Cours de Mécanique des Sols et Roches
Cours de Mécanique des Sols et Roches
FACULTE POLYTECHNIQUE
DEPARTEMENT DE GENIE CIVIL
1. INTRODUCTION
A l’issu du cours de mécanique des sols et des roches, l’étudiant(e) sera capable de :
o Spécifier, conduire et interpréter les essais géotechniques classiques (laboratoires et in
situ) qui caractérisent les sols ;
o Identifier et classifier les sols ou les matériaux rocheux sur base de leurs caractéristiques
physiques notamment la granulométrie, la teneur en eau, l’indice de vide, etc.
o Comprendre l’importance des études géotechniques dans un projet de construction et
être à même d’élaborer un plan d’études géotechniques ;
o Comprendre la notion des contraintes dans les sols (contraintes totales, contraintes
effectives, pressions interstitielles, distribution spatiale des contraintes…) ;
o Comprendre la notion d’écoulement de l’eau dans les sols et déterminer la perméabilité
d’un sol ;
o Comprendre le comportement de la courbe contrainte-déformation des sols ;
o Déterminer les paramètres de cisaillement et de résistance des sols sur base des essais
(angle de frottement interne, Module de Young, cohésion…) ;
o Estimer la capacité portante et le tassement des sols chargés ;
o Analyser et concevoir de fondations simples s d’ouvrages de génie-civil.
o Déterminer la stabilité globale des ouvrages de soutènement et des pentes.
L’étudiant(e) devra disposer des notions approfondies dans les cours suivants :
o Les mathématiques (Algèbre linéaire et calcul vectoriel, etc.) ;
o Mécanique du solide ;
o Statique appliquée ;
o Eléments de géologie et pétrologie ;
o Le dessin industriel (technique) ;
o La physique générale ;
o La chimie générale ;
o L’anglais (technique).
3.5 Evaluations
3.7 Historique
Les sols sont des ressources naturelles. Ils sont nécessaires à notre existence. Ils fournissent de la
nourriture, un abri, des matériaux de construction et des pierres précieuses. Ils protègent
l'environnement et soutiennent nos bâtiments.
Coulomb (1773) est considéré comme la première personne à avoir utilisé la mécanique pour
résoudre des problèmes de sol. Il était membre de la société des ingénieurs royaux français, qui
s'intéressaient à la protection des anciennes forteresses qui tombaient facilement sous le feu des
canons.
Coulomb a supposé que la résistance du sol fût fournie par le frottement entre les particules, et le
problème est devenu celui d'un coin glissant sur un plan rugueux (de frottement), que l’on peut
analyser dans le cours de physique ou de mécanique. Coulomb a défini tacitement un critère de
rupture pour les sols. Aujourd'hui, le critère de rupture et la méthode d'analyse de Coulomb sont
encore largement utilisés.
Pour répondre à ces questions, nous avions besoin de l'aide d'une méthode rationnelle, d’où la naissance
de la mécanique des sols. Karl Terzaghi (1883-1963) est le père incontesté de la mécanique des sols. La
publication de son livre Erdbaumechanik en 1925 a jeté les bases de la mécanique des sols et a fait
reconnaître l'importance des sols dans les activités d'ingénierie.
géotechniques tels que barrages, remblais, tunnels, canaux et voies navigables, fondations de ponts,
routes, bâtiments, et les systèmes de traitement des déchets solides.
La stabilité et l'économie sont deux principes de la conception technique. La stabilité ne doit jamais être
compromise pour l'économie. Une structure instable compromise pour économiser quelques dollars peut
entraîner des pertes en vies humaines et des dégâts matériels importants.
Toutes les structures qui sont fondées sur la terre reposent sur notre capacité à concevoir des fondations
sûres et économiques. Car des aléas naturels des sols, des ruptures se produisent.
Lorsque les défaillances font l'objet d'une enquête approfondie, nous obtenons des leçons et des
informations qui nous guideront pour prévenir des types de défaillance similaires à l'avenir. Certains types
de défaillances causées par des aléas naturels (tremblements de terre, ouragans, etc.) sont difficiles à
prévenir et nos efforts doivent être orientés vers des solutions qui atténuent les dommages en termes des
vies humaines et des biens matériels.
2.1 Définitions
Les sols, dérivés de l'altération des roches, sont des matériaux très complexes et très variables. Il
n'y a aucune certitude qu'un sol à un endroit aura les mêmes propriétés que le sol à quelques
centimètres de distance. Les formations géologiques non réalisées et les conditions des eaux
souterraines ont été responsables des défaillances de nombreux systèmes géotechniques et de
l'augmentation des coûts de construction.
Comme scénario pratique typique, considérons la conception et la construction d'un pont dans le
cadre d'un projet d'autoroute. Vous devez concevoir la fondation et la culée du pont. Initier une
conception de la fondation et de la culée, vous devez connaître :
o La géologie du site, y compris les types de sol,
o Leurs variations spatiales,
o Les conditions des eaux souterraines, et
o Le potentiel de dommages causés par les risques naturels tels que les tremblements de
terre.
Du point de vue géotechnique, les matériaux constituant la croûte terrestre se divisent en deux
grandes catégories : les roches et les sols.
Les roches (silice, calcaire, feldspath, etc.) sont des matériaux durs qui ne peuvent être
fragmentés qu’aux prix de gros efforts mécaniques. En effet, leurs grains minéraux sont retenus
par une force de cohésion et moléculaire très importante.
Les sols, au contraire, sont des agrégats minéraux qui peuvent se désagréger en éléments de
dimensions plus ou moins grandes sans nécessiter un effort considérable. Ils résultent
de l’altération:
• Chimique (oxydation, …),
• Physique (variation de température, gel, …),
• Mécanique (érosion, vagues, …) des roches.
Il sied de noter que d’autres disciplines scientifiques ont leur propre définition du sol et de la
roche. En géologie par exemple, la roche est définie comme toute sorte de matériau de l’écorce
terrestre sans égard à la force cohésive – liaison entre les particules des minéraux entre elles.
1
Certains auteurs parlent de 20 plaques.
MECANIQUE DES SOLS ET DES ROCHES – 3 GC PROF RICARDO VALL NGANGU
19
Les plaques se déplacent lentement l'une par rapport à l'autre, mais parfois par à-coups, envoyant
l'énergie contenue dans la roche tendue dans toutes les directions. L'énergie est transmise sous
forme d'ondes de choc. Lorsque ces vagues atteignent la surface, la secousse du sol qui se produit
est appelée tremblement de terre. L’ajustement des plaques après un tremblement de terre
provoque une autre série d'ondes de choc appelées répliques. Le point d'où naisse le
tremblement de terre est appelé le foyer et le point directement au-dessus de celui-ci sur la
surface de la terre est appelé l'épicentre ; Figure 2.3 présente une illustration schématique.
Au fur et à mesure que les ondes de choc se déplacent vers la surface de la Terre à partir du foyer,
elles se séparent en ondes de profondeur et ondes de surface. Ces ondes voyagent à des vitesses
différentes.
Nous avons deux grandes familles des ondes : les ondes de surface (Love (LQ) et les ondes de
Raleigh (LR)) et les ondes de volume.
Les ondes de volume comprennent :
• Les ondes de compression, ou primaire, ou ondes 𝑃 : leur vitesse est notée V.
Pour une pétrographie donnée, plus la vitesse des ondes P est élevée, plus la matrice
rocheuse est saine ;
• Les ondes de distorsion, ondes de cisaillement, ou ondes 𝑆, dont la vitesse est noté V.
Elles dépendent du degré de saturation de la roche car se propagent mal dans les fluides.
Dans un milieu semi-infini (surface libre), les ondes P ne peuvent pas se propager le long la surface
libre. Aucune contrainte normale ne peut exister le long d’une frontière libre, c’est pourquoi des
ondes de surface sont générées.
Les ondes P sont les premières à arriver en surface, dans un milieu infini, suivies des Ondes S. Ces
ondes de volume ont des grandes amplitudes et des longues périodes. Leur vitesse est notée 𝑉𝑝 .
Pour une pétrographie donnée, plus 𝑉𝑝 est élevée, plus la matrice rocheuse est saine. À partir de
la connaissance de la vitesse 𝑉𝑝 , dans une roche et du calcul de sa vitesse théorique 𝑉𝑝∗ calculée à
partir de sa composition minéralogique, on définit l'indice de continuité 𝐼𝐶.
𝑉𝑝
𝐼𝐶 = 100 𝑉 ∗ (2.1)
𝑝
Pour le cas des roches poreuses 𝐼𝐶 = 100 − 1,4𝑛𝑝. Cette formule est généralisée pour toute
roche par : IC𝑃 = 100 − 1,4𝑛.
𝑉𝑝 ∗ est la vitesse théorique dans une roche.
Les ondes S : caractérisée par la vitesse 𝑉𝑆 . Elles dépendent du degré de saturation de la roche
car elles se propagent mal dans les fluides.
La connaissance de 𝑉𝑝 et 𝑉𝑆 permet d’estimer les paramètres d’élasticité de la roche, en utilisant
loi de Hooke généralisée.
𝑣 = (𝑉𝑝 2 − 2𝑉𝑆 2 )/(2(𝑉𝑝 2 − 𝑉𝑆 2 )) et 𝐸 = 2𝜌𝑉𝑆 2 (1 + 𝑣) (2.2)
Porosité totale
Roches 𝑲 (m/s) 𝜶 (1/K) 𝑽𝒑 (m/s)
(connectée) %
Calcaires 5-15 (0-10) 10−11 - 10−6 8 10−6 4 000 - 7 000
Grès 0-10 (0-5) 10−10 - 10−8 2 000 - 5 000
Dolomies 5-20 (0-10) 10−11 - 10−7 5 000 - 7 500
Anhydrites 0-2 10−13 5 000 - 6 500
Shales 0-20 (0-5) 10−13 - 10−9 20 10−6 1 800 - 4 000
Argiles 45-55 (0-5) 10−13 - 10−9 1 800 - 2 400
Sel gemme 0-2 10−13 40 10−6 4500
Marnes 10−9 - 10−8 2 000 - 5 000
La quantité d'énergie sismique libérée est définie par la magnitude (M) du séisme. Sur l’Échelle
de Richter, Figure 2-5, M est une échelle logarithmique qui va de 0 à 9. Un tremblement de terre
de M =2 est à peine ressenti, tandis qu'un tremblement de terre de M=7 pourrait causer des
dégâts importants.
Aux bords des plaques, trois phénomènes revêtent une importance particulière :
1. Une zone de faille qui se produit lorsque les plaques glissent les unes sur les autres.
2. Une zone de subduction qui se produit lorsque les plaques se rapprochent, provoquant le
déplacement d'une plaque sous l'autre.
3. Une zone d'étalement qui se produit lorsque les plaques s'éloignent les unes des autres.
de clivage sont particulièrement important car ce sont des plans de faiblesse. Aucune fusion n'a
lieu, ainsi la composition chimique de la roche d'origine reste inchangée. La texture de la roche
devient généralement à grain plus grossier.
Les roches sédimentaires revêtent une importance particulière pour les ingénieurs
(géotechniciens) car elles recouvrent environ 75% de la surface terrestre avec une épaisseur
moyenne de 0,8 km. Les sédiments qui composent les roches sédimentaires peuvent être liées
(cimentées) ensemble par des minéraux, des produits chimiques et une attraction électrique ou
peut être lâche. Les roches sédimentaires clastiques sont de petits morceaux de roches cimentées
par des minéraux tels que sous forme de carbonates (calcite, CaCO3) ou de sulfates (gypse, CaSO4
[12H2O]).
Exemples de sédiments clastiques les roches sont des grès formés à partir de sable cimenté par
des minéraux et trouvés sur les plages et les dunes de sable ; schistes formés à partir d'argile et
de boue et trouvés dans les lacs et les marécages ; et conglomérats formés de sable et des graviers
au fond des ruisseaux.
Les roches sédimentaires chimiques sont des minéraux tels que l'halite (sel gemme), la calcite et
le gypse qui ont été formés à partir d'éléments dissous dans l'eau. Les roches sédimentaires
organiques sont formées de matériaux organiques tels que les plantes, les os et les coquillages.
Le charbon est une roche sédimentaire organique formée profondément dans la terre à partir du
compactage de végétaux.
Tableau 2-2. Les roches et leurs principales familles pétrographiques (modifié après AFTES, 2003)
Familles des
Types des Roches Sous-Familles des Roches
Roches
Granites Granite, granodiorite, syénite, microgranite, rhyolite…
Roches
métamorphiques Schisteuses Schiste, micaschiste, ardoise…
Figure 2-7. Trois types de failles : (a) normale, (b) Inverse, et (c) Transformante.
Il existe trois grands principes géologiques, donnés par Nicolaus Steno (1638–1687), qui régissent
le cycle géologique :
1. Principe d'horizontalité originelle, qui stipule que les sédiments se déposent en couches
parallèles à la surface de la terre.
2. Principe de continuité originelle, qui stipule que les dépôts sont en forme de feuille et ne se
terminent qu’en contact avec des surfaces solides existantes. Les déformations se produisent
à partir des forces subséquentes dans la terre.
3. Principe de superposition, qui stipule que l'âge d'un dépôt est directement lié à l'ordre de
déposition. Les couches plus anciennes sont généralement en dessous des couches plus
jeunes.
La preuve de ces principes est clairement visible dans le Grand Canyon (Figure 2.8).
Le temps géologique est la datation des événements passés. Les âges des matériaux de la terre
sont mesurés par méthodes radioactives. Datation potassium-argon (le potassium se trouve dans
les roches ignées et se transforme en argon par radioactivité) et datation rubidium-strontium (le
rubidium se trouve dans les roches métamorphiques et se transforme en strontium par
radioactivité) sont les datations radioactives les plus populaires. Les périodes (millions d'années)
de la Figure 2.9 ont été attribuées en fonction de la bio-activité passée, mais principalement sur
la datation au carbone 14 (C14). La datation géologique fournit des estimations de la fréquence
d'occurrence des éruptions volcaniques, des tremblements de terre, des glissements de terrain,
des inondations, de l'érosion et des variations de température.
indurés des époques géologiques antérieures qui ont été soulevés pour subir l'altération actuelle
et la décomposition vers le sol pour répéter le cycle géologique.
Les sols résiduels sont généralement préférés pour soutenir les fondations car ils ont tendance à
avoir de meilleures propriétés. Les sols qui ont été transportés, notamment par le vent ou l'eau,
sont souvent de mauvaise qualité. Ceux-ci sont caractérisés par une petite taille de grain, de
grandes quantités d'espace poreux, potentiel pour la présence de grandes quantités d'eau
interstitielle, et ils sont souvent très compressibles. Notez, cependant, qu'il existe couramment
des exceptions qui produisent des sols résiduels de mauvaise qualité et des dépôts de sols
transportés de bonne qualité. En général, chaque site doit être examiné selon ses propres
mérites.
Les sols alluviaux, également appelés sols fluviaux, sont des sols qui ont été transportés par les
rivières et les ruisseaux. La composition de ces sols dépend du milieu dans lequel elles ont été
transportées et sont souvent différentes de la roche mère. Le profil des sols alluviaux
généralement se compose de couches de sols différents. Une grande partie de nos activités de
construction s'est déroulée et se déroule dans et sur les sols alluviaux.
Les sols glaciaires sont des sols qui ont été transportés et déposés par les glaciers.
Les sols marins sont des sols déposés en milieu marin.
2.3.2 Type de sol
Des termes descriptifs courants tels que graviers, sables, limons et argiles sont utilisés pour
identifier des textures spécifiques dans les sols. Nous désignerons ces textures de sol comme des
types de sol, c'est-à-dire que le sable est un type de sol, l'argile en est un autre.
La texture fait référence à l'apparence ou au toucher d'un sol. Les sables et les graviers sont
regroupés en sols à grains grossiers. Les argiles et les limons sont des sols à grains fins. Les sols à
grains grossiers semblent granuleux et durs. Sols à grains fins se sentent lisse. La grossièreté des
sols est déterminée à partir de la connaissance de la distribution des tailles de particules, qui est
le principal moyen de classer les sols à gros grains. Pour caractériser les sols à grains fins, nous
avons besoin de plus d'informations sur les types de minéraux présents et leur teneur. Le
comportement des sols à grains fins suite aux charges, appelé comportement mécanique, dépend
du type de minéraux prédominants présents.
Actuellement, de nombreuses descriptions de sols et types de sols sont utilisés. Quelques-uns
d'entre eux sont énumérés ci-dessous.
o Les sols alluviaux sont des sédiments fins qui ont été érodés de la roche et transportés
par l'eau, et se sont installés sur les lits des rivières et des ruisseaux.
o Un sol calcaire contient du carbonate de calcium et produit une effervescence lorsqu'il
est traité avec de l'acide chlorhydrique.
Figure 2-10. (a) tétraèdre de silicate, (b) feuilles de silicate, (c) simple octaèdre, and (d) feuilles
d'alumine.
Les silicates sont un groupe de minéraux avec une unité structurale appelée tétraèdre de silice.
Un cation silice central (ion chargé positivement) est entouré de quatre anions oxygène (ions
chargés négativement), un à chaque coin du tétraèdre (Figure 2.10a). La charge sur un seul
tétraèdre est de - 4, et pour obtenir une charge neutre, des cations doivent être ajoutés ou des
tétraèdres simples doivent être liés les uns aux autres en partageant des ions oxygène. Les
minéraux silicatés sont formés par l'addition de cations et interactions des tétraèdres. Les
tétraèdres de silice se combinent pour former des feuilles, appelées feuilles de silicate ou
lamelles, qui sont de fines couches de tétraèdres de silice dans lesquelles trois ions oxygène sont
partagés entre des tétraèdres (Figure 2.10b). Les feuilles de silicate peuvent contenir d'autres
unités structurelles telles que des feuilles d'alumine. Les feuilles d'alumine sont formées par une
combinaison de minéraux d'alumine, qui consiste en un ion aluminium entouré de six atomes
d'oxygène ou d'hydroxyle dans un octaèdre (Figure 2.10c, d).
Les principaux groupes de matériaux cristallins qui composent les argiles sont les minéraux
kaolinite, illite et montmorillonite. La kaolinite a une structure composée d'une feuille de silice et
d'une feuille d'alumine liées ensemble en une couche d'environ 0,72 nm d'épaisseur et empilés à
plusieurs reprises (Figure 2.11a). Les couches sont tenues ensemble par des liaisons hydrogène.
Les couches étroitement empilées résultent de nombreuses liaisons hydrogène.
La kaolinite est commune dans les argiles des régions tropicales humides. La kaolinite est stable
au contact de l’eau.
L'illite est constituée de couches répétées d'une feuille d'alumine et de deux feuilles de silicate
(Figure 2.11b). Les couches, chacune d'une épaisseur de 0,96 nm, sont maintenues ensemble par
les ions potassium. L’illite a un comportement intermédiaire (les latérites font partie de cette
famille d’argile).
La montmorillonite a une structure similaire à l'illite, mais les couches sont maintenues ensemble
par de faibles van der forces de Waals. La montmorillonite appartient à la famille des argiles
smectites. C'est une smectite d'aluminium avec une petite quantité d'Al+3 remplacé par Mg2+. Cela
provoque une iniquité de charge qui est contrebalancée par des cations Na + ou Ca2+ et l'eau
orientée (Figure 2.11c). De l'eau supplémentaire peut facilement pénétrer dans la liaison et
séparer les couches en montmorillonite, provoquant un gonflement. Si le cation échangeable
prédominant est Ca2+ (smectite de calcium), il y a deux couches d'eau, tandis que s'il s'agit de Na+
(smectite de sodium), il n'y a généralement qu’une couche d'eau. La smectite de sodium peut
absorber suffisamment d'eau pour provoquer la séparation des particules. Calcium les smectites
n'absorbent généralement pas assez d'eau pour provoquer la séparation des particules en raison
de leur cations divalentes. La montmorillonite est souvent appelée argile gonflante ou expansive.
2.4.5 Tissu du sol (« Soil fabric »)
Les particules du sol sont supposées rigides. Au cours du dépôt, les particules minérales
s'arrangent dans des cadres structuraux que nous appelons le tissu du sol (Figure 2.12). Chaque
particule est en contact aléatoire avec les particules voisines. L'environnement dans lequel le
dépôt se produit influence le cadre structurel qui est formé. En particulier, l'environnement
électrochimique a la plus grande influence sur le type de tissu de sol qui se forme lors du dépôt
de sols à grains fins.
On distingue de manière générale deux types de tissu de sol : floculé et dispersé. Ils se forment
lors du dépôt de sols à grains fins, comme le montre schématiquement la figure 2.12. Une
structure floculée, formée dans un environnement d'eau salée, se produit lorsque de nombreuses
particules ont tendance à s'orienter parallèlement les unes aux autres. Une structure floculée,
formée dans un environnement d'eau douce, se produit lorsque de nombreuses particules ont
tendance à s'orienter perpendiculairement les unes aux autres. Une structure dispersée se
produit lorsque la majorité des particules s'orientent parallèlement les unes aux autres.
Toute charge (tectonique ou autre) pendant ou après le dépôt modifie de façon permanente la
structure du sol ou l'arrangement structurel d'une manière qui est unique à cette condition de
charge particulière. Par conséquent, l'histoire du chargement et des changements dans
l'environnement est imprimée dans le tissu du sol. Le tissu du sol est le cerveau ; il conserve la
mémoire de la naissance du sol et des changements ultérieurs qui s'y produisent.
Les espaces entre les particules minérales sont appelés vides, qui peuvent être remplis de liquides
(essentiellement de l'eau), de gaz (essentiellement de l'air) et de matériaux cimentaires (par
exemple, du carbonate de calcium). Les vides occupent une grande partie du volume du sol. Les
vides interconnectés forment le passage à travers lequel l'eau entre et sort des sols. Si nous
modifions le volume des vides, le sol se comprimera où se dilatera. Les charges appliquées par un
bâtiment, par exemple, feront que les particules minérales se rapprochent, réduisant le volume
des vides et modifiant l'orientation de l'ossature. Dès lors, le bâtiment s'installe. La quantité de
tassement dépend de combien nous comprimons le volume des vides. La vitesse à laquelle le
règlement se produit dépend de l'interconnectivité des vides. L'eau libre, et non l'eau adsorbée,
et/ou l'air emprisonné dans les vides doivent être expulsés pour que le tassement se produise. La
diminution de volume, qui entraîne le tassement des bâtiments et autres structures, est
généralement très lente (presque incessante) dans les sols à grains fins car ces sols ont une grande
surface.
MECANIQUE DES SOLS ET DES ROCHES – 3 GC PROF RICARDO VALL NGANGU
32
Tableau 2-3. Les dimensions des tamis en fonction de leurs numéros (ASTM E11)
de tamis de taille de maille progressivement plus fine. Une série typique de tamis est illustrée à
la Figure 2.13.
Chaque tamis est identifié soit par un numéro qui correspond au nombre de trous carrés par
pouce linéaire de maille, soit à la taille de l'ouverture. Grandes ouvertures de tamis (mailles) (25,4
mm à 6,35 mm) sont désignés par la taille d'ouverture du tamis, tandis que les tailles de tamis
plus petites sont désignées par des chiffres. Le diamètre des particules dans le processus de
criblage, souvent appelé analyse par tamisage, est la dimension maximale d’une particule qui
passera à travers le trou carré d'un maillage particulier. Un poids connu de sol sec est placé sur le
plus grand tamis (le tamis supérieur) et la série de tamis est ensuite placé sur un vibreur, appelé
une tamiseuse, et secoué. Les tamis sont démontés, un tamis à la fois. La terre retenue sur chaque
tamis est pesée et le pourcentage de terre retenue sur chaque tamis est calculé. Sur base des
résultats obtenus, on trace une courbe avec une échelle semi-logarithmique, en tenant compte
de passant (pourcentage de particules plus fines qu'une taille de tamis donnée et non pas le
pourcentage retenu). La Figure 2.14 illustre une courbe granulométrique avec une échelle semi-
logarithmique. Le tracé résultant est appelé courbe granulométrique ou, simplement, courbe de
gradation. Les ingénieurs ont trouvé pratique d'utiliser une échelle logarithmique pour la taille
des particules car le rapport des tailles de particules de la plus grande à la plus petite dans un sol
peut être supérieur à 104.
Soit Wi le poids du sol retenu sur le tamis i à partir du haut de la série de tamis et W le poids total
du sol (échantillon). Le pourcentage de poids retenu est donné par :
𝑊𝑖
%𝑟𝑒𝑡𝑒𝑛𝑢 𝑑′𝑢𝑛 𝑡𝑎𝑚𝑖𝑠 𝑖 = 𝑊
∗ 100 (2.1)
Le pourcentage de passant est donné par :
% 𝑝𝑎𝑠𝑠𝑎𝑛𝑡 𝑑′ 𝑢𝑛 𝑡𝑎𝑚𝑖𝑠 𝑖 = 100 − ∑𝑖𝑖=1(% 𝑟𝑒𝑡𝑒𝑛𝑢 𝑑 ′ 𝑢𝑛 𝑡𝑎𝑚𝑖𝑠 𝑖) (2.2)
On peut utiliser la masse ou le poids dans les calculs.
où 𝜇 est la viscosité de l'eau [0,01 gramme/(cm.s) à 20C], z est la profondeur (cm), 𝜌𝑤 est la
densité de l'eau (1 gr/cm3), g est l'accélération due à la gravité (9,81 cm/s2 ) et 𝐺𝑠 est la gravité
spécifique des particules de sol. Pour la plupart des sols, Gs < 2,7.
Dans l'application de la loi de Stokes, les particules sont supposées être des sphères en chute libre
sans collision. Mais les particules minérales des argiles sont en forme de plaque, et la collision des
particules pendant la sédimentation est inévitable. De plus, la loi de Stokes n'est valable que pour
𝑣𝐷𝛾𝑤
le flux laminaire avec nombre de Reynolds (𝑅𝑒 = ),
𝜇𝑔
Où 𝑣 est la vitesse, D est le diamètre de la particule, 𝛾𝑤 est le poids unitaire de l'eau, 𝜇 est la
viscosité dynamique de l'eau à 20C et g est l'accélération due à la gravité) inférieur à 1. Le flux
laminaire prévaut pour les tailles de particules dans la gamme 0,001 mm < Ds < 0,1 mm. En
utilisant le matériau passant au tamis n°200 (taille moyenne des particules 0,075 mm), le flux
laminaire est automatiquement satisfait pour les particules inférieures à 0,001 mm. Les particules
inférieures à 0,001 mm sont des colloïdes. Les forces électrostatiques influencent le mouvement
des colloïdes et la loi de Stokes n'est pas valide. Le mouvement brownien décrit le mouvement
aléatoire des colloïdes.
Les résultats de l'essai de l'hydromètre suffisent pour la plupart des besoins d'ingénierie
géotechnique. Pour des mesures plus précises de la distribution granulométrique dans les sols à
grains fins, d'autres méthodes plus sophistiquées sont disponibles (par exemple, les méthodes de
diffusion de la lumière). La ligne pointillée de la Figure 2.14 montre une distribution
granulométrique typique pour sols à grains fins.
Similairement à la sedimentométrie sur base de l’hydromètre, une analyse se basant sur la pipette
est aussi utilisée en grande bretagne pour les fines même si elle est moins connue. En générale,
l'analyse de la pipette est basée sur la loi de Stokes et suppose que des particules de sol dispersées
de différentes formes et tailles tombent dans un liquide sous l'action des forces gravitationnelles
en tant que sphères sans interaction. Au Royaume-Uni, la norme britannique (BS 1377, 1975) fait
référence à l'analyse par pipette comme méthode principale pour déterminer la distribution
granulométrique des sols à grains fins. L'analyse à la pipette donne des résultats plus rapides
l'analyse par mètre linéaire mais nécessite des mesures précises de petits poids. Pour plus des
détails la norme BS 1377 – 1975 ou l’ouvrage de Jean-Pierre Bardet (1997) peut être consulté.
Figure 2-16. Comparaison de quatre systèmes décrivant les sols en fonction de leur taille des
particules.
Chaque système a été développé dans un but d'ingénierie spécifique. Sur la Figure 2.16, quatre
systèmes sont comparés. Il s'agit de l’Unified Soil Classification System (USCS) – système unifié de
classification des sols-, de l'American Society for Testing and Materials (ASTM) (une modification
du système USCS), de l'American Association of State Highway and Transportation Officials
(AASHTO) et des British Standards (BS). Nous discuterons plus en détail de la classification des
sols au chapitre 3.
𝐶𝑢 est le coefficient d’uniformité, qui est un paramètre de forme de la courbe.
𝐷
𝐶𝑢 = 𝐷60 (2.4)
10
où 𝐷60 et 𝐷10 sont les diamètres des grains qui correspondent à 60 % et 10 % de passant en
masse, respectivement. 𝐷10 est appelée diamètre effectif car il situe la courbe de disputation
granulométrique par rapport à l’axes de diamètres. Ces deux diamètres sont obtenus à partir de
la courbe granulométrique.
L'autre coefficient est le coefficient de courbure, Cc (les autres termes utilisés sont le coefficient
de gradation et le coefficient de concavité), défini comme
(𝐷30 )2
𝐶𝑐 = 𝐷 (2.5)
10 ∗𝐷60
où 𝐷50 est le diamètre des grains qui correspond à 50 % de passant en masse. Le diamètre moyen
des particules est 𝐷50 .
Un sol qui a un coefficient d'uniformité de < 4 contient des particules de taille uniforme (environ
une taille-diamètre). La valeur minimale de Cu est 1 et correspond à un assemblage de particules
de même taille. La courbe de granulométrique d'un sol peu étalé est presque verticale (Figure 2-
17).
4 4
Des valeurs plus élevées du coefficient d'uniformité (> 4) indiquent un assortiment plus large de
tailles de particules. Un sol qui a un coefficient d'uniformité de > 4 est décrit comme un sol bien
classé et est indiqué par une courbe bien étalée (Figure 2-17). Le coefficient de courbure est
compris entre 1 et 3 pour les sols ayant une granulométrie étalée.
L'absence de certaines granulométries - diamètres, dites gap-graded ou discontinue, est
déterminée par un coefficient de courbure en dehors de la plage de 1 à 3 et un brusque
changement de pente de la courbe de distribution granulométrique, comme le montre la figure.
2-17.
2.5 Comparaison des Sols Grenus et Sols à Grains Fins à Usage Général
Le tableau 2-16 présente la comparaison des quelques caractéristiques de base entre les sols
grenus et les sols fins.
Sans grande
importance
(Exception :
Effets de l’eau sur le matériaux
Importants Très importants
comportement du sol granulaires, lâches,
saturés et sous l’effet
de charges
dynamiques)
Effets de la
distribution
Sans grande Sans grande
granulométrique sur Importants
importance importance
le comportement du
sol
3.1Introduction
Le sol, étant une masse de particules de forme irrégulière de tailles variables, se compose des
particules (ou solides), des vides (pores ou espaces) entre les particules et de l'eau dans certains
des vides et de l'air occupant l'espace vide restant. À des températures inférieures au point de
congélation, l'eau interstitielle peut geler, entraînant une séparation des particules
(augmentation de volume). Lorsque la glace fond, les particules se referment (diminution de
volume). Si la glace est permanente, le mélange glace-sol est appelé pergélisol. Il est évident que
l'eau interstitielle est une quantité à l'état variable qui peut être sous forme de vapeur d'eau,
d'eau ou de glace ; la quantité dépend des conditions climatiques, de la récence des précipitations
ou de l'emplacement du sol par rapport au niveau de la nappe phréatique.
Comme indiqué ci-dessus, le sol est constitué de trois composantes :
o Une composante gazeuse,
o Une composante liquide,
o Une composante solide.
La composante gazeuse est généralement constituée de l’air. La composante liquide, quant à
elle, se résume dans la plupart des cas par l’unique présence de l’eau. La composante solide peut
bien être des minéraux et/ou de la matières Organique.
Parmi les textures des sols, selon leur granulométrie, les argiles (<0,002mm) ont une relation
particulière avec l’eau (Figure 3-1). On distingue :
o L’eau intra-grains qui rentre dans la composition chimique des feuillets.
o L’eau liée ou eau adsorbée qui constitue un film autour de chaque grain. Elle n’est pas
mobile et ne s’évacue qu’à des températures très élevées (>300°C).
o L’eau Interstitielle qui peut être soit l’eau libre soit l’eau capillaire. L’eau libre a la faculté
de circuler librement entre les grains ; l’eau capillaire est une partie de l’eau libre qui
remonte par capillarité entre les grains. L’eau interstitielle s’évapore complètement à
l’étuve où la température portée à 105°C.
L'eau interstitielle joue un rôle très important dans le comportement des sols porteurs. Si tous les
vides sont remplis d'eau, le sol est saturé. Sinon, le sol n'est pas saturé. Si tous les vides sont
remplis d'air, le sol est dit sec.
Nous pouvons idéaliser les trois phases du sol, comme le montre la figure 3-2. Les propriétés
physiques des sols sont influencées par les proportions relatives de chacune de ces phases. Le
volume total du sol est la somme du volume de solides (Vs), du volume d'eau (Vw) et du volume
d'air (Va).
Où γ𝑤 = 9,81 kN/m3 est le poids volumique de l'eau. La densité des sols varie d'environ 2,3 à 3,0.
Pour la plupart des problèmes, G peut être supposé, avec peu d'erreur, égal à 2,7. Le tableau 3-1
donne quelques valeurs de G.
Tableau 3-1. Valeurs typiques de la densité des grains (specific gravity) (Bowles, 1990).
SOIL G
Clay - Argile
2,58 – 2,65
inorganique
Clay - Argile
2,68 – 2,75
organique
La procédure pour déterminer la densité des grains des sols est décrite dans la norme ASTM D-
854. Deux types de contenants sont utilisés pour déterminer la densité. L'un est un pycnomètre,
qui est utilisé pour les sols à gros grains. L'autre est une bouteille de densité de 50 ml, qui est
utilisée pour les sols à grains fins. Le récipient est pesé et une petite quantité de terre sèche y est
placée. La masse du récipient et le sol sec sont déterminés. De l'eau distillée sans air (résultat
obtenu après l’application du vacuum) est ajoutée au sol dans le récipient. Le récipient est ensuite
agité pour éliminer les bulles d'air. Lorsque toutes les bulles d'air ont été éliminées, le récipient
est rempli d'eau sans air. La masse du récipient, du sol et de l'eau est déterminée. Le contenu du
récipient est jeté et le récipient est soigneusement nettoyé. De l'eau désaérée est ajoutée pour
remplir le récipient, et la masse du récipient et de l'eau est déterminée.
Soit M1 la masse du récipient ; M2 étant la masse du contenant et du sol sec ; M3 étant la masse
du récipient, du sol et de l'eau ; et M4 la masse du récipient et de l'eau. La masse de sol sec est
Ms= M2 - M1, la masse d'eau déplacée par les particules de sol est M5 = M4 - M3 + Ms et, G est
donné par G= Ms/M5.
𝑉𝑤 𝑤𝐺
𝑆= 𝑉𝑣
= 𝑒
ou 𝑆𝑒 = 𝑤𝐺 (degré de saturation) (3.9)
Si S = 1 ou 100%, le sol est saturé. Si S = 0, le sol est complètement sec. Il est pratiquement
impossible d'obtenir un sol avec S = 0, à l’état naturel.
𝑊 𝐺+𝑆𝑒
𝛾= 𝑉
= ( 1+𝑒 ) 𝛾𝑤 (Poids volumique apparent) (3.10)
𝑊𝑠
𝛾𝑑 = 𝑉
(Poids volumique d’un sol sec) (3.11)
𝑊𝑠
𝛾𝑠 = 𝑉𝑠
(Poids volumique des grains solides) (3.12)
Cas spéciaux :
a) Sol saturé : 𝑆 = 1 𝑜𝑢 100%
𝑊 𝐺+𝑒
𝛾𝑠𝑎𝑡 = 𝑉
= ( 1+𝑒 ) 𝛾𝑤 (3.13)
𝐺−1
𝛾𝑒𝑓𝑓 = 𝛾𝑠𝑎𝑡 − 𝛾𝑤 = ( 1+𝑒 ) 𝛾𝑤 (Poids volumique effectif) (3.14)
b) Sol sec : 𝑆 = 0
𝑊 𝐺 𝛾
𝛾𝑑 = 𝑉
= (1+𝑒) 𝛾𝑤 = 1+𝑤 (3.15)
L’indice de densité (𝐼𝑟 ) ou densité relative (𝐷𝑟 ), exprimé par la formule (3.17) est utilisé pour
comparer l’indice de vides d’un sol donné – a un état donné – avec les indices maximal et minimal.
𝑒𝑚𝑎𝑥 −𝑒
𝐷𝑟 = 𝐼𝑟 = 𝑒 ∗ 100 (%) (Indice de densité relative) (3.16)
𝑚𝑎𝑥 −𝑒𝑚𝑖𝑛
Les normes ASTM D 4253 et ASTM D 4254 décrivent les procédures de détermination des 𝑒𝑚𝑎𝑥
et 𝑒𝑚𝑖𝑛 pour les sols à gros grains. L'indice de vide maximal est obtenu en versant du sable sec,
par exemple, dans un moule de volume (V) 2830 cm3 à l'aide d'un entonnoir. Le sable qui remplit
le moule est pesé. Si le poids du sable est W, alors en combinant les équations (3.10) et (3.16),
nous obtenons :
V
𝑒𝑚𝑎𝑥 = 𝐺γ𝑤 (𝑊 )−1 (3.18)
𝑚𝑖𝑛
L'indice de vide minimal est déterminé en faisant vibrer le sable avec un poids imposant une
contrainte verticale de 13,8 kPa au-dessus dudit sable. La vibration se produit pendant 8 minutes
à une fréquence de 3600 Hz et une amplitude de 0,064 mm. A partir du poids du sable (W1) et du
volume (V1) qu'il occupe après vibration, on peut calculer l'indice des vides minimum en utilisant
la formule suivante :
𝑉
𝑒𝑚𝑖𝑛 = 𝐺γ𝑤 (𝑊1 ) − 1 (3.19)
1
L’indice de densité relative est très bien corrélé avec la résistance des sols à grains grossiers - les
sols plus denses étant plus solides que les sols plus lâches/meubles. Une description du sable
basée sur l’indice de densité relative et la porosité est donnée dans le tableau 3.3.
Tableau 3-3. Description des sols à grains grossiers en fonction de l’indice de densité relative et
de la porosité
Les intervalles de gonflement libre pour certains minéraux argileux sont présentés dans le tableau
3.4.
Tableau 3-4. Valeurs de gonflement libre de quelques minéraux d’argile
Illite 15–120
Kaolinite 5-60
Le comportement physique et mécanique des sols à grains fins est lié à quatre états distincts :
solide, semi-solide, plastique et liquide, par ordre croissant de teneur en eau. Considérons un sol
initialement dans un état liquide qui est autorisé à sécher uniformément. Si nous traçons un
diagramme du volume en fonction de la teneur en eau comme indiqué sur la figure 3.2, nous
pouvons situer l'état liquide d'origine au point A. Lorsque le sol s'assèche, sa teneur en eau
diminue et, par conséquent, son volume diminue également.
Au point B, le sol devient si rigide qu'il ne peut plus s'écouler sous forme liquide. La teneur en eau
limite au point B est appelée limite de liquidité ; il est noté 𝑤𝐿 .
Au fur et à mesure que le sol s'assèche, il y a une plage de teneur en eau à laquelle le sol peut
être moulé dans n'importe quelle forme souhaitée sans rupture. On dit que le sol à cet état
présente un comportement plastique - la capacité de se déformer continuellement sans rupture.
Mais si le séchage se poursuit au-delà de la plage de teneur en eau pour le comportement
plastique, le sol devient un semi-solide. Le sol ne peut plus être modelé sans que des fissures
visibles n'apparaissent. La teneur en eau à laquelle le sol passe d'un état plastique à un état semi-
solide est connue sous le nom de limite de plasticité, notée 𝑤𝑃 .
La plage de teneurs en eau sur laquelle le sol se déforme plastiquement est connue sous le nom
d'indice de plasticité, IP, et donné par la formule (3-21) :
𝐼𝑃 = 𝑤𝐿 − 𝑤𝑃 (Indice de plasticité) (3.21)
Au fur et à mesure que le sol sèche, il atteint un état final appelé l'état solide. À cet état, aucun
autre changement de volume ne se produit puisque presque toute l'eau du sol a été éliminée. La
teneur en eau à laquelle le sol passe d'un mi-solide à un solide est appelée la limite de retrait –
limite de consistance, notée 𝑤𝑠 .
La limite de retrait est utile pour déterminer la capacité de gonflement et de retrait des sols. Les
limites de liquidité et plasticité sont appelées les limites d'Atterberg du nom de leur auteur, le
pédologue suédois Artur Atterberg (1911).
La valeur de 𝐼𝑃 est une importance capitale dans la classification des sols à grains fins. En outre,
il existe plusieurs relations empiriques très utilisées dans la pratique entre différents paramètres
et 𝐼𝑃 .
Tableau 3-7. Description de la résistance des sols à grains fins basée sur Indice de liquidité
Nous avons changé l'état des sols à grain fin en modifiant la teneur en eau. Puisque les ingénieurs
s'intéressent à la résistance et à la déformation des matériaux, nous pouvons associer des
caractéristiques de résistance spécifiques à chacun des états du sol. A une extrémité, l'état
liquide, le sol a la plus faible résistance et la plus grande déformation. A l'autre extrémité, à l'état
solide, le sol a la plus grande résistance et la plus faible déformation. Une mesure de la résistance
du sol utilisant les limites d'Atterberg est connue sous le nom d'indice de liquidité (𝐼𝐿 ) et s'exprime
sous la forme :
𝑤−𝑤𝑃
𝐼𝐿 = 𝐼𝑃
(Indice de liquidité) (3.22)
Rappelons que la fraction argileuse est la quantité de particules inférieures à 2 μm. L'activité est
l'un des facteurs utilisés pour identifier les sols expansifs ou gonflants. Les valeurs typiques de
l'activité sont données dans le Tableau 3.9.
Silt (Limon) 30 – 40 20 - 25 10 - 15
Minéraux
Kaolinite 50 – 60 30 - 40 10 - 25
Illite 95 -120 50 - 60 50 - 70
Description 𝐴
Minéraux
Na-montmorillonite 4-7
La limite de liquidité est déterminée à l’aide d'un appareil (figure 3.4) constitué d'une coupelle
hémisphérique en laiton qui est lâchée à plusieurs reprises sur une base en caoutchouc dur d'une
hauteur de 10 mm par un mécanisme à came. Arthur Casagrande (1932) a développé cet appareil,
et cette procédure est appelé la méthode de la coupe de Casagrande.
Le sol est mélangé avec de l'eau distillée, puis la pâte est placée dans la coupelle à une épaisseur
d'environ 11 mm. La surface du sol est lissée et une rainure est creusée dans le sol à l'aide d'un
outil de rainurage standard. La manivelle actionnant la came est tournée à raison de 2 tours par
seconde, et le nombre de coups nécessaires pour fermer la rainure sur une longueur de 12,5 mm
est compté et enregistré. Un échantillon de sol à l'intérieur de la partie fermée est extrait pour
déterminer la teneur en eau. La limite de liquidité est définie comme étant la teneur en eau à
laquelle la rainure creusée dans le sol se fermera sur une distance de 12,5 mm après 25 coups. Il
est difficile d’obtenir en une fois ce résultat. Ainsi, quatre tests ou plus à différentes teneurs en
eau sont généralement nécessaires, en tenant compte de nombre de coups pour fermer la rainure
sur une distance de 12,5 mm allant de 10 à 40%. Les résultats sont présentés dans un graphique
semi-logarithmique de teneur en eau (en ordonnée, échelle arithmétique) versus les coups
terminaux (abscisse, échelle logarithmique) comme le montre la figure 3.5.
La ligne droite la mieux adaptée (moyenne) des points des coordonnées est tracée. Nous
appellerons cette ligne la ligne de l'état liquide pour la distinguer des lignes d'écoulement utilisées
pour décrire l'écoulement de l'eau à travers les sols. La limite de liquidité est lue sur le graphique
comme la teneur en eau sur la ligne de l'état liquide correspondant à 25 coups.
La méthode de la coupelle de Casagrande pour déterminer la limite de liquidité présente de
nombreuses lacunes. Deux d'entre elles sont :
o La tendance des sols de faible plasticité à glisser et à se liquéfier avec choc dans la
coupelle plutôt qu'à s'écouler plastiquement.
o La sensibilité à la technique de l'opérateur et aux petites différences d'appareillage.
Figure 3-5. Exemple des résultats de limite de liquidité par la méthode de la coupelle
Casagrande
commenceront juste à s'effriter (Figure 3.6). Deux déterminations ou plus sont effectuées et la
teneur en eau moyenne est indiquée comme limite plastique.
Figure 3-6. Photo d’un échantillon de sol soumis au test de limite de plasticité
L’essai du cône tombant, populaire en Europe et en Asie, semble offrir une méthode plus précise
(moins sujette aux erreurs de l'opérateur) pour déterminer à la fois les limites de liquide et de
plastique. Dans le test du cône tombant (Figure 3.7), un cône avec un angle au sommet de 30
degrés et une masse totale de 80 grammes est suspendu au-dessus, mais juste en contact avec,
le sol. Le cône tombe librement pendant une période de 5 secondes à l’aide d’un bouton poussoir.
La teneur en eau correspondant à une pénétration du cône de 20 mm définit la limite de liquidité.
La limite de retrait est déterminée de la manière suivante : une masse de sol humide, M1, est
placée dans une coupelle en porcelaine de 44,5 mm de diamètre et de 12,5 mm de hauteur puis
séchée à l'étuve. Le volume de sol séché à l'étuve est déterminé en utilisant du mercure (ASTM D
427) pour occuper les espaces vacants causés par le retrait. La masse du mercure est déterminée
et la diminution de volume causée par le retrait peut être calculée à partir de la densité connue
du mercure. La limite de retrait est calculée en utilisant la formule (3.25).
𝑀1 −𝑀2 𝑉1 −𝑉2 𝛾𝑤 𝑉1 −𝑉2 𝛾𝑤
𝑤𝑠 = ( − ) ∗ 100 (%) = (𝑤 − ) ∗ 100 (%) (Limite de retrait) (3.25)
𝑀2 𝑀2 𝑔 𝑀2 𝑔
où M1 est la masse du sol humide, M2 est la masse du sol séché à l'étuve, w est la teneur en eau
𝑚𝑎𝑠𝑠𝑒 𝑑𝑢 𝑚𝑒𝑟𝑐𝑢𝑟𝑒
(pas en pourcentage), V1 est le volume de sol humide, V2(= densité du mercure) est le volume du
sol séché à l'étuve, et g est l'accélération due à la gravité (9,8 m/s2).
Le taux de retrait linéaire, LS, est
3 𝑉
𝐿𝑆 = 1 − √𝑉2 (Limite de retrait linéaire) (3.26)
1
La limite de retrait linéaire peut aussi être calculée par l’équation (3.27) et ensuite la limite de
retrait volumique peut être déduite partant de l’équation (3.26).
𝐿𝑖 −𝐿𝑓
𝐿𝑆 =
𝐿𝑖
*100 (%) (Limite de retrait linéaire) (3.27)
où 𝑤𝐿 et 𝐼𝑃 sont en pourcentage.
Cet essai est une mesure indirecte de la surface spécifique des particules solides par adsorption
d’une solution de bleu de méthylène jusqu’à saturation. Il exprime ainsi la quantité de bleu de
méthylène pouvant être absorbée par les surfaces des particules de sols.
Le résultat VBS s’exprime donc en grammes de bleu pour 100g de sol. On considère que cet essai
exprime globalement la quantité et la qualité de l’argile contenue dans un sol. Il est effectué sur
la fraction 0/2 mm du sol et on distingue les valeurs renseignées dans le tableau 3.10.
Tableau 3-10. Classification des sols en fonctions de VBS
0,2 < VBS ≤ 2,5 Sols limoneux (sol peu plastique et sensible à l’eau)
L’essai d’équivalent de sable est utilisé aux fins d’obtenir une proportion de chaque type de sols,
grains fins et grossiers. Il est important car la présence les particules fines influencent le
comportement des sols, particulièrement les argiles. Par exemple, la présence de particules
argileuses dans le sable d’un mortier ou béton, en abaissant l’adhérence « pâte de
ciment/granulats », est défavorable à la mise en œuvre et aux performances finales du béton ou
mortier (microfissuration). Il est effectué sur les éléments de dimensions inférieures à 5 mm
(fraction 0/5 mm du sol).
Il sied de noter, qu’en pratique, cet essai est de moins en moins utilisé en mécanique des sols ;
par contre, il est plus utilisé pour la formulation des bétons et mortier (qualité du sable).
Un schéma de classification fournit une méthode d'identification des sols dans un groupe
particulier qui présenteraient probablement des caractéristiques similaires. Dans le chapitre 2,
nous avons présenté un schéma qui classait les sols selon leurs textures ceci uniquement en
fonction de la taille des particules. La classification des sols est utilisée pour spécifier un certain
type de sol qui convient le mieux à une application donnée. En outre, il peut être utilisé pour
établir un profil de sol le long d'une section transversale souhaitée d'une masse de sol. Il existe
plusieurs schémas de classification disponibles. Chacun a été conçu pour une utilisation
spécifique. Par exemple, l'American Association of State Highway and Transportation Officiels
(AASHTO) a élaboré un schéma qui classe les sols en fonction de leur utilité dans les routes et les
autoroutes, tandis que le système unifié de classification des sols (USCS) a été développé à
l'origine pour être utilisé dans la construction d'aérodromes, mais a ensuite été modifié pour un
usage général. Quant à la classification LCPC, elle est très utilisée dans les pays francophone-
africains dans le domaine routier.
L'USCS n'est ni trop élaboré ni trop simpliste. L'USCS utilise des symboles pour les groupes
granulométriques. Ces symboles et leurs représentations sont :
Faction de sol ou composante
o G - gravier,
o S - sable,
o M - limon,
o C – argile,
o O – sol (matière) organique,
o Pt – tourbe,
Symboles d’étalement
o W – bien étalé,
o P – peu étalé,
Figure 3-11. Abaque de plasticité de Casagrande – USCS & ASTM-SC– sols à grains fins (USCS)
(Holtz et al. 2010).
Le système de classification de l'American Society for Testing and Materials (ASTM-CS) est
presque identique à l'USCS. ASTM-CS utilise les mêmes symboles que l'USCS mais fournit un
meilleur schéma pour les sols mixtes, c'est-à-dire les sols constitués de mélanges, par exemple,
de sable, de gravier et d'argile. Les sols sont classés par symboles de groupe et noms de groupe.
Par exemple, nous pouvons avoir un sol avec un symbole de groupe, SW-SM, et un nom de
groupe, qui décrit le sol comme « sable bien calibré avec limon » si la teneur en gravier est
inférieure à 15 %. Les organigrammes pour classer les sols en fonction de l'ASTM-CS sont
présentés dans les figures 3.12, 3.13 et 3.14.
Figure 3-13. Organigramme – Système de classification ASTM-SC – sols non-organiques à grains fins
Figure 3-15. Abaque de plasticité – Système de classification AASHTO – sols à grains fins
Le système de classification des sols de l'AASHTO est utilisé pour déterminer l'adéquation des
sols aux travaux de terrassement, aux remblais et aux matériaux d'assise de la route (couche de
fondation - matériau naturel sous une chaussée construite ; couche de fondation - une couche
de sol au-dessus de la fondation ; et la plateforme - une couche de sol qui offre une grande
stabilité pour répartir les charges des roues). Selon l'AASHTO, les sols granulaires sont des sols
dans lesquels on a 35 % ou moins de passants au tamis n°200 (0,075 mm). Les sols limono-argileux
sont des sols dont plus de 35% passent au tamis n°200 (Tableau 3.7)
Tableau 3-11. Description des sols selon AASHTO
Sols Description
Le système AASHTO classe les sols en sept groupes principaux, A-1 à A-7. Les trois premiers
groupes, A-1 à A-3, sont des sols granuleux (à gros grains), tandis que les quatre derniers groupes,
A-4 à A-7, sont des sols limono-argileux (à grains fins) (tableau 3.12a).
Les sols limoneux et argileux sont situés dans le diagramme de plasticité, comme le montre la
figure 3.15.
Une valeur d'indice de groupe (IG) est ajoutée entre parenthèses au groupe principal pour fournir
une mesure de la qualité d'un sol en tant que matériau de fondation d'autoroute. L'indice de
groupe est donné par la formule (3.30).
𝐼𝐺 = (𝐹 − 35)[0,2 + 0,005(𝐿𝐿 − 40)] + 0,01(𝐹 − 15)(𝐼𝑃 − 10) (3.30)
où F est le pourcentage passant au tamis n°200 et les autres termes ont été définis
précédemment. L'indice IG est rapporté au nombre entier le plus proche (2,4 rapporté comme
2 ; 2,5 rapporté comme 3), et si IG < 0, la valeur de 0 lui sera accordée.
L'IG pour les groupes A-1-a, A-1-b, A-2-4, A-2-5 et A-3 est zéro. Pour les groupes A-2-6 et A-2-7,
l'équation d'indice de groupe partiel (3.32) est utilisée. Plus l'indice de groupe est élevé, plus la
qualité du sol en tant que matériau de fondation est faible. L'IG ne doit pas dépasser 20 pour
n’importe quel groupe parmi A-4 à A-7.
𝐼𝐺 = 0,01(𝐹 − 15)(𝐼𝑃 − 10) (3.31)
Les valeurs numériques de 1 à 9 sont des notes, 1 étant la meilleure. Le tableau ne doit être utilisé
qu'à titre indicatif et pour faire une évaluation préliminaire de l'aptitude d'un sol à un usage
particulier. Vous ne devez pas vous fier à des descriptions telles qu'une « excellente » résistance
au cisaillement ou une compressibilité « négligeable » pour prendre des décisions finales en
matière de conception et de construction. Nous traiterons plus tard de méthodes plus fiables
pour déterminer les propriétés de résistance et de compressibilité.
Le Guide technique pour la réalisation des remblais et couches de forme détaille l’utilisation de
cette classification ; c’est de là qu’est tiré le sigle GTR. Les grandes familles de matériaux de cette
classification sont présentées dans le tableau 3-13.
Tableau 3-14. Classification GTR
Cette classification est celle utilisée dans les pays francophone-africains. Elle a été mise au point
en France en 1965 par le Laboratoire Central des Ponts et Chaussées. Elle est une adaptation de
la classification USCS. La classification LCPC des sols, en plus des résultats de l’analyse
granulométrique et des limites d’Atterberg, utilise les résultats issus de l’essai de l’Equivalent de
sable.
Cette classification considère la limite 0,080 mm pour différencier les sols à grains grossiers de
ceux à grains fins, en lieu et place de 0,075 mm comme pour celle de l’USCS. Suivant cette
classification, les sols grenus et fins se différencient en fonction du pourcentage d’éléments <
0,080 mm est inférieur ou supérieur à 50 %.
Comme pour les classifications USCS, ASTM-CS et AASHTO, cette classification utilise le tableau
3.14 et le diagramme de plasticité associée représenté à la figure 3.16.
La différenciation en limon et argile est faites à partir des caractéristiques de plasticité. On utilise
pour cela le diagramme de Casagrande qui permet de classer la fraction argileuse selon sa
sensibilité à l’eau ou sa plasticité.
Décrire dans le détail l'ensemble des propriétés géométriques et mécaniques du massif en vue
d'en faire un modèle géomécanique complet s'avère trop long et fastidieux pour un grand
nombre de projets de génie civil. Ainsi, différents auteurs ont proposé des méthodes simplifiées.
Historiquement, elles ont été définies à partir de l'analyse de nombreux cas réels dans le domaine
souterrain pour prédéfinir le soutènement à mettre en place. Elles se sont ensuite enrichies au
fil des années et de leurs auteurs. Nous allons reprendre successivement et succinctement les
principales méthodes de classification, sachant que d'autres auteurs ont pu également en
proposer.
Le principe de toutes ces méthodes de classification est de mesurer ou d'observer des grandeurs
quantifiables » et d'affecter des notes pour certains aspects très qualitatifs. Comme par exemple,
l'altération, la présence ou l'absence d'eau...
Le but est de faire des rapprochements entre les terrains ayant des descriptions semblables
(même s'ils sont de minéralogies différentes) afin d'en tirer des grands ensembles. Quelle que
soit la classification, certains aspects sont systématiquement regardés :
o Les caractéristiques des discontinuités (nombre de familles, orientation, espacement,
extension, ouverture, rugosité, remplissage, altération...) ;
o La résistance de la matrice rocheuse (compression simple, traction, suivant les cas) ;
o L'altération des épontes ;
o La présence d'eau.
Ces différents paramètres sont qualifiés et notés selon des tableaux descriptifs, puis les notes
sont combinées pour obtenir une note finale.
Les classifications sont utilisées de manière généralisée dans le monde. Néanmoins, il ne faut pas
perdre de vue que des notes finales identiques peuvent correspondre à des massifs très
différents. Il est donc nécessaire d'examiner la sensibilité des paramètres. De plus, ce sont des
méthodes non applicables aux roches tendres. Il est donc recommandé de les utiliser en prenant
des précautions et, autant que possible, de comparer les résultats obtenus pas plusieurs
méthodes avant de conclure.
Le RQD est un paramètre destiné à apprécier la qualité du massif rocheux, comme décrit sur le
tableau 3-15. Il a été défini par Deere en 1963, et a été mondialement adopté depuis. L'AFTES
(2003) recommande le calcul du RQD par passes forées de 1 m.
Le RQD (Rock Quality Designation) est la somme comptée sur une longueur de passe de 1 m des
longueurs des carottes supérieures à 10 cm, rapportée à la longueur de la passe.
3.4.3 ID et FD
L'ID (intervalle entre discontinuités) est un paramètre destiné à qualifier la fracturation globale
d'un massif rocheux sans nécessairement identifier des familles de discontinuités. Il permet de
calculer des histogrammes de répartition, lorsqu'on travaille sur des forages de reconnaissances
longs, de façon à caractériser l'évolution de l'état de fracturation du massif.
L'ID ou intervalle entre discontinuité est la moyenne des intervalles découpés par les
discontinuités successives le long d'une ligne de mesure.
Description de la densité de
Classe de ID Valeur de ID en cm
discontinuités
La cote Q permet d’évaluer qualitativement la masse rocheuse selon neuf catégories dequalité
pour la construction de tunnels. Le Tableau 3-16 présente cette qualification :
1–4 Pauvre
4 – 10 Moyenne
10 – 40 Bonne
Bieniawski (1976) a été le premier à proposer des corrélations empiriques entre le RMR et le Q-
system :
RMR = 9 logQ + 44 (3.35)
Le RMR et le Q-system ne prennent pas en considération les mêmes paramètres et donc, elles
ne sont pas équivalentes.
Bieniawski a proposé sa première version du RMR en 1974, en compilant des informations et des
observations collectées essentiellement dans des mines. Il l'a ensuite modifiée en 1989, puis
d'autres auteurs s'en sont également saisis. Nous présentons ici la version de 1989 :
𝑅𝑀𝑅 = 𝐴1 + 𝐴2 + 𝐴3 + 𝐴4 + 𝐴5 + 𝐵 (3.36)
Avec
𝐴1 qui dépend de la résistance en compression simple de la matrice,
𝐴2 du RQD,
𝐴3 de l'espacement entre les discontinuités,
𝐴4 de l'état des discontinuités,
𝐴5 des conditions hydrogéologiques et B de l'orientation des joints.
La somme de ces notes attribue une valeur comprise entre 0 et 100 au massif. Cette valeur utilise
à plus de 70% la fracturation et elle accorde 15% d’influence aux propriétés de la matricerocheuse
et 15% à la présence d’eau.
La signification des indices du RMR sont définis comme suit :
o A1 (Strength of intact rock material) : la résistance à la compression simple de la matrice
rocheuse est obtenue, soit par procédure d’écrasement d’un échantillon, soit par
procédure de chargement ponctuel (note : de 0 à 15).
o A2 (Rock Quality Designation RQD, Deer [1964]): il caractérise la qualité des carottes de
sondage en calculant le rapport entre la longueur cumulée des carottes supérieures à dix
centimètres et la longueur totale considérée (note : de 3 à 20).
o A3 (Spacing of discontinuities) : dans le cas de plusieurs familles de fractures le minimum
des notes attribuées à l’espacement des fractures est considéré (note : de 5 à 20).
Introduit par Hoek et al. (1995) puis amélioré par Hoek et Brown (1997), le Geological Strength
Index ne présente pas une classification géomécanique en tant que telle. Cependant, il constitue
un lien entre le RMR (Q-system) et la détermination des paramètres de déformabilité et de
résistance des massifs rocheux.
Afin d’estimer le GSI, il est nécessaire de calculer le RMR de base et le Q qui sont des valeurs
modifiées de RMR et de Q. Le RMR de base est calculé en retenant une valeur 15 pour le
coefficient relatif à l’eau (A5) et une valeur nulle pour le coefficient de correction relatif à
l’orientation des discontinuités (B).
RMRBase = A1 + A2 + A3 + A4 + 15 (3.37)
De même, Q ׳se calcule en ne tenant pas compte de l’état initial du massif par rapport à l’eau et
aux contraintes (Jw/SRF).
𝑅𝑄𝐷 𝐽
𝑄′ = × 𝐽𝑟 (3.38)
𝐽𝑛 𝑎
L’estimation du GSI s’appuie sur une observation directe de la structure du massif rocheux à partir
d’un examen de la qualité de la masse rocheuse in situ. Cet indice varie entre 5 et 85. Par
définition, les valeurs proches de 5 correspondent à des matériaux de très mauvaise qualité,tandis
que les valeurs proches de 85 décrivent des matériaux d’excellente qualité.
4.1 INTTRODUCTION
Le compactage du sol est la densification - la réduction de l'indice des vides - d'un sol par
l'expulsion de l'air. Ceci est normalement réalisé en utilisant des compacteurs mécaniques et à
rouleaux avec l'ajout d'eau.
Il existe trois principes de compaction, la compaction par chocs, par vibration et par roulage. La
compaction par chocs est utilisée là où la zone à compacter est restreinte. On réalise la
compaction par chocs à l’aide de dame mécanique appelée aussi « Jump Jack ». La compaction de
zones restreintes se réalise également à l’aide de plaque vibrante mécanisée.
Plusieurs types de compacteurs adaptés à des travaux de compaction existent. Le plus courant
pour les travaux de construction routière est le compacteur à rouleaux lisses et vibrants. La
vibration pouvant être activée ou désactivée par l’opérateur.
Le compactage du sol est peut-être la méthode la moins coûteuse d'amélioration des sols. C'est
une pratique courante dans tous les types de systèmes de construction sur et dans les sols, tels
que des digues, des remblais, barrages, etc.
Une digue - un long remblai de terre utilisé pour retenir et/ou réguler les niveaux d'eau dans les
rivières - doit être construite à partir de terre transportée par camion à partir d'un banc
d'emprunt. Vous devez (a) déterminer si le sol convient à la digue, (b) spécifier les critères de
compactage et (c) spécifier les méthodes de contrôle de la qualité.
L'une des leçons tirées d'échecs tels que de l'ouragan Katrina est que, lors de la conception de
toute structure géotechnique, vous devez envisager une approche systémique. Vous devez
considérer comment votre partie du problème s'intègre dans l'ensemble du projet et les
implications si quelque chose ne va pas avec votre partie, c'est-à-dire que vous devez adopter une
approche holistique.
L’équation (3.17) peut être réécrite, en remplaçant l’indice des vides « e » par 𝑒 = 𝑤𝐺/𝑆, de la
manière suivante :
𝑊𝑠 𝐺 𝛾 𝐺
𝛾𝑑 = 𝑉
= (1+𝑒) 𝛾𝑤 = 1+𝑤 = (1+𝑤𝐺/𝑆) 𝛾𝑤 (4.1)
Comment pouvons-nous augmenter le poids spécifique sec ? L'examen de l'équation (4.1) révèle
qu'il faut réduire l'indice des vides, ce qui revient à réduire le rapport 𝑤/𝑆 car 𝐺 est constant. Le
poids spécifique sec maximal théorique est obtenu lorsque 𝑆 = 1 (100%). En outre, on a :
𝑒𝑚𝑖𝑛 = 𝑤𝐺 (4.2)
MECANIQUE DES SOLS ET DES ROCHES – 3 GC PROF RICARDO VALL NGANGU
78
La figure 4.1 illustre la variation du poids spécifique sec théorique en fonction de la teneur en eau
pour différents degrés de compactage. Le poids unitaire sec théorique diminue à mesure que la
teneur en eau augmente car les grains de sol sont plus lourds que l'eau pour le même volume
occupé. Rappelons que G=2,7 pour le sol est en moyenne. C'est-à-dire que la masse des particules
de sol est 2,7 fois plus que la masse de l'eau pour le même volume occupé. Il est évident que le
poids spécifique sec théorique diminue à mesure que le degré de saturation S diminue.
La réduction du dégrée de saturation implique une diminution du poids spécifique car la masse
d'air est négligeable, de sorte que l'air remplace l'eau dans l'espace vide, le volume de sol reste
constant mais sa masse diminue. La courbe correspondant à S=100% de la figure 4.1, la ligne de
saturation, est parfois appelée courbe des vides d'air nuls. Il est cependant très rare d’obtenir
zéro vide d'air grâce au compactage, d’où de manière générale S<1.
Figure 4.1. La variation du poids volumique théorique sec maximum en fonction de la teneur en
eau pour des degrés de saturation différents.
La marche à suivre pour obtenir les courbes présentées à la Figure 4.1 est la suivante :
1. Supposons une valeur fixe de S, 𝑆 = 1 (saturation à 100 %), dans l'équation (4.1).
2. Substituer des valeurs choisies arbitrairement de w.
3. Avec la valeur fixe de S et soit une valeur estimée de 𝐺 (=2,7) soit une valeur connue, trouver
𝛾𝑑 pour chaque valeur de w à l'aide de l'équation (4.1).
4. Tracez les résultats de 𝛾𝑑 en fonction de w.
5. Répétez l'opération pour une valeur différente de S, si vous le souhaitez.
L’Ingénieur américain PROCTOR, en 1933, avait relevé l’impact de la teneur en eau d’un sol et de
l’énergie de compactage sur le poids volumique sec (poids spécifique sec) d’un sol grâce à l’essai
qui porte son nom : Essai Proctor. L’essai Proctor standard a été développé pour fournir une
quantité standard d'énergie mécanique (effort de compactage) afin de déterminer le poids
spécifique sec maximal d'un sol.
Dans l'essai Proctor normal (standard), une éprouvette de sol sec est mélangée à de l'eau et
compactée dans un moule cylindrique de volume V=9,44x10-4 m3 (moule Proctor standard) par
des coups répétés de la masse d'une dame, 2,5 kg, tombant librement d'une hauteur de 305 mm
(Figure 4.2). Le sol est compacté en trois couches, chacune étant soumise à 25 coups.
L'énergie transmise par la dame est calculée à l’aide de la formule (4.3).
ℎ
𝐸𝑐𝑜𝑚𝑝 = 𝑚𝑔 𝑉 𝑁𝑙 𝑁𝑏 (4.3)
Où :
𝑚 est la masse du marteau,
𝑔 est l'accélération due à la gravité,
ℎ est la hauteur de chute du marteau,
𝑉 est le volume de sol compacté,
𝑁𝑏 est le nombre de coups, et
𝑁𝑙 est le nombre de couches.
Ainsi, l'énergie de compactage du test Proctor normal est :
0,305
𝐸𝑐𝑜𝑚𝑝 = 2,5 ∗ 9,8 ∗ ( ) 25 ∗ 3 ∗ 10−3 = 594𝐾𝐽/𝑚3
9,44 ∗ 10−4
Tableau 4.1. Différence d’Energie de compactage entre l’essai Proctor normal et modifié.
25 (moule 0,59
3
Proctor)
Proctor Normal 2,50 30,50
55 (moule
3 0,53
CBR)
25 (moule
5 2,71
Proctor)
Proctor modifié 4,54 45,70
55 (moule
5 2,41
CBR)
Pour la plupart des projets, l’essai Proctor normal est satisfaisant. Pour les projets impliquant des
charges lourdes, telles que des pistes pour supporter de lourdes charges d'aéronefs, un test
Proctor modifié a été développé. Le tableau 4.1 illustre la différence entre les deux essais Proctor.
L'énergie de compactage du test de compactage Proctor modifié est de 2695 kJ/m3, soit environ
4,5 fois l'énergie du test Proctor standard.
Quatre tests ou plus sont effectués sur le sol en utilisant différentes teneurs en eau. Le dernier
test est identifié lorsque l'ajout d'eau entraîne une diminution du poids volumique du sol. Les
résultats sont portés en poids spécifique sec, en ordonnée, en fonction de la teneur en eau, en
abscisse. Des diagrammes typiques de poids spécifique sec et de la teneur en eau sont présentés
à la figure 4.3.
Les argiles donnent généralement des courbes en forme de cloche. Les sables montrent souvent
une diminution initiale du poids spécifique sec, attribuée à la tension capillaire qui limite la libre
circulation des particules de sol, suivie d'une bosse.
Certains sols (ceux dont la limite de liquidité est inférieure à 30 % et les sables fins et mal calibrés)
peuvent produire une ou plusieurs bosses avant que le poids unitaire sec maximal ne soit atteint.
La teneur en eau à laquelle le poids spécifique sec maximum, (𝛾𝑑 )𝑚𝑎𝑥 , est atteint et appelée la
teneur en eau optimale (𝑤𝑜𝑝𝑡 ). Lorsque la teneur en eau est inférieure à l'optimum (dry of
optimum – optimum sur le versant sec), l'air est expulsé et l'eau facilite le réarrangement des
grains de sol dans une configuration plus dense - le nombre de grains de sol par unité de volume
de sol augmente. À des teneurs en eau juste au-dessus de l'optimum (wet of optimum – optimum
sur le versant humide), l'effort de compactage ne peut pas expulser plus d'air et l'eau
MECANIQUE DES SOLS ET DES ROCHES – 3 GC PROF RICARDO VALL NGANGU
81
supplémentaire déplace les grains du sol, diminuant ainsi le nombre de grains de sol par unité de
volume de sol.
Par conséquent, le poids unitaire sec diminue. L'essai Proctor modifié, utilisant des niveaux plus
élevés d'énergie de compactage, permet d'obtenir un poids spécifique maximal à sec plus élevé à
une teneur en eau optimale inférieure à l'essai standard (figure 4.3). Le degré de saturation est
également plus faible à des niveaux de compactage plus élevés que dans le test de compactage
standard.
MECANIQUE DES SOLS ET DES ROCHES – 3 GC PROF RICARDO VALL NGANGU
82
Le sol est invariablement insaturé au poids spécifique sec maximal, c'est-à-dire 𝑆 < 1. Nous
pouvons déterminer le degré de saturation au poids spécifique sec maximal à l'aide de l'équation
(4.1).
Nous connaissons (𝛾𝑑 )𝑚𝑎𝑥 et 𝑤𝑜𝑝𝑡 à partir des résultats de nos tests Proctor. Si 𝐺 est connu, nous
pouvons résoudre l'équation (4.1) pour 𝑆. Si 𝐺 est inconnu, vous pouvez substituer une valeur de
2,7 avec peu d'erreur résultante dans la plupart des cas.
La connaissance de la teneur en eau optimale et du poids spécifique sec maximal des sols est très
importante pour les spécifications de construction en termes d'amélioration de leur portance. Les
spécifications pour les structures en terre (remblais, semelles, etc.) exigent généralement un
minimum de 95 % du poids unitaire spécifique maximal du Proctor. Ce niveau de compactage
peut être atteint à deux teneurs en eau différentes, l'une avant l'atteinte du la masse volumique
sèche maximale, sur le versant sec, l'autre après l'atteinte de la masse volumique sèche maximale,
sur le versant humide (Figure 4.4).
La pratique normale est de compacter le sol à l'optimum sur le versant sec. Pour des sols tels que
les sols gonflants (expansifs), les revêtements de sol pour les décharges de déchets solides et les
projets où les changements de volume du sol dus aux changements des conditions d'humidité
sont intolérables, le compactage est à l’optimum sur le versant humide.
Lorsqu'une masse de sol fortement compactée (proche du poids spécifique sec maximal) est
cisaillée, elle a tendance à se dilater et à se détacher. Habituellement, cette expansion n'est pas
uniforme ; certaines parties de la masse du sol sont plus lâches que d'autres parties. Le débit d'eau
dans le sol augmentera car l'eau peut facilement s'écouler à travers les parties les plus lâches,
entraînant éventuellement une défaillance catastrophique. Les sols fortement compactés ont
tendance à montrer une diminution soudaine de leur résistance lorsqu'ils sont cisaillés.
En constructions, si une défaillance doit se produire, nous préférons qu'elle se produise
progressivement plutôt que soudainement afin que des mesures d'atténuation puissent être
mises en œuvre. Dans certaines structures en terre (par exemple, les barrages en terre), vous
devez essayer d'atteindre un niveau de compactage qui rendrait le sol ductile (capacité à se
déformer sans rupture). Cela peut nécessiter un compactage humide optimal à des niveaux
inférieurs à 95 % du poids spécifique sec maximum (environ 80 % à 90 % du poids unitaire sec
maximum).
Exemple d’application :
Les résultats d'un test de compactage standard sont présentés dans le tableau ci-dessous.
(a) Déterminer le poids unitaire maximum à sec et la teneur en eau optimale.
(b) Quel est le poids unitaire sec et la teneur en eau à 95 % de compactage standard, sec ou
optimal ?
(c) Déterminer le degré de saturation à la densité sèche maximale.
(d) Tracez la ligne zéro vide d'air.
Le compactage est la technique la plus populaire pour améliorer les sols. Le tissu du sol est forcé
dans une configuration dense par l'expulsion de l'air à l'aide d'un effort mécanique avec ou sans
l'aide de l'eau. Les avantages du compactage sont :
1. Augmentation de la résistance du sol.
Le test California Bearing Ratio, ou test CBR comme on l'appelle généralement, est un test
empirique qui a d'abord été développé en Californie, aux États-Unis, pour estimer la valeur
portante de la couche de fondation et du sol de fondation de l'autoroute, d'où son nom. Les
résultats obtenus par ces essais sont utilisés avec les courbes empiriques pour déterminer
l'épaisseur de la chaussée et de ses couches constitutives. Souvent, pour le dimensionnement de
la chaussée, le CBR est associé au trafic et aux charges par essieu prévus et des conditions
hydriques futures que subira cette route.
Il peut être utilisé sur le sol de fondation, ainsi que sur les matériaux de fondation et de couche
de base, et les résultats obtenus permettent d'utiliser au maximum des matériaux à faible coût là
où des matériaux de meilleure qualité ne sont pas disponibles. Le test est relativement rapide et
simple à utiliser et donne un résultat immédiat. Elle peut être réalisée sur des matériaux non
remaniés ou recompactés, et peut être réalisée sur le terrain.
L’Indice Portant Californien est un nombre sans dimension exprimant en pourcentage le rapport
entre les pressions produisant un enfoncement donné dans le matériau à étudier d'une part (avec
ou sans immersion au préalable) et dans un matériau type d’autre part. Il caractérise
implicitement la tenue au poinçonnement d’un sol.
Le matériau à étudier est placé dans un moule dans un état donné de densité et de teneur en eau.
Il est ensuite poinçonné par un piston de 19,3 cm2 de section, enfoncé à la vitesse constante de
1,27mm/min. L’indice de portance ou CBR exprime en % le rapport entre les pressions produisant
dans le même temps un enfoncement donné dans le sol étudié d’une part et dans un matériau
type d’autre part.
𝐹𝑜𝑟𝑐𝑒 𝑚𝑒𝑠𝑢𝑟é𝑒
𝐶𝐵𝑅 = 𝐹𝑜𝑟𝑐𝑒 𝑆𝑡𝑎𝑛𝑑𝑎𝑟𝑑 ∗ 100 [%] (4.4)
2 11,5
4 17,6
5 20,0 10342,14
6 22,2
8 26,3
Par définition, c’est indice est pris égal à la plus grande des deux valeurs suivantes :
𝑃𝑟𝑒𝑠𝑠𝑖𝑜𝑛 à 2,5 𝑚𝑚 𝑑′ 𝑒𝑛𝑓𝑜𝑛𝑐𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑃𝑟𝑒𝑠𝑠𝑖𝑜𝑛 à 5,0 𝑚𝑚 𝑑′ 𝑒𝑛𝑓𝑜𝑛𝑐𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡
𝐶𝐵𝑅 = 𝑚𝑎𝑥 { 0,7
; 1,05
} (4.5)
Le pouvoir portant d’un sol routier est d’autant meilleur que le CBR est grand.
A noter : On distingue 2 types d’essais CBR en fonction des buts fixés :
1. L’essai C.B.R. immédiat : Mesure de la résistance au poinçonnement d’un sol compacté à
sa teneur en eau naturelle. Il caractérise l’aptitude du sol à permettre la circulation en
phase de chantier. Dans les régions peu humides, le C.B.R. immédiat sert directement de
référence (pas de variation hydrique).
2. L’essai C.B.R. après immersion : Mesure de la résistance au poinçonnement d’un sol
compacté à différentes teneurs en eau puis immergé durant plusieurs jours (4 en
générale). Il caractérise l’évolution de la portance d’un sol compacté à différentes teneurs
en eau et/ou soumis à des variations de régime hydrique.
La valeur CBR peut être considérée comme une mesure indirecte de la résistance au cisaillement
du sol, mais elle ne peut pas être directement liée aux paramètres de résistance au cisaillement.
Les résultats ne s'appliquent qu'au dimensionnement des chaussées, pour lequel la procédure a
été imaginée. La valeur CBR est un nombre sans dimension et n'est pas liée aux propriétés
fondamentales du sol régissant la résistance au cisaillement ou la compressibilité. Des tentatives
ont été faites (certaines avec succès) pour relier les valeurs du CBR à d'autres paramètres pour un
sol particulier, mais aucune relation satisfaisante n'a été obtenue pour une application générale.
Par exemple, le test CBR ne doit pas être utilisé pour estimer la capacité portante du sol pour les
fondations. Le résultat du test doit être considéré comme une propriété d'indice dont l'application
se limite à la construction de chaussées.
Tableau 4.3. Quelques valeurs de CBR pour les sols britanniques
CL 1,5 – 3,5
Sable :
Mal étalé/serré 20
Bien étalé 40
Gravier sablonneux 60
Procédure :
1. Procurez-vous environ 4,5 kg de sol séché à l'air ambiant. Et tamisez le sol sur un tamis
américain n°4. Récupérez tout le matériau de moins de 4mm dans une grande casserole. Cela
devrait être d'environ 2,7 kg ou plus.
2. Ajoutez suffisamment d'eau et portez le taux d'humidité à environ 5 %.
3. Déterminez le poids du moule Proctor + plaque de base (pas l'extension). Ensuite, fixez
l'extension sur le dessus du moule.
4. Versez la terre humide dans le moule en 3 couches à peu près égales. Chaque couche doit être
compactée uniformément par la dame Proctor normal 25 fois avant que la couche suivante de
terre meuble ne soit versée dans le moule.
5. Retirez l'accessoire supérieur du moule. À l'aide d'une règle droite, coupez l'excédent de terre
au-dessus du moule. Retirez la plaque de base et extrudez le cylindre de sol compacté du moule.
6. Prélevez jusqu'à 2 échantillons représentatifs (au-dessus et au-dessous de la masse du sol) pour
déterminer la teneur en eau de l'échantillon. Placez la boîte d'humidité avec le sol humide dans
le four pour sécher.
7. Cassez le matériau sur le plateau et ajoutez un incrément d'eau pour obtenir la teneur en eau
souhaitée (d'environ 2 %).
8. Répétez les étapes 4 à 7 pour obtenir cinq points de compactage.
Procédure :
1. Mettez l'échantillon de sol dans une grande casserole plate.
2. Ajoutez suffisamment d'eau et augmentez la teneur en humidité pour atteindre la teneur en
eau optimale. Utilisation des données de l’essai Proctor normal pour trouver la teneur en eau
optimale. Mélanger uniformément l'échantillon de sol après avoir ajouté de l'eau.
3. Mettez la terre humide dans le moule en 3 couches à peu près égales. Chaque couche de
marteau doit être compactée uniformément 56 fois avant que la couche suivante ne soit
introduite dans le moule. Peser moule + échantillon.
4. Retirez l'accessoire supérieur du moule. À l'aide d'une règle droite, coupez l'excédent de terre
au-dessus du moule.
5. Après ce processus, placez le moule sur la presse de chargement CBR. Pour chaque pénétration
de 0,5 mm, lisez le cadran de charge et écrivez jusqu'à ce que la pénétration de 9 mm soit
enregistrée. Ensuite, prélevez jusqu'à 2 échantillons représentatifs pour déterminer la teneur en
eau de l'échantillon. Placez l’échantillon humide et le contenant dans l’étuve pour le sécher.
Une variété d'équipements mécaniques est utilisée pour compacter les sols sur le terrain, ces
équipements sont appelés « compacteurs ». Le compactage est accompli par l’application des
charges statiques et dynamiques (vibratoires). Les forces verticales statiques sont appliquées par
des poids morts qui confèrent une pression et/ou une action de pétrissage à la masse du sol. De
cette manière, les compacteurs serviront à stabiliser les sols en diminuant la quantité de vides à
l’intérieur de ceux-ci.
Il existe trois principes de compaction :
• La compaction par chocs,
• La compaction par vibration, et
• La compaction par roulage.
La compaction par chocs est utilisée là où la zone à compacter est restreinte. On réalise la
compaction par chocs à l’aide de dame mécanique appelée aussi « Jump Jack » (figure 4.5.a). La
compaction de zones restreintes se réalise également à l’aide de plaque vibrante mécanisée.
La compaction par vibration est surtout utilisée pour les sols pulvérulents (granulaire) comme les
sables, les graviers et les pierres concassées. La présence d’une certaine quantité d’eau (optimum
Proctor) sur les particules de matériaux granulaires facilite la compaction. La compaction par
roulage est utilisée pour les sols cohérents et les matériaux liés (mélanges bitumineux et bétons
spéciaux à affaissement nulle).
Il existe une panoplie de type de compacteurs adaptés à des travaux de compaction déterminés.
Le plus courant pour les travaux de construction routière est le compacteur à rouleaux lisses (en
acier) et vibrants ou les compacteurs à pneus (Figure 4.5) sont des exemples d'équipements qui
appliquent des forces verticales statiques. Des forces verticales vibratoires sont appliquées par
des systèmes pilotés par le moteur avec des poids excentriques rotatifs ou des mécanismes de
ressort/piston qui confèrent une séquence rapide de coups à la surface du sol. Le sol est compacté
par la pression et le réarrangement de la structure du sol par impact ou vibration. Les types
d'équipements vibrants communément utilisés sont des compacteurs de plaques vibrants, des
rouleaux vibrants et des rouleaux de mouton vibrant.
a)
b)
c) d)
e) f)
Figure 4.5. Illustrations des types des compacteurs : a) plaque vibrante, b) Jump jack, c)
Compacteur vibrant à pied dameur, d) Compacteur statique à pied dameur, e)
Compacteur à rouleau lisse, et f) Compacteur à pneu.
Le compactage se fait par couche, et l'épaisseur de la couche dépasse rarement 300 mm. Les sols
à grains grossiers sont compactés en couches comprises entre 250 mm (sables) et 300 mm
(graviers) tandis que les sols à grains fins sont compactés en couches comprises entre 100 mm et
150 mm (Limons et argiles). Pour les bâtiments cette épaisseur de couche est réduite à 10-15 cm.
Les contraintes transmises par les compacteurs, en particulier les compacteurs statiques,
diminuent avec la profondeur. Par conséquent, la partie supérieure du corps de la chaussée, par
exemple, est soumise à des contraintes plus importantes que la partie inférieure et atteint un
degré de compactage plus élevé. Une épaisseur de portance plus faible est alors préférable pour
compactage uniforme.
La figure 4.6 présente une comparaison des quelques types de compacteurs de terrain et du type
de sol auquel ils conviennent. Généralement, il est préférable de spécifier le niveau d’Énergie de
compactage souhaitée en fonction du test Proctor pertinent et de laisser l'entrepreneur
sélectionner l'équipement approprié. L’expérience de l’opérateur de l’engin est un paramètre
important.
A l’exception caractéristiques mécaniques liées au sol à compacter (type de sol, teneur en eau,
etc.) les facteurs caractérisant l’engin et la séquence de compactage sont d’importance non
négligeable : le nombre de passes, la vitesse de compactage, la pression de contact, la fréquence
et intensité de vibration, etc.
Figure 4.6. Domaine optimal d’emploi des principaux engins de compactage dans les travaux
routiers
Le compactage sur le terrain doit être vérifier s’il répond aux spécifications. Pour y arriver, on
compare le poids volumique sec mesuré/obtenu sur le chantier au poids volumique sec recherché
déterminé au laboratoire ; c’est ratio est appelé le degré de compacité (DC) et est exprimé par
l’équation (4.6).
𝑃𝑜𝑖𝑑𝑠 𝑣𝑜𝑙𝑢𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑠𝑒𝑐 𝑚𝑒𝑠𝑢𝑟é
𝐷𝐶 = (4.6)
𝑃𝑜𝑖𝑑𝑠 𝑣𝑜𝑙𝑢𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑠𝑒𝑐 𝑑𝑒𝑠𝑖𝑟é
Différents types d'équipements sont disponibles pour vérifier le niveau de compactage obtenu
sur le terrain. Parmi eux les plus populaires sont : (1) le cône de sable (densitomètre à sable), (2)
le ballon, et (3) les densitomètres nucléaires.
Le cône de sable est illustré à la figure 4.7. Il se compose d’une bouteille en verre ou en plastique
avec un entonnoir attaché au col de la bouteille.
La procédure pour un essai au cône de sable est la suivante :
1. Remplissez le pot avec un sable standard - un sable de densité connue - et déterminez le
poids de l'appareil à cône de sable avec la bouteille remplie de sable (𝑊1 ). L'American
Society for Testing and Materials (ASTM) recommande le sable d'Ottawa comme un
matériau de référence – standard.
2. Déterminez le poids du sable pour remplir le cône (𝑊2 ).
3. Creusez un petit trou dans le sol et déterminez le poids du sol excavé (W3).
4. Déterminer la teneur en eau du sol excavé (𝑤).
5. Remplissez le trou avec le sable standard en inversant l'appareil à cône de sable sur le trou
et en ouvrant la valve.
6. Déterminez le poids de l'appareil à cône de sable avec le sable restant dans la bouteille
(𝑊4 ).
7. Calculez le poids unitaire du sol comme suit :
Poids du sable à remplir le trou = 𝑊𝑆 = 𝑊1 − (𝑊2 + 𝑊4 )
𝑊𝑆
Volume du trou = 𝑉 = 𝛾
𝑑 (𝑠𝑎𝑏𝑙𝑒 𝑑𝑒 référence)
3 𝑊
Poids du sol sec = 𝑊𝑑 = 1+𝑤
𝑊𝑑
Poids volumique du sol sec = 𝛾𝑑 =
𝑉
L'appareil d'essai à ballon (Figure 4.8) se compose d'un cylindre gradué avec un ballon –
membrane en caoutchouc - placé au centre. Ce test est de moins en moins utilisé.
Le cylindre est rempli d'eau. La procédure pour le test du ballon est la suivante :
1. Remplissez le cylindre d'eau et notez son volume, 𝑉1.
2. Creusez un petit trou dans le sol et déterminez le poids du sol excavé (𝑊).
3. Déterminer la teneur en eau du sol excavé (𝑤).
4. Utilisez la pompe pour retourner le ballon afin de remplir le trou.
5. Enregistrez le volume d'eau restant dans le cylindre, 𝑉2.
6. Calculez le poids unitaire du sol comme suit :
𝑊 𝛾
𝛾 = 𝑉 −𝑉 et 𝛾𝑑 = 1+𝑤
1 2
Le densitomètre nucléaire (Figure 4.9) est un appareil polyvalent pour obtenir rapidement le poids
volumique et la teneur en eau du sol de manière non destructive. Les particules de sol provoquent
la diffusion du rayonnement vers un tube détecteur, et la quantité de diffusion est comptée. Le
taux de comptage de dispersion est inversement proportionnel au poids unitaire du sol. Si de l'eau
est présente dans le sol, l'hydrogène présent dans l'eau disperse les neutrons et la quantité de
diffusion est proportionnelle à la teneur en eau. La source de rayonnement est soit le radium, soit
des isotopes radioactifs du césium et de l'américium. Le densitomètre nucléaire est d'abord
calibré à l'aide des blocs de référence du fabricant. Cet étalonnage sert de référence pour
déterminer le poids volumique et la teneur en eau d'un sol sur un site donné.
Il existe deux types de mesures :
1. La rétrodiffusion, dans laquelle le nombre de rayons gamma rétrodiffusés détectés par le
compteur est lié au poids volumique du sol. La profondeur de mesure est de 50 mm à
75mm.
2. La transmission directe, dans laquelle le nombre de rayons détectés par le compteur est
lié au poids volumique du sol. La profondeur de mesure est de 50 mm à 200mm.
5.1 INTRODUCTION
L’écoulement est supposé être stable, non visqueux (pas de changement de viscosité),
incompressible (pas de changement de volume) et irrotationnel (les particules de fluide ne
tournent pas).
Considérons un cylindre contenant une masse de sol traversée par de l'eau à un débit constant,
comme le montre la figure 5.2. Si l'on connecte deux tubes, A et B, appelés piézomètres, à une
distance L l'un de l'autre, l'eau montera à des hauteurs différentes dans chacun des tubes. La
hauteur d'eau dans le tube B près de la sortie est inférieure à celle du tube A. Pourquoi ? Lorsque
l'eau s'écoule à travers le sol, l'énergie est dissipée par frottement avec les particules du sol, ce
qui entraîne une perte de charge. La perte de charge entre A et B, sous l'hypothèse d'une
diminution de la charge, est positive et notre donnée choisie arbitrairement en haut du cylindre
est ∆𝐻 = (ℎ𝑝 )𝐴 − (ℎ𝑝 )𝐵 . En général, la perte de charge est la charge totale en A moins la charge
totale en B.
∫ 𝑑𝑝 = 𝛾𝑤 ∫ 𝑑𝑧
𝑝1 𝑧1
Après intégration, on a :
𝑝2 − 𝑝1 = 𝛾𝑤 (𝑧2 − 𝑧1 ) (5.4)
A la surface libre (𝑧1 = 0), la pression (relative) est nulle (𝑝1 = 0) et 𝑧2 = 𝑧𝑤 , donc la variation de
pression du fluide (appelée distribution de pression hydrostatique) est :
𝑝 = 𝑢 = 𝛾𝑤 𝑧𝑤 (5.5)
Exemple d’application :
Se référant à la figure E5.1, déterminez :
(a) les variations de l'élévation, de la pression et des charges totales à travers le sol lorsque le
manomètre dans le montage expérimental illustré à la figure E5.1 a une pression de 19,6 kPa, et
(b) l'élévation, la pression et la charge hydraulique totale, la pression de tête au milieu du sol.
Figure E5.1.
Où 𝑖 = 𝑑𝐻/𝐿 est le gradient hydraulique. La loi de Darcy est valable pour tous les sols si
l'écoulement est laminaire.
La vitesse moyenne, 𝑣, calculée à partir de l'équation (5.7) correspond à l'aire de la section
perpendiculaire à la direction de l'écoulement. Cependant, l'écoulement à travers les sols ne se
produit qu'à travers les vides interconnectés. La vitesse à travers les espaces vides est appelée
vitesse d'infiltration (𝑣𝑆 ) et est obtenue en divisant la vitesse moyenne par la porosité du sol :
𝑘𝑗
𝑣𝑆 = 𝑛
𝑖 (5.8)
Où 𝑣 est la vitesse, 𝐷𝑆 est le diamètre d'une sphère de volume équivalent aux particules moyennes
du sol, 𝜇 est la viscosité dynamique de l'eau (1,12 10-3 N.s/m2 à 15,6C), et g est l'accélération due
à la gravité. Les plages typiques de kz pour divers types de sol sont présentées dans le tableau 5.1.
Tableau 5.1. Conductivité hydraulique des sols courants
Sable, mélange sable avec gravier (SW, SP) 1,0 à 10-3 Moyenne Bon
Sables fins, silts, mélange comprenant sable, silt, 10-3 à 10-5 Faible Mauvais
et argile (SM-SC)
Argiles silt décomposées et fissurées, Limon 10-5 à 10-7 Très faible Mauvais
argileuse (MH, ML)
Les argiles homogènes sont pratiquement imperméables. Deux utilisations populaires des argiles
« imperméables » sont dans la construction de barrages pour réduire le débit d'eau à travers le
barrage et comme barrières dans les décharges pour empêcher la migration des effluents vers la
zone environnante. Les sables et graviers propres sont perméables et peuvent être utilisés comme
matériaux de drainage ou filtres du sol. Les valeurs indiquées dans le tableau 5.1 ne sont utiles
que pour préparer des estimations et dans la conception préliminaire.
5.2.3 Relations Empiriques pour k
Pour un sol homogène, la conductivité hydraulique dépend principalement des espaces poreux
interconnectés. Taylor (1948) a proposé une relation liant k à l'indice des vides :
𝛾𝑤 𝐶1 𝑒 3
𝑘𝑧 = 𝐷50 2 𝜇 1+𝑒
(5.11)
Où C1 est une constante liée à la forme qui peut être obtenue à partir d'essais au laboratoire. Un
certain nombre de relations empiriques ont été proposées reliant 𝑘𝑧 à l'indice des vides et à la
taille des grains pour les sols à grains grossiers. Hazen (1930) a proposé l'une des premières
relations :
𝑘𝑧 = 𝐶𝐷50 2 [cm/s] (5.12)
Où C est une constante variant entre 0,4 et 1,4 si l'unité de mesure de D10 est le mm. Typiquement,
C = 1,0. Les tests de Hazen ont été effectués sur des sables avec D 10 allant de 0,1 mm à 3 mm et
Cu<5. D'autres relations ont été proposées pour les sols à grains grossiers et à grains fins par
Samarasinghe et al. (1982), Kenny et al. (1984), et d'autres. Il faut être extrêmement prudent dans
l'utilisation des relations empiriques pour 𝑘𝑧 car il est très sensible aux changements de l’indice
des vides, de l'espace poreux interconnecté et de l'homogénéité de votre masse de sol.
𝐷
La perméabilité des sables à granulométrie uniforme ( 𝐷60 ≤ 2 ) peut être évaluée en utilisant la
10
formule approchée de HAZEN :
𝑘 = 1,25𝐷10 2
Où k est en cm/s et 𝐷10 en mm.
De manière générale si la condition précédente n’est pas remplie on vérifiera que la valeur de 𝑘 ∈
[10−5 , 1].
Où 𝐻0 est l'épaisseur totale de la masse de sol, (𝑘𝑥 )𝑒𝑞 est la perméabilité équivalente dans la
direction horizontale (x), 𝑧1 à 𝑧𝑛 sont les épaisseurs de la première à la nième couches, et (𝑘𝑥 )1 à
kxn sont la pression hydraulique horizontale. Conductivités de la première à la nième couche. En
résolvant l'équation (5.13) pour (𝑘𝑥 )𝑒𝑞 , on obtient :
1
(𝑘𝑥 )𝑒𝑞 = [𝑧1 (𝑘𝑥 )1 + 𝑧2 (𝑘𝑥 )2 + ⋯ + 𝑧𝑛 (𝑘𝑥 )𝑛 ] (5.14)
𝐻0
Où ∆𝐻 est la perte de charge totale, et ∆ℎ1 à ∆ℎ𝑛 sont les pertes de charge dans chacune des n
couches. La vitesse dans chaque couche est la même. L'analogie avec l'électricité est la circulation
du courant à travers des résistances en série. De la loi de Darcy, on obtient :
∆𝐻 ∆ℎ1 ∆ℎ2 ∆ℎ𝑛
(𝑘𝑧 )𝑒𝑞 = (𝑘𝑧 )1 = (𝑘𝑧 )2 = ⋯ = (𝑘𝑧 )𝑛 (5.16)
𝐻0 𝑧1 𝑧2 𝑧𝑛
Où (𝑘𝑧 )𝑒𝑞 est la conductivité hydraulique équivalente dans la direction verticale (z) et (𝑘𝑧 )1 à (𝑘𝑧 )𝑛
sont les conductivités hydrauliques verticales de la première à la nième couche. La résolution des
équations (5.15) et (5.16) conduit à :
𝐻0
(𝑘𝑧 )𝑒𝑞 = 𝑧1 𝑧2 𝑧 (5.17)
+
(𝑘𝑧 )1 (𝑘𝑧 )2
+⋯+(𝑘 𝑛)
𝑧 𝑛
Les valeurs de (𝑘𝑧 )𝑒𝑞 sont généralement inférieures à (𝑘𝑥 )𝑒𝑞 - parfois jusqu'à 10 fois moins.
Un canal est creusé dans un sol illustré à la Figure E5.2. En supposant que l'écoulement a lieu
latéralement et verticalement à travers les côtés du canal et verticalement sous le canal,
déterminez la conductivité hydraulique équivalente dans les directions horizontale et verticale.
Les conductivités hydrauliques verticale et horizontale pour chaque couche sont supposées être
les mêmes. Calculez le rapport de la conductivité hydraulique horizontale équivalente à la
conductivité hydraulique verticale équivalente pour l'écoulement à travers les côtés du canal.
Figure E5.2.
Où a est l'aire de la section transversale du tube. Nous faisons maintenant appel à la loi de Darcy
ℎ
pour obtenir le débit :(𝑞𝑧 )𝑜𝑢𝑡 = 𝐴𝑘𝑖 = 𝐴𝑘 𝐿
Où A est la section transversale, L est la longueur de l'échantillon de sol et h est la hauteur d'eau
à tout instant t. La condition de continuité exige que (𝑞𝑧 )𝑖𝑛 = (𝑞𝑧 )𝑜𝑢𝑡 . Ainsi,
𝑑ℎ ℎ
−𝑎 = 𝐴𝑘
𝑑𝑡 𝐿
𝑡2 ℎ2
𝐴𝑘 𝑑ℎ
∫ 𝑑𝑡 = − ∫
𝑎𝐿 ℎ
𝑡1 ℎ1
a) b)
Un aquifère est une formation géologique suffisamment poreuse, pouvant stocker ou libérer de
l’eau en nappe. Une nappe est la partie saturée en eau du sol, qui peut s’écouler à travers sa
porosité. On distinguera deux types de nappe :
• Nappe libre : la pression d’eau interstitielle est nulle en surface. Cette surface, dite « libre
», correspond au niveau piézométrique et son niveau est variable en fonction des entrées
(précipitation) ou sorties d’eau (pompage, sécheresse).
• Nappe captive : la nappe est confinée entre deux surfaces faiblement perméables. La
pression interstitielle en surface est non nulle. La surface n’est plus libre, son niveau est
fixe. En revanche, son niveau piézométrique peut varier en fonction des entrées ou sorties
d’eau.
Une méthode courante pour déterminer la conductivité hydraulique (coefficient de perméabilité)
sur le terrain consiste à pomper de l'eau à un débit constant à partir d'un puits et à mesurer la
diminution du niveau de la nappe phréatique aux puits d'observation. L'équation, appelée
formule de puits simple, est dérivée en utilisant les hypothèses suivantes.
1. La couche d’eau (appelée aquifère) est libre et sans fuite.
2. Le puits de pompage pénètre à travers la couche aquifère et n'est perforé que dans la section
située sous le niveau de la nappe phréatique.
3. La masse de sol est homogène, isotrope et de taille infinie.
4. La loi de Darcy est valide.
5. L'écoulement est radial vers le puits.
6. Le gradient hydraulique en tout point de la strate aquifère est constant et est égal à la pente
de la surface de la nappe phréatique (hypothèse de Dupuit).
Soit dz la chute de charge totale sur une distance dr. Alors, selon l'hypothèse de Dupuit, le
gradient hydraulique est :
𝑑𝑧
𝑖=
𝑑𝑟
La surface d'écoulement à une distance radiale r du centre du puits de pompage est :
𝐴 = 2𝜋𝑟𝑧
Où z est l'épaisseur d'un volume élémentaire de la couche de sol perméable.
𝑑𝑧
D'après la loi de Darcy, le débit est : 𝑞𝑧 = 2𝜋𝑟𝑧𝑘 𝑑𝑟
Avec des mesures de 𝑟1, 𝑟2 , ℎ1 , ℎ2 et 𝑞𝑧 (débit de la pompe), k peut être calculé à partir des
équations (5.23a et 5.23b) pour les nappes libre et captive, respectivement. Cet essai n'est
applicable que pour les sols à gros grains.
Les tests de pompage abaissent les eaux souterraines, ce qui provoque alors des changements de
contraintes dans le sol. Étant donné que les eaux souterraines ne sont pas abaissées
uniformément, comme le montre la courbe de rabattement de la figure 5.7a, la contrainte dans
le sol change et ne sera pas la même. Par conséquent, les essais de pompage à proximité
d'ouvrages existants peuvent provoquer un tassement différentiel de ces ouvrages.
[Link] Essai LEFRANC
L’essai de pompage représente un investissement important. Par contre, on peut profiter de la
réalisation des sondages pour évaluer la perméabilité des sols meubles à l’aide d’un essai simple
: l’essai LEFRANC (Figure 5.7b). Une cavité est ménagée à la partie inférieure du tubage. Il s’agit
en général d’une cavité cylindrique de longueur L et de diamètre D.
En régime permanent on a :
2𝜋𝐿
𝑞 = 𝑙𝑛(2𝐿/𝐷) ∗ 𝑘 ∗ ℎ (Avec L>2D) (5.24a)
𝐿 1
𝑞 = 2𝜋𝐷 ∗ 𝑘 ∗ ℎ√𝐷 + 4 (Avec L<2D) (5.24b)
𝜕H 𝜕H 𝜕H
𝑣𝑥 = 𝑘𝑥 𝜕𝑥 ; 𝑣𝑦 = 𝑘𝑦 𝜕𝑦 ; 𝑣𝑧 = 𝑘𝑧 𝜕𝑧
𝜕2 𝐻 𝜕2 𝐻 𝜕2 𝐻
+ + =0 Pour : 𝑘𝑥 = 𝑘𝑦 = 𝑘𝑧 ainsi : ∇H = 0
𝜕𝑥 2 𝜕𝑦 2 𝜕𝑧 2
Pour un écoulement bidimensionnel ayant des coefficients de perméabilité différents dans les
deux sens, on a :
𝜕2𝐻 𝜕2 𝐻
𝑘𝑥 𝜕𝑥 2 + 𝑘𝑧 𝜕𝑧 2 = 0 (5.26)
Où 𝐻 est la charge totale et 𝑘𝑥 et 𝑘𝑧 sont les conductivités hydrauliques dans les directions X et
Z.
L'équation de Laplace exprime la condition selon laquelle les changements de gradient
hydraulique dans une direction sont équilibrés par des changements dans les autres directions.
Les hypothèses de l'équation de Laplace sont les suivantes :
• La loi de Darcy est valide.
• Le flux irrotationnel est négligeable. Cette hypothèse conduit à la relation
bidimensionnelle suivante dans les gradients de vitesse.
𝜕𝑣𝑥 𝜕𝑣𝑧
=
𝜕𝑥 𝜕𝑧
Où 𝑣𝑥 et 𝑣𝑧 sont les vitesses dans les directions X et Z, respectivement. Cette relation est satisfaite
pour un champ d'écoulement uniforme et non pour un champ d'écoulement général. Par
conséquent, nous supposerons que tous les flux, considérés dans ce chapitre, sont uniformes,
c'est-à-dire 𝑣𝑥 = 𝑣𝑧 = 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑠.
• Il y a un écoulement non visqueux. Cette hypothèse signifie que les contraintes de
cisaillement sont négligées.
• Le sol est homogène et saturé.
• Le sol et l'eau sont incompressibles (aucun changement de volume ne se produit).
L'équation de Laplace est aussi appelée équation de flux potentiel parce que la charge dynamique
est négligée. Si le sol est un matériau isotrope, alors 𝑘𝑥 = 𝑘𝑧 et l'équation de Laplace (5.26)
devient :
𝜕2𝐻 𝜕2𝐻
+ 𝜕𝑧 2 = 0 (5.27)
𝜕𝑥 2
La solution de toute équation différentielle nécessite la connaissance des conditions aux limites.
Les conditions aux limites de la plupart des structures « réelles » sont complexes, nous ne
pouvons donc pas obtenir de solution analytique. Nous devons recourir à des solutions
approchées, que nous pouvons obtenir en utilisant des méthodes numériques telles que les
différences finies, les éléments finis et les éléments de frontière, et la méthode analogique
(analogie électrique). Nous pouvons également utiliser des modèles physiques pour tenter de
reproduire l'écoulement à travers la structure réelle.
Dans ce cours, nous allons utiliser la méthode approximative, la méthode graphique (« flownet
sketching »). Cette technique est simple et flexible et donne une image du régime d'écoulement.
Avant de nous plonger dans ces techniques de résolution, nous allons établir certaines conditions
clés qui sont nécessaires pour comprendre le flux bidimensionnel.
La solution de l'équation (5.26) ne dépend que des valeurs de la charge totale dans le champ
d'écoulement dans le plan XZ. Introduisons un potentiel de vitesse (𝜉), qui décrit la variation de
la charge totale dans une masse de sol :
𝜉 = 𝑘𝐻 (5.28)
𝜕H 𝜕𝜉
𝑣𝑥 = 𝑘𝑥 𝜕𝑥 = 𝜕𝑥 (5.29)
𝜕H 𝜕𝜉
𝑣𝑧 = 𝑘𝑧 𝜕𝑧 = 𝜕𝑧 (5.30)
La déduction des équations (5.29) et (5.30) est que la vitesse d'écoulement (𝑣) est normale aux
lignes de charge totale constante, comme illustré à la figure 5.8. La direction de 𝑣 est dans le sens
de la charge totale décroissante. La différence de charge entre deux lignes équipotentielles est
appelée chute de potentiel ou perte de charge.
Si on trace des lignes tangentes à la vitesse d'écoulement en chaque point du champ
d'écoulement dans le plan XZ, nous obtiendrons une série de lignes normales aux lignes
équipotentielles. Ces lignes tangentielles sont appelées lignes de courant ou lignes de flux (« flow
lines » - Figure 5.8). Une ligne de courant caractérise le trajet de l’eau à l'état d'équilibre. Une
famille de lignes de courant est représentée par une fonction de flux, 𝜓𝑠 (𝑥, 𝑧). Les composantes
de la vitesse dans les directions X et Z en termes de fonction de flux sont :
𝜕𝜓𝑠
𝑣𝑥 = (5.31)
𝜕𝑥
𝜕𝜓𝑠
𝑣𝑧 = (5.32)
𝜕𝑧
Étant donné que les lignes d'écoulement sont normales aux lignes équipotentielles, il ne peut y
avoir d’écoulement à travers les lignes d'écoulement. Le débit entre deux lignes d'écoulement est
constant. Les lignes équipotentielles (« equipotentiel lines » - Figure 5.8) caractérisent les courbes
qui passent par les points de même valeur du potentiel. Les lignes de courant et les
équipotentielles forment un réseau de courbes orthogonales en tout point. La zone située entre
deux lignes d'écoulement est appelée un tube de courant (« flow channel » - Figure 5.8). Par
conséquent, le débit est constant dans un tube de courant.
6. Une ligne de courant ne peut pas croiser une autre ligne de courant.
7. Une ligne équipotentielle ne peut pas couper une autre ligne équipotentielle.
Un nombre infini de lignes de flux et de lignes équipotentielles peut être tracé pour satisfaire
l'équation de Laplace. Cependant, seuls quelques-unes sont nécessaires pour obtenir une solution
précise. La procédure de construction est décrite ci-après.
approximativement égales en traçant un cercle inscrit. Vous devez également tracez l'ensemble
des lignes avant de faire des ajustements.
Figure 5.10. Réseau d’écoulement sous un barrage avec un rideau des palplanches à
l'extrémité.
Le réseau d’écoulement dans les zones confinées entre les frontières parallèles se compose
généralement de lignes d'écoulement et de lignes équipotentielles de forme elliptique et
symétriques (Figure 5.9). Essayez d'éviter de faire des transitions brusques entre les sections
droites et courbes des lignes d'écoulement et équipotentielles. Les transitions doivent être
progressives et fluides.
Quelques exemples de réseau d’écoulement sont présentés dans les figures 5.9 à 5.11. Dans le
cas du mur de soutènement, le tapis drainant vertical de sol à gros grains est utilisé pour
transporter l'excès de pression interstitielle du remblai afin d'éviter l'imposition d'une force
hydrostatique sur le mur. La limite d'interface, AB (figure 5.11), n'est ni une ligne équipotentielle
ni une ligne de courant. La charge totale le long de la frontière AB est égale à la charge d'élévation.
b. Réseau d’écoulement - Cas des sols anisotropes
L’équation (5.26) représente l’équation de Laplace pour des sols anisotropes.
Figure 5.11. Réseau d’écoulement dans le remblai d'un mur de soutènement avec un tapis
drainant vertical.
𝜕𝑥1
=𝐶
𝜕𝑥
𝜕𝐻 𝜕𝐻 𝜕𝑥1 𝜕𝐻
= ∗ =𝐶
𝜕𝑥 𝜕𝑥1 𝜕𝑥 𝜕𝑥1
et
𝜕2𝐻 2
𝜕2𝐻
= 𝐶
𝜕𝑥 2 𝜕𝑥1 2
Ainsi, on obtient :
𝜕2𝐻 𝜕2𝐻
𝜕𝑥1 2 + 𝜕𝑧 2 = 0 (5.33)
L'équation (5.33) indique que pour les sols anisotropes, nous pouvons utiliser la procédure de
tracer les lignes du réseau d’écoulement décrites pour les sols isotropes en mettant à l'échelle la
distance x par √𝑘𝑧 /𝑘𝑥 . Autrement dit, vous devez dessiner la structure et le domaine
d'écoulement en multipliant les distances horizontales par √𝑘𝑧 /𝑘𝑥 .
Où 𝑏 et 𝐿 sont définis comme le montre la figure 5.9. Par la construction, 𝑏/𝑙 ≈ 1, donc le débit
total est :
𝑁 ∆h 𝑁
𝑓
𝑞 = 𝑘 ∑𝑖=1 (𝑁 ) = 𝑘∆h 𝑁𝑓 (5.36)
𝑑 𝑖 𝑑
Où 𝑁𝑓 est le nombre de tubes de courant (nombre de lignes de courant moins une). Dans la Figure
𝑁
5.9, 𝑁𝑓 = 9. Le rapport 𝑁𝑓 est appelé facteur de forme. Une discrétisation plus fine de courant en
𝑑
traçant davantage de lignes de courant et de lignes équipotentielles ne modifie pas
significativement le facteur de forme. 𝑁𝑓 et 𝑁𝑑 peuvent être fractionnaires. Dans le cas de sols
anisotropes, la quantité d'écoulement est
𝑁
𝑞 = ∆H 𝑁𝑓 √𝑘𝑥 𝑘𝑧 (5.37)
𝑑
Vous devriez remarquer sur la figure 5.9 que L n'est pas constant. Par conséquent, le gradient
hydraulique n'est pas constant. Le gradient hydraulique maximum se produit là où L est minimum.
∆h
𝑖=𝐿 (5.39)
𝑚𝑖𝑛
Où 𝐿𝑚𝑖𝑛 est la longueur minimale des cellules dans le domaine de courant. Habituellement, 𝐿𝑚𝑖𝑛
se produit aux points de sortie ou autour des coins (par exemple, le point A sur la figure 5.9), et
c'est à ces points que nous obtenons généralement le gradient hydraulique maximal.
Où 𝑖𝑐𝑟 est appelé le gradient hydraulique critique. G étant constant, le gradient hydraulique
critique est uniquement fonction de l'indice des vides du sol. Lors de la conception d'ouvrages
soumis à des infiltrations en régime permanent, il est absolument essentiel de s'assurer que le
gradient hydraulique critique ne peut pas se développer.
Le gradient observé doit rester inférieur au gradient critique 𝑖𝑐𝑟 . En pratique, on a :
𝑖𝑐𝑟
𝐹𝑆 = 𝑖
≥3 (5.42)
Alternativement, vous pouvez trouver la hauteur de pression interstitielle comme suit. Mesurez
la distance verticale entre le niveau d'eau en amont et le point d'intérêt, puis soustrayez la perte
de charge totale jusqu'à ce point.
Par exemple, supposons que la distance verticale entre le niveau d'eau en aval et le point B (Figure
5.9) est de 4 m. Ensuite, la distance verticale entre le niveau d'eau en amont et le point B est de
8 m+ 4 m = 12 m. La perte de charge totale jusqu'au point B est de 16,5∆ℎ. La hauteur de pression
est de 12𝑚 − 16,5∆ℎ, ce qui est le même qu'au point 3 ci-dessus.
14.5.6 Forces de soulèvement
Les forces latérales et de soulèvement dues à l'écoulement des eaux souterraines peuvent nuire
à la stabilité des structures telles que les barrages et les déversoirs. La force de soulèvement par
unité de longueur (la longueur est normale au plan XZ) est trouvée en calculant la pression
interstitielle en des points discrets le long de la base (dans la direction X, Figure.14.4) puis en
trouvant l'aire sous le diagramme de distribution de la pression interstitielle, c'est-à-dire :
𝑃𝑤 = ∑𝑛𝑗=1 𝑢𝑗 ∆𝑥𝑗 (5.45)
Où 𝑃𝑤 est la force de soulèvement par unité de longueur, 𝑢𝑗 est la pression interstitielle moyenne
sur un intervalle ∆𝑥𝑗 et n est le nombre d'intervalles. Il est pratique d'utiliser la règle de Simpson
pour calculer 𝑃𝑤 :
∆𝑥
𝑃𝑤 = 3
(𝑢1 + 𝑢𝑛 + 2 ∑𝑛 𝑖=3 𝑢𝑖 + 4 ∑𝑛𝑖=2 𝑢𝑖 ) (5.46)
𝑖𝑚𝑝𝑎𝑖𝑟 𝑝𝑎𝑖𝑟
Rappelez-vous de votre cours de géométrie que la propriété de base d'une parabole est que
chaque point de celle-ci est équidistant de son foyer et d'une ligne appelée la directrice. Pour
dessiner la parabole de base, nous devons connaître le point A, le foyer F et f (la moitié de la
distance du foyer à la directrice). Casagrande a recommandé que le point C soit situé à une
distance de 0,3AB, où AB est la projection horizontale de la pente amont à la surface de l'eau. De
la propriété de base d'une parabole, on obtient :
2𝑓 = √𝑏 2 + 𝐻 2 − 𝑏 (5.47)
√𝑥2 + 𝑧2 = 𝑥 + 2𝑓 , on obtient :
𝑧 = 2√𝑓(𝑓 + 𝑥) (5.48)
Puisque H et b sont connus à partir de la géométrie du barrage, la parabole de base peut être
construite. Nous devons maintenant apporter quelques corrections au point d'entrée amont et
au point de sortie aval.
L'extrémité amont est corrigée en esquissant une courbe de transition (BE) qui se fond en douceur
avec la parabole de base. La correction pour l'extrémité aval dépend de l'angle 𝛽 et du type de
front de décharge. Casagrande (1937) a déterminé la longueur de la face de décharge, a, pour un
barrage en terre homogène sans couverture de drainage à la face de décharge et 𝛽 ≤ 30°, comme
suit. Il a supposé que l'hypothèse de Dupuit, qui stipule que le gradient hydraulique est égal à la
pente, dz/dx, de la surface phréatique est valide. Si nous considérons deux sections verticales -
l'une est KM de hauteur z et l'autre est GN de hauteur 𝑎𝑠𝑖𝑛𝛽 - alors le débit à travers KM est
𝑑𝑧
𝑞𝐾𝑀 = 𝐴𝑘𝑖 = (𝑧𝑥1)𝑘 𝑑𝑥 (5.49a)
𝑑𝑧
𝑞𝐺𝑀 = 𝐴𝑘𝑖 = (𝑎𝑠𝑖𝑛𝛽𝑥1)𝑘 = 𝑎𝑘𝑠𝑖𝑛𝛽𝑡𝑔𝛽 (5.49b)
𝑑𝑥
En intégrant l’équation (5.50) avec les conditions aux limites : 𝑥1 = 𝑎𝑐𝑜𝑠𝛽 et 𝑥2 = 𝑏, 𝑧1 = 𝑎𝑠𝑖𝑛𝛽
et 𝑧2 = 𝐻, on obtient :
𝐻 𝑏
∫𝑎𝑠𝑖𝑛𝛽 𝑧𝑑𝑧 = 𝑎𝑆𝑖𝑛𝛽𝑡𝑔𝛽 ∫𝑎𝑐𝑜𝑠𝛽 𝑑𝑥 Après résolution on a :
1
𝑎= (𝑏 − √𝑏 2 − 𝐻 2 𝐶𝑜𝑡𝛽 2 ) (5.51)
𝑆𝑖𝑛𝛽
Casagrande (1937) a produit un abaque reliant ∆𝑎/𝐿 (voir la figure 5.13 pour la définition de ∆𝑎
et 𝐿) avec des valeurs de 𝛽 > 30°, comme le montre la figure 5.13.
Le débit à travers le barrage est obtenu en substituant l'équation (5.51) à l'équation (5.49), ce qui
donne :
Parce que le gradient hydraulique de sortie est souvent important, des couvertures de drainage
sont utilisées à l'extrémité aval des barrages pour éviter cet écoulement. La figure 5.14 montre
un tapis de drainage horizontal au pied d'un barrage en terre.
Le suintement est contrôlé par la gradation des sols à gros grains avec ou sans tissu filtrant utilisé
pour le tapis drainant. Les nappes phréatiques des barrages à tapis drainant sont obligées de
croiser les tapis drainants et ne croisent pas les faces aval des barrages. Par conséquent, aucune
correction de la parabole de base n'est requise à l'extrémité aval du barrage.
Par conséquent, le débit à travers un barrage avec un tapis de drainage horizontal est
𝑞 = 2𝑓 ∗ 𝑘 ∗ 1 = 2𝑓𝑘
La procédure pour dessiner une surface phréatique à l'intérieur d'un barrage en terre, en
référence à la Figure 5.12, est la suivante :
1. Dessinez la structure à l'échelle.
2. Localisez un point A à l'intersection d'une ligne verticale partant du bas de la face amont et de
la surface de l'eau, et un point B où la ligne d'eau coupe la face amont.
3. Localisez le point C, tel que BC = 0,3AB.
4. Projetez une ligne verticale à partir de C pour couper la base du barrage en D.
5. Localisez le foyer de la parabole de base. Le foyer est idéalement situé au pied du barrage.
Pour 𝛽 > 30°, utilisez la figure 5.13 et (a) mesurez la distance TF, où T est l'intersection de la
parabole de base avec la face avale ; (b) pour l'angle connu 𝛽, lire le facteur ∆𝑎/𝐿 correspondant
sur le tableau ; et (c) trouver la distance 𝑎 = 𝑇𝐹(1 − ∆𝑎/𝐿).
10. Mesurer la distance a du pied du barrage le long de la face avale jusqu'au point G.
11. Esquisse dans une section de transition, GK.
12. Calculez le débit en utilisant 𝑞 = 𝑎𝑘𝑠𝑖𝑛𝛽𝑡𝑔𝛽, où k est la conductivité hydraulique (coefficient
de perméabilité). Si la pente en aval a un tapis de drainage horizontal, comme illustré à la Figure
14.11, le débit est calculé à l'aide de 𝑞 = 2𝑓𝑘.
Et
𝐷15(𝐹)
>4 (Assurer un débit d’écoulement d'eau élevé) (5.54)
𝐷15(𝐵𝑆)
Figure 5.15. (a) Un drain de gravier enveloppé de géotextile ; (b) géotextile utilisé dans la
filtration d'un talus en enrochement.
La plupart des filtres sont des multicouches de sable et de gravier. Ces filtres sont difficiles à
construire et leur efficacité est facilement compromise même par une petite quantité de fines.
Les géotextiles, un matériau polymère perméable, ont remplacé les filtres de sol dans de
nombreuses applications de construction. Les géotextiles, parfois appelés tissus filtrants,
permettent le passage de l'eau mais pas des fines. Par conséquent, le géotextile doit être
correctement dimensionné pour éviter le colmatage. La construction est simple et économique
par rapport aux filtres de sol. Généralement, le filtre est environ 10 à 20 fois plus perméable que
le sol. Deux exemples d'applications des géotextiles dans la filtration des sols sont présentés à la
Figure 5.15. Les catalogues des fabricants et les logiciels d'application fournissent des conseils sur
la sélection du géotextile approprié.
Exemples d’application :
1) Une pile de pont doit être construite dans le lit d'une rivière en construisant un batardeau,
comme illustré à la Figure E5.3. Un batardeau est une enceinte temporaire composée
d'éléments longs et minces en acier, en béton ou en bois pour soutenir les côtés de
l'enceinte. Après la construction du batardeau, l'eau qu'il contient sera pompée.
Déterminer (a) le débit en utilisant k = 1x10-4 cm/s et (b) le facteur de sécurité contre la
tuyauterie. L’indice de vide du sable est de 0,59. Il y a eu un long délai avant le début de
la construction et une couche de 100 mm d'argile limoneuse avec k=1x10 -6 cm a été
déposée sur le site. Quel effet aurait cette couche d'argile limoneuse sur le facteur de
sécurité contre le phénomène de renards et de remontée capillaire ?
Figure E5.3
2) Un ponceau creux en béton est illustré à la figure E5.4. (a) Déterminer l'épaisseur de paroi
minimale pour empêcher le soulèvement en utilisant un facteur de sécurité de 1,2. L'eau
souterraine peut remonter à la surface. Le poids unitaire du béton est de 24 kN/m3.
Supposons le pire scénario. (b) Si le poids du ponceau est limité de sorte qu'un
soulèvement puisse se produire, montrez une méthode possible pour empêcher le
soulèvement.
Figure E5.4.
3) Dessinez les surfaces phréatiques et déterminez les débits avec et sans couverture de
drainage pour le barrage illustré à la Figure E5.5. Sous le barrage se trouve un dépôt
profond d'argile moyenne pratiquement imperméable. Ce gisement n'est pas représenté
sur la figure E5.5. Les pentes amont et aval sont 1(V):2(H). Le coefficient de perméabilité
de l'argile est k=1,2x10-6 cm/s.
Figure E5.5.
6.1 INTRODUCTION
Dans les cours d’ERDM, les contraintes sont étudiées en considérant des forces extérieures
exercées sur des corps homogènes, élastiques et rigides. Cependant, les sols ne sont pas des corps
homogènes, élastiques et rigides, de sorte que la détermination des contraintes et des
déformations dans les sols est une tâche particulièrement difficile. Vous pouvez demander : "Si
les sols ne sont pas des matériaux élastiques, pourquoi dois-je étudier les méthodes d'analyse
élastiques?" Voici quelques raisons pour lesquelles une connaissance de l'analyse élastique est
avantageuse.
Une analyse élastique d'un matériau isotrope n'implique que deux constantes - le module de
Young et le coefficient de Poisson - et donc si nous supposons que les sols sont des matériaux
élastiques isotropes, nous disposons alors d'un outil analytique puissant mais simple pour prédire
la réponse d'un sol sous chargement. Nous n'aurons à déterminer que les deux constants
élastiques à partir de nos essais en laboratoire ou sur le terrain.
Le tassement des sols est causé par la contrainte transmise aux particules du sol. Cette contrainte
est appelée contrainte effective. Il est important que vous sachiez comment calculer la contrainte
effective dans les sols.
Supposons que sous les forces 𝑃𝑥 , 𝑃𝑦 et 𝑃𝑧 le cube soit comprimé par ∆x, ∆y et ∆z dans les
directions X, Y et Z. Les déformations et contraintes (normales) dans ces directions, en supposant
que les déformations soient petites (infinitésimales), sont :
𝑃 𝑃 𝑃
𝜎𝑧 = 𝑥𝑦𝑧 , 𝜎𝑥 = 𝑦𝑧𝑥 , 𝜎𝑦 = 𝑥𝑧𝑦 (6.1)
∆z ∆x ∆y
𝜀𝑧 = 𝑧
, 𝜀𝑥 = 𝑥
, 𝜀𝑦 = 𝑦
(6.2)
∆x
𝛾𝑧𝑥 = tg −1 𝑧
(6.5)
Il sied de rappeler que, sur un plan si la contrainte tangentielle est nulle la contrainte normale est
appelée contrainte principale. De plus, les contraintes de traction dans les sont considérées
négligeables.
6.2.3 Etat général des contraintes
Les contraintes et les déformations pour un sol linéaire, isotrope et élastique sont liées par la loi
de Hooke. Pour un état général de contrainte (Figure 6.3), la loi de Hooke est donnée par :
𝜀𝑥 1 −𝑣 −𝑣 0 0 0 𝜎𝑥
𝜀𝑦 −𝑣 1 −𝑣 0 0 0 𝜎𝑦
𝜀𝑧 1 −𝑣 −𝑣 1 0 0 0 𝜎𝑧
𝛾𝑥𝑦 = 𝐸 0 0 0 2(1 + 𝑣) 0 0 τ𝑥𝑦 (6.7)
𝛾𝑦𝑧 0 0 0 0 2(1 + 𝑣) 0 τ𝑦𝑧
{ 𝛾𝑧𝑥 } [ 0 0 0 0 0 2(1 + 𝑣)] τ𝑧𝑥 }
{
où E est le module élastique (ou de Young) et 𝑣 est le coefficient de Poisson. L'équation (7.7) est
appelée équation élastique ou équation constitutive de contrainte-déformation élastique. À
partir de l'équation (6.7), nous pouvons obtenir :
2(1+v) τ𝑧𝑥
𝛾𝑧𝑥 = τ𝑧𝑥 = (6.8)
𝐸 𝐺
E
Avec: G = 2(1+𝑣)
Les modules d'élasticité et de cisaillement des sols dépendent de l'historique des contraintes, de
la direction du chargement et de l'amplitude des déformations appliquées.
Considérons la figure 6.3 et déterminons les contraintes en un point, disons A. L’une des
approches pour trouver les contraintes en A, appelée état de contrainte en A, consiste à utiliser
le cercle de Mohr. L'état de contrainte en un point est l'ensemble des vecteurs de contrainte
correspondant à tous les plans passant par ce point. Pour simplifier, nous considérerons un
élément bidimensionnel avec des contraintes, comme le montre la Figure 6.4a. Traçons le cercle
de Mohr. Comme convention de signe, les contraintes de compression sont positives pour les sols.
Nous supposerons que le cisaillement dans le sens inverse des aiguilles d'une montre est positif
et que 𝜎𝑧 > 𝜎𝑥 . Traçons le cercle passant par les points : (𝜎𝑧 , τ𝑧𝑥 ) et (𝜎𝑥 , −τ𝑧𝑥 ).
De la RDM, on sait que τ𝑧𝑥 = −τ𝑥𝑧 , celles-ci sont appelées contraintes de cisaillement
complémentaires et sont orthogonales les unes aux autres. Le cercle croise l'axe des contraintes
normales en 1 et 3. Les contraintes en ces points sont la contrainte principale majeure, 𝜎1 , et la
contrainte principale mineure, 𝜎3 .
Les contraintes principales sont liées aux composantes de contraintes 𝜎𝑧 , 𝜎𝑥 , τ𝑧𝑥 par
𝜎𝑧 +𝜎𝑥 𝜎𝑧 −𝜎𝑥 2
𝜎1 = + √( ) + τ𝑧𝑥 2 (6.9)
2 2
𝜎𝑧 +𝜎𝑥 𝜎𝑧 −𝜎𝑥 2
𝜎3 = 2
− √( 2
) + τ𝑧𝑥 2 (6.10)
L'angle entre le plan de contrainte principal majeur et le plan horizontal (c) est
τ𝑧𝑥
tgψ = (6.11)
𝜎1 −𝜎𝑥
Les contraintes sur un plan orienté selon un angle 𝜃 par rapport au plan de contrainte principal
majeur sont :
𝜎1 +𝜎3 𝜎1 −𝜎3
𝜎𝜃 = 2
+ 2
𝑐𝑜𝑠2𝜃 (6.12)
𝜎𝑧 +𝜎𝑥 𝜎𝑧 −𝜎𝑥
Ou, 𝜎𝜃 = 2
+ 2
𝑐𝑜𝑠2𝜃 + τ𝑧𝑥 𝑠𝑖𝑛2𝜃 (6.13)
𝜎1 −𝜎3
τ𝜃 = 2
𝑠𝑖𝑛2𝜃 (6.14)
𝜎𝑧 −𝜎𝑥
Ou, τ𝜃 = τ𝑧𝑥 𝑐𝑜𝑠2𝜃 − 2
𝑠𝑖𝑛2𝜃 (6.15)
𝜎1 −𝜎3
τ𝑚𝑎𝑥 = (6.16)
2
Supposons que nous voulions trouver les contraintes sur un plan incliné d'un angle 𝜃 par rapport
au plan horizontal, comme représenté par MN sur la Figure 6.4a. Une fois que nous avons localisé
le pôle, P, nous pouvons tracer une ligne parallèle à MN passant par P comme indiqué par M’N’
sur la Figure 6.14b. La ligne M’N’ coupe le cercle en N’ et les coordonnées de N’, (𝜎𝜃 , τ𝜃 ),
représentent les contraintes normales et de cisaillement sur MN.
Cas 2 – Le cercle de Mohr appliqué aux déformations
Dans les sols, les déformations peuvent être de compression ou de traction. Habituellement, nous
traitons des changements ou des incréments de déformations résultant de changements de
contraintes.
𝜎′ = 𝜎 − 𝑢 (6.21)
L'équation (6.21) est appelée le principe de la contrainte effective et a été reconnue pour la
première fois par Terzaghi (1883-1963) au milieu des années 1920 lors de ses recherches sur la
consolidation des sols (chapitre 7). Le principe de la contrainte effective est le principe le plus
important en mécanique des sols. Les déformations des sols sont fonction des contraintes
effectives et non des contraintes totales. Le principe des contraintes effectives ne s'applique
qu'aux contraintes normales et non aux contraintes de cisaillement (tangentielles). La contrainte
interstitielle ne peut pas supporter les contraintes de cisaillement et, par conséquent, les grains
solides doivent résister aux forces de cisaillement. Ainsi τ = τ′, où τ est la contrainte de
cisaillement totale et τ′ est la contrainte de cisaillement effective. La contrainte effective n'est pas
la contrainte de contact entre les solides du sol. Il s'agit plutôt de la contrainte moyenne sur un
plan à travers la masse du sol.
Les sols ne peuvent pas supporter de tension. Par conséquent, la contrainte effective ne peut pas
être inférieure à zéro. Les pressions interstitielles peuvent être positives ou négatives. Ces
dernières sont parfois appelées sussions ou pressions de sussions.
Pour les sols non saturés, la contrainte effective (Bishop et al., 1960) est donnée par :
𝜎 ′ = 𝜎 − 𝑢𝑎 + 𝜒(𝑢𝑎 − 𝑢) (6.22)
Où 𝑢𝑎 est la pression interstitielle de l'air, 𝑢 est la pression interstitielle (de l’eau) et 𝜒 est un
facteur dépendant du degré de saturation. Pour un sol sec, 𝜒 = 0; pour un sol saturé, 𝜒 = 1.
Cas 1 – Le niveau de la nappe phréatique (GWL) est à la surface du sol (Figure 6.7a)
𝜎 = 𝛾𝑠𝑎𝑡 𝑧 (6.23)
𝑢 = 𝛾𝑤 𝑧 (6.24)
Cas 2 – Le niveau de la nappe phréatique (GWL) est sous la surface du sol (Figure 6.7b)
Figure 6.7. Un élément de sol à une profondeur z sous la surface du sol en présence de la
nappe phréatique (GWL) : a) à la surface du sol (Figure 6.7a), b) sous le niveau du
sol (Figure 6.7b)
𝜋𝑑2
𝑧 𝛾 − 𝜋𝑑𝑇𝑐𝑜𝑠𝜃 = 0
4 𝑐 𝑤
4𝑇𝑐𝑜𝑠𝜃
𝑧𝑐 = 𝑑𝛾𝑤
(6.29)
Où T est la tension superficielle (force par unité de longueur), 𝜃 est l'angle de contact, 𝑧𝑐 est la
hauteur de remontée capillaire et d est le diamètre du tube représentant le diamètre de l'espace
vide. La tension superficielle d'eau est de 0,073 N/m et l'angle de contact de l'eau avec une
surface de verre propre est de 0. Puisque T, 𝑧𝑐 et 𝛾𝑤 sont des coefficients.
1 1
𝑧𝑐 ∝ 𝑑 : 𝑧𝑐 est directement proportionnelle à 𝑑. Pour les sols, d est supposé être équivalent à 0,1
𝐷10 .
L'interprétation de l'équation (6.29) est que plus les pores du sol sont petits, plus la zone capillaire
est élevée. La zone capillaire pour les sables fins sera plus grande que pour les sables moyens ou
grossiers.
Par exemple, pour la zone capillaire, 𝑧𝑐 , la pression interstitielle au sommet est de −𝑧𝑐 𝛾𝑤 et la
contrainte effective est de : 𝜎 ′ = 𝜎 − (−𝑧𝑐 𝛾𝑤 ) = 𝜎 + 𝑧𝑐 𝛾𝑤 .
La condition au repos implique qu'aucune déformation ne se produit. Vous devez vous rappeler
que 𝐾0 ne s'applique qu'aux contraintes effectives principales, et non totales. Pour trouver la
contrainte latérale totale, vous devez ajouter la pression interstitielle.
Pour un sol qui n'a jamais été soumis à des contraintes effectives supérieures à sa contrainte
effective actuelle (sol normalement consolidé), 𝐾0 = 𝐾0𝑛𝑐 est raisonnablement prédit par une
équation suggérée par Jaky (1944) comme suit :
𝐾0𝑛𝑐 ≈ 1 − 𝑠𝑖𝑛∅′𝑐𝑠 (6.33)
où ∅′𝑐𝑠 est une constante de frottement fondamentale du sol. La valeur de 𝐾0𝑛𝑐 est constante. Lors
du déchargement ou du rechargement, les contraintes du sol doivent s'ajuster pour être en
équilibre avec la contrainte appliquée. Cela signifie que les changements de contrainte ont lieu
non seulement verticalement mais aussi horizontalement.
Pour une contrainte de surface donnée, les variations des contraintes horizontales totales et des
contraintes verticales totales sont différentes, mais les variations de pression interstitielle dans
toutes les directions sont les mêmes. Par conséquent, les contraintes effectives actuelles sont
différentes dans différentes directions.
Les valeurs de 𝐾0 pour des sols surconsolidés, sols dans lesquels la contrainte effective actuelle
est inférieure à la contrainte maximale passée, ne sont pas des constantes. Nous noterons 𝐾0
pour les sols surconsolidés par 𝐾0𝑜𝑐 . Diverses équations ont été proposées reliant 𝐾0𝑜𝑐 à 𝐾0𝑛𝑐 . Une
équation qui est populaire et qui correspond raisonnablement bien aux données de test est une
équation proposée par Meyerhof (1976) – équation (6.34).
𝐾0𝑜𝑐 = 𝐾0𝑛𝑐 (𝑂𝑅𝐶)1/2 = (1 − 𝑠𝑖𝑛∅′𝑐𝑠 )(𝑂𝑅𝐶)1/2 (6.34)
𝑄
∆𝜎𝑧 = 𝑧2 𝐼 (6.36)
1
Avec 𝐼 = 5/2 (Facteur d’influence)
𝑟 2
2𝜋[1+( ) ]
𝑧
Figure 6.10. Distribution de contrainte avec la profondeur due à une charge ponctuelle
𝑄 3𝑟 2 𝑧 1−2𝑣
∆𝜎𝑟 = ((𝑟2 2 )5/2 − ) (6.37)
2𝜋 +𝑧 𝑟 2 +𝑧 2 +𝑧(𝑟 2 +𝑧 2 )1/2
𝑄 𝑧 1
∆𝜎𝜃 = 2𝜋 (1 − 2𝑣) ((𝑟2 +𝑧2 )3/2 − 𝑟2 +𝑧2 +𝑧(𝑟2 +𝑧2 )1/2 ) (6.38)
3𝑄 𝑟𝑧 2
∆𝜏𝑟𝑧 = ((𝑟2 2 )5/2 ) (6.39)
2𝜋 +𝑧
Les distributions de l'augmentation de la contrainte verticale à partir des Équations (6.35) et (6.36)
révèlent que l'augmentation de la contrainte verticale diminue avec la profondeur (Figure 6.10b)
et la distance radiale (Figure 6.10c).
𝑄(1+𝑣) 1
∆𝑧 = 1/2 [2(1 − 𝑣) + 𝑟 2
] (Déplacement vertical) (6.40)
𝑟 2 1+( )
2𝜋𝐸𝑧[1+( ) ] 𝑧
𝑧
𝑟 𝑟
𝑄(1+𝑣) ( ) (1−2𝑣)( )
𝑧 𝑧
∆𝑟 = 1/2 [ 𝑟 2
− 1/2 ] (Déplacement radial) (6.41)
𝑟 2 {1+( ) } 𝑟 2
2𝜋𝐸𝑧[1+( ) ] 𝑧 {1+( ) } +1
𝑧 𝑧
2𝑄𝑥 2 𝑧
∆𝜎𝑥 = (6.43)
𝜋(𝑥 2 +𝑧 2 )2
2𝑄𝑥𝑧 2
∆𝜏𝑧𝑥 = 𝜋(𝑥 2 +𝑧2 )2 (6.44)
Figure 6.11. (a) Charge linéaire et (b) charge linéaire près d'un mur de soutènement.
Figure 6.12. (a) Charge de bande imposant (a) une contrainte de surface uniforme et (b) une
contrainte de surface variable linéaire. (c) Charge de bande imposant une
contrainte de surface uniforme près d'un mur de soutènement et (d) force latérale
sur un mur de soutènement à partir d'une charge de bande imposant une
contrainte de surface uniforme.
Le déplacement vertical dû à un chargement de bande n'est utile que comme déplacement relatif
entre deux points non situés à l'infini. Le déplacement vertical relatif entre le centre de la charge
de la bande (0, 0) et un point à la surface (x, 0) est
2𝑞𝑠 (1−𝑣 2 ) 𝐵 𝑏 𝐵 𝑏 𝐵
∆𝑧(𝑥, 0) − ∆𝑧(0,0) = 𝜋𝐸
{(𝑥 − 2 ) 𝑙𝑛 |𝑥 − 2| − (𝑥 + 2 ) 𝑙𝑛 |𝑥 + 2| + 𝐵𝑙𝑛 ( 2 )} (6.50)
Cas 2 : la charge induit une répartition triangulaire des contraintes (Figure 6.12b)
𝑞𝑠 𝑥 1
∆𝜎𝑧 = [ 𝛼 − 𝑠𝑖𝑛2𝛽] (6.51)
𝜋 𝐵 2
𝑞𝑠 𝑥 𝑧 𝑅2 1
∆𝜎𝑥 = [ 𝛼
𝜋 𝐵
− 𝐵 𝑙𝑛 𝑅12 + 2 𝑠𝑖𝑛2𝛽] (6.52)
2
𝑞𝑠 𝑧
∆𝜏𝑧𝑥 = [1 + 𝑐𝑜𝑠2𝛽 − 2 𝛼] (6.53)
2𝜋 𝐵
Le déplacement vertical relatif entre le centre de la charge de bande (0, 0) et un point à la surface
(x, 0) est
𝑞𝑠 (1−𝑣 2 ) 𝐵2 𝑋2 𝑥2 𝐵2 𝐵
∆𝑧(𝑥, 0) − ∆𝑧(0,0) = 𝐵 { 2 𝑙𝑛𝐵 − 2
𝑙𝑛𝑥 +(2 − 2
) 𝑙𝑛|𝐵 − 𝑥| + 2 𝑥} (6.54)
𝜋𝐸( )
2
Cas 3 : la charge induite une répartition uniforme de contrainte à proximité d’un mur de soutènement
(Figure 6.12c)
2𝑞𝑠
∆𝜎𝑥 = [𝛽 − 𝑠𝑖𝑛𝛽𝑐𝑜𝑠2𝛼] (6.55)
𝜋
La force latérale et sa localisation ont été dérivées par Jarquio (1981) et sont :
𝑞𝑠
∆𝑃𝑥 = [𝐻0 (𝜃2 − 𝜃1 )] (6.56)
90
Avec :
𝑎 𝑎+𝐵
𝜃1 = 𝑡𝑔−1 (𝐻 ), 𝜃2 = 𝑡𝑔−1 ( 𝐻0
)
0
3/2
1
Avec 𝐼𝑐 = [1 − ( 𝑟 2
) ]
1+( 0)
𝑧
𝑞𝑠 4(1+𝑣) 1
∆𝜎𝑟 = ∆𝜎𝜃 = 2
[(1 + 2𝑣) − 1/2 + 3/2 ] (6.59)
𝑟 2 𝑟 2
[1+( 𝑧0) ] [1+( 𝑧0) ]
Le déplacement vertical élastique à la surface causé par la charge circulaire flexible est :
Cas 1 : En dessous et au centre de la surface chargée
𝑞𝑠 𝐷(1−𝑣 2 )
∆𝜎𝑧 = (6.60)
𝐸
𝑞 𝐿𝐵 𝐿𝐵𝑧
∆𝜎𝑥 = 2𝜋𝑠 [𝑡𝑔−1 𝑧𝑅 − 𝑅2 𝑅 ] (6.63)
3 1 3
𝑞𝑠 𝐿𝐵 𝐿𝐵𝑧
∆𝜎𝑦 =
2𝜋
[𝑡𝑔−1 𝑧𝑅 −
𝑅22 𝑅3
] (6.64)
3
𝑞𝑠 𝐵 𝑧2𝐵
∆𝜏𝑧𝑥 = [ − ] (6.65)
2𝜋 𝑅2 𝑅12 𝑅3
∆𝜎𝑧 = 𝑞𝑠 𝐼𝑧 (6.66)
∆𝜎𝑥 = 𝑞𝑠 𝐼𝑥 (6.67)
∆𝜎𝑦 = 𝑞𝑠 𝐼𝑦 (6.68)
∆𝜏𝑧𝑥 = 𝑞𝑠 𝐼𝜏 (6.69)
Le tassement élastique vertical à la surface du sol sous une charge de surface flexible rectangulaire
est :
𝑞𝑠 𝐵(1−𝑣 2 )
∆𝑧 = 𝐼𝑠 (6.71)
𝐸
où 𝐼𝑠 est un facteur d'influence du tassement qui est fonction du rapport L/B (L est la longueur et
B est la largeur).
En fixant 𝜉𝑠 = 𝐿/𝐵, les équations pour 𝐼𝑠 sont :
d'où r/z = 0,27. Pour les autres cercles, substituez la valeur appropriée pour ∆𝜎𝑧 ; par exemple,
pour le deuxième cercle ∆𝜎𝑧 = 0.2𝑞𝑠 , et trouver r/z. Le graphique est normalisé à la profondeur ;
c'est-à-dire que toutes les dimensions sont mise à l'échelle par un facteur initialement déterminé
pour la profondeur. Chaque chart doit montrer une échelle et un facteur d'influence 𝐼𝑁 . Le facteur
d'influence pour la figure 6.16 est de 0,001.
La procédure d'utilisation de la chart de Newmark est la suivante :
1. Réglez l'échelle, indiquée sur le graphique, égale à la profondeur à laquelle l'augmentation de
la contrainte verticale est requise. Nous l'appellerons l'échelle de profondeur.
2. Identifiez le point sous la zone chargée où la contrainte est requise. Disons que ce point est A.
3. Tracez la zone chargée, en mettant à l'échelle sa dimension en plan à l'aide de l'échelle de
profondeur avec le point A au centre du chart.
4. Comptez le nombre de segments (𝑁𝑠 ) couverts par la zone chargée mise à l'échelle. Si certains
segments ne sont pas entièrement couverts, vous pouvez estimer quelle fraction est couverte.
Figure 6.18. (a) Glissement d'un bloc de bois, (b) un plan de glissement dans une masse de sol.
Dans les sols réels, les particules sont réparties de manière aléatoire et souvent irrégulières. Le
cisaillement d'un volume de sol donné entraînerait un glissement imminent de certaines
particules dans le plan de manière ascendante tandis que d'autres se produiraient dans le plan de
manière descendante. La forme générale de l'équation (6.77) est alors :
𝜏𝑓 = (𝜎𝑛′ )𝑓 𝑡𝑔(∅′ ± α) (6.78)
où le signe positif fait référence aux sols dans lesquels le mouvement net des particules est initié
vers le haut du plan et le signe négatif fait référence au mouvement net des particules vers le bas
du plan.
∆𝜀 +∆𝜀 ∆𝜀 +∆𝜀3
𝛼 = 𝑠𝑖𝑛−1 (− ∆𝜀1 −∆𝜀3 ) = 𝑠𝑖𝑛−1 (− (∆𝛾1 ) (6.79)
1 3 𝑧𝑥 )𝑚𝑎𝑥
où ∆ désigne la variation. Le signe négatif est utilisé car nous voulons que 𝛼 soit positif lorsque le
sol se dilate. Rappelons que la compression est considérée comme positive en mécanique des
sols.
Si une masse de sol est contrainte dans les directions latérales, l'angle de dilatation est représenté
(Figure 10.3b) comme
∆𝑧
𝛼 = 𝑡𝑔−1 (− ∆𝑥) (6.80)
Où 𝐶 𝑒𝑡 ∅′ sont les paramètres de résistance du sol (la cohésion et l’angle de frottement interne,
respectivement). Cette équation est généralement linéaire, ce qui en facilite son utilisation. Cependant,
𝐶 𝑒𝑡 ∅′ peuvent varier en fonction de conditions qui prévalent pendant l’essai.
Ou
(𝜎3′ )𝑓 1−𝑠𝑖𝑛∅′ ∅′
= 1+𝑠𝑖𝑛∅′ = 𝑡𝑔2 (45 − 2 ) = 𝐾𝑎 (6.85b)
(𝜎1′ )𝑓
Il est important de signaler que les relations précédentes supposent que la cohésion soit nulle (c=0).
Dans le cas contraire, on obtient :
(𝜎′1 ) −(𝜎′3 )
𝑓 𝑓
𝑠𝑖𝑛∅′ = 2
(𝜎′1 )𝑓 +(𝜎′3 )
(6.86a)
𝑓
+𝑐∗𝑐𝑜𝑡∅′
2
2𝑐∗𝑐𝑜𝑠∅′
𝜎𝑐′ = 1−𝑠𝑖𝑛∅′
Résistance en compression simple (6.86b)
𝜎1′ −𝜎3′
𝜏𝑓 = 2
𝑐𝑜𝑠∅′ (6.89)
Le critère de rupture de Mohr–Coulomb (MC) est un critère de contrainte limite, qui exige que les
contraintes dans la masse de sol ne puissent pas se situer dans la région ombrée illustrée à la
Figure 6.21. C'est-à-dire que le sol ne peut pas avoir états de contrainte supérieurs à l'état de
contrainte de rupture. Les zones ombrées sont appelées régions d'états de contrainte
impossibles. Pour les sols dilatants, la courbe de délimitation des états de contrainte possibles est
l'enveloppe de rupture, AEFB. Pour les sols non dilatants, la courbe de délimitation est la ligne
linéaire AFB. Le critère de rupture MC dérivé ici est indépendant de la contrainte effective
principale intermédiaire 𝜎2′ et ne tient pas compte des déformations auxquelles la rupture se
produit.
La ligne AG est la ligne de rupture pour la compression, tandis que la ligne AH est la ligne de
rupture pour l'extension (le sol s'allonge ; la contrainte effective latérale est supérieure à la
contrainte effective verticale). La résistance au cisaillement en compression et en extension issue
de l'interprétation de la résistance du sol par le critère de rupture MC est identique. En réalité, ce
n'est pas le cas. Lorsque les contraintes sur un plan dans la masse du sol atteignent la ligne de
rupture (plan), elles doivent y rester sous une charge supplémentaire. Par exemple, le point B
(Figure 6.21) est sur la ligne de défaillance MC, AG, mais le point X n'est pas sur la ligne de
défaillance, AH. Lorsqu'une charge supplémentaire est appliquée, le point B doit rester sur la ligne
de rupture, AG. Le cercle de Mohr doit alors tourner progressivement dans le sens des aiguilles
d'une montre jusqu'à ce que le point X se trouve sur la ligne de rupture, AH.
De cette façon, les contraintes sur plus de plans atteignent la rupture. Nous pourrions avoir
l'inverse, où le point X est sur la ligne de défaillance, AH, et le point B n'est pas sur la ligne de
défaillance, AG. Pour certains projets géotechniques, comme dans les excavations à ciel ouvert
dans des sols meubles, cela peut être le cas. En pratique, notre principale préoccupation est le
moment où la rupture est atteinte pour la première fois, le point B de la figure 6.21, plutôt que le
comportement après la défaillance.
Traditionnellement, les critères de rupture sont définis en termes de contraintes. Les
déformations sont considérées aux contraintes de travail (contraintes inférieures aux contraintes
de rupture) à l'aide de relations contrainte-déformation (également appelées relations
constitutives) telles que la loi de Hooke. Les déformations sont importantes car bien que la
contrainte ou la charge imposée à un sol puisse ne pas le soumettre à la rupture, les déformations
ou les déplacements qui en résultent peuvent être intolérables.
Si nous normalisons (faites de la quantité un nombre, c'est-à-dire sans unité) l'équation (6.84) en
divisant le numérateur et le dénominateur par 𝜎3′ , nous obtenons
(𝜎′1 )
𝑓
−1
(𝜎′3 )
′ 𝑓
𝑠𝑖𝑛∅ = (𝜎′1 )𝑓
(6.91)
+1
(𝜎′3 )
𝑓
L'implication de cette équation est que le critère de rupture MC définit la rupture lorsque le
rapport de contrainte effective principale maximum, appelé obliquité de contrainte effective
(𝝈′𝟏 )𝒇
maximum, (𝝈′𝟑 )𝒇
, est atteint et non lorsque la contrainte de cisaillement maximale, [((𝝈′𝟏 )𝒇 −
(𝝈′𝟑 )𝒇 )/𝟐] , est atteinte. La contrainte de cisaillement à la rupture est alors inférieure à la
𝒎𝒂𝒙
Comme le montre la Figure 6.22a. La résistance au cisaillement sous chargement non drainé ne
dépend que de l'indice des vides initial ou de la teneur en eau initiale. Une augmentation de la
contrainte effective normale initiale, parfois appelée pression de confinement, provoque une
diminution de l'indice des vides initial et un changement plus important de la pression
interstitielle excessive lorsqu'un sol est cisaillé dans des conditions non drainées. Le résultat est
que dans le cercle de Mohr la contrainte totale s'élargit et la résistance au cisaillement non drainé
augmente (Figure 6.22b). Ainsi, su n'est pas une propriété fondamentale du sol. La valeur de su
dépend de l'amplitude de la pression de confinement initiale ou de l'indice des vides initial. Les
analyses des problèmes de résistance et de stabilité du sol à l'aide de su sont appelées analyses
de contrainte totale (ACT (=TSA en anglais)).
rigide. Cependant, les sols ne se rompent généralement pas sur un plan de glissement. Au
contraire, dans les sols denses, il y a des poches ou des bandes de sol qui ont atteint un état
critique alors que d'autres poches sont encore denses. Au fur et à mesure que le sol approche
de la contrainte de cisaillement maximale et au-delà, des poches plus denses se détachent à
mesure que la déformation du sol se ramollit. A l'état critique, toute la masse du sol devient
meuble et se comporte comme un fluide visqueux. Les sols meubles ne présentent
normalement pas de plans de glissement ou de bandes de cisaillement et s'endurcissent
jusqu'à l'état critique.
2. Aucune déformation de la masse de sol ne se produit avant la rupture. En réalité, une
déformation importante du sol (déformations de cisaillement ~ 2%) est nécessaire pour
mobiliser la contrainte de cisaillement maximale et bien plus (déformations de cisaillement>
10%) pour la contrainte de cisaillement à l'état critique.
3. La rupture se produit selon Coulomb par un glissement de frottement imminent le long d'un
plan de glissement, et selon Mohr–Coulomb lorsque l'obliquité de contrainte maximale sur un
plan est mobilisée.
Les critères de rupture de Coulomb et de Mohr-Coulomb sont basés sur des contraintes limites.
Les contraintes dans le sol doivent être soit sur le plan de glissement, soit en dessous. Le critère
de rupture de Taylor considère non seulement les forces agissant sur la masse du sol, mais aussi
la déformation qui se produit à partir de ces forces. Autrement dit, la rupture est une combinaison
des forces et de la déformation résultante. Le critère de Tresca, initialement proposé comme
critère de limite d'élasticité en mécanique des solides, a été adopté en mécanique des sols comme
critère de rupture (contrainte limite). Ce n'est pas la même chose que le critère de rupture de
Mohr-Coulomb.
À l'exception du critère de Taylor, aucun des critères de rupture ne fournit d'informations sur les
déformations de cisaillement nécessaires pour initier la rupture. Les déformations (cisaillement
et volumétrie) sont importantes dans l'évaluation de la résistance au cisaillement et de la
déformation des sols pour la conception de fondations sûres, de pentes et d'autres systèmes
géotechniques.
De plus, ces critères ne tiennent pas compte de l'état initial (par exemple, les contraintes initiales,
le taux de surconsolidation et le taux de vide initial) du sol. En réalité, la rupture est influencée
par l'état initial du sol. Un résumé des principales différences entre les quatre critères de rupture
du sol est présenté dans le tableau 6.2.
Il sied de noter aussi que les états du sol à l'intérieur de la limite de résistance maximale au
cisaillement et de la ligne de rupture (état critique) sont associés à des réponses de sol fragiles et
discontinues et à une conception risquée. Déplus, les états du sol sous la ligne de rupture
conduisent à des réponses ductiles et sont sûrs. On ne doit pas compter sur ∅′𝑝 dans la conception
géotechnique, car la quantité de dilatation mesurée lors d'essais en laboratoire ou sur le terrain
peut ne pas être mobilisée par le sol sous des charges de construction. Vous devez utiliser ∅′𝐶𝑠 à
MECANIQUE DES SOLS ET DES ROCHES – 3 GC PROF RICARDO VALL NGANGU
155
moins que l'expérience ne vous dicte le contraire. Un facteur de sécurité plus élevé est justifié si
∅′𝑝 plutôt que ∅′𝐶𝑠 est utilisé dans la conception.
Tableau 6.1. Les différences entre les quatre critères de rupture
Tests
Sol considéré Meilleure zone
Nom Critère de rupture (Interprétation
comme d’utilisation
des résultats)
La défaillance se
Sols stratifiés ou
produit par un
fissurés
glissement
Matériau rigide et surconsolidés ou
Coulomb imminent et par Cisaillement direct
frottant sol où existe un
friction sur un
plan de pré-
plan de
rupture
glissement
La rupture se
produit par un
Résistance à long
glissement
terme (condition
imminent par
drainée) des sols à
frottement sur le Matériau rigide et
Mohr-Coulomb grains fins et Triaxial
plan d'obliquité frottant
denses à grains
de contrainte
grossiers
effective
surconsolidés
principale
maximale.
L'échec se produit
lorsque la moitié
Résistance à court
de la différence
terme (condition
Tresca de contrainte Solide homogène. Triaxial
non drainée) des
principale
sols à grains fins
maximale est
atteinte.
La rupture se
produit à cause du
glissement Résistance à court
(résistance au Solide déformable terme et à long Cisaillement
Taylor
frottement) et de et frottant terme des sols simple direct
l'emboîtement homogènes
des particules de
sol.
Si la contrainte de cisaillement (𝜏) induite dans un sol est inférieure à la résistance maximale ou
critique au cisaillement, alors le sol a une résistance au cisaillement réservée, et nous pouvons
caractériser cette résistance au cisaillement réservée par un facteur de sécurité (FS).
𝜏𝑝
Pour des conditions optimales dans des sols en dilatation : 𝐹𝑆 = (6.93)
𝜏
𝜏𝑐𝑠
Pour des conditions à l’état critique de tous les sols : 𝐹𝑆 = (6.94)
𝜏
Tableau 6.2. Les plages d'angles de frottement pour les sols (degrés)
Des forces verticales sont appliquées à travers une platine métallique reposant sur la plaque
dentelée supérieure. Des forces horizontales sont appliquées par un moteur pour le contrôle de
déplacement ou par des poids.
Figure 6.24. Résultats d'un essai en boîte de cisaillement sur un sable dense et meuble.
Le critère de rupture de Taylor peut également être utilisé, mais la rupture de Coulomb est mieux
adaptée au test de cisaillement direct. Les paramètres de résistance sont généralement
déterminés en traçant les données, comme illustré à la figure 6.24 pour le sable.
Seuls les résultats d'un test à une valeur constante de P𝑧 sont illustrés à la figure 6.24a, b. Les
résultats de (P𝑥 )𝑝 et (P𝑥 )𝑐𝑠 tracés contre P𝑧 pour tous les tests sont illustrés à la figure 6.24c.
La contrainte de cisaillement maximale est le cisaillement maximal force divisée par la zone
transversale (a) de l'échantillon d'essai; c'est,
(𝑃𝑥 )𝑝
𝜏𝑝 = (6.95)
𝐴
(𝑃𝑥 )𝑐𝑠
𝜏𝑐𝑠 = (6.96)
𝐴
Les résultats expérimentaux montrent généralement de petits écarts par rapport à cette ligne
droite, et une ligne droite « meilleure » est conventionnellement dessinée. L'angle sous-tendu
par cette ligne droite et l'axe horizontal est ∅′𝑐𝑠 . Alternativement,
(𝑃𝑥 )𝑐𝑠
∅′𝑐𝑠 = 𝑡𝑔−1 𝑃𝑧
(6.97)
(𝑃𝑥 )𝑝
∅′𝑝 = 𝑡𝑔−1 (6.98)
𝑃𝑧
−∆𝑧
𝛼𝑝 = 𝑡𝑔−1 ( ∆𝑥 ) (6.99)
∆r
𝜀3 = 𝑟0
(Déformation radiale) (6.104)
∆V
𝜀𝑝 = 𝑉0
= 𝜀1 + 2𝜀3 (Déformation volumétrique) (6.105)
2
𝜀𝑞 = 3 (𝜀1 − 𝜀3 ) (Déformation déviatorique) (6.106)
l'excès de pression interstitielle de se dissiper. Étant donné que la conductivité hydraulique des
sols à grains fins est beaucoup plus faible que celle des sols à grains grossiers, le taux de
déplacement pour tester les sols à grains fins est beaucoup plus faible que pour les sols à grains
grossiers. Le drainage de l'excès d'eau interstitielle est autorisé et la quantité d'eau expulsée est
mesurée. Il est d'usage d'effectuer un minimum de trois tests à différentes pressions de cellule.
Les contraintes sur l'échantillon de sol pour les deux étapes d'un essai CD sont les suivantes :
• Étape 1 : Phase de consolidation isotrope
∆𝜎1 = ∆𝜎3 = ∆𝜎1′ = ∆𝜎3′ ; ∆𝜎1 > 0, ∆u = 0
Le test CD étant un test drainé, un seul test peut prendre plusieurs jours si la conductivité
hydraulique du sol est faible (par exemple, sols à grains fins). Les résultats typiques d'essais
drainés consolidés sur un sable sont présentés à la Figure 6.28. Le critère d'échec de Mohr-
Coulomb est utilisé pour interpréter les résultats d'un test CD.
Les modules d'élasticité pour les conditions drainées, 𝐸 ′ et 𝐸𝑠′ , sont obtenus à partir du test CD à
partir du tracé de la contrainte déviatorique, (𝜎1′ − 𝜎3′ ), en ordonnée et ε1 en abscisse, comme le
montre la Figure 6.28a. Les résultats des tests CD sont utilisés pour déterminer la stabilité à long
terme des pentes, des fondations, des murs de soutènement, des excavations et d'autres travaux
de terrassement.
Dans un essai CU, le volume du sol est constant pendant la phase de cisaillement. Donc,
𝜀𝑝 = 𝜀1 + 2𝜀3 = 0
𝜀1
𝜀3 = −
2
Les modules élastiques 𝐸𝑢 et (𝐸𝑢 )𝑠 sont déterminés à partir d'un tracé de (𝜎1 − 𝜎3 ) en
ordonnée et 𝜀1 en abscisse.
Le test CU est le test triaxial le plus populaire car vous pouvez obtenir non seulement s𝑢 mais
aussi ∅′𝑐𝑠 et ∅′𝑝 , et la plupart des tests peuvent être effectués en quelques minutes après la
consolidation, contre plus d'une journée pour un test CD. Les sols à grains fins avec de faibles
valeurs de 𝑘 doivent être cisaillés lentement pour permettre à la pression interstitielle excessive
de s'équilibrer dans tout l'échantillon d'essai. Les résultats des tests CU sont utilisés pour analyser
la stabilité des pentes, des fondations, des murs de soutènement, des excavations et d'autres
travaux de terrassement.
(𝜎1 − 𝜎3 )𝑓 (𝑃𝑧 )𝑚𝑎𝑥
s𝑢 = =
2 2𝐴
La résistance au cisaillement non drainé, s𝑢 , et les modules élastiques non drainés, 𝐸𝑢 et (𝐸𝑢 )𝑠 ,
sont obtenus à partir d'un essai UU. Le critère de rupture de Tresca est utilisé pour interpréter le
test UU. Les tests UU, comme les tests UC, sont rapides et peu coûteux par rapport aux tests CD
et CU. L'avantage du test UU par rapport au test UC est que l'échantillon de sol est soumis à des
contraintes latérales pour simuler les conditions sur le terrain. Les tests UU et UC sont utiles dans
les analyses préliminaires pour la conception des pentes, des fondations, des murs de
soutènement, des excavations et d'autres travaux de terrassement.
Figure 6.31. Contraintes, chemin des contraintes et cercles de Mohr pour les tests UU.
Plusieurs tests existent dans la pratique mais ceux présentés ici sont les plus utilisés.
a)
b)
Tableau 6.4. Corrélation entre N60 et Su pour les sols à grains fins
saturés
Où 𝑁𝑘 est un facteur de cône qui dépend de la géométrie du cône et du taux de pénétration. Les
valeurs moyennes de 𝑁𝑘 en fonction de l'indice de plasticité peuvent être estimées à partir de
𝑃𝐼 − 10
𝑁𝑘 = 19 − ; 𝑃𝐼 > 10
5
Les résultats des essais au pénétromètre à cône ont été corrélés avec l'angle de frottement
maximal. Un certain nombre de corrélations existent. Sur la base des données publiées pour le
sable (Robertson et Campanella, 1983), vous pouvez estimer
𝑞𝑐
∅′𝑝 = 35° + 11,5𝑙𝑜𝑔 ( ′
′ ) ; 25° < ∅𝑝 < 50°
30𝜎𝑧0
Figure 6.32. Quelques cas pratiques et des essais de résistance en laboratoire à préciser.
7.1INTRODUCTION
La consolidation est le tassement dépendant du temps des sols résultant de l'expulsion de l'eau
des pores du sol.
On appelle tassement la déformation verticale d’un sol soumis à des charges extérieures
(fondation, remblais, digues).
La consolidation primaire est le changement de volume d'un sol à grains fins causé par l'expulsion
de l'eau des vides et le transfert de la contrainte de la pression interstitielle excessive aux
particules du sol.
171
172
La compression secondaire est le changement de volume d'un sol à grains fins provoqué par
l'ajustement de la structure du sol (structure interne) après la consolidation primaire.
La pression interstitielle excessive, ∆𝑢, est la pression interstitielle supérieure à la pression
interstitielle d'équilibre actuelle. Par exemple, si la pression interstitielle dans un sol est 𝑢0 et
qu'une charge est appliquée au sol de sorte que la pression interstitielle existante augmente
jusqu'à 𝑢1 , alors la pression interstitielle excédentaire est ∆𝑢 = 𝑢1 − 𝑢0 .
Le chemin de drainage, 𝐻𝑑𝑟 , est le chemin vertical le plus long qu'une particule d'eau empruntera
pour atteindre la surface de drainage.
′
La contrainte verticale effective maximale passée, 𝜎𝑧𝑐 , est la contrainte verticale effective
maximale à laquelle un sol a été soumis dans le passé.
Un sol normalement consolidé est un sol qui n'a jamais subi de contraintes verticales effectives
′ ′
supérieures à sa contrainte verticale effective actuelle (𝜎𝑧0 = 𝜎𝑧𝑐 ).
Un sol sur-consolidé est un sol qui a subi des contraintes verticales effectives supérieures à sa
′ ′
contrainte verticale effective actuelle (𝜎𝑧0 < 𝜎𝑧𝑐 ).
Le rapport de sur-consolidation, OCR, est le rapport par lequel la contrainte verticale effective
𝜎′
actuelle dans le sol a été dépassée dans le passé (𝑂𝐶𝑅 = 𝜎𝑧𝑐
′ ).
𝑧0
7.3CONCEPT DE BASE
172
173
Le calcul des tassements en mécanique des sols est rendu complexe du fait de la difficulté
pratique à décrire par une loi le comportement d’un sol. En particulier, il n’est pas possible de
définir pour les sols un coefficient d’élasticité linéaire E comme c’est le cas pour béton armé ou
encore les métaux.
Dans le cas d’un sol, la loi de Hooke n’est donc pas immédiatement applicable. Aussi détermine-
t-on de façon séparée et à partir de différentes méthodes, les contraintes puis les tassements.
Nous supposerons que la pression interstitielle et les particules de sol sont incompressibles et
que la pression interstitielle initiale est nulle. Le volume de la pression interstitielle en excès qui
s'écoule du sol est alors une mesure du changement de volume du sol résultant des charges
appliquées. La paroi latérale du récipient étant rigide, a
ucun déplacement radial ne peut se produire. Les déformations latérales et circonférentielles
sont alors nulles (𝜀𝑟 = 𝜀𝜃 = 0), et la déformation volumétrique (𝜀𝑣 = 𝜀𝑝 = 𝜀𝑧 + 𝜀𝜃 + 𝜀𝑟 ) est
∆𝑧
égale à la déformation verticale, 𝜀𝑧 = 𝐻 , où ∆𝑧 est le changement de hauteur ou d'épaisseur et
0
𝐻0 est la hauteur ou l'épaisseur initiale du sol.
Appliquons maintenant une charge P au sol à travers le plateau de charge et gardons la vanne
fermée. Étant donné que l'eau interstitielle ne peut s'écouler du sol, le changement de volume
du sol est nul (∆𝑉 = 0) et aucune charge ou contrainte est transférée aux particules de sol (∆𝜎𝑧′ =
0). L'eau dans le sol porte la charge totale. La surpression interstitielle initiale dans le sol (∆𝑢0 =
0) est alors égale à la variation de la contrainte verticale appliquée, ∆𝜎𝑧 = 𝑃/𝐴, où A est l'aire
de la section transversale du sol, ou plus exactement, la variation de la contrainte totale moyenne,
∆𝑝 = (∆𝜎𝑧 + 2∆𝜎𝑟 )/3, où ∆𝜎𝑟 est la variation de la contrainte radiale.
173
174
Ouvrons maintenant la vanne et laissons La surpression interstitielle initiale dans le sol s'écouler.
Le volume total de sol au temps 𝑡1 diminue de la quantité d'eau interstitielle en excès qui s'en
écoule. En haut et en bas de l'échantillon de sol, la pression interstitielle excessive est nulle car
ce sont les limites de drainage. La diminution de la surpression interstitielle initiale au milieu du
sol (position C) est la plus lente car une particule d'eau doit se déplacer du milieu du sol vers la
limite supérieure ou inférieure pour sortir du système.
Vous avez peut-être remarqué que le tassement du sol (∆𝑧 ) avec le temps t (Figure 7.2) n'est pas
linéaire.
La majeure partie du tassement se produit peu de temps après l'ouverture de la vanne. La vitesse
de tassement, ∆𝑧 /𝑡, est également beaucoup plus rapide peu après l'ouverture de la vanne par
rapport aux temps ultérieurs. Avant l'ouverture de la vanne, une charge hydraulique initiale,
∆𝑢0 /𝛾𝑤 , est créée par la contrainte verticale appliquée. Lorsque la vanne est ouverte, la
surpression interstitielle initiale est expulsé du sol par cette charge hydraulique initiale. Avec le
temps, la charge hydraulique initiale diminue et, par conséquent, de plus petites quantités d'eau
interstitielle en excès sont expulsées. Une analogie peut être faite avec un tuyau contenant de
l'eau sous pression qui est rompu. Un grand volume d'eau jaillit dès que le tuyau est rompu, mais
peu de temps après, le débit se réduit considérablement. Nous appellerons la réponse de
règlement initiale peu après l'ouverture de la vanne la réponse précoce ou la consolidation
primaire.
174
175
La consolidation primaire est le changement de volume du sol causé par l'expulsion de l'eau des
vides et le transfert de charge de la pression interstitielle excessive aux particules de sol.
Théoriquement, la consolidation primaire se termine lorsque ∆𝑢0 = 0. Le tassement d’après est
appelé compression secondaire ou fluage. La compression secondaire est le changement de
volume d'un sol à grains fins causé par l'ajustement du tissu du sol (structure interne) après la
consolidation primaire. Le terme « consolidation » est réservé au processus par lequel le
tassement d'un sol se produit à changements dans les contraintes effectives résultant de la
diminution de la pression interstitielle excessive. Le taux de tassement de la compression
secondaire est très faible par rapport à celui de la consolidation primaire.
Nous avons séparé la consolidation primaire et la compression secondaire. En réalité, la
distinction n'est pas claire car la compression secondaire se produit dans le cadre de la phase de
consolidation primaire, en particulier dans les argiles molles.
La distance du chemin vertical le plus long emprunté par une particule pour sortir du sol est
appelée la longueur du chemin de drainage. Parce que nous avons laissé le sol s'écouler sur les
faces supérieure et inférieure (double drainage), la longueur du chemin de drainage, 𝐻𝑑𝑟 , est
𝐻𝑚𝑜𝑦 𝐻0 +𝐻𝑓
𝐻𝑑𝑟 = =
2 2
(7.1)
Où 𝐻𝑚𝑜𝑦 est la hauteur moyenne et 𝐻0 et 𝐻𝑓 sont respectivement les hauteurs initiale et finale
sous la charge actuelle. Si le drainage est autorisé sur une seule face du sol, alors 𝐻𝑑𝑟 = 𝐻𝑚𝑜𝑦 .
Des chemins de drainage plus courts permettront au sol de terminer son tassement en moins de
temps qu'un chemin de drainage plus long le taux de consolidation d'un sol homogène dépend
de la conductivité hydraulique (perméabilité) du sol, de l'épaisseur et de la longueur du chemin
de drainage. Un sol avec une conductivité hydraulique plus faible que celui de notre sol actuel
prendra plus de temps pour drainer l'excès initial d'eau interstitielle, et le tassement se fera à un
rythme plus lent.
Puisque la contrainte verticale appliquée (contrainte totale) reste constante, alors selon le
principe de la contrainte effective (∆𝜎𝑧′ = ∆𝜎𝑧 − ∆𝑢0 ), toute réduction de la surpression
interstitielle initiale doit être équilibrée par une augmentation correspondante de la contrainte
verticale effective. L'augmentation des contraintes verticales effectives entraîne un tassement du
sol causé par des modifications de la structure du sol. Au fur et à mesure que le temps augmente,
l'excédent initial d'eau interstitielle continue de se dissiper et le sol continue de se tasser (Figure
7.2).
Après un certain temps, généralement dans les 24 heures pour de nombreux petits échantillons
de sol testés en laboratoire, la pression interstitielle initiale en excès au milieu du sol se réduit à
environ zéro, et le taux de diminution du volume du sol devient très faible. Puisque la surpression
initiale de l'eau interstitielle devient nulle, alors, d'après le principe de la contrainte effective, la
175
176
totalité de la contrainte verticale appliquée est transférée au sol ; c'est-à-dire que la contrainte
verticale effective est égale à la contrainte verticale totale (∆𝜎𝑧′ = ∆𝜎𝑧 ).
176
177
La consolidation se déroulant sur une dimension (1-D), 𝜀𝜃 = 𝜀𝑟 = 0. La formule (7.2) peut être
exprimée de la manière suivante :
∆𝑧 ∆e
𝜀𝑣 = 𝜀𝑧 = 𝐻 = 1+𝑒 (7.3)
0 0
∆e
D’où ∆𝑧 = 𝐻0 1+𝑒 (7.4)
0
177
178
L’indice de vides dans le sol à n’importe quel temps est donné par :
∆𝑧 ∆𝑧 ∆𝑧
e = 𝑒0 − ∆e = 𝑒0 − 𝐻 (1 + 𝑒0 ) = 𝑒0 (1 − 𝐻 ) − 𝐻 (7.6)
0 0 0
178
179
À une certaine valeur de contrainte verticale effective, disons, σ′𝑧𝑐 , déchargeons le sol
progressivement. Chaque incrément de déchargement n'est effectué qu'après que le sol ait
atteint l'équilibre lors de l'étape de chargement précédente.
Lorsqu'un incrément de charge est supprimé, le sol commence à gonfler en absorbant l'eau de la
burette. L'indice des vides augmente, mais l'augmentation est bien inférieure à la diminution de
l'indice des vides pour la même amplitude de chargement qui était précédemment appliquée.
Rechargeons le sol après l'avoir déchargé, disons, σ′𝑧𝑐 . Le chemin de rechargement CD est convexe
par rapport au chemin de déchargement concave BC. L'une des raisons en est l'évolution de la
structure du sol (arrangement des particules de sol) pendant le chargement et le déchargement.
À chaque étape de chargement/déchargement, les particules de sol sont réorganisées dans une
structure structurelle différente pour résister à la charge. Les pentes moyennes du chemin de
déchargement et du chemin de rechargement ne sont pas égales, mais la différence est supposée
faible. Nous allons représenter le chemin de déchargement-rechargement par une pente
moyenne BC et nous l'appellerons ligne de recompression ou ligne de déchargement-
rechargement (URL).
Une fois que la dernière contrainte verticale effective maximale, σ′𝑧𝑐 , est dépassée, la pente du
chemin suivi par le sol, DE, est approximativement la même que celle du chemin de chargement
initial, AB. Le déchargement et le rechargement du sol à toute contrainte verticale effective
ultérieure entraîneraient une réponse du sol similaire aux chemins BCDE.
(𝜀 ) −(𝜀 ) 𝑚2
𝑚𝑣 = − (𝜎𝑧′ )2−(𝜎𝑧′ )1 [ 𝑘𝑁 ] (Figure 7.3.c) (7.9)
𝑧 2 𝑧 1
179
180
D'après la loi de Hooke, nous savons que le module d'élasticité de Young est :
∆𝜎𝑧′ 𝐸 ′ (1−𝑣)
𝐸𝑐′ = = (1+𝑣)(1−2𝑣) (7.12)
∆𝜀𝑧
Où l'indice c indique la restriction latérale imposant le sol à ne se tasser que dans une seule
direction (consolidation unidimensionnelle), 𝐸 ′ est le module de Young basé sur les contraintes
effectives et 𝑣 est le coefficient de Poisson. Nous pouvons réécrire l'équation (7.12) sous la
forme :
1
𝐸𝑐′ = 𝑚 (7.13)
𝑣𝑟
Les pentes 𝐶c , 𝐶r , 𝑚𝑣 et 𝑚𝑣𝑟 sont des valeurs positives pour satisfaire la convention de signe de
compression ou de recompression comme positif.
Si 𝑂𝐶𝑅 = 1, le sol est normalement consolidé. Les sols normalement consolidés suivent des
trajectoires similaires à celles de l'ABE (Figure 7.3). Il a été observé que le taux de surconsolidation
des sols diminue avec la profondeur, atteignant finalement une valeur de 1 (état normalement
consolidé).
180
181
Si 𝑂𝐶𝑅 < 1, le sol est sous consolidé. La sous consolidation est un cas rare dans la nature. La sous-
consolidation peut se produire par exemple, dans les sols qui ont été déposés récemment soit par
un processus géologique ou par une intervention humaine.
Si 𝑂𝐶𝑅 > 1, le sol est surconsolidé.
181
182
Pour obtenir un échantillon, il faudrait faire un forage et enlever le sol au-dessus. Le fait d'enlever
le sol et d'extraire l'échantillon réduit la contrainte totale à zéro ; c'est-à-dire que nous avons
entièrement déchargé le sol. D'après le principe de la contrainte effective, 𝜎𝑧′ = ∆𝑢. Puisque 𝜎 ′
ne peut pas être négatif, c'est-à-dire que le sol ne peut pas supporter de tension, la pression
interstitielle doit être négative. Au fur et à mesure que la pression interstitielle se dissipe avec le
temps, des changements de volume (gonflement) se produisent. En utilisant les concepts de base
de la consolidation décrits précédemment, l'échantillon suivra un chemin de déchargement AB
(figure 7.4). Le point B ne correspond pas à une contrainte effective nulle car on ne peut pas
représenter zéro sur une échelle logarithmique. Cependant, le niveau de contrainte effectif au
début de l'échelle logarithmique est supposé être faible (<0).
Si nous devions recharger notre échantillon de sol, le chemin de rechargement suivi dépendrait
de l'OCR. Si OCR = 1 (sol normalement consolidé), la trajectoire suivie lors du rechargement serait
182
183
′
BCD (Figure 7.4). La pente moyenne de ABC est Cr. Une fois 𝜎𝑧0 dépassé, le sol suivra la ligne
normale de consolidation, CD, de pente Cc. Si le sol était surconsolidé, ORC > 1, le chemin de
′
rechargement suivi serait BEF car il faut recharger le sol au-delà de 𝜎𝑧𝑐 avant qu'il ne se comporte
comme un sol normalement consolidé. La pente moyenne de ABE est Cr et la pente de EF est Cc.
Le point E marque la contrainte verticale effective maximale passée.
7.4.2 Tassement de consolidation primaire des sols à grains fins normalement consolidés
Considérons un terrain constitué d'un sol normalement consolidé sur lequel on souhaite
construire un bâtiment. Nous supposerons que l'augmentation de la contrainte verticale due au
bâtiment à la profondeur z, où nous avons prélevé notre échantillon de sol, est ∆𝜎𝑧 . La contrainte
verticale finale est :
′ ′
𝜎𝑓𝑖𝑛 = 𝜎𝑧0 + ∆𝜎𝑧 (7.16)
L'augmentation de la contrainte verticale entraînera le tassement du sol après le NCL, et le
tassement primaire de consolidation est :
′
∆e 𝐻0 𝜎
𝜌𝑝𝑐 = 𝐻0 = 𝐶 𝑙𝑜𝑔 𝑓𝑖𝑛
′ ; 𝑂𝑅𝐶 = 1 (7.17)
1+𝑒0 1+𝑒0 𝑐 𝜎𝑧0
′
𝜎𝑓𝑖𝑛
Avec : ∆e = 𝐶𝑐 𝑙𝑜𝑔 ′
𝜎𝑧0
7.4.3 Tassement dû à la consolidation primaire des sols à grains fins surconsolidés 𝑶𝑹𝑪 > 𝟏
Si le sol est surconsolidé, il faut considérer deux cas selon l'importance de ∆𝜎𝑧 .
′ ′ ′ ′
Cas 1 : l'augmentation de 𝜎𝑓𝑖𝑛 = 𝜎𝑧0 + ∆𝜎𝑧 < 𝜎𝑧𝑐 (Figure 7.5). 𝜎𝑧𝑐 est la contrainte de
preconsolidation. Dans ce cas, la consolidation se produit le long de l'URL et
′
∆e 𝐻 𝜎𝑓𝑖𝑛 ′ ′ ′
𝜌𝑝𝑐 = 𝐻0 1+𝑒 = 1+𝑒0 𝐶𝑟 𝑙𝑜𝑔 ′
𝜎𝑧0
; 𝜎𝑓𝑖𝑛 = 𝜎𝑧0 + ∆𝜎𝑧 < 𝜎𝑧𝑐 (7.18)
0 0
Cas 2 : l'augmentation de 𝜎′𝑓𝑖𝑛 = 𝜎′𝑧0 + ∆𝜎𝑧 > 𝜎′𝑧𝑐 (Figure 7.5). Dans ce cas, nous devons
considérer deux composants en termes de chemin de consolidation, l'un le long de l'URL et l'autre
le long de la NCL. L'équation à utiliser dans le cas 2 est :
′
∆e 𝐻 𝜎′ 𝜎𝑓𝑖𝑛 ′ ′ ′
𝜌𝑝𝑐 = 𝐻0 1+𝑒 = 1+𝑒0 (𝐶𝑟 𝑙𝑜𝑔 𝜎𝑧𝑐
′ + 𝐶𝑐 𝑙𝑜𝑔 ′
𝜎𝑧𝑐
); 𝜎𝑓𝑖𝑛 = 𝜎𝑧0 + ∆𝜎𝑧 > 𝜎𝑧𝑐 (7.19)
0 0 𝑧0
′
𝐻 𝜎𝑓𝑖𝑛 ′ ′ ′
Ou 𝜌𝑝𝑐 = 1+𝑒0 (𝐶𝑟 𝑙𝑜𝑔(ORC) + 𝐶𝑐 𝑙𝑜𝑔 ′
𝜎𝑧𝑐
); 𝜎𝑓𝑖𝑛 = 𝜎𝑧0 + ∆𝜎𝑧 > 𝜎𝑧𝑐
0
183
184
Figure 7.5. les cas considérés pour le calcul de la consolidation des sols à grains fins
surconsolidés
(c) Si le sol est surconsolidé (𝑂𝑅𝐶 > 1) et 𝜎′𝑓𝑖𝑛 = 𝜎′𝑧0 + ∆𝜎𝑧 > 𝜎′𝑧𝑐 , utilisez la formule (7.19).
Le tassement dû à la consolidation peut être également calculé à l'aide de 𝑚𝑣 . Cependant,
contrairement à 𝐶𝑐 , qui est constant, 𝑚𝑣 varie avec les niveaux de contrainte. Vous devez calculer
une valeur moyenne de 𝑚𝑣 sur une plage de contraintes de 𝜎′𝑧0 à 𝜎′𝑓𝑖𝑛 . Pour réduire les effets de
la non-linéarité, la différence de contrainte verticale effective ne doit pas dépasser 100 kPa dans
le calcul de 𝑚𝑣 ou 𝑚𝑣𝑟 . Le tassement dû à la consolidation primaire, en utilisant 𝑚𝑣 , est donné
par :
𝜌𝑝𝑐 = 𝐻0 𝑚𝑣 ∆𝜎𝑧 (7.20)
L'avantage d'utiliser l'Équation (7.20) est que 𝑚𝑣 est facilement déterminé à partir des données
de déplacement dans les tests de consolidation ; vous n'avez pas à calculer les changements
d'indice des vides à partir des données de test comme requis pour déterminer 𝐶𝑐 .
7.4.5 Couches de sol épaisses
Pour une meilleure précision, lorsqu'il s'agit de couches épaisses (𝐻0 > 2𝑚), vous devez diviser
la couche de sol en sous-couches (environ deux à cinq sous-couches) et trouver le tassement pour
chaque sous-couche. Additionnez le tassement de chaque sous-couche pour trouver le tassement
184
185
primaire total de consolidation. Une méthode alternative consiste à utiliser une valeur moyenne
pondérée de l'augmentation de la contrainte verticale pour les sous-couches dans les équations
de tassement de consolidation primaire. L'augmentation de la contrainte moyenne pondérée est
donnée par :
𝑛(∆𝜎𝑧 )1 +(𝑛−1)(∆𝜎𝑧 )2 ++(𝑛−2)(∆𝜎𝑧 )3 +⋯+(∆𝜎𝑧 )𝑛
∆𝜎𝑧 = (7.21)
𝑛+(𝑛−1)+(𝑛−2)+⋯+1
Exemple d’application 1 :
Le profil du sol sur un site pour un immeuble de bureaux proposé consiste en une couche de sable
fin de 10,4 m d'épaisseur au-dessus d'une couche d'argile molle normalement consolidée de 2 m
d'épaisseur. Sous l'argile molle se trouve un dépôt de sable grossier. La nappe phréatique a été
observée à 3 m sous le niveau du sol. L'indice des vides du sable est de 0,76 et la teneur en eau
de l'argile est de 43 %. Le bâtiment imposera une augmentation des contraintes verticales de
140kPa au milieu de la couche d'argile.
Estimer le tassement de consolidation primaire de l'argile. Supposons que le sol au-dessus de la
nappe phréatique soit saturé, 𝐶𝑐 = 0,3 et G = 2,7.
Figure E.1
185
186
186
187
𝜕𝑣 𝜕𝑒 𝜕𝑒
On sait que : 𝜀𝑝 = = (1+𝑒 ou 𝜕𝑣 = (1+𝑒 ) 𝑑𝑧𝑑𝐴 = 𝑚𝑣 𝜕𝜎𝑍′ dzdA = 𝑚𝑣 𝜕𝑢dzdA
𝑉 0) 0
𝜕𝑣 𝜕𝑢
Ainsi l’équation (7.22) devient : 𝜕𝑧 = 𝑚𝑣 (7.23)
𝜕𝑡
𝜕ℎ
Partant la loi de Darcy pour un écoulement en 1-D dans le sol : 𝑣 = 𝑘𝑧 𝑖 = 𝑘𝑧 𝜕𝑧
𝜕𝑣 𝜕2ℎ
On obtient : = 𝑘𝑧 𝜕𝑧 2 (7.24)
𝜕𝑧
𝜕𝑣 𝑘𝑧 𝜕 2 𝑢
L’équation (7.25) dans (7.24), on aura : =
𝜕𝑧 𝛾𝑤 𝜕𝑧 2
𝑘𝑧
Avec 𝐶𝑣 = : coefficient de consolidation et est exprimé en cm2 / min .
𝑚𝑣 𝛾𝑤
Cette équation décrit la variation spatiale de la pression interstitielle excessive (∆u) avec le temps
(t) et la profondeur (z).
C'est une équation qui est courante dans de nombreuses branches de l'ingénierie. Par exemple,
l'équation de diffusion de la chaleur communément utilisé en génie mécanique est similaire à
l'équation (7.26) sauf que la température, T, remplace u et le facteur de chaleur, K, remplace Cv.
L'équation (7.26) est appelée l’équation de la consolidation unidimensionnelle de Terzaghi. Elle
était développée par Terzaghi (1925).
Dans l’équation (7.26), nous avons supposé tacitement que 𝑘𝑧 et 𝑚𝑣 sont des constants.
Généralement ce n'est pas le cas car au fur et à mesure que le sol se consolide, les espaces vides
sont réduits et donc 𝑘𝑧 diminue. De plus, 𝑚𝑣 n'est pas linéairement lié à 𝜎𝑍′ (Figure 7.3). Par
conséquent, du fait que𝑘𝑧 et 𝑚𝑣 ne sont pas des constants, 𝐶𝑣 n'est pas une constant. En
pratique, 𝐶𝑣 est supposé être constant, et cette hypothèse n'est raisonnable que si les
changements de contrainte sont suffisamment petits pour que 𝑘𝑧 et 𝑚𝑣 ne changent pas de
manière significative.
187
188
Cv
Sol
cm2/s x10-4 m2/an
188
189
Figure 7.7. Deux types de distribution de la pression interstitielle excessive avec la profondeur :
(a) distribution uniforme - couche mince et (b) distribution triangulaire - couche
épaisse.
𝜋
Avec : 𝑀 = (2 ) (2𝑚 + 1) et 𝑚 est un entier positif ayant des valeurs de 0 a ∞; et
𝐶𝑣 𝑡
𝑇𝑣 = (7.28)
𝐻𝑑𝑟 2
189
190
Figure 7.8. Relation entre le facteur temps et le degré moyen de consolidation pour une
distribution uniforme et une distribution triangulaire de la surpression interstitielle
initiale.
La figure 7.9 montre la variation U avec le facteur temps 𝑇𝑣 pour une distribution uniforme et
triangulaire de la surpression interstitielle.
Les équations (7.30) et (7.31) sont forme 𝑇𝑣 en fonction de U.
𝜋 𝑈 2
𝑇𝑣 = (4) (100) avec U < 60% (7.30)
Où (𝑡𝑝 , 𝑒𝑝 ) est la coordonnée à l'intersection des tangentes aux parties de consolidation primaire
et de compression secondaire du logarithme du temps en fonction de la courbe d'indice des vides,
et (𝑡, 𝑒𝑡) est la coordonnée de tout point sur la courbe de compression secondaire, comme le
montre la Figure 7.9. Le tassement dû à la compression secondaire est :
𝐻0 𝑡
𝜌𝑠𝑐 = 𝐶 𝑙𝑜𝑔 ( ) ;
(1+𝑒𝑝 ) 𝛼 𝑡𝑝
𝑡 > 𝑡𝑝 (7.33)
190
191
Procédure à suivre:
1. Préparez un échantillon de sol pour le test. Recueillez un peu de terre en excès qui a été
taillée afin de déterminer la teneur en eau et la gravité spécifique du solide du sol.
2. Notez la taille de l'échantillon, c'est-à-dire sa hauteur et son diamètre.
3. Placez les pierres poreuses et les papiers en haut et en bas de l'échantillon. Ensuite, placez
l'échantillon de sol dans l'anneau de consolidation.
4. Ajoutez de l'eau a l’Oediomètre pour submerger le sol et le maintenir saturé. Cela doit
être fait pendant toute la durée de l’essai.
5. Placez l'anneau dans l'appareil de test de consolidation. Un comparateur à cadran est fixé
à l'appareil de consolidation pour pouvoir lire et mesurer la compression du sol.
191
192
192
193
193
194
2. Corrigez la partie initiale de la courbe pour en faire une parabole. Sélectionnez un temps
t1, point B, près de la tête de la portion initiale de la courbe (U<60%) puis un autre temps
t2, point C, tel que t2=4t1.
3. Calculez la différence de lecture de déplacement, ∆d = 𝑑2 − 𝑑1, entre t2 et t1. Tracer un
point D à une distance verticale ∆d de B. L'ordonnée du point D est la lecture initiale
corrigée de la jauge de déplacement, d0, au début de la consolidation primaire.
4. Calculez l'ordonnée pour une consolidation à 50 % comme 𝑑50 = (𝑑100 + 𝑑0 )/2. Tracez
une ligne horizontale passant par ce point pour couper la courbe en E. L'abscisse du point
E est le temps de consolidation à 50 %, t50.
5. Vous vous souviendrez (Figure 7.8) que le facteur temps pour une consolidation à 50 %
est de 0,197, et à partir de l'équation (7.26), nous obtenons
0,197𝐻𝑑𝑟 2
𝐶𝑣 = (7.35)
t50
La méthode du temps log utilise les réponses temporelles précoces (consolidation primaire) et
ultérieures (compression secondaire), tandis que la méthode de la racine carrée du temps utilise
uniquement la réponse temporelle précoce, qui devrait être une ligne droite. En théorie, la
méthode de la racine carrée du temps devrait donner de bons résultats sauf lorsque les non-
linéarités résultant de la compression secondaire provoquent des écarts substantiels par rapport
à la droite attendue. Ces déviations sont plus prononcées dans les sols à grains fins avec des
matériaux organiques.
7.7.3 Détermination de l’indice des vides à la fin d'une étape de chargement
Pour déterminer 𝜎′𝑧𝑐 , 𝐶𝑐 , 𝐶𝑟 et 𝐶𝛼 , nous devons connaître l’indice des vides des vides pour chaque
étape de chargement. Rappelons qu'à la fin de l'essai de consolidation, nous avons déterminé la
teneur en eau (w) de l'échantillon de sol. En utilisant ces données, la hauteur initiale (Ho) et la
gravité spécifique (G) de l'échantillon de sol, vous pouvez calculer l’indice des vides pour chaque
étape de chargement comme suit :
1. Calculez l’indice des vides final, 𝑒𝑓𝑖𝑛 = 𝑤𝐺, où w est la teneur en eau déterminée à la fin
de l'essai.
2. Calculez le tassement total de consolidation de l'échantillon de sol pendant l'essai,
(∆𝑍)𝑓𝑖𝑛 = 𝑑𝑓𝑖𝑛 − 𝑑𝑖 , où 𝑑𝑓𝑖𝑛 est la lecture finale de la jauge de déplacement et 𝑑𝑖 est la
lecture de la jauge de déplacement au début de l'essai.
3. Calculez à l'indice des vides initial, en utilisant l'équation (7.7),
(∆𝑧)𝑓𝑖𝑛
𝑒𝑓𝑖𝑛 +
𝐻0
𝑒0 =
(∆𝑧)𝑓𝑖𝑛
1− 𝐻
0
194
195
195
196
de la tangente. Il sied de noter que malgré ces désavantages, la méthode de Casagrande est la
plus populaire.
196
197
197
198
198
199
Une méthode plus simple, également utilisée en pratique, consiste à projeter la partie droite de
la courbe de recompression initiale pour couper la projection vers l'arrière de la droite de
consolidation normale en F, comme le montre la Figure 9.17. L'abscisse de F est s9zc.
7.7.5 Détermination des indices de compression et de recompression
La pente de la droite de consolidation normale, BA, donne l'indice de compression, Cc. Pour
déterminer l'indice de recompression, Cr, tracez une ligne (BC) approximativement à mi-chemin
entre les courbes de déchargement et de rechargement (Figure 7.13). La pente de cette droite
est l'indice de recompression (Cr).
Les observations sur le terrain indiquent que, dans de nombreux cas, les prédictions du tassement
total et du taux de tassement à l'aide des résultats des tests œdométriques ne correspondent pas
au tassement enregistré à partir des structures réelles. Les perturbations dues à l'échantillonnage
et à la préparation des échantillons ont tendance à diminuer Cc et Cv. Schmertmann (1953) a
suggéré une correction de la courbe de laboratoire pour obtenir une valeur in situ plus
représentative de Cc. Sa méthode est la suivante.
Localisez un point A à la coordonnée (σ′𝑧0 , e0 ) et un point B à l'ordonnée 0,42e0 sur la courbe e
du laboratoire par rapport àσ′𝑧 (échelle logarithmique), comme illustré à la Figure 7.18. La pente
de la droite AB est la valeur corrigée pour Cc.
7.7.6 Détermination de l'indice de compression secondaire
L'indice de compression secondaire, C𝛼 , peut être trouvé en faisant un graphique similaire à la
Figure 9.11. Vous devez noter que la figure 7.9 est pour une seule charge. La valeur de C𝛼 varie
199
200
généralement avec des charges appliquées et d'autres facteurs tels que le ratio de la variation de
charge de consolidation.
Le facteur temps (Tv) fournit une expression utile pour estimer le tassement sur le terrain à partir
des résultats d'un essai de consolidation en laboratoire. Si deux couches de la même argile ont le
même degré de consolidation, alors leurs facteurs temps et coefficients de consolidation sont les
mêmes. On obtient :
(𝐶𝑣 𝑡)𝐿𝑎𝑏 (𝐶𝑣 𝑡)𝐼𝑛𝑠𝑖𝑡𝑢
𝑇𝑣 = 2 = 2 (7.36)
(𝐻𝑑𝑟 )𝑙𝑎𝑏 (𝐻𝑑𝑟 )𝑖𝑛𝑠𝑖𝑡𝑢
Où
2
𝑡𝐼𝑛𝑠𝑖𝑡𝑢 (𝐻𝑑𝑟 )𝐼𝑛𝑠𝑖𝑡𝑢
𝑡𝑙𝑎𝑏
= 2 (7.37)
(𝐻𝑑𝑟 )𝑙𝑎𝑏
200
201
8.1INTRODUCTION
Les structures de soutènement telles que les murs de soutènement, les murs de sous-sol et les
cloisons sont couramment rencontrées dans l'ingénierie des fondations car elles soutiennent les
pentes des masses de terre.
Ce chapitre est consacré à l'étude des différentes théories de la pression des terres et à l'influence
des paramètres ci-dessus sur l'ampleur de la pression latérale des terres.
8.1.1 Rappel sur la notion de courbe intrinsèque
À partir du cercle de Mohr, on peut exprimer les contraintes dans un sol sur n'importe quelle
facette. Parmi les applications il y a notamment l’étude de la stabilité et de la résistance d'un sol,
la détermination de la courbe intrinsèque pour l’établissement de la limite d'écoulement des sols,
la séparation de la zone des états de contraintes possibles de la zone impossible à développer
dans le sol.
Figure 8.1. Illustration d’une courbe intrinsèque tirée des résultats des essais triaxiaux.
La courbe intrinsèque obtenue sur base d’une expérience au laboratoire (voir Figure 8.1) établi,
tangent au cercle des contraintes (cas des essais triaxiaux), permet de déterminer l’écoulement
par glissement suivant la direction qui correspond au point de contact entre le cercle et la courbe.
201
202
Figure 8.2. Diagrammes typiques des contraintes des essais triaxiaux et de cisaillement direct
202
203
Les plans de rupture des sols indiquent les lignes de glissement potentielles au dela de lesquelles
le sol serait dans un état instable. La figure 8.4 traduit cette condition pour une représentation
plane dans un cercle de Mohr et sur un plan physique.
8.1.4 Théorème des états correspondants
Appliquer une translation 𝑐 ′ /𝑡𝑎𝑛𝜑 ′ sur un cercle de Mohr quelconque revient à appliquer une
contrainte normale supplémentaire d'intensité 𝑐 ′ /𝑡𝑎𝑛𝜑′ sur chaque facette de chaque point.
Un milieu cohérent peut être transformé en milieu pulvérulent de même angle de frottement
interne, en appliquant autour du massif une pression hydrostatique d'intensité égale à 𝑐 ′ /𝑡𝑎𝑛𝜑′.
Partant de la figure 8.5 deux cas différents mais correspondants sont présentés. Dans le premier
cas (a), la courbe intrinsèque d’un sol cohérent (𝑐 ′ ≠ 0 𝑒𝑡 𝜑′ ≠ 0) avec deux cercles de Mohr dont
C1 est en équilibre limite tandis que C2 est en équilibre surabondant car le cercle est sous la
courbe intrinsèque. Le deuxième cas est celui d’un sol pulvérulent (𝑐 ′ = 0 𝑒𝑡 𝜑′ ≠ 0) de même
angle de frottement interne que le sol précèdent.
′
̅̅̅̅̅ = 𝑐
La translation entre le premier cas et le second est donné par : 𝑂𝑂′ tan 𝜑′
203
204
Considérons une masse de sol illustrée à la Figure 8.6. La masse est délimitée par un mur sans
frottement de hauteur AB. Un élément de sol situé à une profondeur z est soumis à une pression
effective verticale, 𝜎0′ , et une pression effective horizontale, 𝜎ℎ′ . Il n'y a pas de contraintes de
cisaillement sur les plans vertical et horizontal de l'élément de sol. Définissons le coefficient K
comme :
𝜎′
𝐾 = 𝜎ℎ′ (8.2)
0
204
205
Figure 8.7 Variation de l'ampleur de la pression latérale des terres avec l'inclinaison du mur.
205
206
𝛾𝑑
𝐾0 = (1 − 𝑠𝑖𝑛∅′ ) + 5,5 [𝛾 − 1] (8.8)
𝑑(𝑚𝑖𝑛)
206
207
Figure 8.9 Répartition de la pression des terres au repos pour un sol partiellement submergé.
Exemple 8.1
La figure E1 montre un mur de soutènement de 4,5 m de haut. Le mur est empêché de céder.
Calculez la force latérale Po pour une longueur unitaire du mur. Déterminez également
l’emplacement de la force résultante. Supposons que pour le sable a comme OCR=1,5.
Figure E1.
207
208
par le cercle de Mohr sur la Figure 8.10b. Cependant, si l'on laisse le mur AB s'éloigner
progressivement de la masse de sol, la contrainte principale horizontale diminuera.
En fin de compte, un état sera atteint lorsque la condition de contrainte dans l’élément du sol
pourra être représentée par le cercle de Mohr b, l’état d’équilibre plastique et la rupture du sol
se produiront. Cette situation représente l’état actif de Rankine, et la pression effective sur le plan
vertical (qui est un plan principal) est la pression active des terres de Rankine.
1−𝑠𝑖𝑛∅′ 𝑐𝑜𝑠∅′
Ainsi, 𝜎𝑎′ = 𝜎0′ 1+𝑠𝑖𝑛∅′ − 2𝑐′ 1+𝑠𝑖𝑛∅′ (8.15)
1−𝑠𝑖𝑛∅′ ∅′ 𝑐𝑜𝑠∅′ ∅′
𝜎0′ = 𝛾𝑧 , = 𝑡𝑎𝑛2 (45 − 2 ) et = 𝑡𝑎𝑛(45 − 2 )
1+𝑠𝑖𝑛∅′ 1+𝑠𝑖𝑛∅′
208
209
∅′ ∅′
Ainsi, 𝝈′𝒂 = 𝜸𝒛𝒕𝒂𝒏𝟐 (𝟒𝟓 − 𝟐 ) − 𝟐𝒄′𝒕𝒂𝒏(𝟒𝟓 − 𝟐 ) (8.16)
∅′
Pour les sols pulvérulents (c = 0) : 𝜎𝑎′ = 𝜎0′ 𝑡𝑎𝑛2 (45 − 2 ) (8.17)
Le coefficient de Rankine pour une pression active des sols est défini par l’équation (8.18).
𝝈′ ∅′
𝑲𝒂 = 𝝈𝒂′ = 𝒕𝒂𝒏𝟐 (𝟒𝟓 − 𝟐 ) (8.18)
𝟎
Encore une fois, sur la Figure 8.10b, nous pouvons voir que les plans de rupture dans le sol font
∅′
± (45 − 2 )- degrés avec la direction du plan principal majeur, c'est-à-dire l'horizontale. Ceux-ci
sont appelés plans de glissement potentiels et sont illustrés à la Figure 8.10d.
Il est important de réaliser qu'une équation similaire pour 𝜎𝑎′ pourrait être dérivée sur la base des
paramètres de résistance au cisaillement sous contrainte totale, c'est-à-dire 𝜏𝑓 = 𝑐 + 𝜎𝑡𝑎𝑛∅.
∅ ∅
𝝈𝒂 = 𝜸𝒛𝒕𝒂𝒏𝟐 (𝟒𝟓 − ) − 𝟐𝒄𝒕𝒂𝒏(𝟒𝟓 − ) (8.19)
𝟐 𝟐
209
210
La figure 13.8d montre la répartition des plans de glissement dans la masse de sol.
210
211
avec l’horizontale. Si le remblai est un sol granulaire avec un angle de frottement drainé ∅′, et
𝑐 = 0, alors
𝜎𝑎′ = 𝛾𝑧𝐾𝑎
𝑐𝑜𝑠𝛼−√𝑐𝑜𝑠2 𝛼−𝑐𝑜𝑠2 ∅′
𝐾𝑎 = 𝑐𝑜𝑠𝛼 (8.22)
𝑐𝑜𝑠𝛼+√𝑐𝑜𝑠2 𝛼−𝑐𝑜𝑠2 ∅′
La force active par unité de longueur du mur peut être donnée par la formule (8.23).
1
𝑃𝑎 = 2 𝐾𝑎 𝛾𝐻 2 (8.23)
La ligne d'action de la résultante agit à une distance de H/3 mesurée à partir du bas du mur. Le
Tableau 8.2 donne les valeurs de 𝐾𝑎 pour diverses combinaisons de 𝛼 et ∅′ .
De la même manière, la pression passive des terres de Rankine pour un mur de hauteur H avec
un remblai granulaire en pente peut être représentée par l'équation (8.24).
1
𝑃𝑝 = 2 𝐾𝑝 𝛾𝐻 2 (8.24)
𝑐𝑜𝑠𝛼+√𝑐𝑜𝑠2 𝛼−𝑐𝑜𝑠2 ∅′
Avec : 𝐾𝑝 = 𝑐𝑜𝑠𝛼 (8.25)
𝑐𝑜𝑠𝛼−√𝑐𝑜𝑠2 𝛼−𝑐𝑜𝑠2 ∅′
Comme dans le cas de la force active, la force résultante Pp est inclinée d'un angle 𝛼 avec
l'horizontale et coupe le mur à une distance H/3 mesurée à partir du bas du mur.
211
212
8.2.6 Un cas généralisé sur le calcul des pressions active et passive de Rankine : remblai
granulaire
Suivant les résultats présetés par Chu (1991), nous avons deux cas.
Cas 1 – Pression active de Rankine
𝑠𝑖𝑛𝛼
Avec : 𝜓𝑎 = 𝑠𝑖𝑛−1 (𝑠𝑖𝑛∅′ ) − 𝛼 + 2𝜃 (8.27a)
La pression 𝜎𝑎′ sera inclinée d'un angle 𝛽𝑎 avec le plan tracé à angle droit par rapport à la face
arrière du mur.
𝑠𝑖𝑛∅′ 𝑠𝑖𝑛𝜓
𝛽𝑎 = 𝑡𝑎𝑛−1 (1−𝑠𝑖𝑛∅′ 𝑐𝑜𝑠𝜓
𝑎
) (8.27b)
𝑎
La force active 𝑃𝑎 pour l’unité de longueur du mur peut alors être calculée par la fromule (8.28).
212
213
1
𝑃𝑎 = 2 𝐾𝑎(𝑅) 𝛾𝐻 2 (8.28)
Avec 𝐾𝑎(𝑅) , le coefficient Coefficient de pression active des terres de Rankine pour un cas
généralisé.
cos (𝛼−𝜃)√1+𝑠𝑖𝑛2 ∅′ −2𝑠𝑖𝑛∅′ 𝑐𝑜𝑠𝜓𝑎
𝐾𝑎(𝑅) = (8.29)
𝑐𝑜𝑠2 𝜃(𝑐𝑜𝑠𝛼+√𝑠𝑖𝑛2 ∅′ −𝑠𝑖𝑛2 𝛼)
213
214
L'emplacement et la direction de la force résultante 𝑃𝑎 sont indiqués sur la Figure 8.14a. Cette
figure montre également le coin de rupture, ABC. Notez que BC sera incliné d’un angle 𝜂𝑎 .
Avec :
𝜋 ∅′ 𝛼 1 𝑠𝑖𝑛𝛼
𝜂𝑎 = 4 + + 2 − 2 𝑠𝑖𝑛−1 (𝑠𝑖𝑛∅′ ) (8.30)
2
Les tableaux 8.4 et 8.5 donnent respectivement les variations de 𝐾𝑎(𝑅) et 𝛽𝑎 pour diverses valeurs
de 𝛼, 𝜃 et ∅′ .
Tableau 8.4 Variation de 𝐾𝑎(𝑅)
214
215
215
216
Semblable au cas actif, pour le cas passif de Rankine, nous pouvons obtenir les relations suivantes.
𝑐𝑜𝑠𝛼√1+𝑠𝑖𝑛2 ∅′ +2𝑠𝑖𝑛∅′ 𝑐𝑜𝑠𝜓𝑎
𝜎𝑝′ = 𝛾𝑧 (8.31)
𝑐𝑜𝑠𝛼−√𝑠𝑖𝑛2 ∅′ −𝑠𝑖𝑛2 𝛼
𝑠𝑖𝑛𝛼
Avec : 𝜓𝑝 = 𝑠𝑖𝑛−1 (𝑠𝑖𝑛∅′ ) + 𝛼 − 2𝜃 (8.32a)
𝑠𝑖𝑛∅′ 𝑠𝑖𝑛𝜓
𝑝
𝛽𝑝 = 𝑡𝑎𝑛−1 (1+𝑠𝑖𝑛∅′ 𝑐𝑜𝑠𝜓 ) (8.32b)
𝑝
216
217
La force active 𝑃𝑝 pour l’unité de longueur du mur peut alors être calculée par la formule (8.33).
1
𝑃𝑝 = 2 𝐾𝑝(𝑅) 𝛾𝐻 2 (8.33)
Avec 𝐾𝑎(𝑅) , le coefficient de pression passive des terres de Rankine pour un cas généralisé.
cos (𝛼−𝜃)√1+𝑠𝑖𝑛2 ∅′ +2𝑠𝑖𝑛∅′ 𝑐𝑜𝑠𝜓𝑎
𝐾𝑝(𝑅) = (8.34)
𝑐𝑜𝑠2 𝜃(𝑐𝑜𝑠𝛼−√𝑠𝑖𝑛2 ∅′ −𝑠𝑖𝑛2 𝛼)
217
218
Les tableaux 8.6 et 8.7 donnent respectivement les variations de 𝐾𝑝(𝑅) et 𝛽𝑝 pour diverses valeurs
de 𝛼, 𝜃 et ∅′ .
Tableau 8.7 Variation de 𝛽𝑝
218
219
8.2.7 Diagramme de répartition latérale de la pression des terres contre les murs de
soutènement
[Link] Remblai – Sol pulvérulent avec une surface horizontale
Cas 1 – Pression active
La figure 9a montre un mur de soutènement avec un remblai de sol sans cohésion qui présente
une surface de sol horizontale. Pour l’état actif de Rankine, la pression des terres à n’importe
quelle profondeur contre le mur de soutènement peut être donnée par l’équation (8.16).
𝜎𝑎′ = 𝐾𝑎 𝛾𝑧 (avec 𝑐 ′ = 0)
𝜎𝑎′ varie linéaiment avec la profondeur, et à la base du mur on a :
𝜎𝑎′ = 𝐾𝑎 𝛾𝐻 (8.35)
La force totale par unité de longueur du mur est égale à l'aire du diagramme de pression :
1
𝑃𝑎 = 2 𝐾𝑎 𝛾𝐻 2 (8.36)
[Link] Remblai - Partiellement submergé pour un sol pulvérulent avec une surcharge
Cas 1 – Pression active
219
220
𝜎𝑝′ = 𝐾𝑝 𝜎0′
1 1
𝑃𝑝 = 𝐾𝑝 𝑞𝐻 + 2 𝐾𝑝 𝛾𝐻1 2 + 𝐾𝑝 𝛾𝐻1 𝐻2 + 2 (𝐾𝑝 𝛾 ′ + 𝛾𝑤 )𝐻2 2 (8.40)
220
221
La figure 8.18a montre un mur de soutènement sans frottement avec un remblai de sol cohésif.
La pression active contre le mur à n’importe quelle profondeur sous la surface du sol peut être
exprimée par (8.16).
Ainsi, avec le temps, des fissures issues de sollicitations en traction à l’interface sol-mur se
développeront jusqu’à une profondeur 𝑧0 . La force active totale par unité de longueur du mur
peut être trouvée à partir de la zone du diagramme de pression totale (Figure 8.18d), ou
1
𝑃𝑎 = 2 𝐾𝑎 𝛾𝐻 2 − 2𝑐 ′ H√𝐾𝑎 (8.43)
Figure 8.18 Répartition active de la pression des terres de Rankine contre un mur de
soutènement avec remblai de sol cohérent
Pour le calcul de la force active totale, il est courant de prendre en compte les fissures de traction.
Etant donné qu'aucun contact n'existe entre le sol et le mur jusqu'à une profondeur 𝑧0 après le
développement des fissures de traction, seule la répartition de la pression active contre le mur
2𝑐 ′
entre 𝑧0 = 𝛾√𝐾 et H (Figure 8.18d) est considérée. Dans ce cas,
𝑎
221
222
1 2𝑐 ′
𝑃𝑎 = 2 (𝐾𝑎 𝛾𝐻 − 2𝑐 ′ √𝐾𝑎 ) (𝐻 − 𝛾√𝐾 )
𝑎
1 𝑐 ′2
= 2 𝐾𝑎 𝛾𝐻 2 − 2𝑐 ′ 𝐻√𝐾𝑎 + 2 (8.43a)
𝛾
Pour ∅ = 0,
1 𝑐𝑢 2
𝑃𝑎 = 2 𝛾𝐻 2 − 2𝑐𝑢 𝐻 + 2 (8.43b)
𝛾
La figure 8.19a montre le même mur de soutènement avec un remblai similaire à celui considéré
dans la figure 8.18a. La pression passive de Rankine contre le mur à la profondeur z peut être
donnée par l’équation (8.20).
𝜎′𝑝 = 𝐾𝑝 𝛾𝑧 + 2𝑐′√𝐾𝑝 (8.44)
À 𝑧 = 𝐻: 𝜎′𝑝 = 𝐾𝑝 𝛾𝑧 + 2𝑐′√𝐾𝑝
1
𝑃𝑝 = 2 𝐾𝑝 𝛾𝐻 2 + 2𝑐′𝐻 √𝐾𝑝 (8.45a)
Figure 8.20 Répartition passive de la pression des terres de Rankine contre un mur de
soutènement avec remblai de sol cohérent.
222
223
Figure E8.2
Exemple application 8.3
Pour le mur de soutènement illustré à la Figure E8.2, déterminez la force par unité de longueur
du mur pour l’état actif de Rankine. Trouvez également l'emplacement de la résultante.
223
224
Figure E8.4
224
225
Au chapitre 1 la théorie de Coulomb (1776) a été présentée. La théorie des pressions actives et
passives des terres contre les murs de soutènement dans laquelle la surface de rupture est
supposée être un plan. Le frottement des parois a été pris en compte. La résistance au
cisaillement est ainsi définie par l'équation 𝜏𝑓 = 𝜎 ′ 𝑡𝑎𝑛∅′ .
8.3.1 La Pression Active de Coulomb
Soit AB (Figure 8.21a) la face arrière d'un mur de soutènement supportant un sol granulaire dont
la surface est constamment en pente selon un angle 𝛼 avec l'horizontale. BC est une surface de
rupture d’essai. Dans la considération de stabilité du coin de rupture probable ABC, les forces
suivantes sont impliquées (par unité de longueur du mur) :
1. W—le poids du coin de sol.
2. F—la résultante des forces de cisaillement et normales sur la surface de rupture, BC. Celui-ci
est incliné d'un angle de ∅′ par rapport à la normale tracée au plan BC.
3. 𝑃𝑎 : la force active par unité de longueur du mur. La direction de 𝑃𝑎 est inclinée d’un angle 𝛿 ′ .
par rapport à la normale tracée à la face du mur qui supporte le sol. 𝛿 ′ est l'angle de frottement
entre le sol et le mur.
Partant de la loi des sinus, nous avons :
𝑊 𝑃𝑎 𝑆𝑖𝑛(𝛽−∅′ )
= 𝑆𝑖𝑛(𝛽−∅ ou 𝑃𝑎 = 𝑊 sin (90+𝜃+𝛿′ −𝛽+∅′) (8.46)
sin (90+𝜃+𝛿 ′ −𝛽+∅′ ) ′)
Figure 8.21 Pression active de Coulomb : a) ligne de rupture d’essai ; b) Polygone de forces
225
226
1
𝑃𝑎 = 2 𝐾𝑎 𝛾𝐻 2 (8.47)
Où 𝐾𝑎 est le coefficient actif de pression des terres de Coulomb et est donné par
𝑐𝑜𝑠2 (∅′ −𝜃)
𝐾𝑎 = 2 (8.48)
𝑠𝑖𝑛(𝛿′ +∅′ )sin(∅′ −𝛼)
𝑐𝑜𝑠2 𝜃cos (𝛿 ′ +𝜃)[1+√ ′ ]
𝑐𝑜𝑠(𝛿 +𝜃)𝑐𝑜𝑠(𝜃−𝛼)
Notez que pour 𝛼 = 0°, 𝜃 = 0°, 𝑒𝑡 𝛿 ′ = 0°, le coefficient de pression active des terres de
Coulomb devient égal à (1 − 𝑠𝑖𝑛∅′ )/(1 + sin∅′ ), ce qui équivaut au Coefficient de pression des
terres de Rankine donné précedemment.
La variation des valeurs de 𝐾𝑎 pour les murs de soutènement avec paroi interne droite (𝜃 = 0°)
et remblai horizontal (𝛼 = 0°) est donnée dans le Tableau 8.8. A partir de ce tableau, notons que
pour une valeur donnée de ∅′ , l'effet du frottement des murs est de réduire quelque peu le
coefficient actif de pression des terres.
Les Tableaux 8.9 et 8.10 donnent également la variation de 𝐾𝑎 pour différentes valeurs de 𝛼, ∅′ , 𝜃,
2 1
𝑒𝑡 𝛿 ′ (𝛿 ′ = 3 ∅′ dans le Tableau 8.9 et 𝛿 ′ = 2 ∅′ Tableau 8.10).
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2
Tableau 8.9 Les valeurs de 𝐾𝑎 pour 𝛿 ′ = 3 ∅′
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Tableau 8.10 Les valeurs de 𝐾𝑎 pour 𝛿 ′ = 2 ∅′
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La procédure graphique précédente est donnée étape par étape uniquement pour faciliter la
compréhension de base. Ces problèmes peuvent être résolus facilement et efficacement grâce à
l’utilisation de programmes informatiques.
La solution Culmann nous fournit uniquement l'ampleur de la force active par unité de longueur
du mur de soutènement, et non le point d'application de la résultante. La procédure analytique
utilisée pour trouver le point d’application de la résultante peut être fastidieuse. Pour cette
raison, une méthode approchée, qui ne néglige pas beaucoup de précision, peut être utilisée.
Cette méthode est démontrée dans la Figure 8.23, dans laquelle ABC est le coin de rupture
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déterminé par la méthode de Culmann. O est le centre de gravité du coin ABC. Si une ligne OO’
est tracée parallèlement à la surface de glissement, BC, le point d'intersection de cette ligne avec
la face arrière du mur donnera le point d'application de Pa. Ainsi, Pa agit en O’ incliné d'un angle
𝛿 ′ avec la normale tracée à la face arrière du mur.
Un mur de soutènement de 4,57 m de haut avec un remblai de sol granulaire est illustré à la Figure
8.24.
Étant donné que 𝛾 = 15,72 𝑘𝑁/𝑚3 , ∅′ = 35°, 𝜃 = 5° et 𝛿 ′ = 10°, déterminez la poussée active
par pied (ft) de longueur du mur.
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Où 𝐾𝑝 est le coefficient passif de pression des terres de Coulomb et est donné par
𝑐𝑜𝑠2 (∅′ +𝜃)
𝐾𝑝 = 2 (8.50)
𝑠𝑖𝑛(𝛿′ +∅′ )sin(∅′ +𝛼)
𝑐𝑜𝑠2 𝜃cos (𝛿 ′ −𝜃)[1−√ ]
𝑐𝑜𝑠(𝛿′ −𝜃)𝑐𝑜𝑠(𝛼−𝜃)
Pour un mur sans frottement dont la face arrière verticale supporte un remblai de sol granulaire
avec une surface horizontale (c'est-à-dire 𝜃 = 0°, 𝛼 = 0°, 𝑒𝑡 𝛿 ′ = 0°), Eq. (8.50) donne
1+𝑠𝑖𝑛∅′ ∅′
𝐾𝑝 = 1−𝑠𝑖𝑛∅′ = 𝑡𝑎𝑛2 (45 + 2 ) (8.51)
Cette relation est la même que celle obtenue pour le coefficient passif de pression des terres dans
le cas de Rankine, donné par l’équation (8.21).
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La variation de 𝐾𝑝 avec ∅′ et 𝛿 ′ (pour 𝜃 = 0° et 𝛼 = 0°) est donnée dans le Tableau 8.10. Nous
pouvons voir sur ce tableau que pour une valeur donnée de ∅′ , la valeur de 𝐾𝑝 augmente avec le
frottement de la paroi.
Figure 8.25 La pression passive de Coulomb : a) essai du coin de rupture, b) Polygone de forces
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