Milieux Diélectriques en Électricité III
Milieux Diélectriques en Électricité III
Département de Physique
Année universitaire (2020-2021)
- Les diélectriques sont utiles dans les condensateurs. Dans le cas, très simple, du
condensateur plan, on peut rapprocher les plaques sans risque de contact ou de
claquage. On insère ainsi des couches de diélectriques dans les condensateurs
industriels, ce qui permet d'augmenter la capacité en diminuant l'encombrement.
I) Définitions
- L'électrostatique est l'étude des propriétés de l'espace environnant les charges fixes
dans un référentiel R. Un observateur lié à ce référentiel constate l'existence d'un
champ électrostatique E dérivant d'un potentiel électrostatique V :
E grad V
- Un champ est uniforme s'il ne dépend pas des coordonnées d'espace. Un champ est
constant (ou permanent) s'il ne dépend pas du temps.
+q
NP = d
-q
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ = 𝑞𝑑𝑢
On définit le moment dipolaire, noté 𝑝⃗, par 𝑝⃗ = 𝑞𝑁𝑃 ⃗⃗𝑧 . En utilisant le théorème de
superposition. Le potentiel crée par ce dipôle en un point M est donné par l’expression
suivante.
3
II) Aspect macroscopique de l'étude des diélectriques
Un milieu diélectrique est un milieu dans lequel il n'y a pas de charges électriques
libres. Toutes les charges sont liées et se déplacent difficilement sous l'action d'un
champ électrostatique extérieur.
Un milieu conducteur est caractérisé par la présence de charges électriques dites libres
qui se déplacent facilement sous l'action d'un champ électrostatique appliqué.
1) Vecteur polarisation P
On appelle vecteur polarisation P , le moment dipolaire par unité de volume :
P d p / d
P est une grandeur vectorielle qui caractérise le degré de polarisation du diélectrique.
1 ⃗⃗
𝑢 1 ⃗⃗
𝑢
Rappel: ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑𝑀 ( ) = − ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
2 et 𝑔𝑟𝑎𝑑𝑁 ( ) =
𝑟 r 𝑟 r2
4
1
𝑔𝑟𝑎𝑑𝑁 (𝑟) 𝑑
𝑃⃗⃗ . ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
d'où 𝑑𝑉(𝑀) =
40
𝑃⃗⃗ 1 1
Or 𝑑𝑖𝑣𝑁 ( ) = 𝑑𝑖𝑣𝑁 (𝑃⃗⃗) + 𝑃⃗⃗. ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑𝑁 ( )
𝑟 𝑟 𝑟
r NM et r ' N ' M
5
3) Champ électrostatique créé par un diélectrique polarisé en un point extérieur
E (M) =
S
[Link] r / 40r3+ D Pd r / 40r3.
Remarque : les expressions de vecteur E ci-dessus restent valables en tout point de
l’espace.
P = -div P = 0, il n'y a pas de densité volumique de charges de polarisation.
P = P . n = P, les densités surfaciques sont opposées aux deux extrémités.
b) P non uniforme
Avec P = P uz (l'axe Oz dirigé vers la droite) et P/z <0, ce qui conduit à :
P = -P/z>0. La densité volumique étant la plus importante là où la polarisation
varie le plus rapidement (de 4 à 2 sur le dessin).
P- > P+, la densité surfacique augmente avec l'intensité du vecteur polarisation.
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5) Remarques
Le théorème de Green-Ostrogradsky exprime la correspondance entre X et div X
X .ndS
S
= D divM X d.
b) Courant de polarisation
Pour l'instant, il ne s'agit que d'électrostatique; cependant la mise en place des charges
de polarisation pendant la phase d'établissement de la polarisation (régime transitoire)
s'accompagne d'un courant de polarisation jP donné par l'équation locale de
continuité:
divN jP + P(N) / t = 0 divN jP = (divN P ) / t
d'où jP = P / t.
Si P est uniforme le potentiel V(M) est alors :
V(M) = D P d u / 40r2 = P D 1 d u / 40r2 V(M) = P E ' (=1).
7
2
E ' apparaît comme le champ électrique (en 1/r ) crée au point M par une distribution
volumique de charges de densité = 1 et occupant le même domaine D. Ce résultat est
utile dans certains
exercices ; à noter qu'il s'agit bien de = 1 (et non de = 1C.m-3) et
d'ailleurs E ' n'est pas homogène à un champ électrique (il ne s'exprime pas en V/m); il
s'agit simplement de mettre à profit une technique de calcul d'intégrales triples avec
div E ' = 1/0 sur D.
6) Vecteur excitation électrique D .
L'équation de Maxwell-Gauss div E =/0 pour le champ macroscopique E reste
valable dans le diélectrique à condition de considérer la densité volumique totale des
charges : = l+P,
où l est la densité de charges libres qui créent le champ extérieur E0 et P la densité
de charges de polarisation (ou liées) et qui créent le champ Ed .
Avec P = -div P , il vient div (0 E + P ) = l.
Par définition D = 0 E + P soit div D = l.
D est le vecteur déplacement (ou excitation électrique); son module D, comme P
s'exprime en C/m2 (homogène à une densité surfacique de charge).
Cette
équation indique que pour une distribution de charges
libres donnée, le vecteur
D est le même dans le vide que dans la matière (alors que E est modifié).
Remarque
E = E0 + Ed ( E0 champ extérieur de sources éventuellement modifiées par la présence
du diélectrique) on peut écrire :
div E0 = l/0 et div Ed = P/0
Le théorème de Gauss pour
D en notant Ql() la charge libre total intérieure à la
surface fermée : S D dS = Ql()
Calculons le flux φ de 𝐸⃗⃗ à travers la surface d’un cylindre élémentaire dont les bases
sont de part et d’autre de la surface de séparation. Si φlat est le flux à travers la surface
latérale, l
En décomposant la surface S comme ci-dessus (figure 3b) :
Figure 3b
Le flux φ s’écrit φ= S (𝐸⃗⃗ 2- 𝐸⃗⃗ 1).𝑛⃗⃗ dS + φlat. Pour un cylindre aplati (hauteur
négligeable), on peut négliger φlat, on obtient
S (𝐸⃗⃗ 2- 𝐸⃗⃗ 1).𝑛⃗⃗ dS =S /0 dS est la densité superficielle de charge; on en déduit donc
:
E2n-E1n = /0
On envisage maintenant un contour rectangulaire MNPQ de surface S, perpendiculaire
au plan xOy et tel que MN>>NP (figure 3c). On pose MN= L et NP =a, donc S=La.
Figure 3c
Calculons la circulation C du champ électrique 𝐸⃗⃗ le long du contour fermé MNPQ.
C = 𝐸⃗⃗ 1. ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ + Clat=0. NP=MO=a 0, le contour est aplati et on peut négliger
OP +𝐸⃗⃗ 2. 𝑁𝑀
la circulation Clat sur les segments latéraux. On obtient alors que (𝐸⃗⃗ 2 - 𝐸⃗⃗ 1). 𝑁𝑀
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ =0.
9
Comme ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑁𝑀 = NM 𝑡⃗, ou 𝑡⃗ est le vecteur tangentielle à Σ, on en déduit que la
composante tangentielle du champ électrique est continue à la traversée de la surface
de séparation des deux milieux 1 et 2 Et2 = Et1
Les deux relations de passage précédentes se résument par : E2 - E1 = (/0) n
Dans le cas d'un conducteur parfait, la conductivité , le champ électrique est
nécessairement nul dans le conducteur.
Si on appelle Eext le champ hors du conducteur, et Eint le champ dans le conducteur
(Eint = 0), la relation de passage conducteur vide est : Eext = /0.
Linéaire si tous les effets (charges de polarisation, P….etc) sont des fonctions linéaires
du champ électrique E.
Isotrope lorsque les phénomènes qui s'y passent sont indépendants de la direction du
champ.
Homogène quand ces propriétés sont identiques en tout point qui le constitue.
Dans le cas d'un milieu diélectrique LHI, D E où est la permittivité du milieu.
On écrit aussi = 0r où 0 est la permittivité du vide et r la permittivité relative du
milieu, grandeur sans dimension.
Alors P 0 E avec = r -1 susceptibilité électrique.
f = ( p . grad ) E
Considérons un atome isolé. Sa charge positive, due aux protons qu'il contient, est
concentrée dans le noyau quasi ponctuel; par contre la charge négative, due aux
électrons, est particulièrement répartie autour du noyau. Pour un atome, dans un état
stationnaire comme son état fondamental, le moment électrique dipolaire est nul, c'est-
à-dire que les barycentres des distributions de charges positives et négatives
coïncident.
Sous l'action d'un champ électrique appliqué, le centre de charge du nuage
électronique dans un atome se déplace légèrement par rapport au centre de charge du
noyau. C'est la polarisation électronique. Le déplacement est minuscule même à
l'échelle atomique, typiquement 10-8 fois le diamètre d'un atome. Le moment dipolaire
acquis est appelé moment dipolaire induit car ce moment disparaît des que le champ
appliqué est supprimé.
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Figure 4. Polarisation par déformation
2) Milieux polaires
Dans les milieux polaires, les molécules possèdent un moment dipolaire permanent p
même en l'absence d'un champ électrique extérieur. Ceci est dû au fait que dans leur
état normal, les molécules sont antisymétrique et les barycentre des charges positives
et négatives sont distincts (c'est le cas de n'importe quelle molécule diatomique
constituée de deux atomes différents, comme HCl ).
Les molécules polaires s'alignent et se polarisent plus encore dans un champ électrique
appliqué. C'est la polarisation d'orientation. Les collisions dues à l'agitation
thermique détruisent partiellement cet alignement.
Un diélectrique polarisé possède son propre champ, qui s'ajoute à celui des autres
charges. Les deux champs peuvent être d'amplitudes comparables.
Lors de l'étude macroscopique des milieux diélectriques, nous avons défini un champ
macroscopique E à l'intérieur du milieu diélectrique, qui est la somme du champ
extérieur (champ polarisant) E 0 et du champ créé par les charges liées E P .
12
En tout point M du diélectrique, D, le champ macroscopique est alors :
E m = E0 + E P
Mais une molécule du diélectrique n'est pas soumise à E m , mais plutôt au champ réel
où se trouve cette molécule. C'est le champ local noté E L .
La différence entre les champs E m et E L est que dans le calcul de E L , il ne faut pas
tenir compte du champ créé par la molécule se trouvant en M.
On peut montrer que dans certains milieux diélectriques, le champ local a pour
expression : E L = E m + P / 30, et il est appelé dans ce cas : champ de Lorentz.
- les interactions entre dipôles sont négligées, seule est prise en compte l'interaction
entre le champ local E L et les moments p .
- la loi de répartition de Boltzmann est adoptée d'être à l'énergie U est
proportionnelle à exp(-U/kT) où k est la constante de Boltzmann.
Si le champ local E L est pris uniforme et dirigé suivant l'axe Oz d'un système de
coordonnées sphériques.
13
Figure 5.
U p 𝐸 𝐿 cos
1 1
d = 𝑒𝑥𝑝−kT d = 𝑒𝑥𝑝− kT 2sin d .
𝑍 𝑍
Ou Z est une constante de normalisation qui se détermine en sommant sur toutes les
orientations possibles, c’est à dire telle que l’intégration de la probabilité élémentaire
donnée ci-dessus sur tous les angles possibles soit égale à 1,
avec x = p EL/kT :
d = 1 = 2/Z
0
exp(-xcos) sin d2/Z (2sinh x)/x Z =4sinhx/x
14
Comme la loi de probabilité ne dépend pas des valeurs moyennes de px et de py sont
nulles. Celle de pz est
L(x) est la fonction de Langevin. C'est une fonction positive, strictement croissante,
dont la valeur
15
Les dipôles électriques des molécules polaires s'orientent sous l'action du champ
électrique, alors que sans champ, en moyenne, le moment résultant est nul; cette
orientation est sensible à T car la tendance au désordre augmente avec la température.
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Chapitre II : Milieux aimantés
Les pierres magnétiques sont connues depuis l’antiquité. Elles ont été utilisées très
tôt par les marins comme boussole.
Avant 1600, Gilbert effectue des recherches sur le magnétisme terrestre et émet
l’hypothèse que la terre est un aimant géant.
1819 : Oersted observe que des fils conducteurs parcourus par un courant
électrique créent un champ magnétique.
1820 : Biot et Savart puis Ampère é́ tablissent des relations expérimentales sur le
champ magnétique et sa production par des courants électriques
1) Vecteur aimantation
Certains milieux matériels dits aimantés sont sources de champs magnétiques dont on
constate qu'ils sont de même nature que les champs magnétiques produits par des
courants de charges. Dans un milieu aimanté, chaque élément d possède moment
dipolaire magnétique dm . L'aimantation du milieu peut être alors entièrement
caractérisée (au niveau macroscopique) par le vecteur aimantation M qui représente la
densité volumique du moment dipolaire.
Définition
dm
M
d
M est une grandeur vectorielle qui caractérise le degré d'aimantation d'un milieu.
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2) L'induction magnétique B ( La loi de Biot et Savart)
De manière générale, le champ magnétique créé par une distribution de courant est
donnée par la loi de Biot et Savart :
µ0 I dl u
4 C r 2
B=
Où l'élément dl du circuit est en M et r est la distance entre P et M.
Comme d'habitude, le vecteur unitaire u est orienté de la source vers le point
d'observation P. C'est la loi de Biot et Savart. L'intégration ne peut être effectuée
analytiquement que pour les géométries les plus simples.
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3) Potentiel vecteur créé par un corps aimanté en un point extérieur
Le potentiel vecteur A est introduit en conséquence de l’équation de Maxwell, qui
B
stipule que Div ( )=0.
𝑟𝑜𝑡 𝐴⃗ ) =
En analyse vectorielle, la divergence d'un rotationnel est toujours nulle: Div (⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
0, B ro t A
Mais le potentiel vecteur A n'est pas seulement
un artifice mathématique; il est aussi
important que l'induction magnétique B et le potentiel électrique V.
Un domaine D limité par une surface S (figure 2) est constitué d'un milieu magnétique
aimanté (éventuellement par des sources extérieures) : si M représente le vecteur
aimantation en un point M de D, alors l'élément de volume d entourant ce point porte
un dipôle magnétique élémentaire de moment dm Md
Figure 2
Au point M existe un petit dipôle magnétique qui crée en P un potentiel vecteur
élémentaire (en 1/r2)
µI dl
A = 0
4 C r
d A = (µ0/4) d m r /r3 = (µ0/4) M ( r /r3) d r = MP
avec r /r3= - grad P(1/r) = grad M(1/r)
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d'où d A (P) = (µ0/4) M grad M(1/r) d
or rot M( M /r) = (1/r) rot M M + grad M(1/r) M
µ M n µ rotM M d
A( P) 0
4 S r dS 40 D r
, r = MP .
Le champ B a se déduit alors de A en prenant le rotationnel :
Ba (P) = (µ0/4) S J Sa u dS/r2 + (µ0/4) D J aim,V ( u /r2) d
Les intégrales obtenues étant, pour des densités de courant bornées, uniformément et
absolument convergentes en tout point.
M uniforme
J aim,V ro tM M = 0, il n'y a pas de densité de courant d'aimantation volumique.
J sa M n est correctement orienté; seul subsiste un courant surfacique de densité J sa =
M (A/m).
M non uniforme
Le vecteur aimantation est colinéaire à u y et sa norme augmente avec x, soit M/x>0
ce qui correspond bien à :
- une densité volumique de courant J aim,V dans le sens de u z d'autant plus importante
que l'aimantation varie plus rapidement car J aim,V,z= rot M . u z= My/x >0 (de 2 à 4
sur la figure).
- une densité surfacique J sa dont la norme augmente avec l'intensité de vecteur
aimantation.
L'aimantation ne crée pas de courant traversant le milieu ; elle oriente simplement les
boucles de courant dues aux charges liées. La loi des nœuds, particulièrement
apparente sur les dessins ci-dessus suppose donc :
D J aim,V(M)d + S J sa dS = 0
ou encore D rot (M)d + S M dS = 0
21
d S X
S D
rot X d .
Si M est uniforme, le calcul de A peut être remplacé par :
2
A = (µ0/4) D M u /r d = µ0 M D (0 u /40r ) d
2
A = µ0 M E '(=0)
2
E ' apparaît comme le champ électrique (en u /r ) créé au point P par une distribution
volumique de charges de densité =0 et occupant le même domaine D. Ce résultat est
utile dans certains exercices ; à noter qu'il s'agit de =0 "sans dimension" (et non en
C/m3) et d'ailleurs E' n'est pas homogène à un champ électrique (il ne s'exprime pas en
V/m); il s'agit
simplement de mettre à profit une technique de calcul d'intégrales triples
avec div E ' =1 sur D.
5) Le vecteur H
L'équation de Maxwell - Ampère en régime stationnaire rot B = µ0 j pour le champ
macroscopique B reste valable dans
le milieu
magnétique
à condition de considérer la
densité volumique de courants : j = j l + j aim où j l est la densité d'aimantation et qui
crée le champ B a.
Avec j aim = rot M , il vient rot ( B /µ0 - M ) = j l
par définition H = B /µ0 - M soit rot H = j l
H est le vecteur excitation magnétique ; sa norme H, comme M , s'exprime en A/m
(homogène à une densité de courant surfacique, ou plus simplement à un courant
linéique).
Cette
équation indique que pour une distribution de courants
libres donnée, le vecteur
H est le même dans le vide que dans la matière (alors que B est modifié).
Le théorème d'Ampère
pour H s'écrit en notant Il (C) le courant libre total enlacé par le
contour fermé C : C H .dl I l
22
Les relations de passage à la surface de séparation de deux milieux (1) et (2) se
déduisent des propriétés locales des champs. Il peut s'agir de deux milieux aimantés ou
d'un milieu aimanté et du vide.
On considère une couche d'épaisseur e "infinitésimale" parallèle au plan xOy. Cette
couche possède une charge volumique de densité et un courant volumique de densité
j et sépare deux milieux notés "1" et "2". Notons le vecteur unitaire normal à
l'interface, orienté du milieu (1) vers le milieu (2).
On envisage un champ magnétique B présent dans les deux milieux.
Figure 3a : n est dirigé du milieu 1 vers le milieu 2
Figure 3b
S B d S = S2 B 2 n dS2 - S1 B 1 n dS1 + St B n t dSt = 0
23
On envisage maintenant un contour rectangulaire MNPQ de surface S, perpendiculaire
au plan xOy et tel que MN>>NP (figure 3c). On pose MN = L et NP = a, donc S = La.
Figure 3c
rot B = µ0 j + µ00 E /t on obtient sans difficulté :
Bt2-Bt1 = µ0 j S
Dans le cas d'un conducteur parfait, la conductivité , le champ électrique est
nécessairement nul dans le conducteur donc j = E = 0; l'équation de Maxwell -
Faraday, conduit dans le conducteur, à B/t = 0 donc B=0 puisque l'on exclut les
solutions constantes.
Si on appelle B ext le champ hors du conducteur, et B int le champ dans le conducteur, la
relation de passage conducteur vide est :
B ext =µ0 jS n .
a) Aimantation induite
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La plus part des corps acquièrent une aimantation lorsqu'ils sont soumis à un champ
magnétique externe. C'est le phénomène d'aimantation induite. Cette aimantation
créant elle-même un champ magnétique. Il s'ensuit que le champ magnétique initial est
modifié par la présence de ces corps.
Quelque soit la situation, l'aimantation M acquise par la matière en un point est
fonction du champ magnétique total B en ce point. Le lien entre M et B est
caractéristique du matériau et de l'état physique dans lequel il se trouve (température,
pression, …).
Expérimentalement, les matériaux se partagent, en ce qui concerne le magnétisme
induit, en deux classes :
pour la plupart des substances, l'aimantation induite M est faible, c'est-à-dire que le
champ Bd créé par cette aimantation est partout négligeable devant le champ d'origine
externe B0. Pour certaines de ces substances, l'aimantation induite M est de même sens
que le champ B0, ce sont les corps paramagnétiques; pour les autres l'aimantation est
de sens opposé à celui du champ, ces corps sont dits : diamagnétiques.
Par contre, certains corps, appelés ferromagnétiques, perturbe profondément la carte
du champ magnétique dans lequel ils sont plongés. Le fer métallique pur en est le
prototype. Le lien entre M et B est alors souvent complexe, en général non linéaire
sauf pour les faibles champs.
En résumé, pour chaque matériau le lien entre M et B décrit la réponse de la matière
au champ magnétique appliqué.
B = µ0(1+m) H = µH
25
Le coefficient µ est appelé : perméabilité magnétique du matériau, et le rapport sans
dimensions µr = µ/µ0 : perméabilité relative : µr = µ/µ0 = 1+m
1) Moments magnétiques
26
b) Moment magnétique orbital
Figure 3
27
Le moment magnétique de cette boucle de courant de surface S est orienté par
i = e/T (charge traversant une surface par unité de temps, la période T du mouvement)
m = - iS u z = - e (S/T) u z = -er2/2 u z
car S/T est la surface balayée par unité de temps et vaut r 2/2 (constante des aires ou à
défaut vitesse aréolaire moyenne sur une période).
d'où m = avec = - e/2m.
Le signe - est dû au fait que le courant électrique est de sens opposé au déplacement de
l'électron.
Rappelons les définitions : = r m v et m =1/2 r q v .
Il vient immédiatement m = (q/2m) et ceci quelle que soit la trajectoire de la charge
q de masse m.
Les propriétés magnétiques de la plupart des corps ne se manifestent que lorsqu'on les
place dans un champ magnétique provenant d'une source externe. Ils acquièrent alors
une aimantation, source d'un nouveau champ magnétique modifiant le champ
appliqué. Il s'agit d'un phénomène d'aimantation induite.
Les matériaux peuvent être classés en deux catégories. Pour les uns, matériaux
diamagnétiques et paramagnétiques, les effets magnétiques sont faibles : la
28
perturbation relative du champ appliqué va de 10-5 à 10-3 seulement. Pour les autres,
matériaux ferromagnétiques et ferrimagnétiques, la modification du champ appliqué
est par contre considérable, par un facteur qui peut être de l'ordre de 103 à 104.
1) Diamagnétisme
Considérons un électron en mouvement sur une orbite circulaire autour d’un atome.
On applique progressivement un champ magnétique dans la direction perpendiculaire
au plan de l’orbite. Pendant la phase d’établissement de 𝐵 ⃗⃗ apparait un champ
électromoteur 𝐸⃗⃗
où ˙u
⃗⃗ est le vecteur unitaire des coordonnées cylindriques. Durant l’établissement du
courant, l’électron subit, en plus de la force due au champ magnétique, une force
tangentielle.
Soit
29
On en déduit une variation de moment magnétique
Le moment magnétique crée par le champ magnétique a une direction qui lui est opposée.
b) Susceptibilité diamagnétique
30
3) Paramagnétisme
M = m i =N< m >
Paramagnétique
Si nous traitons mz comme une variable classique, pouvant prendre toute valeur
comprise entre -m et +m, le calcul de l'aimantation induite est identique à celui
effectué au chapitre précédent (sur les milieux diélectriques) pour la polarisation
d'orientation en remplaçant p par m et E par B.
Figure 4
31
M Nm2B / 3kT pour mB << kT
m = µ0Nm 2 / 3kT.
On a supposé que les interactions entre des moments magnétiques entre eux
étant négligeable; B est alors égal au champ externe appliqué et on peut prendre
B µ0 H.
A très basse température et pour des champs élevés, tous les moments
magnétiques sont pratiquement orientés dans la direction du champ;
mathématiquement. L(a) 1 pour les très grandes valeurs de a et l'aimantation
devient : MS = N m, qui est appelée "aimantation à saturation" car c'est
l'aimantation maximale que la substance peut posséder.
4) Ferromagnétisme
a) Corps ferromagnétiques
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Figure 6. a) Variation de l'aimantation à saturation en fonction de la température
pour T<Tf. b) Inverse de la susceptibilité paramagnétique en fonction de la
température pour Tf<T.
= C / T-Tp,
c) Perméabilité magnétique
d) Interprétation du ferromagnétisme
Lorsque l'échantillon n'est pas aimanté, les différents domaines ont des
orientations très diverses et l'aimantation macroscopique résultante de
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l'échantillon est nulle; cela est vrai pour un monocristal et a fortiori pour les
alliages ou matériaux polycristallins.
Les frontières entre domaines, appelées "parois", sont des zones ou l'aimantation
change de direction, les moments magnétiques élémentaires tournant
progressivement pour passer d'une orientation préférentielle à un autre. Ces
parois ont une épaisseur typique de 0,1 µm soit de l'ordre de grandeur de
quelques centaines de distances interatomiques.
Phénomène d’hystérésis
35
Figure 8 : Courbe d’hystérésis
La connaissance des cycles d’hystérésis est importante pour évaluer les pertes
énergétiques des matériaux soumis à des champs magnétiques alternatifs.
A partir de l’expression de la densité électromagnétique,
duem [Link] H .dB,
36
Or l’intégrale précédente est exactement l’aire du cycle d’hystérésis tracée en
coordonnées (B,H). Mais c’est aussi l’aire du cycle (M,H).
Finalement, pour tous les matériaux,
W
matériau
[
cycle
H .dB]d
37
38