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Cours d'Algèbre 6 - Groupes et Lois

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Cours d'Algèbre 6

Filière SMA

Mme F. ERRAJI, Pr.

Département de Mathématiques

Faculté des Sciences de Meknès

15 mars 2021
Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 b
Table des matières

Avant-Propos i
i
1 Groupes 1
I Rappels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
I.1 Factorisation d'une Application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
I.2 Lois de Composition Interne sur un Ensemble . . . . . . . . . . . . 3
I.3 Notion de Groupe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
I.4 Homomorphismes de Groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
I.5 Groupes Quotients . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
I.6 Produit Direct de Groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
I.7 Sous-groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
II Ordre d'un Elément et Groupe Cyclique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
II.1 Ordre d'un Elément . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
II.2 Groupes Cycliques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
III Classes. Sous-groupes Distingués. Groupe Quotient . . . . . . . . . . . . . 20
III.1 Classes à Droite et Classes à Gauche . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
III.2 Sous-groupes Distingués . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

i
Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 ii
Chapitre 1
Groupes

I Rappels

I.1 Factorisation d'une Application

Dénitions I.1.1. 1. Soit R une relation binaire sur un ensemble E. R est dite une
relation d'équivalence sur E si les propriétés suivantes sont vériées :
 R est reexive i.e. ∀x ∈ E : xRx
 R est symétrique i.e. ∀x, y ∈ E : xRy =⇒ yRx
 R est transitive i.e. ∀x, y, z ∈ E : xRy et yRz =⇒ xRz
2. Soit R une relation d'équivalence sur l'ensemble non vide E.
 Pour tout élément x de E, l'ensemble {y ∈ E/xRy} est appelé classe d'équiva-
lence de x suivant R. On la note x̄ (ou ẋ ou encore cl(x)) et le sous-ensemble
de P (E), constitué par les classes d'équivalence suivant R s'appelle ensemble
quotient de E par R, on le note E/R.
Proposition I.1.1. Soit E un ensemble non vide et R une relation d'équivalence sur E ,
alors :
 (i) x̄ 6= ∅, ∀x ∈ E,
 (ii) ∀x, y ∈ E, x̄ = ȳ ⇐⇒ x ∈ ȳ ⇐⇒ y ∈ x̄ ⇐⇒ xRy,
 (iii) l'ensemble quotient E/R est une partition de E.
Preuve. 1. (iii)
 ∀x ∈ E, x 6= ∅ (D'après la réexivité de R)
 ∀x, y ∈ E, si z ∈ x∩y alors xRz et zRy, d'où xRy, et d'après (ii), x = y ;
ainsi, x ∩ y 6= ∅ ⇒ x = y
1
 ∀x ∈ E, x ∈ x, d'où E = S x∈E/R
x.

Soit R une relation d'équivalence sur E, d'après ce qui précède pour tout x ∈ E, il
existe un élément X unique de E/R tel que x ∈ X , X n'est autre que la classe de x
suivant R. On pose X = x. L'application
p : E −→ E/R
x 7−→ x

s'appelle l'application (ou la projection) canonique.


Proposition I.1.2. Soit R une relation d'équivalence sur l'ensemble non vide E et p :
E → E/R l'application canonique. Si f : E → F est une application telle que f est
constante sur les classes d'équivalence suivant R, alors il existe une application f¯ : E/R →
F unique telle que : f¯ ◦ p = f.

Preuve. Soit x ∈ E/R, comme f est constante sur les classes, ∀y ∈ x, f (y) = f (x) .
On considère alors
f : E/R → F
x 7→ f (x) = f (x)
La valeur ne dépend que de x et non du représentant particulier x de x. Ainsi, f
f (x)
est bien dénie et par construction on a f ◦ p = f . Pour l'unicité : si g est une application
de E/R → F telle que g ◦ p = f alors ∀x ∈ E, g ◦ p(x) = f (x) = f ◦ p(x) d'où
f (x) = g(x), ∀x ∈ E/R.

Proposition I.1.3. Soit f : E → F une application et R la relation binaire sur E dénie


par xRy ⇐⇒ f (x) = f (y) alors R est une relation d'équivalence sur E ; Si j : f (E) → F
désigne l'injection canonique il existe une application unique f : E/R → f (E) telle que
j ◦f ◦p = f , de plus f est bijective. La décomposition f = j ◦f ◦p s'appelle la décomposition
(ou la factorisation) canonique de f .
Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 2
Chapitre1. Groupes 3

Preuve.
Soit f1 : E → f (E)
x 7→ f1 (x) = f (x)
f1 est une application constante sur les classes d'équivalence suivant R. D'après la pro-
position précédente, il existe une application unique f : E/R → f (E) telle que f ◦ p = f ,
et par suite j ◦ f ◦ p = j ◦ f = f .
1

Il reste à montrer que f est bijective. Soit y ∈ f (E), il existe donc x ∈ E tel que
1

y = f (x). Or, f (x) = f (x) = y , ce qui prouve que f est surjective. Soit x, y ∈ E/R tel
que f (x) = f (y) d'où f (x) = f (y) et donc xRy. Ainsi, x = y, donc f est injective.
I.2 Lois de Composition Interne sur un Ensemble

Dénitions et Propriétés I.2.1. 1. Une loi de composition interne sur un ensemble


E est une application de E × E dans E . On la note souvent + ou · ou ∗ ou > ou
⊥.
Soit ∗ une loi de composition interne sur E, l'image de (x, y) par ∗ sera désignée
par x ∗ y et appelé le composé de x et y par ∗.
2. Soit ∗ une loi de composition interne sur un ensemble E et F une partie de E.
On dit que F est stable par la loi ∗ si ∀(x, y) ∈ F × F, x ∗ y ∈ F . Dans ce cas, la
restriction de l'application ∗ à F , notée ∗/F :
∗/F : F × F → F
(x, y) 7→ x ∗ y

est une loi de composition interne sur F appelée loi induite par ∗ sur F .
3. Soit ∗ une loi de composition interne sur un ensemble E et R une relation d'équi-
valence sur E. La relation R est dite compatible avec la loi ∗ si ∀x, y, x , y ∈ E :
0 0

(xRx 0
et yRy ) ⇒ x ∗ y R x ∗ y
0 0 0

Dans ce cas, la correspondance ∗ : E/R × E/R → E/R dénie par x ∗ y = x ∗ y


est une loi de composition interne sur E/R, appelée loi quotient sur E/R, induite
par celle de E.
Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 3
En eet, soit (x, y), (x , y ) ∈ E/R×E/R ; si (x, y) = (x , y ) alors x = x et y = y et
0 0 0 0 0 0

donc xRx et yRy et d'après la compatibilité de R avec la loi on obtient x∗y R x ∗y


0 0 0 0

et donc x ∗ y = x ∗ y i.e. x ∗ y = x ∗ y .
0 0 0 0

4. Soit ∗ une loi de composition interne (L.C.I.) sur E.


 ∗ est dite commutative si ∀x, y ∈ E, x ∗ y = y ∗ x
 ∗ est dite associative si ∀x, y, z ∈ E, (x ∗ y) ∗ z = x ∗ (y ∗ z)
 un élément e de E est dit neutre à droite (resp. à gauche) pour la loi ∗ si
∀x ∈ E, x ∗ e = x (resp. ∀x ∈ E, e ∗ x = x). e est dit neutre pour ∗ s'il est
à la fois neutre à gauche et à droite pour ∗, i.e. ∀x ∈ E, x ∗ e = x = e ∗ x.
Remarque. Si e est un élément neutre de E pour ∗ alors e est l'unique élément
neutre. En eet, si e est un autre élément neutre on aura : e ∗ e = e, mais
0 0

aussi e ∗ e = e d'où e = e .
0 0 0

 Soit ∗ une L.C.I. sur E et e l'élément neutre de E pour ∗. Soit x ∈ E. On


appelle symétrique à gauche (resp. à droite) de x, tout élément x ∈ E tel 0

que : x ∗ x = e (resp. x ∗ x = e) et on appelle symétrique de x tout élément


0 0

x ∈ E qui est symétrique à gauche et à droite de x. Un élément x ∈ E est


0

dit symétrisable s'il admet un symétrique par rapport à ∗, i.e. ∃x ∈ E tel que
0

x ∗ x = x ∗ x = e. Un élément est dit idempotent si x ∗ x = x.


0 0

Si ∗ est une L.C.I. sur E associative et e l'élément neutre et si x ∈ E admet


un symétrique y à gauche (y ∗ x = e) et un symétrique z à droite (x ∗ z = e)
alors y = z car y = y ∗ e = y ∗ (x ∗ z) = (y ∗ x) ∗ z = e ∗ z = z. Cet élément
y ∈ E vérie donc y ∗ x = x ∗ y = e et il est le seul à les vérier. Donc, x
admet un symétrique et un seul (qui est aussi l'unique symétrique à gauche et
l'unique symétrique à droite).
I.3 Notion de Groupe

Dénitions I.3.1. Soit G un ensemble non vide muni d'une L.C.I. notée T . On dit que
(G, T ), (par abus que G), est un groupe si on a les propriétés suivantes :
 T est associative
 il existe dans G un élément neutre e pour T
 tout élément de G est symétrisable.
Si de plus la loi T est commutative, le groupe (G, T ) est dit abélien ou commutatif.
Lorsque le cardinal de l'ensemble G est ni et égal à n, on dit que le groupe (G, T ) est
ni d'ordre n, noté |G| = n.
Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 4
Chapitre1. Groupes 5

Remarques.  Si (G, T ) est un groupe, le symétrique d'un élément quelconque de G


est unique et l'application :
G → G
x 7→ x −1
est bijective.
 Si G est un ensemble non vide muni d'une L.C.I. associative notée T , alors : (G, T )
est un groupe
(i)− ∃e ∈ G / ∀x ∈ G : xT e = x
⇐⇒
(ii)− ∀x ∈ G, ∃x0 ∈ G : xT x0 = e

de même (G, T ) est un groupe ⇐⇒ (i)− ∃e ∈ G / ∀x ∈ G : eT x = x


(ii)− ∀x ∈ G, ∃x ∈ G 0 0
: x Tx = e
(à montrer!)
Exemples. 1. Les ensembles Z, Q, R, C munis de l'addition usuelle sont des groupes
abéliens. Il en est de même pour Q , R , C munis de la multiplication.
∗ ∗ ∗

2. Soit E un ensemble non vide. L'ensemble des bijections de E sur E muni de la


composition usuelle des applications est un groupe.
Lorsque E = {1, 2, · · · , n} ce groupe est noté (S , ◦) ou (S , ·) et |S | = n!. Si n ≥ 3,
S n'est pas abélien.
n n n

3. Soit X un ensemble non vide et (G, T ) un groupe. On munit l'ensemble G des X

applications de X dans G de la loi ∗ dénie par :


(f ∗ g)(x) = f (x)T g(x), ∀x ∈ X

est un groupe.
(GX , ∗)
4. Pour tout n ≥ 1, l'ensemble GL (K) (K = R ou C) des matrices carrées d'ordre
n inversibles à coecients dans K muni de la multiplication est un groupe.
n

Conventions de Notations et Propriétés


On convient généralement de noter la loi de composition interne d'un groupe G quel-
conque soit multiplicativement soit additivement. On réserve la notation additive aux
groupes abéliens.
Dans le premier cas, le composé de deux éléments x et y est noté x·y ou tout simplement
xy et appelé produit de x et y .
Le symétrique d'un élément x ∈ G est appelé son inverse et noté x . On a la pro-
−1

priété :
∀x, y ∈ G, (x · y)−1 = y −1 ·x−1
Soit n ∈ Z et x ∈ G. On dénit x par :
n

· · · x} = xxn−1
xn = |x·x{z si n≥1
n f ois

Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 5


et par convention :
x0 = e, xn = (x−1 )−n = (x−n )−1 ∀n ≤ −1

Dans le cas additif, le composé de deux éléments de G est noté x + y et appelé somme
de x et y. L'élément neutre de G est noté 0. Le symétrique d'un élément x ∈ G s'appelle
son opposé et est noté −x.
Soit n ∈ Z et x ∈ G. De façon analogue, on dénit nx par :
nx = x
| +x+ {z· · · + x} si n ≥ 1
n f ois

et par convention 0x = 0 et nx = (−n)(−x) = −(−nx), ∀n ≤ −1.


Propriété I.3.1. Soit (G, ·) un groupe et a ∈ G. On note τ (resp. δ ) la translation
à gauche (resp. à droite) par a, l'application de G → G dénie par : τ (x) = ax (resp.
a b

δ (x) = xa) pour tout x ∈ G. On a alors :


a

 (i) ∀a, b ∈ G, τ ◦ τ = τ et δ ◦ δ = δ ,
a b ab a b ba

 (ii) ∀a ∈ G, τ et δ sont bijectives,


a a

 (iii) tout élément de G est régulier,


 (iv) l'élément neutre est le seul élément idempotent de G.
Preuve.  (i) Soit a, b ∈ G. ∀x ∈ G, τ ◦ τ (x) = τ (τ (x)) = τ (bx) = a(bx) =
(ab)x = τ (x) et δ ◦ δ (x) = (xb)a = x(ba) = δ (x)
a b a b a

ab a b ba

 (ii) Soit a ∈ G. D'après (i), on a


τ ◦τ a =τ = Id et τ ◦ τ = τ
a−1 aa−1 = Id ,
G a−1 a a−1 a G

donc τ est bijective et (τ ) = τ . De même, on a (δ ) = δ .


a a
−1
a−1 a
−1
a−1

 (iii) Soit a ∈ G. D'après l'injectivité de τ et δ on a ∀x, y ∈ G : a a

(τ (x) = τ (y) ⇒ x = y) et (δ (x) = δ (y) ⇒ x = y)


i.e. (ax = ay ⇒ x = y) et (xa = ya ⇒ x = y)
a a a a

donc a est régulier.


 (iv) En particulier, pour tout x ∈ G : x·x = x ⇔ x·x = x·e ⇒ x = e.

Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 6


Chapitre1. Groupes 7

I.4 Homomorphismes de Groupes

Dénitions I.4.1. Soit G et G deux groupes. On appelle homomorphisme de G dans G ,


0 0

une application f de G dans G , telle que : 0

∀x, y ∈ G, f (xy) = f (x)f (y)

On note Hom(G, G ) l'ensemble des homomorphismes de G dans G .


0 0

Si f ∈ Hom(G, G ) et f est surjective (resp. f est injective), f est dite un épimor-


0

phisme (resp. monomorphisme).


On dit que f ∈ Hom(G, G ) est un isomorphisme de groupes si f est bijective.
0

S'il existe un isomorphisme de G sur G , on dit que les groupes G et G sont isomorphes
0 0

et on note G ∼= G .
0

Un homomorphisme de G dans lui-même est appelé endomorphisme de G. On note


End(G) l'ensemble des endomorphismes de G.
On appelle un automorphisme de G, un isomorphisme de G sur lui-même. L'ensemble
des automorphismes est noté Aut(G).
Propriétés I.4.1. Soit G et G deux groupes d'éléments neutres e et e . Si f est un
0 0

homomorphisme de G vers G alors : 0

 (1) f (e) = e0

 (2) f (x ) = (f (x)) , ∀x ∈ G
−1 −1

 (3) ∀k ∈ Z, ∀x ∈ G, f (x ) = (f (x)) k k

 (4) Si de plus f est bijective, i.e. si f est un isomorphisme de G dans G alors f 0 −1

la réciproque de f est aussi un isomorphisme de G dans G. En eet, ∀x, y ∈ G :


0

f −1 (xy) = f −1 (f ◦ f −1 (x)·f ◦ f −1 (y)) = f −1 (f (f −1 (x))·f (f −1 (y)))


= f −1 (f (f −1 (x)·f −1 (y))) = f −1 ◦ f (f −1 (x)·f −1 (y))
= f −1 (x)·f −1 (y)

Exemples.  Soit G et G deux groupes d'éléments neutres e et e respectivement.


0 0

f0 : G −→ G0
x 7−→ e0

est un homomorphisme appelé homomorphisme nul.


Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 7
 Soit G un groupe et a ∈ G. L'application :
σa : G −→ G
x 7−→ axa−1

est un automorphisme de G appelé automorphisme intérieur déterminé par a.


(σ ) = σ . En eet, on remarque que σ = τ ◦ δ donc, σ est bijective. C'est
−1

un homomorphisme car :
a a−1 a a a a

∀x, y ∈ G, σa (xy) = axya−1 = axa−1 aya−1 = axa−1 aya−1 = σa (x)σa (y)


 On considère le groupe (Z, +) et un groupe G noté multiplicativement d'élément
neutre e. Soit x ∈ G. L'application :
f : Z −→ G
k 7−→ xk

f est un homomorphisme de groupes (voir TD).


Proposition I.4.1. Soit G, G et G trois groupes. Si f : G −→ G et g : G −→ G sont
0 00 0 0 00

deux homomorphismes alors la composée g ◦ f : G −→ G est un homomorphisme.


00

Corollaire I.1. L'ensemble des automorphismes d'un groupe G, muni de la composition


est un groupe.
Preuve. On sait que la composition est une L.C.I. sur l'ensemble des applications de
G dans G qui est associative et admet Id comme élément neutre. Il résulte de la pro-
position précédente et du fait que la composition de deux bijections est une bijection
G

que Aut(G) est stable par la composition, et par suite, la composition sur l'ensemble
des automorphismes est une L.C.I., associative et admet Id comme élément neutre car
Id ∈ Aut(G). Finalement, d'après la propriété I.4.1 précédente, pour tout f ∈ Aut(G)
G

on a f ∈ Aut(G) donc tout élément de Aut(G) est symétrisable.


G
−1

I.5 Groupes Quotients

Proposition et Dénition I.5.1. Soit G un groupe noté multiplicativement et d'élé-


ment neutre e. Soit R une relation d'équivalence sur G compatible avec la loi ” · ” de G.
L'ensemble quotient G/R muni de la loi "·" dénie par : x · y = x·y, ∀x, y ∈ G/R a alors
la structure d'un groupe appelé groupe quotient.
Preuve. D'après §2., il résulte du fait que "·" est une L.C.I. sur G et R est une relation
d'équivalence sur G compatible avec la loi "·", que "·" est une L.C.I. sur G/R.
Les autres propriétés de la loi quotient de G/R découlent de celles vériées par la loi de
G.

Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 8


Chapitre1. Groupes 9

Remarque.  La loi quotient induite par celle de G est l'unique L.C.I sur G/R telle
que la surjection canonique p : G −→ G/R soit un homomorphisme de groupes.
 Si G est abélien alors G/R l'est aussi.
Exemple. On considère le groupe (Z, +). Soit n ∈ N et R la relation de congruence ∗

modulo n sur Z (on rappelle que x est congru à y modulo n et on écrit x ≡ y[n] si x − y
est divisible par n, autrement dit si x − y ∈ nZ), alors Z/R muni de la loi + est un groupe
abélien qu'on note Z/nZ.
Exercice 1. Montrer que Z/nZ = {0, 1, 2, · · · , n − 1}. En conclure que le groupe (Z/nZ, +)
est d'ordre n.
Dans la suite on utilisera la même notation pour la loi quotient (·) induite par
la loi de G et la loi de G.

I.6 Produit Direct de Groupes

Proposition I.6.1. Soit (G1 , ·) et (G2 , ·) deux groupes. On dénit sur l'ensemble G1 × G2
la loi :
∀(x1 , x2 ), (y1 , y2 ) ∈ G1 × G2 : (x1 , x2 ) · (y1 , y2 ) = (x1 ·y1 , x2 ·y2 )

On a alors :
 (i) (G × G , ·) est un groupe appelé groupe produit direct de G et G ,
1 2 1 2

 (ii) les projections canoniques :


p : G × G −→ G et
1 1 p : G × G −→ G
2 1 2 1 2 2
(x1 , x2 ) 7−→ x1 (x1 , x2 ) 7−→ x2

sont des épimorphismes de groupes.


Preuve.  (i) La loi "·" est une L.C.I. sur G × G 1 2

 (ii) l'associativité de la loi de G × G découle de l'associativité de la loi de G et


de celle de G .
1 2 1

On vérie aisément que (e , e ) est l'élément neutre de G × G pour la loi et que tout
2

élément (x , x ) ∈ G × G est symétrisable : (x , x ) = (x , x ).


1 2 1 2
−1 −1 −1
1 2 1 2 1 2 1 2

Remarque.  G × G est abélien si et seulement si G et G le sont,


1 2 1 2

 le produit direct G × G est isomorphe au groupe produit direct G × G ,


1 2 2 1

Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 9


 plus généralement : si (G ) est une famille de groupes, l'ensemble
i i∈I

Π Gi = {(xi )i∈I / ∀i ∈ I, xi ∈ Gi }
i∈I

muni de la loi :
(xi )·(yi ) = (xi yi ) ∀(xi ), (yi ) ∈ Π Gi

alors, ( Π G , ·) est un groupe appelé groupe produit.


i∈I

i
i∈I

I.7 Sous-groupes

Dénition I.7.1. Soit H une partie non vide d'un groupe G. H est dit sous-groupe de G
et noté H ≺ G si H est stable par la loi de G et si H muni de la loi induite par celle de
G est un groupe.

Exemples.  Z est un sous-groupe de (R, +).


 Aut(G) ≺ B(G) où G est un groupe.
 Q est un sous-groupe de (R , ·)
∗ ∗

Proposition I.7.1. Soit H une partie d'un groupe G. H est un sous-groupe si et seule-
ment si :
 (i) H 6= ∅,
 (ii) ∀x, y ∈ H, xy ∈ H
 (iii) ∀x ∈ H, x ∈ H . −1

Remarque.  (i) et (ii) ⇔ ∀x, y ∈ H, xy ∈ H , −1

 Tout groupe admet toujours au moins pour sous-groupes {e} et G,


 Tout sous-groupe d'un groupe abélien est lui-même abélien,
 Si H est un sous-groupe de G et si K est un sous-groupe de H alors K est un
sous-groupe de G.
 Soit H et K deux sous-groupes de G.
L'intersection de H et K , H ∩ K , est un sous-groupe de G. D'une manière
générale, si (H ) est une famille quelconque de sous-groupes de G, alors T H
est un sous-groupe de G.
i i∈I i∈I i

H ∪ K est un sous-groupe de G si et seulement si H ⊂ K ou K ⊂ H .


On désigne par HK le sous-ensemble de G formé des éléments qui s'écrivent
comme le produit d'un élément de H par un élément de K : HK = {hk /h ∈
H, k ∈ K}. HK est un sous-groupe de G si et seulement si HK = KH . (à mon-
trer !).
Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 10
Chapitre1. Groupes 11

Exercice 2. Montrer que tout sous-groupe de Z est de la forme nZ où n ∈ N.


Proposition I.7.2. Soit G et G0 deux groupes d'éléments neutres e et e0 respectivement.
Soit f un homomorphisme de G dans G . 0

 (i) Si H est un sous-groupe de G alors f (H) est un sous-groupe de G . En particulier,


0

f (G) est un sous-groupe de G appelé image de f et noté Im(f ).


 (ii) Si H est un sous-groupe de G alors f (H ) est un sous-groupe de G. En
0 0 −1 0

particulier, f ({e }) est un sous-groupe de G.


−1 0

f −1 ({e0 }) = {x ∈ G / f (x) = e0 }
est appelé noyau de f et noté Ker(f ).
 (iii) f est injectif ⇔ Ker(f ) = {e}
Preuve. Exercice!
Exercice 3. Soit G et G deux groupes. Soit f ∈ Hom(G, G ) et A une partie de G.
0 0

Montrer que
f −1 (f (A)) = AKer(f ) = Ker(f )A en notation multiplicative
= A + Ker(f ) = Ker(f ) + A en notation additive
Proposition I.7.3. Soit f : G → G un homomorphisme de groupes et R la relation
0

d'équivalence sur G dénie par xRy ⇐⇒ f (x) = f (y) alors R est compatible avec la loi
de G et l'ensemble quotient G/R muni de la loi quotient est un groupe; Si j : f (G) →
G désigne l'injection canonique et p : G → G/R la surjection canonique, il existe un
0

homomorphisme unique f : G/R → Im(f ) tel que j ◦ f ◦ p = f , de plus f est bijective (f


est un isomorphisme de groupes).
Preuve. R est une relation d'équivalence compatible avec la loi de G, d'après l'homomor-
phisme de f , et par suite G/R muni de la loi quotient est un groupe. Par ailleurs, d'après
la décomposition de l'application f , il existe une application unique f : G/R → Im(f )
tel que j ◦ f ◦ p = f . De plus f est bijective.
Il reste à montrer que f est un homomorphisme, sachant que j, p et f sont des homo-
morphismes de groupes. Soit x, y ∈ G/R.
j ◦ f (x y) = j ◦ f (xy) = j ◦ f ◦ p(xy) = f (xy)
= f (x)f (y) = j ◦ f ◦ p(x) · j ◦ f ◦ p(y)
= j ◦ f (x) · j ◦ f (y) = j(f (x)) · j(f (y))
= j(f (x)f (y))

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Et d'après l'injectivité de j, on conclut que f (x y) = f (x)f (y).
Corollaire I.2. Soit f : G → G un homomorphisme de groupes et R la relation binaire
0

sur G dénie par xRy ⇐⇒ xy ∈ Ker(f ) alors R est une relation d'équivalence compa-
−1

tible avec la loi de G et l'ensemble quotient G/R noté G/Ker(f ) muni de la loi quotient
est un groupe isomorphe à Im(f ).
Produit Direct de deux Sous-groupes
Dénition I.7.2. Soit G un groupe, H et K deux sous-groupes de G. On dit que G est le
produit direct (interne) de H par K lorsque les trois conditions suivantes sont vériées :
(1) : G = HK ; (2) : H ∩ K = {e} ; (3) : ∀h ∈ H, ∀k ∈ K, hk = kh.
Il est clair qu'alors, ona aussi G = KH et que G est

donc leproduit direct de K par H .
1 0 c 1 0 0
Exemple. Soit G = {0 1 b / b, c ∈ R}, H = {0 1 b
  
 / b ∈ R},
0 0 1 0 0 1
 
1 0 c
K = {0 1 0 / c ∈ R}
 

est un sous-groupe de GL (R), H et K sont des sous-groupes de G, et G est le


0 0 1
G
produit direct de H par K .
3

Remarques. Soit G un groupe et H, K deux sous-groupes de G.


 (a) Si H ∩ K = {e}, tout élément de HK s'écrit de façon unique sous la forme hk
avec h ∈ H, k ∈ K .
 (b) Si H ∩K = {e} et si H et K sont nis alors HK est ni et card(HK) = |H||K|.
 (c) Si G est le produit direct interne de H par K alors G est isomorphe au groupe
produit H × K .
En eet, (a) : si h k = h k avec h , h ∈ H et k , k ∈ K , on a h h = k k . Le −1 −1

premier produit est dans H puisque H est un sous-groupe, et le second est dans K puisque
1 1 2 2 1 2 1 1 2 2 2 1 2 1

K est un sous-groupe. Donc h h = k k ∈ H ∩ K , c'est-à-dire h h = k k = e, et


−1 −1 −1 −1

donc h = h et k = k .
2 1 2 1 2 1 2 1

(b) : il résulte du point précédent que H ×K est alors équipotent à HK , par la bijection
2 1 2 1

(h, k) 7→ hk .
Proposition I.7.4. Soit G et G deux groupes d'élément neutre e et e respectivement,
et G = G × G leur produit direct. On pose : H = G × {e } et K = {e } × G . Alors,
1 2 1 2

H est un sous-groupe de G isomorphe à G , K est un sous-groupe de G isomorphe à G ,


1 2 1 2 1 2

et G est le produit direct interne de ces sous-groupes, H et K .


1 2

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Chapitre1. Groupes 13

Les notions de produit direct de deux groupes et de produit direct interne de deux
sous-groupes d'un groupe sont en fait deux formulations d'une même notion.
Sous-groupe Engendré par une Partie
Dénition I.7.3. Soit A une partie d'un groupe G. L'intersection de tous les sous-groupes
de G qui contiennent A est appelée le sous-groupe engendré par A dans G et noté < A >.
Si A = {a , a , · · · , a } est une partie nie de G, on note < A >=< a , a , · · · , a >
et on dit que c'est un sous-groupe de type ni.
1 2 n 1 2 n

Soit a ∈ G. Le sous-groupe engendré par le singleton {a}, noté < a >, s'appelle sous
groupe monogène ou cyclique engendré par a.
Exemple. < ∅ >= {e} ; < G >= G
Proposition I.7.5. Soit G un groupe et A une partie de G. Le sous-groupe engendré par
A est le plus petit sous-groupe (pour l'inclusion) de G contenant A.

Preuve. Soit C l'ensemble des sous-groupes de G contenant A, on a < A >= H,


T

donc A ⊂< A > et < A >∈ C. Par ailleurs, ∀H ∈ C :< A >⊂ H . Donc < A > est le plus
H∈C

petit sous-groupe de G contenant A.


Proposition I.7.6. Soit G un groupe et A une partie non vide de G. Alors,
1 2
/ n ∈ N , ∀i ∈ {1, 2, · · · , n}, x ∈ A et  = ±1
n ∗

< A >= x x · · · x 1 2 n i i

En particulier, < a >= {a / k ∈ Z}. k

Remarque. L'égalité ci-dessus peut s'écrire aussi :


 ∗
< A >= x x · · · x / n ∈ N , ∀i ∈ {1, 2, · · · , n}, x ∈ A ∪ A
1 2 n où A = i
−1 −1

x−1

/ x∈A .

Preuve. On pose
H = x11 x22 · · · xnn

/ n ∈ N∗ , ∀i ∈ {1, 2, · · · , n}, xi ∈ A et  = ±1
i

On montre que H est un sous-groupe de G contenant A.


A est non vide, soit alors x ∈ A, e = xx ∈ H d'où H 6= ∅. −1

Soit h , h ∈ H ,
h = Π x où n ∈ N , ∀i ∈ {1, 2, · · · , n}, x ∈ A et  = ±1
1 2
i ∗
1 i i i

h = Π y où m ∈ N , ∀j ∈ {1, 2, · · · , m}, y ∈ A et α = ±1
1≤i≤n
αj ∗
2 j j

On a alors, d'une part :


j
1≤j≤m

h h = Π x Π y ∈ H , par dénition de H.
i αj
1 2 i j
1≤i≤n 1≤j≤m

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D'autre part,
−1 −1 −
−2 −1
h−1
1 = Π xi i = x11 x22 · · · xnn = x− n n−1
n xn−1 · · · x2 x1 ∈H
1≤i≤n

Ainsi, H est un sous-groupe de G. Et ∀x ∈ A, x = x ∈ H d'où A ⊂ H , donc H est 1

un sous-groupe de G contenant A et par conséquent < A >⊂ H .


Inversement, soit h ∈ H donc ∃n ∈ N , ∃x , · · · , x ∈ A tel que h = Q x avec
∗ n i

 = ±1. Comme A ⊂< A > donc ∀i ∈ {1, · · · , n}, x ∈< A > et d'après la stabilité de
1 n i=1 i

< A > par la loi et par l'inverse, on conclut que h ∈< A > d'où H ⊂< A >. Conclusion
i i

H =< A >.

Remarques.  < e >= {e}


 si H et H sont deux sous-groupes de G,
1 2

n ∈ N∗ , ∀i ∈ {1, · · · , n},

< H1 ∪ H2 >= x1 x2 · · · xn / xi ∈ H1 ∪ H2

Si de plus H H = H H alors < H ∪ H >= H H .


1 2 2 1 1 2 1 2

 si G est un groupe dont la loi est additive, ∀x ∈ G, < x >= {kx /k ∈ Z}.
On considère le groupe (Z, +), on a alors ∀p ∈ Z , < p >= {kp /k ∈ Z} = |p|Z. ∗

Proposition I.7.7. Soit f : G → G un homomorphisme de groupes. Si A est une


0

partie non vide de G alors f (< A >) =< f (A) >. En particulier, si A est de type ni,
alors f (< A >) est un sous-groupe de type ni. L'image d'un groupe de type ni par un
homomorphisme de groupes est un groupe de type ni.
Preuve. < f (A) >⊂ f (< A >) car A ⊂< A > et < f (A) > est le plus petit sous-groupe
contenant f (A). Réciproquement, soitQy ∈ f (< A >), ∃x ∈< A > telQque y = f (x), donc,
∃n ∈ N , ∃x , · · · , x ∈ A tel que x =

x où  = ±1 et y = f (
n i
x ). n i

Il résulte de l'homomorphisme de f que y = f (x ) avec f (x ) ∈ f (A) et  =


1 n i=1 i i i=1 i
Q n i

±1, ∀1 ≤ i ≤ n. Ce qui prouve que y ∈< f (A) > .


i=1 i i i

II Ordre d'un Elément et Groupe Cyclique

II.1 Ordre d'un Elément

Dénition II.1.1. Soit G un groupe et a un élément de G.


 (i) On dit que a est d'ordre inni dans G si le sous-groupe de G engendré par a,
< a >, est inni.
 (ii) Si < a > est ni, on dit que a est d'ordre ni et | < a > |, i.e. le cardinal de
< a > s'appelle l'ordre de a et on le note o(a).

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Chapitre1. Groupes 15

Exemple. 1. o(e) = 1 et e est l'unique élément de G d'ordre 1.


2. Dans (Z, +), ∀p ∈ Z , p est d'ordre inni.

Remarques. ∀a, b ∈ G, o(a) = o(a−1 ), o(bab−1 ) = o(a), o(ab) = o(ba).


Exercice 4. Montrer que si a est l'unique élément d'ordre 2 d'un groupe G, alors a
appartient au centre de G, Z(G).
Théorème II.1. Soit G un groupe et a un élément de G. Soit l'homomorphisme
f :Z → G
p 7→ ap

On a alors
1. Si f est injectif, a est d'ordre inni.
2. Sinon, a est d'ordre ni et son ordre est l'entier n strictement positif tel que Ker(f ) =
nZ.

Preuve. On a Im(f ) =< a > donc f est un homomorphisme surjectif de Z sur < a >.
1. Si f est injectif alors f est un isomorphisme de Z sur < a >, ainsi a est d'ordre
inni.
2. Si f n'est pas injectif alors Ker(f ) est un sous-groupe non nul de Z. Dans ce cas,
il existe n ∈ N tel que Ker(f ) = nZ et par factorisation de f à travers son noyau

nZ, on obtient Z/nZ ∼ =< a >, par suite a est d'ordre ni et o(a) = n.

Corollaire II.1. Soit G un groupe et a ∈ G.


a est d'ordre inni ⇐⇒ ∀k ∈ Z , ∗
ak 6= e
⇐⇒ ∀k ∈ Z, ak = e ⇔ k = 0

Soit m ∈ N .∗

o(a) = m ⇐⇒ m est le plus petit entier strictement positif tel que am = e


⇐⇒ (∀k ∈ Z, a = e ⇐⇒ m divise k).
k

Preuve. La preuve se déduit du fait que Ker(f ) = {k ∈ Z : a k


= e} et du théorème.
Corollaire II.2. Soit G un groupe et a ∈ G.

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1. Si a est d'ordre inni, les éléments de < a > sont distincts deux à deux.
2. Si o(a) = m où m ∈ N alors < a >= {e, a, · · · , a }.
∗ m−1

Preuve. 1. Si a est d'ordre inni, f est injectif, donc ∀k, k ∈ Z, k 6= k =⇒ a 0 0 k


6= ak
0
.
2. o(a) = m ⇐⇒ Ker(f ) = mZ, et d'après la factorisation de f ,
f : Z/mZ −→ < a >
p 7−→ f (p) = f (p) = ap

est un isomorphisme de groupes. D'où


< a >= {f (p) / 0 ≤ p ≤ m − 1} = {e, a, a2 , · · · , am−1 }.

Proposition II.1.1. Soit G un groupe et a un élément de G d'ordre m. Alors :


m
∀k ∈ Z, o(ak ) = pgcd(m,k)

Preuve. Soit k ∈ Z. On pose d = pgcd(m, k), donc ∃m , k ∈ Z tels que m = dm , k = dk


0 0 0 0

et pgcd(m , k ) = 1. On a (a ) = a = a = a = e.
0 0 k m0 km0 k0 dm0 k0 m

Et, ∀p ∈ N , (a ) = e ⇐⇒ a = e ⇐⇒ m/kp ⇐⇒ m /k p ⇐⇒ m /p, donc


∗ k p kp 0 0 0

o(ak ) = m0 = m
d
= m
pgcd(m,k)
.

Proposition II.1.2. Soit G un groupe et a, b deux éléments de G d'ordres respectifs m


et n. On suppose ab = ba. On a alors : o(ab) = mn ⇐⇒ pgcd(m, n) = 1.
Preuve. On suppose o(ab) = mn. Soit d = pgcd(m, n), alors m = dm et n = dn , 0 0

d'où (ab) = (a ) (b ) = e. Il résulte alors de l'hypothèse que mn/dm n donc


dm0 n0 dm0 n0 dn0 m0 0 0

dm dn /dm n ce qui donne d/1 d'où d = 1.


0 0 0 0

Réciproquement, on suppose que pgcd(m, n) = 1.


 On a (ab) = (a ) (b ) = e.
mn m n n m

 Soit k ∈ N , ∗

(ab) = e ⇐⇒ a b = e (car ab = ba)


k k k

⇐⇒ ak = b−k ⇒ b−k = ak ∈< a > ∩ < b > .

On pose c = b = a . Par hypothèse, m et n sont premiers entre eux, donc d'après


−k k

le théorème de Bézout, ∃u, v ∈ Z tel que mu + nv = 1 on a alors c = c = c = 1 mu+nv

mu nv
c c = (a ) (b ) = e d'où a = b = e. Par suite, m/k et n/k et il résulte
m ku n −kv k −k

de l'hypothèse que mn/k.

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Chapitre1. Groupes 17

Proposition II.1.3. Soit G, G deux groupes et a, b deux éléments de G, G respective-


0 0

ment, d'ordre ni. Alors l'élément (a, b) ∈ G×G est d'ordre ni et o(a, b) = ppcm(o(a), o(b)).
0

Preuve. Soit m = o(a), n = o(b). On note µ = ppcm(m, n) donc, ∃m , n ∈ N tel que 0 0

µ = mm et µ = nn , d'où (a, b) = (a , b ) = ((a ) , (b ) ) = (e, e ).


0 0 µ µ µ m m0 n n0 0

Soit p ∈ N :
p

0 p p 0
(a, b) = (e, e ) ⇐⇒ (a , b ) = (e, e )
⇐⇒ (a = e et b = e )
p p 0

⇐⇒ (o(a)/p et o(b)/p) ⇐⇒ ppcm(o(a), o(b))/p


donc le plus petit entier strictement positif tel que (a, b) = (e, e ) est le ppcm(o(a), o(b)).
p 0

II.2 Groupes Cycliques

Dénition II.2.1. Un groupe G est dit cyclique lorsqu'il est engendré par un de ses
éléments, i.e. lorsqu'il existe un élément x ∈ G tel que G =< x >.
Exemple.  Z =< 1 > est un groupe cyclique inni.
 Pour n ≥ 2, on a Z/nZ = {0, 1, · · · , n − 1}, et ∀k ∈ Z/nZ, k = k1. Donc
Z/nZ =< 1 > est un groupe cyclique ni.
 Tout sous-groupe nZ (où n ∈ N ) est un groupe cyclique inni, nZ = {nk k ∈

Z} =< n >.
 Soit n ∈ N , le sous-groupe U = {z ∈ C /z = 1} de C est un groupe cyclique ni
∗ ∗ n ∗

engendré par e .
n
i2π/n

Théorème II.2. Tout groupe cyclique inni est isomorphe à Z, et tout groupe cyclique
ni d'ordre n est isomorphe à Z/nZ.
Preuve. Soit G un groupe cyclique, ∃a ∈ G, G =< a >. L'homomorphisme
f : Z −→ G =< a >
k 7−→ ak
est surjectif et d'après la factorisation de f on a Z/Ker(f ) ∼= G. Si G est inni, a est
donc d'ordre inni et d'après le théorème II.1 f est alors injectif, i.e. Ker(f ) = {0}, et
par suite G ∼= Z. Si G est ni d'ordre n, a est d'ordre n et donc d'après le théorème II.1
Ker(f ) = nZ, et G ∼ = Z/nZ.
Corollaire II.3. Deux groupes cycliques nis sont isomorphes si et seulement si ils ont
le même ordre.
Preuve. Si G et G sont isomorphes, ils ont le même cardinal. Réciproquement, si G et
0

G sont cycliques, |G| = |G | = n, le théorème montre que G et G sont isomorphes à


0 0 0

Z/nZ.

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Proposition II.2.1. 1. (i) Tout sous-groupe d'un groupe cyclique est cyclique.
2. (ii) Soit G un groupe cyclique et f : G → G un homomorphisme de groupes surjectif. 0

Alors G est cyclique.


0

3. (iii) Le groupe quotient d'un groupe cyclique est cyclique.


Preuve. 1. (i) Soit H un sous-groupe d'un groupe cyclique G =< a > avec H 6= {e}.
Soit m le plus petit entier strictement positif tel que a ∈ H . On a alors < a >⊂ H . m m

Réciproquement, soit a ∈ H avec p ∈ N , la division euclidienne de p par m


p ∗

donne p = mq + r avec (q, r) ∈ N et 0 ≤ r < m. a = (a ) ·a et par suite 2 p m q r

a = a (a ) ∈ H . Puisque 0 ≤ r < m et m est le plus petit entier strictement


r p m −q

positif tel que a ∈ H on a alors r = 0 et il s'ensuit a = (a ) ∈< a >, donc


m p m q m

H ⊂< a >. m

2. (ii) G est cyclique donc ∃a ∈ G tel que G =< a > et comme f est un homomor-
phisme de G dans G , il résulte de la proposition I.7.7 : f (G) = f (< a >) =< f (a) >
0

et nalement d'après la surjection de f , on obtient G =< f (a) > . 0

3. (iii) G/R est l'image homomorphe de G par l'homomorphisme surjectif canonique


p : G → G/R donc d'après ce qui précède G/R est cyclique.

Proposition II.2.2. Soit G et G deux groupes nis d'ordres respectifs m et n. Le


produit G × G est cyclique si et seulement si G et G sont cycliques dont les ordres
1 2

sont premiers entre eux.


1 2 1 2

Preuve. Supposons que G × G est cyclique et engendré par (a, b). La projection p
(resp. p ) de G sur G (resp. sur G ) sont des homomorphismes surjectifs. D'après la
1 2 1

proposition précédente, G = Im(p ) et G = Im(p ) sont cycliques engendrés par a et


2 1 2

b, donc m = |G | = o(a) et n = |G | = o(b). Il s'ensuit alors, d'après la proposition II.1.3


1 1 2 2

que o(a, b) = ppcm(m, n). D'autre part, et comme


1 2

o(a, b) = |G1 × G2 | = |G1 ||G2 | = mn

On conclut alors que ppcm(m, n) = mn, ainsi m et n sont premiers entre eux.
Réciproquement, supposons que G et G sont cycliques, d'ordres m et n premiers
entre eux. Soit a un générateur de G et b un générateur de G , d'après la proposition
1 2

II.1.3, o(a, b) = ppcm(m, n) = mn = |G ||G | = |G ×G |, donc G ×G =< (a, b) > .


1 2

1 2 1 2 1 2

Corollaire II.4. Soit m, n ∈ N , Z/nZ × Z/mZ ∼ ∗


= Z/nmZ ⇐⇒ pgcd(n, m) = 1

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Chapitre1. Groupes 19

Générateurs d'un Groupe Cyclique


Théorème II.3.  (i) 1 et −1 sont les seuls générateurs du groupe cyclique (Z, +).
 (ii) ∀k ∈ Z/nZ, (où n ∈ N ) : k est un générateur de Z/nZ ⇐⇒ pgcd(k, n) = 1.

Preuve.  (i) S'il existe p ∈ Z \ {−1, 1} tel que Z =< p >, on aura alors 1 ∈< p >,
donc ∃k ∈ Z tel que 1 = kp, ceci est impossible.
 (ii) Pour n ≥ 2, ∀k ∈ Z/nZ,
Z/nZ =< k > ⇐⇒ ∃m ∈ Z / 1 = mk ⇐⇒ ∃m, p ∈ Z / mk − 1 = pn
⇐⇒ ∃m, p ∈ Z / mk + (−p)n = 1 ⇐⇒ pgcd(n, k) = 1.

Dénition II.2.2. La fonction d'Euler (ou encore indicateur d'Euler) est l'application
ϕ : N → N dénie par ϕ(1) = 1 et pour n ≥ 2, ϕ(n) est le cardinal de l'ensemble
∗ ∗

{k ∈ N / 0 ≤ k ≤ n − 1 et pgcd(k, n) = 1}

Exemple. ϕ(2) = 1, ϕ(3) = 2, ϕ(4) = 2, ϕ(5) = 4, ϕ(6) = 2, ϕ(7) = 6, et ϕ(8) = 4

Exercice 5. Montrer que ϕ(p) = p − 1 si et seulement si p est premier.

Remarque. ϕ(n) est le cardinal de l'ensemble des générateurs de (Z/nZ, +).

On va généraliser ce résultat.
Théorème II.4. Soit G =< a > un groupe cyclique.
 (i) Si G est inni alors a et a sont les seuls générateurs de G.
−1

 (ii) Si G est ni d'ordre n, ∀0 ≤ k ≤ n−1, a est un générateur de G ⇔ pgcd(n, k) =


k

1. Il existe donc ϕ(n) générateurs distincts de G. En particulier, si n est premier,


tous les éléments de G distincts de e sont des générateurs de G.
Preuve.  Si G est inni, alors G ∼ = Z. Comme 1 et −1 sont les seuls générateurs de
Z, on a alors a et a sont les seuls générateurs de G.
−1

 Si |G| = n, alors G ∼= Z/nZ, ainsi, a est un générateur de G ⇐⇒ k est un générateur


k

de Z/nZ ⇐⇒ pgcd(k, n) = 1.

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III Classes. Sous-groupes Distingués. Groupe Quotient

III.1 Classes à Droite et Classes à Gauche

Dénition III.1.1. Soit G un groupe et H un sous-groupe de G. On dénit une relation


d'équivalence R sur G par : ∀x, y ∈ G xR y ⇔ x y ∈ H . D'une manière similaire on
−1

dénit aussi une relation d'équivalence R sur G par : ∀x, y ∈ G xR y ⇔ xy ∈ H.


g g
−1

Soit x ∈ G. La classe d'équivalence suivant R de x est x = {xh/ h ∈ H} = xH ,


d d
g

appelée classe à gauche modulo H . De même, la classe d'équivalence suivant R de x est


g

x = {hx/ h ∈ H} = Hx, appelée classe à droite modulo H .


d
d

On désigne par (G/H) et (G/H) l'ensemble des classes à gauche et l'ensemble des
classes à droite modulo H respectivement.
g d

Remarque.  Si G est abélien, les relations R et R coincident,


g d

 en général, aucune de ces relations n'est compatible avec la loi de G,


 la classe à gauche et la classe à droite de l'élément neutre de G est H ,
 ∀x ∈ G, xH, Hx et H sont équipotents via la translation à gauche et la translation à
droite, respectivement. Donc, si H est ni, on a |H| = card(xH) = card(Hx), ∀x ∈
G.

Proposition III.1.1.
Soit ϕ: (G/H)g −→ (G/H)d
d
xg = xH 7−→ Hx−1 = x−1

ϕest une application bijective. En particulier, si (G/H) est ni, alors (G/H) est
ni et ils ont même nombre d'éléments.
g d

Preuve. Montrons que ϕ est bien dénie et injective : ∀x , y ∈ (G/H) .


g g
g

xg = y g ⇔ xRg y ⇔ x−1 y ∈ H ⇔ x−1 (y −1 )−1 ∈ H ⇔ x−1 Rd y −1


d d
⇔ x−1 = y −1 ⇔ Hx−1 = Hy −1 ⇔ ϕ(xg ) = ϕ(y g )

Il est clair que ϕ est surjective.


Dénition III.1.2. Si (G/H) est ni alors on note [G : H] = card(G/H) , (= card(G/H) )
et on l'appelle l'indice de H dans G.
g g d

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Chapitre1. Groupes 21

Théorème III.1. (Théorème de Lagrange) Si G est un groupe ni et H un sous-groupe


de G, on a |G| = [G : H]|H|. En particulier, |H|/|G|.
Preuve. Comme l'ensemble des classes distinctes à gauche (resp. à droite) forme une
partition de G et toutes les classes à gauche (resp. à droite) ont le même cardinal |H|, on
a alors |G| = m|H| où m est le nombre de classes distinctes à gauche (resp. à droite) i.e.
[G : H].

Si l'ordre de d ∈ N∗ est un diviseur de n alors il n'existe pas néces-


|G| = n et
sairement un sous-groupe de G dont l'ordre est d. Par contre, si G est cyclique
d'ordre n, alors pour tout diviseur d de n, il existe un et un seul sous-groupe
de G dont l'ordre est d. (voir TD.)

Corollaire III.1. Soit G un groupe ni.


 (a) ∀x ∈ G, o(x)/|G| en particulier x = e. |G|

 (b) Si H est un sous-groupe de G et K un sous-groupe de H , alors [G : K] = [G :


H]·[H : K].
Preuve.  (a) Il résulte du théorème de Lagrange que
∀x ∈ G, |G| = [G :< x >]| < x > | = [G :< x >]o(x)

donc o(x)/|G| et, par suite, x = e.|G|

 (b) H est un sous-groupe de G et K un sous-groupe de H ; donc,


|G| = [G : H]|H| et |H| = [H : K]|K|.

Or, on a : |G| = [G : K]·|K|. Par conséquent, [G : K] = [G : H][H : K].


Théorème III.2. Soit H et K deux sous-groupes nis d'un groupe G. Alors, card(HK) =
|H||K|
.
|H ∩ K|

Preuve. Soit L = H ∩ K . On a [K : L] = |K| = n et (Lk ) est une partition de


i 1≤i≤n

K , d'où K = Lk et par suite, HK = Hk car HL = H . Comme


S n S |L| n S n
HLk =
sont disjoints deux-à-deux, (en eet, s'il existe i 6= j tel que Hk ∩ Hk 6= ∅,
i=1 i i=1 i i=1 i
(Hk )
il existe h, h ∈ H tels que hk = h k d'où h h = k k ∈ H ∩ K = L et par suite
i 1<i<n i j
0 0 0−1 −1

k ∈ Lk , ceci est contradictoire avec Lk ∩ Lk = ∅), on a alors


i j j i

j i i j
n
X |H||K|
card(HK) = card(Hki ) = n|H| = .
i=1
|H ∩ K|

Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 21


III.2 Sous-groupes Distingués

Dénition III.2.1. Un sous-groupe H d'un groupe G est dit distingué ou normal si


∀x ∈ G, xHx = H . On notera H  G.
−1

Remarque.  Tout sous-groupe d'un groupe abélien est distingué.


 G et {e} sont des sous-groupes distingués de G.
Proposition III.2.1. Soit H un sous-groupe d'un groupe G alors les conditions suivantes
sont équivalentes :
 (i) xH = Hx, ∀x ∈ G
 (ii) xHx ⊂ H, ∀x ∈ G
−1

 (iii) xHx = H, ∀x ∈ G i.e. H  G.


−1

Preuve.  (i) ⇔ (iii) : les translations à gauche étant bijectives, ∀x ∈ G, xH =


Hx ⇔ xHx−1 = Hxx−1 ⇔ xHx−1 = H
 (ii) ⇒ (iii) : on suppose que xHx ⊂ H, ∀x ∈ G.
−1

Soit h ∈ H et x ∈ G. h = x(x hx)x avec x hx ∈ H d'après l'hypothèse, d'où


−1 −1 −1

h ∈ xHx , ainsi, H ⊂ xHx , ∀x ∈ G.


−1 −1

Exercice 6.  Z(G)  G.
 Int(G)  Aut(G).
 Tout sous-groupe d'indice 2 d'un groupe G est distingué.
Propriétés III.2.1.  (a) Si H et K sont deux sous-groupes de G tel que K ⊂ H et
K  G alors K  H .
 (b) Soit H et K deux sous-groupes de G. Si H  G (resp. K  G) alors HK est un
sous-groupe de G.
 (c) L'image réciproque d'un sous-groupe distingué par un homomorphisme de groupes
est un sous-groupe distingué. En particulier, le noyau est un sous-groupe distingué.
 (d) L'image directe d'un sous-groupe distingué par un homomorphisme de groupes
surjectif est un sous-groupe distingué.
 (e) Soit (H ) une famille de sous-groupes distingués de G, T H et < S H >
sont des sous-groupes distingués.
i i∈I i∈I i i∈I i

Attention ! Soit H et K deux sous-groupes de G tel que K ⊂ H : K  H et H  G


;K G

Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 22


Chapitre1. Groupes 23

Il est clair que si H  G on a R = R , et par suite (G/H) = (G/H) . On notera


alors G/H = (G/H) = (G/H) .
g d g d

La proposition suivante est une caractérisation du groupe quotient.


g d

Proposition III.2.2. Soit H un sous-groupe de G. H est distingué de G si et seulement


si l'ensemble (G/H) est un groupe pour la loi : x· y = x· y, ∀x, y ∈ (G/H) . Et dans
ce cas, G/H est appelé groupe quotient et la surjection canonique p : G −→ G/H est un
g g

homomorphisme de groupes.
Preuve. On suppose que H  G. Pour montrer que (G/H) , · est un groupe il sut


de montrer que R est compatible avec la loi de G. ∀x , x , y , y ∈ G tel que x R y et


g

x R y , donc x y ∈ H et x y ∈ H . Comme H est distingué, x (x y )x ∈ H ; et


g 1 2 1 2 1 g 1
−1 −1 −1 −1

puisque H est stable par la loi, on a alors (x x y x )(x y ) ∈ H , donc (x x ) y y ∈


2 g 2 1 1 2 2 2 1 1 2
−1 −1 −1 −1

H , i.e., x x R y y . Ainsi R est compatible avec la loi de G.


2 1 1 2 2 2 1 2 1 2

Et nalement, puisque H est distingué dans G, alors (G/H) = (G/H) = G/H .


1 2 g 1 2 g

On conclut alors que G/H est un groupe.


g d

Inversement, on suppose que (G/H) est un groupe et donc que R est compatible
avec la loi de G. Montrons que H  G. Soit x ∈ G et h ∈ H . On a xR x et hR e. Par
g g

hypothèse, xhR x i.e. xhx ∈ H donc H est distingué.


g g
−1
g

Exemple. (Z, +) est un groupe abélien, d'où tout sous-groupe nZ où n ∈ N de Z est


distingué, et par suite Z/nZ est un groupe abélien.
Remarque. 1. Si G est abélien alors G/H est abélien. Mais réciproquement, G/H
peut être abélien sans que G le soit! (cf. TD)
2. Si H est un sous-groupe distingué et d'indice ni dans G alors G/H est un groupe
ni et |G/H| = [G : H].
3. Si G est ni et H un sous-groupe distingué de G alors G/H est un groupe ni et
|G/H| =
|G|
.
G/H peut être ni sans que ni G ni H le soient (exemple : Z/nZ pour
|H|
Attention !
n ≥ 1).

Proposition III.2.3. Soit H un sous-groupe d'un groupe G. H est distingué si et seule-


ment si H est le noyau d'un homomorphisme de groupes.
Preuve. Soit H  G. On considère l'homomorphisme canonique surjectif
p : G −→ G/H
x 7−→ x

,
∀x ∈ G x ∈ Ker(p) ⇐⇒ x = e ⇐⇒ x ∈ H , donc Ker(p) = H .
Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 23
Inversement, si f : G → G est un homomorphisme de groupes, on a Ker(f )  G, donc
0

si H = Ker(f ), H  G.

Dénition III.2.2. On dit qu'un groupe G est simple s'il ne contient aucun sous-groupe
distingué non trivial (i.e. diérent de G et {e}).
Proposition III.2.4. Un groupe G est d'ordre premier si et seulement si il est cyclique
et simple.
Preuve. Exercice!
Donc, les groupes (Z/pZ, +) où p est un nombre premier, sont les seuls groupes commu-
tatifs simples. On verra dans la suite (chapitre 2) que les groupes alternés A pour n 6= 4
sont simples.
n

Propriété Universelle du Groupe Quotient


Théorème III.3. (Décomposition canonique d'un homomorphisme de groupes) Soit H un
sous-groupe distingué d'un groupe G et p l'homomorphisme surjectif canonique de G vers
G/H . Pour tout homomorphisme f : G −→ G tel que H ⊂ Ker(f ), il existe un unique
0

homomorphisme de groupes f : G/H −→ G tel que f ◦ p = f, Ker(f ) = p(Ker(f )) =


0

Ker(f )/H et Im(f ) = Im(f ). f est un isomorphisme si et seulement si f est surjective


et Ker(f ) = H .
Preuve. Comme f est constante sur H de valeur l'élément neutre e ∈ G , on voit que f
0 0

est constante sur toute classe x = xH modulo H . D'après la décomposition de l'application


f , il existe une application f de G/H dans G , unique, tel que f ◦ p = f et il est facile de
0

vérier que f est un homomorphisme.


On a Im(f ) = Im(f ) car f (x) = f (x), ∀x ∈ G. Et ∀x ∈ G/H ,
x ∈ Ker(f ) ⇔ f (x) = e0 ⇔ f (x) = e0 ⇔ x ∈ Ker(f ) ⇔ x ∈ p(Ker(f ))

Ce qui prouve que Ker(f ) = p(Ker(f )).


On déduit du théorème précédent le résultat suivant qui, en raison de son importance
et usage fréquent, a été montré précédemment. Ce résultat est connu sous le nom de
"Premier théorème d'isomorphisme". Et de ce dernier vont découler deux autres théorèmes
d'isomorphisme.
Corollaire III.2. (Premier théorème d'isomorphisme) Soit f : G → G un homomor-
0

phisme de groupes alors G/Ker(f ) ∼= Im(f ). Si de plus G et G sont nis, |f (G)|/|G| et


0

|f (G)|/|G |.
0

Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 24


Chapitre1. Groupes 25

Preuve. D'après le théorème précédent H = Ker(f )  G, Ker(f ) = p(H) = {e} et


Im(f ) = Im(f ). Donc f est un isomorphisme de G/Ker(f ) sur Im(f ).

Exercice 7. Montrer que G/Z(G) ∼ = Int G.

Exercice 8. Soit G un groupe. On suppose que G est le produit direct de deux sous-groupes
H et K . Montrer alors que H  G et G/H ∼ = K.

Théorème III.4. (Deuxième théorème d'isomorphisme) Soit H un sous-groupe distingué


d'un groupe G. Pour tout sous-groupe K de G, on a H ∩K K, H HK et K/H ∩K ∼=
HK/H .

Preuve. On a H  G d'où HK est un sous-groupe de G et puisque H ⊂ HK on a alors


H  HK et par suite HK/H est un groupe.
H ∩ K  K , en eet, soit h ∈ H ∩ K et x ∈ K , on a xhx ∈ H puisque H  G.
−1

On a aussi xhx ∈ K puisque x, h ∈ K . On conclut alors que xhx ∈ H ∩ K , donc


−1 −1

H ∩ K  K et par suite K/H ∩ K est un groupe.

Soit ϕ : K −→ HK/H
k 7−→ k = kH = Hk
ϕ est un homomorphisme de groupes. D'après le Premier théorème d'isomorphisme,
K/Ker(ϕ) ∼
= Im(ϕ) .
∀k ∈ K, k ∈ Ker(ϕ) ⇐⇒ ϕ(k) = e ⇐⇒ k = e ⇐⇒ k ∈ H ⇒ k ∈ H ∩ K , donc
Ker(ϕ) = H ∩ K . Ainsi, est injectif. Soit maintenant
ϕ hk ∈ HK/H h ∈ H avec et
k∈K . On a
hk = h k = ek = k = ϕ(k) ϕ , donc, est surjectif, ainsi
Im(ϕ) = HK/H . On
conclut que
K/H ∩ K ∼ = HK/H.

Remarque. Lorsque H et K sont nis, on en déduit l'égalité suivante : |HK| =


|H||K|
|H ∩ K|
.
Exercice 9. Soit H et K deux sous-groupes distingués d'un groupe ni G. On suppose
que le pgcd(|H|, |K|) = 1, montrer que pour tout h ∈ H, k ∈ K, hk = kh. En déduire que
H ×K ∼ = HK .

Sous-groupe d'un Groupe Quotient et Troisième Théorème d'Isomorphisme


Proposition III.2.5. Soit G un groupe et H un sous-groupe distingué dans G. L'ensemble
des sous-groupes de G/H est en bijection avec l'ensemble des sous-groupes de G contenant
H . En considérant p : G → G/H l'homomorphisme surjectif canonique, pour tout sous-
groupe K de G/H , il existe un unique sous-groupe K de G contenant H tel que K =
p(K) = K/H .

Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 25


Preuve. Exercice!
Théorème III.5. (Troisième théorème d'isomorphisme) Soit G un groupe et H, K deux
sous-groupes de G tel que K ⊂ H, H  G et K  G, alors
(H/K)  (G/K) et (G/K) (H/K) ∼ = G/H .

Preuve. Notons p (resp. p ) l'homomorphisme surjectif canonique G → G/H (resp.


G → G/K ). Il est clair que H/K = p (H) est un sous-groupe distingué de G/K comme
H K

image par un homomorphisme surjectif d'un groupe distingué dans G. Donc, (H/K) 
K

(G/K) et par suite, (G/K) (H/K) est un groupe.




Par ailleurs, en appliquant le théorème de la propriété universelle d'un groupe quotient


(théorème III.3) à p : G → G/H puisque Ker(p ) = H ⊃ K , il existe un homomor-
phisme f : G/K → G/H , unique, tel que f ◦ p = p et
H H

K H

Ker(f ) = pK (Ker(pH )) = pK (H) = H/K

Comme f ◦ p = p est surjectif, on a f est surjectif, d'où : Im(f ) = G/H . On


conclutd'après le Premier théorème d'isomorphisme que G/K Ker(f ) ∼= Im(f ) donc
K H

(G/K) (H/K) ∼
= G/H.

Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 26


Cours d’Algèbre 6
Chapitre 2

Filière SMA

Année 2020-2021

Mme F. ERRAJI, Pr.

16 avril 2021
Cours d’Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2020 b
Table des matières

Avant-Propos i

2 Groupes Symétriques 27
I Notion de Groupe Symétrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
II Support d’une Permutation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
III Décomposition d’une Permutation en Produit de Transpositions . . . . . . 30
IV Décomposition d’une Permutation en Cycles . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
V Signature d’une Permutation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
VI Groupe Alterné . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35

i
Cours d’Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2020 ii
Cours d’Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2020 26
Chapitre 2
Groupes Symétriques

I Notion de Groupe Symétrique


Soit n un entier strictement positif. Soit X un ensemble fini à n éléments. L’ensemble
S(X) des bijections de X sur X muni de la composition des applications est alors un
groupe fini. Si Y est un autre ensemble de même cardinal n ; il existe une bijection f de
X sur Y et l’on construit de façon évidente un isomorphisme de groupes ϕ de S(X) sur
S(Y ) en posant ϕ(σ) = f ◦ σ ◦ f −1 pour tout σ ∈ S(X). Le groupe S(X) est donc, à un
isomorphisme près, indépendant du choix de l’ensemble X et ne dépend donc que de son
cardinal.
Notation : On note dans toute la suite In = {1, 2, · · · , n} et Sn l’ensemble des bijections
de In sur lui-même.

Définition I.0.1. (Sn , ◦) s’appelle le groupe symétrique sur n éléments ou n-ième groupe
symétrique.

Remarques. — (a) Les éléments de Sn sont appelés les permutations sur n éléments.
On choisit de noter une telle permutation en écrivant l’un au dessous de l’autre les
éléments de In et leurs images, ce qui conduit à l’écriture :
!
1 2 3 ··· n
σ=
σ(1) σ(2) σ(3) · · · σ(n)

— (b) On note en l’élément neutre de Sn , qui est l’identité sur In le composé σ ◦ τ de


deux permutations de Sn sera désigné par σ·τ ou tout simplement par στ .
Exemples : n = 1 S1 = {e1 }, |S1 | = 1
! !
1 2 1 2
n = 2, I2 = {1, 2}; e2 = ;τ= ; S2 = {e2 , τ }; |S2 | = 2, τ ◦ τ = e2
1 2 2 1

27
n = 3, I3 = {1, 2, 3}, les permutations de S3 sont

! ! !
1 2 3 1 2 3 1 2 3
e3 = ; σ1 = ; σ2 =
1 2 3 2 3 1 3 1 2
! ! !
1 2 3 1 2 3 1 2 3
τ1 = ; τ2 = ; τ3 =
1 3 2 3 2 1 2 1 3

La table de S3 est la suivante :


◦ e3 σ1 σ2 τ1 τ2 τ3
e3 e3 σ1 σ2 τ1 τ2 τ3
σ1 σ1 σ2 e3 τ3 τ1 τ2
σ2 σ2 e3 σ1 τ2 τ3 τ1
τ1 τ1 τ2 τ3 e3 σ1 σ2
τ2 τ2 τ3 τ1 σ2 e3 σ1
τ3 τ3 τ1 τ2 σ1 σ2 e3
S3 est un groupe non commutatif : (σ1 τ1 = τ3 , τ1 σ1 = τ2 , τ2 6= τ3 ) ; C’est le plus
petit groupe fini non commutatif !
S3 contient trois sous-groupes d’ordre 2 : {e3 , τ1 }, {e3 , τ2 } {e3 , τ3 } et un sous-groupe
d’ordre 3 : {e3 , σ1 , σ2 }
— (c) Soit n > m. L’application :

jn,m : Sm → Sn
(
σ 0 (i) = σ(i), ∀i ∈ Im
σ 7→ σ 0 =
σ 0 (i) = i, sinon.
est un homomorphisme injectif dont l’image est le sous-groupe de Sn formé des
permutations laissant fixes m + 1, m + 2, · · · , n. En particulier, jn,m (em ) = en .
Donc, on peut considérer, par identification, Sm comme un sous-groupe de Sn .
Théorème I.1. Pour n ≥ 1, le groupe symétrique est d’ordre n!.
Preuve. Par récurrence sur n ∈ N∗ . L’assertion est vraie pour n = 1.
Soit n ∈ N∗ , on suppose l’assertion vraie pour n. Soit In+1 , k0 ∈ In+1 et Y = In+1 \{k0 }.
D’après l’hypothèse de récurrence, |S(Y )| = n!.
On considère maintenant l’application

f : Sn+1 → In+1
σ 7→ σ(k0 )

Cours d’Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2020 28


Chapitre2. Groupes Symétriques 29

f étant surjective par construction, par ailleurs, si σ, σ 0 ∈ Sn+1 ,

f (σ) = f (σ 0 ) ⇐⇒ σ(k0 ) = σ 0 (k0 ) ⇐⇒ σ −1 σ 0 (k0 ) = k0

σ −1 σ 0 appartient au sous-groupe de Sn+1 formé des permutations laissant fixe k0 et qu’on


identifie avec S(Y ), (S(Y ) ∼= Sn ).

f (σ) = f (σ 0 ) ⇐⇒ σ −1 σ 0 ∈ S(Y )

Ainsi, on peut conclure, d’après la factorisation de l’application f , qu’il existe une bijec-
tion f : (Sn+1 /S(Y ))g → In+1 , unique, tel que f ◦ p = f.
D’où card(Sn+1 /S(Y ))g = card(In+1 ) = n + 1, et d’après le théorème de Lagrange,
|Sn+1 |
card(Sn+1 /S(Y ))g = [Sn+1 : S(Y )] =
|S(Y )|
Par conséquent, |Sn+1 | = (n + 1)|S(Y )| = (n + 1)n! = (n + 1)!
Théorème I.2. Pour n ≥ 3, Sn n’est pas abélien.
Preuve. On a S3 n’est pas abélien et d’après la remarque (c), pour tout n ≥ 3, S3 est
un sous-groupe de Sn , donc Sn n’est pas abélien.

II Support d’une Permutation


Définition II.0.1. On appelle support d’une permutation σ de Sn , noté supp(σ), l’en-
semble {k ∈ In / σ(k) 6= k}.
Deux permutations σ et σ 0 de Sn tel que supp(σ) ∩ supp(σ 0 ) = ∅ sont dites disjointes.
Lemme 1. Pour toute permutation σ non triviale de Sn , la restriction de σ à supp(σ)
est une permutation de supp(σ).
Preuve. Soit i ∈ supp(σ) et notons j = σ(i). Par absurde, supposons que j ∈ / supp(σ), on
a alors σ(j) = j, et par suite σ(i) = σ(j) donc i = j d’où σ(i) = i ce qui est contradictoire
avec i ∈ supp(σ). Donc, supp(σ) est stable par σ, et par conséquent, la restriction de σ à
supp(σ) qui est une application injective est donc bijective de supp(σ) dans lui-même.
Proposition II.0.1. Deux permutations de Sn disjointes commutent.
Preuve. On suppose n ≥ 2. Soit σ, η ∈ Sn tel que supp(σ) ∩ supp(η) = ∅. Soit i ∈ In . Si
i∈/ supp(σ) ∪ supp(η) alors σ(i) = i = η(i), donc, ση(i) = ησ(i).
Supposons maintenant i ∈ supp(σ), on a alors d’une part, i ∈ / supp(η) donc η(i) = i
et par suite ση(i) = σ(i). D’autre part, puisque i ∈ supp(σ) d’après le lemme précédent,
on a alors σ(i) ∈ supp(σ) et par suite σ(i) ∈/ supp(η) donc ησ(i) = σ(i). On conclut que
ση(i) = ησ(i). D’une façon analogue on montre que si i ∈ supp(η), ση(i) = ησ(i).

Cours d’Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2020 29


III Décomposition d’une Permutation en Produit de
Transpositions
Définition III.0.1. Soit n ≥ 2. On appelle transposition toute permutation τ de Sn qui
échange deux éléments distincts i et j de In en laissant fixes les n − 2 autres.
 
τ (i) = j, τ (j) = i et ∀k ∈ In − {i, j}, τ (k) = k

τ est alors noté (i, j) ou bien τij . Il est évident que τij2 = en , i.e. τij−1 = τij .

Théorème III.1. Pour tout n ≥ 2, toute permutation de Sn est un produit fini de trans-
positions. En d’autres termes, le groupe Sn est engendré par ses transpositions.

Preuve. On raisonne par récurrence sur n. Pour n = 2, S2 = {e2 , (1, 2)} on a e2 = (1, 2)2 .
Supposons le résultat vrai pour Sn−1 où n ≥ 3. Soit σ ∈ Sn . Distinguons deux cas :
1er Cas, σ(n) = n. Par suite σ 0 = σ/In−1 , la restriction de σ à In−1 est un élément de
Sn−1 . Donc, par hypothèse de récurrence : σ 0 = τ10 τ20 · · · τr0 où τk0 est une transposition
de Sn−1 pour tout 1 ≤ k ≤ r. Chaque τk0 se prolonge en une transposition τk de
Sn , en posant τk (i) = τk0 (i) pour tout 1 ≤ i ≤ n − 1 et τk (n) = n et on alors
σ = τ1 τ2 · · · τr .
2eme Cas, σ(n) = p < n. Soit alors τ = (p, n) et σ1 = τ ·σ. On a σ1 (n) = n. En appliquant
le 1er cas, σ1 se décompose en produit fini de transpositions, i.e. σ1 = τ1 τ2 · · · τr , par
conséquent, σ = τ τ1 τ2 · · · τr .

Remarque. Cette décomposition


! n’est pas unique, par exemple, dans S4 ,
1 2 3 4
soit σ = σ = (1, 4)(2, 4)(1, 4)(1, 3) = (2, 3)(1, 2)
3 1 2 4

IV Décomposition d’une Permutation en Cycles


Définition IV.0.1. Soit i1 , i2 , · · · , ik avec 1 < k ≤ n des éléments deux à deux distincts
de In . On désigne par (i1 , i2 , · · · , ik ) la permutation c de Sn telle que c(il ) = il+1 (1 ≤ l ≤
k − 1), c(ik ) = i1 et c(is ) = is pour is ∈ / {i1 , i2 , · · · , ik }. Une telle permutation est appelée
un cycle. L’entier k est la longueur du cycle, et on écrit c est un k−cycle.

Remarques. — Un cycle de longueur 2 est une transposition.


— supp(c) = {i1 , i2 , · · · , ik } où c est le k-cycle (i1 , i2 , · · · , ik ).

Cours d’Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2020 30


Chapitre2. Groupes Symétriques 31

— La notation c = (i1 , i2 , · · · , ik ) n’est pas unique. En effet, les cycles

(i1 , i2 , · · · , ik ), (i2 , · · · , ik , i1 ), · · · , (ik , i1 , i2 , · · · , ik−1 ) sont identiques.

Propriétés IV.0.1. Soit c = (i1 , i2 , · · · , ik ) un k-cycle, on a alors :


— o(c) = k. Car k est le plus petit entier strictement positif tel que ck = en = IdIn .
— c = (i1 , i2 , · · · , ik ) = (i1 , i2 )(i2 , i3 ) · · · (ik−1 , ik ).
— L’inverse de c, c−1 est un k-cycle : c−1 = (ik , ik−1 ) · · · (i2 , i1 ) = (ik , ik−1 , · · · i2 , i1 ).

Attention ! Si c est un k−cycle et si 2 ≤ l ≤ k − 2, alors cl n’est pas nécessairement un


cycle. En effet : soit c = (1, 2, 3, 4) de S4 , c2 = (1, 3)(2, 4) n’est pas un cycle.

Proposition IV.0.1. Tout élément σ de Sn est un produit de cycles disjoints et cela


d’une manière unique, à l’ordre des cycles près.

Preuve. Soit n ≥ 2. Soit σ ∈ Sn avec σ 6= IdIn . On considère la relation binaire Rσ


définie sur In par :
iRσ j ⇐⇒ ∃k ∈ Z/j = σ k (i)
Rσ est une relation d’équivalence et la classe d’équivalence de tout élément de In fixe
par σ est un singleton. Soit O1 , O2 , · · · , Op les classes distinctes qui ne sont pas réduites
S
à un singleton (il en existe au moins une car σ 6= IdIn ), on a alors 1≤m≤p Om = supp(σ).
Soit i ∈ O1 donc σ(i) 6= i, soit l1 le plus petit entier strictement positif tel que σ l1 (i) =
i, ainsi O1 = {i, σ(i), σ 2 (i), · · · , σ l1 −1 (i)}. O1 définit un cycle c1 de longueur l1 de la
manière suivante : c1 (j) = σ(j) si j ∈ O1 et c1 (j) = j sinon. Autrement dit, c1 =
(i, σ(i), σ 2 (i), · · · , σ l1 −1 (i)). Comme les classes O1 , O2 , · · · , Op sont distinctes deux à deux,
alors elles sont disjointes deux à deux, par suite, les cycles associés respectivement sont
disjoints deux à deux et commutent entre-eux, et σ(j) = c1 c2 · · · cp (j) pour tout j ∈
supp(σ). Les autres éléments de In sont fixes par σ et par le produit c1 c2 · · · cp . Donc,
σ = c1 c2 · · · cp .

Exemple. On montre sur un exemple comment cette décomposition s’obtient facilement.


On considère la permutation σ dans S8 définie par :
!
1 2 3 4 5 6 7 8
σ=
3 6 4 5 1 8 7 2

On a σ(1) = 3 6= 1 (1 n’est pas fixe par σ). On va calculer l’image de 1 par les puissances
de σ jusqu’à obtenir 1.

σ(1) = 3, σ 2 (1) = σ(3) = 4, σ 3 (1) = σ(4) = 5, σ 4 (1) = σ(5) = 1

Cours d’Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2020 31


On obtient ainsi le cycle c = (1, σ(1), σ 2 (1), σ 3 (1)) = (1, 3, 4, 5).
Comme il existe encore des éléments de I8 \ supp(c) que σ ne laisse pas invariants, on
en prend un, par exemple 2, et de même, on va calculer l’image de 2 par les puissances
de σ jusqu’à l’obtention de 2 :

σ(2) = 6, σ 2 (2) = σ(6) = 8, σ 3 (2) = σ(8) = 2

Ce qui donne le cycle c0 = (2, 6, 8).

On a I8 \ supp(c) ∪ supp(c0 ) = {7} et 7 est fixe par σ, donc σ = cc0 = c0 c.

Remarques. — Soit σ ∈ Sn , si σ = c1 c2 · · · cp est la décomposition de σ en cycles


disjoints, alors o(σ) = ppcm(o(c1 ), o(c2 ), · · · , o(cp )).
— On a montré que toute permutation est un produit de transpositions et la démons-
tration du résultat donne une méthode pour obtenir une telle décomposition.
Une seconde méthode, qui est très commode, est la suivante :
on commence d’abord par décomposer la permutation en produit de cycles disjoints,
ensuite on applique la propriété (2) IV.0.1 donnée auparavant, on obtient la décom-
position de σ en produit de transpositions. Comme illustration, on reprend l’exemple
précédent dans S8 : la décomposition de σ en produit de cycles disjoints σ = (1, 3, 4, 5)(2, 6, 8).
D’après la propriété (2) IV.0.1,
(1, 3, 4, 5) = (1, 3)(3, 4)(4, 5) et (2, 6, 8) = (2, 6)(6, 8) d’où
σ = (1, 3)(3, 4)(4, 5)(2, 6)(6, 8)

Proposition IV.0.2. — (i) Si c = (i1 , i2 , · · · , ip ) est un cycle de longueur p et σ ∈ Sn ,


alors σcσ−1 est le cycle c0 = (σ(i1 ), σ(i2 ), · · · , σ(ip )).
— (ii) Deux cycles de même longueur sont conjugués (i.e. si c1 et c2 sont deux p-cycles
alors il existe σ ∈ Sn tel que c2 = σc1 σ −1 ).

Preuve. — (i) Soit A = {i1 , i2 , · · · , ip } le support de c, σ(A) = {σ(i1 ), σ(i2 ), σ(ip )} =


supp(c0 ). On montre que σcσ −1 = c0 : soit k ∈ In
si k ∈ σ(A), ∃1 ≤ j ≤ p, tel que k = σ(ij ). On a σcσ −1 (k) = σcσ −1 (σ(ij )) =
σc(ij ) = σ(ij+1 ) = c0 (σ(ij )) = c0 (k).
si k ∈/ σ(A) alors d’une part c0 (k) = k, d’autre part σ −1 (k) ∈/ A et donc c(σ −1 (k)) =
σ −1 (k), par suite σcσ −1 (k) = σσ −1 (k) = k = c0 (k),
donc σcσ −1 (k) = c0 (k) pour tout k ∈ In .
— (ii) Soit c = (i1 , i2 , · · · , ip ), c0 = (j1 , j2 , · · · , jp ) deux p-cycles. Soit A = {i1 , i2 , · · · , ip } =
supp(c) et B = {j1 , j2 , · · · , jp } = supp(c0 ). On a card({In A) = card({In B) = n − p,
donc il existe une bijection f de {In A sur {In B. Soit σ : In → In définie par :

Cours d’Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2020 32


Chapitre2. Groupes Symétriques 33

σ(k) = f (k), si k ∈ {A
σ est alors une bijection de In sur In , donc on a σ ∈ Sn
σ(ir ) = jr , ∀1 ≤ r ≤ p
et d’après (1) σcσ −1 = c0 .

Remarque. Plus généralement, deux permutations de Sn sont conjuguées si et seulement


si dans leur décomposition canonique en cycles disjoints apparaît le même nombre de
p-cycles pour tout 2 ≤ p ≤ n.

Corollaire IV.1. Toute transposition (i, j) où i < j est conjuguée d’une transposition
simple. En particulier, (i, j) = c(j − 1, j)c−1 où c = (i, i + 1, i + 2, · · · , j − 1).

Exercice 1. Montrer que les transpositions simples τi,i+1 , notées aussi (i, i + 1), où 1 ≤
i ≤ n − 1 engendrent Sn .
Montrer que les deux permutations τ1,2 et c = (1, 2, · · · , n) engendrent Sn .

V Signature d’une Permutation


Définition V.0.1. Soit n ≥ 2. Soit σ ∈ Sn . On dit que le couple (i, j) où 1 ≤ i < j ≤ n
est une inversion pour σ si σ(i) > σ(j). Notons I(σ) le nombre d’inversions de σ, l’entier
I(σ)
(−1) est appelé signature de σ et noté (σ).
Si (σ) = 1, on dit que la permutation est paire.
Si (σ) = −1, la permutation est dite impaire.

Exemples. 1. Si τ = (i, i+1) = τi,i+1 est une transposition simple de Sn alors le couple
(i, i+1) est le seul couple de In qui présente une inversion, donc (τ ) = (−1)1 = −1.
2. Dans S3 , considérons la transposition
!
1 2 3
σ = (1, 3) = τ1,3 =
3 2 1
les couples (i, j) qui présentent une inversion pour τ1,3 sont (1, 2), (1, 3) et (2, 3).
Donc, I(σ) = 3 et, par suite, (τ1,3 ) = (−1)3 = −1.

Proposition V.0.1. L’application  : σ 7→ (σ) est un homomorphisme surjectif du


groupe (Sn , ◦) sur le groupe multiplicatif ({−1, 1}, ×), et c’est le seul homomorphisme
surjectif de Sn sur {−1, 1}. Si σ = τ1 τ2 · · · τk est un produit de k transpositions, on a
(σ) = (−1)k .

Preuve. Soit σ, η ∈ Sn . On montre que (ση) = (σ)(η). On pose :

Cours d’Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2020 33



N1 = card( 1 ≤ i < j ≤ n, / η(i) < η(j) et σ(η(i)) < σ(η(j)) )

N2 = card( 1 ≤ i < j ≤ n, / η(i) < η(j) et σ(η(i)) > σ(η(j)) )

N3 = card( 1 ≤ i < j ≤ n, / η(i) > η(j) et σ(η(i)) < σ(η(j)) )

et N4 = card( 1 ≤ i < j ≤ n, / η(i) > η(j) et σ(η(i)) > σ(η(j)) )
On a I(ση) = N1 + N4 ; I(σ) = N2 + N3 et I(η) = N3 + N4 , d’où :

(σ)(η) = (−1)N2 +N3 (−1)N 3+N4 = (−1)N2 +N4 = (ση)

Donc,  est un homomorphisme de groupes. Et comme (en ) = 1, et (τi,i+1 ) = −1 où


τi,i+1 est la transposition simple (i, i + 1), alors  est surjectif.
Par ailleurs, on a pour tous 1 ≤ i < j < n, (i, j) = c−1 (j −1, j)c où c = (i, i+1, · · · , j −1),
autrement écrit, τij = c τj−1,j c−1 . On a alors
(τi,j ) = (c) (τj−1,j ) (c−1 ) = (c) ((c))−1 (τj−1,j ) = (τj−1,j ) = −1
On en déduit que si σ ∈ Sn , tel que σ = τ1 τ2 · · · τk (produit de k transpositions), alors
(σ) = (τ1 )(τ2 ) · · · (τk ) = (−1)k .
Unicité
Soit φ un homomorphisme surjectif de Sn sur {−1, 1}. Il existe alors une transposition τ
tel que φ(τ ) = −1, car si l’image de toute transposition par φ est 1, on aura alors φ(σ) = 1
pour tout σ ∈ Sn (Sn étant engendré par les transpositions), ceci contredit la surjection
de φ. Soit alors τ une transposition tel que φ(τ ) = −1. Sachant que toute transposition τ 0
est une conjuguée de τ alors l’image de τ 0 par l’homomorphisme φ est −1. Et finalement,
pour tout σ ∈ Sn , il existe k transpositions τ1 , τ2 , · · · , τk tel que σ = τ1 τ2 · · · τk . D’où :

k
Y k
Y
φ(σ) = φ(τi ) = (−1) = (−1)k = (σ)
i=1 i=1

On conclut que φ = σ.

Corollaire V.1. — Si σ se décompose d’une part en un produit de m transpositions


et d’autre part en un produit de m0 transpositions, alors les entiers m et m0 sont de
même parité.
— Si c est un p-cycle alors (c) = (−1)p−1 .
0
Preuve. — On suppose que σ = τ1 τ2 · · · τm = τ10 τ20 · · · τm
0
, alors (−1)m = (σ) = (−1)m
d’où m et m0 sont de même parité.
— Soit c = (i1 , i2 )(i2 , i3 ) · · · (ip−1 , ip ) est produit de p − 1 transpositions donc (c) =
(−1)p−1 .

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Chapitre2. Groupes Symétriques 35

VI Groupe Alterné
Définition VI.0.1. Pour tout n ≥ 2, le noyau de  est un sous-groupe de Sn , appelé le
nième groupe alterné et noté An . Les éléments de An sont les permutations paires.

Remarque. An est l’ensemble des permutations de Sn qui se décomposent en un nombre


pair de transpositions.

Proposition VI.0.1. Pour tout n ≥ 2, An est un sous-groupe distingué de Sn , d’indice


2. C’est le seul sous-groupe distingué d’indice 2.

Preuve. L’homomorphisme  : Sn → {−1, 1} a pour noyau An , donc An est un sous-


groupe distingué et par la factorisation de , on a Sn /An ' {−1, 1}, donc [Sn : An ] =
Sn
| | = 2.
An
Soit H un sous-groupe distingué de Sn d’indice 2.
H étant distingué donc il existe un homomorphisme φ : Sn → {−1, 1} tel que Ker(φ) =
H et d’près le premier théorème d’isomorphisme, on a Sn /H ' Im(φ) ; Comme [Sn : H] =
2, φ est alors surjectif. Or,  est le seul homomorphisme surjectif de Sn sur {−1, 1}, d’où
 = φ et donc An = Ker() = Ker(φ) = H.
n!
Corollaire VI.1. Pour tout n ≥ 2, |An | = .
2
Exemple. Pour n = 2, A2 = {e2 }.
Pour n = 3, A3 = {e3 , c, c2 } =< c > où c est le 3-cycle (1, 2, 3).

Proposition VI.0.2. Pour n ≥ 3, le groupe alterné est engendré par les 3-cycles de Sn .

Preuve. Considérons deux transpositions distinctes τ1 , τ2 .


Si τ1 et τ2 sont non disjointes, alors ∃i, j, k distincts deux-à-deux de In tel que τ1 =
(i, j), τ2 = (i, k) d’où τ1 τ2 = (j, i, k) = (i, k, j) est un 3-cycle.
Si τ1 et τ2 sont disjointes, alors on a τ1 = (i, j), τ2 = (k, l), avec i, j, k, l distincts deux-
à-deux, et par suite τ1 τ2 = (i, j)(k, l) = (i, l, k)(i, j, k) est un produit de deux 3-cycles, et
puisque toute permutation de An est le produit d’un nombre pair de transpositions, on
conclut que les 3-cycles engendrent An .

Lemme 2. Pour n ≥ 5, les 3-cycles sont conjugués dans An .

Preuve. Soit c = (i, j, k) un 3-cycle, il existe alors σ ∈ Sn tel que (1, 2, 3) = σ(i, j, k)σ −1
d’après la proposition IV.0.1.
Si σ ∈/ An , comme n ≥ 5, on a alors (4, 5)σ ∈ An et

(4, 5)σcσ −1 (4, 5) = (4, 5)(1, 2, 3)(4, 5) = (4, 5)2 (1, 2, 3) = (1, 2, 3)

Cours d’Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2020 35


donc (4, 5)σc((4, 5)σ)−1 = (1, 2, 3) ; Ainsi, pour n ≥ 5, tout 3-cycle est conjugué de
(1, 2, 3) dans An .
Lemme 3. Pour n ≥ 3, Si H est un sous-groupe distingué de An contenant un 3-cycle
alors H = An .
Preuve. Soit c un 3-cycle tel que c ∈ H, comme, d’après le lemme 2, tout 3-cycle c0 est
un conjugué de c dans An et puisque H  An , alors H contient tous les 3-cycles. Or, An
est engendré par les 3-cycles, donc H = An .
Lemme 4. Pour n ≥ 5, si H est un sous-groupe distingué de An qui contient le produit
de deux transpositions, alors H = An .
Preuve. Soit σ = (i, j)(k, l) ∈ H où (i, j) et (k, l) sont deux transpositions disjointes.
Puisque n ≥ 5, il existe h ∈ In \ {i, j, k, l} et on considère c = (i, j, h) ∈ An ; On a alors
c−1 σc ∈ H (car H  An ) et c−1 σc = (i, h)(k, l) et
σ −1 c−1 σc = (i, j)(k, l)(i, h)(k, l)
= (i, j)(k, l)2 (i, h) = (i, h, j) ∈ H
donc H contient un 3-cycle et d’après le lemme 3, H = An .
Théorème VI.1. Pour n ≥ 5, le groupe alterné An est simple.
Preuve. Soit H un sous-groupe distingué, différent de {e}. Soit σ ∈ H avec σ 6= e. Donc
σ = c1 c2 · · · ck est un produit fini des cycles deux-à-deux disjoints et donc permutables,
on peut supposer que la longueur de ci est supérieure à la longueur de ci+1 . D’où les cas
suivants :
Cas 1- c1 = (a1 , a2 , · · · , am ) est un m-cycle avec m > 3.
On considère c = (a1 , a2 , a3 ), c ∈ An . Puisque H  An , on a alors σ −1 c−1 σc ∈ H.
On a alors
c−1 σc = c−1 c1 c2 · · · ck c = (c−1 c1 c)c2 · · · ck
= (a3 , a1 , a2 , a4 , a5 , · · · , am )c2 c3 · · · ck
et par suite,
σ −1 c−1 σc = c−1 −1 −1
k · · · c2 c1 (a3 , a1 , a2 , a4 , · · · , am )c2 c3 · · · ck ,
= c−1
1 (a3 , a1 , a2 , a4 , · · · , am ) (en commutant )
= (am , am−1 , · · · , a3 , a2 a1 )(a3 , a1 , a2 , a4 , · · · , am )
= (a2 , a3 , am ) d’où (a2 , a3 , am ) ∈ H
et d’après le lemme 3, on conclut que H = An .
Cas 2- m = 3 et c2 est aussi un 3-cycle.
Soit alors c1 = (a1 , a2 , a3 ) et c2 = (a4 , a5 , a6 ), on prend η = c = (a2 , a3 , a4 ) ∈ An ,
alors
Y k Yk
−1 −1
η ση = η ci η = η −1 ci η = η −1 c1 ηη −1 c2 ηη −1 c3 η · · · ck ∈ H
i=1 i=1

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Chapitre2. Groupes Symétriques 37

Par suite,
σ −1 η −1 ση = c−1 −1 −1 −1 −1 −1
1 c2 c3 · · · ck (η c1 η)(η c2 η)c3 c4 · · · ck
= c−1 −1 −1
1 c2 (η c1 η)(η c2 η)
−1

= c−1 −1
1 c2 (a1 , a4 , a2 )(a3 , a5 , a6 )
= (a3 , a2 , a1 )(a6 , a5 , a4 )(a1 , a4 , a2 )(a3 , a5 , a6 )
= (a1 , a6 , a2 , a3 , a4 ) ∈ H
(a1 , a6 , a2 , a3 , a4 ) est un cycle de longueur > 3. D’après le premier cas, on conclut
que H = An .
Cas 3- m = 3 et ∀ 2 ≤ i ≤ k, ci sont des transpositions.
Soit c1 = (a1 , a2 , a3 ). On a alors
σ 2 = (a1 , a2 , a3 )c2 c3 · · · ck (a1 , a2 , a3 )c2 c3 · · · ck
= (a1 , a2 , a3 )2 c22 c23 · · · c2k
= (a1 , a3 , a2 ) ∈ H
et donc H = An , d’après le lemme 3.
Cas 4- ∀ 1 ≤ i ≤ k, ci est une transposition, (k est alors un nombre pair).
Si c1 = (a1 , a2 ) et c2 = (a3 , a4 ), on prend η = (a2 , a3 , a4 ) ∈ An d’où H contient
η −1 ση avec
k
Y
η −1 ση = η −1 ci η = η −1 c1 ηη −1 c2 ηc3 · · · ck = (a2 , a3 )(a4 , a2 )c3 · · · ck
i=1

et par suite H contient σ −1 η −1 ση = (a1 , a4 )(a2 , a3 ). On conclut alors, d’après le


lemme 4 que H = An .

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Cours d'Algèbre 6

Filière SMA

Année 2020-2021

Mme F. ERRAJI, Pr.

26 mai 2021
Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 26 mai 2021 b
Table des matières

Avant-Propos i
i
3 Anneaux et Corps 1
I Rappels et Préliminaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
I.1 Généralités sur les Anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
I.2 Anneaux Produits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
I.3 Sous-Anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
I.4 Homomorphismes d'Anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
II Idéaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
II.1 Notion d'Idéal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
II.2 Idéal Engendré par une Partie - Idéal Principal . . . . . . . . . . . 9
II.3 Somme et Produit d'Idéaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
II.4 Idéaux Premiers et Maximaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
III Anneaux Quotients . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
III.1 Anneau Quotient et Idéaux d'un Anneau Quotient . . . . . . . . . . 14
III.2 Propriété Universelle, Théorèmes d'Isomorphisme . . . . . . . . . . 16
III.3 Caractéristique d'un Anneau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
III.4 Corps des Fractions d'un Anneau Intègre. . . . . . . . . . . . . . . 19
IV Divisibilité dans un Anneau Intègre - Arithmétique dans un Anneau Principal 21
IV.1 Diviseurs, Eléments Associés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
IV.2 Eléments Irreductibles, Eléments Premiers . . . . . . . . . . . . . . 22
IV.3 Eléments Premiers entre-eux, PGCD, PPCM . . . . . . . . . . . . . 23
IV.4 Arithmétique dans un Anneau Principal . . . . . . . . . . . . . . . 25

i
Cours d'Algèbre 6 - SMA - Pr. [Link] - Année 2021 26 mai 2021 ii
Chapitre 3
Anneaux et Corps

I Rappels et Préliminaires

I.1 Généralités sur les Anneaux

Dénition I.1.1. Un anneau est un ensemble A muni de deux lois de composition in-
ternes, l'une, notée comme une addition (additivement), l'autre, comme une multiplication
(multiplicativement), vériant les propriétés suivantes :
 (i) (A, +) est un groupe abélien,
 (ii) la multiplication "·" est associative,
 (iii) la multiplication est distributive (à gauche et à droite) par rapport à l'addition,
i.e. x(y + z) = xy + xz et (x + y)z = xz + yz pour tous x, y, z ∈ A.
L'anneau est dit commutatif si de plus la multiplication est commutative.
L'anneau est dit unitaire (ou unifère) lorsque A admet un élément neutre pour la
multiplication, distinct de son élément neutre pour l'addition. Noter qu'un anneau unitaire
admet au moins deux éléments.
Notation
L'élément neutre de + sera noté 0 ou tout simplement 0 et est appelé élément nul.
L'élément neutre de la multiplication, s'il existe, sera noté 1 ou tout simplement 1 et est
A

appelé élément unité.


A

Exemples.  L'ensemble {0}, muni des lois 0+0 = 0 et 0·0 = 0 est un anneau appelé
anneau nul. Cet anneau n'est pas unitaire car 0 = 1 .
A A

 (Z, +, ·) est un anneau commutatif unitaire. Il en est de même de Q, R et de C.


 L'ensemble des matrices carréees d'ordre n ≥ 2 à coecients réels, muni de l'addi-
tion et de la multiplication est un anneau non commutatif unitaire (1 = I ). n

1
 Soit (G, +) un groupe abélien. (End(G), +, ◦) est un anneau unitaire (1 = Id ) non
commutatif.
G

 (A, +, ·) est un anneau (commutatif, unitaire) et X un ensemble non vide quel-


conque. L'ensemble F(X, A) des applications de X dans A muni des lois + et ·
dénies comme suit :
∀f, g ∈ F(X, A), ∀x ∈ X, (f + g)(x) = f (x) + g(x) et (f ·g)(x) = f (x)·g(x)
(F(X, A), +, ·) est un anneau (commutatif, unitaire). En particulier, l'ensemble des
suites réelles, (F(N, R), +, ·), est un anneau commutatif unitaire.
 Soit n ≥ 2. (Z/nZ, +) est un groupe abélien. On dénit une multiplication dans
Z/nZ à partir de celle de Z en posant x y = x y, ∀x, y ∈ Z/nZ.
Cette multiplication est bien dénie (la congruence est compatible avec la multipli-
cation), commutative, associative et distributive par rapport à +, et 1 est l'élément
unité pour ”·”. On conclut que (Z/nZ, +, ·) est un anneau commutatif unitaire.
Calcul dans un Anneau
Dans un anneau (A, +, ·) quelconque. On a les propriétés suivantes :
 ∀a ∈ A, a·0 = 0 = 0 ·a A A A

 ∀a, b ∈ A, a(−b) = −(ab) = (−a)b


 ∀a, b ∈ A, (−a)(−b) = ab
 ∀a ∈ A, ∀n ∈ N , on dénit a par récurrence : a = a et a = a a. On a alors,
∗ n 1 n n−1

∀m, n ∈ N , a ∗
= a ·a et (a ) = a . Si A est unitaire, on dénit de plus
m+n m n m n m·n

a = 1 et les formules ci-dessus restent valables pour tous n, m ∈ N.


0

 (A, +) étant un groupe abélien, on rappelle qu'on a déjà déni ∀k ∈ Z, ∀a ∈ A le


symbole k·a et on a ∀k, p ∈ Z, ∀a ∈ A :
(k + p)a = k·a + p·a
(k·p)a = k(p·a)

Théorème I.1. Soit (A, +, ·) un anneau unitaire. Pour tous x, y ∈ A tels que x·y = y·x
et pour tout n ∈ N , on a les formules suivantes :

{ x y où { = (formule du binôme)
n
P n p n−p p n! p
(∗) (x + y) = p=0 n n
p!(n − p)!
Pn−1 
(∗∗) xn − y n = (x − y) p=0 xn−1−p y p
En particulier :
xn − 1A = (x − 1A )(1A + x + x2 + · · · + xn−1 )

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Chapitre3. Anneaux et Corps 3

La preuve de (∗) se fait par récurrence su n et en utilisant la formule { p


n
p−1
= {n−1 +
{pn−1 , ∀n, p ∈ N∗ .

Eléments Inversibles
Dénition I.1.2. Soit (A, +, ·) un anneau unitaire. Un élément x ∈ A est dit inversible
s'il est inversible pour la loi multiplicative dans A, i.e. s'il existe un élément y ∈ A tel
que x·y = y·x = 1.
L'ensemble des éléments inversibles de A est noté U(A).
Remarques.  1 est inversible.
A

 0 n'est pas inversible.


A

 Tout élément inversible de A est régulier pour ”·”.


Proposition I.1.1. Soit (A, +, ·) un anneau unitaire. Alors U(A) est stable pour la mul-
tiplication dans A et (U(A), ·) est un groupe d'élément neutre 1 . On l'appelle groupe des
unités de A.
A

Preuve. ∀x, y ∈ U(A), x et y existent et (xy)(y x ) = 1 = (y x )(xy), donc


−1 −1 −1 −1
A
−1 −1

x·y ∈ U(A).
 L'associativité de ”·” dans U(A) découle de l'associativité de ”·” dans A.
 1 ∈ U(A) et ∀x ∈ U(A), x·1 = 1 ·x = x
A A A

 ∀x ∈ U(A), ∃x = x ∈ A tel que xx = x x = 1 donc x ∈ U(A). Ainsi, x


−1 −1 −1 −1

est symétrisable dans (U(A), ·).


1 A

Exemples.  U(Z) = {−1, 1}.


 U(Q) = Q \ {0} = Q . ∗

 Soit n ≥ 2. Montrer que U(Z/nZ) = {x ∈ Z/nZ x est premier avec n}.


Dénition I.1.3. On appelle Corps (resp. corps commutatif), tout anneau unitaire (resp.
anneau unitaire commutatif) dans lequel tout élément non nul est inversible.
Remarque.  Soit A un anneau unitaire. A est un corps si et seulement si U(A) =
A \ {0 }. A

 ∀n ≥ 2, si n est premier alors Z/nZ est un corps.


Diviseurs de Zéro
Dénition I.1.4. Soit A un anneau non nul. Un élément x ∈ A est dit diviseur de zéro
si x 6= 0 A et s'il existe un élément y 6= 0 ∈ A tel que xy = 0 ou yx = 0 .
A A A

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Remarque. Pour tout élément x non nul de A, x est un diviseur de 0 si et seulement
si x n'est pas régulier pour la loi ”·”.
A

Dénition I.1.5. Un anneau A est dit intègre s'il est commutatif unitaire et ne contient
aucun diviseur de zéro.
Remarque. Dans un anneau intègre, tout élément non nul est régulier pour la multipli-
cation.
Proposition I.1.2. Soit A un anneau commutatif unitaire. A est intègre si et seulement
si ∀x, y ∈ A, xy = 0 ⇒ (x = 0 ou y = 0 ).
A A A

Exemples.  Z est un anneau intègre.


 Q, R, C sont des anneaux intègres.
 Z/6Z n'est pas intègre (2 3 = 0 et 2 6= 0, 3 6= 0).
 (F(R, R), +, ·) n'est pas intègre : soit
f : R −→ R g : R −→ R
x 7−→ f (x) = x si x ≥ 0 et x 7−→ g(x) = 0 si x ≥ 0
f (x) = 0 si x < 0 g(x) = x si x < 0
On a f 6= θ et g 6= θ mais f ·g = θ où θ est l'application nulle de R vers R.
Proposition I.1.3. Tout corps commutatif est un anneau intègre.
Preuve. Soit K un corps commutatif. K est alors un anneau commutatif unitaire. Soit
x, y ∈ K tel que xy = 0 . Si x 6= 0 alors x est inversible dans K par dénition d'un
corps, donc x xy = x 0 , i.e. y = 0.
K K
−1 −1
K

Remarques.  La réciproque de la proposition n'est pas vraie : Z est un anneau in-


tègre mais Z n'est pas un corps.
 Soit n ≥ 2, si n est premier alors Z/nZ est intègre.
I.2 Anneaux Produits

Proposition et Dénition I.2.1. Soit (Ai )i∈I une famille d'anneaux. L'ensemble produit
Q
i∈I muni des lois suivantes :
Ai

x + y = (x + y )
i et xy = (x y ) , ∀x = (x ) ∈ Y A , ∀y = (y ) ∈ Y A ,
i i∈I i i i∈I i i∈I i i i∈I i
i∈I i∈I

est un anneau, dit anneau produit des A .


Si de plus A est commutatif (resp. unitaire) pour tout i ∈ I , alors Q A est com-
i

mutatif (resp. unitaire, d'élément unité 1 = (1 )).


i i∈I i
Q
Ai Ai

26 mai 2021
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Chapitre3. Anneaux et Corps 5

Remarques.  Si tous les anneaux A sont égaux à un même anneau A, l'anneau


A , noté A peut être identié à l'anneau F(I, A).
i
I
Q
i∈I i

 Si I = {1, 2, 3, · · · , n}, n ∈ N , ∗

Y Y
Ai = Ai = A1 × A2 × · · · × An , x = (xi )i∈I = (x1 , x2 , · · · , xn ).
i∈I 1≤i≤n

 Un produit A × A d'anneaux unitaires commutatifs n'est jamais intègre (même si


A et A le sont, et même si ce sont des corps commutatifs). En eet, les éléments
1 2

(1 , 0 ) et (0 , 1 ) sont non nuls alors que leur produit l'est.


1 2

A1 A2 A1 A2

Proposition I.2.1. Soit A et B deux anneaux unitaires. Alors U(A×B) = U(A)×U(B).


Preuve. Exercice.
Remarque. Le produit de deux corps n'est pas un corps.

I.3 Sous-Anneaux

Dénition I.3.1. Soit (A, +, ·) un anneau et B une partie de A. B est dite sous-anneau
de A, si B est stable pour les lois + et ”·” et si (B, +, ·) est un anneau.
Il est clair que si A est un anneau commutatif, B est aussi commutatif. Par contre, si
A est unitaire, B n'est pas forcément unitaire. En eet, Z est un anneau unitaire mais 2Z
est un sous-anneau de Z non unitaire. Il existe des sous-anneaux d'un anneau unitaire A
ayant un élément unité diérent de celui de A. D'où la convention de dénition suivante.
Dénition I.3.2. Soit (A, +, ·) un anneau unitaire et B une partie de A. B est dite sous-
anneau unitaire de A, si B est stable pour les lois + et ”·” et si (B, +, ·) est un anneau
unitaire d'élément unité 1 = 1 . B A

Proposition I.3.1. Soit (A, +, ·) un anneau (unitaire) et B une partie de A. B est un


sous-anneau (unitaire) de A si et seulement si :
 (i) B 6= ∅
 (ii) ∀x, y ∈ B, x − y ∈ B et xy ∈ B
 (iii) (1 ∈ B)A

Preuve. Exercice.
Exemples.  {0 } et A sont des sous-anneaux de l'anneau A.
A

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 Les sous-anneaux de (Z, +, ·) sont les nZ où n ∈ N. L'unique sous-anneau unitaire
de (Z, +, ·) est Z.
 Z est un sous-anneau unitaire de Q (de R et de C).
 Soit (G, +) un groupe. Aut(G) est un sous-anneau unitaire de l'anneau (End(G), +, ◦).
 Soit I un intervalle de R. Dans l'anneau (F(I, R), +, ·), l'ensemble des fonctions
continues forme un sous-anneau unitaire.
 L'intersection quelconque de sous-anneaux (unitaires) d'un anneau A (unitaire) est
aussi un sous-anneau (unitaire) de A.
Exercices 1. 1. Soit Z[i] = {a + ib /a, b ∈ Z}.
(-) Montrer que Z[i] est un sous-anneau unitaire de (C, +, ·) et que Z est un
sous-anneau unitaire de Z[i].
(-) Montrer que Z[i] est intègre.
(-) Pour a, b ∈ Z, on pose N (a + ib) = a + b , montrer que N (xy) = N (x)N (y),
2 2

pour tous x, y ∈ Z[i] et déterminer U(Z[i]).


(-) Conclure.
2. Soit (A, +, ·) un anneau (unitaire). Montrer que Z(A) = {x ∈ A /∀a ∈ A, xa = ax}
est un sous-anneau (unitaire) de A.
Dénition I.3.3. Soit (K, +, ·) un corps. On appelle sous-corps de K tout sous-anneau
unitaire L de K tel que l'inverse de tout élément non nul de L appartient à L.
Exemples.  Q est un sous-corps de R.
 Q(i) = {p + iq /p, q ∈ Q} est un sous-corps de C : Z[i] est un sous-anneau unitaire
de Q[i], et non pas un sous-corps de Q[i].
I.4 Homomorphismes d'Anneaux

Dénition I.4.1. Soit A et B deux anneaux. On appelle homomorphisme d'anneaux de


A dans B toute application f : A → B vériant : ∀x, y ∈ A
f (x + y) = f (x) + f (y) ; f (xy) = f (x)f (y)

Remarque. Si A et B sont des anneaux unitaires et f un homomorphisme d'anneaux de


A vers B , on n'a pas forcément f (1 ) = f (1 ). En eet,
A B

 soit f : A → B dénie par f (x) = 0 , ∀x ∈ A. f est un homomorphisme d'anneaux


appelé homomorphisme nul (noté θ). On a f (1 ) = 0 6= 1 ,
B

A B A

 soit f : A → A × B dénie par f (a) = (a, 0 ), f est un homomorphisme d'anneaux


et f (1 ) = (1 , 0 ) 6= (1 , 1 ).
B

A A B A B

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Chapitre3. Anneaux et Corps 7

Dans la suite, on convient la dénition suivante :


Dénition I.4.2. Si A et B deux anneaux unitaires. On appelle homomorphisme d'an-
neaux de A dans B, soit l'homomorphisme nul, soit toute application f : A → B vériant
les trois propriétés suivantes : ∀x, y ∈ A
f (x + y) = f (x) + f (y) ; f (xy) = f (x)f (y) et f (1 ) = 1
Si K et K sont deux corps. Un homomorphisme de corps de K dans K est un
A B
0 0

homomorphisme d'anneaux unitaires de K dans K . 0

Exemples.  p : Z → Z/nZ tel que k 7→ k est un homomorphisme d'anneaux.


 Soit A et A deux anneaux unitaires.
1 2

p1 : A1 × A2 → A1 p2 : A1 × A2 → A2
,
(a, b) 7→ a (a, b) 7→ b
sont deux homomorphismes d'anneaux.
Propriétés I.4.1. Soit A, B et C des anneaux (unitaires).
 (i) Soit f : A → B un homomorphisme (non nul) d'anneaux, alors l'image par f
de tout sous-anneau (unitaire) de A est un sous-anneau (unitaire) de B. L'image
réciproque par f de tout sous-anneau (unitaire) de B est un sous-anneau (unitaire)
de A
En particulier, Ker(f ) est un sous-anneau de A et f sera injectif si et seulement si
Ker(f ) = {0 }.
A

 (ii) si f : A → B et g : B → C sont deux homomorphismes d'anneaux, alors


g ◦ f : A → C est un homomorphisme d'anneaux.
 (iii) Si f : A → B est un homomorphisme d'anneaux bijectif alors sa bijection
réciproque f : B → A est un homomorphisme d'anneaux. On dit dans ce cas que
−1

f est un isomorphisme et que les deux anneaux A et B sont isomorphes.


Théorème I.2. Soit K un corps et A un anneau unitaire. Soit f : K → A un homomor-
phisme d'anneaux. Si f est non nul, f est alors injectif et l'anneau unitaire f (K) est un
corps.
Preuve. Si f 6= θ alors on a f (1 ) = 1 .
Supposons que f est non injectif, i.e. Ker(f ) 6= {0 }, il existe alors x ∈ K tel que
K A

x 6= 0 et f (x) = 0 . On en déduit que x admet un inverse x ∈ K et que


A
−1
A A

0A = f (x)f (x−1 ) = f (xx−1 ) = f (1K ) = 1A


Ce qui est absurde. Donc f est injectif. Il est alors clair que f (K) est un corps isomorphe
à K.
Remarque. Un homomorphisme non nul de corps f : K → K est toujours injectif.
0

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II Idéaux

II.1 Notion d'Idéal

Dénition II.1.1. Soit (A, +, ·) un anneau. Une partie I de A est dite idéal à gauche
(resp. à droite) de A si (I, +) est un groupe et pour tout a ∈ A, pour tout x ∈ I , ax ∈ I
(resp. xa ∈ I ).
On dit que I est un idéal bilatère si I est un idéal à gauche et un idéal à droite.
Proposition II.1.1. Soit (A, +, ·) un anneau et I une partie de A. I est un idéal bilatère
de A si et seulement si
 (i) (I, +) est un sous-groupe de (A, +),
 (ii) ∀a, b ∈ A, ∀x ∈ I, axb ∈ I .
Remarques.  {0 } et A sont deux idéaux bilatères de l'anneau A, appelés idéaux
triviaux.
A

 Si A est un anneau unitaire et I ⊆ A, I est un idéal bilatère de A si et seulement si


(i) I 6= ∅,
(ii) ∀x, y ∈ I, x + y ∈ I ,
(iii) ∀a, b ∈ A, ∀x ∈ I, axb ∈ I
 Lorsque A est un anneau commutatif, les notions d'idéal à gauche, à droite et bilatère
sont identiques et on parle alors simplement d'idéal de A.
 Les idéaux de (Z, +, ·) sont les nZ où n ∈ N.
 Soit (A, +, ·) un anneau unitaire et I un idéal à gauche (resp. à droite) de A. On a
alors : 1 ∈ I ⇔ I = A.
A

 Tout idéal bilatère d'un anneau A est un sous-anneau de A.


Proposition II.1.2. Soit f : A → B un homomorphisme d'anneaux.
 (a) Soit J un idéal à gauche (resp. à droite, bilatère) de B, alors f (J) est un
−1

idéal à gauche (resp. à droite, bilatère) de A (il contient Kerf (f )). En particulier,
le noyau Kerf (f ) est un idéal bilatère de A.
 (b) Supposons que f est surjectif. L'image f (I) de tout idéal à gauche (resp. à droite,
bilatère) I de A est un idéal à gauche (resp. à droite, bilatère) de B (de f (A) si f
n'est pas surjectif).
 (c) Supposons que f est surjectif. L'application φ : J 7→ f (J) est une bijection de
−1

l'ensemble C des idéaux bilatères de B, sur l'ensemble D des idéaux bilatères de A


contenant Kerf (f ) et φ respecte l'inclusion.
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Chapitre3. Anneaux et Corps 9

Preuve.  (a) et (b) : exercice.


 (c) : d'après (a), si J est un idéal bilatère de B alors f (J) est un idéal bilatère −1

de A et comme 0 ∈ J , on a alors Kerf (f ) = f ({0}) ⊂ f (J) d'où φ est une −1 −1

application de C sur D .
A

Soit J, J ∈ C tel que φ(J ) = φ(J), i.e. f (J ) = f (J), alors f (f (J )) =


0 0 −1 0 −1 −1 0

f (f (J)), ceci équivaut à J = J (car f est surjectif). Ainsi, φ est injective.


−1 0

Finalement, comme pour toute partie X de A, f (f (X)) = X + Ker(f ), on a −1

alors, pour tout idéal I de A tel que Ker(f ) ⊂ I, f (f (I)) = I + Ker(f ) = I , −1

i.e. φ(f (I)) = I , ce qui prouve que φ est surjective. 


II.2 Idéal Engendré par une Partie - Idéal Principal

Proposition II.2.1. L'intersection d'une famille d'idéaux à gauche (resp. à droite, bila-
tère) d'un anneau A, est un idéal à gauche (resp. à droite, bilatère) de A.
Preuve. Exercice.
Dénition II.2.1. Soit (A, +, ·) un anneau commutatif et X une partie non vide de A.
On appelle idéal engendré par X , noté (X), l'intersection de tous les idéaux de A qui
contiennent X . C'est le plus petit idéal, au sens de l'inclusion, contenant X . Si X =
{a , a , · · · , a }, on note (X) par (a , a , · · · , a ).
1 2 n 1 2 n

Proposition II.2.2. Soit (A, +, ·) un anneau unitaire commutatif et X une partie non
vide deA. Alors,
(X) = a x + a x + · · · + a x /n ∈ N , ∀i ∈ {1, 2, · · · , n}, a ∈ A et x ∈ X .
1 1 2 2 n n

i i

Preuve. Soit I = a x + · · · + a x /n ∈ N , ∀i ∈ {1, 2, · · · , n}, a ∈ A et x ∈ X . ∗




On montre que I est un idéal deP A contenant X . Pour tout x ∈ X , x = 1 x ∈ I , donc


1 1 n n i i

X ⊂ I . Pour tous x, y ∈ I , x = a x où n ∈ N , a , · · · , a ∈ A, x , · · · , x ∈ X
A

et y = b y où m ∈ N , b , · · · , b ∈ A, y , · · · , y ∈ X . On a alors x + y ∈ I par
1≤i≤n i i 1 n 1 n

P

dénition de I , et ∀a ∈ A, ax = P aa x ∈ I.P
1≤j≤m j j 1 m 1 m

Soit K un idéal contenant X . Soit x ∈ I , x = a x avec n ∈ N , a , · · · , a ∈ A


1≤i≤n i i

et x , x , · · · , x ∈ X . x , x , · · · , x ∈ K et par suite x ∈ K puisque K est un idéal, d'où


1≤i≤n i i 1 n

I ⊂ K . Ainsi, I est le plus petit idéal contenant X , ce qui prouve que I = (X).
1 2 n 1 2 n

Dénition II.2.2. Soit (A, +, ·) un anneau commutatif unitaire. Un idéal I de A est dit
principal s'il existe x ∈ A tel que I est engendré par {x}, i.e. ∃x ∈ A tel que I = (x) =
{ax / a ∈ A}.

Remarque. (x) = xA = Ax, ∀x ∈ A.

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Exemple. Tout idéal de Z est principal.
Proposition II.2.3. Soit (A, +, ·) un anneau commutatif unitaire.
∀x ∈ A, xA = A ⇐⇒ x ∈ U(A).

Preuve. Soit x ∈ A. Si xA = A alors 1 ∈ xA, i.e. il existe y ∈ A tel que xy = 1 , ce


qui prouve que x ∈ U(A).
A A

Réciproquement, si x ∈ U(A), ∃y ∈ A tel que xy = 1 , d'où 1 ∈ xA et par suite A A


xA = A.

Le corollaire suivant est important et montre aussi que la notion d'idéal n'a d'intérêt
que pour des anneaux qui ne sont pas des corps.
Corollaire II.1. Soit A un anneau commutatif unitaire.
A est un corps ⇐⇒ les seuls idéaux de A sont {0 } et A. A

Preuve. Supposons que A est un corps. Soit I un idéal de A. Si I 6= {0 }, il existe


dans I un élément x non nul, donc inversible dans A puisque A est un corps, et par suite
A

1 = x x ∈ I , d'où I = A.
−1

Réciproquement, supposons que A n'admet que {0 } et A comme idéaux. Soit x un


A

élément non nul de A. L'idéal xA engendré par x étant alors distinct de {0 }, et, par
A

suite, nécessairement xA = A, d'où x ∈ U(A) d'après la proposition précédente. Ainsi,


A

tout élément non nul de A est inversible dans A. On conclut alors que A est un corps.
Exercice 1. Montrer que si A est un anneau intègre ni alors A est un corps.

II.3 Somme et Produit d'Idéaux

Proposition et Dénition II.3.1. Soit (A, +, ·) un anneau commutatif unitaire. Soit


I , I deux idéaux de A. La somme de I et I est l'idéal noté I + I engendré par (I ∪ I ).
On a alors I + I = x + y /x ∈ I et y ∈ I
1 2 1 2 1 2 1 2

1 2 1 2

Preuve. Soit I et I deux idéaux de A. Alors I et I sont deux sous-groupes du groupe


abélien (A, +) et par suite I + I est le sous-groupe engendré par I ∪ I , donc I ∪ I ⊂
1 2 1 2

I +I .
1 2 1 2 1 2

Soit maintenant a ∈ A et z ∈ I + I . Il existe x ∈ I et y ∈ I tel que z = x + y, d'où


1 2

az = ax + ay . Comme ax ∈ I et ay ∈ I car I et I sont des idéaux, on conclut que


1 2 1 2

1 2 1 2
az ∈ I1 + I2 .

Remarques. 1. Si I et I sont deux idéaux bilatères d'un anneau A alors I + I2 est


un idéal bilatère de A.
1 2 1

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Chapitre3. Anneaux et Corps 11

2. Soit A un anneau commutatif unitaire.


 Soit x, y ∈ A, (x) + (y) = {ax + by / a, b ∈ A}.
 On dénit de même la somme d'une famille (I ) Sd'idéaux de A, (où PJ est un
ensemble ni ou inni) comme l'idéal engendré par I , on la note I .
j j∈J

Un élément de cet idéal est somme nie d'éléments d'un nombre ni d'idéaux
j∈J j j∈J j

de la famille.
Dénition II.3.1. Soit (A, +, ·) un anneau commutatif unitaire et I , I deux idéaux
de A. On appelle produit des idéaux I par I , l'idéal noté I I engendré par l'ensemble
1 2

x x /x ∈ I , x ∈ I . i.e. I I = x x /x ∈ I , x ∈ I
1 2 1 2

1 2 1 1 2 2 1 2 1 2 1 1 2 2

Proposition II.3.1. Soit (A, +, ·) un anneau commutatif unitaire et I , I deux idéaux


de A. Alors I I = x y / n ∈ N , ∀i ∈ {1, 2, · · · , n}, x ∈ I , y ∈ I .
1 2
P n ∗
1 2 i=1 i i i 1 i 2

Preuve. On vérie que x y / n ∈ N , ∀i ∈ {1, 2, · · · , n}, x ∈ I , y ∈ I est


n ∗
P

un idéal contenant la partie X = x x /x ∈ I , x ∈ I de A et que c'est le plus petit


i=1 i i i 1 i 2

idéal contenant cette partie.


1 2 1 1 2 2

Proposition II.3.2. Soit (A, +, ·) un anneau commutatif unitaire et I, J des idéaux de


A.
 (i) IJ ⊂ I ∩ J et si I + J = A on a alors IJ = I ∩ J ,
 (ii) IA = I ,
Preuve. Il est clair que IJ ⊂ I ∩ J . Montrons que si A = I + J on a l'inclusion inverse.
Comme A = I + J alors 1 ∈ I + J i.e. 1 = u + v où u ∈ I et v ∈ J . Soit alors,
x ∈ I ∩ J , x = x1 = xu + xv = ux + xv ∈ IJ . 
A A

Application au cas de l'anneau Z (A montrer!)


On considère l'anneau (Z, +, ·). Pour tous n, m ∈ N , on a : ∗

nZ + mZ = dZ où d = pgcd(n, m)
nZ ∩ mZ = µZ où µ = ppcm(n, m)
nZ mZ = nmZ
En particulier, si n et m sont premiers entre-eux, on aura alors nZ + mZ = Z et
nmZ = nZ ∩ mZ = nZ mZ.
On rappelle que nZ ⊂ mZ ⇔ m divise n
II.4 Idéaux Premiers et Maximaux

Dénition II.4.1. Soit A un anneau commutatif unitaire.


Un idéal P de A est dit premier si
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 P 6= A,
 ∀x, y ∈ A, xy ∈ P ⇒ (x ∈ P ou y ∈ P )
Un idéal M de A est dit maximal s'il est maximal au sens de l'inclusion parmi les idéaux
de A diérents de A. Autrement dit, M est maximal si
 M 6= A,
 ∀J idéal de A, M ⊂ J ⊂ A ⇒ (J = M ou J = A).
Exemples.  {0} est un idéal premier de Z mais il n'est pas maximal : {0} ⊂ 2Z ⊂ Z
avec 2Z 6= {0} et 2Z 6= Z.
 6Z n'est ni premier (on a 6 = 2 × 3 ∈ 6Z, 2 ∈/ 6Z et 3 ∈/ 6Z), ni maximal (6Z ⊂
3Z ⊂ Z avec 3Z 6= 6Z et 3Z 6= Z.)

Propriétés II.4.1. Soit A un anneau commutatif unitaire.


1. {0} est un idéal premier si et seulement si A est intègre.
2. {0} est maximal si et seulement si A est un corps.
3. Si M est un idéal maximal de A alors M est premier.
4. Soit f : A → A , un homomorphisme d'anneaux unitaires, non nul.
0

(a) L'image réciproque par f d'un idéal premier de A est un idéal premier de
0

A,
(b) on suppose de plus f surjectif alors l'image réciproque par f d'un idéal maxi-
mal de A est un idéal maximal de A contenant Ker(f ).
0

Preuve. 1. est triviale.


2. On utilise le fait que les seuls idéaux d'un corps K sont {0} et K.
3. Soit I un idéal maximal de A. On a alors I 6= A. Soit x, y ∈ A tel que xy ∈ I .
On suppose que x ∈/ I , par conséquent, I I + (x) et puisque I est maximal, il en
résulte que I + (x) = A et donc 1 ∈ I + (x) ; ainsi 1 = i + ax pour un certain
i ∈ I et un certain a ∈ A, d'où y = y1 = y i + axy , comme par hypothèse xy ∈ I
A A

on a alors y ∈ I . Ce qui montre que I est premier.


A

4. Soit f : A → A , un homomorphisme d'anneaux commutatifs unitaires.


0

(a) Soit P un idéal premier de A , on a alors f (P ) est un idéal de A contenant


0 −1

Ker(f ).
 f (P ) 6= A. Car sinon 1 ∈ f (P ), ceci équivaut à f (1 ) ∈ P , et donc,
−1 −1

en vertu de l'homomorphisme de f , 1 ∈ P , ce qui est contradictoire avec


A A

P 6= A.
A0

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Chapitre3. Anneaux et Corps 13

 ∀x, y ∈ A, xy ∈ f (P ) ⇔ f (xy) ∈ P ⇔ f (x)f (y) ∈ P ⇔


−1

(f (x) ∈ P ou f (y) ∈ P ) (d'après l'hypothèse) ⇔ (x ∈ f −1


(P ) ou y ∈
f −1 (P ))
(b) On suppose de plus que f est surjectif. Soit J un idéal maximal de A . Alors 0

f (J) est un idéal de A contenant Ker(f ). Montrons qu'il est maximal. On a


−1

f (J) 6= A car sinon f (f (J)) = f (A) ; comme f est surjectif on aura alors
−1 −1

J = A . Contradiction.
0

Soit K un idéal de A tel que f (J) ⊂ K A, on a alors f (f (J)) ⊂


−1 −1

f (K) ⊂ f (A). D'où, d'après la surjection de f , J ⊂ f (K) ⊂ A , et comme 0

par hypothèse J est maximal, on en déduit que J = f (K) ou f (K) = A . Si 0

f (K) = A , on aura f (f (K)) = f (A ) = A, i.e. K + Ker(f ) = A, or


0 −1 −1 0

Ker(f ) ⊂ f (J) ⊂ K . D'où K = A, ce qui est contradictoire avec K 6= A.


−1

Ainsi, f (K) 6= A , par conséquent f (K) = J et par suite f (f (K)) = f (J).


0 −1 −1

Donc K = f (J).  −1

Exercice 2. soit f : A −→ A un épimorphisme d'anneaux commutatif unitaire.


0

 Montrer que si P est un idéal premier (resp. maximal) de A contenant Ker(f ),


alors f (P ) est un idéal premier (resp. maximal) de A . 0

 Montrer que l'application φ : Q 7→ f (Q) est une bijection de l'ensemble des idéaux
−1

premiers (resp. maximaux) de A sur l'ensemble des idéaux premiers ([Link])


0

de A contenant Ker(f ).
Théorème II.1. (Théorème d'existence d'idéaux maximaux). Tout anneau commutatif
unitaire possède un idéal maximal.
Preuve. Ordonnons l'ensemble E des idéaux de A, distincts de A par la relation d'inclu-
sion. Cet ensemble E est non vide car {0} ∈ E . Vérions que E est inductif.
Soit F = (I ) une famille totalement ordonnée d'éléments de E . I = S I est un
idéal de A, et puisque pour tout i ∈ J , 1 ∈/ I et I ⊆ I , on a alors I ∈ E et I est un
i i∈J i∈J i

majorant de F , donc toute famille de E totalement ordonnée est majorée, ce qui prouve
A i i

que E est un ensemble inductif.


On conclut alors, d'après le lemme de Zorn, que E admet un élément maximal.
On rappelle le lemme de Zorn :
Lemme 1. Tout ensemble ordonné inductif admet un élément maximal.
Théorème II.2. Soit A un anneau commutatif unitaire et I un idéal de A, distinct de
A. Alors I est contenu dans un idéal maximal de A.

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Preuve. Soit E = {J / J idéal de A et I ⊂ J A}. On a I ∈ E d'où E 6= ∅. E est
ordonné par inclusion. On montre que E est inductif et par le lemme de Zorn, E admet
un élément maximal. Donc I est contenu dans un idéal maximal.
Corollaire II.2. Dans un anneau commutatif unitaire, tout élément non inversible ap-
partient à un idéal maximal.
Preuve. Si x est non inversible, l'idéal (x) est distinct de A et d'après le théorème pré-
cédent, il existe un idéal maximal M tel que (x) ⊂ M , (x ∈ M ).
III Anneaux Quotients

III.1 Anneau Quotient et Idéaux d'un Anneau Quotient

Soit A un anneau et I un idéal bilatère de A.


 L'idéal I est en particulier un sous-groupe du groupe abélien (A, +). Il est trivia-
lement distingué. On peut donc considérer le groupe quotient (A/I, +). Rappelons
que la loi quotient est dénie par x + y = x + y, ∀x, y ∈ A/I et x = {y ∈ A / x − y ∈
I} = x + I ; et que p : A → A/I est un homomorphisme de groupes.
 On munit A/I d'une multiplication (et en faire un anneau) en posant x y = xy, ∀x, y ∈
A/I (i.e. (x + I)(y + I) = xy + I )
elle est bien dénie, en eet, ∀x, x , y, y ∈ A/I, (x, y) = (x , y ) ⇔ x =
0 0 0 0

x et y = y ⇔ x − x ∈ I et y − y ∈ I . Comme I est un idéal bilatère, on a alors


0 0 0 0

(x − x )y ∈ I et x (y − y ) ∈ I , i.e. xy − x y ∈ I et x y − x y ∈ I d'où xy − x y ∈ I
0 0 0 0 0 0 0 0 0

et donc xy = x y ,0 0

l'associativité de la loi quotient multiplicative découle de la dénition de cette


loi et l'associativité de la loi ”·” dans A,
elle est distributive par rapport à l'addition : ∀x, y, z ∈ A/I ,
x(y + z) = x(y + z) = x(y + z) = xy + xz = xy + xz = x y + x z
et (x + y) z = (x + y) z = (x + y)z = xz + yz = xzyz = x z + y z
 La surjection canonique p : A → A/I vérie aussi p(xy) = p(x)p(y) pour tous
x, y ∈ A, donc p est un homomorphisme d'anneaux.
On a ainsi le théorème suivant :
Théorème III.1. Soit (A, +, ·) un anneau et I un idéal bilatère de A. L'ensemble quotient
A/I muni des lois quotients induites par celles de l'anneau A est un anneau appelé l'an-
neau quotient de A par I et la surjection canonique p : A → A/I est un homomorphisme
d'anneaux.
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Chapitre3. Anneaux et Corps 15

Remarque. Si A est commutatif, A/I est commutatif.


Si A est unitaire et I est distinct de A, A/I est unitaire, d'élément unité 1 = 1
(1 ∈/ I d'où 1 6= 0 et ∀x ∈ A/I, x = x·1 = x·1 ).
A/I A

A A A A A

Exemples.  Les anneaux quotients de (Z, +, ·) sont de la forme Z/nZ où n ∈ N. A


noter que l'anneau quotient d'un anneau intègre n'est pas un anneau intègre.
 Les seuls idéaux de R sont {0} et R, donc les anneaux quotients de R sont R/{0} =
{x /x ∈ R} ' R et R/R = {0} ' {0}.

Proposition III.1.1. Soit A un anneau et I un idéal bilatère de A. Alors les idéaux


bilatères de l'anneau quotient A/I sont de la forme J/I où J est un idéal bilatère de A
contenant I .
Preuve. On considère l'homomorphisme surjectif canonique p : A → A/I , Ker(p) = I .
D'après la proposition II.1.2, l'application
φ : J / J idéal de A et I ⊂ J
−1
−→ K / K idéal de A/I
 

J 7−→ φ−1 (J) = p(J)


est bijective. Donc, pour tout idéal K de A/I , il existe un idéal unique J de A tel que
I ⊂ J et K = φ (J) = p(J) = J/I.
−1

Application à l'anneau

Soit n ∈ N . Les idéaux de l'anneau quotient Z/nZ sont de la forme dZ/nZ où d est un
Z

diviseur de n.
Proposition III.1.2. Soit A un anneau commutatif unitaire et I un idéal de A. Les
idéaux premiers (resp. maximaux) de A/I sont les idéaux de la forme P/I (resp. M/I ),
où P est un idéal premier (resp. M un idéal maximal) de A contenant I .
Preuve. Il résulte de la proposition précédente, de la propriété II.4.1 et de l'exercice qui
la suit. 
Théorème III.2. Soit A un anneau commutatif unitaire et I un idéal de A.
 I est premier si et seulement si A/I est intègre.
 I est maximal si et seulement si A/I est un corps.
Preuve.  Si I est premier, I 6= A ainsi l'anneau commutatif A/I est unitaire; et
si x, y ∈ A/I tel que x y = 0 alors xy ∈ I , d'où x ∈ I ou y ∈ I et par suite
x = 0 ou y = 0.
Réciproquement, si A/I est intègre alors A/I est unitaire et donc 1 ∈/ I (car 1 6= 0),
ainsi I 6= A ; de plus, si x, y ∈ A tel que xy ∈ I alors x y = xy = 0, ce qui implique
que x = 0 ou y = 0 et il s'en suit que x ∈ I ou y ∈ I .
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 Supposons que I est maximal, alors I 6= A et donc A/I est unitaire. Et, si J est un
idéal de A/I alors J = K/I où K est un idéal de A tel que I ⊂ K , il résulte de la
maximalité de I que K = I ou K = A, et par suite J = {0} ou J = A/I . Donc les
seuls idéaux de A/I sont {0} et A/I . Ce qui prouve que A/I est un corps.
Inversement, si A/I est un corps alors A/I est unitaire et par suite I 6= A ; De
plus, si K est un idéal de A tel que I ⊂ K ⊂ A alors K/I est un idéal de A/I . Par
conséquent, K/I = {0} ou K/I = A/I , d'oùK = I ou K = A. 
Exemples.  Les idéaux premiers de Z sont {0} et les pZ où p est un nombre premier.
 Les idéaux maximaux de Z sont les pZ où p est un nombre premier.
 Soit n ∈ N , les idéaux maximaux de Z/nZ sont de la forme pZ/nZ où p est un

nombre premier et p divise n.


III.2 Propriété Universelle, Théorèmes d'Isomorphisme

Théorème III.3. (Propriété universelle de l'anneau quotient) Soit A un anneau, I un


idéal bilatère de A et p l'homomorphisme surjectif canonique de A dans A/I . Pour tout
anneau A et tout homomorphisme d'anneaux f : A → A tel que I ⊆ Ker(f ), il existe
0 0

un unique homomorphisme d'anneaux :f : A/I → A tel que f = f ◦ p. De plus, on a


0

Im(f ) = Im(f ) et Ker(f ) = Ker(f )/I (si f est surjectif, f l'est aussi et si Ker(f ) = I
alors f est injectif).
Preuve. Comme f est un homomorphisme de groupes de (A, +) dans (A , +) tel que0

I ⊆ Ker(f ) (avec I  (A, +), il existe alors un unique homomorphisme de groupes :


f : (A/I, +) → (A , +) tel que f = f ◦ p, i.e. f (x) = f (x), ∀x ∈ A/I . On a pour tous
0

x, y ∈ A/I :
f (x y) = f (xy) = f ◦ p(xy) = f (xy) = f (x)f (y) = f (x)f (y)
donc f est un homomorphisme d'anneaux. 
Nous allons donner maintenant -comme dans le cas des groupes- un certain nombre de
conséquences classiques de cette construction : décomposition canonique des homomor-
phismes d'anneaux et théorème d'isomorphisme d'anneaux.
Corollaire III.1. (1 théorème d'isomorphisme - décomposition canonique) Soit f : A →
er

A un homomorphisme d'anneaux. Soit p l'homomorphisme surjectif canonique de A dans


0

A/Ker(f ) et j l'homomorphisme injectif canonique de Im(f ) dans A . Il existe alors un


0

unique isomorphisme f : A/Ker(f ) → Im(f ) tel que f = j ◦ f ◦ p. f = j ◦ f ◦ p est appelée


la décomposition canonique de l'homomorphisme f .
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Chapitre3. Anneaux et Corps 17

Preuve. En appliquant le théorème précédent à l'homomorphisme g : A → Im(f ) déni


par ∀x ∈ A, g(x) = f (x) et à I = Ker(g) = Kerf (f ), on obtient un isomomorphisme
d'anneaux f : A/Kerf (f ) → Im(f ) tel que g = f ◦ p. Et nalement, on a f = j ◦ g =
j ◦ f ◦ p.

Corollaire III.2. (2me théorème d'isomorphisme) Soit A un anneau. Soit I et J deux


idéaux bilatères de A. Alors I + J/J et I/I ∩ J sont des anneaux isomorphes.
Preuve. Comme tout idéal bilatère de A est un sous-anneau de A et tout sous-anneau
est un anneau, alors I + J et I sont des anneaux, J est un idéal bilatère de I + J et I ∩ J
est un idéal bilatère de I . Ainsi, I + J/J et I/I ∩ J sont des anneaux. 
Considérons l'homomorphisme surjectif canonique p : I + J → I + J J et soit g : I →
I + J J la restriction de p à I . g est un homomorphisme d'anneaux; il est surjectif et


Ker(g) = Ker(p)∩I = J∩I . On conclut alors d'après le premier théorème d'isomorphisme


que I I ∩ J ' I + J J.
Théorème III.4. Soit I et J deux idéaux bilatères d'un anneau A tel que I ⊂ J alors
les anneaux A/J et A/I J/I sont isomorphes.
Preuve. L'homomorphisme surjectif canonique p : A → A/J dont le noyau contient
I induit alors un homomorphisme d'anneaux f : A/I → A/J tel que f ◦ q = p où
q est l'homomorphisme surjectif canonique de A sur A/I . De plus, Im(f ) = Im(p) =
A/J et Ker(f ) = Ker(p)/I = J/I . Il en résulte alors d'après le premier théorème de
l'isomorphisme que A/I J/I ' A/J.
Application à Z.
Soit n, m ∈ N . Z/nmZnZ/nmZ ' Z/nZ.

Théorème III.5. (Théorème Chinois) Soit A un anneau commutatif unitaire et I, J deux


idéaux de A tel que I + J = A. L'anneau A/IJ est alors isomorphe à l'anneau produit
A/I × A/J .

Preuve. On considère l'application f : A → A/I × A/J dénie par f (x) = (x, ẋ) =
(x+I, x+J). f est un homomorphisme d'anneaux. On a alors d'après le premier théorème
d'isomorphisme A/Ker(f ) ' Im(f ). Or Ker(f ) = x ∈ A / x = 0 et ẋ = 0˙ = {x ∈
A / x ∈ I et x ∈ J} = I ∩ J
et puisque, par hypothèse I + J = A, on a alors, d'après la propostion II.3.2, IJ =
I ∩ J = Ker(f ), donc pour avoir le résultat, il reste à montrer que f est surjectif. Soit
(x, ẋ) ∈ A/I × A/J . Comme par hypothèse I + J = A, alors il existe u ∈ I, v ∈ J tel que
1 = u + v , d'où (x, ẏ) = (x1, ẋ1) ˙ . Si on prend a = xv + yu ∈ A on a alors
˙ = (xv, yu)
˙ = (x, ẏ), ce qui prouve que f est surjectif.
f (a) = (x, ȧ) = (xv, yu)

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Soit n, m ∈ N . Si n et m sont premiers entre-eux alors les anneaux
Corollaire III.3. ∗

Z/nmZ et Z/nZ × Z/mZ sont isomorphes.

III.3 Caractéristique d'un Anneau

Lemme et Dénition III.3.1. Soit A un anneau commutatif unitaire. Il existe un


unique homomorphisme d'anneaux, non nul, f : Z → A déni par f (n) = n1 , ∀n ∈ Z.
On l'appelle l'homomorphisme canonique de Z dans A.
A

Preuve. Si f est un homomorphisme d'anneaux non nul de Z dans A alors f (1) = 1 ,


d'où f (2) = f (1+1) = f (1)+f (1) = 1 +1 = 2·1 , et par récurrence on aura f (n) = n1
A

pour tout n ∈ N .
A A A A

Soit maintenant n ≤ 0. Si n = 0 on a f (0) = 0 = 01 .


Si n < 0, f (n) = f (−(−n)) = −f (−n) car f est un homomorphisme de groupes. Or
A A

−n > 0, on a alors f (n) = −((−n)1 ) = n1 .


En résumé, on a f (n) = n1 , ∀n ∈ Z.
A A

Réciproquement, comme (A, +) est un groupe, on a ∀a ∈ A, f : Z → A déni par


A

n 7→ na est un homomorphisme de groupes. En particulier, pour a = 1 , f est un homo-


n

morphisme de groupes.
A

On vérie que f (nm) = f (n)f (m), ∀n, m ∈ Z, pour conclure que f est un homomor-
phisme d'anneaux.
Remarques.  Le noyau de l'homomorphisme canonique f de A dans Z est un idéal
de Z. Donc, Ker(f ) = kZ pour un unique k ∈ N.
 ∀n ∈ Z : (n1 = 0 ) ⇔ (nx = 0 , ∀x ∈ A), autrement dit, ∀n ∈ Z, n ∈ Ker(f ) ⇔
nx = 0 , ∀x ∈ A.
A A A

Dénition III.3.1. Soit A un anneau commutatif unitaire. On appelle caractéristique de


A, notée CarA, l'unique entier k ∈ N tel que Ker(f ) = kZ où f est l'homomorphisme
canonique de Z dans A.
D'après la remarque

précédente, 
CarA = 0 ⇔ ∀n, (nx = 0A , ∀x ∈ A) ⇔ n = 0
 
CarA = k > 0 ⇔ ∀n, (nx = 0A , ∀x ∈ A) ⇔ n ∈ kZ

Remarques.  Si CarA = 0, alors A est inni.


 CarA = k > 0 ⇔ k est le plus petit entier strictement positif tel que k1 A = 0A
⇔ k est le plus petit entier strictement positif tel que kx = 0 , ∀x ∈ A.
A

⇔ L'ordre de l'élément 1 dans le groupe (A, +) est k .


A

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Chapitre3. Anneaux et Corps 19

Exemples. (1)- L'anneau Z est de caractéristique nulle, ainsi que les corps Q, R et C.
(2)- Pour tout n ≥ 2, Car(Z/nZ) = n.
Proposition III.3.1. Si A est un anneau intègre et de caractéristique non nulle, alors
A admet pour caractéristique un nombre premier.

Preuve. Soit p = Car(A) avec p 6= 0. Supposons que p = qr avec q, r ∈ N , la relation


0 = p1 = (qr)1 = (q1 )(r1 ) donne par intégrité de A, q1 = 0 ou r1 = 0 d'où


q ∈ pZ ou r ∈ pZ, i.e. p/q ou p/r. Comme p = qr, il en résulte que q = p ou r = p. Ainsi
A A A A A A A

p est premier. 

Corollaire III.4. La caractéristique d'un corps commutatif est soit nulle soit un nombre
premier.
Proposition III.3.2. Soit A un anneau intègre de caractéristique p premier. On a alors
 (i) ∀x, y ∈ A, (x + y) = x + y ,p p p

 (ii) l'application F : A → A dénie par F (x) = x est un homomorphisme d'an-


p

neaux, appelé homomorphisme de Fröbenius.


Preuve. Exercice!

III.4 Corps des Fractions d'un Anneau Intègre.

Nous avons vu que tout corps commutatif est un anneau intègre et que la réciproque
n'est pas toujours vraie. Dans le paragraphe suivant, nous allons montrer, cependant,
que l'on peut construire, de façon canonique, pour tout anneau intègre, un corps qui le
contient. En l'occurence, il s'agit du plus petit corps qui le contient. Ce corps commutatif
est appelé Corps des fractions de A.
Proposition III.4.1. Soit A un anneau intègre. On note A = A \ {0 }.

A

 (i) L'ensemble A × A muni des lois de composition internes addition et multiplica-


tion dénies par :


(a, b) + (a0 , b0 ) = (ab0 + ba0 , bb0 )
et (a, b)(a0 , b0 ) = (aa0 , bb0 )
est un anneau intègre d'élément neutre (0, 1) et d'élément unité (1, 1).
 (ii) La relation binaire R dénie sur A × A par : (a, b)R(a , b ) ⇔ ab = a b est une
∗ 0 0 0 0

relation d'équivalence compatible avec l'addition et la multiplication dans A × A . ∗

 (iii) L'ensemble quotient (A × A )/R muni des lois quotients induites de + et ”·”

est un corps commutatif d'élément neutre (0, 1) et d'élement unité (1, 1).
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 (iv) A est isomorphe à un sous-anneau unitaire du corps (A × A )/R, (A est un ∗

sous-anneau unitaire de (A × A )/R). ∗

 (v) Si K est un corps commutatif et A est un sous-anneau unitaire de K alors


(A × A )/R est isomorphe à un sous-corps de K .

Preuve.  (i) et (ii) sont faciles à vérier.


 (iii) D'après (i) et (ii), ((A × A )/R, +, ·) est un anneau unitaire d'élément neutre

(0, 1) et d'élément unité (1, 1). Avec (0, 1) = {(a, b) ∈ A × A /a = 0} et (1, 1) =


{(a, b) ∈ A × A /a = b}. Il reste à montrer que tout élément non nul de (A × A )/R
∗ ∗

est inversible. Soit (a, b) ∈ (A × A )/R \ {(0, 1)}, on a (a, b) (b, a) = (ab, ab) = (1, 1),

donc (a, b) est inversible et son inverse est (b, a).


 (iv) Soit l'application ϕ : A → (A × A )/R dénie par ϕ(a) = (a, 1).

∀a, b ∈ A, (a, 1) + (b, 1) = (a + b, 1) et (a, 1)(b, 1) = (ab, 1). D'où ϕ(a) + ϕ(b) =
ϕ(a + b) et ϕ(a)ϕ(b) = ϕ(ab). De plus, ϕ(1) = (1, 1) = 1 , donc ϕ est un
homomorphisme d'anneaux unitaires. Il est injectif, en eet,
(A×A∗ )/R

∀a ∈ A, ϕ(a) = (0, 1) ⇔ (a, 1) = (0, 1) ⇔ a = 0.


Ainsi, A est isomorphe à ϕ(A) qui est un sous-anneau unitaire de (A × A )/R. Par ∗

identication, A est considéré comme un sous-anneau unitaire de (A × A )/R. ∗

 (v) Soit K un corps commutatif tel que A est un sous-anneau unitaire de K , consi-
dérons f : (A × A )/R → K dénie par f ((a, b)) = ab . Montrons que f est bien
∗ −1

dénie (c'est-à-dire, que f ((a, b)) ne dépend pas du représentant choisi de la classe).
Soit (a, b), (a , b ) ∈ (A × A )/R : (a, b) = (a , b ) ⇔ ab = a b ⇔ ab = a b ⇔
0 0 ∗ 0 0 0 0 −1 0 −1

f ((a, b)) = f ((a , b )). Donc f est bien dénie et injectif. Il est facile de vérier que
0 0

c'est un homomorphisme d'anneaux unitaires. Donc (A × A )/R est isomorphe à


f ((A × A )/R) qui est un sous-corps de K. 


Remarque. Une généralisation de (v) est donnée comme suit : (Propriété universelle du
corps de fractions)
Pour tout corps K et tout homomorphisme injectif f : A → K , il existe un unique
homomorphisme d'anneaux f : (A×A )/R → K tel que f ◦ϕ = f où ϕ : A → (A×A )/R
∗ ∗

est l'homomorphisme injectif déni par ϕ(a) = (a, 1).


Dénition III.4.1. Le corps ((A×A )/R, +, ·) s'appelle le corps des fractions de l'anneau

intègre A, on le note F r(A). Tout élément (a, b) ∈ F r(A) sera noté ab . Ainsi,
/ a ∈ A et b ∈ A
a ∗
F r(A) =
b
a c
= ⇔ ad = bc
b d
a c
+ =
b d
ad + bc
bd
et ab dc = acbd
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Chapitre3. Anneaux et Corps 21

et a
1
= a.

Exemples. 1. Le corps des fractions de l'anneau intègre Z est le corps des rationnels
. Q
2. Le corps des fractions de Z[i] est Q(i). A titre d'exercice!
Exercice 3. Soit K un corps et p sa caractéristique. Montrer que :
 si p = 0, il existe dans K un plus petit sous-corps K isomorphe à Q,
0

 si p 6= 0, il existe dans K un plus petit sous-corps K isomorphe à Z/pZ.


0

IV Divisibilité dans un Anneau Intègre - Arithmétique

dans un Anneau Principal

IV.1 Diviseurs, Eléments Associés

Dénition IV.1.1. Soit A un anneau intègre et a, b ∈ A.


 (i) On dit que a divise b (ou que b est divisible par a, ou encore que b est un multiple
de a) s'il existe c ∈ A tel que b = ac, on note a/b.
 (ii) On dit que a et b sont associés si a/b et b/a.
Remarques. Soit A un anneau intègre et a, b, c ∈ A. Alors
 a/a, 1/a et a/0.
 (a/b et b/c) ⇒ a/c.
 ∀λ ∈ U(A), a et λa sont associés.
 La relation d'association dénie par aRb ⇔ a et b sont associés, est une relation
d'équivalence.
 a et b sont associés ⇔ ∃λ ∈ U(A), b = λa.
On va caractériser les notions de divisibilité et d'association en termes d'idéaux.
Proposition IV.1.1. Soit A un anneau intègre et a, b ∈ A. Alors
 (i) a/b ⇔ (b) ⊂ (a), (i.e. bA ⊂ aA).
 (ii) a et b sont associés ⇔ (a) = (b) (i.e. aA = bA)
 (iii) a est inversible ⇔ a divise tous les éléments de A.
Preuve.  (i) a/b ⇔ ∃c ∈ A, b = ac ⇔ b ∈ (a) ⇔ (b) ⊂ (a)

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 (ii) découle de la dénition et de (1)
 (iii) a est inversible ⇔ (a) = A ⇔ ∀b ∈ A, ∃c ∈ A, b = ca ⇔ ∀b ∈ A, a/b. 
Remarque. Deux éléments associés ont les mêmes diviseurs et les mêmes multiples dans
A.

IV.2 Eléments Irreductibles, Eléments Premiers

Dénition IV.2.1. Soit A un anneau intègre et a un élément non nul de A.


 (i) a est dit irréductible (ou extrêmal) s'il n'est pas inversible dans A et si ses
seuls diviseurs sont ses associés et les éléments inversibles de A. Autrement dit a
est irréductible dans A si a est non inversible et si a = xy avec x, y ∈ A, alors
x ∈ U(A) ou y ∈ U(A).
 (ii) a est dit premier dans A lorsqu'il est non inversible dans A et pour tous x, y ∈ A
si a/xy alors a/x ou a/y.
On notera que dans la dénition (i), le "ou" est exclusif, car sinon a sera inversible.
Proposition IV.2.1. Soit A un anneau intègre et a un élément non nul de A. On a :
(i)- a est irréductible dans A ⇔ (a) est maximal parmi les idéaux principaux distincts de
A
(ii)- a est premier dans A ⇔ (a) est premier de A.
Preuve. (i)- Si a est irréductible, a ∈/ U(A) et donc (a) 6= A ; Par ailleurs, si J = (b)
est un idéal principal de A, distinct de A tel que (a) ⊂ J , alors b/a ou encore, il existe
c ∈ A tel que a = bc. Puisque (a) est irréductible et b ∈/ U(A) (car J 6= A) ceci implique
que c ∈ U(A). Ainsi, a et b sont asoociés et donc (a) = (b) = J . Ceci prouve que (a) est
maximal parmi les idéaux principaux distincts de A.
Réciproquement, soit a ∈ A, tel que (a) soit maximal parmi les idéaux principaux
distincts de A. Comme (a) 6= A, a ∈/ U(A). De plus, si x, y ∈ A tel que a = xy alors (a) ⊂
(x) et d'après la maximalité de (a) on a (x) = A ou (x) = (a). Si (x) = A, x ∈ U(A) ;
Sinon x et a sont associés, et donc, a est de la forme λx pour un certain λ ∈ U(A), on
obtient alors xy = a = λx et on en déduit par intégrité de A que y = λ ∈ U(A).
(ii)- a est premier ⇔ a ∈/ U(A) et (∀(x, y) ∈ A , a/xy ⇒ a/x ou a/y) ⇔ (a) 6= A et
2

(∀(x, y) ∈ A , xy ∈ (a) ⇒ x ∈ (a) ou y ∈ (a)) ⇔ a est premier de A. 


2

Remarques.  Tout élément de A, associé à un élément irréductible dans A est en-


core irréductible dans A.
 Tout élément de A, associé à un élément premier dans A est aussi un élément
premier dans A.
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Chapitre3. Anneaux et Corps 23

 Les éléments irréductibles (et aussi les éléments premiers) dans Z, sont les nombres
premiers et leurs opposés.
 Tout élément d'un corps est réductible (non irréductible).
Proposition IV.2.2. Soit A un anneau intègre. Tout élément non nul et premier dans
A est irréductible dans A.

Preuve. Soit a un élément non nul et premier dans A, on a alors a ∈/ U(A). De plus, si
a = xy avec x, y ∈ A, en particulier a/xy d'où a/x ou a/y . Supposons que a/x, il existe
z ∈ A tel que x = az et, par suite, a = xy = azy . Comme a 6= 0 et A est intègre, on
obtient zy = 1, donc y ∈ U(A). De même, si a/y, on aura alors x ∈ U(A). Ce qui prouve
que a est irréductible dans A. 
Remarque. La réciproque est fausse généralement. En eet, si on considère A = Z[i 5],

c'est un anneau intègre. On rappelle que N (a + ib√5) = a + √5b et que√ N (xy) =


2 2

N (x)N (y), ∀x, y ∈ A. On vérie que 3 est irréductible, 3/(1 + i 5)(1 − i 5) mais 3
ne divise ni (1 + i√5) ni (1 − i√5). On conclut que 3 n'est pas premier dans A.
IV.3 Eléments Premiers entre-eux, PGCD, PPCM

Dénition IV.3.1. Soit A un anneau intègre.


 (i) Soit a, b ∈ A. On dit que a et b sont premiers entre-eux si les seuls éléments de
A qui divisent à la fois a et b sont les éléments de U(A).
 (ii) Des éléments a , a , · · · , a ∈ A sont dits premiers dans leur ensemble si les
éléments de U(A) sont les seuls diviseurs communs.
1 2 n

Remarque. Si a est premier avec b, alors a est premier avec λb, ∀λ ∈ U(A).
En termes d'idéaux, la dénition de deux éléments premiers entre eux s'exprime comme
suit : a est premier avec b ⇔ ∀x ∈ A, (a) ⊂ (x) et (b) ⊂ (x) ⇒ (x) = A.
Proposition IV.3.1. Soit A un anneau intègre. Tout élément irréductible est premier
avec tout élément qu'il ne divise pas.
Preuve. Soit a un élément irréductible dans A. Soit b un élément de A tel que a ne
divise pas b. supposons qu'il existe d ∈ A non inversible tel que d divise à la fois a et b.
Il existerait alors a , b ∈ A tel que a = da et b = db . Or, a est irréductible et d ∈/ U(A),
0 0 0 0

par conséquent, a ∈ U(A) et par suite, b = db = aa b . Ainsi, a divise b, ce qui est


0 0 0−1 0

contradictoire avec l'hypothèse. 


Dénition IV.3.2. Soit A un anneau intègre. Soit n ∈ N et a , a , · · · , a ∈ A.

1 2 n

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 (i) On dit que (a ) admet un plus grand commun diviseur dans A s'il existe un
élément d ∈ A tel que
i 1≤i≤n

 ∀i ∈ {1, 2, · · · , n}, d/a i

 Si d ∈ A avec d /a , ∀i ∈ {1, 2, · · · , n} alors d /d.


0 0
i
0

On écrit alors que d = pgcd(a , a , · · · , a ) ou d = a ∧ a , · · · ∧ a .


1 2 n 1 2 n

 (ii) On dit que (a ) admet un plus petit commun multiple dans A lorsqu'il existe
un élément µ ∈ A tel que
i 1≤i≤n

 ∀i ∈ {1, 2, · · · , n}, a divise µ i

 Si m est un élément de A qui est divisible par a pour tout i ∈ {1, 2, · · · , n},
m est divisible aussi par µ.
i

On écrit alors µ = ppcm(a , a , · · · , a ) ou µ = a ∨ a · · · ∨ a .


1 2 n 1 2 n

Proposition IV.3.2. Soit A un anneau intègre et a , a , · · · , a des éléments de A. Si


d = pgcd(a , a , · · · , a ) et µ = ppcm(a , a , · · · , a ), alors
1 2 n

1 2 n 1 2 n

 (i) ∀δ ∈ A, δ = pgcd(a , a , · · · , a ) ⇔ δ et d sont associés (∃λ ∈ U(A), δ = λd)


1 2 n

 (ii) ∀m ∈ A, m = ppcm(a , a , · · · , a ) ⇔ m et µ sont associés (∃λ ∈ U(A), m =


1 2 n
λµ)
 (iii) a , a , · · · , a sont premiers dans leur ensemble ⇔ 1 = pgcd(a , a , · · · , a ).
1 2 n 1 2 n

Preuve. (i)- Si δ = pgcd(a , a , · · · , a ), δ est alors un diviseur commun des a et donc


puisque d est un pgcd des a , on a δ/d. De même d/δ et donc δ et d sont associés.
1 2 n i

Réciproquement, si δ et d sont associés, ils ont les mêmes diviseurs, d'où le résultat.
i

(iii)- On suppose que a , · · · , a sont premiers dans leur ensemble. Ainsi, si d est un
diviseur commun des a , d ∈ U(A) et donc d divise 1 et comme 1 divise chaque a , on
1 n

conclut alors que 1 = pgcd(a , a , · · · , a ). Réciproquement, soit d un diviseur commun


i i

des a , puisque 1 = pgcd(a , a , · · · , a ) on a d divise 1 et donc d ∈ U(A). 


1 2 n

i 1 2 n

Remarque. Soit x, y ∈ A :
Si x = 0 et y = 0, x et y admettent un pgcd unique qui est 0.
Si x = 0 et y 6= 0, x et y admettent un pgcd qui est y ou tout élément associé à y.
Si x/y alors x et y admettent un pgcd qui est x ou tout élément associé à x. En particulier
pour tout u ∈ U(A), u ∧ x = x.
On n'a pas toujours l'existence d'un pgcd de deux éléments quelconques d'un anneau
intègre. Par exemple√ : considérons l'anneau Z[i 5]. Soit x = 6 et y = 2(1 + i 5).
√ √

x = 2 × 3 = ((1 + i 5)(1 − i 5), on a 2/x et 2/y , de même (1 + i 5)/x et (1 + i 5)/y .


√ √ √

Si le pgcd(x, y) existe, soit d = pgcd(x, y) alors 2/d et (1 + i 5)/d d'où N (2)/N (d)

et N (1 + i√5)/N (d), i.e. 4/N (d) et 6/N (d). Par ailleurs, comme d/x et d/y ona alors
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Chapitre3. Anneaux et Corps 25

N (d)/36 et
N (d)/24 . on en déduit que N (d) = 12 autrement écrit a + 5b = 12 où 2 2

a + ib 5 = d ceci est impossible.
Dans la suite, on limite l'étude à une classe particulière d'anneaux dits principaux où
l'existence du pgcd (et ppcm) est assurée. Par suite, on pourra généraliser les résultats
d'arithmétique connus dans l'anneau Z à ces anneaux.
IV.4 Arithmétique dans un Anneau Principal

Dénition IV.4.1. On appelle anneau principal tout anneau intègre dans lequel tout idéal
est principal (i.e. engendré par un seul élément).
Exemple. (Z, +, ·) est un anneau principal.
Tout corps commutatif est un anneau principal.
Proposition IV.4.1. Soit A un anneau principal. Alors tout élément non nul et irréduc-
tible est premier.
Preuve. Soit a un élément non nul et irréductible dans A. D'après la proposition IV.2.1,
l'idéal (a) est maximal parmi les idéaux principaux et distincts de A. Comme A est prin-
cipal, tous ses idéaux sont principaux, donc (a) est un idéal maximal de A. Puisque tout
idéal maximal est premier, (a) est premier de A. On conclut de la proposition IV.2.1 que
a est un élément premier dans A. 

Remarques.  Dans un anneau principal, les notions d'élément premier et d'élément


irréductible sont identiques.
 Z[i 5] n'est pas principal.

Théorème IV.1. soit A un anneau principal et a , a , · · · , a ∈ A. Alors a , a , · · · , a


admettent un pgcd et un ppcm dans AP.
1 2 n 1 2 n

Plus précisément, tout générateurP de (a ) est un pgcd de a , a , · · · , a ,


n

(a ) = (d)) ;
i=1 i 1 2 n
n
(d = pgcd(a , a , · · · , a ) ⇔
et tout générateur de (a ) est un ppcm de a , a , · · · , a ,
1 2 n i=1 i
T

(a ) = (µ)).
1≤i≤n i 1 2 n
T
(µ = ppcm(a , a , · · · , a ) ⇔
1 2 n 1≤i≤n i

Preuve. Soit I l'idéal engendré par les éléments a , a , · · · , a , (ou encore I = (a ) +


(a ) + · · · + (a )). Comme A est principal, I est principal et donc il existe d ∈ A tel que
1 2 n 1

I = (d). Montrons que d = pgcd(a , a , · · · , a ).


2 n

On a pour tout i ∈ {1, 2, · · · , n}, (a ) ⊂ (d) donc d/a pour tout i. PSoit d ∈ A tel que
1 2 n
0

d /a , ∀i ∈ {1, 2, · · · , n}, donc (a ) ⊂ (d ) pour tout i, ce qui implique (a ) ⊂ (d ), i.e.


i i
0 0 n 0

(d) ⊂ (d ) et donc d /d. Ceci prouve que d = pgcd(a , a , · · · , n).


i i i=1 i
0 0
1 2

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Soit maintenant d = pgcd(a , a , · · · , a ) et d tel que (d) = P (a ). D'après ce qui
0 n

précède d = pgcd(a , a , · · · , a ) et par conséquent d et d sont associés, donc (d) = (d ),


1 2 n i=1 i
0 0

i.e. (a )T= (d ).
1 2 n
P n 0

Soit J = (a ), ∃µ ∈ A tel que J = (µ). Montrons que µ = ppcm(a , a , · · · , a ).


i=1 i
n

∀i ∈ {1, 2, · · · , n}, (µ) ⊂ (a ), donc a divise µ pour tout i, et si m ∈ A tel que ∀i, a /m
i=1 i 1 2 n

alors (m) ⊂ (a ) pour tout i d'où(m) ⊂ T (a ), donc µ/m et µ = ppcm(a , a , · · · , a ).


i i i
n

Réciproquenement, si µ = ppcm(a , a , · · · , a ) alors µ et µ sont associés d'où (µ ) =


i i=1 i 1 2 n
0 0 0

(a ). 
1 2 n
T n
(µ) = i=1 i

Théorème IV.2. (Théorème de Bézout) Soit A un anneau principal et a , a , · · · , a des


éléments de A.
1 2 n

a , a , · · · , a sont premiers dans leur ensemble si et seulement si il existe u , u , · · · , u ∈


A tel que u a + u a + · · · + u a = 1 (Identité de Bézout).
1 2 n 1 2 n

1 1 2 2 n n

Preuve. a , a , · · · , a sont premiers dans leur ensemble ⇔ 1 = pgcd(a , a , · · · , a )


(d'après la proposition IV.3.2)
1 2 n 1 2 n

⇔ A = (a ) + (a ) + · · · + (a ) (d'après le Théorème précédent)


1 2 n
⇔ 1 ∈ (a ) + (a ) + · · · + (a )
⇔ ∃u , u , · · · , u ∈ A tel que 1 = u a + u a + · · · + u a . 
1 2 n

1 2 n 1 1 2 2 n n

Remarques.  On n'a pas l'unicité des u qui vérient l'identité de Bézout. i

 Soit A un anneau principal et a , a , · · · , a ∈ A 1 2 n

(i) d = pgcd(a , a , · · · , a ) ⇒ ∃u , u , · · · , u ∈ A, P u a = d. (Attention! n

la réciproque n'est pas vraie).P


1 2 n 1 2 n i=1 i i

(ii) ∃u , u , · · · , u ∈ A, u a = d ⇒ d/pgcd(a , a ,P· · · , a )


1 2 n
n
i i 1 2 n

(iii) (∀i ∈ {1, 2, · · · , n}, d/a ) et (∃u , u , · · · , u ∈ A, u a = d) ⇒ d =


i=1
n
i 1 2 n i)=1 i i
pgcd(a1 , a2 , · · · , an )

Théorème IV.3. (Théorème de Gauss) Soit A un anneau principal et a, b, c ∈ A. Alors :


a/bc et pgcd(a, b) = 1 ⇒ a/c.

Preuve. a/bc et pgcd(a, b) = 1 ⇔ (∃a ∈ A, bc = aa ) et (∃u, v ∈ A, ua + vb = 1) 0 0

(d'après le Théorème de Bézout)


⇒ c = acu + bcv = acu + aa v = a(cu + a v) avec u, v, c, a ∈ A 0 0 0

⇔ a/c.

Proposition IV.4.2. Soit A un anneau principal et a, b, c ∈ A. Alors


 (i) (a ∧ b = 1, a/c et b/c) ⇒ ab/c.
 (ii) (a ∧ b = 1 et a ∧ c = 1) ⇒ a ∧ bc = 1.
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Chapitre3. Anneaux et Corps 27

 (iii) a ∧ b = d ⇒ ∃a , b ∈ A, a = da , b = db et a ∧ b = 1.
0 0 0 0 0 0

 (iv) (a ∧ b)(a ∨ b) = ab.


Preuve. Exercice.
Nous allons achever ce paragraphe par l'une des propriétés fondamentales des anneaux
principaux qui est la décomposition des éléments de A en produit de facteurs irréductibles.
Proposition IV.4.3. Soit A un anneau principal. Soit a un élément de A. Si a est non
nul et non inversible dans A alors il existe un élément irréductible dans A qui divise a.
Preuve. Soit a ∈ A tel que a est non nul et a ∈/ U(A). D'après le corollaire II.2, (a) est
contenu dans un idéal maximal I . Comme A est principal, I = (p) pour un certain p ∈ A,
or, I = (p) est maximal, d'après la proposition IV.2.1, p est alors irréductible. Donc, il
existe un élément p irréductible dans A tel que (a) ⊂ (p), ce qui équivaut à p divise a avec
p un élément irréductible dans A. 

Proposition IV.4.4. Soit A un anneau principal et a, b, p ∈ A. Alors :


(p irréductible et p/ab) ⇒ (p/a ou p/b)

Preuve. Soit a, b, p ∈ A tel que p est irréductible et p/ab. Supposons que p ne divise pas
a, d'après la proposition IV.3.1, p et a sont premiers entre-eux et, en utilisant le théorème
de Gauss, on aura nécessairement p/b. 
Théorème IV.4. Soit A un anneau principal. Tout élément non nul et non inversible de
A a une décomposition a = p , p , · · · , p comme produit d'éléments irréducctibles. Cette
décomposition est unique à un multiplicatif d'associés près.
1 2 m

Preuve. Démontrons d'abord l'existence de la décomposition. On utilise la proposition


IV.4.3 et le lemme suivant :
Lemme 2. Soit A un anneau principal. Toute suite croissante I ⊂ I ⊂ · · · I ⊂ I ⊂
· · · d'idéaux est stationnaire, i.e. il existe k ∈ N tel que si i ≥ k, I = I .
0 1 i i+1

i k

Preuve. En eet, comme (I ) est totalement ordonnée, I est un idéal de A et donc


S

I = (a) pour un certain a ∈ A puisque A est principal. Par suite, il existe k ∈ N tel
j j
S

que a ∈ I d'où (a) ⊂ I et donc (a) = I ; ainsi ∀l ≥ k, I = (a) = I . 


j

k k k l k

Revenons à la démonstration du théorème. Soit a ∈ A tel que a 6= 0, i.e. a ∈/ U(A).


D'après la proposition IV.4.3, a = p a avec p irréductible.
Si a ∈ U(A) alors p a est irréductible (i.e. a est irréductible).
1 1 1

Si a ∈/ U(A), on aura une inclusion stricte (a) ⊂ (a ). De même, a = p a avec p


1 1 1

irréductible.
1 1 1 2 2 2

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On continue ainsi par récurrence. Si le processus se poursuit indéniment, on ob-
tiendrait une suite innie d'idéaux (a) ⊂ (a ) ⊂ (a ) · · · strictement croissante, ce qui
est contradictoire avec le lemme. Donc a = p p · · · p u avec p , p , · · · , p des éléments
1 2

irréductibles et u ∈ U(A), et donc p u est irréductible d'où l'existence de la décomposition.


1 2 k 1 2 k

Montrons l'unicité par récurrence sur le nombre minimum k de facteurs irréductibles


k

dans les diverses décompositions a = p p · · · p de a en produit d'éléments irréductibles.


Pour k = 1, on a a = p et a = q q · · · q une autre décomposition de a en produit
1 2 k

d'éléments irréductibles, supposons que m > 1, alors q divise p et comme p est irré-
1 1 2 m

ductible q = up pour un certain u ∈ U(A) d'où a = p = up q · · · q . Par intégrité


1 1 1

de A on obtient 1 = uq q · · · q d'où q est inversible. Ceci est absurde, donc m = 1 et


1 1 1 1 2 m

p = a = q . Soit k ≥ 2, supposons l'unicité pour les éléments de A qui sont en produit


2 3 m 2

d'au plus k − 1 facteurs irréductibles. Soit a = p p · · · p un produit de k facteurs irréduc-


1 1

tibles. Si a = q q · · · q est une autre décomposition de a en facteurs irréductibles, d'après


1 2 k

la proposition IV.4.4, il existe 1 ≤ i ≤ m tel que p divise q . Quitte à permuter les q , on


1 2 m

peut supposer que p divise q , on en déduit que q = up pour un certain u ∈ U(A) et donc
1 i i

a = p p · · · p = up q · · · q et par intégrité de A, on obtient b = p p · · · p = uq · · · q .


1 1 1 1

L'élément b ∈ A est produit de k − 1 facteurs irréductibles; d'après l'hypothèse de récur-


1 2 k 1 2 m 2 3 k 2 m

rence m − 1 = k − 1, donc k = m et il existe une permutation de {2, · · · , k} tel que p et


sont associés. Donc, si a = p p · · · p = q q · · · q alors k = m et il existe σ ∈ S
i
q
tel que ∀i ∈ {1, 2, · · · , k}, p et q sont associés. La décomposition est ainsi unique. 
σ(i) 1 2 k 1 2 m k

i σ(i)

Remarque. Dans un anneau principal A, on n'a pas toujours (comme dans Z) un choix
canonique de représentants dans chaque classe d'éléments irréductibles associés.
Dénition IV.4.2. On appelle système d'irréductibles (ou de représentants) dans l'an-
neau principal A, une famille P = (x ) d'éléments irréductibles de A tel que
(i) tout élément irréductible de A est associé à un x pour un certain i ∈ I ,
i i∈I

(ii) si i 6= j, x 6= x , i.e. x et x ne sont pas associés.


i

Donc, pour tout élément a ∈ A \ {0} tel que a ∈/ U(A), a s'écrit sous la forme a =
i j i j

up p · · · p avec u ∈ U(A), p , p , · · · , p ∈ P distincts et α , · · · , α ∈ N .


α1 α2
1 2
αm
m 1 2 m 1 m

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