait que, à la différence des banques non
islamiques, la responsabilité vis-à-vis de l’engagement financier implique à la fois la banque
et toutes les parties prenantes avec qui elles réalisent des opérations commerciales.

2.2.3. Le risque de marché


Ce risque résulte d'une évolution défavorable du prix des actifs qui sont généralement
négocies sur le marche. Les risques de marche comprennent le risque de taux d’intérêt, le
risque de change, le risque de prix des matières premières et risque du prix des actions.

a. Risque de taux d'intérêt : La banque islamique est théoriquement exclue de l'exposition à ce


risque. En réalité, le risque de taux d'intérêt ne prend qu'une forme différente car, même si le
taux d'intérêt n'est pas utilise par les banques islamiques, elles l'utilisent comme référence
pour définir leurs marges. Cette pratique est connue sous le nom de risque de taux de
rendement, qui est un risque spécifique aux banques islamiques.
b- Risque de change : Ce risque se manifeste lorsqu'une partie des revenus ou des actifs et
passifs d'une banque est libelle en devises étrangères.
Libelles.
c- Risque de prix actions : Ce risque concerne la valorisation boursière des actifs de la
banque. Une perte pourrait être enregistrée par la banque si la valeur de ses investissements
diminue.
- Risque de prix des matières premières : Ce risque affecte la valeur et les flux financiers des
matières premières.
- Risque opérationnel : Ce risque est défini comme le risque de perte résultant de processus
internes inadéquats ou défaillants, des personnes, des systèmes ou des événements externes.

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2. Les assurances islamiques

2.1. Définition
2.1.1. Définition des assurances : De manière générale, l’assurance est un système de gestion
des risques basé sur la notion de solidarité. Un système qui permet de prémunir un individu,
une association ou une entreprise contre les conséquences financières et économiques liées à
la survenance d’un risque qui est un événement aléatoire particulier et imprévisible.
Les techniques d’assurance permettent le transfert de risque d’un agent économique donné
(l’assuré) vers l’agent économique (l’assureur) qui accepte, dans le cadre d’un contrat
spécifique (la police d’assurance) et en échange d’une commission (prime), d’indemniser
l’assuré en cas de réalisation du risque.

2.1.2.Définition de l’assurance Takaful


L’assurance Islamique Takaful provient du verbe Kafala, qui signifie garantie conjointe. C’est
un concept islamique basé sur les règles de la charia. Le Takaful est basé principalement sur
la coopération, où ses membres mettent de l’argent dans un fonds commun.
De ce fait, une compagnie Takaful permet de mutualiser les risques et de repartir les pertes
entre l’ensemble des assurés. Par ailleurs, le partage se fait en fin de chaque exercice
comptable. De cela, la compagnie Takaful joue le rôle de gestionnaire et se rémunère par le
biais de commissions.

En théorie, le Takaful est perçu comme une assurance coopérative, où ses membres versent
une certaine somme dans un pot commun : Les souscripteurs d’un contrat d’assurance
coopèrent entre eux pour leur bien commun, chaque souscripteur paie sa prime pour aider
ceux qui sont dans le besoin. Le surplus éventuel doit être distribué aux assurés (en cas de
résultats négatifs, la compagnie se réserve le droit de demander aux assurés d’effectuer un
paiement additionnel afin d’équilibrer les comptes.

c-Modèles et structures du Takaful :


Comme dans l’assurance traditionnelle, Le Takaful est largement pratiqué en deux formes :
- Le Takaful familial : est l'équivalent islamique de l'assurance vie classique
- Le Takaful général : vise à assurer autre chose que la vie humaine.

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Quelques différences entre assurance Takaful et assurance conventionnelle

Obligation des assurés Paiement d’une prime Paiement des cotisations

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Chapitre 3 : Les contrats financiers islamiques (les instruments financiers


islamiques)

1. Les instruments de financement


1.1. La Mourabaha : contrat d’achat et de revente dans lequel la banque achète à un
fournisseur un bien corporel à la demande de son client, le prix de revente étant fondé sur le
coût plus une marge bénéficiaire. La banque supporte les risques liés à la détention de l’actif
et ceci constitue la principale justification de sa marge. C’est l’un des instruments financiers
les plus utilisés. Traditionnellement utilisé pour le financement du commerce.

Le mécanisme du contrat la Mourabaha

[Link] Ijara
Une opération d’Ijara consiste pour le créancier (la banque) à acheter des biens qu’il loue à un
client pouvant bénéficier de la possibilité de rachat au terme du contrat. L’Ijara est très
proche, dans la forme et dans l’esprit, d’un contrat de crédit-bail.
2.2. Al Salam
La vente Al Salam est une vente à terme, c’est-à-dire une opération où le paiement se fait au
comptant alors que la livraison se fait dans le futur. La finance islamique interdit, en principe,
la vente d’un bien non-existant car celle-ci implique le hasard (gharar). Mais, pour faciliter
certaines opérations, notamment dans l’agriculture, des exceptions ont été accordées. Ce
contrat constitue également une solution pour le financement des intrants de production.

Le mécanisme du contrat Al Salam

2.3. Al Istisnaa
Ce contrat financier permet à un acheteur de se procurer des biens qu’il se fait livrer à terme.
À la différence du Salam, dans ce type de contrat, le prix, convenu à l’avance, est payé
graduellement tout au long de la fabrication du bien. Les modalités concrètes du paiement

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sont déterminées parles termes de l’accord passé entre l’acheteur et le vendeur (en
l’occurrence la banque). Cette structure de financement est essentiellement utilisée dans
l’immobilier, la construction navale et l’aéronautique.

[Link] instruments de participation


2.1. La Moudaraba : contrat de fiducie par lequel une partie fournit le capital pour un projet,
et l’autre le savoir faire et son travail. Le partage des bénéfices est convenu entre les parties,
et les pertes sont supportées par le fournisseur des fonds, sauf s’il y a faute, négligence ou
violation des conditions acceptées par la banque

Le mécanisme du contrat la Mourabaha

2.2. Al Moucharakah
Al Moucharakah est la traduction de « association ». Dans cette opération, deux partenaires
investissent ensemble dans un projet et en partagent les bénéfices en fonction du capital
investi. Dans l’éventualité d’une perte, celle-ci est supportée par les deux parties au prorata du
capital investi. La nature de cette opération s’apparente à une joint venture.

Le mécanisme du contrat la Mouchraka


.

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Quelques différences entre le financement par Mourabaha et le crédit classique à intérêt

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Chapitre 4 : Le marché financier islamique

1-Définition Des Marchés Financiers


Le marché financier tire son concept du concept de marché en général. Certains, l’appellent le
marché des actions et des obligations ; d’autres, le marché des capitaux, car c’est une source
de fonds pour financer divers projets, et d’autres le définissent comme le marché de
l’investissement ; c’est-à-dire, le marché monétaire à long et moyen terme, pour le distinguer
du marché monétaire.

Au sens étroit : le concept du marché financier fait référence au marché boursier où les
actions et les obligations sont principalement négociées.
Au sens large, le concept de marché financier désigne un marché qui regroupe tous les
échanges de capitaux à long terme, les épargnants et les investisseurs par le biais des
intermédiaires financiers associés à ce marché.

2- Sukuks (ou obligations islamiques) : Définition et caractéristiques

2.1. Définition
Sukuks est le pluriel du mot arabe Sakk, qui signifie littéralement« titre », qui est un certificat
financier islamique (équivalent islamique d’une obligation), structuré de façon à respecter les
principes de la charia et le droit religieux islamique.
Il s’agit des titres assimilables à des obligations, mais il convient de garder à l'esprit qu'il ne
s'agit pas d'une obligation classique dont le coupon est une rémunération de la dette. En effet,
dans le cas des Sukuks, le coupon est lié à la performance de l'actif sous-jacent, cette forme
d’obligation est un moyen de financement mais surtout un moyen de mobilisation de
l’épargne ,conforme à la charia.
Les deux types d’émetteur de sukuks :
- Souverain (émis par un Etat)
- Corporate (émis par une société,).

2.2. Caractéristiques
La première caractéristique principale des Sukuks est l’adossement à un ou plusieurs actifs
sous-jacent tangibles, et dont la nature et l’usage sont conformes à la Charia. La deuxième
caractéristique distinctive des Sukuks a trait aux modalités de rémunération des investisseurs ;
Contrairement aux obligations classiques qui offrent une rémunération sous forme d’intérêts
périodiques (coupons), les Sukuks permettent à leurs détenteurs un partage des profits réalisés
dépendamment de la performance de l’actif sous-jacent, mais les exposent aussi au risque de
sous performance de l’actif.

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Les principales caractéristiques des sukuks et des obligations classiques

[Link] structuration générale d’une émission de Sukuk


- Les Sukuks sont émis pour le compte de l’émetteur par le biais du Fonds Commun de
Créances (FCC), plus connu sous son appellation anglophone : Special Purpose Vehicle
(SPV). Ce dernier réalise une opération de titrisation du sous-jacent et fait remonter ses
revenus vers les détenteurs des Sukuks.
Le processus d’émission commence par l’identification et la ségrégation d’un pool d’actifs
sous jacents tangibles et conformes aux principes de la finance islamique. Les sukuks sont
distribués par la suite aux investisseurs et chaque sukuk représente une part proportionnelle du
projet ou de l’actif. L’entité gestionnaire continue de gérer l’actif sous jacent et les revenus
génères sont distribués conformément aux termes de l’émission. À l’échéance les créanciers
sont remboursés sur la base de la valeur de l’actif sous jacent.

Comparaison entre système financier islamique et conventionnel

Besoin d’établir et de surveiller la conformité La conformité est plus ou moins acquise


des produits
Absence d’assurance dépôt Existence de l’assurance dépôt

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Chapitre 5 : Les organismes du secteur financier islamique

1. Organismes de normalisation
Les organismes de normalisation ont pour mission principale est la définition et la promotion
des normes, des principes et des lignes directrices qui garantissent que les produits et services
financiers respectent les préceptes de la loi islamique, la charia. Ces organismes établissent
des normes techniques et des lignes directrices pour guider les institutions financières
islamiques dans la création de produits et services conformes à la charia. Ces normes couvrent
une large gamme de domaines, y compris la comptabilité, l'audit, la gestion des risques, les
contrats financiers et la gouvernance des institutions.

1.1.L’organisation de omptabilite et d’audit pour les institutions financières islamiques


(Accounting & Auditing Organization for Islamic Financial Institutions : AAOIFI ) : a été
créé en 1990, dont le siège est au Bahreïn. L’AAOIFI est un organisme indépendant qui
prépare et publie des normes de comptabilité, d’audit, d’éthique, de gouvernance et de respect
de la charia destinées au secteur financier et bancaire islamique international.

[Link] conseil islamique des services financiers ( Islamic Financial Services Board: IFSB).
Son siège est en Malaisie. C’est un organisme de normalisation international d’établissement
des normes fondé par les banques centrales des pays membres.

[Link] marché financier international islamique (International Islamic Financial Market :


IIFM) : créé en 2002 à Bahreïn en tant qu’organisme de normalisation pour les marchés des
capitaux et monétaires du secteur de la finance islamique. Son rôle consiste à développer une
documentation normalisée conforme à la Charia, des produits types, des opinions Charia, des
avis juridiques spécifiques à une juridiction.

2. La banque islamique de développement


:Etablie en 1973 à Djeddah (Arabie saoudite) par la conférence des ministres, dans le but de
financer des projets, ainsi que de fournir une assistance dans le domaine social
des finances des pays musulmans.

3. Quelques autres organismes


[Link] Conseil Général des Banques et Institutions Financières Islamiques (CIBAFI) : est une
organisation à but non-lucratif basée à Bahrein. Son rôle est de soutenir les institutions
financières islamiques par le biais d’activités et d’initiatives. CIBAFI a été créé en 2001 par
laBanque Islamique de développement.

[Link] Islamic Liquidity Management Corporation (IILM) : a été créée en Octobre


2010 (Malaisie) dans le but premier de favoriser l'ouverture à l'international du marché
monétaire islamique.

3.3. Islamic International Rating Agency (IIRA) a été créé en 2002 au Bahrein. L’IIRA est
une institution qui fournit des notations aux marchés financiers en évaluant les émissions et
les émetteurs conformément aux principes de la charia

[Link] Research and Training Institute (IRTI), créé en 1981 dont la mission est de
promouvoir la recherche et la formation en finance et économie islamiques.

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4. Le développement de la finance islamique et sont intégration dans la finance mondiale


La finance islamique a été intégrée dans le système financier mondial, Par conséquent, au fil
des ans, le secteur a développé son offre et ses produits dans de nombreuses juridictions avec
diverses fiscalités, différents milieux culturels et pratiques religieuses. Suite à cette
mondialisation et une croissance phénoménale, un besoin urgent d’harmonisation et de
normalisation s’est fait sentir dans le secteur pour atteindre les principaux objectifs suivants :
-Renforcer la stabilité du secteur de la finance islamique ;
-Fournir des références, des normes et des meilleures pratiques internationalement reconnues
aux parties prenantes du secteur ;
-Créer l’uniformité et la cohérence dans les opérations des systèmes financiers islamiques en
se concentrant sur les structures des produits, les processus et les procédures, les exigences de
gouvernance et de conformité à la Charia, la comptabilité et l’audit, la gestion des risques, la
gestion des liquidités, etc. ;
-Réduire les coûts opérationnels globaux.

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