Sujet : L’homme se définit-il par sa conscience ?
Introduction :
Depuis le XVIIème siècle, la spécificité de l’homme réside dans le fait qu’il est
conscient et qu’il pense. Contrairement aux animaux, l’homme a la particularité d’avoir
conscience de lui-même et de son environnement. Il est le seul être conscient de soi, capable
de revenir à soi-même, connaitre ses pensées, ses sentiments et ses actes. Pourtant la vie
quotidienne et ses expériences prouvent le contraire : la conscience ne peut ni tout englober, ni
tout maitriser. Parfois nous n’avons pas absolument conscience de nous-mêmes, nous pensons,
parlons ou agissons inconsciemment, sans savoir les causes qui nous poussent à le faire.
D’ailleurs, il existe une force, présente en chacun de nous, invisible à la conscience,
profondément enfuie dans l’âme humaine, il s’agit de l’inconscient. L’hypothèse de
l’inconscient fut développée par Freud et c’est ainsi que la pensée et la conscience sont
radicalement mises en question.
Si la conscience semble être ce qui distingue l’homme des autres êtres vivants et lui
permet de se connaître et de donner sens à son existence, peut-on affirmer qu’elle suffit à définir
entièrement ce qu’il est ? Ne faut-il pas reconnaître, au-delà de la conscience, les limites de
cette faculté et l’existence d’une dimension inconsciente qui participe aussi à notre identité ?
Nous verrons d’abord que la conscience apparaît comme ce qui définit proprement
l’homme, en tant qu’elle lui permet de se connaître et de se penser lui-même (I). Mais nous
montrerons ensuite que cette faculté reste limitée et ne saurait suffire à rendre compte de toute
la réalité humaine (II). Enfin, nous soulignerons que l’inconscient joue un rôle essentiel dans
la définition de l’homme, en révélant une part de lui-même qui échappe à la conscience tout en
le constituant profondément (III).