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Caisse des Dépôts et Consignations du Cameroun

La Caisse des Dépôts et Consignations du Cameroun (CDEC) a été créée pour mobiliser des ressources financières en vue de soutenir le développement socio-économique du pays, tout en offrant une alternative à l'endettement public. Elle a pour mission de gérer les dépôts et consignations, en sécurisant et rentabilisant les ressources pour accompagner les politiques publiques. Cependant, la CDEC fait face à des défis de régulation et de supervision, notamment en raison de tensions avec la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC) concernant le transfert des avoirs en déshérence.

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Caisse des Dépôts et Consignations du Cameroun

La Caisse des Dépôts et Consignations du Cameroun (CDEC) a été créée pour mobiliser des ressources financières en vue de soutenir le développement socio-économique du pays, tout en offrant une alternative à l'endettement public. Elle a pour mission de gérer les dépôts et consignations, en sécurisant et rentabilisant les ressources pour accompagner les politiques publiques. Cependant, la CDEC fait face à des défis de régulation et de supervision, notamment en raison de tensions avec la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC) concernant le transfert des avoirs en déshérence.

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I.

PRESENTATION DE LA CDEC

La création de la Caisse des Dépôts et Consignations du Cameroun est intervenue dans ce


contexte où le Cameroun avait besoin d’un instrument innovant et alternatif à l’endettement
public et capable de mobiliser, sécuriser et rentabiliser des ressources complémentaires, pour
les orienter vers le financement du développement socio-économique.

La Caisse des Dépôts et Consignations du Cameroun (CDEC), établissement public à


caractère spécial, a ainsi été créée en vertu de la loi n° 2008/003 du 14 avril 2008 régissant
les dépôts et consignations. Son organisation a été consacrée par le décret N°2011-105 du 15
avril 2011 portant organisation et fonctionnement de la CDEC.

Toutefois, cette institution de la République a dû attendre 15 ans avant d’entrer en activité.

La CDEC est également un outil important de concrétisation de la vision d’un Cameroun


émergent et dont la mise en œuvre est lancée depuis 2010 à travers la réalisation des grands
projets structurants, dits de première génération, inscrits dans le Document de Stratégie pour
la Croissance et l’Emploi (DSCE).

L’opérationnalisation de la CDEC intervient à point dans le contexte actuel particulièrement


déterminant pour le Cameroun, marqué par:

• La nécessité de relancer l’économie impactée par diverses crises sécuritaires,


sanitaires et économiques.

• L’accumulation de la dette publique engendrant un risque élevé de surendettement.

• Le Plan Stratégique Triennal de la CDEC 2023-2025 et le lancement de la deuxième


phase de la vision 2035 dans la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030
(SND30), pour la transformation structurelle et le développement inclusif du Cameroun.

L’entrée en scène de la CDEC vient ainsi compléter l’architecture institutionnelle de


financement du développement au Cameroun. Celle-ci ambitionne de se positionner comme
une institution stratégique, devenir le premier soutien et catalyseur des politiques publiques à
travers les stratégies sectorielles et les grands programmes d’infrastructures, et de jouer un
rôle central dans la modernisation de l’économie camerounaise. Elle aspire également à
l’émergence de nouvelles filières porteuses, avec des effets à l’échelle macroéconomique sur
l’emploi, la productivité et la croissance.

II. MISSIONS DE LA CDEC

La CDEC à globalement pour mission de collecter, sécuriser et rentabiliser sur le long terme
les ressources généralement oisives pour les orienter vers l’accompagnement des politiques
publiques.

Lesdites ressources sont en dépôt ou en consignation depuis plusieurs décennies auprès des
professions judiciaires, des établissements de crédit, des sociétés d’assurance, des
administrations publiques, des établissements et entreprises publics et privés et même des
personnes physiques et morales.

pour mission de :
- La Caisse des Dépôts et Consignations du Cameroun a pour mission de recevoir,
conserver et gérer les sommes et avoirs publics et privés, conformément aux lois et
règlements en vigueur.

- Elle peut également gérer, sous mandat, des services spécifiques qui lui sont confiés
par l’État ou ses démembrements.

- La CDEC peut concourir au financement du développement économique du pays, par


l’intermédiaire de structures spécialisées, selon les priorités définies par le
gouvernement.

III. LES DIFFERENTS SERVICES DE LA CDEC

1) La consignation administrative

C’est une procédure légale par laquelle des fonds ou des biens sont déposés auprès d'une
autorité administrative ou d'un organisme public à titre de garantie ou de règlement provisoire
d'une situation en litige ou pour d'autres raisons légales.

Elle présente les avantages suivants :

- Sécurisation des fonds ou des biens : La consignation assure que les fonds ou les
biens en question sont protégés et disponibles jusqu'à la résolution du litige ou la
décision finale. Cela évite les risques de dissipation ou de détournement des
ressources ;

- Garantie d'exécution : Elle fournit une garantie financière ou matérielle, assurant que
les obligations légales seront respectées. Les parties savent que les ressources
nécessaires sont consignées et prêtes à être utilisées selon la décision finale ;

- Réduction des risques de fraude : La consignation auprès d'une autorité publique


réduit les risques de fraude ou de détournement des fonds, car l'autorité agit en tant
que tiers neutre et sécurisé.

2) La consignation judiciaire

C’est une procédure juridique qui permet de mettre une somme d'argent ou un bien sous la
garde d'une autorité (souvent un tribunal) pendant la durée d'un litige1.

Elle présente les avantages suivants :

- Protection contre les Fraudes : La consignation empêche l'une des parties de


détourner ou de dissiper les fonds ou les biens pendant la durée du litige ;

1
la consignation est le dépôt d'une somme d'argent ou d'un bien, souvent au greffe ou à la Caisse des dépôts et
consignations, pour garantir le paiement de frais ou une dette. Le séquestre judiciaire est une mesure conservatoire ordonnée
par un juge, par laquelle un bien est remis à un gardien désigné (le séquestre) pour éviter son détournement durant un litige. Bien
que liés au dépôt, ils diffèrent par leur nature : la consignation est souvent une provision ou un paiement différé, tandis que le
séquestre concerne la garde d'un bien spécifique.
- Neutralité : Les fonds ou les biens consignés sont sous la garde d'une autorité
impartiale, garantissant une répartition équitable selon la décision judiciaire ;

- Incitation à un Règlement Amiable : Sachant que les fonds ou les biens sont
consignés, les parties peuvent être plus enclines à négocier et à parvenir à un accord
amiable ;

- Réduction des Risques Financiers : La consignation réduit les risques financiers


pour les créanciers en s'assurant que les fonds seront disponibles pour le paiement
des dettes ou des obligations ;

- Clarté des Transactions : La consignation rend les transactions plus transparentes et


traçables, ce qui peut être utile en cas de vérifications ou d'audits.

3) La consignation conventionnelle

C’est une pratique par laquelle deux parties, dans le cadre d'un accord privé, décident de
confier une somme d'argent ou un bien à un tiers de confiance ou à un établissement financier
pour en assurer la garde jusqu'à ce que certaines conditions soient remplies.

Elle présente les avantages suivants :

- Accord Mutuel : Les parties peuvent définir leurs propres conditions et modalités de
consignation, ce qui offre une grande flexibilité ;

- Prévention des Risques : En déposant les fonds ou les biens auprès d'un tiers de
confiance, les parties réduisent les risques de non-paiement ou de non-livraison ;

- Tiers de Confiance : Un établissement financier ou un tiers neutre peut jouer le rôle


de dépositaire, ce qui renforce la confiance entre les parties ;

- Processus Simplifié : La gestion des fonds ou des biens consignés est souvent
simplifiée grâce à des procédures standardisées par l'établissement dépositaire ;

- Gain de Temps : Étant donné qu'elle ne nécessite pas l'intervention d'un tribunal, la
consignation conventionnelle peut être mise en place plus rapidement.

4) Les dépôts

C’est un acte matériel par lequel la CDEC reçoit une somme d'argent, une valeur mobilière ou
des métaux précieux d'autrui à charge de les garder et de les restituer.

Il présente comme avantage :

- Développement économique du pays : Les dépôts peuvent concourir au


développement économique du pays, par l’intermédiaire des structures spécialisées,
selon les priorités par le gouvernement ;

- Service public : Les dépôts s’inscrivent dans le cadre d’une mission de service public.
IV. DEFIS DE LA CDEC

Au Cameroun, la question du transfert des avoirs en déshérence et des comptes inactifs vers
la Caisse des Dépôts et Consignations (CDEC) suscite des débats importants, surtout dans le
contexte des tensions existantes entre la CDEC et la Banque des États de l'Afrique Centrale
(BEAC).

Les banques en particulier, ont émis des craintes quant à un éventuel effet négatif du transfert
des fonds et valeurs à la CDEC au vu de l’importance de la trésorerie que les transferts
attendus pourraient leur faire perdre. C’est la raison pour laquelle les banques freinent des
quatre fers afin de retarder le plus longtemps possible cette opération.

C’est dans ce sillage que le 12 juillet 2025, les ministres de l’UMAC ont adopté deux
règlements importants pour encadrer l’activité des Caisses des Dépôts et Consignations
(CDC) dans la CEMAC. L’un est relatif à la supervision des Caisses de dépôts et consignations
et l'autre, au traitement des comptes inactifs et des avoirs en déshérence.

Ces textes confient à la COBAC la supervision des CDC, en raison des risques systémiques
que présentent certaines de leurs opérations proches de celles des banques, tout en laissant
aux États la compétence exclusive de création de ces structures publiques.

Par conséquent pour la COBAC, la nécessité de réguler l’activité des CDEC se justifie par le
fait, certaines opérations financières de cette dernière, comme la gestion de mandats publics,
le portage immobilier avec des avances remboursables, ou la conservation de consignations
judiciaires, ressemblent fortement à des activités de banque.

Cependant, pour l’Etat du Cameroun, la CDEC serait dans son bon droit en ce que les dépôts
et consignations sont une activité s’inscrivant dans le cadre d’une mission de service public,
consistant à recevoir, à conserver, à agréer et/ou gérer les avoirs publics ou privés.

Leur position se fonde sur deux arguments majeurs :

- L’absence de fondement légal de la soumission de la CDEC à la COBAC

Nulle part dans le Traité de la CEMAC et ses Actes additionnels ; ⁠les Conventions régissant
l’UMAC et l’UEAC ; ⁠la Convention portant harmonisation de la réglementation bancaire dans
les États de l’Afrique Centrale ; ⁠la Convention portant création de la COBAC ; ⁠les statuts de la
BEAC qui font partie intégrante de la Convention régissant l’UMAC, l’activité des dépôts et
consignations n’est mentionnée comme une matière ressortant de la compétence du droit et
des institutions communautaires. De cette sorte, cette matière demeurerait de fait, soumise à
la compétence légistique des législateurs nationaux.

C’est à ce titre que le Secrétaire Général de la Présidence de la République du Cameroun a


adressé une correspondance en date du 29 juillet 2024 au MINFI, faisant état de l’ingérence
de la COBAC dans l’activité de la CDEC, qui s’est traduite par la signature de correspondances
invitant, d’une part, les établissements de crédit à surseoir au processus de transfert des avoirs
en déshérence au profit de la CDEC et, d’autre part, le Directeur Général de la CDEC à prendre
part, à Libreville, à une concertation au sujet des options d’encadrement des activités des
Caisses de dépôts et consignations au niveau de la CEMAC.

Le Secrétaire Général soulignait à ce titre l’absence de fondement juridique de ces actes qui
violent la procédure prévue pour la prise de décision au niveau de la COBAC, mais également
le champ de compétence de cette dernière, car les dépôts et les consignations ne faisant pas
parties des matières transférées à la communauté.

- La nature des dépôts et des consignations

Dans un communiqué – radio – presse visant à rendre compte au public des discussions de
la réunion du groupe de travail qui s’est tenu le 12 février 2025, à l’effet de traiter de la
problématique de supervision des activités des caisses des dépôts et de consignations et de
gestion des avoir en déshérence au sein de la CEMAC et publié le 17 février 2025, la CDEC
a rappelé que les fonds et valeurs maniées par elle sont des deniers publics.

A ce titre, ces deniers confèrent à la CDEC, le statut de comptable public conformément à la


Directive CEMAC n°2/11-UEAC-190-CM-22 du 19 décembre 2011 relative au règlement
général de la comptabilité publique. Ainsi, la CDEC est exclue du champ de compétence de la
COBAC, en application des dispositions de l’article 11 de l’annexe de la convention du 17
janvier 1992 portant sur l’harmonisation de la règlementation bancaire dans les Etats d’Afrique
Centrale.

V. CONTENU DES REGLEMENTS COBAC ORGANISANT L’ACTIVITE DE LA CDEC

Après leur opposition, les autorités communautaires et l’Etat du Cameroun ont finalement
trouvé un consensus afin de clore définitivement cette opposition.

C’est ainsi que le Comité des ministres de l’UMAC a adopté le 12 juillet 2025 le Règlement N°
01/25/CEMAC/UMAC/CM/COBAC relatif aux conditions d'exercice et à la supervision de
l'activité des caisses des dépôts et consignations dans la CEMAC et le Règlement
N°02/25/CEMAC/UMAC/CM/COBAC relatif au traitement des comptes inactifs et des avoirs
en déshérence dans les livres des établissements assujettis à la commission bancaire de
l’Afrique centrale.

Les tensions entre la CDEC et la BEAC découlent principalement des différences de


perspectives sur la régulation et la supervision des institutions financières.

Sur cette base, il ressort désormais que certaines activités des Caisses des Dépôts et
Consignations sont considérées comme constituant des opérations de banque, et par voie de
conséquence nécessitent une supervision efficace de la Commission Bancaire de l'Afrique
Centrale.

A) La supervision des caisses de dépôts confiée à la COBAC

Selon l’article 10 du Règlement n°01/25/CEMAC/UMAC/CM/COBAC du 12 juillet 2025 relatif


aux conditions d’exercice et à la supervision de l’activité des caisses de dépôts et des
consignations dans la CEMAC, toutes les CDC des États membres de la CEMAC sont d’office
soumises à la supervision de la COBAC dès leur création officielle par un acte étatique.

La COBAC ne semble pas hériter du contrôle des agréments car c’est uniquement après la
prise de l'acte portant création d’un CDC de l'Etat d'implantation que cette caisse sera soumise
d'office à la supervision de la COBAC, sans condition de l'agrément préalable prévu par le
Règlement n° 02/15/ CEMAC/UMAC/COBAC (Article 5 du Règlement N°01/25).
Pareillement, la nomination, le renouvellement de mandat et la révocation des membres de
l'organe délibérant, des dirigeants et des commissaires aux comptes des Caisses de Dépôts
et Consignations sont juste notifiés à la COBAC, qui en prend acte.

Cependant, la COBAC va désormais fixer, par ses règlements, des règles spécifiques relatives
notamment au gouvernement d'entreprise, aux modes d'administration et de en déterminant
notamment le nombre et la qualité des dirigeants, aux normes prudentielles quantitatives en
vue notamment de garantir leur solvabilité et liquidité, l'équilibre de leur situation financière et
la pérennité de leurs activités ; à la surveillance et au contrôle, notamment en matière de
gestion des risques, de contrôles interne et externe, ainsi qu'en matière de lutte contre le
blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ou encore à l'organisation comptable
et l'information financière établissements aux modalités de reporting à la Commission
Bancaire.

La COBAC va désormais veiller au respect par les Consignations des dispositions législatives
et réglementaires applicables et donc aussi et les sanctionner par sanction disciplinaire et ou
pécuniaire selon les règles bancaires existantes.

Par contre, la COBAC ne peut pas effectuer des retraits d'agrément aux CDC mais si une
Caisse des Dépôts et Consignations est en situation de violation grave de la réglementation
ou lorsque que la situation financière de celle-ci est irrémédiablement compromise, la COBAC
va juste pouvoir « saisir l'Autorité monétaire, en vue de faire prendre par les autorités
nationales compétentes les mesures de restructuration, de dissolution ou de liquidation
appropriées ».

Notons que ce texte entrait en vigueur le 1er septembre 2025 et les CDC actuellement actives
disposent de 3 ans pour leur mise en conformité.

B) Le traitement des comptes inactifs

Le règlement N° 02/25/CEMAC/UMAC/CM/COBAC relatif au traitement des comptes inactifs


et des avoirs en déshérence dans les livres des établissements assujettis à la commission
bancaire de l’Afrique centrale était attendu sur deux définitions.

Le compte inactif est associé à tout compte détenu dans les livres d'un établissement assujetti,
qui n'a fait l'objet d'aucune intervention au cours des douze (12) derniers mois ou trente-six
(36) mois pour les comptes d'épargne, à compter de la dernière opération, hors opérations
initiées par la banque et dont le titulaire, le mandataire ou son ayant droit ne s'est pas
manifesté ni n'a effectué aucune opération établissement.

L’article 4 du Règlement suscité dispose que :

« Lorsqu’un compte ou un coffre n'a subi aucune intervention ou manifestation


de son titulaire, son mandataire ou son ayant droit depuis douze (12) mois pour les
comptes courants et les comptes de paiement et trente-six (36) mois pour les comptes
d'épargne et coffres, l'établissement assujetti teneur du compte ou du coffre informe le
titulaire, son mandataire ou, le cas échéant, l'ayant droit connu des conséquences
attachées à d'inactivité du compte ou du coffre (…) ».

Le point de départ de l'inactivité étant le jour suivant la dernière intervention ou manifestation


du titulaire, de son mandataire ou d'un ayant droit sur le compte ou le coffre concerné ou sur
tout autre compte ou coffre détenu par celui-ci auprès du même établissement assujetti.
Cela se fait par tout moyen laissant trace écrite, accompagnée du relevé du compte inactif
avec précision de la procédure qui sera suivie par l'établissement assujetti si aucune
intervention ou manifestation n'est effectuée dans un délai de dix (10) ans, manifestation.

L’établissement va donc procéder à la clôture du compte et au transfert du solde créditeur à la


Caisse des Dépôts et Consignations ou à la Direction Nationale de la BEAC ou à l'ouverture
du coffre en présence d'un huissier, en vue de l'inventaire de son contenu, et le transfert des
titres financiers et biens y conservés à la Caisse des Dépôts et Consignations ou la Direction
Nationale de la BEAC.

Si l'établissement assujetti ne parvient pas à informer le titulaire du compte ou du coffre, son


mandataire ou son ayant droit connu, il est tenu de rechercher le titulaire, le mandataire ou
l'ayant droit du compte ou coffre sur une période de neuf (09) ans pour les comptes courants
et les comptes de paiement et de sept (7) ans pour les comptes d'épargne et les coffres.

En cas de succès de la recherche, l'établissement informe le titulaire, le mandataire ou l'ayant


droit connu. A défaut d'intervention ou de manifestation du titulaire, du mandataire ou de l'ayant
droit, l'établissement renouvelle cette information chaque année jusqu'au transfert des avoirs
auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations ou la Direction Nationale de la BEAC.

En cas d'échec de la recherche au terme des périodes fixées, les fonds, titres et valeurs
détenus dans les comptes et coffres inactifs sont considérés comme des avoirs en
déshérence.

C) Le traitement des avoir en déshérence

A l'issue d'une période de dix (10) ans d'inactivité du compte ou d'un coffre, l'établissement
assujetti procède au transfert des avoirs en déshérence à la Caisse des Dépôts et
Consignations de l'Etat où le compte est ouvert. En l'absence d'une Caisse des Dépôts et
Consignations ou de toute autre structure équivalente, les avoirs en déshérence sont
transférés à la Direction nationale de la BEAC.

Les avoirs en déshérence sont transférés dans un compte ouvert dans les livres de
l'établissement assujetti au nom de la Caisse des Dépôts et Consignations ou dans un compte
spécial ouvert dans les livres de la Direction nationale de la BEAC.

Le délai de transfert des avoirs en déshérence à la Caisse des Dépôts et Consignations ou à


la Direction nationale de la BEAC est d'un (01) mois à compter de la période de dix (10) ans
d'inactivité du compte ou du coffre.

En termes de procédures, la Caisse des Dépôts et Consignations ou la Direction Nationale de


la BEAC procède à la restitution des avoirs en déshérence par virement sur un compte ouvert
au nom du demandeur, auprès d'un établissement de crédit, de microfinance ou de paiement
agréé dans la CEMAC, dont les coordonnées ont été indiquées dans le formulaire rempli lors
de la demande de restitution. La restitution s'effectue dans les trente (30) jours suivant la
notification au requérant de la décision favorable en réponse à sa demande.

En cas de décision de refus de la Caisse des Dépôts et Consignations ou de la Direction


nationale de la BEAC de restitution des avoirs en déshérence, le demandeur peut formuler
un recours auprès du médiateur bancaire de l'Etat concerné. Le délai de recours est de
deux (02) mois, à compter de la notification au demandeur de la décision de refus.
VI. PERSPECTIVE D’EVOLUTION DE LA CDEC

La CDEC, qui est opérationnelle depuis 2023, a décidé d’élargir son rôle en tant qu’acteur du
financement du développement. En effet, celle-ci projette de créer un établissement de crédit
à par entière, question de la doter d’une structure dédiée à la gestion d’opération de banque
et à l’injection de capitaux dans l’économie nationale.

Cette filiale de la CDEC a notamment pour but de faciliter l’accès au financement des PME,
notamment celles qui interviennent dans la commande publique. Elle devra proposer une
gamme de produits et services innovants, ce qui revient à définir une offre adaptée aux besoins
spécifiques des acteurs économiques du pays notamment les PME dont l’accès au
financement reste limité.

La filiale bancaire de la CDEC est également destinée à soutenir l’Etat et les collectivités
territoriales décentralisées dans la conception des mécanismes d’aide à la mobilisation des
fonds nécessaires à la réalisation de leurs projets d’infrastructures, comblant ainsi un déficit
souvent observé dans le financement local à long terme.

Au-delà du financement direct, la future filiale bancaire jouera un rôle d’accompagnement et


de conseil essentiel dans l’écosystème financier. Elle sera appelée à fournir des conseils
stratégiques aux acteurs économiques, question de devenir un partenaire stratégique pour le
montage de projets complexes et l’optimisation des stratégies d’investissement. Ensuite, la
CDEC envisage également d’accompagner les entreprises locales dans leur projet
d’introduction en bourse, dans le but ultime de contribuer au développement du marché
financier régional et offrir de nouvelles voies de levées de fonds pour les entreprises.

CONCLUSION

Le transfert des avoirs en déshérence et des comptes inactifs vers la CDEC représente une
opportunité significative pour le Cameroun de renforcer son système financier. Cependant,
cela nécessite une coopération étroite entre la CDEC et la BEAC pour surmonter les défis
réglementaires et assurer une gestion efficace de ces ressources. Le dialogue continu entre
ces institutions sera essentiel pour garantir la stabilité et la croissance économique du pays.

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