0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
22 vues167 pages

Désherbage des Céréales d'Automne au Maroc

Le document présente des bases pratiques pour le désherbage des céréales d'automne au Maroc, en abordant l'importance des mauvaises herbes, leur identification, ainsi que les techniques de gestion. Il souligne l'impact des adventices sur la production céréalière et propose des méthodes de désherbage, y compris des approches chimiques et culturales. L'ouvrage vise à fournir des outils pratiques aux agriculteurs et techniciens pour améliorer la productivité des cultures céréalières.

Transféré par

lovensky.dl5
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
22 vues167 pages

Désherbage des Céréales d'Automne au Maroc

Le document présente des bases pratiques pour le désherbage des céréales d'automne au Maroc, en abordant l'importance des mauvaises herbes, leur identification, ainsi que les techniques de gestion. Il souligne l'impact des adventices sur la production céréalière et propose des méthodes de désherbage, y compris des approches chimiques et culturales. L'ouvrage vise à fournir des outils pratiques aux agriculteurs et techniciens pour améliorer la productivité des cultures céréalières.

Transféré par

lovensky.dl5
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Bases pratiques de désherbage des

céréales d’automne au Maroc

Mohamed BOUHACHE

Association Marocaine de Protection des Plantes


Page laissée vierge
Page laissée vierge
Bases pratiques de désherbage des
céréales d’automne au Maroc

Mohamed BOUHACHE

Première édition
2020

Association Marocaine de Protection des Plantes


B. P. 6475, Rabat-Instituts, Maroc
Site Web: [Link],
E-mail: amppmaroc@[Link]
Imprimerie Dar Al Qalam
Bloc P, Avenue Annour – Rabat –Maroc
E-mail: daralkalam@[Link]
Site Web: [Link]
Tél : 05 37 29 94 90

Dépôt Légal : 2020MO2371


ISBN : 978-9954-582-02-2
Juillet 2020

Tous droits réservés. Toute reproduction même partielle est interdite sans
l’autorisation de l’auteur.
SOMMAIRE
PREFACE 7

AVANT-PROPOS 9

INTRODUCTION 13

PREMIERE PARTIE : MAUVAISES HERBES DES CEREALES


D’AUTOMNE AU MAROC

CHAPITRE I : Importance et distribution 19


1. Diversité de la flore adventice 19
2. Impact de la flore adventice 19

CHAPITRE II : Principales adventices 23


1. Caractéristiques globales 23
2. Dicotylédones préoccupantes 23
3. Graminées préoccupantes 29

CHAPITRE III : Reconnaissance et identification des principales 31


Adventices
1. Importance de l’identification 31
2. Critères de reconnaissance 31
3. Clé d’identification des principales dicotylédones 33
4. Clé d’identification des principales graminées 43

CHAPITRE IV : Biologie et écologie des principales adventices 47


1. Flore adventice globale 47
2. Principales graminées 48

DEUXIEME PARTIE : GESTION DES MAUVAISES HERBES DES


CEREALES D’AUTOMNE

CHAPITRE I: Techniques et méthodes de désherbage 61


1. Objectifs de désherbage 61
2. Périodes de désherbage 62
3. Techniques et méthodes de désherbage 64
CHAPITRE II: Techniques culturales de désherbage 69
1. Mesures préventives 69
2. Labour profond 69
3. Variétés compétitives 70
4. Rotation des cultures 70
5. Faux semis 71

CHAPITRE III : Désherbage chimique 73


1. Herbicides utilisés dans les céréales d’automne 73
2. Mode d’action des herbicides 83

CHAPITRE IV : Bases d’utilisation raisonnée des herbicides 91


1. Conditions d’utilisation des herbicides 91
2. Restrictions d’utilisation des herbicides 107
3. Gestion de la résistance aux herbicides 112
4. Gestion des résidus d’herbicides dans le sol 125

REFERENCES 135

GLOSSAIRE 143

Annexe 1. Répertoire des herbicides utilisables sur céréales 149


d’automne
Annexe 2. Code HRAC pour la classification des herbicides 159
Annexe 3. Adresses des sociétés ou des détenteurs des herbicides 161
PREFACE
Avec ce document sur les bases techniques et scientifiques de gestion des
mauvaises herbes au niveau des champs de céréales d’automne ; le Professeur
Mohamed BOUHACHE nous livre une riche expérience vécue auprès des
céréaliers de plus de trois décennies. Aujourd’hui c’est le fruit d’une expérience
de terrain basée sur l’observation ; le suivi ; l’encadrement (étudiants et
exploitants agricoles) et l’expérimentation des différentes techniques de
désherbage des céréales et leurs évolution ces dernières années qui sont
développés et mis en valeur avec ce guide.

L’AMPP fidèle à son engagement depuis sa création en décembre 1993;


contribue à travers les manifestations techniques et scientifiques à la diffusion du
savoir faire en matière de méthodes de gestion et de lutte contre les ennemis des
cultures, auprès de ses adhérents phytiatres et des autres utilisateurs notamment
les agriculteurs; techniciens ; les conseillers agricoles et les commerciaux des
sociétés phytosanitaires; apporte aujourd’hui à travers ce guide un précieux
savoir utilisable immédiatement en fonction des situations et des zones de
production des céréales d’automne.

Le Professeur BOUHACHE n’est pas à présenter pour les adhérents de l’AMPP


et des spécialistes de la protection des plantes ; du fait qu’il est un membre
fondateur de notre association et qu’il a contribué depuis 1993 à la gestion de ses
affaires courantes. Aussi il a assuré la présidence pour deux mandats successifs
de novembre 2006 à mai 2010. Actuellement ; il continue à assurer l’édition et la
gestion de la « Revue Marocaine de Protection des Plantes » et ce depuis sa
création en [Link] outre, Pr. BOUHACHE a contribué à la création et à la
diffusion annuelle de l’INDEX PHTOSANITAIRE MAROC entre 2004 et 2017.
La sortie de ce document traitant d’une contrainte majeure à l’amélioration de la
production et à l’augmentation de la productivité d’une culture de grande
importance au Maroc et au Maghreb par les superficies mais aussi par sa
contribution à la sécurité alimentaire des citoyens ; est vivement salué par notre
association. Notre espoir est de répondre aux différentes questions techniques et
surtout apporter une amélioration aux différentes méthodes de lutte et de gestion
des adventices qui envahissent nos champs de céréales d’automne.

Cet ouvrage qui aborde les principales adventices des céréales ; leurs biologies et
surtout les différentes techniques de leur gestion dans le contexte marocain et
selon les principes d’une lutte intégrée afin d’éviter ou retarder l’apparition
d’espèces résistantes et d’empêcher ou réduire l’impact des herbicides résiduaires

-7-
sur les cultures de la rotation et/ou sur l’environnement au niveau de certaines
zones agricoles où les cultures sont conduites intensivement.
Cet ouvrage sera principalement apprécié par les phytiatres ; les agronomes ; les
étudiants (agronomie et phytiatrie); les conseillers agricoles; les agents
spécialisés dans le développement et l’encadrement phytosanitaire.

L’AMPP qui continue à encourager les spécialistes à éditer leurs travaux ; met à
la disposition de ses membres et toute personne intéressée par la bonne conduite
du désherbage des céréales d’automne ; la richesse expérience vécue et racontée
grâce à la contribution de notre collègue le Professeur BOUHACHE.

Mr Mohamed MIHI

Président de l’AMPP

-8-
AVANT-PROPOS
Au début du XVème siècle, Ibn Khaldoun avait délimité l’espace magrébin en
affirmant que : « le Maghreb commence là où les populations portent le burnous
et s’arrête là où l’on ne consomme plus le couscous. ». Cette appellation souligne
bien que la céréaliculture et le pastoralisme étaient les principales activités ou
occupations (bien intégrées) de la population de cette région géographique. Jadis,
le Maroc était l’un des pays exportateurs du blé dur et de la laine. Actuellement,
la filière céréalière constitue une des principales filières de la production agricole
au Maroc. Elle continue à jouer un rôle multiple en ce qui concerne la superficie
emblavée annuellement, la formation du Produit Intérieur Brut agricole, l’emploi
dans le milieu rural et la source d’alimentation humaine et animale (produits bruts
et/ou transformés). Ainsi, l’importance socio- économique de la filière céréalière,
concentrée essentiellement sur les cultures du blé tendre, de l’orge et du blé dur,
n’est plus à démontrer.

Les superficies emblavées annuellement en céréales d’automne oscillent autour


de 5 millions d’hectares, soit près de 60 et 75% de la surface agricole utile (SAU),
respectivement sans et avec la jachère qui est principalement liée aux systèmes
de production céréaliers. Approximativement, le blé tendre et l’orge représentent
chacun 40 % environ de ces superficies et le blé dur 20 %. Les céréales sont
pratiquées dans les différentes zones agro-climatiques du pays en assolement
avec d’autres cultures annuelles représentées essentiellement par les
légumineuses, les cultures industrielles et les cultures fourragères. Ces cultures
sont à 90% localisées dans les zones pluviales appelées communément bour. Les
principales régions de production se situent dans les zones pluviales des plaines
et plateaux de Chaouia, Abda, Haouz, Tadla, Gharb et Saïs où la grande majorité
des exploitations pratique la céréaliculture abstraction faite de leur taille. Dans
ces régions, les céréales font partie des systèmes de production intégrant l’élevage
ovin en particulier, ce qui permet de valoriser les ressources fourragères
céréalières (orge, paille, chaumes, sous produits etc.).

Depuis l’indépendance politique du Maroc, les céréales ont toujours bénéficié


d’une politique volontariste engagée depuis les années 1960 dans l’objectif de
moderniser la filière, et par conséquent, assurer dans un premier temps,
l’autosuffisance alimentaire puis, par la suite, la sécurité alimentaire. Les
principales interventions de l’Etat à ce sujet ont concerné notamment la recherche
agronomique, l’approvisionnement en intrants, la production, la
commercialisation, le stockage, les prix aux producteurs et les subventions. En
effet, l’opération « labour collectif ou touiza » lancée entre 1957 et 1961 visait

-9-
déjà la relance et la modernisation de la céréaliculture par la mécanisation des
travaux du sol. Cette opération sera suivie ensuite par des programmes
d’intensification basés sur l’utilisation des engrais (opération engrais de 1965),
des semences sélectionnées (opération démarrée en 1980) et des produits
phytosanitaires. Un programme de sécurisation de la production a été lancé durant
la campagne 1999-2000 dans le but de réduire les effets de la sécheresse devenue
un phénomène structurel pour l’agriculture marocaine. Son objectif est de mettre
en place un plan d’action permettant de sécuriser un niveau de production de 60
millions de quintaux sur 300 000 hectares de céréales, quelles que soient les
conditions climatiques qui sévissent durant la campagne agricole même en année
de sécheresse. Ce nouveau programme a donné des résultats satisfaisants
notamment dans les zones d’action des offices régionaux de mise en valeur
agricole (ORMVA). Ainsi, des améliorations des itinéraires techniques sont
notées surtout au niveau de la mécanisation des travaux du sol et de l’utilisation
des semences certifiées. Avec une croissance démographique galopante, les
importations ne cessaient d’augmenter et le Maroc devint très vite un importateur
de céréales malgré ces opérations ou programmes.

Pour faire face à cette situation de faiblesse de production et de dépendance


accrue des importations, un dernier programme « le Plan Maroc Vert (PMV) » a
été lance en 2008 pour une période de 10 ans. Ce nouveau programme prévoit
l’investissement de 29 milliards de dirhams à l’horizon 2020, dont 8 à 12
milliards pour l’amont agricole. Le but est de restructurer l’amont céréalier autour
de projets d’agrégation en garantissant l’amélioration de la production au niveau
d’un million d’hectares. L’objectif est de sécuriser une production céréalière
moyenne de 70 millions de quintaux. Depuis le lancement du PMV, la production
céréalière en général a connu une amélioration due à la fois à certaines mesures
de soutien aux producteurs et à des conditions climatiques jugées globalement
favorables. En dix ans, le rendement a connu une croissance de 37%, la
production est passée de 53 millions de quintaux en moyenne (en 2000-2008) à
80 millions de qx, le taux de couverture des besoins n’a pas dépassé 65% en
moyenne, la production de semences a atteint 2,2 millions de quintaux contre
750 000 qx en 2008 et enfin le taux d’utilisation des semences certifiées est passé
de 11% en 2008 à 24% actuellement. Cependant, le niveau de contribution de la
production nationale à la sécurité alimentaire reste en dessous des attentes
formulées par les responsables politiques et professionnels.

Selon le Ministère de l’Agriculture, la demande totale en céréales en 2020


pourrait atteindre 137,5 millions de quintaux sur une base nutritionnelle pour une
population de 40 millions d’habitants. Avec la réalisation d’un taux de couverture

- 10 -
de 65%, le Maroc doit produire 48 millions de quintaux de plus ou continuer à
les importer. Ainsi, la filière céréalière devrait néanmoins multiplier les efforts
de production en amont dans le but de combler ce déficit d’approvisionnement
en produits locaux ou au moins réduire la dépendance vis-à-vis de l’étranger en
la matière. Pour gagner ce défi, la filière céréalière doit surmonter trois
contraintes : structurelles, techniques et climatiques. La présence des mauvaises
herbes dans les champs de céréales impose un stress biotique important sur la
culture depuis sa levée jusqu’ à sa récolte. Un tel stress pénalise inéluctablement
la qualité et la quantité du produit récolté. Il est admis que les pertes de rendement
d’une céréale causées par les mauvaises herbes dépassent de loin les 30%. La
maitrise de tous les ennemis de culture des céréales pourrait corriger le déficit de
production accusé. Ainsi, la lutte contre les mauvaises herbes, ou plutôt la gestion
à long terme de l’enherbement d’une céréale dans un contexte agro-écologique
donné, représente l’une des facettes des contraintes techniques qu’il faut lever
pour améliorer la productivité de notre céréaliculture.

Le présent document est une contribution dans ce sens, comme étant un outil
pratique de développement et/ou d’encadrement mis à la disposition des
opérateurs dans la filière céréalière. La nécessité de publication de ce document
a été sentie suite à plusieurs journées de sensibilisation ou de formations en la
matière animées par l’auteur au profit des céréaliculteurs ou des techniciens. En
outre, l’information présentée est une cristallisation de la longue expérience de
l’auteur, acquise sur le terrain, en côtoyant plusieurs agriculteurs dans les grandes
régions céréalières du Maroc. Cette expérience de terrain acharnée est la base de
l’inspiration de la conception et le contenu de ce document. En réalité,
l’information compilée n’est que des réponses aux différentes questions posées
par les agriculteurs et une mise à niveau des lacunes relevées chez certains
ingénieurs et techniciens impliqués dans le développement des herbicides ou
l’encadrement des agriculteurs ou la gestion des exploitations agricoles. En
général, cette information est ventilée sur quatre thématiques liées et successives :
la reconnaissance et l’identification des adventices, leur biologie et écologie, leur
impact sur les céréales et enfin leur gestion. Dans cette dernière, une attention
particulière est accordée à la lutte chimique. Cette distinction ne signifie guère
que cette méthode de lutte est préférée ou privilégiée. Mais, tout simplement,
c’est là où des erreurs fatales sur le manipulateur, la culture et l’environnement
sont commises par manque d’information ou de repères ! Les quatre thématiques
sont à leur tour réparties en deux parties : Mauvaises herbes des céréales
d’automne au Maroc et gestion des mauvaises herbes des céréales d’automne.

Comparativement aux années 90, l’opération de désherbage chimique devient de


plus en plus compliquée à cause des pressions exercées par la société civile et les

- 11 -
protecteurs de l’environnement. Pour éviter ou au moins réduire les accidents dus
à la manipulation des herbicides, il est nécessaire que l’utilisateur de ces
pesticides soit conscient des risques, armé et outillé d’un minimum de
connaissances avant toute opération de désherbage chimique. Ainsi, l’accent a été
mis sur le mode d’action des herbicides, les conditions de leur utilisation, leur
devenir dans la plante et dans le sol, le phénomène de résistance aux herbicides,
le mélange des herbicides et l’utilisation des adjuvants. Les aspects relatifs aux
techniques d’application écartés pour la simple raison que l’auteur n’a pas toutes
les compétences requises pour traiter cette thématique aussi importante pour la
réussite toute opération de désherbage. L’utilité de ce document réside aussi par
l’adjonction d’un glossaire des termes utilisés, un répertoire de tous les herbicides
utilisables sur céréales avec leurs compositions ; doses et sites d’actions et enfin
un répertoire des adresses et contacts des sociétés phytosanitaires qui
commercialisent ces herbicides au Maroc.

Cette modeste contribution, qui a pour objectif ultime l’amélioration de la


productivité de la céréaliculture marocaine, n’aurait pu voir le jour sans l’aide,
l’encouragement et la contribution de collègues et/ou amis à la génération de
l’information présentée, aux illustrations fournies (surtout les photos), la lecture
et la correction apportées à la première version du document. Ainsi, je remercie
bien :
Prof. Ezzahiri Brahim (I.A.V. Hassan II), Prof. Taleb Abdelkader (I.A.V. Hassan
II), Prof. Maataoui Abdelwahed (E.N.A. Meknès), Mihi Mohamed (Ex. Marbar-
chimie et Président de l’AMPP), Baye Yahya (Ex. INRA Béni-Mellal), Dr.
Hamal Abdelhamid (Ex. INRA Meknès), Dr. Tanji Abbès (Ex. INRA Settat), Dr.
Rsaissi Noureddine (ONCA, Settat), Benmansour Samir (Domaines Agricoles),
Rahmoun Abdellah (Domaines Agricoles), Benmessaoud Driss (Domaines
Agricoles), Guirri Mohamed (Domaines Agricoles), Dr. Asfers Adil (Providence
Verte), Bousricir Driss (Amaroc), El Amrani Adellatif (Promagri). Que les autres
me pardonnent de ne pouvoir les citer tous et toutes. Enfin, un autre remerciement
est adressé au Prof. Taleb, avec qui j’ai partagé ma carrière d’une quarantaine
d’années dans le domaine de Malherbologie, pour ses derniers soins de mise en
page apportés à ce document.

Ce document intitulé « Bases pratiques de désherbage des céréales d’automne


au Maroc » a eu le grand privilège d’être édité par l’Association Marocaine de
Protection des Plantes (AMPP) et préfacé par son Président, Mohamed MIHI.
Qu’il me soit permis de leur exprimer mes remerciements et ma très profonde
gratitude.

Mohamed BOUHACHE
Rabat, Juin 2020

- 12 -
INTRODUCTION
Les mauvaises herbes (appelées aussi agronomiquement les adventices)
constituent, par ordre d’importance, la deuxième contrainte après les problèmes
d’installation ou tout simplement de la réussite du peuplement souhaité. Telle
était la conclusion d’un diagnostic agronomique, conduit par le Ministère de
l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et
Forêts, sur les facteurs qui entravent la céréaliculture marocaine pour atteindre
ses potentialités. La catégorie des adventices associées aux céréales d’automne
ou à paille sont aussi appelées les messicoles (espèces des moissons) car elles ont
un cycle de vie calqué sur celui de ces cultures. Elles germent en automne
fleurissent au printemps et arrivent à la maturité avec la moisson des céréales.
Bien qu’il soit souvent difficile d'établir avec certitude l'origine des espèces
messicoles, ou plus généralement l'origine de toute adventice, il est admis que les
premières messicoles (e.g. les coquelicots, les nigelles et les avoines) suivirent le
flux des semences des céréales introduites des régions montagneuses du Moyen-
Orient lors de nombreuses et incessantes migrations des populations vers notre
région. Certaines y furent alors à leur tour cultivées et améliorées. Par exemple,
la plupart des avoines cultivées sont originaires de l’avoine stérile (Avena
sterilis). Ces messicoles sont maintenues dans nos champs car elles y avaient
retrouvé des conditions proches de leur biotope d'origine et étaient régulièrement
(mais involontairement) ressemées par l'homme. Au cours des siècles, leurs aires
de répartition se sont élargies sur de grandes distances. Au fil du temps, ce cortège
pionnier est enrichi par les espèces endémiques ou autochtones et par d’autres
espèces venant de tout azimut du globe. Ainsi, actuellement, la flore adventice
des céréales du Maroc contient des espèces d’origine américaine, européenne,
asiatique, tropicale etc.

Au cours du cycle d’une culture, l’évolution de la composition floristique de la


parcelle ou de l’abondance des espèces change avec le cycle de la céréale (Photo
1): les espèces de début du cycle ne sont pas les mêmes que celles de fin du cycle
ou ont une abondance différente.

Les premières sont responsables de l’essentiel de la compétition vis-à-vis de la


culture (nuisibilité primaire directe), tandis que les secondes agissent sur la
pénibilité du travail de moisson, la dépréciation qualitative de la récolte
(nuisibilité primaire indirecte) et l’augmentation du stock semencier du sol
(nuisibilité secondaire ou potentielle). Ainsi de tout temps, les agriculteurs
souhaitent éliminer les plantes messicoles qualifiées d’indésirables de leurs
cultures céréalières pour assurer une rentabilité potentielle sinon maximale. Les
agriculteurs en général et les céréaliculteurs en particulier devraient dépasser cet

- 13 -
objectif éphémère et passer à une gestion raisonnée (sinon intégrée ?) de la flore
adventice qui garantit en fin de compte l’efficacité et la durabilité du système de
production agricole.

Photo 1 : Champ du blé infesté par les mauvaises herbes

La mise en œuvre de cette gestion nécessite une connaissance approfondie de la


biologie et de l’écologie des espèces de cette flore et les atouts et faiblesses des
moyens de lutte permis. Une telle approche permet, par exemple, de connaître de
façon précise les espèces problématiques qu’il faut gérer et les facteurs
écologiques et agronomiques qui vont influencer leur croissance et
développement. Une action sur ces facteurs permettrait de maintenir les
communautés de mauvaises herbes en dessous d’un niveau d’infestation
économiquement acceptable. En outre, la mise en œuvre d’une action de
désherbage doit être décidée en comparant le coût de l’opération de désherbage
avec le gain apporté par cette action sur le rendement, la qualité de la production,
la culture subséquente, le maintien du potentiel de la parcelle et la préservation
de l’environnement.

La question dois-je désherber ? est un souci légitime que tout agriculteur puisse
avoir devant une infestation de son champ par les mauvaises herbes. Certes, il est
difficile parfois de répondre par un «Oui» ou par un «Non». Malheureusement,

- 14 -
pour certains faire appel ou porter le pulvérisateur reste un réflexe (par rapport au
voisin) plus qu’un raisonnement. A l’exception des grands céréaliculteurs ayant
un bon niveau de technicité, beaucoup d’agriculteurs n’arrivent pas à se
débarrasser des mauvaises herbes convenablement et à temps. Une simple
tournée dans nos champs de céréales, au printemps, permet de faire deux constats.
Premièrement, la superficie désherbée reste faible par rapport aux cinq millions
d’hectares emblavés chaque année. Deuxièmement, l’infestation des parcelles par
les mauvaises herbes nécessite de fournir plus d’efforts pour la réussite de
l’opération de désherbage (Photo 2). Ainsi, une gestion qui devrait garantir un
désherbage de qualité et durable doit être fondée sur des bases ou fondements et
des principes développés par la suite dans ce document.

Photo 2 : Opération de désherbage réussie au stade végétatif et à la récolte

- 15 -
Page laissée vierge
PREMIERE PARTIE

Mauvaises herbes des céréales d’automne au Maroc


Page laissée vierge
CHAPITRE I : Importance et distribution
Les mauvaises herbes font partie des ennemis des céréales qu’il faut gérer pour
garantir une bonne production. Leur élimination est recherchée quel que soit le
prix ou l’effort nécessaire. L’importance de cette végétation autre que la culture
découle de deux constats : sa diversité et son impact sur la culture.

1. Diversité de la flore adventice

Les champs céréaliers marocains renferment une flore adventice nombreuse et


très diversifiée. Ainsi, le nombre de mauvaises herbes varie d’une région à l’autre
et oscille entre 188 et 315 espèces (Tableau 1). Cette richesse est notée également
au niveau parcellaire du moment que le nombre d'espèces adventices par champ
prospecté pourrait osciller entre 11et 78 espèces.

Tableau 1 : Richesse spécifique de la flore adventice associée aux céréales


d’automne
Régions Nombre Année Régions Nombre Année
d’espèces d’inventaire d’espèces d’inventaire
Abda 270 1985 Moulouya 286 1991 - 2008 -
2012
Chaouia 315 1981, 1994 Rhamna 204 1986
Doukkala 188 1995 Saïss 269 1985
Haouz 258 1994 Souss- 224 2006
Massa
Loukkous 244 1994 Tadla 269 1981-83

Comparativement aux pays à agriculture beaucoup plus intensive, la richesse de


nos champs témoigne de la sous utilisation des herbicides aussi bien dans le temps
que dans l’espace. C’est vrai que parfois, une seule espèce suffit pour
compromettre la culture. En cas de forte infestation, le brome dont la densité
dépasse ou équivalente à trois fois celle du blé dans la région du Saïss en est un
bon exemple. Ce niveau d’infestation pourrait se traduire par une baisse de
production de plus 90%.

2. Impact de la flore adventice

En pratique, l’agriculteur a plus de soucis sur l’impact de la flore adventice sur la


quantité et la qualité de sa production céréalière. Les pertes économiques sont

- 19 -
causées par les mauvaises herbes d'une façon directe ou indirecte. Ainsi, ces
mauvaises herbes perturbent les travaux agricoles, altèrent la qualité de la récolte,
réduisent les rendements et interfèrent avec d’autres ennemis de la culture surtout
avec les champignons et les insectes. En fonction de la nature du cortège
floristique, de degré d’infestation des champs, de la région et des conditions
climatiques de l’année, les mauvaises herbes associées à une céréale pourraient
engendrer des pertes de rendement potentielles de 15 à 98%. Dans les conditions
du Gharb, une étude sur l’impact des mauvaises herbes sur le rendement du blé a
permis de montrer que les pertes de production dépendent beaucoup de la
catégorie des adventices infestant le champ (Photo 3).

Photo 3 : Pertes du rendement (%) du blé causées par les dicotylèdones (D) et
les graminées (G)

En outre, la présence des adventices dans un champ de céréales accentue le


problème des maladies foliaires : environ 160 espèces sont recensées au Maroc
comme plantes hôtes des agents pathogènes responsables de maladies des
maladies des céréales et des légumineuses alimentaires, favorise les pullulations
d'insectes (Photo 4) et entrave l'exécution de certaines pratiques culturales (la
moisson pour les espèces de fin du cycle, Photos 5 et 6). La compétition pour
l'eau, les éléments minéraux (fertilisants) et la lumière ainsi que la sécrétion des
substances toxiques (allèlopathie) sont les causes directes des pertes de
rendement dues aux mauvaises herbes. Des cas de parasitisme par le thésium ou
« mliliha » (Thesium humile) sur les céréales ont été observés dans les régions
d’Abda, Zemmour et l’Oriental.

- 20 -
Photo 4: Pustules de la rouille brune du blé (tache orange) sur l’hôte alternatif
(Anchusa italica) (à droite) et pullulation du puceron noir (Aphis
fabae) sur le chénopode blanc

Photo 5 : Infestation de fin du cycle d’un champ du blé dans la région du Loukkos

- 21 -
Photo 6 : Infestation de fin du cycle d’un champ du blé dans la région du Saïs

- 22 -
CHAPITRE II : Principales adventices

1. Caractéristiques globales

Les prospections des champs de céréales dans les différentes régions, entamées
depuis 1981, ont permis d’inventorier presque 400 espèces adventices
appartenant à 48 familles botaniques. Ainsi, les céréales renferment presque la
moitie des mauvaises herbes de toutes les cultures ou milieux artificialisés du
Maroc. Les Asteraceae, Fabaceae, Poaceae, Brassicaceae, Apiaceae et
Caryophyllaceae sont les familles les plus dominantes avec 58% de l’effectif
spécifique. Les trois premières familles fournissent à elles seules 40% des
espèces. Les dicotylédones (plantes à feuille large) (85%), les thérophytes
(annuelles) (77%) et l’élément floristique méditerranéen (66%) caractérisent la
flore associée aux céréales. Ces espèces annuelles sont caractérisées par un cycle
court (le plus souvent adapté à celui de la culture céréalière) et sont favorisées
dans les milieux assez bien travaillés. En outre, la plupart de ces espèces germent
en automne ou en hiver dès les premières pluies ; ce sont des microthermiques ou
micro-eurythermiques. Pour le contrôle de la flore adventice des céréales, trois
catégories d’herbicides sont mis sur le marché national : les anti-dicotylédones,
les anti-graminées et les anti- dicots et graminées. Dans la pratique, la
connaissance des espèces préoccupantes de ces deux catégories de mauvaises
herbes dans un champ de céréales est un préalable pour une la réussite de la
gestion de cette flore adventice.

2. Dicotylédones préoccupantes

Uniquement une soixantaine d’espèces dicotylédones (Tableaux 2 et 2bis)


peuvent être considérées comme préoccupantes ou fréquentes dans nos champs
de céréales d’automne. L’importance agronomique de ces espèces a été appréciée
sur la base du calcul de l’indice partiel de nuisibilité (combinaison de
recouvrement et de la fréquence) de chaque espèce ou dans le cas échéant sur la
fréquence relative ou leur importance observée sur le terrain. Les mauvaises
herbes dicotylédones préoccupantes sont relativement nombreuses et diversifiées
et renferment des espèces difficiles à contrôler telles que les gaillets, les liserons,
les chardons, la centaurée, les fumeterres, l’emex épineux, les gesses, les mauves
etc... Cette flore préoccupante est dominée par les annuelles qui sont relativement
faciles à gérer comparativement aux vivaces. Parmi ces dernières deux espèces
posent des problèmes pour les céréaliculteurs : le liseron fausse-guimauve et le
liseron des champs (Photo 7). A côté de ces espèces préoccupantes ou majeures
existent beaucoup d'espèces mineures, peu fréquentes mais qui contribuent à la

- 23 -
richesse floristique et exercent une nuisibilité par effet de cumul. Ainsi, une
bonne gestion devrait considérer et surveiller cette catégorie car à long terme elle
pourrait changer de statut sous l’effet du changement climatique ou/et sous la
pression des techniques culturales préconisées par les agriculteurs. Ainsi, une
espère mineure pourrait être un problème dans certaines conditions. Par exemple,
l’oxalide (Oxalis pes-caprea), qui est une géophyte à bulbilles (Photo 8) et
allélpathique vis-à-vis des céréales, pose un sérieux problème dans tous les
champs de céréales, installés après l’arrachage d’un verger d’agrumes, dans la
région du Gharb.

Tableau 2: Principales adventices dicotylédones des céréales (ordre


alphabétique)
Famille
Espèces Ethologie
botanique
Anacyclus radiatus Loisel. Asteraceae Annuelle
Anagallis foemina Miller Primulaceae Annuelle
Anchusa azurea Miller Boraginaceae Vivace
Astragalus boeticus L. Fabaceae Annuelle
Beta macrocarpa Guss. Chenopodiaceae Annuelle
Calendula arvensis L. Asteraceae Annuelle
Capsella bursa-pastoris (L.) Medicus Brassicaceae Annuelle
Centaurea diluta Aiton Asteraceae Annuelle
Chenopodium album L. Chenopodiaceae Annuelle
Chenopodium murale L. Chenopodiaceae Annuelle
Chrysanthemum coronarium L. Asteraceae Annuelle
Chrysanthemum segetum L. Asteraceae Annuelle
Cichorium endivia L. Asteraceae Annuelle
Convolvulus althaeoïdes L. Convulvulaceae Vivace
Convolvulus arvensis L. Convulvulaceae Vivace
Diplotaxis tenuisiliqua Delile Brassicaceae Annuelle
Echium plantagineum L. Boraginaceae Annuelle
Emex spinosa (L.) Campd. Polygonaceae Annuelle
Fumaria agraria Lag. Papaveraceae Annuelle
Fumaria parviflora Lam. Papaveraceae Annuelle
Galium tricornutum Dandy Rubiaceae Annuelle
Galium verrucosum Hudson Rubiaceae Annuelle
Glaucium corniculatum (L.) Rudol. Papaveraceae Annuelle
Hirschfeldia adpressa Moench Brassicaceae Annuelle
Lamium amplexicaule L. Lamiaceae Annuelle

- 24 -
Tableau 2 (Suite)
Lathyrus articulatus L. Fabaceae Annuelle
Lathyrus cicera L. Fabaceae Annuelle
Launea nudicaulis (L.) Hooker Asteraceae Vivace
Lavatera trimestris L. Malvaceae Annuelle
Malva parviflora L. Malvaceae Annuelle
Medicago polymorpha L. Fabaceae Annuelle
Melilotus sulcatus Desf. Fabaceae Annuelle
Misopates orontium (L.) Rafin Scrophulariaceae Annuelle
Papaver hybridum L. Papaveraceae Annuelle
Papaver rhoeas L. Papaverceae Annuelle
Plantago afra L. Plantaginaceae Annuelle
Polygonum aviculare L. Polygonaceae Annuelle
Raphanus raphanistrum L. Brassicaceae Annuelle
Rhagadiolus stellatus (L.) Gaertner Asteraceae Annuelle
Ridolfia segetum Moris Apiaceae Annuelle
Rumex pulcher L. Polygonaceae Vivace
Scandix pecten-veneris L. Apiaceae Annuelle
Scolymus hispanicus L. Asteraceae Annuelle
Scolymus maculatus L. Asteraceae Annuelle
Scorpiurus muricatus L. Fabaceae Annuelle
Scorpiurus vermiculata L. Fabaceae Annuelle
Silene gallica L. Caryophyllaceae Annuelle
Silene vulgaris (Moench) Garcke Caryophyllaceae Vivace
Silybum marianum (L.) Gaertner Asteraceae Annuelle
Sinapis alba L. Brassicaceae Annuelle
Sinapis arvensis L. Brassicaceae Annuelle
Sonchus asper (L.) Hill Asteraceae Annuelle
Sonchus oleraceus L. Asteraceae Annuelle
Torilis nodosa (L.) Gaertner Apiaceae Annuelle
Urtica urens L. Urticaceae Annuelle
Vaccaria hispanica (Miller) Rausc. Caryophyllaceae Annuelle
Vicia benghalensis L. Fabaceae Annuelle
Vicia sativa L. Fabaceae Annuelle
Ziziphus lotus (L.) Lam. Rhamnaceae Vivace

- 25 -
Tableau 2bis : Nomenclature des principales adventices dicotylédones des
céréales (ordre alphabétique)
Noms vernaculaires
Espèces
Français Marocains
Ammi majus Grand ammi Tlaylane
Anacyclus radiatus. Anacycle rayonnant Hallala
Anagallis foemina Mouron des champs Ain El fellous
Anchusa azurea Buglosse d’Italie Lsan El ard
Astragalus boeticus Astragale de Bétique Krinbouch
Beta macrocarpa Bette à gros fruits Salg
Calendula arvensis. Souci des champs Jamra
Capsella bursa-pastoris Bourse à pasteur Kiss râai
Centaurea diluta Centaurée pâle Zemmouria
Chenopodium album Chénopode blanc Berramram
Chenopodium murale. Chénopode des murs Berramram
Chrysanthemum coronarium Chrysanthème à couronnes Kräa djaja
Chrysanthème des
Chrysanthemum segetum Gahouane
moissons
Cichorium endivia Chicorée Bou aggad
Convolvulus althaeoïdes Liseron fausse- guimauve Louya
Convolvulus arvensis Liseron des champs Louya
Diplotaxis tenuisiliqua Diplotaxe à siliques ténues Karkaz
Echium plantagineum Vipèrine faux plantin Achoum
Emex spinosa Emex épineux Hammida
Fumaria agraria Fumeterre des champs Sibana
Fumaria parviflora Fumeterre à petites fleurs Sibabana
Galium tricornutum Gaillet à trois cornes Lassika
Galium verrucosum Gaillet verruqueux Lassika
Glaucium corniculatum Pavot cornu Garn taour
Hirschfeldia adpressa Raquette bâtarde Karkaz
Lamium amplexicaule Lamier amplexicaule Oudnine el far
Lathyrus articulatus. Gesse articulée Jelbana
Lathyrus cicera Gesse chiche Jelbana

- 26 -
Tableau 2 bis (Suite)
Launea nudicaulis Launée à tiges nues Marrara
Lavatera trimestris Lavatère à grandes fleurs Khoubbiza
Malva parviflora Mauve à petites fleurs Khoubbiza
Medicago polymorpha Luzerne polymorphe Nefla
Melilotus sulcatus Melilot sillonné Nefla
Khoukhou
Misopates orontium Muflier rubicond
chair
Papaver hybridum Coquelicot Balâamane
Papaver rhoeas Grand coquelicot Belâamane
Plantago afra Plantain pucier Massassa
Polygonum aviculare Renouée des oiseaux Baymout
Bahammou
Raphanus raphanistrum Ravenelle, radis sauvage
labied
Dfar El
Rhagadiolus stellatus Rhagadiole en étoile
Koubäa
Ridolfia segetum Aneth des moissons Slili, tabch
Rumex pulcher Patience –violon Hammida
Scandix pecten-veneris. Peigne de vénus Machita
Chefraj,
Scolymus hispanicus Scolyme d’Espagne
Zarnej
Chefraj,
Scolymus maculatus Scolyme taché, maculé
Zarnej
Kalouat
Scorpiurus muricatus Chenillette épineuse
larnab
Kalouat
Scorpiurus vermiculata Chenillette vermiculée
larnab
Nouarat
Silene gallica Silène de France
Läagreb
Silene vulgaris Silène enflée, commun Tighecht
Silybum marianum Chardon de Marie Taoura
Sinapis alba Moutarde blanche Bahammou
Sinapis arvensis Moutarde des champs Bahammou
Sonchus asper Laiteron rude Tifaf

- 27 -
Tableau 2 bis (Suite)
Sonchus oleraceus Laiteron maraîcher Tifaf
Torilis nodosa Torilis noueuse Machita
Urtica urens Ortie brûlante Harriga
Kohaila,
Vaccaria hispanica Saponaire, savonnière
Karbaba
Vicia benghalensis Vesce du Bengale Bouzghayba
Vicia sativa Vesce cultivée Bouzghayba
Ziziphus lotus Jujubier Sedra

Photo 7 : Champ du blé infesté par le liseron des champs

- 28 -
Photo 8: Champ du blé infesté par l’oxalide à meknès (à droite) avec un plant
avec bulbilles (à gauche)

3. Graminées préoccupantes

A l’inverse de la classe des dicotylédones, la classe des monocotylédones est


représentée par 12 espèces dominées par la famille des Poaceae (graminées) qui
fournit la presque totalité des espèces de cette classe (Tableaux 3 et 3bis). A côté
des problèmes classiques de folle-avoine ; ray-grass et alpistes, le brome est
considéré actuellement comme l’une des espèces redoutables et envahissantes des
céréales non seulement au Maroc mais dans tout le pourtour du bassin
méditerranéen. Malgré sa fréquence dans les champs des céréales irrigués, le
pâturin annuel (Poa annua) n'est pas une espèce aussi vigoureuse et compétitive
que les quatre graminées précédentes. Récemment, deux autres graminées (l’orge
des rats et la vulpie genouillée) commencent à prendre de l’importance en
s’installant à l’intérieur des champs de céréales après une période d’attente sur
les bordures. Dans un domaine près de Rommani, l’orge des rats a été observée
sous forme de foyers (60 à 70 pieds/m2) à 60 m de la bordure. L’ensemble des
foyers couvrait en 2013 une superficie de 2 ha sur 100 ha. Les relevés floristiques
réalisés dans plusieurs régions céréalières du Maroc ont permis de souligner que
deux vulpies (genouillée et queue-de-rat) sont présentes dans moins de 20% des
champs prospectés. Dans une exploitation agricole à Meknès, la vulpie genouillée

- 29 -
a totalement couvert trois grands champs du blé (80 ha au total) en 2018 avec une
densité estimée à plus de 1200 pieds/m2 dans une parcelle. Ainsi, toute négligence
ou sous estimation du risque pourrait reproduire le scenario d’invasion du brome
des années 90.
Tableau 3 : Principales adventices monocotylédones des céréales (ordre
alphabétique)
Famille
Espèces Ethologie
botanique
Arisarum vulgare Targ.-Tozz Araceae Vivace
Avena sterilis L. Poaceae Annuelle
Bromus rigidus Roth. Poaceae Annuelle
Cynodon dactylon (L.) Pers. Poaceae Vivace
Hordeum murinum L. Poaceae Annuelle
Lolium rigidum Gaudin Poaceae Annuelle
Muscari comosum (L.) Miller Liliaceae Vivace
Phalaris brachystachys Link Poaceae Annuelle
Phalaris minor Retz Poaceae Annuelle
Phalaris paradoxa L. Poaceae Annuelle
Poa annua L. Poaceae Annuelle
Vulpia geniculata (L.) Link. L. Poaceae Annuelle

Tableau 3bis: Nomenclature des principales adventices monocotylédones des


céréales (ordre alphabétique)
Noms vernaculaires
Espèces
Français Marocain
Arisarum vulgare Gouet à capuchon Ayerni
Avena sterilis Avoine stérile Khortal
Bromus rigidus Brome raide Bahma, Sibousse
Cynodon dactylon Chiendent pied de poule Njem
Hordeum murinum Orge des rats Sboul El Far
Lolium rigidum Ivraie raide, ray grass Madhoun
Muscari comosum Muscari à toupet Bassila
Phalaris brachystachys Alpiste à épi court Zouane, Fazouate
Phalaris minor Petit Alpiste Zouane, Fazouate
Phalaris paradoxa Alpiste paradoxal Zouane, Fazouate
Poa annua Pâturin annuel Boussibouss, Dzimi
Vulpia geniculata Vulpie genouillée Boussibouss

- 30 -
CHAPITRE III : Reconnaissance et identification des principales
adventices

1. Importance de l’identification

La reconnaissance des mauvaises herbes est une étape très importante sinon
déterminante pour toute décision de désherbage quel que soit la méthode de lutte
à choisir. Il est fréquent de trouver sur la même exploitation une flore qui diffère
d’une parcelle à une autre. En plus, cette identification est très délicate car il est
indispensable de reconnaitre les adventices au stade plantule (2 à 4 feuilles). Bien
que plusieurs ouvrages dédiés à l’identification des adventices à tous les stades
(semence, plantule et adulte) soient disponibles, seule la pratique sur le terrain
d’exercices de reconnaissance permettrait de mémoriser les espèces. En dehors
de l’agriculture biologique, il n’est pas concevable d’imaginer une agriculture
moderne et intensive sans recours aux herbicides pour combattre la végétation
nuisible. Ainsi, il ne faut pas se fier aux photos, noms vernaculaires ou noms
communs d’espèces car les confusions sont possibles entre les espèces qui sont
proches morphologiquement mais dont le comportement vis-à-vis des herbicides
pourrait être totalement différent. L’intégration de leviers agronomiques dans une
stratégie de désherbage exige la connaissance de la biologie et l’écologie des
composantes de la flore à contrôler. Ainsi, leur identification constitue la clef de
voûte pour l’accès à cette information.

2. Critères de reconnaissance

Chaque espèce ou groupe d’espèces possède plusieurs caractères ou critères,


parfois peu évidents et nécessitent l’utilisation d’une loupe permettant leur
reconnaissance ou identification. La distinction entre les deux grands groupes de
mauvaises herbes infestant les céréales (dicotylédones et graminées) est basée
essentiellement sur la morphologie des feuilles. Chez les graminées, les feuilles
sont étroites, allongées, souvent alternes, engainantes, sessiles, entières et à
nervation parallèle avec la nervure médiane presque toujours apparente. Les
feuilles des dicotylédones sont pétiolées, larges, entières ou découpées à
nervation pennée ou digitée. Une fois ces deux groupes sont distingués, les
critères suivants sont utilisés pour identifier les espèces au stade plantule :
• Dicotylédones (plantes à feuilles larges) : forme et taille des
cotylédons, disposition des feuilles (opposées, verticillées, alternes),
type de plantule (tigelle d’emblée allongée, rosette) (Figure 1), forme
et découpure des feuilles, pilosité (localisation, densité, type),
couleur du limbe et autres critères (odeur au froissement, goût,
pigmentation etc.),

- 31 -
• Graminées (plantes à feuilles étroites): préfoliaison (pliée, enroulée),
oreillettes (absence, présence), ligule (absence, présence), pilosité
(localisation, densité), gaine (forme, couleur), rapport
longueur/largeur du limbe des feuilles, couleur et autres critères
(présence des graines sur la racine de la plantule déterrée,
pigmentation etc.).

Plusieurs documents spécialisés dans la reconnaissance ou l’identification des


mauvaises herbes au niveau régional et national ont été élaborés ou édités et
d’autres sont en préparation. Les ouvrages suivants sont à recommander pour
l’identification des espèces préoccupantes dans une culture de céréales :
• Mauvaises herbes des régions arides et semi-arides du Maroc.
Edition INRA, Rabat (1988), Tanji A. Boulet C. et Reigher D. L.
• Les mauvaises herbes du Souss. Edition actes, I.A.V. Hassan II,
Rabat (1991), Boulet C., Bouhache M., Taleb A. et Wahbi M.
• Adventices du blé et de l’orge au Maroc. Edition INRA, Rabat
(2005). Tanji A.
• Principales adventices des cultures au Maghreb (Algérie, Maroc,
Tunisie). , Rabat (2015), Taleb A.

Figure 1: Exemple de plantules en rosette (à gauche) et en tigelle d’emblée


allongée (à droite) (Boulet et al., 1991)

- 32 -
3. Clé d’identification des principales dicotylédones

En général, les plantules des adventices dicotylédones (ou plantes à feuilles


larges) sont facilement détectables et repérables dans une céréale vu la différence
morphologique entre cette dernière et cette catégorie d’adventices. Ainsi, quatre
critères morphologiques tels que l’origine de la plantule, le type de plantule
(tigelle d’emblée allongée, rosette), disposition des feuilles (Figure 2) (opposées,
verticillées, alternes) et la pilosité de la plantule sont à observer pour arriver à
identifier les soixantaines adventices préoccupantes (Tableau 4). La présence du
reste des semences ou des fruits sur le système racinaire des plantules déterrées
aide également à bien déterminer certaines espèces (Photo 11). Bien qu’elles
soient considérées comme des espèces pluriannuelles, les plantules d’Anchusa
azurea et Rumex pulcher, observées dans un champ de céréale conduite en semis
conventionnel, sont toujours issues de germination de leurs semences. Quant aux
deux liserons (Convolvulus arvensis et C. althaeoïdes), les plantules sont issues
aussi bien de la germination que de la régénération. Les photos illustratives de
chaque espèce sont consignées dans les planches1et 2.

Feuilles alternes Feuilles opposées Feuilles verticillées

Figure 2 : Disposition des feuilles sur la tige d’une plantule dicotylédone

- 33 -
Tableau 4: Critères d’identification des principales dicotylédones associées aux
céréales d’automne
Origine de la Type de Disposition Pilosité Espèces
plantule plantule des feuilles correspondantes
Repousse Rosette Alternes Glabre Rumex pulcher
Poilue Anchusa azurea, Launea
nudicaulis, Oxalispes-
caprae
Opposées Glabre Silene vulgaris
Tigelle Alternes Glabre Convolvulus arvensis,
d’emblée Ziziphus lotus
allongée
Poilue Convolvulus althaeoïdes
Germination Rosette Alternes Glabre Ammi majus, Anacyclus
radiatus, Beta
macrocarpa, Convolvulus
arvensis, Emex spinosa,
Fumaria agraria,
Fumaria parviflora,
Rhagadiolus stellatus,
Ridolfia segetum, Rumex
pulcher, Scolymus
hispanicus, Scolymus
maculatus, Silybum
marianum
Poilue Anchusa azurea,
Capsella bursa-pastoris,
Centaurea diluta,
Cichorium endivia,
Convolvulus althaeoïdes,
Diplotaxis tenuisiliqua,
Echium plantagineum,
Glaucium corniculatum,
Hirschfeldia adpressa,
Lavatera trimestris,
Malva parviflora,
Papaver hybridum,
Papaver rhoeas,
Raphanus raphanistrum,
Scandix pecten-veneris,
Silene gallica, Sinapis
alba, Sinapis arvensis,
Sonchus asper, Sonchus
oleraceus, Torilis nodosa

- 34 -
Tableau 4: (Suite)

Opposées Poilue Calendula arvensis


Tigelle Alternes Glabre Chenopodium album,
d’emblée Chenopodium murale,
allongée Chrysanthemum
coronarium,
Chrysanthemum
segetum, Lathyrus
articulatus, Lathyrus
cicera, Medicago
polymorpha,
Polygonum aviculare
Poilue Astragalus boeticus,
Melilotus sulcatus,
Scorpiurus muricatus,
Scorpiurus vermiculata,
Vicia benghalensis,
Vicia sativa, Misopates
orontium
Opposées Glabre Anagallis foemina,
Vaccaria hispanica
Poilue Lamium amplexicaule,
Plantago afra, Urtica
urens

Verticillées Galium tricornutum,


Galium verrucosum

- 35 -
Planche 1: Adventices dicotylédones issues de régénération

Rumex pulcher Convolvulus althaeoïdes Launaea nudicaulis

Oxalis pes-caprae Silene vulgaris Convolvulus arvensis

Ziziphus lotus Anchuza azurea

- 36 -
Planche 2: Adventices dicotylédones issues de germination

Ammi majus Anacyclus radiatus Beta macrocarpa

Convolvulus arvensis Emex spinosa Fumaria agraria

Fumaria parviflora Rhagadiolus stellatus Ridolfia segetum

- 37 -
Planche 2: (Suite)

Rumex plcher Scolymus hispanicus Scolymus maculatus

Silybum marianum Anchusa azurea Capsella bursa-pastoris

Centaurea diluta Cichorium endivia Convolvulus althaeoïdes

- 38 -
Planche 2 : (Suite)

Diplotaxis tenuisiliqua Echium plantagineum Glaucium corniculatum

Hirschfeldia adpressa Lavatera trimestris Malva parviflora

Papaver hybridum Papaver rhoeas Raphanus raphanistrum

- 39 -
Planche 2 : (Suite)

Scandix pecten-veneris Silene gallica Sinapis alba

Sonchus asper Sonchus oleraceus


Sinapis arvensis

Torilis nodosa Calendula arvensis Chenopodium album

- 40 -
Planche 2 : (Suite)

Chenopodium murale Chrysanthemum coronarium Chrysanthemum segetum

Lathyrus articulatus Lathyrus cicera Medicago polymorpha

Polygonum aviculare Astragalus boeticus Melilotus sulcatus

- 41 -
Planche 2 : (Suite)

Scorpiurus vermiculata Vicia benghalensis


Scorpiurus muricatus

Vicia sativa Misopates orontium Anagallis foemina

Vaccaria hispanica Lamium amplexicaule Plantago afra

- 42 -
Planche 2 : (Suite)

Urtica urens Galium tricornutum Galium verrucosum

4. Clé d’identification des principales graminées

Comparativement aux dicotylédones qui sont relativement faciles à détecter


dans une céréale, la présence des graminées est difficile à décerner vu la
ressemblance morphologique entre la culture et les graminées qui lui sont
associées. Cette tâche est encore plus délicate au stade plantule ou végétatif.
L’observation est relativement facile dans une céréale semée au semoir qu’à
la volée. En plus de leurs spécificités, certains herbicides exigent d’être
appliqués à un stade très jeune (2-3 feuilles) des graminées à contrôler pour
garantir une efficacité maximale. Pour ces considérations, la reconnaissance
des plantules des graminées s’impose. Des observations minutieuses de
quelques critères (origine de la plantule et caractéristiques de la feuille)
(Photo 10) peuvent conduire à déterminer et à reconnaitre les espèces les plus
fréquentes des céréales d’automne (Tableau 5).

- 43 -
Présence de ligule Présence de ligule Présence d’oreillettes
Présence d’oreillettes Absence d’oreillettes Absence de ligule
Présence de cils
Photo 10 : Principales caractéristiques de la feuille d’une graminée.

Tableau 5 : Critères d’identification des principales graminées associées aux


céréales
Origine de Préfoliaison Oreillettes Ligule Pilosité Espèce
la plantule correspondante
Repousse Pliée Absentes Absente Légèrement Cynodon
(poils) poilue dactylon
Germination Enroulée Absentes Présente Totalement Bromus rigidus
poilue
Cils sur Avena sterilis
marges du
limbe
Glabre Phalaris
brachystachys
Phalaris minor
Phalaris
paradoxa
Présentes Présente Légèrement Hordeum
poilue murinum
Glabre Lolium
multiflorum
Pliée puis Présente Présente Glabre Lolium rigidum
Enroulée
Pliée Absentes Présente Glabre Poa annua
Cils sur les Vulpia
marges du geniculata
limbe et le
long des
nervures

- 44 -
La présence des semences sur le système racinaire des plantules déterrées aide
ainsi à bien distinguer les espèces (Photo 11). Les photos illustratives des
principales graminées associées aux céréales figurent sur la planche 3.

Dans le cas des alpistes (Phalaris), la semence (caryopse) est d’un secours
précieux pour départager entre les trois espèces : pas d’écailles à la base du grain
pour P. paradoxa, présence de deux petites écailles pour P. brachystachys et une
seule écaille pour P. minor. Comparativement aux deux autres alpistes, P. minor
a des racines avec pointes rouges qui laissent des traces (semblables au sang) sur
un papier blanc. L’avoine stérile peut aussi être distinguée par la torsion (sens
contraire des aiguilles de la montre) des premières feuilles. Quant aux plantules
de ray-grass (Lolium sp), elles ont des feuilles à face inférieure luisante ou
brillante. Des feuilles arquées ou en crochet facilitent la reconnaissance rapide du
pâturin annuel (Poa annua). La vulpie se rapproche plutôt d´un ray-grass chétif
et d’un pâturin. L’observation de la présence de cils en marge du limbe et
également le long des nervures permettrait d’écarter toute confusion avec les
deux graminées.

Photo 11: Plantules avec semences de l’avoine stérile (à droite) et de la luzerne


polymorphe (à gauche)

- 45 -
Planche 3 : Adventices graminées

Cynodon dactylon Bromus rigidus Avena sterilis

Phalaris brachystachys Phalaris sp. Lolium sp.

Hordeum murinum Poa annua Vulpia geniculata

- 46 -
CHAPITRE VI : Biologie et écologie des principales adventices

1. Flore adventice globale

Après l’identification des composantes de la flore adventice (ou du moins les


espèces les plus importantes) vient l’étape de la connaissance des éléments clés
de leur biologie et écologie qui est un préalable pour toute opération de
désherbage. C’est une étape très importante qui permet d’abord de comprendre la
présence d’une ou d’un groupe de mauvaises herbes dans un endroit ou une
période donnée, et par conséquent, de choisir l’outil (méthode) et le moment
d’intervention. Sans entrer dans les détails spécifiques, les aspects suivants
caractérisent la flore adventice des cultures :
• Grande influence du type du sol (texture) plus que le climat
(température et précipitations) sur la répartition ou la distribution des
espèces,
• Variation de la durée de vie (ou cycle de vie). Les annuelles
accomplissent leur cycle vital en une année ou parfois moins, les
bisannuelles en deux ans et les vivaces/pérennes ont besoin de plus
de trois années,
• Production abondante de semences (Tableau 6) et grande capacité de
régénération végétative,
• Diversification et efficacité des moyens de dissémination de la
diaspora,
• Grande longévité des semences (au sens large) enfouies dans le sol
(Tableau 6). La viabilité observée est maintenue par les phénomènes
de dormance,
• Grande plasticité de la croissance des plantes, selon les conditions du
milieu et la période de levée. Ce qui rend difficile l’appréciation de
l’individu,
• Levée au champ échelonnée et dépend de plusieurs facteurs :
exigences de la germination et la levée, type de sol, profondeur
d’enfouissement (la majorité des mauvaises herbes émergent à 5 cm
de profondeur) et la dernière façon culturale (brûlage, labour etc..),
• Stock semencier important et inépuisable puisque moins de 10% lève
chaque année.

- 47 -
Tableau 6 : Production grainière et longévité des semences de quelques
adventices
Espèces Graines/ plante Longévité (années)
Bromus sterilis 150-300 1-2
Polygonum convolvulus 100-1000 22
Sinapis arvensis 50-250 35
Chenopodium album 1000-5000 40
Amaranthus retroflexus >40000 40
Papaver rhoeas 20000-40000 40
Anagallis foemina 250-500 60
Polygonum aviculare 500-1000 60
Stellaria media 250 500
Spergula arvensis 7500 1700

L’action isolée ou combinée de ces caractéristiques détermine la période


d’apparition d’une adventice dans un champ, chaque fois que le sol est perturbé
et/ou une pluie (ou irrigation) est survenue. Ainsi, nous avons les mauvaises
herbes qui lèvent en automne (automnales) et dont la dormance est levée par la
chaleur de l’été, les hivernales dont la dormance est levée par le froid, les
printanières dont la dormance est levée par le froid mais la température du sol
doit dépasser 10°C, les estivales dont la dormance est induite par le froid hivernal
et enfin les espèces indifférentes qui germent et lèvent toute l’année. Les levées
automnales et dans une certaine mesure celles de l’hiver sont à craindre car elles
touchent directement le rendement des céréales. Par contre les levées printanières
affectent principalement l’exécution de la moisson et la qualité des produits
récoltés. Quant aux levées estivales, pratiquement elles n’ont pas d’effet sur les
céréales mais posent le problème de nuisibilité potentielle.

Contrairement aux dicotylédones, les graminées adventices ont des


ressemblances morphologique et physiologique avec les céréales. Ceci rend leur
gestion dans une culture de céréales relativement délicate. Ainsi, la connaissance
de certains aspects de la bio-écologie des principales graminées est nécessaire
pour assoir les bases d’une bonne gestion, et par conséquent, bien maitriser cette
catégorie d’adventices si compétitive.

2. Principales graminées

2.1. Avoine stérile


Cette avoine comprend deux sous-espèces (Avena sterilis L. ssp. macrocarpa
(Moench) Briquet et A. sterilis L. ssp. ludoviciana (Dur.) Gill et Magné) difficiles

- 48 -
à distinguer au stade végétatif. La première sous-espèce fournit presque la totalité
des infestations (Photo 12).

Photo 12: Champ du blé infesté par l’avoine stérile

Etant une plante annuelle, la multiplication et la conservation de l’avoine stérile


sont assurées par la graine (caryopse). Un pied pourrait produire entre 80 et 240
graines viables avec trois types de graines par épillet. La première graine, plus
basse et grosse que les deux autres, est responsable de la première germination
ou infestation du champ l’hiver suivant. Les graines occupant la deuxième et la
troisième position sont physiologiquement immatures, plus dormantes et ne
germent que plus tard. Presque la totalité (87%) des graines chutent et quittent le
pied mère avant la récolte des céréales. Les graines restantes sont disséminées par
la moissonneuse batteuse, le lot de semences et la paille. Les graines enfouies
dans le sol restent viables et dormantes pendant 4 à 7 années ce qui provoque des
germinations échelonnées et rend le contrôle de l’avoine stérile relativement
délicat. La température et l’humidité influence beaucoup la dormance et/ou
germination. Avec un zéro de germination de 5°C et une température optimale de
10°C, l’avoine stérile germe tout le long de la période septembre –février. Des
germinations et levées sont observées à des profondeurs qui dépassent 25 cm.

- 49 -
Les plantules issues d’une germination à 12-15 cm de profondeur sont aussi
vigoureuses que celles provenant de la profondeur optimale (3-4 cm). En général,
la levée de l’avoine stérile suit à quelques jours près celle de la céréale tout en
accusant un retard dans la croissance et développement par rapport au blé. Ce
retard est maintenu jusqu’au stade début tallage. Au stade épiaison, l’adventice
prend le dessus et dépasse la céréale. L’avoine stérile est très répandue et présente
dans tout le Maroc non désertique et infeste tous les sols avec une préférence pour
les sols fertiles et profonds tels que le sol argileux (tirs). Elle est aussi rencontrée
sur les sols sablonneux pourvus d’une pluviométrie ou hygrométrie assez élevées.
En plus des terrains arables des plaines, l’adventice est présente dans les basses
et moyennes montagnes, mais elle cède la place à d’autres avoines surtout Avena
alba en haute altitude.

2.2. Brome
Quatre espèces du brome sont les plus fréquentes et abondantes dans les champs
de céréales au Maroc : Bromus rubens L., B. madritensis L., B. sterilis L. et B.
rigidus Roth. La dernière espèce (le brome raide ou rigide ou encore grand
brome) est reconnue être la plus nuisible et la plus répandue dans toutes les
régions céréalières (Photo 13).

Photo 13: Champ du blé infesté par le brome rigide

- 50 -
L’invasion observée est expliquée par la diminution et/ou la simplification des
interventions culturales, la pression de sélection exercée par les herbicides non
efficaces sur le brome et enfin la grande capacité de production et de
dissémination des graines. En effet, un pied de brome produit entre 200 et 300
graines. Dans les conditions du Saïss, le brome raide arrive à produire 51256
graines /m2. Ceci dépasse de loin 200 à 300 graines du blé semées par mètre carré.
La dissémination des graines est assurée par les machines agricoles les animaux
surtout les ovins et les lots de semences des céréales contaminés. Les semences
du brome ont une faible dormance innée ou primaire et perdent rapidement leur
viabilité avec la profondeur d’enfouissement. Ces graines peuvent rester viables
pendant 2 à 3 ans lorsqu’elles sont en dormance forcée (absence de facteurs de
germination). La germination du brome est beaucoup influencée par l’âge de la
semence, la profondeur d’enfouissement, la lumière et l’humidité du sol. En
général, la levée du brome est importante pendant les automnes humides et
s’échelonne le long du cycle végétatif du blé. L’optimum de germination est
observé à une profondeur de 5 cm. Les semences enfouies profondément (plus de
15 cm) germent mais ne lèvent pas. Les bromes montrent une grande adaptation
aux conditions de sècheresse. Ils se développent dans les zones bioclimatiques
subhumides et semis arides recevant plus de 250 mm de précipitations sur les sols
légers non profonds mais bien drainés.

2.3. Ray-grass
Deux espèces sont généralement rencontrées dans les champs des céréales au
Maroc, ray-grass rigide ou ivraie raide (Lolium rigidum Gaudin) et ray-grass
d’Italie (Lolium multiflorum Lam.). La première espèce reste la plus importante
et la plus abondante dans les champs des céréales (Photo 14). Le ray-grass rigide
est une plante herbacée annuelle dont la dissémination et la conservation se font
par la graine. Une production de 250 à 3000 graines par plante (31000-45000
graines/m2) pourrait être observée selon les conditions du milieu. La
dissémination des graines est assurée par les machines agricoles les animaux et
les semences contaminées.

Les graines produites ont une dormance innée et nécessitent une période de post
maturation pour germer. La levée de dormance est accélérée par les conditions
chaudes et humides. La température optimale de germination des graines enfouies
dans le sol est de 11°C contre 27°C pour les semences localisées à la surface du
sol. La profondeur optimale de germination est de 2 cm et le taux de germination
diminue avec la profondeur. Les semences placées à profondeur de 10-15 cm
perdent leur viabilité en deux ans. Presque 60 à 80 % des germinations ont lieu

- 51 -
après les premières pluies automnales. L’espèce est caractérisée par une grande
variabilité génétique qui lui permet de s’adapter à des conditions climatiques,
édaphiques et agricoles (résistance à plusieurs herbicides de modes d’action
différents) très différentes.

Photo 14: Champ du blé infesté par le ray-grass rigide

2.4. Alpistes
Trois espèces sont fréquentes ou présentes dans les champs des céréales au
Maroc, alpiste à épi court (Phalaris brachystachys link), petit alpiste (P. minor
Retz) (Photo 15) et alpiste paradoxal (P. paradoxa L.).

Etant des plantes annuelles, la graine joue un rôle déterminant dans la


multiplication et la conservation de ces espèces. Ainsi, un pied de P. minor
produit entre 200 et 9000 graines selon la vigueur de la plante et les conditions
du milieu. Une production de 3500 - 21000 graines /pied est aussi notée chez P.
paradoxa.

- 52 -
Photo 15: Champ du blé infesté par petit alpiste

Les semences n’ayant pas chuté sont disséminées par les machines agricoles, les
lots de semences de céréales contaminés ou la paille. Les semences produites ne
sont pas ou peu dormantes mais ont besoin d’une période de post-maturation pour
atteindre le maximum de germination. Les semences fraîchement produites ont
une faculté germinative de 50 à 100% selon l’espèce. L’enfouissement des
semences pourrait induire une dormance secondaire qui les maintient viables dans
le sol durant quelques années (2 à 7ans). Les germinations sont automnales et
hivernales. La grande infestation des céréales est causée par le contingent qui lève
après les premières pluies d’automne. Le maximum de germination vient des
semences situées à une profondeur du sol de 2,5 - 5.0 cm. Au delà de 10 cm, les
graines d’alpiste ne germent pas. Une température comprise entre 8 et 20°C est
considérée optimale pour la germination. Les alpistes se développent dans les
zones bioclimatiques subhumide et humide sur plusieurs types de sol fertiles avec
une préférence pour les sols argileux et argilo-limoneux dans le cas de P.
paradoxa et P. brachystachys. P. minor supporte l’anaérobie. L’effet
allélopathique du P. minor sur le blé a été signalé ailleurs.

- 53 -
2.5. Pâturin annuel
Le pâturin annuel (Poa annua L.) est une petite plante annuelle herbacée (2- 40
cm de hauteur) dont la dissémination et la conservation se font par la graine
(Photo 16).

Photo 16: Champ du blé infesté par le pâturin annuel (Gharb)

Une production de 500 à 7000 graines par plante est notée selon le biotope infesté.
Même, un pied de 0,5 cm de hauteur (après fauchage) peut produire jusqu’à 360
graines. La dissémination des graines est assurée par les machines agricoles, les
animaux, l’eau, le vent et les lots de semences contaminés. Ainsi, un sol peut
contenir un stock de semences de 200000 graines/m2 ayant une viabilité de 6 ans.
Avec une très faible dormance des graines, le pâturin annuel a une période de
levée préférentielle très large et son cycle est généralement bouclé en moins de 3
mois. A noter que les graines tombées au sol peuvent germer au cours des 8 jours
suivants leur chute. La température optimale de germination des graines enfouies
dans le sol est de 15 – 20°C. La profondeur optimale de germination est
superficielle (95% entre 0 et 1 cm) avec une profondeur maximale de 2 cm.
Contrairement aux autres graminées, le pâturin annuel a un taux annuel de
décroissance du stock semencier d e 38 à 45%. Ceci qui signifie que le labour

- 54 -
n’est pas un levier agronomique efficace pour réduire l’infestation de cette
graminée. L’espèce est caractérisée par une grande variabilité génotypique et
phénotypique que qui lui permet de s’adapter à des conditions climatiques,
édaphiques et agricoles très différentes. Ainsi, le pâturin annuel se développe
préférentiellement dans les milieux perturbés ayant un sol tassé (piétiné) et
humide. Cependant, il ne tolère pas les sols très acides.

2.6. Orge des rats


Cette orge désigne un complexe de trois sous espèces difficiles à distinguer
morphologiquement : Hordeum murinum ssp. murinum Briq., Hordeum murinum
ssp. leporinum (Link) Arcang. (=Hordeum leprorinum Link) et Hordeum
murinum ssp. glaucum (Steud) Tzvelev. La deuxième sous-espèce est la plus
répandue au Maroc (Photo 17).

Photo 17: Champ du blé infesté par l’orge des rats

- 55 -
L’orge des rats est une annuelle qui se reproduit par graines. Il produit 19 à 29
semences par épi avec un taux de viabilité qui peut dépasser 92% et une dormance
primaire éphémère, induite par la chaleur d’été, mais pourrait être levée
normalement par une baisse de température automnale. La dissémination des
semences produites est assurée par le vent, les animaux (oiseaux, bétail et
fourmis) et les produits végétaux contaminés. Les premières pluies sont
nécessaires et indispensables pour l’imbibition des graines qui germent au bout
de 3 à 9 jours. L’orge des rats germe durant toute la période allant d’octobre à
janvier à une température oscillant entre 8 à 33°C (aussi bien à la lumière qu’à
l’obscurité) et à un pH du sol compris entre 5 et 8,25. En général, la presque
totalité des semences germent durant la première année et les semences ont
tendance à germer superficiellement et même à la surface du sol. Ainsi,
l’enfouissement profond des semences entrave ou empêche carrément leur
émergence. L’orge des rats croit sur une gamme de sols allant du sol argileux au
sol sableux avec une préférence pour les sols à texture fine à moyenne, fertiles
(mais à faible teneur en phosphore) et bien drainés. L’adventice pourrait être
rencontrée à une altitude de 30 à 2750 m et sous une pluviométrie variante entre
250 à 500 mm. Le froid d’hiver est nécessaire pour l’induction florale et la phase
de floraison s’étend de mars à juillet. Comparativement à d’autres graminées,
l’orge des rats est caractérisée par une germination précoce et une croissance
rapide.

2.7. Vulpie genouillée


La vulpie genouillée (ou vulpia géniculée ou vulpie géniculée) (Vulpia geniculata
(L.) Link) est une mésothérophyte ou tout simplement plante annuelle qui se
reproduit par graines (Photo 18).

Elle peut produire jusqu’ à 1000 semences par pied ou 50 000 à 500 000
semences/m2. Dans le cas d’une très forte infestation, cette production pourrait
dépasser facilement un million de semences/m2. Les semences produites ont
besoin d’une phase de post-maturation de 2 à 3 mois. Presque la totalité des
semences viables enfouies dans le sol germent la première année et une petite
partie (<7%) reste viable et dormante jusqu’à trois ans dans le sol.

- 56 -
Photo 18: Champ du blé infesté par la vulpie genouillée

La dissémination des semences produites est assurée par le vent, les animaux, les
machines et les produits végétaux contaminés (semences, paille et fourrages). Les
premières pluies d’automne sont nécessaires et indispensables pour l’imbibition
des graines qui germent au bout de 7 à 14 jours. La vulpie germe, d’une façon
échelonnée, durant toute la période allant d’octobre à février à une température
oscillant entre 10 à 30°C (aussi bien à la lumière qu’à l’obscurité). Mais, Il semble
que les germinations sont plus favorisées par la lumière. En général, les semences
ont tendance à germer superficiellement (profondeur optimale 0,5 à 2 cm) et
même à la surface du sol. Ainsi, l’enfouissement profond (>5cm) des semences
entrave ou empêche carrément leur émergence. Elle prospère sur les sols sableux,
acides ou silico-argileux et faiblement fertiles et préfère les sols moins perturbés
(céréale conduite en semis direct). Elle supporte même un peu du sel.

- 57 -
Page laissée vierge
DEUXIEME PARTIE

Gestion des mauvaises herbes des céréales


d’automne
Page laissée vierge
CHAPITRE I: Techniques et méthodes de désherbage
Sous la pression des exigences des consommateurs et des défendeurs de
l’environnement, les interventions de désherbage d’assurance et hâtives n’ont
plus de place pour gérer un problème de mauvaises herbes dans une culture. Une
gestion qui devrait garantir un désherbage de qualité et durable doit être fondée
sur quatre piliers :
• Identifier les adventices problématiques de la parcelle ou de
l’exploitation,
• Intégrer les techniques culturales dans la stratégie,
• Diversifier et alterner les modes d’action des herbicides,
• Respecter les techniques d’application appropriées ou les
bonnes pratiques phytosanitaires.

1. Objectifs de désherbage

L'effet dépressif des mauvaises herbes sur la croissance et le développement, et


par conséquent, sur le rendement des céréales n'est plus à démontrer. En outre, la
lutte contre les mauvaises herbes associées aux cultures n’est pas un facteur de
production, mais plutôt un moyen pour maintenir ou atteindre une productivité
potentielle. Ainsi, toute opération de désherbage devrait avoir à court et à long
terme les objectifs suivants :

• Installer la culture sur un sol propre dans le cas de semis direct,


• Limiter la concurrence des mauvaises herbes afin que la culture
profite mieux des facteurs de la concurrence,
• Améliorer la qualité du produit récolté,
• Améliorer les conditions de réalisation de certaines opérations
culturales,
• Améliorer l'état sanitaire de la culture,
• Limiter la ré-infestation des champs par les mauvaises herbes,
• Eradiquer toutes les mauvaises herbes. Mais ceci est très difficile
à atteindre étant donné que la flore de la surface ne représente
que moins de 10% du stock semencier dans le sol sans oublier le
concours de plusieurs moyens de dissémination à
l’approvisionnement de ce stock,
• Assurer une meilleure rentabilité et une durabilité du système de
production.

- 61 -
Malheureusement, rares les agriculteurs qui arrivent à atteindre ces objectifs (ou
du moins à long terme) et ce par l’absence ou manque d’un raisonnement fondé
de l’opération du désherbage. En général, les exploitants ne cherchent que les
solutions d’assurance et rapides pour régler momentanément un problème posé
par une ou plusieurs mauvaises herbes.

2. Périodes de désherbage
D’emblée, il faut signaler que les céréales se caractérisent par un développement
rapide de ses plantules et une forte densité du peuplement. Il en résulte
généralement une bonne capacité de concurrence envers les mauvaises herbes.
Cependant, une intervention pour éliminer la flore indésirable est inévitable. Dans
le cas de semis direct ou de gestion de la résistance, une intervention avant le
semis ou en pré-levée s’impose. Dans le reste des cas, des interventions en post
émergence sont largement pratiquées. Avant le stade 3 feuilles de la céréale, il y
a suffisamment d’espace et de sources de matière et d’énergie (lumière) au niveau
du sol. Ainsi, à ce stade la nuisibilité des adventices est presque négligeable. La
phase sensible des céréales s’étend du stade « trois feuilles » au stade « avant fin
tallage ». Le désherbage de post émergence précoce, réalisé durant cette période,
a pour objectif l’obtention d’un bon rendement de la culture, et par conséquent,
une bonne valorisation des inputs. Plus l’intervention est précoce plus le gain du
rendement est important (Figure 3).

Figure 3: Augmentation du rendement du blé en fonction de la période de


désherbage au Gharb

- 62 -
Les interventions ultérieures (désherbage de post émergence tardif) quant à elles
ont pour objectif, essentiellement, de rattraper toute opération ratée, éliminer les
entraves à la récolte, empêcher la mise à graines de mauvaises herbes
problématiques ou détruire des adventices difficiles à combattre dans d'autres
cultures de la rotation.

Bien que l'application des herbicides puisse se faire durant tout le cycle de la
céréale, depuis ou même avant le semis jusqu’avant la récolte. Depuis la mise sur
le marché marocain des herbicides utilisables aux premiers stades des céréales,
les agriculteurs sont sensibilisés et incités à traiter leurs champs contre les
mauvaises herbes précocement (du stade 3 feuilles à avant fin tallage) pour les
raisons suivantes (Photo 19):
• La plus grande cohorte (ou contingent) de plantules de mauvaises herbes
apparaît avant le stade tallage de la céréale,
• La présence des mauvaises herbes dans une céréale jusqu'au stade fin
tallage pourrait réduire le rendement de 20%,
• Les mauvaises herbes sont plus sensibles aux herbicides au stade plantule
; plus les mauvaises herbes sont avancées dans leur cycle de croissance
plus la dose recommandée de certains herbicides n'est plus suffisante pour
avoir une bonne efficacité,
• Dans le cas où le traitement est raté, il est possible de rattraper par la suite,
• Dans le cas d’une phytotoxicité non prévue, la culture a suffisamment le
temps pour se rattraper.

Photo 19: Stade idéal des adventices et de la culture pour le désherbage


- 63 -
3. Techniques et méthodes de désherbage

Avec le développement de la chimie organique après la seconde guerre mondiale,


les herbicides ont pris une place de choix dans l’itinéraire technique de la
céréaliculture. Effectivement, les herbicides ont rendu le désherbage plus efficace
et plus rapide. Ainsi, la solution chimique est préférée par les exploitants mais
elle commence à montrer ses limites actuellement. Il est temps de considérer les
leviers agronomiques efficaces et/ou toutes les possibilités de lutte contre
mauvaises herbes avant de se trouver dans l’impasse. Dans l’état actuel, les
possibilités offertes peuvent être groupées en trois catégories sans perdre de vue
les possibilités biologiques.

3.1. Techniques culturales


Les agriculteurs en général et les céréaliculteurs en particulier avaient des
solutions pour lutter contre les adventices avant même la découverte des
herbicides. Ils utilisaient les techniques culturales préventives et curatives et le
désherbage manuel. Les techniques culturales qui sont utilisables avant
l’installation de la céréale englobent l’acquisition de lots de semences propres et
variétés compétitives, le choix de précédents culturaux nettoyants et la pratique
du labour profond et de faux semis. Parfois, ces techniques sont suffisantes pour
régler un problème posé. Ainsi, la jachère travaillée (gestion inter – cultures), sur
un sol sablonneux dans un domaine céréalier à Sebâa Ayoun (Meknès) a permis
de maitriser l’infestation du brome raide (Tableau 7).

Tableau 7 : Effet de la jachère sur l’infestation du blé par le brome raide

Jachère travaillée Désherbage


chimique
Contrôle du brome (%) 92,5 72,5
Réduction de la densité (%) 98,0 91,3
Rendement grain (qx/ha) 29,4 19,1

3.2. Désherbage manuel


Le désherbage manuel qui consiste à arracher les mauvaises herbes à la main est
une méthode ancestrale qui est encore utilisée dans les petites exploitations
vivrières où l’élevage est important. Une étude a utilisé la digestibilité in vitro,
les concentrations en protéines brutes, phosphore (P), potassium (K) et calcium
(Ca) et le rapport Ca/P comme critères pour étudier la qualité fourragère de 26
espèces aventices fréquentes dans les champs du blé dans la Chaouia.

- 64 -
Elle a permis de démontrer que toutes les espèces analysées ont eu une qualité
nutritionnelle comparable à celle de la luzerne, de la luzerne annuelle ou du
mélanse vesce + avoine. Ainsi, il a été conclut que les adventices peuvent jouer
un rôle important dans l'alimentation du troupeau étant donné que l'infestation en
adventices n'est jamais monospécifique dans champ de céréales.

Malgré les aspects négatifs du désherbage manuel (retard, piétinement et cassure


de la culture etc.), elle reste encore valable et utilisable dans la céréaliculture
intensive. Effectivement, les mauvaises herbes non contrôlées par un herbicide
ou une séquence d’herbicides sont éliminées manuellement surtout si le stade de
la culture (au-delà du gonflement) ne permet plus l’utilisation d’herbicides. De
même, les multiplicateurs de semences font appel au désherbage manuel dans
l’opération d’épuration des plantes d’adventices et/ou d’autres variétés. Comme
mesure préventive, tout individu de plante vu pour la première fois dans une
parcelle (exemple de l’orge des rats) devrait être arraché et détruit avant sa
grenaison.

3.3. Désherbage chimique


Le désherbage ou lutte chimique consiste à utiliser les herbicides pour éliminer
la végétation indésirable dans une culture. C’est une méthode prometteuse et
recherchée par les agriculteurs (Photo 20). La gamme d’herbicides homologués à
l’échelle nationale permet à l’agriculteur un choix très diversifié mais pas
toujours pour autant un choix plus facile si les considérations suivantes ne sont
pas prises en compte :
• La nature des mauvaises herbes associées aux céréales (dicotylédones,
graminées),
• La sélectivité vis-à-vis des céréales,
• La période d'application par rapport au cycle de la culture,
• Les conditions climatiques de l’année (avant, au moment et après
traitement),
• La rémanence du produit dans le sol et son arrière effet sur les cultures
subséquentes,
• Le niveau d’efficacité recherché,
• Le respect de l’alternance des herbicides à sites d’action différents dans le
cas de soupçon de la résistance,
• Le prix de l'herbicide et sa disponibilité sur le marché.

Sur la base de ces éléments, l'agriculteur marocain dispose d'une gamme de choix
d'herbicides composés d'une seule ou d'un mélange des matières actives pour

- 65 -
combattre les mauvaises herbes qui menacent sa céréaliculture. Ainsi, nous
trouvons sur le marché une centaine d’herbicides anti-graminées, anti-
dicotylédones et anti (graminées + dicotylédones). En général, c’est rare de tenir
compte de tous ces éléments et parfois l’agriculteur fait son choix sur la base d’un
seul «facteur » ou une considération. Toutefois, l’utilisation des herbicides reste
une technique coûteuse, non garantie et menaçante à l’environnement, au
manipulateur et au consommateur si les conditions d’utilisation de ces substances
chimiques ne sont pas respectées. De ce fait, plusieurs raisons socio-économiques
plaident aujourd’hui en faveur de l’utilisation raisonnée et rationnelle des
herbicides afin d’optimiser les traitements justifiés, d’éviter les traitements
inutiles (qualifiés parfois d’assurance), d’empêcher ou du moins retarder
l’apparition du phénomène de résistance et de sauvegarder au maximum
l’environnement menacé de plus en plus.

Photo 20: Opération de désherbage chimique du blé en post- levée dans la région
de Meknès et de pré-levée dans la région du Tadla

Le désherbage chimique vise à obtenir une efficacité maximale qui se traduit par
une destruction la plus complète possible des mauvaises herbes associées à la
culture (Photo 21) , mais souvent le plus rapidement et durablement possibles.
Cependant, viser une efficacité maximale n’est pas une chose facile à obtenir. En
effet, mettre en œuvre un herbicide signifie travailler sur une mauvaise ou une

- 66 -
communauté de mauvaises herbes, dans une culture, avec un appareil de
traitement et dans un environnement sol-climat donné. Ainsi, la réussite d’un
traitement est hypothéquée par de nombreuses interactions intervenant entre ces
divers facteurs. En définitif, l’obtention d’une efficacité recherchée et
satisfaisante revient à utiliser l’herbicide qu’il faut, comme il faut et quand il faut.

Photo 21: Efficacité d’un herbicide anti-dicots sur le chrysanthème (à droite) et


d’un herbicide anti-graminées sur le ray-grass (à gauche)

- 67 -
Page laissée vierge
CHAPITRE II : Techniques culturales de désherbage
Toute technique ou mesure non chimique qui pourrait améliorer la compétitivité
de la céréale et réduire celle des mauvaises herbes est souhaitable. Parmi les plus
favorables à la maîtrise de la flore adventice, les mesures préventives, le labour
profond, les variétés compétitives, la rotation et le faux-semis. L’efficacité de ces
différentes techniques culturales varie selon la nature des adventices cibles.

1. Mesures préventives

La prévention englobe toutes les mesures ou techniques ayant pour objectif


d’empêcher l’introduction, l’établissement ou la dissémination d’une mauvaise
herbe dans un milieu où cette espèce était absente. A l’instar de l’infestation des
champs par la folle avoine des années 70, la moissonneuse-batteuse et les lots de
semences contaminés ont joué un rôle dans la dissémination rapide des semences
du brome à partir du Saïss vers les autres régions céréalières du Maroc, les années
90. Ce qui est inquiétant que les semences de cette espèce envahissante sont
observées (avec des quantités qui dépassent les normes) dans des sacs de céréales
portant le label « semence sélectionnée ». De même, l’introduction de Centaurea
diluta (Zemmouria) dans une exploitation céréalière à Sebâa Ayoun (région de
Meknès) a été faite via les semences du pois-chiche étant donné que les fruits
(capitules) de l’adventice ont la même forme et taille que le pois-chiche.
Actuellement, le problème de ray-grass résistant (aux herbicides de type Accase
et ALS) est soulevé d’une façon inquiétante dans plusieurs régions. La circulation
des lots de semences de céréales contaminés est indiquée de doigt. A côté de la
lutte curative, la prévention constitue la deuxième composante d’une stratégie de
désherbage. Ainsi, une surveillance de tout produit (semences, fumier, paille
etc.), matériel, machine et animal est indispensable pour s’assurer de leur non
contamination par tout organe de la mauvaise herbe responsable de sa
propagation et dissémination.

2. Labour profond

Bien que les objectifs d’un labour profond soient multiples, le contrôle des
mauvaises herbes reste un des objectifs recherchés et d’actualité. Effectivement ;
il permet un retournement du sol, et par conséquent, un enfouissement des
semences de mauvaises herbes. Ce brassage affecte directement ou indirectement
la viabilité et/ou la capacité germinative de ces semences. C’est une technique
très efficace dans la lutte contre les espèces caractérisées par une germination
superficielle de leurs semences et un taux annuel de décroissance (TAD) du stock
semencier supérieur à 74% comme le brome, le ray-grass et la vulpie. Un seul

- 69 -
labour profond a permis de réduire l’infestation de la vulpie genouillée de plus de
85% dans culture succédant un blé infesté. Des études conduites en irrigué au
Tadla et en bour au Saïss ont démontré que les parcelles travaillées avec les
séquences du travail du sol superficiel (généralement le covercrop) étaient plus
infestées que celles travaillées profondément avec une charrue à disques ou à
socs. L’infestation est encore plus importante dans les parcelles conduites en
semis direct sans application d’herbicides avant l’installation de la céréale. Etant
donné que la lumière joue un rôle dans la levée de dormance chez la majorité des
espèces, le labour de nuit devrait être moins infesté que le labour du jour. Le
labour profond est recommandable pour graminées associées aux céréales et pour
diminuer l’effet résiduaire de certains herbicides persistant sur les cultures
suivantes. En outre, il est recommandé d’effectuer un labour profond tous les 3-
4 ans. Par contre, les labours fréquents donnent un effet inverse en remontant les
semences viables enfouies les années précédentes.

3. Variétés compétitives

Le génotype joue un rôle très important dans le phénomène de concurrence entre


une culture et les mauvaises herbes. Des études comparatives de la capacité
compétitive des variétés du blé tendre, blé dur, orge et triticale vis à vis des
mauvaises herbes (ou d’une adventice problématique) ont été réalisées au Maroc
en bour et en irrigué. Ces études ont permis de montrer que la réaction des variétés
des céréales vis-à-vis des mauvaises herbes est différente. Chez certaines variétés,
l’infestation par les mauvaises herbes est réduite de plus de 50 %. Ainsi, les
variétés hautes et ayant un tallage et un feuillage abondants sont agressives et
méritent d’être considérées dans la conception d’une stratégie de désherbage. En
outre, cette méthode a l’avantage d’être durable, économique et facile à adopter.

4. Rotation des cultures

Les effets bénéfiques de la rotation sont connus depuis fort longtemps par les
agriculteurs. La rotation pourrait être un levier agronomique à exploiter en
matière de lutte contre les mauvaises herbes. Elle consiste à perturber le cycle de
développement des mauvaises herbes en diversifiant les cultures, et par
conséquent, les techniques accompagnatrices des cultures choisies. L’alternance
des cultures sur la même parcelle a plus d’effet sur les mauvaises herbes à
germination automnale et hivernale que sur les espèces qui germent tout le long
de l’année (espèces indifférentes). Plusieurs études ont démontré que la
diversification (inclusion des cultures printanières, jachère travaillée etc.) et
l’allongement de la rotation (plus de trois ans) donnent de meilleurs résultats et
évitent la spécialisation de la flore adventice. Ainsi, le désherbage devrait être
plus facile du fait que la gestion d’une flore adventice diversifiée est plus facile

- 70 -
que celle d’une forte infestation d’une seule espèce et que l’agriculteur dispose
de plusieurs solutions chimiques à modes d’action différents en alternant les
cultures. Cependant, le choix d’une telle rotation dépend de certaines contraintes
techniques et économiques. D’ailleurs, si un problème de mauvaises herbes est
difficile à résoudre dans une culture il faut tout de suite chercher la solution dans
la rotation. L’exemple du brome n’est pas loin de nous puisque le problème est
maitrisé ou au moins atténué au Saïss dans la rotation jachère
travaillée/féverole/blé.

5. Faux semis

Le faux semis est une autre technique culturale à considérer surtout dans le cas
de la résistance des adventices aux herbicides ou d’une infestation par une espèce
assez proche à la culture sur le plan systématique et physiologique (surtout en
absence d’herbicides sélectifs). Elle consiste à travailler le sol superficiellement
(sur 5 cm de profondeur) pour favoriser la germination des mauvaises herbes et
de les détruire (mécaniquement ou chimiquement) avant l’installation de la
culture. Dans les régions où l’eau devient de plus en plus rare, l’utilisation des
herbicides est recommandable pour conserver cette eau dans le sol au profit de la
culture à installer. L’adoption de faux semis a permis de réduire l’infestation du
riz sauvage de 85 % dans la culture du riz au Loukkos. L’humidité du sol et la
finesse du travail du sol (outil de travail) sont deux facteurs importants pour la
réussite de cette technique. Elle est plus efficace dans le cas d’adventices n’ayant
pas de semences dormantes ou présentant une faible dormance (brome). Les
fortes infestations nécessitent parfois 2-3 faux semis de même profondeur du
travail du sol sans pénaliser la date de semis de la culture à installer.

- 71 -
Page laissée vierge
CHAPITRE III : Désherbage chimique

1. Herbicides utilisés dans les céréales

1.1. Herbicides de pré-semis et de pré-levée


Les herbicides mis en vente sur le marché national ont pour cible les
dicotylédones et/ou les graminées et peuvent être utilisés en pré-semis, pré-levée
et post-levée de la culture. Les traitements de pré-semis ou pré-levée sont
beaucoup utilisés pour les céréales conduites en semis direct ou en irrigué
(Tableau 8). L’utilisation des produits totaux (non sélectifs) à base du glyphosate,
paraquat, diquat et glufosinate ammonium est fréquente en semis direct.
Cependant, les produits contenant le glyphosate restent de loin les plus dominants
en ce mode de conduite (Photo 22). Ils sont appliqués sur la flore adventice ayant
levé avant l’installation de la culture. Parfois, ils sont combinés avec le semis.

Photo 22: Blé conduit en semis direct et traité en pré-semis avec un herbicide à
base du glyphosate (Région de Sefrou)

- 73 -
Tous les herbicides de pré-levée exigent un sol bien travaillé non motteux et
humide pour leur efficacité. Ainsi, ils sont utilisés ou recommandés pour
désherber les céréales conduites en irrigué ou en bour favorable. Les herbicides
contenant la pendiméthaline ne sont pas homologués au Maroc pour les céréales,
mais ils permettent de contrôler le coquelicot résistant au 2,4D et aux herbicides
de la famille des sulfonylurées. Cependant, il ne faut pas dépasser 1000 g/ha de
matière active. Seulement, quatre herbicides sont homologués pour l’utilisation
en pré-levée pour contrôler aussi bien les dicotylédones que les graminées dans
le blé (Tableau 8). En outre, ces herbicides ont aussi l’avantage d’être
recommandables pour gérer le problème du ray-grass résistants aux herbicides.
Les herbicides à base du chlortoluron et triallate ont aussi un effet sur le brome.
Le chlortoluron est aussi bien indiqué pour le contrôle de la vulpie.

Tableau 8: Herbicides de pré-semis et pré-levée utilisables sur céréales


d’automne au Maroc (Index phytosanitaire Maroc, 2017 et Index
phytosanitaire ONSSA, 2020)
Matières Herbicides Dose Famille chimique Spectre Sélectivité
actives /ha d’action
Traitements de pré-semis
2,4 D + Kyleo 3L Acides phenoxy- Dicots Non
Glyphosate carboxyliques Graminées
Glycines
Diflufenican + Typhoon 3L Pyridinécarbox-
Glyphosate 290 SC amides
Glycines
Diquat Barclay 4L Bipyridiles
Prol 200
Diqua
Reglone
Paraquat Omniquat 2,2 -
4,5 L
Diquat + Gramoxone 4L
Paraquat Plus
Glufosinate Basta F1 3L Acides
ammonium Clean phosphoniques
Facinate
Glyphosate Plusieurs 2-3 L Glycines
Saflufénacil Heat WG 70 g Pyrimidinediones Dicots

- 74 -
Tableau 8: (Suite)
Traitements de pré-levée
Chlortoluron Clortosi 3,6 L Urées Graminées Blé, Orge
nt SC substituées Dicots
Diflufenican Vigon 0,5 L Pyridinécarbox- Dicots Blé
Flurtamone amides Graminées
Flufenacet Furanones
Oxyacétamides
Pendiméthaline Plusieurs 2,2 - 3 L Dinitroanilines Dicots Blé, Orge
Graminées Triticale
Seigle
Prosulfocarbe Boxer 5L Thiocarbamates Blé,
Triticale et
Orge
Triallate Avadex 3,6 L Thiocarbamates Graminées Blé, Orge et
Factor Dicots Triticale

1.2. Herbicides de post-levée


➢ Contrôle des dicotylédones et des graminées
Après la levée de la céréale, les herbicides sont applicables en cours de
végétation, avant et après la récolte de la culture (Figure 4). Pour contrôler les
dicotylédones (dicots) et les graminées en un seul passage (one pass), 15
herbicides, dont 14 inhibiteurs de l’enzyme Acétolactate Synthase désignée par
« ALS » (groupe B) et applicables au stade deux feuilles à fin tallage ou début
montaison, sont homologués à cette fin au Maroc.

Figure 4: Périodes d’application des herbicides de post-émergence

- 75 -
Le tableau 9 donne la dose recommandée, le spectre d’action et le stade
d’application de chaque herbicide. Deux herbicides n’ont pas d’effet sur le
brome: Navigator et Swipe. Parmi cette gamme d’herbicides, Apyros est le seul
herbicide qui ne contrôle pas le ray-grass et la folle-avoine. Tous ces herbicides
sont recommandables pour le désherbage du blé et du triticale. Uniquement
Navigator est utilisable pour lutter contre les graminées et les Dicots dans une
culture d’orge. Selon nos observations sur le terrain, Sekator qui est homologué
pour les dicots a aussi une bonne efficacité sur le ray-grass, la folle-avoine et les
alpistes. A l’exception d’Evrest, aucun herbicide ne contrôle la vulpie genouillée
dans une céréale. L’utilisation de Boxer en pré-levée ou un herbicide à base de la
métribuzine (200 à 300 g/ha selon le stade de la culture) en post-levée, à partir du
stade début tallage, sont recommandables pour cette fin (Photo 23). La
métribuzine est aussi utilisée pour contrôler le brome dans le blé et l’orge. Pour
les deux cultures, une attention particulière doit être prêtée à la variété utilisée car
certaines sont sensibles et/ou ne tolèrent pas assez la métribuzine.
Les variétés du blé ayant une certaine tolérance à la métribuzine sont : Amal,
Bandera, Faiza, Kanz et Marchouch pour le blé tendre, Karim et Kanakis pour le
blé dur. Les variétés Amalou, Azarra et Oussama ont aussi une certaine tolérance
dans le cas de l’orge. Bien que le pâturin annuel ne soit pas une graminée
agressive, les agriculteurs désirant se débarrasser de cette espèce pourront utiliser
tous les herbicides à base de l’iodosulfuron et/ou mesosulfuron comme Atlantis,
Cossack, Kalenkoa, Othello, Sekator etc.

Photo 23: Contrôle de la vulpie avec la métribuzine dans un champ du blé.


Partie gauche traitée et partie droite non traitée

- 76 -
Tableau 9: Herbicides anti- graminées et dicotylédones de post-levée utilisables
sur céréales d’automne au Maroc (Index phytosanitaire Maroc,
2017 et Index phytosanitaire ONSSA, 2020)
Produits Dose Spectre d’action (x) Stade
commerciaux* /ha Graminées Dicots des
Folles Alpistes Ray Brome céréales
avoine grass **
Apyros 75 WG 26,6 g x x x 2F–M

Archipel OD 1.0 L x x x x x 2F-M

Atlantis 500g x x x x x 2 F - FT
Atlantis OD 1,5 L x x x x x 3F-M
Clortosint SE 3,6 L x x x x 1-2F
Broadway 320 g x x x x x DT - M
Broadway Star 320 g x x x x x DT - M
Cossack OD 1,0 L x x x x x 2F
Everest 70 WG 43 g x x x x x 2F
Floramix 320 g x x x x x DT - M
Kalenkoa 0,8 L x x x x x 3 F - FT
Navigator 1,0 L x x x x 3F-M
Othello 1,0 L x x x x x 3 F - FT
Pallas 45 OD 0,5 L x x x x x 2F-M
Swipe 1,0 L x x x x 2F-M
* : composition et matières actives sont données en Annexe 1
** : F : Feuille DT : Début tallage FT : Fin tallage M : Montaison

➢ Contrôle des graminées


L’utilisation des herbicides anti-graminées reste une pratique très limitée vu la
superficie traitée chaque année. Ces herbicides sont plus utilisés dans les céréales
conduites en intensif et/ou par les semenciers. Dans le cas où l’agriculteur décide
d’éliminer les graminées, il dispose de 17 herbicides dénommés FOPs et DEN
appartenant à la classe des inhibiteurs de l’enzyme Acétyl-Coenzyme A
Carboxylase désignée par « ACCase » (groupe A) avec une dominance quasi-
totale de la matière active « clodinafop-propargyl ». Cette matière active a
l’avantage d’être sélective du blé jusqu’au stade floraison. Le tableau 10 donne
la dose recommandée, les graminées sensibles ainsi que le moment d’application
de chaque herbicide. Tous ces herbicides ne contrôlent pas le brome, la vulpie et
le pâturin annuel. Mais ils contrôlent bien la folle-avoine, le ray-grass (non
résistant) et les alpistes. En outre, quatre herbicides parmi la gamme ne contrôlent
pas le ray-grass, Cordon, Fenoxethyl, Herbifort et Puma Super. Les herbicides
anti-graminées commercialisés au Maroc sont utilisables dans le blé et le triticale.

- 77 -
Pour l’élimination des graminées dans une culture d’orge, l’agriculteur marocain
pourrait utiliser deux herbicides : Axial 045 EC et Axial 050 EC. Une attention
particulière doit être portée à la gestion du ray-grass qui a commencé à
développer, ces dernières années, une résistance à ces 17 herbicides dans
plusieurs régions céréalières du Maroc.

Tableau 10: Herbicides anti- graminées et de post-levée utilisables sur céréales


d’automne au Maroc (Index phytosanitaire Maroc, 2017 et Index
phytosanitaire ONSSA, 2020)
Produits Dose Spectre d’action (x) Stade des
commerciaux L/ha céréales
(PC)* Graminées
Folles Alpistes Ray Brome
avoines grass
Axoris ultra 0.75 x x x 2 Feuilles -
Floraison
Axial 045 EC 1,0 x x x 2 Feuilles –
Montaison
Axial 050 EC 1,0 x x x
Brumby 80 EC 0,75 x x x 2 Feuilles –
Floraison
Cordon 1,0 x x 2-3
Fenoxethyl 1,0 x x Feuilles –
Herbifort 1,0 x x Montaison
Pikto 080 EC 0,75 x x x 2 Feuilles –
Floraison
Puma super 1,0 x x 2 Feuilles –
Montaison
Karneka 0,75 x x x 2 Feuilles –
Rubah 0,75 x x x Floraison
Tallis 240 EC 0,25 x x x
Topaxos 0,25 x x x
Tiptop 240/60 0,25 x x x
EC
Topik 080 EC 0,75 x x x
Traxos 045 EC 1,22 x x x 3 Feuilles -
Montaison
Traxos 050 EC 1,0 x x x

* : composition et matières actives sont données en Annexe 1

➢ Contrôle des dicotylédones


L’élimination des espèces dicotylédones (plantes à feuilles larges) dans les
céréales est une pratique adoptée fréquemment par les céréaliculteurs y’compris
beaucoup de petits agriculteurs. Une gamme de 65 herbicides est mise en vente

- 78 -
ou homologuée (Tableau 11) pour gérer avec aisance tous les problèmes posés
par les dicots dans le blé, l’orge et le triticale. En outre, cette catégorie
d’herbicides fournit à elle seule les deux tiers des herbicides homologués pour
cette filière au Maroc. Plus de 50% de ces herbicides anti-dicots sont des produits
à base de phytohormones (2,4D, MCPA et dicamba) (Groupe O) qui sont
utilisables à un stade avancé des céréales (mi-tallage – montaison). Les herbicides
à base de 2,4D, sous forme de sels ou d’esters, dominent largement la gamme.
Les herbicides inhibiteurs de l’ALS constituent la deuxième catégorie
d’herbicides qui fournit le reste de produits anti-dicotylédones qui sont utilisables
pour le désherbage précoce. Cette catégorie est largement dominée par deux
matières actives, tribénuron- méthyle et metsulfuron-méthyle. Ces herbicides
sont plus efficaces lorsqu’ils sont utilisés sur des plantules très jeunes. Tandis que
les phytohormones ont l’avantage de contrôler les plantes plus développées.
Ainsi, certains herbicides à base de 2,4D + MCPA sont utilisables au stade
gonflement du blé. L’utilisation des phytohormones avant tallage et/ou après
gonflement pourrait provoquer l’enroulement des feuilles et/ou la déformation et
la stérilité des épis. Le tableau 11 donne la dose recommandée et le stade
d’utilisation de chaque herbicide. Le mélange extemporané entre les herbicides
des deux catégories est possible ou même pratiqué pour élargir le spectre d’action
du traitement et réussir l’opération de désherbage. Comparativement aux
phytohormones qui agissent rapidement sur les mauvaises herbes traitées, les
herbicides inhibiteurs de l’ALS ont besoin d’une à deux semaines pour que leur
effet soit observé. Bien que les phytohormones soient des herbicides très anciens,
ils continuent à rendre des services appréciés en matière de désherbage. Ainsi,
dans les grandes exploitations, les phytohormones sont utilisées, seules ou en
mélange extemporané avec d’autres herbicides, pour contrôler les chardons, les
centaurées et le liseron, gérer la résistance du chrysanthème aux ALS et faire des
corrections de désherbage précoce (désherbage de rattrapage). Les produits à base
de l’aminopyralide (Lancelot, lancelot neo et Mustang forte) sont
recommandables pour contrôler le coquelicot résistant aux 2,4D et tribénuron-
méthyle dans les régions ayant connu ce problème (Saiss et Tadla). Les céréales
traitées avec l’un de ces trois herbicides ne devraient pas être suivies par une
légumineuse dans la rotation. Homologué contre les dicots, Sekator OD a aussi
un effet sur les graminées excepté le brome. L’arrivée des herbicides inhibiteurs
de l’ALS sur le marché national, depuis les années 80, était une avancée
technologique remarquable pour les raisons suivantes : matières actives très
puissantes, utilisables en petites quantités (quelques grammes /ha) et efficaces sur
les adventices difficiles à maîtriser ou qui échappent aux phytohormones
classiques. Ainsi, la notion de « mauvaises herbes coriaces : Astragalus boeticus,
Emex spinosa, Galium tricornutum et Vaccaria pyramidata » mentionnée dans

- 79 -
les normes de certification au laboratoire du règlement technique de la
production, du contrôle, du conditionnement et de la certification des semences
des céréales à paille n’est plus valable techniquement depuis l’arrivée de cette
famille d’herbicides.

Tableau 11: Herbicides anti-dicotylédones homologués sur cérales d’automne


au Maroc (Index Phytosanitaire Maroc, 2017 et Index
phytosanitaire ONSSA, 2020)
Produits Dose/ha Stade de la céréale recommandé
commerciaux* (x)
2-3 F DT Mi-T FT M G**
Adentis 75 WG 12,5 g x x x x x
Agrios 860 0,5 L x x x
Agroxone F 1,25 l x x x x
Al Fahd Mix 1,25 l x x x x
Aminopielek 1,25 L x x x
Aura 0,5 L x x x
Baton 600 0,75 L x x x
Bomba WG 12,5 g x x x x
Calidicote 0,6 L x x x
Cereprane 480 0,5-0,75 L x x x
Cheval et lion 2,0 – 3,0 L x x x
Corida 75 WG 12,5 g x x x x
Dam 1,0 L x x x
Damen 0,5 L x x x
Dales 30 g x x x x x
Deft 30 g x x x x x
Derby 175 SC 0,05 L x x
Desormone 1,0 L x x x
Dialen Super SL 0,75 L x x
Dicopur 0,5 L x x x
Dicostar 12,5 g x x x
Drass 860 0,5 L x x x
2 Kat 0,5 L x x x
El Afrit 200 2-3 L x x x
El Caoui 720 SL 0,6 L x x x
El Ghoul 1,0 L x x x
Fadel 1,0 L x x x
Granstar 75 DF 12,5 g x x x x
Hdidane ultra 1,0 L x x x x x x
Herboxone Combi 1,0 L x x x x
Imbrator 72 SL 0,6 L x x x
Lancelot 450 WG 33 g x x x x x
Lancelot Neo 33 g x x x x x

- 80 -
Tableau 11: (Suite)
Lintur 70 WG 150 g x x x x
Maton 600 0,6 L x x x
Mega 2,4D 0,5 L x x x
Mengel 24 EC 2,0 L x x x
Metro 30 g x x x x
Metsy 30 g x x x x
Mezzo 30 g x x x x
Mustang forte 0,5 L x x x x
Mustang 306 SE 0,6 L x x x x
Netagrone 600 0,6 L x x x
Nuance 12,5 g x x x x
Nautilus 30 g x x x x
Poirot WG 12,5 x x x x
Primma Star 12,5 x x x x
Printazol 75 1,0 L x x x x
Procamba 0,5 L x x x
Quelex 60 g x x x x x
Rama SL 0,5 L x x x
Rasor 72 SL 0,6 L x x x
Sekator OD 0,15 L x x x x x
Selectone D55 1,0 L x x x
Skylla 12,5 g x x x x
Starkem 60 WG 10 g x x x x x
Tornado SE 0,6 L x x x x
Toro 720 SL 0,6 L x x x
U 46 Combi fluid 0,8 L x x x x
Vega 72 SL 0,6 L x x x
Volteo 12,5 g x x x x
Yedester 225 2,0 L x x x
Zoom 150 g x x x x
* : composition et matières actives sont données en Annexe 1
** : F : Feuille DT : Début tallage Mi-T : mi-tallage FT : Fin tallage
M : Montaison G : Gonflement.

➢ Herbicides de pré-récolte
Parfois, si l’année est pluvieuse ou les pluies sont survenues avant la récolte ou
que l’opération de désherbage est ratée, une intervention tardive en fin du cycle
avec des herbicides s’impose dans le cas de présence de mauvaises herbes au
moment de la récolte (Photo 24). Cette opération a pour objectifs de dessécher
les mauvaises herbes de fin du cycle, et par conséquent, faciliter la récolte ou

- 81 -
parfois de contrôler les vivaces. Malheureusement, aucun herbicide de pré-récolte
n’est homologué au Maroc. A titre indicatif, les herbicides à base de 2,4 D,
dicamba, glyphosate, diquat et saflufenacil sont recommandables pour cette fin
dans plusieurs pays. Cependant, leur utilisation est sujette à certaines conditions
et/ou restrictions en relation avec la destinée de la récolte (Tableau 12). Les
produits à base du glyphosate sont plus indiqués pour lutter contre les vivaces
avant ou même après la récolte. L’utilisation des herbicides de pré-récolte n’est
pas une pratique totalement absente au Maroc. Lors de certaines années
pluvieuses, des herbicides à base du glyphosate ou sulfosate ont été utilisés
(depuis les années 90) dans quelques grandes exploitations marocaines comme
par exemple les domaines de SOGETA à l’époque.

Photo 24: Champ du blé infesté par l’aneth des moissons ou Slili (Ridolfia
segetum) au Gharb

Tableau 12: Herbicides de pré-récolte utilisables sur céréales


Herbicides Cibles Objectifs Conditions Observations
(matière d’application
active)
Glyphosate Dicots et Dessiccation Stade grain pâteux Non utilisable pour la
graminées Contrôle Humidité du grain production de
Annuelles et < 30% semences
vivaces Paille utilisable pour
le bétail
2,4D Dicots Dessiccation Stade grain pâteux Paille non utilisable
pour le bétail
2,4D + Dicots Dessiccation Stade grain pâteux Paille non utilisable
Dicamba pour le bétail

- 82 -
Tableau 12 : (Suite)
Dicamba Dicots Dessiccation Stade grain Faire un test de
pâteux germination pour
la semence
Diquat Dicots et Dessiccation Stade grain -
graminées pâteux
Saflufenacil Dicots Dessiccation Stade grain Non utilisable
annuelles pâteux pour la
production de
semences

2. Mode d’action des herbicides

2.1. Connaissance et utilité


Contrairement aux herbicides de contact, les herbicides systémiques agissent le
plus souvent loin de leurs points d’entrée dans la plante. Ainsi, le mode d’action
englobe tous les phénomènes qui concurrent à l’arrêt de croissance ou la
destruction d’une plante traitée avec un herbicide auquel elle est sensible. Ils
comprennent la pénétration de l’herbicide dans la plante, la métabolisation qu’il
peut subir, la translocation (déplacement) vers son site d’action, son interaction
avec sa cible biochimique et les conséquences physiologiques qui conduisent à la
perturbation de la croissance ou la destruction de la plante. En plus du choix
adéquat de l’herbicide et la méthode de son application, la connaissance du mode
d’action des herbicides revêt également une importance particulière en
permettant de connaitre les facteurs de réussite ou d’échec d’un traitement. De
même, elle facilite le diagnostic en cas d’accident dus aux résidus d’herbicides
dans le sol, à la dérive ou à une mauvaise utilisation. En outre, avec le
développement des résistances des adventices aux différents herbicides et pour
bien gérer ce phénomène, le comité d’action pour les résistances aux herbicides
(Herbicide Resistance Action Committee : HRAC) a préconisé la classification
des matières actives (herbicides) selon leurs sites d’action (cible) en leur
attribuant une lettre par groupe (Tableau 13). La rotation ou changement des
matières actives (de différentes familles chimiques) ayant la même lettre est une
pratique inutile pour éviter ou retarder l’apparition de la résistance.

2.2. Au niveau cellulaire


La quasi-totalité des herbicides systémiques pénètrent dans la plante, par les
feuilles ou feuilles et racines, où ils migrent pour atteindre cinq sites d’action dans
les cellules : auxine, acides aminés ramifiés, acides aminés aromatiques, lipides
et photosynthèse (Tableau 13). Uniquement, trois sites d’action constituent la
cible biochimique de la presque totalité des herbicides utilisés sur céréales au
Maroc.

- 83 -
Tableau 13: Mode d’action des principales familles chimiques des herbicides
utilisés sur céréales d’automne
Famille chimique Herbicide Code Pénétration Migration Site d’action
type HRAC
Acides phénoxy- Printazol 75 O Foliaire Systémique Régulation de
carboxyliques l’auxine
Acides benzoïques Procamba O Foliaire Systémique
Acides pyridine Hdidane O Foliaire et Systémique
carboxyliques Ultra racinaire
Sulfonylurées Cossack OD B Foliaire et Systémique Acides aminés
racinaire ramifiés
(valine, leucine
Triazolopyrimidines Pallas 45 OD B Foliaire et Systémique et isoleucine)
racinaire

Sulfonyl-amino- Everest 70 B Foliaire et Systémique


carbonyl- WG racinaire
triazolinones
Aryloxyphénoxy- Topik 080 A Foliaire Systémique Lipides (acides
propionates (Fops) EC gras)
Phenylpyrazoline Axial 045 EC A Foliaire Systémique
(Den)
Glycines Roundup G Foliaire Systémique Acides aminés
Turbo aromatiques
Bipyridiles Gramoxone D Foliaire Contact Photosynthèse
Plus

Le premier groupe a pour cible l’auxine (groupe O) en perturbant l’équilibre


hormonal normal qui régit la division et l’élongation cellulaires, la synthèse des
protéines et la respiration. Le deuxième groupe d’herbicides a pour cible
l’Acétolactate Synthase (ALS) ou Acétohydroxyacide Synthase (AHAS) (groupe
B), enzyme impliquée dans la synthèse de trois acides aminés : valine, leucine et
isoleucine. Le troisième groupe d’herbicides a pour cible cette fois-ci l’enzyme
Acétyl-Coenzyme A Carboxylase (ACCase) (groupe A), impliquée dans la
synthèse des lipides (acides gras). L’interaction entre les herbicides et les sites
d’action finit par la désorganisation cellulaire. Ceci perturbe les fonctions vitales
de la plante ce qui conduit inéluctablement à la mort ou la destruction de la plante
cible traitée.

2.3. Au niveau de la plante


Sous l’effet des herbicides, la plante traitée manifeste des symptômes visibles et
caractéristiques de chaque groupe d’herbicides. Ces symptômes peuvent être
observés en quelques jours à quelques semaines selon la nature de l’herbicide, la

- 84 -
dose appliquée, la nature et le stade de la plante cible, les conditions
pédoclimatiques et pratiques culturales (Photo 25). Généralement, les herbicides
ayant le même mode d’action produisent les mêmes dégâts et/ou symptômes.
Ainsi, il est facile de distinguer les symptômes d’herbicides ayant différents
modes d’action que ceux des herbicides de même mode d’action (Tableau 14).

Photo 25: Phytotoxicité d’un herbicide de type ALS « one pass » sur blé

En général, les plantes annuelles qui absorbent rapidement les herbicides sont
beaucoup plus sensibles aux effets des herbicides et montrent plus de symptômes
de phytotoxicité. Par contre, les plantes vivaces ou pérennes tendent à absorber
lentement les herbicides et à les diluer dans leur grande biomasse ce qui donne
naissance à moins de symptômes ou de dégâts. En outre, ces plantes vivaces ont
une grande et rapide capacité de détoxification, et par conséquent, elles peuvent
souvent reprendre leur croissance.

Il ne faut pas croire que les herbicides sélectifs n’ont pas d’effets négatifs sur les
cultures ou les plantes non cibles. Ces dernières peuvent manifester dans certaines
conditions d’application une légère phytotoxicité mais généralement éphémère
ou passagère sans répercussion sur le rendement final (Photo 26). Dans certaines
circonstances, les dégâts peuvent être désastreux comme le cas des herbicides
phytohormones appliqués à un stade des céréales non recommandé (avant tallage
et entre gonflement et maturation) et les sulfonylurées sur une céréale soumise au

- 85 -
stress hydrique. De même, des symptômes similaires à ceux des herbicides
peuvent être causés par d’autres facteurs biotiques (virus, champignons,
bactéries, nématodes et insectes) et abiotiques (conditions du sol et climatiques).
Ceci peut être une source de confusion et rend difficile le diagnostic sur le champ.

Tableau 14: Symptômes de l’effet des principales familles chimiques des


herbicides des céréales d’automne
Famille chimique Herbicide Code Symptômes observés
type HRAC Dicots Graminées
Acides phénoxy- Printazol 75 Epinastie Malformation
carboxyliques des racines
Acides benzoïques Procamba O Malformation des Fragilisation des
Acides pyridine Hdidane tiges et feuilles tiges
carboxyliques Ultra (Photo 27) Enroulement des
Gonflement et feuilles (feuille
éclatement des d’oignons)
tiges Déformation et
Arrêt de la stérilité des épis
croissance apicale
Jaunissement et
desséchement
Sulfonylurées Cossack OD Arrêt immédiat de la croissance
Nanisme ou rabougrissement (Photo
B 28)
Triazolopyrimidines Pallas 45 OD Jaunissement suivi de dessèchement
(Photo 29)
Pigmentation rouge – violacée (Photo
Sulfonyl-amino- Everest 70 30)
carbonyl-triazolinones WG
Aryloxyphénoxy- Topik 080 EC Aucun Arrêt immédiat de la
propionates (Fops) A croissance
Phenylpyrazoline (Den) Axial 045 EC Jaunissement de la
base des jeunes
feuilles (Photo 31)
Flétrissement suivi
de dessèchement
Pigmentation rouge –
violacée (Photo 30)
Rétrécissement et
pourriture mole de la
base de la feuille
apicale (Photo 31)
Glycines Roundup G Arrêt immédiat de la croissance
Turbo Jaunissement des jeunes feuilles
Flétrissement suivi de dessèchement
Pigmentation rouge – violacée ou
violacée
Bipyridiles Gramoxone D Apparition rapide de lésions aqueuses
Plus Flétrissement suivi de dessèchement

- 86 -
Photo 26: Taches jaunes huileuses sur blé dues à la phytototoxité d’un herbicide
de type ALS

Photo 27: Effet de (2,4D + MCPA) sur la centaurée pâle

- 87 -
Photo 28: Effet du pyroxulam sur une plante du brome (à droite)
comparativement à une plante non traitée (à gauche) à 28 jours après
traitement

Photo 29: Effet d’un herbicide de la famille des Sulfonylurée (ALS) sur la mauve

- 88 -
Photo 30: Effet d’un herbicide de type ALS sur le brome rigide (à droite) et sur
le coquelicot (à gauche)

Photo 31: Effet d’un herbicide anti-graminées de type FOPs sur une graminée

- 89 -
Page laissée vierge
CHAPITRE IV : Bases d’utilisation raisonnée des herbicides

1. Conditions d’utilisation des herbicides

Les facteurs qui règnent avant et au moment du traitement et qui pourraient


affecter l’efficacité des herbicides devraient normalement être maitrisés par
l’agriculteur. Ainsi, la dose, le moment d’application, le réglage du pulvérisateur,
la vitesse d’avancement, la pression, la qualité de l’eau, le choix des mélanges et
d’adjuvants et le respect de certaines conditions climatiques de traitement sont à
considérer au préalable avant de réaliser le traitement.

1.1. Qualité de l’eau de bouillie


L’application d’un herbicide peut être faite avec plusieurs méthodes. Mais,
l’utilisation de l’eau reste le moyen universel le plus utilisé pour l’épandage et le
transport des herbicides vers la végétation indésirable. En outre, l’eau est sa
qualité sont extrêmement importantes pour la réussite du traitement. L’eau
utilisée pour la préparation des bouillies de pulvérisation peut provenir d’origines
différentes : puits, lacs, barrage, retenues, rivières, canaux de drainage, eaux
usées etc.. Ceci aurait inéluctablement une influence sur les paramètres physico-
chimiques de l’eau qui vont interférer avec ceux des herbicides. La quasi-totalité
des herbicides homologués pour le désherbage des céréales d’automne
appartiennent aux familles d’herbicides sensibles au moins à un paramètre de la
qualité de l’eau. L’efficacité des herbicides est influencée essentiellement par les
paramètres de la qualité de l’eau de bouillie suivantes : pH, Dureté, Alcalinité,
Turbidité et Température.

➢ pH de l’eau de bouillie
Le potentiel hydrogène, communément connu sous le nom de « pH », permet de
mesurer l’acidité ou la basicité d’une bouillie. Ce paramètre important peut être
déterminé avec précision à l’aide d’un pH mètre ou tout simplement avec des
bandelettes de pH pour indication. Il est compris entre 1 et 14. Le pH de l’eau
pure à 25°C qui est égal à 7, a été choisi comme valeur de référence d’un milieu
neutre. Ainsi, trois catégories de solutions ou milieux sont à distinguer : pH acide:
1-6 (Jus de citron : 2, Acide Chlorhydrique :1), pH neutre : 7 (Eau pure) et pH
basique: 8-14 (Hydroxyde de Sodium: 14). La détermination ou la connaissance
du pH d’une eau avant son utilisation pour la préparation d’une bouillie pourrait
éviter les effets de ce paramètre sur la solubilité, la stabilité et l’absorption d’un
herbicide.

Etant donné que la majorité des herbicides des céréales sont formulés sous forme
d’acides faibles (dissociation partielle), ils sont beaucoup plus sensibles à la

- 91 -
variation du pH de la solution. En général, les eaux à pH acide (4-6) sont
souhaitables pour les herbicides classés acides faibles. Vu l’impact direct du pH
de l’eau utilisée pour la préparation de la bouillie de pulvérisation, il est
recommandé d’ajuster le pH à un niveau qui garantit la meilleure sélectivité et le
maximum d’efficacité du produit choisi. Cet objectif pourrait être obtenu par
l’ajout d’adjuvants de type acidifiants ou l’acide sulfurique, ou l’acide
phosphorique ou le sulfate d’ammonium. La quantité à ajouter nécessite que le
manipulateur soit doté d’un pH mètre. Cet ajustement est impératif dans le cas où
l’agriculteur a préparé sa bouillie à base d’un herbicide sensible à l’hydrolyse
alcaline et contraignant de retarder de plus de 24 heures son application. A
l’image des pluies acides, une eau trop acidifiée risque de brûler la végétation
(culture et mauvaises herbes) avant l’effet de l’herbicide. La correction du pH de
l’eau doit être apportée avant l’introduction de l’herbicide dans la cuve.

➢ Dureté de l’eau de bouillie


La dureté de l'eau ou titre hydrotimétrique indique généralement sa teneur en ions
calcium (Ca2+ ) et magnésium (Mg2+). Parfois les ions fer (Fe2+) et sodium (Na+)
sont aussi pris en considération. Elle est exprimée en mg/l, ppm ou en degré. Sur
la base de la teneur en ces ions, l’eau peut être douce (75 ppm), à dureté modérée
(75- 150 ppm), eau dure (150- 300 ppm) et eau très dure (> 300 ppm). Il existe
plusieurs techniques pour connaître la dureté d’une eau, selon la précision
recherchée. Le kit de bandelettes est une méthode rapide mais reste peu précise
même en utilisant une échelle de dureté. Une astuce pratique et du terrain consiste
à savonner les mains avec un détergent, si ça ne se mousse pas c’est que votre
eau est dure ou très dure.

La dureté de l’eau réduit l’efficacité de certains herbicides, notamment ceux dont


une partie, suite à la dissociation de la molécule, est chargée négativement. La
réaction des herbicides à la dureté varie selon son type ou sa catégorie. Ainsi,
2,4D amine est affecté à partir d’une dureté de 500 ppm, Dimes et sulfonylurées
à 400 ppm, Fops à 200 ppm et enfin le glyphosate à 150 ppm. Une eau dure ou
très dure doit donc être corrigée pour optimiser l’efficacité du traitement. La
réduction de la bouillie (donc réduction de la quantité des ions de la solution) ou
augmentation de la dose du produit sont des solutions envisageables mais
limitées. Bien qu’ils existent des adjuvants spécifiques qui permettent de corriger
en partie la dureté de l’eau (jusqu’à 200 ppm), l’ajout du sulfate d’ammonium
(engrais) reste la méthode la plus efficace et économique. En absence d’analyse
de l’eau, l’ajout de 1 à 5 kg du sulfate d’ammonium (SA) par 100 L d’eau de
bouillie est recommandable. L’analyse de l’eau permettrait à l’agriculteur
d’apporter la quantité exacte selon la formule suivante : SA en g/100 L d’eau =
1[Ca2+] + 1,7[Mg2+] + 0,6[Na+] + 0,3[K+] avec les concentrations de ces ions

- 92 -
sont données en ppm. La correction de la dureté de l’eau doit être apportée avant
l’herbicide. Non seulement les ions sulfates s’associent avec les ions calcium et
magnésium et les empêchant ainsi d’interagir avec la matière active de
l’herbicide, mais aussi ils gardent la cuticule (surface des végétaux) humectée,
retardent le desséchement des gouttelettes contenant l’herbicide et enfin
favorisent la pénétration ou l’absorption de l’herbicides.

➢ Alcalinité de l’eau de bouillie


L’alcalinité de l’eau est un autre paramètre à considérer mais pas avec le même
degré d’importance que le pH et la dureté. C’est la mesure de la capacité d’eau à
neutraliser les acides. L’alcalinité ou titre alcalimétrique complet (TAC) consiste
à mesurer la présence des ions de dioxyde de carbone, de bicarbonate, de
carbonate et d’hydroxyde qui sont présents dans l’eau. Au niveau normal du pH
d’une eau, le bicarbonate (HCO3-) et le carbonate (CO32-) sont les éléments qui
contribuent le plus à l’alcalinité. Elle est exprimée en tant que concentration
équivalente de carbonate de calcium (CaCO3). Une appréciation de ce paramètre
peut être faite avec des bandelettes de test colorimétrique.

L’alcalinité devient un problème pour certains herbicides (dimes et 2,4D et dans


une certaine mesure le glyphosate) quand elle dépasse 300 ppm. Les herbicides
à base de 2,4D amine sont affectés à une alcalinité > 500 ppm. Une eau avec une
alcalinité élevée implique un pH > 7. Tandis qu’une eau à pH alcalin élevé ne
signifie pas forcement que l’eau a une alcalinité élevée. A l’image de la dureté,
l’alcalinité cause la conjugaison des molécules de charge différente en formant
des complexes qui précipitent et /ou qui ne sont pas absorbables par les mauvaises
herbes cibles. Ainsi, l’efficacité est inéluctablement réduite. L’alcalinité pourrait
être aussi corrigée en utilisant des adjuvants spécifiques ou tout simplement en
ajoutant le sulfate d’ammonium à l’eau de bouillie à utiliser. La correction de
l’alcalinité de l’eau doit être ajustée avant l’ajout de l’herbicide à la cuve.

➢ Turbidité de l’eau de bouillie


La turbidité est une mesure de la limpidité ou de l'opacité de l'eau. Elle est due à
la présence dans l’eau des particules minérales (argile et limon) ou organiques
(végétales et animales) en suspension selon l’origine d’approvisionnement. Donc,
la turbidité est un indice de la présence de particules en suspension qui troublent
l'eau. Elle est déterminée à l'aide d'un néphélomètre (standard ou laser) ou
turbidimètre. Des turbidimètres portatifs sont disponibles et peuvent être utilisés
par les agriculteurs. Pratiquement, une appréciation de la turbidité d’une eau
pourrait être faite en déposant une pièce de monnaie au fond d’une bouteille
remplie avec cette eau. Si la pièce n’est pas visible à l’œil nu, c’est que l’eau est
turbide.

- 93 -
La sensibilité des herbicides à la turbidité varie d’un herbicide à l’autre. Elle est
déterminée par leurs Coefficients d’adsorption du carbone organique (Koc). Plus
Koc est grand plus l’adsorption de l’herbicide est grande. En général, les
herbicides qui sont composés du glyphosate, du paraquat et diquat sont beaucoup
plus sensibles à la turbidité de l’eau de bouillie. Ainsi, 2,4D ester a un Koc de 24
ml/g, 2,4D amine 48, iodosulfuron 0,8–152, mesosulfuron 2,9–27, aminopyralide
2500, glyphosate 24 000 et paraquat 1 000 000. Ces deux matières actives sont
beaucoup utilisées dans le semis direct des cultures en général et la dessiccation
des mauvaises herbes juste avant la récolte des céréales. En plus de la réduction
des performances du pulvérisateur (bouchage des buses, filtres et tuyaux), les
particules en suspensions dans l’eau forment des complexes avec les herbicides
(par phénomène d’adsorption), et par conséquent, réduisent leur absorption par
les plantes traitées et par la suite leur efficacité sur les mauvaises herbes visées.
La turbidité pourrait être corrigée avec un changement d’eau tout simplement ou
avec l’un des procédés suivants : sédimentation, filtration, floculation et
flottation. Le dépôt de poussière sur le feuillage des mauvaises herbes dans une
parcelle de céréale à proximité des routes ou des pistes pourrait entrainer une
turbidité de la bouillie interceptée par un feuillage poussiéreux (Photo 32). Une
étude faite au Tadla avait permis de montrer que plus la quantité de poussière,
déposée sur le feuillage de la morelle jaune, est importante plus l’efficacité du
glyphosate est réduite (Figure 5).

Photo 32: Feuillage de la mauve et d’autres espèces couvert de poussière le


long d’une piste

- 94 -
Figure 5 : Effet des couches de poussière déposée avant traitement sur l’efficacité
du Glyphosate sur la morelle jaune au Tadla

➢ Température de l’eau de bouillie


La température, deuxième paramètre physique derrière la turbidité, affecte la
solubilité des herbicides et influe sur le processus de dégradation (hydrolyse) de
l’herbicide. Plus la température est élevée plus l’hydrolyse de l’herbicide est
rapide. Les températures basses (si la citerne remplie d’eau d’approvisionnement
passe la nuit à la belle étoile en hiver) réduisent la solubilité du produit herbicide,
et par conséquent, l’herbicide précipite au fond de la cuve et par la suite le
traitement est inefficace. Avec le réchauffement de la cuve au fur et à mesure de
traitement, l’herbicide sera dissout complètement et l’agriculteur risque le
surdosage et par la suite la phytotoxicité de sa culture. D’ailleurs, il arrive
d’observer une inefficacité de traitement au début de la parcelle et une
phytotoxicité à la fin de la parcelle traitée. Une étude américaine a montré que
l’effet de la température de l’eau sur l’efficacité du glyphosate et du dicamba
dépend de leurs doses et de la nature des espèces à contrôler et que les basses
températures réduisent leur efficacité.

1.2. Utilisation des adjuvants


Les adjuvants sont des additifs apportés (par l’agriculteur) pour améliorer les
performances d’un herbicide ou réduire sa dose. Cependant, ils ne devraient en

- 95 -
aucun cas remplacer les bonnes conditions de traitement. Ils sont des moyens
d’optimisation des traitements phytosanitaires car ils permettent de lever les
contraintes techniques imposées par des situations limitantes. Ainsi, trois
avantages motivent les agriculteurs à mettre en œuvre les adjuvants
extemporanés : avantages techniques (levée de facteurs limitants), technico-
économique (régularité de l’efficacité, limitation de perte du produit, réduction
de dose,) et technico-environnemental (limitation de la dérive, forte rétention sur
la cible).

Généralement, les adjuvants peuvent être regroupés en deux grandes catégories :


les adjuvants activateurs (mouillants, huiles et engrais azotés) et les adjuvants
utilitaires (humectants, anti-dérives et acidifiants). La première catégorie
améliore l’activité d’un herbicide, le plus souvent en augmentant l’absorption de
l’herbicide par les mauvaises herbes traitées. Quant à la deuxième catégorie elle
modifie les caractéristiques physico-chimiques de la bouillie afin d’élargir les
conditions d’utilisation d’un herbicide.

Dans le processus de l’application d’un herbicide, les adjuvants activateurs et/ou


utilitaires vont agir à trois niveaux différents : dans la cuve, à la sortie de la buse
et au contact avec la surface de la plante traitée. En absence de toute
recommandation du fabricant de l’herbicide, le choix de l’adjuvant à ajouter doit
être fait sur la base de certains facteurs pour appliquer l’herbicide dans des
conditions optimales et sécuriser l’efficacité de l’opération de désherbage
chimique.

➢ Adjuvants utilisables au Maroc


Avec huit mouillants et quatre huiles, les agriculteurs marocains disposent de 12
adjuvants homologués pour améliorer les performances des herbicides choisis.
Le type, la composition, les propriétés et la dose de ces adjuvants ainsi que les
sociétés distributrices sont consignés dans le tableau 15.

Tableau 15: Adjuvants homologués au Maroc (Index Phytosanitaire Maroc,


2017 et Index phytosanitaire ONSSA, 2020)
Produits Composition Propriétés Type Dose Société
(concentration) /ha
Actirob B Huile de colza Etalement, Huile 2,5 L Bayer SA
estérifiée (842g/L) Pénétration
Arado Huile de colza Etalement, Huile 1,0 L Promagri
estérifiée (636g/L) Pénétration
Break Thru Copolymère Rétention, Mouillant 100 Amaroc
S 240 polyéther- Etalement, non ionique cc/hl
polyméthyl Pénétration
siloxane (765 g/L)

- 96 -
Tableau 15: (Suite)
Codacide oil Huile de colza Etalement, Huile 1,0 L Agrimatco
(95%) Pénétration
Dash Acide oléique (5%) Rétention, Mouillant 1,5 L Basf
Ester de phosphate Etalement, non ionique
d’alcools gras Fixation,
(22,5%) Pénétration
Esters méthyliques Anti-dérive
d’acides gras
(37,5%)
Golden Nonyl phénol Rétention, Mouillant 100 à Alfachimie
Mirowet polyglycol ether Etalement non ionique 120
(525g/L) cc/hl
Heliosol Alcools terpéniques Rétention, Mouillant 200 Almassiragri
(665 g/L) Etalement, non ionique cc/hl
Fixation,
Pénétration
Anti-dérive
Acidifiant
Liberate Lécithine de soja Rétention, Mouillant 1,0 L Promagri
(488 g/L) Etalement, non ionique
Pénétration
Anti-dérive
Acidifiant
Seppic 11E Huile blanche de Etalement, Huile 0,5 L Agrimatco
pétrole (489 g/L) Pénétration
Silwet Gold Polyalkyleneoxide Rétention, Mouillant 15 CPCM
heptamethytrisiloxa Etalement non ionique cc/hl
ne Anti-dérive
(800 g/L)
Tenon 1-octyl-2- Rétention, Mouillant 50 Marbar
pyrrolidone Etalement, non ionique cc/hl Chimie
(100 g/L) Pénétration
Transit Lécithine de soja Rétention, Mouillant 0,5 Arzak
(355 g/L) Etalement, non ionique L/hl Seeds Trade
Pénétration
Anti-dérive
Acidifiant

Les mouillants non ioniques sont au nombre de 8 et dominent les adjuvants. Ils
sont d’ailleurs beaucoup utilisés et compatibles avec beaucoup de pesticides. Ils
ont pour fonctionnalité commune l’augmentation de la rétention et l’étalement
des herbicides pulvérisés sur les plantes cibles. En plus, d’autres fonctions telles
que la pénétration, l’acidification et la limitation de la dérive sont offertes par les
mouillants et varient d’un mouillant à l’autre. Trois huiles d’origine végétale et

- 97 -
une autre d’origine minérale constituent la catégorie des huiles commercialisées
au Maroc. Ces huiles sont essentiellement utilisables pour favoriser l’étalement
et la pénétration des herbicides. Elles sont utilisées dans le cas où les conditions
de traitement sont difficiles (sécheresse, forte infestation) et elles sont
recommandables pour les herbicides antigraminées de post-émergence. Il est à
signaler que plusieurs adjuvants listés peuvent être aussi utilisables avec d’autres
pesticides (insecticides et fongicides) et régulateurs de croissance.

Bien que la législation marocaine ne reconnaisse pas les engrais azotés et l’acide
sulfurique comme additifs ayant des fonctions d’amélioration de l’efficacité des
herbicides, ces produits sont largement utilisés par les agriculteurs. L’acide
sulfurique est utilisé comme adjuvant utilitaire acidifiant. Cependant, le sulfate
d’ammonium est utilisé en tant que correcteur de la dureté de l’eau, acidifiant et
humectant. Les nitrates d’ammonium et l’urée pourrait être aussi utilisés comme
adjuvants humectant.

➢ Critères de choix des adjuvants


Beaucoup d’agriculteurs ne sont pas familiarisés avec les adjuvants. Ainsi, il est
très fréquent de se trouver dans des situations ou les retombés de l’utilisation d’un
ou plusieurs adjuvants sont négligeables ou presque absentes. En cherchant les
éventuelles causes de cette défaillance technique, on s’aperçoit que le recours aux
services de l’adjuvant n’est pas du tout justifié ou le choix de son type n’était pas
judicieux pour lever la contrainte technique observée. Effectivement, en absence
de toute recommandation (du fabricant de l’herbicide) sur le prospectus de
l’herbicide choisi, les agriculteurs sont livrés à eux même et tâtonnent. Parfois,
ils trouvent la solution simple et rapide en imitant leurs voisins en achetant le
même adjuvant. A l’instar des herbicides, le choix des adjuvants doit être fait
et/ou raisonné sur la base de certains facteurs ou critères pour sécuriser
l’efficacité d’un traitement phytosanitaire. Parmi ces facteurs nous citons :

• L’étiquette ou prospectus de l’herbicide : c’est la première base de


sélection d’un adjuvant. Le fabricant inclue certains adjuvants (co-
formulants) dans la formulation pour garantir la sélectivité et
l’efficacité de l’herbicide. Ainsi, l’agriculteur peut s’en passer des
additifs. Parfois, le fabricant peut recommander (pour certaines
conditions) l’ajout d’un adjuvant spécifique ou un type d’adjuvant
(mais sans précision) pour sécuriser le traitement,
• La flore adventice à contrôler : la nécessité d’ajout d’un adjuvant
dépend de la mouillabilité des espèces et le port de feuilles. En
général, l’adjuvant n’a pas d’intérêt pour les dicotylédones
(mouillables et ont un port étalé). Par contre, il est recommandé pour

- 98 -
les graminées (peu mouillables à cause de leur pilosité) et ayant un
port dressé,
• Le stade des adventices : plus le stade d’une plante est avancé, plus
la pénétration de l’herbicide pulvérisé est défavorisée à cause de
l’épaississement de la cuticule et/ou de développement des cires
épicuticulaires à la surface des feuilles. Les huiles sont beaucoup
indiquées comme adjuvants pour dépasser ce problème,
• L’herbicide utilisé : la composition chimique, la formulation et le
mode d’action d’un herbicide sont déterminants quant au choix de
l’adjuvant avec qui l’herbicide choisi sera combiné. Les herbicides
de contact ont besoin des adjuvants qui augmentent leur
recouvrement et leur rétention. Tandis que certains adjuvants sont
déconseillés pour une catégorie d’herbicides. C’est le cas des huiles
pour les phytohormones comme 2,4D, MCPA, Dicamba etc. à cause
du risque de perdre la base de leur sélectivité,
• Les conditions pédoclimatiques : sont prises en considération celles
qui règnent au moment et après le traitement. Souvent, les adventices
sont soumises à un stress hydrique ou traitées dans des conditions
climatiques qui ne sont pas optimales (température, humidité relative
de l’air, vent etc.). Ainsi, l’utilisation d’un ou plusieurs adjuvants
(huiles pour les plantes stressées, humectants pour une humidité
faible et anti dérives dans les conditions ventées) s’impose pour lever
la contrainte au traitement,
• L’eau de bouillie : la connaissance de la qualité de l’eau de bouillie
(pH, dureté, alcalinité et turbidité) est nécessaire pour faire des
corrections qui s’imposent avant de mettre l’herbicide dans la cuve.
L’engrais à base de sulfate d’ammonium (21%) est bien indiqué pour
corriger et stabiliser la qualité de l’eau à utiliser. Dernièrement,
plusieurs agriculteurs utilisent systématiquement cet engrais pour
réussir l’opération de désherbage,
• Le prix de l’adjuvant : c’est un facteur à considérer, surtout si
l’agriculteur a le choix entre plusieurs adjuvants ayant la même
fonction ou entre adjuvants ayant plus de matière active ou de
services pour le même prix.

Souvent l’agriculteur est appelé à utiliser plusieurs adjuvants dans la même cuve
pour résoudre plusieurs problèmes techniques qui pourraient hypothéquer le
résultat final de l’opération de désherbage. Dans ce cas, le choix des adjuvants à
ajouter n’est pas suffisant, mais l’ordre d’introduction des adjuvants est aussi très
important et même parfois déterminant. Comme règle générale, il faut toujours

- 99 -
commencer par les adjuvants correcteurs de la qualité d’eau ou de compatibilité,
suivis des mouillants et enfin des huiles.

1.3. Conditions pédoclimatiques


Il n’est plus à démontrer que les conditions pédoclimatiques jouent un rôle
important dans la réussite d’une opération de désherbage chimique. Les
exigences des herbicides utilisés dépendent de leurs modes d’action. D’emblée,
il faut s’abstenir de traiter durant les jours à températures très basses et négatives
et qui encadrent le jour de traitement. Quelques herbicides font l’exception de ce
constat. En outre, les herbicides pourraient être agressifs vis-à-vis de la culture
et/ou inefficaces sur la flore ciblée si l’amplitude thermique entre le jour et la nuit
dépasse 15°C.

La préconisation de trois herbicides (Apyros, Evrest et Pallas) pour le contrôle du


brome rigide, dans la région de Sefrou en 2012, a été un échec total. L’efficacité
notée à huit semaines après traitement n’avait pas atteint 27% dans le meilleur
cas (Tableau 16).

Tableau 16: Efficacité des herbicides de post-levée sur le brome rigide


Herbicides Dose/ha Efficacité (%)
Semaines après traitement (SAT)
4 SAT 8 SAT
Apyros + 26,6 g + 50 3 26
Mirowet cc/hl
Evrest + Mirowet 43 g + 50 cc/hl 5 5
Pallas 0,5 L 10 21

L’inefficacité observée est due essentiellement aux températures minimales et


aux amplitudes thermiques qui régnaient quelques jours avant et après
l’application des herbicides (Tableau 17). Etant donné que le vent agit surtout sur
la trajectoire des gouttelettes par rapport à la surface du sol ou des plantes traités
ou tout simplement sur la dérive, une vitesse du vent de 10 à 15 Km/h est
conseillée pour la réussite de l’opération de désherbage. Le respect de ces
conditions générales est nécessaire mais pas suffisant car il y’en a d’autres
facteurs à considérer selon les types herbicides.

➢ Herbicides foliaires
Les herbicides auxiniques ou phytohormones (formulés sous forme de sel
d’amine ou d’ester) sont beaucoup plus sensibles aux basses et hautes
températures. Les basses températures réduisent leur mouvement dans la plante
pour atteindre leurs sites d’action. Tandis que les hautes températures peuvent
conduire à la phytotoxicité de la culture. La plage de température oscillant entre

- 100 -
10 et 25 °C semble être optimale pour ces herbicides. L’humidité relative de l’air
(>60%) semble jouer un rôle positif sur l’efficacité des herbicides auxiniques
surtout pour ceux formulés sous forme de sel d’amine.

Tableau 17: Températures enregistrées avant et après le jour de traitement


Ordre des Température (°C)
jours Avant traitement Après traitement
Minimale Amplitude Minimale Amplitude
1 5 15 5 17
2 4 18 4 16
3 3 17 6 12
4 1 16 5 13
5 3 12 6 10

En général, l’efficacité des herbicides appartenant à la famille des sulfonylurées


n’est pas influencée par le type du sol. Cependant, la température et l’humidité
relative de l’air et du sol restent les facteurs déterminant pour l’absorption de ces
herbicides par les feuilles. Le sol ne doit pas être sec et sa température doit
dépasser 7°C. La température et l’humidité de l’air devraient dépasser 5°C et
70%, respectivement. L’utilisation des adjuvants tels que les mouillants non
ioniques augmente l’efficacité des sulfonylurées.

Quant aux herbicides graminicides dénommés « Fops », « Dimes » et « Dens »,


leur efficacité est aussi affectée par plusieurs facteurs qui agissent seuls ou en
combinaison. Le type du sol n’a pas d’effet, cependant un déficit hydrique
pourrait accuser une réduction de l’efficacité de ces herbicides. En outre, une
stagnation de l’eau à éviter avant et après le traitement. Les meilleures efficacités
des graminicides sont aussi observées lorsque la température et l’humidité de l’air
dépassent respectivement 5°C et 70%. Les gelés survenues dans les premiers cinq
jours après traitement baissent ces efficacités. L’ajout des huiles est
recommandable pour améliorer les performances des graminicides.

Les traitements en période de fortes rosées sont à éviter à cause du lessivage des
produits, mais les faibles rosées (jusqu’à un mm ou 1000 l/ha) améliorent
l’absorption de ces herbicides. Les herbicides solubles dans l’eau sont beaucoup
sensibles aux pluies que les herbicides liposolubles. Pratiquement, si les
gouttelettes de la rosée ne tombent pas, après avoir secoué quelques pieds des
céréales, le traitement pourrait être effectué sans soucis.

- 101 -
➢ Herbicides résiduaires
Les herbicides appliqués au sol ou résiduaires sont utilisés en post-semis ou en
post-levée précoce, juste avant la levée des adventices. Donc ces herbicides
devraient se trouver dans le sol en contact des graines des mauvaises herbes ou
leurs plantules avant leur levée. Ainsi, leur efficacité dépend étroitement en
premier lieu des caractéristiques du sol (taux d’argile, taux de matière organique
et humidité du sol) et en second lieu de la qualité du semis.

L’argile et la matière organique agissent sur la biodisponibilité de l’herbicide


dans la solution du sol. Ainsi, un sol lourd (argileux) et/ ou riche en matière
organique retient plus d’herbicides qui ne sont pas suffisamment libres pour être
absorbés par les mauvaises herbes. Par contre un sol léger (sableux), presque
toute la dose appliquée est bio disponible. Ainsi, la dose recommandée doit être
ajustée ou modulée pour garantir l’efficacité et la sélectivité escomptées. En
outre, la majorité de ce type d’herbicides (e.g. chlortoluron, pendiméthaline,
prosulfocarbe et triallate) ont une sélectivité de position. Ainsi, pour éviter toute
phytotoxicité des céréales, il n’est pas recommandable d’utiliser Vigon et Boxer
sur des sols légers ou sableux et caillouteux.

Les herbicides appliqués au sol qui se trouvent dans la solution du sol sont
absorbés principalement par les racines, l’hypocotyle ou le nœud du coléoptile
(chez les graminées) durant la période entre la germination et la levée des
adventices. Ainsi, une certaine humidité (5-15mm) pendant et après l’application
de ces produits favorise leur efficacité, mais pas une saturation ou engorgement,
doit être disponible dans le sol. Cependant, une forte irrigation (gravitaire) ou une
pluie abondante risquent de casser la base de sélectivité de ces herbicides. Pour
l’utilisation du Vigon, le fabricant recommande de retarder le traitement si de
fortes pluies sont annoncées dans les 24h qui suivent. De même, des essais sur
l’utilisation de Boxer en pré-levée à Nouasser et aux Doukkala ont permis de
montrer une réduction du peuplement du blé suite à une abondance de pluies après
traitement.

La réussite d’un traitement de pré-levée est aussi influencée par la qualité du


semis. Les herbicides résiduaires exigent que le sol soit finement travaillé, sans
mottes, sans résidus de récolte ou d’autres végétaux à la surface et que la semence
des céréales soit profondément enfouie (plus de 2cm). En outre, la profondeur du
semis devrait être régulière et uniforme. Dans l’essai de Nouasser, il a été
remarqué que les semences non correctement enfouies ou se trouvant à la surface
sont endommagées après traitement avec Boxer. Ceci avait pour conséquence une
réduction notable du peuplement de la céréale. La couverture des résidus des
plantes sur le sol ne devrait pas dépasser 30%, sinon la dose de l’herbicide

- 102 -
apportée serait réduite par le phénomène d’adsorption. Aussi, le sous dosage
aurait inéluctablement réduit l’efficacité de l’herbicide.

1.4. Mélange extemporané des herbicides


Le mélange de deux ou trois herbicides dans la même cuve est devenu une
pratique courante de désherbage chimique des cultures chez certains de nos
agriculteurs. Certes, l’idéal c’est de choisir les herbicides dont la combinaison est
la plus efficace sur la flore adventice cible et la plus sélective vis-à-vis de la
culture. La pratique du mélange ne doit pas être systématique, elle doit être
justifiée agronomiquement et économiquement. En pratique, les herbicides sont
mélangés en absence de raisonnement et sans connaitre les conséquences
possibles des interactions mises en jeu dans cette combinaison.

➢ Atouts des mélanges d’herbicides


La flore adventice des cultures au Maroc est très riche et diversifiée. Cette
caractéristique a deux retombées sur toute opération de désherbage chimique :
différence de sensibilité aux herbicides et variabilité intra et interspécifique des
stades de croissance et développement. Parfois, le niveau de contrôle d’un seul
herbicide n’est pas satisfaisant, et par conséquence, le recours à un autre produit
ou une autre méthode de lutte s’impose pour atténuer l’effet négatif des
mauvaises herbes sur la culture. C’est très fréquent de trouver un agriculteur qui
fait le mélange d’un herbicide anti-dicotylédones et un autre anti-graminées.
Effectivement, l’adoption de cette technique d’application des herbicides permet
à l’agriculteur ou l’utilisateur de tirer (directement ou indirectement) les
avantages suivants :
• Augmentation du spectre d’action et/ou la durée d’action de
l’opération de désherbage,
• Amélioration de la sélectivité en réduisant les doses utilisées dans le
mélange en comparaison avec la dose recommandée,
• Remplacement (ou reconstitution) d’un herbicide habituel et efficace
qui n’est pas disponible sur le marché en cas de rupture du stock,
• Réduction des résidus d’herbicides aussi bien dans le produit récolté
que dans le sol en utilisant des doses réduites,
• Réduction du coût de production en économisant le temps et la main-
d’œuvre,
• Réduction de compactage du sol en réduisant certains passages de
machines,
• Réduction de chances d’apparition de la résistance des mauvaises
herbes aux herbicides.

- 103 -
➢ Types d’interaction entre les herbicides d’un
mélange
Le mélange des herbicides dans la même cuve est basé sur la supposition que les
herbicides choisis agissent indépendamment. En d’autres termes, la présence de
l’un n’a pas d’effet sur l’action de l’autre. Dans ce cas, l’effet du mélange devrait
être la résultante ou le cumul des actions des herbicides lorsqu’ils sont appliqués
séparément. Malheureusement, dans beaucoup de situations, l’interaction entre
les herbicides inclus dans le mélange peut modifier l’action biologique de chaque
herbicide. Ainsi, la performance du mélange ne pourrait pas être prédictible à
partir des performances de chaque herbicide. Comparativement à leurs effets
séparés, l’effet des herbicides en mélange peut être additif, synergique ou
antagoniste. L’interaction est dite additive lorsque l’effet du mélange est égal à
la somme des effets séparés des herbicides qui le composent. On parle de synergie
ou d’antagonisme lorsque cet effet combiné est respectivement supérieur ou
inférieur à cette somme. L’effet combiné observé dépend de la dose de chaque
herbicide, la période d’application et la période d’observation. Parfois, l’effet
observé est passager et parfois il est persistant et désastreux. Pratiquement,
l’antagonisme (efficacité réduite) signifie qu’il est nécessaire d’augmenter la
dose de l’un ou des deux herbicides utilisés pour avoir l’effet escompté.
Cependant, dans le cas de synergisme (efficacité augmentée) une réduction des
doses recommandées des produits pourrait être envisageable. L’antagonisme est
souhaitable dans le cas de réduction de la phytotoxicité du mélange sur la culture
en comparaison à la phytotoxicité des herbicides appliqués séparément.
Cependant, le synergisme n’est pas souhaité si la phytotoxicité du mélange
dépasse celles des herbicides appliqués seuls.

➢ Mécanismes et facteurs d’interaction entre les


herbicides
Les interactions mises en jeu entre les herbicides d’un mélange extemporané
peuvent se produire avant, au moment et après l’application de la bouillie
préparée. En d’autres termes, ces interactions peuvent être physique ou chimique
dans la cuve ou biologique dans la plante traitée. Ainsi, les mécanismes
d’interaction entre les herbicides peuvent être biochimique, compétitive,
physiologique et chimique. Abstraction faite de la catégorie du mécanisme
d’interaction, l’efficacité et la sélectivité (effet biologique) du mélange dépend
de la quantité des herbicides qui arrivent, sous leurs formes actives, au niveau du
site ou des sites où ils vont agir. Sur la base de cette considération, les interactions
entre les herbicides qui composent un mélange utilisé peuvent être dues aux :
• Changement de la quantité d’un herbicide qui atteint le site d’action
suite à l’action d’un autre herbicide sur l’absorption, la translocation
et le métabolisme,

- 104 -
• Interaction au niveau du site d’action entre les herbicides combinés
lorsqu’un herbicide du mélange empêche l’autre herbicide de se fixer
sur un site d’action,
• Interaction entre les herbicides combinés qui agissent sur deux sites
différents et qui produisent des effets opposés sur le même processus
physiologique,
• Réaction chimique qui peut générer des complexes d’herbicides
inactifs ou qui augmente leur métabolisation.

Dans certains cas, l’effet biologique observé du mélange est dû à l’implication de


deux si non plus de mécanismes mentionnés ci-dessus. En général, la nature et
l’importance des interactions entre les herbicides dépend de leurs propriétés
(groupe chimique et mode d’action) et la nature des plantes traitées. Globalement,
75% des interactions sont de type antagoniste. La synergie est plus fréquente dans
le cas où les deux herbicides appartiennent au même groupe chimique (même
structure et mode d’action). Les herbicides appartenant à différents groupes
chimiques ont tendance à favoriser les interactions antagonistes. De même,
l’antagonisme est plus fréquent chez les espèces monocotylédones que chez les
espèces dicotylédones et particulièrement chez les graminées, les composés et les
légumineuses. Le stade phénologique des plantes traitées est un autre facteur à
prendre en considération.

➢ Précautions d’usage des mélanges


La pratique du mélange ne doit pas être systématique, elle doit être dûment
étudiée et justifiée sur des bases agronomique et économique. La réalisation d’un
mélange reste sous la responsabilité de l’utilisateur et sous réserve de respecter
les bonnes pratiques agricoles. Cette possibilité est offerte par quelques
herbicides, cependant, il ne faut pas dépasser trois herbicides et toujours
s'informer de leur compatibilité (agronomique, physique, biologique et chimique)
en lisant leurs fiches techniques ou auprès des sociétés ou de distributeurs. Dans
le cas où les herbicides sont incompatibles, des phytotoxicités et/ou des
réductions de l'efficacité de l'un des herbicides pourraient être observées (Photo
33). Les compatibilités agronomique et physique sont relativement faciles et
rapides à tester. La première consiste à vérifier la coïncidence des dates
d’application des composantes du mélange avec le stade de la culture. Quant à la
deuxième compatibilité, elle repose sur la miscibilité des produits à doses égales.
Si le mélange préparé apparaît non homogène (présence de précipitations), il est
recommandé de s’abstenir de cette pratique pour les produits testés. En général,
la formulation des produits (forme physique sous laquelle la matière active et les
adjuvants associés se présentent) est la cause principale de cette incompatibilité
physique. D’habitude, le mélange des produits de même type de formulation ne

- 105 -
présente pas de problèmes. Cependant, une attention particulière doit être faite en
mélangeant des herbicides présentés sous différentes formulations et en
respectant l’ordre de leur introduction.

➢ Ordre d’introduction des herbicides du mélange


Parfois, l’ordre d’introduction des différents produits ou formulations peut
hypothéquer la réussite du mélange, et par conséquent, l’opération de désherbage.
La règle la plus simple est d’introduire les herbicides les moins solubles dans
l’eau vers les plus solubles. Si la qualité d’eau de bouillie doit être corrigée,
l’ajout d’un adjuvant correcteur devrait être fait avant l’introduction des
herbicides. En général, l’ordre conseillé d’introduction des différents produits est
le suivant : les produits ayant une action sur la qualité de l’eau, les formulations
solides, les formulations liquides et les adjuvants (Tableau 18). Si jamais
l’information n'est pas disponible ou un mélange n’est pas possible, il faut utiliser
les herbicides séparément (en séquence) tout en respectant un délai de 8 à 10 jours
entre leurs applications.

Pratiquement, Il faut commencer par remplir la cuve aux 2/3 d’eau du volume de
bouillie souhaité et mettre l’agitateur en marche, puis introduire les produits selon
l’ordre indiqué dans le tableau 19. Enfin, compléter le dernier tiers d’eau pour
atteindre le volume souhaité. Dans le cas des formulations solides, attendre la
dissolution complète d’un produit avant d’introduire un autre. En cas de nécessité
ou de besoin d’ajout d’oligo-éléments ou d’engrais foliaire ceux-ci devraient être
les derniers produits à introduire dans la cuve.

Photo 33: Phytotoxicité due au mélange de Pyraflufen éthyl et 2,4 D sur blé

- 106 -
Tableau 18: Ordre d’introduction des différentes formulations dans la cuve
Ordre Formulation Code
1 Les produits ayant une action sur la qualité de
l’eau
Acidifiant, correcteur de dureté, Sulfate -
d’ammonium…
2 Les formulations solides
1. Les faibles doses (< à 100 g) -
2. Les sachets hydrosolubles WSB
3. Les granulés dispersibles WG
4. Les granulés solubles SG
5. Les poudres mouillables WP
3 Les formulations liquides
1. Les suspensions concentrées SC
2. Les suspensions émulsions SE
3. Les émulsions aqueuses EW
4. Les suspensions huileuses OD
5. Les émulsions concentrées EC
6. Les liquides solubles SL
4 Les adjuvants
1. Les mouillants -
2. Les huiles -

2. Restrictions d’utilisation des herbicides

Une opération de désherbage réussie ne se limite pas uniquement au choix d’un


herbicide et le respect des conditions qui garantissent sa bonne efficacité, mais
elle devrait prendre aussi en considération un certain nombre de précautions afin
d’éviter tout accident aussi bien pour les applicateurs que pour les animaux.
Ainsi, il est recommandé de bien lire attentivement les étiquettes des herbicides
choisis afin de les utiliser sans courir aucun risque avant, pendant et après
traitement.

2.1. Respect de certains délais


Le délai de sécurité après l’application d’un herbicide ou délai de non-retour dans
les champs traités est la période durant laquelle il est interdit aux personnels et/ou
ouvriers de retourner dans la culture qui vient d’être traitée. Ce délai permet la
dissipation de l’herbicide épandu et la protection des personnes contre tout genre

- 107 -
de toxicité. Il varie de 2 à 24 heures selon le produit (Tableau 19). Dans le cas ou
ce délai de sécurité n’est pas indiqué sur l’étiquette ou la brochure de l’herbicide
utilisé, il faudrait observer un délai minimum présumé de 12 heures. L’entrée
dans la parcelle traitée avant le délai de sécurité exige le port du matériel de
protection individuelle (combinaison, casquette, masque, gants, bottes etc.).

De même, une durée pendant laquelle il est interdit d’introduire des animaux dans
le champ traité ou d’arracher les mauvaises herbes traitées pour l’affouragement
du bétail est aussi déterminée pour chaque herbicide. Ce délai de réintroduction
des animaux est donné dans le tableau 15. Il varie de 0 à 70 jours selon la
composition et la formulation l’herbicide utilisé sur blé. Cette restriction change
aussi selon le type d’animal. Ainsi, une distinction devrait faite entre le bétail
d’embauche et le bétail laitier. En général, les délais pour la première catégorie
sont inférieurs à ceux de la deuxième.

Un autre délai aussi intéressant porte une indication sur la durée minimale à
observer entre la fin de traitement et l’arrivée des pluies ou l’apport d’une
irrigation avec pivot ou asperseurs. Ce délai est beaucoup influencé par la
formulation du produit. Dans le cas des phytohormones, les herbicides formulés
sous forme d’esters résistent mieux au lessivage ou lavage par l’eau que les
produits formulés sous forme de sels. De même, les produits récents et formulés
sous forme de suspension huileuse (OD) ont besoin généralement d’une heure
pour résister aux pluies survenues après traitement. Les herbicides utilisés sur les
céréales nécessitent 30 mn à 8 heures pour assurer l’efficacité recherchée
(Tableau 19). Un délai de 8 heures est à observer en cas d’absence d’information
sur ce paramètre.

2.2. Respect de la succession des cultures


Les accidents des herbicides ne se limitent pas uniquement aux personnes et aux
animaux, mais ils peuvent s’étendre aux cultures voisines (phénomène de dérive)
et/ou aux cultures leur succédant sur la même parcelle (résidus). Effectivement,
beaucoup de doléances ont été faites dernièrement par nos agriculteurs (surtout
les betteraviers) sur l’arrière effet des résidus de certains herbicides des céréales
sur les cultures subséquentes de la rotation. Une attention particulière doit être
prêtée aux herbicides contenant dans leurs compositions l’une des matières
actives suivantes : aminopyralide (Photo 34), flucarbazone, iodosulfuron,
métsulfuron (Photo 35), mésosulfuron et sulfusulfuron (Tableau 19). D’ailleurs,
il est recommandé d’utiliser ces molécules une fois par campagne agricole. Les
principaux facteurs qui influent sur le taux de dissipation des herbicides dans un
champ traité sont la dose, la période d’application, la quantité de pluies survenues

- 108 -
après traitement, la texture, le pH et le taux de matière organique du sol, etc. En
général, les produits ayant une demi-vie faible posent mois de problème s’ils sont
appliqués dans les conditions normales. Vu l’importance des résidus d’herbicide
dans le sol, tout un chapitre est réservé à ce phénomène ou problème d’actualité
dans le contexte marocain.

Tableau 19: Quelques restrictions d’utilisation des herbicides des céréales


d’automne
Matières actives Herbicide Délai Risque
type de
Rentrée Rentrée Avant résidus
des des pluie pour la
personnes animaux (heures) rotation
(heures) (jours)
Anti-dicotylédones
2,4 D (sels et El Afrit 12 7 - 14 1-8 Non
esters) 200
Dicamba Procamba 12 - 24 7 - 21 4-7 Oui
2,4 D + 2,4 MCPA Printazol 12 7 - 14 4-8 Non
75
2,4 D + Dicamba Dialen 12 7 8 Non
Super
2,4 D + Florasulam Mustang 12 7 - 15 1-3 Non
306 SE
Fluroxypyr Hdiddane 12 7 1 Non
Ultra
Metsulfuron- Deft 12 0 2-4 Oui
méthyle
Tribénuron - Granstar 12 3 4-5 Non
méthyle 75 DF
Aminopyralide + Lancelot 12 7 1-3 Oui
Florasulam Neo
Tribénuron – Bomba 12 7 4-5 Non
méthyle WG
+Florasulame
Dicamba + Lintur 70 12 14 4-6 Non
Triasulfuron WG
Thifensulfuron- Nautilus 12 7–9 1-6 Non
méthyle +
Tribénuron-
méthyle
Flumetsulame + Derby 175 12 15 2 Non
florasulame SC

- 109 -
Tableau 19: (Suite)
Florasulame + Quelex 12 15 3 Non
Halauxifène-
méthyle
Amidosulfuron + Sekator 12 28 2-8 Oui
Iodosulfuron- OD
méthyle
Aminopyralide + Mustang 12 7 1-3 Oui
Florasulame + 2,4 Forte
D
Anti-graminées
Clodinafop- Topik 080 12 3 0,5 - 1 Non
propargyl EC
Fénoxaprop-P- Puma 12 25 1-4 Non
éthyle Super
Pinoxaden Axial 050 12 7 0,5 - 1 Non
EC
Clodinafop- Traxos 050 12 7 1 Non
propargyl + EC
Pinoxaden
Anti-dicotylédones + graminées
Flucarbazone Everest 70 12 56 1 Oui
sodium WG
Prosulfocarbe Boxer 800 2 70 1 Non
EC
Pyroxsulame Pallas 45 12 7 2-6 Non
OD
Sulfosulfuron Apyros 12 0 4 Oui
Florasulam + Navigator 12 7 1 Non
Pinoxaden
Pyroxsulame + Floramix 12 7 1 Non
Florasulame
Iodosulfuron- Cossack 24 28 4 Oui
méthyle + OD
Mesosulfuron-
méthyle
Clodinafop- Swipe 12 7 1 Non
propargyl +
Florasulam +
Pinoxaden
Iodosulfuron- Kalenkoa 24 28 2 Oui
méthyle +
Mesosulfuron-
méyhyle +
Diflufécanil

- 110 -
Photo 34: Effet résiduaire d’un herbicide à base d’aminopyralide sur la levée de
la féverole dans la région de Sefrou

Photo 35: Effet résiduaire d’un herbicide à base de metsulfuron sur la levée de
la betterave à sucre aux Doukkala (2020)

- 111 -
3. Gestion de la résistance aux herbicides

L’utilisation des herbicides pour éliminer les mauvaises herbes devient une
méthode recherchée et utilisée d’une façon exclusive par les agriculteurs. Les
herbicides assurent une lutte rapide, efficace et économique, et par conséquent,
ils doivent être considérés comme des outils à préserver. En cas d’une utilisation
non raisonnée et/ou abusive, il faut s’attendre au phénomène de la résistance qui
les rendra inefficaces. Déjà à l’échelle mondiale, en 2020, 81 et 30 espèces
associées aux cultures du blé et de l’orge respectivement, ont été déclarées
résistantes aux herbicides utilisés sur ces cultures. Au Maroc, les doléances
concernant ce phénomène ont été faites depuis 2000 avec la résistance du ray-
grass (Lolium rigidum) aux herbicides antigraminées du type ACCases (Fops,
Dimes et Den) et du coquelicot (Papaver rhoeas) aux herbicides anti-
dicotylédones tels que ceux à base de 2,4 D et tribénuron-méthyle. Actuellement
plus de 100 mille hectares sont touchés par ce phénomène dans les principales
régions agricoles du pays.

3.1. Origine et développement de la résistance aux herbicides


La résistance aux herbicides est la capacité de survie et de reproduction
qu’acquiert une mauvaise herbe après avoir été exposée (dans les bonnes
conditions) à la dose d’un herbicide qui normalement devrait lui être létale. Deux
hypothèses ont été avancées pour expliquer l’origine de ce phénomène.
L’hypothèse la plus simple est que toute population de mauvaises herbes est
susceptible de renfermer quelques individus naturellement résistants (avec une
fréquence de 10-6 à 10-8) avant toute utilisation de l’herbicide et les opérations de
désherbage chimique ne font que sélectionner les individus résistants préexistants
aux traitements (résistance naturelle). L’hypothèse alternative est l’existence
d’individus non résistants naturellement mais ayant subi une mutation permettant
de produire progressivement des individus résistants sous l’effet des traitements
(résistance acquise). Dans ce cas, il s’agit d’une sélection progressive de la
résistance. Tant que la pression de sélection est constante, élevée et identique,
l’apparition de la résistance est inévitable. Ainsi, certains facteurs ou pratiques de
conduite des céréales peuvent augmenter les chances d’apparition ou de
développement de mauvaises herbes résistantes aux herbicides :
• La résistance risque d'apparaître lorsque la lutte chimique est utilisée
comme méthode exclusive de désherbage,
• L’utilisation d’une façon répétitive du même herbicide ou le même
groupe d’herbicides,

- 112 -
• La monoculture encourage souvent l'utilisation du même herbicide
ou groupe d’herbicides,
• La rotation de courte durée (exemple betterave / céréales ou
légumineuses / céréales),
• La résistance risque de se manifester parmi les mauvaises herbes
annuelles qui produisent une quantité importante de semences (cas
des chénopodes, des graminées etc.) ou/et plusieurs générations par
saison de croissance (cas de pâturin annuel),
• La forte sensibilité des mauvaises herbes aux herbicides : plus
l’espèce est sensible, plus la pression de sélection exercée par
l’herbicide est forte,
• La résistance se manifeste rapidement souvent à l'égard des
herbicides ayant un seul site d’action, très puissants et efficaces (cas
des sulfonylurées (Photo 36) et les Fops et les Dimes (Tableau 20).
Les mauvaises herbes résistantes montent à graines et dominent tôt ou tard le
peuplement à partir d’un stock semencier croissant. Parfois, ça demande de
nombreuses années pour que l’agriculteur s’aperçoive qu’il a peut-être un
problème de résistance. La présence de quelques individus ou d’une tache de
mauvaises herbes ayant apparemment échappé aux mesures de contrôle peut
constituer un signal d’alerte. Cependant, cette situation peut être parfois
attribuable à une opération de désherbage ratée et dont il faut chercher les causes
d’échec avant d’incriminer un herbicide de résistance (Photo 37).

Photo 36: Plantes du chrysanthème sensible (flèche blanche) et résistant


aux ALS (flèche rouge)

- 113 -
Tableau 20: Durée prédictive d’apparition de la résistance aux herbicides
Herbicides Durée Risque de
d’utilisation résistance
Sulfonylurées 4-6 élevé
Fops, Den et Dimes 6-8 élevé
Triazines 15 moyen
Auxiniques (Phytohormones) > 20 moyen
Paraquat/Diquat > 15 moyen
Glyphosate >12 moyen

Photo 37: Champ du blé traité avec un herbicide non efficace sur la centaurée

3.2. Types et mécanismes de la résistance aux herbicides


Généralement, deux types de résistance aux herbicides sont à distinguer, la
résistance croisée et la résistance multiple. La résistance croisée apparait
lorsqu’une plante est résistante à plus d’un herbicide ayant le même mode
d’action et appartenant à une famille ou à différentes familles chimiques. Une
plante possède la résistance multiple lorsqu’elle résiste à plus d’un herbicide
ayant différents modes d’action. En Australie, le ray-grass est devenu résistant
aux herbicides ayant neuf modes d’action différents. Les quatre adventices des
céréales, déclarées résistantes au Maroc, ont affiché des résistances croisées et/ou
des résistances multiples selon les régions touchées (Tableau 20).

- 114 -
Quant aux mécanismes de résistance aux herbicides, deux grands types sont
aujourd’hui connus, la résistance liée à la cible et la résistance de détoxication
(ou résistance non liée à la cible). Le premier mécanisme peut être causé par une
mutation (ou altération) du site d’action qui se manifeste suite à la présence d’au
moins une mutation sur le gène de la cible empêchant l’herbicide de se fixer sur
sa cible (enzyme) ou à une amplification (surexpression) du site d’action due à
une production importante de site d’action ce qui engendre une dilution de l’effet
herbicide. Les plantes ayant ce mécanisme résistent presque à tous les produits
ayant le même site d’action de la même famille chimique ou de différentes
familles. Le niveau de résistance, dans ce cas, est généralement très élevé et peut
atteindre 1000 (c'est-à-dire il faut 1000 fois la dose recommandée pour avoir
l’effet). Le deuxième mécanisme est dû aux phénomènes qui empêchent
l’herbicide d’arriver au site d’action sur la base d’une différence d’absorption,
translocation ou métabolisation (dégradation) ou par phénomène de
compartimentation ou séquestration d’où immobilisation de l’herbicide. Ce
mécanisme est souvent non spécifique à des herbicides ou à une famille chimique.
Les niveaux de résistance, dans ce cas, sont généralement moins élevés, mais
suffisants pour que la plante manifeste une résistance à la dose recommandée.
Dans le cas de la résistance liée au site d’action, la plante ne montre aucun
symptôme après traitement. Par contre, dans le cas de la résistance par
détoxication, la plante laisse apparaître des symptômes passagers mais poursuit
sa croissance et son développement normalement.

3.3. Situation de la résistance aux herbicides au Maroc


La résistance aux herbicides a été développée par quatre adventices dans les
champs de céréaliculture au Maroc : deux graminées (le ray-grass et l’avoine
stérile ou folle-avoine) et deux dicotylédones (le coquelicot et le chrysanthème à
couronnes) (Tableau 21). Le ray-grass a affiché une résistance croisée aux
herbicides du type Fops et Dimes à partir de 2000 aux Doukkala et par la suite
dans d’autres régions (Abda, Chaouia, Gharb, Saïss, Tadla et Souss).

Actuellement, des populations du ray-grass résistantes aux herbicides


antigraminées de type Accases (Fops, Dimes et Den) sont présentes dans nos
champs céréaliers (Photo 38). En 2010, cette graminée a fini par manifester aussi
une résistance aux herbicides ALS aux Doukkala. Ainsi, cette mauvaise herbe a
développé une résistance multiple aux Doukkala, Gharb, Chaouia et Tadla. Le
ray-grass a actuellement développé une résistance croisée ou multiples à 14 sites
d’action à travers le monde. Le coquelicot a développé d’emblée une résistance
multiple vis-à-vis des phytohormones et ALS à Sefrou en 2000 et par la suite au

- 115 -
Tadla et à Meknès (Photo 39). Cette résistance a été aussi observée en Espagne,
France, Italie et en Grèce. La résistance du chrysanthème à couronnes aux
herbicides de type ALS est déclenchée dans trois sites localisés au Tadla et Saïss.
Ce phénomène est supposé apparaître pour la première fois en 2010 à Oulad
Zidouh au Tadla. Mais, la confirmation n’a été faite qu’en 2013 sur la base d’un
essai comparatif des herbicides. Le deuxième cas a été observé dans la région de
Sefrou en 2016 (Photo 40) dans une parcelle du blé conduit sous pivot et désherbé
durant plus de 10 ans avec des herbicides ALS de deux familles chimiques
(Sulfonylurées et Triazolopyrimidines). Des cas de résistance du Chrysnthème
des moissons (Chrysanthemum segetum) ont été observés dans plusieurs régions
mais ils restent non documentés ou datés (Photo 41). Le troisième cas a été détecté
dans la région de Meknès en 2017sur une parcelle du blé conduit en bour et dont
l’utilisation des herbicides ALS est très fréquente. L’avoine stérile a affiché une
résistance croisée aux herbicides du type Fops en 2014 dans une seule localité
sise entre Sidi Slimane et Meknès.

Tableau 21 : Type et chronologie d’apparition de la résistance aux herbicides


dans les céréales au Maroc.
Espèces Région ou Site Type de Année
localité d’action résistance
Ray-grass Doukkala Accase Croisée 2000
(Lolium rigidum) Gharb Accase Croisée 2010
Tadla Accase Croisée 2010
Chaouia Accase Croisée 2012
Saïss Accase Croisée 2012
Abda Accase Croisée 2014
Souss Accase Croisée 2015
Doukkala ALS Croisée 2010
Gharb ALS Croisée 2016
Chaouia ALS Croisée 2017
Abda ALS Croisée 2017
Doukkala Accase et Multiple 2010
ALS
Gharb Accase et Multiple 2011
ALS
Tadla Accase et Multiple 2012
ALS
Chaouia Accase et Multiple 2017
ALS

- 116 -
Tableau 21 : (Suite)
Coquelicot Sefrou ALS et Multiple 2000
(Papaver rhoeas) Inhibiteur de
croissance
Tadla ALS et Multiple 2003
Inhibiteur de
croissance
Meknès ALS et Multiple 2017
Inhibiteur de
croissance
Chrysanthème à Tadla ALS Croisée 2013
couronnes Sefrou ALS Croisée 2017
(Chrysanthemum Meknès ALS Croisée 2017
coronarium)
Avoine stérile (Avena Gharb Accase Croisée 2014
sterilis)

Photo 38: Champ du blé infesté par le ray-grass à résistance multiple (Feuilles
brillantes) (Région de Berrechid)

- 117 -
Photo 39: Champ du blé infesté par le coquelicot résistant (région de Meknès)

Photo 40: Champ du blé infesté par le chrysanthème à couronnes résistant


(région de Sefrou)

- 118 -
Photo 41: Champ du blé infesté par le chrysanthème des moissons résistant
(région de Meknès)

3.4. Gestion de la résistance aux herbicides


La gestion des mauvaises herbes dans une culture suppose que quelque soit la
méthode de lutte utilisée, les adventices vont finir par développer des caractères
ou mécanismes d’adaptation à cette pression. Ainsi, maîtriser la résistance est tout
d’abord une gestion planifiée à moyen et à long terme soutenue avec beaucoup
de précautions, vigilance et un niveau minimal de technicité ou de savoir faire :
connaissance des traits biologiques des principales adventices, caractéristiques
des herbicides utilisés et atouts et faiblesses de toutes les méthodes de lutte
disponibles ou permises.

➢ Précautions de gestion de la résistance


Un échec de l’opération de désherbage ne signifie pas forcément un problème de
résistance. Ainsi, face à un désherbage chimique raté, il faudrait tout d’abord et
avant d’incriminer la résistance aux herbicides, se poser certaines questions pour
déterminer les causes éventuelles de cet échec. Ces questions devraient porter
principalement sur l’herbicide (spectre d’action, dose, stade d’application), les
conditions pédoclimatiques (avant, au moment et après traitement), la technique
et le matériel d’application, En outre, les plantes qui apparaissent après
l’application d’un herbicide non persistent peuvent fausser ce diagnostic.

- 119 -
Une fois la résistance est confirmée, il convient d'opter dès lors pour un herbicide
de rechange auquel la mauvaise herbe n'est pas résistante. C’est une solution
facile mais non durable. Effectivement, pour contrôler les premiers cas de
résistance manifestée par le ray-grass et le coquelicot, nous avons utilisé des
herbicides qui ont des sites d’action différents. La principale crainte soulevée par
cette stratégie est de voir apparaître une résistance multiple, comme cela s'est
produit aux Doukkala et Tadla avec le ray-grass. Actuellement, aucun herbicide
de post-levée ne contrôle cette graminée.

➢ Vigilance et prudence
Lorsque la résistance est déclarée dans le voisinage ou dans la région, la réussite
d’une gestion des adventices nécessite la présence d’un esprit de vigilance et de
prudence afin d’empêcher (ou au moins retarder) l’apparition ou l’introduction
de la résistance dans un champ ou une exploitation. Il est fort connu que la
dissémination des adventices se fait essentiellement par le biais des lots de
semences contaminés, le fumier, l’eau d’irrigation, les machines, les animaux et
le vent. Les graines du laiteron maraîcher (Sonchus oleraceus) et de vergerette du
Canada (Conyza canadensis) peuvent être transportées par le vent sur une
distance de 2 km. De même, une étude australienne a permis de prouver que le
vent transporte le pollen du ray-grass résistant pour polliniser des plantes du ray-
grass sensible se trouvant à une distance de 3 km. En outre, le pollen des
graminées pourrait rester viable dans l’environnement jusqu’à trois heures. Cette
fécondation donne inéluctablement des populations résistantes sans qu’elles ne
soient pas produites sur place. La capacité d’estimer ou d’anticiper les risques des
principales composantes de la flore adventice d’un champ est une autre facette de
la vigilance. Bien que le nombre d’espèces résistantes au Maroc soit faible, il est
important de connaitre quelles sont les espèces qui pourraient développer une
résistance dans le futur proche. Sur la base des données collectées à travers le
monde par le comité d’action pour les résistances aux herbicides HRAC, il faut
d’emblée admettre que nos champs céréaliers sont sous la menace de 21 autres
espèces (8 graminées et 13 dicotylèdones) parmi les adventices considérées
préoccupantes pour notre céréaliculture et déclarées résistantes ailleurs dans le
blé et l’orge (Tableau 22). Uniquement, les herbicides largement utilisés pour le
désherbage des céréales au Maroc sont pris en considération.

➢ Mesures chimiques provisoires


Dans le cadre des rotations biennales (céréales/betterave et
céréales/légumineuses) pratiquées par nos agriculteurs, la gestion du ray-grass et
du coquelicot résistants aux herbicides devient une opération très délicate car ces
adventices ont développé une résistance multiple à tous les herbicides anti-
graminées de post levée pour le ray-grass et la majorité des herbicides anti-dicots
pour le coquelicot. Ainsi, l’application du Boxer, Clortosint, Triallate et Vigon

- 120 -
en pré-levée du blé restent les seuls herbicides homologués et commercialisés
pour contrôler les populations du ray-grass résistant (Tableau 7) (Photo 42). Bien
qu’elle ne soit pas autorisée sur céréales au Maroc, la pendaméthaline peut aussi
jouer sélectivement ce rôle. Les herbicides dont leurs compositions contiennent
l’aminopyralide (Lancelot 450 WG, Lancelot Neo et Mustang Forte) sont les
seuls herbicides de post-levée commercialisés pour la lutte contre le coquelicot
résistant dans les céréales (Photo 43). La pendiméthaline (1000 g/ha) en pré-levée
du blé a été aussi utilisée avec succès, en grande échelle dans la région de Sefrou,
pour maîtriser l’infestation de ce coquelicot. Dans une exploitation de la région,
cet usage est devenu systématique depuis plusieurs années sous les pivots où la
céréale est prévue.

Tableau 22 : Espèces ayant développées la résistance aux herbicides utilisés


dans les céréales à l’échelle internationale
Espèces* Herbicides (Code HRAC)
Type Type Auxiniques Glyphosate
Accase ALS (0) (G)
(A) (B)
Graminées
Avena sterilis x x
Bromus rigidus x x
Hordium murinum x x x
Lolium rigidum x x x
Phalaris Brachystachys x x
Phalaris minor x x
Phalaris paradoxa x x
Poa annua x x x
Dicotylédones
Chenopodium album x x
Capsella bursa-pastoris x
Galium tricornutum x
Hirschfeldia adpressa x x
Lamium amplexicaule x
Raphanus raphanistrum x x
Silene gallica x
Sinapis arvensis x x
Sonchus asper x
Sonchus oleraceus x x
Urtica urens x
Vaccaria hispanica x
Vacia sativa x
* les noms vernaculaires sont donnés aux tableaux 2 et 3,
x : résistance confirmée

- 121 -
Photo 42: Efficacité du Boxer sur Ray-grass à un mois après traitement

Photo 43: Effet du Lancelot sur le coquelicot (parcelle d’avant plan). Parcelle
non traitée en arrière plan encadrée

- 122 -
La résistance du chrysanthème à couronnes observée dans nos champs de céréales
est liée au site d’action « ALS ». Ainsi, il est indispensable de choisir un herbicide
avec un autre site d’action de rechange auquel la mauvaise herbe n'est pas
résistante. Pour ce faire, l’agriculteur marocain dispose de plusieurs herbicides
homologués et/ou utilisables ailleurs sur céréales (mais non homologués au
Maroc). Ces herbicides ont uniquement deux sites d’action, inhibition de la
croissance (effet des phytohormones) et de la photosynthèse (Tableau 23).

Tableau 23 : Herbicides de post-levée recommandés pour lutter contre le


chrysanthème à couronnes
Matière active Famille Site d’action Produits Dose Remarque
(m.a.) chimique (Code HRAC) formulés /ha
Aminopyralide Acides Inhibition de Lancelot 33 g Risque de
pyridine croissance 450 WG résidus pour
carboxyliques (O) Lancelot légumineuse
Neo
Mustang 0,5 L En mélange
forte avec d’autres
matières
actives
Bentazone Benzothiadiaz Inhibition de la Basagran 2,0 à Non
one photosynthèse , Benta 48 2,5 homologués
(C3) SL, L/ha
Bentagra
ne,
Fighter,
Fortune et
Troy
Bromoxynil Hydroxy- Emblem 1,25 L Non
benzonitriles Flo homologué
Clopyralide Acides Inhibition de Lontrel 2,0 L Non
pyridine croissance 100 SL homologué
carboxyliques (O)
Métribuzine Triazinones Inhibition de la Plusieurs 200 à Non
photosynthèse 400 g homologués
(C1) de
m.a.
Dicamba Acides Inhibition de la Procamba 0,5 L Début –plein
benzoiques croissance , Rama tallage du blé
2,4 D + MCPA Acides (O) Plusieurs 390 +
phénoxy- 340 g
carboxyliques de
m.a.
2,4 D + Ac. Benz. + Dialen 0,75 à
Dicamba Ac. Phén. Super 464 1,0 L
Carbo. SL

- 123 -
Selon le degré d’infestation, ces herbicides pourraient être utilisés une fois, deux
fois, en mélange ou en séquence lors d’une même saison agricole. Cependant,
l’alternance des sites d’action, dans le temps et l’espace, s’impose pour éviter ou
au moins retarder l’apparition d’une autre résistance. Agissant par contact, les
herbicides à base de bentazone et de bromoxynil doivent être appliqués au stade
très jeune de l’adventice pour garantir une efficacité maximale. Cependant, la
préconisation de ces deux herbicides ainsi que la clopyralide est handicapée par
leurs coûts élevés à l’hectare. Quant aux phytohormones, elles sont moins chères
et plus efficaces sur les plantes en croissance très active (Photo 44). Une attention
particulière devrait être accordée à la variété de la céréale en cas de l’utilisation
de la métribuzine car la sensibilité des variétés vis-à-vis de cette molécule n’est
pas toujours la même.

Photo 44: Effet du (2,4D + MCPA) sur chrysanthème résistant


(région de Sefrou)

➢ Autres mesures de gestion


Le problème de la résistance dans un champ ou une exploitation durera tant qu’un
stock de semences des adventices résistantes persiste dans le sol. Ainsi, toutes les
mesures ou pratiques qui permettent d’épuiser cette source d’infestation et/ou
d’empêcher son approvisionnement sont indispensables ou recherchées.

- 124 -
Les mesures préventives et/ou pratiques culturales sont nécessaires pour atteindre
cet objectif, mais parfois elles ne sont pas suffisantes pour résoudre le problème
posé. En outre, les méthodes de lutte permises pour le contrôle des adventices ont
des atouts et des faiblesses. Ainsi, une bonne gestion repose également sur la
diversification de la lutte non chimique et sa combinaison à la lutte chimique
selon les principes de la gestion intégrée des mauvaises herbes. Ainsi, un certain
nombre de mesures ou conseils pour gérer et/ou prévenir la résistance aux
herbicides pourraient être préconisés afin d’arriver à cet objectif :
• Le labour profond permet d’enfouir les semences dans le sol et
empêcher leur germination et leur levée,
• L’incinération des chaumes permet de détruire en même temps les
semences des mauvaises herbes,
• Le faux semis permet aussi de détruire les premiers contingents de
mauvaises herbes et de réduire, par conséquent, leur stock semencier
dans le sol,
• Pratiquer une rotation plus longue des cultures. L'utilisation de
différentes cultures élargit le choix des herbicides à employer et des
méthodes de travail du sol permettant de lutter contre les mauvaises
herbes. Certaines cultures livrent aussi une concurrence plus féroce
aux mauvaises herbes,
• Utilisation des semences propres et nettoyage du matériel avant de
passer d'un champ à un autre. D’ailleurs, la circulation des lots de
semences contaminés a été derrière la dissémination du ray-grass
résistant dans nos champs de céréales,
• Utilisation des variétés compétitives est un levier agronomique qui
limite l’incidence des adventices,
• Eviter l'utilisation du même herbicide ou des herbicides appartenant
au même groupe dans le même champ et plus d’une fois par saison,
• Utilisation des herbicides composés de 2 à 3 matières actives ou
réaliser des mélanges extemporanés d'herbicides dont le mode
d'action est différent. La composition chimique et le code HRAC de
tous les herbicides des céréales utilisés au Maroc sont donnés dans le
répertoire des herbicides en annexe.

4. Gestion des résidus d’herbicides dans le sol

4.1. Signification des résidus d’herbicides dans le sol


La persistance est définie en tant que durée pendant laquelle les résidus d’un
herbicide sont détectables. Ce terme est largement employé dans les études à
caractère environnemental. En agronomie, la persistance d’action ou tout
simplement la rémanence est une terminologie préférée et qui correspond à la

- 125 -
durée pendant laquelle un herbicide manifeste une activité biologique. Cette
persistance peut être le fait de la substance active, de ses produits de dégradation
ou de sa formulation. Quelque soit la méthode d’application d’un herbicide, une
partie si non la totalité de la quantité appliquée va être reçue par le sol. Ainsi, la
persistance d’action de l’herbicide dans ce dernier est un aspect très important de
son devenir. De point de vue agronomique, la persistance d’action d’un herbicide
devrait être un critère de son choix car elle nous renseigne sur la période durant
laquelle le contrôle des mauvaises herbes est assuré par un herbicide. Cette
persistance est beaucoup plus recherchée pour les herbicides appliqués au sol que
pour les produits foliaires afin d’assurer une protection la plus longue possible
sans pourtant nuire aux cultures suivantes d’une rotation préétablie. Les familles
chimiques qui renferment des herbicides ayant le potentiel de persister dans le sol
sont : les triazines, les uraciles, les substitués de l’urée, les phénylurées, les
sulfonylurées, les dinotroanilines, les isoxadiones, les imidazolinones et certaines
phytohormones surtout les pyridines. En général, les petites plantes sont plus
sensibles que les grandes et celles issues de germination de semences sont plus
sensibles aux résidus des herbicides. Ainsi, le problème de l’arrière effet des
herbicides est de nature agronomique dans le cas des cultures reproduites par
graines. Effectivement, certains herbicides nécessitent l’écoulement d’un délai
entre leur application et le semis des cultures suivantes.

4.2. Importance agronomique des résidus d’herbicides


L’effet résiduaire ou l’arrière-effet des herbicides sur les cultures suivantes sont
observés ou déclarés dans certaines conditions généralement liées au climat de la
saison (surtout les précipitations). Mais, ces accidents peuvent arriver aussi dans
le cas d’un surdosage ou d’une utilisation répétée d’un même herbicide sur la
même parcelle pendant une longue durée (effet du cumul). La persistance d’un
herbicide dans un sol est influencée par les interactions entre l’herbicide, le sol et
l’environnement. Ainsi, la persistance d’un herbicide n’est pas une
caractéristique spécifique ou absolue, mais elle varie d’un sol à un autre et d’une
région à une autre. Comparativement à la quantité des herbicides utilisée et la
superficie des céréales traitée chaque année au Maroc, l’importance de la
phytotoxicité (déclarée ou observée) due aux résidus des herbicides (utilisés sur
céréales) sur les cultures de la rotation reste pour le moment très limitée dans le
temps et dans l’espace. Mais, ça n’empêche pas que le nombre d’accidents ne
cesse d’augmenter ces dernières années surtout dans les périmètres irrigués
(Doukkala et Tadla) ou dans les régions à agriculture intensive. Une attention
particulière doit être portée à cette facette cachée de l’opération de désherbage

- 126 -
chimique des céréales. Ainsi dans le choix d´un herbicide, la réflexion doit
dépasser la culture en place qui recevra le produit.

4.3. Persistance dans le sol et arrière-effet des herbicides


Pratiquement, on parle de l’arrière effet (ou phytotoxicité) d’un herbicide
(appliqué à la dose recommandée) lorsque sa persistance porte préjudice aux
cultures semées après la récolte de la culture traitée dans une rotation. Dans ce
cas, la persistance dépend de la sensibilité des cultures à l’herbicide et influencée
par les facteurs liés à la chimie du produit et à sa quantité, au sol, au climat et à
la gestion de la culture (Tableau 24). La demi-vie de dissipation ou tout
simplement la demi-vie d’un herbicide (t0,5 , t1/2 ou DT50) est un paramètre ou
expression de la persistance d’un herbicide. Il nous renseigne sur le temps ou la
durée nécessaire pour que 50% de l’herbicide soit dissipé dans le sol. Si un
herbicide a une demi-vie de 10 jours çà veut dire que sa quantité dans le sol sera
réduite de 50, 75, 87,5 et 93,75 % respectivement en 10, 20, 30 et 40 jours. En
général, ce paramètre est déterminé dans les conditions du laboratoire qui sont
différentes de la réalité du champ où l’herbicide est soumis à l’interaction de
plusieurs facteurs. Ainsi, la demi-vie d’un herbicide n’est pas une valeur absolue,
mais il reste un indicateur de la persistance d’un herbicide qui guide l’agriculteur
à choisir son herbicide et prévoir sa dégradation. En absence d’une classification
universelle basée sur ce paramètre, il est admis que les herbicides peuvent être
classés en herbicides non persistant (DT50 < 5 jours), faiblement persistant (DT50
< 5 - 21 jours), moyennement persistant (DT50 < 22 - 60 jours) et très persistant
(DT50 > 60 jours). Le tableau 24 donne la demi-vie des principales matières
actives des herbicides utilisés pour le désherbage chimique des céréales.

Tableau 24 : Demi-vie, dégradation et cultures sensibles aux principales


matières actives des herbicides des céréales
Matières Demie vie Risque Processus de Principau Cultures
actives (jours)* d’arrière dégradation x facteurs successives
effet actifs sensibles
2,4 D 2-42 Non Biologique pH, MO, Aucune
H, T°,
Amidosulfuron 29-120 Non Chimique, H, pH, T° Aucune
biologique
Aminopyralide 8-35 Oui Biologique H, T°, MO Légumineuse
Chlortoluron 26-42 Oui Biologique MO, T°, H ?
Clodinafop- 0,5 -1,5 Non Biologique H, pH, T° Aucune
propargyl

- 127 -
Tableau 24 : (Suite)
Clopyralide 12-70 Oui Biologique H, T°, Légumineuse
MO
Dicamba 3-35 Oui Biologique pH, MO, Betterave
H, T°
Diflufénicanil 120-240 Non Biologique, H, MO, Aucune
(DDF) chimique T°
Diquat 1000 Non Biologique H, MO, Aucune
T°, pH
Fénoxaprop-P- 2-3 Non Chimique H, pH Aucune
éthyle
Florasulame 2-18 Non Biologique H, T°, pH Aucune
Flucarbazone 8-22 Oui Biologique pH, MO, Avoine, Colza,
sodium H, T° Légumineuse,
Maïs, Sorgho
Flufenacet 9-60 Non Biologique MO, pH, Aucune
H
Flumetsulame 30-60 Oui Biologique T°, H, pH Betterave,
Colza,
Légumineuse
Fluroxypyr 3-36 Non Biologique, T°, MO, Aucune
chimique H
Flurtamone 6-65 Non Biologique, T°, MO, Aucune
physique H, Lum
Glufosinate- 1-25 Non Biologique T, H, MO Aucune
ammonium
Glyphosate 7-60 Non Biologique H, MO, Aucune
T°, pH
Halauxifène 1-17 Non Biologique H, T° Aucune
Iodosulfuron 9-15 Oui Chimique, H, pH Colza, Lentille,
méthyle biologique Luzerne, Maïs,
Tournesol
MCPA 14-31 Non Biologique pH, MO, Aucune
H, T°
Mesosulfuron 44-76 Oui Chimique, H, T° Betterave,
méthyle biologique Luzerne,
Tournesol
Métribuzine 14-60 Oui Biologique T°, H, pH Avoine,
Betterave,
Cucurbitacées,
Triticale,

- 128 -
Tableau 24 : (Suite)
Metsulfuron- 7-30 Oui Chimique, pH, H, T° Colza, Pois,
méthyle biologique Betterave,
Lentille,
Maïs,
Sorgho,
Tournesol
Paraquat 1000 Non Biologique H, MO, T°, Aucune
pH
Pendiméthaline 15-77 Oui Biologique, Lumière, H, Betterave
physique MO, T°
Pinoxaden 2-3 Non Chimique, H Aucune
biologique
Prosulfocarbe 7-13 Non Biologique H, MO, T°, Aucune
pH
Pyroxsulame 5-29 Non Biologique H, MO, T°, Aucune
pH
Saflufénacil 7-35 Non Biologique, Lumière, H, Aucune
physique MO, T°, pH
Sulfosulfuron 14-75 Oui Chimique, MO, pH, H Avoine,
biologique Betterave,
Colza,
Fève,
féverole,
Orge,
Lentille,
Luzerne,
Pois, Pois-
chiche,
Tournesol,
Vesce,
Thifensulfuron - 3-20 Non Biologique, H, MO Aucune
méthyle chimique
Triallate 8-205 Oui Biologique, H, MO, T° Avoine,
physique Luzerne,
Sorgho
Triasulfuron 3-48 Oui Chimique, pH, H Colza,
biologique Légumineu
se, Lin,
Maïs,
Sorgho,
Tournesol
Tribénuron- 5-10 Non Chimique, H, T°, pH Aucune
méthyle biologique
*: plusieurs sources, H : humidité, Lum : lumière, MO : matière organique,
T : température

- 129 -
La persistance d´un produit dans le sol n´explique pas à elle seule le risque
d´arrière-effet sur une culture installée plusieurs mois après son application. Des
herbicides ont une demi-vie longue mais ne font pas l´objet de restrictions
d´emploi par rapport aux cultures succédant aux céréales traitées. C´est le cas du
diflufénicanil ou diflufénican (DFF), matière active à la base de deux herbicides
de céréales, Othello et Kalenkoa qui contiennent 50 et 120 g/l de DFF. Sa demi-
vie est de 90 à 260 jours et pour autant ces deux herbicides n´ont pas de restriction
d´emploi sur les successions culturales selon le fabricant (dans les conditions
normales). La quantité des résidus de diflufénicanil restante dans le sol n’est pas
suffisante pour déclencher la phytotoxicité chez la culture suivante. Avec une
demi-vie de 1000 jours, l’utilisation d’herbicides à base de diquat (Barclay Pro
200, Diqua et Reglone) pour faciliter la récolte des céréales (dessiccation) n’a
aucun effet sur les cultures suivantes. Cependant d’autres herbicides présentent
un comportement inverse. C’est le cas de plusieurs herbicides de la famille des
sulfonylurées qui n´ont pas une demi-vie très importante (Tableau 24). Par
exemple, un blé traité avec un herbicide à base de sulfosulfuron comme Apyros
qui a une demi-vie de 14 à 75 jours ne devrait pas être suivi par la betterave à
sucre, le colza, l’orge ou certaines légumineuses. De même, le fabricant des
herbicides à base de l’aminopyralide comme Lancelot, Lancelot Neo et Mustang
Forte (utilisés pour le désherbage des céréales et dont la demi-vie est de 20 à 32
j) déconseille le semis de légumineuses après une céréale traitée avec ces produits
(Photo 45).

Photo 45: Effet résiduaire d’un herbicide à base d’aminopyralide sur la féverole

- 130 -
4.4. Processus de dissipation des herbicides dans le sol
La dissipation inclut tous les devenirs possibles d’un herbicide une fois au contact
avec le sol. Deux principaux processus influent sur le taux de disparition d’une
molécule dans le sol, le transfert et la dégradation. Le transfert est le changement
de la localisation ou la disponibilité d’un herbicide sans pourtant changer sa
structure ou ses propriétés chimiques. Il comprend l’adsorption au sol (fixation
du produit par les colloïdes du sol surtout l’argile et la matière organique), la
volatilisation (passage à l’état gazeux), le lessivage (entrainement vertical par
l’eau), le ruissellement (entrainement horizontal ou latéral par l’eau à la surface
du sol) et l’absorption par les plantes (prélèvement par les cultures et les
mauvaises herbes). Cependant, la dégradation est un processus qui change la
structure et les propriétés chimiques d’un herbicide et le rend plus ou moins
toxique vis-à-vis des plantes. Cette voie de dissipation comprend la dégradation
microbienne (par les algues, champignons, actinomycètes et bactéries du sol) et
chimique (réactions d’oxydation, réduction et surtout d’hydrolyse) et la photo
dégradation (cassure de la molécule par les rayons ultra-violets à la surface du
sol). En plus des propriétés physico-chimiques d’un herbicide, ces deux processus
sont aussi influencés par les facteurs climatiques et édaphiques (Tableau 24). De
même, les composantes des processus de dissipation n’agissent pas
indépendamment, mais d’une manière concomitante ou/et interactive. Par
exemple, l’immobilisation d’un herbicide par les colloïdes du sol influe
amplement sur son lessivage, sa biodisponibilité (absorption par les plantes), sa
dégradation chimique et biologique.

4.5. Facteurs actifs sur la persistance des herbicides


Bien que les voies de dissipation des herbicides dans le sol soient nombreuses,
l’adsorption et les dégradations microbienne et chimique restent les voies les plus
importantes et les plus prépondérantes chez beaucoup d’herbicides. En général,
tout facteur qui agit sur ces trois composantes de processus de dissipation des
herbicides dans le sol aurait un effet certain sur leur devenir et leur durée de vie
dans ce milieu. Ainsi, la persistance d´un produit herbicide dépend de facteurs
liés au sol, au climat et à l’herbicide lui-même.

L´adsorption des herbicides est beaucoup influencée par la texture, la richesse en


matière organique, l’humidité et le pH du sol d’une part et par les propriétés
chimique et physique des herbicides d’autre part. Les herbicides ont tendance à
persister longtemps dans un sol argileux, riche en matière organique et sec. Quant
à l’effet du pH, il dépend de la nature des herbicides. La persistance des
herbicides des familles des sulfonylurées et des triazines est plus importante dans
les sols ayant un pH supérieur à 7. Alors que les herbicides de la famille des
imidazolinones sont plus persistants dans les sols à pH inférieur à 6.

- 131 -
La nature et la quantité des microorganismes (bactéries, champignons,
actinomycètes etc.) vivant dans un sol influent beaucoup sur la dégradation
biologique de la majorité d’herbicides. Ainsi, tout facteur qui favorise la
croissance et la reproduction des microbes du sol (température, humidité, matière
organique, oxygène et pH du sol) réduit par conséquent la persistance des
herbicides dans ce milieu. En général, les conditions favorables pour la croissance
des plantes sont aussi optimales pour les microorganismes du sol. Ainsi, les
herbicides persistent moins dans un sol chaud, humide, riche en matière
organique avec un pH neutre et bien aéré.

Durant la campagne 2019 – 2020, une féverole d’une exploitation agricole à


Nousser avait manifesté des symptômes de phytotoxicité similaires à celles
indiquées sur la photo 37. En revenant à l’historique de la parcelle endommagée,
cette dernière avait un précedent blé tendre traité avec un herbicide contenant
l’aminopyralide. Comme cette matière active est biologiquement dégradable
(Tableau 24) et dissipée par l’eau vers les couches profondes du sol, les quantités
de pluies reçues (61 mm au total) après traitement (7,5 mm en Janvier, 11,5 mm
en Février, 19 mm en Mars et 15 mm en Avril) n’étaient pas suffisantes pour
l’activation des microorganismes du sol (malgré la matière organique et le pH du
sol qui étaient favorables) et l’entrainement du produit dans un horizon profond.
Ainsi, l’herbicide est resté concentré et non dégradé dans l’horizon superficiel.
Lorsque la féverole avait développé ses racines dans cette zone, elle a absorbé
l’herbicide et manifesté les symptômes de phytotoxicité observés.

La dégradation chimique des herbicides est assurée principalement par


l’hydrolyse. Ainsi, l’humidité, la température et le pH du sol sont les principaux
facteurs actifs sur la persistance d’un herbicide soumis à cette dégradation. La
dégradation est plus rapide dans un sol humide et chaud. Quant à l’effet du pH, il
dépend de la structure chimique de l’herbicide : les sulfonylurées sont rapidement
dégradées dans les sols acides, et par conséquent, ils sont plus persistants dans les
sols à pH alcalin. Tandis que les imidazolinones ont un comportement inverse.

4.6. Gestion des résidus des herbicides dans le sol


Les techniques et/ ou mesures qui permettent de minimiser les résidus des
herbicides dans le sol, et par conséquent, de réduire leur persistance et d’éviter
leurs éventuels arrière effets (ou effets accidentels) sur les cultures suivantes sont
nombreuses. D’emblée, il est faut signaler que la gestion des mauvaises herbes
selon les principes de la lutte intégrée est une approche permettant d’atteindre cet
objectif. En outre, le choix des herbicides à faible demi-vie et/ou à sans risque

- 132 -
d’arrière effet (Tableau 23), le mélange de deux ou plusieurs herbicides et
l’application la plus précoce possible sont des mesures ou pratiques (avant tout
contact entre les herbicides et le sol) qui conduisent à réduire le temps de
dissipation des herbicides dans le sol et à épargner les cultures suivantes contre
tout effet secondaire indésirable.

Une fois dans le sol, la persistance d’un herbicide pourrait être minimisée en
travaillant fréquemment le sol contaminé après la récolte de la céréale traitée
(pour favoriser la dégradation biologique et chimique) ou en réalisant un labour
profond (pour diluer la concentration de l’herbicide) avant l’installation de la
culture suivante ou en ajoutant de la matière organique au sol pour immobiliser
une quantité d’herbicide et/ou stimuler l’activité microbienne. L’apport fréquent
de petites irrigations est une autre possibilité pour accélérer la dégradation
chimique surtout des herbicides susceptibles à l’hydrolyse. En outre, le respect
des délais nécessaires entre l’application des herbicides et le semis de la culture
suivante, indiqués sur les prospectus de certains herbicides, est un élément à
considérer dans cette gestion. Ainsi, il est recommandé de lire attentivement les
fiches techniques des herbicides utilisés pour s’assurer de cette information et
d’éviter tout accident d’utilisation.

Dans le cas de soupçons de présence des résidus d’herbicides dans le sol (ou
utilisation d’herbicides ayant un arrière effet potentiel) et pour éviter toute
surprise, il est recommandé de procéder à une analyse chimique des échantillons
du sol contaminé. Parfois, cette analyse est difficile à réaliser pour des raisons
économiques et/ou techniques ou tout simplement pour l’incertitude (absence de
références) que la quantité détectée est suffisante pour déclencher un arrière effet.
Pour dépasser cette contrainte, les agriculteurs avertis et les techniciens font appel
aux essais biologiques au champ (Photo 46) ou sous serre (Photo 47) en semant
les semences des cultures d’une rotation sur le sol ayant reçu les herbicides
utilisés pour le désherbage de la céréale.

- 133 -
Photo 46: Essai au champ de l’effet résiduaire des herbicides anti- brome sur
certaines cultures (gauche à droite : lentille, petit-pois, pois-chiche,
fève et betterave)

Photo 47: Essai sous serre de l’effet résiduaire d’un herbicide sur certaines
cultures

- 134 -
REFERENCES
ABOUDRARE A., BOUAZIZ A. & CHEKLI H. (2000) Effet des différentes
séquences d’installation du blé sur la flore adventice et impact du
désherbage sur le rendement et l’efficacité d’utilisation de l’eau : cas de
la région de Meknès. Proceedings Journée Nationale sur le Désherbage
des Céréales, AMM, pp. 53-64.
AFPP (2011) Commission des essais Biologiques - Répertoire terminologique,
Décembre 2011.
AIT EL MEKKI A. (2006) Les politiques céréalières au Maroc. Les notes
d’analyse de CIHEAM, 7 : 1- 24.
ANONYME (2006) Guide pratique de désherbage des céréales à paille. Editions
Arvalis, Paris, France, 24 pages.
ANONYME (2011) Répertoire terminologiques en protection des plantes,
Commission des Essais Biologiques, AFPP, Paris, France, 104 pages.
ANONYME (2017) Gestion durable des adventices en céréales à paille. Editions
Arvalis, Paris, France, 172 pages.
ANONYME (2019) Index phytosanitaire, ACTA, Paris, France.
BAYE Y. (2014) Le ray-grass (Lolium rigidum Gaudin) résistant aux herbicides
« Fops » dans la région de Tadla (Maroc) : état d’infestation et gestion
intégrée. Proc. 9ème Congrès de l’AMPP, Rabat, pp. 243-253.
BENSLIMANE M. (2000) Compétitivité de quelques variétés du blé vis-à-vis
des mauvaises herbes. Mémoire de 3ème Cycle, option Phytiatrie,
I.A.V. Hassan II, Rabat.
BOUHACHE M. (2000) Problématique du brome dans les céréales : importance
et possibilités de lutte. Actes 1er Symposium International sur la filière
blé, Alger, pp. 119-121.
BOUHACHE M. (2008). Désherbage chimique des céréales d’automne.
Agriculture du Maghreb, 25, Janvier 2008, 57-62.
BOUHACHE M. (2008). Désherbage des céréales d’automne : Mode d’emploi
des herbicides antigraminées. Agriculture du Maghreb N° 32 Décembre
2008, 66-67.
BOUHACHE M. (2011). Désherbage chimique des céréales d’automne,
deuxième levier de réussite de la culture. Pack Agro, 101, Novembre
2011, 66-69.
BOUHACHE M. (2014) Désherbage chimique des céréales, qualité d’eau de
bouillie une facette ue par les agriculteurs. Agriculture du Maghreb, 78,
Décembre 2014,76-78.
BOUHACHE M. (2015) Adjuvants pour herbicides : additifs pour doper le
désherbage chimique. Agriculture du Maghreb, 90, Décembre 2015,
126-129.

- 135 -
BOUHACHE M. (2016) Adjuvants pour herbicides : quel additif pour quelle
situation. Agriculture du Maghreb, 91, Janvier 2016, 66-69.
BOUHACHE M. (2016) Rôle des safeners d’herbicides dans le désherbage
chimique des cultures. Agriculture du Maghreb, 99, Novembre
2016,110-113.
BOUHACHE M. (2017) Atouts et faiblesses des herbicides utilisables sur
céréales au Maroc. Agriculture du Maghreb (Hors série -
Céréaliculture), 100, Décembre 2016/ Janvier 2017,10-16.
BOUHACHE M. (2017) Mélange extemporané des herbicides : atouts et risques.
Agriculture du Maghreb, 101, Février 2017, 48-50.
BOUHACHE M. (2018) Résistance du Ray-grass aux herbicides : un nouveau
défi pour la céréaliculture au Maroc. Agriculture du Maghreb, 108,
Décembre 2017/ Janvier 2018, 68-71.
BOUHACHE M. (2018) Désherbage chimique des céréales : persistance des
herbicides dans le sol et risque de phytotoxicité aux cultures suivantes.
Agriculture du Maghreb, 114, Septembre/Octobre 2018, 78-81.
BOUHACHE M. (2018) Le chrysanthème à couronnes : une autre adventice des
céréales résistante aux herbicides. Agriculture du Maghreb, 115,
Novembre 2018, 70-73.
BOUHACHE M. (2019) Désherbage des céréales : la vulpie genouillée, une
graminée envahissante à guetter. Agriculture du Maghreb, 117, Février
2019, 94-97.
BOUHACHE M. & GHAMMARTE A. (2002) Effets allelopathiques de
l’oxalide sur la germination et la croissance des céréales. Proc. 5ème
Congrès A.M.M., Rabat, pp.51-60.
BOUHACHE M. et TALEB A. (2013). Orge des rats : une graminée adventice à
considérer dans le désherbage des céréales. Agriculture du Maghreb,
71, Novembre 2013, 170-172.
BOUHACHE M., LAKKARI A. & HILALI S. (1996) Influence of
environnemental factors on the control of Solanum elaeagnifolium by
glyphosate. Proceedings Second International Weed Control Congress,
Copenhagen, Vol. 3, pp. 801-805.
BOUHACHE M., BOULET C. & EL HAMRI D. (1999) Le thésium : une plante
hémiparasite des céréales d'automne dans la région des Abda. Proc.
Journée Nationale sur les Plantes Parasites, AMM, Meknès, pp. 67-73.
BOUHACHE M., EZZAHIRI B. & ZBAIR K. (1999) Impact du contrôle des
mauvaises herbes et de la septoriose sur la croissance et le rendement
du blé en irrigué. Proc. 2ème Symposium Régional sur les Maladies des
Céréales et Légumineuses Alimentaires, Nabeul, Tunisie, pp. 455-462.

- 136 -
BOUHACHE M., TALEB A. & GHARMMATE A. (2010) Allelopathic effects
of Oxalis pes-caprea L. on winter cereal crops. Proc. 2nd International
Workshop on invasive plants in Mediterranean type Regions of the
World, Trabzon (Turkey), EPPO, pp. 339-347.
BOUHACHE M., RZOZI S.B., TALEB A. & SAKHI M. (2000) Nécessité de
désherbage précoce des céréales pour la valorisation des inputs.
Proceedings Journée Nationale sur le Désherbage des Céréales, AMM,
pp. 93-107.
BOUHACHE M., TALEB A., El ANTRI M. & JAWAD A. (2001) Possibilité du
contrôle du Brome rigide avec le triallate dans une culture du blé. II
Internacional Simposium, Uso de herbicidas en la Agricultura del Siglo
XXI, Cordoba, Espagne, pp.521-528.
BOUHACHE M., RZOZI S. B., TALEB A., HASSNAOUI A. & RSSAISI N.
(1997) Possibilités de contrôle chimique du brome rigide (Bromus
rigidus Roth.). Actes Inst. Agron. Vet., Vol. 17 (4), 261-266.
BOULET C., TANJI A. & TALEB A. (1989) Index synonymique des taxons
présents dans les milieux cultivés ou artificialisés du Maroc. Actes Inst.
Agron. Vét. (Maroc), 9(3 & 4), 65-99.
BOULET C., BOUHACHE M., TALEB A. & WAHBI M. (1991) Les mauvaises
herbes du Souss. Edition actes, I.A.V. Hassan II, Rabat.
BOUTAHAR K. (2000) Récolte mécanisée du blé tendre en agriculture pluviale
marocaine : influence des adventices sur les pertes en grain et le taux
d’impuretés au stockage. Proc. Journée nationale sur le désherbage des
céréales, Settat, pp. 27 – 33.
CHAFIK Z., BERRICHI A. & TALEB A. (2012) Etude des mauvaises herbes
des céréales dans la plaine de la Moulouya (Maroc). Revue Marocaine
de Protection des Plantes, N° 3: 1-12.
CHAUVEL B., DARMENCY H., MUNIER N. & RODRIGUEZ A. (2018)
Gestion durable de la flore adventice des cultures. Editions Quae, Paris,
France, 354 pages.
DE PRADO J.L., CRUZ HIPOLITO H., BOUHACHE M. & TALEB A. (2010)
Situation actuelle de la résistance aux herbicides dans la région
méditerranéenne. Proc. 7ème Congrès de l’AMPP, Rabat, pp. 1-10.
DEVKOTA P., WHITFORD F. & JOHNSON W.G. (2016) Influence of spray-
solution temperature and holding duration on weed control with
premixed Glyphosate and Dicamba formulation. Weed Technology,
30:116-122.
EL ANTRI M., BOUHACHE M. & BENCHEIKH E. (1995) Utilisation du
triallate pour la lutte contre l'avoine stérile (Avena sterilis L.) dans une
culture du blé au Tadla. Proceeding du 2ème congrès de l'AMPP, Rabat,
pp. 113-123.

- 137 -
EL ANTRI M., BOUHACHE M. & HILLALI H. (1998) Wheat varieties
response to triallate. Proc. Méditerranéen Symposium, Montpellier,
France, pp. 373-374.
EL BRAHLI A., & MRABET R. (2000) La jachère chimique pour relancer la
céréaliculture non irriguée en milieu semi-aride marocain. Proceedings
journée nationale sur le désherbage des céréales, Association Marocaine
de Malherbologie, Settat, pp. 133-145.
EZZAHIRI B., BOUHACHE M. & ZBAIR K. (1999) Positionnement des
traitements herbicides et fongicides dans la conduite de la protection
phytosanitaire du blé en irrigué. Proc. 2ème Symposium Régional sur les
Maladies des Céréales et Légumineuses Alimentaires, Nabeul, Tunisie,
pp. 447-454.
EZZAHIRI B., BOUHACHE M. & MIHI M. (2017) Index Phytosanitaire du
Maroc, édition 2017. SOGELIV, Casablanca, 304p
GAUVRIT C. (1996) Efficacité et Sélectivité des herbicides. INRA, Versailles,
France, 168p.
HAJJAJ B., BOUHACHE M., MRABET R. & TALEB A. (2018) Stock
semencier des mauvaises herbes dans le sol et évolution de la flore de
surface sous système de semis direct. Revue Marocaine de Protection des
Plantes, 12: 1-17.
HAJJAJ B, BOUHACHE M., MRABET R., TALEB A. & DOUAIK A. (2016)
Efficacité de quelques herbicides des céréales dans une culture du blé
tendre conduite en semis direct. Marocaine des Sciences Agronomiques
et Vétérinaires, 4 (3): 48-56.
HAMAL A., RZOZI S.B. & BOUHACHE M. (1995) Lutte chimique contre le
brome (Bromus rigidus Roth.) dans le blé tendre dans le Saiss.
Proceedings du 2ème congrès de l'AMPP, Rabat, pp. 129-132.
HAMAL A., BENBELLA M. & IBRIZ H. (2010) Effet résiduel des herbicides
anti- brome sur les cultures succédantes le blé. Proc. 7ème Congrès de
l’AMPP, Rabat, pp. 281-286.
HAMAL A., BENBELLA M., MSATEF A., BOUHACHE M. & RZOZI S.B.
(1998). Lutte intégrée contre le brome rigide (Bromus rigidus Roth.) dans
une culture du blé dur (Triticum durum Desf.). Proc. International
Symposium On Crop Protection, Gent, Belgium, pp. 817-827.
HAMAL A., BENBELLA M., MSATEF A., BOUHACHE M. & RZOZI S.B.
(1998). Aspects biologiques du brome rigide (Bromus rigidus Roth.)
adventice des céréales du Maroc. Proc. International Symposium on Crop
Protection, Gent, Belgium, pp. 813-815.
HAMAL A., RZOZI S.B., BENBELLA M., BOUHACHE M. & MSATEF A.
(2000). Competitivité des varités de blé (Titicum durum Desf.) vis à vis
du brome raide (Bromus rigidus Roth.). Proc. Journée Nationale sur le
Désherbage des Céréales, A.M.M., Settat, pp. 19-25.

- 138 -
HAMAL A., RZOZI S.B., BENBELLA M., BOUHACHE M. & MSATEF A.
(2000). Tolérance des variétés de blé (Titicum durum Desf.) à la
métribuzine et au sulfosulfuron et contrôle du brome raide (Bromus
rigidus Roth.). Proc. Journée Nationale sur le Désherbage des Céréales,
A.M.M., Settat, pp. 127-131.
HAMAL A., ALAOUI S.B., BENBELLA M., BOUHACHE M. & AMEZIANE
T. (2007) Effet de la profondeur d’enfouissement sur la levée et la
viabilité des semences du brome (Bromus rigidus). Al Awamia, 121/122:
51-68.
HEAP I. (2020) International survey of herbicide resistant weeds.
[Link]
JAUZEIN P. (1995) Flore des champs cultivés. INRA, Paris, France.
KORI A. (2001) Investigation sur la possibilité de résistance des mauvaises
herbes aux herbicides des céréales (cas de Papaver rhoeas). Mémoire de
fin d’études de 3ème Cycle Agronomie, option Protection des Végétaux.
IAV Hassan II, Rabat.
MOSSEDDAQ F., ERROHI A. & DIAB A. (2000) Intensification de la conduite
du blé en irrigué au Tadla. Proceedings Journée Nationale sur le
Désherbage des Céréales, AMM, pp. 65-77.
NASSIF F. & TANJI A. (2001) Pourquoi les champs de blé sont-ils envahis par
les adventices ? Al Awamia, 103 : 61-70.
RSAISSI N. & BOUHACHE M. (2005). Lutte chimique contre l’Oxalide dans la
culture du blé. Proc. Symposium National sur les Vivaces au Maroc,
AMM, Mohammedia, pp. 155-162.
SCALLA R. (1991) Les herbicides : mode d’action et principes d’utilisation.
INRA, Paris, France, 464p.
SAFFOUR K. & BOUHACHE M. (1996) Possibilités d'utilisation de la
métribuzine contre le brome (Bromus rigidus Roth.) dans le blé tendre
(T. aestivum L.). Al Awamia, 94: 19-29.
TAHRI M., BENCHAABAN A. & OUATMANE A. (1994) Diversité
systématique des adventices messicoles du haouz Central de Marrakech.
Reu. Rés. Amélio. Agr. Milieu Aride, 6: 83-97.
TALEB A. (2016) Principales adventices des cultures au Maghreb (Algérie,
Maroc, Tunisie), Rabat.
TALEB A. & MAILLET J. (1994). Mauvaises herbes des céréales de la Chaouia
(Maroc). I. Aspect floristique. Weed Research, 34: 345-352.
TALEB A., BOUHACHE M. & RZOZI S.B. (1998). Flore adventice des
céréales d'automne au Maroc. Actes Inst. Agron. Vet. Hassan II, 18 (2),
121-130.

- 139 -
TALEB A., EZZAHIRI B. & BOUHACHE M. (1999) Liste annotée des
adventices hôtes des ennemis des céréales et légumineuses alimentaires
au Maroc. Proc. 2ème Symposium Régional sur les Maladies des Céréales
et Légumineuses Alimentaires, Nabeul, Tunisie, pp. 295-303.
TANJI A. (2000) Mauvaises herbes du blé et de l’orge dans le périmètre du Tadla.
Al Awamia, 102 : 49-57.
TANJI A. (1993) Analyse fourragère de 26 adventices du blé non irrigué en
Chaouia. Al Awamia, 83 : 59-75.
TANJI A. (2005) Adventices du blé et de l’orge au Maroc. INRA, Rabat, Maroc.
TANJI A. (2009) Efficacité des herbicides sur l’ivraie raide (Lolium rigidum).
Symposium International « Agriculture Durable en Région
Méditerranéenne (AGDUMED) », Rabat, Maroc, pp. 380-383.
TANJI A. (2009) Persistance des herbicides dans les sols marocains. Proc. Coll.
Intern. Gestion des Risques Phytosanitaires, AMPP, Marrakech, pp. 479-
486.
TANJI A. (2010) Adventices de l’orge et du blé dans la région de Souss-Massa.
Revue Marocaine de Protection des Plantes, 1: 11-23.
TANJI A. (2014) Attention à la résistance du ray-grass et du coquelicot.
Agriculture du Maghreb, 72, Janvier 2014, 68-73.
TANJI A. BOULET C. & REIGHER (1988) Mauvaises herbes des régions arides
et semi-arides du Maroc. Edition INRA, Rabat.
TANJI A., EL BRAHLI A. & JLIBENE M. (1992) Etude de la capacité
compétitive de quelques variétés de blé dur, blé tendre et d’orge et de
triticale. Al Awamia, 83 : 77-93.
TANJI A., MIRIMI Z., LAFTAH M., EZZAARI A. & JABBARI A. (2012) Lutte
intégrée contre l’ivraie raide (Lolium rigidum) résistante aux herbicides.
Proc. 8ème Congrès de l’AMPP, Rabat, pp. 421-433.
TANJI A., BAYE B. & BOUTFIRASS M. (2017) Evaluating postemergence
herbicides for broadleaf weed control in irrigated bread wheat (Triticum
aestivum L.). Journal of Experimental Biology and Agricultural
Sciences, 5(5): 614-622.
TANJI A., EL GHARRAS O., OUABBOU H. & MLADEN T. (2017) Weed
Dynamics in No-Till rainfed crops in Chaouia, semi-arid Morocco.
Journal of Agricultural Science, Vol. 9, No. 11: 198-208.
TANJI A. & BOUTFIRASS M. (2018) Effective Preemergence herbicides for
rigid ryegrass (Lolium rigidum Gaud.) control in irrigated bread wheat
(Triticum aestivum L.). Journal of Agricultural Science, Vol. 10, No. 4:
79-85.

- 140 -
TISSUT M., DELVAL P., MAMAROT J. & RAVANE P. (2006) Plantes,
herbicides et désherbage. ACTA, Paris, France.
VALANTIN-MORISON M., GUICHARD L. & JEUFFROY M.H. (2008)
Comment maîtriser la flore adventice des grandes cultures à travers les
éléments de l’itinéraire technique. Innovations Agronomiques, 3 : 27-41.
ZBAIR K., BOUHACHE M. & EZZAHIRI B. (2000) Intérêt du contrôle des
mauvaises herbes et la septoriose dans le blé tendre conduit en irrigué.
Proc. 4ème Congrès de l'AMPP, Rabat, pp. 171-178.
ZIDANE L., SALHI S., FADLI M., El ANTRI M., TALEB A. & DOUIRA A.
(2010) Étude des groupements d'adventices dans le Maroc occidental.
Biotechnol. Agron. Soc. Environ., Volume 14 (2010) Numéro 1: 153-
166.
ZIMDAHL R. L. & EL BRAHLI A. (1992) Pertes occasionnées par les
mauvaises herbes dans les céréales en zones semi-arides du Maroc
occidental. Al Awamia, 75:53-61.

- 141 -
Page laissée vierge
GLOSSAIRE

A
Adventice : espèce végétale étrangère à la flore indigène d’un territoire dans
lequel elle est accidentellement introduite et peut s’installer. Terme est aussi
utilisé comme synonyme de « mauvaise herbe ».
Allélopathie : interaction négative entre deux plantes d'espèces généralement
différentes, due à des substances toxiques libérées par un des organes vivant ou
mort de l’une d’elles et agissant sur la croissance de l’autre.
Antigraminée : substance active ou préparation herbicide permettant de lutter
spécifiquement contre les graminées (Syn. Graminicide).

B
Bonnes pratiques phytosanitaires (BPP) : ensemble de règles à respecter pour
assurer une efficacité optimale des préparations phytopharmaceutiques ou des
autres techniques de protection des plantes, tout en réduisant le plus possible les
risques liés à leur emploi. Elles impliquent, entre autres, de respecter la dose
d’emploi, le nombre d’applications, ainsi que le délai d’emploi avant récolte.
Bouillie : mélange, généralement dans l’eau, d’une préparation destinée à être
appliquée par pulvérisation, arrosage ou trempage. Une bouillie peut contenir
plusieurs préparations et des adjuvants.

C
Caryopse : fruit sec, indéhiscent, contenant une seule graine adhérente au
péricarpe.
Coléoptile : organe en forme d’étui recouvrant la tige embryonnaire et les
premières feuilles des jeunes plantules chez les graminées.
Compétition : interaction qui s’établit entre deux ou plusieurs organismes pour
l’utilisation d’une même ressource (lumière, eau, éléments nutritifs) lorsque la
demande dépasse les disponibilités.
Cuticule : couche externe et protectrice qui recouvre les organes aériens des
plantes vasculaires.

D
Demi-vie : la durée nécessaire à la réduction de 50 % de la quantité initiale de
substance (DT50). Elle est symbolisée par « t½ ».
Dérive : transport de fines gouttelettes de bouillie en dehors de la zone de
pulvérisation.
Désherbage : opération qui vise à éliminer les adventices nuisibles sur tout
(traitement généralisé) ou partie (traitement localisé ou traitement dirigé) de la
parcelle.

- 143 -
Diaspora : unité de dissémination : organe ou partie du végétal qui est chargée
de dissémination.
Dicotylédone : végétal dont la graine renferme un embryon à deux cotylédons.
La section des tiges et des racines s’accroît grâce à l’activité des cambiums et les
feuilles sont à nervures ramifiées.
Dormance : état de vie ralentie chez les végétaux. Il se traduit par le fait qu’un
organe, pourtant placé dans des conditions propices à sa croissance, n’évolue pas;
l’état dormant est induit et levé par certaines conditions climatiques ou
physiologiques.

E
Ecaille : reste d’une à deux fleurs stériles réduites à la base du caryopse ou
feuilles rudimentaires collées sur un organe.
Efficacité : effet recherché d’une ou plusieurs préparations
phytopharmaceutiques vis-à-vis des organismes nuisibles.
Endémique : se dit d’une espèce vivante propre à un territoire bien délimité.
Engainant : qualifie un organe (feuille, pétiole, stipule) formant à sa base
une gaine autour de la tige ou du rameau.
Ennemi des cultures : expression générale désignant un organisme vivant,
nuisible aux plantes cultivées (mauvaise herbe, agent pathogène, ravageur).
Epinastie : courbure vers le bas d’une plante sous l’effet d’herbicides surtout les
phytohormones.
Ethologie : le comportement des espèces et en particulier sa signification et ses
réponses adaptatives aux conditions de milieu.

F
Formulation : processus industriel qui aboutit à la fabrication d’une préparation
phytopharmaceutique ou biocide. Terme aussi utilisé pour désigner le type de
présentation physique des préparations.

G
Géophyte à bulbilles : se dit d’une plante vivace qui passe la mauvaise saison
sous forme de petits bulbes enfouis dans le sol.
Germination : passage à la vie active d’un organe de conservation ou de
dissémination d’un végétal après une période de repos.
Graine : produit de l’évolution d’un ovule fécondé. Elle renferme l’embryon et
des tissus de réserve, protégés par des téguments. Sa germination donne naissance
à une nouvelle plante.
Glabre : organe dépourvu de poils.
Graminicide : voir antigraminée

- 144 -
Graminée : plante herbacée monocotylédone, à tige souterraine courte (plateau
de tallage) dont partent, à chaque nœud, des racines et une tige aérienne (chaume).
Syn. Poacée (nom scientifique).

H
Herbicide : substance active ou préparation ayant la propriété de tuer les
végétaux. Syn. Désherbant.
Herbicide foliaire : herbicide pulvérisé sur les feuilles et absorbé par celles-ci.
Herbicide racinaire : herbicide appliqué sur le sol et absorbé par les racines.
Herbicide de contact : herbicide de post-levée très peu mobile dans la plante et
qui n’entraîne de dommages des tissus qu’autour des points d’impact et de
pénétration.
Herbicide systémique : herbicide de pré-levée ou de post-levée qui migre dans
la plante par le bois ou le liber, depuis les points de pénétration (racine ou feuille)
jusqu’au site d’action.
Herbicide sélectif : herbicide que peut tolérer une espèce cultivée dans des
conditions d’emploi bien définies.
Herbicide total : herbicide efficace sur l’ensemble des plantes, mauvaises herbes
et espèces cultivées.
Hypocotyle : axe situé au-dessous des cotylédons.

I
Incorporation : opération qui consiste à mélanger au sol une préparation
phytopharmaceutique (et spécialement un herbicide) de manière homogène et sur
une épaisseur déterminée.
Infestation : envahissement d'un milieu, d’une plante-hôte ou d’une culture, par
une population d’organismes ou de plantes nuisibles.

L
Lessivage : mouvement vertical d’un pesticide vers les horizons profonds d’un
sol.
Ligule : membrane prolongeant la gaine des graminées.
Luisante : ayant un éclat ou brillance.

M
Mauvaise herbe : plante herbacée ou ligneuse indésirable à l'endroit où elle se
trouve. Syn. Adventice.
Mélange extemporané : mélange de préparations (phytopharmaceutiques,
adjuvantes) réalisé au moment de la confection de la bouillie.
Messicole : plante se développant dans les moissons.

- 145 -
Métabolite : tout produit du métabolisme ou de la dégradation d’une substance
dans un organisme vivant ou dans l’environnement.
Mode d’action : mécanisme qui permet d’expliquer l’effet d’un produit
phytopharmaceutique ou d’un produit biocide.
Monocotylédone : végétal dont la graine renferme un embryon à un seul
cotylédon. La tige et la racine sont, sauf exception, dépourvues de cambiums et
donc de formations secondaires ; les feuilles sont très généralement à nervures
parallèles non ramifiées.
Mouillant : formulant ou adjuvant dont la présence améliore l’étalement de la
bouillie sur une surface traitée.
Mutation : modification, le plus souvent héréditaire, du génome d’une cellule.
Elle peut être spontanée ou induite par des agents physiques ou chimiques. Elle
peut affecter aussi bien des cellules somatiques que des cellules germinales.

N
Nervation parallèle : se dit d'une nervation parallèle dans le sens de la longueur
d'une feuille dite parallélinerve.
Nervure digitée : nervures disposées comme les doigts d’une main.
Nervure pennée : nervures secondaires disposés par paires opposées de part et
d’autre de la nervure principale.

O
Oreillette : expansion latérale présente de part et d’autre de la ligule de la feuille
des graminées.

P
Parasitisme : développement d’un organisme animal ou végétal aux dépens d’un
organisme appelé hôte, pendant tout ou partie de son cycle vital, en lui portant
préjudice sans entraîner obligatoirement sa mort.
Pétiolé : s’attache sur la tige par un pétiole.
Phytotoxicité : altération passagère ou irréversible occasionnée à des végétaux
cultivés par un produit phytopharmaceutique.
Plantule : jeune plante issue de la germination de la graine après la levée.
Pilosité : ensemble de poils sur un organe.
Préfoliaison (préfoliation) : mode d’enroulement des jeunes feuilles dans les
bourgeons.

R
Rémanence (Persistance d’action) : durée pendant laquelle un produit
phytopharmaceutique manifeste une activité biologique. Cette persistance peut
être le fait de la substance active, de ses produits de dégradation ou de sa
formulation.

- 146 -
Résidu : substance susceptible d’être présente dans ou sur des végétaux, des
produits d'origine végétale ou animale, dans un milieu ou l’un des compartiments
de l’environnement (sol, air, eau…) à la suite de l'emploi d’un produit
phytopharmaceutique.
Résistance : absence d'inhibition ou inhibition réduite du développement d'un
organisme nuisible après application d'un produit phytopharmaceutique. Cette
résistance peut être naturelle ou acquise.
Rosette : ensemble de feuilles disposées au ras du sol, sur des nœuds très
rapprochés.

S
Sélectivité : propriété d’une préparation qui, utilisée dans des conditions
d’emploi définies, permet de lutter contre des organismes nuisibles aux plantes
cultivées en épargnant les organismes utiles. Ex. Pour un herbicide, respect de la
plante cultivée ; pour un insecticide, respect des auxiliaires utiles.
Semence : graine, fruit ou partie de fruit qui contribue à la multiplication et à la
dispersion d’une plante.
Spectre d’action : ensemble des espèces ou variétés d’adventices, d’agents
pathogènes ou de ravageurs contre lesquels un produit phytopharmaceutique
exerce une action.
Sessile : dépourvu de pétiole.
Site d’action : la première fonction physiologique perturbée par un herbicide.

T
Thérophyte : plante annuelle dont la reproduction n’est possible que par graines.
Tigelle d’emblée allongée : plantule à feuilles disposées sur la tige, sur des
nœuds bien distincts ou séparés (entre-nœuds apparents).
Traitement : opération consistant à utiliser une ou plusieurs préparations
phytopharmaceutiques ou biocides, ou à mettre en œuvre d’autres moyens de
lutte, dans des conditions d’emploi définies.
Traitement dirigé : traitement réalisé avec un matériel adapté (buses spéciales,
caches buses) permettant de protéger la plante cultivée ou les parties sensibles de
celle-ci.
Traitement fractionné : opération consistant à appliquer en plusieurs fois,
généralement à de courts intervalles, une préparation à doses réduites, le total des
doses appliquées n’excédant pas la dose d’emploi autorisée. Syn. Application
fractionnée.
Traitement généralisé : traitement effectué sur la totalité, soit de la végétation,
soit de la surface d’un terrain, cultivé ou non.
Traitement localisé : traitement effectué sur une partie seulement, soit de la
végétation, soit de la surface d’un terrain, cultivé ou non.

- 147 -
Page laissée vierge
Annexe 1 : Répertoire des herbicides utilisés ou utilisables sur céréales
Herbicides Dose/ha Composition Code Société
HRAC
Herbicides de pré-semis
Allout 480 SL 2L Glyphosate (480 g/L) G Agri Trade
Maroc
Atila 3L Glyphosate (360 g/L) G Agrival
Barclay 3L Glyphosate (360 g/L) G Phyto Beht
Barbarian Super
360
Barclay Gallup 3L Glyphosate (360 g/L) G Phyto Beht
Super 360
Barclay Glyfort 2,5 L Glyphosate (450 g/L) G Phyto Beht
450
Barclay Prol 4L Diquat (200 g/L) D Phyto Beht
Basta F1 3L Glufosinate ammonium H Basf Maroc
(150 g/L)
Boom Efekt 3L Glyphosate (360 g/L) G Arzak Seeds
Trade
Boom super 3L Glyphosate (360 g/L) G Arzak Seeds
Trade
Buggy Green 3L Glyphosate G Sipcam
Inagra
Maroc
Clean 3L Glufosinate ammonium H Prochimagro
(150 g/L)
Diqua 4L Diquat D Ezzouhour
Diss 2L Glyphosate (480g/L) G Lakorale
Facinate 3L Glufosinate ammonium H CPCM
(150 g/L)
Glyfo TDI 3L Glyphosate (360 g/L) G Soprochiba
Glyster Fort 3L Glyphosate (360 g/L) G Arzak Seeds
Trade
Granup 41 3L Glyphosate (360 g/L) G Ezzouhour
Gramoxone 4L Diquat (66 g/L) D Syngenta
Plus Paraquat (132 g/L) D Maroc
Heat WG 70 g Saflufénacil (70%) E Basf Maroc
Kalach 3L Glyphosate (360 g/L) G Calimaroc
Kyleo 3L 2,4D (160 g/L) O Amaroc
Glyphosate (240 g/L) G

- 149 -
Annexe 1 : (Suite)
Nasa Green 36 3L Glyphosate (360 g/L) G Agro Spray
SL Technic
Omniquat 2,2-4,5 L Paraquat (180 g/L) D SAOAS
Patriot 360 SL 3L Glyphosate (360 g/L) G Capital
Agri-Science
Raudo 3L Glyphosate (360 g/L) G Prochimagro
Reglone 4L Diquat (200 g/L) D Syngenta
Maroc
Rondo 2L Glyphosate (480 g/L) G Lakorale
Roundup Turbo 2L Glyphosate (450 g/L) G Alfachimie
Samba 3L Glyphosate (360 g/L) G Prochimagro
Stinger 3L Glyphosate (360 g/L) G Capital
Agri-Science
Sweep 2,5 L Glyphosate (480 g/L) G Agripharma
Symbol 3L Glyphosate (360g/L) G CPCM
Systemic 3L Glyphosate (360g/L) G Spraykem
Typhoon 290 3L Diflufenican (40 g/L) F1 SAOAS
SC Glyphosate (250 g/L) G
Vesta SL 3L Glyphosate (360 g/L) G Kemagro
Yphos 48 SL 2L Glyphosate (480 g/L) G Agrichimie
Herbicides de pré-levée
Avadex Factor 3,6 L Triallate (450g/L) K3 Prochimagri
Benjweed 400 2,5 L Pendiméthaline (400 g/L) K1 Capital
SC Agri-Science
Boxer 800 EC 5L Prosulfocarbe (800 g/L) K3 Syngenta
Maroc
Clortosint SC 3,6 l Chlortoluron (500 g/L) C2 Amaroc
Fist 30 EC 3,3 L Pendiméthaline (30%) K1 Calimaroc
Panida 3L Pendiméthaline (33%) K1 Philea
Pendifix 33 EC 3L Pendiméthaline (33%) K1 Agro Spray
Technic
Pendofort 3L Pendiméthaline (330 g/L) K1 Ezzouhour
Prowl 3L Pendiméthaline (330 g/L) K1 Basf Maroc
Prowl aqua 2,2 L Pendiméthaline (455 g/L) K1 Amaroc
Vigon 0,5 L Diflufenican (60 g/L) F1 Bayer SA
Flufenacet (240 g/L) K3
Flurtanone (120 g/L) F1

- 150 -
Annexe 1 : (Suite)
Herbicides anti- graminées et dicotylédones de post-levée
Apyros 75 WG 26,6 g Sulfosulfuron (75%) B Alfachimie
Archipel OD 1.0 L Iodosulfuron –méthyl-sodium B Bayer SA
(7,5 g/L)
Mefenpyr –diéthl (22,5 g/L) -
Mesosulfuron-méthyl (7,5 B
g/L)
Atlantis 500 g Iodosulfuron –méthyl-sodium B Bayer SA
(6 g/L)
Mefenpyr –diéthl (90 g/L) -
Mesosulfuron-méthyl (30g/L) B
Atlantis OD 1,5 L Iodosulfuron –méthyl-sodium B Bayer SA
(2 g/L)
Mefenpyr –diéthl (30 g/L) -
Mesosulfuron-méthyl (10 g/L) B
Broadway 320 g Cloquintocet-méxyl (70,8 - Promagri
g/Kg)
Florasulame (14,2 g/Kg) B
Pyroxsulame (70,8 g/Kg) B
Broadway Star 320 g Cloquintocet-méxyl (70,8 - Prochimagro
g/Kg)
Florasulame (14,2 g/Kg) B
Pyroxsulame (70,8 g/Kg) B
Cossack OD 1,0 L Iodosulfuron –méthyl-sodium B Bayer SA
(7,5 g/L)
Mefenpyr –diéthl (22,5 g/L) -

Mesosulfuron-méthyl (7,5 B
g/L)
Everest 70 WG 43 g Flucarbazone sodium (70%) B SIPP
Floramix 320 g Cloquintocet-méxyl (70,8 - Promagri
g/Kg)
Florasulame (14,2 g/Kg) B
Pyroxsulame (70,8 g/Kg) B

- 151 -
Annexe 1 : (Suite)
Kalenkoa 0,8 L Diflufenican (120 g/L) F1 Amaroc
(Bayer SA)
Iodosulfuron-méthyl- sodium B
(7,5 g/L)
Mefenpyr-diethyl (27 g/L) -
Mesosulfuron-methyl (9 g/L) B
Navigator 1,0 L Cloquintocet-méxyl - Syngenta
(11,25g/L) Maroc
Florasulame (5g/L) B
Pinoxaden (45g/L) A
Othello 1,0 L Diflufenican (50 g/L) F1 SAOAS
Iodosulfuron-méthyl-sodium B (Bayer SA)
(2,5 g/L)
Mefenpyr-diethyl (22,5g/L) -
Mesosulfuron-methyl (7,5g/L) B
Pallas 45 OD 0,5 L Cloquintocet-méxyl (90 g/L) - Promagri
Pyroxsulame (45 g/L) B
Swipe 1,0 L Clodinafop-propargyl (30 g/L) A Syngenta
Maroc
Cloquintocet-méxyl (7,5 g/L) -

Florasulame (7,5 g/L) B

Pinoxaden (30 g/L) A


Herbicides anti- graminées de post-levée
Axoris ultra 0.75 L Clodinafop-propargyl (80 A Phyto Beht
g/L)

Cloquintocet-méxyl (20 g/L) -


Axial 045 EC 1,0 L Cloquintocet-méxyl (11,25 - Marbar
g/L) chimie
(Syngenta
Pinoxaden (45 g/L) A
Maroc)
Axial 050 EC 1,0 L Cloquintocet-méxyl (12,5 - Marbar
g/L) chimie
Pinoxaden (50 g/L) A (Syngenta
Maroc)

- 152 -
Annexe 1 : (Suite)
Brumby 80 EC 0,75 L Clodinafop-propargyl (80 A CPCM
g/L)
Cloquintocet-méxyl (20 g/L) -

Cordon 1,0 L Fénoxaprop-p-éthyl (69 g/L) A CPCM

Mefenpyr-diethyl (21 g/L) -

Fenoxethyl 1,0 L Fénoxaprop-p-éthyl (69 g/L) A Ezzouhour

Mefenpyr-diethyl (21 g/L) -

Herbifort 1,0 L Fénoxaprop-p-éthyl (69 g/L) A Protectagri

Mefenpyr-diethyl (21 g/L) -

Karneka 0,75 L Clodinafop-propargyl (80 A Soprochiba


g/L)
Cloquintocet-méxyl (20 g/L) -

Pikto 080 EC 0,75 L Clodinafop-propargyl (80 A Syngenta


g/L) Maroc
Cloquintocet-méxyl (20 g/L) -
Puma super 1,0 L Fénoxaprop-p-éthyl (69 g/L) A Bayer SA

Mefenpyr-diethyl (18,75 -
g/L)
Rubah 0,75 L Clodinafop-propargyl (80 A Univers
g/L) Horticole
Cloquintocet-méxyl (20 g/L) -

Tallis 240 EC 0,25 L Clodinafop-propargyl (240 A Alfachimie


g/L)
Cloquintocet-méxyl (60 -
g/L)

Topaxos 0,25 L Clodinafop-propargyl (240 A Agro Spray


g/L) Technic
Cloquintocet-méxyl (60 -
g/L)

- 153 -
Annexe 1 : (Suite)
Tiptop 240/60 0,25 Clodinafop-propargyl (240 A Proteco
EC L g/L)
Cloquintocet-méxyl (60 g/L) -
Topik 080 EC 0,75 Clodinafop-propargyl (80 g/L) A Marbar
L chimie
Cloquintocet-méxyl (20 g/L) - (Syngenta
Maroc)
Traxos 045 EC 1,2 L Clodinafop-propargyl (22,5 A SIPP
g/L) (Syngenta
Cloquintocet-méxyl (6,25 - Maroc)
g/L)
Pinoxaden (22,5 g/L) A
Traxos 050 EC 1,0 L Clodinafop-propargyl (25 g/L) A SIPP
(Syngenta
Cloquintocet-méxyl (6,25 - Maroc)
g/L)
Pinoxaden (25 g/L) A
Herbicides anti- dicotylédones de post-levée
Adenttis 75 WG 12,5 g Tribénuron-méthyle (750 B Agreva
g/Kg)
Agrios 860 0,5 L 2,4-D -sel d'amine (860 g/L) O Arzak Seeds
Trade
Agroxone F 1,25 2,4 MCPA -sel de O Marbar-
L diméthylamine (240 g/L) Chimie
2,4-D (240 g/L) O
Al Fahd Mix 1,25 2,4 MCPA -sel de O CPCM
L diméthylamine (240 g/L)
2,4-D -sel de diméthylamine O
(240 g/L)
Aminopielek 1,25 2,4-D -sel d'amine (600 g/L) O Soprochiba
L
Aura 0,5 L 2,4-D -sel d'amine (860 g/L) O Agrival
Baton 600 0,75 2,4-D - 2-éthylhexyl ester O Capital
L (600 g/L) Agri-Science
Bomba WG 12,5 g Florasulame (187 g/Kg) B Proteco

Tribénuron-méthyle (563 B
g/Kg)
Calidicote 0,6 L 2,4-D -sel d'amine (720 g/L) O Protectagri

- 154 -
Annexe 1 : (Suite)
Cereprane 480 0,5- 2,4-D -sel de diméthylamine O Agro Spray
0,75 L (575 g/L) Technic
Cheval et lion 2,0 -3,0 2,4-D - 2-éthylhexyl ester O SIPP
L (200 g/L)
Corida 75 WG 12,5 g Tribénuron-méthyle (750 B Philea
g/Kg)
Dam 1,0 L 2,4-D -sel d'amine (400 g/L) O Philea
Damen 0,5 L 2,4-D -sel d'amine (860 g/L) O Lakorale
Dales 30 g Metsulfuron-méthyle (20%) B Kemagro
Deft 30 g Metsulfuron-méthyle (20%) B Alfachimie
Derby 175 SC 0,05 L Florasulame (75 g/L) B Prochimagro
Flumetsulam (100 g/L) B
Desormone 1,0 L 2,4-D -sel de diméthylamine O Amaroc
(500 g/L)
Dialen Super 0,75 L 2,4-D (344 g/L) O Syngenta
SL Dicamba -sel de O Maroc
dimethylammonium (120
g/L)
Dicopur 0,5 L 2,4-D -sel de diméthylamine O Agrichimie
(500 g/L)
Dicostar 12,5 g Tribénuron-méthyle (75%) B Calimaroc
Drass 860 0,5 L 2,4-D -sel d'amine (860 g/L) O Arzak Seeds
Trade
2 Kat 0,5 L 2,4-D -sel d'amine (860 g/L) O Spraykem
El Afrit 200 2-3 L 2,4-D –ester butylglycol O Amaroc
(200 g/L)
El Caoui 720 0,6 L 2,4-D -sel de diméthylamine O CPCM
SL (720 g/L)
El Ghoul 1,0 L 2,4-D -ester isoctylique (480 O SIPP
g/L)
Fadel 1,0 L 2,4-D -sel de diméthylamine O Kemagro
(500 g/L)
Granstar 75 DF 12,5 g Tribénuron-méthyle (75%) B Agrimatco
Hdidane ultra 1,0 L Fluroxypyr (200 g/L) O Phyto Beht
Herboxone 1,0 L 2,4 MCPA -sel de O Soprochiba
Combi diméthylamine (250 g/L)

2,4-D -sel de diméthylamine O


(250 g/L)

- 155 -
Annexe 1 : (Suite)
Imbrator 72 SL 0,6 L 2,4-D -sel d'amine (720 g/L) O Agro Spray
Technic
Lancelot 450 33 g Aminopyralide (300 g/kg) O Promagri
WG Florasulame (150 g/Kg) B
Lancelot Neo 33 g Aminopyralide (300 g/kg) O Agrimatco
Florasulame (150 g/Kg) B
Lintur 70 WG 150 g Dicamba (65,9%) O Syngenta
Triasulfuron (4,1%) B Maroc
Maton 600 0,6 L 2,4-D -ester butylglycol (600 O Arzak Seeds
g/L) Trade
Mega 2,4D 0,5 L 2,4-D -sel d'amine (860 g/L) O Lakorale
Mengel 24 EC 2,0 L 2,4-D -ester butylglycol (240 O Arzak Seeds
g/L) Trade
Metro 30 g Metsulfuron-méthyle (20%) B Spraykem
Metsy 30 g Metsulfuron-méthyle (20%) B Calimaroc
Mezzo 30 g Metsulfuron-méthyle (20%) B SIPP
Mustang forte 0,5 L 2,4-D (271,5 g/L) O Promagri
Aminopyralide (10 g/L) O
Florasulame (5 g/L) B
Mustang 306 0,6 L 2,4-D (300 g/L) O Promagri
SE Florasulame (6,25 g/L) B
Netagrone 600 0,6 L 2,4-D -ester butylglycol (600 O Agrichimie
g/L)
Nuance 12,5 g Tribénuron-méthyle (75%) B Agrichimie

Nautilus 30 g Thifensulfuron méthyle (400 B CPCM


g/Kg)
Tribénuron-méthyle (150 B
g/L)
Poirot WG 12,5 Tribénuron-méthyle (75%) B ACI
Equipments
Primma Star 12,5 Tribénuron-méthyle (75%) B Agrimatco
Printazol 75 1,0 L 2,4 MCPA -sel d'amine (285 O Bayer SA
g/L)
2,4-D -sel d'amine (330 g/L) O
Procamba 0,5 L Dicamba -sel dimethylamine O Soprochiba
(480 g/L)

- 156 -
Annexe 1 : (Suite)
Quelex 60 g Florasulame (100 g/kg) B Promagri
Halauxifène-méthyle (100 O
g/kg)
Rama SL 0,5 L Dicamba -sel dimethylamine O Kemagro
(480 g/L)
Rasor 72 SL 0,6 L 2,4-D -sel d'amine (720 g/L) O Newprotect
Sekator OD 0,15 L Amidosulfuron (100 g/L) B Bayer SA
Iodosulfuron-méthyl-sodium B
(25 g/L)
Mefenpyr-diethyl (250 g/L) -
Selectone D55 1,0 L 2,4-D -sel d'amine (550 g/L) O Philea
Skylla 12,5 g Tribénuron-méthyle (75%) B CPCM
Starkem 60 WG 10 g Metsulfuron-méthyle (600 Arzak Seeds
g/Kg) Trade
Tornado SE 0,6 L 2,4-D (300 g/L) O SAOAS
Florasulame (6,25 g/L) B
Toro 720 SL 0,6 L 2,4-D -sel de diméthylamine O Promagri
(720 g/L)
U 46 Combi 0,8 L 2,4 MCPA -sel de O Amaroc
fluid diméthylamine (300 g/L)
2,4-D -sel de diméthylamine O
(350 g/L)
Vega 72 SL 0,6 L 2,4-D -sel d'amine (720 g/L) O Capital
Agri-Science
Volteo 12,5 g Tribénuron-méthyle (75%) B Agrival
Yedester 225 2,0 L 2,4-D -ester butylglycol (225 O Agrichimie
g/L)
Zoom 150 g Dicamba (65,9 %) O Syngenta
Triasulfuron (4,1 %) B Maroc

- 157 -
Annexe 2: Code HRAC des herbicides utilisés ou utilisables sur céréales
Code Fonction Site d’action Familles Matières
physiologique chimiques actives
A Synthèse des Inhibition de Aryloxyphénoxy Clodinafop-
lipides l’acétyl propionates (Fops) propargyl
Coenzyme A Fénoxaprop-P-
carboxylase éthyle
(Accase) Phenylpyrazolines Pinoxaden
(Den)
B Synthèse des Inhibiteurs de Sulfonylurées Amidosulfuron
acides aminés l’acétolactate Iodosulfuron-
synthétase méthyl sodium
(ALS) Mesosulfuron-
méthyle
Metsulfuron-
méthyle
Sulfosulfuron
Thifensulfuron
- méthyle
Triasulfuron
Tribénuron-
méthyle
Florasulame
Triazolopyrimidines Flumetsulame
Pyroxsulame
Sulfonyl-amino- Flucarbazone
carbonyl- sodium
triazolinones
C1 Photosynthèse Blocage des Triazinones Métribuzine
C2 électrons du Urées substituées Chlortoluron
photosystème II
D Photosynthèse Détournement Bipyridiles Diquat
des électrons du Paraquat
photosystème I
E Photosynthèse Inhibition de la Pyrimidinediones Saflufénacil
protoporphyrino
gène oxydase
(PPO)
F1 Photosynthèse Inhibition de la Pyridinécarboxamides Diflufenican
phytoène (DFF)
désaturase Furanones Flurtamone
(PDS)

- 159 -
Annexe 2 : (Suite)
G Synthèse des Inhibition de la Glycines Glyphosate
acides aminés phosphénolpyru
vate shykimate
synthétase
(EPSP)
H Synthèse des Inhibition de la Acides Glufosinate-
acides aminés glutamine phosphoniques ammonium
synthétase
K1 Division Inhibition de Dinitroanilines Pendiméthaline
cellulaire l’assemblage
des
microtubules
K3 Synthèse des Inhibition des Oxyacétamides Flufenacet
lipides enzymes
élongases et de
cyclisation
(cires et
subérine)
Inhibition des Thiocarbamates Prosulfocarbe
enzymes de Triallate
cyclisation et
géranyl géranyl
phosphate
(gibbérellines)
O Régulation de Activation de la Acides phenoxy- 2,4 D
l’auxine division et de carboxyliques MCPA
l’élongation Acides benzoïques Dicamba
cellulaire Acides pyridine Aminopyralide
(croissance carboxyliques Clopyralide
désorganisée) Pyridyloxy- Fluroxypyr
carboxyliqes
Arylpicoliniques Halauxifène-
méthyle

- 160 -
Annexe 3: Adresses des Sociétés ou détenteurs des herbicides cités

ACI EQUIPMENTS AGRIPHARMA

Siège social : 27, Lotissement Zeina, Siège social : 2, Allée des Villas (T), Aïn
Zone industrielle, Bouskoura, - Sebâa- Casablanca –
Casablanca – Tél. : 0522355927/355713
Tél. : 0522405329/30 Fax : 0522356122
Fax : 0522405335
Email : aci@[Link] ; AGRIVAL
[Link]@[Link]
Siège social : 49-53, Rue Capitaine
AGREVA Thiriat, Aïn Borja- Casablanca -

Siège social : N° 41, Parc industriel Ouled AGRO SPRAY TECHNIC


Saleh C.F.C.I.M.- Nouaceur –
Tél. : 0522590959 Siège social : Lot N° 28, Quartier
Email : noureddine_chetoui@[Link] Industriel Takadoum- Rabat –
Tél. : 0537638432/62
AGRI TRADE MAROC Fax : 0537638537
Email : info@[Link]
Siège social : 108, Boulevard
Ambassadeur Ben Aicha- Casablanca ALFACHIMIE
Tél. : 052245900
Fax : 052245885 Siège social : Immeuble Matignon,
Nouveau Quartier des Affaires, Colline 2,
AGRICHIMIE Lot 5, 4éme Étage - Sidi Maarouf-
Casablanca –
Siège social : Km 9,5, Bd Chefchaouni- Tél. : 0522321311/1289
Casablanca – Fax : 0522321293
Tél. : 05 22340147/22340095
Fax : 05 22352295 AMAROC
Email : [Link]@[Link]
Siège social : 152 - Bd Abdellah Ben
AGRIMATCO Yacine - 20300- Casablanca –
Tél. : 0522242471/72Fax :
Siège social : 27, Boulevard Zerktouni 0522244453Email : contact@amaroc-
B.P. : 20360- Casablanca – [Link]
Tél. : 0522487661/62/63
Fax : 0522487664 ARZAK SEEDS TRADE
Email : [Link]@agrimatco-
[Link] Siège social: 61, Rue Allal Ben Ahmed
Amkik - Belvédère - 20300- Casablanca
Tél. : 0522800344/0435
Fax : 0522800257

- 161 -
Annexe 3 : (Suite)

EZZOUHOUR
BASF MAROC
Siège social : Zone Industrielle, Lot. 652,
Siège social : La Marina, Tour Ivoire 3, Ait Melloul –
2éme étage - 20000 CASABLANCA -- Tél. : 0528240569
Casablanca – Fax : 0528241820
Tél. : 0522355719/66/76 Email : info@[Link]
Fax : 0522350136
Email : [Link]@[Link] KEMAGRO

BAYER SA Siège social : Ichrak Center Immeuble N°


26, bureau N° 8, Route d'El Jadida,
Siège social : Bd. Sidi Mohamed Ben Lissasfa 20200,- Casablanca –
Abdellah, Casablanca Marina, Tours Tél. : 0522921616
d'Ivoire 1, Etage 3,- Casablanca – Fax : 0522921290
Tél. : 0522954822 Email : kemagro@[Link]
Fax : 0522392413
Email : [Link]@[Link] LAKORALE

CALIMAROC Siège social : Hay El Farah, Rue 88, N°


94, 1er étage Casablanca El Fida-
Siège social : 82 - Rue des Oudayas La Casablanca –
Villette- Casablanca – Tél. : 0522964200
Tél. : 0522623715/3664 Fax : 0522963287
Fax : 0522623904 Email : lakorale@[Link]
Email : calimaroc@[Link]
MARBAR-CHIMIE
CAPITAL AGRI-SCIENCE
Siège social : Route 110, Bd Aicha Bent
Siège social : 39, Boulevard Lalla Yacout Haimoud, Zi, Aïn Sebâa- Casablanca –
– 5 éme Étage – Appt. D 20080- Tél. : 0522354200/4686
Casablanca – Fax : 0522354204
Tél. : 05 22 33 87 27
Fax : 05 22 33 80 34 NEWPROTECT
Email :
commercial@[Link] Siège social : 10 Rue Liberté, 3 ème
étage, Appt. N° 5,- Casablanca
CPCM Tél. :
0522561507/0522450415/0661687666
Siège social : Boulevard Oukat Badi Fax : 0522564080
20300- Casablanca – Email : newprotect18@[Link]
Tél. : 0522402070/1296
Fax : 0522248344
Email : cpcm@[Link]

- 162 -
Annexe 3 : (Suite)

PHILEA PROTECTAGRI

Siège social : 39, Rue de Lille - Bélvédère Siège social : 24 - Rue Rahal Ben Ahmed
20310- Casablanca – Résidence Lamyae- Casablanca
Tél. : 0522541911/12 Tél. : 0522619130
Fax : 0522541913 Fax : 0522619130
Email : philea@[Link]
SAOAS
PHYTO BEHT
Siège social : Zone Industrielle Tassila
Siège social : 3, Avenue Maghreb Al III- Agadir –
Arabi- Sidi Slimane – Tél. : 0528331010
Télé ; 0537501495. Fax : 0537502165 Fax : 0528333582
Email : elhoussaini@[Link]
PROCHIMAGRO
SIPCAM INAGRA MAROC
Siège social : Km 40, Route El Jadida, Bir
Jdid- Settat - Siège social : Quartier industriel, Rue
206, N° 260,- Kénitra –
PROMAGRI Email : info@[Link]

Siège social : B.P. : 27 - Sidi Maarouf- SIPP


Casablanca –
Tél. : 0522335054/59/79 Siège social : 158, Boulevard Abdellah
Fax : 0522335164 Ben Yacine- Casablanca –
Email : contact@[Link] ; Tél. : 0522409556/ 0522409557 ;
promagri@[Link] 0522409558 ; 0522409559
Fax : 0522409560
PROTECO Email :

Siège social : Angle Avenue Hassan II, 1, SIPSOPROCHIBA


Rond Point Saint-Exupéry, N° 24, 4ème
étage- Casablanca – Siège social : 13, Rue de Meknès, Hay
Tél. : 0522475050/5734 Hassani- Berkane –
Fax : 522222660 Tél. : 0523342833/23352106
Email : PROTeco@[Link] Fax : 05 23 34 08 06
Email : soprochiba@[Link]

- 163 -
Annexe 3 : (Suiote)

SPRAYKEM UNIVERS HORTICOLE

Siège social : 16, rue Bab Al Mandab, Siège social : Lot N° A 430, Zone
quartier Racine, - Casablanca – Industrielle- Ait Melloul–
Tél. : 0674563017 Tél. : 0528308555
Email : fmmaison@[Link] Fax : 0528308557
Email : univershorticoletd@[Link]
SYNGENTA MAROC

Siège social : Imm. N° 8, Angle Avenue


Mehdi Ben Barka & Rue Eugénia, 2ème
Étage, Hay Riad -10100- Rabat
Tél. : 0522667928
Fax : 0537570734
Email :
[Link]@[Link]

- 164 -
Je dédie ce modeste ouvrage tout d’abord à la mémoire de
mes chers parents et ensuite à mon épouse Hajja Mina, à
ma fille Dre. Sara, mon fils Zakaria, mes sœurs Fatima,
Khadija et Zahra et mes frères Haj Hassan et Khalid.

Mohamed BOUHACHE

- 165 -
* Pr. Mohamed BOUHACHE est né en 1954 à
Aït Melloul (Agadir)

* Diplôme d’Agronomie Générale en 1979, Institut


Agronomique et Vétérinaire Hassan II, Rabat (I.A.V.
Hassan II).

* Diplôme d’Agronomie Approfondie (DAA) en 1980,


option protection des plantes, Institut National
d’Agronomie, Paris, France
* Diplôme d’Ingénieur d’état en Agronomie en 1981, option protection des
plantes, I. A.V. Hassan II, Rabat.

* Doctorat ès- Sciences Agronomiques en 1989, University of California at Davis


(USA) et I.A.V. Hassan II.

* Enseignant-chercheur à l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II de


1981 à 2019.

* Président de l’Association Marocaine de Malherbologie (AMM).

* Co-fondateur et ex Président de l’Association Marocaine de Protection des


Plantes (AMPP).

* Fondateur et Editeur en chef de la «Revue Marocaine de Protection des


Plantes» depuis 2009.

* Evaluateur scientifique de plusieurs revues nationales et internationales dans le


domaine de la Malherbologie.

* Auteur et co-auteur d’environ 250 articles scientifiques et techniques dans des


revues nationales, internationales, colloques nationaux et internationaux.

* Co-auteur de deux ouvrages scientifiques (Atlas des Mauvaises Herbes du Souss


et Index Phytosanitaire du Maroc).

* Expert international de la FAO dans le domaine de la Malherbologie.

* Membre de plusieurs associations marocaines et internationales de


malherbologie et/ou de protection des plantes.

Vous aimerez peut-être aussi