Analyse fonctionnelle : espaces de Hilbert
Analyse fonctionnelle : espaces de Hilbert
S. Meignen
2022/2023
Table des matières
1 Espaces de Hilbert 7
1.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2 Projection sur un convexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.3 Représentation de Riesz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.4 Bases hilbertiennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.5 L’espace L2 (I) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.5.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.5.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.6 Bases hilbertiennes de L2 (I) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.6.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.6.2 Théorème de Parseval . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.7 Séries de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.8 Polynômes orthogonaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3
4 TABLE DES MATIÈRES
6 Théorème de Shannon 65
6.1 Formule de Poisson dans S 0 (R) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
6.1.1 Forme duale de la formule de Poisson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
6.1.2 Forme directe de la formule de Poisson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
6.2 Formule de Poisson dans L1 (R) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
6.3 Théorème de Shannon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
Espaces de Hilbert
1.1 Définitions
Définition 1 Un produit scalaire sur H est une application de H × H → K (notée (x, y) 7→ hx, yi)
vérifiant :
(i) ∀ λ, µ ∈ K, ∀ x, y, z ∈ H, hλx + µy, zi = λhx, zi + µhy, zi
(ii) ∀ x, y ∈ H, hx, yi = hy, xi
(iii) ∀ x ∈ H, hx, xi ≥ 0
(iv) ∀ x ∈ H, hx, xi = 0 ⇐⇒ x = 0
Proposition 1
On a :
1) L’inégalité de Cauchy-Schwarz :
7
8 CHAPITRE 1. ESPACES DE HILBERT
Proposition 2
p
L’application x 7−→ hx, xi = kxk est une norme sur H.
Démonstration
kx + yk2 = hx, xi + hx, yi + hy, xi + hy, yi
= kxk2 + 2 Rehx, yi + kyk2
≤ kxk2 + kyk2 + 2 kxk kyk
= (kxk + kyk)2
Définition 2 Un espace préhibertien est un espace vectoriel H muni d’un produit scalaire. Si cet
espace est complet pour la norme provenant du produit scalaire, on dit que H est un espace de Hilbert.
Exemples 1
n
X
1) H = RN , K = R, hx, yi = xj yj est un Hilbert.
j=1
n
X
2) H = CN , K = C, hx, yi = xj yj est un Hilbert.
j=1
3) Soit Ω ⊂ RN
un ouvert borné.
Z
1. H = C Ω, C , K = C, hx, yi = x (t) y (t) dt est un préhilbertien. Il n’est pas complet.
Ω
Z
2
2. H = L (Ω), K = C, hx, yi = x (t) y (t) dt est un Hilbert. C’est le complété de l’espace
Ω
préhilbertien défini précédemment.
X X
2 (N) = {x = (x )
4) H = lC n n∈N | ∀ n, xn ∈ C, |xn |2 < +∞}, hx, yi = xn yn est un
n≥0 n≥0
Hilbert.
A⊥ = {x ∈ H | ∀ y ∈ A, hx, yi = 0}
Remarque 2 On peut donner la définition 3 dans un espace vectoriel H muni d’une application
vérifiant seulement 1 et 2 de la définition 1.
1.2. PROJECTION SUR UN CONVEXE 9
Proposition 3
Soit H un préhilbertien.
1) Soit A ⊂ H, A 6= ∅. Alors A⊥ est un sous-espace vectoriel fermé de H.
2) Soit A, B ⊂ H, A 6= ∅ et A ⊂ B. Alors B ⊥ ⊂ A⊥ .
⊥
3) Soit A ⊂ H, A 6= ∅. Alors A ⊂ A⊥ .
⊥
4) Soit A un sous-espace vectoriel de H. Si H est complet alors A = A⊥ .
⊥ ⊥
Remarque 3 A = A⊥ et vect(A) = A⊥
kx − ak = d (x, C) = inf kx − yk
y∈C
Démonstration
— Existence :
Soit (yn )n∈N une suite d’éléments de C telle que kx − yn k −→ d (x, C).
1 yn + ym 2
∀ n 6= m, kyn − ym k2 = kx − yn k2 + kx − ym k2 − 2 x −
2 2
yn + ym
Et ∈ C car C est convexe.
2
yn + ym
Donc x − ≥ d (x, C).
2
On a alors :
1
0 ≤ kyn − ym k2 ≤ kx − yn k2 + kx − ym k2 − 2d (x, C)2
2 | {z }
−−−−−−→ 0
n,m→+∞
Donc (yn )n∈N est de Cauchy. Comme H est complet, il existe a ∈ H tel que lim yn = a.
Comme C est fermé, a ∈ C.
d (x, C) = lim kx − yn k = kx − ak
n→+∞
— Unicité :
Supposons qu’il existe a et b ∈ C tels que kx − ak = kx − bk = d (x, C).
On définit la suite (yn )n∈N d’éléments de C par : y2p = a et y2p+1 = b.
On sait que kx − yn k −→ d (x, C), et donc que (yn ) est de Cauchy dans H complet.
10 CHAPITRE 1. ESPACES DE HILBERT
Démonstration
— i) ⇒ ii)
Soit y ∈ C et soit t ∈ ]0, 1].
(1 − t) · a + t · y ∈ C car C est convexe.
kx − ((1 − t) a + ty)k2 ≥ kx − ak2
Or,
kx − ((1 − t) a + ty)k2 = kx − a − t (y − a)k2
= kx − ak2 + t2 ky − ak2 − 2 Re (thx − a, y − ai)
Donc ∀ t ∈]0, 1], 2 Re (thx − a, y − ai) ≤ t2 ky − ak2
D’où ∀ t ∈]0, 1], 2 Re hx − a, y − ai ≤ t ky − ak2
On fait t −→ 0, d’où : Re hx − a, y − ai ≤ 0.
— ii) ⇒ i)
Soit y ∈ C.
kx − yk2 = kx − a + a − yk2 = kx − ak2 + ky − ak2 − 2 Rehx − a, y − ai
Donc par ii) kx − yk2 ≥ kx − ak2 + ky − ak2 ≥ kx − ak2
d’où : kx − ak = inf kx − yk
y∈C
Proposition 4
Soit H un espace de Hilbert. Soit C ∈ H une partie convexe, fermée et non vide. Pour x ∈ H,
on note Pc x la projection de x sur C. On a :
∀ x1 , x2 ∈ H, kPc x1 − Pc x2 k ≤ kx1 − x2 k
Démonstration
Posons aj = Pc xj pour j = 1, 2.
ka1 − a2 k2 = ha1 − a2 , a1 − a2 i = Reha1 − a2 , a1 − a2 i
= Reha1 − x1 , a1 − a2 i +Rehx1 − x2 , a1 − a2 i + Rehx2 − a2 , a1 − a2 i par le théorème 2 (page 10)
| {z } | {z }
≥0 ≥0
≤ Rehx1 − x2 , a1 − a2 i ≤ kx1 − x2 k ka1 − a2 k d’après Cauchy-Schwarz.
1.3. REPRÉSENTATION DE RIESZ 11
Corollaire 1
Soit H un espace de Hilbert et soit F un sous-espace vectoriel fermé de H (F est donc convexe).
a∈F
1) a = PF x est caractérisé par :
∀ y ∈ F, hx − a, yi = 0
2) PF est linéaire et continue
3) H = F ⊕ F ⊥
Démonstration
1) a = PF x est caractérisé par :
∀ y ∈ F, Rehx − a, y − ai ≤ 0 d’après le théorème 2 (page 10)
(1)
a∈F
Ce qui est équivalent à :
a∈F
(2)
∀ y ∈ F, hx − a, yi = 0
En effet :
— 2⇒1
∀ y ∈ F, hx − a, y − ai = 0 car y − a ∈ F , donc Rehx − a, y − ai ≤ 0
— 1⇒2
On a : ∀ y ∈ F, Rehx − a, y + a − ai ≤ 0 car y + a ∈ F
i.e. : ∀ y ∈ F, Rehx − a, yi ≤ 0
Mais si y ∈ F , alors −y ∈ F , donc Rehx − a, −yi ≤ 0
D’où ∀ y ∈ F, Rehx − a, yi = 0
Si y ∈ F, iy ∈ F
Rehx − a, iyi = 0 d’où Imhx − a, yi = 0
2) Soit x, x0 ∈ H, λ, µ ∈ C.
On veut savoir si : PF (λx + µx0 ) = λPF x + µPF x0
Or, par 1 ∀ y ∈ F, hλx + µx0 − PF (λx + µx0 ) , yi = 0
et ∀y ∈ F, hλx + µx0 − λPF x − µPF x0 , yi = λhx − PF x, yi + µhx0 − PF x, yi = 0
3) F ∩ F ⊥ = {0}
∀ x ∈ H, x = PF x + x − PF x
|{z} | {z }
∈F ∈F ⊥
Remarque 4 Dans le théorème 1 (page 9), on peut supposer H préhilbertien avec C ⊂ H une
partie non vide convexe et complète. Même remarque pour le corollaire 1 (page 11).
Démonstration
Posons F = L−1 (0).
1. Si F = H, alors L ≡ 0 1 et on prend a = 0.
2. Sinon, soit z ∈ F ⊥ \{0} (base de F ⊥ puisque sa dimension est de 1)
— Existence :
=F ⊥
z }| {
∀ x ∈ H, ∃ λ ∈ K, y ∈ F tq x = y + λz H = F ⊕ V ect(z)
L(x)
L (x) = L (y) + λ · L (z) = λ · L (z) =⇒ λ =
L(z)
L(x) L(x)
0 = hy, zi = hx − L(z) · z, zi = hx, zi − L(z) · kzk2
L(z) L(z)
L(x) = kzk2
· hx, zi = hx, kzk2 · zi
L(z)
On prend a = ·z
kzk2
— Unicité : ∀ x ∈ H, hx, ai = hx, a0 i ⇐⇒ ∀ x ∈ H, hx, a − a0 i = 0 ⇐⇒ a = a0
D’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz : |L(x)| = |hx, ai|≤ kxk
· kak ⇒ | kLk | ≤ kak
a
Or, si L ≡ 0, alors | kLk | = kak = 0. Sinon, a 6= 0 et L = kak ⇒ | kLk | = kak
kak
Remarque 5
— Soit
θ : H −→ H 0
où ϕa (x) = hx, ai
a 7−→ ϕa
θ est une bijection, et est anti-linéaire :
θ (a + b) = θa + θb
θ (λ · a) = λ · θ (a)
N.B. : H 0 dual de H. Ici, il faut H complet car H 0 l’est forcément et il y a isomorphisme.
— Si H Hilbert sur R, f : H −→ R différentiable, ∀ x ∈ H, f 0 (x) ∈ L(H, R) = H 0
∀ x ∈ H, ∃ a ∈ H tq ∀ h ∈ −H, f 0 (x)(h) = hh, ai = ha, hi
−→
On note : a = ∇f (x) = gradf (x)
1. identiquement égal à
1.3. REPRÉSENTATION DE RIESZ 13
1) ∀ n 6= m, ∀ x ∈ Hn , ∀ y ∈ Hm , hx, yi = 0
2) L’espace vectoriel F engendré par les Hn est dense dans H
(F est l’ensemble des combinaisons linéaires finies d’éléments des Hn , n ∈ N).
Théorème 4
M
On suppose que H = Hn . Si x ∈ H, on note xn = PHn x.
n≥0
Alors, on a :
1)
X N
X
x= xn (i.e. x = lim xn )
N →+∞
n≥0 n=0
2) X
kxk2 = kxn k2
n≥0
(Identité de Bessel-Parseval)
Réciproquement, soit (xn )n∈N une suite d’éléments de H telle que :
∀ n ∈ N, xn ∈ Hn
et telle que : X
kxn k2 < +∞
n≥0
X P
Alors la série xn converge dans H et si x = n≥0 xn , alors ∀ n ≥ 0, xn = PHn x
n≥0
Démonstration
1) Posons pour N ∈ N,
N
X
SN = PHn
n=0
Si x ∈ H,
N
X
SN x = xn
n=0
N
X N
X N
X N
X
kSN xk2 = hSN x, SN xi = h xn , xn i = hxn , xn i = kxn k2 (4)
n=0 n=0 n=0 n=0
Soit ε > 0, comme F est dense dans H, il existe x∗ ∈ F tel que kx − x∗ k ≤ ε/2
∃ N0 ∈ N tq ∀ N ≥ N0 , SN x∗ = x∗
Soit N ≥ N0 ,
kSN x − xk ≤ kSN x − SN x∗ k + kSN x∗ − xk
= kSN x − SN x∗ k + kx − x∗ k
≤ kx − x∗ k + kx − x∗ k car SN opérateur de projection
≤ ε
X
2) (4) ⇒ kxk2 = kxn k2
n≥0
Réciproquement Posons
N
X
uN = xn
n=0
xn = PH n x
1) ∀ n 6= m, hen , em i = 0 et ∀ n, hen , en i = 1
2) L’espace vectoriel engendré par les (en )n∈N est dense dans H.
1.5. L’ESPACE L2 (I) 15
Remarque 6 Soit H un Hilbert et (en )n∈N une base hilbertienne de H. D’après le théorème 4 avec
Hn = K en , tout x ∈ H s’écrit de manière unique :
X
x= hx, en ien
n≥0
et X
kxk2 = |hx, en i|2
n≥0
Les hx, en i sont les cœfficients de Fourier de x par rapport à la base hilbertienne (en )n≥0 .
X
Réciproquement 2 (N), alors la série
Si λ = (λn ) ∈ lK λn en est convergente vers un élément
n≥0
X 1
x ∈ H et ∀ n, λn = hx, en i et kxk2 = |λn |2 (exemple : λn = (n ≥ 0))
n+1
n≥0
Remarque 7 Ne pas confondre base hilbertienne et base algébrique, qui est une famille non forcément
dénombrable d’éléments de l’espace vectoriel qui est libre et telle que tout élément de l’espace vecto-
riel s’écrit comme une combinaison linéaire finie d’éléments de cette base. Par contre, il s’agit de
la même chose en dimension finie.
1.5.2 Propriétés
Théorème 5
(L2 (I), k·k2 ) est un espace de Hilbert
16 CHAPITRE 1. ESPACES DE HILBERT
Théorème 6
B = (ϕn )n∈N est une base hilbertienne si B vérifie l’une des deux propriétés suivantes
équivalentes :
1. Convergence de la série dans L2 (I) :
X
∀f ∈ L2 (I), f = hf, ϕn iϕn
n∈N
2. X
∀f ∈ L2 (I), kf k22 = |hf, ϕn i|2
n∈N
Dans le cas des bases hilbertiennes, la convergence (et les égalités) sont à prendre au sens de la
norme L2 , c’est-à-dire :
X N
X
2
f= cn ϕn dans L (I) ⇐⇒ lim f− cn ϕn =0
N →+∞
n∈N n=0 2
Z N 2
X
⇐⇒ lim f (x) − cn ϕn (x) dx = 0
N →+∞ I
n=0
Théorème 7
B est une base Hilbertienne de L2 (]0, T [) donc
2πx
T
e−in T
Z
2
∀f ∈ L (]0, T [), cn (f ) = hf, en i = f (x) · √ dx
0 T
1. X
f= cn (f )en
n∈Z
2. Z T X
|f (x)|2 dx = |cn (f )|2
0 n∈Z
Démonstration 2πx
T
ei(n−m)
Z
T
hen , em i = dx = δm,n
0 T
Théorème 8
Soit ϕ ∈ Cc∞ (]0, T [). On pose :
2πx
T
e−in T
Z
∀n ∈ Z, cn (ϕ) = ϕ(x) √ dx
0 T
Alors : 2πx
X ein T
ϕ(x) = cn (ϕ) √
n∈Z
T
et la série converge uniformèment sur ]0, T [
Démonstration
— Convergence uniforme
2πx Z T
ein T 1 1 2πx
cn (ϕ) √ = √ |cn (ϕ)| = ϕ(x)e−in T dx
T T T 0
Z T Z T
1 1 00 −inx T
= ϕ (x)e dx ≤ 2 2 ϕ00 (x) dx
T (−i 2πn )2
0 4π n
T |0 {z }
c
18 CHAPITRE 1. ESPACES DE HILBERT
in 2πx
cn (ϕ) e √TT converge normalement, donc uniformèment.
P
Ainsi, la série
N
einθ
P
— Calcul de
n=−N
N 2N
X X 1 − ei(2N +1)θ
einθ = e−iN θ einθ = e−iN θ
1 − eiθ
n=−N n=0
2N +1
e i( θ ) e−i( 2N2+1 θ) − e+i( 2N2+1 θ)
sin N + 12 θ
2
= e−iN θ =
eiθ/2 e−iθ/2 − eiθ/2 sin 2θ
Remarque 10
N N
! 2πθ
!
T T
1 ein T
Z Z
in 2πθ
X X
e T dθ = dθ =1
T 0 0 T
n=−N n=−N
donc
1 T sin (N + 21 ) 2πθ
Z
T
dθ = 1
T 0 sin πθ
T
N 2πt N 2πx
! 2πt
ein T T
e−in T ein T
X X Z
ϕ(t) − cn (ϕ) √ = ϕ(t) − ϕ(x) √ dx √
n=−N
T n=−N 0 T T
N
!
T
ϕ(x)
Z X 2π(t−x)
= ϕ(t) − ein T dx
0 T
n=−N
ϕ(x) sin (N + 21 ) 2π
T
T (x − t)
Z
= ϕ(t) − dx
0 T sin Tπ (x − t)
1 T sin N + 12 2π ϕ(x) sin (N + 12 ) 2π
Z T
T (x− t) T (x − t)
Z
= ϕ(t)dx − dx
T 0 sin Tπ (x − t) 0 T sin Tπ (x − t)
1 T −t ϕ(t) − ϕ(u + t)
1 2π
Z
= sin N+ u du
sin Tπ u
T −t 2 T
Démonstration du théorème
1. (admis) Cc∞ (]0, T [) est dense dans L2 (]0, T [), c’est-à-dire pour tout f ∈ L2 (]0, T [), on a la
proriété :
∀ε > 0, ∃ϕ ∈ Cc∞ (]0, T [) kf − ϕk2 < ε
1.8. POLYNÔMES ORTHOGONAUX 19
2. (th. de Féjer-Dirichlet)
Conclusion :
∀f ∈ L2 (]0, T [), ∀ε > 0, ∀N ≥ N0 ,
kf − SN f k2 = kf − ϕ + ϕ − SN ϕ + SN ϕ − SN f k2
≤ kf − ϕk2 + kϕ − SN ϕk2 + kSN ϕ − SN f k2
√
≤ 2ε + T ε,
en utilisant encore le fait que SN étant un opérateur de projection sur un convexe, il est
1-Lipschitzien.
Théorème 9
Si B est orthonormée pour h·, ·i, alors B une base Hilbertienne de L2 ([a, b], p(x)dx)
Démonstration
— Théorème de Weierstraß : Toute fonction continue est limite uniforme d’une suite de po-
lynômes sur [a, b]
— Les fonctions continues sont denses dans L2 ([a, b], p(x)dx)
20 CHAPITRE 1. ESPACES DE HILBERT
Propositionq
5
2n+1
La famille 2 P n est une base Hilbertienne de L2 ([−1; 1])
— Base de Haar
Définition 9 La base de Haar On se place dans l’espace L2 ([0, 1]) munit du produit scalaire
usuel. Soit ϕ la fonction constante 1 et ψ la fonction définie par :
On pose :
ψj,k (x) = 2j/2 ψ 2j x − k
Théorème 10
(ϕ, ψj,k ) est une base Hilbertienne de L2 ([0, 1])
Chapitre 2
Définition 1 La convolution circulaire entre les suites h et x de taille N périodisées est définie
par :
X
(h ? x)n = xk hn−k mod N
0≤k≤N −1
X
= x(n−k)mod N hk (2.2)
0≤k≤N −1
Proposition 1
Soit x de taille N et périodisé à Z tout entier, alors on a la propriété suivante :
Remarque 2 Cette propriété montre que la convolution par h d’une suite x, supposée périodique
de période N , peut se calculer par convolution circulaire.
21
22 CHAPITRE 2. TRANSFORMÉE DE FOURIER DISCRÈTE
Théorème 1
Soient deux suites complexes (xk ) et (hk ), de période N , et leurs transformées de Fourier discrètes
(x̂n ) et (ĥn ).
i) La suite définie par convolution circulaire
zn = (x ? h)n
a pour TFD
ẑk = x̂k ĥk
ii) La suite produit
pn = xn hn
a pour TFD
(x̂ ? ĥ)k
et par conséquent
N −1 N −1
X 1 X
|xn |2 = |x̂k |2
N
n=0 k=0
2.3. EXEMPLES D’APPLICATIONS 23
Proposition 2
En périodisant une suite de longueur N , (xn ) sur tout Z, on périodise aussi (x̂k ). Les suites (xn )
TFD
et (x̂k ) sont ici étendues à Z par périodisation de longueur N . Soit (xn ) → (x̂k ) alors :
TFD
1. (x−n ) → (x̂−k )
TFD
2. (xn ) → (x̂−k )
TFD
3. (x−n ) → (x̂k )
Proposition 3
Avec les mêmes notations que précédemment, on a :
i) (xn ) est paire (resp. impaire) ⇔ (x̂k ) est paire (resp. impaire)
ii) (xn ) est réelle ⇔ ∀k ∈ Z x̂−k = x̂k
iii) (xn ) est réelle paire ⇔ (x̂k ) est réelle paire
iv) (xn ) est réelle impaire ⇔ (x̂k ) est imaginaire pure, impaire.
N −1 N −1
1 X na −2iπ k na 1 X −nk N N
c̃k = f ( )e a N = yn ωN , − ≤k<
N N N 2 2
n=0 n=0
2iπ
en posant yn = f ( naN ) et ωN = e
N .
où l’on suppose pour simplifier que la série est absolument convergente :
n=+∞
X
|cn | < +∞,
n=−∞
ce qui est le cas si f est continue et C 1 par morceaux. On peut grouper les indices par paquets de
la manière suivante :
m=+∞ N/2−1 q=+∞
!
1 n yn 1 X mk 1 X X
nk
f (k ) = = cm ωN = cn+qN ωN
N N N N m=−∞ N q=−∞
n=−N/2
qui conduit à : X
c̃n − cn = cn+qN .
q6=0
On voit ainsi que l’approximation à N fixé cn ≈ c̃n pour − N2 ≤ n < N2 est d’autant meilleure que
les coefficients de Fourier tendent plus vite vers 0 lorsque n tend vers +∞.
avec (
−2k −(N −2)k
P k = x 0 + x 2 ωN + · · · + xN −2 ωN
−2k −(N −2)k
Ik = x1 + x3 ωN + · · · + xN −1 ωN
−(k+m) −k
On remarque que Pk+m = Pk et de même Ik+m = Ik . De plus comme ωN = −ωN , on peut
faire une première économie de calcul. Pour k = 0, · · · , m − 1, on calcule successivement :
−k
1. On calcule Pk et ωN Ik
−k
2. On forme x̂k = Pk + ωN Ik
−k
3. On en déduit x̂k+m = Pk − ωN Ik
2.4. L’ALGORITHME DE LA FFT 25
La première partie coute 2(m − 1)2 + m − 1 soit à peu près 12 N 2 multiplications contre N 2 multi-
plications pour un calcul direct.
Cependant, on remarque que Pk et Ik sont à leur tour des transformées de Fourier, indépendantes
l’une de l’autre. Il ne reste qu’à itérer l’astucieuse décomposition précédente à condition que m soit
encore pair. Le passage d’une étape (vecteur de longueur m) à l’autre (vecteur de longueur 2m) se
fait à l’aide des formules
−k
x̂k = Pk + ωN Ik
−k
x̂k+m = Pk − ωN Ik
Evaluation du coût de l’algorithme :
Pour N = 2p Soit Mp le nombre de multiplications utilisées par cet algorithme, et de même soit Ap
le nombre des additions :
— Cout du calcul des Pk : [Mp−1 , Ap−1 ]
— Cout du calcul des Ik : [Mp−1 , Ap−1 ]
−k
— Multiplications par ωN , k ≥ 1 : [2p−1 − 1, 0]
— Additions : [0, 2p ].
D’où les relations :
M1 = 0 A1 = 2
Mp = 2Mp−1 + 2 p−1 −1 Ap = 2Ap−1 + 2p
On obtient finalement :
Mp = (p − 2)2p−1 + 1
Ap = p2p
ou encore en fonction de N : [N/2(log2 (N ) − 2) + 1, N log2 (N )].
26 CHAPITRE 2. TRANSFORMÉE DE FOURIER DISCRÈTE
Chapitre 3
Définition R2 On appelle suite régularisante ϕε une fonction Cc∞ (RN ) à support inclus dans B(0, ε)
et telle que RN ϕε (x) = 1.
Démonstration Soit f ∈ Cc (RN ) telle que Supp (f ) = B(0, R). On remarque tout d’abord que
Supp (ϕε ∗ f ) = B(0, R + ε)
Z
ϕ ∗ f (x) − f (x) = ϕε (y)(f (x − y) − f (x))dy
RN
Or f est continue à support compact donc uniformément continue sur RN , d’où le résultat.
27
28 CHAPITRE 3. RAPPEL : TRANSFORMÉE DE FOURIER DES FONCTIONS
kf − fη kLp (RN ) ≤ η.
Démonstration Comme Cc (RN ) est dense dans Lp (RN ), étant donné η > 0, il existe ψ ∈ Cc (RN ),
telle que
η
kf − ψkLp (RN ) < .
2
En utilisant toujours la même suite régularisante que précédemment, on obtient :
sup |ϕε ∗ ψ(x) − ψ(x)| → 0 quand ε → 0
x∈RN
D’après l’inégalité de Hölder et en supposant Supp (ψ) ⊂ B(0, R), il vient que :
kϕε ∗ ψ − ψkLp (RN ) ≤ sup |ϕε ∗ ψ(x) − ψ(x)||B(0, R + ε)|1/p → 0
x∈RN
Z
def
∀ν ∈ R , fˆ(ν) =
N
f (x)e−2iπhν,xi dx
RN
Théorème 4 (Riemann-Lebesgue)
Démonstration
R
1. — F linéaire (linéarité de ).
Z Z
∀ν, fˆ(ν) = f (x)e −2iπhν,xi
≤ |f (x)| dx = kf kL1 (RN )
RN RN
+M
e−2iπνj xj ∂g(x) e−2iπνj xj ∂g(x) e−2iπνj xj
Z Z Z
−2iπνj xj
g(x)e dxj = g(x) − dxj = dxj
R −2iπνj −M R ∂xj −2iπνj R ∂xj 2iπνj
D’où
1
Z
∂g(x) k ∂g(x)
∂xj kL1 (RN ) ∂g(x)
|ĝ(ν)| ≤ dx = −−−−−→ 0 car < +∞.
2π |νj | RN ∂xj 2π |νj | νj →±∞ ∂xj L1 (R)
Alors, comme
|fˆ(ν)| ≤ kf − gkL1 (RN ) + |ĝ(ν)|,
Exemple
1
sin(πν)
e−2iπνx dx =
R
Fonction “porte” : Π = 1l]− 1 ; 1 [ . Π̂(ν) = 2
− 12 πν : sinus cardinal.
2 2
Proposition 2
1
f ∈ L1 (RN ), a ∈ R. Posons ∀x ∈ RN , g(x) = f (ax). Alors ∀ν ∈ RN , F(g(ν)) = f ( νa )
|a|N
Théorème 5
Démonstration
∂f (x)e−2iπhν,xi
1. ∂νj = (−2iπxj )f (x)e−2iπhν,xi est continue pour tout νj et presque tout x, et ap-
partient à L1 (RN ) donc d’après théorème de dérivation d’une intégrale dépendant d’unpa-
∂ fˆ
ramètre ∂νjest dans L1 (RN )
et satisfait 1., en considérant les dérivées par rapport aux
autres coordonnées puis les dérivées à tout ordre, on obtient le résultat.
∂f
2. Calculons ∂x . En posant x0 (resp. ν 0 ) le vecteur x (resp. ν) privé de xj (resp. νj ) et en
d
j
faisant une intégration par parties il vient que :
∂f
Z Z
−2iπhν 0 ,x0 i
d
−2iπνj xj ∞ −2iπνj xj
(ν) = e [f (x)e ]−∞ + f (x)(2iπνj )e dxj dx0
∂xj R N −1 R
= (2iπνj )fˆ(ν)
En effet si f est intégrable et C 1 (R), telle que f 0 ∈ L1 (R) est intégrable alors
Z x
f (x) = f (a) + f 0 (t)dt
a
comme f 0 est intégrable, l’intégrale a une limite lorsque x tend vers ±∞, donc f (x) admet
une limite quand x tend vers l’infini. D’autre part, cette limite est nécessairement nulle car
f est intégrable. Ceci explique pourquoi le terme entre crochet de l’expression précédente
s’annule. On conclut en procédant par récurrence sur l’ordre de dérivation.
3.1. TRANSFORMÉE DE FOURIER DANS L1 (RN ) 31
Proposition 3
Soient f, g ∈ L1 (RN ). Alors f ĝ et fˆg appartient à L1 (RN ) et on a :
Z Z
f ĝ = fˆg
RN RN
Théorème 6
1. Soit f ∈ L1 (RN ). On suppose que f est continue au point x ∈ RN fixé et que fˆ ∈ L1 (RN ).
Alors on a,
F fˆ(x) = f (x)
Pour tout n ∈ N∗ , on a :
Z Z
|f (x + ν) − f (x)|gbn (ν)dν ≤ gbn (ν)dν = .
kνk∞ ≤η R
De plus,
N
2
Z Y
| f (x)gbn (ν)|dν ≤ |f (x)| (1 − arctan(νn))
kνk∞ ≥η π
i=1
qui tend vers 0 lorsque n tend vers l’infini. En outre, comme (gbn )i (fonction uniquement de la
variable νi ) est paire et décroissante sur R+
Z
| f (x + ν)gbn (ν)| ≤ gbn (η)kf k1 ,
kνk∞ ≥η
avec η = (η, · · · , η), cette expression tendant vers 0 lorsque n tend vers l’infini. Le point 1. du
théorème est donc démontré.
2 2
Nous démontrons ensuite le point 2. On multiplie l’intégrande par ĥ (ν) = e−π kνk2 :
Z Z
2 2
I = ( f (u)e−π kνk2 e2iπhν,(x−u)i du)dν
RN RN
2 2
on a (u, ν) → φ(u, ν) = f (u)e−π kνk2 e2iπhν,(x−u)i ∈ L1 (RN ×RN ). On va pouvoir appliquer Fubini
pour donner deux expressions de I :
i) On intègre par rapport à u :
Z
2 2
I = fˆ(ν)e−π kνk2 e2iπνx dν
RN
2 2
Or |fˆ(ν)e−π kνk2 e2iπνx | ≤ |fˆ(ν)| qui appartient à L1 (RN ) et lim e−π kνk2 = 1. Donc par le
2 2
→0
théorème de convergence dominée, on obtient que lim I = RN fˆ(ν)e2iπνx dx.
R
→0
ii) on intègre par rapport à v :
Z
1 − kx−uk2 2
Z Z
−π2 kνk22 2iπhν,(x−u)i
I = f (u) e e dν du = f (u) e du,
RN RN RN N
en utilisant les propriétés des transformées de Fourier des Gaussiennes et la formule de
kxk2 2
dilatation. Par ailleurs on sait que la fonction h (x) = 1N e−π( ) est d’intégrale égale à 1.
On peut donc en déduire :
Z Z Z
|I (x) − f (x)| = |(f (x − u) − f (x))h (u)|du
RN R
Z Z
N R
∀ > 0 ∃N ∀n ≥ N kf − gn k1 ≤
On a :
Z Z Z Z
|f (x+η)−f (x)| ≤ |f (x+η)−gn (x+η)|+ |gn (x+η)−gn (x)|+ |gn (x)−f (x)|
RN RN RN RN
lim kI − f k1 = 0
→0
Donc I tend vers f dans L1 (RN ) donc il existe une sous suite Iφ() convergeant vers f
presque partout (résultat admis), d’où le résultat.
Théorème 7 et définition
f ∈ L1 (RN ), g ∈ L1 (RN ). On pose : ∀x ∈ RN , (f ∗ g)(x) = RN f (y)g(x − y)dy.
R
Alors (f ∗ g) est défini presque partout , intégrable et kf ∗ gkL1 (RN ) ≤ kf kL1 (RN ) kgkL1 (RN ) .
Z Z Z Z
|f (y)g(x − y)| dy dx = |f (y)| |g(x − y)| dx dy (3.1)
RN RN RN RN
Z Z
(3.1) = |f (y)| |g(u)| du dy = kf kL1 (RN ) kgkL1 (RN ) < +∞
RN RN
R
Donc x 7→ RN |f (y)g(x − y)| dy est intégrable donc finie presque partout. Donc (f ∗ g) est définie
presque partout, intégrable et :
Z
|(f ∗ g)(x)| dx ≤ kf kL1 (RN ) kgkL1 (RN )
RN
34 CHAPITRE 3. RAPPEL : TRANSFORMÉE DE FOURIER DES FONCTIONS
ii) Comme fˆ et ĝ sont dans L1 (RN ) nous avons d’après ce qui précède, en remarquant que F a les
mêmes propriétés que F :
F(fˆ ∗ ĝ) = F(fˆ)F(ĝ)
= f g p.p.
comme f = F(fˆ), f est bornée donc on peut considérer la transformée de Fourier de f g pour
finalement obtenir : fˆ ? ĝ = F(f g).
Théorème 9 (Cauchy-Schwarz)
Soit f et g appartenant à L2 (RN ), on a la propriété suivante :
Z
| f (t)ḡ(t)| ≤ kf k2 kgk2
RN
Théorème 10
F ∈ C 0 (RN ) L∞ (RN )
T
On montre que kf (x + η − .) − f (x − .)k2 tend vers 0 avec η, en utilisant à nouveau la densité des
applications continues à support compact dans L2 (RN ). Donc f est continue en x.
Théorème 11 (Plancherel-Parseval)
Soit f et h appartenant à L2 (RN ) L1 (RN ), alors on a :
T
Z Z
f (t)h(t)dt = fˆ(ν)ĥ(ν)dν
RN RN
Si f = h, on a la propriété suivante : kf k2 = fˆ
2
2 α −N/2 − α
π 2
Pour cela, on considère gα (x) = e−αkxk2 dont la transformée de Fourier est ĝα (ν) = e kνk2 .
π
Par application du théorème de convergence monotone on a tout d’abord :
Z Z
ˆ 2
gα (x)|f (x)| → |fˆ|2 ≤ +∞
RN α→0 RN
car gα (x)|fˆ(x)|2 est positive, appartient à L1 (RN ) et est croissante lorsque α décroit.
Par ailleurs, comme la fonction (x, u, y) → f (y)f (u)ei2πx(u−y) gα (x) est dans L1 ((RN )3 ) (en appli-
quant le théorème de Tonnelli).
Z Z Z Z
gα (x)|fˆ(x)|2 = f (y) f (u) e−i2πhx,y−ui gα (x)dxdydu
N RN RNZ
Z R Z Z R
= f (y) f (u)ĝα (y − u)dydu = f (y + u)f (u)du ĝα (y)dy
RN RN RN RN
r
α −πy2
Z Z
= G(y)ĝα (y)dy = G( y)e dy
RN RN π
→ G(0) = kf k22 ,
α→0
Démonstration Soit la suite fn (x) = χ[−n,n]N (x)f (x) qui appartient à L1 (RN ) L2 (RN ), on
T
Définition 5 La transformée de Fourier d’une fonction f de L2 (RN )Test définie comme la limite
dans L2 (RN ) de la transformée de Fourier de toute suite fn de L1 (RN ) 2 (RN ) tendant vers f dans
L2 (RN ).
On notera par la suite F(f ) la transformée de Fourier de f quand f est dans L2 (RN ).
Remarque : comme on a le choix de la suite, on prend fn = χ[−n,n]N f .
Théorème 12
La transformation de Fourier (resp. F) se prolonge en une isométrie de L2 (RN ) dans L2 (RN ).
Désignons toujours par F et F, ces prolongements, on a alors :
— ∀f ∈ L2 (RN ) FF(f
R ) = FF(f ) = fRpresque partout.
— ∀f, g ∈ L2 (RN ) RN f (x)g(x)dx = RN F(f )F(g)dξ
— ∀f ∈ L2 (RN ) kf k2 = kF(f )k2
1 (RN )
T 2 N
Démonstration La démonstration découle de la densité de L L (R ) dans L2 (RN ) (les
égalités étant vraies dans L (R ) L (R ), elles le sont aussi dans L (RN )).
1 N
T 2 N 2
38 CHAPITRE 3. RAPPEL : TRANSFORMÉE DE FOURIER DES FONCTIONS
Chapitre 4
4.1 Motivations
La théorie des distributions a été introduite pour élargir la notion de fonction et pour étendre
la notion de dérivation dans le cas de fonctions discontinues. Elle permet d’unifier l’étude des
phénomènes discrets et des phénomènes continus, entre autres en mécanique, en électronique et en
probabilités.
Pour modéliser des impulsions, le physicien Paul Dirac a l’idée dans les années 1920 d’utiliser une
pseudo-fonction, déjà introduite par Oliver Heaviside, connue maintenant sous le nom de distribu-
tion de Dirac et supposée vérifier :
+∞ si x = a
δa (x) =
0 sinon
Cet objet δa n’est sûrement pas une fonction mais il faudra attendre les années 1945-1950 et les
travaux de Laurent Schwartz pour qu’un sens mathématique précis soit donné à ce concept et pour
que des règles précises d’utilisation soient rigoureusement établies. L’idée fondamentale
R consiste à
remarquer que pour connaı̂tre une fonction f il suffit de connaı̂tre les valeurs de R f (x)ϕ(x)dx pour
un ensemble bien choisi et assez grand de fonctions ϕ. Cet ensemble de fonctions est appelé l’en-
semble des fonctions tests. Pour pouvoir intégrer par parties sans problème, les ϕ seront supposées
indéfiniment dérivables. Pour que l’intégrale existe pour toute fonction f localement sommable, on
supposera qu’il existe, pour chaque fonction ϕ, un intervalle borné en dehors duquel ϕ s’annule.
La théorie des distributions va permettre en outre de dériver des fonctions qui n’ont pas de dérivée
au sens classique. C’est l’outil de base pour l’étude des équations aux dérivées partielles.
39
40 CHAPITRE 4. THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DES DISTRIBUTIONS
Théorème 1
Pour tout ε > 0, il existe ϕ ∈ D(RN ) tel que :
ϕ(x) = 1 pour kxk ≤ 1, 0 ≤ ϕ ≤ 1 et ϕ(x) = 0 pour kxk ≥ 1 + ε.
Démonstration
R Considérons f l’indicatrice de B(0, 1), et une fonction ψ ∈ D(RN ), telle que
RN ψ(x)dx = 1 et Supp (ψ) = B(0, ε), alors ϕ = f ∗ ψ satisfait la propriété ( Supp (f ∗ ψ) ⊂
B(0, 1 + ε)). On peut obtenir une telle fonction ψ simplement à partir de l’exemple 1.
Théorème 2
D(Ω) est dense dans Lp (Ω), 1 ≤ p < +∞.
4.3. DÉFINITION DES DISTRIBUTIONS 41
Remarque 2 Notion équivalente pour le point ii) : Pour tout compact K ⊂ Ω, il existe Ck > 0
et k ∈ N tels que pour tout ϕ ∈ D(Ω) avec Supp (ϕ) ⊂ K, on ait hT, ϕi ≤ Ck kϕkC k (K) , avec
kϕkC k (K) = max k∂ α ϕk∞,K .
|α|≤k
hδa , ϕi = ϕ(a)
δa ∈ D0 (RN ) :
— Linéarité : hδa , ϕ1 + λϕ2 i = (ϕ1 + λϕ2 )(a) = ϕ1 (a) + λϕ2 (a) = hδa , ϕ1 i + λhδa , ϕ2 i
— Continuité : Si ϕn −→ 0 dans D(RN ) : |hδa , ϕn i| = |ϕn (a)| ≤ kϕn k∞ −→ 0
Quand a = 0, on note δ = δ0 .
3. Soit f ∈ L1loc (Ω). Pour ϕ ∈ D(Ω) et j ∈ {1, . . . , N }, posons :
∂ϕ
Z
hT, ϕi = f (x) (x) dx
Ω ∂x j
∂ ϕn
Z
|hT, ϕn i| ≤ |f (x)| dx −−−→ 0
∂xj K n→∞
∞
Proposition 1
L’application de L1loc (Ω) dans D0 (Ω) qui à f associe Tf est linéaire et injective.
42 CHAPITRE 4. THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DES DISTRIBUTIONS
Démonstration
— ∀ f1 , f2 ∈ L1loc (Ω), ∀ λ ∈ C, Tf1 +λf2 = Tf1 + λTf2
En effet, soit ϕZ∈ D(Ω), Z Z
hTf1 +λf2 , ϕi = (f1 + λf2 ) ϕ = f1 ϕ + λ f2 ϕ = hTf1 , ϕi + λhTf2 , ϕi
Ω Z Ω Ω
— Si ∀ϕ ∈ D(Ω), hTf , ϕi = f (x)ϕ(x)dx = 0, alors f = 0. En effet, nous avons D(Ω) dense
Ω
dans RL2 (Ω), donc soit ϕn une suite tendant vers f dans L2 (Ω) alors Ω f (x)ϕn (x) = 0 tend
R
Remarque 3 L’application définie dans la proposition 1 n’est pas surjective. Elle permet d’identi-
fier L1loc (Ω) à un sous espace vectoriel de D0 (Ω) qu’on appelle les distributions régulières.
Exemples 2
1. Soit fn (x) = cos(nx), fn ∈ L1loc (R). Tfn ∈ D0 (R).
R
lim Tfn = 0 (car ∀ ϕ ∈ D(R), hTfn , ϕi = cos(nx)ϕ(x)dx −−−→ 0).
n→+∞ n→∞
2. Soit n ∈ N, δn −→ 0 dans D0 (R).
Soit ϕ ∈ D(R), hδn , ϕi = ϕ(n) = 0 pour n grand (car ϕ à support compact).
Théorème 3
Soit Tn ∈ D0 (Ω), n ∈ N.
Si pour toute ϕ ∈ D(Ω), hTn , ϕi a une limite dans C, alors Tn a une limite dans D0 (Ω).
Démonstration
— ϕ ∈ D(Ω) entraine limn→+∞ hTn , ϕi existe.
ϕ1 , ϕ2 ∈ D(Ω) et λ ∈ C.
lim hTn , ϕ1 + λϕ2 i = lim hTn , ϕ1 i + λhTn , ϕ2 i = lim hTn , ϕ1 i + λ lim hTn , ϕ2 i, d’où la
n→+∞ n→+∞ n→+∞ n→+∞
linéarité.
— La continuité de lim Tn est une conséquence du théorème de Banach Steinhaus (admis)
n
X
Exemple 3 ∀ n, Tn = δp ∈ D0 (R). En effet, soit ϕ ∈ D(R), ∃ no ∈ N tq Supp (ϕ) ⊂ [−n0 , n0 ].
p=0
4.5. OPÉRATIONS SUR LES DISTRIBUTIONS 43
n0
X n0
X
hTn , ϕi = ϕ(p) −−−→ ϕ(p), donc il existe T ∈ D(R) tel que Tn −→ T dans D0 (R) : T =
n→∞
p=0 p=0
X
δp .
p≥0
∂f ∂ϕ
Z Z
(x)ϕ(x)dx = − f (x) dx
Ω ∂xj Ω ∂xj
∂ϕ
hT ∂ f , ϕi = −hTf , i
∂x
j ∂xj
Pour les distributions on a :
Définition 6 Soit T ∈ D0 (Ω), 1 ≤ j ≤ N et ϕ ∈ D(Ω), on définit ∂T
∂xj par :
∂T def ∂ϕ
h , ϕi = −hT, i
∂xj ∂xj
Proposition 2
Soit T ∈ D0 (Ω).
∂T ∂2T ∂2T
1. Pour 1 ≤ j ≤ N, ∈ D0 (Ω). Pour 1 ≤ j, k ≤ N on a : =
∂xj ∂xj ∂xk ∂xk ∂xj
2. T est indéfiniment dérivable et on a : ∀ ϕ ∈ D(Ω), h∂ α T, ϕi = (−1)|α| hT, ∂ α ϕi
∂ ϕn
— Soit ϕn −→ 0 dans D(Ω), alors −→ 0 dans D(Ω).
∂xj
∂T ∂ ϕn
On a : h , ϕn i = −hT, i −→ 0
∂xj ∂xj
— Soit ϕ ∈ D(Ω).
∂2T ∂T ∂ϕ
h , ϕi = −h , i
∂xj ∂xk ∂xk ∂xj
∂2ϕ ∂2ϕ
= hT, i = hT, i d’après le théorème de Schwarz, car ϕ est régulière
∂xk ∂xj ∂xj ∂xk
∂T ∂ϕ ∂2T
= −h , i = h , ϕi
∂xj ∂xk ∂xk ∂xj
Proposition 3
La dérivation est continue sur D0 (Ω).
Si Tn , T ∈ D0 (Ω) et Tn −→ T dans D0 (Ω), alors ∀ α ∈ NN , ∂ α Tn −→ ∂ α T dans D0 (Ω).
Démonstration
Soit ϕ ∈ D(Ω), h∂ α Tn , ϕi = (−1)|α| hTn , ∂ α ϕi −→ (−1)|α| hT, ∂ α ϕi = h∂ α T, ϕi
Remarque 4 Toute fonction continue et même localement intégrable a des dérivées de tous les
ordres (en tant que distribution) : ces dérivées ne sont pas en général des fonctions 1 .
∂
Exemple 4 Si f ∈ C 1 (Ω) : (Tf ) = T ∂ f , la dérivée est encore une distribution régulière.
∂xj ∂x
j
Exemples 5
1 si x > 0
1. On considère TY , où Y est la fonction d’Heaviside définie par : Y (x) =
0 si x < 0
Y ∈ L1loc (R), donc Y définit une distribution TY ∈ D0 (R) (elle est dérivable).
Soit ϕ ∈ D0 (R)
Z +∞
hTY0 , ϕi = −hTY , ϕ0 i = − ϕ0 (x)dx = ϕ(0) = hδ0 , ϕi
0
Donc TY0 = δ0 .
2. Posons f (x) = ln |x| pour x 6= 0.
f ∈ L1loc (R) donc f définit une distribution de D0 (R).
Soit ϕ ∈ D(R).
Z Z
hTf0 , ϕi = −hTf , ϕ0 i = − f (x)ϕ0 (x)dx = − lim f (x)ϕ0 (x)dx par convergente do-
R ε→0+ |x|≥ε
minée.
Pour M suffisamment grand, on a que Supp (ϕ) ⊂ [−M, M ], donc on peut écrire :
Z Z M Z −ε
f (x)ϕ0 (x)dx = f (x)ϕ0 (x)dx + f (x)ϕ0 (x)dx
|x|≥ε ε
Z M −M Z −ε
M ϕ(x) −ε ϕ(x)
= f (x)ϕ(x)]ε − dx + f (x)ϕ(x)]−M − dx
ε x −M x
ϕ(x)
Z
= −ϕ(ε) ln(ε) + ϕ(−ε) ln(ε) − dx
| {z } ε≤|x| x
−→0
En effet : (ϕ(ε)−ϕ(−ε)) ln(ε) = 2εϕ0 (θ) ln(ε) où θ ∈]−ε, ε[, par théorème des accroissements
finis, d’où : |(ϕ(ε) − ϕ(−ε)) ln(ε)| ≤ 2 kϕk∞ |ε ln(ε)| −→ 0. On a donc, Tf0 est bien une
distribution et on définit vp x1 := Tf0 .
Définition 7 Soit a = a0 < a1 < . . . < ap < ap+1 = b des points de R. Soit f une application
définie sur ]a, b[\{a1 , . . . , ap }.
On dit que f est de classe C k par morceaux si ∀ j ∈ {1, . . . , p}, f a des dérivées jusqu’a l’ordre k
sur ]aj , aj+1 [ et si ces dérivées se prolongent continûment sur ]a, a1 ], [aj , aj+1 ] pour 1 ≤ j ≤ p − 1
(si p ≥ 2) et sur [ap , b[. On note f (ai ± 0) les limites à droite et à gauche en ai , i = 1, . . . , p.
où Tf0 désigne la dérivée de f au sens des distributions et Tf 0 désigne la distribution définie par
la dérivée de f en dehors des points ai , 1 ≤ i ≤ p.
Exemple 6 TY0 = T0 + δ0 = δ0
46 CHAPITRE 4. THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DES DISTRIBUTIONS
hf 0 , ϕi = −hf, ϕ0 i
Z a1 Z b
0
= − fϕ − f ϕ0
a a1
Z a1 −1/n Z b
= − lim f ϕ0 − lim f ϕ0 par convergence dominée
n→+∞ a n→+∞ a +1/n
1
" #
a1 −1/n
1 1
Z
= − lim f a1 − ϕ a1 − − f 0ϕ
n→+∞ n n a
" Z b #
1 1 0
− lim −f a1 + ϕ a1 + − fϕ
n→+∞ n n a1 +1/n
Z a1 Z b
0
= ϕ (a1 ) (f (a1 + 0) − f (a1 − 0)) + f ϕ+ f 0ϕ
a a1
| {z }
Rb
a f 0ϕ
On peut étendre la formule des sauts en dimension supérieure (avant de lire cette partie, veuillez
jeter un coup d’oeil aux rappels de calcul différentiel du chapitre 7).
dans la direction n :
Enfin σ est la distribution définie par, pour toute fonction g définie sur ∂Ω :
Z
hgσ, ϕi = gϕds
∂Ω
et que
Z Z Z
− f (x)∂xj ϕ(x)dx = − ∂xj (f ϕ)(x)dx + ϕ(x)∂xj f (x)dx
RN \Ω RN \Ω RN \Ω
Z Z
+
= f (x)ϕ(x)nj (x)ds + ϕ(x)∂xj f (x)dx
∂Ω RN \Ω
où l’on a noté f + (x) = lim f (x + tn(x)) et f − (x) = lim f (x − tn(x)). En additionnant membre
t→0+ t→0+
à membre ces deux égalités, on trouve que :
Z Z Z
− f (x)∂xj ϕ(x)dx = (f + (x) − f − (x))ϕ(x)nj (x)ds + ϕ(x)∂xj f (x)dx, j = 1, · · · , N.
RN ∂Ω RN
Le premier terme du membre de droite est h[f ]∂Ω nj σ, ϕi, le second est h ∂xj f , ϕi.
Démonstration Lorsque f ∈ L1loc (Ω), il s’agit d’une simple dérivation sous le signe intégral.
Dans le cas général, commençons par écrire la formule de Taylor à l’ordre 1 en y0 pour la fonction
y 7→ ϕ(x, y) :
XN
ϕ(x, y0 + h) = ϕ(x, y0 ) + ∂yi ϕ(x, y0 )hi + r(x, y0 , h)
i=1
avec
X hα Z 1
r(x, y0 , h) = 2 (1 − t)∂yα ϕ(x, y0 + th)dt.
α! 0
|α|=2
On remarque que la fonction x 7→ r(x, y0 , h) est à support compact. Par ailleurs, pour khk ≤ 1, on
a que
X
|∂xα r(x, y0 , h)| ≤ khk2 sup |∂xα ∂yβ ϕ(x, y)|
|β|=2 x∈K,ky−y0 k≤1
n(n + 1)
≤ khk2 max sup |∂xα ∂yβ ϕ(x, y)|.
2 |β|=2 x∈K,ky−y0 k≤1
48 CHAPITRE 4. THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DES DISTRIBUTIONS
On en déduit donc :
N
X
hT, ϕ(., y0 + h)i = hT, ϕ(., y0 )i + hT, ∂yi ϕ(., y0 )ihi + hT, r(., y0 , h)i
i=1
où :
|hT, r(., y0 , h)i| ≤ CK khk2 max sup |∂xα ∂yβ ϕ(x, y)| = O(h2 )
|α|≤pK ,|β|=2 x∈K,ky−y0 k≤1
Proposition 4
Avec les notations ci-dessus : f T ∈ D0 (Ω).
Démonstration
— Linéarité :
hf T, ϕ1 + λϕ2 i = hT, f (ϕ1 + λϕ2 )i = hT, f ϕ1 + λf ϕ2 i
= hT, f ϕ1 i + λhT, f ϕ2 i = hf T, ϕ1 i + λhf T, ϕ2 i
— Continuité :
D’après la formule de Leibniz RN :
X α
∂ α (f g) = ∂ β f ∂ α−β g
β
β≤α
α α!
avec f, g ∈ C ∞ (Ω) ; α ∈ NN et = ; α! = α1 !α2 ! . . . αN !. L’inégalité β ≤ α
β β!(α − β)!
signifie : ∀i = 1, . . . N, βi ≤ αi .
Soit ϕn ∈ D(Ω), ϕn −→ 0. On a : f ϕn −→ 0 dans D(Ω).
En effet, ∃K compact, K ⊂ Ω tel que ∀ n, Supp (ϕn ) ⊂ K. Alors Supp (f ϕn ) ⊂ K.
4.5. OPÉRATIONS SUR LES DISTRIBUTIONS 49
Soit α ∈ NN ,
X α X α
α β α−β
|∂ (f ϕn )| = ∂ f∂ ϕn ≤ sup ∂ β f (x) ∂ α−β ϕn −−−→ 0
β β x∈K ∞ n→∞
β≤α β≤α
Exemples 7
1. Soit a ∈ Ω, f ∈ C ∞ (Ω), on a f δa = f (a)δa :
def
Soit ϕ ∈ D(Ω), hf δa , ϕi = hδa , f ϕi = f (a)ϕ(a) = f (a)hδa , ϕi
2. xvp x1 = 1 :
Soit ϕ ∈ D(R),
1 1 xϕ(x)
Z
hxvp , ϕi = hvp , xϕi = lim dx
x Zx ε→0+ |x|≥ε x
= lim ϕ(x)dx
ε→0+
Z |x|≥ε
Proposition 5
Démonstration
1. Soit ϕ ∈ D(Ω),
hf Tn , ϕi = hTn , f ϕi −−−→ hT, f ϕi = hf T, ϕi
n→∞
2. Soit ϕ ∈ D(Ω),
hfn T − f T, ϕi = hT, (fn − f )ϕi −→ 0 car (fn − f )ϕ −→ 0 dans D(Ω)
Proposition 6
Soit T ∈ D0 (Ω) et f ∈ C ∞ (Ω). On a :
∂f T ∂f ∂T
= T +f
∂xi ∂xi ∂xi
50 CHAPITRE 4. THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DES DISTRIBUTIONS
Remarque 6 Ceci est aussi vrai à n’importe quel ordre, et cela se prouve en utilisant la formule
de Leibniz
La définition est consistante, car à x fixé, y 7→ ϕ(x − y) est C ∞ , à support compact, c’est donc une
fonction de D(Ω).
Remarque 7 Encore une fois cette définition découle de la situation lorsque f est une distribution
fonction. En effet, la définition donne dans ce cas :
Z
(Tf ∗ ϕ)(x) = hTf , ϕ(x − .)i = f (y)ϕ(x − y)dy,
RN
Théorème 7
Soit T ∈ D0 (Ω) et ϕ ∈ D(Ω).
Démonstration
Continuité :
(T ∗ ϕ)(x + h) − (T ∗ ϕ)(x) = hT, ϕ(x + h − ·) − ϕ(x − ·)i
| {z }
ϕx,h (y)∈D(Ω)
On a : ϕx,h −−−−→ 0 dans D(Ω) (ϕx,h et ∂ α ϕx,h −−−−→ 0 uniformément sur tout compact.
khk→0 khk→0
En effet, un développement à l’ordre 1 nous donne ϕx,h (y) = Dϕ(x − y + θh).h, avec θ ∈]0, 1[
(formule de Taylor-Lagrange dans RN ), |ϕx,h (y)| ≤ kϕkC 1 (K) khk, donc |ϕx,h (y)| tend vers 0
uniformément lorsque khk tend vers 0. De façon générale, on a ∂ α ϕx,h (y) = (−1)|α| ∂ α ϕ(x +
h − y) − (−1)|α| ∂ α ϕ(x − y), d’où |∂ α ϕx,h (y)| ≤ kϕkC |α|+1 (K) khk|α|+1 , d’où la convergence
uniforme lorsque khk tend vers 0. Enfin, comme T est continue sur D(Ω), limh→0 [(T ∗ ϕ)(x +
h) − (T ∗ ϕ)(x)] = 0.
4.6. DISTRIBUTIONS PÉRIODIQUES 51
Exemples 8
— (δ0 ∗ ϕ)(x) = hδ0 , ϕ(x − .)i = ϕ(x) d’où : δ0 ∗ ϕ = ϕ.
— (δa ∗ ϕ)(x) = hδa , ϕ(x − .)i = ϕ(x − a)
Théorème 8
Soit (λn )n∈Z une suite dans C à croissance lente, c’est-à-dire :
Lemme 1
Démonstration (Lemme)R R
∀ ϕ ∈ D(Ω), hfn , ϕi = fn ϕ −→ f ϕ = hf, ϕi (par th. de convergence dominée)
Démonstration (Théorème)
N a m+2
X t
Pour N ∈ N, posons : SN (t) = λn e2iπn a
n=−N
2iπn
n6=0
SN vérifie les conditions du lemme 1. Donc SN −→ S ∈ D0 (R) (au sens des distributions).
Alors : (SN )(m+2) −→ S (m+2) dans D0 (R) et on rajoute λ0 . La limite est évidemment périodique en
tant que limite de suite de fonctions périodiques.
52 CHAPITRE 4. THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DES DISTRIBUTIONS
Exemples 10
— Supp (δa ) = {a}
— Pour tout a ∈ RN et tout α ∈ NN , on a Supp (∂ α δa ) = {a}
— Si f ∈ C 0 (Ω) et Supp (f ) est compact, Tf ∈ E 0 (Ω).
Définition 12 On note E 0 (Ω) l’espace vectoriel des distributions à support compact (dans Ω).
Théorème 10
E 0 (Ω) est le dual de l’espace des fonctions C ∞ (Ω) donc E 0 (Ω) ( D0 (Ω).
Démonstration On montre que, pour toute fonction ϕ dans C ∞ (Ω) et toute fonction χ ∈ D(Ω)
telle que χ = 1 sur un voisinage ouvert de Supp (T ), hT, χϕi est indépendante du choix de χ et on
définit alors :
hT, ϕi := hT, χϕi
pour une telle fonction χ.
En effet, soient χ1 et χ2 appartenant à D(Ω), valant sur deux voisinages ouverts V1 et V2 de
Supp (T ), alors
(χ1 − χ2 )|V1 T V2 = 0
T
et comme V1 V2 est un voisinage ouvert de Supp (T ) dans Ω, pour T toute fonction ϕ ∈ D(Ω), la
∞
fonction (χ1 − χ2 )ϕ appartient à C Ω) et vérifie : Supp ((χ1 − χ2 )ϕ) Supp (T ) = ∅. d’où,
Autrement dit, les fonctions de S(RN ) sont les fonctions C ∞ (RN ) dont les dérivées de tout ordre
sont à décroissance rapide.
2
Exemple : φ(x) = e−x
Théorème 1
S(R) a les propriétés suivantes :
1. ∀φ ∈ S(R), ∀P ∈ C[X] P φ ∈ S(R)
2. ∀φ ∈ S(RN ), ∂xj φ ∈ S(RN )
3. 1 ≤ p ≤ ∞ S(RN ) ⊂ Lp (RN )
Théorème 2
De plus, F (i.e. la transformée de Fourier, F(φ) = φ̂) est une bijection (linéaire) de S(RN ) sur
lui-même et d’inverse F.
53
54 CHAPITRE 5. TRANSFORMÉE DE FOURIER DES DISTRIBUTIONS
ξ n fˆ(p) (ξ) = ξ n F((−2iπx)p f (x)) par le théorème de différentiation sous le signe intégral
1
= F(((−2iπx)p f (x))(n) ) propriétés sur la transformée de Fourier de la dérivée.
(2iπ)n
En utilisant les propriétés de stabilité de S(R) par produit par un polynôme et par dérivation, on
obtient que la fonction dont on prend la transformée de Fourier est dans S(R), donc sa transformée
de Fourier est bornée, ce qui prouve que fˆ appartient à S(R).
Par ailleurs, comme f et fˆ sont dans L1 (R) et que f est continu, on a f (x) = F(fˆ)(x).
La topologie de l’espace S(RN ) n’est pas définie par une norme mais par une famille dénombrable
de normes :
∀φ ∈ S(RN ), Np (φ) = max sup |xα ∂ β φ(x)|, p ∈ N
|α|,|β|≤p x∈RN
Remarque 1 D(RN ) ⊂ S(RN ) et si T est continue pour la topologie sur S(RN ) elle l’est aussi
pour la topologie sur D(RN ), donc S 0 (RN ) ⊂ D0 (RN ). Par ailleurs, on peut montrer que D(RN )
est dense dans S(RN ) pour la topologie de S(RN ). Une conséquence est que pour la continuité dans
S 0 (RN ), il suffit de se restreindre à des fonctions de D(RN ), c’est-à-dire :
où avec les suites : φn ∈ D(RN ), φn → φ dans S(RN ) ⇒ hT, φn i → hT, φi dans C
5.2. DISTRIBUTIONS TEMPÉRÉES S 0 (RN ) 55
Exemples 1
— f ∈ L1 (R), L2 (R) ou L∞ (R) ⇒ Tf ∈ S 0 (R)
On suppose que f est dans Lp (R). Pour la continuité de FT , il suffit de remarquer, que si
φn tend vers 0 dans S(RN ) alors elle tend vers 0 dans Lq (R) pour q ≥ 1 :
1
Z Z
q
|φn (x)| = 2 q
(1 + kxk2 )q |φn (x)|q
RN RN |(1 + kxk )
1
Z
2 q q
= sup(1 + kxk ) |φn (x)| 2 q
→ 0 lorsque n → ∞
x RN |(1 + kxk )
— Dirac δa ∈ S 0 (R)P
— Peigne de Dirac n∈Z δn ∈ S 0 (R), pour l’existence on utilise le fait que les fonctions de S(R)
sont à décroissance rapide, et pour la continuité on écrit que φp tend vers 0 dans S(R) :
X X
|h δn , φp i| = φp (n)
n n
X 1
= | 2
(1 + |n|2 )φp (n)|
n
1 + |n|
X 1
≤ sup(1 + |x|2 )|φp (x)| → 0 lorsque p → ∞
x n
1 + |n|2
— E 0 (RN ) ⊂ S 0 (RN )
— L’ensemble des fonctions à croissance lente est dans S 0 (R). On dit qu’une fonction est à
croissance lente si :
∃c > 0 ∃N ∈ N, ∀x ∈ R |f (x)| ≤ c(1 + |x|)N
La démonstration est identique au cas précédent, pour la continuité on considère φp qui tend
vers 0 dans S(R) :
Z
|hTf , φp i| = | f (x)φp (x)|
ZR
f (x)
= | N +2
(1 + |x|)N +2 φp (x)|
R (1 + |x|)
1
Z
N +2
≤ c sup(1 + |x|) |φp (x)| 2
→ 0 lorsque p → ∞
x R (1 + |x|)
— Si la suite (yn )n∈Z est à croissance lente (i.e. ∃m ∈ N, c ∈ R tel que |yn | ≤ C(1 + |n|)m , n ∈
Z), la distribution X
T = yn δna
n∈Z
est tempérée. Pour la continuité on considère φp qui tend vers 0 dans S(R) :
X
|hT, φp i| = | yn φp (na)|
n∈Z
X |yn |
= (1 + |n|)m+2 |φp (na)|
(1 + |n|)m+2
n∈Z
X 1
= C sup(1 + |x|)m+2 |φp (ax)| → 0 lorsque p → ∞
(1 + |n|)2 x
n∈Z
56 CHAPITRE 5. TRANSFORMÉE DE FOURIER DES DISTRIBUTIONS
Proposition 1
Soit T ∈ S 0 (R)
1. ∀k ∈ N, xk T ∈ S 0 (R)
2. ∀α ∈ NN , ∂ α T ∈ S 0 (RN )
3. ∀k ∈ N, T → xk T et T → T (k) sont continues de S 0 (R) dans S 0 (R)
On a : T̂ ∈ S 0 (RN )
Remarque 2
— ϕ ∈ S(RN ) ⇒ ϕ̂ ∈ S(RN )
— Donc T̂ est bien définie, linéaire par linéarité de T, continue par continuité de T (et du fait
que S(RN ) est stable par transformée de Fourier).
Proposition 2
On dit qu’une suite Tn ∈ S 0 (RN ) converge vers T dans S 0 (RN ), si ∀ϕ ∈ S(RN ), hTn , ϕi → hT, ϕi.
Proposition 3
La transformée de Fourier est une application continue de S 0 (RN ) dans lui-même.
Démonstration Soit Tn tendant vers T dans S 0 (RN ) alors pour tout ϕ dans S(RN ), on a :
Théorème 3
F: T 7→ T̂
S 0 (RN ) → S 0 (RN )
est inversible, et son inverse est :
F̄ : T 7→ F̄(T )
S 0 (RN ) → S 0 (RN )
Remarque 3 On a FF(T ) = Tσ avec Tσ défini par hTσ , ϕi = hT, ϕσ i avec ϕσ (x) = ϕ(−x).
Exemples 2
(i) Soit f ∈ L1 (RN ) ou L2 (RN ), Alors Tf ∈ S 0 (RN ).
Z Z
hT
cf , ϕi = hTf , ϕ̂i = f (y)ϕ̂(y)dy = fˆ(y)ϕ(y)dy = hTfˆ, ϕi
RN RN
Donc δ̂ = T1 .
(iii) Avec δa = δ(x − a)
Z +∞
∀ϕ ∈ S(R), hδˆa , ϕi = hδa , ϕ̂i = ϕ̂(a) = ϕ(x)e−2iπax dx = he−2iπax , ϕi
−∞
. Donc δˆa = Te−2iπax . On retrouve la transformée de Fourier de δ̂, mais avec un déphasage.
(iv)
Z +∞
∀ϕ ∈ S(R), hT\
e2iπk0 x , ϕi = hTe2iπk0 x , ϕ̂i = e2iπk0 y ϕ̂(y)dy = ϕ(k0 ) = hδk0 , ϕi
−∞
58 CHAPITRE 5. TRANSFORMÉE DE FOURIER DES DISTRIBUTIONS
Donc T\
e2iπk0 x = δk0 (cas particulier : T
c1 = δ0 ).
Puis par linéarité on a :
\ x) = δk0 + δ−k0
Tcos(2πk0
2
\ x) = δk0 − δ−k0
Tsin(2πk 0
2i
(v)
Proposition 4
Soit T un réel strictement positif et (yn )n∈Z une suite à croissance lente, alors
1. X X
F( yn δnT ) = yn e−2iπnT x
n∈Z n∈Z
2. X X 1 X
F( δnT ) = e−2iπnT x = δ Tn
T
n∈Z n∈Z n∈Z
Démonstration
1. En utilisant la continuité de la transformée de Fourier sur S 0 (R), on a :
X\ X X
yn δnT = yn δ̂nT = yn e−2iπnT x
n∈Z n∈Z n∈Z
Montrons que :
\
X X 1 X n
∀ϕ ∈ S(R), h δnT , ϕi = ϕ̂(nT ) = ϕ( )
T T
n∈Z n∈Z n∈Z
des distributions aussi dans L1 (R), voir [1] p.282). La série de Fourier de ϕ̃ sécrit :
X 1
ϕ̃(x) = ck (ϕ̃)eiωkx (ω = 2πT, car la période est )
T
k∈Z
Z 1 Z 1 X
T T n
avec ck (ϕ̃) = T ϕ̃(x)e−iωkx dx = T ϕ(x + )e−iωkx dx
0 0 n∈Z T
X Z T1 n −iωkx X Z n+1
T n
= ϕ(x + )e dx = ϕ(y)e−iωk(y− T ) dy
T n
n∈Z 0 n∈Z T
Z +∞
= ϕ(y)e−2iπkT y dy = ϕ̂(kT )
−∞
X
0
d où : ϕ̃(x) = ϕ̂(kT )e2iπT kx
k∈Z
Il y a égalité pour tout x car ϕ̃ est C 1 (la série et la série des dérivées converge normale-
ment car ϕ et ϕ0 sont à décroissance rapide).
X 1 X n
P our x = 0, ϕ̂(kT ) = ϕ( )
T T
k∈Z n∈Z
X X 1 X
Alors F( δnT ) = e−2iπnT x = δ Tn
T
n∈Z n∈Z n∈Z
Ce dernier exemple est très important en traitement du signal. Les traiteurs de signaux définissent
la transformée de Fourier à temps discret (TFTD) d’une suite (xn ) sous réserve de convergence de
la manière suivante :
Définition 3 La transformée de Fourier à temps discret de la séquence (xn ) est définie par :
X
X(e2iπω ) = xn e−2iπnω (5.1)
n∈Z
TFTD
Lorsque la TFTD existe, on note : xn ↔ X(e2iπω )
P
Remarque 4 On reconnait dans cette définition la transformée de la distribution xn δn . Pour
n∈Z
pouvoir écrire (5.2), il faut que X soit une fonction, cependant la transformée inverse existe toujours
au sens des distributions (à condition que xn soit à croissance lente).
cadre classique du traitement du signal : Si la suite xn ∈ l1 (Z), alors la TFTD converge normale-
ment et X(e2iπω ) est continue.
Si maintenant on considère une suite xn dans l2 (Z), alors X(e2iπω ) appartient à L2 ([−1/2, 1/2]). En
R 1/2
effet, (e−2inω )n∈Z est une base de cet espace et l’on a l’égalité de Parseval : −1/2 |X(e2iπω )|2 dω =
2
P
n∈Z |xn | . Ainsi, l’égalité (5.1) est vraie presque partout.
60 CHAPITRE 5. TRANSFORMÉE DE FOURIER DES DISTRIBUTIONS
Remarque 5 On voit que si l’on sort du cadre des suites de l1 (Z) ou l2 (Z) alors l’approche en
utilisant les distributions prendPtout son [Link] par exemple la suite xn = 1 pour tout n,
alors la transformée de Fourier n∈Z xn δn est n∈Z e−i2πnx , calcul que l’on peut pas mener lorsque
l’on reste dans le cadre classique des suites sommable ou de carré sommable.
Proposition 5
Soit T ∈ S 0 (R), on a les propriétés suivantes
(i) T̂ (k) = (−2iπx)
\k T
2iπax T
(iii) τa T̂ = e\
(iv) τd −2iπaξ T̂
aT = e
Proposition 6
Soit T ∈ E 0 (RN ), alors Tb est une fonction C ∞ (RN ) à croissance lente.
Théorème 4
Soit T ∈ S 0 (RN ) et ϕ ∈ S(RN ). Pour tout x ∈ RN , on définit :
Alors :
T ∗ ϕ ∈ C ∞ (RN )à croissance lente ainsi que toutes ses dérivées
∀|α| ≥ 0, ∂ α (T ∗ ϕ) = ∂ α T ∗ ϕ = T ∗ ∂ α ϕ
Démonstration On peut montrer que toute distribution T tempérée peut s’écrire comme la
dérivée d’ordre α (au sens des distributions) d’une certaine fonction à croissance lente, c’est-à-dire
T = ∂ α Tf avec f à croissance lente (théorème de structure des distributions tempérées). Partant
de là, on peut donc écrire :
Z
α α
h∂ Tf , ϕ(x − .)i = hTf , ∂ ϕ(x − .)i = f (y)∂ α ϕ(x − y)dy
RN
5.6. CONVOLUTION E 0 (R) ∗ D0 (R) 61
Proposition 7
Soit T ∈ S 0 (RN ), ϕ ∈ S(RN )
(i) F(T ∗ ϕ) = F(ϕ)F(T )
(ii) F(ϕT ) = F(T ) ∗ F(ϕ)
Démonstration i)
Pour le point ii), on remarque que, si T ∈ S 0 (RN ) et ϕ ∈ S(RN ), il en est de même pour leur
transformée de Fourier, il vient en appliquant le point i) que
⇒ F(ϕT ) = T̂ ∗ ϕ̂
Fubini :
Z Z Z Z Z
u ∗ v(x)ϕ(x)dx = u(y)v(x − y)dy ϕ(x)dx = u(y) v(x)ϕ(x + y)dx dy
RN RN RN RN RN
Z Z
= v(x) u(y)ϕ(x + y)dy dx.
RN RN
On peut alors généraliser la propriété précédente en utilisant le théorème suivant portant sur la
transformée de Fourier dans E 0 (RN ) :
— L’application (S, T ) → S ∗ T de E 0 (R) × D0 (RN ) dans D0 (RN ) est continue par rapport à
chaque variable.
— si T ∈ S 0 (RN ) alors S ∗ T ∈ S 0 (RN ).
Proposition 8
Soit S ∈ E 0 (RN ) et T ∈ S 0 (RN ), on a
S
\ ∗ T = Ŝ T̂
Démonstration S appartient à E 0 (RN ), donc Ŝ est C ∞ (RN ) à croissance lente, donc Ŝ T̂ ∈ S 0 (R).
On a :
Il est important de faire le lien ici avec les applications en traitement du signal. On définit la
convolution en temps des séquences (hn ) et (xn ) par :
X
yn = xn−k hk (5.3)
k∈Z
5.6. CONVOLUTION E 0 (R) ∗ D0 (R) 63
P
Si le support de (hk ) est fini, on peut lui associer la distribution à support compact h = hk δk
P k∈Z
et si (xn ) est à croissance lente, on peut lui associer la distribution tempérée x = xk δk . En
Pk∈Z
appliquant la définition de la convolution on obtient la distribution tempérée y = yn δn et on
k∈Z
peut donc en prendre la transformée de Fourier.
Cadre classique du traitement du signal : Si (hn ) est support fini et si (xn ) est dans l1 (Z) ou l2 (Z)
alors on peut montrer que (yn ) appartient au même espace et on a :
Proposition 9
Théorème de Shannon
Par ailleurs, par transformée de Fourier de E 0 (R) ∗ S 0 (R) (proposition 8 chapitre 3), on a ainsi :
fˆ ∗ ∆
ˆ a = fd
∆a
d’où :
En utilisant les expressions données par (6.1) et (6.3), on obtient la forme duale de la formule de
Poisson (valable dans S 0 (R)) :
τ na fˆ(ξ) = a
X X
f (na)e−2iπnaξ (6.4)
n∈Z n∈Z
65
66 CHAPITRE 6. THÉORÈME DE SHANNON
n=+∞ n=+∞
X 1 X ˆ n 2iπn t
τna f (t) = f ( )e a (6.5)
n=−∞
a n=−∞
a
Par analogie avec la formulation duale, supposons que f soit à support compact (f ∈ E 0 (R)), alors
on peut écrire :
f ∗ ∆a = F(fˆ∆
ˆ a)
!
1Xˆn
= F f ( )δ na
a a
n∈Z
1 X ˆ n 2iπn t
= f ( )e a
a a
n∈Z
Théorème 1
+∞
Soit f ∈ L1 (R) et F (t) =
P
f (t − na), alors
n=−∞
1. F ∈ L1p (0, a) (périodique de période a) et la série converge dans L1 (0, a).
2. La formule (6.5) est vraie dans S 0 (R).
3. Si de plus f 0 (la dérivée étant prise au sens des distributions) est dans L1 (R), alors F
+∞
P
est continue sur R et f (t − na) converge normalement et (6.5) est vraie pour tout
n=−∞
t (propriété des séries de Fourier).
Remarque 1 Pour montrer la convergence de F vers sa série de Fourier dans S 0 (R), on a donc
juste besoin de savoir que F appartient à L1 (0, a). En revanche, si on se place dans le cadre fonc-
tionnel, il faudrait avoir dans L2 (0, a), ce qui est plus restrictif.
Le théorème de Shannon exprime comment reconstruire une fonction de L2 (R) dont la transformée
de Fourier est à support compact à l’aide de ces échantillons.
6.3. THÉORÈME DE SHANNON 67
Théorème 2 (Shannon)
Soit f une fonction de L2 (R) dont la transformée de Fourier est à support dans l’intervalle
[−λc , λc ]. On peut échantillonner f avec un pas d’échantillonnage a sans perte d’information si
1
a ≥ 2 λc .
Dans ce cas, on a : X π
f (x) = f (na) · sinc ( (x − na))
| {z } a {z
n∈Z | }
échantillons
base d0 interpolation de Shannon
fˆ(ξ) = a τ na fˆ(ξ).
X X
f (na)e−2iπnaξ =
n∈Z n∈Z
Comme fˆ dans L2 (R) et à support compact, on peut montrer facilement que l’égalité précédente est
1 1 1 1
aussi vraie dans L2p (− 2a , 2a ). Avec l’hypothèse faite sur a, on a ensuite dans L2p (− 2a , 2a ) (fonction
périodique de période 1/a et de carré sommable sur une période) :
fˆ(ξ) = a
X
f (na)e−2iπnaξ χ[− 1 , 1 ] (ξ).
2a 2a
n∈Z
En utilisant alors la continuité de la transformée de Fourier sur L2 (R) (cours 1A), on obtient :
f (na)F −1 e−2iπnaξ χ[− 1 , 1 ]
P
f (x) = a
2a 2a
n∈Z P
= f (na) sinc ( πa (x − na))
n∈Z
68 CHAPITRE 6. THÉORÈME DE SHANNON
Chapitre 7
Il s’agit d’un espace vectoriel que l’on munit de la notion de convergence induite par celle sur D0 :
D0
(xN → x) ⇔ (∀n ∈ Z xN
n → xn )
Proposition 1
Soit : D : X → Xa , un filtre discret et h = Dδ (h est appelée réponse impulsionnelle du filtre).
Alors D est un système de convolution :
∀x ∈ X Dx = h ∗ x
69
70 CHAPITRE 7. ETUDE DES FILTRES DISCRETS, TRANSFORMÉE EN Z
Remarque 1 Comme nous l’avions vu précédemment pour définir le filtrage dans le cadre des
distributions on n’a pas besoin d’avoir une suite (yn ) dans l1 (Z) ou l2 (Z).
Théorème 1
P
i) D est stable ⇔ |hn | < +∞
n∈Z
ii) D est causal ⇔ ∀ n < 0 hn = 0
Démonstration Dans le cas où la convolution existe (en particulier si h est fini ou si h et x sont
à support limité à gauche), on peut écrire :
X X
|yn | ≤ |hk ||xn−k | ≤ sup |xn | |hk |
n
k∈Z k∈Z
D est donc stable. La réciproque est évidente si D est fini. Examinons le cas de h et x à support
limité à gauche (on peut supposer sans perte de généralité que h est à support dans N).
Soit p appartenant à N, et xp défini par :
p sign(hp−n) si 0 ≤ n ≤ p et hp−n 6= 0
xn =
0 sinon
Ces signaux sont finis donc causals et kxp k∞ ≤ 1. On a alors
∞
X
ynp = hk sign(hp−n+k ).
k=0
p ∞
D’où, ypp =
P P
|hk | ≤ A, pour tout p ≥ 0 donc, |hk | ≤ +∞
k=0 k=0
7.3. TRANSFORMÉE EN Z 71
7.3 Transformée en Z
+∞
P
La transformée de Fourier d’un signal discret tempéré x = xn δna est la distribution périodique :
n=−∞
+∞
X
X(e2iπaω ) = xn e−2iπaωn . (7.1)
n=−∞
Cependant, comme nous l’avons vu, avoir la convergence de la série au sens des fonctions implique
que (xn ) soit dans l1 (Z) ou l2 (Z) ce qui est très restrictif. Par ailleurs, le fait de savoir que l’on peut
définir le filtrage dans un espace de distributions ne permet pas l’étude pratique des filtres.
En remplaçant e2iπaω dans (7.1) par un complexe z quelconque, on obtient ce qu’on appelle la
transformée en Z du signal x :
+∞
X
X(z) = xn z −n z ∈ C.
n=−∞
Dans ce qui suit, X(z) définit la transformée en z de (xn ). Pour se convaincre de l’intérêt d’une telle
transformation prenons la suite de Heaviside xn = 1 si n ≥ 0 et 0 sinon. On voit que X(z) = 1−z1 −1
si |z| ∈ [0, 1[, alors que la TFTD ne converge pas dans ce cas.
En général, lorsqu’elle existe la transformée en Z converge sur une couronne de convergence r <
|z| < R.
Pour l’étude des signaux discrets, on remplace la transformée de Fourier par la transformée en Z
pour des problèmes de convergence, comme nous venons de voir, mais aussi parce que l’étude des
filtres se ramène comme nous le verrons à étudier des fractions rationnelles en Z.
En revanche, la transformée en Z existe dès que la convolution des signaux x et h existent. Nous
avons la propriété essentielle qui va nous servir par la suite :
Théorème 2
P P
Soient deux signaux discrets h = hn δna et x = xn δna , satisfaisant les conditions d’exis-
n∈Z n∈Z
tence de la convolution (i.e. h est fini ou h et x sont a support limité à gauche). Alors, leurs
transformées en Z respectives H et X existent dans des couronnes C1 et C2 et nous avons alors :
\
∀z ∈ C1 C2 , Y (z) = H(z)X(z)
et on obtient alors :
p
aj z −j
P
j=0
H(z) = q
bk z −k
P
k=0
On peut caractériser la stabilité des filtres à l’aide de leur fonction de transfert H(z). On appelle
zéros (resp. pôles) de H les racines du numérateur (resp. dénominateur).
Théorème 3
i) Pour que le filtre soit stable, il faut et il suffit que la couronne de convergence contienne
le cercle unité.
ii) Si le filtre est causal, il est stable si et seulement si les pôles de H(z) sont situés à l’intérieur
du disque unité.
Sous l’hypothèse que le filtre h cherché soit causal, on peut déterminer ses composantes par
récurrence de la manière suivante :
h0 = a0
n
P
hn = an − bk hn−k n = 1, 2, · · ·
k=1
Cette note a pour but de généraliser les notions fondamentales du calcul différentiel au cas de
fonctions dépendant de plusieurs variables, qu’elles soient à valeurs réelles (i.e. des fonctions du
type f : Rd → R) ou vectorielles (i.e. du type f : Rd → Rn ).
De nombreux ouvrages traitent de ces résultats fondamentaux de manière détaillée. On pourra à ce
titre consulter la référence [2].
8.1 Notations
Soit d ≥ 1 un entier. On note (x1 , ..., xd ) les coordonnées d’un point x ∈ Rd . De même, si f : U → Rn
est une fonction définie sur un ouvert U ⊂ Rd , on note f = (f1 , ..., fn ) les composantes de celle-ci,
qui sont autant de fonctions de d variables, à valeurs réelles.
Soit U un ouvert de Rn ;
— Le gradient d’une fonction différentiable f : U → R est le champ de vecteurs ∇f : U → Rn
donné par :
∂f ∂f
∀x ∈ U, ∇f (x) = (x), ..., (x) .
∂x1 ∂xn
Le gradient de f s’interprète comme la direction dans l’espace Rd des variables où f varie le
plus fortement ; voir la Section 8.3.3 à ce sujet.
— La jacobienne d’une fonction f : U → Rn est l’application Jac(ϕ) : U → Mn,d (R) de U vers
l’ensemble Mn,d (R) des matrices à n lignes et d colonnes, définie par :
∂ϕ1 ∂ϕ1
∂x1 (x) · · · ∂xd (x)
∀x ∈ U, Jac(ϕ)(x) = .. ..
.
. .
∂ϕn ∂ϕn
∂x1 (x) ··· ∂xd (x)
En d’autres termes, la matrice Jac(ϕ)(x) est la matrice dont l’élément (i, j), pour i = 1, ..., n
∂ϕi
et j = 1, ..., d, vaut ∂ϕ j
(x).
— La divergence d’une fonction différentiable ϕ : U → Rd est la fonction div(ϕ) : U → R définie
par :
∂ϕ1 ∂ϕd
∀x ∈ U, div(ϕ)(x) = (x) + ... + (x).
∂x1 ∂xd
Ainsi, pour tout x ∈ U , div(ϕ)(x) est la trace de la matrice Jac(ϕ)(x) (qui est dans ce cas
une matrice de taille n × n).
73
74 CHAPITRE 8. QUELQUES RAPPELS DE CALCUL DIFFÉRENTIEL
D’un point de vue physique, la divergence d’un champ de vecteurs est une mesure de la
concentration ou de la dispersion induites par ce champ de vecteurs ; voir à ce sujet la
formule de Green (8.4).
Théorème 1
Noter que le produit matriciel figurant dans la formule (8.1) fait sens, puisque la matrice Jac(ψ)(x)
est de taille n × m et que Jac(ϕ)(ψ(x)) est de taille p × n (si bien que Jac(ϕ ◦ ψ)(x) est de taille
p × m). Une application de ce résultat est la formule fort utile suivante, que l’on pourra démontrer
à titre d’exercice :
Corollaire 1
Théorème 2
f étant de classe C p+2 sur I, on peut effectuer une intégration par parties sur le reste intégral
de la formule précédente, ce qui donne :
R x (x−x0 )p (p+1) h ix
(x−t)p+1 (p+1) Rx p+1
Théorème 3
Soit d ≥ 1 un entier et soit U un ouvert de Rn . Soit f : U → R une fonction de classe C p+1 sur
U pour un entier p ≥ 1. Soit x et y deux points de U tels que le segment [x, y] est inclus dans
U . Alors on a :
X k! X 1 Z 1
α α α
f (y) = ∂ f (x)(y − x) + (p + 1) (y − x) (1 − t)p ∂ α f (x + t(y − x)) dt.
α! α! 0
0≤k≤p |α|=p+1
|α|=k
76 CHAPITRE 8. QUELQUES RAPPELS DE CALCUL DIFFÉRENTIEL
Démonstration [Esquisse de preuve] L’idée consiste à appliquer la formule de Taylor avec reste
intégral ‘usuelle’ (cf. Théorème 2) à la fonction ϕ : [0, 1] → R définie par :
qui est bien définie et de classe C p+1 sur [0, 1] puisque [x, y] est inclus dans U et d’après le Théorème
1 de différentiation des applications composées. On observe que :
De plus, par le Théorème 1 (et plus précisément le Corollaire 1), la dérivée de ϕ vaut :
d
0
X ∂f
ϕ (t) = (x + t(y − x))(yi − xi ).
∂xi
i=1
De là, une récurrence facile (mais un peu fastidieuse à écrire) montre que pour tout 1 ≤ k ≤ p + 1,
la fonction ϕ est de classe C k sur [0, 1], avec :
X k! ∂ |α| f
ϕ(k) (t) = (x + t(y − x))(y − x)α .
α! ∂xα
|α|=k
Le résultat est alors conséquence de la formule de Taylor avec reste intégral du Théorème 2 appliqué
à la fonction ϕ.
Théorème 4
o(khkp )
lim = 0.
khk→0 khkp
On qualifie souvent cette formule de ‘locale’, puisque la chose que l’on sait du reste est qu’il décroı̂t
vers 0 plus vite que khkp lorsque khk → 0 (et donc que l’on se rapproche du point x où est écrite
la formule).
8.4. LA FORMULE DE GREEN ET SES VARIANTES 77
Ainsi, si l’on souhaite maximiser la fonction f autour de x, i.e. si l’on cherche h ‘petit’ maximisant
la quantité
f (x) + ∇f (x) · h,
l’inégalité de Cauchy-Schwarz garantit que la meilleure direction est de la forme h = α∇f (x) pour
un coefficient α > 0. En d’autres termes,
Lorsque l’on considère un ouvert Ω de classe C 1 , une quantité intéressante est le vecteur normal n
à Ω. Il s’agit d’un champ de vecteurs n : ∂Ω → Rd défini et continu sur le bord de Ω qui jouit des
propriétés suivantes : pour tout point x ∈ ∂Ω, n(x) est proportionnel à la direction ‘orthogonale’
à la partie du bord ∂Ω située près de x ; il pointe vers l’extérieur de Ω et est de norme unité, i.e.
|n(x)|= 1 pour tout x ∈ ∂Ω (voir la Figure 8.1, droite).
78 CHAPITRE 8. QUELQUES RAPPELS DE CALCUL DIFFÉRENTIEL
n(x)
x•
⌦
⌦
⌦
Figure 8.1 – La figure de gauche ne décrit pas un domaine régulier, car Ω ne se situe pas d’un
seul côté de sa frontière (en raison de l’existence de la fissure) ; la figure au centre ne représente
pas non plus un domaine régulier car sa frontière est une courbe présentant des point anguleux (on
dit qu’un tel ouvert est un ouvert Lipschitz). Enfin, la figure de droite représente un domaine de
classe C 1 (qui a plusieurs composantes connexes).
Il est enfin possible de définir une notion d’intégration sur le bord d’un domaine régulier Ω (ou bien,
plus généralement sur une hypersurface régulière S ⊂ Rd ). La construction de la mesure de surface
qui permet ceci est là-encore assez technique. On pourra en trouver les détails dans l’ouvrage [3],
par exemple.
Dans la pratique, il convient de savoir que la mesure de surface, notée ds, permet de généraliser en
toute dimension
— La notion de longueur `(σ) d’une courbe σ ⊂ R2 en deux dimensions, qui s’écrit alors :
Z
`(σ) = ds;
σ
Théorème 5
Remarque 1
— Rigoureusement, l’hypothèse selon laquelle f : Ω → R est classe C 1 signifie que f est de
classe C 1 sur un ouvert U contenant le compact Ω.
8.4. LA FORMULE DE GREEN ET SES VARIANTES 79
— Cette formule est en réalité valable sous des hypothèses plus faibles que celles du Théorème
5. En particulier, il est possible de supposer le bord ∂Ω seulement Lipschitz (auquel cas le
vecteur normal n existe seulement presque partout sur ∂Ω).
Cette formule admet nombre de variantes, qui s’en déduisent facilement. Mentionnons :
— Si f : Ω → Rd est une fonction de classe C 1 , on a :
Z Z
div(f ) dx = f · n ds. (8.4)
Ω ∂Ω
D’un point de vue physique, cette formule exprime que le flux sortant du champ de vecteurs
f à travers la paroi ∂Ω est relié aux propriétés de concentration ou de dispersion de ce
champ de vecteurs. Le lecteur aura sans doute déjà rencontré cette formule en physique (par
exemple, en thermique ou en électrostatique) sous le nom de formule de Green-Ostrogradski.
— Si f, g : Ω → R sont deux fonctions différentiables, alors on a, pour i = 1, ..., d :
∂f ∂g
Z Z Z
g dx = f gni ds − f dx.
Ω ∂x i ∂Ω Ω ∂x i
Sous cette forme, la formule de Green apparaı̂t bien comme la généralisation multi-dimensionelle
de la formule d’intégration par parties sur un intervalle de R.
Conformément à l’intuition, on vérifie que lorsque le flux de chaleur est tangent à S (traduisant
une convection de la chaleur parallèlement à S), cette énergie est nulle.
Soit f : Ω → R la source de chaleur dans le milieu ; la quantité d’énergie produite dans un volume
ω ⊂ Ω arbitraire s’écrit : Z
f (x) dx.
ω
Supposons à présent que le système est à l’équilibre. Alors, pour tout volume ω ⊂ Ω, la quantité
d’énergie produite dans ω coı̈ncide avec la quantité d’énergie qui s’en échappe, i.e. :
∂u
Z Z Z
f (x) dx = j(x) · n(x) ds = −γ (x) ds.
ω ∂ω ∂ω ∂n
80 CHAPITRE 8. QUELQUES RAPPELS DE CALCUL DIFFÉRENTIEL
où le Laplacien de u est défini comme ∆u = div(∇u). Puisque cette relation est vraie quelle que
soit le volume ω ⊂ Ω considéré, il vient :
−γ∆u = f dans Ω.
Enfin,
R l’hypothèse selon laquelle le milieu Ω est isolé de l’extérieur implique que la quantité d’énergie
∂u
−γ V ∂n ds traversant toute portion V ⊂ ∂Ω est nulle. Ainsi :
∂u
= 0 sur ∂Ω.
∂n
En fin de compte, on a montré que u satisfait l’équation de Poisson avec conditions de Neumann
au bord :
−γ∆u = f dans Ω,
∂u
∂n = 0 sur ∂Ω.
Bibliographie
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