CPGE Corrigé DSN°2 2020 − 2021
Lycée technique de 2 ème Année
Mohammedia Mathématiques TSI
Problème I
In désigne la matrice identité d’ordre n. Pour tout entier n ≥ 1
Partie I
Soit A la matrice de M3 (R) définie par
1 −1 −1
A = −1 1 −1 .
−1 −1 1
1. le polynôme caractéristique de
lamatrice A :
X −1 1 1 X +1 1 1
PA (X) = det (XI3 − A) = det 1 X −1 1 = det X + 1 X −1 1
C1 ←C1 +C2 +C3
1 1 X −1 X +1 1 X −1
X +1 1 1
= det 0 X −2 1 = (X + 1) (X − 2)2
L2 ←L2 −L1
L3 ←L3 −L1 0 0 X −2
2. les valeurs propres et les sous-espaces propres de A.
le spectre de A est {−1, 2} dont les multiplicités respectives sont
m−1 = 1 et m2 = 2.
1
Le calcul des sous-espaces propres de A donne d’une part E−1 (A) = V ect 1
1
1 1
et E2 (A) = V ect −1 , 0 .
0 −1
1 1 1
3. Montrer que la matrice P = 1 −1 0 est inversible et calculer son inverse detP = 3
1 0 −1
t 1 1 1
com(P ) 1
et P −1 = = 1 −2 1
detP 3
1 1 −2
4. Montrer que la matrice A est diagonalisable.
−1
DimE −1 = 1 = m −1 et dimE2 = m2 = 2 la matrice diagonale D telle que A = P DP est
−1 0 0
D = 0 2 0
0 0 2
5. On a A = P DP −1 ⇒ An = A = P Dn P −1
(−1)n 0
1 1 1 0 1 1 1
1
1 −1 0 × 0 2n 0 × 1 −2 1
3
1 0 −1 0 0 2n 1 1 −2
u n vn vn
= vn un vn
v n vn un
1 1
telles que ∀n ∈ N un = (−1)n + 2n+1 et vn = (−1)n − 2n
3 3
Partie III
1. En toute rigueur, le produit t V.U est un élément de M1 (R) qui peut être canoniquement
identifié à R. Dans le chapitre concernant les espaces euclidiens, nous avons vu que
n
X
t
V.U = uk vk
k=1
1
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2. Il suffit d’effectuer le calcul matriciel en mettant en oeuvre l’associativité des opérations de
multiplication en jeu. On a U.t V ∈ Mn (R) et
2
U.t V = (U.t V )(U.t V ) = U.(t V.U ).t V = (t V.U ) ×U.t V
| {z }
k∈R
Et comme A = aIn + U.t V , on a
A2 a2 In + 2aU.t V + k × U.t V = a2 In +(2a + k) U.t V = a2 In +(2a + k) (A−aIn )
=
|{z}
U.t V ×In =In ×U.t V
Ainsi
A2 = 2a + k A + (−a2 − ka) In
| {z } | {z }
α β
t
3. On part du fait que U. V = (ui × vj )1≤i,j≤n pour en déduire que :
• Si 1 ≤ i ≤ n, ai,i = a + ui vi
• Si 1 ≤ i ≤ n et 1 ≤ j ≤ n avec i 6= j, , ai,j = ui vi
n
P n
P
Comme tr(A) = ai,i = n × a + ui vi , on obtient
i=1 i=1
trA = na + t V.U = na + k
4. On a vu que α = 2a + k on trouve α = trA − (n − 2)a et β = −a2 − ka donne
β = −a2 − a(trA − na) = −a (trA − (n − 1)a).
5. Si λ ∈ C est une valeur propre de A, nous savons qu’il existe un vecteur X ∈ Mn,1 (C) non
nul tel que A.X = λX. On a donc
A2 .X = A.A.X = A.λX = λA.X = λ2 X
donc si λ ∈ C est une valeur propre de A alors λ2 est une valeur propre de A2 .
Si désormais λ ∈ C est une valeur propre de A, on a vu qu’il existe un vecteur X ∈ Mn,1 (C)
non nul tel que A.X = λX. On a donc A2 .X = A.A.X = A.λX = λA.X = λ2 X et finalement
λ2 X = (αλ + β) X
puisque X est un vecteur non nul, les valeurs propres complexes λ de A vérifient
λ2 − αλ − β = 0
6 Si on considère l’équation X 2 − αX − β = 0, nous savons qu’elle est égal à X 2 − (trA − (n −
2)a)X + a(trA − (n − 1)a) = 0 ce qui donne
(X − a) × (X − trA + (n − 1)a) = 0
c’est-à-dire que les deux valeurs propres possibles de A sont a et trA − (n − 1)a.
7. a. La condition trU t V 6= 0 permet de dire que trA 6= tr (aIn ) ou encore trA 6= na. Sous
cette hypothèse, nous considérons deux cas possibles :
• Si l’une ou l’autre des deux valeurs candidates à être dans le spectre de A ne s’y
trouve pas, il s’ensuit que l’espace Ei associé est réduit à {0n,1 } donc le résultat est
trivialement vrai.
• Si au contraire, les deux valeurs propres de A sont exactement les deux racines
précédemment trouvées, nous avons deux sous-espaces propres de A associés à des
valeurs propres distinctes - car trA 6= na - d’après le cours, ces sous-espaces sont
en somme directe et leur intersection se réduit au sous-espace nul.
7.b Analyse : si on avait une telle décomposition X = X1 + X2 , nous aurions
A.X = aX1 + (trA − (n − 1)a)X2
il en découlerait que A.X − aX = (trA − na) X2 et comme trA 6= na, nous aurions
1 1
X2 = (A.X − aX) et X1 = ((trA − (n − 1)a)X − A.X)
trA − na trA − na
Synthèse : si nous prenons les deux valeurs définies ci-dessus
1 1
X2 = (A.X − aX) et X1 = ((trA − (n − 1)a)X − A.X)
trA − na trA − na
On vérifie que l’on a :
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• X = X1 + X2
1 1
• AX2 = trA−na A2 .X − aA.X = trA−na (αA.X + βX − aA.X) =
1
trA−na ((trA − (n − 2)a)A.X + (−a(trA − (n − 1)a)X − aA.X) =
1 (trA−(n−1)a)
trA−na ((trA − (n − 1)a)A.X + (−a(trA − (n − 1)a)X) = trA−na (AX − aX)
= (trA − (n − 1)a)X2
• Calcul très similaire pour valider que AX1 = aX1 .
Sous l’hypothèse tr(U t V ) 6= 0, on a E1 + E2 = Mn,1 (R) .
7.c A la question 7.a, nous avons établit que E1 ∩ E2 est l’espace nul : nous pouvons donc
en déduire que
Mn,1 (R) = E1 ⊕ E2
Pour en déduire que A est diagonalisable, nous prenons une base ε1 de E1 et une base ε2
de E2 . La famille ε1 ∪ ε2 est une base de Mn,1 (R) car ces espaces sont supplémentaires.
Si P est la matrice dont les colonnes sont les vecteurs de cette famille, nous aurons
P ∈ Gln (R) et A.P = P.D où D est une matrice diagonale. Nous en déduisons que
A est diagonalisable .
8. Pour le voir prendre
1 −1
U = 1 , V = −1 , a = 2
1 −1