Désherbage des Céréales d'Automne au Maroc
Désherbage des Céréales d'Automne au Maroc
Mohamed BOUHACHE
Mohamed BOUHACHE
Première édition
2020
Tous droits réservés. Toute reproduction même partielle est interdite sans
l’autorisation de l’auteur.
SOMMAIRE
PREFACE 7
AVANT-PROPOS 9
INTRODUCTION 13
REFERENCES 135
GLOSSAIRE 143
Cet ouvrage qui aborde les principales adventices des céréales ; leurs biologies et
surtout les différentes techniques de leur gestion dans le contexte marocain et
selon les principes d’une lutte intégrée afin d’éviter ou retarder l’apparition
d’espèces résistantes et d’empêcher ou réduire l’impact des herbicides résiduaires
-7-
sur les cultures de la rotation et/ou sur l’environnement au niveau de certaines
zones agricoles où les cultures sont conduites intensivement.
Cet ouvrage sera principalement apprécié par les phytiatres ; les agronomes ; les
étudiants (agronomie et phytiatrie); les conseillers agricoles; les agents
spécialisés dans le développement et l’encadrement phytosanitaire.
L’AMPP qui continue à encourager les spécialistes à éditer leurs travaux ; met à
la disposition de ses membres et toute personne intéressée par la bonne conduite
du désherbage des céréales d’automne ; la richesse expérience vécue et racontée
grâce à la contribution de notre collègue le Professeur BOUHACHE.
Mr Mohamed MIHI
Président de l’AMPP
-8-
AVANT-PROPOS
Au début du XVème siècle, Ibn Khaldoun avait délimité l’espace magrébin en
affirmant que : « le Maghreb commence là où les populations portent le burnous
et s’arrête là où l’on ne consomme plus le couscous. ». Cette appellation souligne
bien que la céréaliculture et le pastoralisme étaient les principales activités ou
occupations (bien intégrées) de la population de cette région géographique. Jadis,
le Maroc était l’un des pays exportateurs du blé dur et de la laine. Actuellement,
la filière céréalière constitue une des principales filières de la production agricole
au Maroc. Elle continue à jouer un rôle multiple en ce qui concerne la superficie
emblavée annuellement, la formation du Produit Intérieur Brut agricole, l’emploi
dans le milieu rural et la source d’alimentation humaine et animale (produits bruts
et/ou transformés). Ainsi, l’importance socio- économique de la filière céréalière,
concentrée essentiellement sur les cultures du blé tendre, de l’orge et du blé dur,
n’est plus à démontrer.
-9-
déjà la relance et la modernisation de la céréaliculture par la mécanisation des
travaux du sol. Cette opération sera suivie ensuite par des programmes
d’intensification basés sur l’utilisation des engrais (opération engrais de 1965),
des semences sélectionnées (opération démarrée en 1980) et des produits
phytosanitaires. Un programme de sécurisation de la production a été lancé durant
la campagne 1999-2000 dans le but de réduire les effets de la sécheresse devenue
un phénomène structurel pour l’agriculture marocaine. Son objectif est de mettre
en place un plan d’action permettant de sécuriser un niveau de production de 60
millions de quintaux sur 300 000 hectares de céréales, quelles que soient les
conditions climatiques qui sévissent durant la campagne agricole même en année
de sécheresse. Ce nouveau programme a donné des résultats satisfaisants
notamment dans les zones d’action des offices régionaux de mise en valeur
agricole (ORMVA). Ainsi, des améliorations des itinéraires techniques sont
notées surtout au niveau de la mécanisation des travaux du sol et de l’utilisation
des semences certifiées. Avec une croissance démographique galopante, les
importations ne cessaient d’augmenter et le Maroc devint très vite un importateur
de céréales malgré ces opérations ou programmes.
- 10 -
de 65%, le Maroc doit produire 48 millions de quintaux de plus ou continuer à
les importer. Ainsi, la filière céréalière devrait néanmoins multiplier les efforts
de production en amont dans le but de combler ce déficit d’approvisionnement
en produits locaux ou au moins réduire la dépendance vis-à-vis de l’étranger en
la matière. Pour gagner ce défi, la filière céréalière doit surmonter trois
contraintes : structurelles, techniques et climatiques. La présence des mauvaises
herbes dans les champs de céréales impose un stress biotique important sur la
culture depuis sa levée jusqu’ à sa récolte. Un tel stress pénalise inéluctablement
la qualité et la quantité du produit récolté. Il est admis que les pertes de rendement
d’une céréale causées par les mauvaises herbes dépassent de loin les 30%. La
maitrise de tous les ennemis de culture des céréales pourrait corriger le déficit de
production accusé. Ainsi, la lutte contre les mauvaises herbes, ou plutôt la gestion
à long terme de l’enherbement d’une céréale dans un contexte agro-écologique
donné, représente l’une des facettes des contraintes techniques qu’il faut lever
pour améliorer la productivité de notre céréaliculture.
Le présent document est une contribution dans ce sens, comme étant un outil
pratique de développement et/ou d’encadrement mis à la disposition des
opérateurs dans la filière céréalière. La nécessité de publication de ce document
a été sentie suite à plusieurs journées de sensibilisation ou de formations en la
matière animées par l’auteur au profit des céréaliculteurs ou des techniciens. En
outre, l’information présentée est une cristallisation de la longue expérience de
l’auteur, acquise sur le terrain, en côtoyant plusieurs agriculteurs dans les grandes
régions céréalières du Maroc. Cette expérience de terrain acharnée est la base de
l’inspiration de la conception et le contenu de ce document. En réalité,
l’information compilée n’est que des réponses aux différentes questions posées
par les agriculteurs et une mise à niveau des lacunes relevées chez certains
ingénieurs et techniciens impliqués dans le développement des herbicides ou
l’encadrement des agriculteurs ou la gestion des exploitations agricoles. En
général, cette information est ventilée sur quatre thématiques liées et successives :
la reconnaissance et l’identification des adventices, leur biologie et écologie, leur
impact sur les céréales et enfin leur gestion. Dans cette dernière, une attention
particulière est accordée à la lutte chimique. Cette distinction ne signifie guère
que cette méthode de lutte est préférée ou privilégiée. Mais, tout simplement,
c’est là où des erreurs fatales sur le manipulateur, la culture et l’environnement
sont commises par manque d’information ou de repères ! Les quatre thématiques
sont à leur tour réparties en deux parties : Mauvaises herbes des céréales
d’automne au Maroc et gestion des mauvaises herbes des céréales d’automne.
- 11 -
protecteurs de l’environnement. Pour éviter ou au moins réduire les accidents dus
à la manipulation des herbicides, il est nécessaire que l’utilisateur de ces
pesticides soit conscient des risques, armé et outillé d’un minimum de
connaissances avant toute opération de désherbage chimique. Ainsi, l’accent a été
mis sur le mode d’action des herbicides, les conditions de leur utilisation, leur
devenir dans la plante et dans le sol, le phénomène de résistance aux herbicides,
le mélange des herbicides et l’utilisation des adjuvants. Les aspects relatifs aux
techniques d’application écartés pour la simple raison que l’auteur n’a pas toutes
les compétences requises pour traiter cette thématique aussi importante pour la
réussite toute opération de désherbage. L’utilité de ce document réside aussi par
l’adjonction d’un glossaire des termes utilisés, un répertoire de tous les herbicides
utilisables sur céréales avec leurs compositions ; doses et sites d’actions et enfin
un répertoire des adresses et contacts des sociétés phytosanitaires qui
commercialisent ces herbicides au Maroc.
Mohamed BOUHACHE
Rabat, Juin 2020
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INTRODUCTION
Les mauvaises herbes (appelées aussi agronomiquement les adventices)
constituent, par ordre d’importance, la deuxième contrainte après les problèmes
d’installation ou tout simplement de la réussite du peuplement souhaité. Telle
était la conclusion d’un diagnostic agronomique, conduit par le Ministère de
l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et
Forêts, sur les facteurs qui entravent la céréaliculture marocaine pour atteindre
ses potentialités. La catégorie des adventices associées aux céréales d’automne
ou à paille sont aussi appelées les messicoles (espèces des moissons) car elles ont
un cycle de vie calqué sur celui de ces cultures. Elles germent en automne
fleurissent au printemps et arrivent à la maturité avec la moisson des céréales.
Bien qu’il soit souvent difficile d'établir avec certitude l'origine des espèces
messicoles, ou plus généralement l'origine de toute adventice, il est admis que les
premières messicoles (e.g. les coquelicots, les nigelles et les avoines) suivirent le
flux des semences des céréales introduites des régions montagneuses du Moyen-
Orient lors de nombreuses et incessantes migrations des populations vers notre
région. Certaines y furent alors à leur tour cultivées et améliorées. Par exemple,
la plupart des avoines cultivées sont originaires de l’avoine stérile (Avena
sterilis). Ces messicoles sont maintenues dans nos champs car elles y avaient
retrouvé des conditions proches de leur biotope d'origine et étaient régulièrement
(mais involontairement) ressemées par l'homme. Au cours des siècles, leurs aires
de répartition se sont élargies sur de grandes distances. Au fil du temps, ce cortège
pionnier est enrichi par les espèces endémiques ou autochtones et par d’autres
espèces venant de tout azimut du globe. Ainsi, actuellement, la flore adventice
des céréales du Maroc contient des espèces d’origine américaine, européenne,
asiatique, tropicale etc.
- 13 -
objectif éphémère et passer à une gestion raisonnée (sinon intégrée ?) de la flore
adventice qui garantit en fin de compte l’efficacité et la durabilité du système de
production agricole.
La question dois-je désherber ? est un souci légitime que tout agriculteur puisse
avoir devant une infestation de son champ par les mauvaises herbes. Certes, il est
difficile parfois de répondre par un «Oui» ou par un «Non». Malheureusement,
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pour certains faire appel ou porter le pulvérisateur reste un réflexe (par rapport au
voisin) plus qu’un raisonnement. A l’exception des grands céréaliculteurs ayant
un bon niveau de technicité, beaucoup d’agriculteurs n’arrivent pas à se
débarrasser des mauvaises herbes convenablement et à temps. Une simple
tournée dans nos champs de céréales, au printemps, permet de faire deux constats.
Premièrement, la superficie désherbée reste faible par rapport aux cinq millions
d’hectares emblavés chaque année. Deuxièmement, l’infestation des parcelles par
les mauvaises herbes nécessite de fournir plus d’efforts pour la réussite de
l’opération de désherbage (Photo 2). Ainsi, une gestion qui devrait garantir un
désherbage de qualité et durable doit être fondée sur des bases ou fondements et
des principes développés par la suite dans ce document.
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PREMIERE PARTIE
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causées par les mauvaises herbes d'une façon directe ou indirecte. Ainsi, ces
mauvaises herbes perturbent les travaux agricoles, altèrent la qualité de la récolte,
réduisent les rendements et interfèrent avec d’autres ennemis de la culture surtout
avec les champignons et les insectes. En fonction de la nature du cortège
floristique, de degré d’infestation des champs, de la région et des conditions
climatiques de l’année, les mauvaises herbes associées à une céréale pourraient
engendrer des pertes de rendement potentielles de 15 à 98%. Dans les conditions
du Gharb, une étude sur l’impact des mauvaises herbes sur le rendement du blé a
permis de montrer que les pertes de production dépendent beaucoup de la
catégorie des adventices infestant le champ (Photo 3).
Photo 3 : Pertes du rendement (%) du blé causées par les dicotylèdones (D) et
les graminées (G)
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Photo 4: Pustules de la rouille brune du blé (tache orange) sur l’hôte alternatif
(Anchusa italica) (à droite) et pullulation du puceron noir (Aphis
fabae) sur le chénopode blanc
Photo 5 : Infestation de fin du cycle d’un champ du blé dans la région du Loukkos
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Photo 6 : Infestation de fin du cycle d’un champ du blé dans la région du Saïs
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CHAPITRE II : Principales adventices
1. Caractéristiques globales
Les prospections des champs de céréales dans les différentes régions, entamées
depuis 1981, ont permis d’inventorier presque 400 espèces adventices
appartenant à 48 familles botaniques. Ainsi, les céréales renferment presque la
moitie des mauvaises herbes de toutes les cultures ou milieux artificialisés du
Maroc. Les Asteraceae, Fabaceae, Poaceae, Brassicaceae, Apiaceae et
Caryophyllaceae sont les familles les plus dominantes avec 58% de l’effectif
spécifique. Les trois premières familles fournissent à elles seules 40% des
espèces. Les dicotylédones (plantes à feuille large) (85%), les thérophytes
(annuelles) (77%) et l’élément floristique méditerranéen (66%) caractérisent la
flore associée aux céréales. Ces espèces annuelles sont caractérisées par un cycle
court (le plus souvent adapté à celui de la culture céréalière) et sont favorisées
dans les milieux assez bien travaillés. En outre, la plupart de ces espèces germent
en automne ou en hiver dès les premières pluies ; ce sont des microthermiques ou
micro-eurythermiques. Pour le contrôle de la flore adventice des céréales, trois
catégories d’herbicides sont mis sur le marché national : les anti-dicotylédones,
les anti-graminées et les anti- dicots et graminées. Dans la pratique, la
connaissance des espèces préoccupantes de ces deux catégories de mauvaises
herbes dans un champ de céréales est un préalable pour une la réussite de la
gestion de cette flore adventice.
2. Dicotylédones préoccupantes
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richesse floristique et exercent une nuisibilité par effet de cumul. Ainsi, une
bonne gestion devrait considérer et surveiller cette catégorie car à long terme elle
pourrait changer de statut sous l’effet du changement climatique ou/et sous la
pression des techniques culturales préconisées par les agriculteurs. Ainsi, une
espère mineure pourrait être un problème dans certaines conditions. Par exemple,
l’oxalide (Oxalis pes-caprea), qui est une géophyte à bulbilles (Photo 8) et
allélpathique vis-à-vis des céréales, pose un sérieux problème dans tous les
champs de céréales, installés après l’arrachage d’un verger d’agrumes, dans la
région du Gharb.
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Tableau 2 (Suite)
Lathyrus articulatus L. Fabaceae Annuelle
Lathyrus cicera L. Fabaceae Annuelle
Launea nudicaulis (L.) Hooker Asteraceae Vivace
Lavatera trimestris L. Malvaceae Annuelle
Malva parviflora L. Malvaceae Annuelle
Medicago polymorpha L. Fabaceae Annuelle
Melilotus sulcatus Desf. Fabaceae Annuelle
Misopates orontium (L.) Rafin Scrophulariaceae Annuelle
Papaver hybridum L. Papaveraceae Annuelle
Papaver rhoeas L. Papaverceae Annuelle
Plantago afra L. Plantaginaceae Annuelle
Polygonum aviculare L. Polygonaceae Annuelle
Raphanus raphanistrum L. Brassicaceae Annuelle
Rhagadiolus stellatus (L.) Gaertner Asteraceae Annuelle
Ridolfia segetum Moris Apiaceae Annuelle
Rumex pulcher L. Polygonaceae Vivace
Scandix pecten-veneris L. Apiaceae Annuelle
Scolymus hispanicus L. Asteraceae Annuelle
Scolymus maculatus L. Asteraceae Annuelle
Scorpiurus muricatus L. Fabaceae Annuelle
Scorpiurus vermiculata L. Fabaceae Annuelle
Silene gallica L. Caryophyllaceae Annuelle
Silene vulgaris (Moench) Garcke Caryophyllaceae Vivace
Silybum marianum (L.) Gaertner Asteraceae Annuelle
Sinapis alba L. Brassicaceae Annuelle
Sinapis arvensis L. Brassicaceae Annuelle
Sonchus asper (L.) Hill Asteraceae Annuelle
Sonchus oleraceus L. Asteraceae Annuelle
Torilis nodosa (L.) Gaertner Apiaceae Annuelle
Urtica urens L. Urticaceae Annuelle
Vaccaria hispanica (Miller) Rausc. Caryophyllaceae Annuelle
Vicia benghalensis L. Fabaceae Annuelle
Vicia sativa L. Fabaceae Annuelle
Ziziphus lotus (L.) Lam. Rhamnaceae Vivace
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Tableau 2bis : Nomenclature des principales adventices dicotylédones des
céréales (ordre alphabétique)
Noms vernaculaires
Espèces
Français Marocains
Ammi majus Grand ammi Tlaylane
Anacyclus radiatus. Anacycle rayonnant Hallala
Anagallis foemina Mouron des champs Ain El fellous
Anchusa azurea Buglosse d’Italie Lsan El ard
Astragalus boeticus Astragale de Bétique Krinbouch
Beta macrocarpa Bette à gros fruits Salg
Calendula arvensis. Souci des champs Jamra
Capsella bursa-pastoris Bourse à pasteur Kiss râai
Centaurea diluta Centaurée pâle Zemmouria
Chenopodium album Chénopode blanc Berramram
Chenopodium murale. Chénopode des murs Berramram
Chrysanthemum coronarium Chrysanthème à couronnes Kräa djaja
Chrysanthème des
Chrysanthemum segetum Gahouane
moissons
Cichorium endivia Chicorée Bou aggad
Convolvulus althaeoïdes Liseron fausse- guimauve Louya
Convolvulus arvensis Liseron des champs Louya
Diplotaxis tenuisiliqua Diplotaxe à siliques ténues Karkaz
Echium plantagineum Vipèrine faux plantin Achoum
Emex spinosa Emex épineux Hammida
Fumaria agraria Fumeterre des champs Sibana
Fumaria parviflora Fumeterre à petites fleurs Sibabana
Galium tricornutum Gaillet à trois cornes Lassika
Galium verrucosum Gaillet verruqueux Lassika
Glaucium corniculatum Pavot cornu Garn taour
Hirschfeldia adpressa Raquette bâtarde Karkaz
Lamium amplexicaule Lamier amplexicaule Oudnine el far
Lathyrus articulatus. Gesse articulée Jelbana
Lathyrus cicera Gesse chiche Jelbana
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Tableau 2 bis (Suite)
Launea nudicaulis Launée à tiges nues Marrara
Lavatera trimestris Lavatère à grandes fleurs Khoubbiza
Malva parviflora Mauve à petites fleurs Khoubbiza
Medicago polymorpha Luzerne polymorphe Nefla
Melilotus sulcatus Melilot sillonné Nefla
Khoukhou
Misopates orontium Muflier rubicond
chair
Papaver hybridum Coquelicot Balâamane
Papaver rhoeas Grand coquelicot Belâamane
Plantago afra Plantain pucier Massassa
Polygonum aviculare Renouée des oiseaux Baymout
Bahammou
Raphanus raphanistrum Ravenelle, radis sauvage
labied
Dfar El
Rhagadiolus stellatus Rhagadiole en étoile
Koubäa
Ridolfia segetum Aneth des moissons Slili, tabch
Rumex pulcher Patience –violon Hammida
Scandix pecten-veneris. Peigne de vénus Machita
Chefraj,
Scolymus hispanicus Scolyme d’Espagne
Zarnej
Chefraj,
Scolymus maculatus Scolyme taché, maculé
Zarnej
Kalouat
Scorpiurus muricatus Chenillette épineuse
larnab
Kalouat
Scorpiurus vermiculata Chenillette vermiculée
larnab
Nouarat
Silene gallica Silène de France
Läagreb
Silene vulgaris Silène enflée, commun Tighecht
Silybum marianum Chardon de Marie Taoura
Sinapis alba Moutarde blanche Bahammou
Sinapis arvensis Moutarde des champs Bahammou
Sonchus asper Laiteron rude Tifaf
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Tableau 2 bis (Suite)
Sonchus oleraceus Laiteron maraîcher Tifaf
Torilis nodosa Torilis noueuse Machita
Urtica urens Ortie brûlante Harriga
Kohaila,
Vaccaria hispanica Saponaire, savonnière
Karbaba
Vicia benghalensis Vesce du Bengale Bouzghayba
Vicia sativa Vesce cultivée Bouzghayba
Ziziphus lotus Jujubier Sedra
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Photo 8: Champ du blé infesté par l’oxalide à meknès (à droite) avec un plant
avec bulbilles (à gauche)
3. Graminées préoccupantes
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a totalement couvert trois grands champs du blé (80 ha au total) en 2018 avec une
densité estimée à plus de 1200 pieds/m2 dans une parcelle. Ainsi, toute négligence
ou sous estimation du risque pourrait reproduire le scenario d’invasion du brome
des années 90.
Tableau 3 : Principales adventices monocotylédones des céréales (ordre
alphabétique)
Famille
Espèces Ethologie
botanique
Arisarum vulgare Targ.-Tozz Araceae Vivace
Avena sterilis L. Poaceae Annuelle
Bromus rigidus Roth. Poaceae Annuelle
Cynodon dactylon (L.) Pers. Poaceae Vivace
Hordeum murinum L. Poaceae Annuelle
Lolium rigidum Gaudin Poaceae Annuelle
Muscari comosum (L.) Miller Liliaceae Vivace
Phalaris brachystachys Link Poaceae Annuelle
Phalaris minor Retz Poaceae Annuelle
Phalaris paradoxa L. Poaceae Annuelle
Poa annua L. Poaceae Annuelle
Vulpia geniculata (L.) Link. L. Poaceae Annuelle
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CHAPITRE III : Reconnaissance et identification des principales
adventices
1. Importance de l’identification
La reconnaissance des mauvaises herbes est une étape très importante sinon
déterminante pour toute décision de désherbage quel que soit la méthode de lutte
à choisir. Il est fréquent de trouver sur la même exploitation une flore qui diffère
d’une parcelle à une autre. En plus, cette identification est très délicate car il est
indispensable de reconnaitre les adventices au stade plantule (2 à 4 feuilles). Bien
que plusieurs ouvrages dédiés à l’identification des adventices à tous les stades
(semence, plantule et adulte) soient disponibles, seule la pratique sur le terrain
d’exercices de reconnaissance permettrait de mémoriser les espèces. En dehors
de l’agriculture biologique, il n’est pas concevable d’imaginer une agriculture
moderne et intensive sans recours aux herbicides pour combattre la végétation
nuisible. Ainsi, il ne faut pas se fier aux photos, noms vernaculaires ou noms
communs d’espèces car les confusions sont possibles entre les espèces qui sont
proches morphologiquement mais dont le comportement vis-à-vis des herbicides
pourrait être totalement différent. L’intégration de leviers agronomiques dans une
stratégie de désherbage exige la connaissance de la biologie et l’écologie des
composantes de la flore à contrôler. Ainsi, leur identification constitue la clef de
voûte pour l’accès à cette information.
2. Critères de reconnaissance
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• Graminées (plantes à feuilles étroites): préfoliaison (pliée, enroulée),
oreillettes (absence, présence), ligule (absence, présence), pilosité
(localisation, densité), gaine (forme, couleur), rapport
longueur/largeur du limbe des feuilles, couleur et autres critères
(présence des graines sur la racine de la plantule déterrée,
pigmentation etc.).
- 32 -
3. Clé d’identification des principales dicotylédones
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Tableau 4: Critères d’identification des principales dicotylédones associées aux
céréales d’automne
Origine de la Type de Disposition Pilosité Espèces
plantule plantule des feuilles correspondantes
Repousse Rosette Alternes Glabre Rumex pulcher
Poilue Anchusa azurea, Launea
nudicaulis, Oxalispes-
caprae
Opposées Glabre Silene vulgaris
Tigelle Alternes Glabre Convolvulus arvensis,
d’emblée Ziziphus lotus
allongée
Poilue Convolvulus althaeoïdes
Germination Rosette Alternes Glabre Ammi majus, Anacyclus
radiatus, Beta
macrocarpa, Convolvulus
arvensis, Emex spinosa,
Fumaria agraria,
Fumaria parviflora,
Rhagadiolus stellatus,
Ridolfia segetum, Rumex
pulcher, Scolymus
hispanicus, Scolymus
maculatus, Silybum
marianum
Poilue Anchusa azurea,
Capsella bursa-pastoris,
Centaurea diluta,
Cichorium endivia,
Convolvulus althaeoïdes,
Diplotaxis tenuisiliqua,
Echium plantagineum,
Glaucium corniculatum,
Hirschfeldia adpressa,
Lavatera trimestris,
Malva parviflora,
Papaver hybridum,
Papaver rhoeas,
Raphanus raphanistrum,
Scandix pecten-veneris,
Silene gallica, Sinapis
alba, Sinapis arvensis,
Sonchus asper, Sonchus
oleraceus, Torilis nodosa
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Tableau 4: (Suite)
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Planche 1: Adventices dicotylédones issues de régénération
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Planche 2: Adventices dicotylédones issues de germination
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Planche 2: (Suite)
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Planche 2 : (Suite)
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Planche 2 : (Suite)
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Planche 2 : (Suite)
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Planche 2 : (Suite)
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Planche 2 : (Suite)
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Présence de ligule Présence de ligule Présence d’oreillettes
Présence d’oreillettes Absence d’oreillettes Absence de ligule
Présence de cils
Photo 10 : Principales caractéristiques de la feuille d’une graminée.
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La présence des semences sur le système racinaire des plantules déterrées aide
ainsi à bien distinguer les espèces (Photo 11). Les photos illustratives des
principales graminées associées aux céréales figurent sur la planche 3.
Dans le cas des alpistes (Phalaris), la semence (caryopse) est d’un secours
précieux pour départager entre les trois espèces : pas d’écailles à la base du grain
pour P. paradoxa, présence de deux petites écailles pour P. brachystachys et une
seule écaille pour P. minor. Comparativement aux deux autres alpistes, P. minor
a des racines avec pointes rouges qui laissent des traces (semblables au sang) sur
un papier blanc. L’avoine stérile peut aussi être distinguée par la torsion (sens
contraire des aiguilles de la montre) des premières feuilles. Quant aux plantules
de ray-grass (Lolium sp), elles ont des feuilles à face inférieure luisante ou
brillante. Des feuilles arquées ou en crochet facilitent la reconnaissance rapide du
pâturin annuel (Poa annua). La vulpie se rapproche plutôt d´un ray-grass chétif
et d’un pâturin. L’observation de la présence de cils en marge du limbe et
également le long des nervures permettrait d’écarter toute confusion avec les
deux graminées.
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Planche 3 : Adventices graminées
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CHAPITRE VI : Biologie et écologie des principales adventices
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Tableau 6 : Production grainière et longévité des semences de quelques
adventices
Espèces Graines/ plante Longévité (années)
Bromus sterilis 150-300 1-2
Polygonum convolvulus 100-1000 22
Sinapis arvensis 50-250 35
Chenopodium album 1000-5000 40
Amaranthus retroflexus >40000 40
Papaver rhoeas 20000-40000 40
Anagallis foemina 250-500 60
Polygonum aviculare 500-1000 60
Stellaria media 250 500
Spergula arvensis 7500 1700
2. Principales graminées
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à distinguer au stade végétatif. La première sous-espèce fournit presque la totalité
des infestations (Photo 12).
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Les plantules issues d’une germination à 12-15 cm de profondeur sont aussi
vigoureuses que celles provenant de la profondeur optimale (3-4 cm). En général,
la levée de l’avoine stérile suit à quelques jours près celle de la céréale tout en
accusant un retard dans la croissance et développement par rapport au blé. Ce
retard est maintenu jusqu’au stade début tallage. Au stade épiaison, l’adventice
prend le dessus et dépasse la céréale. L’avoine stérile est très répandue et présente
dans tout le Maroc non désertique et infeste tous les sols avec une préférence pour
les sols fertiles et profonds tels que le sol argileux (tirs). Elle est aussi rencontrée
sur les sols sablonneux pourvus d’une pluviométrie ou hygrométrie assez élevées.
En plus des terrains arables des plaines, l’adventice est présente dans les basses
et moyennes montagnes, mais elle cède la place à d’autres avoines surtout Avena
alba en haute altitude.
2.2. Brome
Quatre espèces du brome sont les plus fréquentes et abondantes dans les champs
de céréales au Maroc : Bromus rubens L., B. madritensis L., B. sterilis L. et B.
rigidus Roth. La dernière espèce (le brome raide ou rigide ou encore grand
brome) est reconnue être la plus nuisible et la plus répandue dans toutes les
régions céréalières (Photo 13).
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L’invasion observée est expliquée par la diminution et/ou la simplification des
interventions culturales, la pression de sélection exercée par les herbicides non
efficaces sur le brome et enfin la grande capacité de production et de
dissémination des graines. En effet, un pied de brome produit entre 200 et 300
graines. Dans les conditions du Saïss, le brome raide arrive à produire 51256
graines /m2. Ceci dépasse de loin 200 à 300 graines du blé semées par mètre carré.
La dissémination des graines est assurée par les machines agricoles les animaux
surtout les ovins et les lots de semences des céréales contaminés. Les semences
du brome ont une faible dormance innée ou primaire et perdent rapidement leur
viabilité avec la profondeur d’enfouissement. Ces graines peuvent rester viables
pendant 2 à 3 ans lorsqu’elles sont en dormance forcée (absence de facteurs de
germination). La germination du brome est beaucoup influencée par l’âge de la
semence, la profondeur d’enfouissement, la lumière et l’humidité du sol. En
général, la levée du brome est importante pendant les automnes humides et
s’échelonne le long du cycle végétatif du blé. L’optimum de germination est
observé à une profondeur de 5 cm. Les semences enfouies profondément (plus de
15 cm) germent mais ne lèvent pas. Les bromes montrent une grande adaptation
aux conditions de sècheresse. Ils se développent dans les zones bioclimatiques
subhumides et semis arides recevant plus de 250 mm de précipitations sur les sols
légers non profonds mais bien drainés.
2.3. Ray-grass
Deux espèces sont généralement rencontrées dans les champs des céréales au
Maroc, ray-grass rigide ou ivraie raide (Lolium rigidum Gaudin) et ray-grass
d’Italie (Lolium multiflorum Lam.). La première espèce reste la plus importante
et la plus abondante dans les champs des céréales (Photo 14). Le ray-grass rigide
est une plante herbacée annuelle dont la dissémination et la conservation se font
par la graine. Une production de 250 à 3000 graines par plante (31000-45000
graines/m2) pourrait être observée selon les conditions du milieu. La
dissémination des graines est assurée par les machines agricoles les animaux et
les semences contaminées.
Les graines produites ont une dormance innée et nécessitent une période de post
maturation pour germer. La levée de dormance est accélérée par les conditions
chaudes et humides. La température optimale de germination des graines enfouies
dans le sol est de 11°C contre 27°C pour les semences localisées à la surface du
sol. La profondeur optimale de germination est de 2 cm et le taux de germination
diminue avec la profondeur. Les semences placées à profondeur de 10-15 cm
perdent leur viabilité en deux ans. Presque 60 à 80 % des germinations ont lieu
- 51 -
après les premières pluies automnales. L’espèce est caractérisée par une grande
variabilité génétique qui lui permet de s’adapter à des conditions climatiques,
édaphiques et agricoles (résistance à plusieurs herbicides de modes d’action
différents) très différentes.
2.4. Alpistes
Trois espèces sont fréquentes ou présentes dans les champs des céréales au
Maroc, alpiste à épi court (Phalaris brachystachys link), petit alpiste (P. minor
Retz) (Photo 15) et alpiste paradoxal (P. paradoxa L.).
- 52 -
Photo 15: Champ du blé infesté par petit alpiste
Les semences n’ayant pas chuté sont disséminées par les machines agricoles, les
lots de semences de céréales contaminés ou la paille. Les semences produites ne
sont pas ou peu dormantes mais ont besoin d’une période de post-maturation pour
atteindre le maximum de germination. Les semences fraîchement produites ont
une faculté germinative de 50 à 100% selon l’espèce. L’enfouissement des
semences pourrait induire une dormance secondaire qui les maintient viables dans
le sol durant quelques années (2 à 7ans). Les germinations sont automnales et
hivernales. La grande infestation des céréales est causée par le contingent qui lève
après les premières pluies d’automne. Le maximum de germination vient des
semences situées à une profondeur du sol de 2,5 - 5.0 cm. Au delà de 10 cm, les
graines d’alpiste ne germent pas. Une température comprise entre 8 et 20°C est
considérée optimale pour la germination. Les alpistes se développent dans les
zones bioclimatiques subhumide et humide sur plusieurs types de sol fertiles avec
une préférence pour les sols argileux et argilo-limoneux dans le cas de P.
paradoxa et P. brachystachys. P. minor supporte l’anaérobie. L’effet
allélopathique du P. minor sur le blé a été signalé ailleurs.
- 53 -
2.5. Pâturin annuel
Le pâturin annuel (Poa annua L.) est une petite plante annuelle herbacée (2- 40
cm de hauteur) dont la dissémination et la conservation se font par la graine
(Photo 16).
Une production de 500 à 7000 graines par plante est notée selon le biotope infesté.
Même, un pied de 0,5 cm de hauteur (après fauchage) peut produire jusqu’à 360
graines. La dissémination des graines est assurée par les machines agricoles, les
animaux, l’eau, le vent et les lots de semences contaminés. Ainsi, un sol peut
contenir un stock de semences de 200000 graines/m2 ayant une viabilité de 6 ans.
Avec une très faible dormance des graines, le pâturin annuel a une période de
levée préférentielle très large et son cycle est généralement bouclé en moins de 3
mois. A noter que les graines tombées au sol peuvent germer au cours des 8 jours
suivants leur chute. La température optimale de germination des graines enfouies
dans le sol est de 15 – 20°C. La profondeur optimale de germination est
superficielle (95% entre 0 et 1 cm) avec une profondeur maximale de 2 cm.
Contrairement aux autres graminées, le pâturin annuel a un taux annuel de
décroissance du stock semencier d e 38 à 45%. Ceci qui signifie que le labour
- 54 -
n’est pas un levier agronomique efficace pour réduire l’infestation de cette
graminée. L’espèce est caractérisée par une grande variabilité génotypique et
phénotypique que qui lui permet de s’adapter à des conditions climatiques,
édaphiques et agricoles très différentes. Ainsi, le pâturin annuel se développe
préférentiellement dans les milieux perturbés ayant un sol tassé (piétiné) et
humide. Cependant, il ne tolère pas les sols très acides.
- 55 -
L’orge des rats est une annuelle qui se reproduit par graines. Il produit 19 à 29
semences par épi avec un taux de viabilité qui peut dépasser 92% et une dormance
primaire éphémère, induite par la chaleur d’été, mais pourrait être levée
normalement par une baisse de température automnale. La dissémination des
semences produites est assurée par le vent, les animaux (oiseaux, bétail et
fourmis) et les produits végétaux contaminés. Les premières pluies sont
nécessaires et indispensables pour l’imbibition des graines qui germent au bout
de 3 à 9 jours. L’orge des rats germe durant toute la période allant d’octobre à
janvier à une température oscillant entre 8 à 33°C (aussi bien à la lumière qu’à
l’obscurité) et à un pH du sol compris entre 5 et 8,25. En général, la presque
totalité des semences germent durant la première année et les semences ont
tendance à germer superficiellement et même à la surface du sol. Ainsi,
l’enfouissement profond des semences entrave ou empêche carrément leur
émergence. L’orge des rats croit sur une gamme de sols allant du sol argileux au
sol sableux avec une préférence pour les sols à texture fine à moyenne, fertiles
(mais à faible teneur en phosphore) et bien drainés. L’adventice pourrait être
rencontrée à une altitude de 30 à 2750 m et sous une pluviométrie variante entre
250 à 500 mm. Le froid d’hiver est nécessaire pour l’induction florale et la phase
de floraison s’étend de mars à juillet. Comparativement à d’autres graminées,
l’orge des rats est caractérisée par une germination précoce et une croissance
rapide.
Elle peut produire jusqu’ à 1000 semences par pied ou 50 000 à 500 000
semences/m2. Dans le cas d’une très forte infestation, cette production pourrait
dépasser facilement un million de semences/m2. Les semences produites ont
besoin d’une phase de post-maturation de 2 à 3 mois. Presque la totalité des
semences viables enfouies dans le sol germent la première année et une petite
partie (<7%) reste viable et dormante jusqu’à trois ans dans le sol.
- 56 -
Photo 18: Champ du blé infesté par la vulpie genouillée
La dissémination des semences produites est assurée par le vent, les animaux, les
machines et les produits végétaux contaminés (semences, paille et fourrages). Les
premières pluies d’automne sont nécessaires et indispensables pour l’imbibition
des graines qui germent au bout de 7 à 14 jours. La vulpie germe, d’une façon
échelonnée, durant toute la période allant d’octobre à février à une température
oscillant entre 10 à 30°C (aussi bien à la lumière qu’à l’obscurité). Mais, Il semble
que les germinations sont plus favorisées par la lumière. En général, les semences
ont tendance à germer superficiellement (profondeur optimale 0,5 à 2 cm) et
même à la surface du sol. Ainsi, l’enfouissement profond (>5cm) des semences
entrave ou empêche carrément leur émergence. Elle prospère sur les sols sableux,
acides ou silico-argileux et faiblement fertiles et préfère les sols moins perturbés
(céréale conduite en semis direct). Elle supporte même un peu du sel.
- 57 -
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DEUXIEME PARTIE
1. Objectifs de désherbage
- 61 -
Malheureusement, rares les agriculteurs qui arrivent à atteindre ces objectifs (ou
du moins à long terme) et ce par l’absence ou manque d’un raisonnement fondé
de l’opération du désherbage. En général, les exploitants ne cherchent que les
solutions d’assurance et rapides pour régler momentanément un problème posé
par une ou plusieurs mauvaises herbes.
2. Périodes de désherbage
D’emblée, il faut signaler que les céréales se caractérisent par un développement
rapide de ses plantules et une forte densité du peuplement. Il en résulte
généralement une bonne capacité de concurrence envers les mauvaises herbes.
Cependant, une intervention pour éliminer la flore indésirable est inévitable. Dans
le cas de semis direct ou de gestion de la résistance, une intervention avant le
semis ou en pré-levée s’impose. Dans le reste des cas, des interventions en post
émergence sont largement pratiquées. Avant le stade 3 feuilles de la céréale, il y
a suffisamment d’espace et de sources de matière et d’énergie (lumière) au niveau
du sol. Ainsi, à ce stade la nuisibilité des adventices est presque négligeable. La
phase sensible des céréales s’étend du stade « trois feuilles » au stade « avant fin
tallage ». Le désherbage de post émergence précoce, réalisé durant cette période,
a pour objectif l’obtention d’un bon rendement de la culture, et par conséquent,
une bonne valorisation des inputs. Plus l’intervention est précoce plus le gain du
rendement est important (Figure 3).
- 62 -
Les interventions ultérieures (désherbage de post émergence tardif) quant à elles
ont pour objectif, essentiellement, de rattraper toute opération ratée, éliminer les
entraves à la récolte, empêcher la mise à graines de mauvaises herbes
problématiques ou détruire des adventices difficiles à combattre dans d'autres
cultures de la rotation.
Bien que l'application des herbicides puisse se faire durant tout le cycle de la
céréale, depuis ou même avant le semis jusqu’avant la récolte. Depuis la mise sur
le marché marocain des herbicides utilisables aux premiers stades des céréales,
les agriculteurs sont sensibilisés et incités à traiter leurs champs contre les
mauvaises herbes précocement (du stade 3 feuilles à avant fin tallage) pour les
raisons suivantes (Photo 19):
• La plus grande cohorte (ou contingent) de plantules de mauvaises herbes
apparaît avant le stade tallage de la céréale,
• La présence des mauvaises herbes dans une céréale jusqu'au stade fin
tallage pourrait réduire le rendement de 20%,
• Les mauvaises herbes sont plus sensibles aux herbicides au stade plantule
; plus les mauvaises herbes sont avancées dans leur cycle de croissance
plus la dose recommandée de certains herbicides n'est plus suffisante pour
avoir une bonne efficacité,
• Dans le cas où le traitement est raté, il est possible de rattraper par la suite,
• Dans le cas d’une phytotoxicité non prévue, la culture a suffisamment le
temps pour se rattraper.
- 64 -
Elle a permis de démontrer que toutes les espèces analysées ont eu une qualité
nutritionnelle comparable à celle de la luzerne, de la luzerne annuelle ou du
mélanse vesce + avoine. Ainsi, il a été conclut que les adventices peuvent jouer
un rôle important dans l'alimentation du troupeau étant donné que l'infestation en
adventices n'est jamais monospécifique dans champ de céréales.
Sur la base de ces éléments, l'agriculteur marocain dispose d'une gamme de choix
d'herbicides composés d'une seule ou d'un mélange des matières actives pour
- 65 -
combattre les mauvaises herbes qui menacent sa céréaliculture. Ainsi, nous
trouvons sur le marché une centaine d’herbicides anti-graminées, anti-
dicotylédones et anti (graminées + dicotylédones). En général, c’est rare de tenir
compte de tous ces éléments et parfois l’agriculteur fait son choix sur la base d’un
seul «facteur » ou une considération. Toutefois, l’utilisation des herbicides reste
une technique coûteuse, non garantie et menaçante à l’environnement, au
manipulateur et au consommateur si les conditions d’utilisation de ces substances
chimiques ne sont pas respectées. De ce fait, plusieurs raisons socio-économiques
plaident aujourd’hui en faveur de l’utilisation raisonnée et rationnelle des
herbicides afin d’optimiser les traitements justifiés, d’éviter les traitements
inutiles (qualifiés parfois d’assurance), d’empêcher ou du moins retarder
l’apparition du phénomène de résistance et de sauvegarder au maximum
l’environnement menacé de plus en plus.
Photo 20: Opération de désherbage chimique du blé en post- levée dans la région
de Meknès et de pré-levée dans la région du Tadla
Le désherbage chimique vise à obtenir une efficacité maximale qui se traduit par
une destruction la plus complète possible des mauvaises herbes associées à la
culture (Photo 21) , mais souvent le plus rapidement et durablement possibles.
Cependant, viser une efficacité maximale n’est pas une chose facile à obtenir. En
effet, mettre en œuvre un herbicide signifie travailler sur une mauvaise ou une
- 66 -
communauté de mauvaises herbes, dans une culture, avec un appareil de
traitement et dans un environnement sol-climat donné. Ainsi, la réussite d’un
traitement est hypothéquée par de nombreuses interactions intervenant entre ces
divers facteurs. En définitif, l’obtention d’une efficacité recherchée et
satisfaisante revient à utiliser l’herbicide qu’il faut, comme il faut et quand il faut.
- 67 -
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CHAPITRE II : Techniques culturales de désherbage
Toute technique ou mesure non chimique qui pourrait améliorer la compétitivité
de la céréale et réduire celle des mauvaises herbes est souhaitable. Parmi les plus
favorables à la maîtrise de la flore adventice, les mesures préventives, le labour
profond, les variétés compétitives, la rotation et le faux-semis. L’efficacité de ces
différentes techniques culturales varie selon la nature des adventices cibles.
1. Mesures préventives
2. Labour profond
Bien que les objectifs d’un labour profond soient multiples, le contrôle des
mauvaises herbes reste un des objectifs recherchés et d’actualité. Effectivement ;
il permet un retournement du sol, et par conséquent, un enfouissement des
semences de mauvaises herbes. Ce brassage affecte directement ou indirectement
la viabilité et/ou la capacité germinative de ces semences. C’est une technique
très efficace dans la lutte contre les espèces caractérisées par une germination
superficielle de leurs semences et un taux annuel de décroissance (TAD) du stock
semencier supérieur à 74% comme le brome, le ray-grass et la vulpie. Un seul
- 69 -
labour profond a permis de réduire l’infestation de la vulpie genouillée de plus de
85% dans culture succédant un blé infesté. Des études conduites en irrigué au
Tadla et en bour au Saïss ont démontré que les parcelles travaillées avec les
séquences du travail du sol superficiel (généralement le covercrop) étaient plus
infestées que celles travaillées profondément avec une charrue à disques ou à
socs. L’infestation est encore plus importante dans les parcelles conduites en
semis direct sans application d’herbicides avant l’installation de la céréale. Etant
donné que la lumière joue un rôle dans la levée de dormance chez la majorité des
espèces, le labour de nuit devrait être moins infesté que le labour du jour. Le
labour profond est recommandable pour graminées associées aux céréales et pour
diminuer l’effet résiduaire de certains herbicides persistant sur les cultures
suivantes. En outre, il est recommandé d’effectuer un labour profond tous les 3-
4 ans. Par contre, les labours fréquents donnent un effet inverse en remontant les
semences viables enfouies les années précédentes.
3. Variétés compétitives
Les effets bénéfiques de la rotation sont connus depuis fort longtemps par les
agriculteurs. La rotation pourrait être un levier agronomique à exploiter en
matière de lutte contre les mauvaises herbes. Elle consiste à perturber le cycle de
développement des mauvaises herbes en diversifiant les cultures, et par
conséquent, les techniques accompagnatrices des cultures choisies. L’alternance
des cultures sur la même parcelle a plus d’effet sur les mauvaises herbes à
germination automnale et hivernale que sur les espèces qui germent tout le long
de l’année (espèces indifférentes). Plusieurs études ont démontré que la
diversification (inclusion des cultures printanières, jachère travaillée etc.) et
l’allongement de la rotation (plus de trois ans) donnent de meilleurs résultats et
évitent la spécialisation de la flore adventice. Ainsi, le désherbage devrait être
plus facile du fait que la gestion d’une flore adventice diversifiée est plus facile
- 70 -
que celle d’une forte infestation d’une seule espèce et que l’agriculteur dispose
de plusieurs solutions chimiques à modes d’action différents en alternant les
cultures. Cependant, le choix d’une telle rotation dépend de certaines contraintes
techniques et économiques. D’ailleurs, si un problème de mauvaises herbes est
difficile à résoudre dans une culture il faut tout de suite chercher la solution dans
la rotation. L’exemple du brome n’est pas loin de nous puisque le problème est
maitrisé ou au moins atténué au Saïss dans la rotation jachère
travaillée/féverole/blé.
5. Faux semis
Le faux semis est une autre technique culturale à considérer surtout dans le cas
de la résistance des adventices aux herbicides ou d’une infestation par une espèce
assez proche à la culture sur le plan systématique et physiologique (surtout en
absence d’herbicides sélectifs). Elle consiste à travailler le sol superficiellement
(sur 5 cm de profondeur) pour favoriser la germination des mauvaises herbes et
de les détruire (mécaniquement ou chimiquement) avant l’installation de la
culture. Dans les régions où l’eau devient de plus en plus rare, l’utilisation des
herbicides est recommandable pour conserver cette eau dans le sol au profit de la
culture à installer. L’adoption de faux semis a permis de réduire l’infestation du
riz sauvage de 85 % dans la culture du riz au Loukkos. L’humidité du sol et la
finesse du travail du sol (outil de travail) sont deux facteurs importants pour la
réussite de cette technique. Elle est plus efficace dans le cas d’adventices n’ayant
pas de semences dormantes ou présentant une faible dormance (brome). Les
fortes infestations nécessitent parfois 2-3 faux semis de même profondeur du
travail du sol sans pénaliser la date de semis de la culture à installer.
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CHAPITRE III : Désherbage chimique
Photo 22: Blé conduit en semis direct et traité en pré-semis avec un herbicide à
base du glyphosate (Région de Sefrou)
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Tous les herbicides de pré-levée exigent un sol bien travaillé non motteux et
humide pour leur efficacité. Ainsi, ils sont utilisés ou recommandés pour
désherber les céréales conduites en irrigué ou en bour favorable. Les herbicides
contenant la pendiméthaline ne sont pas homologués au Maroc pour les céréales,
mais ils permettent de contrôler le coquelicot résistant au 2,4D et aux herbicides
de la famille des sulfonylurées. Cependant, il ne faut pas dépasser 1000 g/ha de
matière active. Seulement, quatre herbicides sont homologués pour l’utilisation
en pré-levée pour contrôler aussi bien les dicotylédones que les graminées dans
le blé (Tableau 8). En outre, ces herbicides ont aussi l’avantage d’être
recommandables pour gérer le problème du ray-grass résistants aux herbicides.
Les herbicides à base du chlortoluron et triallate ont aussi un effet sur le brome.
Le chlortoluron est aussi bien indiqué pour le contrôle de la vulpie.
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Tableau 8: (Suite)
Traitements de pré-levée
Chlortoluron Clortosi 3,6 L Urées Graminées Blé, Orge
nt SC substituées Dicots
Diflufenican Vigon 0,5 L Pyridinécarbox- Dicots Blé
Flurtamone amides Graminées
Flufenacet Furanones
Oxyacétamides
Pendiméthaline Plusieurs 2,2 - 3 L Dinitroanilines Dicots Blé, Orge
Graminées Triticale
Seigle
Prosulfocarbe Boxer 5L Thiocarbamates Blé,
Triticale et
Orge
Triallate Avadex 3,6 L Thiocarbamates Graminées Blé, Orge et
Factor Dicots Triticale
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Le tableau 9 donne la dose recommandée, le spectre d’action et le stade
d’application de chaque herbicide. Deux herbicides n’ont pas d’effet sur le
brome: Navigator et Swipe. Parmi cette gamme d’herbicides, Apyros est le seul
herbicide qui ne contrôle pas le ray-grass et la folle-avoine. Tous ces herbicides
sont recommandables pour le désherbage du blé et du triticale. Uniquement
Navigator est utilisable pour lutter contre les graminées et les Dicots dans une
culture d’orge. Selon nos observations sur le terrain, Sekator qui est homologué
pour les dicots a aussi une bonne efficacité sur le ray-grass, la folle-avoine et les
alpistes. A l’exception d’Evrest, aucun herbicide ne contrôle la vulpie genouillée
dans une céréale. L’utilisation de Boxer en pré-levée ou un herbicide à base de la
métribuzine (200 à 300 g/ha selon le stade de la culture) en post-levée, à partir du
stade début tallage, sont recommandables pour cette fin (Photo 23). La
métribuzine est aussi utilisée pour contrôler le brome dans le blé et l’orge. Pour
les deux cultures, une attention particulière doit être prêtée à la variété utilisée car
certaines sont sensibles et/ou ne tolèrent pas assez la métribuzine.
Les variétés du blé ayant une certaine tolérance à la métribuzine sont : Amal,
Bandera, Faiza, Kanz et Marchouch pour le blé tendre, Karim et Kanakis pour le
blé dur. Les variétés Amalou, Azarra et Oussama ont aussi une certaine tolérance
dans le cas de l’orge. Bien que le pâturin annuel ne soit pas une graminée
agressive, les agriculteurs désirant se débarrasser de cette espèce pourront utiliser
tous les herbicides à base de l’iodosulfuron et/ou mesosulfuron comme Atlantis,
Cossack, Kalenkoa, Othello, Sekator etc.
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Tableau 9: Herbicides anti- graminées et dicotylédones de post-levée utilisables
sur céréales d’automne au Maroc (Index phytosanitaire Maroc,
2017 et Index phytosanitaire ONSSA, 2020)
Produits Dose Spectre d’action (x) Stade
commerciaux* /ha Graminées Dicots des
Folles Alpistes Ray Brome céréales
avoine grass **
Apyros 75 WG 26,6 g x x x 2F–M
Atlantis 500g x x x x x 2 F - FT
Atlantis OD 1,5 L x x x x x 3F-M
Clortosint SE 3,6 L x x x x 1-2F
Broadway 320 g x x x x x DT - M
Broadway Star 320 g x x x x x DT - M
Cossack OD 1,0 L x x x x x 2F
Everest 70 WG 43 g x x x x x 2F
Floramix 320 g x x x x x DT - M
Kalenkoa 0,8 L x x x x x 3 F - FT
Navigator 1,0 L x x x x 3F-M
Othello 1,0 L x x x x x 3 F - FT
Pallas 45 OD 0,5 L x x x x x 2F-M
Swipe 1,0 L x x x x 2F-M
* : composition et matières actives sont données en Annexe 1
** : F : Feuille DT : Début tallage FT : Fin tallage M : Montaison
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Pour l’élimination des graminées dans une culture d’orge, l’agriculteur marocain
pourrait utiliser deux herbicides : Axial 045 EC et Axial 050 EC. Une attention
particulière doit être portée à la gestion du ray-grass qui a commencé à
développer, ces dernières années, une résistance à ces 17 herbicides dans
plusieurs régions céréalières du Maroc.
- 78 -
ou homologuée (Tableau 11) pour gérer avec aisance tous les problèmes posés
par les dicots dans le blé, l’orge et le triticale. En outre, cette catégorie
d’herbicides fournit à elle seule les deux tiers des herbicides homologués pour
cette filière au Maroc. Plus de 50% de ces herbicides anti-dicots sont des produits
à base de phytohormones (2,4D, MCPA et dicamba) (Groupe O) qui sont
utilisables à un stade avancé des céréales (mi-tallage – montaison). Les herbicides
à base de 2,4D, sous forme de sels ou d’esters, dominent largement la gamme.
Les herbicides inhibiteurs de l’ALS constituent la deuxième catégorie
d’herbicides qui fournit le reste de produits anti-dicotylédones qui sont utilisables
pour le désherbage précoce. Cette catégorie est largement dominée par deux
matières actives, tribénuron- méthyle et metsulfuron-méthyle. Ces herbicides
sont plus efficaces lorsqu’ils sont utilisés sur des plantules très jeunes. Tandis que
les phytohormones ont l’avantage de contrôler les plantes plus développées.
Ainsi, certains herbicides à base de 2,4D + MCPA sont utilisables au stade
gonflement du blé. L’utilisation des phytohormones avant tallage et/ou après
gonflement pourrait provoquer l’enroulement des feuilles et/ou la déformation et
la stérilité des épis. Le tableau 11 donne la dose recommandée et le stade
d’utilisation de chaque herbicide. Le mélange extemporané entre les herbicides
des deux catégories est possible ou même pratiqué pour élargir le spectre d’action
du traitement et réussir l’opération de désherbage. Comparativement aux
phytohormones qui agissent rapidement sur les mauvaises herbes traitées, les
herbicides inhibiteurs de l’ALS ont besoin d’une à deux semaines pour que leur
effet soit observé. Bien que les phytohormones soient des herbicides très anciens,
ils continuent à rendre des services appréciés en matière de désherbage. Ainsi,
dans les grandes exploitations, les phytohormones sont utilisées, seules ou en
mélange extemporané avec d’autres herbicides, pour contrôler les chardons, les
centaurées et le liseron, gérer la résistance du chrysanthème aux ALS et faire des
corrections de désherbage précoce (désherbage de rattrapage). Les produits à base
de l’aminopyralide (Lancelot, lancelot neo et Mustang forte) sont
recommandables pour contrôler le coquelicot résistant aux 2,4D et tribénuron-
méthyle dans les régions ayant connu ce problème (Saiss et Tadla). Les céréales
traitées avec l’un de ces trois herbicides ne devraient pas être suivies par une
légumineuse dans la rotation. Homologué contre les dicots, Sekator OD a aussi
un effet sur les graminées excepté le brome. L’arrivée des herbicides inhibiteurs
de l’ALS sur le marché national, depuis les années 80, était une avancée
technologique remarquable pour les raisons suivantes : matières actives très
puissantes, utilisables en petites quantités (quelques grammes /ha) et efficaces sur
les adventices difficiles à maîtriser ou qui échappent aux phytohormones
classiques. Ainsi, la notion de « mauvaises herbes coriaces : Astragalus boeticus,
Emex spinosa, Galium tricornutum et Vaccaria pyramidata » mentionnée dans
- 79 -
les normes de certification au laboratoire du règlement technique de la
production, du contrôle, du conditionnement et de la certification des semences
des céréales à paille n’est plus valable techniquement depuis l’arrivée de cette
famille d’herbicides.
- 80 -
Tableau 11: (Suite)
Lintur 70 WG 150 g x x x x
Maton 600 0,6 L x x x
Mega 2,4D 0,5 L x x x
Mengel 24 EC 2,0 L x x x
Metro 30 g x x x x
Metsy 30 g x x x x
Mezzo 30 g x x x x
Mustang forte 0,5 L x x x x
Mustang 306 SE 0,6 L x x x x
Netagrone 600 0,6 L x x x
Nuance 12,5 g x x x x
Nautilus 30 g x x x x
Poirot WG 12,5 x x x x
Primma Star 12,5 x x x x
Printazol 75 1,0 L x x x x
Procamba 0,5 L x x x
Quelex 60 g x x x x x
Rama SL 0,5 L x x x
Rasor 72 SL 0,6 L x x x
Sekator OD 0,15 L x x x x x
Selectone D55 1,0 L x x x
Skylla 12,5 g x x x x
Starkem 60 WG 10 g x x x x x
Tornado SE 0,6 L x x x x
Toro 720 SL 0,6 L x x x
U 46 Combi fluid 0,8 L x x x x
Vega 72 SL 0,6 L x x x
Volteo 12,5 g x x x x
Yedester 225 2,0 L x x x
Zoom 150 g x x x x
* : composition et matières actives sont données en Annexe 1
** : F : Feuille DT : Début tallage Mi-T : mi-tallage FT : Fin tallage
M : Montaison G : Gonflement.
➢ Herbicides de pré-récolte
Parfois, si l’année est pluvieuse ou les pluies sont survenues avant la récolte ou
que l’opération de désherbage est ratée, une intervention tardive en fin du cycle
avec des herbicides s’impose dans le cas de présence de mauvaises herbes au
moment de la récolte (Photo 24). Cette opération a pour objectifs de dessécher
les mauvaises herbes de fin du cycle, et par conséquent, faciliter la récolte ou
- 81 -
parfois de contrôler les vivaces. Malheureusement, aucun herbicide de pré-récolte
n’est homologué au Maroc. A titre indicatif, les herbicides à base de 2,4 D,
dicamba, glyphosate, diquat et saflufenacil sont recommandables pour cette fin
dans plusieurs pays. Cependant, leur utilisation est sujette à certaines conditions
et/ou restrictions en relation avec la destinée de la récolte (Tableau 12). Les
produits à base du glyphosate sont plus indiqués pour lutter contre les vivaces
avant ou même après la récolte. L’utilisation des herbicides de pré-récolte n’est
pas une pratique totalement absente au Maroc. Lors de certaines années
pluvieuses, des herbicides à base du glyphosate ou sulfosate ont été utilisés
(depuis les années 90) dans quelques grandes exploitations marocaines comme
par exemple les domaines de SOGETA à l’époque.
Photo 24: Champ du blé infesté par l’aneth des moissons ou Slili (Ridolfia
segetum) au Gharb
- 82 -
Tableau 12 : (Suite)
Dicamba Dicots Dessiccation Stade grain Faire un test de
pâteux germination pour
la semence
Diquat Dicots et Dessiccation Stade grain -
graminées pâteux
Saflufenacil Dicots Dessiccation Stade grain Non utilisable
annuelles pâteux pour la
production de
semences
- 83 -
Tableau 13: Mode d’action des principales familles chimiques des herbicides
utilisés sur céréales d’automne
Famille chimique Herbicide Code Pénétration Migration Site d’action
type HRAC
Acides phénoxy- Printazol 75 O Foliaire Systémique Régulation de
carboxyliques l’auxine
Acides benzoïques Procamba O Foliaire Systémique
Acides pyridine Hdidane O Foliaire et Systémique
carboxyliques Ultra racinaire
Sulfonylurées Cossack OD B Foliaire et Systémique Acides aminés
racinaire ramifiés
(valine, leucine
Triazolopyrimidines Pallas 45 OD B Foliaire et Systémique et isoleucine)
racinaire
- 84 -
dose appliquée, la nature et le stade de la plante cible, les conditions
pédoclimatiques et pratiques culturales (Photo 25). Généralement, les herbicides
ayant le même mode d’action produisent les mêmes dégâts et/ou symptômes.
Ainsi, il est facile de distinguer les symptômes d’herbicides ayant différents
modes d’action que ceux des herbicides de même mode d’action (Tableau 14).
Photo 25: Phytotoxicité d’un herbicide de type ALS « one pass » sur blé
En général, les plantes annuelles qui absorbent rapidement les herbicides sont
beaucoup plus sensibles aux effets des herbicides et montrent plus de symptômes
de phytotoxicité. Par contre, les plantes vivaces ou pérennes tendent à absorber
lentement les herbicides et à les diluer dans leur grande biomasse ce qui donne
naissance à moins de symptômes ou de dégâts. En outre, ces plantes vivaces ont
une grande et rapide capacité de détoxification, et par conséquent, elles peuvent
souvent reprendre leur croissance.
Il ne faut pas croire que les herbicides sélectifs n’ont pas d’effets négatifs sur les
cultures ou les plantes non cibles. Ces dernières peuvent manifester dans certaines
conditions d’application une légère phytotoxicité mais généralement éphémère
ou passagère sans répercussion sur le rendement final (Photo 26). Dans certaines
circonstances, les dégâts peuvent être désastreux comme le cas des herbicides
phytohormones appliqués à un stade des céréales non recommandé (avant tallage
et entre gonflement et maturation) et les sulfonylurées sur une céréale soumise au
- 85 -
stress hydrique. De même, des symptômes similaires à ceux des herbicides
peuvent être causés par d’autres facteurs biotiques (virus, champignons,
bactéries, nématodes et insectes) et abiotiques (conditions du sol et climatiques).
Ceci peut être une source de confusion et rend difficile le diagnostic sur le champ.
- 86 -
Photo 26: Taches jaunes huileuses sur blé dues à la phytototoxité d’un herbicide
de type ALS
- 87 -
Photo 28: Effet du pyroxulam sur une plante du brome (à droite)
comparativement à une plante non traitée (à gauche) à 28 jours après
traitement
Photo 29: Effet d’un herbicide de la famille des Sulfonylurée (ALS) sur la mauve
- 88 -
Photo 30: Effet d’un herbicide de type ALS sur le brome rigide (à droite) et sur
le coquelicot (à gauche)
Photo 31: Effet d’un herbicide anti-graminées de type FOPs sur une graminée
- 89 -
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CHAPITRE IV : Bases d’utilisation raisonnée des herbicides
➢ pH de l’eau de bouillie
Le potentiel hydrogène, communément connu sous le nom de « pH », permet de
mesurer l’acidité ou la basicité d’une bouillie. Ce paramètre important peut être
déterminé avec précision à l’aide d’un pH mètre ou tout simplement avec des
bandelettes de pH pour indication. Il est compris entre 1 et 14. Le pH de l’eau
pure à 25°C qui est égal à 7, a été choisi comme valeur de référence d’un milieu
neutre. Ainsi, trois catégories de solutions ou milieux sont à distinguer : pH acide:
1-6 (Jus de citron : 2, Acide Chlorhydrique :1), pH neutre : 7 (Eau pure) et pH
basique: 8-14 (Hydroxyde de Sodium: 14). La détermination ou la connaissance
du pH d’une eau avant son utilisation pour la préparation d’une bouillie pourrait
éviter les effets de ce paramètre sur la solubilité, la stabilité et l’absorption d’un
herbicide.
Etant donné que la majorité des herbicides des céréales sont formulés sous forme
d’acides faibles (dissociation partielle), ils sont beaucoup plus sensibles à la
- 91 -
variation du pH de la solution. En général, les eaux à pH acide (4-6) sont
souhaitables pour les herbicides classés acides faibles. Vu l’impact direct du pH
de l’eau utilisée pour la préparation de la bouillie de pulvérisation, il est
recommandé d’ajuster le pH à un niveau qui garantit la meilleure sélectivité et le
maximum d’efficacité du produit choisi. Cet objectif pourrait être obtenu par
l’ajout d’adjuvants de type acidifiants ou l’acide sulfurique, ou l’acide
phosphorique ou le sulfate d’ammonium. La quantité à ajouter nécessite que le
manipulateur soit doté d’un pH mètre. Cet ajustement est impératif dans le cas où
l’agriculteur a préparé sa bouillie à base d’un herbicide sensible à l’hydrolyse
alcaline et contraignant de retarder de plus de 24 heures son application. A
l’image des pluies acides, une eau trop acidifiée risque de brûler la végétation
(culture et mauvaises herbes) avant l’effet de l’herbicide. La correction du pH de
l’eau doit être apportée avant l’introduction de l’herbicide dans la cuve.
- 92 -
sont données en ppm. La correction de la dureté de l’eau doit être apportée avant
l’herbicide. Non seulement les ions sulfates s’associent avec les ions calcium et
magnésium et les empêchant ainsi d’interagir avec la matière active de
l’herbicide, mais aussi ils gardent la cuticule (surface des végétaux) humectée,
retardent le desséchement des gouttelettes contenant l’herbicide et enfin
favorisent la pénétration ou l’absorption de l’herbicides.
- 93 -
La sensibilité des herbicides à la turbidité varie d’un herbicide à l’autre. Elle est
déterminée par leurs Coefficients d’adsorption du carbone organique (Koc). Plus
Koc est grand plus l’adsorption de l’herbicide est grande. En général, les
herbicides qui sont composés du glyphosate, du paraquat et diquat sont beaucoup
plus sensibles à la turbidité de l’eau de bouillie. Ainsi, 2,4D ester a un Koc de 24
ml/g, 2,4D amine 48, iodosulfuron 0,8–152, mesosulfuron 2,9–27, aminopyralide
2500, glyphosate 24 000 et paraquat 1 000 000. Ces deux matières actives sont
beaucoup utilisées dans le semis direct des cultures en général et la dessiccation
des mauvaises herbes juste avant la récolte des céréales. En plus de la réduction
des performances du pulvérisateur (bouchage des buses, filtres et tuyaux), les
particules en suspensions dans l’eau forment des complexes avec les herbicides
(par phénomène d’adsorption), et par conséquent, réduisent leur absorption par
les plantes traitées et par la suite leur efficacité sur les mauvaises herbes visées.
La turbidité pourrait être corrigée avec un changement d’eau tout simplement ou
avec l’un des procédés suivants : sédimentation, filtration, floculation et
flottation. Le dépôt de poussière sur le feuillage des mauvaises herbes dans une
parcelle de céréale à proximité des routes ou des pistes pourrait entrainer une
turbidité de la bouillie interceptée par un feuillage poussiéreux (Photo 32). Une
étude faite au Tadla avait permis de montrer que plus la quantité de poussière,
déposée sur le feuillage de la morelle jaune, est importante plus l’efficacité du
glyphosate est réduite (Figure 5).
- 94 -
Figure 5 : Effet des couches de poussière déposée avant traitement sur l’efficacité
du Glyphosate sur la morelle jaune au Tadla
- 95 -
aucun cas remplacer les bonnes conditions de traitement. Ils sont des moyens
d’optimisation des traitements phytosanitaires car ils permettent de lever les
contraintes techniques imposées par des situations limitantes. Ainsi, trois
avantages motivent les agriculteurs à mettre en œuvre les adjuvants
extemporanés : avantages techniques (levée de facteurs limitants), technico-
économique (régularité de l’efficacité, limitation de perte du produit, réduction
de dose,) et technico-environnemental (limitation de la dérive, forte rétention sur
la cible).
- 96 -
Tableau 15: (Suite)
Codacide oil Huile de colza Etalement, Huile 1,0 L Agrimatco
(95%) Pénétration
Dash Acide oléique (5%) Rétention, Mouillant 1,5 L Basf
Ester de phosphate Etalement, non ionique
d’alcools gras Fixation,
(22,5%) Pénétration
Esters méthyliques Anti-dérive
d’acides gras
(37,5%)
Golden Nonyl phénol Rétention, Mouillant 100 à Alfachimie
Mirowet polyglycol ether Etalement non ionique 120
(525g/L) cc/hl
Heliosol Alcools terpéniques Rétention, Mouillant 200 Almassiragri
(665 g/L) Etalement, non ionique cc/hl
Fixation,
Pénétration
Anti-dérive
Acidifiant
Liberate Lécithine de soja Rétention, Mouillant 1,0 L Promagri
(488 g/L) Etalement, non ionique
Pénétration
Anti-dérive
Acidifiant
Seppic 11E Huile blanche de Etalement, Huile 0,5 L Agrimatco
pétrole (489 g/L) Pénétration
Silwet Gold Polyalkyleneoxide Rétention, Mouillant 15 CPCM
heptamethytrisiloxa Etalement non ionique cc/hl
ne Anti-dérive
(800 g/L)
Tenon 1-octyl-2- Rétention, Mouillant 50 Marbar
pyrrolidone Etalement, non ionique cc/hl Chimie
(100 g/L) Pénétration
Transit Lécithine de soja Rétention, Mouillant 0,5 Arzak
(355 g/L) Etalement, non ionique L/hl Seeds Trade
Pénétration
Anti-dérive
Acidifiant
Les mouillants non ioniques sont au nombre de 8 et dominent les adjuvants. Ils
sont d’ailleurs beaucoup utilisés et compatibles avec beaucoup de pesticides. Ils
ont pour fonctionnalité commune l’augmentation de la rétention et l’étalement
des herbicides pulvérisés sur les plantes cibles. En plus, d’autres fonctions telles
que la pénétration, l’acidification et la limitation de la dérive sont offertes par les
mouillants et varient d’un mouillant à l’autre. Trois huiles d’origine végétale et
- 97 -
une autre d’origine minérale constituent la catégorie des huiles commercialisées
au Maroc. Ces huiles sont essentiellement utilisables pour favoriser l’étalement
et la pénétration des herbicides. Elles sont utilisées dans le cas où les conditions
de traitement sont difficiles (sécheresse, forte infestation) et elles sont
recommandables pour les herbicides antigraminées de post-émergence. Il est à
signaler que plusieurs adjuvants listés peuvent être aussi utilisables avec d’autres
pesticides (insecticides et fongicides) et régulateurs de croissance.
Bien que la législation marocaine ne reconnaisse pas les engrais azotés et l’acide
sulfurique comme additifs ayant des fonctions d’amélioration de l’efficacité des
herbicides, ces produits sont largement utilisés par les agriculteurs. L’acide
sulfurique est utilisé comme adjuvant utilitaire acidifiant. Cependant, le sulfate
d’ammonium est utilisé en tant que correcteur de la dureté de l’eau, acidifiant et
humectant. Les nitrates d’ammonium et l’urée pourrait être aussi utilisés comme
adjuvants humectant.
- 98 -
les graminées (peu mouillables à cause de leur pilosité) et ayant un
port dressé,
• Le stade des adventices : plus le stade d’une plante est avancé, plus
la pénétration de l’herbicide pulvérisé est défavorisée à cause de
l’épaississement de la cuticule et/ou de développement des cires
épicuticulaires à la surface des feuilles. Les huiles sont beaucoup
indiquées comme adjuvants pour dépasser ce problème,
• L’herbicide utilisé : la composition chimique, la formulation et le
mode d’action d’un herbicide sont déterminants quant au choix de
l’adjuvant avec qui l’herbicide choisi sera combiné. Les herbicides
de contact ont besoin des adjuvants qui augmentent leur
recouvrement et leur rétention. Tandis que certains adjuvants sont
déconseillés pour une catégorie d’herbicides. C’est le cas des huiles
pour les phytohormones comme 2,4D, MCPA, Dicamba etc. à cause
du risque de perdre la base de leur sélectivité,
• Les conditions pédoclimatiques : sont prises en considération celles
qui règnent au moment et après le traitement. Souvent, les adventices
sont soumises à un stress hydrique ou traitées dans des conditions
climatiques qui ne sont pas optimales (température, humidité relative
de l’air, vent etc.). Ainsi, l’utilisation d’un ou plusieurs adjuvants
(huiles pour les plantes stressées, humectants pour une humidité
faible et anti dérives dans les conditions ventées) s’impose pour lever
la contrainte au traitement,
• L’eau de bouillie : la connaissance de la qualité de l’eau de bouillie
(pH, dureté, alcalinité et turbidité) est nécessaire pour faire des
corrections qui s’imposent avant de mettre l’herbicide dans la cuve.
L’engrais à base de sulfate d’ammonium (21%) est bien indiqué pour
corriger et stabiliser la qualité de l’eau à utiliser. Dernièrement,
plusieurs agriculteurs utilisent systématiquement cet engrais pour
réussir l’opération de désherbage,
• Le prix de l’adjuvant : c’est un facteur à considérer, surtout si
l’agriculteur a le choix entre plusieurs adjuvants ayant la même
fonction ou entre adjuvants ayant plus de matière active ou de
services pour le même prix.
Souvent l’agriculteur est appelé à utiliser plusieurs adjuvants dans la même cuve
pour résoudre plusieurs problèmes techniques qui pourraient hypothéquer le
résultat final de l’opération de désherbage. Dans ce cas, le choix des adjuvants à
ajouter n’est pas suffisant, mais l’ordre d’introduction des adjuvants est aussi très
important et même parfois déterminant. Comme règle générale, il faut toujours
- 99 -
commencer par les adjuvants correcteurs de la qualité d’eau ou de compatibilité,
suivis des mouillants et enfin des huiles.
➢ Herbicides foliaires
Les herbicides auxiniques ou phytohormones (formulés sous forme de sel
d’amine ou d’ester) sont beaucoup plus sensibles aux basses et hautes
températures. Les basses températures réduisent leur mouvement dans la plante
pour atteindre leurs sites d’action. Tandis que les hautes températures peuvent
conduire à la phytotoxicité de la culture. La plage de température oscillant entre
- 100 -
10 et 25 °C semble être optimale pour ces herbicides. L’humidité relative de l’air
(>60%) semble jouer un rôle positif sur l’efficacité des herbicides auxiniques
surtout pour ceux formulés sous forme de sel d’amine.
Les traitements en période de fortes rosées sont à éviter à cause du lessivage des
produits, mais les faibles rosées (jusqu’à un mm ou 1000 l/ha) améliorent
l’absorption de ces herbicides. Les herbicides solubles dans l’eau sont beaucoup
sensibles aux pluies que les herbicides liposolubles. Pratiquement, si les
gouttelettes de la rosée ne tombent pas, après avoir secoué quelques pieds des
céréales, le traitement pourrait être effectué sans soucis.
- 101 -
➢ Herbicides résiduaires
Les herbicides appliqués au sol ou résiduaires sont utilisés en post-semis ou en
post-levée précoce, juste avant la levée des adventices. Donc ces herbicides
devraient se trouver dans le sol en contact des graines des mauvaises herbes ou
leurs plantules avant leur levée. Ainsi, leur efficacité dépend étroitement en
premier lieu des caractéristiques du sol (taux d’argile, taux de matière organique
et humidité du sol) et en second lieu de la qualité du semis.
Les herbicides appliqués au sol qui se trouvent dans la solution du sol sont
absorbés principalement par les racines, l’hypocotyle ou le nœud du coléoptile
(chez les graminées) durant la période entre la germination et la levée des
adventices. Ainsi, une certaine humidité (5-15mm) pendant et après l’application
de ces produits favorise leur efficacité, mais pas une saturation ou engorgement,
doit être disponible dans le sol. Cependant, une forte irrigation (gravitaire) ou une
pluie abondante risquent de casser la base de sélectivité de ces herbicides. Pour
l’utilisation du Vigon, le fabricant recommande de retarder le traitement si de
fortes pluies sont annoncées dans les 24h qui suivent. De même, des essais sur
l’utilisation de Boxer en pré-levée à Nouasser et aux Doukkala ont permis de
montrer une réduction du peuplement du blé suite à une abondance de pluies après
traitement.
- 102 -
apportée serait réduite par le phénomène d’adsorption. Aussi, le sous dosage
aurait inéluctablement réduit l’efficacité de l’herbicide.
- 103 -
➢ Types d’interaction entre les herbicides d’un
mélange
Le mélange des herbicides dans la même cuve est basé sur la supposition que les
herbicides choisis agissent indépendamment. En d’autres termes, la présence de
l’un n’a pas d’effet sur l’action de l’autre. Dans ce cas, l’effet du mélange devrait
être la résultante ou le cumul des actions des herbicides lorsqu’ils sont appliqués
séparément. Malheureusement, dans beaucoup de situations, l’interaction entre
les herbicides inclus dans le mélange peut modifier l’action biologique de chaque
herbicide. Ainsi, la performance du mélange ne pourrait pas être prédictible à
partir des performances de chaque herbicide. Comparativement à leurs effets
séparés, l’effet des herbicides en mélange peut être additif, synergique ou
antagoniste. L’interaction est dite additive lorsque l’effet du mélange est égal à
la somme des effets séparés des herbicides qui le composent. On parle de synergie
ou d’antagonisme lorsque cet effet combiné est respectivement supérieur ou
inférieur à cette somme. L’effet combiné observé dépend de la dose de chaque
herbicide, la période d’application et la période d’observation. Parfois, l’effet
observé est passager et parfois il est persistant et désastreux. Pratiquement,
l’antagonisme (efficacité réduite) signifie qu’il est nécessaire d’augmenter la
dose de l’un ou des deux herbicides utilisés pour avoir l’effet escompté.
Cependant, dans le cas de synergisme (efficacité augmentée) une réduction des
doses recommandées des produits pourrait être envisageable. L’antagonisme est
souhaitable dans le cas de réduction de la phytotoxicité du mélange sur la culture
en comparaison à la phytotoxicité des herbicides appliqués séparément.
Cependant, le synergisme n’est pas souhaité si la phytotoxicité du mélange
dépasse celles des herbicides appliqués seuls.
- 104 -
• Interaction au niveau du site d’action entre les herbicides combinés
lorsqu’un herbicide du mélange empêche l’autre herbicide de se fixer
sur un site d’action,
• Interaction entre les herbicides combinés qui agissent sur deux sites
différents et qui produisent des effets opposés sur le même processus
physiologique,
• Réaction chimique qui peut générer des complexes d’herbicides
inactifs ou qui augmente leur métabolisation.
- 105 -
présente pas de problèmes. Cependant, une attention particulière doit être faite en
mélangeant des herbicides présentés sous différentes formulations et en
respectant l’ordre de leur introduction.
Pratiquement, Il faut commencer par remplir la cuve aux 2/3 d’eau du volume de
bouillie souhaité et mettre l’agitateur en marche, puis introduire les produits selon
l’ordre indiqué dans le tableau 19. Enfin, compléter le dernier tiers d’eau pour
atteindre le volume souhaité. Dans le cas des formulations solides, attendre la
dissolution complète d’un produit avant d’introduire un autre. En cas de nécessité
ou de besoin d’ajout d’oligo-éléments ou d’engrais foliaire ceux-ci devraient être
les derniers produits à introduire dans la cuve.
Photo 33: Phytotoxicité due au mélange de Pyraflufen éthyl et 2,4 D sur blé
- 106 -
Tableau 18: Ordre d’introduction des différentes formulations dans la cuve
Ordre Formulation Code
1 Les produits ayant une action sur la qualité de
l’eau
Acidifiant, correcteur de dureté, Sulfate -
d’ammonium…
2 Les formulations solides
1. Les faibles doses (< à 100 g) -
2. Les sachets hydrosolubles WSB
3. Les granulés dispersibles WG
4. Les granulés solubles SG
5. Les poudres mouillables WP
3 Les formulations liquides
1. Les suspensions concentrées SC
2. Les suspensions émulsions SE
3. Les émulsions aqueuses EW
4. Les suspensions huileuses OD
5. Les émulsions concentrées EC
6. Les liquides solubles SL
4 Les adjuvants
1. Les mouillants -
2. Les huiles -
- 107 -
de toxicité. Il varie de 2 à 24 heures selon le produit (Tableau 19). Dans le cas ou
ce délai de sécurité n’est pas indiqué sur l’étiquette ou la brochure de l’herbicide
utilisé, il faudrait observer un délai minimum présumé de 12 heures. L’entrée
dans la parcelle traitée avant le délai de sécurité exige le port du matériel de
protection individuelle (combinaison, casquette, masque, gants, bottes etc.).
De même, une durée pendant laquelle il est interdit d’introduire des animaux dans
le champ traité ou d’arracher les mauvaises herbes traitées pour l’affouragement
du bétail est aussi déterminée pour chaque herbicide. Ce délai de réintroduction
des animaux est donné dans le tableau 15. Il varie de 0 à 70 jours selon la
composition et la formulation l’herbicide utilisé sur blé. Cette restriction change
aussi selon le type d’animal. Ainsi, une distinction devrait faite entre le bétail
d’embauche et le bétail laitier. En général, les délais pour la première catégorie
sont inférieurs à ceux de la deuxième.
Un autre délai aussi intéressant porte une indication sur la durée minimale à
observer entre la fin de traitement et l’arrivée des pluies ou l’apport d’une
irrigation avec pivot ou asperseurs. Ce délai est beaucoup influencé par la
formulation du produit. Dans le cas des phytohormones, les herbicides formulés
sous forme d’esters résistent mieux au lessivage ou lavage par l’eau que les
produits formulés sous forme de sels. De même, les produits récents et formulés
sous forme de suspension huileuse (OD) ont besoin généralement d’une heure
pour résister aux pluies survenues après traitement. Les herbicides utilisés sur les
céréales nécessitent 30 mn à 8 heures pour assurer l’efficacité recherchée
(Tableau 19). Un délai de 8 heures est à observer en cas d’absence d’information
sur ce paramètre.
- 108 -
après traitement, la texture, le pH et le taux de matière organique du sol, etc. En
général, les produits ayant une demi-vie faible posent mois de problème s’ils sont
appliqués dans les conditions normales. Vu l’importance des résidus d’herbicide
dans le sol, tout un chapitre est réservé à ce phénomène ou problème d’actualité
dans le contexte marocain.
- 109 -
Tableau 19: (Suite)
Florasulame + Quelex 12 15 3 Non
Halauxifène-
méthyle
Amidosulfuron + Sekator 12 28 2-8 Oui
Iodosulfuron- OD
méthyle
Aminopyralide + Mustang 12 7 1-3 Oui
Florasulame + 2,4 Forte
D
Anti-graminées
Clodinafop- Topik 080 12 3 0,5 - 1 Non
propargyl EC
Fénoxaprop-P- Puma 12 25 1-4 Non
éthyle Super
Pinoxaden Axial 050 12 7 0,5 - 1 Non
EC
Clodinafop- Traxos 050 12 7 1 Non
propargyl + EC
Pinoxaden
Anti-dicotylédones + graminées
Flucarbazone Everest 70 12 56 1 Oui
sodium WG
Prosulfocarbe Boxer 800 2 70 1 Non
EC
Pyroxsulame Pallas 45 12 7 2-6 Non
OD
Sulfosulfuron Apyros 12 0 4 Oui
Florasulam + Navigator 12 7 1 Non
Pinoxaden
Pyroxsulame + Floramix 12 7 1 Non
Florasulame
Iodosulfuron- Cossack 24 28 4 Oui
méthyle + OD
Mesosulfuron-
méthyle
Clodinafop- Swipe 12 7 1 Non
propargyl +
Florasulam +
Pinoxaden
Iodosulfuron- Kalenkoa 24 28 2 Oui
méthyle +
Mesosulfuron-
méyhyle +
Diflufécanil
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Photo 34: Effet résiduaire d’un herbicide à base d’aminopyralide sur la levée de
la féverole dans la région de Sefrou
Photo 35: Effet résiduaire d’un herbicide à base de metsulfuron sur la levée de
la betterave à sucre aux Doukkala (2020)
- 111 -
3. Gestion de la résistance aux herbicides
L’utilisation des herbicides pour éliminer les mauvaises herbes devient une
méthode recherchée et utilisée d’une façon exclusive par les agriculteurs. Les
herbicides assurent une lutte rapide, efficace et économique, et par conséquent,
ils doivent être considérés comme des outils à préserver. En cas d’une utilisation
non raisonnée et/ou abusive, il faut s’attendre au phénomène de la résistance qui
les rendra inefficaces. Déjà à l’échelle mondiale, en 2020, 81 et 30 espèces
associées aux cultures du blé et de l’orge respectivement, ont été déclarées
résistantes aux herbicides utilisés sur ces cultures. Au Maroc, les doléances
concernant ce phénomène ont été faites depuis 2000 avec la résistance du ray-
grass (Lolium rigidum) aux herbicides antigraminées du type ACCases (Fops,
Dimes et Den) et du coquelicot (Papaver rhoeas) aux herbicides anti-
dicotylédones tels que ceux à base de 2,4 D et tribénuron-méthyle. Actuellement
plus de 100 mille hectares sont touchés par ce phénomène dans les principales
régions agricoles du pays.
- 112 -
• La monoculture encourage souvent l'utilisation du même herbicide
ou groupe d’herbicides,
• La rotation de courte durée (exemple betterave / céréales ou
légumineuses / céréales),
• La résistance risque de se manifester parmi les mauvaises herbes
annuelles qui produisent une quantité importante de semences (cas
des chénopodes, des graminées etc.) ou/et plusieurs générations par
saison de croissance (cas de pâturin annuel),
• La forte sensibilité des mauvaises herbes aux herbicides : plus
l’espèce est sensible, plus la pression de sélection exercée par
l’herbicide est forte,
• La résistance se manifeste rapidement souvent à l'égard des
herbicides ayant un seul site d’action, très puissants et efficaces (cas
des sulfonylurées (Photo 36) et les Fops et les Dimes (Tableau 20).
Les mauvaises herbes résistantes montent à graines et dominent tôt ou tard le
peuplement à partir d’un stock semencier croissant. Parfois, ça demande de
nombreuses années pour que l’agriculteur s’aperçoive qu’il a peut-être un
problème de résistance. La présence de quelques individus ou d’une tache de
mauvaises herbes ayant apparemment échappé aux mesures de contrôle peut
constituer un signal d’alerte. Cependant, cette situation peut être parfois
attribuable à une opération de désherbage ratée et dont il faut chercher les causes
d’échec avant d’incriminer un herbicide de résistance (Photo 37).
- 113 -
Tableau 20: Durée prédictive d’apparition de la résistance aux herbicides
Herbicides Durée Risque de
d’utilisation résistance
Sulfonylurées 4-6 élevé
Fops, Den et Dimes 6-8 élevé
Triazines 15 moyen
Auxiniques (Phytohormones) > 20 moyen
Paraquat/Diquat > 15 moyen
Glyphosate >12 moyen
Photo 37: Champ du blé traité avec un herbicide non efficace sur la centaurée
- 114 -
Quant aux mécanismes de résistance aux herbicides, deux grands types sont
aujourd’hui connus, la résistance liée à la cible et la résistance de détoxication
(ou résistance non liée à la cible). Le premier mécanisme peut être causé par une
mutation (ou altération) du site d’action qui se manifeste suite à la présence d’au
moins une mutation sur le gène de la cible empêchant l’herbicide de se fixer sur
sa cible (enzyme) ou à une amplification (surexpression) du site d’action due à
une production importante de site d’action ce qui engendre une dilution de l’effet
herbicide. Les plantes ayant ce mécanisme résistent presque à tous les produits
ayant le même site d’action de la même famille chimique ou de différentes
familles. Le niveau de résistance, dans ce cas, est généralement très élevé et peut
atteindre 1000 (c'est-à-dire il faut 1000 fois la dose recommandée pour avoir
l’effet). Le deuxième mécanisme est dû aux phénomènes qui empêchent
l’herbicide d’arriver au site d’action sur la base d’une différence d’absorption,
translocation ou métabolisation (dégradation) ou par phénomène de
compartimentation ou séquestration d’où immobilisation de l’herbicide. Ce
mécanisme est souvent non spécifique à des herbicides ou à une famille chimique.
Les niveaux de résistance, dans ce cas, sont généralement moins élevés, mais
suffisants pour que la plante manifeste une résistance à la dose recommandée.
Dans le cas de la résistance liée au site d’action, la plante ne montre aucun
symptôme après traitement. Par contre, dans le cas de la résistance par
détoxication, la plante laisse apparaître des symptômes passagers mais poursuit
sa croissance et son développement normalement.
- 115 -
Tadla et à Meknès (Photo 39). Cette résistance a été aussi observée en Espagne,
France, Italie et en Grèce. La résistance du chrysanthème à couronnes aux
herbicides de type ALS est déclenchée dans trois sites localisés au Tadla et Saïss.
Ce phénomène est supposé apparaître pour la première fois en 2010 à Oulad
Zidouh au Tadla. Mais, la confirmation n’a été faite qu’en 2013 sur la base d’un
essai comparatif des herbicides. Le deuxième cas a été observé dans la région de
Sefrou en 2016 (Photo 40) dans une parcelle du blé conduit sous pivot et désherbé
durant plus de 10 ans avec des herbicides ALS de deux familles chimiques
(Sulfonylurées et Triazolopyrimidines). Des cas de résistance du Chrysnthème
des moissons (Chrysanthemum segetum) ont été observés dans plusieurs régions
mais ils restent non documentés ou datés (Photo 41). Le troisième cas a été détecté
dans la région de Meknès en 2017sur une parcelle du blé conduit en bour et dont
l’utilisation des herbicides ALS est très fréquente. L’avoine stérile a affiché une
résistance croisée aux herbicides du type Fops en 2014 dans une seule localité
sise entre Sidi Slimane et Meknès.
- 116 -
Tableau 21 : (Suite)
Coquelicot Sefrou ALS et Multiple 2000
(Papaver rhoeas) Inhibiteur de
croissance
Tadla ALS et Multiple 2003
Inhibiteur de
croissance
Meknès ALS et Multiple 2017
Inhibiteur de
croissance
Chrysanthème à Tadla ALS Croisée 2013
couronnes Sefrou ALS Croisée 2017
(Chrysanthemum Meknès ALS Croisée 2017
coronarium)
Avoine stérile (Avena Gharb Accase Croisée 2014
sterilis)
Photo 38: Champ du blé infesté par le ray-grass à résistance multiple (Feuilles
brillantes) (Région de Berrechid)
- 117 -
Photo 39: Champ du blé infesté par le coquelicot résistant (région de Meknès)
- 118 -
Photo 41: Champ du blé infesté par le chrysanthème des moissons résistant
(région de Meknès)
- 119 -
Une fois la résistance est confirmée, il convient d'opter dès lors pour un herbicide
de rechange auquel la mauvaise herbe n'est pas résistante. C’est une solution
facile mais non durable. Effectivement, pour contrôler les premiers cas de
résistance manifestée par le ray-grass et le coquelicot, nous avons utilisé des
herbicides qui ont des sites d’action différents. La principale crainte soulevée par
cette stratégie est de voir apparaître une résistance multiple, comme cela s'est
produit aux Doukkala et Tadla avec le ray-grass. Actuellement, aucun herbicide
de post-levée ne contrôle cette graminée.
➢ Vigilance et prudence
Lorsque la résistance est déclarée dans le voisinage ou dans la région, la réussite
d’une gestion des adventices nécessite la présence d’un esprit de vigilance et de
prudence afin d’empêcher (ou au moins retarder) l’apparition ou l’introduction
de la résistance dans un champ ou une exploitation. Il est fort connu que la
dissémination des adventices se fait essentiellement par le biais des lots de
semences contaminés, le fumier, l’eau d’irrigation, les machines, les animaux et
le vent. Les graines du laiteron maraîcher (Sonchus oleraceus) et de vergerette du
Canada (Conyza canadensis) peuvent être transportées par le vent sur une
distance de 2 km. De même, une étude australienne a permis de prouver que le
vent transporte le pollen du ray-grass résistant pour polliniser des plantes du ray-
grass sensible se trouvant à une distance de 3 km. En outre, le pollen des
graminées pourrait rester viable dans l’environnement jusqu’à trois heures. Cette
fécondation donne inéluctablement des populations résistantes sans qu’elles ne
soient pas produites sur place. La capacité d’estimer ou d’anticiper les risques des
principales composantes de la flore adventice d’un champ est une autre facette de
la vigilance. Bien que le nombre d’espèces résistantes au Maroc soit faible, il est
important de connaitre quelles sont les espèces qui pourraient développer une
résistance dans le futur proche. Sur la base des données collectées à travers le
monde par le comité d’action pour les résistances aux herbicides HRAC, il faut
d’emblée admettre que nos champs céréaliers sont sous la menace de 21 autres
espèces (8 graminées et 13 dicotylèdones) parmi les adventices considérées
préoccupantes pour notre céréaliculture et déclarées résistantes ailleurs dans le
blé et l’orge (Tableau 22). Uniquement, les herbicides largement utilisés pour le
désherbage des céréales au Maroc sont pris en considération.
- 120 -
en pré-levée du blé restent les seuls herbicides homologués et commercialisés
pour contrôler les populations du ray-grass résistant (Tableau 7) (Photo 42). Bien
qu’elle ne soit pas autorisée sur céréales au Maroc, la pendaméthaline peut aussi
jouer sélectivement ce rôle. Les herbicides dont leurs compositions contiennent
l’aminopyralide (Lancelot 450 WG, Lancelot Neo et Mustang Forte) sont les
seuls herbicides de post-levée commercialisés pour la lutte contre le coquelicot
résistant dans les céréales (Photo 43). La pendiméthaline (1000 g/ha) en pré-levée
du blé a été aussi utilisée avec succès, en grande échelle dans la région de Sefrou,
pour maîtriser l’infestation de ce coquelicot. Dans une exploitation de la région,
cet usage est devenu systématique depuis plusieurs années sous les pivots où la
céréale est prévue.
- 121 -
Photo 42: Efficacité du Boxer sur Ray-grass à un mois après traitement
Photo 43: Effet du Lancelot sur le coquelicot (parcelle d’avant plan). Parcelle
non traitée en arrière plan encadrée
- 122 -
La résistance du chrysanthème à couronnes observée dans nos champs de céréales
est liée au site d’action « ALS ». Ainsi, il est indispensable de choisir un herbicide
avec un autre site d’action de rechange auquel la mauvaise herbe n'est pas
résistante. Pour ce faire, l’agriculteur marocain dispose de plusieurs herbicides
homologués et/ou utilisables ailleurs sur céréales (mais non homologués au
Maroc). Ces herbicides ont uniquement deux sites d’action, inhibition de la
croissance (effet des phytohormones) et de la photosynthèse (Tableau 23).
- 123 -
Selon le degré d’infestation, ces herbicides pourraient être utilisés une fois, deux
fois, en mélange ou en séquence lors d’une même saison agricole. Cependant,
l’alternance des sites d’action, dans le temps et l’espace, s’impose pour éviter ou
au moins retarder l’apparition d’une autre résistance. Agissant par contact, les
herbicides à base de bentazone et de bromoxynil doivent être appliqués au stade
très jeune de l’adventice pour garantir une efficacité maximale. Cependant, la
préconisation de ces deux herbicides ainsi que la clopyralide est handicapée par
leurs coûts élevés à l’hectare. Quant aux phytohormones, elles sont moins chères
et plus efficaces sur les plantes en croissance très active (Photo 44). Une attention
particulière devrait être accordée à la variété de la céréale en cas de l’utilisation
de la métribuzine car la sensibilité des variétés vis-à-vis de cette molécule n’est
pas toujours la même.
- 124 -
Les mesures préventives et/ou pratiques culturales sont nécessaires pour atteindre
cet objectif, mais parfois elles ne sont pas suffisantes pour résoudre le problème
posé. En outre, les méthodes de lutte permises pour le contrôle des adventices ont
des atouts et des faiblesses. Ainsi, une bonne gestion repose également sur la
diversification de la lutte non chimique et sa combinaison à la lutte chimique
selon les principes de la gestion intégrée des mauvaises herbes. Ainsi, un certain
nombre de mesures ou conseils pour gérer et/ou prévenir la résistance aux
herbicides pourraient être préconisés afin d’arriver à cet objectif :
• Le labour profond permet d’enfouir les semences dans le sol et
empêcher leur germination et leur levée,
• L’incinération des chaumes permet de détruire en même temps les
semences des mauvaises herbes,
• Le faux semis permet aussi de détruire les premiers contingents de
mauvaises herbes et de réduire, par conséquent, leur stock semencier
dans le sol,
• Pratiquer une rotation plus longue des cultures. L'utilisation de
différentes cultures élargit le choix des herbicides à employer et des
méthodes de travail du sol permettant de lutter contre les mauvaises
herbes. Certaines cultures livrent aussi une concurrence plus féroce
aux mauvaises herbes,
• Utilisation des semences propres et nettoyage du matériel avant de
passer d'un champ à un autre. D’ailleurs, la circulation des lots de
semences contaminés a été derrière la dissémination du ray-grass
résistant dans nos champs de céréales,
• Utilisation des variétés compétitives est un levier agronomique qui
limite l’incidence des adventices,
• Eviter l'utilisation du même herbicide ou des herbicides appartenant
au même groupe dans le même champ et plus d’une fois par saison,
• Utilisation des herbicides composés de 2 à 3 matières actives ou
réaliser des mélanges extemporanés d'herbicides dont le mode
d'action est différent. La composition chimique et le code HRAC de
tous les herbicides des céréales utilisés au Maroc sont donnés dans le
répertoire des herbicides en annexe.
- 125 -
durée pendant laquelle un herbicide manifeste une activité biologique. Cette
persistance peut être le fait de la substance active, de ses produits de dégradation
ou de sa formulation. Quelque soit la méthode d’application d’un herbicide, une
partie si non la totalité de la quantité appliquée va être reçue par le sol. Ainsi, la
persistance d’action de l’herbicide dans ce dernier est un aspect très important de
son devenir. De point de vue agronomique, la persistance d’action d’un herbicide
devrait être un critère de son choix car elle nous renseigne sur la période durant
laquelle le contrôle des mauvaises herbes est assuré par un herbicide. Cette
persistance est beaucoup plus recherchée pour les herbicides appliqués au sol que
pour les produits foliaires afin d’assurer une protection la plus longue possible
sans pourtant nuire aux cultures suivantes d’une rotation préétablie. Les familles
chimiques qui renferment des herbicides ayant le potentiel de persister dans le sol
sont : les triazines, les uraciles, les substitués de l’urée, les phénylurées, les
sulfonylurées, les dinotroanilines, les isoxadiones, les imidazolinones et certaines
phytohormones surtout les pyridines. En général, les petites plantes sont plus
sensibles que les grandes et celles issues de germination de semences sont plus
sensibles aux résidus des herbicides. Ainsi, le problème de l’arrière effet des
herbicides est de nature agronomique dans le cas des cultures reproduites par
graines. Effectivement, certains herbicides nécessitent l’écoulement d’un délai
entre leur application et le semis des cultures suivantes.
- 126 -
chimique des céréales. Ainsi dans le choix d´un herbicide, la réflexion doit
dépasser la culture en place qui recevra le produit.
- 127 -
Tableau 24 : (Suite)
Clopyralide 12-70 Oui Biologique H, T°, Légumineuse
MO
Dicamba 3-35 Oui Biologique pH, MO, Betterave
H, T°
Diflufénicanil 120-240 Non Biologique, H, MO, Aucune
(DDF) chimique T°
Diquat 1000 Non Biologique H, MO, Aucune
T°, pH
Fénoxaprop-P- 2-3 Non Chimique H, pH Aucune
éthyle
Florasulame 2-18 Non Biologique H, T°, pH Aucune
Flucarbazone 8-22 Oui Biologique pH, MO, Avoine, Colza,
sodium H, T° Légumineuse,
Maïs, Sorgho
Flufenacet 9-60 Non Biologique MO, pH, Aucune
H
Flumetsulame 30-60 Oui Biologique T°, H, pH Betterave,
Colza,
Légumineuse
Fluroxypyr 3-36 Non Biologique, T°, MO, Aucune
chimique H
Flurtamone 6-65 Non Biologique, T°, MO, Aucune
physique H, Lum
Glufosinate- 1-25 Non Biologique T, H, MO Aucune
ammonium
Glyphosate 7-60 Non Biologique H, MO, Aucune
T°, pH
Halauxifène 1-17 Non Biologique H, T° Aucune
Iodosulfuron 9-15 Oui Chimique, H, pH Colza, Lentille,
méthyle biologique Luzerne, Maïs,
Tournesol
MCPA 14-31 Non Biologique pH, MO, Aucune
H, T°
Mesosulfuron 44-76 Oui Chimique, H, T° Betterave,
méthyle biologique Luzerne,
Tournesol
Métribuzine 14-60 Oui Biologique T°, H, pH Avoine,
Betterave,
Cucurbitacées,
Triticale,
- 128 -
Tableau 24 : (Suite)
Metsulfuron- 7-30 Oui Chimique, pH, H, T° Colza, Pois,
méthyle biologique Betterave,
Lentille,
Maïs,
Sorgho,
Tournesol
Paraquat 1000 Non Biologique H, MO, T°, Aucune
pH
Pendiméthaline 15-77 Oui Biologique, Lumière, H, Betterave
physique MO, T°
Pinoxaden 2-3 Non Chimique, H Aucune
biologique
Prosulfocarbe 7-13 Non Biologique H, MO, T°, Aucune
pH
Pyroxsulame 5-29 Non Biologique H, MO, T°, Aucune
pH
Saflufénacil 7-35 Non Biologique, Lumière, H, Aucune
physique MO, T°, pH
Sulfosulfuron 14-75 Oui Chimique, MO, pH, H Avoine,
biologique Betterave,
Colza,
Fève,
féverole,
Orge,
Lentille,
Luzerne,
Pois, Pois-
chiche,
Tournesol,
Vesce,
Thifensulfuron - 3-20 Non Biologique, H, MO Aucune
méthyle chimique
Triallate 8-205 Oui Biologique, H, MO, T° Avoine,
physique Luzerne,
Sorgho
Triasulfuron 3-48 Oui Chimique, pH, H Colza,
biologique Légumineu
se, Lin,
Maïs,
Sorgho,
Tournesol
Tribénuron- 5-10 Non Chimique, H, T°, pH Aucune
méthyle biologique
*: plusieurs sources, H : humidité, Lum : lumière, MO : matière organique,
T : température
- 129 -
La persistance d´un produit dans le sol n´explique pas à elle seule le risque
d´arrière-effet sur une culture installée plusieurs mois après son application. Des
herbicides ont une demi-vie longue mais ne font pas l´objet de restrictions
d´emploi par rapport aux cultures succédant aux céréales traitées. C´est le cas du
diflufénicanil ou diflufénican (DFF), matière active à la base de deux herbicides
de céréales, Othello et Kalenkoa qui contiennent 50 et 120 g/l de DFF. Sa demi-
vie est de 90 à 260 jours et pour autant ces deux herbicides n´ont pas de restriction
d´emploi sur les successions culturales selon le fabricant (dans les conditions
normales). La quantité des résidus de diflufénicanil restante dans le sol n’est pas
suffisante pour déclencher la phytotoxicité chez la culture suivante. Avec une
demi-vie de 1000 jours, l’utilisation d’herbicides à base de diquat (Barclay Pro
200, Diqua et Reglone) pour faciliter la récolte des céréales (dessiccation) n’a
aucun effet sur les cultures suivantes. Cependant d’autres herbicides présentent
un comportement inverse. C’est le cas de plusieurs herbicides de la famille des
sulfonylurées qui n´ont pas une demi-vie très importante (Tableau 24). Par
exemple, un blé traité avec un herbicide à base de sulfosulfuron comme Apyros
qui a une demi-vie de 14 à 75 jours ne devrait pas être suivi par la betterave à
sucre, le colza, l’orge ou certaines légumineuses. De même, le fabricant des
herbicides à base de l’aminopyralide comme Lancelot, Lancelot Neo et Mustang
Forte (utilisés pour le désherbage des céréales et dont la demi-vie est de 20 à 32
j) déconseille le semis de légumineuses après une céréale traitée avec ces produits
(Photo 45).
Photo 45: Effet résiduaire d’un herbicide à base d’aminopyralide sur la féverole
- 130 -
4.4. Processus de dissipation des herbicides dans le sol
La dissipation inclut tous les devenirs possibles d’un herbicide une fois au contact
avec le sol. Deux principaux processus influent sur le taux de disparition d’une
molécule dans le sol, le transfert et la dégradation. Le transfert est le changement
de la localisation ou la disponibilité d’un herbicide sans pourtant changer sa
structure ou ses propriétés chimiques. Il comprend l’adsorption au sol (fixation
du produit par les colloïdes du sol surtout l’argile et la matière organique), la
volatilisation (passage à l’état gazeux), le lessivage (entrainement vertical par
l’eau), le ruissellement (entrainement horizontal ou latéral par l’eau à la surface
du sol) et l’absorption par les plantes (prélèvement par les cultures et les
mauvaises herbes). Cependant, la dégradation est un processus qui change la
structure et les propriétés chimiques d’un herbicide et le rend plus ou moins
toxique vis-à-vis des plantes. Cette voie de dissipation comprend la dégradation
microbienne (par les algues, champignons, actinomycètes et bactéries du sol) et
chimique (réactions d’oxydation, réduction et surtout d’hydrolyse) et la photo
dégradation (cassure de la molécule par les rayons ultra-violets à la surface du
sol). En plus des propriétés physico-chimiques d’un herbicide, ces deux processus
sont aussi influencés par les facteurs climatiques et édaphiques (Tableau 24). De
même, les composantes des processus de dissipation n’agissent pas
indépendamment, mais d’une manière concomitante ou/et interactive. Par
exemple, l’immobilisation d’un herbicide par les colloïdes du sol influe
amplement sur son lessivage, sa biodisponibilité (absorption par les plantes), sa
dégradation chimique et biologique.
- 131 -
La nature et la quantité des microorganismes (bactéries, champignons,
actinomycètes etc.) vivant dans un sol influent beaucoup sur la dégradation
biologique de la majorité d’herbicides. Ainsi, tout facteur qui favorise la
croissance et la reproduction des microbes du sol (température, humidité, matière
organique, oxygène et pH du sol) réduit par conséquent la persistance des
herbicides dans ce milieu. En général, les conditions favorables pour la croissance
des plantes sont aussi optimales pour les microorganismes du sol. Ainsi, les
herbicides persistent moins dans un sol chaud, humide, riche en matière
organique avec un pH neutre et bien aéré.
- 132 -
d’arrière effet (Tableau 23), le mélange de deux ou plusieurs herbicides et
l’application la plus précoce possible sont des mesures ou pratiques (avant tout
contact entre les herbicides et le sol) qui conduisent à réduire le temps de
dissipation des herbicides dans le sol et à épargner les cultures suivantes contre
tout effet secondaire indésirable.
Une fois dans le sol, la persistance d’un herbicide pourrait être minimisée en
travaillant fréquemment le sol contaminé après la récolte de la céréale traitée
(pour favoriser la dégradation biologique et chimique) ou en réalisant un labour
profond (pour diluer la concentration de l’herbicide) avant l’installation de la
culture suivante ou en ajoutant de la matière organique au sol pour immobiliser
une quantité d’herbicide et/ou stimuler l’activité microbienne. L’apport fréquent
de petites irrigations est une autre possibilité pour accélérer la dégradation
chimique surtout des herbicides susceptibles à l’hydrolyse. En outre, le respect
des délais nécessaires entre l’application des herbicides et le semis de la culture
suivante, indiqués sur les prospectus de certains herbicides, est un élément à
considérer dans cette gestion. Ainsi, il est recommandé de lire attentivement les
fiches techniques des herbicides utilisés pour s’assurer de cette information et
d’éviter tout accident d’utilisation.
Dans le cas de soupçons de présence des résidus d’herbicides dans le sol (ou
utilisation d’herbicides ayant un arrière effet potentiel) et pour éviter toute
surprise, il est recommandé de procéder à une analyse chimique des échantillons
du sol contaminé. Parfois, cette analyse est difficile à réaliser pour des raisons
économiques et/ou techniques ou tout simplement pour l’incertitude (absence de
références) que la quantité détectée est suffisante pour déclencher un arrière effet.
Pour dépasser cette contrainte, les agriculteurs avertis et les techniciens font appel
aux essais biologiques au champ (Photo 46) ou sous serre (Photo 47) en semant
les semences des cultures d’une rotation sur le sol ayant reçu les herbicides
utilisés pour le désherbage de la céréale.
- 133 -
Photo 46: Essai au champ de l’effet résiduaire des herbicides anti- brome sur
certaines cultures (gauche à droite : lentille, petit-pois, pois-chiche,
fève et betterave)
Photo 47: Essai sous serre de l’effet résiduaire d’un herbicide sur certaines
cultures
- 134 -
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GLOSSAIRE
A
Adventice : espèce végétale étrangère à la flore indigène d’un territoire dans
lequel elle est accidentellement introduite et peut s’installer. Terme est aussi
utilisé comme synonyme de « mauvaise herbe ».
Allélopathie : interaction négative entre deux plantes d'espèces généralement
différentes, due à des substances toxiques libérées par un des organes vivant ou
mort de l’une d’elles et agissant sur la croissance de l’autre.
Antigraminée : substance active ou préparation herbicide permettant de lutter
spécifiquement contre les graminées (Syn. Graminicide).
B
Bonnes pratiques phytosanitaires (BPP) : ensemble de règles à respecter pour
assurer une efficacité optimale des préparations phytopharmaceutiques ou des
autres techniques de protection des plantes, tout en réduisant le plus possible les
risques liés à leur emploi. Elles impliquent, entre autres, de respecter la dose
d’emploi, le nombre d’applications, ainsi que le délai d’emploi avant récolte.
Bouillie : mélange, généralement dans l’eau, d’une préparation destinée à être
appliquée par pulvérisation, arrosage ou trempage. Une bouillie peut contenir
plusieurs préparations et des adjuvants.
C
Caryopse : fruit sec, indéhiscent, contenant une seule graine adhérente au
péricarpe.
Coléoptile : organe en forme d’étui recouvrant la tige embryonnaire et les
premières feuilles des jeunes plantules chez les graminées.
Compétition : interaction qui s’établit entre deux ou plusieurs organismes pour
l’utilisation d’une même ressource (lumière, eau, éléments nutritifs) lorsque la
demande dépasse les disponibilités.
Cuticule : couche externe et protectrice qui recouvre les organes aériens des
plantes vasculaires.
D
Demi-vie : la durée nécessaire à la réduction de 50 % de la quantité initiale de
substance (DT50). Elle est symbolisée par « t½ ».
Dérive : transport de fines gouttelettes de bouillie en dehors de la zone de
pulvérisation.
Désherbage : opération qui vise à éliminer les adventices nuisibles sur tout
(traitement généralisé) ou partie (traitement localisé ou traitement dirigé) de la
parcelle.
- 143 -
Diaspora : unité de dissémination : organe ou partie du végétal qui est chargée
de dissémination.
Dicotylédone : végétal dont la graine renferme un embryon à deux cotylédons.
La section des tiges et des racines s’accroît grâce à l’activité des cambiums et les
feuilles sont à nervures ramifiées.
Dormance : état de vie ralentie chez les végétaux. Il se traduit par le fait qu’un
organe, pourtant placé dans des conditions propices à sa croissance, n’évolue pas;
l’état dormant est induit et levé par certaines conditions climatiques ou
physiologiques.
E
Ecaille : reste d’une à deux fleurs stériles réduites à la base du caryopse ou
feuilles rudimentaires collées sur un organe.
Efficacité : effet recherché d’une ou plusieurs préparations
phytopharmaceutiques vis-à-vis des organismes nuisibles.
Endémique : se dit d’une espèce vivante propre à un territoire bien délimité.
Engainant : qualifie un organe (feuille, pétiole, stipule) formant à sa base
une gaine autour de la tige ou du rameau.
Ennemi des cultures : expression générale désignant un organisme vivant,
nuisible aux plantes cultivées (mauvaise herbe, agent pathogène, ravageur).
Epinastie : courbure vers le bas d’une plante sous l’effet d’herbicides surtout les
phytohormones.
Ethologie : le comportement des espèces et en particulier sa signification et ses
réponses adaptatives aux conditions de milieu.
F
Formulation : processus industriel qui aboutit à la fabrication d’une préparation
phytopharmaceutique ou biocide. Terme aussi utilisé pour désigner le type de
présentation physique des préparations.
G
Géophyte à bulbilles : se dit d’une plante vivace qui passe la mauvaise saison
sous forme de petits bulbes enfouis dans le sol.
Germination : passage à la vie active d’un organe de conservation ou de
dissémination d’un végétal après une période de repos.
Graine : produit de l’évolution d’un ovule fécondé. Elle renferme l’embryon et
des tissus de réserve, protégés par des téguments. Sa germination donne naissance
à une nouvelle plante.
Glabre : organe dépourvu de poils.
Graminicide : voir antigraminée
- 144 -
Graminée : plante herbacée monocotylédone, à tige souterraine courte (plateau
de tallage) dont partent, à chaque nœud, des racines et une tige aérienne (chaume).
Syn. Poacée (nom scientifique).
H
Herbicide : substance active ou préparation ayant la propriété de tuer les
végétaux. Syn. Désherbant.
Herbicide foliaire : herbicide pulvérisé sur les feuilles et absorbé par celles-ci.
Herbicide racinaire : herbicide appliqué sur le sol et absorbé par les racines.
Herbicide de contact : herbicide de post-levée très peu mobile dans la plante et
qui n’entraîne de dommages des tissus qu’autour des points d’impact et de
pénétration.
Herbicide systémique : herbicide de pré-levée ou de post-levée qui migre dans
la plante par le bois ou le liber, depuis les points de pénétration (racine ou feuille)
jusqu’au site d’action.
Herbicide sélectif : herbicide que peut tolérer une espèce cultivée dans des
conditions d’emploi bien définies.
Herbicide total : herbicide efficace sur l’ensemble des plantes, mauvaises herbes
et espèces cultivées.
Hypocotyle : axe situé au-dessous des cotylédons.
I
Incorporation : opération qui consiste à mélanger au sol une préparation
phytopharmaceutique (et spécialement un herbicide) de manière homogène et sur
une épaisseur déterminée.
Infestation : envahissement d'un milieu, d’une plante-hôte ou d’une culture, par
une population d’organismes ou de plantes nuisibles.
L
Lessivage : mouvement vertical d’un pesticide vers les horizons profonds d’un
sol.
Ligule : membrane prolongeant la gaine des graminées.
Luisante : ayant un éclat ou brillance.
M
Mauvaise herbe : plante herbacée ou ligneuse indésirable à l'endroit où elle se
trouve. Syn. Adventice.
Mélange extemporané : mélange de préparations (phytopharmaceutiques,
adjuvantes) réalisé au moment de la confection de la bouillie.
Messicole : plante se développant dans les moissons.
- 145 -
Métabolite : tout produit du métabolisme ou de la dégradation d’une substance
dans un organisme vivant ou dans l’environnement.
Mode d’action : mécanisme qui permet d’expliquer l’effet d’un produit
phytopharmaceutique ou d’un produit biocide.
Monocotylédone : végétal dont la graine renferme un embryon à un seul
cotylédon. La tige et la racine sont, sauf exception, dépourvues de cambiums et
donc de formations secondaires ; les feuilles sont très généralement à nervures
parallèles non ramifiées.
Mouillant : formulant ou adjuvant dont la présence améliore l’étalement de la
bouillie sur une surface traitée.
Mutation : modification, le plus souvent héréditaire, du génome d’une cellule.
Elle peut être spontanée ou induite par des agents physiques ou chimiques. Elle
peut affecter aussi bien des cellules somatiques que des cellules germinales.
N
Nervation parallèle : se dit d'une nervation parallèle dans le sens de la longueur
d'une feuille dite parallélinerve.
Nervure digitée : nervures disposées comme les doigts d’une main.
Nervure pennée : nervures secondaires disposés par paires opposées de part et
d’autre de la nervure principale.
O
Oreillette : expansion latérale présente de part et d’autre de la ligule de la feuille
des graminées.
P
Parasitisme : développement d’un organisme animal ou végétal aux dépens d’un
organisme appelé hôte, pendant tout ou partie de son cycle vital, en lui portant
préjudice sans entraîner obligatoirement sa mort.
Pétiolé : s’attache sur la tige par un pétiole.
Phytotoxicité : altération passagère ou irréversible occasionnée à des végétaux
cultivés par un produit phytopharmaceutique.
Plantule : jeune plante issue de la germination de la graine après la levée.
Pilosité : ensemble de poils sur un organe.
Préfoliaison (préfoliation) : mode d’enroulement des jeunes feuilles dans les
bourgeons.
R
Rémanence (Persistance d’action) : durée pendant laquelle un produit
phytopharmaceutique manifeste une activité biologique. Cette persistance peut
être le fait de la substance active, de ses produits de dégradation ou de sa
formulation.
- 146 -
Résidu : substance susceptible d’être présente dans ou sur des végétaux, des
produits d'origine végétale ou animale, dans un milieu ou l’un des compartiments
de l’environnement (sol, air, eau…) à la suite de l'emploi d’un produit
phytopharmaceutique.
Résistance : absence d'inhibition ou inhibition réduite du développement d'un
organisme nuisible après application d'un produit phytopharmaceutique. Cette
résistance peut être naturelle ou acquise.
Rosette : ensemble de feuilles disposées au ras du sol, sur des nœuds très
rapprochés.
S
Sélectivité : propriété d’une préparation qui, utilisée dans des conditions
d’emploi définies, permet de lutter contre des organismes nuisibles aux plantes
cultivées en épargnant les organismes utiles. Ex. Pour un herbicide, respect de la
plante cultivée ; pour un insecticide, respect des auxiliaires utiles.
Semence : graine, fruit ou partie de fruit qui contribue à la multiplication et à la
dispersion d’une plante.
Spectre d’action : ensemble des espèces ou variétés d’adventices, d’agents
pathogènes ou de ravageurs contre lesquels un produit phytopharmaceutique
exerce une action.
Sessile : dépourvu de pétiole.
Site d’action : la première fonction physiologique perturbée par un herbicide.
T
Thérophyte : plante annuelle dont la reproduction n’est possible que par graines.
Tigelle d’emblée allongée : plantule à feuilles disposées sur la tige, sur des
nœuds bien distincts ou séparés (entre-nœuds apparents).
Traitement : opération consistant à utiliser une ou plusieurs préparations
phytopharmaceutiques ou biocides, ou à mettre en œuvre d’autres moyens de
lutte, dans des conditions d’emploi définies.
Traitement dirigé : traitement réalisé avec un matériel adapté (buses spéciales,
caches buses) permettant de protéger la plante cultivée ou les parties sensibles de
celle-ci.
Traitement fractionné : opération consistant à appliquer en plusieurs fois,
généralement à de courts intervalles, une préparation à doses réduites, le total des
doses appliquées n’excédant pas la dose d’emploi autorisée. Syn. Application
fractionnée.
Traitement généralisé : traitement effectué sur la totalité, soit de la végétation,
soit de la surface d’un terrain, cultivé ou non.
Traitement localisé : traitement effectué sur une partie seulement, soit de la
végétation, soit de la surface d’un terrain, cultivé ou non.
- 147 -
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Annexe 1 : Répertoire des herbicides utilisés ou utilisables sur céréales
Herbicides Dose/ha Composition Code Société
HRAC
Herbicides de pré-semis
Allout 480 SL 2L Glyphosate (480 g/L) G Agri Trade
Maroc
Atila 3L Glyphosate (360 g/L) G Agrival
Barclay 3L Glyphosate (360 g/L) G Phyto Beht
Barbarian Super
360
Barclay Gallup 3L Glyphosate (360 g/L) G Phyto Beht
Super 360
Barclay Glyfort 2,5 L Glyphosate (450 g/L) G Phyto Beht
450
Barclay Prol 4L Diquat (200 g/L) D Phyto Beht
Basta F1 3L Glufosinate ammonium H Basf Maroc
(150 g/L)
Boom Efekt 3L Glyphosate (360 g/L) G Arzak Seeds
Trade
Boom super 3L Glyphosate (360 g/L) G Arzak Seeds
Trade
Buggy Green 3L Glyphosate G Sipcam
Inagra
Maroc
Clean 3L Glufosinate ammonium H Prochimagro
(150 g/L)
Diqua 4L Diquat D Ezzouhour
Diss 2L Glyphosate (480g/L) G Lakorale
Facinate 3L Glufosinate ammonium H CPCM
(150 g/L)
Glyfo TDI 3L Glyphosate (360 g/L) G Soprochiba
Glyster Fort 3L Glyphosate (360 g/L) G Arzak Seeds
Trade
Granup 41 3L Glyphosate (360 g/L) G Ezzouhour
Gramoxone 4L Diquat (66 g/L) D Syngenta
Plus Paraquat (132 g/L) D Maroc
Heat WG 70 g Saflufénacil (70%) E Basf Maroc
Kalach 3L Glyphosate (360 g/L) G Calimaroc
Kyleo 3L 2,4D (160 g/L) O Amaroc
Glyphosate (240 g/L) G
- 149 -
Annexe 1 : (Suite)
Nasa Green 36 3L Glyphosate (360 g/L) G Agro Spray
SL Technic
Omniquat 2,2-4,5 L Paraquat (180 g/L) D SAOAS
Patriot 360 SL 3L Glyphosate (360 g/L) G Capital
Agri-Science
Raudo 3L Glyphosate (360 g/L) G Prochimagro
Reglone 4L Diquat (200 g/L) D Syngenta
Maroc
Rondo 2L Glyphosate (480 g/L) G Lakorale
Roundup Turbo 2L Glyphosate (450 g/L) G Alfachimie
Samba 3L Glyphosate (360 g/L) G Prochimagro
Stinger 3L Glyphosate (360 g/L) G Capital
Agri-Science
Sweep 2,5 L Glyphosate (480 g/L) G Agripharma
Symbol 3L Glyphosate (360g/L) G CPCM
Systemic 3L Glyphosate (360g/L) G Spraykem
Typhoon 290 3L Diflufenican (40 g/L) F1 SAOAS
SC Glyphosate (250 g/L) G
Vesta SL 3L Glyphosate (360 g/L) G Kemagro
Yphos 48 SL 2L Glyphosate (480 g/L) G Agrichimie
Herbicides de pré-levée
Avadex Factor 3,6 L Triallate (450g/L) K3 Prochimagri
Benjweed 400 2,5 L Pendiméthaline (400 g/L) K1 Capital
SC Agri-Science
Boxer 800 EC 5L Prosulfocarbe (800 g/L) K3 Syngenta
Maroc
Clortosint SC 3,6 l Chlortoluron (500 g/L) C2 Amaroc
Fist 30 EC 3,3 L Pendiméthaline (30%) K1 Calimaroc
Panida 3L Pendiméthaline (33%) K1 Philea
Pendifix 33 EC 3L Pendiméthaline (33%) K1 Agro Spray
Technic
Pendofort 3L Pendiméthaline (330 g/L) K1 Ezzouhour
Prowl 3L Pendiméthaline (330 g/L) K1 Basf Maroc
Prowl aqua 2,2 L Pendiméthaline (455 g/L) K1 Amaroc
Vigon 0,5 L Diflufenican (60 g/L) F1 Bayer SA
Flufenacet (240 g/L) K3
Flurtanone (120 g/L) F1
- 150 -
Annexe 1 : (Suite)
Herbicides anti- graminées et dicotylédones de post-levée
Apyros 75 WG 26,6 g Sulfosulfuron (75%) B Alfachimie
Archipel OD 1.0 L Iodosulfuron –méthyl-sodium B Bayer SA
(7,5 g/L)
Mefenpyr –diéthl (22,5 g/L) -
Mesosulfuron-méthyl (7,5 B
g/L)
Atlantis 500 g Iodosulfuron –méthyl-sodium B Bayer SA
(6 g/L)
Mefenpyr –diéthl (90 g/L) -
Mesosulfuron-méthyl (30g/L) B
Atlantis OD 1,5 L Iodosulfuron –méthyl-sodium B Bayer SA
(2 g/L)
Mefenpyr –diéthl (30 g/L) -
Mesosulfuron-méthyl (10 g/L) B
Broadway 320 g Cloquintocet-méxyl (70,8 - Promagri
g/Kg)
Florasulame (14,2 g/Kg) B
Pyroxsulame (70,8 g/Kg) B
Broadway Star 320 g Cloquintocet-méxyl (70,8 - Prochimagro
g/Kg)
Florasulame (14,2 g/Kg) B
Pyroxsulame (70,8 g/Kg) B
Cossack OD 1,0 L Iodosulfuron –méthyl-sodium B Bayer SA
(7,5 g/L)
Mefenpyr –diéthl (22,5 g/L) -
Mesosulfuron-méthyl (7,5 B
g/L)
Everest 70 WG 43 g Flucarbazone sodium (70%) B SIPP
Floramix 320 g Cloquintocet-méxyl (70,8 - Promagri
g/Kg)
Florasulame (14,2 g/Kg) B
Pyroxsulame (70,8 g/Kg) B
- 151 -
Annexe 1 : (Suite)
Kalenkoa 0,8 L Diflufenican (120 g/L) F1 Amaroc
(Bayer SA)
Iodosulfuron-méthyl- sodium B
(7,5 g/L)
Mefenpyr-diethyl (27 g/L) -
Mesosulfuron-methyl (9 g/L) B
Navigator 1,0 L Cloquintocet-méxyl - Syngenta
(11,25g/L) Maroc
Florasulame (5g/L) B
Pinoxaden (45g/L) A
Othello 1,0 L Diflufenican (50 g/L) F1 SAOAS
Iodosulfuron-méthyl-sodium B (Bayer SA)
(2,5 g/L)
Mefenpyr-diethyl (22,5g/L) -
Mesosulfuron-methyl (7,5g/L) B
Pallas 45 OD 0,5 L Cloquintocet-méxyl (90 g/L) - Promagri
Pyroxsulame (45 g/L) B
Swipe 1,0 L Clodinafop-propargyl (30 g/L) A Syngenta
Maroc
Cloquintocet-méxyl (7,5 g/L) -
- 152 -
Annexe 1 : (Suite)
Brumby 80 EC 0,75 L Clodinafop-propargyl (80 A CPCM
g/L)
Cloquintocet-méxyl (20 g/L) -
Mefenpyr-diethyl (18,75 -
g/L)
Rubah 0,75 L Clodinafop-propargyl (80 A Univers
g/L) Horticole
Cloquintocet-méxyl (20 g/L) -
- 153 -
Annexe 1 : (Suite)
Tiptop 240/60 0,25 Clodinafop-propargyl (240 A Proteco
EC L g/L)
Cloquintocet-méxyl (60 g/L) -
Topik 080 EC 0,75 Clodinafop-propargyl (80 g/L) A Marbar
L chimie
Cloquintocet-méxyl (20 g/L) - (Syngenta
Maroc)
Traxos 045 EC 1,2 L Clodinafop-propargyl (22,5 A SIPP
g/L) (Syngenta
Cloquintocet-méxyl (6,25 - Maroc)
g/L)
Pinoxaden (22,5 g/L) A
Traxos 050 EC 1,0 L Clodinafop-propargyl (25 g/L) A SIPP
(Syngenta
Cloquintocet-méxyl (6,25 - Maroc)
g/L)
Pinoxaden (25 g/L) A
Herbicides anti- dicotylédones de post-levée
Adenttis 75 WG 12,5 g Tribénuron-méthyle (750 B Agreva
g/Kg)
Agrios 860 0,5 L 2,4-D -sel d'amine (860 g/L) O Arzak Seeds
Trade
Agroxone F 1,25 2,4 MCPA -sel de O Marbar-
L diméthylamine (240 g/L) Chimie
2,4-D (240 g/L) O
Al Fahd Mix 1,25 2,4 MCPA -sel de O CPCM
L diméthylamine (240 g/L)
2,4-D -sel de diméthylamine O
(240 g/L)
Aminopielek 1,25 2,4-D -sel d'amine (600 g/L) O Soprochiba
L
Aura 0,5 L 2,4-D -sel d'amine (860 g/L) O Agrival
Baton 600 0,75 2,4-D - 2-éthylhexyl ester O Capital
L (600 g/L) Agri-Science
Bomba WG 12,5 g Florasulame (187 g/Kg) B Proteco
Tribénuron-méthyle (563 B
g/Kg)
Calidicote 0,6 L 2,4-D -sel d'amine (720 g/L) O Protectagri
- 154 -
Annexe 1 : (Suite)
Cereprane 480 0,5- 2,4-D -sel de diméthylamine O Agro Spray
0,75 L (575 g/L) Technic
Cheval et lion 2,0 -3,0 2,4-D - 2-éthylhexyl ester O SIPP
L (200 g/L)
Corida 75 WG 12,5 g Tribénuron-méthyle (750 B Philea
g/Kg)
Dam 1,0 L 2,4-D -sel d'amine (400 g/L) O Philea
Damen 0,5 L 2,4-D -sel d'amine (860 g/L) O Lakorale
Dales 30 g Metsulfuron-méthyle (20%) B Kemagro
Deft 30 g Metsulfuron-méthyle (20%) B Alfachimie
Derby 175 SC 0,05 L Florasulame (75 g/L) B Prochimagro
Flumetsulam (100 g/L) B
Desormone 1,0 L 2,4-D -sel de diméthylamine O Amaroc
(500 g/L)
Dialen Super 0,75 L 2,4-D (344 g/L) O Syngenta
SL Dicamba -sel de O Maroc
dimethylammonium (120
g/L)
Dicopur 0,5 L 2,4-D -sel de diméthylamine O Agrichimie
(500 g/L)
Dicostar 12,5 g Tribénuron-méthyle (75%) B Calimaroc
Drass 860 0,5 L 2,4-D -sel d'amine (860 g/L) O Arzak Seeds
Trade
2 Kat 0,5 L 2,4-D -sel d'amine (860 g/L) O Spraykem
El Afrit 200 2-3 L 2,4-D –ester butylglycol O Amaroc
(200 g/L)
El Caoui 720 0,6 L 2,4-D -sel de diméthylamine O CPCM
SL (720 g/L)
El Ghoul 1,0 L 2,4-D -ester isoctylique (480 O SIPP
g/L)
Fadel 1,0 L 2,4-D -sel de diméthylamine O Kemagro
(500 g/L)
Granstar 75 DF 12,5 g Tribénuron-méthyle (75%) B Agrimatco
Hdidane ultra 1,0 L Fluroxypyr (200 g/L) O Phyto Beht
Herboxone 1,0 L 2,4 MCPA -sel de O Soprochiba
Combi diméthylamine (250 g/L)
- 155 -
Annexe 1 : (Suite)
Imbrator 72 SL 0,6 L 2,4-D -sel d'amine (720 g/L) O Agro Spray
Technic
Lancelot 450 33 g Aminopyralide (300 g/kg) O Promagri
WG Florasulame (150 g/Kg) B
Lancelot Neo 33 g Aminopyralide (300 g/kg) O Agrimatco
Florasulame (150 g/Kg) B
Lintur 70 WG 150 g Dicamba (65,9%) O Syngenta
Triasulfuron (4,1%) B Maroc
Maton 600 0,6 L 2,4-D -ester butylglycol (600 O Arzak Seeds
g/L) Trade
Mega 2,4D 0,5 L 2,4-D -sel d'amine (860 g/L) O Lakorale
Mengel 24 EC 2,0 L 2,4-D -ester butylglycol (240 O Arzak Seeds
g/L) Trade
Metro 30 g Metsulfuron-méthyle (20%) B Spraykem
Metsy 30 g Metsulfuron-méthyle (20%) B Calimaroc
Mezzo 30 g Metsulfuron-méthyle (20%) B SIPP
Mustang forte 0,5 L 2,4-D (271,5 g/L) O Promagri
Aminopyralide (10 g/L) O
Florasulame (5 g/L) B
Mustang 306 0,6 L 2,4-D (300 g/L) O Promagri
SE Florasulame (6,25 g/L) B
Netagrone 600 0,6 L 2,4-D -ester butylglycol (600 O Agrichimie
g/L)
Nuance 12,5 g Tribénuron-méthyle (75%) B Agrichimie
- 156 -
Annexe 1 : (Suite)
Quelex 60 g Florasulame (100 g/kg) B Promagri
Halauxifène-méthyle (100 O
g/kg)
Rama SL 0,5 L Dicamba -sel dimethylamine O Kemagro
(480 g/L)
Rasor 72 SL 0,6 L 2,4-D -sel d'amine (720 g/L) O Newprotect
Sekator OD 0,15 L Amidosulfuron (100 g/L) B Bayer SA
Iodosulfuron-méthyl-sodium B
(25 g/L)
Mefenpyr-diethyl (250 g/L) -
Selectone D55 1,0 L 2,4-D -sel d'amine (550 g/L) O Philea
Skylla 12,5 g Tribénuron-méthyle (75%) B CPCM
Starkem 60 WG 10 g Metsulfuron-méthyle (600 Arzak Seeds
g/Kg) Trade
Tornado SE 0,6 L 2,4-D (300 g/L) O SAOAS
Florasulame (6,25 g/L) B
Toro 720 SL 0,6 L 2,4-D -sel de diméthylamine O Promagri
(720 g/L)
U 46 Combi 0,8 L 2,4 MCPA -sel de O Amaroc
fluid diméthylamine (300 g/L)
2,4-D -sel de diméthylamine O
(350 g/L)
Vega 72 SL 0,6 L 2,4-D -sel d'amine (720 g/L) O Capital
Agri-Science
Volteo 12,5 g Tribénuron-méthyle (75%) B Agrival
Yedester 225 2,0 L 2,4-D -ester butylglycol (225 O Agrichimie
g/L)
Zoom 150 g Dicamba (65,9 %) O Syngenta
Triasulfuron (4,1 %) B Maroc
- 157 -
Annexe 2: Code HRAC des herbicides utilisés ou utilisables sur céréales
Code Fonction Site d’action Familles Matières
physiologique chimiques actives
A Synthèse des Inhibition de Aryloxyphénoxy Clodinafop-
lipides l’acétyl propionates (Fops) propargyl
Coenzyme A Fénoxaprop-P-
carboxylase éthyle
(Accase) Phenylpyrazolines Pinoxaden
(Den)
B Synthèse des Inhibiteurs de Sulfonylurées Amidosulfuron
acides aminés l’acétolactate Iodosulfuron-
synthétase méthyl sodium
(ALS) Mesosulfuron-
méthyle
Metsulfuron-
méthyle
Sulfosulfuron
Thifensulfuron
- méthyle
Triasulfuron
Tribénuron-
méthyle
Florasulame
Triazolopyrimidines Flumetsulame
Pyroxsulame
Sulfonyl-amino- Flucarbazone
carbonyl- sodium
triazolinones
C1 Photosynthèse Blocage des Triazinones Métribuzine
C2 électrons du Urées substituées Chlortoluron
photosystème II
D Photosynthèse Détournement Bipyridiles Diquat
des électrons du Paraquat
photosystème I
E Photosynthèse Inhibition de la Pyrimidinediones Saflufénacil
protoporphyrino
gène oxydase
(PPO)
F1 Photosynthèse Inhibition de la Pyridinécarboxamides Diflufenican
phytoène (DFF)
désaturase Furanones Flurtamone
(PDS)
- 159 -
Annexe 2 : (Suite)
G Synthèse des Inhibition de la Glycines Glyphosate
acides aminés phosphénolpyru
vate shykimate
synthétase
(EPSP)
H Synthèse des Inhibition de la Acides Glufosinate-
acides aminés glutamine phosphoniques ammonium
synthétase
K1 Division Inhibition de Dinitroanilines Pendiméthaline
cellulaire l’assemblage
des
microtubules
K3 Synthèse des Inhibition des Oxyacétamides Flufenacet
lipides enzymes
élongases et de
cyclisation
(cires et
subérine)
Inhibition des Thiocarbamates Prosulfocarbe
enzymes de Triallate
cyclisation et
géranyl géranyl
phosphate
(gibbérellines)
O Régulation de Activation de la Acides phenoxy- 2,4 D
l’auxine division et de carboxyliques MCPA
l’élongation Acides benzoïques Dicamba
cellulaire Acides pyridine Aminopyralide
(croissance carboxyliques Clopyralide
désorganisée) Pyridyloxy- Fluroxypyr
carboxyliqes
Arylpicoliniques Halauxifène-
méthyle
- 160 -
Annexe 3: Adresses des Sociétés ou détenteurs des herbicides cités
Siège social : 27, Lotissement Zeina, Siège social : 2, Allée des Villas (T), Aïn
Zone industrielle, Bouskoura, - Sebâa- Casablanca –
Casablanca – Tél. : 0522355927/355713
Tél. : 0522405329/30 Fax : 0522356122
Fax : 0522405335
Email : aci@[Link] ; AGRIVAL
[Link]@[Link]
Siège social : 49-53, Rue Capitaine
AGREVA Thiriat, Aïn Borja- Casablanca -
- 161 -
Annexe 3 : (Suite)
EZZOUHOUR
BASF MAROC
Siège social : Zone Industrielle, Lot. 652,
Siège social : La Marina, Tour Ivoire 3, Ait Melloul –
2éme étage - 20000 CASABLANCA -- Tél. : 0528240569
Casablanca – Fax : 0528241820
Tél. : 0522355719/66/76 Email : info@[Link]
Fax : 0522350136
Email : [Link]@[Link] KEMAGRO
- 162 -
Annexe 3 : (Suite)
PHILEA PROTECTAGRI
Siège social : 39, Rue de Lille - Bélvédère Siège social : 24 - Rue Rahal Ben Ahmed
20310- Casablanca – Résidence Lamyae- Casablanca
Tél. : 0522541911/12 Tél. : 0522619130
Fax : 0522541913 Fax : 0522619130
Email : philea@[Link]
SAOAS
PHYTO BEHT
Siège social : Zone Industrielle Tassila
Siège social : 3, Avenue Maghreb Al III- Agadir –
Arabi- Sidi Slimane – Tél. : 0528331010
Télé ; 0537501495. Fax : 0537502165 Fax : 0528333582
Email : elhoussaini@[Link]
PROCHIMAGRO
SIPCAM INAGRA MAROC
Siège social : Km 40, Route El Jadida, Bir
Jdid- Settat - Siège social : Quartier industriel, Rue
206, N° 260,- Kénitra –
PROMAGRI Email : info@[Link]
- 163 -
Annexe 3 : (Suiote)
Siège social : 16, rue Bab Al Mandab, Siège social : Lot N° A 430, Zone
quartier Racine, - Casablanca – Industrielle- Ait Melloul–
Tél. : 0674563017 Tél. : 0528308555
Email : fmmaison@[Link] Fax : 0528308557
Email : univershorticoletd@[Link]
SYNGENTA MAROC
- 164 -
Je dédie ce modeste ouvrage tout d’abord à la mémoire de
mes chers parents et ensuite à mon épouse Hajja Mina, à
ma fille Dre. Sara, mon fils Zakaria, mes sœurs Fatima,
Khadija et Zahra et mes frères Haj Hassan et Khalid.
Mohamed BOUHACHE
- 165 -
* Pr. Mohamed BOUHACHE est né en 1954 à
Aït Melloul (Agadir)