Fonctions à Deux Variables en Économie
Fonctions à Deux Variables en Économie
Ben Abdellah
Faculté Polydisciplinaire Taza
Département des Mathématiques
Filière: Tronc commun Economie-S1 •
Pr. M. EL ANSARI
Intitulé du module:
Mathématique 1
0.1 Généralités
Q = f (L, K)
où:
2. Fonction d’utilité
La fonction d’utilité représente la satisfaction d’un consommateur en fonction
de la consommation de deux biens. Elle peut s’écrire comme:
U = f (X, Y )
où :
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3. Fonction de coût
La fonction de coût montre le coût total en fonction de la quantité produite et
d’autres facteurs. Elle peut être formulée comme :
C = f (Q, P )
où :
4. Optimisation
Dans le cadre de l’optimisation, les fonctions de deux variables sont souvent
utilisées pour maximiser l’utilité ou minimiser les coûts. Par exemple, on peut
chercher à maximiser une fonction d’utilité sous des contraintes budgétaires.
Applications
Analyse de marché : Comprendre comment le prix de deux biens affecte la
quantité demandée.
Théorie du consommateur : Étudier les choix des consommateurs entre deux
biens.
Planification de la production : Aider les entreprises à décider comment allouer
les ressources.
Ces fonctions permettent aux économistes d’analyser et de prédire le compor-
tement économique en tenant compte de l’interaction entre plusieurs variables.
0.1.1 Définitions
Définition 0.1. R2 est l’ensemble des couples (x, y) avec x et y des nombres réels.
Il est possible d’ajouter deux couples ou de multiplier un couple par un nombre réel
:
(
(x, y) + (x′ , y ′ ) = (x + x′ , y + y ′ )
λ(x, y) = (λx, λy), où λ ∈ R
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Exemple 2. Soit f la fonction définie par f (x, y) = ln(x + y − 1). f est une
fonction réelle de deux variables réelles. Elle est définie pour les couples (x, y) tels
que x + y − 1 > 0 soit Df = (x, y) ∈ R2 tel que y > 1 − x}. Df est le demi-plan
supérieur délimité par la droite d’équation y = 1 − x (privé de cette droite).
F (x, y) = Axa y b
Les fonctions de type Cobb-Douglas sont très souvent utilisées pour décrire la
relation entre l’utilisation des facteurs de production : le capital K et le travail L
sont appelés inputs ou intrants) et F (K, L) représente le nombre d’unités produites,
appelé output ou extrant. On parle alors d’une fonction de production de type Cobb-
Douglas.
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xy
Par exemple, la fonction f (x, y) = x−y est une fraction rationnelle définie sur
2
R privé de la droite ∆ d’équation y = x.
x2 −y 2
La fonction g(x, y) = x2 +y 2 est une fraction rationnelle définie sur R2 −
{(0, 0)}.
Définition 0.3. Le graphe de f est l’ensemble des éléments de R3 (on parle alors de
triplets) de la forme (x, y, f (x, y)) avec (x, y) ∈ D. C’est une surface. Soit k ∈ R,
l’ensemble Ck = (x; y; z) ∈ R3 | f (x, y) = k où (x, y) ∈ D} est appelé courbe de
niveau k de la fonction f .
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0.2.1 Limite de f en X0
Définition 0.4. Soit f une fonction réelle de 2 variables réelles définie sur l’ensemble
D et X0 un point de R2 . On dit que f tend vers ℓ lorsque X tend vers X0 , (X restant
dans D) si :
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Cela signifie que f (X) est "proche de ℓ "quand X est "suffisamment proche de
X0 . On notera dans ce cas : lı́mX→X0 f (X) = ℓ.
X∈D
0.2.2 Continuité de f en X0
0.3.1 Définitions
∂f f (x0 + h, y0 ) − f (x0 , y0 )
(x0 , y0 ) = lı́m
∂x h→0 h
et
∂f f (x0 , y0 + h) − f (x0 , y0 )
(x0 , y0 ) = lı́m
∂y h→0 h
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Définition 0.7. Soit f une fonction de 2 variables réelles définie sur un sous-
ensemble D de R2 . f est dite dérivable sur D si f est dérivable par rapport à x et
à y, en tout point de D.
f (x, y) = x3 y + x2 y 2 + x + y 2
On a:
∂f
(x, y) = 3x2 y + 2xy 2 + 1
∂x
∂f
(x, y) = x3 + 2x2 y + 2y
∂y
Exemple 6. Considérons la fonction f définie par:
f (x, y) = ln x2 + y 2 − 1 .
Elle est définie sur D = (x, y) ∈ R2 tel que x2 + y 2 − 1 > 0 .
La fonction f est dérivable sur D (comme composée de fonctions dérivables) et
on a :
∂f 2x
(x, y) = 2
x + y2 − 1
∂x
∂f 2y
(x, y) = 2
∂y x + y2 − 1
∂2f ∂2f
∂ ∂f ∂ ∂f
≡ , ≡
∂x ∂x ∂x2 ∂y ∂x ∂y∂x
2
∂2f
∂ ∂f ∂ f ∂ ∂f
≡ , ≡
∂x ∂y ∂x∂y ∂y ∂y ∂y 2
Vous rencontrerez aussi la notation suivante :
∂2f ′′ ∂2f 2
′′ ∂ f ∂2f
≡ fxy , ≡ fyx , 2 ≡ fx′′2 , 2 ≡ fy′′2
∂y∂x ∂x∂y ∂x ∂y
Attention
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′′
Dans les notations, il faut respecter l’ordre de dérivation. fyx indique que l’on
∂2f
dérive par rapport à y puis x, ce qui correspond à .
∂x∂y
Définition 0.9. Si les 2 dérivées partielles premières de f sont dérivables par
rapport aux deux variables, en tout point de D, on dit que la fonction f est deux
fois dérivable sur D.
Exemple 7. Soit f définie sur R2 par f (X) = f (x, y) = xy 2 + 3ex y. f est une
fonction dérivable par rapport à x sur R2 car c’est une somme de fonctions déri-
vables.
∂f
On a en particulier (X) = y 2 + 3ex y, pour tout X = (x, y) ∈ R2 . Cette
∂x
fonction dérivée partielle est elle-même dérivable sur R2 et on a :
∂2f ∂2f
fx′′2 (X) = 2
′′
(X) = 3ex y, fxy (X) = (X) = 2y + 3ex
∂x ∂y∂x
Exemple 8. Soit f définie sur R2 − {(0, 0)} par f (X) = f (x, y) = ln x2 + y 2 . f
est une fonction dérivable par rapport à y sur R2 − {(0, 0)} (composée d’une fon-
ction polynomiale et de la fonction ln, elles mêmes dérivables). On a en particulier
∂f 2y
(X) = 2 , pour tout X = (x, y) ∈ R2 . Cette fonction dérivée partielle est
∂y x + y2
elle-même dérivable sur R2 − {(0, 0)} et on a :
′′ ∂2f 4xy ′′ ∂2f 2 x2 − y 2
fyx (X) = (X) = − 2 , fy 2 (X) = ∂y 2 (X) = 2
∂x∂y (x2 + y 2 ) (x2 + y 2 )
∂2f ∂2f
(X) = (X)
∂x∂y ∂y∂x
Remarque 0.4. Ce théorème est utile dans la pratique car il diminue le nombre
de calculs à effectuer. ( 3 dérivées partielles secondes au lieu de 4 ). De plus, il
s’applique généralement à toutes les fonctions que vous rencontrerez en économie.
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Ces fonctions dérivées partielles sont elles-mêmes dérivables sur R2 et les dé-
rivées partielles seront des fonctions polynomiales donc continues sur R2 , on peut
appliquer le théorème précédent:
∂2f ∂2f
(X) = (X) = 6y 2
∂x∂y ∂y∂x
∂2f ∂2f
Par ailleurs, (X) = 6x et (X) = 12xy − 8
∂x2 ∂y 2
Définition 0.10. Soit f une fonction de 2 variables réelles définie sur un ensemble
D et X0 = (x0 , y0 ) un point de D tel que f (X0 ) ̸= 0.
L’élasticité de la fonction f , par rapport à la variable x, au point X0 , est
l’élasticité de la fonction x 7−→ f (x, y0 ) au point X0 .
Nous noterons : Exf (X0 ) cette élasticité. Nous avons donc:
fx′ (X0 ) x0 ∂f
Exf (X0 ) = x0 = (X0 )
f (X0 ) f (X0 ) ∂x
Exemple 10. Supposons que la quantité demandée d’un bien soit fonction du prix
unitaire p et du revenu R de la façon suivante :
50R
Q(p, R) =
p3/2
On a :
∂Q 75R ∂Q 50
= − 5/2 et = 3/2
∂p p ∂R p
L’élasticité de la demande par rapport au prix est :
∂Q p −75R p −75 −3
EpQ = × = 5/2 × 50R = = = −1, 5
∂p Q p p3/2
50 2
Q ∂Q R 50 R
ER = × = 3/2 × 50R = 1
∂R Q p p3/2
Exercice
Calculer les élasticités partielles de la fonction de production type Cobb-Douglas
f ( K, L) = Kα Lβ .
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Nous allons dériver par rapport à x les deux membres de l’égalité (3) :
A gauche : La fonction f est dérivable sur D donc la fonction qui à X 7−→ f (tX)
est dérivable par rapport à x sur D en tant que fonction composée de fonctions
∂f
dérivables et la dérivée vaut t (tx, ty).
∂x
À droite :
∂f α ∂f
(t f (x, y)) = tα (x, y)
∂x ∂x
On obtient donc
∂f ∂f
t (tx, ty) = tα (x, y)
∂x ∂x
soit encore :
∂f ∂f
(tx, ty) = tα−1 (x, y)
∂x ∂x
∂f
est homogène de degré α − 1.
∂x
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∂f
De même pour
∂y
Théorèmei 0.3 (Théorème d’Euler). Soit f une fonction définie sur
∗ 2
R+ = 0, +∞[×]0, +∞[, dérivable et dont les dérivées partielles sont continues.
On a alors : f est homogène de degré α si et seulement si
∂f ∂f
x (X) + y (X) = αf (X).
∂x ∂y
f (x, y) = x2 y
Soit f une fonction définie sur un ensemble D de R2 . Nous allons chercher les
éventuels extrema de f . C’est à dire la valeur la plus grande ou la plus petite prise
par f (selon les situations...) ainsi que les points pour lesquels ces extrema sont
atteints.
∀X ∈ D, f (X) ⩽ f (X∗ ) .
∀X ∈ D, f (X) ⩾ f (X ∗ ) .
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∀X ∈ D′ , f (X) ⩽ f (X∗ ) .
∀X ∈ D′ , f (X) ⩾ f (X∗ ) .
∂f ∂f
(X ∗ ) = (X ∗ ) = 0
∂x ∂y
Définition 0.14. Ces égalités s’appellent les conditions du premier ordre (du
problème d’optimisation).
Tout point X∗ vérifiant ces conditions est appelé point candidat ou point
critique (du problème d’optimisation).
Remarque 0.6. Soulignons que ces conditions du premier ordre sont des con-
ditions nécessaires mais, en général, ne sont pas suffisantes de sorte qu’un point
candidat n’est pas forcément un extremum.
On donne dans ce paragraphe des conditions du second ordre qui sont suffisantes
pour la recherche d’un extremum local dans un problème d’optimisation.
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i) X∗ est un point critique (c’est à dire fx′ (X∗ ) = fy′ (X∗ ) = 0).
Posons
2
δ = fx′′2 (X∗ ) fy′′2 (X∗ ) − fxy
′′
(X∗ ) = rt − s2
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∂2f
(x, y) = 2
∂x2
d’où
∂2f
(0, 0) = 2
∂x2
et
∂2f
(x, y) = 2
∂y 2
d’où
∂2f
(0, 0) = 2
∂y 2
enfin,
∂2f
(x, y) = 0
∂x∂y
d’où
∂2f
(0, 0) = 0.
∂x∂y
f (x, y) = x3 + y 3 − 6xy
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( ( ( 2
fx′ (x, y) = 0 3x2 − 6y = 0 y = 36 x2 = x2
⇐⇒ ⇐⇒ x4
fy′ (x, y) = 0 3y 2 − 6x = 0 4 − 2x = 0
( 2
(
y = x2 x = 0 ou x = 2
⇐⇒ ⇐⇒
x(x3 − 8) = 0 y = 0 ou y = 2
∂2f ∂2f
(x, y) = 6x; (x, y) = 6y
∂x2 ∂y 2
et
∂2f ∂2f
(x, y) = (x, y) = −6
∂x∂y ∂y∂x
D’où δ = 36xy − 36 = 36(xy − 1).
Au point (x, y) = (0, 0), δ = −36 < 0, la fonction n’admet pas d’extremum en
ce point.
Au point (x, y) = (2, 2), δ = 108 > 0, la fonction admet donc un extremum
local en ce point.
∂2f
Comme (2, 2) = 6 × 2 = 12 > 0, cet extremum est un minimum local. Ce
∂x2
minimum est f (2, 2) = 8 + 8 − 24 = −8.
Méthode de Lagrange
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∂L
(x, y, λ) = 0
∂x
∂L
(x, y, λ) = 0
∂y
∂L (x, y, λ) = 0
∂λ
tout point solution de ce système est un point critique ou stationnaire de
f.
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2λ 0 2x
hess (f )(x, y, λ) = det 0 2λ 2y = −8λ x2 + y 2
2x 2y 0
−2 √ −1
√
5
−2 √ −1
√
5
√
* En(x, y, λ) = √ 5
, 5
, 2 : hess (f ) √
5
, ,
5 2
= −4 5 < 0, com-
me le hessien est strictement négatif, le problème admet un minimum
−2 √ −1 −2 √ −1
√
local en √
5
, 5 . Ce minimum est f √
5
, 5 = − 5.
√ √ √
* En(x, y, λ) = √25 , √15 , −2 5 : hess (f ) √25 , √15 , −2 5 = 4 5 > 0,
comme le hessienest strictement positif,le problème √ admet un maximum
2 √1 2 √1
local en √
5
, 5 . Ce maximum est f √
5
, 5 = 5.
On écrit le lagrangien :
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Les conditions du premier ordre (CPO) sont obtenues en calculant les dérivées
partielles du lagrangien par rapport à x, y et λ et en les égalant à zéro.
1. Dérivée partielle par rapport à x :
∂ ∂
L′x (x, y, λ) = Axa y b − λ (px + qy − m) = Aaxa−1 y b − λp = 0
∂x ∂x
∂ ∂
L′y (x, y, λ) = Axa y b − λ (px + qy − m) = Abxa y b−1 − λq = 0
∂y ∂y
L′λ (x, y, λ) = px + qy − m = 0
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Série 2 de TD
Exercice 1
Déterminer le domaine de définition des fonctions suivantes:
√
xy x2 + 3y
1) f (x, y) = 2 5)f (x, y) =
x + y2 |x| + 3
x2 y √
2) g(x, y) = 6) f (x, y) = x2 y + xy 2 − 2x
x2 + 3y
xy
3) h(x, y) = ln(xy) 7) f (x, y) =
x2 + 2y
p
4) k(x, y) = 4x − x2 + 4y − y 2 8) f (x, y) = ln exy + y 2 + 2
p
9) f (x, y) = ln(2x + 3y + 1)
Exercice 2
Calculer les dérivées partielles d’ordre 1 et d’ordre 2 des fonctions suivantes:
Exercice 3
Déterminer les points critiques des fonctions suivantes:
1
1) f (x, y) = xy − x4 − 14 y 4
4
2) f (x, y) = x (ln(x))2 + y 2
xy
3) f (x, y) =
(1 + x2 ) (1 + y 2 )
Exercice 4
Verifier que les fonctions suivantes sont homogènes et préciser leurs degrés
d’homogénéité :
1
1. f (x, y) = p , (x, y) ∈ R∗2 .
3
x + y2
2
x2
2. f (x, y) = , (x, y) ∈ R∗2 .
xy − y 2
3. f (x, y) = axα y 1−α , (x, y) ∈ R+2 .
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Exercice 5
xy 2
On se donne la fonction de deux variabies suivante : f (x, y) = .
x2 + y2
1. Vérifier que f est homogène et calculer xfx′ (x, y) + yfy′ (x, y).
Exercice 6
Déterminer les extremums locaux des fonctions suivantes ainsi que les points
selles:
3) f (x, y) = x2 − y 2 + 4x − 4y − 8
4) f (x, y) = xy 2 + 2x2 + y 2
Exercice 7
Déterminer ies points critiques des fonctions suivantes :
Exercice 9
Déterminer les extremums locaux (liés) des fonctions suivantes:
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