Algèbre 3 : Endomorphismes et Diagonalisation
Algèbre 3 : Endomorphismes et Diagonalisation
i
Algèbre 3
ur
Cours et exercices corrigés
bo
Polycopie destiné aux étudiants de 2ème année licence en mathématiques
jeb
Université de Saïda - Dr Moulay Tahar
Département : MATHEMATIQUES
Laboratoire : Géométrie, Analyse, Contrôle et Applications
D
b.
Tayeb Djebbouri 1
ye
Ta
bo
Introduction 4
1.1.2
jeb
Éléments propres d’un endomorphisme . . . . . . . . . . . . . . . . .
1.1.1 Valeurs propres et vecteurs propres . . . . . . . . . . . . . . .
Caractérisation des valeurs propres . . . . . . . . . . . . . . .
6
6
8
1.2 Sous-espaces propres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.1 Somme de sous-espaces propres . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.3 Cas d’un espace de dimension finie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
D
1.3.1 Écriture sous forme matricielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.3.2 Calcul des valeurs propres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
b.
i
3.2 Illustration avec un exemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
3.3 Réduction de Jordan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
ur
3.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
4 Annales 92
bo
Bibliographie 95
D jeb
b.
ye
Ta
i
ur
Introduction
bo
Étant donné un endomorphsime f d’un espace vectoriel E sur un corps commutatif
k. On rappelle que, pour tout n ∈ N, la puissance nième de f , que l’on note f n , est
définie par
jeb
f 0 = IdE et f n+1 = f n ◦ f.
Une question naturelle se pose : étant donnée l’expression explicite de f (x), pour
tout x ∈ E, peut-on retrouver l’expression explicite de f n (x) ?
Le réponse à cette ne semble pas évidente même lorsque E est de dimension finie, car
il s’agit de calculer la puissance nième d’une matrice carrée A d’ordre n à coefficients
D
dans k. Comme on sait que la puissance nième d’une matrice diagonale D est la
matrice diagonale dont les éléments composant la diagonale sont les puissances nième
de éléments diagonaux de D. Si la matrice A n’est pas diagonale, on peut espérer
b.
où P est une matrice inversibles et D une matrice diagonale. Auquel cas, on aurait
ye
An = P Dn P −1 ,
À défaut de pouvoir diagonaliser une matrice carrée, on peut espérer soit, écrire A
sous la forme triangulaire ou sous une forme diagonale par blocs appelée la forme de
Jordan.
Dans tous les cas de figure cités ci-dessus, il s’agit de réduire l’endomorphisme f , ou sa
matrice associée relativement à une base de E. La réduction des endomorphismes en
TABLE DES MATIÈRES 5
i
constants, elle fera l’objet de ce manuscrit qui est organisé comme suit :
Le premier chapitre est consacré à l’introduction des valeurs propres d’un endomor-
ur
phisme et leurs espace propres associés, avec une attention particulière accordée au
cas d’un espace vectoriel de dimension finie où l’on traite des exemples concrêts de
calcul explicites des valeurs propres et leurs espace propres.
bo
Le deuxième chapitre s’articule autour de la diagonalisation d’un endomorphisme.
Après la définition, on se restreint au cas de dimension finie où l’on parle du théorème
de Cayley-Hamilton et de la décomposition de Dunford entre autres.
Le troisième et dernier chapitre étudie le cas où l’endomorphisme n’est pas diagona-
jeb
lisable. Dans ce cas, deux possibilités de réduction s’offrent à nous : la trigonalisation
et la réduction de Jordan, ces deux notions seront introduites et illustrées avec des
exemples.
À la fin de chapitre il y a des exercices d’entraînement avec solutions. Quant aux
anciennes épreuves d’évaluation, elle sont regroupées à la fin de ce manuscrit qui
D
s’achève avec une bibliographie.
b.
ye
Ta
i
ur
Chapitre 1
bo
Réduction des endomorphismes
jeb
Dans tout le maniscrit, K désigne R ou C
λ.
– Le couple (λ, u) de K × (E \ {OE }) se nomme élément propre de f .
– L’ensemble des valeurs propres de f , noté Sp(f ), se nomme le spectre de f
Remarques :
Ta
i
partiennent nécessairement au même espace vectoriel.
ur
Exemple 1.1.1. Soit E un R -espace vectoriel et soit p ∈ L(E) tel que p ◦ p = p.
On déterminer les valeurs propres de p.
bo
=⇒ p(p(u)) = p(λu) car p est une application
=⇒ p ◦ p(u) = λp(u) car p est linéaire
=⇒ p(u) = λp(u) car p ◦ p = p
=⇒ λu = λ2 u carλ valeur propre de p
jeb 2
=⇒ (λ − λ)u = OE
Utilisons le fait que u 6= OE cela nous donne λ2 − λ = 0 ⇒ λ = 0, ou λ = 1.
d’où Sp(p) ⊆ {0, 1}. Inversement, si p 6= 0L(E) ; ∃u ∈ E \ {OE } : p(u) 6= OE ⇒ ∃v =
p(u) 6= OE : p(v) = v
Si p ∈ L(E) − {0L(E) , IdE } : Sp(p) = {0, 1}
D
Exemple 1.1.2. Considérons à présent le R-espace vectoriel C ∞ (R) des applications
définies sur R à valeurs dans R et indéfiniment dérivables sur R. Cet espace est de
dimension infinie. Considérons l’application linéaire D qui à un élément ϕ de C ∞ (R)
b.
D : C ∞ (R) → C ∞ (R)
ye
f 7→ D(f ) = f 0 .
∃f 6= 0C ∞ R /D(f ) = λf ⇒ f 0 = λf
Ta
i
f (e1 ) = e1 − e2 − e3 , f (e2 ) = −e1 + e2 − e3 , f (e3 ) = −e1 − e2 + e3
ur
Le vecteur u1 = e1 + e2 + e3 est un vecteur propre de f associé à la valeur propre
λ1 = −1 car
f (u1 ) = f (e1 + e2 + e3 )
bo
= f (e1 ) + f (e2 ) + f (e3 ) (f est linéaire)
= −(e1 + e2 + e3 )
= −u1 .
1.1.2
jeb
Caractérisation des valeurs propres
On note IdE l’application identité de E, i.e.
IdE : E → E
x 7→ IdE (x) = x
D
Soient λ ∈ K une valeur propre de l’endomorphisme f de E et u un vecteur propre
associé à λ. On a les équivalences suivantes :
⇔ u ∈ ker(f − λIdE )
L’existence d’un vecteur propre u, qui est nécessairement non nul, signifie que le
noyau de l’endomorphisme f −λIdE n ’est pas réduit au vecteur nul, ou, d’une manière
ye
Une condition nécessaire et suffisante pour que λ ∈ K soit valeur propre de f est que
l’endomorphisme f − λIdE ne soit pas injectif.
Une valeur propre peut-elle être nulle ?
Bien évidemment, la réponse est «oui». 1 En effet, 0 est valeur propre d’un endomor-
1. En revanche, un vecteur propre n’est, par définition , jamais égal au vecteur nul
1.1 Éléments propres d’un endomorphisme 9
phisme f de E signifie qu’il existe un vecteur non nul u de E tel que f (u) = Ou = OE .
Autrement dit, 0 est valeur propre de f signifie que
i
ker f 6= {OE }
ur
c’est-à-dire que f n’est pas injectif. Ainsi, une condition nécessaire et suffisante pour
que 0 soit valeur propre de f est que f ne soit pas injectif.
bo
(λ, u) ∈ K × (E \ {OE }) un élément propre de f . Alors, pour tout n ∈ N∗ ,(λn , u)
est un élément propre de f n où
fn = f ◦ f ◦ · · · ◦ f
jeb | {z }
n f ois
Preuve :
Soit (λ, u) ∈ K × (E \ {OE }) un élément propre de f . Montrons que (λn , u) est un
D
élément propre de K pour tout n ∈ N∗ .
Effectuons une récurrence sur l’entier n. La propriété est immédiate pour n = 1.
Supposons que (λn , u) soit un élément propre de f n avec n ≥ 2 (c’est notre hypothèse
b.
Où il a été tenu compte que (λ, u) était un élément propre de f . On a ainsi obtenu
l’égalité : f n+1 (u) = λn+1 u, ce qui montre que (λn , u) est élément propre de f n .
Supposons à présent f bijectif. Ainsi, f est injectif et λ 6= 0 (nous utilisons ici la
caractérisation suivante : 0 est valeur propre d ’un endomorphisme f si et seulement
1.2 Sous-espaces propres 10
i
f (u) = λu =⇒ f −1 (f (u)) = f −1 (λu) car f est bijective
=⇒ u = λf −1 (u) car f −1 est linéaire
ur
=⇒ f −1 (u) = λ−1 u car λ 6= 0
bo
1.2 Sous-espaces propres
Lemme 1.2.1. Soit f un endomorphisme d’un K-espace vectoriel E. Considérons
deux vecteurs propres u et v associés à la même valeur propre λ de f . On vérifie que
jeb
tout vecteur non nul de la forme αu + βv avec (α, β) ∈ K2 est aussi vecteur propre
associé à λ. En effet,
Rappelons qu’un vecteur propre est (par définition) non nul. Aussi, pour que l’en-
b.
semble formé de tous les vecteurs propres associés à la valeur propre λ définisse un
sous-espace vectoriel, il faut lui adjoindre le vecteur nul.
vecteur propre de f associé à la valeur propre λ alors tout vecteur non nul colinéaire
à u est aussi vecteur propre de f associé à λ.
Preuve :
Ta
i
sous-espace vectoriel de E constitué des vecteurs propres associés à λ et du vecteur
nul. Autrement dit,
ur
Eλ = {x ∈ E | f (x) = λx}
= ker(f − λIdE ).
Remarques :
bo
– Tous les vecteurs de l’espace propre E ;. sont des vecteurs propres de f (associés à
la valeur propre λ) , à l’exception du vecteur nul.
– Si u ∈ E est un vecteur propre associé à λ ∈ K alors K.u ⊂ Eλ .
– Si 0 est valeur propre de f alors E0 = ker f . En d’autres termes, si 0 est valeur
jeb
propre de f alors le sous-espace propre de f associé à 0 est le noyau de f .
Démonstration :
Soit x un vecteur appartenant au sous-espace vectoriel Eλ1 + . . . + Eλm . Par définition
i
de la somme de sous-espaces vectoriels. il existe x1 , . . . , xm ∈ Eλ1 × . . . × Eλm tel que
ur
x = x 1 + . . . + xm (1.1)
bo
x = x1 + x2 +...+ xm
f (x) = λ 1 x1 + λ2 x2 +...+ λ m xm
(S)
f 2 (x) = λ21 x1 + λ22 x2 +...+ λ2m xm
jeb
f m−1 (x) = λm−1 x1 + λm−1 x2 + . . . + λm−1
m xm
1 2
1 1 1
λ1 λ2 λm Y
.. .. .. = (λj − λi ).
. . . 1≤i<j≤m
ye
λm−1
1 λm−1
2 λm−1
m
Il est non nul puisque les valeurs propres λ1 , . . . , λm sont supposées distinctes deux
à deux. Le système linéaire (S) est donc de Cramer : il existe un unique m-uplet
Ta
i
et on note dimK (E) = n.
ur
1.3.1 Écriture sous forme matricielle
On munit l’espace E d’une base B = (e1 , . . . , en ). Soient f un endomorphisme
bo
de E, λ une valeur propre de f (λ ∈ K) et x un vecteur propre de f associé à λ
(x ∈ E\{0E }). En notant A = (aij )1≤i,j,≤n la matrice (carrée d’ordre n) associée à
f relativement à B et X la matrice-colonne formée des coordonnées x1 , . . . , xn du
vecteur propre x dans la même base B, l’égalité vectorielle
jeb f (x) = λx
AX = λX,
D
c’est-à-dire,
a11 a12 · · · a1n x1 x1
a21 a22 · · ·
a2n x2 x2
b.
= λ .
.. .. ... .. .. ..
. . .
.
.
an1 an2 · · · ann xn xn
ye
On étend aux matrices carrées 2 les notions définies sur les endomorphismes
AX = λX.
2. Les notions de valeur propre et de vecteur propre sont dépourvues de sens pour des matrices
rectangulaires et non carrées !
1.3 Cas d’un espace de dimension finie 14
i
– On appelle espace propre de A associé à λ, et on note Eλ , l e sous-espace de Mn,1 (K)
défini par
ur
Eλ =déf {X ∈ Mn,1 (K) | AX = λX}.
– On appelle spectre de A le sous-ensemble de K constitué de toutes les valeurs propres
de A. On le note Sp(A).
bo
1.3.2 Calcul des valeurs propres
Commençons par donner une caractérisation des valeurs propres, plus pratique que
celle de la proposition (1.1.1). On note In la matrice unité d’ordre n. On rappelle que
jeb
In est inversible et que c’est la matrice associée à l’application identité relativement à
n’importe quelle base de E. Puisque A = M atB (f ), la matrice associée à l’endomor-
phisme f − λIdE relativement à B est A − λIn .
D’après la proposition (1.1.1),
D
λ valeur propre de f ⇐⇒ (f − λ IdE ) non injectif. (1.2)
Puisque l’espace E est de dimension finie, on a équivalence entre les propriétés d’in-
jectivité et de bijectivité de l’endomorphisme f − λIdE . Autrement dit,
b.
On a ainsi l’équivalence :
Enfin, la matrice A − λIn est non inversible si et seulement si, son déterminant est
nul. En regroupant ce dernier résultat avec les trois équivalences (1.2) , (1.3) et (1.4),
on obtient finalement l’équivalence suivante :
i
condition nécessaire et suffisante pour que λ ∈ K soit valeur propre de f est que
ur
det(A − λIn ) = 0
On en déduit que, pour que 0 soit valeur propre de A, il faut et il suffit que det(A) = 0,
c’est-à-dire que A ne soit pas inversible. On a ainsi montré la caractérisation suivante.
bo
Corollaire 1.3.1. Une condition nécessaire et suffisante pour qu’une matrice carrée
A soit inversible est que 0 ne soit pas valeur propre de A. En d’autres termes, pour
toute matrice A carrée d’ordre n sur K, on a l ’équivalence :
.
jeb
A ∈ GLn (K) ⇐⇒ 0 ∈
/ Sp(A)
La détermination des valeurs propres de f dans K est équivaut au calcul des zéros du
polynôme caractéristique PA de degré n. En effet, λ ∈ K est valeur propre de f est
équivaut à PA (λ) = 0, c’est-à-dire à
Ta
i
données x1 , x2 , x3 dans B, associe le vecteur y, de coordonnées y1 , y2 , y3 dans B telles
que
ur
y1 = x1 − x2 − x3 , y2 = −x1 + x2 − x3 , y3 = −x1 − x2 + x3
bo
1 −1 −1
A=
−1 1 −1
−1 −1 1
2−λ −1 −1
1−λ −1 −1 −1
0 1−λ −1 = (2 − λ) +(λ − 2)
−1 1−λ 1 − λ −1
λ−2 −1 1−λ | {z } | {z }
=λ(λ−2) =2−λ
Ta
On obtient ainsi :
2−λ −1 −1
0 1−λ −1 = −(λ + 1)(λ − 2)2
λ−2 −1 1−λ
1.3 Cas d’un espace de dimension finie 17
i
Remarques :
– Soit A = (aij )1≤i,j≤2 une matrice carrée d’ordre 2. Pour tout λ ∈ K,
ur
a11 − λ a12
= (a11 − λ)(a22 − λ) − a12 a21
a21 a22 − λ
= λ2 − (a11 + a22 ) λ + |a11 a22 −
bo
a a
{z 12 21}
| {z }
=T r(A) =det(A)
et, comme indiqué sous les accolades, on remarque que les scalaires a11 + a22 et
a11 a22 −a12 a21 sont respectivement la trace et le déterminant de A. Par conséquent,
jeb
∀λ ∈ KPA (λ) = λ2 − T r(A)λ + det(A).
Plus généralement, si A = (aij )1≤i,j≤n est une matrice carrée d’ordre n alors
Y
PA (λ) = (aii − λ), pourvtout λ ∈ K
i=1
Les deux matrices A et B sont semblables car elles représentent le même endomor-
phisme dans des bases différentes. Elles vérifient ainsi :
i
B = P −1 AP
ur
où P désigne la matrice de passage de B à C. Vérifions que PB (λ) = PA (λ) pour tout
λ ∈ K.
Soit λ ∈ K En utilisant det(P −1 ) = 1
det(P )
, on vérifie :
bo
PB (λ) = det(P −1 AP − λP −1 P )
= det(P −1 (AP − λP ))
= det(P −1 (A − λIn )P )
jeb
= det(P −1 ) × det(A − λIn ) × det(P )
= det(A − λIn )
= PA (λ)
pour toute base B de E. Le calcul des valeurs propres étant invariant par changement
de base, nous pouvons ainsi nous placer dans n’importe quelle base de E pour calculer
ye
i
clos. C’est le cas du corps C. Rappelons que tout polynôme non nul de C[X] de
degré n admet n racines (comptées avec leurs multiplicités) dans C . Le polynôme
ur
caractéristique d’un endomorphisme f d’un C-espace E se factorise ainsi dans C
comme suit :
bo
m
n
(λ − λi )hi
Y
∀λ ∈ K, Pf (λ) = (−1)
i=1
La situation est différente lorsque l’on travaille sur le corps des nombres réels car,
D
contrairement à C, R n’est pas algébriquement clos. Un endomorphisme d’un R-
espace vectoriel peut ne pas avoir de valeur propre. C’est par exemple le cas de la
matrice réelle suivante :
b.
cos θ − sin θ
Aθ = ∈ M2 (R)
sin θ cos θ
ye
i
des valeurs propres . Soit x = x1 e1 + · · · + xn en un vecteur propre de f associé à la
ur
valeur propre λ. Calculer x, c’est résoudre l’équation vectorielle suivante :
(f − λidE )(x) = 0E
bo
.
Les solutions sont les vecteurs du sous-espace propre Eλ = ker(f − λidE ). Puisque
f − λidE n’est pas injective, il existe des solutions autres que le vecteur nul. Se pose
alors la question de la dimension du sous-espace propre Eλ . On sait déjà que Eλ est
de dimension finie et que sa dimension ne peut excéder n puisque Eλ est inclus dans
jeb
E et dimK (E) = n. Remarquons que si u 6= 0E désigne un vecteur propre de f associé
à la valeur propre,λ ∈ K alors, nécessairement, Ku ⊂ Eλ d’où
dimK (Eλ ) ≥ 1
D
car dimK (Ku) = 1. Le sous-espace propre Eλ est donc de dimension supérieure ou
égale à 1. La proposition suivante complète ce résultat.
1 ≤ dimK (Eλ ) ≤ h.
ye
Démonstration Soit dimK (E) = n. Pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, nous notons
provisoirement λ
e une valeur propre de multiplicité h de f et λ la variable du polynôme
Ta
caractéristique Pf . Puisque λ
e est valeur propre de multiplicité h, il existe un polynôme
e h Q(λ)
Pf (λ) = (λ − λ)
1.3 Cas d’un espace de dimension finie 21
i
Pf . Pour cela, nous munissons le sous-espace propre Eeλ , d’une base (u1 , . . . , up ).
ur
D’après le théorème de la base incomplète, on peut compléter cette famille (libre)
par n − p vecteurs v1 , . . . , Vn−p de E, pour obtenir une base de E. Notons C cette
nouvelle base : C = (u1 , . . . , up , v1 , . . . , vn−p ). Pour chaque entier j compris entre 1
et p, le vecteur uj est un vecteur propre correspondant à la valeur propre λ
e On a
bo
donc f (uj ) = λuj pour tout j ∈ 1, . . . , p. Écrivons alors la matrice M atC(f ) associée
e
λ
e 0 ··· 0 u1
.. ..
0
λ
e . .
u2
.
. .. .. ..
. . . 0 R
.
ye
M atC (f ) = 0 ··· 0 λ up
e
v1
0 ··· ··· 0
.. .. .. .. ..
. . . . S
.
Ta
où R est une matrice rectangulaire de type (p, n − p) et S une matrice carrée d’ordre
n − p. L’expression du polynôme caractéristique associé à f étant indépendante de la
base choisie, on a :
Pf (λ) = det(M atC (f ) − λIn ).
1.3 Cas d’un espace de dimension finie 22
i
e − λ)p det(S − λI
Pf (λ) = (λ n−p )
= (−1)p (λ − λ)
e p det(S − λI
ur
n−p ).
e h , d’où p ≤ h. En
ne divisant pas Q, cela signifie qu’il divise nécessairement (λ − λ)
bo
particulier, si la multiplicité de λ
e est égale à 1, on en déduit immédiatement que
p = 1.
Comment déterminer la dimension d’un sous-espace propre ?
Dans le cas d’une valeur propre simple, c’est immédiat car le sous-espace propre
jeb
associé est de dimension égale à 1. En revanche, dans le cas d’une valeur propre de
multiplicité h ≥ 2, cela l’est moins car la dimension du sous-espace propre associé
n’est a priori pas égale à h. Pour déterminer dimK (Eλ ), il suffit cependant d’appliquer
le théorème du rang à l’endomorphisme f − λidE . On obtient alors la relation :
(f − λidE )(x) = 0E
ou, de manière équivalente (en se plaçant dans la base B), vérifiant l’équation matri-
1.3 Cas d’un espace de dimension finie 23
cielle suivante :
a11 − λ a12 ··· a1n x1 0
i
a11 − λ · · ·
a21 a2n x2 0
ur
. =
.
.. .. .. .. . ..
. . . .
.
an1 an2 ··· ann − λ xn 0
bo
mination d’une base du sous-espace propre Eλ . se ramène à la résolution du système
linéaire n × n homogène :
(a11 − λ)x1 + a12 x2 + · · · + a1n xn = 0
jeb
a21 x1 + (a11 − λ)x2 + · · · + a2n xn = 0
(S) ..
.
an1 x1 + an2 x2 + · · · + (ann − λ)xn = 0
où les inconnues sont les scalaires x1 , . . . , xn et où les données sont les coefficients
aij , 1 ≤ i, j ≤ n, de la matrice A ainsi que la valeur propre λ que l’on a calculée
D
au préalable. Bien évidemment, un tel système n’est pas de Cramer puisque son
déterminant est nul (son rang est ainsi strictement inférieur au nombre d’équations).
Il est en revanche compatible (car homogène), ce qui signifie qu’il possède des solutions
b.
1 −1 −1
A=
−1 1 −1 .
−1 −1 1
Nous avons déjà vérifié que Sp(A) = {−1, 2} et que −1 est valeur propre simple et 2
valeur propre double
1.3 Cas d’un espace de dimension finie 24
i
sairement de dimension égale à 1. Soient x = x1 e1 + x2 e2 + x3 e3 un vecteur de Eλ1 ,
rapporté à la base B, et X la matrice-colonne formée des coordonnées x1 , x2 , x3 . On
ur
doit résoudre (A − (−l)I3 )X = 0, c’est-à-dire :
2 −1 −1 x1 0
bo
−1 2 −1
x2
=
0
−1 −1 2 x3 0
(S)
jeb
2x1 − x2 − x3 = 0
−x1 + 2x2 − x3 = 0
−x1 − x2 + 2x3 = 0
0 = 0
Son rang est égal à 2. Ainsi, rg(A − (−1)I3 ) = 2, d’où dimR (Eλ1 ) = 3 − 2 = 1.
On retrouve bien que le sous-espace propre Eλ1 , est de dimension égale à 1.
ye
2x1 − x2 = x3
(S 0 )
3x2 = 3x3
x1 x3
X = x2 = x3 avec x3 ∈ R.
i
x3 x3
ur
Finalement, un vecteur propre x de f associé à λ1 s’écrit sous la forme
x = x3 e1 + x3 e2 + x3 e3 avec x3 ∈ R.
bo
propre associé est une droite vectorielle. Il est donné par Eλ1 = Ru1 .
−x1 − x2 − x3 = 0
ye
x3 x3
x = −(x2 + x3 )e1 + x2 e2 + x3 e3
= x2 (−e1 + e2 ) + x3 (−e1 + e3 ) avec x2 , x3 ∈ R
1.4 Exercices 26
i
forment une base de Eλ2 car le sous-espace Eλ2 est de dimension 2. En choisissant
x2 = 0 et x3 = −1 d’une part, et x2 = 1 et x3 = −1 d’autre part , on obtient les deux
ur
vecteurs propres u2 = e1 − e3 et u3 = e2 − e3 . Ces deux vecteurs forment aussi une
base de Eλ2 . Le sous-espace propre associé à la valeur propre λ2 = 2 est donc un plan
vectoriel. Il est donné par
bo
Eλ2 = vect(u2 , u3 )
Puisque Eλ1 ∩ Eλ2 = {0R3 }, on en déduit que les deux sous-espaces sont supplémen-
taires dans E, ce qu’on écrit E = Eλ1 ⊕ Eλ2 .
1.4 Exercices
D
Exercice 1.1. Soit E un R -espace vectoriel et soit s ∈ L(E) tel que s ◦ s = IdE .
∼ Déterminer les valeurs propres de s.
b.
2
=⇒ (λ − 1)u = OE
i
Z x
D(f ) = f 0 et I(f )(x) = f (t)dt.
ur
0
bo
Solution d’exercice 1.2.
Valeurs propres de D
−Si λ 6= 0 v p de I =⇒ ∃f ∈ E \ {OE }| F = λF 0
Ta
1
=⇒ F 0 (x) = λ1 F (x) ⇒ ∃C ∈ R tq F (x) = Ce λ x
1
=⇒ F (0) = CCe λ 0 ⇒ C = 0
=⇒ F (x) = 0 ∀x ∈ R ⇒ f (x) = F 0 (x) = 0 ∀x ∈ R (Contraduction)
Donc Sp(I) = ∅
1.4 Exercices 28
Valeurs propres de D ◦ I
(D ◦ I) = D(I(f (x)))
i
Rx
= D(x 7→ 0 f (t)dt)
ur
= D(F (x) − F (0)) D(F (0)) = 0
= f (x)
D◦I = Id
bo
(λ v p de D ◦ I) =⇒ ∃f ∈ E \ {OE }|(D ◦ I)(f ) = Id(f ) = λf
=⇒ ∃f ∈ E \ {OE }|f = λf
=⇒ λ = 1
=⇒ λ = 0 ou f (0) = 0
Si λ = 0 alors f = f (0)
Ta
∼ Montrer que : 0 ∈
/ Sp (f ) ⇐⇒ f surjective.
i
0∈
/ Sp (f ) ⇐⇒ f surjective.
ur
Il suffit de démontrer l’équivalence
bo
On a 0 ∈ Sp (f ) ⇐⇒ ∃u 6= 0E tq f (u) = 0u = 0E
⇐⇒ ker f 6= {0E }
⇐⇒ f n0 est pas injective
⇐⇒ f n0 est pas surjective car f ∈ L(E) de dimension f inie
jeb
Exercice 1.4. Soit f l’endomorphisme de C(X) défini par f (P ) = (X − 1)P .
∼ Montrer que f n’a pas des valeurs propres.
Solution d’exercice 1.4. Supposons qu’il existe des valeurs propres de f i.e.
∃P 6= 0C(X) |f (P ) = λP =⇒ (X − 1)P = λP
D
=⇒ deg(λP ) = deg(P ) + 1 (Contraduction car )
−∞ si λ = 0
deg(λP ) = d’une part
b.
deg(P ) si λ 6= 0
−∞ = deg(P ) + 1 P = 0C(X)
d’autre part =⇒ Contraduction
deg(P ) = deg(P ) + 1 1=0
ye
λ v.p. de f ⇐⇒ ∃u 6= 0E tq f (u) = λu
1.4 Exercices 30
i
=⇒ f 2 (u) = λ2 u
..
ur
.
=⇒ f n (u) = λn u
=⇒ 0L(E) = λn u puisque u 6= 0E
=⇒ λn = 0K
bo
=⇒ λ = 0K
Donc Sp(f ) = {0}
Sous espace propre de f
E0 = ker f jeb
Exercice 1.6. Soit E l’espace vectoriel des polynômes de degré inferieur ou égal à 2
et f l’endomorphisme de E défini par f (P ) = (2X + 1)P 0 − (X 2 − 1)P ”.
∼ Trouver les valeurs propres et les vecteurs propres de f .
0 1 2
A= 0 2 2
ye
0 0 2
n o
E0 (f ) = P = a0 + a1 X + a2 X 2 /f (P ) = 0R2 [X]
i
=⇒ 2a2 X 2 + (2a1 + 2a2 )X + a1 + 2a2 = 0R2 [X]
ur
2a2 = 0
=⇒ 2a1 + 2a2 = 0
a + 2a = 0
1 2
a1 = 0
bo
=⇒
a2 = 0
Donc
E0 (f ) = {a0 × 1, a0 ∈ R}
= R0 [X] jeb
Sous espace propre associé à λ = 2
E2 (f ) = {P = a0 + a1 X + a2 X 2 /f (P ) = 2P }
f (a0 + a1 X + a2 X 2 ) = 2P =⇒ 2a2 X 2 + (2a1 + 2a2 )X + a1 + 2a2 = 2a0 + 2a1 X + 2a2 X 2
=⇒ 2a2 X + a1 + 2a2 − 2a0 = 0R2 [X]
2a2 = 0
D
=⇒
a1 + 2a2 − 2a0 = 0
a1 = 2a0
=⇒
a2 = 0
b.
Donc
E2 (f ) = {a0 + 2a0 X/a0 ∈ R}
= {a0 (1 + 2X)/a0 ∈ R}
ye
2 2
Solution d’exercice 1.7. La méthode utilisée consiste à montrer que tout vecteur
x de E peut s’écrire de manière unique sous la forme : x = x1 + x2 + x3 avec x1 ∈
Ker(f −idE ), x2 ∈ Ker(f −jidE ) et x3 ∈ Ker(f −j 2 idE ). Supposons dans un premier
1.4 Exercices 32
i
ur
Les vecteurs x1 , x2 , x3 vérifient nécessairement :
x1 + x2 + x3 = x
x1 + jx2 + j 2 x3 = f (x)
bo
x1 + j 2 x2 + jx3 = f 2 (x)
1
x2 = (x + j 2 f (x) + jf 2 (x)).
b.
Les trois vecteurs x1 , x2 , x3 ainsi calculés sont les seules solutions (si elles existent !)
possibles (l’unicité de l’écriture implique l’unicité de ces solutions).
Pour que notre raisonnement soit complet, il reste à vérifier que x1 appartient à
Ker(f − idE ), que x2 appartient à Ker(f − jidE ), que x3 appartient à Ker(f − j 2 idE )
1.4 Exercices 33
i
1
f (x1 ) = (f (x) + f 2 (x) + f 3 (x))
ur
3
1
= 3
(f (x) + f 2 (x) + x)
= x1
bo
à Ker(f − idE ). On vérifie de même que le vecteur x2 appartient à Ker(f − jidE )
puisque
1
f (x2 ) = 3
(f (x) + j 2 f 2 (x) + jf 3 (x))
1
= (f (x) + j 2 f 2 (x) + jx)
jeb
= jx2
3
1
f (x3 ) = 3
(f (x) + jf 2 (x) + j 2 f 3 (x))
D
1
= 3
(f (x) + jf 2 (x) + j 2 x)
= j 2 x3
b.
Exercice 1.8. Soit A ∈ Mn (K) ; une matrice carrée d’ordre n, différent de λIn qui
admet une seul valeur propre de multiplicité n.
ye
On a A = P DP −1 =⇒ A = P λIn P −1
=⇒ A = λP In P −1
=⇒ A = λP P −1
=⇒ A = λIn (Contraduction)
i
ur
Chapitre 2
bo
Diagonalisation d’un
endomorphisme jeb
2.1 Diagonalisation d’un endomorphisme
Comme nous l’avons, tous les endomorphismes d’un K-espace vectoriel E n’ad-
D
mettent pas nécessairement de valeurs propres (et donc de vecteurs propres). Cepen-
dant, s’ils existent, les vecteurs propres d’un endomorphisme f associés à des valeurs
propres distinctes forment une famille libre dans l’espace E. Cela fait d’une famille
b.
de vecteurs propres un « bon candidat » pour constituer une base de E puisque, pour
être une base, il ne lui reste plus qu ’à être génératrice de l’espace E tout entier. Et
si c’est le cas, on dira que f est diagonalisable.
ye
définition, son j ième vecteur-colonne est constitué des coordonnées de f (uj ) dans C.
Or, u1 , u2 , . . . , un sont des vecteurs propres de f . Il existe donc n valeurs propres,
i
comptées avec leurs multiplicités et notées λ1 , λ2 , . . . , λn (elles appartiennent toutes
à K) telles que
ur
f (u1 ) = λ1 u1 , f (u2 ) = λ2 u2 , · · · , f (un ) = λn un ,
On en déduit alors :
bo
f (u1 )f (u2 ) · · · f (up )
λ
1
0 ··· 0 u1
.. ..
0
jeb λ2 . u2
.
M atC (f ) =
.
.. .. ..
. . . 0 ..
0 ··· 0 λn un
C’est une matrice diagonale dont les éléments diagonaux sont les valeurs propres
(distinctes ou confondues) λ1 , λ2 , . . . , λn de f . On la note aussi :
D
diag(λ1 , λ2 , . . . , λn ) = P −1 M atB (f )P.
Pour toute base B de E, la matrice associée à f dans B est ainsi semblable à une
b.
matrice diagonale.
En résumé, si un endomorphisme f d’un K-espace vectoriel E est diagonalisable sur
K alors sa matrice associée dans la base formée de ses vecteurs propres est diagonale
et toute matrice associée à f relativement à une base (quelconque) de E est semblable
ye
Définition 2.1.2. Soit A une matrice de Mn (K). On dit que A est diagonalisable
Ta
si elle est semblable à une matrice diagonale, c ’est-à- dire s’il existe une matrice
inversible P d’ordre n sur K, et s ’il existe une matrice diagonale D d’ordre n sur K,
telles que
D = P −1 AP
Diagonaliser A, c’est trouver D .
2.1 Diagonalisation d’un endomorphisme 36
Dire qu’une matrice rectangulaire est diagonalisable n’a pas de sens ! Il faut qu’elle
soit carrée. Comme le montre l’exemple qui suit, la manière de diagonaliser une ma-
i
trice (qui est diagonalisable) n’est pas unique.
Exemple Soient la matrice carrée A appartenant à M3 (R) et les trois vecteurs co-
ur
lonnes U1 , U2 et U3 appartenant à M3,1 (R) suivants :
1 −1 −1 1 1 0
bo
A = −1 1 −1 , U1 = 1 , U2 = 0 et U3 = 1
−1 −1 1 1 −1 −1
| | | −1 1 −1
| | | 1 0 1
ye
R=
U2 U3 U1 = 0
1 1
,
| | | −1 −1 1
−1 0 0 1 1 1 1 −1 −1 1 1 0
1
0 2 0
=
2 −1 −1
−1 1 −1
1 0 1
,
3
0 0 2 −1 2 −1 −1 −1 1 1 −1 −1
| {z } | {z }| {z }| {z }
=diag(−1,2,2) =P −1 =A =P
2.2 Caractérisation de la diagonalisation en dimension finie 37
2 0 0 2 −1 −1 1 −1 −1 1 1 0
1
0 −1 0 = 1 1 1 −1 1 −1 0 1 1 ,
3
i
0 0 2 −1 2 −1 −1 −1 1 −1 1 −1
| {z } | {z }| {z }| {z }
ur
=diag(2,−1,2) =Q−1 =A =Q
2 0 0 2 −1 −1 1 −1 −1 1 0 1
1
0 2 0 = −1 2 −1 −1 1 −1 0 1 1 ,
3
bo
0 0 −1 1 1 1 −1 −1 1 −1 −1 1
| {z } | {z }| {z }| {z }
=diag(2,2,−1) =R−1 =A =R
m
X
T r(A) = hi λi = (λ1 + . . . + λ1 ) + . . . + (λm + . . . + λm ) .
ye
i=1
| {z } | {z }
h1 f ois hm f ois
mension finie
Proposition 2.2.1. Soient E un K- espace de dimension finie et f un endomor-
phisme de E. Soient λ1 , . . . , λm les valeurs propres distinctes de f et Eλ1 , . . . , Eλm les
sous-espaces propres correspondants. Une condition nécessaire et suffisante pour que
2.2 Caractérisation de la diagonalisation en dimension finie 38
i
Démonstration :
ur
X Soient ni = dimK (Eλi ) pour tout i ∈ {1, . . . , m} et n = dimK (E). Supposons f
diagonalisable et montrons que n1 + n2 + · · · + nm = n.
Puisque f est diagonalisable, il existe une base C de vecteurs propres de f . La matrice
bo
associée à f dans cette base est diagonale. On s’en sert pour calculer le polynôme
caractéristique Pf . En notant λ1 , . . . , λm les valeurs propres distinctes, de multiplicités
respectives h1 , . . . , hm , on a :
jeb m
(λi − λ)hi ,
Y
∀λ ∈ K Pf (λ) = det(M atC (f ) − λIn ) =
i=1
d ’où h1 +h2 +· · ·+hm = n puisque Pf est un polynôme de degré n. Il est alors suffisant
de montrer que ni = hi pour tout i ∈ {1, . . . , m} car de l’égalité h1 +h2 +· · ·+hm = n,
on pourra en déduire l’égalité recherchée :
D
n1 + n2 + · · · + nm = n
− Pour tout i ∈ {1, . . . , m}, les vecteurs propres de C correspondant à la valeur propre
b.
∀i ∈ {1, . . . , m} ni ≥ hi (2.1)
∀i ∈ {1, . . . , m} ni ≤ hi (2.2)
Ta
des bases respectives des sous-espaces Eλ1 , Eλ2 , . . . , Eλm . Tous les vecteurs apparte-
nant à ces bases sont des vecteurs propres. On considère la famille C que l’on obtient
i
en réunissant l’ensemble des m bases C1 , C2 , . . . , Cm :
ur
(1) (1) (2) (2) (m) (m)
C = (u1 , u2 , . . . , u(1) (2) (m)
n1 , u1 , u2 , . . . , un2 , . . . , u1 , u2 , . . . , unm )
| {z } | {z } | {z }
∈Eλ1 ∈Eλ2 ∈Eλm
C’est une famille libre dans E. Nous avons déjà vérifié ce point au paragraphe 1.2.1
bo
(c’est une conséquence de la proposition 1.2.1). Or, card(C) = card(C1 ) + card(C2 ) +
. . . + card(Cm ) = n1 + n2 + . . . + nm . En tenant compte de notre hypothèse (n1 +
n2 + . . . + nm = n), on obtient card(C) = n. Puisque toute famille libre de n vecteurs
dans un espace de dimension n est une base, la famille (de vecteurs propres) C ainsi
jeb
construite est effectivement une base de E ; cela termine la démonstration
Remarque Une condition nécessaire et suffisante pour qu’un endomorphisme f d’un
K-espace vectoriel E soit diagonalisable est que l’espace E soit somme directe des
sous-espaces propres Eλ1 , Eλ2 , . . . , Eλm :
et, d’après la proposition 2.2.1, cela nous permet de conclure que f est diagonalisable.
2.2 Caractérisation de la diagonalisation en dimension finie 40
i
Exemples
ur
2 1 0
0 1 −1 ∈ M3 (R). Soit λ ∈ R. On a :
1. Soit A =
0 2 4
bo
2−λ 1 0
0 1−λ −1 = (2 − λ)(λ2 − 5λ + 6) = −(λ − 2)2 (λ − 3).
0 2 4−λ
jeb
La matrice A possède ainsi une valeur propre simple (λ1 = 3 ; on a donc
dimR (Eλ1 ) = 1) et une valeur propre double (λ2 = 2). On vérifie facilement
que Eλ1 = V ect((l, 1, −2)) et Eλ2 = V ect((l, 0, 0)) où nous nous sommes placés
dans l’espace R3 . On a donc dimR (Eλ2 ) = 1. La matrice A n’est pas diagonali-
sable car
D
dimR (Eλ1 ) + dimR (Eλ2 ) = 2 6= dimR (R3 )
1 −1 −1
A = −1 1 −1 .
−1 −1 1
ye
.
2.2 Caractérisation de la diagonalisation en dimension finie 41
i
E . Soient λ1 , λ2 , . . . , λm les valeurs propres distinctes de f de multiplicités respec-
ur
tives h1 , h2 , . . . , hm et Eλ1 , Eλ2 , . . . , Eλm les sous-espaces propres correspondants. Une
condition nécessaire et suffisante pour que f soit diagonalisable est que
h1 + h2 + . . . + hm = n
bo
∀i ∈ {1, . . . , m} dimK (Eλi ) = hi
diagonalisable.
i
nilpotent et diagonalisable et déduisons-en que f est identiquement nul. Soient n =
ur
dimK (E) et B une base de E. Notons N ∈ Mn (K) la matrice associée à f dans B.
D’après notre hypothèse, N est à la fois nilpotente et diagonalisable. Puisqu’elle est
diagonalisable, il existe une matrice inversible P d’ordre n sur K telle que
D = P −1 N P
bo
avec D = diag(λ1 , λ2 , . . . , λn ) · Les scalaires λ1 , λ2 , . . . , λn sont les valeurs propres
(distinctes ou confondues) de N . En multipliant à gauche par P et à droite par P −1 ,
on obtient : jeb N = P DP −1
et on montre (par récurrence sur l’entier k) que N k = P Dk P −l ou encore Dk =
P −l N k P pour tout k ∈ N. Puisque N est nilpotente, N p = 0 pour un certain entier
p non nul. Il vient alors que Dp = 0, autrement dit que
D
λp
1
0 ··· 0 0 0 ··· 0
.. . . ..
...
λp2
0 . 0 0 . .
= .
.
. .. .. . .. ..
. . . 0 .
. . 0
b.
0 ··· 0 λpn 0 ··· 0 0
Ce théorème a une grande importance dans le calcul matriciel, il autorise des sim-
plifications puissantes dans les calculs de matrices comme la puissance d’une matrice,
il permet d’établir des résultats théoriques, par exemple pour calculer le polynôme
caractéristique d’un endomorphisme nilpotent, comme il permet de calculer l’inverse
d’une matrice.
2.2 Caractérisation de la diagonalisation en dimension finie 43
Théorème 2.2.1. Soit E un espace vectoriel de dimension finie sur un corps K. Soit
f : E → E un endomorphisme de E. Soit
i
Pf (λ) = det(f − λIdE )
ur
le polynôme caractéristique de f . Alors l’endomorphisme Pf (f ) est nul.
Démonstration :
Notons n la dimension de E. Supposons dans un premier temps qu’il existe un vecteur
bo
non nul x ∈ E tel que les n vecteurs :
soient linéairement indépendants. Ils forment alors une base de E, et le vecteur f n (x)
peut être écrit : jeb
f n (x) = a0 x + a1 f (x) + a2 f 2 (x) + · · · + an−1 f n−1 (x)
. . .
. . .
..
0 0 . 1 0 an−2
0 0 ··· 0 1 an−1
ye
puisque x 7→ f (x), f (x) 7→ f 2 (x), etc . . . f n−1 (x) 7→ f n (x) = a0 x + a1 f (x) + a2 f 2 (x) +
· · · + an−1 f n−1 (x). On a donc :
−λ 0 ··· 0 0 a0
Ta
1 −λ · · · 0 0 a1
...
0 1 0 0 a0
Pf (λ) = .. ... ... ... .. ..
. . .
...
0 0 1 −λ an−2
0 0 ··· 0 1 an−1 − λ
2.2 Caractérisation de la diagonalisation en dimension finie 44
i
devient :
ur
0 0 · · · 0 0 P (λ)
bo
Pf (λ) = ±P (λ)
Notons F le sous-espace de E engendre par les vecteurs x, f (x), . . . , f k.1 (x). Ce sous-
espace est stable par f . Notons f1 : F → F la restriction de f à F . Si on complete
le systeme libre (x, f (x), f 2 (x), . . . , f k.1 (x)) en une base de E, la matrice de f dans
ye
0 B
i
est la restriction de f , on a aussi Pf1 (f )(x) = 0, donc Pf (f )(x) = Q(f )(Pf1 (f )(x)) = 0.
Comme ceci est valable pour tout vecteur non nul x, on a Pf (f ) = 0.
ur
2.2.3 Décomposition de Dunford
L’importance de l’étude des endomorphismes nilpotents apparaît clairement dans la
bo
proposition suivante que nous admettons.
f = g + h et g ◦ h = h ◦ g
Il est à noter que lorsque le corps de référence est C, une condition nécessaire et
suffisante pour qu’un endomorphisme soit diagonalisable est que sa partie nilpotente
soit l’endomorphisme nul.
ye
4 2 −1
3 1 −1 4 2 −3
G = 2 2 −1 et H = −8 −4 6
i
4 2 −1 0 0 0
ur
Nous verrons ultérieurement suivant quelle méthode nous avons obtenu les expressions
des deux matrices G et H. Nous pouvons néanmoins vérifier les points suivants.
1. La matrice A se décompose comme la somme des deux matrices G et H, c’est-
bo
à-dire : A = G + H.
2. Déterminons le polynôme caractéristique de G. Soit λ ∈ R En développant par
rapport à la première ligne,
3−λ 1 −1
jeb
2 2−λ −1 =
4 2 −1 − λ
2−λ −1 2 −1 2 2−λ
(3 − λ) − −
2 −1 − λ 4 −1 − λ 4 2
| {z } | {z } | {z }
=λ(λ−1) =−2(λ−1) =4(λ−1)
D
Ainsi, le polynôme caractéristique de G s’écrit , pour tout λ ∈ R,
L a matrice G possède une valeur propre double (λ1 = 1) e t une valeur propre simple
(λ2 = 2) . Elle est diagonalisable puisque dimR (Eλ1 ) = 2 et dimR (Eλ2 ) = 1.
1. La matrice H est nilpotente puisque H 2 = 0 .
ye
2.3 Exercices
Ta
i
3. Pour quelle(s) valeur(s) de α l’endomorphisme Tα est -il diagonalisable ?
ur
Solution d’exercice 2.1. 1. Notons Bc = {1, X, X 2 } la base canonique de R2 [X]. la
matrice associée à l’endomorphisme Tα relativement à Bc , que nous décidons de noter
Mα s’écrit :
bo
0 1 0
Mα = 0 α 0
0 0 2(1 + α)
λ1 = 0, λ2 = α et λ3 = 2(1 + α)
D
Bien évidemment, ces trois valeurs propres ne sont pas nécessairement distinctes les
une des autres et l’étude de leurs multiplicité nécessiare une discussion sur la valeur
de α. Tout d’abord, remarquons que le cas où les trois valeurs propres sont égales
b.
est impossible. Ainsi, Tα ne peut pas posséder de valeur propre triple. Examinons à
présent pour quelle(s) valeur(s) de α l’endomorphisme Tα possède une valeur propre
double. Cela ne peut arriver que lorsque, parmi les trois valeurs propres, deus sont
ye
Il possède en revanche trois valeurs propres simples lorsque α ∈ R\{0, −1, −2}.
3. Si α ∈ R\{0, −1, −2} alors Tα est diagonalisable car ses trois valeurs propres
i
0, α, 2(1 + α) sont simple. En revanche, si α ∈ {0, −1, −2} alors Tα n’est pas
nécessairement diagonalisable car il possède une valeur propre double (la dimension
ur
du sous-espace propre associé pouvent être égale à 1 ou 2). L’endomorphisme Tα est
diagonalisable si et seulement si, la dimension du sous-espace associé à la valeur
propre double est égale 2. Rappelons la relation suivante :
bo
dimR (Eλ ) = dimR (R2 [X]) −rg(Mα − λI3 )
| {z }
=3
0 0 0
est diagonalisable.
– Supposons α = −2. La valeur propre double est cette fois-ci −2. On a :
2 1 0
Mα=−2 + 2I3 = 0 0 0
0 0 0
2.3 Exercices 49
i
En résumé, la seule valeur de α pour laquelle l’endomorphisme Tα n’est pas diagona-
lisable est 0.
ur
Exercice 2.2. On considère l’application f définie dans C2 [X] par :
bo
1. Montrer que f est un endomorphisme de C2 [X].
2. Déterminer les valeurs propres et les sous-espaces propres de f , de deux façons
différentes, en utilisant :
jeb
∼ la définition des éléments propres de f .
∼ la matrice de f dans la base (1, X, X 2 ) de C2 [X].
3. L’endomorphisme f est-il diagonalisable ?
∈ C2 [X]
i
On a, en réutilisant le calcul de f (P ) effectué en a) :
ur
f (P ) = λP ⇐⇒ (a.b)X 2 + (2a + b − 2c)X + (b + c) = λ(aX 2 + bX + c)
a − b = λa
b = (1 − λ)a
⇐⇒ 2a + b − 2c = λb ⇔ 2a + (1 − λ)b − 2c = 0
bo
b + c = λc
b = (λ − 1)c
λ=1
c = −a
⇐⇒ b=0 ou b = (1 − λ)a
2a − 2c = 0
jeb 2a + (1 − λ)2 a + 2a = 0
λ = 1
(1 − λ)2 + 4 = 0
⇐⇒ b = 0 ou c = −a
a=c b = (1 − λ)a,
⇐⇒ (λ = 1 + 2i ou λ = 1 − 2i)
Donc :
ye
λ=1
λ = 1 + 2i
λ = 1 + 2i
f (P ) = λP ⇐⇒ b=0 ou c = −a ou c = −a
a=c b = −2ia
b = −2ia
Ta
i
f (X) = (X 2 + 1) − (2X − 1)X = 1 + X − X 2
ur
f (X 2 ) = (X 2 + 1)2X − (2X − 1)X 2 = 2X + X 2 ,
bo
1 1 0
A=
−2 1 2
0 −1 1
jeb
Déterminons les valeurs propres de A. Soit λ ∈ R. On a :
1−λ 1 0
A − λI3 = −2 1 − λ 2
0 −1 1 − λ
D
On Calculons det(A − λI3 )
= (1 − λ)((1 − λ)2 + 4)
= (1 − λ)(λ2 − 2λ + 5)
ye
det(A − λI3 ) = 0 ⇐⇒ 1 − λ = 0 ou λ2 − 2λ + 5 = 0
⇐⇒ λ = 1 ou λ = 1 + 2i ou λ = 1 − 2i
1−λ 1 0 x x
i
AX = X ⇐⇒ −2 1−λ 2 y = y
ur
0 −1 1−λ z z
x+y =x
⇐⇒ −2x + y + 2z = y
−y + z = z
bo
y=0
⇐⇒
x=z
1
Donc E1 = V ect 0
jeb
1
1−λ 1 0 x x
b.
AX = (1 + 2i)X ⇐⇒ −2 1−λ 2 y = (1 + 2i) y
0 −1 1−λ z z
x + y = (1 + 2i)x
ye
⇐⇒ −2x + y + 2z = (1 + 2i)y
−y + z = (1 + 2i)z
−2ix + y = 0
⇐⇒ −2x − 2iy + 2z = 0
Ta
−y − 2iz = 0
y = 2ix
⇐⇒
z = −x,
2.3 Exercices 53
1
Donc E1+2i = V ect 2i
i
−1
ur
Sous-espace propre de A associé à λ = 1 − 2i
x
E1−2i = X = y /AX = (1 − 2i)X
bo
z
1−λ 1 0 x x
AX = (1 − 2i)X ⇐⇒ −2 1−λ 2 y = (1 − 2i) y
jeb
0 −1 1−λ z z
x + y = (1 − 2i)x
⇐⇒ −2x + y + 2z = (1 − 2i)y
−y + z = (1 − 2i)z
2ix + y = 0
⇐⇒ −2x + 2iy + 2z = 0
D
−y + 2iz = 0
y = −2ix
⇐⇒
z = −x,
b.
1
Donc E1−2i = V ect −2i
ye
−1
L’endomorphisme f a les mêmes valeurs propres que A, donc les valeurs propres
de f sont 1, 1 + 2i, 1 − 2i. Les vecteurs propres de A nous donnent les coordonnées
des vecteurs propres de f dans la base (1, X, X 2 ) de C2 [X] : E1 = V ect{1 + X 2 },
Ta
Exercice 2.3. Sans effectuer aucun calcul écrit, dire si les matrices suivantes sont
2.3 Exercices 54
2 4 −2 2 −4 −2
diagonalisables : M = −1 −2 1 , N = 3 −6 −3
i
3 6 −3 −4 8 4
ur
Solution d’exercice 2.3. On a
2 4 −2
M =
−1 −2 1
bo
3 6 −3
est de rang 1, puisuqe toutes les colonnes sont propotionnelles à la première, alors
det(M ) = 0, donc 0 est une valeur propre de M . La dimension du sous-espace propre
jeb
E0 (M ) est donnée par la formule suivante
Exercice 2.4. Soit A la matrice suivante : A =
2 4 2
−1 0 3
3 0 −1
Solution d’exercice 2.4. On a A = 2 4 2
i
−1 0 3
ur
Le polynôme caractéristique de A s’obtient en calculant le déterminant de A − λI3
bo
= 2 4−λ 2
−1 0 3−λ
= (3 − λ)((4 − λ)(3 − λ)) − (4 − λ)
= (2 − λ)(4 − λ)2
jeb
Le polynôme PA admet deux racines. Donc la matrice A admet deux valeurs propres
λ1 = 2 ([Link]) λ2 = 4 (v.p. double)
Le sous-espaces propre associés à λ1 = 2 noté E2 (A)
x
E2 (A) = X = y ∈ R3 |AX = 2X
D
z
3x − z = 2x
z=x
b.
x
ye
E2 (A) = −2x /x ∈ R
x
1
Donc = x −2 /x ∈ R
Ta
1
1
= vect −2 /
dimE2 (A) =1
1
x
E4 (A) = X = y ∈ R3 |AX = 4X
i
z
ur
3x − z = 4x
n
On résoudre alors le système suivant :
2x + 4y + 2z = 4y =⇒ z = −x
−x + 3z = 4z
bo
x
E4 (A) = y /x, y ∈ R
−x
1 0
Donc = 0 + y 1 /x, y
x ∈ R
jeb
−1 0
1 0
= vect 0 , 1 /
−1
0
D
1 0
puisque 0 , 1 sont linéairement indépendants alors dimE4 (A) = 2
−1 0
b.
puisque le Polynôme caractéristique est scindé et les dimensions des sous espaces
propres sont égale au multiplicité des valeurs propres correspondantes i.e.
dimE2 (A) = 1 = mult(λ = 2) et dimE4 (A) = 2 = mult(λ = 4)
ye
1 0 −1
D la matrice diagonale telle que les éléments diagonaux sont les valeurs propres
2.3 Exercices 57
2 0 0
D = 0 4 0 telle que A = P DP −1
i
0 0 4
ur
3. La matrice A est diagonale, donc son polynôme minimal n’a que des racines simple,
par ailleurs les racine du polynôme minimal sont exactement les valeurs propres de
A et le polynôme minimal est un polynôme unitaire qui divise le polynôme caractéris-
tique, on a donc mA (λ) = (λ − 2)(λ − 4)
bo
4. Calculons An
On a A = P DP −1 =⇒ An = P Dn P −1
2 0 0 −1 0 −1
1 t
0 4 0 et P −1 =
où Dn = com(P ) = −1/2
−2 −2 −2
detP
jeb
0 0 4 −1 0 1
2n + 4n 0 2n − 4n
Donc An = 1/2 2(4n − 2n ) 2.4n 2(4n − 2n )
2n − 4n 0 2n + 4n
D
Exercice 2.5. Soient deux suites (xn ) et (yn ) vérifiant :
xn = 5xn−1 + 3yn−1 x0 = 1
et
yn = −6xn−1 − 4yn−1 y0 = −1
b.
xn
On pose Un = ∀n ∈ N.
yn
ye
1. Montrer que Un = AUn−1 , où A est une matrice carrée de rang 2, qu’on déter-
minera.
2. Montrer que Un = An U0 .
Ta
5 3
alors le système devient Un = AUn−1 telle que A = i.e.
−6 −4
i
ur
xn 5 3 xn−1
=
yn −6 −4 yn−1
2. On montre Un = An U0 .
bo
Un = AUn−1 et Un−1 = AUn−2
= A2 Un−2
= A3 Un−3
.
= .. par réccurence on trouve
jeb
= An U0
5 3
3. En diagonalisant la matrice A =
−6 −4
Le polynôme caractéristique de A est :
D
5−λ 3
PA (λ) = det(A − λI2 ) =
−6 −4 − λ
b.
= (5 − λ)(−4 − λ) + 18
= (λ + 1)(λ − 2)
ye
x
E−1 (A) = u1 = tq Au1 = −u1
y
x x −x
= ∈ R2 tq A =
y y −y
5x + 3y = −x 6x + 3y ==
=⇒
−6x − 4y = −y −6x − 3y = 0
i
=⇒ y = −2x
ur
x
E−1 (A) = ∈ R2 tq y = −2x
y
x
= ∈ R2
−2x
bo
1
= x tq x ∈ R
−2
1
= V ect
−2 jeb
Sous espace propre associé à λ = 2
x
E2 (A) = u = tq Au2 = 2u2
2 y
x x 2x
= ∈ R2 tq A =
y y 2y
D
en résoudre le système suivant
5x + 3y = 2x 3x + 3y ==
=⇒
b.
−6x − 4y = 2y −6x − 6y = 0
=⇒ y = −x
x
E2 (A) = ∈ R2 tq y = −x
ye
y
x
= ∈ R2
−x
1
Ta
= x tq x ∈ R
−1
1
= V ect
−1
2.3 Exercices 60
1 1 1 t com
Alors la matrice de passage P = est inversible et P −1 = det P
P
−2 −1
i
−1 −1
Alors P −1 =
ur
2 1
On a A = P DP −1 =⇒ An = P Dn P −1
1 1 (−1)n 0 −1 −1
An =
−2 −1 2n
bo
0 2 1
(−1)n+1 + 2n+1 (−1)n+1 + 2n
=
2(−1)n − 2n+1 2(−1)n − 2n
xn (−1)n+1 + 2n+1 (−1)n+1 + 2n 1
Un = An U0 =⇒ =
jeb
yn 2(−1)n − 2n+1 2(−1)n − 2n −1
On a
xn = 2n
=⇒
yn = −2n
1 0 0
Exercice 2.6. soit A = 0 1 1
D
0 0 2
Solution d’exercice 2.6. Ssoit A =
0 1 1
0 0 2
Le polynôme caractéristique de A est :
Ta
1−λ 0 0
PA (λ) = det(A − λI3 ) = 0 1−λ 1
0 0 2−λ
2
= −(λ − 1) (λ − 2)
Alors le polynôme minimal noté mA (λ) soit
2.3 Exercices 61
mA (λ) = (λ − 1)(λ − 2)
ou
i
mA (λ) = (λ − 1)2 (λ − 2)
ur
0 0 0 −1 0 0
mA (A) = (A − I3 )(A − 2I3 ) =
0 0 1 0
−1 1
0 0 1 0 0 0
0 0 0
bo
=
0 0 0
0 0 0
Coclusion mA (λ) = (λ − 1)(λ − 2)
2. A est elle inversible jeb
PA (λ) = −(λ − 1)2 (λ − 2) = det(A − λI3 )
=⇒ det(A) = PA (0) = 2 6= 0
=⇒ A est inversible
=⇒ A existe
D
mA (A) = 0 =⇒ (A − I3 )(A − 2I3 ) = 0
=⇒ A2 − 3A + 2I3 = 0
=⇒ A(A − 3I3 ) = −2I3
b.
−1
=⇒ 2
A(A − 3I3 ) = I3
=⇒ A = −1
−1
(A − 3I3 )
2
2 0 0
−1 1
=⇒ A = 0 2 −1
ye
2
0 0 1
3. Considérons le polynôme P (X) = X 6 − 4X 5 + 3X 4 + 6X 3 − 10X 2 + 6X et faisons
la divisions eucludienne de P (X) par PA (X) = X 3 − 4X 2 + 5X − 2 on trouve que
Ta
3 0 8
Exercice 2.7. Soit A = 3 −1 6 ∈ M3 (C)
i
−2 0 −5
ur
1. Calculer le polynôme caractéristique de A.
2. Déterminer la décomposition de Dunford de A.
3. Calculer An pour tout n ∈ N.
bo
3 0 8
Solution d’exercice 2.7. Soit A =
3 −1 6
−2 0 −5
Le polynôme caractéristique de A est :
jeb
3−λ 0 8
PA (λ) = det(A − λI3 ) = 3 −1 − λ 6
−2 0 −5 − λ
3
= −(1 + λ)
La décomposition de dunford de A
D
On a PA (λ) = −(1 + λ)3 l’unique valeur propore de A est −1 d’ordre 3.
Notons A = D + N la décomposition de dunford de A, comme D est diagonalisable
et PD (λ) = PA (λ) = −(1 + λ)3 ; alors D est semblable à −I3 .
b.
N = 3 0 6
−2 0 −5
et N 2 = 0M3 (C)
Ta
Calculons An , n ∈ N
On a N = 0M3 (C) et DN = N D alors
2.3 Exercices 63
An = (D + N )n
i
Pn n k n−k
= k=0 Ck N D
C0n N 0 Dn + C1n N 1 Dn−1 + C2n N 2 Dn−2
ur
=
| {z }
=0
= I3 Dn + nN Dn−1 /D = −I3
n n−1
= (−1) I3 + nN (−1) I3
= (−1)n (I3 − nN )
bo
1 − 4n 0 −8n
Donc An = (−1)n −3n 1 −6n
2n 0 1 + 4njeb
0 0 −2
Exercice 2.8. Soit A = 1 0 3 ∈ M3 (R)
0 1 0
0 0 −2
Solution d’exercice 2.8. Soit A =
1 0 3
∈ M3 (R)
0 1 0
ye
0 1 −λ
2
= −(λ − 1) (λ + 2)
mA (λ) = (λ − 1)(λ + 2)
Le polynôme minimal noté mA soit où
mA (λ) = (λ − 1)2 (λ + 2)
2.3 Exercices 64
i
Sous espace propre associé à λ = −2 noté E−2 (A)
ur
x x x
E−2 (A) = y ∈ R3 /A y = −2 y
z z z
bo
−2z = −2x
x=z
x + 3z = −2y =⇒
y = −2z
y = −2z
z
E−2 (A) =
z
−2z , z ∈ R
jeb
1
= z −2 , z ∈ R
1
D
1
= vect −2 dimE−2 (A) =1
1
b.
y
z z z
x = −2z
x + 3z = y =⇒
y=z
y=z
2.3 Exercices 65
−2z
E1 (A) = z , z ∈ R
i
z
ur
−2
= z 1 , z ∈ R
1
−2
bo
= vect 1 dimE1 (A) =1
1
z z 0
−2x + 4y − 8z = 0 =⇒ x = 2y − 4z
x − 2y + 4z = 0
2y − 4z
Ta
N1 (A) = y y, z ∈ R
z
2 −4
= vect 1 , 0
0 1
2.3 Exercices 66
2 −4
puisque 1 , 0 sont linéairement indépendants alors dimN1 (A) = 2
i
0 1
ur
La décomposition de dunford de A :
Soit u ∈ L(R3 ) l’endomorphisme associe à la matrice A dans la base cannonique
1 −4 2
−2 , f2 = 0 , f3 = 1
On pose f1 =
bo
1 1 0
sont les vecteurs des sous espaces caractéristiques
La matrice associé à u dans la base B 0 = {f1 , f2 , f3 } est
jeb
M = P −1 AP = 0
−2
0 −1 2
0
0
0
1
1 −4 2
D
telle que P = −2 0 1
1 1 0
La décomposition de dunford de M est :
b.
−2 0 0 0 0 0
M = D0 + N 0 telle que D0 = 0 1 0 , N 0 = 0 −1 1 et N 02 = 0M3 (C)
0 0 1 0 −1 1
ye
−1 2 −1
2 −2 −2
N = P N 0 P −1 = 1/3 1 1 1 est nilpotent.
1 1 1
i
ur
Chapitre 3
bo
Trigonalisation d’un
endomorphisme jeb
3.1 Définitions
Définition 3.1.1. Soit E un K- espace de dimension finie. Un endomorphismt f
D
de E est dit trigonalisable (on dit aussi triangularisable) s’il existe une base de E
relativement à laquelle la matrice de f est triangulaire. Trigonaliser f , c’est trouver
une telle base.
b.
Remarquons que cette définition ne précise pas si la matrice triangulaire doit être
supérieure ou inférieure. A ce propos, rappelons que si B désigne une base de E et si
M atB (f ) est triangulaire supérieure alors, en désignant par C la base obtenue à partir
ye
Définition 3.1.2. Une matrice A de Mn (K) est dite trigonalisable si elle est semblable
Ta
à une matrice triangulaire, c ’est-à-dire s ’il existe une matrice P ∈ GLn (K) et s ’il
existe une matrice triangulaire T ∈ Mn (K) telle que
T = P −1 AP.
i
Proposition 3.1.1. Soit E un K-espace de dimension finie. Une condition néces-
ur
saire et suffisante pour qu’un endomorphisme f de E soit trigonalisable est que son
polynôme caractéristique soit scindé sur K
bo
mier temps que la condition est nécessaire. Supposons f trigonalisable et déduisons-en
que son polynôme caractéristique est scindé sur K. Puisque, par hypothèse, l’endo-
morhisme f est trigonalisable, il existe une base C de E telle que
jeb
t11 t12 · · · t1n
t22 · · ·
0 t2n
M atC (f ) =
. .. .. ..
. . .
. .
0 ··· 0 tnn
puisque M atC (f ) est triangulaire, ce qui montre que Pf est scindé sur K.
Montrons à présent que la condition est suffisante. Supposons le polynôme caracté-
ristique de f scindé sur K et montrons qu’il existe alors une base de E relativement à
ye
j ∈ {2, 3, . . . , n} , notons αj , m2j , m3j , . . . , mnj les coordonnées du vecteur f (wj ) dans
BE :
i
ur
f (w2 ) = α2 u1 + m22 w2 + m32 w3 + . . . + mn2 wn
f (w3 ) = α3 u1 + m23 w2 + m33 w3 + . . . + mn3 wn
f (wn ) = αn u1 + m2n w2 + m3n w3 + . . . + mnn wn
bo
On a aussi f (u1 ) = λ1 u1 . On en déduit :
λ
1
α2 α3 · · · αn
0 m22 m23 · · ·
jeb
m2n
0
M atBE (f ) = m32 m33 · · · m3n
. .. .. .. ..
.
. . . . .
0 mn2 mn3 · · · mnn
M atBE (f ) = .
. .. .. ..
. . . .
mn2 mn3 · · · mnn
Ta
C’est une matrice carrée d’ordre n − 1. On se convainc facilement que g peut s’écrire
comme suit : g = p ◦ f |F où f |F : F → E est la restriction de f au sous-espace F , et
où p : E → F est l’application (linéaire) qui à un vecteur de E associe son composant
dans F . Le polynôme caractéristique de g est scindé puisque celui de f l’est. Utilisons
notre hypothèse de récurrence : il existe une base de F , notée CF = (u2 , u3 , . . . , un )
3.1 Définitions 70
telle que
t22 t23 · · · t2n
i
t33 · · ·
0 t3n
M atCF (g) =
. ... ... ..
ur
.
. .
0 ··· 0 tnn
bo
E. Considérons la nouvelle base CE que nous obtenons en complétant le vecteur u1 des
n − 1 vecteurs u2 , u3 , . . . , un , c’est-à-dire considérons la base : CE = (u2 , u3 , . . . , un )).
Écrivons enfin la matrice associée à f relativement à cette nouvelle base. Puisque Ku1
et F sont supplémentaires dans E, pour tout j ∈ {2, 3, . . . , n}, il existe un unique
βj ∈ K tel que
jeb
f (uj ) = βj u1 + p(f (uj )) .
| {z }
∈Ku1
| {z
∈F
}
f (u2 ) = βn u1 + t2n u2 + t3n u3 + . . . + tnn un
λ β2 β3 · · ·
1
βn
0 t22 t23 · · ·
t2n
0
M atCE (f ) = 0 t33 · · · t3n
Ta
. .. ... ... ..
.
. . .
0 0 ··· 0 tnn
i
à deux, de multiplicités respectives h1 , h2 , . . . , hm , chaque valeur propre λi avec i ∈
{1, 2, . . . , m}, y figure hi fois.
ur
Tout endomorphisme est-il trigonalisable ?
La réponse à cette question est « non » si K = R et « oui » si K = C. En effet,
d’après la proposition 3.1.1, pour qu’un endomorphisme d’un K-espace vectoriel E
bo
soit trigonalisable, il faut et il suffit que son polynôme caractéristique soit scindé
sur K, autrement dit, que le nombre de ses valeurs propres ( comptées avec leurs
multiplicités) soit égal à la dimension de E. Il est clair que cette condition n’est pas
toujours vérifiée si le corps de référence est R . En revanche, elle est automatiquement
jeb
vérifiée lorsque l’on travaille dans C puisque tout polynôme de C[X] est scindé sur C.
Ainsi, tout endomorphisme d’un C-espace vectoriel (ou toute matrice à coefficients
dans C) est trigonalisable.
En pratique, pour trigonaliser un endomorphisme ou une matrice, on procèdera en
suivant pas à pas les étapes de la démonstration de la proposition 3.1.1. L’exemple
traité au paragraphe suivant illustre cette remarque.
D
3.2 Illustration avec un exemple
b.
Cet endomorphisme est-il trigonalisable ? Pour répondre à cette question, nous choisis-
sons de munir l’espace R3 de sa base canonique Bc = (e1 , e2 , e3 ) où e1 = (1, 0, 0), e2 =
(0, 1, 0), e3 = (0, 0, 1), et d’effectuer la recherche des valeurs propres dans cette base.
Ta
Il est à noter que le fait d’avoir choisi la base canonique est tout à fait arbitraire,
toute autre base de l’espace R3 conviendrait. Notons A la matrice représentative de
f dans Bc . Elle s’écrit :
3.2 Illustration avec un exemple 72
i
−2 −1 2 e1
ur
A= −15 −6 11 e2
−14 −6 11 e3
bo
−2 − λ −1 2
−15 −6 − λ 11 =
−14 −6 11 − λ
−6 − λ 11 jeb −15 11 −15 −6 − λ
(−2 − λ) + +2
−6 11 − λ −14 11 − λ −14 −6
| {z } | {z } | {z }
=λ(λ−5) =(15λ−11) =(6−14λ)
gonalisable, car si elle l’était, elle serait semblable à la matrice identité d’ordre 3, et
donc nécessairement égale à I3 , ce qui, de toute évidence, n’est pas le cas. Cherchons
à présent les vecteurs propres de f associés à la valeur propre triple λ = 1. Effec-
tuons les calculs dans la base canonique Bc . Soit x1 e1 + x2 e2 + x3 e3 un vecteur propre
ye
2
−14 −6 10 x3 0
u1 = e1 + e2 + 2e3 . (3.1)
3.2 Illustration avec un exemple 73
Il s’agit à présent de compléter le vecteur u1 par deux vecteurs de telle sorte que
l’on obtienne une base de R3 . Il y a une infinité de manières d’y arriver. Par souci
i
de simplicité, nous choisissons de compléter u1 par les deux vecteurs e2 = (0, 1, 0) et
e3 = (0, 0, 1) de la base canonique de R3 .
ur
Nous obtenons la nouvelle base BR3 = (u1 , e2 , e3 ) de R3 . Écrivons la matrice repré-
sentative f tive de dans cette nouvelle base. En utilisant l’égalité e1 = u1 − e2 − 2e3
(qui se déduit de (3.1) ), on obtient d’une part :
bo
f (e2 ) = −e1 − 6e2 − 6e3 = −u1 − 5e2 − 4e3
et d’autre part :
jeb
f (e3 ) = 2e1 + 11e2 + 11e3 = 2u1 + 9e2 + 7e3 .
g(e2 ) g(e3 )
Ta
−5 9 e2
M atBF (g) =
−4 7 e3
i
valeur propre λ = 1, rapporté à la base BF . Trouver x2 et x3 revient à résoudre :
ur
−6 9 x2 0
=
−4 6 x3 0
bo
le vecteur propre
u2 = 3e2 + 2e3 , (3.2)
1 2
g(e3 ) = 9( u2 − e3 ) + 7e3 = 3u2 + e3 .
3 3
b.
On obtient ainsi :
g(u2 ) g(e3 )
ye
1 3 u2
M atCF (g) =
0 1 e3
Ta
i
= 3f (e2 ) + 2f (e3 )
ur
= 3(−u1 − 5e2 − 4e3 ) + 2(2u1 + 9e2 + 7e3 )
= u1 + 3e + 2e
| 2 {z 3}
=u2
= u1 + u2
bo
f (e3 ) = 2u1 + 9e2 + 7e3
| {z }
=3u2 +e3
1 1 2 1 0 0 −2 −1 2 1 0 0
0 1 3 = −1/3 1/3 0 −15 −6 11 1 3 0
0 0 1 −4/3 −2/3 1 −14 −6 11 2 2 1
| {z } | {z }| {z }| {z }
Ta
=T =P −1 =A =P
i
dit si h1 + h2 + . . . + hm = n, alors il existe une base C de E relativement à laquelle
la matrice associée à f s’écrit sous la forme suivante :
ur
J1 0 ··· 0
..
..
0 J2 . .
J=
..
bo
... ...
. 0
0 ··· 0 Jm
0 ··· ··· 0 0
matrice carrée, d’ordre n, triangulaire supérieure. Elle a une forme remarquable, dite
diagonale par blocs. Les blocs diagonaux sont les sousmatrices J1 , . . . , Jm d’ordres
respectifs h1 , . . . , hm (non nécessairement égaux) et les blocs hors-diagonaux sont des
Ta
est admise. Il est à noter que la réduction de Jordan fournit une version matricielle
(représentation dans la base C) de la décomposition de Dunford (voir la proposition
i
2.2.3). En effet, on remarque que l’on peut décomposer la matrice J comme la somme
d’une matrice diagonale D et d’une matrice triangulaire supérieure stricte N :
ur
J =D+N
bo
D = diag(λ1 Ih1 , λ2 Ih2 , . . . , λm Ihm ) et N = diag(N1 , N2 , . . . , Nm )
Pour chaque entier i compris entre 1 et m, les blocs λi Ihi , et Ni étant de même taille,
leur produit matriciel est bien défini. On vérifie :
jeb
∀i ∈ {1, 2, . . . , m} (λi Ihi ) × Ni = Ni × (λi Ihi ) et Nihi = 0hi .
On en déduit que le produit des deux matrices D et N est commutatif, D×N = N ×D,
et que la matrice N est nilpotente, N p = 0 avec p = max{h1 , h2 , . . . , hm }. Ainsi, la
matrice D (respectivement la matrice N ) est la représentation matricielle dans C de
la partie diagonalisable g (resp. de la partie nilpotente h) de l’endomorphisme f .
D
Exemple Nous reprenons ici l’exemple de l’endomorphisme f de R3 dont la matrice
dans la base canonique Bc = (e1 , e2 , e3 ) est
b.
7 3 −4
A=
−6 −2 5
.
4 2 −1
ye
2 0 0
1 1
J= 0 1 1 = diag (2), .
0 1
0 0 1
3.3 Réduction de Jordan 78
i
0 1 1 = 0 1 0 + 0 0 1
ur
0 0 1 0 0 1 0 0 0
| {z } | {z } | {z }
=J =D =N
bo
A = P JP −1 = P (D + N )P −1 = P DP −1 + P N P −1 .
Posons G = P DP −1 et H = P N P −1 . On vérifie :
3 1 −1
2 2 −1
4 2 −1
= 1
2
1 −1 0
jeb 2 1
0 1
0 1 0 1
0 0 1
2 0 0
1 −1
−1 −2 3
2 1 −1
| {z } | {z }| {z }| {z }
=G =P =D =P −1
D
4 2 −3 1 −1 0 0 0 0 2 1 −1
−8 −4 6 = 1 2 1 0 0 1 1 1 −1
0 0 0 2 0 1 0 0 0 −1 −2 3
b.
| {z } | {z }| {z }| {z }
=H =P =N =P −1
7 3 −4 3 1 −1 4 2 −3
−6 −2 5
=
2 2 −1 + −8 −4
6
4 2 1 4 2 −1 0 0 0
Ta
| {z } | {z } | {z }
=A =G =H
3.4 Exercices
Exercice 3.1. Trigonaliser les matrices suivantes dans M3 (R)
i
1 2 −4 −2 2 −1 11 −6 5
ur
A = 0 −1 6 , B = −1 1 −1, C = 18 −10 7 .
0 −1 4 −1 2 −2 −6 3 −4
−4
bo
1 2
Solution d’exercice 3.1. Soit A = 0 −1 6
0 −1 4
Le polynôme caractéristique de A est :
= (1 − λ)[(−1 − λ)(4 − λ) + 6]
= −(λ − 1)2 (λ − 2)
D
puisque PA (λ) est scindé alors A est trigonalisable.
Les valeurs propres de A sont : λ1 = 2 valeur propre simple et λ2 = 1 valeur propre
double.
b.
z
1 2 −4 x 2x
Au = 2u =⇒ A =
0 −1 6 y = 2y
0 −1 4 z 2z
Ta
x + 2y − 4z = 2x
=⇒ −y + 6z = 2y
−y + 4z = 2z
x=0
=⇒
y = 2z
3.4 Exercices 80
0
E2 (A) = u = 2z tq z ∈ R
i
z
ur
0
E2 (A) = V ect 2
et dim E2 = 1
1
bo
x
E2 (A) = v = y tq Av = v
z
Av = v =⇒ A =
0 −1
1
0 −1
2
jeb
−4
6
4
x
y = y
z
z
x
x + 2y − 4z = x
=⇒ −y + 6z = y
D
−y + 4z = z
x=x
=⇒ z=0
b.
y = 3z
x
E1 (A) = 0 tq x ∈ R
v=
ye
0
1
E1 (A) = V ect 0
et dim E1 = 1
Ta
0
0
de R3 . Soit w = 0
i
1
ur
(Le choix est loin d’étre unique) la famille {u, v, w} est bien une base de R3 car
(detP = 2 6= 0)Telle que P est la matrice de passage
0 1 0
bo
P = 2 0 0
1 0 1
2 0 a u
T =
0 1 b
v
0 0 1 w
D
Les valeurs propres sont sur le diagonale. On peut calculer les paramètres a, b. Soit
en calculant P −1 M P . Soit plus simplement en écrivant que
b.
f (w) = au + bv + w =⇒ Aw = au + bv + w
1 2 −4 0 2 1 0
ye
=⇒ 0 −1 6 0 = a 2 + b 0 + 0
0 −1 4 1 1 0 1
b = −4
=⇒ 2a = 6
Ta
a+1=4
a=3
=⇒
b = −4
3.4 Exercices 82
i
T =
0 1 −4
ur
0 0 1
−2 2 −1
bo
Soit B = −1 1 −1
−1 2 −2
Le polynôme caractéristique de B est :
−2 − λ
jeb 2 −1
PB (λ) = det(B − λI3 ) = −1 1−λ −1
−1 2 −2 − λ
= (−2 − λ)[(1 − λ)(−2 − λ) + 2] − 2[(2 + λ) − 1] − 1[−2 + 1 − λ]
= −(λ + 1)3
puisque PB (λ) est scindé alors B est trigonalisable.
D
Les valeurs propres de B sont : λ1 = −1 valeur propre triple
Sous espace propre associé à λ1 = −1 :
x
b.
E−1 (B) = u = y tq Bu = −u
z
−2 2 −1 x −x
ye
Bu = −u =⇒ B =
−1 1 −1 y = −y
−1 2 −2 z −z
−2x + 2y − z = −x
Ta
=⇒ −x + y − z = −y
−x + 2y − 2z = −z
z = −x + 2y
=⇒
−x + 2y + x − 2y = 0
3.4 Exercices 83
x
E−1 (B) = y tq z = −x + 2y
i
z
ur
x
= y tq x, y, z ∈ R
−x + 2y
1 0
bo
= x 0 + y 1 tq x, y ∈
R
−1 2
1 0
E−1 (B) = V ect u1 = 0 , u2 = 1
jeb
−1 2
0
base de R3 . Soit u3 =
0
1
(Le choix est loin d’étre unique) la famille {u1 , u2 , u3 } est bien une base de R3 car
ye
P = 0 1 0
−1 2 1
i
−1 0 a u1
ur
T = 0 −1 b u2
0 0 −1 u3
Les valeurs propres sont sur le diagonale. On peut calculer les paramètres a, b. Soit
bo
en calculant P −1 BP . Soit plus simplement en écrivant que
0 0 −1
11 −6 5
Ta
Soit C = 18 −10 7
−6 3 −4
Le polynôme caractéristique de C est :
3.4 Exercices 85
i
= 18 −10 − λ 7
ur
−6 3 −4 − λ
= (11 − λ)[(−10 − λ)(−4 − λ) − 21] + 6[18(−4 − λ) + 42] + 5[54 + 6(−10 − λ)]
= −(λ + 1)3
puisque PC (λ) est scindé alors C est trigonalisable.
bo
Les valeurs propres de C sont : λ1 = −1 valeur propre triple
Sous espace propre associé à λ1 = −1 :
x
E−1 (C) = u = y tq Cu = −u
z
11 −6
jeb
5
x
−x
Cu = −u =⇒
18 −10 7 y = −y
−6 3 −4 z −z
11x − 6y + 5z = −x
D
=⇒ 18x − 10y + 7z = −y
−6x + 3y − 4z = −z
z=0
b.
=⇒
y = 2x
ye
Ta
3.4 Exercices 86
x
E−1 (C) = y tq z = 0, y = 2x
i
z
ur
x
= 2x tq x ∈ R
0
1
bo
= x 2 tq x ∈ R
0
1
= V ect u1 = 2
jeb
0
dimE−1 (C) = 1
on a PC (λ) est scindé et on a dimE−1 (C) = 1 6= mult(λ = −1) = 3 donc la matrice
n’est pas diagonalisable alors C est trigonalisable telle que
0 0 −1 u3
x
cher un vecteur u2 = y tq f (u2 ) = au1 − u2 =⇒ Au2 + u2 = au1
z
Ta
x 0
u2 qui admet comme solution 2x − 1 on prendra x = 1, on trouve u2 = −1
i
−1 −1
ur
0
On complétons la famille {u1 , u2 } en une base de R3 u3 =
0 la fammile
1
{u1 , u2 , u3 } est une base de R3 car (detP = −1 6= 0)Telle que P est la matrice
bo
de passage
1 0 0
P = 2 −1 0
0 −1 1
jeb
La matrice semblable T = P −1 CP . S’écrit
0 0 −1 u3
11 −6 5 0 b 0
Cu3 = bu1 + cu2 − u3 =⇒ 18 −10 7 0 = 2b − c − 0
−6 3 −4 1 −c −1
b=5
Ta
=⇒ 2b − c = 7
−c − 1 = −4
b=5
=⇒
c=3
3.4 Exercices 88
i
T = 0 −1 3
ur
0 0 −1
bo
−2 −1 1 2
1 −4 1 2
A=
0 0 −5 4
jeb 0 0 −1 −1
0 0 −5 4
0 0 −1 −1
= (λ + 3)4
Sp(A) = {−3}
Ta
i
x − 4y + z + 2t = −3y x = y − 4t
=⇒
ur
−5z + 4t = −3z z = 2t
−z − t = −3t
y − 4t
y
bo
E−3 (A) = , /y, t ∈R
2t
t
1 −4
1 0
jeb
= y
+ t
/y, t ∈R
0 2
0 1
1 −4
1 0
= V ect ,
0 2
D
0 1
1 −4
1 0
b.
Puisque , sont linéairement indépendants.
0 2
0 1
donc dimE−3 (A) = 2 6= 3 = mult(λ = −3) = 4
ye
1 −1 1 2
1 −1 1 2
M=
0 0 −2 4
0 0 −1 2
i
0 0 −4 8
ur
0 0 −4 8
M2 =
0 0 0 0
0 0 0 0
bo
M 3 = 0M4 (R) Donc en déduire que la réduite de jordan de A comporte deux(2) blocs
associée à valeur propre (λ = −3) (car dim ker(M ) = 2) et on sait que le plus grand
des blocs est de taille 3 (car M 3 = 0M4 (R) ).
On sait donc que dans une base de jordan la matrice réduite de jordan sera de la
jeb
forme
−3 0 0 0
0 −3 1 0
J=
0 0 −3 1
0 0 0 −3
D
Précisons la base de Jordan et la matrice de passage
On choisit donc un vecteur u4 ∈ ker(M 3 )/ ker(M 2 )
b.
0 1
0 1
u4 = puis u3 = M u4 =
1 −2
ye
0 1
−4
−4
EN fin u2 = M u3 =
Ta
0
0
Il nous manque un vecteur u1 qui soit dans ker(M )|V ect{u2 }
3.4 Exercices 91
−4
i
0
u1 =
ur
2
1
bo
−4 −4 1 0
0 −4 1 0
P =
2 0 −2 1
jeb 1 0 1 0
−1
=⇒ A−1 = 27
(A2 + 9A + 27I4 )
Ta
i
ur
Chapitre 4
bo
Annales
jeb
1 0 2
Exercice 4.1. (C.C) On considère la matrice réelle A = 0 1 4
0 0 3
5. Expliciter une base B de R3 dans laquelle la matrice A est représentée par une
matrice diagonale D, ainsi qu’une matrice inversible P vérifiant A = P DP −1 .
ye
i
matrice dans la base canonique est : A =
−1 2 1
ur
2−m m−2 m
bo
3. On suppose m = 2. Calculer An pour tout n ∈ N.
R(t) = P DP −1
i
2. Pour quelles valeurs de α l’endomorphisme fα est-il diagonalisable ?
ur
3. On suppose dans cette question que α = −1.
∼ Diagonaliser la matrice M−1 en précisant la matrice de passage.
∼ Donner le polynôme minimal de f−1 .
bo
4. On suppose dans cette question que α = 1
∼ Trigonaliser M1 en précisant la matrice de passage.
3 −1 1 0
3 0 0 1
jeb
Exercice 4.8. (Exam) Soit la matrice A =
1 0 0 1
0 1 −2 2
1. Montrer que λ = 1 est une valeur propre triple et λ = 2 est une valeur propre
simple de A.
D
2. Déterminer une forme réduite de Jordan de A et une base de Jordan associée.
3. Quel est le polynôme minimal de A ?
4. Déterminer la décomposition de Dunford de A.
b.
Am = 1 1 m
1 m 1
2. Quelles sont les valeurs propres deAm ? Pour quelles valeurs de m, la matrice
Am nadmet que des valeurs propres simples.
3. En deduire que si m 6∈ { −1
2
, 1}, la matrice Am est diagonalisable.
4. Calculer rg(A1 ) et le polynôme minimal de A1 . la matrice A1 est-elle diagona-
lisable ?
95
i
sable ?
ur
bo
D jeb
b.
ye
Ta
i
ur
Bibliographie
bo
[1] Stéphane BALAC, Frédéric STURM, Algèbre et analyse Cours de mathématiques
de première année avec exercices corrigés .2˚ édition revue et augmentée. Presses
polytechniques et universitaires romandes, 2009
jeb
[2] Stéphane. B, Frédéric. S, Exercices d’analyse et d’algèbre 154 exercices corrigés
de première année 2˚ édition revue et augmentée. Presses polytechniques et uni-
versitaires romandes, 2009
[3] Roger Manuy, Rached Mneimné Algèbre Linéaire réduction des endomorphismes.
Cours et exercices corrigés. 2012
D
[4] Claude Deschamps, André Warusfel Mathématiques Tout-en-un.2e année MP
cours et exercices corrigés, Dunod, Paris, 2004.
b.
ye
Ta