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Origine et impact des eaux usées

L'eau douce représente seulement 3 % de l'eau totale sur Terre, et plus d'un milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau potable, ce qui souligne l'importance de préserver cette ressource. Les eaux usées, résultant d'activités humaines, doivent être traitées en raison de leur pollution, et leur qualité est mesurée par divers indicateurs. De plus, plusieurs substances toxiques présentes dans les eaux usées, comme le mercure, l'arsenic et le cadmium, posent des risques pour la santé humaine.

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Origine et impact des eaux usées

L'eau douce représente seulement 3 % de l'eau totale sur Terre, et plus d'un milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau potable, ce qui souligne l'importance de préserver cette ressource. Les eaux usées, résultant d'activités humaines, doivent être traitées en raison de leur pollution, et leur qualité est mesurée par divers indicateurs. De plus, plusieurs substances toxiques présentes dans les eaux usées, comme le mercure, l'arsenic et le cadmium, posent des risques pour la santé humaine.

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I.

Introduction

Le volume total de l’eau présente sur notre planète et dans son atmosphère est estimé à 1 400
millions de milliards de mètres cubes. L’eau douce ne représente que 3 % de ce volume
gigantesque. L’eau est donc une ressource précieuse, d’autant plus qu’elle n’est pas
uniformément répartie. Plus d’un milliard de personnes n’a pas toujours accès à l’eau potable et
plus de 50 pays sont menacés de pénurie d’eau potable au environ de 2025. Préserver la
ressource en eau et proposer un accès durable aux services d’eau et d’assainissement sont donc
des enjeux majeurs pour la planète. De la lutte contre la pollution à la valorisation des eaux
usées.

Les eaux usées (ou eaux polluées) sont des eaux qui ont été altérées par l'activité humaine. Il
peut ainsi s'agir d'eaux polluées provenant d'usines ou d'eau de ruissellement provenant d'un
parc de stationnement.

II. Origine des eaux usées

Ces eaux sont généralement formées du sous-produit d'une utilisation humaine, soit
domestique, soit industrielle, d'où l’usage du terme d’"eaux usées".

Les eaux usées sont des eaux altérées par les activités humaines à la suite d’un usage
domestique, industriel, artisanal, agricole ou autre. Elles sont considérées comme polluées et
doivent être traitées.

Elles peuvent être parfois qualifiées d'eaux grises lorsqu’il s'agit d'eaux peu chargées en
matières polluantes par exemple des eaux d'origine domestique, résultant du lavage de la
vaisselle, des mains, des bains ou des douches. On parle d'eaux noires lorsqu’elles contiennent
diverses substances plus polluantes ou plus difficiles à éliminer tels que des matières fécales, des
produits cosmétiques, ou tout type de sous-produit industriel mélangé à l'eau.

Il peut également s'agir d'eau d'écoulement de surfaces imperméables : ainsi les eaux de
ruissellement des parcs de stationnement sont considérées comme des eaux usées par la
présence de divers polluants comme les hydrocarbures ou les poussières d'usure des
pneumatiques.

Voici quelques provenances possibles des eaux usées. Pour certaines d’entre elles, les
contaminants probables figurent entre parenthèses :

 Déchets d'origine humaine (hygiène, ménage, toilettes... dans ce dernier cas, on parle
d'eau noire)

 Fuite de fosse septique ;

 Déversement de fosse septique ;

 Évacuation d'installation de traitement d'eaux d'égout ;

 Eau de lavage (personnes, vêtements, sols, vaisselle, etc.) également connu comme eau
grise ;

 Précipitations collectées par les toits ;

1
 Eaux souterraines infiltrées dans le réseau d'égouts ;

 Liquides manufacturés en surplus provenant de sources domestiques (boissons, huiles


de cuisine, pesticides, huiles de graissage, liquides de peinture, de nettoyage, etc.) ;

 Écoulement urbain des précipitations sur les routes, les parkings, les trottoirs (contient
des huiles, fèces animales, ordures, traces de carburant, résidus de caoutchouc, métaux
provenant des gaz d'échappement des véhicules, etc.) ;

 Entrées d'eau de mer (sel, micro-organismes, volumes élevés) ;

 Entrée directe d'eau de rivières (micro-organismes, volumes élevés) ;

 Entrée directe de liquides synthétiques (décharge illégale de pesticides, d'huiles usagées,


etc...) ;

 Drainage des routes (huile, agents de dégivrage, résidus de caoutchouc) ;

 Drainage de tempête (presque n'importe quoi, y compris voitures, chariots, arbres,


bétail, etc.) ;

 Pertes industrielles ;

 Drainage industriel d'un site.

III. Indicateurs de qualité

Les indicateurs de qualité les plus courants sont la demande biologique en oxygène( DBO5) et la
demande chimique en oxygène (DCO), ainsi que les matières en suspension (MES).

Ils sont mesurés dans les eaux usées en entrée de traitement ainsi que sur les eaux après
traitement. Leurs abattements nous donnent le rendement de l'épuration des eaux.

IV. Substances minérales présentes eaux usées


A. Substances minérales présentes dans le sol

Si l'on admet qu'une eau très faiblement minéralisée n'est pas recommandable du fait
notamment de son caractère corrosif, les effets sur la santé humaine des eaux riches en
minéraux font encore l'objet actuellement d'interrogations sur lesquelles il est nécessaire de
procéder à une actualisation :

1. Les sulfates favoriseraient à long terme un processus d'irritation gastro-intestinale surtout


s'ils sont associés au sodium ou au magnésium,

2. Les chlorures, outre le goût désagréable qu'ils communiquent à l'eau, peuvent favoriser la
mobilisation d'ions indésirables ou toxiques à partir des canalisations métalliques surtout si
celles-ci véhiculent de l'eau chaude,

3. Le sodium a été impliqué à long terme parmi les facteurs favorisant la genèse d'une
hypertension artérielle,

4. Le calcium et le magnésium facteurs de la dureté de l'eau ont fait l'objet, du fait des
inconvénients qu'ils engendrent (goût désagréable, entartrage rapide), de campagnes de

2
suppression (« adoucissement ») par échange d'ions entraînant le remplacement des ions
calcium par des ions sodium. Ces campagnes sont aujourd'hui jugées discutables et la plus
grande prudence est recommandée dans l'application des traitements correctifs des eaux
destinées à la consommation humaine.

B. Substances minérales industrielles

Ce sont surtout des substances de nature métallique qui peuvent, à concentration anormalement
élevée, occasionner une gêne (goût désagréable, coloration anormale, dépôts) ou une nuisance
(le fer favorise la prolifération bactérienne, le cuivre et le zinc occasionnent une saveur
astringente, le manganèse induit une turbidité anormale....).

C. L'eau véhicule de substances minérales toxiques provenant de la pollution


chimique
1. Le sélénium
Reconnu comme hépato protecteur aux faibles concentrations (inférieures à 10 μg/l), il pourrait
s'avérer hépatotoxique et neurotoxique à concentrations élevées (50 à 300 μg/l dans des eaux
traversant des sols sélénifères).
Effets sur la santé :
A faible dose, le sélénium est un micronutriment indispensable à l'homme, il a un rôle
d'antioxydant et détoxifiant au niveau de la cellule; il agit contre les effets néfastes des espèces
radicalaires électrophiles produites par
bio-activation de nombreux xénobiotiques.
¨A forte dose, le sélénium peut être toxique. L'intoxication se fait par inhalation, ingestion ou par
pénétration cutanée. Elle se manifeste par une irritation de la peau et des bronches et peut
altérer le système nerveux et la fonction hépatique.

2. Arsenic et composés hydrosolubles


Habituellement présents à de très faibles concentrations dans les eaux de surface, les composés
hydrosolubles de l'arsenic (arsénites de sodium et de potassium, arséniates de sodium) peuvent
se retrouver en quantités plus élevées notamment du fait de la pollution industrielle (fabrication
de semi-conducteurs, fabrication d'alliages, métallurgie), environnementale (combustion de
fuels), agricole (emploi de dérivés arsenicaux comme pesticides).
Explication
L'intoxication chronique peut se traduire par une mélanodermie, une Kératodermie pouvant
évoluer vers la salinisation (carcinomes baso et spino Cellulaires), une hépato toxicité.

Effets sur la santé :


¨L'arsenic est classé cancérogène par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC).
Des cancers de la peau, des poumons, du foie et de la vessie sont apparus chez certaines
personnes exposées à l'arsenic par voies digestive ou respiratoire.
¨La principale voie d'exposition est orale, l'inhalation et la pénétration cutanée représentent une
voie mineure d'absorption.
L'intoxication aiguë produit des troubles gastro-intestinaux qui se manifestent par des
vomissements, des douleurs abdominales et des diarrhées suivis de troubles généraux pouvant
précéder la mort du sujet si les doses reçues sont conséquentes.
¨L'intoxication chronique par l'arsenic provoque des hyperkératoses palmo-plantaires
(épaississement de la couche cornée de l'épiderme des paumes des mains et de la plante des

3
pieds). Ceci est souvent associé à une alternance de zones hyper et hypo-pigmentées de la peau.
Ces symptômes peuvent être indicateurs d'une intoxication prolongée à de faibles doses
d'arsenic présent dans l'eau de boisson.
3. Le mercure
C'est un polluant classique des eaux, capable de s'accumuler le long des chaînes alimentaires. Sa
présence est surtout d'origine industrielle (incinérations, combustion de fuels et charbon) bien
qu'une quantité non négligeable puisse provenir du dégazage naturel de la croûte terrestre.
Attention
Le problème du mercure est surtout lié à sa biotransformation en dérivés organiques (méthyl
mercure) par les micro-organismes des sédiments. Ce composé peut se concentrer dans divers
organes tels que le cerveau, le rein et le foie où il induit des dysfonctionnements graves souvent
irréversibles.

Effets sur la santé :


L'intoxication par les sels de mercure s'appelle l'hydrargyrisme, caractérisé par des lésions des
centres nerveux se traduisant par des tremblements.
La voie de pénétration est l'inhalation et l'ingestion, l'intoxication cutanée est moins fréquente.
Les dérivés minéraux du mercure agissent essentiellement sur les reins où ils entraînent à long
terme une insuffisance rénale irréversible et les dérivés organiques (organomercuriels) agissent
plus volontiers sur le système nerveux central.

4. Le cadmium
Elément rare, il n'existe pas à l'état natif. Dans l'eau, le cadmium provient de l'érosion naturelle,
du lessivage des sols ainsi que des décharges industrielles.
Polluant industriel très répandu, notamment à partir des industries de tréfilerie et
galvanoplastie, le cadmium est un néphrotoxique redoutable générateur sur le mode chronique
de néphropathies tubulo-intesticielles du fait de son caractère cumulatif important (demi-vie
biologique de plusieurs années).

5. Le chrome
Les sels de chrome (chromates, bichromates) présents dans l'eau sont d'origine industrielle pure
(chromage, mordançage, coloration, galvanoplastie). Les dérivés hexavalents sont
potentiellement cancérogènes et sont donc très préoccupants pour la santé humaine. La
Directive Européenne de 1998 a abaissé le taux admis dans l'eau de boisson à 10 μg/l au lieu de
50 μg/l prévu par le Décret de 1989.
Effets sur la santé :
Toxicité aiguë : l'ingestion de forte dose entraîne des vertiges, une sensation de soif, des
douleurs abdominale, des diarrhées hémorragiques et dans les cas les plus sévères le coma et la
mort.
Toxicité chronique :
- Les voies respiratoires sont la cible préférentielle des dérivés du chrome, ce qui entraîne une
diminution des fonctions pulmonaires et surtout des effets génotoxiques à la base de la genèse
de cancers broncho-pulmonaires.
- Par pénétration cutanée, une intoxication par le chrome provoque des dermites
eczématiformes ou des ulcérations appelées "trou du chrome" ou "pigeonneaux" qui pourraient
constituer de véritables états précancéreux et qu'il est donc impératif de dépister au plus tôt.

4
6. L'aluminium

Actuellement à l'étude notamment pour ses effets neurotoxiques centraux, l'aluminium est un
polluant industriel provenant surtout de la métallurgie, les constructions automobile et
aéronautique, la fabrication d'appareils ménagers. Sa participation à la physiopathologie de la
maladie d'Alzheimer et aux syndromes parkinsoniens a été évoquée mais non démontrée.

7. Les cyanures

Sels de l'acide cyanhydrique, ils proviennent des industries métallurgiques (galvanoplastie,


traitement de minerais, électrolyses), des papeteries, industries de la bijouterie, tanneries... Les
cyanures d'ammonium, de sodium, de potassium, de calcium sont des composés hydrosolubles
qui peuvent dégager de l'acide cyanhydrique HCN en milieu acide. L'effet toxique principal est
l'hypoxie tissulaire subaiguë, aiguë ou suraiguë par fixation de l'ion CN- sur le fer ferrique de la
cytochrome-oxydase au niveau de la chaîne respiratoire mitochondriale.

Effets sur la santé :

Toxicité aiguë :

- forme foudroyante : les effets sont immédiats et la mort survient rapidement du fait de
l'hypoxie tissulaire brutale qui interdit toute utilisation de l'oxygène par les tissus alors que le
transport par l'hémoglobine s'effectue normalement.

- forme légère : sensation de vertiges et état confusionnel

Toxicité chronique : céphalées, asthénie, vertiges de façon plus spécifique, troubles digestifs,
sensoriels et oculaires. On évoque la possibilité d'effets neurotoxiques à long terme.

8. L'ammoniaque

Les émissions de gaz ammoniac sont issues de l'agriculture et principalement des déjections
animales. La forte hydro solubilité de ce gaz conduit à l'ammoniaque.

Effets sur la santé :

¨Formé par l'ammonification bactérienne au cours de la décomposition de matières organiques


azotées, l'ammoniac est connu pour ses effets irritatifs sur les voies respiratoires, notamment à
l'étage supérieur rhinopharyngé où le toxique se retrouve concentré car du fait de son hydro
solubilité il est arrêté par l'eau qui tapisse les voies respiratoires supérieures constituant ainsi
une première barrière de défense vis-à-vis des gaz et vapeurs toxiques.

L'ammoniaque ingérée manifestera son pouvoir irritatif sur le tractus digestif.

9. Les radionucléides

Cette question extrêmement importante suscite de nombreuses interrogations et mérite une


étude approfondie de l'état actuel des connaissances en terme de toxicologie des expositions aux
faibles doses de rayonnements ionisants. En effet, si l'origine cosmique ou tellurique des
radionucléides présents dans certaines eaux n'est plus à démontrer et a été utilisé autrefois dans
un objectif de curiethérapie sans argumentation scientifique ni physiopathologique probante, les
effets des émissions de radionucléides à faible dose sur la santé humaine sont controversés.

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La présence de radionucléides dans l'eau d'origine industrielle peut être le fait d'accidents
nucléaires majeurs (Kyshtym 1957, Windscale/Sellafield 1957, Detroit 1966, Three Mile Island
1979, Tchernobyl 1986) ou de rejets radioactifs de l'industrie nucléaire au cours des étapes
d'extraction du minerai d'uranium, préparation de combustible, production d'énergie électrique
et retraitement du combustible épuisé. Si les effets déterministes (obligatoires) et stochastiques
(aléatoires) sont parfaitement décrits dans le cadre d'une exposition intense à moyenne, par
contre la probabilité d'un effet génotoxique, mutagène ou cancérogène à long terme après
exposition régulière à de très faibles doses de radionucléides est loin d' être évaluée, notamment
en raison de l'implication forte de l'hérédité (facteurs de susceptibilité), de la méconnaissance
des mécanisme d'action directs ou indirects mis en jeu vis-à-vis du matériel génétique et de leur
caractère probabiliste.

Le problème est compliqué par les propriétés cumulatives de certains radionucléides tels que le
strontium 90 qui prend la place du calcium osseux et peut irradier "in situ" la moelle osseuse.
Les effets les plus sévères théoriquement attendus sont les mutations géniques (concernent
quelques bases de l'ADN), chromosomiques (concernent plusieurs milliers de bases) et/ou
génomiques (concernent un ou plusieurs chromosomes entiers) au niveau des précurseurs des
éléments figurés du sang pouvant évoluer vers la genèse de leucémies notamment si les
mutations se situent au niveau de gènes-clés de la cancérogenèse.

V. Intoxication par les solutions chimiques dans les eaux usées

Les substances chimiques nocives dans les eaux usées peuvent conduire à une variété de
malaises chez les humains. Voici 6 des produits chimiques couramment trouvés à contaminer les
eaux usées.

1. Baryum

Les sels solubles de baryum sont extrêmement toxiques quand il est reconnu comme un produit
chimique dans les eaux usées. Caractéristiques d'une intoxication aiguë comprennent la
gastroentérite, la faiblesse, la paralysie, des convulsions et la myocardite. La dose mortelle pour
un adulte est entre 500 et 1000 mg. Ion baryum affecte membranes des cellules musculaires de
sorte que la fibre musculaire est stimulée indifféremment. Le traitement consiste à des soins de
soutien et de l'utilisation du sulfate de sodium antidote,.

2. Cuivre

Le cuivre est le produit chimique le plus commun dans les eaux usées. Bien que le cuivre soit
considéré comme non toxique, des concentrations élevées peuvent avoir des effets aigus et
chroniques. L'excès de cuivre dans l'eau provoque des vomissements et douleurs abdominales.
Les concentrations de cuivre dans les cheveux des personnes touchées peuvent élever. Cuivre
dans les eaux usées, il peut être acide et corrosif. Dans les cas graves de cirrhose du foie
micronodulaire peut se produire.

3. Fluorure

Fluorure est l'un des produits chimiques les plus dangereux dans les eaux usées. L'ingestion
aiguë des résultats fluorures en excès dans la salivation, des nausées, des vomissements, des
douleurs abdominales et la diarrhée suivie par une faiblesse, spasmes musculaires et des
convulsions. La mort est par paralysie respiratoire. L'intoxication chronique, à l'ingestion de

6
plus de 6 mg de fluor par jour, les résultats dans un état connu sous le nom de fluorose. Résultats
fluorose dans la perte de poids, anémie, fragilité des os, une raideur des articulations et
marbrure des dents. Traitement de l'intoxication aiguë est de donner du gluconate de calcium
par voie intraveineuse avec du lait de magnésie par voie orale. Si cette forme de calcium n'est
pas disponible, alors toute forme soluble par voie orale de calcium tel que, le gluconate de
calcium ou du lait ou une solution de lactate, plus sulfate de magnésium est adapté. Les mesures
de soutien comprennent le traitement de choc et de donner du lait ou de crème toutes les
quelques heures pour réduire la douleur œsophagienne. Traitement de fluorose est la
suppression du patient à partir d'exposition continue.

4. Le plomb

Le plomb passe rapidement dans le sang et va perturber de nombreux mécanismes


biochimiques, touchant principalement le système nerveux mais aussi d'autres fonctions,
comme la reproduction. Les enfants exposés de manière prolongée à de faibles doses de plomb
peuvent ainsi développer un saturnisme, une maladie caractérisée par divers troubles pouvant
être irréversibles : ceux-ci concernent la croissance, le développement du système nerveux
central, le développement intellectuel et le comportement. A plus forte dose, le plomb peut
même induire même chez les adultes, et aussi bien chez les hommes que chez les femmes, des
troubles de la reproduction, des insuffisances rénales, ou des encéphalopathies. Il peut
également fixer se fixer sur les os où il ne sera pas gênant tant qu'il ne sera pas renvoyé dans le
sang; or cela peut se produire en particulier chez les femmes enceintes - entraînant une
exposition du fœtus, et chez les personnes âgées -qui se retrouvent empoisonnées de manière
brutale.

Selon les spécialistes, ces inquiétudes ne sont pas forcément justifiées. Pour Bernard Barraqué,
chercheur au CNRS, les risques liés au plomb sont insignifiants. Seulement 1% des personnes
dont la distribution d'eau est assurée par des tuyaux en plomb y sont exposées. De récents
travaux menés par l’INSERM montrent que le taux de plomb dans le sang des personnes qui y
sont le plus exposées ne dépasse pas 100 à 200 µg/l alors que le risque de saturnisme n’apparaît
que quand ce taux atteint 800 µg/l.

5. Les nitrates

Au-delà d'un certain seuil de concentration, les nitrates peuvent engendrer, chez les enfants et
surtout les nourrissons très sensibles à une absorption trop importante, un empoisonnement du
sang appelé une méthémoglobinémie ou encore maladie bleue. Les nitrates ne sont pas nocifs en
soit pour la santé. Mais sous l'action d'une bactérie présente dans le corps humain, ils se
transforment en nitrites - qui eux oxydent l'hémoglobine du sang qui ne peut plus fixer l'oxygène
et perturbe la respiration cellulaire.

Même à faible concentration, ils peuvent également engendrer à long terme des cancers chez les
adultes lorsqu'ils sont associés à certains pesticides avec lesquels ils forment des composés
cancérigènes. Le risque demeure difficile à évaluer et les normes actuelles, qui fixent le seuils de
concentration des nitrates à 50 mg/l représente une application raisonnable du principe de
précaution.

6. Les pesticides

7
La difficulté avec les pesticides est qu'ils forment une famille très nombreuse: plusieurs
centaines de molécules très diverses sont en effet utilisées. En outre, dans la nature, ces
molécules se dégradent et en génèrent d'autres. Les toxicités de ces substances, pesticides et
produits de dégradation, diffèrent et sont mal connues pour la plupart, l'incertitude portant sur
les effets à long terme de doses infimes répétées. Certains sont cancérigènes comme l'atrazine.

La réglementation fixe à 0 ,1 µg/l pour chaque type de pesticide identifié et à 0,5 µg/l la
concentration totale des pesticides. Il paraît difficile de lever les inquiétudes provoquées par la
présence de pesticides dans l’eau du robinet dans la mesure où nos connaissances sur le sujet
demeurent limitées. Mais rappelons que cette réglementation est bien plus sévère que les
recommandations formulées par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et qu’à ce jour, on
n’a pas détecté de cas d’intoxication chronique ou de maladies provoquées par la présence de
ces matières dangereuses dans l’eau de nos robinets.

A. Les risques liés aux composés chimiques

L'eau de la nature est d'autant moins potable aujourd'hui qu'elle est de plus en plus polluée par
des substances rejetées par les sociétés humaines. Or cette pollution est parfois telle que même
la qualité de l'eau traitée s'en ressent. Il n'est pas rare qu'une affaire éclate au sujet d'eaux du
robinet qui ne respectant pas les normes de sécurité sanitaire.

Si l'eau potable fait l’objet d’une réglementation précise et de contrôles fréquents, les principales
inquiétudes portent sur la présence de plomb, de nitrates et de pesticides dans l’eau qui coule de
nos robinets.

De toutes ces matières présentes dans l'eau, certaines sont sans risque pour la santé en dessous
d'une certaine concentration, d'autres sont toxiques même à l'état de trace. Outre leur
concentration, le temps d'exposition à ces substances est également très important. Si la
contamination par les organismes pathogènes est très rapide, une seule absorption d'eau
infectée pouvant suffire, certaines substances ne sont toxiques qu'après un long temps
d'exposition. En tous les cas, les effets sur l'organisme de cette kyrielle de substances que les
hommes ingèrent à doses homéopathiques restent pour la plupart encore méconnus.

Certaines substances, comme les métaux lourds, ne sont pas éliminées par l'organisme. Elles s'y
accumulent, et leur ingestion prolongée peut être la cause de maladies graves, même si la teneur
dans l'eau est faible. Ingérées en grande quantité lors d'une pollution accidentelle, ces mêmes
substances sont rapidement toxiques.

VI. Intoxication par les toxines cyanobactériennes

Les cyanobactéries ou algues bleues sont présentes dans le monde entier, notamment dans les
eaux calmes, riches en nutriments. Certaines espèces de cyanobactéries produisent des toxines
qui affectent l'homme et l'animal. Les gens peuvent être exposés aux toxines cyanobactériennes
par de l'eau contaminée, que ce soit en la consommant ou en s'y baignant. Les effets les plus
graves et les plus fréquents sur la santé sont dus à la consommation d'eau contenant des toxines
(cyanobactéries) ou à l'ingestion d'eau lors d'activités récréatives.

1. La maladie due aux Toxines cyanobactériennes et son impact sur les populations

8
La maladie due aux toxines cyanobactériennes varie en fonction du type de toxine et du type
d'exposition à l'eau ou liée à l'eau (eau de boisson, contact avec la peau, etc.). Les symptômes
chez l’être humain sont divers, comprenant irritation cutanée, crampes d'estomac,
vomissements, nausée, diarrhée, fièvre, angine, céphalées, douleurs musculaires et articulaires,
vésicules autour de la bouche et atteinte hépatique. Les personnes qui nagent dans des eaux
contenant des toxines cyanobactériennes peuvent avoir des réactions allergiques telles que
l'asthme, une irritation des yeux, des éruptions et des vésicules autour de la bouche et du nez.
Les animaux, les oiseaux et les poissons peuvent également être intoxiqués par de fortes
concentrations de cyanobactéries qui produisent des toxines.

2. Les causes

Les cyanobactéries sont également connues sous le nom d'algues bleues, parce que ces micro-
organismes présentent les caractéristiques des algues et des bactéries, bien qu'elles soient
maintenant classifiées comme bactéries. La couleur bleu-vert provient de leur capacité de
photosynthèse, identique à celle des plantes.

Les toxines cyanobactériennes sont classifiées en fonction de la manière dont elles affectent
l'organisme humain. Les hépatotoxines (qui affectent le foie) sont produites par certaines
souches de cyanobactéries: Mycrocystis, Anabaena, Oscillatoria, Nodularia, Nostoc,
Cylindroapermopsis et Umezakia. Les neurotoxines (qui affectent le système nerveux) sont
produites par certaines souches d’Aphanizomenon et d’Oscillatoria. Les cyanobactéries de
l'espèce Cylindroapermopsis raciborski peuvent également produire des alcaloïdes toxiques qui
causent des symptômes gastro-intestinaux ou des maladies rénales chez l'homme. Toutes les
cyanobactéries de ces espèces ne forment pas des toxines et il est probable qu'il existe des
toxines non reconnues jusqu’à présent.

Les populations sont exposées aux toxines cyanobactériennes principalement par de l'eau
contaminée, que ce soit en la consommant ou en s'y baignant. D'autres sources incluent les
comprimés alimentaires à base d'algues. Certaines espèces forment une écume à la surface de
l'eau, mais de fortes concentrations peuvent également être présentes dans toute l'eau. Les
écumes, là où elles se trouvent, représentent un danger particulier pour la santé de l'homme du
fait du contact important avec les toxines. Le contact, notamment des enfants, devrait être évité.

3. Distribution

Ces micro-organismes peuvent se développer rapidement dans des conditions favorables, telles
que des eaux marines ou douces calmes et riches en nutriments sous des climats chauds ou
durant les mois de fin d’été dans les parties plus froides du monde. L’éclosion de cyanobactéries
peut se produire à plusieurs reprises dans les mêmes eaux, posant un risque d'exposition
répétée de certaines populations humaines. Les toxines cyanobactériennes dans les lacs, les
étangs et les rigoles dans certaines parties du monde sont connues depuis longtemps comme
cause d'intoxication des animaux et des hommes; l'un des constats les plus anciens de ces effets
toxiques a eu lieu en Chine il y a 1000 ans (Chorus and Bartram, 1999).

4. Ampleur du problème

Les cyanobactéries sont associées à la maladie dans diverses régions du monde, y compris
l'Amérique du Nord et du Sud, l'Afrique, l'Australie, l'Europe, la Scandinavie et la Chine. Il n'y a
pas de chiffres fiables en ce qui concerne le nombre de personnes touchées dans le monde Les

9
seuls décès humains dus à des toxines cyanobactériennes, qui sont documentés et étayés par des
preuves scientifiques, ont été causés par l'exposition durant une dialyse. Les personnes infectées
par l'eau de boisson et lors d'activités aquatiques récréatives ont dû subir des soins intensifs en
milieu hospitalier.

5. Interventions

 Limiter l'enrichissement en nutriments (eutrophisation) des lacs et réservoirs,


notamment par une meilleure gestion des systèmes d’élimination des eaux usées et la
lutte contre la pollution par les engrais (y compris le fumier) dans l'agriculture.

 Eduquer le personnel dans les secteurs de la santé et de l'approvisionnement en eau,


ainsi que le public, en ce qui concerne les risques associés à la consommation d'eau qui
pourrait contenir de fortes concentrations de cyanobactéries, les baignades ou l'exercice
de sports aquatiques dans cette eau.

 Traiter l'eau pour éliminer les organismes et leurs toxines des approvisionnements en
eau de boisson, le cas échéant.

VII. Autres maladies due à l’intoxication par les eaux usées ou maladie Hydrique

Définition :

Ce sont les maladies qui sont provoquées par de l’eau contaminée par des déchets humains,
animaux ou chimiques

L'eau non traitée ou polluée est responsable de maladies graves chez l'homme, bien souvent
mortelles dans les pays en voie de développement.

L'eau véhicule des virus, des bactéries, des parasites, des micro-organismes végétaux ou
animaux, qui peuvent provoquer des maladies graves, voire mortelles pour l'être humain.

Ces maladies liées à l'eau insalubre sont appelées maladies hydriques. Elles tuent environ 5
millions de personnes chaque année, et 2,3 milliards en souffrent.

1. Les maladies véhiculées par les micro-organismes

On dénombre de nombreuses maladies véhiculées par les micro-organismes présents dans l'eau

 la schistosomiase, qui est une maladie hydrique considérée comme la deuxième


infection parasitaire après le paludisme

 les amibes, qui provoquent de fortes diarrhées entraînant une déshydratation qui peut
s'avérer mortelle

 la fièvre typhoïde, qui provoque des troubles digestifs et de fortes fièvres

 la bilharziose, responsable de troubles du foie, des intestins et de la vessie, dues à un


petit ver qui se développe dans les eaux stagnantes

 l'onchocercose, qui engendre la cécité

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 les eaux stagnantes sont également les habitats des moustiques qui propagent la dengue
ou le paludisme

 le trachome, qui est une maladie infectieuse des yeux qui peut provoquer une cécité
après des infections répétées

 l'hépatite A et E entraînent une infection et une inflammation du foie

 le choléra qui provoque de très fortes diarrhées et en manque de traitement l’issue est
souvent fatale

 etc……

2. Les maladies aquatiques

Elles sont transmises par des organismes aquatiques qui passent une partie de leur vie dans
l’eau et une autre en tant que parasite. Ces maladies sont causées par toute une variété de vers.
Ces vers infectent les organismes humains et, sans forcément être mortels, diminuent fortement
les capacités physiques. La plus connue de ces maladies est la schistosomiase, appelée aussi
bilharziose. On estime que près de 200 millions de personnes sont infectées par le ver qui est à
l’origine de la schistosomiase, parmi lesquelles 20 millions souffrent de séquelles sérieuses.
Cette maladie est présente dans 74 pays.

On distingue enfin les maladies véhiculées par les moustiques et les mouches tsé-tsé qui
infestent certaines zones aquatiques. Parmi ces maladies, on trouve la fièvre jaune, la dengue
(dont la forme la plus virulente déclenche des hémorragies graves voire mortelles), la maladie
du sommeil, la filariose et le paludisme (malaria). Cette dernière provoque à elle seule, chaque
année, plus de 1 million de décès et cause 300 millions de cas de maladies aiguës. 90% des
victimes qui décèdent du paludisme se situent dans l’Afrique sub-saharienne.

La liste des maladies est longue, et la mortalité due aux maladies hydriques est très élevée.

3. La raison principale

La raison principale de cette situation catastrophique est la pauvreté. De Nombreux populations


ne disposent pas d'eau potable, les aménagements indispensables aux traitements des eaux
usées et à la fabrication de l'eau potable étant trop coûteux, ni même des soins que ces affections
nécessitent, les infrastructures médicales n'étant pas suffisantes. Cependant, avec de simples
mesures d’hygiène, la plupart de ces morts pourrait déjà être évitée

VIII. Traitement des eaux usées

Dans la plupart des pays et en particulier dans les milieux urbanisés, les eaux usées sont
collectées et acheminées par un réseau d'égout (ou réseau d'assainissement), soit jusqu’à une
station de traitement, soit jusqu’à un site autonome de traitement.

Dans le cas d'habitat collectif, l'épuration de ces substances est assurée par des stations
d'épuration d'effluents d'eaux usées. Lorsqu’il est impossible de raccorder l'habitat à un tel
réseau, on installe un système de fosse autonome avec tertre d'épandage. Si ces installations
n'existent pas, le milieu naturel recevant ces effluents n'est pas en mesure d'assurer son
autoépuration. En milieu liquide, ce sont les micro-organismes qui assurent l'épuration en

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biodégradant la matière organique contenue dans les eaux usées. En milieu naturel à l’air libre,
la matière organique s’assèche par manque d'humidité selon les conditions du milieu considéré ;
pour couvrir leurs besoins, les végétaux pompent toute l'humidité environnante, les failles du
sous-sol laissent s'infiltrer par des veines de grosses quantités d'eaux usées.

L'épuration de l'eau usée dans le sous-sol s'effectue en compost par la fermentation. Travail
beaucoup plus long et aléatoire : alors qu’un excès d'eau conduit à la pourriture du compost, une
insuffisance l’assèche. La bactérie de biodégradation que l'on trouve en milieu liquide survit
difficilement dans ce milieu fermé. De ce fait, une matière organique n'ayant pas subi de
prétraitement avant d'être envoyé dans le sous-sol risque de rapidement le colmater. En
situation autonome (fosses toutes eaux), les filtres à sable (tertre d'épandage) se colmatent très
souvent au bout de plusieurs années d'utilisation. C'est bien la preuve que le sol n'a pas vocation
d'épurer les eaux usées domestiques.

IX. Réutilisation des eaux usées

L'importance des coûts d'amenée des eaux pour l'alimentation des villes, jointe à celle de leur
évacuation, qui va de pair avec la raréfaction des ressources en eau, conduit un peu partout dans
le monde, et pas seulement dans les zones arides ou semi-arides, à considérer la question de la
réutilisation des eaux usées. Le traitement des eaux usées a pour but, dans la plupart des cas, de
les dépolluer suffisamment pour qu'elles n'altèrent pas la qualité du milieu naturel dans lequel
elles seront finalement rejetées: Rivières et mers. En Europe et plus généralement dans les pays
du Nord, le traitement d'un mètre cube d'eau usée produit de 350 à 400 grammes de boues.
Plusieurs millions de tonnes dans le monde de matières sèches sont évacuées chaque année.
Environ 75% sont valorisées en agriculture. Les reste est incinéré ou dirigé en décharge.

1. L'industrie

Lavage et transport industriel des matériaux

Dans beaucoup d'industries, le lavage et le transport des matériaux sont très peu exigeants en
qualité de l'eau. C'est pourquoi les eaux usées épurées sont utilisées pour2 :

 Le lavage des matières premières (charbon, gravier, etc.) et leur transport (craie par
exemple) ;

 Le transport des déchets (cendres d'une centrale thermique) ;

 Le lavage d'entretien (wagon, sols, bouteilles, etc.).

 Fabrication de laine de verre

2. Refroidissement industriel

Nombre d’industries procèdent à des opérations de refroidissement consommant une


importante quantité d’eau :

 centrales électriques ;

 réacteurs nucléaires ;

 pétrochimie ;

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 chimie ;

 industrie du caoutchouc ;

 industrie automobile.

3. L'irrigation

Dans le cas de l'irrigation, les eaux usées sont utilisées après traitement biologique (boues
activées ou lagunage le plus souvent). Leur intérêt réside dans le fait que :

 Les eaux contiennent des nutriments. Ils accroissent notablement les rendements
agricoles et réduisent le recours aux engrais artificiels coûteux ;

 Les autres sources d'eau utilisable en irrigation se raréfient en raison de leur potabilité
tant recherchée.

4. Les utilisations municipales

Elles peuvent couvrir une assez large gamme d'utilisations, qui ne requiert pas d'eau de qualité
potable, comme par exemple (VALIRON, 1983) :

 L'arrosage des parcs et jardins publics ;

 Le lavage des rues ;

 La lutte contre les incendies ;

 Le nettoyage des engins de collecte des ordures ménagères.

5. Récupération de la chaleur des eaux usées

Une idée qui fait doucement son chemin, récupérer les calories des effluents, via l'installation
d'échangeurs de chaleur dans les canalisations d'égouts reliés à des pompes à chaleur. Le
procédé ouvre de nouvelles perspectives aux collectivités locales désireuses d'améliorer leur
bilan énergétique. Chauffer ses espaces via des pompes à chaleurs nécessite une source de
calories, en général via le sol, par la géothermie, ou l'air extérieur, grâce à l'aérothermie. Mais un
autre gisement demeure largement inexploité : les eaux usées. Les trois quarts de la chaleur des
effluents domestiques (salles de bains, lessives, cuisine, vaisselles, etc.) sont en effet rejetés à
l'égout, en pure perte. La température du réseau oscille ainsi entre 13 et 20°C, selon les saisons,
avec une relative stabilité en raison de l'inertie thermique du milieu. Des caractéristiques idéales
pour approvisionner une pompe à chaleur, via un échangeur de chaleur posé dans le collecteur.
Le procédé se rencontre surtout en Allemagne, Suisse, et aux États-Unis, où 20 installations sont
en activité. Son développement est spectaculaire: 33 projets se construisent actuellement dans le
monde et 100 autres entrent en phase d'étude.

6. Comment avec un déchet, faire un produit ?

Le système consiste à installer un échangeur de chaleur intégré dans la canalisation, ou posé


dans celle préexistante. Des conduits envoient le fluide réchauffé vers les PAC, où le fluide est
porté à 50-70°C, pour être redistribué dans les bâtiments. Dès la première année, les économies
d'énergie se situent entre 20-30 % et parfois 50 % du poste énergie global annuel. Les émissions

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de gaz à effets de serre diminuent de 60 %. L'avantage est triple : réduction du poste
énergétique ; bénéfice environnemental et moindre exposition aux fluctuations du prix du gaz.
Le système s'annonce avant tout avantageux pour la fourniture de chaleur dans les régions aux
hivers froids, à l'exemple du Nord Est de la France. Ses performances y dépassent celles de
l'aérothermie. Le rafraîchissement reste néanmoins possible. Une configuration par réseau
hydraulique du circuit de rafraîchissement intérieur du bâtiment s'avère alors indispensable.
Comme pour les pompes à chaleur en général, le procédé ne se substitue pas à l'usage d'une
chaudière mais vient en complément. Une PAC au coefficient de performance annuel de 3,5
assure 80 % de la chaleur. La chaudière assure les 20 % restants lors des pointes de
consommation.

7. Une implantation en milieu urbain

Quant aux lieux d'implantation les plus adéquats, ils concernent les zones urbaines denses. Les
besoins en chaleur y sont importants et l'installation de panneaux solaires et d'éoliennes pâtit
des faibles disponibilités d'espace ou des nuisances entraînées. Le procédé requiert également
des débits minimums dans les canalisations. Le débit moyen journalier dans le collecteur doit
atteindre les 8 litres/seconde, soit les effluents d'une zone couvrant 8 à 12 000 personnes. Une
implantation dans des agglomérations de 20 à 30 000 habitants peut être envisageable, mais de
préférence en aval d'un point d'assainissement. Les usages les plus adaptés renvoient à ceux des
PAC en général. Les gammes de puissances minimums sont de 150 kW pour le chauffage et l'eau
chaude, soit l'équivalent d'une cinquantaine d'appartements. Cela concerne des besoins
constants et collectifs : logements, hôpitaux, piscines, maisons de retraite

X. Conclusion

Dans le monde, environ 6 millions d'enfants meurent tous les ans de gastro-entérites hydriques ;
100 millions en souffrent en permanence ; 30 millions souffrent d'onchocercose ; 700 millions
sont atteints du paludisme, dont 2 à 3 millions meurent chaque année. C'est véritablement la
pauvreté qui est responsable de toutes ces maladies et ces décès liés à l'eau : manque d'eau,
assainissement inexistant ou insuffisant, mauvaise hygiène, pas de fabrication d'eau potable, peu
d'accès aux soins et structures médicales inexistantes. Aujourd'hui, l'eau trouvée dans la nature
est de moins en moins potable car elle est polluée par des substances nocives rejetées par les
activités humaines. Cette pollution influence même la qualité de l'eau qui a été traitée, tant elle
est considérable.

Références Bibliographie

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nettoiement urbain au XVIIe et XVIIIe siècles, 2 volumes. Paris : EHESS, 1985.

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de l'environnement mondial au XXe siècle (Seyssel: Champ Vallon, 2010)

Toxic Cyanobacteria in Water: a guide to their public health consequences, monitoring and
management, edited by J. Bartram& I. Chorus. Geneva, World Health Organization, 1999.

Préparé pour la Journée mondiale de l'Eau. Revu par le personnel et les experts de l'Agence
fédérale pour l'Environnement (Allemagne) et le Service Eau, Assainissement et Santé (WSH),
Organisation mondiale de la Santé (OMS), Genève

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