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Mesure de la perméabilité des sols

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SOMMAIRE

INTRODUCTION

I/ DEFINITION

1- La perméabilité ou vitesse d’écoulement

2- Loi de Darcy

3- La porosité

II/ QUELQUES ORDRES DE GRANDEURS DE VITESSE D’ECOULEMENT SELON LE

TYPE DE POROSITE

4- Notion de porosité et de perméabilité

II/ LES METHODES DE MESURES DANS LE LABORATOIRE

1- Mesure de la porosité

2- Comment est mesurée la perméabilité ?

3- Paramètres influençant la perméabilité

III/ UTILITE DES DONNEES

CONCLUSION

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INTRODUCTION

L’application quantitative de la théorie d’écoulement aux milieux poreux non saturés pour
les problèmes d’ingénierie nécessite la connaissance des valeurs de la perméabilité ou de
la diffusivité, à différentes teneurs en eau ou à différentes succions. La détermination
expérimentale de ces paramètres hydrodynamiques peut se faire par des méthodes
directes en utilisant la loi de Darcy généralisée, ou par des méthodes indirectes qui font
appel à la résolution des équations de transfert ou à des modèles empiriques. (Klute,
1965). Les techniques de mesure des perméabilités décrites dans la littérature sont fort
nombreuses et sont souvent classées suivant le régime d’écoulement envisagé. En
parallèle avec la diversité de ces méthodes, la question concernant la validité et la fiabilité
des résultats obtenus est souvent posée. D’un côté, les difficultés expérimentales
rencontrées d’une méthode à l’autre sont omniprésentes, et de l’autre côté, un grand
nombre de paramètres peut influencer les mesures. Dans ce chapitre, la loi expérimentale
utilisée dans l’étude de la perméabilité en laboratoire est présentée ainsi que les effets de
différents paramètres sur la perméabilité des sols fins. Les essais en laboratoire
spécialement programmés pour l’étude de la perméabilité des sols fins sont également
décrits. La fiabilité des résultats est analysée.

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I/ DEFINITION

5- La perméabilité ou vitesse d’écoulement


La perméabilité est une caractéristique physique qui représente la facilité qu'a un matériau
à permettre le transfert de fluide au travers d'un réseau connecté. Autrement dit c’est
l’aptitude d’un milieu à se laisser traverser par un fluide (liquide ou gaz).

6- Loi de Darcy
La Loi de Darcy permet de relier un débit à un gradient de pression appliqué au fluide
grâce à un paramètre caractéristique du milieu traversé : la perméabilité k .

La loi de Darcy (Henry Darcy, 1856) s'exprime par :

Avec Q le débit, S la section de l'éprouvette qui pour une éprouvette cylindrique


est pi.R2 avec R le rayon de l'éprouvette, k la perméabilité, h la viscosité dynamique du
fluide et ∆P/∆x, le gradient de pression.
La perméabilité k est donc :

La perméabilité k s'exprime en m2. Lorsque les unités suivantes sont utilisées : Q en cm.s-
1
, S en cm2, ∆P/∆x en [Link]-1 et h en poises, la perméabilité k s'exprime également en
Darcy. Ainsi, 1 Darcy = 0,97.10-12 m2. Le darcy est couramment utilisé par les
hydrogéologues et par les pétroliers. Le m 2 est plutôt utilisé par les physiciens des
matériaux.

La perméabilité peut être considérée comme significative de la surface utilisable pour


l'écoulement, elle dépend de la géométrie du réseau poreux. La loi de Darcy, et donc la

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perméabilité, est définie pour des conditions d'écoulement laminaire dans un milieu
homogène, isotrope et continu ; le fluide n'interagissant pas avec le milieu.

Remarque sur la perméabilité k et le coefficient de perméablité K :


On définit la conductivité hydraulique K , ou coefficient de perméabilité, comme :

7- La porosité
Propriété d’un corps ou d’un milieu de comporter des vides interconnectés ou non.
La porosité totale représente l’ensemble des vides présents dans une roche. Elle
s’exprime par le rapport du volume des vides au volume total du milieu (ex : 0,3 ou
30%).
La porosité totale ne dépend pas de la taille des grains mais diminue avec :
 l’hétérogénéité des grains

Grains homogènes (bien triés) Grains hétérogènes (mal triés)

Porosité 30 % Porosité 15 %

II/ QUELQUES ORDRES DE GRANDEURS DE VITESSE D’ECOULEMENT SELON LE


TYPE DE POROSITE
Dans les terrains formés de roches meubles (sables, graviers…), les eaux souterraines
s’écoulent à travers les vides de façon lente et régulière.
Au sein des roches compactes présentant de larges fissures (calcaires, granite…), les
circulations souterraines sont plus rapides et désordonnées.

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l existe un autre type de porosité appelé « porosité efficace
Rapport du volume d’eau gravitaire qu’un milieu poreux peut contenir en état de saturation
puis libérer sous l’effet d’un drainage complet, à son volume total.
Les vides présents dans la roche peuvent être :
 connectés entre eux, on parle alors de porosité « ouverte »

 sans communication, on parle de porosité « fermée »

Dans un milieu poreux, l’eau peut se déplacer uniquement dans les vides interconnectés.
De plus, les grains retiennent l’eau par capillarité et l’empêchent de circuler librement.
La porosité efficace représente le volume d’eau mobilisable par gravité, soit l’« eau libre »
(non liée aux grains de la roche par capillarité) et circulant dans les pores « ouverts ».

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Notion de porosité efficace (BRGM)
La porosité efficace diminue avec la taille des grains, par exemple les sables présentant
plus de porosité « fermée » que les graviers. Elle peut être déterminée en laboratoire ou
sur le terrain, par égouttage de la roche.

8- Notion de porosité et de perméabilité

L'eau peut, selon le type de roche, pénétrer : c'est la porosité de la roche. L'eau peut
aussi traverser complètement la roche : c'est la perméabilité de la roche.

Ces deux paramètres fondamentaux représentent donc :

• - la porosité : correspondant au volume relatif des vides présents dans la roche (nombre
sans dimension),
• - la perméabilité : mesure de l'’aptitude d’'une roche à se laisser traverser par l’'eau.

 Comparaison de la porosité de deux roches :

Mettre quelques gouttes d'eau sur différentes roches, et observer.

En déduire la porosité de ces roches.


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 Comparaison de la perméabilité de deux roches :

La perméabilité correspond à la vitesse à laquelle l'eau circule au sein de la roche.


Très simplement il est possible de comparer la perméabilité de deux roches
sédimentaires. Il s'agit de mettre dans deux entonnoirs deux mêmes volumes de roche et
de verser le même volume d'eau, enfin de comparer après un temps donné le volume
d'eau ayant traversé ces roches.

II/ LES METHODES DE MESURES DANS LE LABORATOIRE


4- Mesure de la porosité
L'eau peut, selon le type de roche, pénétrer : c'est la porosité de la roche. L'eau peut aussi
traverser complètement la roche : c'est la perméabilité de la roche.

Ces deux paramètres fondamentaux représentent donc :

La porosité : correspondant au volume relatif des vides présents dans la roche (nombre
sans dimension),
La porosité totale (pt) se définit de la façon suivante :
Pt (%) = Volume des vides / volume total de la roche x 100
Cette porosité totale peut se décomposer en : pe (porosité efficace) : c'est la quantité
d'eau de gravité contenue dans une roche, ou
quantité d'eau mobile.
cr (capacité de rétention) : c'est la quantité
d'eau liée aux particules et/ou capillaire.

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La porosité totale est la somme de ces deux composantes ; pt = pe (porosité efficace) + cr
(capacité de rétention).
Plus la particule est de petite dimension, plus la composante "pe" diminue et donc plus la
composante "cr" augmente.
Roches poreuses pt (%) pe (%)
Sable et gravier 25 à 40 15 à 25
Sable fin 30 à 35 10 à 15
Argile 40 à 50 1à2
Craie 10 à 40 1à5
Calcaire (fissuré) 1 à 10 10 à 50

 Mesurer la porosité d'une roche : Pt (%) = Volume des vides / volume total de la
roche x 100
Il est possible de déterminer le volume d'eau contenu dans une roche en pesant la roche
avant et après un séjour prolongé dans l'eau. La différence mesurée en gramme est
convertie en volume 1g = 1 cm3, ce volume représente le volumes des vides.
Il est possible de mesurer le volume total de la roche en mesurant la quantité d'eau
déplacée lors de son immersion.

Autre méthode

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Réaliser le montage ci-dessus. Ouvrir le robinet. L'eau va ainsi, par gravité, monter dans la
roche meuble. Quand l'eau arrive au sommet du sol, fermer le robinet et lire le volume
d'eau écoulée et qui a servi à remplir tous les espaces vides du sol. Si vous connaissez le
volume de la roche meuble, vous pouvez déterminer la porosité totale.

5- Comment est mesurée la perméabilité ?

Dans le cas de matériaux peu cohérents


Figure 1. Dispositif de mesure de perméabilité sur matériau peu cohérent

L'expérience de Darcy consiste à mesurer un débit et un gradient de charge qui


permettent de calculer une perméabilité grâce à la formule précédente. Cette expérience a
été développée au départ pour des sables ou des matériaux peu cohérents.
L'échantillon est dans un tube de rayon R, et soumis à un gradient de charge dû à la
différence de hauteur d'eau dans les deux réservoirs amont et aval, dont les niveaux sont

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maintenus constants. Le sens d'écoulement est inverse au gradient de charge. Ce
gradient de charge peut également être déterminé grâce à la mesure de la différence de
hauteur d'eau ( DH ) dans deux tubes piézométriques distant de L .

Dans le cas des matériaux consolidés et moins perméables


Figure 2. Dispositif de mesure de perméabilité sur matériau consolidé

L'essai consiste à injecter un fluide sous pression ( P1 ) et à mesurer la pression ( P2 ) et le


débit ( Q ) en sortie de l'éprouvette. Le gradient de pression est (P1-P2)/L . Connaissant le
rayon de l'éprouvette, il est facile de calculer la perméabilité.
Dans le cas de matériau très peu perméable

La mesure d'un débit devient très difficile. La technique du pulse est alors utilisée. Il
s'agit de mesurer la décroissance en fonction du temps de la pression appliquée en tête
de l'échantillon, au prix de certaines suppositions sur la morphologie du réseau poreux il
est possible d'en déduire une valeur de perméabilité.

Figure 3. Dispositif expérimental

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On considère un tube cylindrique de section S rempli d'une roche meuble sur une hauteur
L dans lequel on fait circuler de l'eau sur une hauteur totale H (dispositif à niveau
constant).

6- Paramètres influençant la perméabilité

De nombreux facteurs influent sur la perméabilité du sol. Certains, comme la nature du


fluide (sa viscosité, son poids spécifique, sa masse volumique, sa température et la
quantité de sels dissous). Par exemple, plus un fluide sera visqueux moins il aura
tendance à s’écouler dans l’aquifère. D’autres facteurs tels que la nature du milieu
traversé (sa granulométrie, sa porosité) et la taille des pores du sol ont beaucoup
d’importance en ce qui concerne le taux d’infiltration (pénétration de l’eau dans le sol) et le
taux de percolation (déplacement de l’eau à l’intérieur du sol). Enfin, la perméabilité
dépend aussi des interactions éventuelles d’ordre chimique et physique entre fluide et
roche.
De nombreux paramètres influent sur la valeur de la perméabilité mesurée au laboratoire.
Il est important de connaître ces influences afin d’éviter d’une part des erreurs
d’interprétation, et d’autre part pour obtenir des valeurs de k exploitables.

III/ UTILITE DES DONNEES

Dans le cas des aquifères formés par des matériaux non consolidés (graviers, sables), la
perméabilité peut être très supérieure au Darcy et atteindre 10 3 D (soit 10-9 m2). Dans les
matériaux consolidés, les roches les plus poreuses sont les grès. Certains grès peu ou
pas cimentés ont des perméabilités de l'ordre du Darcy (10 -12 m2). Les matériaux les moins
perméables sont les argilites avec des perméabilités de 10-22 à 10-23 m2.

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Figure 5. Perméabilité des roches naturelles

Droits réservés - © 2000 Yves Géraud

À partir de données de laboratoire sur échantillons , le domaine de variation de la


perméabilité pour un même matériau est large, cette variabilité illustre le fait que la
perméabilité dépend d'un certain nombre de caractéristiques de la porosité (volume,
dimensions, forme, connectivité) qui sont eux-mêmes variables pour un matériau. Cette
variabilité est maximale pour les carbonates.

Par contre les mesures effectuées en sondage montrent des valeurs généralement plus
élevées que les mesures effectuées au laboratoire. À cette échelle, les discontinuités
misent en jeu sont des fractures ou des failles alors qu'au laboratoire les discontinuités
sont des fissures et des tubes.

À partir de données de perméabilité, les pétroliers ont défini différentes classes de


réservoirs :

 perméabilité nulle à faible : <1–15 mD ;


 modérée : 15-50 mD ;
 bonne : 50-250 mD ;
 très bonne : 250-1000 mD ;
 excellente : >1000 mD (>1 D).

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Dans les réservoirs pétroliers, il n'y a pas, en général, qu'une seule phase fluide, on
trouve un mélange de gaz, d'huile et d'eau. Dans ce cas on définit la perméabilité relative
d'un fluide comme le rapport entre la perméabilité mesurée pour la saturation du fluide
considéré et la perméabilité du milieu définie pour un seul fluide.

La porosité d'un horizon est essentielle pour tout ce qui concerne la réserve en eau, la
circulation des fluides (eau et air) et les possibilités d'enracinement. Malheureusement le
volume, les dimensions et l'organisation des pores ne sont véritablement accessibles à la
description macromorphologique sur le terrain.

Dans cette figure on constate que la porosité calculé pour les trois sols est très élevé,
supérieur à 40% ce qui montre que nous somme en présence de sol très poreux soit à
texture légère soit bien structuré.

Figure: Représentation graphique de la porosité des sols des trois stations

Les mesures de porosité d'un matériau argileux, réalisées par diverses techniques
microscopiques, montrent qu'il existe une différence significative avec la porosité totale
estimée macroscopiquement. De multiples analyses ont permis d'attribuer cette différence,
dont l'importance est liée aux contraintes hydromécaniques subies par le matériau, aux
espaces microporeux inférieurs à 2 nm et aux volumes poreux fermés, non accessibles

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par les techniques employées. Par ailleurs, le rôle des méthodes de séchage des
échantillons, qui ne permettent pas le retrait d'une partie de l'eau, est mis en évidence.
L'élimination de celle-ci entrainerait des modifications micro texturales irréversibles, qui
conduiraient à une interprétation erronée du comportement macroscopique du matériau.

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CONCLUSION
L’eau ne circule pas en ligne droite dans une nappe et peut emprunter différents chemins
pour aller d’un point A à un point B. La distance réelle parcourue par les eaux souterraines
est donc plus importante que la distance en ligne droite entre le point A et le point B. Cette
distance réelle est difficile à connaître et dépend de la porosité efficace de la roche
traversée.
Il ne serait alors pas juste de calculer la vitesse d’écoulement des eaux souterraines
comme on détermine la vitesse d’un train, soit en faisant le rapport entre la distance entre
le point A et le point B et le temps mis par les eaux pour parcourir cette distance.
C’est pourquoi, la notion de perméabilité permet d’appréhender la vitesse réelle des eaux
souterraines, en prenant en compte la porosité efficace de la roche traversée.
La perméabilité traduit l’aptitude de la roche à se laisser traverser par l’eau, sous l’effet
d’une pression (ou gradient hydraulique). Plus la perméabilité est élevée, plus l’eau
s’écoulera vite.
Cette perméabilité est due à l’existence d’une porosité efficace, c’est-à-dire à l’existence
de vides interconnectés. Selon le type de porosité, il existe une perméabilité « en petit »
(circulation dans les pores) et une perméabilité « en grand » (circulation dans les fissures,
fractures, karsts…) qui peuvent cohabiter au sein d’une même roche (craie fissurée ou
karstique par exemple).

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