Techniques chirurgicales des récessions gingivales
Techniques chirurgicales des récessions gingivales
Après avoir exposé les indications de traitement des récessions gingivales et défini les
grands objectifs de la chirurgie plastique parodontale dans cette partie, nous intéresserons
plus particulièrement aux différentes techniques chirurgicales existantes, en présentant leurs
avantages, mais aussi leurs inconvénients vis-à-vis des exigences esthétiques actuelles de la
chirurgie muco-gingivale.
Lors de l’anamnèse, le patient parle de « déchaussement » et n’aime pas cet aspect de dent
allongée. Il craint à long terme de perdre sa dent.
Notre rôle sera donc de lui faire comprendre que ce type de lésion n’entraine que très
rarement la perte des dents et qu’il existe des moyens chirurgicaux capables de renforcer la
qualité des tissus et pouvant mettre un frein à la progression de la récession. Dans le meilleur
des cas, si la récession correspond à une classe I ou II de Miller et si certaines conditions sont
réunies on pourra espérer un recouvrement complet de la récession. Cette amélioration
restante, bien sûr, dépendante de la qualité des tissus, du choix de la technique, de
l’expérience du praticien et surtout du potentiel de cicatrisation propre à chaque patient.
Dans la littérature, la demande esthétique représente la principale indication des
techniques chirurgicales de recouvrement radiculaire (DE SANCTIS et ZUCCHELLI, 1996).
Hypersensibilité radiculaire
Les surfaces radiculaires dénudées par la récession gingivale peuvent être hypersensibles
aux variations thermiques ou au toucher. Les doléances du patient pourront alors varier d’une
gêne légère lors de la consommation de boisson froide à des manifestations douloureuses
vraies pouvant limiter le contrôle de plaque (ADDY et WEST, 1994).
Lors de l’examen clinique, les zones de récession peuvent être localisées à l’aide d’une
sonde ou principalement par application d’un jet d’air froid. Généralement, le patient dirige le
praticien sur les zones sensibles.
Lésion évolutive
L’indication d’un traitement étant posée, le praticien doit ensuite identifier puis gérer les
facteurs ayant entraîné l’apparition de la récession (PATEL et coll., 2011).
La suite du traitement initial est ensuite adaptée à chaque patient. En effet, nous l’avons vu
précédemment, les récessions parodontales sont d’étiologies multifactorielles. Il conviendra
donc, en fonction de l’étiologie de la lésion, d’éliminer facteurs de rétention de plaque, freins
aberrants, de corriger les malpositions par traitement orthodontique afin de replacer la dent
dans son enveloppe osseuse, de supprimer les habitudes nocives ou tout autre objet source
d’agression pour le parodonte. Le but final étant la suppression totale de tous les facteurs quel
qu’ils soient, pouvant empêcher la stabilité et la santé parodontale avant d’envisager le
recouvrement.
1.4. Réévaluation :
Comme dans tout traitement parodontal, la phase étiologique est suivie d’une réévaluation
; Celle-ci survient quelques semaines plus tard. Cette phase est essentielle car c’est elle qui
nous donne la possibilité d’une intervention chirurgicale. La réévaluation clinique passe par
un sondage, la mesure de la hauteur de tissu kératinisé, la hauteur de la récession et enfin sa
largeur. Mais notre rôle est surtout d’évaluer si le contrôle de plaque est bien acquis par le
patient. On vérifie à nouveau l’ajustement occlusal en veillant à ce que toutes les
interférences travaillantes et non travaillantes aient bien été supprimées. Enfin, l’absence de
poche parodontale et de lyse osseuse est essentielle pour pouvoir passer à la phase
chirurgicale du traitement. Rappelons que seul le traitement chirurgical des Classe I et II de la
Classification de Miller permettra d’espérer un recouvrement à 100%.
Figure : Evaluation clinique de la récession à l'aide d'une sonde parodontale (de gauche
a droite) : 1) hauteur de la récession ; 2) hauteur de gencive kératinisé.
Il n’est pas indiqué chez le patient fumeur, et de manière générale chez le patient
présentant des contre-indications d’ordre médicale. C’est au cours de l’anamnèse que le
praticien se renseignera sur l’état de santé du patient et qu’il évaluera avec précision sa
consommation de tabac.
Palmer et Coll. démontrent en 2005, que le tabagisme affecte la vascularisation des tissus
gingivaux ainsi que les réponses immunitaires et inflammatoires. Plus qu’un effet
vasoconstricteur simple, le tabagisme entraîne une réduction chronique de l’apport sanguin et
de la saturation en oxygène de l’hémoglobine au niveau gingival. Des études in vitro ont
également démontré les effets néfastes du tabac sur la fonction d’adhérence des fibroblastes à
la surface de la racine (PALMER et Coll., 2005). Ainsi, le potentiel de cicatrisation des tissus
parodontaux s’en trouve déjà réduit chez les fumeurs.
Une revue systématique a été réalisée en 2009, éclairant l’influence du tabagisme sur les
résultats obtenus par les procédures de recouvrement gingivales (CHAMBRONE et Coll.,
2009). Celle-ci confirme que les possibilités de la chirurgie muco-gingivale sont plus
restreintes et les résultats obtenus sont moins bons chez les fumeurs que chez les non-
fumeurs. En effet, on note une plus grande réduction de la récession gingivale et un gain du
niveau d’attache clinique significativement plus élevé pour les non-fumeurs (ANDIA and
Coll., 2008). Cette différence est observée aussi bien avec la technique du lambeau déplacé
corolairement (SILVA and Coll., 2006), que celle de la régénération tissulaire guidée
(TROMBELLI et SCABBIA, 1997) ou de la greffe de conjonctif enfoui (ERLEY and Coll.,
2006).
Le rôle du praticien sera donc de prévenir le patient de l’influence négative du tabac sur
les chances de succès du traitement et de l’encourager à arrêter de fumer, ou du moins
d’éviter de fumer complètement durant la période entourant la procédure chirurgicale et
surtout pendant la première phase de guérison.
1.5. Objectifs :
Autrefois le manque de gencive attachée était considéré de façon systématique comme une
situation pathologique. De nos jours, certaines études ont prouvé que la santé parodontale
peut malgré tout être maintenue lorsque le contrôle de plaque est adéquat (DORFMAN et
Coll., 1982). Cependant chez certains patients, la récession peut continuer à évoluer malgré
l’absence d’inflammation ou de tout autre facteur étiologique. On réalise alors une greffe
pour augmenter la hauteur de tissu kératinisé afin de renforcer la qualité des tissus gingivaux
et de prévenir le risque de récession ou de stopper son évolution.
Dans cet autre cas, le but est d’obtenir le recouvrement complet de la récession, afin
d’améliorer l’esthétique et d’amoindrir l’hypersensibilité dentinaire qui accompagne souvent
ces lésions.
Le praticien dispose d’un éventail de choix très large pour traiter les récessions
parodontales. Afin de satisfaire ces exigences esthétiques et de recouvrement à 100%, le
praticien devra donc être en mesure de choisir la technique la plus adaptée et la plus
prévisible en fonction de chaque situation clinique.
Technique chirurgicale
Figure : Lambeau déplacé coronairement (de gauche à droite) : incisions tractions
coronaire et sutures.
Pour cela on réalise trois incisions : une intrasulculaire qui suit le contour de la
récession et deux incisions de décharges verticales. Le lambeau est soulevé en épaisseur
totale ou partielle jusqu’à la ligne muco-gingivale, puis on réalise une dissection partielle au-
delà de cette ligne qui libère la muqueuse des plans profonds. Ainsi le lambeau obtient la
souplesse nécessaire pour être tracté coronairement sans tension (ROMAGNA-GENON,
GENON, 2001).
Avantages :
Cette technique ne nécessite donc qu’un seul site opératoire puisque le greffon pédiculé
est juste repositionné plus coronairement.
La base du lambeau permet une vascularisation continue (PATEL et coll., 2011). Ainsi
les complications post opératoires sont minimes et la cicatrisation optimale.
Le rendu esthétique est très appréciable puisque le tissu greffé provient justement de
l’environnement immédiat. Ce type de traitement peut être réalisé pour une ou plusieurs
récessions.
Inconvénients:
Cependant, cette technique nécessite certaines conditions anatomiques. Elle ne peut être
réalisée qu’en présence d’un biotype parodontal épais, avec une hauteur de tissu kératinisé
qui subsiste sous la récession (minimum 3mm) et un vestibule suffisamment profond pour
pouvoir tracter le tissu (De SANCTIS, ZUCCHELI, 1996). Ce cas est plutôt rare puisque,
nous l’avons vu précédemment, si une récession a pu se développer c’est justement parce que
le biotype parodontal était défavorable.
C’est pourquoi le LPC trouve surtout son application en association avec d’autres
techniques que nous décrirons plus tard (PATEL et Coll., 2011).
D’autre part, il n’y a aucun apport de gencive kératinisée supplémentaire avec cette
technique, puisque celle-ci est simplement déplacée plus coronairement.
Trente ans plus tard, Grupe et Warren nous proposent le lambeau déplacé
latéralement. Le tissu est cette fois prélevé latéralement à la récession et déplacé selon un
mouvement de rotation pour recouvrir la dénudation.
Technique chirurgical
Avantages
Les suites opératoires sont minimes, avec des douleurs possibles dans les premières
heures à cause de la plaie laissée à vif au niveau du site donneur adjacent.
Cette intervention ne nécessite qu’un seul site d’intervention et permet ici d’apporter de
la gencive kératinisée.
L’esthétique est assurée car le tissu apporté du site donneur a les mêmes caractéristiques
tissulaires que celui du site receveur.
Inconvénients
Mais certaines conditions anatomiques sont également requises, notamment la présence
d’une quantité de gencive kératinisée suffisante latéralement à la lésion, égale à une fois et
demie la largeur de la récession à recouvrir (GARDELLA et Coll., 1997). Le tissu osseux
devra également être épais pour éviter de créer des défauts là où l’os reste exposé une fois
l’intervention terminée (SERFATY, 1993). Le vestibule devra être profond. Cette technique
ne peut pas être réalisée pour des récessions multiples, mais trouvera toute son indication
pour les récessions peu profondes, de formes triangulaires.
Technique chirurgicale
Avantages :
Là encore le rendu esthétique est très appréciable grâce à la fusion du lambeau avec la
gencive adhérente adjacente.
Inconvénients
Les points de suture reliant les deux papilles sont positionnés exactement sur la zone
avasculaire, pouvant rendre la cicatrisation du lambeau plus complexe et le risque d’échec de
recouvrement plus important.
C’est une greffe gingivale dite « libre » car à l’inverse des greffes pédiculés ou
lambeaux, le greffon visant à recouvrir la racine dénudée n’est pas relié au site donneur par
un pédicule. Elle consiste à prélever un « morceau » de gencive au palais, qu’on vient suturer
pour recouvrir la racine dénudée. Nabers est le premier à détailler les grandes étapes de cette
technique (NABERS, 1966).
Technique chirurgicale :
Tout débute par la préparation du lit receveur. On réalise une incision horizontale passant
au niveau de la jonction amélo-cémentaire et qui s’étend de part et d’autre de la zone à traiter.
Les papilles sont conservées et seront source d’ancrage pour nos sutures. Puis on dessine
deux incisions verticales divergentes qui délimitent les bords du lit. Celui-ci est étendu
apicalement et latéralement d’au moins 3 millimètres. La racine étant avasculaire, ce sont ces
zones qui fourniront la vascularisation nécessaire à la survie du greffon. Un lambeau
d’épaisseur partielle est levé puis excisé apicalement.
Le lit receveur est prêt à recevoir son greffon. Celui-ci possède les dimensions exactes
du lit pour une coaptation optimale. On le prélève au palais : la gencive est épaisse, composée
d’épithélium et de tissu conjonctif. Des sutures sont réalisées assurant un contact étroit entre
le greffon, la surface radiculaire et le lit receveur.
Une étude a démontré que durant les premières 48 heures suivant l’intervention, la
nutrition des cellules du greffon est assurée grâce à une circulation « plasmatique » provenant
des bords du lit. Par la suite une anastomose a lieu entre les vaisseaux du lit receveur et ceux
préexistant au niveau du greffon. Finalement de nouveaux vaisseaux viennent coloniser le
greffon et il faudra attendre le cinquième jour pour que la circulation soit presque entièrement
rétablie (OLIVER and Coll., 1968).
Avantages :
Les qualités du tissu palatin permettent la création d’un excellent bandeau de gencive
attaché et stable à long terme permettant de prévenir ou de stopper l’évolution d’une
récession.
Inconvénients :
En revanche, l’utilisation de la GEC dans le but de recouvrir une lésion est plus
décevante. On ne pourra que rarement l’utiliser dans les secteurs antérieurs car l’apparence et
la couleur nacrée du tissu greffé lui confèrent souvent un aspect disgracieux.
Cette technique nécessite deux sites d’intervention distincts, rendant les suites
opératoires douloureuses, et entrainant une cicatrisation de seconde intention au palais
(BRASHER and Coll., 1975).
Seulement, si la récession est trop large, le pontage peut ne pas avoir lieu et le greffon qui
n’est plus irrigué, nécrose (SULLIVAN et ATKINS, 1968).
Figure 28 : Résultat d'une greffe gingivale libre sur 44 et 45, la greffe est visible et
donne un résultat peu esthétique.
Il s’agit en faite d’un lambeau d’épaisseur partielle déplacé coronairement, sous lequel
est glissé un greffon de conjonctif, la technique ayant initialement été proposée en 1982 dans
une publication dédiée à la chirurgie pré prothétique (LANGER et CALAGNA, 1982).
Depuis différentes méthodes ont été proposées.
Toutes les techniques que nous décrirons débutent par la préparation du lit receveur et se
poursuivent par le prélèvement du greffon conjonctif. Celui-ci peut être prélevé au palais le
plus souvent, au niveau des tubérosités et des crêtes édentées (EDEL, 1974). Trois grandes
méthodes de prélèvement ont été décrites au cours du temps : la technique de la trappe
(EDEL, 1974), la technique des incisions parallèles (LANGER et LANGER, 1985) et la
technique modifiée de Bruno (1994). Les modifications ainsi apportées cherchant toujours à
favoriser la cicatrisation au niveau du site donneur, à limiter les douleurs post opératoires et à
faciliter le prélèvement pour l’opérateur.
Technique chirurgicale :
Pour préparer le lit receveur, on réalise une incision intrasulculaire autour de la récession
se poursuivant par des incisions horizontales de part et d’autre de la jonction amélo-
cémentaire. Celles-ci respectent le système d’attache des dents voisines et laissent les papilles
intactes. Pour terminer la réalisation du lambeau, deux incisions de décharge verticales sont
tracées au-delà de la ligne muco-gingivale, le lambeau est disséqué en épaisseur partielle.
Le lit devra avoir une base pédiculée large et dépasser apicalement de 3 mm la récession
afin d’obtenir le meilleur apport vasculaire qui soit.
Le greffon est immobilisé puis suturé au tissu conjonctif sous-jacent à l’aide de fil
résorbable. Puis on vient replacer et suturer le lambeau dans sa position initiale.
Figure : Greffe de conjonctif selon la technique de Langer, (de gauche à droite) : tracé
d'incision du lambeau muco-gingival, adaptation du greffon conjonctif sur le site
receveur, suture du lambeau repositionné in situ.
Avantages :
Le greffon est ici protégé entre deux plans nourriciers : il se trouve vascularisé sur sa
face interne par le site conjonctive-périosté et sur sa face externe par le lambeau qui le
recouvre. Les chances de survie du greffon sont donc multipliées.
D’autre part, le rendu esthétique est également très appréciable puisque le lambeau vient
recouvrir une grande partie du greffon.
Cette nouvelle technique fait à présent toute la différence puisqu’elle combine l’apport
tissulaire de la greffe libre nécessaire pour renforcer la qualité des tissus, aux avantages
vasculaires et esthétiques d’un lambeau.
Inconvénients :
Dans une des premières variantes de la technique de Langer et Langer, certains auteurs
proposent en 1987 de recouvrir totalement le greffon pour aboutir à un risque minimum de
nécrose et à un fondu esthétique optimal.
Afin d’obtenir l’enfouissement total du greffon on associe donc cette greffe conjonctive à
un lambeau positionné coronairement.
Technique chirurgicale:
Avantages :
Inconvénients :
L’enfouissement complet du greffon grâce au LPC est préféré lorsque du tissu kératinisé
persiste sous la récession (Classe I de Miller).
Cette technique nécessite toujours deux sites d’interventions, pouvant entraîner des
suites post opératoires douloureuses. Le prélèvement du greffon est délicat.
Il faudra veiller aux tractions des brides musculaires qui peuvent être dans certains cas,
une contre-indication au LPC si celles-ci s’avèrent trop importantes. En effet, les tensions
musculaires peuvent empêcher la traction en sens inverse du lambeau ou faire réapparaître la
récession.
1.7.4. La greffe de conjonctif enfoui associé à un LPL :
Technique chirurgicale :
Figure : Greffe de conjonctif associée à une double papille (de gauche à droite) :
incisions, suture du greffon, traction mésial et coronaire des deux lambeaux papillaires
Nelson utilise en fait un lambeau bipapillaire de préférence sur une récession isolée et un
lambeau multi-papillaire sur des récessions multiples. Il réalise donc les incisions
conventionnelles que nous avons décrites précédemment et soulève les deux petits lambeaux
papillaires en épaisseur totale. Plus tard, Harris propose de soulever les lambeaux en
épaisseur partielle, il réduit ainsi l’exposition de l’os (HARRIS, 1992). Les deux papilles sont
suturées entre elles. On vient placer le greffon uniquement constitué des tissus conjonctifs sur
la récession et on le suture sur les berges latérales à l’aide de fils résorbables. Le lambeau
bipapillaire est tracté jusqu’à la ligne amélo-cémentaire et suturé ainsi.
Figure : de gauche à droite : Tracé d’incisions ; suture du lambeau bipapillaire mise en
place du greffon de conjonctif
Avantages :
Les avantages sont les mêmes que pour une greffe de conjonctif associé à un LPC.
L’apport tissulaire de conjonctif permet d’augmenter la hauteur et l’épaisseur du tissu
kératinisé, tandis que le lambeau qui vient recouvrir le greffon permet de conserver un
résultat très esthétique. La double vascularisation est assurée, garantissant d’importantes
chances de survie à la greffe.
Inconvénients
Le lambeau lorsqu’il est déplacé latéralement, laisse une partie d’os exposée pouvant faire
suite à des douleurs sur le site receveur, en plus des douleurs pouvant survenir au niveau du
site donneur.
Technique opératoire:
Avantages :
Les sutures sont moins nombreuses offrant un résultat encore plus esthétique et sans
cicatrice normalement visible avec des incisions de décharge (MATTOUT et MATTOUT,
2008).
La greffe est réalisée de manière la plus atraumatique possible, laissant peu de douleur
post opératoire. On pourra appliquer cette technique à la récession de classe I et II de Miller.
Inconvénients :
De plus, cette technique ne nous permet pas de tracter le lambeau dans le but de
recouvrir le greffon. Une partie reste donc exposée et s’épithélialisera par la suite, pouvant
cicatriser de façon moins esthétique.
Plus tard, certains auteurs ont proposés une technique modifiée de l’enveloppe dans
laquelle les papilles interproximales sont libérées afin de pouvoir glisser le greffon sur
plusieurs lésions dans le cas de récessions contiguës.
1.7.6. La tunnelisation :
Technique chirurgicale :
Avantages :
Cette technique présente les mêmes avantages que celles de l’enveloppe mais se trouve
améliorée car elle permet de traiter les cas de récessions multiples tout en conservant l’apport
vasculaire provenant des papilles. L’apport nourricier obtenu en direction coronaire grâce à
leur préservation permet une revascularisation rapide du greffon et accélère le processus de
cicatrisation. Le plus gros avantage résidant toujours dans l’absence d’incisions de décharges
permettant d’obtenir un environnement vasculaire très favorable ainsi qu’un très bon rendu
esthétique.
Inconvénients :
Cette technique nécessite toujours deux sites opératoires distincts pouvant entrainer des
douleurs postopératoires importantes.
Cette technique ne permet pas de tracter le lambeau afin de recouvrir le greffon, celui-ci
reste donc partiellement exposée au niveau des récessions et présente un risque de nécrose.
Là encore la technique a été modifiée par la suite, afin de pouvoir tracter le lambeau et
recouvrir entièrement le greffon.
La greffe de conjonctif enfoui ayant donnée grande satisfaction clinique grâce à cette
innovation de double vascularisation, sa difficulté de réalisation et la nécessité d’intervenir
sur deux sites opératoires distincts amènent certains auteurs à réfléchir à d’autres solutions de
remplacement (ROAMAGNA-GENON et GENON, 2002).
Le concept de régénération tissulaire guidée proposé par Nyman en 1982 est fondé sur la
génération du complexe parodontal ad integrum (NYMAN et Coll., 1982). Celui-ci connaît
un engouement général dans les années 90, et Gottlow est le premier à démontrer son
application possible pour le traitement des récessions gingivales sur le singe.
Gottlow et son équipe ont démontré qu’en interposant une « barrière » physique entre le
tissu gingival épithélio-conjonctif et la surface radiculaire, les cellules issues du desmodonte
seraient ainsi en mesure d’intervenir et permettraient alors la régénération du système
d’attache (GOTTLOW and Coll., 1986).
Cette barrière microporeuse est constituée par une membrane qui doit :
Être occlusive aux cellules épithéliales et conjonctives tout en restant perméable aux
fluides.
Maintenir un espace entre la surface radiculaire et le lambeau pour la formation d’un caillot
et permettre une régénération.
Technique opératoire:
Avantages:
Cette technique est préférentiellement utilisée pour les dents maxillaires dont le vestibule
est favorable au déplacement coronaire du lambeau. Celui-ci nous permettra d’ailleurs
d’obtenir un résultat tout à fait esthétique.
Pini Prato et son équipe ont démontré dans une étude en 1992, que cette technique
procure un plus grand recouvrement radiculaire en cas de récession profonde qu’avec une
chirurgie muco-gingivale classique. En effet, lorsque la perte d’attache était supérieure à
5mm, la RTG offrait un recouvrement de la récession plus élevé (PINI PRATO, 1992).
Inconvénients :
Nous l’avons vu, l’inconvénient majeur de cette technique réside dans la nécessité
d’intervenir une deuxième fois pour déposer la membrane si celle-ci est non résorbable.
Certains cas rapportent même une perte du tissu régénéré lors de cette dépose.
La mise sur le marché de membrane résorbable a donc permis d’éliminer cette deuxième
étape, mais leur coût très élevé limite tout de même leur utilisation.
Il existe également des risques d’exposition des membranes qui constituent une porte
d’entrée aux bactéries et peuvent être source d’infection (DANESH-MEYER et WIKESJO,
2001).
Les mêmes que pour une greffe de Laisse une partie d’os exposée :
La greffe de conjonctif associé à un LPC. Faire suite à des douleurs sur le site
conjonctif enfoui + Le LPL permet, quant à lui, de receveur + des douleurs au niveau du
associé à un LPL contourner l’absence de gencive site donneur.
kératinisée apicalement à la
récession.
La dissection du lambeau en
épaisseur partielle délicate, et
L’absence d’incisions de augmente les risques de déchirer le
La greffe de décharges au niveau du site Lambeau.
conjonctif enfoui receveur. Ne nous permet pas de tracter le
par la technique de Les sutures sont moins lambeau dans le but de recouvrir le
l’enveloppe nombreuses offrant un résultat griffon
encore plus esthétique. Pouvant cicatriser de façon moins
Atraumatique laissant peu de esthétique.
douleur post opératoire. Ne permet pas de traiter les
récessions multiples.