0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
6 vues16 pages

Nouvelles et Sermon de l'Avent 2016

Le bulletin des Vrais Chrétiens Orthodoxes de décembre 2016 aborde divers sujets, notamment un sermon pour l'Avent du Seigneur qui exhorte les fidèles à se préparer spirituellement pour la célébration de la Naissance du Christ. Il évoque également des nouvelles de voyages en Afrique et en Grèce, ainsi que des réflexions sur la vénération de la Mère de Dieu et les divergences doctrinales avec l'Église catholique romaine. Enfin, il relate l'histoire des Sept Dormants, soulignant leur importance dans la tradition chrétienne.

Transféré par

NDONGAR
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
6 vues16 pages

Nouvelles et Sermon de l'Avent 2016

Le bulletin des Vrais Chrétiens Orthodoxes de décembre 2016 aborde divers sujets, notamment un sermon pour l'Avent du Seigneur qui exhorte les fidèles à se préparer spirituellement pour la célébration de la Naissance du Christ. Il évoque également des nouvelles de voyages en Afrique et en Grèce, ainsi que des réflexions sur la vénération de la Mère de Dieu et les divergences doctrinales avec l'Église catholique romaine. Enfin, il relate l'histoire des Sept Dormants, soulignant leur importance dans la tradition chrétienne.

Transféré par

NDONGAR
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

ORTHODOXIE

N° 161 | + | décembre 2016

BULLETIN DES VRAIS CHRÉTIENS ORTHODOXES (VCO) FRANCOPHONES

sous la juridiction de l’archevêque Stephane d’Athènes,

ARC primat de toute la Grèce


H
F O YI M A N D
E RI
F 6 R ORT TE CA
650
0 CH O D O S S I E N
LAR XE
TÉL A

SOMMAIRE
ÉPH
04 O
0 6 1 11 4 5 0 0 N E
680 10
454
1

SERMON POUR L'AVENT DU


Nouvelles SEIGNEUR
AU SUJET DES SEPT DORMANTS
Entre-temps, à savoir LA VÉNÉRATION DE LA MÈRE DE
DIEU
depuis le dernier bulletin, SUR L’ANTICHRIST
j’ai été au Cameroun (voir NOUVELLES DU CAMEROUN
page 7-8) et je viens de COMME DES DIEUX
rentrer de Grèce où je suis L’HISTOIRE DU MOINE-MARTYR
resté trois semaines. On a SAINTE CHRYSI DE SLATENA
HOMELIE POUR L’ENTREE AU
aussi célébré des liturgies TEMPLE DE LA TOUTE-SAINTE
en Suisse et à Mirabeau. L’APPARITION DE LA VIERGE AU
PRESIDENT BASHAR AL ASSAD …
Un voyage en Afrique est
prévu mais pas encore
planifié.

Je vous souhaite à tous


une Nativité du Sauveur
dans la paix et la joie !
Vôtre en Christ,
archimandrite Cassien

Le 17 août s’est endormi dans


le Seigneur l’évêque Galaction
de Peristeri.

(ci-contre)

Mémoire éternelle !!!


[Link] vco@[Link]

SERMON POUR L'AVENT DU SEIGNEUR 1

anonyme

1. Ce n’est pas sans raison, frères très chers dans le Christ, que ce temps est appelée
Avant (avénement) du Seigneur. Si les saints pères, en effet, ont entrepris de célébrer
l’avènement du Seigneur et d’adresser au peuple des sermons pour ces jours, c’est afin que
chaque fidèle se prépare et s’amende, de manière à pouvoir célébrer dignement la Naissance de
son Dieu et Seigneur. Imaginez que l’un de vous doive recevoir son seigneur dans sa maison,
voyez comment il ferait disparaître de là toutes les saletés et toutes les choses malpropres, et
préparerait selon ses moyens ce qui est convenable et nécessaire. Or il s’agit ainsi, l’homme
mortel qui doit recevoir un mortel, combien davantage faut-il que la créature se purifie pour en
pas déplaire à son Créateur lorsqu’il apparaît dans la chair ?2
2. Juste, il est venu vers nous qui étions pécheurs pour de ces pécheurs faire des justes;
saint, il est venu vers nous impies pour nous faire saints; humble, il est venu vers les orgueilleux
pour de ces orgueilleux faire des humbles. Oui encore ? Lui dont la nature est bonté,, il est venu
vers des hommes qui étaient remplis de tous les vices. C’est pourquoi nous vous exhortons à
faire en ces jours des aumônes plus abondantes; à venir plus fréquemment à l’église; à faire en
toute loyauté la confession de vos péchés; à vous abstenir aussi avec le plus grand soin non
seulement de toute impureté, mais même de votre propre femme; à rejeter loin de vous haine,
colère et emportements, jurons et blasphèmes, orgueil et vantardise, ainsi que toute jouissance
charnelle; de sorte que lorsque arrivera le jour de la Naissance du Seigneur, vous puissiez le
célébrer pour votre salut.
3. Et tandis que beaucoup sont préoccupés de biens charnels ou de vêtements précieux,
afin de passer en ce jour pour plus dignes de respect que les autres, soyez quant à vous
préoccupés davantage des richesses et des vêtements spirituels, car de même que l’âme est
meilleure que la chair, de même les plaisirs spirituels sont meilleurs que les charnels. Et il vaut
beaucoup mieux orner l’âme de vertus que vêtir le corps d’habits précieux.
4. Cette exportation, frères, elle vous est faite afin que grâce à elle ceux qui sont bons
deviennent meilleurs, que ceux qui se reconnaissent mauvais se convertissent résolument, et
que tous obtiennent ainsi de se réjouir spirituellement au jour de la Naissance du Seigneur. Qu’il
vous en fasse la grâce, lui qui vit et règne avec le Père et l’Esprit saint dans tous les siècles des
siècles. Amen.

Le mystère repousse loin de lui la curiosité, par cela même qu'il est le
mystère. Il appelle à lui la foi : du reste, il ne défend pas à celle-ci de
s'appuyer en passant sur le secours d'un raisonnement modeste, pour
enlever de son chemin les pierres d'achoppement qu'y jette le doute.

Métropolite Philarète de Moscou ( sermon pour l’Annonciation)

1 Ce sermon du premier millénaire furent prononcé en Occident par un auteur inconnu.

2Dès la fin du 4 e siècle en occident on connaît une préparation ascétique pour la fête de la Naissance du
Sauveur.

2
[Link] vco@[Link]

Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni


par le langage, ni par les vêtements. Ils n'habitent pas de villes qui
leur soient propres, ils ne se servent pas de quoique dialecte
extraordinaire, leur genre de vie n'a rien de singulier. Ce n'est pas à
l'imagination ou aux rêveries d'esprits agités que leur doctrine doit sa
découverte; ils ne se font pas, comme tant d'autres, les champions
d'une doctrine humaine. Ils se répartissent dans les cités grecques et
barbares suivant le lot échu à chacun; ils se conforment aux usages
locaux pour les vêtements, la nourriture et la manière de vivre, tout en
manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur
république spirituelle. Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais
comme des étrangers domiciliés. Ils s'acquittent de tous leurs devoirs
de citoyens, et supportent toutes les charges comme des étrangers.
Toute terre étrangère leur est une patrie et toute patrie une terre
étrangère. Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants,
mais ils n'abandonnent pas leurs nouveau-nés. Ils partagent tous la
même table, mais non la même couche. Ils sont dans la chair, mais ne
vivent pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais sont
citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies et l'emporte en
perfection sur les lois. Ils aiment tous les hommes et tous les
persécutent. On les méconnait, on les condamne; on les tue et par là
ils gagnent la vie. Ils sont pauvres et enrichissent un grand nombre.
Ils manquent de tout et ils surabondent en toutes choses. On les
méprise et dans ce mépris ils trouvent leur gloire. On les calomnie et
ils sont justifiés. On les insulte et ils bénissent. On les outrage et ils
honorent. Ne faisant que le bien, ils sont châtiés comme des scélérats.
Châtiés, ils sont dans la joie, comme s'ils naissaient à la vie. Les Juifs
leur font la guerre comme à des 'étrangers; ils sont persécutés par les
Grecs et ceux qui les détestent ne sauraient dire la cause de leur
haine. En un mot, ce que l'âme est dans le corps, les chrétiens le sont
dans le monde.

Lettre à Diogène

3
[Link] vco@[Link]

AU SUJET DES SEPT DORMANTS


(Histoire des rois des Angles par Guillaume, moine de Malmesbury) 3

… Un saint jour de Pâques il s'était mis à table près de Westminster, coiffé du diadème,
et entouré d'un escadron de nobles. Comme les autres, compensant le long jeûne du carême
par des victuailles fraîches, mangeaient avec appétit, lui, détournant son esprit des affaires
terrestres, aperçut quelque chose de divin et attira l’attention des convives en se laissant aller à
un grand rire; personne n'osant lui demander la cause de cette gaieté, on se tut alors, du moins
jusqu'à ce que la satiété mît fin au repas. Mais une fois les tables retirées, comme il se
dépouillait de ses ornements royaux dans la salle à manger, trois nobles qui l'avaient suivi, dont
le premier était Harold, le second un abbé, le troisième un évêque, encouragés dans leur audace
par la familiarité, lui demandent pourquoi il avait ri; il y avait pour tout le monde lieu de s’étonner,
et non sans raison, pourquoi dans un jour et une circonstance si solennels, alors que tous les
autres se taisaient, il avait émis un rire de bouffon. Il dit qu'il avait vu des choses étonnantes et
qu'il n’avait pas ri sans cause. Alors les autres de poser des questions, comme c’est l'habitude
de l'esprit humain, et d'en demander la cause avec assez d'ardeur pour qu'il leur en fasse part
en condescendant à leurs supplications. Lui, ayant beaucoup hésité, répondit enfin à leurs
instances de façon étonnante, que les sept dormants sur le mont Celius reposaient depuis deux
cents ans sur leur côté droit, mais que maintenant, à l'heure même où il avait ri, ils avaient
tourné sur leur côté gauche. Qu'ils reposeraient soixante-quatorze ans ainsi, présage terrible
aux malheureux mortels. Car tout arriverait de ce que le Seigneur avait prédit à ses disciples à
propos de la fin du monde pendant les soixante-quatorze ans : «un peuple se dresserait contre
un autre, un royaume contre l'autre, des tremblements de terre par le pays, la peste et la faim,
des sujets de terreur, et de grands signes, des changements d’empire, des guerres des païens
contre les chrétiens, et de nouveau des victoires des adorateurs du Christ sur les païens.» Aux
assistants qui s'étonnaient, il apprit la passion des sept dormants et exposa la position de
chacun des corps, qu’aucun écrit n’enseigne, aussi promptement que s’il partageait leur vie
quotidienne.
Après avoir entendu cela, le comte envoya un soldat,
l’évêque un clerc, l'abbé un moine, avec des lettres de leur
roi et des présents, à Manichès, l'empereur de
Constantinople, pour examiner la vérité de ces paroles.
Lui les ayant favorablement reçus chez lui, les
adressa à l'évêque d'Éphèse, munis d’une lettre qu'ils
appellent d'un mot équivalent à sacrée, afin qu’on montrât
aux envoyés du roi d’Angleterre les dépouilles des sept
martyrs dormants. Cela fut fait et la prophétie du roi Edouard
prouvée par tous les Grecs, qui jurèrent avoir appris de leurs
pères que ces sept reposaient sur leur côté droit, mais
annoncèrent à leurs familiers après l'entrée des Anglais dans
la caverne la vérité de la prophétie étrangère. Et
l'accélération des malheurs ne tarda pas: les Agarènes, les
Arabes, les Turcs, peuples qui bien sûr ne connaissaient pas
le Christ, ayant ravagé la Syrie, la Lycie, et toute l'Asie
Mineure et bien des villes de la Grande Asie, dont Éphèse, et
Jérusalem elle-même, envahirent les pays chrétiens. Alors
aussi, après la mort de Manichès, empereur de
Constantinople, se chassèrent mutuellement du trône
Diogène, Michel, Bucinacius, et Alexis, dont le dernier

3Le passage raconte un épisode placé vers 1060 de la vie d’Edouard III dit le Confesseur, né en
1004, roi d’Angleterre en 1042 et décédé en 1066, laissant pour successeur Guillaume duc de
Normandie.

4
[Link] vco@[Link]

nommé, régnant jusqu'à notre époque, laissa son fils Jean pour héritier, après s'être fait
connaître davantage par son astuce et ses fraudes que par sa probité, et avoir nui souvent à
ceux qui étaient sur le chemin du sacré pèlerinage. Cependant, recevant la foi des Anglais, il les
employait aux offices les plus proches de sa personne, transférant leur amour à son fils. Durant
les sept années les plus proches, trois papes, Victor, Étienne et Nicolas, affaiblirent le siège
apostolique par leurs morts rapprochées. Henri, le pieux empereur des Romains, mort aussi de
façon inattendue, eut pour successeur son fils Henri qui apporta beaucoup d'oppression au
monde romain par sa fatuité et sa scélératesse. La même année, Henri, roi des Francs, soldat
courageux et bon, mourut d'avoir bu un breuvage. Peu de temps après, une comète apparut,
annonciatrice à ce qu’on dit, de changements d'empire, traînant ses longs cheveux de flamme à
travers l'espace. À la suite de quoi un moine de notre monastère, nommé Eilmerius, baissant la
tête à la vue de l'astre étincelant, écrivit ces belles paroles : «Tu es venue, deuil de bien des
mères, il y a longtemps que je t'ai vue, mais je te vois maintenant plus terrible, toi qui lances la
destruction sur ma patrie.»

(Trad. M. Wiedemann)

La vénération de la Mère de Dieu

L'orthodoxie est la vénération correcte de la toute pure et toute sainte Vierge Marie,
l'Enfantrice de Dieu, qui, avec l'assemblée des prophètes, des apôtres, des martyrs et de tous
les saints, est notre médiatrice veillant toujours devant Dieu. Au sujet de la vénération de la
Mère de Dieu, l'Église catholique romaine s'écarte aussi grandement de l'ancien
enseignement orthodoxe de l'Église. Nous pensons notamment à l'enseignement catholique
connu comme le dogme de l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu.
Dans la promulgation officielle de ce dogme par le siège de Rome, il est dit : «La
bienheureuse Vierge Marie, dès le premier instant de sa conception, par grâce et par privilège
spécial de Dieu tout-puissant, en considération des mérites de Jésus Christ, Sauveur du genre
humain, fut préservée de toute tache du péché originel» (Bulle du Pape Pie IX concernant le
nouveau dogme, 1854). En d'autres termes, la Mère de Dieu, à sa conception, par un acte
spécial de la Providence divine, aurait été délivrée du péché originel, qui, par voie d'hérédité,
s'est transmis de notre ancêtre à tout le genre humain.
Le premier millénaire chrétien ne connaissait pas une telle doctrine. À partir du 12e
siècle, c’est-à-dire dès la séparation de l'Église d'Occident de l'Église universelle, l'idée de
l'Immaculée Conception commença à se propager parmi le clergé et les laïcs. La nouvelle
doctrine provoqua une multitude de disputes. Des théologiens renommés latins, tels Thomas
d'Aquin, Bernard de Clairvaux et d'autres, la rejetèrent.
L'Église orthodoxe reconnaît la naissance de la Mère de Dieu comme sainte,
immaculée et bienheureuse, dans le sens que cette naissance se produisit par le fait de
parents âgés, qu'elle fut annoncée par un ange de Dieu, qu'elle servit au salut de l'humanité,
mais que cette naissance eut lieu par les lois habituelles de la vie humaine, au sens spirituel
comme au sens physique. La Mère de Dieu nous est chère aussi parce qu'elle a la même
nature que nous tous; mais par la lutte ascétique de sa vie, dès son enfance, elle vainquit en
elle-même sa nature pécheresse et fit son ascension comme plus vénérable que les chérubins
et incomparablement plus glorieuse que les séraphins. Mais s'il lui avait été donné une nature
spirituelle différente de la nôtre en dehors de sa volonté, alors elle ne serait plus semblable à
nous et ne pourrait plus constituer notre gloire. Nous ne pourrions pas dire alors à Dieu :
«Nous Te l'avons donnée,» comme le dit l'Église à ce sujet, lors de la fête de la Nativité du
Christ.
Les catholiques, visiblement désireux de magnifier la Mère de Dieu, la séparent en fait
de l'humanité et lui attribuent une nature spirituelle différente. Le dogme catholique romain de
l'Immaculée Conception n'élève pas, mais rabaisse la Mère de Dieu, puisque, si elle est née
libre de péché et sainte, alors son acquisition de la sainteté n'est pas son propre mérite. Ce
dogme rabaisse également l'œuvre de la rédemption de l'homme par la mort du Christ,
puisqu'il laisse la place à la possibilité – ne serait-ce que pour une seule personne –
d'atteindre la sainteté en dehors de cette rédemption.
V. Potapov

5
[Link] vco@[Link]

SUR L’ANTICHRIST

saint Ignace Briantchaninov (1807-1867)

«… L’Antichrist viendra dans son temps déterminé d’avance. Sa venue sera précédée
d’une apostasie générale de la foi chrétienne chez la majorité des hommes. C’est par l’apostasie
du Christ que l’humanité se préparera à recevoir l’Antichrist et l’accueillera dans son esprit. Dans
la disposition même de l’esprit humain se développera un besoin d’inviter l’Antichrist… La
société humaine émettra un cri, un appel puissant pour l’intervention d’un génie des génies
capable de faire progresser le développement matériel jusqu’au plus haut degré, établissant sur
la terre un bien-être factice, qui rendrait le ciel et le paradis superflus pour l’homme. L’Antichrist
sera donc la conséquence logique, naturelle et bien-méritée de toute la déchéance morale et
spirituelle des hommes».
«La plupart des hommes croient être des vrais chrétiens tout en ignorant le christianisme,
qu’ils confondent avec les théories philosophiques mondiales. Les hommes veulent un Christ
qui leur parle de cette vie temporelle et non de la vie éternelle. Ils désirent un Christ qui leur offre
les biens de cette vie ici-bas et non de celle de l’au-delà, qu’il soit un chef de cette vie terrestre
et non le Chef de la vie future. Par cela même, les hommes se précipitent pour recevoir
l’Antichrist – tout comme les juifs au temps du Christ et à toute époque depuis lors. Les juifs ont
attendu le Messie pendant des siècles, et lorsqu’il vint, ils ne le reçurent pas, mais le crucifièrent.
Pourquoi ? Parce que le Christ n’était pas tel qu’ils l’imaginaient ou voulaient qu’il fût. Ils
attendaient un roi terrestre, un conquérant du monde qui puisse soumettre au peuple d’Israël
tous les peuples de l’univers, en donnant de la force et de la gloire à ses adeptes.
Cependant en le voyant pauvre et humble, doux et plein de paix divine, en voyant qu’il
leur offrait des biens célestes au lieu de biens terrestres, ils comprirent qu’il ne leur convenait
pas. Il n’était pas le Messie qu’ils attendaient, mais juste son contraire. C’est pourquoi ils le
crucifièrent et se mirent à attendre un autre Messie, qu’ils continuent toujours à attendre et qu’ils
accueilleront enfin en la personne de l’Antichrist à venir.
Aujourd’hui, les juifs et des millions d’hommes se prétendant chrétiens, attendent un
messie à la mesure de leur opinion. Ce messie là, quand il se présentera à eux, donnera aux juifs
tous les biens matériels qu’ils attendaient du Christ. Ce messie les frappera par ses miracles et
ses prodiges, qui effrayeront les hommes jusqu’au bout de la terre et qui tout en rampant
tomberont à ses pieds. Il réunira en un seul état mondial tous les peuples de la terre, ce qui
remplira de joie le cœur des scribes et des pharisiens. Il sera non le Christ, mais l’Antichrist.
L’Antichrist n’apparaîtra pas dans l’histoire humaine d’une manière foudroyante, il n’aura
pas un aspect repoussant, car il pratiquera une morale toute humaine. Il viendra après une
préparation séculaire qui a commencé depuis le début de l’Eglise – par le mystère d’iniquité (II
Th 2,7) – et qui continue sans interruption jusqu’à aujourd’hui. Une lente apostasie sera alors
consommée, préparant l’humanité à recevoir l’Antichrist qu’elle attend comme son chef idéal.
Dans la personne de l’Antichrist, l’humanité verra son plus grand bienfaiteur.
Bien sûr, personne ne peut dire quand et comment viendra l’Antichrist. Ce qui est
cependant certain est que la somme des compromis des hommes et l’uniformisation de
l’humanité ouvriront le chemin à l’Antichrist. Une pareille évolution de l’humanité peut être
excellente selon le critère mondain. Cependant, selon le critère chrétien, cette évolution
exprimera une dégringolade vers la catastrophe. La mort de ce monde arrivera [lorsqu’il sera] au
sommet de sa gloire, au sommet de la tour de Babel, au sommet de l’orgueil humain, lorsque
l’homme se trouvera au zénith de son ambition orgueilleuse et voudra se diviniser par ses
propres forces, sans tenir compte de Dieu. Le plus tragique est que le mal se présentera aux
yeux des hommes comme un bien. […] La catastrophe vers laquelle se dirige l’humanité aura
l’apparence de sa plus grande réussite. Ce sera le sommet de la tour de Babel. Le point
culminant de la vanité humaine. Le couronnement de l’orgueil humain ! Tout ceci n’effraye pas le
chrétien qui sait d’avance que le monde se condamne par lui-même. […]
Toutefois, au temps de l’Antichrist, l’Arche de l’Eglise pourra difficilement être distinguée.
Ce qu’on reconnaîtra officiellement comme Eglise aura par degré trahi le trésor de la Foi et
rappellera une bouillie unifiée, qui à l’aide de la ruse luciférienne possédera certaines
apparences de l’Eglise. Et seuls des petits groupes épars de fidèles (avec une partie minime du
clergé) auront conservé vivante la vraie Tradition. Qui donc pourra reconnaître l’Eglise du Christ

6
[Link] vco@[Link]

dans ces petits groupes de vrais croyants orthodoxes méprisés et privés de tout éclat
extérieur ? Cependant, c’est juste ces petites paroisses éparses et sans coordination, mais liées
entre elles par des liens mystiques du Corps et du Sang du Seigneur, dans le saint Esprit, dans
la seule Foi et la Tradition inaltérée – c’est justement elles qui représenteront vers la fin du
monde l’Eglise orthodoxe une sainte catholique apostolique.
En ce temps-là, même les élus risqueront de s’égarer. Il faudra une grande hardiesse
pour qu’un homme ose adhérer à cette minorité de vrais croyants au risque d’être moqués par
les intelligents et les forts de ce monde. Il faudra une grande sagesse pour distinguer la vérité, là
où tout le monde ne verra que de la naïveté et de la bizarrerie idiote. Combien d’entre les
hommes pourront alors trouver leur chemin, lorsque tous les phares indiqueront de fausses
voies ? Alors, celui qui persévéra jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé.» (Mt 10,22)

NOUVELLES DU CAMEROUN

Après un mois passé au Cameroun, me voilà de retour au Foyer, pour repartir


probablement bientôt pour la Grèce.
Le séjour au Cameroun fut fructueux, mais bien fatigant. J’étais surtout dans
le Nord où deux nouvelles paroisses furent fondées.
À Garoua, nous avons construit la chapelle Saint-Nectaire-d’Égine. Elle n’est
pas terminée, – faute d’argent –, mais déjà opérationnelle. Nous avons concélébré la
première liturgie.

7
[Link] vco@[Link]

À Mayo Batga se trouve la chapelle Saint-Georges-le-Trophéophore, que les fidèles


ont construite en attendant une meilleure solution. Le père Martial a célébré un office
avec les fidèles, pendant que je gardais le lit à cause du paludisme.

La dernière semaine, j’étais au foyer à Omog.

a. Cassien

8
[Link] vco@[Link]

COMME DES DIEUX


Le serpent disait à Eve dans le jardin d’Eden : «Vous ne mourrez point; mais Dieu sait que, le
jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et que vous serez comme des dieux,
connaissant le bien et le mal.» (Gen 3,5) Pourquoi le Malin dit «comme des dieux», et non
comme Dieu puisque le mystère de la sainte Trinité ne fut pas encore révélé aux protoplastes,
selon ma compréhension ? Ils conversaient avec le «Seigneur Dieu» au paradis, est-il écrit.
Lucifer et ses anges se considéraient comme Dieu, ce qui a entraîné leur chute. Au lieu
d’accepter leur condition de créature, ils se sont haussés au rang du Dieu Créateur.

D’ailleurs, le diable ne dit pas «comme Dieu», mais bien «vous serez comme des dieux»,
c’est-à-dire «connaissant le bien et le mal», ce qui a entraîné leur chute. «De peur que vous ne
mouriez,» le prévint Dieu. Il s’agissait d’une immaturité des premiers parents, je pense, et non
d’un arrêt définitif.
«Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait,» (Mt 5,48) nous est demandé, ce
qui inclut aussi la connaissance du bien et du mal.
Les faux dieux, à qui la descendance d’Adam et d’Eve crurent par la suite, ne sont que les
anges déchus, des démons. Au lieu de connaître le bien et le mal, l’homme s’est aveuglé et
adore tout sauf le vrai Dieu. Voilà où le conseil du Malin et la désobéissance de nos premiers
parents nous ont amenés. Au lieu de devenir des dieux, par adoption, nous nous sommes
abaissés au rang des bêtes sans raison.
Le remède pour revenir à notre vraie vocation, c’est humilité (reconnaissant notre état de
créatures déchus) et le repentir. Que le Seigneur Dieu nous vienne donc en aide !

archimandrite Cassien

9
[Link] vco@[Link]

L’HISTOIRE DU MOINE-MARTYR

Le 15 octobre on commémore le martyre d'un moine chrétien auquel se


rapporte une narration édifiante. Celle-ci a été écrite au 12e siècle par Maurice, le
diacre de la grande Église du Christ, la voici :
Un certain moine vivait dans une skite en Égypte et avait été pendant
longtemps le novice d'un ancien. Mais envié par le diable et cédant aux attaques
démoniaques, il renia l'obédience et, abandonnant son ancien, il descendit à
Alexandrie pour se faire missionnaire. Son ancien l’avertit certainement que s'il
désobéissait, il lui infligerait une lourde pénitence. Lui, ne l’écouta en rien. Il
descendit volontairement à la ville d’Alexandrie.
C’était alors les dernières années des persécutions des chrétiens.
Là, dans la ville, le seigneur idolâtre l'arrêta (car il portait l'habit monastique)
et le pressa de renier son habit et le Christ. Pourtant il s’obstina avec courage dans
sa foi. Alors, on lui enleva l'habit et on le fouetta durement.
Cependant, il restait inébranlable dans sa foi. Alors, après bien des tortures,
les bourreaux décidèrent de le décapiter. Et ainsi firent-ils. Ils l’attrapèrent, lui
coupèrent la tête et jetèrent son corps hors de la ville pour que les bêtes sauvages le
dévorent.
Pourtant, de pieux chrétiens, qui avaient assisté au martyre, allèrent de nuit et
prirent secrètement son saint corps. Ils l'embaumèrent d'aromates, l’enveloppèrent
d'un linceul et le déposèrent dans une urne funéraire dans le sanctuaire d'une église
de la ville d'Alexandrie pour qu'on l'honore comme la relique d'un martyr.
Cependant, chaque fois qu’on célébrait la divine Liturgie et que le diacre
prononçait : Tous les catéchumènes retirez-vous. Les catéchumènes, retirez-vous.
Aucun de catéchumènes, l'urne funéraire avec la relique du saint martyr s'élevait en
l'air, passait au-dessus des têtes des fidèles et allait au narthex où elle restait
jusqu'au congé ! Lorsque le prêtre disait : par les prières de nos Pères saints …,
l’urne funéraire rentrait de nouveau toute seule à sa place, c'est-à-dire dans le
sanctuaire.
Tous s'en étonnaient. Ils admiraient l'évènement mais ils ne pouvaient
l’interpréter. L'effroi et la peur à la fois commencèrent à troubler les fidèles. Ils
allèrent trouver un fameux sage ascète de l'Eglise pour qu'il donne une explication à
ce fait étrange.
Il recourut au jeûne et à la prière. Il eut donc la réponse. Quelques jours
après, un ange du Seigneur lui apparut et lui dit :
N'admire pas et ne t'en étonne pas. Ce frère-ci, qui a été rendu digne de
verser son sang en faveur du Christ et à qui pourtant il n'est pas permis de se
trouver dans le sanctuaire lors de la divine Liturgie lors du sacrifice non-sanglant,
sache qu'un ange du Seigneur l’emmène, le fait sortir et l'amène au narthex. Car
alors qu'il était le novice de l'ascète X, que tu connais, il renia l'obédience. Lorsque
son ancien, à juste titre lui infligea une pénitence, lui le quitta et descendit à
Alexandrie. En tant que martyr il reçut la couronne du martyre mais il ne peut pas se
trouver dans le sanctuaire lors de la Liturgie des fidèles car comme il traîne la
pénitence de son ancien il appartient à la catégorie des repentants c’est-à-dire de
ceux qui, étant sous pénitence, ne l’ont pas encore effectuée. Par conséquent, lors
de la Liturgie des fidèles il doit se trouver au narthex avec les catéchumènes et les
repentants.
Le problème peut être résolu, continua l'ange, si son ancien lui-même lève la
pénitence, mais il est à noter qu'il ne sait pas que son disciple est mort comme un
martyr pour la sainte foi du Christ, n'ayant pas voulu faire de sacrifices aux idoles.
L'ange du Seigneur révéla tout cela à ce grand ascète. Quand ce saint père
apprit cela, il prit son bâton, il alla chez l’ancien et lui raconta tout.

10
[Link] vco@[Link]

Ensuite, ils descendirent tous les deux à Alexandrie. Ils allèrent à l'église où se
trouvait la relique de martyr du novice, il ouvrirent l'urne contenant le corps du
martyr et ils lui lurent la prière d'absolution et de déliement de la pénitence que son
ancien lui avait donnée. À la fin, après l'avoir baisé, ils fermèrent l'urne, ils firent une
longue prière glorifiant Dieu et puis s’en allèrent.
Dès lors, chaque fois qu'on célébrait la Liturgie, la relique du moine-martyr
restait immobile à sa place dans le sanctuaire, répandant une odeur suave dans
toute l’église, que tous les assistants fidèles pouvaient sentir.

C'est aux serviteurs forts et puissants que le Maître attribue l'œuvre


lourde et les tâches faciles aux infirmes et aux faibles.

Dans la vie du vénérable Jean le Grand-souffrant des grottes de Kiev

Il y avait une fois un sacristain décent et très respectueux qui avait la crainte de Dieu. Il
était de ces sacristains qu'on cherche à avoir comme serviteurs dans les églises.
L’église était dédiée à saint Jean le Précurseur. Le sacristain donc devait faire sonner
trois ou quatre cloches à l’aide des deux mains.
Cependant, il tomba et se blessa la main gauche. Il ne pouvait plus sonner les cloches
avec une seule main, ce qui le désolait beaucoup. Une grande fête approchait et il savait qu’il
ne pourrait pas sonner, comme d'habitude, mélodieusement et de façon rythmique, tantôt
l'une, tantôt l'autre, tantôt deux, tantôt
trois cloches, comme on le fait au Mont
Athos.
Que faire maintenant ? Il alla
donc vers l'icône de saint Jean le
Précurseur et lui dit : Écoute-moi saint
Jean ! Cette église est à toi, tu as vu ma
main, je ne peux pas sonner avec une
seule main. Viens ici. (le Précurseur,
étant descendu de son icône, le
sacristain le prit donc par la main !), et le
conduisit au clocher. Montre-moi
maintenant comment je puis sonner !
Saint Jean prit les cordes et en
fit quatre nœuds qu’il relia aux deux
pieds, à la main et au coude du
sacristain, lui indiquant une nouvelle
façon de sonner les cloches.
– Merci beaucoup !, dit le
sacristain au saint.
De ce moment-là, il sonna les
cloches comme saint Jean le lui avait
montré.

11
[Link] vco@[Link]

Le prêtre simple d’un diocèse, dans l’ancien temps, avait l’habitude de


commémorer des milliers de noms. Chaque fois qu’il célébrait, il mentionnait tous les
noms qu’on lui avait donnés depuis 25-30 ans et plus. Comme il étudiait beaucoup
l'histoire ecclésiastique, il commémorait nominativement des empereurs, des reines,
des généraux, des patriarches, des évêques – qui avaient tous été orthodoxes. Ainsi,
la commémoraison de tous ces défunts durait à peu près trois heures. C’est pourquoi
il allait à l'église trois ou quatre heures plus tôt que l'office des Matines. Durant 25
ans il fit ainsi chaque dimanche, jour de fête ou jour ordinaire.
Cependant, il avait un vice. Il buvait. Il buvait trop.
Une fois donc, durant une beuverie nocturne, il but jusqu'à l'aube, oubliant
que le lendemain il devait célébrer. Et des pèlerins devaient venir assister à cette
Liturgie. Il ne s'en souvint qu'à 5.00 h du matin.
Alors, que se passa-t-il ?
Complètement ivre, il se rendit à l’église pour célébrer. Il ne s’attarda pas à la
sainte prothèse car il ne voyait pas les lettres des noms à cause de son ivresse. La
divine Liturgie se déroula, la consécration prit fin et il parvint à communier lui-
même.
Toutefois, lorsque le moment fut venu de faire communier les fidèles,
l'étourdissement, l'insomnie et la longue veille le firent tomber par terre et le saint
calice tomba aussi !
Ce qui se passa ensuite est indescriptible. L'histoire ne dit pas ce qui se passa
avec la divine communion répandue par terre. On la ramassa sans doute le plus
méticuleusement possible pour la consommer ensuite, tandis que s'ensuivirent
l’incinération du sol, du tapis, des ornements sacerdotaux etc.
Lorsqu'il revint à lui, le bon prêtre, tout contrit, se fit tout petit dans un coin et
se mit à pleurer à chaudes larmes.
L'évêque apprit tout cela. Il connaissait d'un côté la grande vertu du prêtre et
d’un autre côté sa grande passion pour le vin. Il le convoqua, lui dit d'arrêter de
célébrer et qu’il l'appellerait dans trois jours pour lui annoncer sa décision.
L'évêque réfléchit à la situation sous tous ses angles. Finalement, il prit la
décision de réduire le prêtre à l'état de laïque. Il se dit que le jour suivant, il
l’appellerait et lui annoncerait sa décision.
Le soir, l'évêque se coucha normalement. Mais que vit-il pendant son
sommeil ? Il était assis sur son trône vêtu de son habit, mais portant son étole et
son omophorion qui sont les symboles de son pouvoir d'évêque. Des patriarches, des
évêques, des archiprêtres, des prêtres, des moines, des rois, des princes, des
princesses, des seigneurs, des barons et une multitude de gens de tous rangs,
hommes et femmes, jeunes et vieux, et des enfants commencèrent à venir vers
l'évêque, tendant les mains, le tirant de façon implorante par l'étole, par
l’omophorion, par la barbe, et le priant tout en pleurant pour la plupart, pour qu’il ne
destitue pas le prêtre de ses fonctions. Notre prêtre, notre prêtre, qui nous aidera
autant que lui ? Ils avaient tous les mains tendues et suppliaient, criaient et
pleuraient : Notre prêtre !
L’évêque se réveilla effrayé et en sueur. Il se dit : Comment donc le prêtre
aidait-il toutes ces personnes ? Il fit venir le prêtre et l'examina. Stupéfait, il apprit
que le prêtre commémorait durant plusieurs heures à la sainte prothèse.
Alors, il lui dit : Si tu me promets que tu ne boiras plus jamais, je ne
procèderai pas à ta destitution, je ne t'infligerai aucun jour de suspension et je te
pardonnerai de tout mon cœur. Continue donc à célébrer la sainte prothèse de la
sorte, tant que tu vivras. J'avais l'intention de te destituer de tes fonctions
aujourd’hui, mais les âmes commémorées ne m'ont pas laissé accomplir ma
première intention.

12
[Link] vco@[Link]

Souvent, le père Hadji-georgis l'athonite, se souvenait d'un ses bisaïeuls qui souffrait
d'affreuses douleurs à cause d'une maladie connue et incurable à son époque. Une fois, ayant
perdu patience, le malade pria Dieu de lui ôter la vie car il ne pouvait plus souffrir. Tout pieux
qu'il était, il fléchissait…
Alors, un ange lui apparut et lui dit :
Tu es éprouvé par les tourments sur la terre afin d'être purifié tout comme l'or dans le
fourneau et de resplendir comme le soleil. Tu dois donc être éprouvé un an de plus. Je te
demande : que préfères-tu ? Être tourmenté par les douleurs un an de plus ou trois heures aux
enfers afin de voir où vont les pécheurs impénitents et comment ils seront tourmentés dans les
siècles ?
Le vieux malade pensa : Un an de plus avec des tourments et d'affreuses douleurs ici,
dans le lit… ah ! C'est trop ! Il vaut mieux endurer patiemment trois heures, fût-ce dans l’enfer…
Il répondit donc à l'ange qu'il acceptait de rester trois heures dans l'enfer.
Immédiatement, l'ange le prit très doucement et l'emmena aux enfers. S'éloignant de lui, l'ange
lui dit : Je reviendrai au bout de trois heures.
Une insupportable obscurité épaisse dominait partout ainsi qu’une douleur infinie,
dévorante aussi. Un lieu d’affliction. Aucune lumière, aucun mot de réconfort. L'obscurité de
toujours qui régnait là, la cohue, les voix douloureuses des damnés qui arrivaient à ses oreilles et
leur aspect féroce, le malheur. Tout cela provoquait au pauvre vieillard une terreur et une
tristesse redoutables. Partout il voyait, et il entendait des tourments. Partout où il dirigeait son
regard, il n’y avait que le désespoir, la peur et la terreur de l’enfer. Pas une voix de joie dans
l’abîme insondable de l’enfer. Seuls les yeux des démons qui étaient sur le point de le
déchiqueter, se voyaient dans l’obscurité.
le malheureux commença à trembler et à crier mais seule l’abysse répondait à ses cris. Il
lui semblait que des siècles entiers de tourments et de douleurs étaient passés et il attendait
que d’un moment à l’autre l’ange vienne mais cela n’arrivait pas.
Finalement, désespéré de ne jamais voir le paradis, il commença à gémir, à pleurer.
Cependant aucun n'en avait le souci. Les pécheurs impénitents dans l'enfer ne se
préoccupaient que d’eux-mêmes : de leur propre tourment, de leur douleur insupportable. Ceux
qui étaient heureux, c'étaient les démons.
Finalement, voilà que l'aspect délicieux de l'ange lui apparut dans l'abîme. L'ange avec
un sourire paradisiaque s'arrêta au-dessus du supplicié et lui demanda :
Comment ça va, mon cher ?
Je ne croyais pas que les anges puissent dire des mensonges, murmura le supplicié
d'une voix éteinte.
Que veux-tu dire ? demanda l'ange.
Eh bien, continua le pauvre, tu m'as promis de me ramener après trois heures, et depuis,
j'ai l'impression que des milliers d’années, plusieurs siècles sont passés dans d'insupportables
tourments. Tu n’as pas eu pitié de moi ? Tu m'as raconté des histoires.
Homme béni, quelles années, quels siècles ? dit l'ange surpris. Une seule heure s’est
écoulée depuis que je suis parti et tu dois rester deux heures de plus.
Je préfère cent fois être tourmenté sur terre et beaucoup plus que ça, et non seulement
pour un an, mais pour toute la vie. Cependant, retire-moi de ce lieu, sors-moi de l'horreur de
l’enfer; aie pitié de moi; pas deux heures de plus ! Ainsi cria et gémit le supplicié levant ses bras
en implorant l'ange.
Bon, répondit l'ange. Le Dieu de bonté, ami des hommes, miséricordieux, affectueux,
aura pitié de toi. Rends gloire au philanthrope et ne gémis plus dorénavant...
En achevant ces mots, il le saisit et immédiatement il se retrouva sur son lit, glorifiant et
remerciant Dieu pour ses maladies et ses douleurs, jusqu'au jour de sa dormition.

L’infirmité du corps est source de grâces plus abondantes que la santé.


saint Ambroise de Milan (de la penitence)

13
[Link] vco@[Link]

SAINTE CHRYSI DE SLATENA

Chrysi 4 était fille d’un pauvre Bulgare de Slatena, dans l’éparchie de Moglena
en Macédoine. Un jour qu’elle était sortie avec quelques compagnes pour ramasser
du bois, un Turc, aidé de ses amis, se saisit d’elle, l’emmena chez lui, et, d’abord par
la douceur, puis par les menaces, s’efforça vainement d’obtenir d’elle qu’elle
embrassât l’islam et devint son épouse.
Pendant six mois, Chrysi, résista
aux instances des femmes turques
auxquelles son ravisseur l’avait confiée,
de ses parents et de ses quatre soeurs
qui, sous la pression de la peur, lui
conseillaient de céder. Vint le tour de la
violence. Les trois mois qui suivirent, la
jeune fille fut battue chaque jour. Ses
bourreaux lui enlevaient par lanières des
l a m b e a u x d e c h a i r. E n f i n , i l s
l’attachèrent à un poirier sauvage, et, se
jetant sur elle avec leurs poignards, la
coupèrent littéralement en morceaux, le
13 octobre 1795. Des chrétiens
recueillirent ses restes et leur donnèrent
une sépulcre honorable.
Durant son long martyre, Chrysi
avait pu avertir son confesseur et se
recommander à ses prières. C’était un
moine nommé Timoûthée, appartenant
au monastère athonite de Stavronikita,
et lui-même a fourni à Nicodème
l’Hagiorite les détails qui précèdent.

Voici ce qui se passa dans l'île de Psara, comme nous le rapporte la tradition. Dans
une région de l'île, dite Fidholakkos, il y a un monastère dédié à sainte Matrone. A
cette époque assez ancienne, dans cette région vivaient beaucoup de serpents. Une
fois, lors d'une Liturgie, un petit serpent tomba d’une voûte du sanctuaire dans le saint
calice immédiatement après la sainte transformation. Le prêtre fut horrifié et s'en
effraya. Que pouvait-il faire ? Il ne pouvait pas le jeter, car il avait été imbibé par la
divine communion. Il fit communier les quelques fidèles qui étaient venus à la Liturgie,
et à l'heure de la consommation, il dut le manger. La grâce de Dieu le couvrit, comme
tant d’autres avant lui et rien ne lui arriva. Pourtant, il en fut moralement meurtri. Il
s'indigna et sortit hors de l’église, en criant de douleur, et demanda au Christ qu'il
fasse que tous les serpents disparaissent de l'île. C’est ainsi que jusqu'à aujourd'hui, il
n’y a plus aucun serpent sur l'île de Psara.

4 Le Bulgares l’appellent : Slato.

14
[Link] vco@[Link]

HOMÉLIE POUR L’ENTRÉE AU TEMPLE DE LA TOUTE-SAINTE

Cette année, la fête de l’Entrée au Temple coïncide avec un dimanche, ce qui


fait que les textes liturgiques sont chantés alternativement selon l’ordre fixé par le
typikon.
Disons quelques mots concernant la fête de l’Entrée au Temple :
D’abord, les évangiles la passent sous silence et ne cherchons pas non plus des
explications chez les protestants. Un écrit apocryphe (le Protoévangile de Jacques)
en parle, mais comme il est suspect, ce n’est pas non plus là qu'il faudra se
renseigner. Ce n’est que dans la Tradition vivante de l’Église qu’on trouve des
indications sûres, et voici ce qu’elle nous révèle :
Quand la Vierge Marie avait trois ans, ses parents, Joachim et Anne, la
présentèrent au Temple, conformément aux vœux qu’ils avaient faits lors de sa
naissance. C’est le père de saint Jean le Précurseur, Zacharie, qui l’a reçue et
introduite, à la suite d'une révélation, dans le Saint des Saints même – qui était
pourtant réservé aux seuls prêtres. C’est là que la sainte Vierge a vécu, nourrie par
un ange jusqu’à l’âge de 12 ans. «Par son ange, Dieu assista la Vierge et lui envoya
de la nourriture mystique, par laquelle sa nature était fortifiée, pendant que son
corps arrivait à maturité et fut fait plus pur et plus exalté que les anges, ayant les
esprits célestes pour serviteurs.» (Homélie de saint Grégoire Palamas pour la fête). À
l’âge de la puberté, elle devait quitter le lieu saint à cause de l’impureté que cette
puberté entraîne. C’est en ce temps-là que le juste Joseph, déjà très âgé et père de
sept enfants, la prit sous sa protection et se fiança avec elle.
Voilà en bref ce que nous en rapporte la sainte Tradition.
Sur l’icône de la fête, nous voyons la Toute-sainte, accompagnée de vierges
d’Israël et conduite par ses parents, entrer dans le Temple, où Zacharie l’accueille.
Elle est aussi représentée parfois assise dans le Saint des saints, l’archange Gabriel
lui apportant de la nourriture céleste. C’est ce même Zacharie, dont parle
l’évangéliste Matthieu (cf. 23,35) qui fut tué entre l’autel et le sanctuaire, à cause de
la Toute-Sainte.
Voyons également ce que les textes liturgiques nous en disent et comment ils
éclairent ce que nous venons de dire :
«Du Seigneur ayant reçu le fruit de la promesse, Joachim et Anne ont offert en ce
jour dans le Temple la Mère de Dieu en agréable sacrifice; et le grand-prêtre
Zacharie l'accueille et la bénit.» (Petites Vêpres)
«Dans l'allégresse portant leurs lampes allumées, vers le Saint des saints les
jeunes filles en ce jour précèdent la lampe spirituelle et l'accompagnent en
procession, montrant d'avance l'ineffable Clarté qui d'elle-même devait briller pour
illuminer en l'Esprit ceux qui étaient assis dans les ténèbres de l’erreur.» (Grandes
Vêpres)
«Après ta naissance, divine Fiancée, tu fus présentée au Temple du Seigneur pour
être élevée dans le Saint des saints, comme vierge sanctifiée; alors Gabriel fut
envoyé auprès de toi, la toute-immaculée, pour te porter la nourriture d'en haut;
toutes les puissances des cieux s'étonnèrent de voir l'Esprit saint élire en toi son
logis. Vierge sans souillure ni péché, glorifiée sur terre comme au ciel, sauve-nous
tous, ô Mère de Dieu.» (Grandes Vêpres)
«L'ayant mise au monde contre tout espoir, Joachim et Anne s'engagèrent
pieusement à présenter la vierge pure à notre Dieu; en ce jour ils s'acquittent de
leur vœu en offrant leur fille en la maison du Seigneur.» (Canon des Matines)
Voilà quelques hymnes liturgiques, choisies parmi tant d’autres, qui parlent, lors
de la fête, de celle qui fut sanctifiée dans le Temple terrestre et qui devint le Temple
où le Sauveur S’incarna.
archimandrite Cassien

15
[Link] vco@[Link]

L’apparition de la Vierge au president Bashar al Assad


dans le monastÈre Notre-Souveraine de Saidnaya
Il faisait nuit dans le monastère de Notre-Souveraine de Saidnaya, région de Damas. Le
monastère était déjà fermé. Un visiteur inattendu frappait constamment la porte. La religieuse
responsable de la saisie de la porte ouvre après avoir demandé qui était.
«C’est le Président de la République Arabe de Syrie, Bachar al Assad.» Les religieuses étaient
surprises par la soudaine et inattendue imposante présence de l΄homme. L΄accueillant avec du
respect, elles lui indiquent le chemin pour faire son pèlerinage dans la grotte où se trouve l΄icône
miraculeuse de la Vierge. Le Président les a prié de veiller à ce qu’il soit seul dans le temple, car
il voulait prier devant Marie en discrétion et en silence .Le président entre dans le temple … la
porte bien fermée derrière lui … Au crépuscule pour prier Marie … Après une période courte, les
moniales le voient sortir. Elles l’approchent et le demandent s’il avait accompli sa visite. Bachar
al Assad a exprimé sa satisfaction relative car il leur a rapproché de ne pas l’avoir laissé seul
dans le temple.
«Je vous avais demandé d’être seul dans l’église. Pourquoi une moniale est entrée ? Je
vous avais dit de ne permettre à quiconque d’entrer là où j’ étais.»
Les religieuses ont répondu qu’aucune religieuse ou autre femme n’est entrée dans le
temple et qu’elles ont gardé leur engagement et respecté son ordre. Mais la femme en noir qui a
pénétré dans la grotte et est passée à côte du Président était la Souveraine du monastère elle
même. Elle a fait sentir sa présence pour montrer au cercle des personnes qui avaient pris
connaissance de la visite secrète du Président, qu’elle le soutient et qu’elle l’aime.

L’incident a eu lieu avant une année pendant la guerre meurtrière en Syrie.

Dans : [Link]

16

Vous aimerez peut-être aussi