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Commercialisation des Céréales au Mali

Le Mali, pays agricole, fait face à des défis liés à la production et à la commercialisation des céréales sèches en raison de conditions climatiques aléatoires et d'un accès limité aux technologies. Malgré la libéralisation des marchés, les petits producteurs familiaux privilégient l'autosuffisance alimentaire, ce qui limite leur intégration sur le marché. L'étude vise à comprendre les déterminants de la production et de la commercialisation des céréales sèches dans la zone de Koutiala.

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Commercialisation des Céréales au Mali

Le Mali, pays agricole, fait face à des défis liés à la production et à la commercialisation des céréales sèches en raison de conditions climatiques aléatoires et d'un accès limité aux technologies. Malgré la libéralisation des marchés, les petits producteurs familiaux privilégient l'autosuffisance alimentaire, ce qui limite leur intégration sur le marché. L'étude vise à comprendre les déterminants de la production et de la commercialisation des céréales sèches dans la zone de Koutiala.

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Contexte et justification :

Le Mali est un pays largement agricole (80 % de sa population). L’agriculture s’exerce dans des
conditions climatiques aléatoires avec des risques importants de sécheresse parfois catastrophique
(1972-1973 et 1983-1984). La pluviométrie diminue du sud vers le nord si bien que l’agriculture
pluviale comporte un risque qui est intégré dans les stratégies agricoles. La production agricole
malienne subit en conséquence des fluctuations importantes de sa production vivrière principalement
liée au démarrage de la saison des pluies.

La production céréalière est principalement constituée par des cultures pluviales dans la zone agricole
ayant une pluviométrie annuelle supérieure à 600 mm: le mil et le sorgho sont présents dans toute cette
zone; le maïs est surtout présent dans les régions à plus de 900 mm de pluie par an.

Depuis plusieurs décennies, on assiste au développement très important de la culture du coton sous
l’impulsion de la Compagnie Malienne de Développement Textile (CMDT). En zone sud du Mali,
l’augmentation de la fertilité des sols, conséquence de la fertilisation apportée sur le cotonnier entraîne
une demande importante pour l’intensification des cultures. Comme les performances des céréales
locales sont faibles, le paysan se tourne vers le maïs considéré comme la céréale qui valorise le mieux
l’arrière effet de la fertilisation apportée sur cotonnier.

Les céréales sont une production alimentaire autoconsommée par excellence, les ventes sont toujours
la résultante conjuguée des besoins monétaires et de l’absence d‘autres sources de revenus.

Avec l'accroissement démographique annuel de 3 % de la population (INSTAT, 2010) se pose avec


acuité le problème de commercialisation et de sécurité alimentaire des ménages. L’insuffisance des
disponibilités céréalières tient en partie aux conditions générales de production. Les capacités de
production des paysans sont toujours limitées par un piètre accès aux technologies améliorées, à
l’engrais et par la faiblesse de l’encadrement rural.

Au Mali, les politiques de libéralisation ont réellement démarré avec le Programme de restructuration
du marché céréalier (PRMC) vers les années 1990. Ainsi donc, de 1980 à 2000, c’est la période de
restructuration des formes d’intervention marquée par le dépérissement de l’Etat et l’émergence de
dispositifs collectifs privés. La libéralisation des marchés notamment céréaliers rentre dans le cadre
d’une économie de marché.

En effet, sur le plan des stratégies d’autosuffisance alimentaire, les premières politiques commerciales
se sont traduites par la faillite des organismes publics chargés de gérer la production et par le
développement d’un double marché : un marché administré étroit et un autre plus vaste du secteur
privé, mais cloisonné et peu performant. Ces dysfonctionnements ont contribué à la stagnation de
l’agriculture vivrière et à la croissance des importations alimentaires.

Cependant, malgré cette libéralisation, l’accès au marché n’est pas un facteur de différenciation et les
restructurations globales des marchés agricoles au Mali ont eu peu d’implications sur les filières qui
sont restées peu intégrées et majoritairement « traditionnelles ».

Ainsi, les institutions d’appui au développement et les décideurs ont opté pour la libéralisation du
commerce et l’intégration du secteur agricole national comme instrument de stabilisation des marchés
locaux de produits alimentaires et de stimulation de la croissance agricole.

Les producteurs agricoles sont toujours de petits producteurs familiaux qui, pour la plupart,
développent encore des stratégies orientées vers l’autosuffisance alimentaire et qui, de ce fait,
commercialisent peu leurs productions (à l’exception des productions d’exportations traditionnelles
comme le coton) et ont des niveaux d’autoconsommation élevés. Cette situation rend les marchés
étroits et décourage parfois les producteurs de s’orienter vers une production commerciale ; ce
phénomène est surtout vrai pour les céréales sèches.

L’intégration aux marchés reste très faible : les processus de contractualisation entre production et
commercialisation sont globalement inexistants (si on excepte la situation du coton avec un acheteur
unique) et la distribution est toujours très atomisée. Les exploitations sont encore assez peu intégrées
aux marchés des produits alimentaires agricoles : elles optent pour des stratégies qui privilégient
l’autoconsommation, avec un recours aux marchés limité à la commercialisation des surplus et/ou
l’acquisition des quantités nécessaires pour combler les déficits au niveau du ménage. Selon
RuralStruc, 2008 dans la zone de Koutiala, 46 % seulement du produit brut de l’exploitation est
commercialisé. Le coton, qui représente seulement 23 % du produit brut total, occupe encore une place
importante dans les ventes agricoles avec 52 % du montant total.

En conséquence de ces faibles changements, il n’y a pas de concentration ni des structures de


production (l’agriculture reste essentiellement familiale), ni des segments amont ou aval des filières
agricoles. De plus, l'accès physique aux marchés nationaux reste encore aléatoire et très coûteux dans
de nombreuses zones encore enclavées : la faiblesse des infrastructures de transports, routes et pistes,
communications, mais aussi capacités de stockage et de conservation, limite la commercialisation des
produits agricoles, renchérit les coûts de production et de transaction, augmente les risques et, en
définitive, limite la compétitivité de l’ensemble des acteurs économiques même si des efforts louables
ont été constatés dans ces dernières années.

Par conséquent, stabiliser l'environnement et améliorer les conditions d'accès au marché sont donc des
enjeux primordiaux pour permettre une accélération de la croissance agricole. La stabilisation des prix
et des revenus par des mécanismes combinés publics et privés constituent un moyen de sécuriser
l'environnement des producteurs (Galtier et al. 2009).

Aussi, pour développer la production agricole, il faut pouvoir commercialiser au moment voulu et
trouver des marchés solvables.

Particulièrement pour les producteurs ruraux et les autres acteurs des filières agricoles du Mali, le
risque d’être écarté des marchés domestiques urbains nationaux et sous régionaux est important, alors
qu’ils sont le moteur de l’agriculture malienne. L’approvisionnement du marché domestique malien et
sous régional constitue également un enjeu majeur pour le Mali.

A cet effet nous nous proposons d’identifier les différents canaux de commercialisation des céréales
sèches dans la zone Koutiala.

Dans quelle mesure les producteurs produisent les céréales sèches et les commercialisent à quelle
fin ?

Objectif global :

Comprendre la participation simultanée des producteurs dans la production et la commercialisation


des céréales sèches.

Objectifs spécifiques :

 Identifier les déterminants de la production simultanée des céréales sèches.


 Identifier les facteurs qui influencent la commercialisation des céréales sèches.

Hypothèses :

H1 : l’accès aux intrants et à la main d’œuvre jouent significativement sur la productivité des céréales.

H2 : le manque de coordination entre producteurs - commerçants et le cout élevé des transactions


rendent faible le taux de commercialisation des céréales dans la zone.

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