Module 2 -Égalité de genre et justice climatique
Chapitre 1 – Les concepts de l’égalité de genre et inclusion
Rédigé par Katherine Robitaille
1. QUELQUES OUTILS INTERNATIONAUX QUI RECONNAISSENT L’IMPORTANCE
L’ÉGALITÉ DE GENRE ET INCLUSION
Débutons d’abord par les outils internationaux qui reconnaissent l’importance de l’égalité de genre et inclusion. En
effet, plusieurs outils internationaux reconnaissent désormais l’importance de l’égalité de genre et inclusion et c’est
le cas des Nations Unies par exemples, et plusieurs pays à travers le monde.
En contexte onusien, l'année 1975 représente un tournant majeur avec la Conférence des Nations Unies sur les
femmes. Cet événement s'appuie sur le travail et les revendications des mouvements de femmes et féministes
organisés de l'époque à travers le monde. Il marque également le début de la Décennie des Nations Unies pour la
femme et la création, en 1976, d'un fonds onusien dédié à la promotion des droits des femmes, l'UNIFEM - Fonds
de développement des Nations unies pour la femme est une agence spécialisée de l'Organisation des Nations unies
- qui est devenu ONU Femmes en juillet 2010.
En 1979, 185 pays membres des Nations Unies ont adopté, lors de l'Assemblée générale, la Convention sur
l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDEF). Cet instrument est souvent
considéré comme la Charte des droits des femmes, où l’on considère l’importance de l’égalité de genre et
d’inclusion.
Il y a d’autres événements marquants qui sont à noter, comme la déclaration et le programme d’action de Beijing de
1995. La Déclaration et le Programme d’action de Beijing de 1995 sont des engagements internationaux adoptés
lors de la 4ᵉ Conférence mondiale sur les femmes,organisée par l’ONU à Beijing (Chine). Ils constituent une feuille
de route majeure pour l'égalité des genres et l'autonomisation des femmes à l'échelle mondiale. Les 25 ans de cette
conférence ont par ailleurs qui été souligné en 2020.
Quelques dates importantes :
1975 : Conférence des Nations unies sur les femmes (Mexico)
1976 : Création de UNIFEM, plus tard ONU Femmes
1979 : Adoption de la CÉDEF (CEDAW)
1993 : Conférence de Vienne sur les Droits Humains
1995 : Déclaration et programme d’action de Beijing
2000: Objectifs du millénaire pour le développement
2000 à 2019 : adoption des résolutions 1325, 1820, 1888, 1889, 1960, 2117, 2242, 2464 et 2493 sur les
femmes la paix et la sécurité
2015 : Objectifs de développement durables
2020 : 25e anniversaire de la Conférence de Beijing
2. DIFFÉRENCES ENTRE SEXE ET GENRE
Le rapport Genre et équité dans les Aires Protégées en Afrique de l’Ouest de Julienne N. Anoko (2024) aborde de
manière éloquente, la différence entre le sexe et le genre.
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Le sexe, on peut y lire « est l’ensemble des caractéristiques biologiques, héréditaires et génétiques qui organisent
les individus en deux catégories : mâle et femelle » (Anoko, 2024 : 11). De son côté, « le genre définit un ensemble
de croyances, d’attitudes, de sentiments, de valeurs, de comportements permettant de différencier les hommes des
femmes, à travers un processus historique de construction sociale qui se joue à différents niveaux : l’État, le marché
du travail, les écoles, les médias, la loi, la famille, et à travers les relations interpersonnelles. Ce processus suppose
la hiérarchisation de ces croyances, de telle manière qu’on attribue généralement une valeur majeure à celles qui se
définissent comme du sexe masculin. Il va au-delà de la question des femmes. Il se réfère à la manière dont une
société donnée définit les rôles, les responsabilités, les droits et les opportunités associés au fait d’être un homme ou
une femme. Ces caractéristiques, acquises au travers du processus de socialisation, sont spécifiques et variables
selon les contextes. Le genre est culturel alors que le sexe est biologique. Dans beaucoup de sociétés traditionnelles
africaines, ces rôles sont flexibles ; ils peuvent même quelquefois changer » (Anoko, 2024 : 11).
Ainsi, dit simplement, le sexe est l’ensemble des caractéristiques biologiques, héréditaires et génétiques qui
organisent les individus, généralement en catégories, par exemple mâle et femelle. De son côté, le genre s’intéresse
au rapport qui existe notamment entre les hommes et les femmes. C’est un ensemble de croyances, d’attitudes, de
sentiments, de valeurs, de comportements permettant de différencier les hommes des femmes, à travers un processus
historique de construction sociale – c’est à dire comment on construit mentalement notre compréhension de la société
- qui se joue à différents niveaux : l’État, le marché du travail, les écoles, les médias, la loi, la famille, et à travers
les relations interpersonnelles.
Le sexe est généralement inné, c’est-à-dire, dès la naissance on va déterminer le sexe et ne vas pas changer. Le genre
est plutôt acquis et appris et il peut être évolutif et modifié.
Le sexe va généralement être biologique, désigner les organes génitaux alors que le genre va être construit par la
société et découle de la culture dans laquelle nous sommes, et du processus d’apprentissage. Il va se référer à la
manière dont une société donnée définit les rôles, les responsabilités, les droits et les opportunités associés au fait
d’être un homme ou une femme. Ces caractéristiques, acquises au travers du processus de socialisation, sont
spécifiques et variables selon les contextes.
SEXE GENRE
Est inné, dès la naissance Est acquis et appris
Est immuable, ne change pas Est évolutif et modifiable
Est biologique et désigne les organes génitaux Est construit par la société et découle de la culture
et du processus d’apprentissage
Ces rôles, basés sur des croyances culturelles, qui vont être différentes d’un pays à l’autre, d’une culture à l’autre,
d’une époque à l’autre, va définir ce que l'on associe à la masculinité et à la féminité.
PAR EXEMPLE
L'idée que les garçons préfèrent le bleu et les camions, tandis que les filles aiment le rose et les poupées. Les femmes
sont perçues comme maternelles et douces, tandis que les hommes sont considérés comme indépendants et
entreprenants. Ce sont des choses que l’on apprend dès un jeune âge, que l’on construit plus on [Link] aspect
important que cette division va être hiérarchiser également les différences entre ce qui est attendu d’une femme et
d’un homme dans notre société (dans le ménage, dans la famille, au travail, etc.), en donnant plus de valeurs ou plus
d’importance à ce que les hommes vont faire, créant des normes où certains traits associés au masculin ou au féminin
sont valorisés plus que d'autres.
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3. DIFFÉRENCE ENTRE ÉGALITÉ ET ÉQUITÉ
L’ÉGALITÉ, c’est quand tout le monde a les mêmes droits, les mêmes chances et est traité de la même manière,
peu importe son genre, sa couleur de peau, son origine, sa religion ou son handicap, etc. On cherche à donner à tous
et toutes les mêmes opportunités. En revanche, on remarque qu’en ne prenant pas en compte les inégalités dans la
société, on va reproduire des écarts qui existent entre les groupes, comme femme et homme, ou personne handicapée
et personne non-handicapée.
L’ÉQUITÉ, c’est traiter chacun et chacune de manière juste, en tenant compte des différences. Contrairement à
l’égalité – où tout le monde reçoit la même chose – l’équité donne à chacun·e ce dont il ou elle a besoin pour réussir
ou participer pleinement. On cherche alors à faire un rattrapage historique. Donc, donner un soutien particulier aux
membres des groupes historiquement vulnérabilisés. On peut dire que de l’équité va émerger une situation finale
d’égalité. Donc, la mesure ou le traitement n'est pas égale, mais il est équitable parce qu’il cherche à corriger une
injustice.
L’égalité c’est ce qu’on vise. Mais pour s’y rendre dans les faits, il faut parfois avoir des mesures d’équité pour
réparer les injustices du passé. Ce qu’on peut parfois appelé des mesures équitables ou de redressement historique
et sociale ou encore, des mesures d’actions positives, par des quotas par exemple. Toujours dans l’idée d’effectuer
un rattrapage historique, en prenant en compte ces obstacles qu’on rencontrer, par exemple, les femmes et les jeunes.
PAR EXEMPLE
Prenons un exemple simple pour bien comprendre la différence entre égalité et équité, en lien avec l’égalité entre
hommes et femmes dans le domaine de la pêche.
Imaginons qu’on est dans une région côtière où les autorités veulent protéger les ressources marines, en créant une
aire marine protégée. Pour préserver les stocks de poissons, elles mettent en place un système de quotas : chaque
personne a droit de pêcher cinq poissons par jour. À première vue, ça semble juste : tout le monde a droit à la même
chose, hommes comme femmes. C’est ce qu’on appelle une approche basée sur l’égalité. On donne la même règle
à tout le monde, sans distinction.
Mais si on regarde de plus près, on se rend compte que cette approche ne tient pas compte des réalités très différentes
que vivent les hommes et les femmes dans ce secteur. Par exemple, dans beaucoup de régions, les hommes sont ceux
qui possèdent les bateaux, les moteurs, les filets. Ils peuvent aller plus loin en mer et pêcher plus facilement. Les
femmes, elles, pêchent souvent à pied, près du rivage, avec peu de matériel, ou alors elles ne pêchent pas directement,
mais s’occupent de transformer, sécher ou vendre le poisson. Elles sont pourtant essentielles dans la chaîne de valeur,
mais elles sont souvent moins visibles et moins soutenues par ce genre de mesure.
Donc, si on applique la même règle à tout le monde, on risque de renforcer les inégalités déjà présentes. Les hommes,
mieux équipés, peuvent profiter du quota au maximum, tandis que les femmes, avec moins de moyens, n’arrivent
même pas à atteindre leur quota, ou n’y ont pas accès du tout.
C’est là qu’intervient une approche basée sur l’équité. Plutôt que de donner la même chose à tout le monde, on
reconnaît les différences de situation, et on ajuste les règles pour que chacun ait une chance réelle. Par exemple, on
pourrait réserver certains quotas pour les femmes, leur donner un meilleur accès aux zones de pêche, les former à la
gestion durable des ressources ou soutenir financièrement leurs activités.
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On peut aussi les inclure davantage dans les espaces de décision pour qu’elles puissent faire entendre leur voix.
Ce que ça montre, c’est que l’égalité, si elle ne tient pas compte des inégalités de départ, peut sembler juste en
apparence mais rester injuste en réalité. L’équité, elle, cherche à corriger les déséquilibres pour que tout le monde
puisse vraiment participer et bénéficier des ressources de manière juste.
4. DIVERSITÉ ET INCLUSION
Par DIVERSITÉ, on va désigner la présence et la reconnaissance de différents profils sociaux, économiques,
culturels et identitaires – incluant notamment le genre, l’âge, le handicap, l’origine ethnique ou le statut socio-
économique – parmi les personnes qui vivent, travaillent ou dépendent des aires marines protégées.
L’INCLUSION maintenant, selon l’UNEP (2022), consiste à donner une place à la table à ceux et celles qui sont
actuellement exclues et à les soutenir pour qu'ils et elles participent aux processus décisionnels plus larges afin de
garantir que leurs droits et besoins soient reconnus. Une approche inclusive reconnaît que les personnes sont
différentes et ont besoin de soutiens et de ressources différents pour s'assurer que leurs droits soient réalisés. Pas
seulement en termes de chiffre, donc quantitatif, mais aussi qualitatif, c’est à dire qui prendre en compte les
expériences, les perceptions, les motivations des personnes.
PAR EXEMPLE
Prenons par exemple en contexte d’aire marine protégée. Autour de cette zone, il y a plein de personnes différentes
qui dépendent de la mer pour vivre. Il y a des hommes qui partent pêcher en bateau. Il y a aussi des femmes, souvent
moins visibles, qui transforment le poisson, le vendent sur le marché, ou qui s’occupent de la comptabilité des petites
coopératives de pêche.
Mais souvent, quand on organise des réunions pour décider comment gérer cette aire protégée, ce sont surtout les
hommes pêcheurs qui sont invités à parler. Les femmes, elles, ne sont pas toujours incluses. Pourtant, elles jouent
un rôle super important dans la chaîne de la pêche et dans la survie économique des familles.
Quand on parle d’égalité entre les genres, ça veut dire qu’il faut s’assurer que les femmes et les hommes aient les
mêmes chances de participer aux décisions, d’avoir accès aux ressources, de se faire entendre. Par exemple, si on
crée un comité de gestion pour l’AMP, il faudrait que les femmes y soient représentées autant que les hommes. Et
pas juste pour faire joli : qu’elles aient vraiment leur mot à dire.
Parce que si on oublie les femmes, on oublie une grande partie des savoirs, des idées, et des besoins diversifiés. Et
une gestion juste et efficace d’une AMP, ça passe par là : reconnaître les rôles de chacun et chacune.
5. L’INTERSECTIONNALITÉ
L’INTERSECTIONNALITÉ est un concept a ensuite été popularisé par Kimberlé Crenshaw (1989), qui s’est
appuyée sur les luttes féministes des femmes noires états-uniennes, mais était vécu bien avant par des femmes à
travers le monde.
C’est l’idée que nos identités – comme le genre, l’origine, l’âge ou le statut économique, etc – et les politiques et les
structures gouvernementales (on va parler de structures) vont se croisent et influencent la façon dont on vit les
inégalités.
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L’intersectionnalité va donc permettre l’inclusion d’autres composantes de discriminations et d’inégalités que le
genre (par exemple, les jeunes, les personnes âgées, en situation de handicap, ethnies, diversité sexuelle et de genre,
etc.).
Avec l’intersectionnalité, quand on parle d’inégalités et de discriminations, il faut les regarder sous deux angles en
même temps.
D’abord, il y a ce que vit chaque personne dans sa vie de tous les jours. Par exemple, une femme autochtone qui vit
à la campagne peut faire face à plusieurs difficultés en même temps : parce qu’elle est une femme, parce qu’elle est
autochtone, et parce qu’elle vit loin des services, avec peu de moyens. On appelle ça des identités croisées : c’est
comme si plusieurs types d’injustices se superposaient dans son quotidien.
Ensuite, il y a un autre niveau, plus large : celui des règles, des lois, des institutions et de la manière dont notre
société fonctionne. Par exemple : qui décide des lois ? Qui a accès aux ressources ? Qui est représenté dans les lieux
de pouvoir ? Ce niveau-là nous aide à comprendre pourquoi certaines personnes ou certains groupes sont
désavantagés, non pas à cause de ce qu’ils font, mais à cause de structures qui maintiennent les inégalités depuis
longtemps.
Ces deux niveaux — ce que les gens vivent individuellement, et les systèmes plus larges qui créent ou renforcent
les injustices — sont complémentaires et essentiels pour bien comprendre les problèmes et agir dessus.
PAR EXEMPLE
EXEMPLE 1 :
Dans une aire marine protégée, imaginez une femme qui a un handicap. Elle veut participer aux décisions sur la
conservation ou les aires marines, mais la réunion se tient loin, sans rampe d’accès, et personne ne pense à adapter
les échanges. En plus, comme c’est une femme, on l’écoute moins. Là, plusieurs choses se croisent : le fait d’être
une femme, d’avoir un handicap, et parfois aussi d’avoir peu de moyens. C’est ça, l’intersectionnalité : comprendre
que certaines personnes vivent plusieurs formes d’injustice en même temps.
EXEMPLE 2 :
Dans de nombreuses communautés côtières, les femmes autochtones jouent un rôle essentiel dans la gestion des
ressources marines, que ce soit par la collecte de coquillages, la transformation des produits de la mer ou la
transmission de savoirs traditionnels liés aux écosystèmes. Pourtant, malgré cette contribution précieuse, elles sont
souvent exclues des décisions liées aux politiques climatiques ou à la gestion des aires marines protégées.
L’approche intersectionnelle nous aide ici à comprendre que ces femmes sont confrontées à des discriminations
croisées : en tant que femmes, elles subissent des inégalités de genre qui limitent leur accès aux espaces de pouvoir,
à l’éducation ou au financement. En tant que membres de Peuples autochtones, elles font aussi face à des formes de
discrimination des structures politiques et économique, de non-reconnaissance de leurs savoirs traditionnels, et à
une dépossession historique de leurs terres et ressources. Ces deux formes de discrimination ne s’additionnent pas
simplement, elles se renforcent mutuellement et créent des obstacles spécifiques dans leur vie quotidienne, leur
participation citoyenne, ou leur sécurité économique. En tenant compte de ces réalités imbriquées,
l’intersectionnalité est un outil qui nous pousse à imaginer des politiques plus inclusives, qui reconnaissent à la fois
les savoirs autochtones et les inégalités de genre, pour construire des actions réellement transformatrices, justes et
durables.
EXEMPLE 3 :
Dans une aire marine protégée en Afrique, des programmes visent à intégrer les femmes aux décisions sur la
conservation marine.
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Toutefois, certaines activités de sensibilisation ou de formation se déroulent sur la plage, en plein soleil, sans
équipements adaptés. Si cela permet la participation de certaines femmes, cela peut exclure celles en situation de
handicap moteur, qui rencontrent des difficultés à se déplacer sur le sable, ou de handicap visuel, qui nécessitent un
accompagnement spécifique. Ce type de situation souligne l’importance d’une approche intersectionnelle : les
femmes ne forment pas un groupe homogène. Une femme en situation de handicap peut subir à la fois des
discriminations liées au genre et au handicap. Ignorer cette pluralité de vécus, c’est risquer de reproduire des formes
d’exclusion dans des espaces.
6. MASCULINITÉS POSITIVES
Selon l’OMS (2022), la masculinité positive se définit comme étant l'ensemble des caractéristiques ou
comportements dépourvus des violences basées sur le genre, principalement à l'égard des femmes.
Les approches de masculinité positive consistent à impliquer les hommes et les garçons dans la lutte pour l'égalité
entre les genres et l'autonomisation des femmes. Travailler avec eux permet de déconstruire les stéréotypes selon
lesquels les hommes seraient opposés à cette égalité. En participant activement, les hommes et les garçons changent
leurs attitudes envers les femmes, ce qui améliore concrètement leurs conditions de vie ainsi que celles de leur
communauté (GIZ, 2024).
Il est d’ailleurs préférable de parler d’approches de masculinités positives au pluriel, car elles se déclinent sous
plusieurs formes afin de refléter la diversité des contextes. Il n’existe pas une seule manière d’aborder la question ;
ces approches doivent être ancrées dans les besoins spécifiques des communautés et des pays pour être véritablement
efficaces.
PAR EXEMPLE
Un exemple qui croise les masculinités positives dans un contexte d’aires marines protégées pourrait être celui des
pêcheurs qui adoptent des pratiques de conservation tout en remettant en question les normes de genre
traditionnelles.
Dans certaines communautés côtières, la pêche est souvent considérée comme une activité exclusivement masculine,
où les hommes doivent prouver leur virilité par leur capacité à ramener de grandes prises, à braver la mer et à assurer
la subsistance de leur famille.
Cette pression sociale peut mener à des pratiques de pêche destructrices, telles que la surpêche ou l'utilisation
d'engins illégaux, mettant en péril les écosystèmes marins.
Cependant, dans plusieurs AMP, des initiatives ont été mises en place pour encourager des masculinités positives,
c'est-à-dire une vision du rôle des hommes qui valorise la responsabilité, la coopération et le respect de
l'environnement. Par exemple, au Mozambique, certains groupes de pêcheurs ont commencé à intégrer les principes
de conservation dans leur travail en devenant des « gardiens de la mer ». Ces hommes ne voient plus leur rôle
uniquement comme des pourvoyeurs de nourriture, mais aussi comme des protecteurs de l'écosystème dont
dépendent leurs familles et communautés.
Dans ces initiatives, les hommes remettent en question les stéréotypes genrés qui valorisent l'exploitation intensive
des ressources naturelles comme preuve de succès masculin. Ils adoptent plutôt des pratiques durables, collaborent
avec les femmes qui collectent et transforment les produits de la mer et soutiennent leur implication dans la gestion
des ressources marines.
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Ce type d’exemple illustre comment les masculinités positives peuvent être mises au service de la protection des
AMP : en promouvant des modèles de masculinités qui valorisent la préservation, le partage des responsabilités et
le respect des autres acteurs et actrices du secteur, y compris les femmes et les jeunes.
SOURCES ET MATÉRIEL SUPPLÉMENTAIRE
Adéquations (s.d.) Egalité femmes-hommes, [Link]
Anoko, J. N. (2024) Genre et équité dans les Aires Protégées en Afrique de l’Ouest, [Link]
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Bilge, S. et Collins, P. H. (2023). Intersectionnalité. Une introduction, Paris, Amsterdam éditions, 288 p.
Blue Ventures (2021). Gender equality, [Link]
Borrini-Feyerabend, G. (2009). Engager les peuples autochtones et les communautés locales dans la gouvernance des aires protégées en
environnement marin et côtier: options et opportunités en Afrique de l’Ouest, [Link]
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Colette et coll. (2021). Genre, risque océanique et résilience au sein des PEID et des PMA côtiers, [Link]
content/uploads/2022/12/ORRAA-Gender-and-ocean-risk_FR.pdf
Conseil de l’Europe (s.d.). Égalité de genre et approche intégrée de l’égalité entre les femmes et les hommes,
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Crenshaw, K. (1989). Demarginalizing the Intersection of Race and Sex: A Black Feminist Critique of Antidiscrimination Doctrine, Feminist
Theory and Antiracist Politics, 1989 U. Chi. Legal F. 139, : [Link]
Fabor, K. A. (2021) Women on storm-hit Philippine Island lead Indigenous effort to restore mangroves,
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GIZ. (2024). Boîte à outil Masculinités : [Link]
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Objectifs développement durable (s.d.). ODD5 - Égalité entre les genres, [Link]
OMS (2022). Promotion de la masculinité positive au bureau de l’OMS en République du Congo,
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ONU Femmes (2022). Où je me tiens : « Placer les femmes autochtones et nos communautés au centre de l’action climatique »,
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de-laction-climatique
Oxfam-Québec. Égalité entre les genres, [Link]
United Nations (s.d.) Gender stereotyping, OHCHR and women’s human rights and gender equality, [Link]
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United Nations (2015). The Journey of Women's Rights : 1911-2015 : [Link]
UN Women (2020). A global history of women’s rights, in 3 minutes : [Link]
UN Women (s.d.). Empowering women to conserve our oceans, [Link]
our-oceans
[Link] © 2025 – Cégep de la Gaspésie et des Îles. Tous droits réservés.