MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA
RECHERCHE SCIENTIFIQUE
UNIVERSITE D’ABOMEY CALAVI
ECOLE POLYTECHNIQUE D’ABOMEY CALAVI
DEPARTEMENT DE GENIE MECANIQUE ET ENERGETIQUE
Filière : Génie Mécanique et Énergétique
Niveau : 3è année
Unité d’Enseignement : Résistance des matériaux
Résolution des systèmes hyperstatiques par la
méthode de clapeyron et la méthode de déplacement
Rédigé par : Supervisé par :
-AGBOWAI Ascagne Dr. AMADJI Armel
-AGOSSOU Sévérin
-AKOGNON Ariel
-GNANVI Damien
-KOUSSIHOUEDE Ghislain
-SALAMI Farihan
-YERIMA Abdoul
Année académique : 2024-2025
1
1. Introduction
2. Méthode de la comparaison des déformations (superposition)
3. Méthode des trois moments de Clapeyron
4. Comparaison des deux méthodes
5. Conclusion
2
INTRODUCTION:
La résolution des systèmes hyperstatiques est essentielle en
mécanique des structures pour garantir leur stabilité et leur résistance.
Deux méthodes couramment utilisées sont la comparaison des
déformations (superposition) et les moments de Clapeyron. La première
repose sur la décomposition en systèmes isostatiques et l’imposition de
la compatibilité des déformations. La seconde est spécifique aux poutres
continues et utilise les équations de continuité des moments pour
déterminer les efforts internes. Ces approches permettent d’analyser
efficacement les structures hyperstatiques en fonction des conditions de
charge et de liaison.
3
I. APPLICATION DE LA METHODE DES FORCES POUR LES
POUTRES CONTINUES A APPUIS MULTIPLES (METHODE
DES TROIS MOMENTS)
On appelle poutres continues les poutres reposant sur plus de deux
appuis. Le nombre de liaisons surabondantes dans une poutre continue
est égal au nombre d’appuis intermédiaires. Le degré d’hyperstaticité
(D) dans ce cas est égal au nombre d’appuis intermédiaires. Si l’appui
extrême est réalisé sous forme d’encastrement, le degré d’hyperstaticité
s’accroit d’une unité.
La méthode des trois moments est une méthode bien adaptée pour la
résolution des poutres continues, établie à partir de la méthode des
forces. Elle consiste à découper une poutre continue en travées
indépendantes, et faire introduire des moments sur appuis (Mi) comme
des inconnus hyperstatiques.
La rotation de chaque appui intermédiaire de la poutre continue est
nulle, c’est la condition de compatibilité des déformations.
- On commence par la numérotation des appuis de zéro (0) à (n) ;
- Une travée (i) est délimitée par les deux appuis (i-1) et (i),
On aura donc :
- (n+1) appuis (0, 1,……..n)
- (n) travées : (1, 2,……n)
- La portée de la travée (i) est (Li)
- La Rigidité de la travée (i) est (EI)i
Remarque :
4
Les inconnus déterminés par cette méthode sont les réactions et les
moments au niveau des appuis. On considère deux travées
consécutives (i) et (i+1) d’une poutre hyperstatique, d’inerties
respectives (EI)i et (EI)i+1, de longueurs respectives (Li) et (Li+1) et
soumises respectivement à des charges (q2 ) et (P2 ) (voir figure
précédente).
- Mi-1 : désigne le moment sur l’appui (i-1)
- Mi : désigne le moment sur l’appui (i)
- Mi+1 : désigne le moment sur l’appui (i+1)Tapez une équation ici.
Remarque :
Le système équivalent est représenté par une suite de poutres simples
appuyées et sollicitées par les charges extérieures et par les
moments fléchissant inconnus appliqués à leurs extrémités. Les
bouts de deux poutres adjacentes, tenant à un même appui (i) peuvent
tourner d’un certain angle φigauche et φidroite .Etant donné que chaque
couple de telles sections dans la poutre continue hyperstatique de
départ constitue, en réalité, et en vertu de la condition de continuité, leur
angle de rotation réciproque doit être nul. De là, on obtient pour chaque
appui intermédiaire :
Φi=φigauche + φidroite =0
Selon leur nature, on a deux types de rotations :
- Rotation due aux moments fléchissant (𝜑ig+𝜑id)
- Rotation due aux charges extérieures (𝜃ig +𝜃 id)
Avec : φigauche = 𝜃ig+ 𝜑ig et φidroite = 𝜃 id+ 𝜑id
Φi=φigauche + φidroite =(𝜑ig+𝜑id)+ (𝜃ig +𝜃 id) =0
1. CALCUL DES ROTATIONS DUES AUX MOMENTS FLECHISSANT
(𝝋ig+𝝋id)
Les rotations dues aux moments fléchissant peuvent être calculées par
les méthodes étudiées en chapitre précédent. Parmi ces méthodes, on
peut citer la méthode de Maxwell-Mohr, la méthode de Castigliano ou
celle de Véréchaguine. Dans ce calcul, on va se servir de cette dernière.
5
A)- LA POUTRE [(i-1) . (i)] B)- LA POUTRE
[(i) . (i+1)]
A)- LA POUTRE [(i-1) . (i)]
En appliquant le principe de la superposition
LA POUTRE [(i-1) . (i)]1 LA POUTRE [(i-1)
. (i)]2
LA POUTRE [(i-1) . (i)]1
La travée se trouve dans un état d’équilibre : ∑[𝑀%(𝑖)] = 0
M_i−1
La réaction : Ri-1=−
Li
M(x)=− Ri-1.x +Mi-1
6
M_i−1
M(x)=( − ). x + Mi-1
Li
M(0)= Mi-1 ; M(Li)=0
On trace le diagramme des moments M(x)
LA POUTRE [(i-1) . (i)]2
La travée se trouve dans un état d’équilibre : ∑[𝑀%(𝑖 − 1)] = 0
M_i
La réaction : Ri =Ri-1=
Li
M(x)= Ri-1.x
M_i
M(x)= ( ).x
Li
M(0)=0 ; M(Li)=Mi
On trace le diagramme des moments M(x)
7
B) LA POUTRE [(i) – (i+1)]
En appliquant le principe de la superposition
LA POUTRE [(i) – (i+)]1 LA POUTRE [(i) – (i+)]2
LA POUTRE [(i) – (i+)]1
La travée se trouve dans un état d’équilibre : ∑[𝑀%(𝑖 + 1)] = 0
M_i
La réaction :Ri=−
Li+1
M(x)= −Ri.x + Mi
M_i
M(x)=( − ). x + Mi
Li+1
M(0) = Mi , M(Li+1) = 0
On trace le diagramme des moments M(x)
8
LA POUTRE [(i) – (i+)]2
La travée se trouve dans un état d’équilibre : ∑[𝑀%(𝑖)] = 0
M_i+1
La réaction :Ri =Ri+1=
L_i+1
M(x)=Ri.x
M_i+1
M(x)= ( ).x
L_i+1
M(0)=0 ;M(Li+1)=Mi+1
On trace le diagramme des moments fléchissant de la poutre M(x)
Du moment qu’on veut calculer la déformation angulaire (𝜑ig+𝜑id) au
niveau du nœud (i) on applique à ce nœud un moment unitaire et on
applique par la suite la méthode de Véréchaguine. On multiplie les deux
diagrammes M(x) de la travée [(i-1) . (i)], ensuite ceux de la travée [(i) .
(i+1)] par les diagrammes unitaires (m) des deux travées ensemble [(i-
1) (i)] (+) [(i) (i+1)]
9
A. La poutre [(i-1) . (i)]
La travée se trouve dans un état d’équilibre : ∑[𝑀%(𝑖 − 1)] = 0
1
La réaction : Ri-1= , m=1
L_i
m(x)= Ri-1.x
1
m(x)= ( ).x
L_i
m(0)=0 , m(Li)=1
On trace le diagramme des moments fléchissant de la charge unitaire
m(x) :
B)- LA POUTRE [(i) . (i+1)]
La travée se trouve dans un état d’équilibre : ∑[𝑀%(𝑖 + 1)] = 0
10
1
La réaction : R’i= ; (m=1)
𝐿_i+1
m(x)=−R’i.x+1
1
m(x)= − ( ).𝑥 + 1
𝐿_i+1
m(0)=1 ;m(Li+1)=0
On trace le diagramme des moments fléchissant de la charge unitaire
m(x) :
Le calcul de( 𝜑ig=𝜑ig1+𝜑ig2) et de (𝜑id=𝜑id1+𝜑id2) se fait par la méthode de
Véréchaguine
Avec : (EI)i=(EI)i+1=(EI)=cte
(𝑴_𝒊−𝟏).𝑳_𝒊
𝝋ig1=
𝟔𝑬𝑰
𝑴_𝒊.𝑳_𝒊
𝝋ig2=
𝟑𝑬𝑰
11
(𝑴_𝒊−𝟏).𝑳_𝒊 𝑴_𝒊.𝑳_𝒊
𝝋ig= 𝝋ig1+ 𝝋ig2= +
𝟔𝑬𝑰 𝟑𝑬𝑰
𝑴𝒊 .𝑳_𝒊+𝟏
𝝋id1=
𝟑𝑬𝑰
𝑴_𝒊+𝟏.𝑳_𝒊+𝟏
𝝋id2=
𝟔𝑬𝑰
𝑴𝒊 .𝑳𝒊 +𝟏 𝑴_𝒊+𝟏.𝑳_𝒊+𝟏
𝝋id= 𝝋id1+ 𝝋id2= +
𝟑𝑬𝑰 𝟔𝑬𝑰
(𝑴_𝒊−𝟏).𝑳_𝒊 𝑴_𝒊.𝑳_𝒊 𝑴𝒊 .𝑳_𝒊+𝟏 𝑴_𝒊+𝟏.𝑳_𝒊+𝟏
𝝋ig+ 𝝋id= + + +
𝟔𝑬𝑰 𝟑𝑬𝑰 𝟑𝑬𝑰 𝟔𝑬𝑰
La condition d’équilibre du nœud (i) est :
Φi=φigauche + φidroite=( 𝜑ig+ 𝜑id)+ (𝜃ig +𝜃 id) =0
(𝑀_𝑖−1).𝐿_𝑖 𝑀_𝑖.𝐿_𝑖 𝑀𝑖 .𝐿_𝑖+1 𝑀_𝑖+1.𝐿_𝑖+1
Φi= + + + +(𝜃ig +𝜃 id) =0
6𝐸𝐼 3𝐸𝐼 3𝐸𝐼 6𝐸𝐼
Mi − 1 + 2(Li + Li + 1) + Mi + 1. Li + 1 + 6EI(𝜃ig + 𝜃 id) = 0
Cette équation s’appelle l’équation générale de la méthode des trois
moments ou la méthode de Clapeyron. La résolution de cette équation
12
permet le calcul des moments au niveau des appuis intermédiaire des
poutres et des poutres continues
2. Calcul des rotations dues aux charges extérieures(𝜽ig +𝜽 id)
Sur le tableau suivant , on trouve les valeurs des rotations (𝜃ig +𝜃 id) au
niveau des appuis pour différents charges extérieures. On peut mettre :
EI(𝜃ig +𝜃 id)=Ai
Ainsi on a :
Mi-1+2(Li+Li+1)+Mi+[Link]+1+6 Ai =0
Cas de poutre sur deux appuis simple de rigidité EI=cte
13
3. Expressions du Moment fléchissant, Effort tranchant et
Réactions d’appuis :
Pour une travée (i) située entre les appuis (i-1) et (i), on peut écrire les
relations suivantes :
Moment fléchissant :
𝑥 𝑥
Mi(x)=mi(x)+Mi-1(1− ) + 𝑀_𝑖.
𝐿𝑖 𝐿i
Où
mi(x) : expression du moment fléchissant dû aux chargements extérieurs
de la travée (i-1) supposée indépendante.
Mi : moment sur appui (i)
Effort tranchant :
𝑀𝑖 −𝑀_𝑖−1
Ti(x)=ti(x)+
𝐿_𝑖
Où,
ti(x) : expression de l’effort tranchant dû aux chargements extérieurs de
la travée (i) supposée indépendante.
Mi : moment sur appui (i)
Réaction d’appuis :
𝑀𝑖−1 −𝑀𝑖 𝑀𝑖+1 −𝑀𝑖
Ri=rig +rid+ +
𝐿_𝑖 𝐿𝑖+1
Où,
rid : la réaction à droite de l’appui (i) de la travée isostatique (i)
rig : la réaction à gauche de l’appui (i) de la travée isostatique (i+1)
4) Les étapes de la méthode des trois moments
L’utilisation de la méthode des trois moments nous conduit à suivre les
étapes suivantes :
1. Déterminer le degré d’hyperstaticité de la poutre (n) ;
14
2. Découper la poutre à (n) travées indépendantes (i) chacune de
portée (Li) et de rigidité ELi;
NB : si l’un des appuis de rive est un encastrement, on le remplace par
une travée fictive de rigidité flexionnelle infinie EI= ∞
3. Pour chaque poutre isostatique de travée (i), déterminer :
𝑑
- les réactions des appuis : 𝑟𝑖−1 et rig
- les expressions efforts internes : l’effort tranchant t(x) et moment
fléchissant mi(x)
𝑑 𝑔
-les rotations des appuis : 𝜃𝑖−1 et 𝜃𝑖
4. Ecrire les (n) équations de 3 moments pour chaque deux travées
consécutives (i) et (i+1):
Mi-1 Li + 2(Li + Li+1) Mi + Li+1Mi+1 + 6 Ai = 0
5. Résoudre ces équations pour déterminer les moments (Mi ) sur
appuis.
6. calculer les réactions, et les efforts internes par les formules
suivantes :
- Les réactions des appuis :
𝑀𝑖−1 −𝑀𝑖 𝑀𝑖+1 −𝑀𝑖
Ri=rig +rid+ + (1)
𝐿_𝑖 𝐿𝑖+1
- L’effort tranchant :
𝑀𝑖 −𝑀_𝑖−1
Ti(x)=ti(x)+ (2)
𝐿_𝑖
- Le moment fléchissant :
𝑥 𝑥
Mi(x)=mi(x)+Mi-1(1− ) + 𝑀_𝑖. (3)
𝐿𝑖 𝐿i
Exercice : Soit une structure représentée sur la figure suivante,
simplement appuyée
en (A) et encastrée en (B), l’inertie (EI) est constante et soumise à une
charge
15
uniformément repartie (q).
1- Calculer le degré d’hyperstaticité de la structure.
2- Etablir l’équation des trois moments et calculer les moments au
niveau des appuis.
3- Déterminer les expressions de T(x), M(x) et les réactions d’appuis.
Solution :
1- D = 4-3 = 1
2- L’équation générale des trois moments a la forme suivante :
Mi-1 Li + 2(Li + Li+1) Mi + Li+1Mi +1 + 6 Ai = 0
On supprime l’encastrement et on le remplace par une travée fictive.
i=1 :
→M0L1+2(L1+L2)M1+L2M2+6A1=0
Or M0=M2=0 (appuis d’extrémités), L1=L ;L2=0
Donc,
→2LM1+6 A1=0
On a :
𝑞𝐿3 𝑞𝐿3
A1=2.( )=
24 12
Ainsi :
𝑞𝐿3
→2LM1+6. =0
12
D’où :
16
𝑞𝐿2
M1=− ; M0=M1=0
4
3. Poutre (0)-(1)
a-) Réactions aux appuis
Utilisons l’équation N°(1)
𝑀𝑖−1 −𝑀𝑖 𝑀𝑖+1 −𝑀𝑖
Ri=rig +rid + +
𝐿_𝑖 𝐿𝑖+1
Pour i=0 ; on a :
𝑀−1 −𝑀0 𝑀1 −𝑀0
R0= r0g +r0d+ +
𝐿0 𝐿1
𝑞𝐿
r0 g =
2
d
r0 =0
M-1=0
𝑞𝐿2
M1=−
4
M0=0
L1=L
𝑞𝐿 𝑞𝐿
→ R0= −
2 4
𝑞𝐿
R0=
4
Pour i=1 ; on a :
𝑀0 −𝑀1 𝑀2 −𝑀1
R1= r1g+ r1d + +
𝐿1 𝐿1
r1g=0
𝑞𝐿
r1 d =
2
M0=M2=0
𝑞𝐿2
M1=−
4
L1=L
17
𝑞𝐿 𝑞𝐿
→ R1= +
2 4
3𝑞𝐿
R1=
4
b-) Efforts tranchant T(x)
On utilise l’équation N°(2)
𝑀𝑖 −𝑀_𝑖−1
Ti(x)=ti(x)+ (2)
𝐿_𝑖
Pour i=1 on a :
𝑀1 –𝑀0
T1(x)=t1(x)+
𝐿1
𝑞𝐿 𝑀1 –𝑀0
→ T1(x)= − 𝑞. 𝑥 +
2 𝐿
𝑞𝐿 𝑞𝐿
→ T1(x)= − 𝑞. 𝑥 −
2 4
𝑞𝐿
→ T1(x)= − 𝑞. 𝑥
4
c-)Expression du moment fléchissant M1(x)
On utilise l’équation N°(3)
𝑥 𝑥
Mi(x)=mi(x)+Mi-1(1− ) + 𝑀_𝑖. (3)
𝐿𝑖 𝐿i
Pour i=1 on a :
𝑥 𝑥
M1(x)=m1(x)+M0(1− )+M1.
𝐿 𝐿
𝑞𝐿 𝑞 𝑞𝐿2 𝑥
→ M1(x)= 𝑥 − . 𝑥2 − ( )
2 2 4 𝐿
𝑞𝐿 𝑞
→ M1(x)= 𝑥 − . 𝑥2
4 2
18
II. Méthode des déplacements(Superpositions)
La méthode des déplacements ou des déformations est une des
méthodes les plus utilisées pour le calcul des systèmes hyperstatiques.
Les déformations (rotations et translations) sont les inconnues.
1. Nombre d’inconnues de la méthode :
Le nombre d’inconnues de la méthode des déplacements est égal au
nombre de rotations des nœuds 𝑁𝑟 et le nombre de translations 𝑁𝑡 du
portique (𝑁 = 𝑁𝑟 + 𝑁𝑡) .
Nombre de rotations 𝑵𝒓: le nombre de rotations d’un portique est
égal aux nombre de nœuds intermédiaires rigides (𝑁 𝑟 = nœuds
intermédiaires rigides).
Nombre de translations 𝑵𝒕 : le nombre de translations possibles
du portique :
Avec :
𝑛 ∶ Nombre total de nœuds (nœuds et appuis).
𝑏 ∶Nombre de barres.
𝑙 ∶ Nombre de liaisons (réactions) verticales ou horizontales.
2. Intérêt de la méthode des déplacements :
On réduit considérablement avec cette méthode le nombre des
inconnues surabondantes et elle permet de déterminer la matrice de
rigidité unique du système.
Exemple1 :
Figure 1. : Poutre hyperstatique
Exemple 2 :
Dans cet exemple (figure 2) nous avons 3 inconnues par liaison
encastrée ; ce qui fait en tout 9 inconnues.
19
Figure 2. : Système hyperstatique
La statique nous donne trois équations (une équation de moment et 2
équations de projection de toutes les forces appliquées).
Le degré d’hyperstaticité(9 - 3= est fois hyperstatique).
Puisque ce système est une structure non déplaçable 𝑁𝑡 = 2𝑛 −
(𝑏 + 𝑙) = 2 × 4 − (3 + 6) = −1 alors nous avons seulement une seule
inconnue puisque nous avons un seul nœud intermédiaire (le nœud 4).
Donc l’inconnues 𝑍1 c’est la rotation au nœud 4.
3. Principe de la méthode des déplacements
La méthode des déplacements est utilisée pour le calcul des structures
constituées de barres droites encastrées dans les nœuds.
Globalement, le principe de la méthode est décrit par les trois étapes
suivantes :
a. On détermine le système de base en bloquant (encastrements
spéciaux) tous les nœuds intermédiaires de la structure réelle dans
le cas d’une structure non déplaçable.
Si le système est déplaçable, on bloque aussi les nœuds
intermédiaires (encastrements spéciaux) et en bloque aussi les
translations à l’aide de butée (Figure 3b).
Chaque élément de la structure travaille seul comme le modèle bi-
encastré ou encastré-articulé.
Figure 3. : Portique hyperstatique
20
b. Afin d'obtenir un système équivalent à la structure initiale, on
applique des déplacements (inconnus) correspondant aux liaisons
ajoutées (Figure 3c)
Figure 3. : Portique hyperstatique
Les inconnues du problème dans le cas considéré (Figure 3c) sont :
𝑍1 : Rotation du nœud 1.
𝑍2 : Rotation du nœud 2.
𝑍3 : Rotation du nœud 3.
𝑍4 : Rotation du nœud 4.
𝑍5: Translation horizontale des nœuds 1 et 2, la variation de longueur
de la barre 1-2 étant négligée.
𝑍6: Translation horizontale des nœuds 3 et 4, la variation de longueur
de la barre 3-4 étant négligée.
c. Pour obtenir les déplacements inconnus (𝑍1, 𝑍2, … , 𝑍6) on écrit qu'il
y a équilibre des réactions (moments ou forces) apparaissant dans
chaque liaison ajoutée sous l’effet des forces extérieures et des
déplacements imposés. Soit :
𝑍1 = ∑ des moments réactifs dans l'encastrement (1) = 0.
𝑍2 = ∑ des moments réactifs dans l'encastrement (2) = 0
𝑍3 = ∑ des moments réactifs dans l'encastrement (3) = 0.
𝑍4 = ∑ des moments réactifs dans l'encastrement (4) = 0.
𝑍5 = ∑ des réactions horizontales dans la liaison (2) = 0.
𝑍6 = ∑ des réactions horizontales dans la liaison (4) = 0.
Exemple : barre 1-2 et barre 1-3 :
Figure 4. : Portique de la figure 3. (Exemple : barre 1-2 et 1-3)
21
4. Classification des structures
Figure .6 :
22
5. Principe du nœud mobile
Lorsque la structure plane est constituée d’un réseau de poutres
orthogonal à un réseau de poteaux, il est assez logique de localiser la
structure dans un plan XY tel que l’axe des X soit parallèle aux poutres
(barres horizontales) et l’axe des Y parallèle aux poteaux (barres
verticales). L’hypothèse simplificatrice à la base de la Méthode des
rotations, notamment, la déformabilité aux efforts normaux est
négligeable, revient à supposer l’incompressibilité (éventuellement
l’inextensibilité) des barres.
Les degrés de liberté de la structure à considérer dès lors sont :
Le degré de liberté en rotation des nœuds.
Le degré de liberté en translation horizontale de toute la file des
éléments horizontaux.
Le degré de liberté en translation verticale de toute la file des
éléments verticaux
Ainsi, il suffit désormais d’un blocage simple en translation selon l’axe
d’une file des éléments pour que tous les nœuds de cette file ne
translatent pas. En conséquence, la structure cinématiquement
déterminée (Figure 7a) est obtenue en disposant d’un blocage simple
associé à chacun des degrés de liberté précités. Les blocages simples
ainsi requis, en nombre N=Nr+Nt, constituent les inconnues
cinématiques. Celles-ci sont donc de deux natures :
Les angles de rotation aux nœuds intermédiaires ;
Les déplacements horizontaux ou verticaux du système.
Pour l’exemple de la Figure suivante, on a :
6 blocages de rotations de nœuds intermédiaires (Figure 7b),
2 blocages de déplacements horizontaux (Figure 7c),
1 blocage de déplacements verticaux (Figure 7d).
23
soit au total M = 9. La structure cinématiquement (Figure 7a) déterminée
de référence est la structure d’origine munie de ces 11 blocages simples
(Figure 7).
Figure 7 : Principe du nœud mobile
6. Sollicitations des barres :
Les barres sont sollicitées soient par :
Les charges extérieures (réparties, ponctuelles, …) (connues)
Les rotations des nœuds intermédiaires …………..
Les translations …………………………………...
7. Les moments fléchissant et les réactions des barres
soumises à des déplacements et des charges
Les calculs des moments et les réactions peuvent être menés par
les méthodes exposées dans la partit précédente (Méthode des trois
moments et Méthode des forces).
24
Les diagrammes des moments et les réactions des charges extérieures
les plus courantes sont regroupés dans les deux tableaux suivants.
a - Les barres soumises à des déplacements d’appuis (rotations et
translations)
25
Figure 8 : Les moments fléchissant et les réactions des barres soumises
à des déplacements d’appuis (rotations et translations)
b- Les barres soumises à des charges extérieures (réparties,
ponctuelles, …)
Figure 9. : Les moments fléchissants et les réactions des barres
soumises à des charges extérieures
26
8. Equations d’équilibre
Chaque équation exprime l’équilibre des réactions apparaissant dans
une liaison ajoutée. Dans chaque liaison (𝑖) introduite, la résultante des
réactions, engendrées par les forces extérieures (𝑟𝑖𝑜)et par les
déplacements appliqués (𝑟𝑖𝑗 ), doit être nulle.
𝑟𝑖𝑜: réaction qui apparaît dans la liaison ajoutée i sous l’action de
la sollicitation globale F (c’est-à-dire les charges appliquées).
𝑟𝑖𝑗: réaction dans la liaison i, dont la nature est déterminée par
celle de la liaison, sous l’action du déplacement 𝑍𝑗 = 1(coefficient
de rigidité).
En vertu du principe de superposition des effets nous pouvons écrire :
𝑅𝑖𝑗 = 𝑟𝑖𝑗. 𝑍𝑗
Où :
𝑍𝑗 est le déplacement inconnu appliqué.
𝑟𝑖𝑗 est la réaction dans la liaison i sous l’action d’un déplacement
unitaire, rotation ou translation selon la nature de la liaison j,
appliqué à la liaison j.
Ainsi, pour une structure à n inconnues (n déplacements inconnus des
nœuds), le système d’équations s’écrit :
Ou encore sous forme condensée :
Sous forme matricielle le système d’équations canoniques s’écrit :
[𝑟]. [𝑍] + [𝑅0] = 0
[𝑟𝑖𝑗] est appelée matrice de rigidité.
27
9. Les étapes de calcul par la méthode des déplacements :
L’application de la méthode des déplacements peut se résumer aux
étapes élémentaires suivantes :
Déterminer le nombre d’inconnues
Ecrire les n équations canoniques.
Choisir le système de base (système isostatique le plus simple)
Tracer le diagramme des moments fléchissant 𝑀0 du système
isostatique due aux charges extérieures (𝑍1 = 𝑍2 = ⋯ = 𝑍𝑛 = 0)
Tracer les diagrammes ou épures unitaires 𝑚𝑖(𝑖 =
1,2, … , 𝑛) correspondant au système isostatique sans charges
extérieures et avec 𝑍𝑖 = 1 et les autres inconnus nuls
On calcul tous les coefficients de réaction (𝑟𝑖𝑗, 𝑅𝑖0) à l’aide des
diagrammes.
Résolution du système d’équations canoniques pour obtenir les
déplacements des nœuds.
Correction des épures unitaires
On fait la somme des épures unitaires corrigées
En dernier, on obtient le diagramme des moments fléchissant final
du système hyperstatique réel en faisant la somme des moments
suivants
28
III. Comparaison des deux methodes
Méthode de la superposition
Avantages
1. Flexibilité :
Cette méthode peut s’appliquer à une large variété de structures
hyperstatiques, qu’il s’agisse de poutres, de cadres ou même de
structures complexes incluant des connexions rigides ou des appuis
multiples.
Elle s’adapte à des structures de géométries et configurations variées,
sans être limitée par le type de liaison ou la disposition des charges.
2. Approche universelle :
Basée sur les principes fondamentaux de la mécanique des structures,
notamment la compatibilité des déformations et la superposition des
effets. Cela signifie qu’elle peut être utilisée pour tout système répondant
à ces principes, ce qui en fait une méthode polyvalente.
3. Adaptée aux charges variées :
Elle convient parfaitement pour analyser des structures soumises à des
charges complexes ou irrégulières, telles que des charges ponctuelles,
des charges réparties non uniformes ou encore des moments appliqués.
4. Répartition des efforts :
Permet de prendre en compte les effets des charges séparément et de
les combiner par superposition, ce qui facilite la compréhension des
contributions individuelles de chaque charge.
Inconvénients
1. Complexité croissante :
Lorsque le degré d’hyperstaticité augmente (nombre élevé de
redondances statiques), le nombre d’équations de compatibilité à
résoudre devient plus important, rendant les calculs fastidieux.
29
2. Calculs longs :
Cette méthode nécessite souvent un grand nombre de calculs détaillés,
notamment pour établir les équations de compatibilité et résoudre les
inconnues, ce qui peut être chronophage sans l’aide d’outils
informatiques.
3. Dépendance aux hypothèses de déformation :
Les hypothèses simplificatrices (par exemple, rigidité constante,
absence de déformations plastiques) doivent être respectées pour
garantir la validité des résultats, ce qui peut limiter son application à
certains cas spécifiques.
Méthode des trois moments de Clapeyron
Avantages
1. Efficacité pour les poutres continues :
Cette méthode est idéale pour les poutres continues (plusieurs travées
avec des appuis intermédiaires). Elle est couramment utilisée dans des
cas comme les ponts, les planchers ou les poutres de grande portée.
2. Simplification des calculs :
o L’équation des trois moments est une formule directe qui
permet de calculer rapidement les moments fléchissants aux
appuis en fonction des charges appliquées et des longueurs
des travées. Cela réduit considérablement le nombre de
calculs intermédiaires.
3. Moins de calculs manuels :
o Comparée à la méthode de la superposition, elle exige
moins d’efforts manuels pour arriver aux résultats finaux,
surtout pour des configurations régulières (poutres continues
avec charges uniformes).
4. Application pratique :
o Elle s’adapte bien à des structures courantes dans
l’ingénierie civile et offre des résultats précis tant que les
hypothèses simplificatrices sont respectées.
Inconvénients
1. Limites d’application :
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oCette méthode est spécifiquement conçue pour les poutres
continues avec des appuis simples ou fixes. Elle n’est pas
adaptée aux structures hyperstatiques complexes ou aux
cadres.
2. Hypothèses restrictives :
o Suppose souvent que la rigidité de la poutre (EIEI) est
constante tout au long de la structure. Si cette hypothèse
n’est pas vérifiée, les résultats peuvent être inexacts.
3. Moins flexible :
o Contrairement à la méthode de la superposition, elle ne peut
pas être appliquée à des systèmes impliquant des
géométries ou des charges complexes, ce qui limite son
usage à des cas spécifiques.
Quand utiliser quoi ?
1. Méthode de la superposition :
o À privilégier lorsque la structure est complexe, avec
plusieurs types de liaisons (encastrements, rotules, appuis
simples, etc.) ou lorsqu’elle inclut des charges irrégulières ou
des déformations complexes.
o Par exemple, un cadre hyperstatique ou une poutre
encastrée soumise à des charges non uniformes nécessitera
l’utilisation de cette méthode.
2. Méthode des trois moments de Clapeyron :
o Idéale pour les poutres continues avec plusieurs appuis
intermédiaires et des charges uniformes ou régulières.
o À utiliser si l’objectif est d’obtenir rapidement les moments
fléchissants aux appuis sans passer par des calculs
détaillés.
o Par exemple, une poutre de plancher à trois travées soumise
à une charge répartie est un cas classique pour cette
méthode.
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Conclusion
Une poutre hyperstatique est une structure construite avec plus
d'appuis nécessaires pour maintenir son équilibre sous les
charges appliquées. Cela signifie que la structure a plus de
contraintes internes qui peuvent être résolues en utilisant les
équations statiques. Une poutre hyperstatique a plus de degré de
liberté nécessaire pour déterminer complètement ses réactions
d'appuis et ses déformations. Donc pour étudier et analyser une
structure de degré d'hyperstatique (d) il est nécessaire d'établir (d)
équations plus (d) équations supplémentaires c'est-à-dire notre
système hyperstatique sera l'équivalent d'un système isostatique
et d'un système plus (d) équations supplémentaires pour calculer
toutes les inconnues. Il y a deux manières d'abord dès le calcul
des structures hyperstatiques : soit en s'intéressant aux efforts
dans les liaisons surabondantes ( méthode des forces) soit en
s'intéressant aux déplacements ( méthode des déplacements)
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BIBLIOGRAPHIE
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Université Hassiba Benbouali de Chlef, Faculté de
Technologie, Département de Génie-Mécanique, Année
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-MERAZI, Mohamed. Résistance des Matériaux 3. École
nationale polytechnique d'Oran Maurice Audin,
Département de Génie Civil, Octobre 2023.
-MEKKI, Mohammed. Polycopié de : Calcul des structures
hyperstatiques - Cours et exercices corrigés. Université
des Sciences et de la Technologie d’Oran –Mohammed
BOUDIAF, Département de Génie Civil, Année
universitaire 2016/2017.
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