Chapitre 2.
Principes de synthèse des convertisseurs statiques
Chapitre 2. Principes de synthèse des convertisseurs statiques
Introduction
2.1. Concepts clés sur l'architecture des convertisseurs
2.1.1. Caractérisation des sources de tension et de courant
2.1.2. Fonctionnement des interrupteurs à semi-conducteurs
2.1.3. Natures des commutations (spontanée et commandée)
2.1.4. Limites d’utilisation des semi-conducteurs de puissance
2.1.5. Critères de choix d'un interrupteur
2.2. Principes généraux de la synthèse des convertisseurs
2.2.1. Structures des convertisseurs statiques (direct et indirect)
2.2.2. Cellule élémentaire de commutation
2.2.3. Méthode de synthèse des convertisseurs statiques
Chapitre 2. Principes de synthèse des convertisseurs statiques
Introduction :
La synthèse des convertisseurs statiques implique la conception et l'optimisation de ces
systèmes selon des critères spécifiques de performance, d'efficacité énergétique, et de
fiabilité.
Les principes de synthèse des convertisseurs statiques incluent la sélection des topologies
appropriées, telles que les convertisseurs AC-DC, DC-AC, DC-DC et AC-AC. Chaque
topologie est choisie en fonction des exigences de l'application, comme la plage de
tensions d'entrée et de sortie, le courant maximal, la fréquence de commutation, et les
pertes d'énergie acceptables.
La synthèse implique également la modélisation des composants électriques tels que les
thyristors, les transistors de puissance, les diodes, les inductances et les condensateurs, pour
garantir un fonctionnement fiable et efficace du convertisseur.
2.1. Concepts clés sur l'architecture des convertisseurs
2.1.1. Caractérisation des sources de tension et de courant
Lors de la synthèse d'un convertisseur, les sources d'entrée et de sortie sont les seuls
éléments connus initialement. Ces sources, qu'elles soient connectées à l'entrée ou à la
sortie d'un convertisseur statique, peuvent être caractérisées selon plusieurs aspects :
Leur nature : source de tension ou de courant
Leur fonction : génératrice ou réceptrice
Leur directionnalité : unidirectionnelle ou bidirectionnelle
En outre, il est essentiel de préciser les réversibilités de chaque source, car elle permet de
déduire les caractéristiques statiques des interrupteurs :
Une source est réversible en tension si la polarité de la tension à ses bornes peut
s'inverser.
Une source est réversible en courant si le sens du courant qui la traverse peut changer.
Une source est réversible à la fois en tension et en courant si la polarité de la tension à
ses bornes peut s'inverser et le sens du courant qui la traverse peut changer.
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Exemple :
Une batterie est une source de tension non réversible en tension et réversible en
courant (charge et décharge),
Les moteurs à courant continu et alternatif (synchrones ou asynchrones) sont
réversibles en courant et en tension.
Il est important de noter que la présence d'au moins une réversibilité permet l'inversion du
sens d'écoulement de la puissance instantanée (p=u.i). Dans ce cas, on utilise le terme
général de "source" plutôt que de spécifier "générateur" ou "récepteur".
En tenant compte de tous ces critères, on peut classer tout dipôle électrique connecté à
l'entrée ou à la sortie d'un convertisseur statique dans l'une des catégories illustrées dans la
figure 2.1(les flèches indiquent la réversibilité du courant, tandis que les signes (+) et (-)
représentent la réversibilité de la tension). Cette classification complète permet de définir
précisément les contraintes et les exigences pour la conception du convertisseur :
Figure 2.1 : Différents symboles de sources.
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[Link]. Type des sources
Deux types de sources peuvent être définis :
Source de tension : Une source de tension idéale maintient une tension fixe
indépendamment du courant qui la traverse, avec une résistance interne considérée
comme très faible, idéalement nulle.
Figure 2.2 : Source de tension (La tension ( ) reste sinusoïdale malgré les variations
brusques du courant ( )).
Source de courant : Une source de courant idéale fournit un courant constant,
quelle que soit la tension à ses bornes, avec une résistance interne considérée
comme très élevée, idéalement infinie.
Figure 2.3 : Source de courant (le courant ( ) reste constant malgré les variations
brusques de la tension ( )).
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[Link]. Conversion entre les sources
Pour transformer une source de tension continue en source de courant continu, on place
en série avec elle une inductance L d'une valeur appropriée. Si la valeur de l’inductance
est suffisamment grande, les variations du courant deviennent négligeables :
−
=
Figure 2.4 : Transformer une source de tension continue en une source de courant continu.
Pour convertir une source de courant continu en source de tension continue, on
connecte en dérivation un condensateur de capacité C suffisamment élevée aux bornes
de la source. Si la capacité du condensateur est adéquate, les variations de la tension
deviennent négligeables :
−
=
Figure 2.5 : Transformer une source de courant continue en une source de tension continu.
[Link]. Règles de connexion des sources
Pendant son fonctionnement, le convertisseur statique relie, via ses interrupteurs, les
différentes sources entre lesquelles il gère et contrôle le transfert d’énergie. Son rôle est de
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modifier la configuration des circuits reliant les générateurs et les charges (récepteurs), tout
en respectant les principes fondamentaux de la théorie des circuits électriques :
Une source de tension ne doit jamais être court-circuitée, mais elle peut être ouverte
et ne doit pas être directement connectée à une autre source de tension de valeur
différente.
Une source de courant ne doit jamais être ouverte, mais elle peut être court-circuitée
et ne doit pas être directement connectée à une autre source de courant de valeur
différente.
Seules des sources de natures différentes peuvent être connectées directement entre
elles.
Figure 2.6 : Règles de connexion des sources
2.1.2. Fonctionnement des interrupteurs à semi-conducteurs
L'électronique de puissance est basée sur des systèmes de commutation, où les semi-
conducteurs opèrent exclusivement en tant qu'interrupteurs ouverts ou fermés, se
comportant ainsi comme des commutateurs quasiment parfaits.
Dans la littérature, trois types d'interrupteurs sont définis :
L'interrupteur idéal peut supporter une tension infinie à l'état OFF et un
courant infini à l'état ON.
L'interrupteur parfait est limité en tension à l'état OFF et en courant à l'état
ON, ce qui permet de choisir un composant adapté aux contraintes de tension et
de courant.
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L'interrupteur réel se distingue par une chute de tension notable à l'état ON,
un courant de fuite non négligeable à l'état OFF, et un temps de commutation
non négligeable entre les états ON et OFF.
[Link]. L'interrupteur idéal
Un interrupteur idéal possède une caractéristique à quatre segments qui met en évidence
deux états stables (caractéristique statique) :
État fermé ou passant (ON) : Vint = 0, Iint ≠ 0.
État ouvert ou bloqué (OFF) : Vint ≠ 0, Iint = 0.
Figure 2.7 : Symbole et caractéristique statique d’un interrupteur idéal.
[Link]. Interrupteurs à semi-conducteurs
A. Fonction Diode (commutation spontanée)
La diode de puissance est un composant semi-conducteur non commandable, qui
fonctionne par commutation spontanée en s'amorçant ou se bloquant naturellement selon
la polarisation, agit comme un interrupteur unidirectionnel laissant passer le courant dans
un seul sens, et présente une caractéristique courant-tension à deux segments de signe
opposé, reflétant son comportement asymétrique.
Figure 2.8 : Symbole et caractéristique statique idéalisée d’une diode.
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B. Fonction Thyristor (fermeture commandée et ouverture spontanée)
1) Thyristor SCR (Silicon Controlled Rectifier):
Le thyristor SCR (Redresseur Commandé au Silicium) est un composant qui se commande
pour la fermeture, mais pas pour l’ouverture. Il se caractérise par une commutation
spontanée ou naturelle uniquement lors du blocage. Son amorçage est déclenché par un
courant de gâchette IG positif, d'amplitude suffisante (avec VAC>0). L'état passant (ON)
d’un thyristor est comparable à celui d’une diode. Ainsi, le thyristor présente une
réversibilité en tension, avec une caractéristique divisée en trois segments.
Figure 2.9 : Symbole et caractéristique statique idéalisée d’un Thyristor 'SCR'.
2) Triac 'Triode for Alternating Current’:
Le Triac « Triode pour courant alternatif » peut être vu comme l'association en antiparallèle
de deux thyristors, présentant ainsi une caractéristique statique à quatre segments. Son
blocage se produit de manière spontanée.
Figure 2.10 : Symbole et caractéristique statique idéalisée d’un Triac.
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C. Fonction Transistor (Interrupteurs commandés à l’amorçage et au
blocage)
1) Transistor bipolaire de puissance 'BJT' :
Le transistor BJT "Bipolar Junction Transistor (BJT)" en électronique de puissance
fonctionne comme un interrupteur commandé à la fermeture et à l’ouverture, présentant
deux états stables : bloqué (équivalent à un interrupteur ouvert) et saturé (équivalent à un
interrupteur fermé), avec une caractéristique statique unidirectionnelle en tension et en
courant résultant en deux segments de même signe positif.
Figure 2.11 : Symbole et caractéristique statique idéalisée d’un Transistor 'BJT'.
2) Transistor MOSFET de puissance :
Le transistor MOSFET (Metal-Oxide-Semiconductor Field-Effect Transistor) peut être
complètement contrôlé pour son activation et sa désactivation, passant de l'état bloqué
(OFF) où il agit comme un interrupteur ouvert, ne laissant pas passer le courant, à l'état
passant (ON) où il fonctionne comme un interrupteur fermé permettant le passage du
courant. Il partage avec le transistor bipolaire (BJT) une caractéristique importante : son
unidirectionnalité en courant et en tension.
Figure 2.12 : Symbole et caractéristique statique idéalisée d’un Transistor MOSFET.
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3) Transistor IGBT de puissance :
Le transistor IGBT (Insulated-Gate Bipolar Transistor) est un composant électronique
hybride qui combine les avantages de deux technologies :
Une commande par tension, similaire à celle d'un MOSFET
Un circuit de puissance bipolaire
Cette conception unique permet à l'IGBT d'offrir des performances supérieures par rapport
aux transistors classiques. Une caractéristique importante de l'IGBT est son
unidirectionnalité, ce qui signifie qu'il ne conduit le courant et ne supporte la tension que
dans une seule direction.
Figure 2.13 : Symbole et caractéristique statique idéalisée d’un Transistor IGBT.
4) Thyristor GTO (Gate Turn-Off):
Le GTO est un thyristor amélioré avec une seconde gâchette permettant son blocage.
Contrairement au thyristor standard (SCR), il ne bloque pas les tensions inverses. Le GTO
est unidirectionnel en tension et en courant, ce qui signifie qu'il ne conduit que dans un seul
sens.
Figure 2.14 : Symbole et caractéristique statique idéalisée d’un Thyristor GTO.
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[Link]. Association des interrupteurs à semi-conducteurs
Pour obtenir des performances différentes de celles des trois interrupteurs de base (diode,
thyristor, transistor), il est parfois nécessaire d'associer plusieurs composants de base.
1/- Interrupteurs réversibles en tension : En ajoutant une diode en série avec un thyristor
GTO ou un transistor, on obtient un interrupteur commandé pour la fermeture et
l'ouverture, capable de fonctionner dans les deux sens en tension.
Figure 2.15 : Circuit et caractéristique statique idéalisée d’interrupteur bidirectionnel en
tension.
2/- Interrupteurs réversibles en courant : Ils sont obtenus en ajoutant deux semi-
conducteurs en montage parallèle inverse.
Figure 2.16 : Circuit et caractéristique statique idéalisée d’interrupteur bidirectionnel en
courant.
3/- Interrupteurs réversibles en tension et en courant : Ces interrupteurs sont obtenus
soit en associant en série deux interrupteurs réversibles en courant, soit en plaçant en
parallèle deux interrupteurs réversibles en tension.
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Figure 2.17 : Circuit et caractéristique statique idéalisée d’interrupteur bidirectionnel en
tension et en courant.
On peut réaliser un interrupteur réversible en tension et en courant, avec des amorçages
commandés, en connectant deux thyristors symétriques en antiparallèle (Figure 2.18). Pour
des applications à faible puissance, il est possible de remplacer ces deux thyristors par un
triac, un composant unique dont la gâchette permet l’amorçage dans les deux directions
Figure 2.18 : Interrupteur bidirectionnel en tension et en courant à base de deux
thyristors symétriques en antiparallèle et à base de triac.
[Link]. Caractéristique dynamique des interrupteurs à semi-conducteurs
La caractéristique statique d'un interrupteur à semi-conducteur représente la relation
entre la tension à ses bornes (V) et le courant qui le traverse (I) en régime établi. Elle
se compose généralement de deux états principaux :
État bloqué : L'interrupteur ne conduit pas ou très peu. La tension à ses bornes
peut varier largement tandis que le courant reste proche de zéro.
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État passant : L'interrupteur conduit. Le courant peut varier largement tandis que
la tension à ses bornes reste faible.
La caractéristique dynamique d'un interrupteur à semi-conducteur décrit la
trajectoire que suit son point de fonctionnement lors des transitions (commutations)
entre l'état bloqué et l'état passant ou l’inverse, représentant ainsi le passage d'un
segment à un autre de sa caractéristique statique.
Figure 2.19 : Caractéristique statique et dynamique des interrupteurs à semi-conducteurs.
2.1.3. Natures des commutations (spontanée et commandée)
La commutation correspond à la transition entre les deux états stables d'un interrupteur, à
savoir l'état bloqué et l'état passant, et se décline en deux types :
Amorçage (ou fermeture) : passage de l'état OFF à l'état ON
Blocage (ou ouverture) : passage de l'état ON à l'état OFF
On peut distinguer deux modes de commutation :
Commutation spontanée ou naturelle : Le point de fonctionnement se déplace
le long des axes dans les quadrants où les segments sont de signes opposés (quadrants
2 ou 4). Lorsque l’énergie W=0, ce mode de commutation est appelé « commutation
spontanée ou naturelle ». Cela signifie que l'amorçage ou la fermeture spontanée de
l'interrupteur se produit au passage par zéro de la tension V, tandis que le blocage ou
l'ouverture spontanée se produit au passage par zéro du courant I.
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Commutation commandée ou forcée : Le point de fonctionnement se déplace
dans un quadrant où les segments sont de même signe (quadrants 1 ou 3). Avec W>0,
on parle alors de « commutation commandée ou forcée ». Dans ce cas, l'interrupteur
possède une électrode de commande en plus de ses électrodes principales, permettant
de provoquer un changement d'état quasi instantané. Ce mode de commutation
commandée peut entraîner des contraintes sévères en termes de dissipation d'énergie
sur l'interrupteur, nécessitant ainsi une protection adéquate.
Figure 2.20 : Caractéristique dynamique des interrupteurs à commutations spontanée
(Naturelle) et commandée (Forcée).
2.1.4. Limites d’utilisation des semi-conducteurs de puissance
Les semi-conducteurs de puissance présentent des limites en termes de gammes de
puissance et de fréquences de commutation :
Gammes de puissance :
Transistors bipolaires : jusqu'à environ 1000V et 500A
MOSFET : généralement < 200V et < 200A, mais certains modèles spéciaux
peuvent atteindre 650V
IGBT : de 600V à 6500V, courants jusqu'à 3000A
Thyristors : jusqu'à 10kV et 5000A
Fréquences de commutation typiques :
Transistors bipolaires : < 10 kHz
MOSFET : jusqu'à plusieurs MHz
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IGBT : 20-100 kHz
Thyristors : < 1 kHz
Applications selon les caractéristiques :
Basses puissances, hautes fréquences (ex : alimentations à découpage) : MOSFET
Moyennes puissances, fréquences moyennes (ex : variateurs industriels) : IGBT
Hautes puissances, basses fréquences (ex : HVDC "High Voltage Direct Current")
: Thyristors
Les limites dépendent des compromis entre pertes en commutation, pertes en conduction,
tenue en tension et capacité en courant. Le choix du composant se fait selon l'application
visée.
2.1.5. Critères de choix d'un interrupteur
Outre les deux principales grandeurs électriques, à savoir la tension et le courant, d'autres
critères essentiels pour le choix d'un interrupteur commandable incluent :
La puissance distribuée : Il est crucial que l'interrupteur soit capable de supporter la
puissance nécessaire au bon fonctionnement du circuit sans compromettre sa sécurité
ni sa performance.
La fréquence de fonctionnement : Selon l'application (par exemple, à haute ou basse
fréquence), l'interrupteur doit être adapté pour fonctionner correctement à la fréquence
de travail spécifiée sans dysfonctionnement ni perte d'efficacité.
La figure ci-dessous montre les différentes zones de fonctionnement des divers types
d'interrupteurs à semiconducteur :
Figure 2.21 : Caractéristique dynamique des interrupteurs à commutations.
Chapitre 2. Principes de synthèse des convertisseurs statiques
2.2. Principes généraux de la synthèse des convertisseurs
2.2.1. Structures des convertisseurs statiques (direct et indirect)
Les convertisseurs d'énergie électrique sont conçus en fonction des caractéristiques des
générateurs et des récepteurs associés, ainsi que des besoins en réversibilité et de contrôle
des transferts d'énergie. Cette conversion peut être directe (de tension-courant ou de
courant-tension, sans stockage temporaire d'énergie, comme illustré par les figures (a) et
(b)) ou indirecte (de tension-tension ou de courant-courant, avec stockage temporaire
d'énergie, représenté par les figures (c) et (d)).
Figure 2.22 : Configurations possibles pour connecter une source de tension et une
source de courant.
[Link]. Convertisseurs Statiques à Conversion Directe
Les convertisseurs directs transfèrent l'énergie du générateur au récepteur sans
intermédiaire. En négligeant les pertes, la puissance d'entrée égale la puissance de sortie à
tout moment. Le type de source d'entrée (tension ou courant) détermine le comportement
de la sortie.
On distingue les différents types de convertisseurs directs suivants, selon la nature des
sources interconnectées :
Convertisseur direct tension-courant : Dans le cas d'une conversion reliant une
source de tension à une source de courant, trois configurations de connexion sont
envisageables, comme l'illustre la figure suivante :
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Figure 2.23 : Interconnexions d’une source de tension et d’une source de courant.
Ces trois configurations de connexion sont essentielles pour optimiser les transferts et
ajustements énergétiques entre les sources de tension et de courant.
La configuration la plus polyvalente pour réaliser ces connexions est le montage en pont à
quatre interrupteurs, illustré dans la Figure 2.24.
Figure 2.24 : Configuration de base d’un convertisseur direct (tension-courant).
La configuration des interrupteurs K1, K2, K3 et K4 détermine différents cas de
fonctionnement :
La fermeture simultanée de K1 et K3 correspond au cas (a).
La fermeture simultanée de K2 et K4 correspond au cas (b).
Le cas (c) se produit dans deux situations :
Lorsque K1 et K4 sont fermés ensemble
Ou lorsque K2 et K3 sont fermés ensemble
Cette configuration de base se retrouve dans la conception des hacheurs et, en partie, dans
celle des onduleurs.
Chapitre 2. Principes de synthèse des convertisseurs statiques
Convertisseur direct courant-tension : Ce type de convertisseur correspond au
montage redresseur ou commutateur de courant, partage la structure du
convertisseur direct tension-courant mais place typiquement la source de courant en
entrée et la source de tension en sortie.
Figure 2.25 : Configuration de base d’un convertisseur direct (courant-tension).
[Link]. Convertisseurs Statiques à Conversion Indirecte : Ces convertisseurs
impliquent une conversion intermédiaire d'énergie, généralement via un stockage d'énergie
temporaire (comme un condensateur ou une inductance), avant de la convertir dans la
forme d'énergie finale souhaitée.
On distingue les différents types de convertisseurs indirects suivants, selon la nature
des sources interconnectées :
Convertisseur indirect tension-tension : Il est impossible de connecter
directement deux sources de même nature. Il est donc nécessaire de convertir l'une
des sources en source de courant, ou bien d'utiliser un élément de stockage inductif
permettant de créer une source de courant dynamique, comme illustré dans la figure
26.
Dans ce type de convertisseur, les deux sources de tension ne sont jamais connectées
simultanément à l'élément de stockage, mais de manière successive :
L'inductance emmagasine l'énergie fournie par la première source de tension
(K1 activé, K2K3K4K5 désactivés).
L'inductance restitue ensuite cette énergie à l'autre source de tension (K1
désactivé, K2K4 activés ou K3K5 activés).
Chapitre 2. Principes de synthèse des convertisseurs statiques
Figure 2.26 : Configuration de base d’un convertisseur indirect (tension-tension).
Convertisseur indirect courant-courant : Dans ce type de convertisseur, les deux
sources de courant ne sont jamais connectées simultanément à l'élément de stockage
capacitif, mais de manière successive, comme illustré à la figure 27 :
Le condensateur emmagasine l'énergie fournie par une source de courant (K2K3
activés, K1K4K5 désactivés) ;
Le condensateur restitue ensuite cette énergie à l'autre source de courant, soit
dans un sens (K1K2K4 activés, K3K5 désactivés), soit dans l'autre (K1K5K3
activés, K2K4 désactivés).
Figure 2.27 : Configuration de base d’un convertisseur indirect (courant-courant).
2.2.2. Cellule élémentaire de commutation
La cellule élémentaire de commutation, composée d'un minimum de deux interrupteurs
complémentaires, constitue la structure de base permettant d'interconnecter une source
Chapitre 2. Principes de synthèse des convertisseurs statiques
d’entrée et une source de sortie dans un convertisseur, tout en respectant les règles
fondamentales d'interconnexion des sources. Cette configuration élémentaire comprend
typiquement une source de tension, une source de courant et deux interrupteurs K1 et K2,
comme illustré dans la figure suivante :
Figure 2.28 : Représentation d’une cellule élémentaire de commutation.
Lois d’une cellule de commutation : Prenons en compte la cellule de
commutation représentée dans la figure 2.28 :
Les deux interrupteurs et la source de tension forme une maille :
+ =
Les deux interrupteurs et la source de courant forme un nœud :
+ =
Le fonctionnement d'une cellule de commutation repose sur une logique de
complémentarité entre ses interrupteurs. Cette complémentarité est cruciale pour deux
raisons principales :
La fermeture simultanée des interrupteurs est à éviter, car elle provoquerait un
court-circuit de la source de tension.
L'ouverture simultanée des interrupteurs est également interdite, car elle
interromprait le circuit de la source de courant.
Chapitre 2. Principes de synthèse des convertisseurs statiques
Par conséquent, les interrupteurs sont pilotés de manière à ce que lorsque l'un est ouvert,
l'autre soit nécessairement fermé, et vice versa, assurant ainsi un fonctionnement sûr et
efficace du système (Convertisseur Statique).
Remarque :
Il est important de préciser que la configuration d'une cellule de commutation n'est pas
invariablement limitée à deux interrupteurs. En effet, il existe des versions plus
complexes de cellules de commutation qui intègrent trois interrupteurs, offrant ainsi
des possibilités de contrôle et de commutation plus avancées.
La réversibilité des interrupteurs doit correspondre à celle des sources : un interrupteur
doit être capable de supporter une tension bidirectionnelle si la source est
bidirectionnelle en tension, et un courant bidirectionnel si la source est bidirectionnelle
en courant.
Types de commutation dans une cellule
Commutation positive : Lorsque la commutation d'un interrupteur vers l'autre entraîne
une augmentation du potentiel au nœud de la cellule (point c), cette commutation est
dite de positive.
Accroissement du potentiel du point c → commutation positive
Commutation négative : Lorsque la commutation d'un interrupteur vers l'autre
entraîne une diminution du potentiel au nœud de la cellule (point c), cette commutation
est dite de négative.
Diminution du potentiel du point c → commutation négative
Convention de courant :
Le courant i dans la source est considéré comme positif s'il sort du point c, et négatif
s'il y entre.
Règles de commutation
La détermination des topologies des convertisseurs statiques repose sur les règles
suivantes :
Règle 1
Si la commutation et le courant I ont le même signe, un amorçage commandé de
l'interrupteur bloqué doit être effectué.
Chapitre 2. Principes de synthèse des convertisseurs statiques
Figure 2.29 : Commutation positive.
Avant commutation :
= 0. = − < 0.
= > 0. = 0.
Après commutation :
= > 0. = 0.
= 0. = > 0.
Figure 2.30 : Caractéristiques statiques et dynamiques.
Commutation positive + le courant I positif → Amorçage commandé de K 1 +
Blocage spontané de K2.
Chapitre 2. Principes de synthèse des convertisseurs statiques
Règle 2
Si la commutation et le courant I sont de signes opposés, un blocage commandé de
l'interrupteur passant doit être effectué.
Figure 2.31 : Commutation négative.
Avant commutation :
= > 0. = 0.
= 0. = > 0.
Après commutation :
= 0. = − < 0.
= > 0. = 0.
Figure 2.32 : Caractéristiques statiques et dynamiques.
Chapitre 2. Principes de synthèse des convertisseurs statiques
Commutation négative + le courant I positif → Blocage commandé de K1 +
Amorçage spontané de K2.
Remarque : Dans une cellule élémentaire de commutation, la commutation
commandée (Amorçage ou Blocage) d'un interrupteur entraîne la commutation
spontanée (Amorçage ou Blocage) de l'autre.
2.2.3. Méthode de synthèse des convertisseurs statiques
La synthèse des convertisseurs statiques consiste à déterminer méthodiquement la
structure, les types d'interrupteurs, et leurs spécifications pour un circuit dont seules l'utilité
globale et quelques valeurs limites sont initialement connues. Cette démarche dérive
directement du cahier des charges du circuit et permet habituellement de définir
complètement la structure en suivant rigoureusement les étapes indiquées à la figure 2.33.
Figure 2.33 : Méthode de synthèse des convertisseurs statiques.
Le cahier des charges indique la nature des sources, qu'il s'agisse de tension ou de courant.
Pour synthétiser un convertisseur statique, il est nécessaire de suivre les étapes suivantes :
1/- Déterminer la nature des sources d'entrée et de sortie : source de tension ou source de
courant.
2/- Analyser la réversibilité des sources : réversibilité en tension ou en courant.
Chapitre 2. Principes de synthèse des convertisseurs statiques
3/- Choisir la configuration de base en fonction de la nature et de la réversibilité des
sources. Si nécessaire, simplifier la structure de base pour en déduire la topologie du
convertisseur.
4/- Identifier les séquences de fonctionnement en tenant compte de la réversibilité en
tension et en courant des sources.
5/- Déterminer la caractéristique statique de chaque interrupteur pour les différentes
séquences de fonctionnement.
6/- Déterminer les types de commutation de chaque interrupteur pour les différentes
séquences de fonctionnement.
7/- En connaissant les caractéristiques statiques et le type de commutation de chaque
interrupteur, déduire la nature des interrupteurs à utiliser.
Exemple :
Séquences de fonctionnement :
K1 K2 Observations
0 0 X Configuration interdite
1 0 Configuration possible
0 1 Configuration possible
1 1 X Configuration interdite
Configurations possibles :
= > 0. = 0.
Séquence1 : ( = )
= 0. = > 0.
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= 0. = − < 0.
Séquence2 : ( = )
= > 0. = 0.
Caractéristiques statiques des interrupteurs :
Caractéristiques dynamiques des interrupteurs :
Commutation de la séquence 1 à la séquence 2 : Commutation négative + le
courant I positif → Blocage commandé de K1 + Amorçage spontané de K2.
Commutation de la séquence 2 à la séquence 1 : Commutation positive + le
courant I positif → Amorçage commandé de K1 + Blocage spontané de K2.
Chapitre 2. Principes de synthèse des convertisseurs statiques
Identification des interrupteurs :
Structure du convertisseur étudié :