Décision et processus de formation
Décision et processus de formation
Franck Le Vallois
LE PROCESSUS DE FORMATION
LE PROCESSUS DE FORMATION
1
« Les organisations ont besoin d’hommes et de femmes
capables de gérer l’inédit et le changement permanent »
Guy Le Boterf
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Table des matières
3
4. Construire le programme de formation…………………..........….....………32
Comment traduire les besoins et les objectifs en programme de formation ? .........................33
Quelle est la différence entre le programme de formation et le programme pédagogique?....34
Comment préparer le programme pédagogique ? ...................................................................36
4
La formation, un métier
Chacun son métier ! La formation est le nôtre, pour vous aider à améliorer le vôtre. Nous avons
préparé cet ouvrage à l’intention de nos clients conscients de la nécessité d’un apprentissage
permanent de la vie, de l’évolution des métiers et des « facteurs humains ».
Rien n’est simple ! Nous ne connaissons pas de recette ni de modèle « clés en main » pour
assurer la réussite d’une vie, d’une entreprise, d’une organisation humaine. Heureusement ! Des
méthodes, qui conviennent à certains, sont inefficaces pour d’autres. Chacun invente ses propres
repères et construit ses stratégies, souvent surprenantes pour autrui. « Il n’y a pas de chemin à
suivre, le chemin se fait en marchant », dit le sage. La formation, c’est d’abord ce levier de
créativité et de liberté d’initiative.
Nous connaissons tous des individus qui semblent construire leur vie et leurs entreprises sans
jamais prendre la peine de s’interroger sur leurs buts, leurs projets, leurs stratégies. Et certains
s’en portent bien, apparemment ! Le génie intuitif ou les habitudes suffisent, tant qu’aucune crise
n’a su les contrarier sérieusement. Cependant, nous savons qu’un cap est d’autant mieux tenu que
la route a été clairement tracée et que la météo est constamment interrogée. On peut se tromper
de cap, être surpris par des conditions climatiques imprévisibles, on est d’autant mieux préparé à
affronter les éléments et les évènements inattendus, que l’on a appris les lois de la navigation.
Avec ces pages, nous voulons offrir quelques repères pour nos entreprises en croissance et « en
formation ».
Nous avons présenté succinctement les grandes étapes nécessaires à un processus de formation de
qualité, tel que nous le pratiquons. Vous pourrez l’utiliser pour préparer une stratégie de
formation. Vous pourrez aussi vous y référer rapidement pour éclairer une simple question :
Comment repérer un besoin de formation pertinent pour l’entreprise ? Quel est l’intérêt d’un
consultant ? Qu’est-ce qu’un cahier des charges ? Comment bâtir un objectif efficient ? Pourquoi
une démarche de formation peut-elle produire si peu de résultats ? Qu’est-ce qu’un formateur
compétent ? A quelles conditions les évaluations sont-elles productives ? Etc.
Chaque chapitre correspond à une étape du processus. Il est introduit par les différentes
« questions clés » à résoudre pour atteindre les résultats les plus probants.
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Nous nous sommes inspirés d’un bon nombre d’auteurs, experts en la matière, que nous
présentons dans la bibliographie en fin d’ouvrage. Nous vous encourageons à les consulter si
vous désirez élargir les chemins parcourus ici, qui sont essentiellement orientés vers les aspects
techniques et pratiques.
Nous bénéficions de longues années d’expérience et nous souhaitons établir des passerelles entre
différents mondes, créer des réseaux démultiplicateurs d’intérêts et de croissance. En particulier,
nous sommes soucieux de permettre une interaction entre le monde de la recherche en Sciences
Humaines et celui de l’entreprise, entre la théorie et la pratique. Les défis auxquels nous sommes
confrontés aujourd’hui nous imposent de travailler ensemble pour une meilleure gestion de notre
environnement et des « Ressources Humaines », notre principale préoccupation.
Cet ouvrage est la première tentative d’une série, qui essayera de répondre au mieux à vos
besoins. Nous espérons qu'il éveillera votre intérêt à poursuivre vos propres recherches et à
prendre mieux encore votre place, avec nous, dans ce "monde en formation".
Notre métier est notre passion et nous souhaitons renforcer chez nos lecteurs le goût de la
formation qualitative.
Bonne lecture !1
1
Vous allez rencontrer dans cet ouvrage, le symbole . Il précède les questions qui nous sont
apparues comme étant les clés du chapitre.
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Chapitre 1
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Qu’est-ce qu’un besoin de formation ?
- la situation actuelle,
ressentie comme fragile, insatisfaisante ou perfectible
- la situation attendue ,
soumise à la stratégie de l'entreprise, à son environnement et à sa politique de formation.
Ecart, manque
Compétences
attendues
Compétences Besoins en
formation
actuelles
8
Quelle est la première étape à entreprendre ?
Les compétences globales attendues de la part du personnel débordent donc largement les
compétences purement techniques et ponctuelles. Le professionnel, quels que soient son métier et
sa place dans l’entreprise, doit faire face à un vaste ensemble de savoirs et de pratiques.
L’étendue et la spécificité des aptitudes des collaborateurs feront la différence avec les
entreprises concurrentes. L’épanouissement du personnel et la bonne santé de l’entreprise
dépendent aussi de cette capacité permanente à l’évolution, au changement, et à l’amélioration
des savoir-faire.
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Le tableau ci-dessous aide à lister les compétences actives chez les collaborateurs, et à en
déterminer leur degré de maîtrise.
Compétences
Collaborateurs 1 2 3 4 5 6
A
B
C
D
E
F
G
H
I
J
Indice de maîtrise
des compétences
6=
10
De quels types de besoins s’agit-il ?
On peut distinguer trois types de besoins à satisfaire par l’entreprise (Gillet 1973) :
Pour atteindre ces objectifs, l’entreprise doit également tenir compte des trois domaines de
besoins que sont :
- l’économie
- le social
- l’environnement
Ces trois pôles sont en interaction permanente. La formation vise à en favoriser l’équilibre
toujours instable.
Attention !
Un besoin peut toujours en cacher un autre et il est souvent tentant de s’arrêter en chemin dans
l’analyse ! Un apprentissage, un changement, seront d’autant plus profitables qu’ils auront su
tenir compte de l’ensemble des paramètres en présence, et des divers besoins liés aux situations
concrètes des acteurs de l’entreprise.
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D’où proviennent les besoins de formation ?
On peut repérer quatre grandes causes aux besoins de formation (Le Boterf, 1990):
Nous pouvons d'ores et déjà construire un tableau récapitulatif vous permettant de mieux cerner
votre projet de formation.
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Comment recenser les besoins de formation ?
Manques et besoins peuvent être exprimés de diverses manières. Ils sont définis par la direction
et/ou par les collaborateurs et membres du personnel. Il est souhaitable de connaître quelques
méthodes utiles pour recueillir les données nécessaires, définir les compétences et élaborer enfin
des programmes de formation adéquats (Guilbert 1992) :
Cette vue d’ensemble et de détails permet ensuite de déterminer les objectifs de la formation
nécessaire, de mettre au point les programmes d’études correspondants ainsi que les critères et les
méthodes d’évaluation.
- Une observation attentive et systématique des activités d’un groupe représentatif, dans les
divers secteurs de l’entreprise
- Une étude de relevés quotidiens, décrivant minutieusement l’emploi du temps journalier,
pendant une période donnée
D’autres méthodes plus simples, plus rapides et moins coûteuses peuvent être utilisées ou
permettre de compléter l’observation.
- L’auto-analyse de poste
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- Les Questionnaires :
- Le Journal :
Le journal est tenu par le collaborateur lui-même, qui décrit chaque jour ses activités
professionnelles, ses résultats, ses méthodes, ses besoins...
Attention !
Dans ce procédé d’auto-analyse, il est important de repérer s’il s’agit d’écouter les besoins réels,
qui seront effectivement pris en compte pour mieux faire fonctionner un service ; ou bien si la
démarche ne relève que d’un impératif stratégique de l’entreprise. Dans ce cas, les questionnaires
et les informations recueillies doivent être utilisés avec prudence. Ils risquent, en effet, de
réveiller inutilement des attentes non satisfaites et d’être ainsi source de frustration. La
manipulation des personnes ou des informations, à terme, n’est jamais payante !
Après la collecte des besoins, l’équipe de formation dispose d’un ensemble de renseignements
transmis par la direction, les chefs de service, les collaborateurs. La phase suivante consiste à
rassembler, organiser, synthétiser.
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- Tout autre document interne à l'entreprise mettant en avant le besoin de formation.
Il s’agit d’être toujours concret, réaliste, cohérent et pertinent dans les choix d’entreprise et de
formation. Cela n’empêche pas de voir grand ni de voir loin, au contraire !
Pour résumer, nous vous proposons un tableau à plat qui vous aidera à hiérarchiser vos besoins
en formation.
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Qui exécute l’analyse des besoins ?
En principe, la collecte des besoins est assurée par un consultant, externe ou interne (Pain, 1989).
Un consultant n’a aucune autorité directe pour imposer des changements ni des programmes dans
une organisation. Il offre une aide à son client, mais seule l’équipe de direction reste responsable
des prises de décision.
Ils sont indépendants de l’organisation dans laquelle ils interviennent. L’entreprise peut faire
appel à eux parce que :
- Elle ne possède pas en interne, les ressources spécialisées nécessaires pour réaliser une
mission ou un projet
- L’extériorité, la neutralité ou la confidentialité du travail des consultants peuvent faciliter la
réussite du projet
Ils peuvent apporter une excellente connaissance de l’environnement concerné et faciliter ainsi la
recherche et le développement des projets. Leur expérience de la variété des milieux
d’intervention est cependant plus limitée que celle des consultants externes.
L’extériorité, par rapport au service concerné par le projet, est un atout supplémentaire pour une
entreprise, si l’intervenant présente son action comme un service, sait s’adapter aux besoins réels
de l’entreprise et se situer clairement en synergie avec ses responsables.
Il convient que l’entreprise choisisse des consultants dont l’expérience et le style sont en
harmonie avec sa culture et les types de problème qu’elle rencontre (Stern & Tutoy, 1998).
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Qui élabore le contrat et quel en est le contenu ?
Le contrat élaboré avec l’équipe de consultants est la cheville ouvrière du projet de formation.
L’omettre, c’est s’exposer à toutes sortes de situations regrettables. Le construire ensemble, c’est
déjà entreprendre l’essentiel du projet et en garantir la qualité.
L’entreprise ne peut pas attendre d’un consultant la résolution de tous ses problèmes ! C’est
toujours un travail en partenariat. Le contrat doit donc en définir les termes et offrir aux
différentes parties le maximum de chances de réussite et de satisfactions.
Chaque démarche doit être négociée et acceptée par toutes les parties concernées.
17
Chapitre 2
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Schéma :
Etablir la priorité
La formation va-t-elle des besoins
résoudre les besoins de Signes d'un
l'organisation ? réel besoin
Faire la synthèse
des besoins
Depuis combien de temps
la situation perdure ?
Tout projet de formation nécessite que l’on tienne compte des différents acteurs susceptibles
d’être concernés par l’action de formation. Chacun a ses besoins et ses intérêts propres. Une
confrontation entre les diverses attentes est véritablement opportune. Celles-ci sont souvent
implicites et polluent d’autant plus le processus qu’elles n’ont pas été formulées, prises en
compte et négociées.
Le tableau ci-dessous récapitule les principaux acteurs pouvant être concernés par le projet de
formation.
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Les acteurs de l’action de formation
Tiré de Le Boterf G. & al., « Comment manager la qualité de la formation ». Les Editions
d’Organisation, Paris 1992.
La formation ne peut pas être une solution à tous les problèmes. Il s’agit donc de s’assurer que
le besoin de formation est bien réel. Quelques questions à se poser (Jollesd, 1994) :
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Qu'est-ce qui permet de penser que l’on se trouve face à un réel besoin de formation ? Cinq
facteurs sont à observer (Danos) :
Identifier les forces. Discerner comment les raffermir et en faire profiter d’autres
domaines. La formation peut permettre éventuellement de consolider et de
démultiplier ce qui favorise la vitalité d’une entreprise.
Pas de dysfonctionnement réel, mais constat d’un certain manque. A partir des
indicateurs, évaluer la valeur ajoutée d’une formation pour l’organisation.
Recenser des besoins de formation est nécessaire mais non suffisant. Il appartient aux
responsables de fixer les priorités de leur organisation.
Une liste des besoins majeurs peut être constituée, qui permettra de coordonner le plan de
formation en conformité avec les stratégies économique, politique et sociale de l’entreprise
(Birien & al. 1975).
Par exemple :
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Comment faire la synthèse des besoins ?
Le service des Ressources Humaines peut effectuer la synthèse des besoins sous forme de
tableaux, à l’aide de divers outils de recensements (cf chapitre précédent):
On peut procéder par :
Plusieurs explorations sont nécessaires avant d’engager la décision commune des différents
acteurs concernés par une action de formation.
La formation continue dans l’entreprise doit articuler les attentes, les aspirations et les projets
individuels avec les stratégies de l’entreprise, et réciproquement. Les projets individuels doivent
s’ajuster au projet de l’entreprise, afin d’éviter les dispersions infructueuses. Les attentes
personnelles doivent s’intégrer aux objectifs professionnels. Mais les stratégies de l’entreprise
seront d’autant mieux soutenues qu’elles offriront simultanément la possibilité, pour tous les
collaborateurs, de leur propre épanouissement. Ces démarches de formation nécessitent donc
discussions et négociations avec tous les acteurs concernés. Dans la mesure du possible, pas de
contrainte en formation !
L’art du manager, c’est sa capacité à satisfaire à la fois les intérêts de l’entreprise, ceux de ses
collaborateurs… et les siens ! La recherche d’équilibre est permanente et nécessite un
management « situationnel » de qualité.
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Quels sont les risques éventuels ?
Les séminaires de cadres aux Bahamas, le saut en élastique ou les cours de yoga ne sont pas
forcément nécessaires aux buts de l’entreprise ! Bien que récompenser ses collaborateurs ou leur
offrir des loisirs ne soit pas nécessairement un gaspillage non plus. Il s’agit simplement de
distinguer formation et loisir.
Les vrais gaspillages commencent lorsque la formation, qui se veut être éducative et performante,
n’y parvient pas. Cela se produit souvent lorsque les programmes de formation ne sont pas
insérés dans le projet global défini par l’entreprise ou qu’ils ne sont pas suffisamment négociés
avec tous les partenaires.
Exemples :
- Les personnes sont peu motivées par la formation ou n’en comprennent pas le sens
- La formation n’est pas construite dans la durée et ne tient pas compte du suivi
23
Chapitre 3
24
Schéma:
Compétences
attendues Objectifs
Objectifs de formation
Les objectifs de formation expriment le comportement attendu qui doit être atteint en fin de
formation et mis en œuvre dans une situation de travail. Ils s’expriment donc à partir de la personne
apprenante.
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- Faire l’objet d’un consensus , entre le commanditaire et les participants.
Quels sont les divers types d’objectifs assignés aux actions de formation ?
L’étendue du champ couvert par les objectifs, caractérisé par les objectifs globaux et les
objectifs spécifiques.
Le type d’usage que l’on compte faire de ces objectifs : ceux qui sont attribués aux objectifs de
formation et ceux attribués aux objectifs pédagogiques.
Pour une meilleure compréhension, le tableau suivant permet de croiser ces deux niveaux (Le
Boterf 1990):
Champ couvert
Usage Objectifs globaux Objectifs spécifiques
Objectifs de formation
Objectifs pédagogiques
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- Les objectifs de formation sont formulés afin d’identifier les résultats attendus dans une
perspective d’ingénierie globale de formation. Ces objectifs servent à finaliser les plans de
formation mais ne sont pas assez précis pour orienter les stratégies pédagogiques.
- Pour les participants, ils leur permettent d’évaluer si la pertinence du processus les a conduits
à la capacité réelle d’accomplir en fin de période d’apprentissage ce qu’ils n’étaient pas capables
d’accomplir avant .
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LE CAHIER DES CHARGES
Les besoins de formation étant analysés et traités, il reste à les formuler en termes d’objectifs et à
les présenter de manière compréhensible aux interlocuteurs. C’est ce que permet le cahier des
charges.
Le cahier des charges est un document contractuel qui lie l’entreprise avec son fournisseur. Il
détermine les conditions de réalisation du projet de formation. Il tient compte des éléments
nécessaires à la réalisation des objectifs (Dennery, 1999) :
- Pédagogiques
- Administratifs
- Organisationnels
- Financiers
- Externe,
parce qu’il est d’abord destiné à communiquer avec les fournisseurs pour préciser ce que
l’on attend d’eux dans le cadre du projet de formation.
- Interne,
parce qu’il constitue aussi un document de communication avec le commanditaire. Le chef
de projet pourra ainsi reformuler à son commanditaire ce qu’il a compris de ses attentes.
Il s’agit d’un document très précis, qui décrit avec rigueur les contenus du projet de formation. Il
précise les détails du programme et de ses méthodes.
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Le cahier des charges n’est pas un document figé.
Il est souple et évolue constamment au cours du processus de mise
en place du projet. Le plus large possible au moment de l’appel
d’offres, il se précise de plus en plus au fur et à mesure de la
négociation et demeure toujours négociable en fonction des
nouveaux besoins.
On peut distinguer trois étapes principales à l’élaboration du cahier des charges (Dennery, 1999) :
- L’appel à proposition
- La négociation
- La commande-réalisation
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A chaque étape de l’élaboration du cahier des charges, ces questions peuvent aider les différentes
parties à préciser le projet de formation, ou le commanditaire à agencer son appel d’offre.
Chaque action de formation est unique et nécessite l’élaboration d’un cahier des charges
approprié. Un modèle général en « prêt-à-porter » serait donc un danger. On peut cependant
dégager quelques constantes.
Voici, par exemple, dix rubriques d’un cahier des charges type :
Ø Profil des formateurs ou de l’organisme de formation : critères objectifs sur lesquels portera
la sélection
Tiré de Dennery M., « Piloter un projet de formation », ESF Editeur, Paris 1999.
30
Comment tirer profit du cahier des charges ?
Pour le formateur, l’examen du cahier des charges permet de vérifier (D’Orgeval, 1995) :
- La pertinence de la demande :
31
Chapitre 4
32
Comment traduire les besoins et les objectifs en programme de formation ?
Il est souhaitable de trouver un fil conducteur, à partir des choix de contenus définis
dans le cahier des charges
Exemple :
Faire évoluer un style de management qui encourage et facilite l’autonomie de
l’équipe
Exemple :
Utiliser une démarche participative,
- qui prend appui sur des méthodes interactives,
- qui entraîne des prises de conscience et des changements individuels.
3. Construire un scénario
- Les objectifs de formation définis dans le cahier des charges indiquent ce que les
individus seront capables d’appliquer dans leur situation réelle de travail, après
l’action de formation.
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- Les objectifs pédagogiques décrivent les actions que les participants mettront en
œuvre pendant la formation.
Pour chaque étape, les critères des résultats doivent être définis, puis analysés et
évalués systématiquement (par un questionnaire individuel et/ou en groupe).
Exemples :
Identifier les points forts de l’animation d’une équipe ; rechercher les attitudes qui
favorisent le développement des performances d’une équipe; mesurer la pertinence
d’une étude de cas ; etc.
- Le programme de formation
s’inspire du cahier des charges
et intègre les éléments suivants :
- Le titre du séminaire
- Le public cible
- Les conditions de participation
- Les objectifs et le contenu
- La durée
- Les responsables de la formation
- Les responsables administratifs
- Le lieu
- Le coût
- Les délais d'inscription
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- Le programme pédagogique est élaboré par les formateurs qui vont conduire l’action de
formation. Ce programme est établi sur la base du cahier des charges. Il précise les objectifs
pédagogiques de la formation, son déroulement concret et ses contenus.
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Comment préparer le programme pédagogique ?
- Collectif :
un programme préparé en groupe sera plus riche que s’il est organisé par une seule personne
- Continu :
la préparation du programme n’est pas une opération ponctuelle. Une méthode de révision
permanente doit être prévue dans la planification
- Complet :
toutes les composantes du programme sont en interaction et doivent être définies clairement
- Concret :
la pertinence du programme dépend des tâches professionnelles concrètes visées par la formation.
Les considérations générales et abstraites ne font pas un programme.
36
Chapitre 5
37
L’appel d’offres précède naturellement l’élaboration définitive du programme de formation.
Schéma
Appel
d'offres
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Comment choisir un formateur ?
Le formateur doit correspondre à plusieurs critères, cohérents ave c le projet de formation.
La passion de transmettre un savoir ou un savoir-faire est une des qualités primordiales pour une
session de formation. Mais la passion ne fait pas le pédagogue !
- La congruence contrat/processus :
l’action de formation n’est pas un objet fini. Elle entretient le plaisir de
l’apprentissage permanent, qui permet de tester ses compétences et de réfléchir sans
cesse à sa pratique.
Le rôle du formateur n’est pas d’abord de transmettre un savoir académique, mais de proposer et
d’organiser des scénarios d’apprentissage renouvelables, de gérer des processus. Il doit savoir :
- Établir des relations
- Évaluer les besoins
- Investir les participants dans la démarche
- Guider les participants aux sources de l’apprentissage
- Encourager l’esprit d’initiative
Un formateur n’est pas un enseignant, mais un « facilitateur », qui met en place et organise les
processus d’apprentissage. Il favorise l’acte d’apprendre, met en relation avec l’objet de
connaissance, joue un rôle de médiateur entre l’individu et le concept, le geste, la procédure
d’apprentissage.
- Souple
- Simple
- Dynamique
Quand un formateur ne correspond pas aux attentes ni aux critères exigés, le processus de
formation s’en trouve naturellement affecté.
- Le formateur confus
En dépit de son savoir, le formateur est confus - Meilleure préparation
dans ses explications. Il manque de logique
dans l’articulation de ses idées. Les causes - Vérifier régulièrement la bonne réception
peuvent être liées à : par les participants des idées et consignes
- une insuffisante maîtrise du contenu de la transmises
formation
- une carence pédagogique - Encourager les questions, les remarques et
- une mauvaise préparation les demandes de clarification.
- une difficulté d’ajustement aux attentes des
participants.
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- Le formateur indolent
Le prétexte bien intentionné est de donner aux - Changer de formateur si c’est possible!
apprenants le pouvoir de décider eux-mêmes - Inviter le formateur à s’impliquer davantage
ce qu’ils veulent apprendre et comment ils dans l’acte de formation
veulent le faire. Le formateur crée alors une - Compléter la formation reçue par des
situation chaotique, où seuls les participants à apports extérieurs (lectures, contacts, etc.)
forte personnalité peuvent éventuellement
bénéficier des connaissances et des savoir-
faire. Ce laisser-faire apparent peut cacher
une certaine incompétence ou une réelle
paresse.
Il arrive que les désirs du formateur excèdent - Bien identifier le niveau de connaissances
les possibilités des apprenants. Si la barre est des participants, ainsi que leurs besoins de
placée trop haute, l’échec et assuré. formation
- S’assurer que les objectifs de la formation
sont pertinents
- S’adapter au fur et à mesure et veille r en
particulier à ce que la « tension pédagogique »
se maintienne à un juste niveau (ni trop, ni
trop peu).
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Comment choisir le lieu de la formation ?
L’environnement physique
Il est indispensable d’offrir un climat propice à l’apprentissage. L’environnement fait partie du
processus de formation et produit un impact important sur les participants.
- Le confort
des individus permet d’éviter certains blocages ou désagréments (température,
ventilation, sièges, tables, éclairage, etc.)
- L’espace
de formation influence la qualité de l’apprentissage. Les petites salles conviennent
mieux pour les discussions de groupes tandis qu’une grande pièce est plus appropriée
au plenum.
- Le décor
a aussi son importance. Knowles (1990) cite l’exemple d’un stage qui se déroulait
dans un sous-sol aux fenêtres minuscules et aux murs recouverts de tableaux noirs.
Les participants étaient peu motivés et passifs pendant les cours. L’ambiance de
travail et les comportements ont changé aussitôt que le décor a fait place aux
fournitures de couleur et aux images humoristiques.
Une ambiance qui n’est pas propice à l’apprentissage ou une organisation qui ne
considère pas ses collaborateurs comme son capital le plus précieux, rendront peu
productifs les résultats du programme de formation.
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Comment préparer les outils de la session de formation ?
La logistique
43
Principaux documents de gestion
utilisés avant, pendant et après la formation
44
Chapitre 6
45
Qu'est-ce que l'évaluation des acquis ?
L’évaluation n’est pas une méthode de justification ou non de l’action de formation. Elle vise à
améliorer l’apprentissage et à compléter le processus de formation. Si elle ne sert qu’à mesurer
l’écart avec un idéal abstrait, elle n’offre que frustrations.
Une évaluation est d’autant plus profitable que l’on a précisé clairement qui évalue quoi et pour
qui. Il est évident que le regard du formateur ne sera pas le même que celui du commanditaire ni
que celui des participants. Ceux-ci ne jugeront pas de la même manière le contenu, les méthodes,
l’organisation, et leur appréciation sera différente si elle est faite pour eux-mêmes, pour le
formateur ou pour leur chef de service.
Schéma
Qui évalue ? Qu’est-ce qui est évalué ? Pour qui fait-on l’évaluation ?
Finalement, une évaluation ne prend toute sa signification qu’une fois vérifiés les acquis en
situation de travail.
46
Quelles sont les fonctions de l'évaluation ?
On rend compte des actions de formation réalisées aux dirigeants de l’entreprise, aux
partenaires sociaux et aux autorités de tutelle
Rendre évidents les résultats de la formation permet de décider s’il faut la reproduire, à
l’identique ou avec des modifications éventuelles.
L’information sur ce que le participant sait faire de neuf à la fin de la formation permet
d’évaluer comment il le fait et avec quelle aisance.
Pour le respect de la personne, l’évaluation, qui vise les capacités et les compétences des
individus, doit respecter le contrat de confidentialité.
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A quoi va servir l’évaluation ?
- Les simulations :
elles simulent les situations de travail. L’acquisition d’un savoir-faire est plus
facilement vérifiable par des actions concrètes que par des tests sur papier.
- les tests des acquis
- Les études de cas
- Les films vidéos
- Les méthodes d’auto-évaluation
- Les comptes rendus
- Les exercices en groupe
- Les questionnaires, les grilles méthodiques
- Etc.
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Quelles sont les étapes de l’évaluation ?
- Mesure de la réaction :
Comment les participants ont apprécié le programme ?
- Apprentissage :
Quels principes et quelles techniques les participants ont-ils appris ?
- Comportement :
Quels changements ont été obtenus dans le comportement professionnel ?
- Résultats :
Quels sont les résultats du programme à long terme ?
--------------------
1 - Mesure de la réaction
Souvent, si les participants ont apprécié le programme de formation, il est plus probable qu’ils en
tireront des bénéfices. Plus le stage aura été motivant, enthousiasmant et intéressant, meilleur
aura pu être l’apprentissage. Afin de valider les résultats, il est important d’utiliser un
questionnaire écrit pour pouvoir quantifier les réponses.
Quelques suggestions :
- Déterminer ce que l’on cherche
- Bâtir un questionnaire écrit
- Déterminer les critères d’évaluation des réponses
- Distribuer des questionnaires avec possibilité d’anonymat, afin d’obtenir des
réponses plus sincères et honnêtes
- Encourager les participants à rajouter leurs commentaires
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2 - Evaluation de l’apprentissage
Une réaction enthousiaste ou positive immédiate n’est pas le seul critère de réussite d’un
apprentissage. Une bonne animation est nécessaire mais non suffisante.
Par apprentissage, on entend changement d’attitudes, intégration d’un savoir ou d’un savoir-faire.
Il s’agit donc de vérifier les principes, les faits et les méthodes acquis par les participants.
L’application de ces acquis au travail sera évaluée ultérieurement.
Quelques suggestions :
3 - Evaluation du comportement
Cette étape nécessite d’établir un rapport comparatif des véritables changements dans la pratique
de l’individu avant et après la formation. Ces données peuvent être obtenues par des études de
productivité, des échelles d’observation à l’usage des superviseurs, des emplois du temps, des
entretiens, des questionnaires, etc.
- Le désir de changer
- La compétence nécessaire pour obtenir le changement
- Un climat de travail favorable
- La motivation et l’application au cours de l’apprentissage
- La reconnaissance et la récompense
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4 - Evaluation des résultats
Ces éléments sont généralement obtenus par les rapports d’activités d’une entreprise. On peut,
par exemple, évaluer l’impact de la formation sur le chiffre d’affaires, les coûts, le rendement, la
fréquence des accidents, des plaintes ou des retards, l’absentéisme, etc.
Il est toujours difficile de maîtriser suffisamment les causes et les variables d’un contexte pour
prouver que l’essentiel des changements provient de la formation. Cela nous rend modestes,
même si la création de groupes de contrôle après la formation s’avère utile.
- Les situations de formation sont souvent construites sur une logique des contenus et des
disciplines, alors que les situations de travail sont organisées sur une logique des problèmes à
traiter et des projets à réaliser
- Les phénomènes d’oubli sont d’autant plus difficiles à éviter que manquent les occasions de
mettre immédiatement en pratique ce qui a été appris.
- L’évolution des contextes ou des situations de travail qui ne permet plus la mise en œuvre des
capacités acquises.
Ces précautions sont donc à considérer avant d’engager l’action de formation. On peut, par
exemple, vérifier si les participants auront effectivement l’occasion de mettre en pratique leurs
acquis aussitôt terminée la formation.
51
Chapitre 7
52
Qu'est-ce que la vérification de l'impact de la formation ?
L’évaluation est à la fois une attitude et un processus, qui traversent toute la démarche de
formation, avant, pendant et après l’action de formation proprement dite.
Vérifier l'impact de la formation signifie évaluer les performances acquises quelques temps après
l’action de formation. Il est important de contrôler si l’apprentissage dure dans le temps et quelles
implications concrètes il en résulte sur l’organisation du travail.
- Soft :
comportement au travail (ponctualité, absentéisme, pause prise...) ; climat (nombre.
de mécontentements, turnover, etc.) ; nouvelles compétences (résolutions des
problèmes, évitement ou résolution des conflits, écoute...) ; développement/promotion
(nombre. de promotions, efficacité dans le travail, demandes de mutation...)
- Hard :
réalisations (rendement, clients visités, tâches accomplies...) ; coûts (production,
frais...), temps (heures supplémentaires, durée des projets, nombre. des réunions...) ;
qualité (gaspillage, taux d’erreurs, défauts des produits...).
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Comment se manifeste l’impact de la formation ?
L’évaluation « à froid », quelque temps après l’action de formation, s’avère donc très utile pour
vérifier les suites d’une action de formation.
Des effets indirects, non attendus, accompagnent et parfois dépassent les objectifs initiaux. Bien
qu’ils ne puissent pas être prévus, leur importance n’est pas négligeable.
- Négatifs :
démissions, remise en question de certaines personnes, contestations diverses, etc.
Il est difficile de conduire cette ultime étape à partir d’indicateurs précis. Elle nécessite une
participation active et motivante de tous les acteurs concernés.
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A VOUS DE JOUER !
Les méthodes et les outils ne font pas la formation, mais la formation ne peut pas s’en passer. La
formation ne produit pas les changements, mais elle les accompagnent.
Nos entreprises sont des « micro-mondes », où l’on rencontre toutes les lois inhérentes à la vie
sociale, pour le meilleur et pour le pire. Mais ce sont les femmes et les hommes qui font
l’entreprise, tant que tout n’a pas encore été robotisé et en espérant que nous résisterons à ce
phénomène équivoque et risqué, à moins qu’il ne nous offre justement l’opportunité de
développer nos relations humaines.
« Seules les personnes existent. Les compétences ne sont rien en dehors des personnes », dit
encore Guy Le Boterf.
De la même manière, l’action de formation est d’abord une affaire d’hommes et de femmes.
Aucun document ne remplacera la relation. C’est dans la rencontre que l’être humain et ses
entreprises prennent forme.
Nous vous souhaitons donc bonne route et bon voyage. Car la vie est un voyage et la formation
un processus d’initiation à ce voyage, ou un compagnon sur la route. C’est la vie qui donne
forme.
Nous serons toujours heureux de vous rencontrer pour une collaboration, pour un enrichissement
mutuel, pour vous aider dans vos recherches et actions de formation.
Nous souhaitons que notre métier devienne aussi le vôtre, au moins en partie, tant il est
nécessaire aux entreprises et à leurs acteurs.
L’équipe d’Act’Formation
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Bibliographie
- J.-L. Brien, Y. Escande & J-P. Mignot, «Gestion de la pratique de la formation continue dans
l’entreprise», Entreprise Moderne d’Edition, Paris 1975
- Y. Cannac & CEGOS, «La bataille de la compétence», Editions Hommes et Techniques, Paris
1985
- C. Couret, «Computers meet training needs», American City & County, 1999
- J.-J. Guilbert, «Guide pédagogique pour les professionnels de santé», Organisation mondiale de
la Santé, Genève 1992.
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- H. Lenoir, «Les principes et les méthodes de la pédagogie des adultes » (andragogie), Guide des
méthodes et pratiques en formation, Retz, Paris 1995
- A. Pain, «Evaluer les actions de formation», Les Editions d’Organisation, Paris 1992
- P. Stern, P. Tutoy, «Le métier du consultant», Les Editions d’Organisation, Paris 1998.
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Notes personnelles
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ACT Formation S.A.
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