module : Physique 4
Optique Géométrique
Filières SMI-SMA
CHAPITRE1
LA LUMIÈRE ET L’OPTIQUE GÉOMÉTRIQUE
1-Généralité
1-1 Introduction : C’est quoi l’optique ?
L’optique (du grec optikos, relatif à la vue) est le domaine de la physique qui traite des propriétés
de la lumière et des phénomènes de la vision. L’optique à aujourd’hui de nombreuses
applications industrielles, allant de la fabrication de verres correcteurs de la vision aux
développements les plus modernes de l’optoélectronique (la science qui associe l'optique à la
technologie de l'électronique).
1.2 Nature de la lumière
1.2.1 Onde ou corpuscule ?
La théorie ondulatoire : modèle qui explique certains phénomènes optiques par la nature
ondulatoire de la lumière. Selon ce modèle la lumière se propage comme une onde mécanique.
Cette théorie est incapable d'expliquer, entre autres, les échanges d'énergie entre rayonnement
et matière tel que l'effet photoélectrique c'est-à dire l'expulsion d'électrons dans une plaque
métallique soumise à un rayonnement lumineux.
Théorie corpusculaire : avancée par Newton, considère la lumière comme un ensemble de
corpuscules matériels lancés à grande vitesse par l’objet lumineux .
Dualité onde corpuscule : certaines expériences d’optique ne peuvent être expliquées que par la
théorie ondulatoire, d’autres uniquement par la théorie corpusculaire. Puisqu’on a besoin de
deux modèles contradictoires pour la description des phénomènes optiques, on parle de dualité
onde-corpuscule.
1.2.2 Propriétés de la lumière dans le modèle ondulatoire
a) Vitesse de la lumière
La vitesse de la lumière dans le vide vaut c = 299 792,458 km. s−1 . Dans un milieu transparent, la
lumière se propage avec une vitesse v < c.
Le milieu de part ses propriétés physiques, joue un rôle important dans la propagation de la lumière.
Il peut modifier sa direction, sa vitesse ainsi que son intensité. Une des propriétés essentielles qui
modifie la vitesse de propagation d’un faisceau lumineux est l’indice de réfraction de celui-ci. C’est le
rapport entre la vitesse de la lumière dans le vide (𝑐) et la vitesse de la lumière dans ce milieu v ∶
𝒄
𝒏=
ᴠ
b) Fréquence de lumière
En raison de leur caractère périodique, les ondes électromagnétiques (lumière) se reproduisent
identiques à elles-mêmes au bout d’un certain temps T, appelé période temporelle.
La fréquence est le nombre de périodes par unité de temps ce qui correspond à l’inverse de la
1
période : 𝑓=𝑇
c) Longueur d’onde
Elle représente la distance parcourue par la lumière pendant une période T. On a alors :
𝑣
λ = 𝑣. 𝑇 =
𝑓
1.3 L’optique géométrique
Historiquement, l’optique couvre trois domaines différents : l’optique géométrique,
l’optique ondulatoire et l’optique quantique, qui sont apparus en ordre de difficulté
croissante tant expérimentale que mathématique. Il ne s’agit pas d’outils contradictoires
mais de trois visions différentes des mêmes phénomènes (tableau ci-dessous).
Optique géométrique Optique ondulatoire Optique quantique
Validité Dimensions du système Dimensions du système de Dimensions du système
grandes devant la longueur l’ordre de la longueur petites devant la longueur
d’onde qui se propage d’onde qui se propage d’onde qui se propage
L’optique géométrique, est une approximation justifiée quand les dimensions du système
optique étudié sont grandes devant la longueur d’onde de la lumière qui s’y propage. Par
exemple, elle explique parfaitement l’arc-en-ciel provoqué par les grosses gouttes de
pluie, alors qu’elle est incapable d’expliquer de phénomènes à une échelle
microscopique tels que la diffraction ou les interférences, produits par exemple quand la
lumière passe à travers des orifices réduits, ces derniers phénomènes s’expliquent dans
le cadre de l’optique ondulatoire.
CHAPITRE2
LOIS DE SNELL-DESCARTES
ET PRINCIPE DE FERMAT
1. Lois de Snell-Descartes
Dans un milieu homogène, les rayons sont des droites. Lorsqu’un rayon rencontre la surface de
séparation de deux milieux transparents (qu’on appelle dioptre), il change de direction : une
partie reste dans le premier milieu (milieu d’incidence) : il y a réflexion ; une autre partie est
transmise dans le second milieu avec changement de direction : il y a réfraction.
1.1 Plan d’incidence
Le rayon incident rencontre la surface de séparation au point d’incidence I. Soit 𝑁′𝑁 la
normale à la surface de séparation au point I. Le rayon incident et cette normale
définissent un plan appelé "plan d’incidence".
1.2. Enoncé de la première loi
Les rayons réfléchi et réfracté sont dans le plan d’incidence.
1.3. Deuxième loi de Snell-Descartes
1.3.1 Loi relative au rayon réfléchi
Les angles d’incidence et de réflexion ont des valeurs égales
mais des signes opposés :
𝒊𝟏 = −𝒊′𝟏
1.3.2 Loi relative au rayon réfracté
Il existe un rapport positif constant entre les sinus des angles
𝑠𝑖𝑛𝑖1
d’incidence et de réfraction : = 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒
𝑠𝑖𝑛𝑖2
Ce rapport ne dépend que de la nature des milieux en contact et de la célérité de la lumière,
𝑠𝑖𝑛𝑖1 𝑉1 𝑐 𝑉1 𝑛2
pour la radiation considérée, dans ces milieux. On a alors : 𝑠𝑖𝑛𝑖2
= 𝑉2
= 𝑉2 𝑐
= 𝑛1
La deuxième loi de Descartes relative à la réfraction s’écrit sous la forme :
𝒏𝟏 𝒔𝒊𝒏𝒊𝟏 = 𝒏𝟐 𝒔𝒊𝒏𝒊𝟐
Remarque :
Si le deuxième milieu est plus réfringent que le premier, c’est-à-dire si 𝑛2 > 𝑛1 , le rayon réfracté
se rapproche de la normale.
Si le deuxième milieu est moins réfringent que le premier, soit 𝑛2 < 𝑛1 , le rayon réfracté s’écarte
de la normale.
1.4 Phénomène de réflexion totale
Dans le cas où le deuxième milieu est moins réfringent, le rayon réfracté n’existe que si l’angle
d’incidence 𝑖1 est inférieur à l’angle 𝑖𝑙𝑖𝑚 , appelé angle de réfraction limite défini par :
𝑛2
sin 𝑖𝑙𝑖𝑚 = 𝑛
1
Si 𝑖1 est supérieur à 𝑖𝑙𝑖𝑚 , il n’y a plus qu’un rayon réfléchi, c’est le phénomène de réflexion totale.
2- Principe de Fermat et notion de chemin optique
2.1 Énoncé de principe de Fermat
Imaginez un rayon lumineux partant d’un point A et se dirigeant jusqu’à un autre point B. Fermat propose que parmi
tous les chemins possibles entre A et B, la lumière emprunte seulement le chemin le plus rapide.
Principe de Fermat (1657): La lumière se propage d’un point à un autre de l’espace en suivant une trajectoire telle
que la durée du parcours est minimale.
2.2 Principe de Fermat appliqué à la réflexion
La loi de la réflexion peut être dérivée du principe de Fermat.
Prenons l’exemple d’un rayon lumineux incident sur un miroir plan. Le rayon part du point A, rencontre le miroir au
point d’incidence I et se dirige finalement vers le point B, le rayon incident fait un angle θ𝑖 avec la normale au point
I et le rayon réfléchi fait l’angle θ𝑟 avec la normale.
La durée 𝑇𝐴𝐵 du trajet est donnée par l’expression 𝑎2 + 𝑥 2 𝑏2 + 𝑑 − 𝑥 2
𝑇𝐴𝐵 = +
𝑣 𝑣
Cette durée présente un minimum si sa dérivée s'annule :
𝑑𝑇𝐴𝐵 1 2𝑥 1 2 𝑑−𝑥 𝑥 𝑑−𝑥
= − =0 ⇒ =
𝑑𝑥 2 𝑣 𝑎2 + 𝑥 2 2 𝑣 𝑏 2 + (𝑑 − 𝑥)2 2
𝑎 +𝑥 2 𝑏 2 + (𝑑 − 𝑥)2
Si l'on fait intervenir les angles d'incidence et de réfraction i et i2, la dernière relation
se ramène simplement à 𝑠𝑖nθ𝑖 = sinθ𝑟 donc 𝜽𝒊 = 𝜽𝒓 (loi de réflexion)
2.3 Principe de Fermat appliqué à la réfraction
Le principe de Fermat permet de retrouver la de Snell-Descartes. En effet, imaginons deux milieux
transparents homogènes séparés par un dioptre plan. Appelons v1 et v2 les vitesses respectives de la
lumière dans chacun de ces milieux. Considérons A un point fixe du milieu 1 et un point B du milieu 2 puis
cherchons le trajet qui minimise le temps de parcours entre A et B.
La durée du trajet vaut :
𝐴𝐼 BI 𝑎2 + 𝑥 2 𝑏2 + 𝑑 − 𝑥 2
𝑇𝐴𝐵 = + = +
𝑣1 𝑣2 𝑣1 𝑣2
I le point d’intersection du rayon avec le dioptre (point d’incidence).
Cette durée présente un minimum si sa dérivée
s'annule
𝑑𝑇𝐴𝐵 : 𝑥 𝑑−𝑥 𝑥 𝑑−𝑥
= − =0 ⇒ =
𝑑𝑥 𝑣1 𝑎2 + 𝑥2 𝑣2 𝑏2 + (𝑑 − 𝑥)2 𝑣1 𝑎2 + 𝑥2 𝑣2 𝑏 2 + (𝑑 − 𝑥)2
Si l'on fait intervenir les angles d'incidence et de réfraction 𝑖1 et 𝑖2 , la
𝒔𝒊𝒏𝒊𝟏 𝒔𝒊𝒏𝒊𝟐 𝒔𝒊𝒏𝒊𝟏 𝒗
dernière relation se ramène à : = ou = 𝒗𝟏
𝒗𝟏 𝒗𝟐 𝒔𝒊𝒏𝒊𝟐 𝟐
𝑐 𝑠𝑖𝑛𝑖2 𝑛1
Tenant compte de la définition de l’indice de réfraction 𝑛 = , cette dernière équation devient =
𝑣 𝑠𝑖𝑛𝑖1 𝑛2
Ce qui donne 𝒏𝟏 𝒔𝒊𝒏𝒊𝟏 = 𝒏𝟐 𝒔𝒊𝒏𝒊𝟐 (Loi de réfraction )
2.4 Chemin optique
2.4.1 Définition de chemin optique
Soit d𝓵 le déplacement élémentaire du chemin géométrique effectué pour aller
de M vers M’ dans un milieu d’indice n. Ce dernier peut varier d’un point à l’autre
du milieu. La longueur d𝓵 parcourue pendant le temps élémentaire 𝑑𝑡 est :
𝑑𝓵 𝑛d𝓵
𝑑𝑡 = = .
𝑉 𝑐
1 𝐵
La durée du parcours AB est donc T𝐴𝐵 = 𝑛 𝐴d𝓵. Elle s’écrit aussi
𝑐
𝐿𝐴𝐵
T𝐴𝐵 =
𝑐
𝑩
on appelle 𝑳𝑨𝑩 = 𝒏 𝑨d𝓵 le chemin optique de A à B.
On trouve donc la relation simple : 𝐿𝐴𝐵 = 𝑐. 𝑇𝐴𝐵
Le chemin optique est tout simplement proportionnel à la durée du trajet. On peut donc reformuler le principe de
Fermat en terme de chemin optique : entre 2 points A et B atteints par la lumière, le chemin optique le long du trajet suivi
par la lumière est minimal.
2.4.2 Enoncé moderne du principe de Fermat
Il existe des situations où la lumière choisit des trajets qui présentent des durées localement maximales voire
constantes. L’énoncé original du principe du Fermat a été donc reformulée en remplaçant le terme "minimal" par
"stationnaire" :
Principe de Fermat
Lors de son parcours entre deux points A et B, la lumière suit un trajet qui rend le chemin optique
de celui-ci stationnaire par rapport à tout trajet infiniment voisin. Cela se traduit mathématiquement
par le fait que la dérivée première du chemin optique est nulle.
2.5 Principe de propagation rectiligne de la lumière
De nombreuse observations courantes (lumière du jour pénétrant dans une chambre obscure,
lumière projetée par les phares d’une voiture sur une route poussiéreuse…) suggèrent que la
lumière issue d’une source se propage en ligne droite dans un milieu homogène et transparent.
Transparent s’il laisse passer la lumière (par opposition à un milieu opaque) ;
Homogène si ses caractéristiques optiques sont indépendantes de l’espace .
2.6 Principe de réversibilité
Le principe de réversibilité, aussi appelé loi du retour inverse, rend compte du fait que, si le
sens de propagation d’un rayon lumineux est inversé, la lumière décrira le même trajet. De
façon plus formelle, ce principe s’énonce comme suit : Le trajet suivi par la lumière pour aller
d’un point à un autre est indépendant du sens de propagation de la lumière.
Chapitre 3: La visions des images et les conditions de Gauss
1- Notion d’objet et de système optique
1-1 Notion d’objet
En optique, on désigne par « objet » tout dispositif émettant ou diffusant de la lumière.
Un point source ou objet est un point géométrique d'où émanant des rayons lumineux.
Un objet lumineux est un ensemble de points sources.
1.2 Système optique
L’observation des objet optique passe généralement par l’usage des instrument optique : loupe, microscope,
télescope, etc. De tel instrument sont des systèmes de lentilles et miroirs qui guident par réflexion et réfraction la
lumière jusqu’à l’œil ou l’écran. De façon générale, on parle de « système optique ».
Un système optique est dite centré s’il possède une symétrie de révolution autour d’un axe (cet axe est alors
appelé axe optique).
2-Stigmatisme et aplanétisme
2.1 Le stigmatisme rigoureux
le système optique S est rigoureusement stigmatique pour un couple de points 𝐴 et 𝐴’ si tous les rayons issus de A
passent par A’ après avoir traversé S.
2.2 Système aplanétique
On dit qu’un système optique est aplanétique quand l’image d’un petit objet plan perpendiculaire à l’axe du système
est également plane et perpendiculaire à l’axe.
2.3 Stigmatisme approché
Définition : Un système optique (S) présente un stigmatisme approché pour un couple de points A et A’ si tout rayon
incident passant par A’ émerge, après avoir traversé (S), en passant au voisinage de A’ .
Conséquence : Dans ce cas, l’image de A est une « petite tache » centrée sur A.
2.4 Condition de Gauss
Si les rayons sont peu inclinés de l'axe optique et peu écartés (rayons dit paraxiaux), on se trouve alors
dans le cadre des conditions de Gauss. Dans ces conditions, on admettra que les systèmes optiques
centré sont stigmatiques et aplanétiques (au sens rigoureux ou approché).
3. Stigmatisme et aplanétisme de systèmes optiques simples
3.1 Théorème fondamental : Stigmatique rigoureux
Il y a stigmatisme et aplanétisme quelle que soit la distance de l’objet pour les miroirs plans sans restriction. On
parle de stigmatisme rigoureux pour ces systèmes.
DÉMONSTRATION (plate forme Moodle)
Pour qu’il y ait stigmatisme pour un point objet A, il faut que tous les rayons émergents du système (ou leurs
prolongements) se rencontrent en un point unique A’, image de A. Il faut donc que la position de A’ soit liée à celle
de A par une relation indépendante du point d’incidence I d’un rayon quelconque issu de A sur le système.
Soit un miroir plan M et un point objet A . Les angles sont positifs dans le sens trigonométrique .
𝑆𝐼 𝑆𝐼
Dans les triangles A’SI et ASI : 𝑡𝑎𝑛𝑖 = 𝑒𝑡 𝑡𝑎𝑛𝑖′ = or d’après la loi de réflexion
𝐴𝑆 𝐴′𝑆
𝑆𝐼 𝑆𝐼 𝟏 𝟏
𝑖 = −𝑖 ′ (𝑡𝑎𝑛𝑖 = −𝑡𝑎𝑛𝑖′) donc = − d′où on déduit la relation : + =𝟎
𝐴𝑆 𝐴′𝑆 𝑺𝑨 𝑺𝑨′
Cette relation est indépendante du point d’incidence I et est donc valable pour tout
rayon issu de A et se réfléchissant sur le miroir.
Il y a donc bien stigmatisme rigoureux pour tout point A par un miroir plan.
3. 2 Théorème fondamental : Stigmatique approché
Il y a stigmatisme et aplanétisme quelle que soit la distance de l’objet pour les miroirs sphériques, les dioptres plans et les
dioptres sphériques dans le cas où les rayons sont proches de l’axe et peu inclinés sur l’axe.
DÉMONSTRATION :
La démonstration est basée sur cette formule de géométrie valable dans un triangle
quelconque : Avec les angles et les distances définies sur la figure ci-contre :
𝒔𝒊𝒏𝜶 𝒔𝒊𝒏𝜷 𝒔𝒊𝒏𝜸
= =
𝒂 𝒃 𝒄
Considérons un dioptre sphérique concave ou convexe séparant deux milieux d’indice n1 et n2 . Soit un objet A1
situé sur l’axe et son image A2 également situé sur l’axe.
Utilisons la loi des sinus dans la figure ci-contre
sin(𝜋−𝜔) sin 𝑖2
Dans le triangle IA’C, on a la relation : =
𝐼𝐴′ 𝐶𝐴′
sin(𝜋−𝜔) sin 𝑖1
Dans le triangle IAC, on a la relation : = 𝐶𝐴
𝐼𝐴
avec sin 𝜋 − 𝜔 = 𝑠𝑖𝑛𝜔
On peut en déduire une première relation intermédiaire :
𝐼𝐴 𝐼𝐴′
𝑠𝑖𝑛𝑖1 = ′ 𝑠𝑖𝑛𝑖2
𝐶𝐴 𝐶𝐴
hors la relation de Snell-Descartes sur la réfraction s’écrit: 𝑛1 𝑠𝑖𝑛𝑖1 = 𝑛2 𝑠𝑖𝑛𝑖2
ഥ
𝑪𝑨 𝑪𝑨′
D’où : 𝒏𝟏 = 𝒏𝟐
𝑰𝑨 𝑰𝑨′
Cette expression dépend du point d’incidence I :
il n’y a pas stigmatisme rigoureux pour le dioptre sphérique.
Dans les conditions de Gauss les rayons sont peu inclinés par rapport à l’axe optique du dioptre. Ainsi les points I et S sont en
réalités très voisins. Donc dans le cadre de cette approximation, on peut effectuer le changement suivant :
𝐼𝐴 ≈ 𝑆𝐴
𝐼𝐴′ ≈ 𝑆𝐴′
On obtient , la relation :
𝑪𝑨 𝑪𝑨′
𝒏𝟏 = 𝒏𝟐
𝑺𝑨 𝑺𝑨′
Il y a donc aussi stigmatisme approché pour le dioptre sphérique dans les conditions de Gauss.
4. Image réelle – Image virtuelle
Un point lumineux est réel lorsque les rayons s’y coupent réellement et virtuel quand les rayons ne s’y rencontrent
que par leurs prolongements. Par conséquence, l’image d’un objet par un système optique est réelle si on peut la
projeter sur un écran, et virtuelle dans le cas contraire.
Chapitre 4
Les miroir et les dioptres
sphériques
1. Miroirs sphériques dans l’approximation de Gauss
1.1 Définition
Un miroir sphérique est une portion de sphère réfléchissante de centre C de sommet S et de rayon R = 𝑆𝐶. L’axe
principal est définit par les deux points C et S, orienté par la convention habituelle, c'est-à-dire dans le sens de la
lumière incidente.
On distingue les miroirs sphériques concaves (𝑆𝐶 < 0)
des miroirs sphériques convexes (𝑆𝐶 > 0).
Dans les conditions de Gauss, les miroirs sphériques
sont symbolisés par un plan vertical avec son
écorchement indiquant la concavité (concave ou
convexe).
1.2 Relation de conjugaison d’un miroir sphérique
La relation de conjugaison est la relation qui lie le point A (objet) et le point A’ (image) :
𝟏 𝟏 𝟐
a-relation de conjugaison origine au sommet + 𝑺𝑨 =
𝑺𝑨′ 𝑺𝑪
𝟏 𝟏 𝟐
b-relation de conjugaison origine au centre + 𝑪𝑨 =
𝑪𝑨′ 𝑪𝑺
Démonstration
Du point objet réel A , situé sur l’axe principal, on trace deux rayons particuliers. Le premier, d’incidence nulle passe
par l’axe principal. Le deuxième, AI, fait, avec la normale en I , un angle d’incidence i et se réfléchit. Finalement, ces
deux rayons se coupent sur l’axe principal en A (image réelle). Dans les triangles AIC et CIA’ , on écrit que la somme
des angles orientés est égale à π :
𝛼+𝜋−𝜔−𝑖 =𝜋 ⇒𝛼−𝜔 = 𝑖 (éq.1)
𝜔 + 𝜋 − 𝛼′ + 𝑗 = 𝜋 ⇒ 𝛼 ′ − 𝜔 = 𝑗 (éq. 2)
En considérant les orientations, la loi de Snell-Descartes s’écrit
𝑗 = −𝑖 ; on a finalement :
𝟐𝝎 = 𝜶 + 𝜶′ (éq.3)
Dans l’approximation de Gauss, on peut confondre α, α’ et ω avec leurs tangentes
et H avec S (𝐻 ≡ 𝑆). On trouve alors :
𝑆𝐼 𝑆𝐼 𝑆𝐼
𝑡𝑎𝑛𝛼 ≈ 𝛼 = ; 𝑡𝑎𝑛𝛼′ ≈ 𝛼′ = ′ et 𝑡𝑎𝑛𝜔 ≈ 𝜔 =
𝐴𝑆 𝐴𝑆 𝐶𝑆
On réinjecte dans l’équation (3) :
𝑆𝐼 ഥ
𝑆𝐼 ഥ
𝑆𝐼
+ =2
𝐴𝑆 𝐴′ 𝑆 𝐶𝑆
On en déduit
𝟏 𝟏 𝟐
+ =
𝑺𝑨 𝑺𝑨′ 𝑺𝑪
1.3 Foyer objet et foyer image
Le foyer principal objet F : est le point de l’axe optique qui a pour conjugué le point situé à l’infini dans la direction
de l’axe. Tout rayon incident passant par F se réfléchit parallèlement à l’axe optique :
1
𝐴 → 𝐹 et 𝐴′ → ∞ ( → 0)
𝑆𝐴′
𝟏 𝟏 𝟐
En remplaçant dans la relation de conjugaison origine au sommet,
𝑺𝑨′
+ 𝑺𝑨 = 𝑺𝑪
1 2 𝑺𝑪
nous obtenons : = ⇒ 𝑺𝑭 =
𝑆𝐹 𝑆𝐶 𝟐
Le foyer principal image F’ : est le point de l’axe optique conjugué d’un point objet situé à l’infini dans la direction
de l’axe. Un rayon lumineux parallèle à l’axe optique passe par le foyer image F’ après réflexion sur le miroir
sphérique:
1
𝐴′ → 𝐹′ et 𝐴 → ∞ ( → 0)
𝑆𝐴
1 2 𝑺𝑪
⇒ = ⇒ 𝑺𝑭′ =
𝑆𝐹′ 𝑆𝐶 𝟐
𝑺𝑪
Donc 𝑺𝑭 = 𝑺𝑭′ =
𝟐
1.4 Vergence d’un miroir
1 1 2
la vergence du miroir sphérique est définie par : 𝑉 = = =
𝑆𝐹 𝑆𝐹′ 𝑆𝐶
L’unité de mesure de la vergence est le m–1, appelée dioptrie et notée 𝛿. Un miroir est dit convergent
(respectivement divergent) si sa vergence est négative (respectivement positive).
1.5 Construction de l’image d’un objet AB
On considère un objet AB perpendiculaire à l’axe optique en A. L’image A’ du point A est sur cet axe, il suffit de
construire l’intersection de deux rayons réfléchis correspondant à deux rayons incidents issus de B. Pour ce faire on
choisira des rayons particuliers :
Rayons incident passant par le centre de courbure (se réfléchit en revenant sur lui-même);
Rayon incident passant par le foyer F (se réfléchit parallèlement à l’axe optique);
Rayon incident parallèle à l’axe ( se réfléchit en passant par F).
Objet réel, image réelle Objet réel, image virtuelle
1.6 Grandissement d’un miroir sphérique
Le grandissement transversal 𝛾 d’un miroir sphérique est le rapport entre la taille de l’image A’B’ et celle de
𝑨′ 𝑩′
l’objet AB : 𝜸 = .
𝑨𝑩
𝑺𝑨′
Expression du grandissement avec origine au sommet : 𝜸 = − 𝑺𝑨
2 Dioptres sphériques
2-1 Définition
Un dioptre sphérique est une surface de séparation
courbée entre deux milieux d’indices n1 et n2
Le centre C et le rayon R de cette surface sphérique
s’appellent respectivement centre et rayon du dioptre.
2-2 Relation de conjugaison +
La relation mathématique qui relie l’objet et l’image ainsi que les distances 𝑆𝐴 𝑒𝑡 𝑆𝐴’ s’écrit :
Origine au sommet
𝒏𝟐 𝒏𝟏 𝒏 𝟐 − 𝒏𝟏
− =
𝑺𝑨′ 𝑺𝑨 𝑺𝑪
Origine au centre
La relation mathématique qui relie les distances 𝐶𝐴 𝑒𝑡 𝐶𝐴’ s’écrit :
𝒏𝟏 𝒏𝟐 𝒏 𝟐 − 𝒏𝟏
− =
𝑪𝑨′ 𝑪𝑨 𝑺𝑪
2-3 Foyer objet et foyer image
Soit un objet A à l’infini optique (𝑆𝐴 → ∞), l’image A’ se situe au foyer principal image F’ (A’≡ 𝐹′)
1 𝑛2 𝑛2 −𝑛1 𝑛2
𝑆𝐴 → ∞ ⇒ → 0 on aura −0= ce qui nous donne : 𝑆𝐹′ = 𝑆𝐶 (distance focale image).
𝑆𝐴 𝑆𝐹′ 𝑆𝐶 𝑛2 −𝑛1
• Pour déterminer la distance focal objet il suffit de considérer l’image située à l’infini (𝑆𝐴′ → ∞)
1 𝑛1 𝑛2 −𝑛1 𝑛1
→ 0 on aura 0 − = ce qui nous donne 𝑆𝐹 = − 𝑆𝐶 (distance focale objet).
𝑆𝐴′ 𝑆𝐹 𝑆𝐶 𝑛2 −𝑛1
Si F est dans le milieu objet c'est-à-dire réel, F’ est dans le milieu image donc réel aussi. Par contre si F est dans le
milieu image et F’ dans le milieu objet donc ils sont virtuels. F et F’ sont toujours de même nature.
Remarque 1
𝑛 𝒏 𝒏 −𝐧
𝑆𝐹′ = 2 𝑆𝐶 ⇒ 𝟐 = 𝟐 𝟏
𝑛2 −𝑛1 𝑺𝑭′ 𝑺𝑪
𝒏𝟐 𝒏𝟏 𝒏𝟐
Donc la relation de conjugaison peut être s’écrit sous la forme :
𝑺𝑨′
− 𝑺𝑨
= 𝑺𝑭′
Remarque 2
• Si 𝑆𝐶 < 0 et 𝑛1 > 𝑛2 alors 𝑆𝐹 < 0 n1 > n2 n1 < n2
et 𝑆𝐹′ > 0 : dioptre convergent.
• Si 𝑆𝐶 < 0 et 𝑛1 < 𝑛2 alors 𝑆𝐹 > 0
et 𝑆𝐹′ < 0 : dioptre divergent.
2-4 Construction de l’image objet perpendiculaire à l’axe optique
Nous allons utiliser des rayons particuliers :
- Un rayon incident parallèle à l’axe principal a pour rayon émergent un rayon coupant l’axe au foyer image F’,
- Un rayon incident passant par le foyer objet F a pour rayon émergent un rayon parallèle à l’axe optique du dioptre,
- Tout rayon passant par le centre C n’est pas dévié.
2-5 Grandissement d’un dioptre sphérique
On considère un objet AB perpendiculaire à l’axe, A’B’ son image, le grandissement est
définit par les relations suivantes :
𝑨′𝑩′ 𝒏𝟏 𝑺𝑨′ 𝑪𝑨′ 𝑭𝑨′ 𝑺𝑭
𝜸= = = =− =−
𝑨𝑩 𝒏𝟐 𝑺𝑨 𝑪𝑨 𝑺𝑭′ 𝑭𝑨
Les lentilles minces
1 . Lentille optique
1.1- Définition
Lentille
C’est un système optique centré, transparent, homogène, d’indice n limité par deux dioptres dont l’un au moins
n’est pas plan.
Lentille convergente ou lentille à bord mince Lentille divergente ou lentille à bord épais
Lentille mince
La distance S1S2 doit être petite devant les rayons R1 et R2 des dioptres. On prendra donc par la suite : 𝑆1 ≈ 𝑆1 ≈ 𝑂.
𝑂 s’appelle le centre optique de la lentille.
1.2- Relation de conjugaison
On établit la relation de conjugaison des lentilles minces à partir des propriétés des dioptres dans
l’approximation de Gauss. En considérant que les sommets S1 et S2 sont confondus en O, on
trouve: 𝟏 𝟏 𝟏 𝟏
− = 𝒏−𝟏 ( − ) n est l’indice du matériau dont est composé la lentille
𝑶𝑨′ 𝑶𝑨 𝑶𝑪𝟏 𝑶𝑪𝟐
1-3 Foyers principaux
Foyer principal objet
𝟏 𝟏 𝟏
On applique la formule de conjugaison avec A’ ⟶ ∞, A ⟶ F : = −(𝐧 − 𝟏)(𝑶𝑪 − )
𝑶𝑭 𝟏 𝑶𝑪𝟐
On définit la distance focale objet 𝒇 = 𝑶𝑭.
Foyer principal image
𝟏 𝟏 𝟏
On applique la formule de conjugaison avec A ⟶ ∞, A’ ⟶ F’ : 𝑶𝑭′
= (𝐧 − 𝟏)(𝑶𝑪 − 𝑶𝑪 )
𝟏 𝟐
On définit la distance focale image 𝒇′ = 𝑶𝑭′.
Remarque 1
Pour une lentille mince, on a 𝑓 = - 𝑓′: F et F’ sont symétriques par rapport au centre optique O
de la lentille mince.
Remarque 2
On peut récrire simplement la relation de conjugaison d’une lentille mince en introduisant la
𝟏 𝟏 𝟏
distance focale image f ’ : − =
𝑶𝑨′ 𝑶𝑨 𝒇′
1. 4 Définition d’une lentille convergente et divergente
Si F est dans l’espace des objets réels et si F’ est dans l’espace
des images réelles alors on a une lentille convergente.
Si F est dans l’espace des objets virtuels et si F’ est dans
l’espace des images virtuelles alors on a une lentille
divergente.
1.5 La vergence d’une lentille
On appelle vergence C d’une lentille l’inverse de sa distance focale image. La vergence est définit
𝟏 𝟏 𝟏
par : 𝑪 = 𝑶𝑭′ = 𝒏 − 𝟏 𝑶𝑪 − 𝑶𝑪 .
𝟏 𝟐
Elle s’exprime en dioptrie 𝛅 ( 1𝛅=m-1).
Pour une lentille convergente, la vergence est positive (car f’>0).
1.6 Grandissement d’une lentille
𝐴′ 𝐵′ 𝑂𝐴′
𝛾= =
𝐴𝐵 𝑂𝐴
𝑂𝐴 Distance entre le point A et le centre optique O de la lentille
𝑂𝐴′ Distance entre le point A’ et le centre optique O de la lentille
2. Exemple de lentille mince : Loupe
2.1 Définition : Une loupe est un système optique constitué d’une lentille convergente permettant d’obtenir d’un objet une
image virtuelle agrandie. Pour obtenir l’effet Loupe, il faut que l’objet soit situé entre le centre optique d’une lentille convergente
et son foyer objet : on obtient alors une image virtuelle, droite et agrandie. De plus, afin que l’œil puisse observer cette image
sans accommodation, celle-ci doit être à l’infini. La meilleure position de l’objet est celle où il sera sur le foyer principal objet.
2.2 Grossissement d’une loupe
On définit le grossissement d’une loupe par le rapport entre :
- L’angle 𝜃 ′ sous lequel est vu l’image ;
- L’angle 𝜃 sous lequel est vu l’objet depuis l’œil à la distance de vision minimale de l’œil emmétrope (le point le plus proche, vu
nettement) soit 𝑑𝑚 = 25𝑐𝑚.
𝜽′
𝑮=
𝜽
Or si on note h la hauteur de l’objet, 𝑓’ la focale de la lentille convergente,
on peut écrire dans le cas des petits angles :
𝒉
𝜽′ 𝒇′ 𝒅𝒎
𝑮= = =
𝜽 𝒉 𝒇′
𝒅𝒎
Pour avoir un fort grossissement, il faut prendre une lentille de courte distance focale ( de grande vergence).