Appendicite
Généralités
L’infection appendiculaire est provoquée par une obstruction de la lumière
de l’appendice par un obstacle :
➔ Endoluminal (stercolithe, ascaris)
➔ Pariétal (hyperplasie lymphoide, tumeur appendiculaire
➔ Caecal
Il en résulte une pullulation microbienne localisée et des lésions muqueuses
puis panpariétal associant un infiltrat inflammatoire et des lésions
infectieuses et ischémiques. La réaction inflammatoire peut aller de la simple
congestion de l’appendice associée à une dilatation des vaisseaux de la séreuse
(appendice inflammatoire ou catarrhal), à une surinfection au cours de laquelle
l’appendice se recouvre de fausses membranes. Il n’existe donc pas une mais
Physiopathologie des appendicites
Signes cliniques :
➔ Douleur à type de torsion ou de crampe
➔ Débute d’emblée dans la fosse iliaque droite (FID) mais peut
également débuter dans les régions épigastrique ou périombilicale et
migrer en fosse iliaque droite.
➔ Douleur sans irradiation
➔ Augmente d’intensité au cours des premières 24h
➔ Fièvre en 37,5 et 38,5° dans 60% des cas
➔ Nausées & Vomissements
➔ Trouble du transit avec diarrhée ou constipation
Diagnostic ➔ La palpation trouve une douleur provoquée ou une défense de la FID,
maximale au point de Mc Burney
Examens paracliniques :
➔ NFS mettant en évidence une hyperleucocytose (> 10 000/mm3) à
polynucléaire.
➔ La CRP est élevée dans la majorité des cas (> 8 mg/L). Elle peut être
normale en cas de forme débutante
➔ Une bandelette urinaire négative permet d’éliminer une infection
urinaire.
➔ Les Bêta-HCG sont dosées chez les femmes en âge de procréer pour
écarter la possibilité d’une grossesse extra utérine.
➔ Echographie abdominale peut mettre en évidence des signes en
faveur du diagnostic (taille de l’appendice, aspect…)
➔ Scanner abdominal avec injection
Appendicite pelvienne :
➔ Les douleurs localisées à la région hypogastrique droite sont au
premier pan associé le plus souvent à un fébricule, il existe parfois des
signes urinaires (pollakiurie, dysurie) ou rectaux (ténesme, faux
besoins). L’examen physique trouve une douleur provoquée voir une
défense hypogastrique et une douleur latérale droite au toucher rectal.
Il n’y a pas de perte gynécologique ou de métrorragie. La bandelette
urinaire et l’ECBU éliminent un problème urinaire (cystite, colique
néphrétique ou pyélonéphrite), l’examen gynécologique et
l’échographie montre une affection gynécologique.
Appendicite sous-hépatique :
Formes ➔ Les symptômes sont ceux d’une cholécystite aigue : douleurs de
anatomique l’hypochondre droit, fièvre et défense. Le diagnostic est souvent fait à
l’échographie, qui élimine la cholécystite.
Appendicite rétrocaecale :
➔ L’appendicite est situé en arrière du caecum et en avant du muscle
psoas. Les douleurs sont plutôt lombaires droites et le patient a parfois
une position antalgique en psoitis (cuisse droite fléchie sur le tronc).
Appendicite mésocoeliaque :
➔ L’appendice est situé au milieu des anses digestives. Son inflammation
est à l’origine d’un iléus réflexe plus ou moins important dans un
contexte fébrile. Le tableau clinique réalisé est celui d’une occlusion
associée à de la fièvre.
Abcès appendiculaire :
➔ L’abcès peut compliquer l’évolution d’une appendicite suppurée ou
être inaugural, caractérisé par :
- Une douleur localisée mais qui peut être plus diffuse ou plus
postérieure, parfois pulsatile
- Iléus réflexe dû à la paralysie du péristaltisme du grêle au contact
de l’abcès, fréquent
- Une fièvre élevée 39°C en plateau, sans frisson.
- A l’examen, la perception éventuelle d’une masse douloureuse de
Complications la fosse iliaque droite, le reste de l’abdomen étant souple,
indolore, un état général altéré et des traits sont marqués.
➔ L’hyperleucocytose est importante (> 15 000 mm3). Le tableau
clinique doit faire réaliser en urgence une échographie ou plutôt un
scanner qui confirme le diagnostic en méttant en évidence dans la
région appendiculaire une collection liquidienne entourée d’une coque
prenant le produit de contraste, s’accompagnant d’une réaction
inflammatoire.
Péritonite :
➔ Douleur qui commence en FID et augmente progressivement
d’intensité
➔ Fièvre > 38,5°
➔ Signes généraux (tachycardie, polypnée)
➔ Douleur intense au toucher rectal
➔ Hyperleucocytose marquée mais pas de pneumopéritoine.
Appendicite du nourrisson :
➔ L’évolution vers la perforation et la péritonite aigue généralisée est
rapide. Le tableau clinique est souvent trompeur, ce qui explique que,
dans près de la moitié des cas, les appendicites de l’enfant de moins de
3 ans sont diagnostiquées au stade de péritonite localisée ou
généralisée. Agitation, insomnie, anorexie, diarrhée, sont parfois au
premier plan, la température est souvent élevée et l’état général
rapidement altérée avec des signes de déshydratation.
Appendicite du sujet âgé :
➔ La douleur et la réaction péritonéale sont moins marquées que chez le
sujet jeune, le diagnostic est souvent porté au stade d’appendicite
gangreneuse voire d’abcès.
Appendicite de la femme enceinte :
➔ Au 1er trimestre de la grossesse, l’appendice est en situation normale
et la symptomatologie comparable à celle d’une appendicite aigue
typique.
Appendicite aigue non compliquée :
➔ Chirurgie, le patient est à jeun, hydratation, correction d’éventuels
troubles hydroélectrolytiques et perfusion d’antalgique et
d’antispasmodiques. Vu en urgence par l’anesthésiste.
➔ L’appendicectomie est réalisée dès que possible par laparotomie ou
Traitements coelioscopie. Une antibioprophylaxie est réalisée en préopératoire.
Complications pot-opératoire :
➔ Iléus prolongé (arrêt temporaire du péristaltisme)
➔ Hématome ou abcès de paroi
➔ Infection urinaire, veinite, complication thromboembolique.