Cours d'Algèbre 6 - Groupes et Lois
Cours d'Algèbre 6 - Groupes et Lois
Filière SMA
Département de Mathématiques
15 mars 2021
Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 b
Table des matières
Avant-Propos i
i
1 Groupes 1
I Rappels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
I.1 Factorisation d'une Application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
I.2 Lois de Composition Interne sur un Ensemble . . . . . . . . . . . . 3
I.3 Notion de Groupe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
I.4 Homomorphismes de Groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
I.5 Groupes Quotients . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
I.6 Produit Direct de Groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
I.7 Sous-groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
II Ordre d'un Elément et Groupe Cyclique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
II.1 Ordre d'un Elément . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
II.2 Groupes Cycliques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
III Classes. Sous-groupes Distingués. Groupe Quotient . . . . . . . . . . . . . 20
III.1 Classes à Droite et Classes à Gauche . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
III.2 Sous-groupes Distingués . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
i
Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 ii
Chapitre 1
Groupes
I Rappels
Dénitions I.1.1. 1. Soit R une relation binaire sur un ensemble E. R est dite une
relation d'équivalence sur E si les propriétés suivantes sont vériées :
R est reexive i.e. ∀x ∈ E : xRx
R est symétrique i.e. ∀x, y ∈ E : xRy =⇒ yRx
R est transitive i.e. ∀x, y, z ∈ E : xRy et yRz =⇒ xRz
2. Soit R une relation d'équivalence sur l'ensemble non vide E.
Pour tout élément x de E, l'ensemble {y ∈ E/xRy} est appelé classe d'équiva-
lence de x suivant R. On la note x̄ (ou ẋ ou encore cl(x)) et le sous-ensemble
de P (E), constitué par les classes d'équivalence suivant R s'appelle ensemble
quotient de E par R, on le note E/R.
Proposition I.1.1. Soit E un ensemble non vide et R une relation d'équivalence sur E ,
alors :
(i) x̄ 6= ∅, ∀x ∈ E,
(ii) ∀x, y ∈ E, x̄ = ȳ ⇐⇒ x ∈ ȳ ⇐⇒ y ∈ x̄ ⇐⇒ xRy,
(iii) l'ensemble quotient E/R est une partition de E.
Preuve. 1. (iii)
∀x ∈ E, x 6= ∅ (D'après la réexivité de R)
∀x, y ∈ E, si z ∈ x∩y alors xRz et zRy, d'où xRy, et d'après (ii), x = y ;
ainsi, x ∩ y 6= ∅ ⇒ x = y
1
∀x ∈ E, x ∈ x, d'où E = S x∈E/R
x.
Soit R une relation d'équivalence sur E, d'après ce qui précède pour tout x ∈ E, il
existe un élément X unique de E/R tel que x ∈ X , X n'est autre que la classe de x
suivant R. On pose X = x. L'application
p : E −→ E/R
x 7−→ x
Preuve. Soit x ∈ E/R, comme f est constante sur les classes, ∀y ∈ x, f (y) = f (x) .
On considère alors
f : E/R → F
x 7→ f (x) = f (x)
La valeur ne dépend que de x et non du représentant particulier x de x. Ainsi, f
f (x)
est bien dénie et par construction on a f ◦ p = f . Pour l'unicité : si g est une application
de E/R → F telle que g ◦ p = f alors ∀x ∈ E, g ◦ p(x) = f (x) = f ◦ p(x) d'où
f (x) = g(x), ∀x ∈ E/R.
Preuve.
Soit f1 : E → f (E)
x 7→ f1 (x) = f (x)
f1 est une application constante sur les classes d'équivalence suivant R. D'après la pro-
position précédente, il existe une application unique f : E/R → f (E) telle que f ◦ p = f ,
et par suite j ◦ f ◦ p = j ◦ f = f .
1
Il reste à montrer que f est bijective. Soit y ∈ f (E), il existe donc x ∈ E tel que
1
y = f (x). Or, f (x) = f (x) = y , ce qui prouve que f est surjective. Soit x, y ∈ E/R tel
que f (x) = f (y) d'où f (x) = f (y) et donc xRy. Ainsi, x = y, donc f est injective.
I.2 Lois de Composition Interne sur un Ensemble
est une loi de composition interne sur F appelée loi induite par ∗ sur F .
3. Soit ∗ une loi de composition interne sur un ensemble E et R une relation d'équi-
valence sur E. La relation R est dite compatible avec la loi ∗ si ∀x, y, x , y ∈ E :
0 0
(xRx 0
et yRy ) ⇒ x ∗ y R x ∗ y
0 0 0
et donc x ∗ y = x ∗ y i.e. x ∗ y = x ∗ y .
0 0 0 0
aussi e ∗ e = e d'où e = e .
0 0 0
dit symétrisable s'il admet un symétrique par rapport à ∗, i.e. ∃x ∈ E tel que
0
Dénitions I.3.1. Soit G un ensemble non vide muni d'une L.C.I. notée T . On dit que
(G, T ), (par abus que G), est un groupe si on a les propriétés suivantes :
T est associative
il existe dans G un élément neutre e pour T
tout élément de G est symétrisable.
Si de plus la loi T est commutative, le groupe (G, T ) est dit abélien ou commutatif.
Lorsque le cardinal de l'ensemble G est ni et égal à n, on dit que le groupe (G, T ) est
ni d'ordre n, noté |G| = n.
Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 4
Chapitre1. Groupes 5
est un groupe.
(GX , ∗)
4. Pour tout n ≥ 1, l'ensemble GL (K) (K = R ou C) des matrices carrées d'ordre
n inversibles à coecients dans K muni de la multiplication est un groupe.
n
priété :
∀x, y ∈ G, (x · y)−1 = y −1 ·x−1
Soit n ∈ Z et x ∈ G. On dénit x par :
n
· · · x} = xxn−1
xn = |x·x{z si n≥1
n f ois
Dans le cas additif, le composé de deux éléments de G est noté x + y et appelé somme
de x et y. L'élément neutre de G est noté 0. Le symétrique d'un élément x ∈ G s'appelle
son opposé et est noté −x.
Soit n ∈ Z et x ∈ G. De façon analogue, on dénit nx par :
nx = x
| +x+ {z· · · + x} si n ≥ 1
n f ois
(i) ∀a, b ∈ G, τ ◦ τ = τ et δ ◦ δ = δ ,
a b ab a b ba
ab a b ba
S'il existe un isomorphisme de G sur G , on dit que les groupes G et G sont isomorphes
0 0
et on note G ∼= G .
0
(1) f (e) = e0
(2) f (x ) = (f (x)) , ∀x ∈ G
−1 −1
(3) ∀k ∈ Z, ∀x ∈ G, f (x ) = (f (x)) k k
f0 : G −→ G0
x 7−→ e0
un homomorphisme car :
a a−1 a a a a
que Aut(G) est stable par la composition, et par suite, la composition sur l'ensemble
des automorphismes est une L.C.I., associative et admet Id comme élément neutre car
Id ∈ Aut(G). Finalement, d'après la propriété I.4.1 précédente, pour tout f ∈ Aut(G)
G
Remarque. La loi quotient induite par celle de G est l'unique L.C.I sur G/R telle
que la surjection canonique p : G −→ G/R soit un homomorphisme de groupes.
Si G est abélien alors G/R l'est aussi.
Exemple. On considère le groupe (Z, +). Soit n ∈ N et R la relation de congruence ∗
modulo n sur Z (on rappelle que x est congru à y modulo n et on écrit x ≡ y[n] si x − y
est divisible par n, autrement dit si x − y ∈ nZ), alors Z/R muni de la loi + est un groupe
abélien qu'on note Z/nZ.
Exercice 1. Montrer que Z/nZ = {0, 1, 2, · · · , n − 1}. En conclure que le groupe (Z/nZ, +)
est d'ordre n.
Dans la suite on utilisera la même notation pour la loi quotient (·) induite par
la loi de G et la loi de G.
Proposition I.6.1. Soit (G1 , ·) et (G2 , ·) deux groupes. On dénit sur l'ensemble G1 × G2
la loi :
∀(x1 , x2 ), (y1 , y2 ) ∈ G1 × G2 : (x1 , x2 ) · (y1 , y2 ) = (x1 ·y1 , x2 ·y2 )
On a alors :
(i) (G × G , ·) est un groupe appelé groupe produit direct de G et G ,
1 2 1 2
On vérie aisément que (e , e ) est l'élément neutre de G × G pour la loi et que tout
2
Π Gi = {(xi )i∈I / ∀i ∈ I, xi ∈ Gi }
i∈I
muni de la loi :
(xi )·(yi ) = (xi yi ) ∀(xi ), (yi ) ∈ Π Gi
i
i∈I
I.7 Sous-groupes
Dénition I.7.1. Soit H une partie non vide d'un groupe G. H est dit sous-groupe de G
et noté H ≺ G si H est stable par la loi de G et si H muni de la loi induite par celle de
G est un groupe.
Proposition I.7.1. Soit H une partie d'un groupe G. H est un sous-groupe si et seule-
ment si :
(i) H 6= ∅,
(ii) ∀x, y ∈ H, xy ∈ H
(iii) ∀x ∈ H, x ∈ H . −1
f −1 ({e0 }) = {x ∈ G / f (x) = e0 }
est appelé noyau de f et noté Ker(f ).
(iii) f est injectif ⇔ Ker(f ) = {e}
Preuve. Exercice!
Exercice 3. Soit G et G deux groupes. Soit f ∈ Hom(G, G ) et A une partie de G.
0 0
Montrer que
f −1 (f (A)) = AKer(f ) = Ker(f )A en notation multiplicative
= A + Ker(f ) = Ker(f ) + A en notation additive
Proposition I.7.3. Soit f : G → G un homomorphisme de groupes et R la relation
0
d'équivalence sur G dénie par xRy ⇐⇒ f (x) = f (y) alors R est compatible avec la loi
de G et l'ensemble quotient G/R muni de la loi quotient est un groupe; Si j : f (G) →
G désigne l'injection canonique et p : G → G/R la surjection canonique, il existe un
0
sur G dénie par xRy ⇐⇒ xy ∈ Ker(f ) alors R est une relation d'équivalence compa-
−1
tible avec la loi de G et l'ensemble quotient G/R noté G/Ker(f ) muni de la loi quotient
est un groupe isomorphe à Im(f ).
Produit Direct de deux Sous-groupes
Dénition I.7.2. Soit G un groupe, H et K deux sous-groupes de G. On dit que G est le
produit direct (interne) de H par K lorsque les trois conditions suivantes sont vériées :
(1) : G = HK ; (2) : H ∩ K = {e} ; (3) : ∀h ∈ H, ∀k ∈ K, hk = kh.
Il est clair qu'alors, ona aussi G = KH et que G est
donc leproduit direct de K par H .
1 0 c 1 0 0
Exemple. Soit G = {0 1 b / b, c ∈ R}, H = {0 1 b
/ b ∈ R},
0 0 1 0 0 1
1 0 c
K = {0 1 0 / c ∈ R}
premier produit est dans H puisque H est un sous-groupe, et le second est dans K puisque
1 1 2 2 1 2 1 1 2 2 2 1 2 1
donc h = h et k = k .
2 1 2 1 2 1 2 1
(b) : il résulte du point précédent que H ×K est alors équipotent à HK , par la bijection
2 1 2 1
(h, k) 7→ hk .
Proposition I.7.4. Soit G et G deux groupes d'élément neutre e et e respectivement,
et G = G × G leur produit direct. On pose : H = G × {e } et K = {e } × G . Alors,
1 2 1 2
Les notions de produit direct de deux groupes et de produit direct interne de deux
sous-groupes d'un groupe sont en fait deux formulations d'une même notion.
Sous-groupe Engendré par une Partie
Dénition I.7.3. Soit A une partie d'un groupe G. L'intersection de tous les sous-groupes
de G qui contiennent A est appelée le sous-groupe engendré par A dans G et noté < A >.
Si A = {a , a , · · · , a } est une partie nie de G, on note < A >=< a , a , · · · , a >
et on dit que c'est un sous-groupe de type ni.
1 2 n 1 2 n
Soit a ∈ G. Le sous-groupe engendré par le singleton {a}, noté < a >, s'appelle sous
groupe monogène ou cyclique engendré par a.
Exemple. < ∅ >= {e} ; < G >= G
Proposition I.7.5. Soit G un groupe et A une partie de G. Le sous-groupe engendré par
A est le plus petit sous-groupe (pour l'inclusion) de G contenant A.
donc A ⊂< A > et < A >∈ C. Par ailleurs, ∀H ∈ C :< A >⊂ H . Donc < A > est le plus
H∈C
x−1
/ x∈A .
Preuve. On pose
H = x11 x22 · · · xnn
/ n ∈ N∗ , ∀i ∈ {1, 2, · · · , n}, xi ∈ A et = ±1
i
Soit h , h ∈ H ,
h = Π x où n ∈ N , ∀i ∈ {1, 2, · · · , n}, x ∈ A et = ±1
1 2
i ∗
1 i i i
h = Π y où m ∈ N , ∀j ∈ {1, 2, · · · , m}, y ∈ A et α = ±1
1≤i≤n
αj ∗
2 j j
h h = Π x Π y ∈ H , par dénition de H.
i αj
1 2 i j
1≤i≤n 1≤j≤m
= ±1. Comme A ⊂< A > donc ∀i ∈ {1, · · · , n}, x ∈< A > et d'après la stabilité de
1 n i=1 i
< A > par la loi et par l'inverse, on conclut que h ∈< A > d'où H ⊂< A >. Conclusion
i i
H =< A >.
n ∈ N∗ , ∀i ∈ {1, · · · , n},
< H1 ∪ H2 >= x1 x2 · · · xn / xi ∈ H1 ∪ H2
si G est un groupe dont la loi est additive, ∀x ∈ G, < x >= {kx /k ∈ Z}.
On considère le groupe (Z, +), on a alors ∀p ∈ Z , < p >= {kp /k ∈ Z} = |p|Z. ∗
partie non vide de G alors f (< A >) =< f (A) >. En particulier, si A est de type ni,
alors f (< A >) est un sous-groupe de type ni. L'image d'un groupe de type ni par un
homomorphisme de groupes est un groupe de type ni.
Preuve. < f (A) >⊂ f (< A >) car A ⊂< A > et < f (A) > est le plus petit sous-groupe
contenant f (A). Réciproquement, soitQy ∈ f (< A >), ∃x ∈< A > telQque y = f (x), donc,
∃n ∈ N , ∃x , · · · , x ∈ A tel que x =
∗
x où = ±1 et y = f (
n i
x ). n i
On a alors
1. Si f est injectif, a est d'ordre inni.
2. Sinon, a est d'ordre ni et son ordre est l'entier n strictement positif tel que Ker(f ) =
nZ.
Preuve. On a Im(f ) =< a > donc f est un homomorphisme surjectif de Z sur < a >.
1. Si f est injectif alors f est un isomorphisme de Z sur < a >, ainsi a est d'ordre
inni.
2. Si f n'est pas injectif alors Ker(f ) est un sous-groupe non nul de Z. Dans ce cas,
il existe n ∈ N tel que Ker(f ) = nZ et par factorisation de f à travers son noyau
∗
nZ, on obtient Z/nZ ∼ =< a >, par suite a est d'ordre ni et o(a) = n.
Soit m ∈ N .∗
et pgcd(m , k ) = 1. On a (a ) = a = a = a = e.
0 0 k m0 km0 k0 dm0 k0 m
o(ak ) = m0 = m
d
= m
pgcd(m,k)
.
Soit k ∈ N , ∗
mu nv
c c = (a ) (b ) = e d'où a = b = e. Par suite, m/k et n/k et il résulte
m ku n −kv k −k
ment, d'ordre ni. Alors l'élément (a, b) ∈ G×G est d'ordre ni et o(a, b) = ppcm(o(a), o(b)).
0
Soit p ∈ N :
p
∗
0 p p 0
(a, b) = (e, e ) ⇐⇒ (a , b ) = (e, e )
⇐⇒ (a = e et b = e )
p p 0
Dénition II.2.1. Un groupe G est dit cyclique lorsqu'il est engendré par un de ses
éléments, i.e. lorsqu'il existe un élément x ∈ G tel que G =< x >.
Exemple. Z =< 1 > est un groupe cyclique inni.
Pour n ≥ 2, on a Z/nZ = {0, 1, · · · , n − 1}, et ∀k ∈ Z/nZ, k = k1. Donc
Z/nZ =< 1 > est un groupe cyclique ni.
Tout sous-groupe nZ (où n ∈ N ) est un groupe cyclique inni, nZ = {nk k ∈
∗
Z} =< n >.
Soit n ∈ N , le sous-groupe U = {z ∈ C /z = 1} de C est un groupe cyclique ni
∗ ∗ n ∗
engendré par e .
n
i2π/n
Théorème II.2. Tout groupe cyclique inni est isomorphe à Z, et tout groupe cyclique
ni d'ordre n est isomorphe à Z/nZ.
Preuve. Soit G un groupe cyclique, ∃a ∈ G, G =< a >. L'homomorphisme
f : Z −→ G =< a >
k 7−→ ak
est surjectif et d'après la factorisation de f on a Z/Ker(f ) ∼= G. Si G est inni, a est
donc d'ordre inni et d'après le théorème II.1 f est alors injectif, i.e. Ker(f ) = {0}, et
par suite G ∼= Z. Si G est ni d'ordre n, a est d'ordre n et donc d'après le théorème II.1
Ker(f ) = nZ, et G ∼ = Z/nZ.
Corollaire II.3. Deux groupes cycliques nis sont isomorphes si et seulement si ils ont
le même ordre.
Preuve. Si G et G sont isomorphes, ils ont le même cardinal. Réciproquement, si G et
0
Z/nZ.
H ⊂< a >. m
2. (ii) G est cyclique donc ∃a ∈ G tel que G =< a > et comme f est un homomor-
phisme de G dans G , il résulte de la proposition I.7.7 : f (G) = f (< a >) =< f (a) >
0
Preuve. Supposons que G × G est cyclique et engendré par (a, b). La projection p
(resp. p ) de G sur G (resp. sur G ) sont des homomorphismes surjectifs. D'après la
1 2 1
On conclut alors que ppcm(m, n) = mn, ainsi m et n sont premiers entre eux.
Réciproquement, supposons que G et G sont cycliques, d'ordres m et n premiers
entre eux. Soit a un générateur de G et b un générateur de G , d'après la proposition
1 2
1 2 1 2 1 2
Preuve. (i) S'il existe p ∈ Z \ {−1, 1} tel que Z =< p >, on aura alors 1 ∈< p >,
donc ∃k ∈ Z tel que 1 = kp, ceci est impossible.
(ii) Pour n ≥ 2, ∀k ∈ Z/nZ,
Z/nZ =< k > ⇐⇒ ∃m ∈ Z / 1 = mk ⇐⇒ ∃m, p ∈ Z / mk − 1 = pn
⇐⇒ ∃m, p ∈ Z / mk + (−p)n = 1 ⇐⇒ pgcd(n, k) = 1.
Dénition II.2.2. La fonction d'Euler (ou encore indicateur d'Euler) est l'application
ϕ : N → N dénie par ϕ(1) = 1 et pour n ≥ 2, ϕ(n) est le cardinal de l'ensemble
∗ ∗
{k ∈ N / 0 ≤ k ≤ n − 1 et pgcd(k, n) = 1}
On va généraliser ce résultat.
Théorème II.4. Soit G =< a > un groupe cyclique.
(i) Si G est inni alors a et a sont les seuls générateurs de G.
−1
de Z/nZ ⇐⇒ pgcd(k, n) = 1.
On désigne par (G/H) et (G/H) l'ensemble des classes à gauche et l'ensemble des
classes à droite modulo H respectivement.
g d
Proposition III.1.1.
Soit ϕ: (G/H)g −→ (G/H)d
d
xg = xH 7−→ Hx−1 = x−1
ϕest une application bijective. En particulier, si (G/H) est ni, alors (G/H) est
ni et ils ont même nombre d'éléments.
g d
j i i j
n
X |H||K|
card(HK) = card(Hki ) = n|H| = .
i=1
|H ∩ K|
Exercice 6. Z(G) G.
Int(G) Aut(G).
Tout sous-groupe d'indice 2 d'un groupe G est distingué.
Propriétés III.2.1. (a) Si H et K sont deux sous-groupes de G tel que K ⊂ H et
K G alors K H .
(b) Soit H et K deux sous-groupes de G. Si H G (resp. K G) alors HK est un
sous-groupe de G.
(c) L'image réciproque d'un sous-groupe distingué par un homomorphisme de groupes
est un sous-groupe distingué. En particulier, le noyau est un sous-groupe distingué.
(d) L'image directe d'un sous-groupe distingué par un homomorphisme de groupes
surjectif est un sous-groupe distingué.
(e) Soit (H ) une famille de sous-groupes distingués de G, T H et < S H >
sont des sous-groupes distingués.
i i∈I i∈I i i∈I i
homomorphisme de groupes.
Preuve. On suppose que H G. Pour montrer que (G/H) , · est un groupe il sut
Inversement, on suppose que (G/H) est un groupe et donc que R est compatible
avec la loi de G. Montrons que H G. Soit x ∈ G et h ∈ H . On a xR x et hR e. Par
g g
,
∀x ∈ G x ∈ Ker(p) ⇐⇒ x = e ⇐⇒ x ∈ H , donc Ker(p) = H .
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Inversement, si f : G → G est un homomorphisme de groupes, on a Ker(f ) G, donc
0
si H = Ker(f ), H G.
Dénition III.2.2. On dit qu'un groupe G est simple s'il ne contient aucun sous-groupe
distingué non trivial (i.e. diérent de G et {e}).
Proposition III.2.4. Un groupe G est d'ordre premier si et seulement si il est cyclique
et simple.
Preuve. Exercice!
Donc, les groupes (Z/pZ, +) où p est un nombre premier, sont les seuls groupes commu-
tatifs simples. On verra dans la suite (chapitre 2) que les groupes alternés A pour n 6= 4
sont simples.
n
|f (G)|/|G |.
0
Exercice 8. Soit G un groupe. On suppose que G est le produit direct de deux sous-groupes
H et K . Montrer alors que H G et G/H ∼ = K.
Soit ϕ : K −→ HK/H
k 7−→ k = kH = Hk
ϕ est un homomorphisme de groupes. D'après le Premier théorème d'isomorphisme,
K/Ker(ϕ) ∼
= Im(ϕ) .
∀k ∈ K, k ∈ Ker(ϕ) ⇐⇒ ϕ(k) = e ⇐⇒ k = e ⇐⇒ k ∈ H ⇒ k ∈ H ∩ K , donc
Ker(ϕ) = H ∩ K . Ainsi, est injectif. Soit maintenant
ϕ hk ∈ HK/H h ∈ H avec et
k∈K . On a
hk = h k = ek = k = ϕ(k) ϕ , donc, est surjectif, ainsi
Im(ϕ) = HK/H . On
conclut que
K/H ∩ K ∼ = HK/H.
image par un homomorphisme surjectif d'un groupe distingué dans G. Donc, (H/K)
K
K H
(G/K) (H/K) ∼
= G/H.
Filière SMA
Année 2020-2021
16 avril 2021
Cours d’Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2020 b
Table des matières
Avant-Propos i
2 Groupes Symétriques 27
I Notion de Groupe Symétrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
II Support d’une Permutation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
III Décomposition d’une Permutation en Produit de Transpositions . . . . . . 30
IV Décomposition d’une Permutation en Cycles . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
V Signature d’une Permutation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
VI Groupe Alterné . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
i
Cours d’Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2020 ii
Cours d’Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2020 26
Chapitre 2
Groupes Symétriques
Définition I.0.1. (Sn , ◦) s’appelle le groupe symétrique sur n éléments ou n-ième groupe
symétrique.
Remarques. — (a) Les éléments de Sn sont appelés les permutations sur n éléments.
On choisit de noter une telle permutation en écrivant l’un au dessous de l’autre les
éléments de In et leurs images, ce qui conduit à l’écriture :
!
1 2 3 ··· n
σ=
σ(1) σ(2) σ(3) · · · σ(n)
27
n = 3, I3 = {1, 2, 3}, les permutations de S3 sont
! ! !
1 2 3 1 2 3 1 2 3
e3 = ; σ1 = ; σ2 =
1 2 3 2 3 1 3 1 2
! ! !
1 2 3 1 2 3 1 2 3
τ1 = ; τ2 = ; τ3 =
1 3 2 3 2 1 2 1 3
jn,m : Sm → Sn
(
σ 0 (i) = σ(i), ∀i ∈ Im
σ 7→ σ 0 =
σ 0 (i) = i, sinon.
est un homomorphisme injectif dont l’image est le sous-groupe de Sn formé des
permutations laissant fixes m + 1, m + 2, · · · , n. En particulier, jn,m (em ) = en .
Donc, on peut considérer, par identification, Sm comme un sous-groupe de Sn .
Théorème I.1. Pour n ≥ 1, le groupe symétrique est d’ordre n!.
Preuve. Par récurrence sur n ∈ N∗ . L’assertion est vraie pour n = 1.
Soit n ∈ N∗ , on suppose l’assertion vraie pour n. Soit In+1 , k0 ∈ In+1 et Y = In+1 \{k0 }.
D’après l’hypothèse de récurrence, |S(Y )| = n!.
On considère maintenant l’application
f : Sn+1 → In+1
σ 7→ σ(k0 )
f (σ) = f (σ 0 ) ⇐⇒ σ −1 σ 0 ∈ S(Y )
Ainsi, on peut conclure, d’après la factorisation de l’application f , qu’il existe une bijec-
tion f : (Sn+1 /S(Y ))g → In+1 , unique, tel que f ◦ p = f.
D’où card(Sn+1 /S(Y ))g = card(In+1 ) = n + 1, et d’après le théorème de Lagrange,
|Sn+1 |
card(Sn+1 /S(Y ))g = [Sn+1 : S(Y )] =
|S(Y )|
Par conséquent, |Sn+1 | = (n + 1)|S(Y )| = (n + 1)n! = (n + 1)!
Théorème I.2. Pour n ≥ 3, Sn n’est pas abélien.
Preuve. On a S3 n’est pas abélien et d’après la remarque (c), pour tout n ≥ 3, S3 est
un sous-groupe de Sn , donc Sn n’est pas abélien.
τ est alors noté (i, j) ou bien τij . Il est évident que τij2 = en , i.e. τij−1 = τij .
Théorème III.1. Pour tout n ≥ 2, toute permutation de Sn est un produit fini de trans-
positions. En d’autres termes, le groupe Sn est engendré par ses transpositions.
Preuve. On raisonne par récurrence sur n. Pour n = 2, S2 = {e2 , (1, 2)} on a e2 = (1, 2)2 .
Supposons le résultat vrai pour Sn−1 où n ≥ 3. Soit σ ∈ Sn . Distinguons deux cas :
1er Cas, σ(n) = n. Par suite σ 0 = σ/In−1 , la restriction de σ à In−1 est un élément de
Sn−1 . Donc, par hypothèse de récurrence : σ 0 = τ10 τ20 · · · τr0 où τk0 est une transposition
de Sn−1 pour tout 1 ≤ k ≤ r. Chaque τk0 se prolonge en une transposition τk de
Sn , en posant τk (i) = τk0 (i) pour tout 1 ≤ i ≤ n − 1 et τk (n) = n et on alors
σ = τ1 τ2 · · · τr .
2eme Cas, σ(n) = p < n. Soit alors τ = (p, n) et σ1 = τ ·σ. On a σ1 (n) = n. En appliquant
le 1er cas, σ1 se décompose en produit fini de transpositions, i.e. σ1 = τ1 τ2 · · · τr , par
conséquent, σ = τ τ1 τ2 · · · τr .
On a σ(1) = 3 6= 1 (1 n’est pas fixe par σ). On va calculer l’image de 1 par les puissances
de σ jusqu’à obtenir 1.
σ(k) = f (k), si k ∈ {A
σ est alors une bijection de In sur In , donc on a σ ∈ Sn
σ(ir ) = jr , ∀1 ≤ r ≤ p
et d’après (1) σcσ −1 = c0 .
Corollaire IV.1. Toute transposition (i, j) où i < j est conjuguée d’une transposition
simple. En particulier, (i, j) = c(j − 1, j)c−1 où c = (i, i + 1, i + 2, · · · , j − 1).
Exercice 1. Montrer que les transpositions simples τi,i+1 , notées aussi (i, i + 1), où 1 ≤
i ≤ n − 1 engendrent Sn .
Montrer que les deux permutations τ1,2 et c = (1, 2, · · · , n) engendrent Sn .
Exemples. 1. Si τ = (i, i+1) = τi,i+1 est une transposition simple de Sn alors le couple
(i, i+1) est le seul couple de In qui présente une inversion, donc (τ ) = (−1)1 = −1.
2. Dans S3 , considérons la transposition
!
1 2 3
σ = (1, 3) = τ1,3 =
3 2 1
les couples (i, j) qui présentent une inversion pour τ1,3 sont (1, 2), (1, 3) et (2, 3).
Donc, I(σ) = 3 et, par suite, (τ1,3 ) = (−1)3 = −1.
k
Y k
Y
φ(σ) = φ(τi ) = (−1) = (−1)k = (σ)
i=1 i=1
On conclut que φ = σ.
VI Groupe Alterné
Définition VI.0.1. Pour tout n ≥ 2, le noyau de est un sous-groupe de Sn , appelé le
nième groupe alterné et noté An . Les éléments de An sont les permutations paires.
Proposition VI.0.2. Pour n ≥ 3, le groupe alterné est engendré par les 3-cycles de Sn .
Preuve. Soit c = (i, j, k) un 3-cycle, il existe alors σ ∈ Sn tel que (1, 2, 3) = σ(i, j, k)σ −1
d’après la proposition IV.0.1.
Si σ ∈/ An , comme n ≥ 5, on a alors (4, 5)σ ∈ An et
(4, 5)σcσ −1 (4, 5) = (4, 5)(1, 2, 3)(4, 5) = (4, 5)2 (1, 2, 3) = (1, 2, 3)
Par suite,
σ −1 η −1 ση = c−1 −1 −1 −1 −1 −1
1 c2 c3 · · · ck (η c1 η)(η c2 η)c3 c4 · · · ck
= c−1 −1 −1
1 c2 (η c1 η)(η c2 η)
−1
= c−1 −1
1 c2 (a1 , a4 , a2 )(a3 , a5 , a6 )
= (a3 , a2 , a1 )(a6 , a5 , a4 )(a1 , a4 , a2 )(a3 , a5 , a6 )
= (a1 , a6 , a2 , a3 , a4 ) ∈ H
(a1 , a6 , a2 , a3 , a4 ) est un cycle de longueur > 3. D’après le premier cas, on conclut
que H = An .
Cas 3- m = 3 et ∀ 2 ≤ i ≤ k, ci sont des transpositions.
Soit c1 = (a1 , a2 , a3 ). On a alors
σ 2 = (a1 , a2 , a3 )c2 c3 · · · ck (a1 , a2 , a3 )c2 c3 · · · ck
= (a1 , a2 , a3 )2 c22 c23 · · · c2k
= (a1 , a3 , a2 ) ∈ H
et donc H = An , d’après le lemme 3.
Cas 4- ∀ 1 ≤ i ≤ k, ci est une transposition, (k est alors un nombre pair).
Si c1 = (a1 , a2 ) et c2 = (a3 , a4 ), on prend η = (a2 , a3 , a4 ) ∈ An d’où H contient
η −1 ση avec
k
Y
η −1 ση = η −1 ci η = η −1 c1 ηη −1 c2 ηc3 · · · ck = (a2 , a3 )(a4 , a2 )c3 · · · ck
i=1
Filière SMA
Année 2020-2021
26 mai 2021
Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 26 mai 2021 b
Table des matières
Avant-Propos i
i
3 Anneaux et Corps 1
I Rappels et Préliminaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
I.1 Généralités sur les Anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
I.2 Anneaux Produits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
I.3 Sous-Anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
I.4 Homomorphismes d'Anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
II Idéaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
II.1 Notion d'Idéal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
II.2 Idéal Engendré par une Partie - Idéal Principal . . . . . . . . . . . 9
II.3 Somme et Produit d'Idéaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
II.4 Idéaux Premiers et Maximaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
III Anneaux Quotients . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
III.1 Anneau Quotient et Idéaux d'un Anneau Quotient . . . . . . . . . . 14
III.2 Propriété Universelle, Théorèmes d'Isomorphisme . . . . . . . . . . 16
III.3 Caractéristique d'un Anneau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
III.4 Corps des Fractions d'un Anneau Intègre. . . . . . . . . . . . . . . 19
IV Divisibilité dans un Anneau Intègre - Arithmétique dans un Anneau Principal 21
IV.1 Diviseurs, Eléments Associés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
IV.2 Eléments Irreductibles, Eléments Premiers . . . . . . . . . . . . . . 22
IV.3 Eléments Premiers entre-eux, PGCD, PPCM . . . . . . . . . . . . . 23
IV.4 Arithmétique dans un Anneau Principal . . . . . . . . . . . . . . . 25
i
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Chapitre 3
Anneaux et Corps
I Rappels et Préliminaires
Dénition I.1.1. Un anneau est un ensemble A muni de deux lois de composition in-
ternes, l'une, notée comme une addition (additivement), l'autre, comme une multiplication
(multiplicativement), vériant les propriétés suivantes :
(i) (A, +) est un groupe abélien,
(ii) la multiplication "·" est associative,
(iii) la multiplication est distributive (à gauche et à droite) par rapport à l'addition,
i.e. x(y + z) = xy + xz et (x + y)z = xz + yz pour tous x, y, z ∈ A.
L'anneau est dit commutatif si de plus la multiplication est commutative.
L'anneau est dit unitaire (ou unifère) lorsque A admet un élément neutre pour la
multiplication, distinct de son élément neutre pour l'addition. Noter qu'un anneau unitaire
admet au moins deux éléments.
Notation
L'élément neutre de + sera noté 0 ou tout simplement 0 et est appelé élément nul.
L'élément neutre de la multiplication, s'il existe, sera noté 1 ou tout simplement 1 et est
A
Exemples. L'ensemble {0}, muni des lois 0+0 = 0 et 0·0 = 0 est un anneau appelé
anneau nul. Cet anneau n'est pas unitaire car 0 = 1 .
A A
1
Soit (G, +) un groupe abélien. (End(G), +, ◦) est un anneau unitaire (1 = Id ) non
commutatif.
G
∀m, n ∈ N , a ∗
= a ·a et (a ) = a . Si A est unitaire, on dénit de plus
m+n m n m n m·n
Théorème I.1. Soit (A, +, ·) un anneau unitaire. Pour tous x, y ∈ A tels que x·y = y·x
et pour tout n ∈ N , on a les formules suivantes :
∗
{ x y où { = (formule du binôme)
n
P n p n−p p n! p
(∗) (x + y) = p=0 n n
p!(n − p)!
Pn−1
(∗∗) xn − y n = (x − y) p=0 xn−1−p y p
En particulier :
xn − 1A = (x − 1A )(1A + x + x2 + · · · + xn−1 )
Eléments Inversibles
Dénition I.1.2. Soit (A, +, ·) un anneau unitaire. Un élément x ∈ A est dit inversible
s'il est inversible pour la loi multiplicative dans A, i.e. s'il existe un élément y ∈ A tel
que x·y = y·x = 1.
L'ensemble des éléments inversibles de A est noté U(A).
Remarques. 1 est inversible.
A
x·y ∈ U(A).
L'associativité de ”·” dans U(A) découle de l'associativité de ”·” dans A.
1 ∈ U(A) et ∀x ∈ U(A), x·1 = 1 ·x = x
A A A
Dénition I.1.5. Un anneau A est dit intègre s'il est commutatif unitaire et ne contient
aucun diviseur de zéro.
Remarque. Dans un anneau intègre, tout élément non nul est régulier pour la multipli-
cation.
Proposition I.1.2. Soit A un anneau commutatif unitaire. A est intègre si et seulement
si ∀x, y ∈ A, xy = 0 ⇒ (x = 0 ou y = 0 ).
A A A
Proposition et Dénition I.2.1. Soit (Ai )i∈I une famille d'anneaux. L'ensemble produit
Q
i∈I muni des lois suivantes :
Ai
x + y = (x + y )
i et xy = (x y ) , ∀x = (x ) ∈ Y A , ∀y = (y ) ∈ Y A ,
i i∈I i i i∈I i i∈I i i i∈I i
i∈I i∈I
26 mai 2021
Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 4
Chapitre3. Anneaux et Corps 5
Si I = {1, 2, 3, · · · , n}, n ∈ N , ∗
Y Y
Ai = Ai = A1 × A2 × · · · × An , x = (xi )i∈I = (x1 , x2 , · · · , xn ).
i∈I 1≤i≤n
A1 A2 A1 A2
I.3 Sous-Anneaux
Dénition I.3.1. Soit (A, +, ·) un anneau et B une partie de A. B est dite sous-anneau
de A, si B est stable pour les lois + et ”·” et si (B, +, ·) est un anneau.
Il est clair que si A est un anneau commutatif, B est aussi commutatif. Par contre, si
A est unitaire, B n'est pas forcément unitaire. En eet, Z est un anneau unitaire mais 2Z
est un sous-anneau de Z non unitaire. Il existe des sous-anneaux d'un anneau unitaire A
ayant un élément unité diérent de celui de A. D'où la convention de dénition suivante.
Dénition I.3.2. Soit (A, +, ·) un anneau unitaire et B une partie de A. B est dite sous-
anneau unitaire de A, si B est stable pour les lois + et ”·” et si (B, +, ·) est un anneau
unitaire d'élément unité 1 = 1 . B A
Preuve. Exercice.
Exemples. {0 } et A sont des sous-anneaux de l'anneau A.
A
A B A
A A B A B
p1 : A1 × A2 → A1 p2 : A1 × A2 → A2
,
(a, b) 7→ a (a, b) 7→ b
sont deux homomorphismes d'anneaux.
Propriétés I.4.1. Soit A, B et C des anneaux (unitaires).
(i) Soit f : A → B un homomorphisme (non nul) d'anneaux, alors l'image par f
de tout sous-anneau (unitaire) de A est un sous-anneau (unitaire) de B. L'image
réciproque par f de tout sous-anneau (unitaire) de B est un sous-anneau (unitaire)
de A
En particulier, Ker(f ) est un sous-anneau de A et f sera injectif si et seulement si
Ker(f ) = {0 }.
A
Dénition II.1.1. Soit (A, +, ·) un anneau. Une partie I de A est dite idéal à gauche
(resp. à droite) de A si (I, +) est un groupe et pour tout a ∈ A, pour tout x ∈ I , ax ∈ I
(resp. xa ∈ I ).
On dit que I est un idéal bilatère si I est un idéal à gauche et un idéal à droite.
Proposition II.1.1. Soit (A, +, ·) un anneau et I une partie de A. I est un idéal bilatère
de A si et seulement si
(i) (I, +) est un sous-groupe de (A, +),
(ii) ∀a, b ∈ A, ∀x ∈ I, axb ∈ I .
Remarques. {0 } et A sont deux idéaux bilatères de l'anneau A, appelés idéaux
triviaux.
A
idéal à gauche (resp. à droite, bilatère) de A (il contient Kerf (f )). En particulier,
le noyau Kerf (f ) est un idéal bilatère de A.
(b) Supposons que f est surjectif. L'image f (I) de tout idéal à gauche (resp. à droite,
bilatère) I de A est un idéal à gauche (resp. à droite, bilatère) de B (de f (A) si f
n'est pas surjectif).
(c) Supposons que f est surjectif. L'application φ : J 7→ f (J) est une bijection de
−1
application de C sur D .
A
Proposition II.2.1. L'intersection d'une famille d'idéaux à gauche (resp. à droite, bila-
tère) d'un anneau A, est un idéal à gauche (resp. à droite, bilatère) de A.
Preuve. Exercice.
Dénition II.2.1. Soit (A, +, ·) un anneau commutatif et X une partie non vide de A.
On appelle idéal engendré par X , noté (X), l'intersection de tous les idéaux de A qui
contiennent X . C'est le plus petit idéal, au sens de l'inclusion, contenant X . Si X =
{a , a , · · · , a }, on note (X) par (a , a , · · · , a ).
1 2 n 1 2 n
Proposition II.2.2. Soit (A, +, ·) un anneau unitaire commutatif et X une partie non
vide deA. Alors,
(X) = a x + a x + · · · + a x /n ∈ N , ∀i ∈ {1, 2, · · · , n}, a ∈ A et x ∈ X .
1 1 2 2 n n
∗
i i
X ⊂ I . Pour tous x, y ∈ I , x = a x où n ∈ N , a , · · · , a ∈ A, x , · · · , x ∈ X
A
∗
et y = b y où m ∈ N , b , · · · , b ∈ A, y , · · · , y ∈ X . On a alors x + y ∈ I par
1≤i≤n i i 1 n 1 n
∗
P
dénition de I , et ∀a ∈ A, ax = P aa x ∈ I.P
1≤j≤m j j 1 m 1 m
I ⊂ K . Ainsi, I est le plus petit idéal contenant X , ce qui prouve que I = (X).
1 2 n 1 2 n
Dénition II.2.2. Soit (A, +, ·) un anneau commutatif unitaire. Un idéal I de A est dit
principal s'il existe x ∈ A tel que I est engendré par {x}, i.e. ∃x ∈ A tel que I = (x) =
{ax / a ∈ A}.
Le corollaire suivant est important et montre aussi que la notion d'idéal n'a d'intérêt
que pour des anneaux qui ne sont pas des corps.
Corollaire II.1. Soit A un anneau commutatif unitaire.
A est un corps ⇐⇒ les seuls idéaux de A sont {0 } et A. A
1 = x x ∈ I , d'où I = A.
−1
élément non nul de A. L'idéal xA engendré par x étant alors distinct de {0 }, et, par
A
tout élément non nul de A est inversible dans A. On conclut alors que A est un corps.
Exercice 1. Montrer que si A est un anneau intègre ni alors A est un corps.
1 2 1 2
I +I .
1 2 1 2 1 2
1 2 1 2
az ∈ I1 + I2 .
Un élément de cet idéal est somme nie d'éléments d'un nombre ni d'idéaux
j∈J j j∈J j
de la famille.
Dénition II.3.1. Soit (A, +, ·) un anneau commutatif unitaire et I , I deux idéaux
de A. On appelle produit des idéaux I par I , l'idéal noté I I engendré par l'ensemble
1 2
x x /x ∈ I , x ∈ I . i.e. I I = x x /x ∈ I , x ∈ I
1 2 1 2
1 2 1 1 2 2 1 2 1 2 1 1 2 2
nZ + mZ = dZ où d = pgcd(n, m)
nZ ∩ mZ = µZ où µ = ppcm(n, m)
nZ mZ = nmZ
En particulier, si n et m sont premiers entre-eux, on aura alors nZ + mZ = Z et
nmZ = nZ ∩ mZ = nZ mZ.
On rappelle que nZ ⊂ mZ ⇔ m divise n
II.4 Idéaux Premiers et Maximaux
(a) L'image réciproque par f d'un idéal premier de A est un idéal premier de
0
A,
(b) on suppose de plus f surjectif alors l'image réciproque par f d'un idéal maxi-
mal de A est un idéal maximal de A contenant Ker(f ).
0
Ker(f ).
f (P ) 6= A. Car sinon 1 ∈ f (P ), ceci équivaut à f (1 ) ∈ P , et donc,
−1 −1
P 6= A.
A0
f (J) 6= A car sinon f (f (J)) = f (A) ; comme f est surjectif on aura alors
−1 −1
J = A . Contradiction.
0
Donc K = f (J). −1
Montrer que l'application φ : Q 7→ f (Q) est une bijection de l'ensemble des idéaux
−1
de A contenant Ker(f ).
Théorème II.1. (Théorème d'existence d'idéaux maximaux). Tout anneau commutatif
unitaire possède un idéal maximal.
Preuve. Ordonnons l'ensemble E des idéaux de A, distincts de A par la relation d'inclu-
sion. Cet ensemble E est non vide car {0} ∈ E . Vérions que E est inductif.
Soit F = (I ) une famille totalement ordonnée d'éléments de E . I = S I est un
idéal de A, et puisque pour tout i ∈ J , 1 ∈/ I et I ⊆ I , on a alors I ∈ E et I est un
i i∈J i∈J i
majorant de F , donc toute famille de E totalement ordonnée est majorée, ce qui prouve
A i i
(x − x )y ∈ I et x (y − y ) ∈ I , i.e. xy − x y ∈ I et x y − x y ∈ I d'où xy − x y ∈ I
0 0 0 0 0 0 0 0 0
et donc xy = x y ,0 0
A A A A A
Application à l'anneau
Soit n ∈ N . Les idéaux de l'anneau quotient Z/nZ sont de la forme dZ/nZ où d est un
Z
∗
diviseur de n.
Proposition III.1.2. Soit A un anneau commutatif unitaire et I un idéal de A. Les
idéaux premiers (resp. maximaux) de A/I sont les idéaux de la forme P/I (resp. M/I ),
où P est un idéal premier (resp. M un idéal maximal) de A contenant I .
Preuve. Il résulte de la proposition précédente, de la propriété II.4.1 et de l'exercice qui
la suit.
Théorème III.2. Soit A un anneau commutatif unitaire et I un idéal de A.
I est premier si et seulement si A/I est intègre.
I est maximal si et seulement si A/I est un corps.
Preuve. Si I est premier, I 6= A ainsi l'anneau commutatif A/I est unitaire; et
si x, y ∈ A/I tel que x y = 0 alors xy ∈ I , d'où x ∈ I ou y ∈ I et par suite
x = 0 ou y = 0.
Réciproquement, si A/I est intègre alors A/I est unitaire et donc 1 ∈/ I (car 1 6= 0),
ainsi I 6= A ; de plus, si x, y ∈ A tel que xy ∈ I alors x y = xy = 0, ce qui implique
que x = 0 ou y = 0 et il s'en suit que x ∈ I ou y ∈ I .
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Supposons que I est maximal, alors I 6= A et donc A/I est unitaire. Et, si J est un
idéal de A/I alors J = K/I où K est un idéal de A tel que I ⊂ K , il résulte de la
maximalité de I que K = I ou K = A, et par suite J = {0} ou J = A/I . Donc les
seuls idéaux de A/I sont {0} et A/I . Ce qui prouve que A/I est un corps.
Inversement, si A/I est un corps alors A/I est unitaire et par suite I 6= A ; De
plus, si K est un idéal de A tel que I ⊂ K ⊂ A alors K/I est un idéal de A/I . Par
conséquent, K/I = {0} ou K/I = A/I , d'oùK = I ou K = A.
Exemples. Les idéaux premiers de Z sont {0} et les pZ où p est un nombre premier.
Les idéaux maximaux de Z sont les pZ où p est un nombre premier.
Soit n ∈ N , les idéaux maximaux de Z/nZ sont de la forme pZ/nZ où p est un
∗
Im(f ) = Im(f ) et Ker(f ) = Ker(f )/I (si f est surjectif, f l'est aussi et si Ker(f ) = I
alors f est injectif).
Preuve. Comme f est un homomorphisme de groupes de (A, +) dans (A , +) tel que0
x, y ∈ A/I :
f (x y) = f (xy) = f ◦ p(xy) = f (xy) = f (x)f (y) = f (x)f (y)
donc f est un homomorphisme d'anneaux.
Nous allons donner maintenant -comme dans le cas des groupes- un certain nombre de
conséquences classiques de cette construction : décomposition canonique des homomor-
phismes d'anneaux et théorème d'isomorphisme d'anneaux.
Corollaire III.1. (1 théorème d'isomorphisme - décomposition canonique) Soit f : A →
er
Preuve. On considère l'application f : A → A/I × A/J dénie par f (x) = (x, ẋ) =
(x+I, x+J). f est un homomorphisme d'anneaux. On a alors d'après le premier théorème
d'isomorphisme A/Ker(f ) ' Im(f ). Or Ker(f ) = x ∈ A / x = 0 et ẋ = 0˙ = {x ∈
A / x ∈ I et x ∈ J} = I ∩ J
et puisque, par hypothèse I + J = A, on a alors, d'après la propostion II.3.2, IJ =
I ∩ J = Ker(f ), donc pour avoir le résultat, il reste à montrer que f est surjectif. Soit
(x, ẋ) ∈ A/I × A/J . Comme par hypothèse I + J = A, alors il existe u ∈ I, v ∈ J tel que
1 = u + v , d'où (x, ẏ) = (x1, ẋ1) ˙ . Si on prend a = xv + yu ∈ A on a alors
˙ = (xv, yu)
˙ = (x, ẏ), ce qui prouve que f est surjectif.
f (a) = (x, ȧ) = (xv, yu)
pour tout n ∈ N .
A A A A
∗
morphisme de groupes.
A
On vérie que f (nm) = f (n)f (m), ∀n, m ∈ Z, pour conclure que f est un homomor-
phisme d'anneaux.
Remarques. Le noyau de l'homomorphisme canonique f de A dans Z est un idéal
de Z. Donc, Ker(f ) = kZ pour un unique k ∈ N.
∀n ∈ Z : (n1 = 0 ) ⇔ (nx = 0 , ∀x ∈ A), autrement dit, ∀n ∈ Z, n ∈ Ker(f ) ⇔
nx = 0 , ∀x ∈ A.
A A A
Exemples. (1)- L'anneau Z est de caractéristique nulle, ainsi que les corps Q, R et C.
(2)- Pour tout n ≥ 2, Car(Z/nZ) = n.
Proposition III.3.1. Si A est un anneau intègre et de caractéristique non nulle, alors
A admet pour caractéristique un nombre premier.
p est premier.
Corollaire III.4. La caractéristique d'un corps commutatif est soit nulle soit un nombre
premier.
Proposition III.3.2. Soit A un anneau intègre de caractéristique p premier. On a alors
(i) ∀x, y ∈ A, (x + y) = x + y ,p p p
Nous avons vu que tout corps commutatif est un anneau intègre et que la réciproque
n'est pas toujours vraie. Dans le paragraphe suivant, nous allons montrer, cependant,
que l'on peut construire, de façon canonique, pour tout anneau intègre, un corps qui le
contient. En l'occurence, il s'agit du plus petit corps qui le contient. Ce corps commutatif
est appelé Corps des fractions de A.
Proposition III.4.1. Soit A un anneau intègre. On note A = A \ {0 }.
∗
A
(iii) L'ensemble quotient (A × A )/R muni des lois quotients induites de + et ”·”
∗
est un corps commutatif d'élément neutre (0, 1) et d'élement unité (1, 1).
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(iv) A est isomorphe à un sous-anneau unitaire du corps (A × A )/R, (A est un ∗
{(a, b) ∈ A × A /a = b}. Il reste à montrer que tout élément non nul de (A × A )/R
∗ ∗
est inversible. Soit (a, b) ∈ (A × A )/R \ {(0, 1)}, on a (a, b) (b, a) = (ab, ab) = (1, 1),
∗
∀a, b ∈ A, (a, 1) + (b, 1) = (a + b, 1) et (a, 1)(b, 1) = (ab, 1). D'où ϕ(a) + ϕ(b) =
ϕ(a + b) et ϕ(a)ϕ(b) = ϕ(ab). De plus, ϕ(1) = (1, 1) = 1 , donc ϕ est un
homomorphisme d'anneaux unitaires. Il est injectif, en eet,
(A×A∗ )/R
(v) Soit K un corps commutatif tel que A est un sous-anneau unitaire de K , consi-
dérons f : (A × A )/R → K dénie par f ((a, b)) = ab . Montrons que f est bien
∗ −1
dénie (c'est-à-dire, que f ((a, b)) ne dépend pas du représentant choisi de la classe).
Soit (a, b), (a , b ) ∈ (A × A )/R : (a, b) = (a , b ) ⇔ ab = a b ⇔ ab = a b ⇔
0 0 ∗ 0 0 0 0 −1 0 −1
f ((a, b)) = f ((a , b )). Donc f est bien dénie et injectif. Il est facile de vérier que
0 0
Remarque. Une généralisation de (v) est donnée comme suit : (Propriété universelle du
corps de fractions)
Pour tout corps K et tout homomorphisme injectif f : A → K , il existe un unique
homomorphisme d'anneaux f : (A×A )/R → K tel que f ◦ϕ = f où ϕ : A → (A×A )/R
∗ ∗
intègre A, on le note F r(A). Tout élément (a, b) ∈ F r(A) sera noté ab . Ainsi,
/ a ∈ A et b ∈ A
a ∗
F r(A) =
b
a c
= ⇔ ad = bc
b d
a c
+ =
b d
ad + bc
bd
et ab dc = acbd
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Chapitre3. Anneaux et Corps 21
et a
1
= a.
Exemples. 1. Le corps des fractions de l'anneau intègre Z est le corps des rationnels
. Q
2. Le corps des fractions de Z[i] est Q(i). A titre d'exercice!
Exercice 3. Soit K un corps et p sa caractéristique. Montrer que :
si p = 0, il existe dans K un plus petit sous-corps K isomorphe à Q,
0
Les éléments irréductibles (et aussi les éléments premiers) dans Z, sont les nombres
premiers et leurs opposés.
Tout élément d'un corps est réductible (non irréductible).
Proposition IV.2.2. Soit A un anneau intègre. Tout élément non nul et premier dans
A est irréductible dans A.
Preuve. Soit a un élément non nul et premier dans A, on a alors a ∈/ U(A). De plus, si
a = xy avec x, y ∈ A, en particulier a/xy d'où a/x ou a/y . Supposons que a/x, il existe
z ∈ A tel que x = az et, par suite, a = xy = azy . Comme a 6= 0 et A est intègre, on
obtient zy = 1, donc y ∈ U(A). De même, si a/y, on aura alors x ∈ U(A). Ce qui prouve
que a est irréductible dans A.
Remarque. La réciproque est fausse généralement. En eet, si on considère A = Z[i 5],
√
N (x)N (y), ∀x, y ∈ A. On vérie que 3 est irréductible, 3/(1 + i 5)(1 − i 5) mais 3
ne divise ni (1 + i√5) ni (1 − i√5). On conclut que 3 n'est pas premier dans A.
IV.3 Eléments Premiers entre-eux, PGCD, PPCM
Remarque. Si a est premier avec b, alors a est premier avec λb, ∀λ ∈ U(A).
En termes d'idéaux, la dénition de deux éléments premiers entre eux s'exprime comme
suit : a est premier avec b ⇔ ∀x ∈ A, (a) ⊂ (x) et (b) ⊂ (x) ⇒ (x) = A.
Proposition IV.3.1. Soit A un anneau intègre. Tout élément irréductible est premier
avec tout élément qu'il ne divise pas.
Preuve. Soit a un élément irréductible dans A. Soit b un élément de A tel que a ne
divise pas b. supposons qu'il existe d ∈ A non inversible tel que d divise à la fois a et b.
Il existerait alors a , b ∈ A tel que a = da et b = db . Or, a est irréductible et d ∈/ U(A),
0 0 0 0
(ii) On dit que (a ) admet un plus petit commun multiple dans A lorsqu'il existe
un élément µ ∈ A tel que
i 1≤i≤n
Si m est un élément de A qui est divisible par a pour tout i ∈ {1, 2, · · · , n},
m est divisible aussi par µ.
i
1 2 n 1 2 n
Réciproquement, si δ et d sont associés, ils ont les mêmes diviseurs, d'où le résultat.
i
(iii)- On suppose que a , · · · , a sont premiers dans leur ensemble. Ainsi, si d est un
diviseur commun des a , d ∈ U(A) et donc d divise 1 et comme 1 divise chaque a , on
1 n
i 1 2 n
Remarque. Soit x, y ∈ A :
Si x = 0 et y = 0, x et y admettent un pgcd unique qui est 0.
Si x = 0 et y 6= 0, x et y admettent un pgcd qui est y ou tout élément associé à y.
Si x/y alors x et y admettent un pgcd qui est x ou tout élément associé à x. En particulier
pour tout u ∈ U(A), u ∧ x = x.
On n'a pas toujours l'existence d'un pgcd de deux éléments quelconques d'un anneau
intègre. Par exemple√ : considérons l'anneau Z[i 5]. Soit x = 6 et y = 2(1 + i 5).
√ √
Si le pgcd(x, y) existe, soit d = pgcd(x, y) alors 2/d et (1 + i 5)/d d'où N (2)/N (d)
√
et N (1 + i√5)/N (d), i.e. 4/N (d) et 6/N (d). Par ailleurs, comme d/x et d/y ona alors
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Chapitre3. Anneaux et Corps 25
N (d)/36 et
N (d)/24 . on en déduit que N (d) = 12 autrement écrit a + 5b = 12 où 2 2
√
a + ib 5 = d ceci est impossible.
Dans la suite, on limite l'étude à une classe particulière d'anneaux dits principaux où
l'existence du pgcd (et ppcm) est assurée. Par suite, on pourra généraliser les résultats
d'arithmétique connus dans l'anneau Z à ces anneaux.
IV.4 Arithmétique dans un Anneau Principal
Dénition IV.4.1. On appelle anneau principal tout anneau intègre dans lequel tout idéal
est principal (i.e. engendré par un seul élément).
Exemple. (Z, +, ·) est un anneau principal.
Tout corps commutatif est un anneau principal.
Proposition IV.4.1. Soit A un anneau principal. Alors tout élément non nul et irréduc-
tible est premier.
Preuve. Soit a un élément non nul et irréductible dans A. D'après la proposition IV.2.1,
l'idéal (a) est maximal parmi les idéaux principaux et distincts de A. Comme A est prin-
cipal, tous ses idéaux sont principaux, donc (a) est un idéal maximal de A. Puisque tout
idéal maximal est premier, (a) est premier de A. On conclut de la proposition IV.2.1 que
a est un élément premier dans A.
(a ) = (d)) ;
i=1 i 1 2 n
n
(d = pgcd(a , a , · · · , a ) ⇔
et tout générateur de (a ) est un ppcm de a , a , · · · , a ,
1 2 n i=1 i
T
(a ) = (µ)).
1≤i≤n i 1 2 n
T
(µ = ppcm(a , a , · · · , a ) ⇔
1 2 n 1≤i≤n i
On a pour tout i ∈ {1, 2, · · · , n}, (a ) ⊂ (d) donc d/a pour tout i. PSoit d ∈ A tel que
1 2 n
0
i.e. (a )T= (d ).
1 2 n
P n 0
∀i ∈ {1, 2, · · · , n}, (µ) ⊂ (a ), donc a divise µ pour tout i, et si m ∈ A tel que ∀i, a /m
i=1 i 1 2 n
(a ).
1 2 n
T n
(µ) = i=1 i
1 1 2 2 n n
1 2 n 1 1 2 2 n n
⇔ a/c.
(iii) a ∧ b = d ⇒ ∃a , b ∈ A, a = da , b = db et a ∧ b = 1.
0 0 0 0 0 0
Preuve. Soit a, b, p ∈ A tel que p est irréductible et p/ab. Supposons que p ne divise pas
a, d'après la proposition IV.3.1, p et a sont premiers entre-eux et, en utilisant le théorème
de Gauss, on aura nécessairement p/b.
Théorème IV.4. Soit A un anneau principal. Tout élément non nul et non inversible de
A a une décomposition a = p , p , · · · , p comme produit d'éléments irréducctibles. Cette
décomposition est unique à un multiplicatif d'associés près.
1 2 m
i k
I = (a) pour un certain a ∈ A puisque A est principal. Par suite, il existe k ∈ N tel
j j
S
k k k l k
irréductible.
1 1 1 2 2 2
d'éléments irréductibles, supposons que m > 1, alors q divise p et comme p est irré-
1 1 2 m
peut supposer que p divise q , on en déduit que q = up pour un certain u ∈ U(A) et donc
1 i i
i σ(i)
Remarque. Dans un anneau principal A, on n'a pas toujours (comme dans Z) un choix
canonique de représentants dans chaque classe d'éléments irréductibles associés.
Dénition IV.4.2. On appelle système d'irréductibles (ou de représentants) dans l'an-
neau principal A, une famille P = (x ) d'éléments irréductibles de A tel que
(i) tout élément irréductible de A est associé à un x pour un certain i ∈ I ,
i i∈I
Donc, pour tout élément a ∈ A \ {0} tel que a ∈/ U(A), a s'écrit sous la forme a =
i j i j