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Agriculture durable en Guinée forestière

Le document traite de l'agriculture durable en Guinée forestière, en mettant l'accent sur les systèmes de culture basés sur le riz pluvial et l'introduction de la plante de couverture Pueraria phaseoloides. Il souligne les défis liés à la fertilité des sols, la pression foncière et les pratiques agricoles traditionnelles, tout en proposant des solutions pour améliorer la gestion de la fertilité et réduire l'érosion. L'utilisation de Pueraria comme plante de couverture est présentée comme une méthode prometteuse pour enrichir le sol et optimiser les cultures annuelles.

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Agriculture durable en Guinée forestière

Le document traite de l'agriculture durable en Guinée forestière, en mettant l'accent sur les systèmes de culture basés sur le riz pluvial et l'introduction de la plante de couverture Pueraria phaseoloides. Il souligne les défis liés à la fertilité des sols, la pression foncière et les pratiques agricoles traditionnelles, tout en proposant des solutions pour améliorer la gestion de la fertilité et réduire l'érosion. L'utilisation de Pueraria comme plante de couverture est présentée comme une méthode prometteuse pour enrichir le sol et optimiser les cultures annuelles.

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Agriculture durable et recherche participative


Les systèmes de production fondés
sur le riz pluvial en Guinée forestière
Seconde partie (système de culture avec Pueraria)

J. WEY et J. GUILLAUME
(CIRAD, France),
S.B. TRAORE, D. KOLIE,
Y. SOUMAH, A. NIALE
(IRAG, Guinée)

© J. Wey
Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
La fertilité des sols en Guinée forestière (1)

Défriche
brûlis d’un
coteau

© J. Wey
Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
La fertilité des sols en Guinée forestière (2)
Les messages conventionnels
d’amélioration de la fertilité des
sols (apports d’engrais,
enfouissement de fumier ou
compost, travail du sol) sont peu
adaptés à l’agriculture de Guinée
forestière : culture manuelle sans
signe d’intensification. Seule une
faible partie des caféières
bénéficie de quelques progrès
(clones améliorés, fertilisation
minérale, désherbage chimique).
Les agriculteurs évoquent la
© J. Wey
charge des travaux de défriche-
brûlis-écobuage pour les cultures Érosion sur riz pluvial de coteau :
annuelles. Cela représente 1/3 irrégularités de levée et faibles
du travail du riz ; ils insistent sur densités (20 à 50 plantes/m2)
le caractère pénibles et
éprouvant de ces chantiers.
Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
La fertilité des sols en Guinée forestière (3)
Les pratiques
traditionnelles des cultures
annuelles sont assez
constantes en Guinée
forestière : l’agriculteur
commence par défricher
(janvier-février) une forêt
ou une jachère. S’il
dispose de main-d’œuvre
suffisante, les bois
commercialisables sont
vendus en bord de chemin.
Pour nettoyer le terrain, les
résidus sont brûlés en
février-mars, ceux qui © J. Wey
restent sont ramassés en
Après brûlis, le terrain est nu et débarrassé de toute
avril pour un dernière brûlis
protection, et les cendres disséminées à la surface du sol.
(écobuage).

Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères


La fertilité des sols en Guinée forestière (4)
Les femmes installent
ensuite les cultures
vivrières : le sol est travaillé
en surface (prof. 2-5 cm) à
la houe à manche court
pour enlever les mauvaises
herbes qui ont poussé
depuis les premières pluies.
Ce sarclage permet
d’enfouir les semences de
riz pluvial qui sont été
jetées à la volée sur la
parcelle. Cette dernière
opération crée un horizon
de 2-4 cm de terre très fine.
© J. Wey

Dès lors, l’érosion par les eaux de ruissellement se développe : relief


accentué, pluies fortes sur un sol sans structure cohérente et fragilisé
par les façons culturales.
Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
La fertilité des sols en Guinée forestière (5)
Les anciens disent que, dans leurs temps, une friche de 10 ans permettait une
culture correcte de riz pluvial. L’évolution démographique rapide de Guinée
forestière a entraîné une pression foncière accrue. Une enquête menée chez
150 agriculteurs de Gbaya (J. Guillaume, 2000) montre que 57 % des paysans
n’héritent plus que de 4 parcelles au décès des parents. De plus, ce village
étant en forte dynamique caféière, certaines de ces parcelles réservées aux
vivriers sont implantées en cultures pérennes. Avec une jachère de 6 ans, il faut
8 parcelles pour pouvoir cultiver chaque année du riz et du manioc. Dans ce
cas, il n’y a qu’un agriculteur sur 5 qui peut cultiver un riz de coteau tous les
ans… Pour assurer les repas de la famille, le paysan a peu de marge de
manœuvre :
• récupérer les derniers massifs forestiers (tendance très nette) jusqu’au
sommet des collines et les bas fonds
• acheter le riz avec les revenus des cultures pérennes
• raccourcir la durée des jachères.
Les durées de jachère peuvent varier de 1 à 15 ans. On compte aujourd’hui 23-
25 % de jachères de plus de 9 ans, 35 à 45 % de jachères de 6-8 ans, 25 à 35
% de jachères de 4 à 6 ans et près de 10 % de jachère de moins de 3 ans.
Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
La fertilité des sols en Guinée forestière (6)
La gestion de la fertilité
1- Limitation des pertes en sol
et en éléments nutritifs
2- Enrichissement du sol par
l’apport de matière organique
ou d’engrais : en Guinée
forestière, le manque
d’élevage (sauf en périphérie
nord-est) complique l’apport
organique. Il n’existe pas de
solution disponible par
compostage. Enfin, l’échec de Jaunissement
l’emploi exclusif des engrais (carence azotée)
minéraux montre que cette
© J. Wey
solution est peu compatible
avec la plupart des situations Tests en champ paysan : témoin 0 et dose de 25 N/ha
paysannes. (urée). La végétation reverdit dans les 8 jours. Malgré un
traitement à l’apparition des symptômes, on observe
(.…/… suite diapo suivante)
l’augmentation du nombre de talles/plante (3 à 40 %), de
panicules/plante (14 à 128 %) et une augmentation des
rendements de 28 %.
Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
La fertilité des sols en Guinée forestière (7)
La gestion de la fertilité
3- De la même façon, des solutions existent pour maîtriser l’érosion : ouvrages
de pierre ou de terre (système à diversion ou absorption totale), techniques
culturales en courbe de niveau, etc. Mais ces techniques sont également
difficiles à appliquer en Guinée forestière.
4- Aussi, l’utilisation des plantes de couverture dans la culture pourraient
constituer une solution réalisable. Cette couverture végétale permanente du sol
permettrait :
• la protection du sol contre l’agressivité des pluies (effet splatch)
• de jouer le rôle de barrage végétal contre le ruissellement en surface du sol,
bloquant ainsi l’érosion
• un travail « mécanique » des systèmes racinaires améliorant peu à peu la
porosité de l’horizon superficiel du sol et favorisant l’infiltration de l’eau en
profondeur
• étant régulièrement détruite (de façon mécanique ou chimique, mais pas par le
feu), sa décomposition libère une masse importante d’humus et d’éléments
minéraux. L’addition d’un engrais minérale est alors possible car il bénéficiera
de bonnes conditions de valorisation (pertes minimisées).
Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
© J. Wey

Champ de riz pluvial cultivé sur défriche brûlis (fin tallage début de
montaison) : terrain en pente forte, suppression de toute végétation
arborée. On observe les changements de coloration (vert pâle, vert
foncé) qui sont les manifestations de variabilité de fertilité du sol.
Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
Mise au point d’une solution : introduction
d’une plante de couverture (1)
Les critères de choix de l’espèce
1- Compétitivité, rusticité, croissance rapide
Compétitive à l’égard des adventices locales, temps de travail minimal
pour l’installation et le suivi, couverture du sol rapide et dense, résistante
aux agressions
2- Installation pluriannuelle
L’emploi d’une plante de couverture permettrait d’envisager en même
temps la réduction de la durée de jachère jusqu’à moins de 3
ans (expériences de la Côte d’Ivoire). Soit une plante annuelle capable de
se réinstaller d’une année sur l’autre sans intervention culturale lourde, soit
une plante pluriannuelle.
3- Fixative d’azote
La carence azotée étant marquée, plutôt une légumineuse.
Ainsi, une collection de plus de 20 espèces a été installée au
dispositif expérimental de Gbaya.
Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
Mise au point d’une solution : introduction
d’une plante de couverture (2)
Trois légumineuses pérennes retenues dans la collection

1. Pueraria phaseoloides.
Couverture du sol dès la 1re
année et la plupart des espèces
naturelles ne percent pas l’épais
tapis végétal.
Répond aux critères de choix
pour les cultures annuelles :
rapidité de couverture du sol,
rusticité, forte production
organique, bonne compétitivité
vis-à-vis des espèces locales,
reprise végétative rapide après la
© J. Wey saison sèche.
Pueraria phaseoloides
Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
Mise au point d’une solution : introduction
d’une plante de couverture (3)
Trois légumineuses pérennes retenues dans la collection
2. Arachis pintoi (arachide
sauvage). Bon comportement en
plein soleil et sous ombrage
léger. Défoliation en saison
sèche, laissant sur le sol une
couche de folioles de 2-4 cm
d’épaisseur. Couverture presque
complète du sol après 3 ans
quand les désherbages sont
irréguliers, 1-2 ans quand ils
sont réguliers.
© J. Wey
Convient aux cultures pérennes
Arachis pintoi (caféier) dans le but de réduire
le désherbage.

Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères


Mise au point d’une solution : introduction
d’une plante de couverture (4)
Trois légumineuses pérennes retenues dans la collection
3. Stylosanthes guyanensis.
Après un début lent nécessitant
des entretiens réguliers, elle
colonise l’espace après 1 an et
couvre le sol en 2e année. Ne
présente pas le même aspect de
couverture organique que les
autres : tiges dressées et
ligneuses.
Gestion agronomique complexe
mais qualités alimentaires pour
© J. Wey les ruminants.
Stylosanthes guyanensis

Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères


Introduction d’une jachère à Pueraria phaseoloides (1)
La plante
Pueraria Phaseoloïdes est une légumineuse vivace
pérenne originaire d’Asie. Port lianescent et bonne
capacité de concurrence. Tiges recouvertes de
poils bruns. Feuilles trifoliées de forme triangulaire.

© J. Wey © J. Wey

Fleurs de couleurs blanche et bleu,


groupées en panicules ; apparaissent au
cours de la saison sèche (décembre-
© J. Wey
janvier). Gousses 3-8 cm de longueur. Les
graines couleur brune à noire, 2-3 mm de
diamètre.
Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
Introduction d’une jachère à Pueraria phaseoloides (2)
La plante
Racines pivotantes et puissantes. Nodosités
présentes en nombre important dès la 1re
année, d’où une forte fixation symbiotique
de N2. Certains auteurs avancent des
valeurs de fixation de N2 de 50 à 60
kg/ha/an (équivalant environ à 2-3 sacs
d’urée).

© J. Wey
Pendant la phase juvénile et jusqu’aux premières
tiges (3 mois), Pueraria a une croissance lente. Il
© J. Wey

recouvre entièrement le sol vers 4 à 7 mois après


semis et forme une masse végétale épaisse et
dense atteignant 80 cm de hauteur. A ce stade, il
Pueraria en cours ne craint plus la concurrence des adventices, sauf
d’installation les arbustes.
Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
Introduction d’une jachère à Pueraria phaseoloides (3)
La plante

Sous cette végétation abondante,


les feuilles tombées au sol en
saison sèche) forment un tapis
protecteur de 10 cm d’épaisseur.
Des mesures réalisées en
placettes de 100 m2 montrent une
production annuelle en matière
sèche de 10-12 t/ha/an.
Après 2 ans, le passage d’un
herbicide total laisse une
couverture organique morte de
15-20 cm d’épaisseur.

Stade adulte
hauteur végétation 0,80-1 m
© J. Wey
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Introduction d’une jachère à Pueraria phaseoloides (4)
L’installation par semis
Installation en dérobée dans la dernière culture avant le retour en jachère
Objectif de l’installation : densité minimale de 2 à 4 plants/m2 début de saison
sèche pour assurer rapidement une couverture totale du sol.
Traitement des semences à cause de l’épaisse cuticule des graines : trempage
dans l’eau 24 heures dans un seau contenant 2 volumes d’eau bouillante pour
1 volume d’eau à température ambiante. Puis retirer les graines et les sécher
partiellement à l’air ambiant (juste pour permettre leur manipulation). Elles sont
prêtes à l’emploi. Pour le semis à la volée, le mélange avec de la terre juste
avant l’utilisation accroît le volume d’épandage et facilite la régularité du semis
(10 kg/ha de semences ne représentent pas un gros volume…)
Dans riz pluvial au stade épiaison (août) : semis à la volée sans enfouir les
graines (10 kg/ha semences de Pueraria) pour disposer de 3 mois de pluie
avant la saison sèche afin que Pueraria atteigne le stade lianescent (capable
de passer la saison sèche).
Dans arachide, manioc, maïs : semis en poquets (0,5 * 0,5 m soit 4 à 6
poquets/m2, une pincée de graines/poquet). Plus coûteux en main-d’œuvre,
mais économique en semences (5 kg/ha) et installation plus rapide.
Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
Introduction d’une jachère à Pueraria phaseoloides (5)
L’entretien après l’installation par semis
1er désherbage en fin de saison des pluies (novembre décembre), 15-22
homme-jour/ha
2e désherbage début saison des pluies suivante, 15-22 homme-jour/ha
Ces 2 désherbages consistent surtout à arracher Chromolaena odorata,
principal concurrent du Pueraria.
Dernier désherbage léger et rapide avant recouvrement total (juillet août), 2-3
hommes-jour/ha.
Le sol est couvert l’année qui suit Note
l’installation. Pueraria se Les paysans expérimentateurs ont testé
reconduit d’une année sur l’autre d’autres modalités d’installation :
sans intervention culturale lourde. • dans une bananeraie en début de saison des
pluies, après un traitement herbicide total
Seuls les arbustes arrivent à
• à la volée puis enfouies par un léger grattage
percer la couverture végétale à la récolte de l’arachide (10 kg/ha)
ainsi que quelques Chromolaena • à la volée dans le riz au dernier désherbage
odorata qui se servent des tiges (mi- juillet début août) pour laisser plus de
de tuteur. temps au Pueraria avant la saison sèche.
Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
Introduction d’une jachère à Pueraria phaseoloides (6)
L’entretien après l’installation par semis

Parcelle de
Pueraria en 1re
année de
développement
installée par un
paysan
expérimentateur.
La plante de
couverture
couvre la totalité
du sol et atteint
une hauteur de
50 à 70 cm.

© J. Wey
Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
Introduction d’une jachère à Pueraria phaseoloides (7)
Au cours de la 2e année…
1- Masse végétale 80 cm de hauteur, très
dense, feuilles et tiges. 1
2- Tapis organique épaisseur 10 cm, tiges
actives, feuilles en décomposition issues de la
défoliation de saison sèche précédente (50 %
des feuilles) et défoliation permanente.
3- Horizon plus sombre épaisseur 10 cm où
évolue l’essentiel des racines ; couleur due à
la forte présence d’éléments organiques. 2
Forte activité biologique (vers de terre,
insectes divers…). Formation progressive
d’une structure grumeleuse. 5
4- Horizon inférieur plus clair (moins de
matière organique).
3
5- Échantillon prélevé à -50 cm, posé sur le
sol : il permet de constater l’évolution
progressive des caractéristiques physico-
chimique et organique du sol.
4 © J. Wey
Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
Introduction d’une jachère à Pueraria phaseoloides (8)
Reprise pour implanter une culture

1- Rabattage de la
végétation
En janvier (environ 18 mois
après le semis du non rabattue
Pueraria) après récolte des
semences, à l’aide d’une
machette à lame recourbée
en angle droit en son
extrémité, position debout,
mouvement de balancier
pour couper à 20 cm du rabattue
sol.
© J. Wey

Pueraria, rabattu et non rabattue


Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
Introduction d’une jachère à Pueraria (9)
Reprise pour implanter une culture
2- Traitement herbicide total
Pulvérisateur
2-3 mois après, les chicots de à dos
tiges reprennent vite leur
développement aux premières
pluies (mars) pour reformer un
épais feuillage jeune à la surface
de la couverture organique.
C’est le moment d’appliquer © J. Wey
l’herbicide total (glyphosate 4l/ha
produit commercial) :
• pulvérisateur à dos conven-
tionnel (volume d’eau 200-300
l/ha selon la pratique)
• ou appareil bas volume (20 l/ha
de solution dont 4 l herbicide), Bas volume
fonctionne avec des piles.
Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
© J. Wey
Introduction d’une jachère à Pueraria (10)
Reprise pour implanter une culture
15 jours après traitement,
couverture organique morte
assez épaisse (15-25 cm)
encore spongieuse. traitée

non traitée

© J. Wey

Puis, avec les pluies successives, la


matière organique se tasse. 30 j après
traitement, couverture dense (5-10 cm),
prête à recevoir la culture principale.
© J. Wey
Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
Introduction d’une jachère à Pueraria (11)
Trois façons de semer le riz pluvial dans le paillis

Le riz pluvial semé dans


le paillis de Pueraria, en
supprimant tout travail du
sol (ni labour, ni
grattage) pour ne pas
créer un horizon fragile
et favorable à l’érosion.
Nous insistons sur
l’installation du riz pluvial
dont le semis dans une
couverture organique
pose davantage de
problèmes que pour les
autres cultures (arachide,
manioc, maïs…).
© J. Wey
Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
Introduction d’une jachère à Pueraria (12)
Trois façons de semer le riz pluvial dans le paillis
1- Le semis à la volée
Les agriculteurs tenaient à tester leur technique habituelle (semis à la volée sur
paillis et grattage d’enfouissement à l’aide d’une binette).
Irrégularité du semis
Cette pratique présente le risque
de découvrir le sol si le grattage est
désordonné (d’où andains…).
Remuer énergiquement le paillis
provoque l’émiettement du
feuillage, le dessus n’étant formé
que de tiges (d’où paillis mois
efficace contre les pluies et la levée
des mauvaises herbes).
Le semis à la volée est plus rapide,
mais le grattage est long et
pénible : les temps de travaux et la
pénibilité sont les mêmes que la
pratique habituelle sur sol nu. © J. Wey
Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
Introduction d’une jachère à Pueraria (13)
Trois façons de semer le riz pluvial dans le paillis

Le semis à la volée + grattage : les observations


L’avis des paysans
! peu éloigné de leurs habitudes culturales, l’effectuent volontiers
! densité de plants plus élevée car les dégâts d’oiseaux et
d’entraînement des grains par la pluie sont inexistants
! aussi pénible que la technique traditionnelle, le semis en poquets
avec la binette l’est beaucoup moins (voir diapo suivante)
L’avis des chercheurs
• levée correcte
• mêmes irrégularités que dans les champs de riz traditionnels,
surtout liées au grattage
• le paillis couvre bien le sol.

Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères


Introduction d’une jachère à Pueraria (14)
Trois façons de semer le riz pluvial dans le paillis
2- Le semis en poquets avec une houe
(convient aussi pour l’arachide, le manioc, le maïs)
Trou fait dans le paillis avec une houe lame
étroite (3 cm de largeur) ; une pincée de
graines jetée dedans (soit environ 10
graines) puis le poquet est refermé.
Écartements poquets 25 x 25 cm ( riz
locaux), 15 x 15 (riz améliorés). Technique
sans difficulté, d’autant que le semis de
l’arachide se pratique de la même façon.
10 graines par poquet (plus que les besoins
théoriques) pour compenser les éventuelles
pertes à la levée dues à la présence du
paillis. Il est plus facile d’éclaircir que de
ressemer.
Objectif : 45-50 plantes/m2 pour les variétés
locales et 120-130 plantes/m2 pour les
variétés améliorées. © J. Wey
Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
Introduction d’une jachère à Pueraria (15)
Trois façons de semer le riz pluvial dans le paillis
Le semis en poquets : les observations
L’avis des paysans
Étonnement - Puis acceptation car moins pénible que le semis à la volée
Très satisfaits de la régularité de la levée
Réservés au début, ils ont acquis une dextérité étonnante et ont donné une
préférence à cette modalité plutôt qu’au semis à la volée.
L’avis des chercheurs
Bonne levée ; autant de travail que pour le semis à la volée + grattage.
Cas de levées hétérogènes : graines déposées dans le paillis et non dans le
sol (poquets pas assez profond) ou poquet recouvert d’un paillis trop épais.
L’amélioration du semis passe par la réduction de l’épaisseur du paillis d’où
une destruction précoce de la plante de couverture (2-3 mois avant) pour
favoriser la décomposition de la matière organique : d’une épaisseur de 10
15 cm cm de matériel spongieux, on aboutit à une couverture ferme d’environ
5 cm d’épaisseur au bout de 2 mois.
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Introduction d’une jachère à Pueraria (16)
Trois façons de semer le riz pluvial dans le paillis
3- Le semis au semoir à traction manuelle
La roue semeuse (origine Bec de semis
brésilienne)
La roue métallique (diamètre 50 cm)
est munie d’une série de becs
semeurs qui s’enfoncent
alternativement dans le sol ; quand
un bec est en position verticale dans
le sol, les 2 mâchoires du bec
s’écartent en libérant une petite
pincée de graines. On peut semer
toute graine en jouant sur le modèle
de couronne de distribution : le
diamètre des orifices de distribution
et l’écartement des orifices sur la
couronne.
Densité : 20 * 20 cm, 8-15 graines
© J. Wey
par poquet.
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Introduction d’une jachère à Pueraria (17)
Trois façons de semer le riz pluvial dans le paillis

Le semoir à disques trancheurs


Muni de deux disques en V qui
tranchent un sillon dans la
couverture organique tout en
déposant les graines dans les
premiers centimètres du sol.
Les semences sont distribuées en
une ligne continue (non en
poquets) avec une régularité
acceptable.
Mais il exige une couverture
organique ferme et des tiges et
feuilles cassantes (semer après
une journée ensoleillée).

© J. Wey
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Introduction d’une jachère à Pueraria (18)
Trois façons de semer le riz pluvial dans le paillis

Semis à la roue semeuse : les observations


L’avis des paysans
! technique facile et rapide
! mauvaise levée
! demande une couche peu épaisse de matière organique
L’avis des chercheurs
• irrégularité du semis - la quantité de graines par poquet varie de 2 à 20
et la réussite des poquets est aléatoire et liée à l’épaisseur du paillis : au
delà de 10 cm (c’est fréquent), les becs du semoir ne pénètrent plus le
sol et les graines sont déposées dans la couche végétale. L’ouverture
creusée dans le paillis par les becs semeurs est faible, rendant la levée
difficile. Améliorations possibles : augmenter la dose de semences ;
réduire l’épaisseur du paillis en détruisant le Pueraria seulement 1 à 1,5
mois avant le semis.
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Introduction d’une jachère à Pueraria (19)
Trois façons de semer le riz pluvial dans le paillis
Semis au semoir à disques : les observations
L’avis des paysans
! Impression technique très facile et rapide
! comment se procurer le matériel ?
! demande une couche peu épaisse de matière organique
L’avis des chercheurs
• très bonne régularité du semis et levée très satisfaisante
• meilleure répartition spatiale avec semis en ligne qu’en poquets, d’où un
recouvrement plus rapide du sol (meilleur captage du rayonnement
solaire, pression moins forte des mauvaises herbes).

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Introduction d’une jachère à Pueraria (20)
Quelques photos d’installation de cultures
Semis au semoir
à disques

Semis en poquet à la binette

© J. Wey
© J. Wey
Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
Introduction d’une jachère à Pueraria (21)
Quelques photos d’installation de cultures

Semis de riz réalisé avec la roue semeuse

© J. Wey

Semis d’arachide.
Elle possède une vigueur
germinative suffisamment
puissante pour percer la
couverture organique.
© J. Wey
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Introduction d’une jachère à Pueraria (22)
Quelques photos d’installation de cultures

© J. Wey

Le maïs rencontre des


© J. Wey
problèmes similaires au riz
Le manioc est planté en poquet évasé ; pluvial ; mais sa plus grande
le paillis est donc largement ouvert vigueur à la levée lui permet
pour faciliter le développement des de percer le paillis de la
jeunes plants. couverture organique.
Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères
La jachère à Pueraria en rotation avec
les cultures vivrières (1)

Système de culture traditionnel de référence


Année 1 : riz pluvial après après défriche brûlis
Année 2 : culture vivrière (manioc, arachide)
Année 3 et suite : retour à la friche (jachère 8 ans)

Propositions étudiées avec les agriculteurs


1- Durée de la jachère améliorante à Pueraria : 1, 2 ou 3 ans ?
2- Position de la jachère dans la rotation : en fin de rotation ou
intercalée entre les cultures vivrières ?
3- Diversification : maïs (habituellement semé très clairsemé dans le
riz), arachide (actuellement culture pure, en augmentation sensible)

Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères


La jachère à Pueraria en rotation avec
les cultures vivrières (2)

Remarques des agriculteurs après une campagne de tests


1- avancer la date du semis de Pueraria en juillet de façon à permettre
aux jeunes plantules de disposer d’une plus longue période de pluie ;
2- trouver une solution pour le désherbage des mois de novembre et
décembre qui coïncide avec la récolte du café : la main-d’œuvre n’est
pas disponible
3- envisager la possibilité d’installation de Pueraria dans d’autres
cultures que le riz pluvial : manioc, arachide, jachère récente…
4- nécessité d’une destruction chimique de Pueraria : comment
accéder aux intrants (herbicide), comment obtenir le pulvérisateur pour
l’épandage, pourra-t-on disposer d’un semoir manuel… ?

Mémento de l'agronome, ©2002, Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères


La jachère à Pueraria en rotation avec
les cultures vivrières (3)
Rotation quadriennale : cultures cycle < 5 mois

© J. Wey

riz Pueraria arachide Pueraria

J F MAM J J A S O N D J F M A M J J A S O N D J FMAM J J A SOND J F M A M J J A S O N D

Objectif : couverture permanente du sol


année1 année2 année3 année4
Riz – Pueraria – arachide – Pueraria
Riz – Pueraria – maïs – Pueraria
Retour plante de couverture facilité par une gestion efficace des repousses de
Pueraria
Mémento sous
de l'agronome, ©2002, la Ministère
Cirad, Gret, culture vivrière
des affaires étrangères précédente
La jachère à Pueraria en rotation avec
les cultures vivrières (4)
Rotation quinquennale avec manioc (cycle 14 mois)

© J. Wey
riz manioc
Pueraria Pueraria

J F M A M J J A S O N D J F M A M J J A S O N D J FMAM J J A SOND J F M A M J J A S O N D J F M A M J J A S O N D

Rotation quinquennale : 2 cultures vivrières dont une à cycle cultural débordant


l’année (manioc)
Riz – Pueraria – manioc …Pueraria Pueraria
année1 année2 année3 année4 année5
Retour de la plante de couverture obtenu par conduite adéquate des repousses
de Pueraria sous la culture vivrière précédente.
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La jachère à Pueraria en rotation avec
les cultures vivrières (5)
Année 1 : culture annuelle traditionnelle Note
arachide, manioc mars-avril Les opérations culturales ne diffèrent
semis du riz, maïs mai-juin pas de la conduite traditionnelle :
désherbages par arrachage et récolte
semis de Pueraria juillet-août
1er désherbage de Pueraria fin de saison des pluies (novembre)
Année 2 : jachère à plante de couverture
2e désherbage de Puerariadébut saison des pluies (mars-avril)
3e désherbage (léger) milieu de la saison des pluies (août)
couverture épaisse et totale du sol vers juillet-août de l’année 2
3e année (et suivantes, si besoin) : jachère à plante de couverture
aucune intervention
Année d’installation de la culture vivrière sur couverture organique
rabattage de Pueraria février/mars
traitement herbicide de Pueraria mars
Semis-plantation cultures vivrières mars à fin juin
ré-installation de Pueraria dans la culture en cours
par entretien sélectif juillet à fin culture
par
Mémento de l'agronome, ©2002,semis
Cirad, Gret, Ministère des affaires étrangères juillet/août
La jachère à Pueraria en rotation avec
les cultures vivrières (6)
Quelques résultats de rendements sur 3 ans
1998 1999 2000
6 mois Pueraria 1,5 ans Pueraria 1,5 à 2,5 ans Pueraria
Paysans Rech. Paysans Rech. Paysans Rech.
Gbaya Gbaya Gbaya

Riz témoin 300 à 500 860 400 à 900


défriche 7ans - 8ans - 9ans -
brûlis
riz 0 eng Eng + Eng + 0 eng Eng + Eng + Eng +
sur
Pueraria 300 300 2000 160 340 1500 450 à 3300 2000
à à à à à à (semoir à
Eng+ =
650 860 2500 615 875 2000 disques, 2500
100 [Link]
parcelle
NPK + 50
groupe
urée
femmes)
Conclusions
Niveau fertilité unité Gbaya faible – système de culture avec Pueraria
fonctionne – paysans ont mis 3 ans à maîtriser la technique
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La jachère à Pueraria, rotation avec cultures vivrières (7)

Système avec plante de Système traditionnel défriche Temps de


couverture Pueraria brûlis travaux
Mois Opérations culturales HJ/ha HJ/ha Opérations culturales (commentaires
diapo suivante)
Août Pueraria semis volée 3 0

Nov Pueraria désherb. 1 22 0

Avril Pueraria désherb. 2 22 0


x années
Août Pueraria désherb. 3 5 0 Jachère naturelle

2 à 3 ans de jachère de Pueraria


Janv-févr Fauche Pueraria 6 45 Défriche+ brûlis + écobuage

Avril Traitement herbicide 3 0

Mai Semis (semoir manuel) 19 27 Semis + enfouissement

Juin-août Désherbages 1 et 2 35 49 Désherbages 1+2

Oct-nov Récolte 24 21 Récolte

totaux 139 142


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La jachère à Pueraria en rotation avec
les cultures vivrières (8)
Commentaires sur les temps de travaux
Riz pluvial
Temps de travaux sont quasi identiques, 139 homme-jour/ha en système
amélioré, 142 en traditionnel
Solutions de réduction du temps de travail
Installation Pueraria : semis consommateur de semences (10 kg/ha) et de travail
(3 hj/ha). En revanche, la gestion des jeunes repousses de Pueraria dans la
culture vivrière en cours (issues des semences tombées au sol lors de la jachère)
s’effectuant en même temps que les désherbages de la culture vivrière
économise les semences et n’alourdit pas les temps de travaux. Les plantules de
Pueraria se développent beaucoup plus rapidement en nécessitant par la suite
moins de main-d’œuvre d’entretien.
Semer la culture dans le paillis un semoir performant : le dernier modèle
monorang testé en 2000 semble simple à manipuler, avec une qualité de semis
très satisfaisante, par rapport à la roue semeuse. Premières estimations :
réduction temps de semis de près de 25 % (résultats encore à confirmer).
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La jachère à Pueraria en rotation avec
les cultures vivrières (9)
Au terme de la 3e campagne, chez les paysans (réseau et hors réseau)…
Nette diversification des précédents culturaux : manioc et arachide en particulier
Un agriculteur installé Pueraria dans une friche de 2 ans (nécessitant donc un
investissement main-d’œuvre élevé) pour raccourcir la durée de jachère et pour
marquer sa parcelle
Deux agriculteurs ont installé une parcelle de Pueraria pour y planter plus tard des
palmiers afin de diminuer les désherbages de la future palmeraie (seront limités au
détourage des palmiers) et pour marquer la parcelle
La moitié des nouveaux candidats sont des volontaires hors réseau qui ont vu
l’innovation en visites organisées à Gbaya ou dans les villages (visites des tests). Il
s’agit en général de paysans encadrés par des projets ou organisations de
développement (PDRiGF, SNPRV…) implantés dans la zone du réseau.
Demande de Pueraria la plus forte là où la pression foncière est la moins forte,
parce que ce système réduit de façon significative les temps de travaux et la
pénibilité de la défriche brûlis (parcelles de riz très grandes, > à 3-4 ha).
Ont calculé qu’ils pouvaient cultiver 2 fois plus sur la même surface avec
productions supérieures aux résultats habituels.
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