Rétablissement des icônes en Orthodoxie
Rétablissement des icônes en Orthodoxie
| février 2018
TABLE DE MATIERE
ÉPH
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Lorsque Léon l'Isaurien, d'artisan et d'ânier qu'il était, prit le sceptre de l'empire, par
concession de Dieu, le patriarche Germain, qui tenait alors le gouvernail de l'Église, fut aussitôt
appelé par lui pour s'entendre dire : À ce qui me semble, Monseigneur, les saintes images ne
différent en rien des idoles; ordonne donc qu'elles soient rapidement enlevées. Si elles
représentent vraiment les saints, qu'elles soient mises plus haut, afin que les pêcheurs que nous
sommes ne les souillent pas constamment de leurs baisers. Le patriarche, cherchant à
détourner l'empereur d'une telle aversion, lui dit : Sire, ne te fâche pas, mais qui entendons-nous
parler contre les saintes "icônes"? quelqu'un qui porte le nom de "Conon" ! Et lui : Oui, c'est
ainsi que j'étais appelé, quand j'étais enfant. Comme le patriarche ne se laissait pas convaincre
de se ranger à l'avis de l'empereur, celui-ci l'exila et mit à sa place Anastase, qui partageait ses
idées. Et c'est ainsi que fut déclarée la guerre contre les saintes icônes. On dit que les premiers
à lui inspirer cette aversion furent des juifs, qui lui prédirent grâce à une sorcière son accession
au trône, alors qu'il était pauvre et qu'avec eux il pratiquait pour vivre le métier d'ânier. Lorsqu'il
eut fini de vivre et si mal, Constantin Copronyme, ce lionceau encore plus cruel issu de lui,
devint l'héritier de son pouvoir et plus encore de sa rage contre les saintes icônes. Mais qu'est-il
besoin de dire les faits et gestes de cet impie ? Sinon que, lui étant mort de façon encore plus
honteuse, son fils Léon 4 né de la Khazare s'assit sur le trône. Et, après que lui-même eut
achevé sa méchante vie, Irène et Constantin devinrent les héritiers du pouvoir. Ceux-ci, guidés
par le très-saint patriarche Taraise, réunirent le septième Concile et l'Église du Christ accueillit à
nouveau les saintes icônes. Lorsqu'il turent déposé la royauté, il y eut Nicéphore le Logothète,
puis son fils Stavrakios et, après lui, Michel Rangabé, qui vénérèrent les saintes images. À
Michel succéda le féroce Léon l'Arménien : perfidement corrompu par un moine impie, un
reclus, il déclencha la seconde lutte contre les icônes, et de nouveau l'Église de Dieu se trouva
sans ornement, Michel d'Amorium lui succéda, puis son fils Théophile qui laissèrent les autres
au second plan dans la fureur contre les icônes. Ce Théophile livra beaucoup de pères à
d'horribles peines et châtiments à cause des images sacrées. Après douze ans de règne, il fut
pris de dysenterie et faillit perdre la vie : sa bouche s'ouvrit de façon exagérée, au point de
laisser paraitre ses entrailles, L'auguste Théodora fut très fâchée de ce qui arrivait : à peine
endormie, elle eut la vision de la sainte Mère de Dieu, tenant dans ses bras le Dieu d'avant les
siècles et entourée d'anges resplendissants, qui blâmaient et châtiaient Théophile son époux.
Lorsque le songe la quitta, Théophile, s'éveillant un moment, s'écris : Malheur à moi, je suis puni
à cause des saintes icônes ! Aussitôt l'impératrice posa sur lui l'icône de la Mère de Dieu, en la
priant avec des larmes. Alors Théophile, malgré ses dispositions, vit quelqu'un des assistants
qui portait un encolpion : il saisit la médaille et la baisa, et aussitôt cette bouche qui n'avait
cessé de braire contre les icônes et ce larynx qui bâillait sans mesure reprirent leur forme initiale;
alors il fit cesser toute contrainte et violence, confessant qu'il était bon de vénérer les saintes
icônes et de leur rendre un culte. L'impératrice, ayant sorti de ses coffres les saintes et
vénérables icônes, disposa Théophile à la baiser et vénérer de toute son âme. Peu après,
Théophile mourut. Théodora, ayant rappelé tous ceux qui étaient en exil ou en prison, ordonna
d'assurer leur liberté et elle fit renverser du trône patriarcal Jean, dit aussi Jannis, plus chef de
sorciers et de démons que patriarche. Il fut remplacé par le confesseur du Christ Méthode, qui
avait beaucoup souffert précédemment : un l'avait même enfermé vivant dans un tombeau.
Sur ces entrefaites, Joannice le Grand, qui pratiquait l'ascèse dans les montagnes de
l'Olympe, eut une sainte visite, en la personne du grand ascète Arsakiog. Dieu m'a envoyé vers
toi, dit-il, afin que nous nous rendions chez un très-saint moine, Isaïe, reclus de Nicomédie, et
que nous apprenions ce qui est agréable à Dieu et ce qui convient à son Église. S'étant donc
rendus chez le vénérable Isaïe, ils entendirent de lui : Ainsi parle le Seigneur : Voici qu'approche
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la fin des ennemis de ma représentation en image; allez donc chez l'impératrice Théodora et
chez le patriarche Méthode, et dites-leur de calmer tous les impies, afin de pouvoir m'offrir le
sacrifice avec les anges, en vénérant mon image et celle de ma Croix. Ayant ouï cela, ils
gagnèrent aussitôt Constantinople et rapportèrent au patriarche Méthode et à tous les élus ce
qui leur avait été dit. S'étant rassemblés, ils allèrent chez l'impératrice pour la convaincre; mais
ils découvrirent que ses parents lui avaient inculqué en tout la piété et l'amour de Dieu. Et
aussitôt l'impératrice, détachant l'image de la Mère de Dieu qu'elle portait suspendue à son cou,
à la vue de tous la baisa en disant : Si quelqu'un ne vénère et ne baise les icônes avec amour,
non de façon idolâtre mais en relation avec leurs archétypes, qu'il soit anathème ! Et ils
éprouvèrent une grande joie. À son tour, elle leur demanda de faire une prière pour son époux
Théophile. Voyant sa foi, ils se laissèrent persuadés, malgré leur répugnance. Le patriarche
Méthode rassembla tout le peuple, tout le clergé et les évêques dans la grande Église de Dieu.
Parmi eux furent choisis : les moines de l'Olympe Joannice et Arsakios, Naukratios et ses
disciples Théodore Studite, le grand et saint Théophane et Théodore, ces confesseurs marqués,
le syncelle Michel l'Hagiopolite, et beaucoup d'autres; ils célébrèrent devant Dieu une
intercession de toute la nuit pour Théophile, tous priant avec larmes et de manière instante. Et ils
firent ces pannykhides pendant toute la première semaine du Carême, l'impératrice Théodora y
prenant part elle-même, avec les femmes et le reste du peuple.
Sur ces entrefaites, l'impératrice Théodora, à l'aube du vendredi, eut un songe, et il lui
sembla se trouver près de la colonne de la Croix et que des gens passaient avec tumulte le long
de la voie, portant divers instruments de supplice; au milieu d'eux, on amenait un prisonnier,
l'empereur Théophile, les mains liées derrière le dos. L'ayant reconnu, elle suivit elle aussi ceux
qui l'entraînaient. Lorsqu'ils arrivèrent à la Porte de bronze, elle vit un homme à l'aspect
surnaturel, assis devant l'icône du Christ, et Théophile se tint en sa présence. Comme
l'impératrice, lui touchant les pieds, implorait pour l'empereur, celui-ci, ouvrant la bouche, lui dit :
Grande est ta foi, ô femme; sache qu'en vertu de tes larmes et de ta foi, et aussi de la prière et
intercession de mes serviteurs et de mes prêtres, j'accorde le pardon à Théophile, ton mari. Puis
il dit à ceux qui l’emmenaient : Déliez-le et rendez-le à sa femme. Celle-ci l'ayant reçu, s'en alla
dans la joie et l'allégresse; et aussitôt le songe s'arrêta. Telle fut la vision de l'impératrice
Théodora. Alors le patriarche Méthode, après les prières et intercession qu'on avait faites pour
lui, prit une charte neuve, où il inscrivit les noms de tous les empereurs hérétiques, y compris
celui de Théophile, et il déposa le tout au bas de l'autel. Et le vendredi, il vit lui-même un ange
effrayant entrer dans la grande Église et s'approcher de lui pour lui dire : Évêque, ta prière a été
exaucée, et l'empereur Théophile a obtenu son pardon; dorénavant n'importune plus le Seigneur
à son sujet ! Pour se rendre compte de la véracité de sa vision, il descendit de son siège, il prit la
charte et, l'ayant déroulée, il trouva, ô merveille, que le nom de Théophile avait été effacé, par
jugement divin. Apprenant cela, l'impératrice exulta grandement et demanda au patriarche que
tout le peuple se rassemble, avec les croix vénérables et les images sacrées, dans la grande
Église, afin que lui soit rendue l'ornement des saintes icônes et que soit connu de tous le
prodige nouveau. Alors, tous, ou peu s'en faut, affluèrent dans l'Église avec des cierges, et
l'impératrice vint avec son fils. On y fit une litie avec les saintes icônes, les vénérables reliques
de la Croix et le saint Évangile, puis on sortit jusqu'au lieu dit de la borne milliaire, en chantant le
Kyrie eleison. Au retour de la procession, on célébra la divine liturgie dans la grande Église : les
saintes et vénérables icônes furent élevées à nouveau sur les colonnes par de saints hommes
choisis; ceux qui avaient pratiqué la piété et le culte orthodoxe furent l'objet de louanges, ceux
qui n'avaient pas accepté la vénération des saintes icônes furent excommuniés et livrés à
l'anathème. Et les saints confesseurs décidèrent que dorénavant on célébrerait chaque année
cette fête sacrée, afin qu'on ne retombât plus jamais dans une telle impiété.
L'énoncé de la foi saine, pour ceux qui reçoivent les Écritures inspirées de Dieu avec un
esprit droit, tient sa force de sa simplicité et n'a besoin d'aucune habileté du discours pour
démontrer sa vérité.
saint Grégoire de Nysse (lettre à l'hérétique Héraclianos)
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1Ce texte-ci est tiré du ms. Laurentianus Plut. X, 31, fol. 186 vo.189, 15 e siècle, qui ne contient
que ce seul miracle de saint Georges et qui est le seul à le contenir.
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A ces mots, le Sarrasin dit : «Que dois-je donc faire ? Tu vois cette main, comme elle
s'est gonflée comme une outre, remplie d'humeur, et la souffrance est si insupportable que je
suis près d'en mourir.» Le prêtre dit : «S'il te plait de faire apporter ici l'icône du saint martyr
Georges, et qu'on la place au-dessus de ton lit, et que, devant elle, on fasse brûler en dessous
une lampe toute la nuit, et que, le matin venu, avec l'huile de la lampe allumée devant la sainte
icône du saint martyr, tu te frottes la main, tu trouveras la guérison.» A ces mots, le Barbare, en
proie aux souffrances, supplia qu'on apportât la sainte icône. Quand on l'eut apportée et qu'on
eut brûlé sous elle une lampe, ayant pris de l'huile de cette lampe, il fut aussitôt, sur le champ,
guéri.
Stupéfait, plein d'admiration pour ce prodigieux miracle, il demanda au prêtre : «Avez-
vous en votre langue quelque texte écrit sur ce saint ?» – «Oui,» dit le prêtre. Il pria qu'on
l'apportât et le lui lût. Quand le prêtre eut apporté le récit du martyre du saint, et que le Barbare,
tenant en main la sainte icône et fixant sur elle les yeux, eut entendu la lecture du prêtre, il dit à
la sainte icône : «Tu es à la fois jeune et sage, moi, vieux et fou : il serait bon que moi aussi je
devienne sage.» Il ne cessait de répéter ces mots, aussi longtemps que le prêtre poursuivait la
lecture du martyre. Quand ce fut achevé, étant tombé aux pieds du prêtre, il le supplia d'obtenir
la grâce du saint baptême. Le prêtre n'y consentait pas, craignant qu'on ne divulguât la chose et
qu'il ne fût en péril. Mais le Barbare ne cessait de faire serment à l'Église; bref, il fut baptisé. Le
lendemain, s'étant présenté sans peur au beau milieu de tous les Sarrasins, il proclama le Christ
comme le vrai Dieu et jeta l'anathème sur la religion des Sarrasins. A l'ouïe de ce langage, les
Sarrasins coururent sur lui comme des bêtes féroces et le mirent en pièces. Et ainsi il mourut en
une belle confession de foi, par l'intercession du saint martyr Georges.
Une jeune fille vertueuse avait l’habitude de communier souvent aux très précieux
mystères, certainement avec l’incitation et la permission de son père spirituel.
Un certain dimanche, le prêtre célébrant refusa de la communier disant qu'il ne fallait pas
que les jeunes femmes communient aussi souvent. Il lui dit : Tu viendras communier le quatrième
dimanche de la Quarantaine.
La jeune fille pieuse fut profondément blessée à la fois de cette privation et de l’offense
malvenue que lui avait faite le prêtre. Dès la fin de la divine Liturgie, elle resta dans l’église,
s'agenouilla – tous les assistants étant partis – et commença à prier avec beaucoup de
componction et de tout son cœur. Elle se mit à verser des larmes silencieuses à cause de la
privation du don de la grâce divine.
Pendant qu'elle priait, elle vit soudain devant elle un archiprêtre très majestueux et plus
splendide que le soleil, qui était escorté par une foule de prêtres et de diacres en tenues
éclatantes, tandis que des anges et des archanges chantaient avec une douceur ineffable. Alors
l'archiprêtre Christ demanda d'une voix très douce et sereine à la jeune fille émerveillée quelle
était la cause de ses larmes abondantes. Elle lui raconta avec beaucoup de retenue le fait de sa
privation de la sainte communion. Alors, le Grand Archiprêtre entra dans le sanctuaire et prit
dans le saint ciboire un morceau de la sainte communion qu'on avait gardé de côté dès le grand
jeudi. Il l'appela auprès de lui et la fit communier lui-même de sa main divine, disant : Prends ma
chair, mon Corps et mon Sang comme un gage de la vie éternelle. Immédiatement le Grand
Archiprêtre —notre Seigneur Jésus Christ— monta aux cieux avec toutes les puissances qui
étaient apparues. La jeune fille ravie resta seule dans l'église, inondée d’une joie et d’une
allégresse indicibles.
Un peu plus tard, lorsque le prêtre revint, elle révéla ce fait incompréhensible de cette
divine communion donnée par le Christ lui-même, avec son Corps tiré du saint ciboire. Comme
les morceaux sanctifiés étaient comptés, le prêtre la crut et compris la leçon.
Dans l'Église catholique elle-même, il faut veiller soigneusement à s'en tenir à ce qui a été cru
partout, et toujours, et par tous; car c'est cela qui est véritablement et proprement catholique,
comme le montrent la force et l'étymologie du mot lui-même, qui enveloppe l'universalité des
choses.
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Et encore, si quelque contagion nouvelle s'efforce d'empoisonner, non plus seulement une petite
partie de l'Église, mais l'Église tout entière à la fois ? – Dans ce cas aussi, son grand souci sera
de s'attacher à l'antiquité, qui, évidemment, ne peut plus être séduite par une nouveauté
mensongère, quelle qu'elle soit.
Et si, dans l'antiquité même, une erreur se rencontre, qui soit celle de deux ou trois hommes, ou
d'une ville, ou même d'une province ? – Alors, il aura grand soin de préférer, à la témérité ou à
l'ignorance d'un petit nombre, les décrets (s'il en existe) d'un concile universel tenu
anciennement de façon universelle.
Que nous ne menions pas la religion où il nous plaît, mais bien plutôt que nous la suivions où
elle nous mène; et que le propre de la mesure et de la gravité chrétiennes est, non point de
léguer à la postérité ses idées personnelles, mais de conserver ce qui a été reçu des ancêtres.
…
Celui-là est catholique véritable et authentique, qui chérit la vérité de Dieu, l'Église, le corps du
Christ; qui ne met rien au-dessus de la religion divine, et de la foi catholique, ni l'autorité, ni
l'affection, ni le génie, ni l'éloquence, ni la philosophie d'un homme, quel qu'il soit; mais qui,
méprisant tout cela, fermement et inébranlablement attaché à la foi, décide de n'admettre et de
ne croire que ce qu'il sait avoir été universellement admis par l'Église catholique depuis les
temps anciens; et qui comprend enfin que toute doctrine nouvelle et inouïe, insinuée par un seul
homme en dehors de l'avis général des saints ou contre cet avis, ne se rattache pas à la religion,
mais bien plutôt à une tentation, formé qu'il est principalement par les paroles du bienheureux
apôtre Paul. …
Grande est en effet la miséricorde au sein de la sévérité même, puisque par celle-ci
est ôtée la faculté de pécher : là où une liberté malsaine engendre les plaies, la
sanction de l'évêque procure le remède.
Concile de Tours (567)
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Je viens de lire que le pape actuel a demandé en décembre à ses évêques de changer la
traduction de Notre Père (« … ne nous soumets pas à la tentation»).
J’avais écrit moi-même sur le sujet dans le bulletin n° 163 (mars 2017). Coïncidence, –
cet article avec la décision du pape ? Je sais seulement qu’au Vatican on lit notre modeste
bulletin, comme me l’a avoué quelqu’un de là-bas.
Les évêques germaniques n’ont pas jugé nécessaire de modifier la traduction centenaire
(… und führe uns nicht in Versuchung). Par contre les évêques français ont modifié la traduction
française en «Et ne nous laisse pas entrer en tentation». C’est plus rationaliste mais viole la texte
d’origine qui est en grec (c'est le même en latin). Mais comme les catho-latins ne sont pas à leur
premier coup, ce n’est pas étonnant. Il suffit de penser à la traduction de l’évangile où il est dit :
«Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, hormis en cas d’infidélité, et qui en épouse
une autre, commet un adultère.» (Mt 19,9). Ils traduisent, au lieu de sauf ou hormis, carrément
«même pas», ce qui renverse le sens tout simplement, mais qui colle avec leur indissolubilité du
mariage.
Revenons-en à la traduction de Notre Père. Il faudrait alors donc modifier le premier
chapitre de Job, où il est écrit que le Seigneur permettait au diable de tenter le vieux Job. Même
l’évangile, il faudra le modifier, où l’Esprit emmena Jésus «dans le désert, pour être tenté par le
diable.» (Mt 4,1)
A. Cassien
«Et ne nous soumets pas à la tentation, c’est-à-dire : ne nous laisse pas tomber au pouvoir du
tentateur auteur de la perversité. Car l'Ecriture dit : Dieu, en effet, ne tente pas pour le mal. (Jac
1,13) Le diable, lui est tentateur. Le Seigneur dit ce qu'il faut faire pour le vaincre : Veillez et
priez, pour ne pas entrer en tentation.»
Car si l'on tolérait une seule fois cette licence de l'erreur impie, je tremble de dire quel danger
s'ensuivrait de détruire, d'anéantir la religion. Sitôt qu'on aura cédé sur un point quelconque du
dogme catholique, un autre suivra, puis un autre encore, puis d'autres et d'autres encore seront
abandonnés, d'une façon en quelque sorte coutumière et licite. De plus, une fois les parties
rejetées une à une, qu'arrivera-t-il à la fin, sinon que le tout sera rejeté de même ?
Ne déplacez pas les bornes que vous ont fixées vos pères, ne méprisez pas le
langage simple de la prédication ordinaire, ne donnez pas la préférence aux
doctrines compliquées, mais conformez-vous à l'ancienne règle de foi, et le
Dieu de la paix sera avec vous.
saint Grégoire de Nysse (lettre à Eustathie)
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fêté le 28 décembre
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maintes reprises constater pendant le construction que Dieu accordait à son serviteur un grand
pouvoir.
La construction étant achevée, la Nouvelle Bethléem commençait à se peupler d'un bon
nombre de moines quand débarquèrent un jour des pirates sarrasins. Saint Simon vint à leur
rencontre avec des présents, en espérant les dissuader de piller le monastère. Comme ceux-ci,
insatisfaits, se précipitaient sauvagement sur lui, ils furent soudain aveuglés et l'un d'eux, qui
brandissait son glaive contre le saint, eut le bras paralysé. Guéris par la prière de l'homme de
Dieu, ils se repentirent, reçurent le saint baptême et devinrent tous moines.
Après avoir ainsi montré pendant de longues années la faveur que Dieu lui accordait par
de nombreux miracles, par des prophéties et surtout par son enseignement lumineux, saint
Simon s'endormit dans la paix du Christ, en présence de ses disciples qu'il avait réunis pour leur
recommander une dernière fois de garder les traditions reçues de lui avec crainte de Dieu, foi,
charité mutuelle et obéissance totale à leur Higoumène et père spirituel. Par la suite, le tombeau
du saint laissa couler comme une source d'eaux vives un baume parfumé aux propriétés
miraculeuses (d'où son nom : Myroblite); mais les destructions répétées du monastère ne nous
ont laissé aucune trace de sa sépulture ni de ses reliques. Toutefois le saint ne cessa pas d'être
invisiblement présent en montrant à maintes reprises sa protection aux obéissants, ses
reproches et ses sévères corrections envers les impies et les négligents. Le jour de sa fête
annuelle, certains purent voir quelquefois une lumière divine jaillir de la grotte ou recouvrir son
icône comme un dais dans l'église.
Un siècle après sa dormition, la fille du despote de la principauté serbe de Macédoine
(capitale : Serrés), Jean Uglesh, fut délivrée d'un esprit malin qui la possédait grâce à
l'intercession de saint Simon. En signe d'action de grâces, son père transforma le petit
Monastère de Saint-Simon en une riche fondation dotée de nombreuses propriétés.
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En 1274, à Lyon, l'Empereur Michel VIII Paléologue fit signer un acte d'union de l'Eglise
orthodoxe avec l'Eglise catholique romaine, non pas en se fondant sur l'amour de la vérité,
mais seulement pour s'assurer le soutien politique de la papauté dans son projet de
reconstruction de l'Empire byzantin après l'occupation latine.
La Sainte Montagne avait rejeté cet acte par une lettre à l'Empereur déclarant, entre
autres : « Nous voyons clairement que vous êtes un hérétique, mais nous vous implorons :
rejetez tout cela et demeurez dans l'enseignement que vous avez reçu. Rejetez les nouveaux
enseignements dépourvus de sainteté et basés sur une fausse connaissance, lesquels ne font
qu'ajouter des conjectures à la foi ». Le peuple théophore, prêt à rester fidèle jusqu'au sang à
la sainte foi orthodoxe, n'accepta pas non plus cette fausse union et se rangea du côté du
patriarche Arsène, qui fut déposé pour avoir résisté à l'Empereur. Celui-ci, avec l'aide de Jean
XI Bekkos, un homme savant et rusé qu'il avait élevé à la dignité patriarcale, voulut l'imposer
par la force. Dès lors, les prisons regorgèrent de prêtres, de moines, de laïcs, tant petites gens
que nobles, qui, tous, préféraient la torture et le bannissement à la trahison. Les
latinophrones, ainsi qu'on nommait les partisans de l'union, dirigèrent particulièrement leur
action contre les moines, qui, de tout temps, furent les plus vigilants gardiens de la sainte foi
orthodoxe. Ils vinrent avec de fortes troupes sur la Sainte Montagne de l'Athos, pour
contraindre les moines à l'accepter.
A cette époque, il y avait un ancien du nom de Thomas, qui pratiquait l'ascèse à
proximité du monastère de Zographou et qui avait pour règle de réciter plusieurs fois par jour
l'Acathiste à la Mère de Dieu. Ce jour-là, alors que les hommes de l'Empereur s'approchaient
de Zographou, il entendit la voix de l'Enfantrice de Dieu répondre aux saluts qu'il lui adressait
comme à l'accoutumée. Elle lui annonça que les ennemis du Christ étaient proches et lui
demanda d'aller l'annoncer au monastère, afin que ceux qui étaient encore faibles puissent
s'enfuir et que ceux qui étaient arrivés à maturité puissent se préparer au martyre. A cette
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1. Si quelqu'un dit que par la faute de la prévarication d'Adam, ce n'est pas l'homme tout entier,
c’est-à-dire quant au corps et quant à l'âme, qui a été change en pire, et s'il croit que, la liberté
étant demeurée intacte, le corps seul a été soumis à la corruption, il est trompé par l'erreur de
Pélage et va contre l'Écriture qui dit : «L'âme qui a péché, elle mourra», et : «Ne savez-vous pas
qu'en vous offrant à quelqu'un comme esclave pour lui obéir, vous devenez esclaves de celui à
qui vous obéissez ?», et : «être vaincu par quelqu'un, c'est devenir son esclave.»
2. Si quelqu'un affirme que la prévarication d’Adam n'a nui qu'à lui-même et non à sa
descendance, ou si du moins il déclare que c'est seulement la mort du corps – qui est la peine
du péché –, et non aussi le péché – qui est la mort de l'âme –, qui par un seul homme a été
transmise à tout le genre humain, il attribue une injustice à Dieu, en contredisant l'Apôtre qui dit :
«Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort a
été transmise à tous les hommes, tous ayant péché en lui.»
3. Si quelqu'un dit que la grâce de Dieu peut être conférée à la demande de l'homme, et que ce
n'est pas la grâce elle-même qui fait que nous demandions, il contredit le prophète Isaïe, ou
l'Apôtre qui dit comme lui : «J'ai été trouvé par ceux qui ne me cherchaient pas, je me suis
manifesté à ceux qui ne m'interrogeaient pas.»
4. Si quelqu'un prétend que Dieu attend notre vouloir pour nous purifier du péché, et s'il ne
reconnaît pas que notre volonté d'être purifiés naît en nous, elle aussi, par l'infusion et
l'opération du saint Esprit, il s'oppose au saint Esprit lui-même qui dit par Salomon : «La
volonté est préparée par le Seigneur», et aussi à l'Apôtre qui proclame salutairement : «C'est
Dieu qui opère en vous et le vouloir et le faire selon son bon plaisir.»
5. Si quelqu'un dit que, tout comme l’accroissement de la foi, son commencement et l'attrait
même pour la croyance – par quoi nous croyons en celui qui justifie l'impie et qui nous fait
parvenir à la régénération du saint baptême – ne sont pas en nous par don de la grâce – c'est-à-
dire ne viennent pas de l'inspiration du saint Esprit, rectifiant notre volonté et l'amenant de
l'infidélité à la foi, de l'impiété à la piété –, mais qu’ils y sont naturellement, il se montre
l'adversaire des dogmes apostoliques, puisque le bienheureux Paul dit : «Nous avons confiance
que celui qui a commencé en vous une oeuvre bonne la mènera à sa perfection jusqu'au jour de
notre Seigneur Jésus Christ,», et ceci : «Il vous a été donné, par égard au Christ, non seulement
de croire en lui, mais encore de souffrir pour lui;» et : «C'est par grâce que vous avez été sauvés,
moyennant la foi, et cela ne vient pas de vous, car c'est un don de Dieu.» Donc, ceux qui disent
que la foi par laquelle nous croyons en Dieu est naturelle affirment en quelque façon que tous
ceux qui sont étrangers à l'Eglise du Christ sont des fidèles.
6. Si quelqu'un dit que la miséricorde nous est accordée par Dieu lorsque, sans la grâce de
Dieu, nous croyons, voulons, désirons, faisons effort, travaillons, prions, veillons, étudions,
demandons, cherchons, frappons, et non que c'est par l'action et l'inspiration du saint Esprit en
nous qu'il se fait que nous croyions, voulions et soyons capables de faire tout cela comme il
faut; et s'il subordonne l'aide de la grâce ou à l’humilité ou à l'obéissance de l'homme; et s'il
n'admet pas que, d'être obéissants et humbles, c'est en nous un don de la grâce elle-même, il
s'oppose à l'Apôtre qui dit : «Qu’as-tu que tu n'aies reçu ?», et : «C'est par la grâce de Dieu que
je suis ce que je suis.»
7. Si quelqu'un affirme que par la seule force de la nature il peut concevoir comme il faut un bien
qui se rapporte au salut de la vie éternelle, ou bien donner son assentiment à l'annonce du salut,
c'est-à-dire à l’évangile, sans l'illumination et l'inspiration du saint Esprit, qui
donne à tous son onction lorsqu'ils adhèrent et croient à la vérité, il est trompé par un esprit
d'hérésie, ne comprenant pas la voix de Dieu qui dit dans l'évangile : «Sans moi vous ne pouvez
rien faire», ni cette parole de l'Apôtre : «Ce n'est pas que nous soyons capables de concevoir
quelque chose par nous-mêmes, comme venant de nous-mêmes, mais notre capacité vient de
Dieu.»
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8. Si quelqu'un prétend que certains peuvent venir à la grâce du baptême par la miséricorde,
d'autres par le libre arbitre – dont on sait qu'il a été vicié chez tous ceux qui sont nés de la
prévarication du premier homme –, il se montre étranger à la foi droite. Par là il affirme en effet
que ce n'est pas en tous les hommes que le libre arbitre a été affaibli par le péché du premier
homme, ou au moins il pense qu'il a été blessé de telle sorte que certains puissent pourtant,
sans révélation de Dieu, conquérir par eux-mêmes le mystère du salut éternel. Combien cela est
contradictoire, le Seigneur lui-même le montre, lui qui atteste, non que quelques-uns peuvent,
mais que personne ne peut venir à lui si le Père ne l'attire, comme il le dit aussi à Pierre :
«Heureux es-tu, Simon Bar-Jona, car ce ne sont pas la chair et le sang qui te l'ont révélé, mais
mon Père qui est dans les cieux»; et l'Apôtre : «Personne ne peut dire «Seigneur Jésus si ce
n'est dans l'Esprit saint.»
Nous ne savons absolument rien des plus anciennes communautés chrétiennes qui ont
peut-être existé avant la paix de l'Eglise. Vers 313, les seules Eglises de la région sont Toulouse
et Narbonne à l'ouest, et Arles à l'est. Encore n'avons-nous aucun renseignement sur l'Eglise de
Toulouse entre le martyre de saint Saturnin – qu'on plaçait, au 5ème siècle, le 29 novembre 250
– et l'exil de l’évêque Rhodanius en 356. Sur l'Eglise de Narbonne, rien entre le confesseur Paul,
au 3ème siècle, et l'évêque Hilarius, connu à partir de 417. Remarquons qu'en 314, lorsque
Constantin réunit un concile à Arles pour tâcher de rétablir la concorde entre les chrétiens
d'Afrique, les évêques de Narbonne et de Toulouse n'apparaissent pas parmi les seize évêques
gaulois présents.
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Puis le silence se fait sur les chrétientés de la région jusqu'au concile de Nîmes tenu en
394 ou 396. Certains canons qui y furent promulgués seraient précieux si nous avions le moyen
d'en faire application à notre petit territoire. L’un nous apprend la présence en Gaule méridionale
de nombreux Orientaux qui se prétendent prêtres ou diacres et qui «captent la confiance des
fidèles pour en tirer une offrande ou une aumône», un autre met en garde contre beaucoup de
gens qui «sous prétexte de peregrinatio (voyage ou, plus précisément, pèlerinage ?),
s'engraissent des offrandes des Eglises».
Mais nous ne pouvons même pas identifier les 21 évêques présents, leur nom, dans
l'unique manuscrit connu, n'étant pas accompagné de la mention du siège. Les évêques de
Béziers et de Lodève (si ce dernier évêché existait déjà) ont-ils participé au concile de Nîmes ?
Nous ne le savons pas.
Au 5ème siècle, en contraste avec l'éclat de l'évêché d'Arles et de l'évêché de Narbonne
(au moins sous l'épiscopat de Rusticus, de 427 à 461), nous ne trouvons à glaner sur notre
territoire que quelques incidents de politique ecclésiastique, qui ont du moins l'intérêt de nous
faire apercevoir le rôle qui pouvait être celui des clercs et du peuple dans la désignation des
évêques.
Première de ces lueurs fugitives : en 421, l'évêché de Lodève (dont nous apprenons ainsi
l'existence) est vacant. Or c'est l'évêque d'Arles et non celui de Narbonne, la métropole
provinciale, qui procède à l'installation d'un nouvel évêque à Lodève. Ingérence contraire aux
règles et à la pratique. Mais Arles était devenue une véritable capitale administrative, depuis
qu'y avait été transférée de Trêves la préfecture du prétoire des Gaules (vers 395). Et l'Eglise
d'Arles avait à sa tête un évêque ambitieux, Patrocle, dont les chroniqueurs du 5ème siècle ont
tous donné un portrait moral peu flatteur. Protégé par le général Constance et la Cour
d'Honorius, il était en faveur auprès du pape Zosime, qui, en 417, lui conféra une sorte de
primauté sur toutes les provinces méridionales de la Gaule, y compris la Narbonnaise Première.
Le métropolitain de Narbonne s'étant incliné, Patrocle d'Arles intervint à sa place à Lodève pour
installer un nouvel évêque; mais le clergé et le peuple de cette cité ayant protesté, le pape
Boniface écrivit le 9 février 422 à Hilaire de Narbonne :
«L’ordo des clercs de l'Eglise de Lodève et le peuple nous ont adressé avec grande
affliction leurs prières et leurs larmes, déclarant que notre collègue Patrocle … à la place du
défunt évêque avait ordonné je ne sais qui, dans une province qui n'est pas la sienne, par-
dessus la tête du métropolitain et contre les règles des pères…»
Hilaire était prié de se rendre à Lodève en tant que métropolitain et de régler l'affaire sur
place, ce qu'il aurait dû faire de lui-même (quod quidem facere sponte deberes). Cet événement
est, en fait, le seul que nous connaissions de toute l'histoire ancienne de Lodève.
Le seul autre fait intéressant nos diocèses est, curieusement, une nouvelle affaire de
refus d'un évêque par une cité. Il s'agit cette fois de Béziers. À une date non précisée avant
octobre 461, le siège épiscopal fut vacant et le métropolitain de Narbonne, Rusticus, ordonna
évêque de Béziers l'un de ses clercs, Hermès. Mais nous apprenons par une lettre du pape
Hilaire (du 3 décembre 462) qu'Hermès «se disait indignement rejeté par les Biterrois, bien
qu'ordonné pour eux». Hermès avait si bien été rejeté qu'il était rentré à Narbonne et, à la mort
de Rusticus (octobre 461), en était devenu l'évêque. Malgré la bonne foi de l'intéressé, c'était
une faute, car la translation d'un siège à un autre était alors interdite; d'où l'intervention du pape.
Nous ne savons pas pourquoi Béziers «rejeta indignement» Hermès; mais cela se passe l'année
où Narbonne est livrée aux Wisigoths par le comte Agrippinus (461). Or rien ne nous dit qu'on ait
cédé aux Goths d'un coup toute la Narbonnaise Première, ni même tout le territoire de la cité de
Narbonne. Sans pouvoir développer ici cette hypothèse, je me demande si la cité de Béziers ne
serait pas restée romaine au moins encore quelques mois et si les Biterrois n'auraient pas refusé
Hermès parce que, Narbonnais, il n'était plus sujet de l'Empire.
Les aspects de la vie chrétienne nous échappent, sauf dans la partie occidentale du
diocèse moderne de Montpellier, alors comprise dans le diocèse de Narbonne. On sait qu'à
Narbonne l’épiscopat de Rusticus a été marqué avant tout par des constructions dont
témoignent d'importantes inscriptions parvenues jusqu'à nous. Mais il y eut aussi un effort
d'évangélisation des campagnes par la fondation de paroisses rurales. Retenons deux exemples
qui intéressent notre territoire. En 450, c'est un prêtre au nom goth, Othia, qui construisait sur le
flanc méridional de l'ancien oppidum d'Ensérune (commune de Poilhes, canton de Capestang)
une basilique dont le linteau portait cette inscription (Diehl, 1807) :
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Sainte-Agnès, est donné par un diplôme du roi Charles le Simple en 899), fondée au milieu du
5ème siècle, existera jusqu'au milieu du 15ème siècle et l'église, devenue simple chapelle, ne
sera détruite qu'en 1821. Exemple privilégié, car il est rare de posséder à la fois une inscription
datée et une série de textes médiévaux qui permettent de jalonner avec certitude l'histoire d'un
site rural. Mais on peut soupçonner que parmi les si nombreux villages de la plaine qui portent
des noms gallo-romains, plusieurs eurent dès le 5ème siècle une église, comme Ensérune.
Même de petites agglomérations de l'arrière-pays montagneux devinrent alors des
paroisses. On connaît le cas célèbre de Minerve (canton d'Olonzac), où, en 456-457, l'évêque
Rusticus érigea un autel, faisant graver sur la tranche de la table de marbre, selon le système de
datation qui lui était cher (Diehl, 1852 a) :
Rusticus, la 30ème année de son épiscopat, a fait faire (cet autel). L'autel sera couvert
dans le haut Moyen âge d'une centaine de graffitis : des noms qu'Edmond Le Blant a eu le
grand mérite de déchiffrer en 1860, mais dont il faut bien dire que la présence n'est pas
complètement expliquée. Ils témoignent du moins d'une vénération particulière pour cet autel
antique, dans Minerve devenue chef-lieu d'un pagus à l'époque carolingienne et peut-être avant.
(257)
C’est un saint des Églises chrétiennes, né dans une famille noble de Narbonne au
IIIe siècle. Saint Prudent est célébré le 6 octobre.
Prudent étudia les lettres et fut un élève brillant. Il fut élu archidiacre de la ville. Mais la
sainteté de sa vie et les miracles qui lui sont attribués suscitèrent la haine et la fureur chez ses
ennemis. Il fut emprisonné et torturé. Mais comme il refusait d’abandonner sa foi, ses bourreaux
lui brisèrent le crâne.
Saint Prudent fut l’un des premiers martyrs de l’Église de Narbonne. On fixe
généralement à 2571 l'année du martyre de saint Prudent, à Narbonne. Les chrétiens
ensevelirent son corps. Puis ses persécuteurs le déterrèrent et jetèrent ses restes en pâture aux
oiseaux de proie et aux autres bêtes sauvages. Mais on dit que Dieu garda ses os et éloigna les
animaux qui auraient dû les dévorer. Il permit ainsi aux fidèles de les recueillir une nouvelle fois
et de les protéger de toute autre profanation.
Quand la paix revint, les reliques du saint furent déposées dans un tombeau sur lequel
fut élevé un oratoire. Les chrétiens venaient s’y recueillir et prier.
Ses miracles
Thibaut, moine de Bèze, fit une liste des miracles opérés par les reliques de saint
Prudent (Thibaud de Bèze, «Actes, Translation et Miracles de saint Prudent, martyr», Acta
Santorum, éd. Paris, Octobre III), , d’après les récits d’auteurs anciens et de personnes dignes
de foi. Cependant, il dit ne pas avoir été témoin direct de ces miracles. On trouve de
nombreuses guérisons :
• des paralytiques : Rayneldes et Gautselin de Selongey, un autre de Saint-Seine, un
Olfrand de Chevigny, un enfant de Blagny, une Arisma de Bourberain
• un sourd et muet : un enfant de Flée
• des aveugles : un de Mantoche, un Aldegand de Viévigne en l’an 921.
• un aveugle et muet : Gauslin d’Is-sur-Tille.
• des possédés du démon : Ernebert de Beire amené à l’abbaye attaché sur un char et lié
avec de fortes courroies en 883, Wine baut de Bourberain.
• des boiteux : Ermembault de Lentilly, Olfaida de Chevigny.
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• un enfant impotent de Beire paralysé du bras et de l’épaule droite, ce miracle fut obtenu
le vendredi saint de l’an 884.
• un estropié à la suite d'un vol de cerises : Winebaud de Pouilly-sur-Vingeanne.
Il brisa les liens de deux enchaînés : un habitant de Bourberain, un Humbert de Rozières. Il
ressuscita trois personnes : un enfant noyé à Lux, un Siméon de Bèze tombé du pont de la Bèze
et entraîné par les grandes eaux et un autre enfant noyé de Bèze tombé dans la rivière en 1225.
En l’an 1116, saint Prudent guérira un enfant né aveugle, un jeune homme de Flacey possédé du
démon et un homme paralysé de la main.
Après la résurrection des morts toutes les passions ont disparu; la corruption, j'entends, telle
que faim, soif, sommeil, fatigue, etc. Même s'il prit de la nourriture après la résurrection, ce ne
fut pas par une loi naturelle mais pour l'économie; car il n'avait pas faim mais authentifiait
ainsi la réalité de la résurrection et le fait qu'elle était bien celle de la chair qui avait souffert et
ressuscité. Il n'a rejeté aucune partie de notre nature, ni le corps ni l'âme, mais il a possédé le
corps, l'âme raisonnable, noétique, volitive et opérative, et les a assis à la droite du Père;
voulant et opérant notre salut, divinement et humainement; divinement d'une part par la
prévoyance, la garde et la direction de toute chose; humainement d'autre part en se
souvenant de ceux qui sont sur la terre, vivant avec eux, voyant et sachant que toute créature
raisonnable l'adore. Car son âme sainte sait qu'elle est unie selon l'hypostase au Dieu- Verbe
et qu'elle est adorée comme âme de Dieu et non, simplement, comme âme. Monter de la
terre au ciel et en redescendre encore sont des opérations d'un corps qui s'est limité «car il
reviendra de nouveau vers vous, dit l'Écriture, de la même manière que vous l'avez vu aller au
ciel.» (Ac 1,2)
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Sans épreuves dans la vie, aucun progrès spirituel n’est possible; pas plus qu’un voilier
n’avance sans vent ou même tempête, ni un arbre ne pousse sans intempéries (vent, pluie,
froid). S'il n’y a que du beau temps, l’arbre se dessèche, et si Dieu ne nous envoie que de la
consolation, nous tombons dans la mollesse et la négligence.
Pourtant dans toutes les épreuves, le Seigneur nous accorde aussi l’issue. Comme dit le
psaume : «Avec mon Dieu je franchis une muraille»(Ps 18,29). Combien d’épreuves avons nous
déjà traversées dans la vie, et chaque fois il y a eu une solution, grâce à Dieu. On s’était
inquiété – comme les apôtres sur le lac déchaîné –, le Seigneur semblait dormir, mais tout s’est
bien passé. Car «il ne sommeille ni ne dort, Celui qui garde Israël» comme dit un autre psaume
(121,4).
Les gens du monde ne trouvent des solutions que finissant avec le divorce, le suicide, etc..,
étant abandonnés à eux-mêmes sans le secours divin.
Combien de carêmes avons-nous avons passés sans qu'aucun ne nous ait rendus malade,
bien au contraire. Courage donc ! Ce Carême-ci se passera bien aussi et, de même, le reste de
notre vie, si nous restons fermement attachés à Celui qui a vaincu la mort et qui est ressuscité
pour notre salut.
a. Cassien
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