Introduction à la relativité restreinte
Introduction à la relativité restreinte
2
Cours : Relativité restreinte. L2 Physique
fondamentale
ZAMOUM Redouane.
27/06/2021
Table des matières
1 Historique 3
1.1 Mécanique newtonienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.1 Préambule . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.2 Le temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.3 Transformations de Galilée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 L’électromagnétisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Limites et problèmes de la relativité de Galilée . . . . . . . . . . . . . 6
1.3.1 Les équations de Maxwell et la relativité de Galilée . . . . . . 6
1.3.2 L’éther et l’expérience de Michelson-Morley (1887) . . . . . . 7
2 Cinématique relativiste 8
2.1 Principes physiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.1.1 Postulats d’Einstein . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.2 Aspect mathématique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.2.1 Construction des transformations de Lorentz . . . . . . . . . . 9
2.2.2 transformation des vitesses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.2.3 Transformations de Lorentz successives . . . . . . . . . . . . . 13
2.2.4 Transformations de Lorentz dans le cas général . . . . . . . . 14
2.3 Espace de Minkowski . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.3.1 Présentation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.3.2 Quadrivecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.3.3 Produit pseudo-scalaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.3.4 Notations d’Einstein . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.4 Conséquences et résultats des transformations de Lorentz . . . . . . . 19
2.4.1 Dilatation du temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.4.2 Contraction des longueurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.4.3 Aberration de la lumière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.4.4 Effet Doppler . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.5 Exercices d’application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.5.1 Le paradoxe des jumeaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.5.2 Décroissance du muon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3 Dynamique relativiste 25
3.1 Complément de la mécanique newtonienne : dynamique de Newton . 26
3.2 L’impulsion et l’énergie relativistes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.2.1 Quadrivecteur impulsion-énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
1
3.2.2 Équations de la dynamique relativiste . . . . . . . . . . . . . . 27
3.2.3 Équivalence masse-énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3.3 Particule sans masse : le photon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3.4 Interaction entre particules . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3.5 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.5.1 Effet Compton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.5.2 Effet Cerenkov . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
3.6 Exercices d’application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.6.1 Désintégration du pion neutre π 0 . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.6.2 Mouvement d’une particule chargée dans un champ électrique
uniforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
4 L’électromagnétisme relativiste 37
4.1 Complément sur l’électromagnétisme classique . . . . . . . . . . . . . 38
4.2 L’électromagnétisme dans l’espace de Minkowski : Invariance des lois ! 39
4.3 Tenseur électromagnétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
→
− →
−
4.4 Transformation de Lorentz des champs E et B . . . . . . . . . . . . 41
4.5 Exercice d’application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
4.5.1 Champ électrique créé par un fil infini . . . . . . . . . . . . . 43
2
Chapitre 1
Historique
3
1.1 Mécanique newtonienne
1.1.1 Préambule
Jusqu’au début de vingtième siècle, la mécanique newtonienne est appliquée
pour étudier le mouvement des différents objets. La théorie de Newton s’appuie sur
un certains nombre de principe fondamentaux. Nous citons par exemple :
1. La notion de repère ou de référentiel : Celui-ci est choisi en fonction du
mouvement, pouvant être fixe ou mobile.
2. Un objet est repéré dans l’espace et le temps : L’espace est à trois dimension
et le temps t est un paramètre indépendant du système d’axes de l’espace.
3. Le temps est absolu : Le temps mesuré est le même dans tout référentiel
galiléen, et est strictement croissant.
4. La trajectoire : Chaque mobile décrit une trajectoire dans l’espace. Elle
permet de faire des prévisions sur le mouvement à chaque instant t.
5. Les équations du mouvement : La résolution des équations du mouvement
d’un mobile permet d’avoir les expression de ses coordonnées en fonction du
temps. Ainsi, la possibilité de faire des prévisions sur le mouvement.
1.1.2 Le temps
Lors de son déplacement entre un point P1 et un point P2 , un objet met une
durée t = t1 − t2 . Cette durée est indépendante du référentiel choisi. Plus encore,
celle-ci est la même dans tout référentiel. C’est ce qu’on appelle la simultanéité.
Figure 1.1 – Au milieu : trajectoire vue par le cycliste dans le repère mobile R0 . À droite :
trajectoire vue par le piéton lié au repère fixe R.
4
Piéton et cycliste
Un cycliste en mouvement rectiligne uniforme relâche une balle sans vitesse
initiale (voir figure 1.1). Dans le repère fixe R du piéton on mesure un un temps ∆t.
Dans le repère mobile R0 du cycliste le temps mesuré est ∆t0 . Les temps mesurés sont
exactement les mêmes ∆t = ∆t0 . En dépit du fait que les trajectoires ne sont pas
identiques ainsi que la nature des mouvements observés dans les deux référentiels.
x0 = x − ve t
y0 = y
z0 = z
0
t = t
5
1.2 L’électromagnétisme
La propagation des ondes électromagnétiques est régie par les équations de
Maxwell : →
− → − ρ
∇. E = ε
→
− → −
∇. B = 0
→
− → − −
→
∂B
∇ ∧ E = ∂t
→− → − →
− −
→
∇ ∧ B = µ j + µε ∂∂tE
→
− →
−
Nous avons les grandeurs suivantes : E le champ électrique, B le champ magnétique,
ρ la densité de charges électriques, ε la permittivité électrique, µ la perméabilité
→
−
magnétique et j la densité de courant électrique. Dans le vide les constantes de-
viennent µ0 et ε0 .
Pour une onde qui se propage dans le vide, polarisée suivant l’axe Oz et se propa-
geant suivant l’axe Ox l’équation de propagation s’écrit :
∂ 2 Ez 1 ∂ 2 Ez
− =0, (1.3)
∂t2 c2 ∂x2
où la vitesse de la lumière dans le vide s’exprime : c = √1 . La résolution de cette
ε0 µ0
équation donne une solution en onde plane du type Ez (x, t) = E0 ei(ωt−kx) . Ici k
dénote la composante du vecteur d’onde suivant la direction de propagation, ω la
pulsation de l’onde, et E0 l’amplitude.
La théorie de Newton et celle de Maxwell représentent les deux théories majeurs de
la physique jusqu’au début du vingtième siècle.
6
L’implémentation de toutes ces équations dans l’équation de Maxwell-Ampère nous
conduit à son expression dans le nouveau repère :
−
→ −
→
−
→0 −→0 ∂E0 −
→0 →− → −
→0 ∂B0
∇ ∧ B = ε0 µ 0 →
− − →
−
+ ε0 µ0 ( v .∇ )( E − v ∧ B ) − v ∧ 0 . (1.5)
∂t ∂t
Ce qui se traduit par la non conservation de cette équation sous une transformation
de Galilée. Nous obtenons le même résultat pour la théorème de Gauss pour le
champ électrique. Le théorème de Gauss pour le champ magnétique et l’équation de
Maxwell-Faraday sont quant à eux conservés.
La conclusion nous impose à trouver de nouvelles loi de transformations capable de
maintenir les équations de Maxwell inchangées.
7
Chapitre 2
Cinématique relativiste
8
2.1 Principes physiques
L’expérience de Michelson-Morley montre qu’il est impossible de détecter le
mouvement de la terre par rapport à l’éther. L’autre résultat important est le fait
que la vitesse de la lumière ne change pas avec le changement de repère. De plus, les
equations de Maxwell satisfont bien aux principe de relativité de Galilée, c’est juste
que la formulation n’est pas adéquate. L’ensemble de ces faits donne naissance à une
nouvelle formulation des lois de la mécanique dite : Principe de relativité d’Einstein
ou relativité restreinte.
9
pour les dérivées partielles. Ceci permet d’écrire la forme générale des transforma-
tions : 0
x = α10 + α11 x + α12 y + α13 z + α14 t
y0 = α + α x + α y + α z + α t
20 21 22 23 24
0
z = α 30 + α 31 x + α32 y + α 33 z + α 34 t
0
t = α40 + α41 x + α42 y + α43 z + α44 t
x0 = α11 x − ve α11 t
y0 = y
z0 = z
0
t = α41 x + α44 t
e=a
10
. Ce qui permet de réécrire le système sous la forme suivante :
x0 = ax − ave t
y0 = y
z0 = z
0
t = dx + at
Reste maintenant à déterminer le coefficient a. Afin d’y parvenir il faut écrire les
transformations inverses :
(
x = a(x0 + ve t0 )
t = a(t0 + vc2e x0 )
11
Ceci permet d’avoir a que l’on notera γ, et qui s’écrit :
1
γ=q , (2.10)
ve2
1− c2
ve
avec c
= β, ce qui permet d’écrire :
1
γ=√ . (2.11)
1 − β2
Nous obtenons enfin les transformations de Lorentz dans ce cas :
(
x0 = γ(x − βct)
ct0 = γ(ct − βx)
L’application des définitions des composantes des vitesses dans le repère R nous
conduit aux transformation suivantes :
vx0 +ve
vx = 1+ v2e vx0
c
vy0
vy = ve 0
γ(1+ 2 vx )
c
vz0
vz =
ve 0
γ(1+ 2 vx )
c
12
vx −ve
vx0 =
1− v2e vx
c
vy
vy0 =
γ(1− v2e vx )
c
vz0 = vz
γ(1− v2e vx )
c
13
2.2.4 Transformations de Lorentz dans le cas général
Pour un mobile ayant une vitesse →
−
v de direction quelconque, nous décomposons
le vecteur position →
−
r en une composante parallèle à la vitesse →
−
r k et une composante
→
−
perpendiculaire à la vitesse r ⊥ .
→
−
La transformation de → −
r vers r0 . Commençons par la composante parallèle :
→
−0
r k = γ(→−
r k−→ −
v t) = →−
r k + (γ − 1)→
−r k − γ→
−
vt. (2.20)
→
−
D’après la figure (2.1) la composante perpendiculaire est invariante r0 ⊥ = → −r ⊥.
Ce qui conduit à la transformation du vecteur position qui s’écrit sous la forme
suivante : →
−0 →
− →
−
r = r0 k + r0 ⊥ = →
−r + (γ − 1)→−
r k − γ→−
vt. (2.21)
Le temps dans le cas général se transforme comme :
v
t0 = γ(t − 2 rk ) . (2.22)
c
→
−
Comme r0 k s’obtient par la projection de → −
r sur la direction de →
−
v , on peut donc
écrire la transformation générale suivante :
→
−0 →
−
r .→
−v−
r =→ −r + (γ − 1) 2 → v − γ→
−
vt, (2.23)
v
et : →
−r .→
−
v
t0 = γ t − 2 . (2.24)
c
Explicitement, pour les trois coordonnées spatiales et la coordonnée temporelle la
transformation générale s’écrit :
x0 = x + (γ − 1) xvx +yvy +zvz
v2
vx − γvx t
0 xv +yv y +zvz
y = y + (γ − 1) x
vy − γvy t
v2
0 xvx +yvy +zvz
z = z + (γ − 1) v2 vz − γvzt
xvx +yvy +zvz
0
t = γ t−
c2
14
2.3 Espace de Minkowski
2.3.1 Présentation
Les transformations de Lorentz comportent dix paramètres comme ceux de Ga-
lilée. Cependant, elle forment un groupe de transformation différent, qui s’appelle
groupe de Lorentz et est noté L. Ce groupe n’agit pas sur l’espace de Newton (ordi-
naire) <3 . Le groupe de Lorentz agit sur un espace pseudo-euclidien à quatre dimen-
sion <4 , appelé espace de Minkowski. Cet espace possède une métrique quadratique
pseudo-euclidienne qui s’écrit :
Cet invariant peut être interprété comme une distance entre deux point de l’espace
de Minkowski qui reste invariante sous une transformation de Lorentz. Autrement
dit, un intervalle entre deux événements. Il permet aussi de définir le cône de lumière
associé à un événement donné A, permettant aussi de classer par la suite les différents
autres événement associés à l’événement initial A.
2.3.2 Quadrivecteurs
Les éléments qui composent l’espace de Minkowski sont appelés quadrivecteurs.
Par analogie à un espace de Newton ordinaire, un vecteur position s’écrit :
ct
−−→ x
OM = (2.28)
y
z
15
Figure 2.2 – Schéma d’un cône de lumière. Source :
https ://[Link]/wiki/Espaced eM inkowski
0 0 0 1
Temps propre
Considérons une particule en mouvement. Prenons ensuite deux référentiels ga-
liléens R et R0 . Le premier référentiel est quelconque et le deuxième référentiel est
lié à la particule, se déplace à une vitesse constante v0 par rapport à R. Dans R le
temps est mesuré par une horloge qui lui est liée et est noté t. Notons le temps dans
R0 par t0 . La transformation de Lorentz donne la relation entre les deux temps. En
effet, nous avons :
ct = γ0 (ct0 + β0 x0 ) , (2.31)
q
avec β0 = v0 /c et γ0 = 1/ 1 − β02 . Prenons la différentielle de l’équation précédente :
cdt = γ0 (cdt0 + β0 dx0 ) , (2.32)
or dx0 = 0 car la particule est au repos dans son référentiel propre R0 . Ce qui donne
enfin une relation entre les temps dans les deux référentiels dt = γ0 dt0 . Ceci confirme
encore une fois que le temps en relativité n’est pas absolu, il s’écoule différemment
entre un référentiel galiléen et un autre.
16
Vitesse et accélération
Par définition un vecteur vitesse →
−
v d’une particule exprimé dans un référentiel
galiléen R s’écrit :
−−→
→
− dOM
v = , (2.33)
dt0
avec dt = γ0 dt0 . Écrvons le quadrivecteur vitesse ou la quadri-vitesse :
dt
c dt0 γ0 c dt c
dx dt
γ dx v
→
−
v =
dt
0 = 0 dy
dt x
= γ0 (2.34)
dy γ0 vy
dt0 dt
dz dz
dt0
γ0 dt vz
0
Ce résultat s’interprète comme suit : Le temps ne s’arrête jamais.
Le quadrivecteur accélération ou quadri-accélération se défini par la relation sui-
vante :
0 0
→
−
dv
dvx
→
− ax
= γ02
a = dt
dvy = γ0
ay
(2.36)
dt0 dt
dvz
dt
az
→
− A
A = x (2.37)
Ay
Az
et :
Bt
→
− B
B = x (2.38)
By
Bz
Le produit pseudo-scalaire de ces deux quadrivecteurs s’écrit sous la forme suivante :
→
− →− →
− →−
A . B = At Bt − (Ax Bx + Ay By + Az Bz ) = B . A . (2.39)
17
→
− → −
Ce produit est un invariant. En effet, A . B ne change pas dans tout référentiel
galiléen. La conséquence immédiate est le fait que le module au carré d’un quadri-
vecteur qui s’écrit :
→
− →− →
−
A . A = k A k2 = A2t − (A2x + A2y + A2z ) , (2.40)
→
−
est une quantité invariante. Nous appelons k A k la pseudo-norme, elle est invariante
sous un changement de référentiel galiléen, c’est la quantité mesurable expérimentalement.
Penons l’exemple de la pseudo-norme au carré de la quadri-vitesse, elle s’écrit :
k→
−
v k2 = γ 2 c2 − γ 2 (v 2 + v 2 + v 2 ) .
0 0 x y z (2.41)
Pour une particule initialement au repos, nous avons k→ −
v k2 = c2 qui est invariante.
Calculons maintenant la dérivée de la pseudo-norme au carré du quadrivecteur vi-
tesse par rapport au temps :
dk→−
v k2 d→
−v d→−v→ dc2
=2 → −v + −v = =0. (2.42)
dt dt dt dt
En utilisant la définition de la quadri-accélération nous pouvons aussi écrire :
→
− d→
−v
v =0⇒→ −v .→
−
a =0. (2.43)
dt
Les quadrivecteurs vitesse et accélération on un produit pseudo-scalaire toujours nul
dans l’espace de Minkowski.
0 0 0 −1
18
Le tenseur métrique agit comme un contracteur d’indices. En effet, nous pouvons
écrire :
X µ = η µν Xν , (2.47)
ou bien :
Xµ = ηµν xν . (2.48)
La contraction d’indices se fait par l’indice en commun écrit une fois en haut et une
fois en bas.
Nous pouvons appliquer les notations d’Einstein dans l’expression du produit pseudo-
scalaire. Celui-ci peut prendre la forme suivante :
→
− →−
A . B = Aµ Bν = A0 B0 − Ai Bi . (2.49)
En conclusion, un même indice se répétant lors d’un produit, une fois en haut et
une fois en bas traduit une sommation.
Pour les lois de transformations, celles-ci s’écrivent par le moyen d’un élément Λ ∈ L.
Nous avons déjà précisé que ces éléments Λ sont des matrices 4×4. Donnons un autre
exemple de ces matrices, une matrice de rotation par rapport à l’axe Ox s’écrit :
1 0 0 0
0 1 0 0
ROx/θ =
(2.51)
0 0 cosθ −sinθ
1 0 sinθ cosθ
19
s’écoule entre les deux événements. Le premier observateur lié à R mesure le temps
T = tB −tA . Le deuxième observateur lié à R0 mesure le temps T 0 = t0B −t0A . Écrivons
maintenant les transformations de Lorentz concernant les deux temps t et t0 :
0
tA = γ t0A + β xc
0
tB
= γ t0B + β xc
Ceci implique directement que T > T 0 car γ > 1. La conclusion est donc : le temps
mesuré par l’observateur en O est plus long que celui mesuré par l’observateur
placé en O0 . Le temps s’écoule plus lentement dans les repères possédant une vitesse
proches de la vitesse de la lumière c, c’est ce qu’on appelle la dilatation du temps.
En conclusion, l’observateur placé en O lié à R mesure une distance plus courte que
celui placé en O0 et lié à R0 . La raison, est le fait que l’observateur placé en O voit
la règle (instrument de mesure de distance) en mouvement dans R0 . D’une façon
générale, toute objet se déplaçant dans la limite des vitesses relativistes se voit plus
court par un observateur immobile.
20
2.4.3 Aberration de la lumière
En 1726 James Bradley a observé que les étoiles subissaient un phénomène
d’aberration. En effet, une source de lumière paraı̂t toujours plus proche de la direc-
tion vers laquelle un observateur se déplace. La source de lumière, en l’occurrence
l’étoile, semble décrire par son mouvement une ellipse parallèle au plan de l’orbite
décrit par la terre au cours de son mouvement autour du soleil pour une période d’un
an. Cette trajectoire est dite ellipse d’aberration. Cet effet est faible, car la vitesse
de révolution de la terre est petite en comparaison avec la vitesse de la lumière.
Analysons cette situation dans un cadre relativiste. Soit donc un premier référentiel
lié au soleil noté R galiléen. Soit un rayon de lumière qui se propage dans le plan
(O, x, y) et qui vaut :
−c cosθ
→
−v = −c sinθ
(2.56)
0
Dans un autre référentiel lié à la terre noté R0 , et qui se déplace avec une vitesse ve
par rapport à R, la vitesse prend la forme suivante :
−c cosθ−ve
1+ ve cosθ
c
→
−
v = −c sinθ
(2.57)
ve cosθ
1+ c
0
L’angle θ est défini entre l’axe (Ox) et le rayon de lumière. Dans R0 nous définissons
un autre angle θ0 qui vérifie la relation suivante :
sinθ
tanθ0 = , (2.58)
γ(cosθ + β)
ici θ0 est l’angle formé par l’axe (O0 x0 ) avec le rayon de lumière dans R0 . Définissons
maintenant un troisième angle ϕ0 = π/2 − θ0 qui se définit entre l’axe (O0 y 0 ) avec le
rayon de lumière dans R0 . L’angle ϕ0 vérifie la relation suivante :
γ(cosθ + β)
tanϕ0 = . (2.59)
sin θ
En prenant θ = π/2 et ve = vterre c (par conséquent γ = 1), nous pouvons écrire
l’approximation suivante :
Cette quantité représente l’erreur d’aberration qu’il faut soit rajouter ou bien re-
trancher suivant le sens de la vitesse apparente de l’étoile par rapport à la terre.
21
à un observateur placé en O origine d’un référentiel R de l’éther. La vitesse de la
lumière étant égale à c, le temps entre deux signaux arrivés à O s’écrit :
→
−
ve .→
−
u
T = t2 − t1 = T0 1+ , (2.61)
c
T0 est la période du signal émis de la source S, et →−
u est un vecteur unitaire dirigé
de O vers S. L’inverse de la période T donne la fréquence mesurée par l’observateur
qui s’écrit :
1 ν0
ν= = −
→− → . (2.62)
T 1 + vec. u
Pour une source qui s’éloigne de l’observateur nous avons : ν < ν0 , et pour une
source qui se rapproche de l’observateur nous aurons ν > ν0 .
Dans le cadre relativiste, il faut remplacer la notion de temps absolue par celle du
temps propre. Il faut donc remplacer T0 par γT0 afin de prendre en considération la
dilatation du temps. Nous écrivons :
→
−
ve .→
−
u
T = γT0 1+ , (2.63)
c
et la fréquence devient :
√
1 ν0 1 − β2
ν= −
→− → = ν0 −
→− → . (2.64)
γ 1 + vec. u 1 + vec. u
La période d’émission se dilate, les signaux ne sont donc pas émis au même endroit.
22
2.5 Exercices d’application
2.5.1 Le paradoxe des jumeaux
Soit deux jumeaux que l’on notera J1 et J2 âgés de 20 ans sur terre. À un
instant que l’on fixera comme origine, la deuxième jumeau J2 voyage suivant un
axe Ox à une vitesse constante v = 0, 97c. Au retour du jumeau J2 sur terre, le
premier jumeau J1 aura 31 ans. Quel serai l’age du deuxième jumeau lors du retour
sur terre ?
Solution
On attribue à la terre un repère fixe noté R et à J2 un repère qui lui est lié noté
R0 . On divise le trajet en aller-retour. Lors de la phase aller, le temps mesuré par
J2 s’obtient par la relation de la dilatation du temps par l’expression :
q
T10 = T1 1 − β 2 , (2.65)
avec β = v/c. Nous pouvons écrire la même expression pour la phase retour :
q
T20 = T2 1 − β 2 , (2.66)
ici β = −v/c. Le temps total du trajet aller-retour s’obtient par la somme des deux
temps T 0 et T20 , on écrit :
q q
T 0 = T10 + T20 = (T1 + T2 ) 1 − β 2 = T 1 − β 2 . (2.67)
23
Solution
1- Expression de la dilatation du temps :
Si on considère que le temps mesuré dans R0 est t0 et que le temps mesuré dans le
repère fixe R est t alors la relation s’écrit :
t = γt0 , (2.68)
√
où γ = 1/ 1 − β 2 et β = v/c.
d d 3.103
t= = = 1, 05.10−5 s . (2.70)
v 0, 95c 0, 95 × 3.108
La loi de décroissance radioactive nous permet d’avoir le nombre du muon restant :
24
Chapitre 3
Dynamique relativiste
Comme expliqué dans le chapitre 1, dans la limite des grande vitesses (proches
de la vitesse de la lumière c) les lois de la mécanique classique nécessitent une
reformulation. Par ailleurs, la vitesse d’une particule en mouvement accéléré tend
vers une vitesse limite qui est c. En effet, une particule soumise à une force constante
voit sa vitesse augmenter linéairement en fonction du temps t. Arriver à une certaine
valeur, la croissance n’est plus linéaire. Cette valeur représente la limite relativiste.
Dans cette limite, les lois de la dynamique newtonienne ne sont plus valables.
25
3.1 Complément de la mécanique newtonienne :
dynamique de Newton
La dynamique dans la théorie de Newton s’appuie sur la relation fondamentale
de la dynamique ou R.F.D. Le mouvement change proportionnellement à la force
motrice et dans la ligne droite dans laquelle cette force est imprimée :
→
−
X− −→ →
− dP
Fext = m a = , (3.1)
dt
→
−
avec l’impulsion ou quantité de mouvement P = m→ −
v , l’accélération →
−
a et la masse
m. L’application de la relation fondamentale de la dynamique permet d’obtenir
l’équation du mouvement. Cette loi (la R.F.D) est invariante dans tout repère
→
− →
−
galiléen. Dans un référentiel R = (O; x, y, z; t) elle s’écrit : F = m→ −a = m r̈ .
Dans un référentiel R = (O0 ; x0 , y 0 , z 0 ; t0 ) cette loi s’écrit d’une manière identique :
−
→ →
− →
−
F 0 = m a0 = m r̈0 .
L’énergie totale d’un système est la somme de son énergie cinétique Ec et de son
énergie potentielle Ep . Celle-ci, peut être gravitationnelle, élastique ou électromagnétique.
Nous écrivons :
E = Ec + Ep . (3.4)
L’énergie totale est conservée pour un système isolé. D’une façon plus précise, lors
du mouvement d’un système formé de particules, celles-ci ne sont soumises qu’à
leurs propres interactions. Par conséquent, l’impulsion et l’énergie totale du système
sont conservées.
Ce qui est écrit plus haut résume la dynamique de Newton. Néanmoins, cette théorie
possède des limites. L’une d’elle est le fait que pour des valeurs élevées de la vitesse,
celle-ci ne croit plus linéairement avec le temps en dépit de l’application d’une force
constante. Les transformation de Galilée ne sont par conséquent plus valables à
partir de cette valeur limite de la vitesse. La construction d’autres lois s’impose.
26
3.2.1 Quadrivecteur impulsion-énergie
D’un point de vue classique, l’énergie est un scalaire et l’impulsion est un vec-
teur à trois composantes. Considérons donc une particule animée d’une vitesse → −
v
évoluant dans un repère inertiel R. Cette particule possède une énergie E et une
→
− −
→
impulsion → −p . Lors de son évolution, la particule subit une force F = ddtp . En
− →
→ − →
−
conséquence, son énergie E varie par une quantité dE = F .dr, avec dr = → −
v dt.
Injectant cette grandeur dans la variation de l’énergie dE nous donne la relation
suivante :
d→
−p →
dE = .d− r ⇒ d→ −
p .d→
−r − dEdt = 0 , (3.5)
dt
multiplier et diviser la dernière relation par c dans le second terme nous permet
d’écrire :
dE
.cdt − d→−
p .d→
−r =0. (3.6)
c
Cette relation s’identifie à un produit pseudo-scalaire de deux quadrivecteurs. L’un
→
−
est le quadrivecteur position R , l’autre est appelé quadrivecteur impulsion-énergie
→
−
noté P . La relation (3.6) peut se simplifié au simple produit pseudo-scalaire suivant :
→
− →−
R . P = P µ Rµ = 0 , (3.7)
avec : 0
x = ct
→
− x1 = x
R =
2
(3.8)
x = y
x3 = z
et :
p = Ec
0
→
− p1 = p
x
P = (3.9)
2
p = py
p3 = pz
27
q
Nous avons : β0 = v/c et γ0 = 1/ 1 − β02 .
Dans le repère R−0 nous avons Px0 = 0 car la particule est au repos dans son repère
propre, son énergie E0 est dite énergie propre. Cette considération nous permet de
simplifier la relation précédente sous la forme vectorielle suivante :
E0 →
− γ0 E0 →
− .
E =s 2 = γ0 E0 , p = c2 v (3.11)
v
1− c
1 v 2 E0 E0 −
p = 1+ 2 2 = 2 →
→
− v . (3.13)
2c c c
Par ailleurs, les équations de l’énergie et de l’impulsion doivent tendre vers les
équations de la dynamique newtonienne quand v c. Ces relations sont : l’impul-
sion →
−p = m0 →−
v et l’énergie cinétique Ec = (1/2)m0 v 2 . La comparaison des relation
classiques de l’énergie cinétique et de l’impulsion avec les relations (3.12) et (3.13)
respectivement, nous donne les équations suivantes : l’énergie propre s’écrit :
E 0 = m 0 c2 , (3.14)
l’impulsion s’écrit :
→
−
p = m→
−
v , (3.15)
et enfin l’énergie qui vaut :
E = mc2 . (3.16)
La conséquence immédiate est le fait que dans le repère du laboratoire R la particule
possède une masse relativiste différente de sa masse propre m0 qui vaut :
m0
m= q . (3.17)
1 − β02
28
3.2.3 Équivalence masse-énergie
L’équation E0 = m0 c2 (ou bien E = mc2 ) établi une équivalence entre la masse
et l’énergie. En plus explicite, la masse d’un corps peut se transformer en énergie.
Avant la relativité, cette équivalence n’était pas ressentie. En effet, dans les réactions
chimiques les énergies mises en jeu sont faibles par rapport à ce qu’enferme la masse
des atomes comme énergie. Un gramme de matière renferme en lui une énergie égale
à 9.1013 J. En contre partie, une réaction chimique comme par exemple la formation
d’une molécule d’eau génère une énergie proche de 2, 89.105 J, équivalente à une
perte de masse de ∆m ≈ 3.10−12 kg.
Ces variations de masse sont apparentes au niveau des réactions nucléaires. Prenons
l’exemple de la réaction de fission de l’uranium 235 U qui s’écrit :
La fission d’un gramme d’uranium génère une énergie E = ∆mc2 = 9.1010 J, suffi-
sante pour faire rouler une voiture durant 833h à une vitesse de 70km/h.
La relation d’équivalence masse-énergie permet de réécrire la relation entre l’énergie
E et l’impulsion → −p . Nous avons en effet l’impulsion qui se réécrit sous la forme
suivante :
→
− E0 − m0 c2 −
P = 2→ v = 2 → v = m0 → −v , (3.20)
c c
qui permet de déduire le module carré de l’impulsion qui vaut :
→
−2
P = P µ Pµ = m20 →
−
v 2 = m20 c2 . (3.21)
E 2 = p2 c2 + m20 c4 . (3.24)
Cette relation représente l’équation dynamique utilisée dans la physique des parti-
cules.
29
énergie qui tend vers l’infini. Le photon doit donc avoir une masse propre m0 =
0. Son est portée seulement par son impulsion, E = pc. Faisons un lien avec la
mécanique quantique, où l’énergie du photon est quantifiée et vaut E = hν = ~ω,
ici ν représente la fréquence, ω la pulsation,h = 6, 62.1034 J.s la constante de Plank,
et ~ = h/2π. La correspondance donne la relation suivante :
E hν ~ω
P = = = = ~k , (3.25)
c c c
où k est le vecteur d’onde. Vectoriellement nous écrivons :
→
− →
−
p =~k . (3.26)
Nous pouvons aussi déduire la relation qui relie la pulsation au vecteur d’onde :
ω = ck. Cette relation est linéaire ce qui montre qu’il n’y a pas de dispersion dans
le cas du photon.
30
3.5 Applications
3.5.1 Effet Compton
L’effet Compton décrit la diffusion d’une onde électromagnétique par les électrons
de la matière. Cet effet met en évidence la nature corpusculaire de la lumière en mon-
trant l’existence du photon. Celui-ci est le porteur de l’énergie électromagnétique.
L’effet Compton se situe dans le cadre de l’interaction rayonnement-matière. En ef-
fet, la théorie classique de l’électromagnétisme montre que les électrons de la matière
une fois soumis à une onde électromagnétique monochromatique, entrent dans un
mode de vibrations forcées. Le résultat est l’émission d’un rayonnement de même
fréquence dans toutes les directions. L’expérience montre que le rayonnement émis
possède une fréquence inférieure à celle du rayonnement incident. L’effet Compton
explique cette différence par un choc qui se passe entre un photon incident et un
électron. L’électron en question est initialement au repos. Le principe de conserva-
tion de l’impulsion dans ce cas s’écrit :
→ −
− → − →
P1 = P10 + P20 , (3.30)
−
→ −
→ −
→
où P1 est l’impulsion du photon incident, P10 est celle du photon diffusé, et P20 est
l’impulsion de l’électron diffusé. La conservation de l’énergie s’écrit :
E 2 E 02 EE 0
P20 2 = + − 2 cosθ . (3.33)
c2 c2 c2
Ces mêmes relations permettent aussi de réécrire la conservation de l’énergie :
q
E + m0 c2 = E 0 + c P20 2 + m20 c2 , (3.34)
31
il faut maintenant remplacer l’impulsion au carré P20 2 par son expression. Nous
obtenons :
(E − E 0 )m0 c2 = EE 0 (1 − cosθ) . (3.36)
La division par EE 0 m0 c2 nous conduit à la relation de Compton en terme d’énergie
qui s’écrit :
1 1 1
0
− = (1 − cosθ) . (3.37)
E E m0 c2
En écrivant l’énergie du photon en terme de fréquence E = hν, nous obtenons la
même relation en terme de fréquence du photon incident et du photon diffusé :
1 1 h
− = (1 − cosθ) . (3.38)
ν0 ν m 0 c2
En terme de longueur d’onde nous écrivons (sachant que ν = c/λ) :
h
λ0 − λ = (1 − cosθ) . (3.39)
m0 c2
On pose h
m 0 c2
= λC = 2, 4.10−12 m dite longueur d’onde Compton. Nous écrivons au
final :
λ0 − λ = λC (1 − cosθ) . (3.40)
32
on peut donc calculer :
−
→− →
Pe0 2 = Pe2 + Pγ2 − 2Pe .Pγ . (3.42)
−
→ −
→
Sachant que Pe = (m0 γ0 → −
v , E), et le photon étant une particule sans masse Pγ =
(→
−
pγ , Eγ /c). Ces expressions sont établi dans le repère propre de l’électron. Nous
obtenons au final :
2
Eγ
= 2 m0 γ0 →
−
pγ .→
−
Pγ2 − v − m0 γ0 Eγ . (3.43)
c
La mécanique ondulatoire permet par la formule de de Broglie d’écrire l’impulsion
du photon comme pγ = h/λ qui peut s’écrire en terme de l’indice de réfraction du
milieu sous la forme suivante :
~ωn
pγ = . (3.44)
c
Comme l’énergie du photon ne varie pas en entrant un milieu, elle s’écrit γ = ~ω,
l’équation (3.43) devient :
2
ω ω
~ (n2 − 1) = 2m0 γ0 (nvcosα − c) , (3.45)
c c
où α représente l’angle formé par les trajectoires de l’électron et du photon. L’angle
α vérifie la relation suivante :
s
c hν (n2 − 1) v2
cosα = 1+ 1− 2 . (3.46)
nv c 2m0 c C
Il faut savoir que hν 2m0 c, ce qui permet d’écrire : cosα = v 0 /v. Lors de sont
mouvement, l’électron émet à chaque instant t un photon avec un angle α et une
vitesse v 0 . L’ensemble des trajectoires de ces photon forme un cône de demi-angle au
sommet θ qui vérifie sinθ = v/v 0 . La mesure de θ permet de remonter à la vitesse
des électrons v et ensuite à m0 qui permet d’identifier la particule.
33
3.6 Exercices d’application
3.6.1 Désintégration du pion neutre π 0
Prenons l’exemple de la désintégration d’un pion π 0 statique en deux photons
comme l’explique le diagramme. sur la figure (3.2). L’équation de désintégration
s’écrit :
π0 → γ + γ . (3.47)
La masse du pion est mπ0 c2 = 140M eV . Cherchons l’énergie des photons.
Figure 3.2 – Diagramme de Feynman de désintégration d’un pion neutre π0 en deux photons
γ.
−→ −
→ E →
Pπ0 = 2Pγ = 2 ,−
p . (3.49)
c
Nous pouvons donc écrire l’équation vectorielle suivante :
! !
Emπ0 c
2 → c
= →− (3.50)
−
pγ 0
Nous déduisons :
Eγ
2 = mπ0 c , (3.51)
c
ce qui donne au final l’énergie des photons émis :
1
Eγ = mπ0 c2 = 70M eV . (3.52)
2
34
3.6.2 Mouvement d’une particule chargée dans un champ
électrique uniforme
Soit une particule de charge q de vitesse initiale v0 = 0 dans un repère fixe R.
→
−
La particule est soumise à un champ électrique uniforme E orienté suivant l’axe
Ox.
1. En utilisant la définition d’une force, exprimer l’impulsion relativiste puis la
vitesse et fonction du temps.
2. Vérifier la limite classique.
3. Trouver la position x à tout instant t
Solution
1- Expression de l’impulsion et de la vitesse :
Partons de la relation fondamentale de la dynamique, en admettant que seule la
force électrostatique existe nous écrivons :
dP
F = = qE , (3.53)
dt
ce qui permet d’écrire :
dp = qEdt , (3.54)
l’intégration par rapport au temps nous conduit à l’expression de l’impulsion :
P = qEt . (3.55)
qE v
t= s . (3.57)
m0 2
v
1− c
35
3- La position :
Ap̀artir de la relation v = dx/dt on peut écrire :
Z x
0
Z t
t0
dx = c dt0 . (3.60)
0 0 1 + (αct0 )2
36
Chapitre 4
L’électromagnétisme relativiste
37
4.1 Complément sur l’électromagnétisme classique
Les équations de Maxwell sous la forme locale s’écrivent (dans le vide) sous la
forme suivante : →
− →− ρ
∇. E = ε
→
− →−
0
∇. B = 0
→
− → − ∂B
−
→
∇ ∧ E = ∂t
→
− → − →
− −
→
∇ ∧ B = µ0 j + µ0 ε0 ∂∂tE
1 ∂ 2U −ρ
4U − 2 2
= , (4.7)
c ∂t ε0
et : →
−
→
− 1 ∂2 A →
−
4 A − 2 2 = −µ0 j . (4.8)
c ∂t
Résoudre ces équations sous les conditions du problème posé permet d’avoir expli-
→
−
citement la forme des deux potentiels U et A .
38
4.2 L’électromagnétisme dans l’espace de Minkowski :
Invariance des lois !
Une théorie physique est bien établie si ses lois sont invariantes. Les équations
de Mawxell gardent exactement la même forme dans l’espace de Minkowski. Il suffit
d’exprimer l’opérateur différentiel nabla dans l’espace de Minkowski. Nabla prend
la forme d’un quandrivecteur et est dit quadri-opérateur nabla. Il vaut :
−1 ∂
2
c ∂ ∂t
→
− −1 → −
∂x
H = 2
, ∇) = ∂
, (4.9)
c ∂y
∂
∂z
→
− →
− j
x
J = (ρc, j ) =
. (4.12)
jy
jz
→
−
La quadri-divergence de J est nulle :
− →
→ − ∂ρ → − →−
H. J = + ∇. j = 0 , (4.13)
∂t
cette écriture est la forme covariante de l’équation de conservation de la charge.
Le potentiel scalaire et le potentiel vecteur se regroupent en un quadrivecteur dit
quadri-potentiel qui s’écrit :
U
c
U →− A
x
A= ,A = . (4.14)
Ay
c
Az
− →
→ −
Le quadri-potentiel possède une quadri-divergence nulle : H . A = 0, ce qui représente
la forme covariante de la jauge de Lorentz. Enfin, les équations de l’électromagnétisme
pour les potentiels s’écrivent :
→
− →
−
A = −µ0 J , (4.15)
39
et :
U = −µ0 ρc2 . (4.16)
→
− →− ∂ 2
Ici l’opérateur = H . H = 4 − c12 ∂t 2 est l’opérateur d’Alembertien. Les deux
∂(U/c) ∂Ay
Ey = −c ∂y − c c∂t
Ez = −c ∂(U/c) − c ∂A
z
∂z c∂t
et :
Bx = ∂Az
∂y
− ∂A
∂z
y
∂Ax
By = ∂z
− ∂A
∂x
z
∂Ay
− ∂A
B =
x
z ∂x ∂y
et :
Bx = ∂2 A3 − ∂3 A2
B = ∂3 A1 − ∂1 A3
y
Bz = ∂1 A2 − ∂2 A1
40
L’utilisation des indices muets cités ci-dessus montre que dans le cas général, chaque
composante du champ électrique et du champ magnétique représente un élément
d’un tenseur d’ordre deux (deux indices) antisymétrique. Chacun de ces éléments est
noté Fµν = ∂µ Aν −∂ν Aµ . Le tenseur est noté F ,et est nommé tenseur électromagnétique.
Dans une représentation matricielle sous la convention de signature de l’espace de
Minkowski (+ − −−), il est représenté par la matrice 4 × 4 suivante :
Ey
Ex Ez
0 c c c
−Ex
0 −Bz By
F = c (4.22)
−Ey
c BZ 0 −Bx
−Ez
c
−By Bx 0
→
−
4.4 Transformation de Lorentz des champs E et
→
−
B
Soit donc deux repères Galiléens R fixe, et R0 en mouvement rectiligne uniforme
−
→ − →
suivant l’axe Ox. Les nouveaux champs E 0 et B 0 dans R0 ont pour composantes les
éléments 0µν du tenseur électromagnétique dans le même repère mobile. Déterminer
les nouvelles composantes des champs électrique et magnétique revient à déterminer
les nouveaux éléments du tenseur électromagnétique dans le repère R0 , qui sont
0
Fµ,ν = ∂µ0 A0ν −∂ν0 A0µ . Il est plus simple de travailler dans la représentation matricielle.
Un élément du tenseur électromagnétique sous transforme sous la forme suivante :
F 0 = ΛF t Λ , (4.24)
γ −βγ 0 0
−βγ γ 0 0
Λ=
(4.25)
0 0 1 0
0 0 0 1
L’exécution d’un simple produit matriciel nous conduit au tenseur F 0 et à ces nou-
veaux éléments, les composants des champs électrique et magnétique :
Ex0 =
Ex
Ey0 = γ(Ey − vBz )
0
Ez = γ(Ez + vBy )
41
et :
Bx0 =
Bx
0 β
By = γ(By + c Ez )
Bz0 = γ(Bz − βc Ey )
Il est possible d’examiner toutes les autres formes de transformation comme les
rotations et les boosts.
À la limite v c nous avons les cas limites suivants :
−
→ →
− − → −
E 0 −→ E + → v ∧B , (4.28)
et : →
−
−
→0 →
− →
−v ∧E
B −→ B + . (4.29)
c2
D’une façon générale, pour une vitesse de direction quelconque, les composantes
parallèles et perpendiculaires des champs électrique et magnétique se transforme
sous la forme suivante :
Ek0 =
(
Ek
−→0 −→ →− →
−
E⊥ = γ(E⊥ + v ∧ B )
et :
Bk0 =
Bk
−→0 −→ −
→
v ∧E
−
→
B⊥ = γ B⊥ − c 2
42
4.5 Exercice d’application
4.5.1 Champ électrique créé par un fil infini
On considère un fil infinie uniformément chargé suivant l’axe Ox. La densité
volumique de charge est ρ, la section du fil s est négligeable devant sa longueur l.
Par conséquent la densité devient linéique et s’écrit λ = ρs. Les charges contenues
dans le fil sont en mouvement rectiligne uniforme animées d’une vitesse → −
v = v→−
ex .
→
− →
−
Le mouvement de ces charges crée une densité de courant j = ρ v .
On considère deux référentiels, le premier est noté R lié au fil lui même (non pas
aux charges). Le deuxième est noté R0 est en translation uniforme suivant l’axe Ox
animé d’une vitesse relative v.
1. Donner l’expression du courant électrique dans le repère R.
2. Que vaut le courant dans le repère R0 ?
3. Écrire la matrice de transformation relative à cette transformation, que vaut
sa matrice inverse ?
4. Donner la relation entre les densités de charges ρ et ρ0 relatives à chaque
référentiel.
5. On choisi de travailler dans R0 dans lequel les charges sont immobiles. Le
théorème de Gauss permet d’avoir l’expression du champ électrique radiale
−
→ ρ0 s →−
E 0 (r) = 2πε 0r
er , le champ magnétique est nul pour des charges statiques.
Donner l’expression du tenseur électromagnétique F 0 d’éléments Fµν
0
exprimé
0
dans R
6. En déduire l’expression du tenseur F d’éléments Fµν exprimé dans R
7. En déduire l’expression du champ radial E(r) ainsi que les composantes du
champ magnétique exprimés dans le repère R.
Solution
1- Le courant dans R :
Le courant s’obtient par le flux du vecteur densité de courant à travers la section s :
− −
→ → ZZ → −
→
ZZ
I = ⊂⊃ j .dS = ⊂⊃ j −
ex .dS = js = ρvs . (4.32)
s s
γ −βγ 0 0
−βγ γ 0 0
Λ= (4.33)
0 0 1 0
0 0 0 1
43
La matrice inverse s’obtient facilement, nous écrivons :
γ βγ 0 0
βγ γ 0 0
Λ−1 =
(4.34)
0 0 1 0
0 0 0 1
4- Relation entre les deux densités :
La charge électrique Q est exactement la même dans les deux référentiels, c’est le
volume mesuré dans chacun d’eux qui diffère. Dans R la charge vaut Q = ρV , et
dans R0 la charge vaut Q = ρ0 V 0 . L’égalité nous permet d’écrire :
ρV = ρ0 V 0 ⇒ ρsl = ρ0 sl0 , (4.35)
or la longueur l mesurée dans R et la longueur l0 mesurée dans R0 sont reliées par
la loi des contractions des longueurs l0 = γl. Nous écrivons alors :
ρl = ρ0 γl , (4.36)
nous avons au final :
ρ = γρ0 . (4.37)
0
5- Nous restons dans la convention choisi dans ce chapitre. Dans R les charges
sont statiques et par conséquent les composantes du champs magnétique Bi0 sont tous
nulles (i = x, y, z). Les coordonnées polaires permettent d’avoir les composantes du
champs électrique. Il faut noté que le champ est nul suivant l’axe Ox par symétrie
axiale. Nous écrivons :
Ex0 =
0
0 0
Ey = E (r)cosθ
0
Ez = E 0 (r)sinθ
44
7- Le champ électrique radial dans le repère R s’écrit en comparant les deux
tenseurs électromagnétiques, on trouve :
ρ0 s ρs
E(r) = γE 0 (r) = γ = . (4.42)
2πε0 r 2πε0 r
Les composantes du champ magnétiques sont :
E 0 (r)sinθ
By = βγ , (4.43)
c
et :
E 0 (r)cosθ
Bz = −βγ , (4.44)
c
la composante Bx est nulle.
45
Références bibliographiques
46