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Impact de la dette publique sur la croissance

Le document examine l'impact de la dette publique sur la croissance économique, en s'appuyant sur diverses théories économiques et études empiriques. Les résultats montrent une relation souvent négative entre la dette et la croissance, bien que certaines études indiquent des effets positifs jusqu'à un certain seuil. La dette extérieure du Maroc est majoritairement détenue par des créanciers multilatéraux, avec une augmentation significative du service de la dette et des emprunts en 2020.

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Impact de la dette publique sur la croissance

Le document examine l'impact de la dette publique sur la croissance économique, en s'appuyant sur diverses théories économiques et études empiriques. Les résultats montrent une relation souvent négative entre la dette et la croissance, bien que certaines études indiquent des effets positifs jusqu'à un certain seuil. La dette extérieure du Maroc est majoritairement détenue par des créanciers multilatéraux, avec une augmentation significative du service de la dette et des emprunts en 2020.

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 Revue de littérature

Makhoba et al (2022) ont examiné l'impact de la dette publique sur la croissance économique
durable de la Malaisie sur la période de 1970 à 2015. Ils ont employé l'approche ARDL
(Autoregression Distribution Lage) pour analyser la relation dynamique entre la dette
publique et la croissance économique. Les conclusions de l'étude ont révélé l'existence d'une
causalité unidirectionnelle entre l'augmentation du PIB et l'augmentation de la dette publique.

 La théorie classique considère que l’endettement public est un impôt futur pour
l’Etat. En effet, la dette extérieure publique défavorise l’accumulation du capital et la
consommation des générations présentes et futures.

Pour Adam Smith (1759) : l’endettement externe est inefficace et il ne doit pas être
utilisé.
Selon Adam Smith (1759), L’emprunt extérieur incitera parfois le gouvernement à des
dépenses inutiles, ce qui impactera par la suite l’activité économique domestique.

Jean Baptiste Say(1799) : pense qu’il faut limiter l’emprunt public. Non seulement il
alimente la croissance de dépense publique destructrice de la richesse et de la valeur dans
l’économie, mais il exige aussi le paiement des intérêts. De ce fait, l’emprunt risque d’avoir
un effet boule de neige, qui s’explique par le paiement des intérêts des anciennes dettes peut
être effectué avec de nouvelles dettes.

David Ricardo (1817) : les agents économiques voient dans l’emprunt une connotation
négative. Ils se comportent comme s’ils avaient un impôt ultérieur à rembourser. En effet, ils
seront guidés par une anticipation à la hausse des impôts. A cet égard, les ménages
augmentent leur épargne, par motif de précaution, au détriment de la consommation pour se
protéger contre les hausses des impôts futurs, ce qui aura une influence sur la production, d’où
une baisse de la croissance économique.

Barro (1989) : a prouvé qu'une politique de déficit budgétaire financé via une source de
financement externe reste sans effet sur l'activité économique, dans la mesure où les agents ne
sont pas victimes de l'illusion fiscale. En effet, Ces agents anticipent alors une hausse des
impôts destinés à rembourser l'emprunt, en constituant une épargne d'un montant équivalent à
l'endettement extérieur (Théorème d'équivalence ou théorème de Barro-Ricardo).

 Pour les néoclassiques pour les néoclassiques, trop de dettes causera un


ralentissement de l’économie, étant donné que, la plupart des recettes créées seront
destinées au paiement de la charge de la dette. En effet, la dette ne sert plus à financer
les activités productives, mais plutôt à augmenter le poids de la dette.

Hayek (1989) : l’endettement est une croissance économique artificielle. Elle s’appuie sur un
niveau d’investissement potentiel supérieur à l’effort de la nation.

 La théorie du cycle de la dette d’Avramovic (1964) : Dans cette approche,


l'endettement favorise la croissance de la demande. Il entraîne par l'effet accélérateur
une augmentation plus que proportionnelle de l'investissement, qui provoque à son
tour une hausse de la production. En effet, selon Avramovic (1964), l’amélioration de
l’activité économique via l’endettement extérieur s’explique par un cycle composé de
trois phases:
- La première caractérisée par une épargne nationale insuffisante pour financer les
investissements, ce qui pousse l’Etat à chercher une source de financement pour pallier à cette
insuffisance, à savoir, la dette externe.
- La deuxième caractérisée par une augmentation de cette épargne qui permet de financer une
part importante des investissements. Mais, elle reste toujours insuffisante, d’autant plus que le
poids des intérêts et l’amortissement de la dette se fait sentir. La dette continue donc à croître
et ce, jusqu’au seuil culminant où elle cesse d’augmenter.
- Et en dernière phase, l’épargne intérieure devient supérieure à l’investissement et de l’autre
côté on constate une stagnation de la dette extérieure, conjuguée par une évolution des
investissements, ainsi qu’une amélioration du niveau de la productivité.
-
 La théorie Keynésienne : Selon Keynes, la dette publique n’est pas forcément un
fardeau. Les dépenses financées par l’endettement stimulent l’économie et favorisent
la croissance. Ainsi, le déficit budgétaire n’est pas toujours négatif : s’il est justifié et
maîtrisé, il peut relancer l’activité et réduire le chômage. Grâce à l’effet multiplicateur,
une dépense initiale génère une demande plus forte, ce qui entraîne une croissance
durable.

L’effet multiplicateur : Quand l’État dépense de l’argent (par exemple pour construire une
route, une école, ou lancer un projet), cet argent ne s’arrête pas à celui qui reçoit le paiement.
Il circule plusieurs fois dans l’économie → ce qui multiplie l’effet initial.

 La théorie du surendettement : Les partisans de cette troisième théorie ont essayé de


fusionner les deux points précédents, en développant des modèles avec des effets non
linéaires de la dette sur la croissance économique Sachs (1988) et Cohen (1993, 1995).
Autrement, si la dette potentielle du pays dépasse sa capacité de remboursement, les
agents économiques anticipent l’augmentation des impôts afin de payer le service de
cette dette. Ce qui limite les investissements et c’est la théorie du « surendettement »
ou du « fardeau virtuel de la dette » de Krugman (1988).
Cependant la théorie économique avait fini par reconnaître l'existence d'un seuil au-delà
duquel, la dette devient insoutenable. Autrement dit, un niveau tolérable et raisonnable de la
dette extérieure peut avoir des effets positifs sur la croissance. Mais, un niveau très élevé du
stock de la dette impacte négativement la croissance économique.

La théorie « Debt Overhang » de Krugman (1988), qui stipule que l’endettement est favorable
pour la croissance économique, si et seulement si, il est géré avec prudence.
 Revue de littérature empirique :

« Le travail de Hind Es-Sounboula et Ahmed Hefnaoui (2019) s’intéresse à la problématique


de l’impact de la gestion de la dette extérieure sur les agrégats macroéconomiques au Maroc.
A cet effet, la technique du modèle VAR structurel a été utilisée en vue de ressortir la nature
de relation existent entre la dette extérieure et la croissance du PIB. Les données utilisées
couvrent la période de 1998 à 2017. A partir des résultats de l’estimation de notre modèle
économétrique, cette étude a révélé que la dette extérieure publique marocaine a un impact
positif sur la croissance du PIB. »

« Une autre étude a cherché d’évaluer l’impact de la dette externe sur la croissance
économique, à savoir, c’est l’étude de Sima Rani Dey et Mohammad Tareque (2020). Pour ce
faire, l'étude évalue la cointégration empirique, la dynamique à long terme et à court terme
des variables concernées pour la période 1980-2017 au Bangladesh, en appliquant l'approche
de test des limites de cointégration ARDL (autoregressive distributed lag). Les résultats de
l'étude révèlent l'impact négatif de la dette extérieure sur la croissance du PIB. Sur la même
ligne, L’étude d’Abdulkarim Yusuf et Saidatulakmal Mohd (2021) a examiné l'effet de la
dette publique sur la croissance économique du Nigeria en utilisant des données annuelles de
1980 à 2018 et la technique de Lag distribué autorégressif. Les résultats empiriques montrent
que la dette extérieure constituait un obstacle à la croissance à long terme tandis que son effet
à court terme était favorable à la croissance. »

« La littérature examinée ci-dessus montre qu’une série d’études a été réalisée sur la relation
entre la dette publique et la croissance économique. La plupart des études ont tendance à
trouver une relation négative entre la dette publique et la croissance économique. En
revanche, quelques études ont trouvé une relation non linéaire entre la dette publique et la
croissance économique. Cela signifie que la dette publique améliore la croissance économique
jusqu'à un seuil de signification au-delà duquel elle affecte négativement la croissance du
PIB. »

Les hypothèses :
« Rachid el Bettioui et Aziz Ouia (2018) : Dans le cadre de ce papier, les auteurs souhaitent
déterminer l’impact de la dette extérieure publique sur l’activité économique au Maroc entre 1994 et
2013. Notre méthode repose sur la modélisation économétrique en utilisant un modèle linéaire
multiple.
Les résultats empiriques ont permis d’aboutir à la confirmation de la première hypothèse : la dette
extérieure publique contribue positivement à l’activité économique marocaine. Ils permettent
aussi la confirmation de la deuxième hypothèse : le service de la dette extérieure publique
influence négativement sur l’économie marocaine. »

H 1 : l’endettement externe public est un déterminant de la croissance économique au Maroc


« 1) « la dette… selon la répartition par créanciers… multilatéraux (48,9%),
bilatéraux (23%) et MFI/banques (28,1%) »

 Que ça veut dire ? : sur l’ensemble de la dette extérieure, 48,9% sont détenus par des
créanciers multilatéraux (ex. Banque mondiale, BAD, FMI…), 23% par des
créanciers bilatéraux (autres États qui prêtent directement) et 28,1% par des
banques / MFI.
 Pourquoi c’est important ? : chaque type de créancier a des conditions différentes
(taux, délai, flexibilité). Avoir beaucoup de multilatéraux est souvent vu comme moins
risqué (taux plus bas, maturités longues).
 La mention “baisse de 0,5 point / hausse de 3,1 point” signifie un changement en
points de pourcentage par rapport à l’année précédente (petit recul pour les
multilatéraux, augmentation pour les banques).

2) « répartition par emprunteurs… le Trésor 53,3%… EEPs et autres »

 Que ça veut dire ? : 53,3% de l’encours de la dette extérieure est contracté


directement par l’État (le Trésor). Le reste est emprunté par des établissements et
entreprises publics (EEP) ou autres collectivités/institutions publiques.
 Conséquence pratique : si la majorité est au Trésor, le risque principal est fiscal
(impact sur le budget de l’État). Si beaucoup est aux EEPs, cela signifie aussi un
risque lié aux entreprises publiques (si elles n’arrivent pas à rembourser, l’État peut
devoir intervenir).

3) « structure par devises… dollar passe de 27,1% à 29,8% »

 Que ça veut dire ? : une part plus importante de la dette est libellée en dollars
américains (passée de 27,1% à 29,8%).
 Pourquoi c’est important ? : cela crée une exposition au risque de change — si la
monnaie locale (le dirham) se déprécie face au dollar, le coût en dirhams pour
rembourser ces dettes augmente. À l’inverse, si le dirham se renforce, c’est moins
coûteux.

4) « structure par taux d’intérêt… 74,5% taux fixe, 25,5% taux variable »

 Que ça veut dire ? : 74,5% de la dette porte un taux d’intérêt fixe (le coût est
prédéfini), 25,5% est à taux variable (le coût peut monter ou descendre avec les
marchés).
 Implications : beaucoup de taux fixes = moins d’incertitude à court terme (le pays sait
ce qu’il paiera). mais taux variables = exposition au risque de hausse des taux
internationaux.

5) « service de la dette… 41,4 Mds DH en 2020 vs 29,2 Mds en 2019 »

 Qu’est-ce que le service de la dette ? = l’ensemble des paiements annuels effectués


sur la dette (intérêts + remboursement du principal exigible cette année).
 Interprétation : passer de 29,2 à 41,4 milliards de dirhams signifie que les charges
annuelles liées à la dette ont fortement augmenté → pression plus forte sur le
budget (moins de marge pour autres dépenses).

6) « tirage sur emprunts extérieurs publics = 75,8 Mds DH (+92,11%) »

 Que sont les tirages ? = les montants effectivement débloqués (disbursed) au cours
de l’année au titre de prêts contractés à l’étranger.
 Signification d’une hausse de +92% : l’État (ou les entités publiques) a emprunté et
reçu beaucoup plus d’argent extérieur cette année-là (presque le double), ce qui
explique en partie l’augmentation de l’encours et possiblement du service de la dette.
 Pourquoi ça arrive ? (exemple) : financement d’un déficit, de projets
d’investissement, ou d’une réponse à une crise (ex. aides/relance liées à la pandémie).
Ce sont des hypothèses possibles — il faut regarder le contexte précis pour savoir
pourquoi.

Résumé simple (ce qu’il faut retenir)


 Le Maroc devait majoritairement aux institutions multilatérales (≈49%) en 2020.
 Le Trésor absorbe plus de la moitié de la dette (53,3%) → responsabilité publique
centrale.
 Plus de dette en dollars signifie plus de risque de change.
 La majorité de la dette est à taux fixe, donc coût stable, mais un quart à taux
variable expose aux hausses de taux.
 Le service de la dette et les tirages ont fortement augmenté en 2020, indiquant une
hausse des paiements annuels et des emprunts nets. »

« L’« encours de la dette » veut dire le montant total de la dette en cours à une date
donnée (la somme de toutes les dettes contractées dans le passé et qui ne sont pas encore
remboursées).

📌 Donc, quand on dit par exemple « encours de la dette extérieure du Maroc = 466 milliards
de dirhams », ça signifie :
 C’est le stock total de la dette (publique + privée extérieure, selon la source) qui reste
dû à cette date.
 Ça ne veut pas dire que le Maroc a emprunté ça en une seule année, mais c’est le
cumul de ce qui reste à rembourser (capital). »

« . Pourquoi "au carré" ?

Mettre une variable au carré (²) est une astuce mathématique pour détecter une relation non
linéaire entre deux phénomènes.

 Sans carré (linéaire) :


La dette influence toujours la croissance dans le même sens.
Exemple : +1 % de dette = +0,4 % de croissance (toujours pareil).
 Avec carré (non linéaire) :
La relation devient courbée :
o Au début la dette aide la croissance (effet positif).
o Mais après un certain seuil, la dette commence à ralentir la croissance (effet
négatif).

👉 On utilise le carré parce que ça permet de représenter des courbes en "U" ou en "∩" (cloche
inversée).
C’est simple et pratique en économétrie. »

La dette extérieure totale correspond à la dette due aux non-résidents, remboursable en


devises, en biens ou en services. Elle correspond à la somme de la dette à long terme
publique, garantie par l'État et privée non garantie, du recours au crédit du FMI et de la dette à
court terme. La dette à court terme comprend toutes les dettes ayant une échéance initiale d'un
an ou moins, ainsi que les intérêts moratoires sur la dette à long terme. Les données sont
exprimées en dollars américains courants.

La dette extérieure du Maroc est passée de 694237,31 millions de MAD au troisième trimestre
2022 à 676819,04 millions de MAD au quatrième trimestre 2022. La dette extérieure au
Maroc a atteint en moyenne 379028,64 millions de MAD entre 2006 et 2022, atteignant un
niveau record de 694237,31 millions de MAD au troisième trimestre 2022 et un niveau
historiquement bas de 151986,36 millions de MAD au premier trimestre 2007.

La courbe de Laffer :

La courbe de Laffer est une hypothèse faite dans le cadre de modélisations économiques et
développée par des économistes de l'offre, en particulier Arthur Laffer. Elle formalise l'idée
que les effets favorables d'un taux d'imposition élevé sur la croissance des recettes de
l'État (l’État étant pris ici au sens large, incluant toutes
les administrations publiques) disparaîtraient
lorsque le taux d'imposition devient « trop
élevé » (sans que ce seuil ait pu être défini).
« Outre qu’elle confirme la relation en forme de courbe en U inversée entre dette et
croissance,notre étude permet de chiffrer deux points d’in flexion déterminants. Le point B est
celui que nous pouvons identifier avec le plus d’assurance : l’endette ment semble avoir un
impact global négatif sur la croissance lorsque la dette représente de 160 à 170 % des
exportations,et de 35 à 40 % du PIB (en valeur actuelle nette). » Pattillo et Poirson

Il apparaît aussi que l’écart de croissance entre les pays peu endettés (moins de 100 % des
exportations ou de 25 % du PIB) et les pays très endet tés (plus de 367 % des exportations ou
de 95 % du PIB) est, en moyenne,supérieur à 2 % par an. « Pattillo et Poirson »

📖 Revue de littérature (extrait)

La relation entre dette extérieure et croissance économique a fait l’objet de nombreuses études
empiriques. Pattillo, Poirson et Ricci (2002), dans une analyse publiée par le FMI, montrent
que la dette extérieure peut avoir un effet favorable sur la croissance lorsqu’elle finance des
investissements productifs. Cependant, leurs résultats mettent en évidence l’existence d’un
seuil critique, situé entre 30 % et 50 % du PIB, au-delà duquel l’effet marginal de la dette
devient négatif. En effet, un niveau d’endettement trop élevé engendre une perte de confiance
des investisseurs, accroît les coûts de financement et réduit la marge de manœuvre budgétaire
des gouvernements.

De leur côté, Clements, Bhattacharya et Nguyen (2003) confirment cette idée en soulignant
que la dette extérieure excessive pénalise particulièrement les pays à faible revenu. Selon
leurs conclusions, un ratio dette extérieure/PIB supérieur à 40–50 % compromet la
soutenabilité macroéconomique et détourne les ressources publiques vers le service de la
dette, au détriment des investissements en éducation, santé et infrastructures. Les auteurs
montrent que l’allégement de la dette peut favoriser la croissance uniquement si les
économies budgétaires dégagées sont réinvesties dans des secteurs productifs et
accompagnées de réformes institutionnelles.

Ces travaux mettent donc en évidence que l’impact de la dette extérieure sur la croissance
n’est pas linéaire : elle peut constituer un levier de développement lorsqu’elle est soutenable,
mais devient un frein lorsqu’elle dépasse un certain seuil critique. « Pattillo et Poirson,
Clements, Bhattacharya »
📖 Revue de littérature (version enrichie)
La relation entre dette extérieure et croissance économique a fait l’objet de nombreuses études
empiriques. Pattillo, Poirson et Ricci (2002), dans une analyse publiée par le FMI, montrent
que la dette extérieure peut avoir un effet favorable sur la croissance lorsqu’elle finance des
investissements productifs. Cependant, leurs résultats mettent en évidence l’existence d’un
seuil critique, situé entre 30 % et 50 % du PIB, au-delà duquel l’effet marginal de la dette
devient négatif. En effet, un niveau d’endettement trop élevé engendre une perte de confiance
des investisseurs, accroît les coûts de financement et réduit la marge de manœuvre budgétaire
des gouvernements.

De leur côté, Clements, Bhattacharya et Nguyen (2003) confirment cette idée en soulignant
que la dette extérieure excessive pénalise particulièrement les pays à faible revenu. Selon
leurs conclusions, un ratio dette extérieure/PIB supérieur à 40–50 % compromet la
soutenabilité macroéconomique et détourne les ressources publiques vers le service de la
dette, au détriment des investissements en éducation, santé et infrastructures. Les auteurs
montrent que l’allégement de la dette peut favoriser la croissance uniquement si les
économies budgétaires dégagées sont réinvesties dans des secteurs productifs et
accompagnées de réformes institutionnelles.

Reinhart et Rogoff (2010), dans leur ouvrage Growth in a Time of Debt, apportent également
une contribution majeure au débat en étudiant un large échantillon de pays développés et en
développement. Ils mettent en évidence qu’un ratio dette publique/PIB supérieur à 90 % est
associé à une croissance économique sensiblement plus faible. Bien que cette étude concerne
la dette publique dans son ensemble, elle souligne l’importance des seuils de soutenabilité
applicables aussi à la dette extérieure.

Enfin, les rapports récents de la Banque mondiale et de Bank Al-Maghrib insistent sur le cas
du Maroc. Ils rappellent que la soutenabilité de la dette ne dépend pas uniquement du ratio
dette/PIB, mais aussi de facteurs tels que la structure de la dette (multilatérale, bilatérale,
commerciale), la devise d’endettement, la maturité et la capacité du pays à générer des
excédents extérieurs pour honorer ses engagements.

Ces travaux mettent donc en évidence que l’impact de la dette extérieure sur la croissance
n’est pas linéaire : elle peut constituer un levier de développement lorsqu’elle est soutenable,
mais devient un frein lorsqu’elle dépasse un certain seuil critique.

👉 Avec ça, tu as 4 sources solides :

 Pattillo, Poirson & Ricci (2002, FMI)


 Clements, Bhattacharya & Nguyen (2003, FMI)
 Reinhart & Rogoff (2010, étude mondiale)
 Banque mondiale / Bank Al-Maghrib (sources officielles et récentes sur le Maroc)

📌 Résumé : Dette extérieure et croissance (Pattillo, Poirson & Ricci, 2002)

 Contexte : Dans les années 1980-1990, de nombreux pays en développement se sont


fortement endettés à l’extérieur pour financer leurs besoins de développement. Le FMI
et la Banque mondiale se sont interrogés sur l’impact réel de cette dette sur la
croissance.
 Objectif de l’étude : Identifier s’il existe un lien non linéaire entre la dette extérieure
et la croissance économique, c’est-à-dire vérifier si l’endettement stimule la croissance
jusqu’à un certain seuil, mais la freine au-delà.
 Méthodologie :
o Échantillon de 93 pays en développement (Afrique, Amérique latine, Asie).
o Période d’analyse : plusieurs décennies (1970s-1990s).
o Modèle économétrique estimant la relation entre dette extérieure (en % du
PIB et des exportations) et la croissance du PIB par habitant.
 Résultats principaux :
o La dette extérieure peut soutenir la croissance lorsqu’elle reste modérée.
o Au-delà d’un seuil critique (environ 35-40 % du PIB ou 160 % des
exportations), l’effet devient négatif.
o En clair, trop de dette extérieure freine l’investissement privé car elle
augmente l’incertitude, le risque de défaut et la fuite des capitaux.
 Conclusion :
o Les auteurs confirment l’existence d’une relation en cloche (non linéaire)
entre dette et croissance.
o Les politiques économiques doivent donc viser à maintenir la dette en
dessous du seuil critique pour éviter un effet d’étouffement sur la croissance.
o Cela justifie les programmes d’allègement de dette (comme l’initiative PPTE)
mis en place par le FMI et la Banque mondiale.

Exemple de sous-section dans ton chapitre 2


Évolution de la dette extérieure et de la croissance économique au Maroc
(2000-2023)

📊 Présentation du graphique

(à réaliser sur Excel à partir des données de la Banque mondiale ou TradingEconomics)

 Axe de gauche : Dette extérieure (% du PIB)


 Axe de droite : Croissance du PIB réel (%)

✍️Exemple de phrase d’introduction :

Le graphique ci-dessous illustre l’évolution conjointe de la dette extérieure (en % du PIB) et


du taux de croissance du PIB réel au Maroc sur la période 2000-2023. Cette comparaison
permet d’observer la dynamique générale entre l’endettement extérieur et la performance
économique du pays.
📈 Exemple de commentaire analytique :

On remarque que durant les années où la dette extérieure augmente modérément (par exemple
2005-2008 ou 2016-2019), la croissance économique reste soutenue, ce qui peut s’expliquer
par un effet de financement : l’endettement extérieur a probablement permis de financer des
investissements publics et privés, stimulant la production à court terme.

En revanche, les périodes de hausse rapide de la dette, notamment après 2020, coïncident avec
un ralentissement de la croissance, traduisant un effet de surcharge lorsque le poids de la
dette devient excessif.

Ces observations visuelles suggèrent donc que la dette extérieure exerce un effet positif sur
la croissance à court terme, mais que cet effet s’affaiblit lorsque la dette dépasse certains
niveaux de soutenabilité — une idée que nous testerons plus rigoureusement à l’aide du
modèle ARDL dans le troisième chapitre.

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