Propriétés et structures des métaux
Propriétés et structures des métaux
En astrophysique, et notamment en physique stellaire, on appelle métal tout élément chimique autre que
l'hydrogène et l'hélium. Ces éléments sont produits par nucléosynthèse stellaire à partir d'hydrogène et
d'hélium par fusion nucléaire, processus à l'origine de l'énergie libérée par les étoiles. De ce point de vue,
la métallicité d'une étoile est la proportion d'éléments autres que l'hydrogène et l'hélium qui la constituent.
Tous les métaux — notamment les alliages — ne sont cependant pas cristallins, et il peut se former des
alliages métalliques amorphes par trempe rapide d'alliages métalliques fondus. On utilise pour ce faire
des métaux fondus dont les atomes ont des tailles sensiblement différentes, ce qui limite la cristallisation
lors d'un refroidissement rapide. Également appelés verres métalliques, les alliages métalliques amorphes
présentent, par rapport aux métaux usuels, une meilleure ténacité, une moindre fragilité, ainsi qu'une plus
grande résistance à la déformation et à la corrosion.
La force d'une liaison métallique dépend notamment du nombre d'électrons libres par atome métallique,
et atteint un maximum au sein des métaux de transition vers le milieu du bloc d au niveau de la 5e période
et au-delà, parmi les métaux réfractaires. Les liaisons métalliques subsistant à l'état liquide, contrairement
aux autres liaisons interatomiques, le meilleur indicateur de la force de la liaison métallique d'un métal
donné est sa température d'ébullition plutôt que sa température de fusion.
Les propriétés des métaux eux-mêmes ne sont pas uniformes, et l'on a coutume de les classer en familles
plus ou moins informelles qui rendent compte des différences de propriétés entre ces éléments. Du point
de vue chimique, le caractère métallique est d'autant plus marqué qu'on se déplace vers la gauche et vers
le bas du tableau. Ainsi, les éléments les plus métalliques sont les métaux alcalins, tandis que les moins
métalliques sont les non-métaux diatomiques, notamment les halogènes. Entre les deux, d'autres familles
d'éléments sont traditionnellement définies, comme les métaux alcalino-terreux, les lanthanides, les
actinides, les métaux de transition et les métaux dits « pauvres », ces derniers étant les métaux dont les
propriétés métalliques sont les moins affirmées.
Du point de vue pratique, il existe une grande variété de termes désignant des familles d'éléments
métalliques et d'alliages. On parle de métaux ferreux et non ferreux selon qu'on considère les alliages
contenant ou dépourvus de ferrite, respectivement. On parle de métaux nobles pour désigner les éléments
métalliques résistants à la corrosion et à l'oxydation dans l'air humide : ce sont le ruthénium, le rhodium,
l'argent, l'osmium, l'iridium, le platine et l'or ; le mercure est parfois également considéré comme un
métal noble, tandis que le titane, le niobium et le tantale, qui sont pourtant très résistants à la corrosion,
ne sont pas considérés comme des métaux nobles. On parle de métaux précieux pour désigner les métaux
les plus rares et dont la valeur marchande est la plus élevée, comme typiquement l'or, l'argent, le platine et
le palladium, qui ont chacun un code monétaire ISO 4217 : XAU, XAG, XPT et XPD respectivement ;
les platinoïdes sont également considérés comme des métaux précieux. On parle de métaux réfractaires
pour désigner les métaux particulièrement résistants aux températures élevées et à l'usure : ce sont
typiquement le niobium, le molybdène, le tantale, le tungstène et le rhénium ; le technétium est également
réfractaire, mais n'est généralement pas mentionné comme tel car il est synthétique et radioactif.
Propriétés physiques
Les métaux purs ont le plus souvent une conductivité électrique, une conductivité thermique et une masse
volumique élevées. L'argent est ainsi le meilleur conducteur électrique (6,30 × 107 S/m), suivi par le
cuivre (5,96 × 107 S/m), l'or (4,10 × 107 S/m) et l'aluminium (3,50 × 107 S/m). La conductivité électrique
du fer est de 107 S/m, tandis que celle de l'acier au carbone 1010 (fer à 0,10 % de carbone) est de
seulement 5,9 × 106 S/m, ce qui illustre l'effet des impuretés sur la conductivité des métaux.
Bien que la plupart des métaux aient une masse volumique supérieure à celle de la plupart des non-
métaux, celle-ci est très variable selon les matériaux considérés. Parmi les corps simples métalliques, le
lithium est le moins dense (0,534 g cm−3 à 25 °C) tandis que l'osmium est le plus dense (22,59 g cm−3).
Les métaux alcalins (dont fait partie le lithium) et alcalino-terreux sont les moins denses des métaux ; ils
sont également les moins durs, et les métaux alcalins ont un point de fusion particulièrement bas : hormis
le lithium, ils sont tous liquides à 100 °C. La densité élevée de la plupart des métaux provient de leur
structure cristalline compacte.
Les métaux sont en outre généralement caractérisés par une bonne malléabilité et une grande ductilité qui
leur permettent de se déformer sans se briser. Ainsi, le cuivre pur peut être étiré pour former des fils
électriques, des tuyaux (plomberie), être mis en plaque et martelé en forme de casseroles ; l'or pur peut
également être mis sous forme de feuilles très fines. À l'inverse, certains éléments d'alliage permettent de
durcir le métal : c'est par exemple le cas du carbone qui durcit le fer pour donner de l'acier, de l'étain qui
durcit le cuivre pour donner le bronze, ou encore de l'argent et du cuivre qui durcissent l'or.
La force des liaisons métalliques est la plus élevée aux environs du centre de la famille des métaux de
transition, au niveau des métaux réfractaires, car ces éléments ont un grand nombre d'électrons
délocalisés dans leur structure. D'autres facteurs entrent cependant également en ligne de compte, comme
le rayon atomique, le numéro atomique, le nombre d'orbitales liantes, la superposition des énergies des
orbitales et le type de structure cristalline ; les structures cubiques centrées donnent ainsi des liaisons
métalliques moins fortes que les structures cubiques à faces centrées et hexagonales compactes car ces
dernières ont une coordinence plus élevée, c'est-à-dire qu'ils lient davantage d'atomes voisins que la
première.
Les métaux ont une surface généralement brillante, et sont opaques dès que leur épaisseur dépasse
quelques micromètres ; les feuilles d'or transmettent néanmoins une lumière verte.
Propriétés mécaniques
La déformation élastique des métaux peut
être modélisée par la loi de Hooke
lorsque la déformation est une fonction
linéaire de la contrainte. L'application de
forces supérieures à la limite d'élasticité
ou le chauffage peuvent conduire à une
déformation permanente de l'objet, ce qui
correspond à une déformation plastique.
Déformation plastique d'un métal.
Cette modification irréversible de la
disposition des atomes du matériau peut
résulter de l'application :
Propriétés magnétiques
Quelques métaux présentent des propriétés magnétiques remarquables comme le ferromagnétisme. Ce
sont notamment, à température ambiante, le fer, le cobalt et le nickel. Certaines terres rares (lanthanides
dans la classification périodique) sont également ferromagnétiques à basse température. Les propriétés
magnétiques varient avec les alliages, ce qui peut être mis à profit pour créer des aimants puissants ou
annuler le magnétisme d'un métal comme le fer.
Les métaux réagissent avec l'oxygène de l'air pour former des oxydes de façon plus ou moins rapide : le
fer forme de la rouille en plusieurs mois, voire années, tandis que le potassium brûle en quelques
secondes. Les réactions suivantes sont des exemples d'oxydation de métaux :
4 Na + O2 → 2 Na2O ;
2 Ca + O2 → 2 CaO (chaux vive) ;
4 Al + 3 O2 → 2 Al2O3 (corindon).
Les métaux de transition tels que le fer, le chrome, le cobalt et le nickel s'oxydent plus lentement car leur
oxydation forme une couche de passivation qui protège l'intérieur du matériau. Certains forment une
couche imperméable qui bloque complètement la progression de l'oxydation et permet de conserver
pendant des décennies à la fois leur éclat métallique et leurs bonnes propriétés conductrices de
l'électricité : ce sont par exemple l'aluminium, le magnésium, le chrome (utilisé dans l'acier inoxydable)
et le titane. Les oxydes métalliques sont généralement basiques, par opposition aux oxydes des non-
métaux, qui sont plutôt acides ; les oxydes métalliques acides se rencontrent avec les états d'oxydation
très élevés, comme avec le trioxyde de chrome CrO3, l'heptoxyde de dimanganèse Mn2O7 et le tétroxyde
d'osmium OsO4, qui présentent des réactions strictement acides. D'autres métaux, tels que le palladium, le
platine et l'or ne réagissent pas du tout à l'air libre : pour cette raison, ils sont appelés métaux nobles.
La corrosion des métaux peut être empêchée par leur peinture, leur anodisation ou encore l'apposition
d'un revêtement. S'agissant d'une réaction électrochimique, il faut, pour que la protection soit efficace,
utiliser un métal plus réducteur que le métal, sinon le revêtement peut favoriser la corrosion, surtout en
cas de rayures.
Alliages
Un alliage est un mélange de deux éléments chimiques ou davantage dont le principal constituant est un
métal. La plupart des métaux purs sont trop mous, trop fragiles ou trop réactifs pour pouvoir être utilisés
tels quels. Il est possible de moduler les propriétés des alliages en faisant varier les proportions relatives
de leurs différents constituants. Il s'agit généralement de les rendre moins fragiles, plus durs, plus
résistants à la corrosion, ou encore de leur donner une couleur et un éclat plus attrayants. De tous les
alliages métalliques utilisés de nos jours, ceux du fer — acier, acier allié (en), acier à outils, acier au
carbone, acier inoxydable, fonte par exemple — en représentent l'essentiel de la production, aussi bien en
valeur qu'en volume. Le fer allié au carbone donne des aciers de moins en moins ductiles et résistants à
mesure que le taux de carbone augmente. L'addition de silicium donne du ferrosilicium, souvent allié à la
fonte, tandis que l'addition de chrome (à plus de 10 %), éventuellement de nickel et de molybdène, à des
aciers au carbone donne de l'acier inoxydable.
Outre les alliages de fer, ceux de cuivre, d'aluminium, de titane et de magnésium sont également
importants d'un point de vue économique. Les alliages de cuivre sont connus sous forme de bronze depuis
l'âge du bronze. Le billon était un alliage utilisé jusqu'au Moyen Âge pour faire des pièces de monnaie et
constitué le plus souvent essentiellement de cuivre avec un peu d'argent et parfois de mercure. De nos
jours, le bronze désigne spécifiquement un alliage de cuivre et d'étain, tandis que le laiton est un alliage
de cuivre et de zinc, et que le maillechort est un alliage de cuivre, de zinc et de nickel. Ces alliages ont
divers usages industriels, notamment dans les installations électriques. Les alliages d'aluminium, de titane
et de magnésium ont été développés plus récemment, et sont intéressants en raison de leur grande
résistance mécanique pour une masse volumique plutôt faible ; leur coût de revient est cependant élevé,
ce qui restreint leur utilisation aux applications de haute technologie pour lesquelles les performances
sont plus importantes que le coût. Parmi les différents alliages d'aluminium, on peut citer ceux pour
corroyage et pour fonderie. Le zamak est formé de zinc allié à l'aluminium, le magnésium et le cuivre.
Outre des propriétés mécaniques remarquables, les alliages permettent également de faciliter la fusion des
métaux, notamment les eutectiques. C'est par exemple le cas du système aluminium-silicium, avec un
hypereutectique à environ 78 % d'aluminium, 17 % de silicium, 4 % de cuivre et 1 % de magnésium,
utilisé dans l'industrie automobile, et l'alliage étain-plomb Sn63Pb37 qui fond à 183 °C — à comparer aux
points de fusion respectifs de l'étain et du plomb, qui sont de 232 °C et 327 °C. L'un des alliages
métalliques ayant le plus bas point de fusion est le galinstan, dont la composition massique est
typiquement de 68 % de gallium, 22 % d'indium et 10 % d'étain, et qui est liquide à température
ambiante. C'est également le cas de l'eutectique NaK, constitué de 77 % de potassium et 23 % de sodium,
mais qui est corrosif et très inflammable à l'air libre, surtout en présence d'humidité, ce qui en limite
l'usage à des applications très particulières.
Les alliages spéciaux destinés à des applications de pointe, dits superalliages, comme ceux des moteurs à
réaction, peuvent contenir plus d'une dizaine d'éléments différents. Les alliages à mémoire de forme sont
un autre type d'applications : les alliages Fe-Mn-Si, Cu-Zn-Al et Cu-Al-Ni, par exemple, sont assez bon
marché, mais il en existe une très grande variété.
Minerais
Les métaux présentent le plus souvent un état d'oxydation positif, c'est-à-dire qu'ils tendent naturellement
à former des cations. Il existe cependant des anions métalliques, avec un état d'oxydation négatif, par
1
exemple avec certains complexes carbonyles comme Fe(CO)5− ou avec l'anion de sodium Na− .
Étymologiquement, un métal est une substance extraite d'une mine — μέταλλον en grec ancien. En
pratique, les métaux sont généralement extraits sous forme de minerais contenant les éléments
recherchés. Ces minerais peuvent chimiquement être de nature très diverse. Ce sont souvent des oxydes,
comme la bauxite (minerai d'aluminium), l'ilménite (minerai de titane), l'hématite et la magnétite
(minerais de fer), ou encore la pechblende (minerai d'uranium). Il peut également s'agir de sulfates,
comme la chalcopyrite (minerai de cuivre), la sphalérite (minerai de zinc), la molybdénite (minerai de
molybdène) ou encore le cinabre (minerai de mercure). Il existe par ailleurs des silicates, comme le béryl
(minerai de béryllium), des carbonates comme la dolomite (minerai de magnésium), et bien d'autres types
de composés.
Dolomite.
Chalcopyrite
Béryl. Magnétite. (dorée) sur Molybdénite
sphalérite.
Cinabre. Uraninite.
Une fois extraits des mines, les minerais sont traités pour isoler le métal recherché, le plus souvent par
réduction chimique ou électrolytique. La pyrométallurgie utilise des températures élevées pour convertir
les minerais en métaux bruts, tandis que l'hydrométallurgie passe par au moins une étape où le métal est
solvaté dans l'eau. Les méthodes employées dépendent des métaux et de leurs impuretés.
Lorsque le minerai est constitué d'un composé ionique du métal avec un non-métal, le minerai doit
généralement être fondu, c'est-à-dire chauffé en présence d'un réducteur pour en extraire le métal pur. De
nombreux métaux communs comme le fer sont fondus en présence de carbone comme réducteur. D'autres
métaux, en revanche, ne peuvent être réduits de cette façon, et sont purifiés par électrolyse : c'est le cas de
l'aluminium et du sodium notamment. Les sulfures ne sont pas réduits directement, mais sont d'abord
grillés à l'air libre pour être préalablement convertis en oxydes, qui sont ensuite traités de manière
classique.
Certains minerais sont des éléments natifs, les plus connus étant le cuivre natif, l'argent natif, l'or natif,
voire le fer météorique, mais il en existe bien d'autres, plus rares, comme le fer natif, le nickel natif (dans
des roches d'origine météoritique (nickel-fer)), le cadmium natif, l'indium natif, l'étain natif, l'antimoine
natif, le tellure natif, le mercure natif, le plomb natif, le bismuth, par exemple. Ces minerais sont solides,
à l'exception du mercure, qui se présente à l'état liquide au-dessus de −39 °C dans des poches
généralement de petite taille ne dépassant quelques kilogrammes de métal et le plus souvent associées à
des métaux nobles, avec lesquels il forme des amalgames. Les platinoïdes existent également sous forme
minérale plus ou moins pure, comme le ruthénium natif, le rhodium natif, le palladium natif, l'osmium
natif, l'iridium natif et le platine natif.
Applications
Certains métaux et alliages possèdent une résistance structurelle élevée par unité de masse, ce qui les rend
utiles pour transporter des charges lourdes et résister à des chocs violents. Les alliages métalliques
peuvent être conçus pour avoir une résistance élevée aux contraintes de cisaillement, de flexion et de
déformation. Le même métal peut cependant être sujet à la fatigue à la suite de contraintes répétées ou
d'un dépassement de la contrainte maximum. La résistance et la résilience des métaux a conduit à leur
utilisation courante dans la construction des gratte-ciel et des ouvrages d'art ainsi que dans celle de tous
types de véhicules, d'appareils et dispositifs, d'outils, de tuyaux, ou encore de voies ferrées.
Les deux métaux les plus utilisés, le fer et l'aluminium, sont également les plus abondants dans l'écorce
terrestre. Le fer est le plus utilisé des deux : il est à la base de toutes les grandes constructions métalliques
(poutre, rail, coque de navire). L'aluminium est presque toujours utilisé allié à d'autres métaux afin d'en
améliorer les propriétés mécaniques, dans des applications tirant profit du fait qu'il est moins dense que le
fer (2,70 g cm−3 contre 7,87 g cm−3) et meilleur conducteur électrique (3,50 × 107 S/m contre 107 S/m) ;
l'aluminium est par exemple utilisé préférentiellement au cuivre dans les câbles électriques à haute
tension aériens.
Le cuivre reste utilisé essentiellement pour ses bonne propriétés de conducteur de l'électricité dans les
câbles électriques, et de conducteur thermique dans les ustensiles de cuisine. Les propriétés de conducteur
de la chaleur font de certains métaux des matériaux intéressants pour réaliser des dissipateurs thermiques
destinés à éviter les surchauffes. Les métaux les moins abondants sont utilisés dans des alliages (chrome,
manganèse, titane), et les plus rares interviennent souvent comme catalyseurs (platinoïdes, notamment) et
parfois comme placements financiers ou en joaillerie (métaux précieux). La réflectivité élevée de certains
métaux, comme l'argent ou l'aluminium, en font des matériaux de choix pour la construction de miroirs,
notamment ceux des télescopes. Elle est également à l'origine de l'attrait esthétique de certains métaux
utilisés en joaillerie. L'uranium est un métal qui, après séparation isotopique, permet d'alimenter des
réacteurs nucléaires pour libérer leur énergie par fission. D'autres métaux, trop réactifs à l'air et/ou à l'eau
sont rarement utilisés à l'état métallique (sodium, potassium, calcium).
Dans un certain nombre de cas, les métaux tendent à être remplacés par d'autres matériaux, en général
pour des raisons de légèreté (polymères, matériaux composites, céramiques) ou de résistance à la
corrosion ou à l'usure (céramiques). Ces matériaux ont toutefois eux aussi leurs limites par rapport aux
métaux, en particulier les polymères et composites à matrice polymère ne sont pas utilisables à hautes
températures et sont souvent plus souples, tandis que les céramiques résistent mal aux chocs.
Les métaux peuvent être dopés avec des molécules étrangères, qui peuvent être organiques, minérales,
biologiques, ou encore des polymères. Ces molécules confèrent au métal des propriétés nouvelles qui
peuvent être mises à profit pour des applications aussi variées que les catalyseurs, la médecine,
2
l'électrochimie et la résistance à la corrosion .
Spéciation chimique
Les différents états d'oxydation, conformations, complexes ou formes transitoires représentent des
espèces chimiques distinctes d'un élément et jouent un rôle majeur dans l'élaboration, la corrosion, ainsi
que sur leur biodisponibilité et leur toxicité ou écotoxicité. Certaines espèces d'éléments-traces
métalliques (ÉTM) sont plus facilement assimilables par les organismes que d'autres, ce qui engendre des
effets bénéfiques ou néfastes selon la nature et la concentration du métal (élément essentiel ou non).
Il ne faut pas confondre la spéciation chimique d'un élément avec son fractionnement ou sa partition. La
littérature scientifique confond quelquefois ces concepts ce qui complexifie les recherches dans ces
domaines.
Oxydation et réduction
Comme indiqué précédemment, les métaux se trouvent en général naturellement dans des minerais ; ils
sont à l'état oxydé. Par exemple, le fer se trouve à l'état Fe(III) dans l'hématite, à l'état Fe(II) et Fe(III)
dans la magnétite, l'aluminium dans l'état Al(III) dans la bauxite… La métallurgie primaire consiste
essentiellement en la réduction du minerai pour obtenir un état d'oxydation (0).
À l'inverse, en réagissant avec l'environnement, le métal va s'oxyder et se dissoudre dans l'eau ou bien se
lier à d'autres atomes ou ions, en particulier l'oxygène et l'ion hydroxyle. C'est un des mécanismes
principaux de la corrosion.
L'état d'oxydation des métaux dans un système influence leurs effets sur les organismes. Par exemple, le
chrome(III) est un élément essentiel (c'est-à-dire nécessaire pour le bon fonctionnement de l'organisme) et
pénètre difficilement les membranes lipidiques des cellules. En revanche, le Cr(VI), qui s'avère toxique
pour certains gènes, est cancérigène et pénètre facilement dans les cellules grâce à des transporteurs
spécifiques. Dans d'autres cas, ce sont les formes moins oxydées qui sont toxiques, par exemple avec
l'arsenic dont la toxicité est plus importante pour As(III) que pour As(V).
Composition isotopique
La composition isotopique de quelques éléments influence leur abondance ou leur toxicité dans
l'environnement. Par exemple, le plomb comporte une vingtaine d'isotopes dont quatre sont stables :
204Pb, 206Pb, 207Pb et 208Pb. Les 206Pb et 207Pb proviennent de la désintégration de l'
uranium et le 208Pb
résulte de la désintégration du thorium, deux éléments radioactifs ; ainsi, l'abondance de ces isotopes
s’accroît dans le temps, et la composition isotopique du plomb évolue donc selon les sources d'émission
stimulées. Un autre exemple intéressant de variation de la toxicité est lié à la composition isotopique de
l'eau (H2O) : remplacer 60 % de l'eau du corps de rongeurs par de l'H218O est sans effet alors qu'une
5
substitution de 30-40 % de cette eau par du D2O engendre la mort de ces animaux.
On peut chercher à trier les isotopes, par exemple pour enrichir la matière en isotopes radioactifs, comme
dans le cas de l'enrichissement de l'uranium pour produire du combustible nucléaire. On peut à l'inverse
chercher à appauvrir le métal, comme dans le cas des munitions à uranium appauvri.
Les isotopes métalliques sont utilisés comme traceurs pour les phénomènes de diffusion : on élabore un
métal contenant une quantité notable d'isotope radioactif, et le profil de radioactivité permet de suivre la
progression de ces atomes.
Composés organiques
Les composés organiques tel les sucres, acides organiques, lipides ou autres composés organiques de
faible poids moléculaire ont des affinités plus ou moins importantes avec les métaux. Certains d'entre
eux, des acides organiques comme l'acide citrique et l'acide malique, contiennent un groupement
fonctionnel (l'hydroxylcarboxyle) qui se lie facilement aux métaux et qui diminuent leur biodisponibilité ;
ces composés sont très étudiés en écotoxicologie terrestre car ils sont excrétés par les racines des plantes
7
et les micro-organismes du sol, créant une synergie qui diminue la toxicité des métaux dans le sol .
Certains composés organiques particuliers que l'on nomme chélateurs, comme l'EDTA, forment des
complexes très stables avec les métaux. Les chélateurs sont des ligands solubles polydentés faiblement
acides qui forment des complexes chélateur-métal thermodynamiquement forts ; ils sont quelquefois
utilisés pour la restauration des eaux et des sols contaminés aux métaux ou dans les méthodes analytiques
chimiques pour extraire les métaux d'une matrice.
Composés organométalliques
Les composés organométalliques contiennent une liaison entre le carbone et le métal. Cette liaison peut
être de nature covalente ou ionique ; par exemple, les liaisons carbone-sodium et carbone-potassium sont
fortement ioniques, les liaisons carbone-étain, carbone-plomb et carbone-mercure sont fortement
covalentes et les liens carbone-lithium et carbone-magnésium se situent entre la liaison ionique et la
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liaison covalente .
Par exemple, la bioalkylation, c'est-à-dire la formation d'un alkyle (CHx) avec un métal par des micro-
organismes spécifiques, est un processus fréquent dans les sols et les sédiments. Or, bien que la
méthylation des métaux (lien CH3-métal) forme des composés plutôt toxiques, certains alkyles
métalliques d'arsenic et de sélénium détoxifient le métabolisme de l'humain et d'autres organismes
vivants. Néanmoins, la plupart des produits organométalliques résultant d'une bioalkylation sont d'origine
anthropogénique, comme certains fongicides ou produits de combustion d'essence, et sont très toxiques
pour le système nerveux central de certains organismes (comme les dérivés d'alkyles d'étain, de plomb ou
de mercure et d'or).
D'autres particules organiques et inorganiques tels la biomasse et les colloïdes adsorbent les métaux et
diminuent ainsi leur toxicité en réduisant leur biodisponibilité. Par contre, d'autres macromolécules
anioniques des organismes vivants, comme certains acides nucléiques ou les glycosaminoglycanes, se
lient involontairement aux ÉTM et provoquent des mutagenèses dommageables pour l'organisme.
De plus, la constante d'équilibre relative à la notion d'équilibre chimique peut être illustrée par la
réaction :
La constante d'équilibre Kéq associée à cette équation varie selon le type de lien :
Économie et géopolitique
Géopolitique
Depuis très longtemps les mines de certains métaux (précieux
ou communs mais indispensables à l'industrie), les
installations de raffinage, voire certains secrets de fabrication
étaient considérés comme d'intérêt stratégique par les États.
Les raisons militaires et l'avènement des armes et munitions
métalliques puis de l'énergie et de l'arme nucléaire ont accru
Plages de prix des principaux métaux et
l'importance de certains métaux. Même pour des métaux
alliages pour la conception d'une pièce
géologiquement non rares comme le cuivre, mais faisant mécanique, en 2007, en euro par
l'objet d'un marché fluctuant, de fortes hausses de cuivre se kilogramme .
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La consommation de certains métaux autrefois sans valeur s'est fortement accrue au xxe siècle, avec par
exemple l'uranium (fortement demandé pour des usages militaires et civils), les métaux du groupe du
platine (principalement utilisés pour les pots d'échappement catalytiques, comme catalyseur industriel ou
pour les chimiothérapies anticancéreuses) la surexploitation des ressources minières les plus accessibles
ou les plus « pures » et malgré les économies permises par un recyclage d'une partie des métaux
constituant les produits en fin de vie ou les chutes de production, la notion de métaux stratégiques est
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encore prégnante. Ainsi, la France a créé [réf. incomplète] en 2011 un « Comité pour les métaux
stratégiques », chargé d'aider le ministère à élaborer et mettre en œuvre une politique rénovée de gestion
de ces métaux, via notamment des approvisionnements mieux sécurisés. Le ministre chargé des matières
premières en préside les trois collèges (administrations, organismes techniques et fédérations
professionnelles et industriels). La FEDEREC (fédération des entreprises du recyclage) et la FEDEM
(fédération des minerais, minéraux industriels et métaux non ferreux) y participent.
Environnement
Contrairement aux composés organiques, les métaux ne sont pas biodégradables par les micro-
organismes. Cette caractéristique engendre certains problèmes de gestion de la contamination métallique.
En effet, le sort des métaux dans l’environnement pose de grands défis analytiques ; les métaux se
retrouvent sous plusieurs formes dans le sol et dans l'eau (complexe avec la matière organique du sol,
avec les minéraux, précipitation, ions libres, etc.) complexifiant les prédictions de toxicité et
15, 16
d'écotoxicité .
Certains métaux (fer, cuivre et zinc notamment) sont des éléments essentiels. Ils sont toxiques au-delà
d'une certaine dose, mais une carence entraîne des troubles métaboliques graves.
17, 18
Ainsi, plusieurs paramètres influencent la toxicité des métaux dans les sols :
Empreinte énergétique
Pour aller de la mine à un objet façonné, il faut passer par de nombreuses étapes et utiliser beaucoup
d'équipements qui consomment de l'énergie. Les métaux étant pratiquement tous sous forme d'oxydes ou
de sulfures dans la nature, il faut, pour les obtenir sous forme métallique, fournir l'énergie nécessaire à
casser les liaisons chimiques correspondantes.
L'empreinte énergétique d'un métal est la quantité d'énergie nécessaire pour obtenir du métal pur. Dans ce
qui suit, la quantité d'énergie est mesurée en tep (tonne équivalent pétrole), pour une tonne de métal pur.
Pour obtenir l'énergie « contenue » dans un métal « neuf », issu de la première transformation du minerai,
il faut prendre en compte :
Norgate et Rankine J.C. Prevot (*) ADEME (**) BRGM R.U. Ayres (*)
Métal
(2002) (2005) (2006) (2007) (2002)
Titane 10,5-13,6 9,9
La consommation énergétique totale pour la production de métaux bruts est alors de 730 à 1 070 Mtep,
soit 7 à 10 % de l'énergie primaire mondiale. L'acier et l'aluminium en représentent la plus grande part,
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soit respectivement 544-680 Mtep et 147-288 Mtep .
Impact du recyclage
Les grands métaux sont globalement recyclables, et l'énergie nécessaire au recyclage est bien moindre
que l'énergie nécessaire à la fabrication du métal neuf. Par exemple, pour l'acier, l'énergie nécessaire au
recyclage représente 25 à 40 % de l'énergie nécessaire à la production du métal primaire. Le recyclage de
l'aluminium ne nécessite quant à lui que 4 à 5 % de l'énergie requise pour la production de l'aluminium
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primaire .
Astronomie
Planétologie
En planétologie, les métaux sont les matériaux les plus denses, comme le fer ou le nickel, qui composent
le cœur des planètes rocheuses. Ils constituent la catégorie des matériaux les plus « lourds » à côté des
« gaz » (hydrogène, hélium), des « glaces » (composés contenant du carbone, de l'azote et/ou de
l'oxygène, comme l'eau, le méthane et l'ammoniac) et des « roches » (silicates).
Cosmologie
En astrophysique, notamment en physique stellaire et en cosmologie, on appelle « métal » tout élément
chimique autre que l'hydrogène et l'hélium. Ces éléments sont produits par nucléosynthèse stellaire à
partir d'hydrogène et d'hélium, c'est-à- dire par fusion nucléaire, processus à l'origine de l'énergie libérée
par les étoiles. De ce point de vue, la métallicité d'une étoile est la proportion d'éléments autres que
l'hydrogène et l'hélium qui la [Link] est notée Z (X et Y représentant respectivement la
proportion d'hydrogène et d'hélium).
Notes et références
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Voir aussi
Sur les autres projets Wikimedia :
Métal ([Link]
ki/Category:Metals?uselang=fr), sur
Wikimedia Commons
métal, sur le Wiktionnaire
Introduction à la science des matériaux »
Les métaux, sur Wikiversity
Philippe Bihouix et Benoît De Guillebon, Quel futur pour les métaux ? : Raréfaction des
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Guillaume Pitron, La guerre des métaux rares : La face cachée de la transition
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Articles connexes
Matières premières critiques
Comité pour les métaux stratégiques
Métallurgie
Liens externes