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Introduction à la relativité restreinte

Ce document est un cours sur la relativité restreinte, abordant son historique, la mécanique newtonienne, et l'électromagnétisme. Il présente les principes fondamentaux de la mécanique newtonienne, les transformations de Galilée, et les limites de ces théories face à des phénomènes inexpliqués. Le cours se structure en plusieurs chapitres, incluant la cinématique et la dynamique relativiste, ainsi que des exercices d'application.

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Introduction à la relativité restreinte

Ce document est un cours sur la relativité restreinte, abordant son historique, la mécanique newtonienne, et l'électromagnétisme. Il présente les principes fondamentaux de la mécanique newtonienne, les transformations de Galilée, et les limites de ces théories face à des phénomènes inexpliqués. Le cours se structure en plusieurs chapitres, incluant la cinématique et la dynamique relativiste, ainsi que des exercices d'application.

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1

2
Cours : Relativité restreinte. L2 Physique
fondamentale

ZAMOUM Redouane.

27/06/2021
Table des matières

1 Historique 3
1.1 Mécanique newtonienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.1 Préambule . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.2 Le temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.3 Transformations de Galilée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 L’électromagnétisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Limites et problèmes de la relativité de Galilée . . . . . . . . . . . . . 6
1.3.1 Les équations de Maxwell et la relativité de Galilée . . . . . . 6
1.3.2 L’éther et l’expérience de Michelson-Morley (1887) . . . . . . 7

2 Cinématique relativiste 8
2.1 Principes physiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.1.1 Postulats d’Einstein . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.2 Aspect mathématique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.2.1 Construction des transformations de Lorentz . . . . . . . . . . 9
2.2.2 transformation des vitesses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.2.3 Transformations de Lorentz successives . . . . . . . . . . . . . 13
2.2.4 Transformations de Lorentz dans le cas général . . . . . . . . 14
2.3 Espace de Minkowski . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.3.1 Présentation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.3.2 Quadrivecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.3.3 Produit pseudo-scalaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.3.4 Notations d’Einstein . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.4 Conséquences et résultats des transformations de Lorentz . . . . . . . 19
2.4.1 Dilatation du temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.4.2 Contraction des longueurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.4.3 Aberration de la lumière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.4.4 Effet Doppler . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.5 Exercices d’application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.5.1 Le paradoxe des jumeaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.5.2 Décroissance du muon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23

3 Dynamique relativiste 25
3.1 Complément de la mécanique newtonienne : dynamique de Newton . 26
3.2 L’impulsion et l’énergie relativistes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.2.1 Quadrivecteur impulsion-énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . 27

1
3.2.2 Équations de la dynamique relativiste . . . . . . . . . . . . . . 27
3.2.3 Équivalence masse-énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3.3 Particule sans masse : le photon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3.4 Interaction entre particules . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3.5 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.5.1 Effet Compton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.5.2 Effet Cerenkov . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
3.6 Exercices d’application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.6.1 Désintégration du pion neutre π 0 . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.6.2 Mouvement d’une particule chargée dans un champ électrique
uniforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35

4 L’électromagnétisme relativiste 37
4.1 Complément sur l’électromagnétisme classique . . . . . . . . . . . . . 38
4.2 L’électromagnétisme dans l’espace de Minkowski : Invariance des lois ! 39
4.3 Tenseur électromagnétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40

− →

4.4 Transformation de Lorentz des champs E et B . . . . . . . . . . . . 41
4.5 Exercice d’application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
4.5.1 Champ électrique créé par un fil infini . . . . . . . . . . . . . 43

2
Chapitre 1

Historique

Ce chapitre traite des circonstances historique qui ont participé à l’avènement


de la théorie de la relativité restreinte. Deux théories étaient dominantes en phy-
sique : La mécanique de Newton qui étudiait le mouvement et la dynamique des
objets. Puis il y avait l’électromagnétisme qui lui étudiait la propagation des ondes
électromagnétiques. Ces deux théories étaient bien établie à l’époque et leurs ap-
plications étaient intéressantes. L’application de la mécanique newtonienne à l’as-
tronomie par exemple donnait des résultats spectaculaires. Cependant, l’émergence
de certains phénomènes issus de l’expérience ont montré que ces théorie montraient
des défaillances, ou au moins ne pouvait pas expliquer ces phénomènes. Nous allons
présenté un résumé des principaux principes de la mécanique newtonienne ainsi que
de l’électromagnétisme. Nous verrons après les principaux problème qui ont conduit
à la découverte de la relativité restreinte.

3
1.1 Mécanique newtonienne
1.1.1 Préambule
Jusqu’au début de vingtième siècle, la mécanique newtonienne est appliquée
pour étudier le mouvement des différents objets. La théorie de Newton s’appuie sur
un certains nombre de principe fondamentaux. Nous citons par exemple :
1. La notion de repère ou de référentiel : Celui-ci est choisi en fonction du
mouvement, pouvant être fixe ou mobile.
2. Un objet est repéré dans l’espace et le temps : L’espace est à trois dimension
et le temps t est un paramètre indépendant du système d’axes de l’espace.
3. Le temps est absolu : Le temps mesuré est le même dans tout référentiel
galiléen, et est strictement croissant.
4. La trajectoire : Chaque mobile décrit une trajectoire dans l’espace. Elle
permet de faire des prévisions sur le mouvement à chaque instant t.
5. Les équations du mouvement : La résolution des équations du mouvement
d’un mobile permet d’avoir les expression de ses coordonnées en fonction du
temps. Ainsi, la possibilité de faire des prévisions sur le mouvement.

Exemple : Mouvement de chute libre


La trajectoire est rectiligne. La variation de la coordonnée z en fonction du
temps s’écrit : z(t) = 12 gt2 . Ce qui permet d’avoir la position z à tout instant t.

1.1.2 Le temps
Lors de son déplacement entre un point P1 et un point P2 , un objet met une
durée t = t1 − t2 . Cette durée est indépendante du référentiel choisi. Plus encore,
celle-ci est la même dans tout référentiel. C’est ce qu’on appelle la simultanéité.

Figure 1.1 – Au milieu : trajectoire vue par le cycliste dans le repère mobile R0 . À droite :
trajectoire vue par le piéton lié au repère fixe R.

4
Piéton et cycliste
Un cycliste en mouvement rectiligne uniforme relâche une balle sans vitesse
initiale (voir figure 1.1). Dans le repère fixe R du piéton on mesure un un temps ∆t.
Dans le repère mobile R0 du cycliste le temps mesuré est ∆t0 . Les temps mesurés sont
exactement les mêmes ∆t = ∆t0 . En dépit du fait que les trajectoires ne sont pas
identiques ainsi que la nature des mouvements observés dans les deux référentiels.

1.1.3 Transformations de Galilée


Un repère galiléen ou inertiel obéit au principe d’inertie. Prenons un mobile M ,
initialement repéré dans un référentiel R. On veut effectuer un changement de repère,
et étudier le mouvement dans un autre référentiel inertiel noté R0 . Il existe quatre
types de transformations possibles : Translation de le temps, translations dans l’es-
pace (sur trois coordonnées (x, y, z)), rotations (autour de trois axes Ox, Oy, etOz),
et transformations de vitesses ou boosts (sur trois composantes (vx , vy , etvz ). Ce qui
compte comme dix paramètres de transformations. Ces paramètres composent le
groupe de transformations de Galilée que l’on applique sur l’espace de Newton à
trois dimensions spatiales.

Dans le cadre de la théorie de Newton, pour un système en mouvement les lois


physique sont invariants dans le cas suivants :
1. L’invariance par rotations
2. L’invariance par translations spatiales.
3. Si la simultanéité y est donc une invariance par translation dans le temps.
Nous nous intéressons ici en particuliers aux transformations de coordonnées. Soit
donc un référentiel fixe noté R = (O; x, y, z; t) et un référentiel mobile R = (O0 ; x0 , y 0 , z 0 ; t0 )
en mouvement rectiligne uniforme par rapport au référentiel R suivant l’axe Ox, avec
une vitesse ve . La transformation s’écrit :

x0 = x − ve t



y0 = y



 z0 = z
 0

t = t

Ces transformations traduisent le principe de relativité de Galilée qui s’énonce ”Les


lois de la physique sont identiques dans tous référentiel galiléen”.

5
1.2 L’électromagnétisme
La propagation des ondes électromagnétiques est régie par les équations de
Maxwell :  →
− → − ρ
 ∇. E = ε

− → −



∇. B = 0



− → − −

∂B

 ∇ ∧ E = ∂t
 →− → − →
− −



∇ ∧ B = µ j + µε ∂∂tE


− →

Nous avons les grandeurs suivantes : E le champ électrique, B le champ magnétique,
ρ la densité de charges électriques, ε la permittivité électrique, µ la perméabilité


magnétique et j la densité de courant électrique. Dans le vide les constantes de-
viennent µ0 et ε0 .
Pour une onde qui se propage dans le vide, polarisée suivant l’axe Oz et se propa-
geant suivant l’axe Ox l’équation de propagation s’écrit :
∂ 2 Ez 1 ∂ 2 Ez
− =0, (1.3)
∂t2 c2 ∂x2
où la vitesse de la lumière dans le vide s’exprime : c = √1 . La résolution de cette
ε0 µ0
équation donne une solution en onde plane du type Ez (x, t) = E0 ei(ωt−kx) . Ici k
dénote la composante du vecteur d’onde suivant la direction de propagation, ω la
pulsation de l’onde, et E0 l’amplitude.
La théorie de Newton et celle de Maxwell représentent les deux théories majeurs de
la physique jusqu’au début du vingtième siècle.

1.3 Limites et problèmes de la relativité de Ga-


lilée
1.3.1 Les équations de Maxwell et la relativité de Galilée

− → −
Prenons l’exemple de l’équation de Maxwell-Ampère dans le vide ∇ ∧ B =


µ0 ε0 ∂∂tE . Cette équation est écrite dans un repère R supposé fixe. Exprimons cette
équation dans un nouveau repère R0 en mouvement de translation uniforme par
rapport à l’axe Ox de R. les transformations de coordonnées sont données par les

− →

équations (1.1). Il faut maintenant exprimer les champs E et B dans le nouveau
repère ainsi que les dérivées partielles. Dans le nouveau repère les champs s’écrivent :

→ → − − → − −
→ → −
E0 = E + → v ∧ B et B 0 = B . Les dérivées partielles se transforment comme suit :
 ∂ ∂

 ∂x
= ∂x0
 ∂ ∂


∂y
= ∂y 0
∂ ∂

 ∂z
= ∂z 0
∂ ∂x0 ∂ ∂y 0 0

 ∂

= + + ∂ ∂z
+ ∂t∂ 0
∂t ∂x0 ∂t ∂y 0 ∂t ∂z 0 ∂t

6
L’implémentation de toutes ces équations dans l’équation de Maxwell-Ampère nous
conduit à son expression dans le nouveau repère :

→ −
→

→0 −→0 ∂E0 −
→0 →− → −
→0 ∂B0

∇ ∧ B = ε0 µ 0 →
− − →

+ ε0 µ0 ( v .∇ )( E − v ∧ B ) − v ∧ 0 . (1.5)
∂t ∂t
Ce qui se traduit par la non conservation de cette équation sous une transformation
de Galilée. Nous obtenons le même résultat pour la théorème de Gauss pour le
champ électrique. Le théorème de Gauss pour le champ magnétique et l’équation de
Maxwell-Faraday sont quant à eux conservés.
La conclusion nous impose à trouver de nouvelles loi de transformations capable de
maintenir les équations de Maxwell inchangées.

1.3.2 L’éther et l’expérience de Michelson-Morley (1887)


L’éther est une substance hypothétique servant de support aux ondes électromagnétiques
comme l’air l’est pour les ondes sonores. L’expérience de Michelson-Morley basée sur
un interféromètre à division d’intensité, avait pour objectif la mesure de la vitesse
de la terre par rapport à l’éther. Ce qui veut dire que si l’éther existe, les équations
de Maxwell ne sont valable que dans un repère lié à l’éther. Par conséquent, un
déplacement de la terre mettrai en évidence un vent d’éther.
La conclusion générale de l’expérience était un échec. En effet, la différence de
matche observée dans deux directions opposées est la même (une des direction est
dans le sens du mouvement de la terre). Le calcul du temps mis par la lumière ont
été faits dans le cadre des transformations de Galilée. La lumière donc se propage
indépendamment du mouvement de la terre, donc d’une manière indépendante du
référentiel choisi.

Figure 1.2 – Schéma de l’expérience de Michelson et Morley. Source :


http ://[Link]/miroirg rav/[Link]

7
Chapitre 2

Cinématique relativiste

Le principe de relativité de Galilée s’est heurté à des obstacles. Appliqué dans


le cadre de la théorie de l’éther, nous conduit à des résultats non convenables. Deux
discussions s’ouvrent alors, la première est de dire que ce principe n’est pas universel,
et ne s’applique pas aux phénomènes électromagnétiques régis par les équations de
Maxwell. La deuxième est de dire que le principe est bien universel, mais nécessite
une reformulation plus générale applicable aux phénomènes électromagnétiques. Des
travaux théoriques menés séparément par Poincaré et Lorentz, on conduit à un
ensemble de relations qui décrivent les transformations reliés aux changement de
système de coordonnées. Ces relations ont été ensuite utilisé par Einstein dans son
papier de 1905, qui a posé un cadre physique adéquat au principe de relativité qui
porte son nom.

8
2.1 Principes physiques
L’expérience de Michelson-Morley montre qu’il est impossible de détecter le
mouvement de la terre par rapport à l’éther. L’autre résultat important est le fait
que la vitesse de la lumière ne change pas avec le changement de repère. De plus, les
equations de Maxwell satisfont bien aux principe de relativité de Galilée, c’est juste
que la formulation n’est pas adéquate. L’ensemble de ces faits donne naissance à une
nouvelle formulation des lois de la mécanique dite : Principe de relativité d’Einstein
ou relativité restreinte.

2.1.1 Postulats d’Einstein


Deux postulats gouvernent cette théorie :
1. Les lois de la physique sont invariantes lors d’un changement de référentiel
galiléen. Le principe de relativité de Galilée est conservé.
2. La vitesse de la lumière dans le vide c est une constante universelle : c
garde la même valeur dans tous référentiel galiléen, ne dépend ainsi ni du
mouvement de la source ou celui de l’observateur.
Comme toute théorie physique, les lois de la relativité restreinte doivent converger
vers les lois de la mécanique classique dans la limite v  c dite limite relativiste.
Deux conséquences physiques importantes sont à préciser :
1. Définition du temps propre : Le temps n’est plus absolu !. Il s’écoule différemment
dans chaque repère.
2. Dans un référentiel les horloges sont synchronisées.
La propriété de synchronisation peut s’étendre à toute horloge d’un même
référentiel galiléen.

2.2 Aspect mathématique


2.2.1 Construction des transformations de Lorentz
Les équations de Maxwell imposent une nouvelle formulation des transforma-
tions pour les changement de repères, afin de garantir l’invariance et le principe de
relativité de Galilée. Lorentz a donc proposé une transformation f d’un repère R
vers un repère R0 , où chacune des nouvelles coordonnées dépend de toutes les co-
ordonnées de l’ancien repère, par exemple x0 = f (x, y, z, t). La différentielle de dx0
s’exprime comme :
∂f ∂f ∂f ∂f
dx0 = dx + dy + dz + dt . (2.1)
∂x ∂y ∂z ∂t
L’homogénéité de l’espace et le temps implique une invariance des dérivées partielles
par translations spatiotemporelles. Ce qui impose la nature constante des dérivées.
Les différentielles des autres coordonnées dy 0 , dz 0 et dt0 possèdent la même propriété

9
pour les dérivées partielles. Ceci permet d’écrire la forme générale des transforma-
tions :  0

 x = α10 + α11 x + α12 y + α13 z + α14 t
 y0 = α + α x + α y + α z + α t

20 21 22 23 24
0

 z = α 30 + α 31 x + α32 y + α 33 z + α 34 t
 0

t = α40 + α41 x + α42 y + α43 z + α44 t

Trouver les coefficients αij avec i, j = 0, 1, 2, 3, 4 permet de trouver les transforma-


tions de Lorentz.
Il faut d’abord considérer les points suivants :
1. Il faut redéfinir l’origine des coordonnées de O à t = 0 à O0 à t0 = 0. Ainsi
les coefficients αi0 se trouvent absorbés.
2. Le mouvement de O0 x0 est rectiligne uniforme dans la direction Ox. Les
axes sont donc confondus. Les deux origines s’éloignent l’un de l’autre à
une vitesse |ve |. Rajouter l’isotropie de l’espace entraine l’annulation des
coefficients : α21 = α24 = α31 = α34 = 0.
3. Les axes Oy et Oz sont contenus dans le plan Oyz. Il en est de même pour
les axes Oy 0 et Oz 0 qui sont contenus dans le plan Oy 0 z 0 . Ceci impose que
α32 = α23 = 0.
4. L’invariance par rotation autour de Ox implique que x0 et t0 sont invariants
par rotation ce qui permet de déduire : α12 = α13 = α42 = α43 = 0.
5. Comme le mouvement de O0 x0 est rectiligne uniforme alors : α14 = ve α11 .
Il faut noter que les coordonnées y 0 et z 0 ne subissent aucune transformation. PAr
conséquent nous obtenons le système réduit suivant :

x0 = α11 x − ve α11 t



y0 = y



 z0 = z
 0

t = α41 x + α44 t

Posons maintenant α11 = a, ve α11 = b, α41 = d, et α44 = e. Les deux repère


sont pris de telles sortes que les origines des espaces et des temps sont confondues,
x = x0 = 0 quand t = t0 = 0. Notons aussi que ve = dx/dt = b/a = cte. Les deux
référentiels se déplacent l’un par rapport à l’autre, R0 se déplace par rapport à R
avec la vitesse ve . De la même façon, R se déplace par rapport à R0 avec la vitesse
−ve = dx0 /dt0 = −b/e = cte. L’ensemble de ces considérations conduit au fait que
b = eve et b = ave , en conséquence

e=a

10
. Ce qui permet de réécrire le système sous la forme suivante :

x0 = ax − ave t



y0 = y



 z0 = z
 0

t = dx + at

Si maintenant le lumière traverse les deux repères R et R0 , sa coordonnée s’écrit


respectivement dans les deux repères : x = ct et x0 = ct0 . Nous obtenons donc :

ct0 = act − ave t





y0 = y



 z0 = z
 0

t = dx + at

remplacer le t0 de a dernière équation dans la première nous conduit à une équation


suivante :
−ave
dc2 t + act = act − ave t ⇒ d = 2 , (2.6)
c
ce qui permet d’écrire : (
x0 = a(x − ve t0 )
t0 = a(t − vc2e x)

Reste maintenant à déterminer le coefficient a. Afin d’y parvenir il faut écrire les
transformations inverses :
(
x = a(x0 + ve t0 )
t = a(t0 + vc2e x0 )

Il suffit de remplacer (2.8) dans (2.8) pour obtenir la relation finale :


  
0 0 0 0 ve x0
x = a a(x + ve t ) − v − ea(t + )


c2

 
0 0 ve 0
t = a a(t + x) − ve
a(x0 0
+ ve t )


c2 c2

11
Ceci permet d’avoir a que l’on notera γ, et qui s’écrit :
1
γ=q , (2.10)
ve2
1− c2

ve
avec c
= β, ce qui permet d’écrire :

1
γ=√ . (2.11)
1 − β2
Nous obtenons enfin les transformations de Lorentz dans ce cas :
(
x0 = γ(x − βct)
ct0 = γ(ct − βx)

2.2.2 transformation des vitesses


Naturellement, dans le repère R les composantes de la vitesse sont : vx =
dx/dt, vy = dy/dt, et vz = dz/dt. D’une manière équivalente, dans le repère R0 les
composantes de la vitesse s’écrivent : vx0 = dx0 /dt0 , vy0 = dy 0 /dt0 , et vz0 = dz 0 /dt0 . Afin
de parvenir aux relations donnant les transformations de vitesse, il suffit d’écrire les
différentielles suivantes :
 0

 dx = γ(dx + βct0 ) = γ( dx dt0
+ ve )dt0 = γ(vx0 + ve )dt0
 0
dy = dy 0 = dy dt0 = vy0 dt0


dt00

 dz = dz 0 = dzdt0
dt0 = vz0 dt0
0 0

dt = γ(dt0 + vc2e dx0 ) = γ( dt + vc2e dx )dt0 = γ(1 + vc2e vx0 )dt0


dt0 dt0

L’application des définitions des composantes des vitesses dans le repère R nous
conduit aux transformation suivantes :
vx0 +ve



 vx = 1+ v2e vx0
 c
vy0

vy = ve 0
γ(1+ 2 vx )
 c
vz0

vz =


 ve 0
γ(1+ 2 vx )
c

De la même façon nous obtenons les transformations de vitesse dans le repère R,


qui s’écrivent :

12
vx −ve
vx0 =

1− v2e vx


 c
vy
vy0 =

γ(1− v2e vx )
 c
vz0 = vz


γ(1− v2e vx )

c

2.2.3 Transformations de Lorentz successives


Prenons l’exemple de trous repères R, R0 et R”. Le premier référentiel R est
fixe, le référentiel R0 se déplace en mouvement rectiligne uniforme suivant l’axe
Ox par rapport à R animé d’une vitesse ve . Enfin, le référentiel R” se déplace en
mouvement rectiligne uniforme suivant l’axe O0 x0 par rapport à R0 animé d’une
vitesse ve0 . Écrivons les transformations de Lorentz d’abord pour les repères R et
R0 :
(
x0 = γ(x − βct)
ct0 = γ(ct − βx)

La transformation de Lorents entre R0 et R” s’écrit :


(
x” = γ 0 (x0 − β 0 ct0 )
ct” = γ 0 (ct0 − β 0 x0 )

Remplacer (2.19) dans (2.16) nous donne l’expression suivante :


(
x” = γγ 0 (1 + ββ 0 )x − γγ 0 (β + beta0 )ct
ct” = γγ 0 (1 + ββ 0 )ct − γγ 0 (β + beta0 )x

Après calcul nous trouvons l’expression finale suivante :


(
x” = γ”(x − beta”ct)
ct” = γ”(ct − beta”x)

avec :γ” = γγ 0 (1 + ββ 0 ) et β” = (β + β 0 )/(1 + ββ 0 ). Au final, la combinaison de deux


transformations de Lorentz donne une autre transformation de Lorentz.

13
2.2.4 Transformations de Lorentz dans le cas général
Pour un mobile ayant une vitesse →

v de direction quelconque, nous décomposons
le vecteur position →

r en une composante parallèle à la vitesse →

r k et une composante


perpendiculaire à la vitesse r ⊥ .

Figure 2.1 – Composantes parallèle et perpendiculaire du vecteur position par rapport au


vecteur vitesse. Source : Cours Pr. Mohamed Bendaoud.



La transformation de → −
r vers r0 . Commençons par la composante parallèle :

−0
r k = γ(→−
r k−→ −
v t) = →−
r k + (γ − 1)→
−r k − γ→

vt. (2.20)


D’après la figure (2.1) la composante perpendiculaire est invariante r0 ⊥ = → −r ⊥.
Ce qui conduit à la transformation du vecteur position qui s’écrit sous la forme
suivante : →
−0 →
− →

r = r0 k + r0 ⊥ = →
−r + (γ − 1)→−
r k − γ→−
vt. (2.21)
Le temps dans le cas général se transforme comme :
v
t0 = γ(t − 2 rk ) . (2.22)
c


Comme r0 k s’obtient par la projection de → −
r sur la direction de →

v , on peut donc
écrire la transformation générale suivante :

−0 →

r .→
−v−
r =→ −r + (γ − 1) 2 → v − γ→

vt, (2.23)
v
et : →
−r .→

v
 
t0 = γ t − 2 . (2.24)
c
Explicitement, pour les trois coordonnées spatiales et la coordonnée temporelle la
transformation générale s’écrit :
x0 = x + (γ − 1) xvx +yvy +zvz


 v2
vx − γvx t
 0 xv +yv y +zvz
y = y + (γ − 1) x
vy − γvy t


v2

0 xvx +yvy +zvz


z = z + (γ − 1)  v2 vz − γvzt
xvx +yvy +zvz

0
 t = γ t−


c2

14
2.3 Espace de Minkowski
2.3.1 Présentation
Les transformations de Lorentz comportent dix paramètres comme ceux de Ga-
lilée. Cependant, elle forment un groupe de transformation différent, qui s’appelle
groupe de Lorentz et est noté L. Ce groupe n’agit pas sur l’espace de Newton (ordi-
naire) <3 . Le groupe de Lorentz agit sur un espace pseudo-euclidien à quatre dimen-
sion <4 , appelé espace de Minkowski. Cet espace possède une métrique quadratique
pseudo-euclidienne qui s’écrit :

ds2 = c2 dt2 − dr2 = c2 dt2 − dx2 − dy 2 − dz 2 . (2.26)

La conséquence immédiate de la métrique est la possibilité de définir un invariant


∆S 2 dit invariant relativiste, et qui s’écrit :

∆s2 = c2 ∆t2 − ∆r2 . (2.27)

Cet invariant peut être interprété comme une distance entre deux point de l’espace
de Minkowski qui reste invariante sous une transformation de Lorentz. Autrement
dit, un intervalle entre deux événements. Il permet aussi de définir le cône de lumière
associé à un événement donné A, permettant aussi de classer par la suite les différents
autres événement associés à l’événement initial A.

L’invariant relativiste peut être classé suivant trois types :


1. Genre espace si ∆S 2 < 0 : Interprété comme deux événements simultanés
dans deux endroits différents.
2. Genre temps si ∆S 2 > 0 : Interprété comme deux événements se produi-
sant au même endroit mais à deux temps différents. Ces deux événement
se déroulent dans un même référentiel galiléen. Cette propriété s’étend dans
tout référentiel galiléen.
3. Genre lumière si ∆S 2 = 0.

2.3.2 Quadrivecteurs
Les éléments qui composent l’espace de Minkowski sont appelés quadrivecteurs.
Par analogie à un espace de Newton ordinaire, un vecteur position s’écrit :

ct
 

−−→ x

OM =   (2.28)
y
z

15
Figure 2.2 – Schéma d’un cône de lumière. Source :
https ://[Link]/wiki/Espaced eM inkowski

Transformation des quadrivecteurs position


Un quadrivecteur position se transforme sous l’action d’un élément du groupe
de Lorentz L. Dans une représentation matricielle, un élément de ce groupe noté Λ
−−→
s’écrit comme une matrice 4 × 4. Pour un vecteur position OM , exprimé dans un
référentiel galiléen R0 en mouvement rectiligne uniforme sur l’axe Ox d’un référentiel
galiléen fixe R et animé d’une vitesse ve , la transformation de Lorentz s’écrit :
−− → −−→
O0 M = ΛOM , (2.29)
La matrice de transformation élément du groupe de Lorentz s’écrit dans ce cas :
γ −βγ 0 0
 
−βγ γ 0 0
Λ= 
(2.30)
 0 0 1 0
 

0 0 0 1

Temps propre
Considérons une particule en mouvement. Prenons ensuite deux référentiels ga-
liléens R et R0 . Le premier référentiel est quelconque et le deuxième référentiel est
lié à la particule, se déplace à une vitesse constante v0 par rapport à R. Dans R le
temps est mesuré par une horloge qui lui est liée et est noté t. Notons le temps dans
R0 par t0 . La transformation de Lorentz donne la relation entre les deux temps. En
effet, nous avons :
ct = γ0 (ct0 + β0 x0 ) , (2.31)
q
avec β0 = v0 /c et γ0 = 1/ 1 − β02 . Prenons la différentielle de l’équation précédente :
cdt = γ0 (cdt0 + β0 dx0 ) , (2.32)
or dx0 = 0 car la particule est au repos dans son référentiel propre R0 . Ce qui donne
enfin une relation entre les temps dans les deux référentiels dt = γ0 dt0 . Ceci confirme
encore une fois que le temps en relativité n’est pas absolu, il s’écoule différemment
entre un référentiel galiléen et un autre.

16
Vitesse et accélération
Par définition un vecteur vitesse →

v d’une particule exprimé dans un référentiel
galiléen R s’écrit :
−−→

− dOM
v = , (2.33)
dt0
avec dt = γ0 dt0 . Écrvons le quadrivecteur vitesse ou la quadri-vitesse :
 dt 
c dt0 γ0 c dt c
   
 dx dt
  γ dx  v 


v =
 dt 
 0  =  0 dy
 dt   x
 = γ0   (2.34)
 dy   γ0  vy 
 dt0  dt
dz dz
dt0
γ0 dt vz

Remarquons que la quadri-vitesse ne s’annule jamais. En effet, la première compo-


sante est γ0 c. Même pour une particule au repos nous avons γ0 = 1 et la quadri-
vitesse vaut :
c
 
0
(2.35)
 
0
 

0
Ce résultat s’interprète comme suit : Le temps ne s’arrête jamais.
Le quadrivecteur accélération ou quadri-accélération se défini par la relation sui-
vante :  
0 0
 


dv
 dvx 

− ax 
 
= γ02 
 
a = dt 
 dvy  = γ0 
 ay 
 (2.36)
dt0  dt 
dvz
dt
az

2.3.3 Produit pseudo-scalaire


Soit deux quadrivecteurs :
At
 


− A 
 
A =  x (2.37)
 Ay 
Az
et :
Bt
 


− B 
B =  x (2.38)
 
By 
Bz
Le produit pseudo-scalaire de ces deux quadrivecteurs s’écrit sous la forme suivante :

− →− →
− →−
A . B = At Bt − (Ax Bx + Ay By + Az Bz ) = B . A . (2.39)

17

− → −
Ce produit est un invariant. En effet, A . B ne change pas dans tout référentiel
galiléen. La conséquence immédiate est le fait que le module au carré d’un quadri-
vecteur qui s’écrit :

− →− →

A . A = k A k2 = A2t − (A2x + A2y + A2z ) , (2.40)


est une quantité invariante. Nous appelons k A k la pseudo-norme, elle est invariante
sous un changement de référentiel galiléen, c’est la quantité mesurable expérimentalement.
Penons l’exemple de la pseudo-norme au carré de la quadri-vitesse, elle s’écrit :
k→

v k2 = γ 2 c2 − γ 2 (v 2 + v 2 + v 2 ) .
0 0 x y z (2.41)
Pour une particule initialement au repos, nous avons k→ −
v k2 = c2 qui est invariante.
Calculons maintenant la dérivée de la pseudo-norme au carré du quadrivecteur vi-
tesse par rapport au temps :
dk→−
v k2 d→
−v d→−v→ dc2
 
=2 → −v + −v = =0. (2.42)
dt dt dt dt
En utilisant la définition de la quadri-accélération nous pouvons aussi écrire :

− d→
−v
v =0⇒→ −v .→

a =0. (2.43)
dt
Les quadrivecteurs vitesse et accélération on un produit pseudo-scalaire toujours nul
dans l’espace de Minkowski.

2.3.4 Notations d’Einstein


Les notations d’Einstein sont utilisées dans divers domaines de la physique, tels
que la théorie des champs ou la physique des particules. Travailler dans le contexte
de telles notation est souvent plus pratique, permettant entre autres une meilleur
écriture condensée des différentes expression utilisées.
Nous prenons donc un indice muet µ = 0, 1, 2, 3. L’indice 0 est associé à la compo-
sante temporelle. Les indices i = 1, 2, 3 sont associés aux composantes spatiales. Par
conséquent un quadrivecteur position s’écrit :
 0
x
x1 
Xµ =  
 2 (2.44)
x 
x”
Un quadrivecteur vitesse aura comme composantes : c, v 1 , v 2 et v 3 . La métrique de
l’espace de Minkowski s’écrit dans ce cas :
ds2 = ηµν dxµ dxν , (2.45)
avec ηµν le tenseur métrique, qui s’exprime en représentation matricielle sous la
forme suivante :
1 0 0 0
 
0 −1 0 0
ηµν =  (2.46)
 
0 0 −1 0 

0 0 0 −1

18
Le tenseur métrique agit comme un contracteur d’indices. En effet, nous pouvons
écrire :
X µ = η µν Xν , (2.47)
ou bien :
Xµ = ηµν xν . (2.48)
La contraction d’indices se fait par l’indice en commun écrit une fois en haut et une
fois en bas.
Nous pouvons appliquer les notations d’Einstein dans l’expression du produit pseudo-
scalaire. Celui-ci peut prendre la forme suivante :

− →−
A . B = Aµ Bν = A0 B0 − Ai Bi . (2.49)

Dans ce cas nous pouvons déduire la nouvelle forme de la pseudo-norme au carré


d’un quadrivecteur :


k A k = Aµ Aµ = A0 A0 − Ai Ai . (2.50)
L’écriture Ai Ai s’interprète comme 3i=1 A2i . De la même façon, Ai Bi = 3i=1 Ai Bi .
P P

En conclusion, un même indice se répétant lors d’un produit, une fois en haut et
une fois en bas traduit une sommation.
Pour les lois de transformations, celles-ci s’écrivent par le moyen d’un élément Λ ∈ L.
Nous avons déjà précisé que ces éléments Λ sont des matrices 4×4. Donnons un autre
exemple de ces matrices, une matrice de rotation par rapport à l’axe Ox s’écrit :

1 0 0 0
 
0 1 0 0 
ROx/θ = 
(2.51)
0 0 cosθ −sinθ
 

1 0 sinθ cosθ

où θ est l’angle de rotation.

2.4 Conséquences et résultats des transformations


de Lorentz
La cinématique relativiste, et en particulier les transformations de Lorentz en-
gendrent certains phénomènes propres à la théorie de la relativité restreinte. En
effet, ces phénomènes ne sont observés que si les transformations de Lorentz sont
appliquées.

2.4.1 Dilatation du temps


Afin d’illustrer ce phénomène, nous prenons deux repères : le premier est R
fixe. Le second repère est R0 en mouvement rectiligne uniforme suivant l’axe (Ox)
du premier repère R. Plaçons deux observateurs, l’un en O origine de R et l’autre
en O0 origine de R0 . Soit ensuite deux événements A et B se produisant en un point
de coordonnées x0 dans R0 . Chacun des deux observateurs mesure un temps qui

19
s’écoule entre les deux événements. Le premier observateur lié à R mesure le temps
T = tB −tA . Le deuxième observateur lié à R0 mesure le temps T 0 = t0B −t0A . Écrivons
maintenant les transformations de Lorentz concernant les deux temps t et t0 :
  
0
 tA = γ t0A + β xc


 
0
 tB

 = γ t0B + β xc

Déduisons maintenant le temps entre les deux événements dans R :

T = tB − tA = γ(t0B − t0A ) = γT 0 . (2.53)

Ceci implique directement que T > T 0 car γ > 1. La conclusion est donc : le temps
mesuré par l’observateur en O est plus long que celui mesuré par l’observateur
placé en O0 . Le temps s’écoule plus lentement dans les repères possédant une vitesse
proches de la vitesse de la lumière c, c’est ce qu’on appelle la dilatation du temps.

2.4.2 Contraction des longueurs


Prenons aussi deux référentiels : le premier est R fixe. Le second repère est R0
en mouvement rectiligne uniforme suivant l’axe (Ox) du premier repère R. Prenons
deux observateurs : le premier observateur est placé en O origine de R mesure une
longueur L = xb − xa d’un corps rigide. Le deuxième observateur placé en O0 origine
de R0 mesure quant à lui une longueur L0 = x0b −x0a . Nous supposons ici que le temps
est figé t0 = t. L’écriture des transformations de Lorentz entre les coordonnées x et
x0 permet d’avoir : (
x0a = γ(xa − ve t)
x0b = γ(xb − ve t)

Ce qui permet d’avoir la longueur L0 qui s’écrit :

L0 = x0b − x0a = γ(xb − xa ) = γL . (2.55)

En conclusion, l’observateur placé en O lié à R mesure une distance plus courte que
celui placé en O0 et lié à R0 . La raison, est le fait que l’observateur placé en O voit
la règle (instrument de mesure de distance) en mouvement dans R0 . D’une façon
générale, toute objet se déplaçant dans la limite des vitesses relativistes se voit plus
court par un observateur immobile.

20
2.4.3 Aberration de la lumière
En 1726 James Bradley a observé que les étoiles subissaient un phénomène
d’aberration. En effet, une source de lumière paraı̂t toujours plus proche de la direc-
tion vers laquelle un observateur se déplace. La source de lumière, en l’occurrence
l’étoile, semble décrire par son mouvement une ellipse parallèle au plan de l’orbite
décrit par la terre au cours de son mouvement autour du soleil pour une période d’un
an. Cette trajectoire est dite ellipse d’aberration. Cet effet est faible, car la vitesse
de révolution de la terre est petite en comparaison avec la vitesse de la lumière.
Analysons cette situation dans un cadre relativiste. Soit donc un premier référentiel
lié au soleil noté R galiléen. Soit un rayon de lumière qui se propage dans le plan
(O, x, y) et qui vaut :  
−c cosθ

−v = −c sinθ
 
(2.56)
0
Dans un autre référentiel lié à la terre noté R0 , et qui se déplace avec une vitesse ve
par rapport à R, la vitesse prend la forme suivante :
 −c cosθ−ve 
1+ ve cosθ
c

− 
v = −c sinθ

 (2.57)
ve cosθ
 1+ c 
0

L’angle θ est défini entre l’axe (Ox) et le rayon de lumière. Dans R0 nous définissons
un autre angle θ0 qui vérifie la relation suivante :
sinθ
tanθ0 = , (2.58)
γ(cosθ + β)
ici θ0 est l’angle formé par l’axe (O0 x0 ) avec le rayon de lumière dans R0 . Définissons
maintenant un troisième angle ϕ0 = π/2 − θ0 qui se définit entre l’axe (O0 y 0 ) avec le
rayon de lumière dans R0 . L’angle ϕ0 vérifie la relation suivante :
γ(cosθ + β)
tanϕ0 = . (2.59)
sin θ
En prenant θ = π/2 et ve = vterre  c (par conséquent γ = 1), nous pouvons écrire
l’approximation suivante :

tan ϕ0 = ϕ0 = β ' 10−4 = 20, 5”(seconded0 arc) . (2.60)

Cette quantité représente l’erreur d’aberration qu’il faut soit rajouter ou bien re-
trancher suivant le sens de la vitesse apparente de l’étoile par rapport à la terre.

2.4.4 Effet Doppler


Commençons par l’effet Doppler classique présenté par Christian Doppler en
1842. En résumé, une source S de lumière émet un signal périodique de fréquence
noté ν0 . Cette source se déplace à une vitesse ve dans la direction (Ox) par rapport

21
à un observateur placé en O origine d’un référentiel R de l’éther. La vitesse de la
lumière étant égale à c, le temps entre deux signaux arrivés à O s’écrit :
 →

ve .→

u

T = t2 − t1 = T0 1+ , (2.61)
c
T0 est la période du signal émis de la source S, et →−
u est un vecteur unitaire dirigé
de O vers S. L’inverse de la période T donne la fréquence mesurée par l’observateur
qui s’écrit :
1 ν0
ν= = −
→− → . (2.62)
T 1 + vec. u
Pour une source qui s’éloigne de l’observateur nous avons : ν < ν0 , et pour une
source qui se rapproche de l’observateur nous aurons ν > ν0 .
Dans le cadre relativiste, il faut remplacer la notion de temps absolue par celle du
temps propre. Il faut donc remplacer T0 par γT0 afin de prendre en considération la
dilatation du temps. Nous écrivons :
 →

ve .→

u

T = γT0 1+ , (2.63)
c
et la fréquence devient :
√
1 ν0 1 − β2

ν= −
→− → = ν0 −
→− → . (2.64)
γ 1 + vec. u 1 + vec. u

La période d’émission se dilate, les signaux ne sont donc pas émis au même endroit.

22
2.5 Exercices d’application
2.5.1 Le paradoxe des jumeaux
Soit deux jumeaux que l’on notera J1 et J2 âgés de 20 ans sur terre. À un
instant que l’on fixera comme origine, la deuxième jumeau J2 voyage suivant un
axe Ox à une vitesse constante v = 0, 97c. Au retour du jumeau J2 sur terre, le
premier jumeau J1 aura 31 ans. Quel serai l’age du deuxième jumeau lors du retour
sur terre ?

Solution
On attribue à la terre un repère fixe noté R et à J2 un repère qui lui est lié noté
R0 . On divise le trajet en aller-retour. Lors de la phase aller, le temps mesuré par
J2 s’obtient par la relation de la dilatation du temps par l’expression :
q
T10 = T1 1 − β 2 , (2.65)

avec β = v/c. Nous pouvons écrire la même expression pour la phase retour :
q
T20 = T2 1 − β 2 , (2.66)

ici β = −v/c. Le temps total du trajet aller-retour s’obtient par la somme des deux
temps T 0 et T20 , on écrit :
q q
T 0 = T10 + T20 = (T1 + T2 ) 1 − β 2 = T 1 − β 2 . (2.67)

Le temps total du trajet mesuré dans le repère R est T = 30 − 20 = 10 ans. Le


calcul permet d’avoir T 0 = 2, 4 ans ce conduit à un age du deuxième jumeau qui
vaut 22, 4 ans.

2.5.2 Décroissance du muon


Un muon est une particule subatomique instable. Il se décompose en un électron
et deux neutrinos. À un instant t = 0 le nombre de muons est N0 , à un instant t
le nombre est donné par la loi de décroissance radioactive : N (t) = N0 e−t/τ . Le de
temps de vie moyen du muon dans son repère propre R0 est τ0 = 2, 2µs et sa vitesse
est v = 0, 95c où c est la vitesse de la lumière.
1. Rappeler l’expression qui traduit le phénomène de dilatation du temps.
2. Calculer le temps de vie moyen mesuré par un observateur lié à un référentiel
terrestre fixe R.
3. Calculer le nombre de muons restant après avoir traversé 3 km.

23
Solution
1- Expression de la dilatation du temps :
Si on considère que le temps mesuré dans R0 est t0 et que le temps mesuré dans le
repère fixe R est t alors la relation s’écrit :

t = γt0 , (2.68)

où γ = 1/ 1 − β 2 et β = v/c.

2- Le temps de vie mesuré par un observateur lié à R :


Il suffit d’appliquer la relation de dilatation du temps au temps de vie mesuré sur
R0 qui est τ . Nous écrivons :
1
τ = γτ0 = s  2 × 2, 2 = 7, 1µs . (2.69)
0,95c
1− C

3- Nombre du muon restant :


On considère que la trajectoire est rectiligne, calculons le temps mis par ces particules
pour traverser 3 km :

d d 3.103
t= = = 1, 05.10−5 s . (2.70)
v 0, 95c 0, 95 × 3.108
La loi de décroissance radioactive nous permet d’avoir le nombre du muon restant :

N (t) = N0 e−t/τ = 0, 23N0 . (2.71)

24
Chapitre 3

Dynamique relativiste

Comme expliqué dans le chapitre 1, dans la limite des grande vitesses (proches
de la vitesse de la lumière c) les lois de la mécanique classique nécessitent une
reformulation. Par ailleurs, la vitesse d’une particule en mouvement accéléré tend
vers une vitesse limite qui est c. En effet, une particule soumise à une force constante
voit sa vitesse augmenter linéairement en fonction du temps t. Arriver à une certaine
valeur, la croissance n’est plus linéaire. Cette valeur représente la limite relativiste.
Dans cette limite, les lois de la dynamique newtonienne ne sont plus valables.

25
3.1 Complément de la mécanique newtonienne :
dynamique de Newton
La dynamique dans la théorie de Newton s’appuie sur la relation fondamentale
de la dynamique ou R.F.D. Le mouvement change proportionnellement à la force
motrice et dans la ligne droite dans laquelle cette force est imprimée :


X− −→ →
− dP
Fext = m a = , (3.1)
dt


avec l’impulsion ou quantité de mouvement P = m→ −
v , l’accélération →

a et la masse
m. L’application de la relation fondamentale de la dynamique permet d’obtenir
l’équation du mouvement. Cette loi (la R.F.D) est invariante dans tout repère

− →

galiléen. Dans un référentiel R = (O; x, y, z; t) elle s’écrit : F = m→ −a = m r̈ .
Dans un référentiel R = (O0 ; x0 , y 0 , z 0 ; t0 ) cette loi s’écrit d’une manière identique :

→ →
− →

F 0 = m a0 = m r̈0 .

L’énergie cinétique de la particule en mouvement s’écrit :


1
Ec = T = mv 2 . (3.2)
2
Le théorème de l’énergie cinétique permet de calculer le travail d’une force quel-
conque agissant sur une particule. En effet, pour une particule qui se déplace d’un
point A et un point B nous écrivons :

− Z rB

− →
WAB ( F ) = F .−
r = ∆Ec . (3.3)
rA

L’énergie totale d’un système est la somme de son énergie cinétique Ec et de son
énergie potentielle Ep . Celle-ci, peut être gravitationnelle, élastique ou électromagnétique.
Nous écrivons :
E = Ec + Ep . (3.4)
L’énergie totale est conservée pour un système isolé. D’une façon plus précise, lors
du mouvement d’un système formé de particules, celles-ci ne sont soumises qu’à
leurs propres interactions. Par conséquent, l’impulsion et l’énergie totale du système
sont conservées.
Ce qui est écrit plus haut résume la dynamique de Newton. Néanmoins, cette théorie
possède des limites. L’une d’elle est le fait que pour des valeurs élevées de la vitesse,
celle-ci ne croit plus linéairement avec le temps en dépit de l’application d’une force
constante. Les transformation de Galilée ne sont par conséquent plus valables à
partir de cette valeur limite de la vitesse. La construction d’autres lois s’impose.

3.2 L’impulsion et l’énergie relativistes


L’évolution des systèmes se fait dans l’espace de Minkowski qui a pour éléments
des quadrivecteurs. Nous devons donc écrire les grandeurs physiques sous forme de
quadrivecteurs et tenter d’écrire ensuite les équations de la dynamique relativiste.

26
3.2.1 Quadrivecteur impulsion-énergie
D’un point de vue classique, l’énergie est un scalaire et l’impulsion est un vec-
teur à trois composantes. Considérons donc une particule animée d’une vitesse → −
v
évoluant dans un repère inertiel R. Cette particule possède une énergie E et une

− −

impulsion → −p . Lors de son évolution, la particule subit une force F = ddtp . En
− →
→ − →

conséquence, son énergie E varie par une quantité dE = F .dr, avec dr = → −
v dt.
Injectant cette grandeur dans la variation de l’énergie dE nous donne la relation
suivante :
d→
−p →
dE = .d− r ⇒ d→ −
p .d→
−r − dEdt = 0 , (3.5)
dt
multiplier et diviser la dernière relation par c dans le second terme nous permet
d’écrire :
dE
.cdt − d→−
p .d→
−r =0. (3.6)
c
Cette relation s’identifie à un produit pseudo-scalaire de deux quadrivecteurs. L’un


est le quadrivecteur position R , l’autre est appelé quadrivecteur impulsion-énergie


noté P . La relation (3.6) peut se simplifié au simple produit pseudo-scalaire suivant :

− →−
R . P = P µ Rµ = 0 , (3.7)

avec :  0
x = ct


−  x1 = x 
R = 
 2

(3.8)
x = y

x3 = z
et :
p = Ec
 0 


− p1 = p 
x
P = (3.9)

 2
 p = py 

p3 = pz

3.2.2 Équations de la dynamique relativiste


Afin d’étudier la dynamique d’une particule relativiste, nous considérons deux
repères inertiels. Le premier noté R appelé repère du laboratoire. Le deuxième repère
est le repère propre de la particule noté R0 . Pendant un temps dt assez petit, la
vitesse →
−v de la particule est considérée comme constante. Ceci implique que le repère
R0 est en mouvement de translation uniforme par rapport à R. Les transformations
de Lorentz appliquées au quadrivecteur impulsion-énergie s’écrivent :
  




px = γ0 Px0 + β0 Ec0

py = Py 0




 pz =  Pz0

 E E0


c
= γ0 c
+ β 0 Px0

27
q
Nous avons : β0 = v/c et γ0 = 1/ 1 − β02 .
Dans le repère R−0 nous avons Px0 = 0 car la particule est au repos dans son repère
propre, son énergie E0 est dite énergie propre. Cette considération nous permet de
simplifier la relation précédente sous la forme vectorielle suivante :
 
E0 →
− γ0 E0 →
− .
E =s  2 = γ0 E0 , p = c2 v (3.11)
v
1− c

Effectuons maintenant un développement limité au deuxième ordre (négliger les


ordres supérieurs) en v de l’énergie E et de l’impulsion →

p . Nous écrivons pour
l’énergie :
1 v2 1 v2
 
E = 1 + 2 E0 = E0 + 2 E0 , (3.12)
2c 2c
de même pour l’impulsion :

1 v 2 E0 E0 −
 
p = 1+ 2 2 = 2 →

− v . (3.13)
2c c c
Par ailleurs, les équations de l’énergie et de l’impulsion doivent tendre vers les
équations de la dynamique newtonienne quand v  c. Ces relations sont : l’impul-
sion →
−p = m0 →−
v et l’énergie cinétique Ec = (1/2)m0 v 2 . La comparaison des relation
classiques de l’énergie cinétique et de l’impulsion avec les relations (3.12) et (3.13)
respectivement, nous donne les équations suivantes : l’énergie propre s’écrit :

E 0 = m 0 c2 , (3.14)

l’impulsion s’écrit :


p = m→

v , (3.15)
et enfin l’énergie qui vaut :
E = mc2 . (3.16)
La conséquence immédiate est le fait que dans le repère du laboratoire R la particule
possède une masse relativiste différente de sa masse propre m0 qui vaut :
m0
m= q . (3.17)
1 − β02

Nous pouvons enfin écrire l’énergie de la particule dans le repère du laboratoire R,


qui vaut :
1
E = E0 + m0 v 2 , (3.18)
2
qui se traduit par la somme de l’énergie propre E0 et de l’énergie cinétique Ec =
1
m v2.
2 0

28
3.2.3 Équivalence masse-énergie
L’équation E0 = m0 c2 (ou bien E = mc2 ) établi une équivalence entre la masse
et l’énergie. En plus explicite, la masse d’un corps peut se transformer en énergie.
Avant la relativité, cette équivalence n’était pas ressentie. En effet, dans les réactions
chimiques les énergies mises en jeu sont faibles par rapport à ce qu’enferme la masse
des atomes comme énergie. Un gramme de matière renferme en lui une énergie égale
à 9.1013 J. En contre partie, une réaction chimique comme par exemple la formation
d’une molécule d’eau génère une énergie proche de 2, 89.105 J, équivalente à une
perte de masse de ∆m ≈ 3.10−12 kg.
Ces variations de masse sont apparentes au niveau des réactions nucléaires. Prenons
l’exemple de la réaction de fission de l’uranium 235 U qui s’écrit :

n +235 U →94 Sr +140 Xe + 2n . (3.19)

La fission d’un gramme d’uranium génère une énergie E = ∆mc2 = 9.1010 J, suffi-
sante pour faire rouler une voiture durant 833h à une vitesse de 70km/h.
La relation d’équivalence masse-énergie permet de réécrire la relation entre l’énergie
E et l’impulsion → −p . Nous avons en effet l’impulsion qui se réécrit sous la forme
suivante :

− E0 − m0 c2 −
P = 2→ v = 2 → v = m0 → −v , (3.20)
c c
qui permet de déduire le module carré de l’impulsion qui vaut :

−2
P = P µ Pµ = m20 →

v 2 = m20 c2 . (3.21)

Par ailleurs, l’utilisation de la définition d’un produit pseudo-scalaire permet d’avoir


une autre relation pour le module carré du quadrivecteur impulsion-énergie. Celle-ci
s’écrit sous la forme suivante :

−2 E2
P = P µ Pµ = 2 − pi pi i = 1, 2, 3 , (3.22)
c
or pi pi = p2 . Ce qui permet d’avoir :
− 2 E2

P = 2 − p2 . (3.23)
c
L’égalité des deux équations (3.21) et (3.23) conduit au résultat final suivant :

E 2 = p2 c2 + m20 c4 . (3.24)

Cette relation représente l’équation dynamique utilisée dans la physique des parti-
cules.

3.3 Particule sans masse : le photon


Le photon est une particule qui se déplace à la vitesse de la lumière c, il ne
peut donc jamais être au repos. Le facteur β = 1 pour le photon, ce qui donne une

29
énergie qui tend vers l’infini. Le photon doit donc avoir une masse propre m0 =
0. Son est portée seulement par son impulsion, E = pc. Faisons un lien avec la
mécanique quantique, où l’énergie du photon est quantifiée et vaut E = hν = ~ω,
ici ν représente la fréquence, ω la pulsation,h = 6, 62.1034 J.s la constante de Plank,
et ~ = h/2π. La correspondance donne la relation suivante :

E hν ~ω
P = = = = ~k , (3.25)
c c c
où k est le vecteur d’onde. Vectoriellement nous écrivons :

− →

p =~k . (3.26)

Nous pouvons aussi déduire la relation qui relie la pulsation au vecteur d’onde :
ω = ck. Cette relation est linéaire ce qui montre qu’il n’y a pas de dispersion dans
le cas du photon.

3.4 Interaction entre particules


En mécanique classique l’interaction entre particules par chocs se fait suivant
la règle de conservation de l’impulsion et de l’énergie. Dans le cas des particules
relativistes, ces mêmes lois de conservations sont vérifiées. L’impulsion, l’énergie et
la charge électrique sont conservées avant et après le choc. Il existe cependant deux
types de chocs :
1. Le choc élastique : le nombre de particules est conservé avant et après le
choc, observé dans le phénomène de diffusion.
2. Le choc inélastique : le nombre de particules n’est pas conservé avant et
après le choc, observé dans la désintégration de particules.
L’étude des chocs nécessite deux référentiels considérés comme galiléens, celui
du laboratoire L et le repère propre de la particule (référentiel centre de masse)
C. Dans le repère du laboratoire la condition de conservation de l’impulsion et de
l’énergie s’écrit :
X→ − X→ −0 X
Ei0 ,
X
pi = pi Ei = (3.27)
i i i i

en terme de quadrivecteurs nous avons :


X→
− X−

Pi = Pi0 . (3.28)
i i

Dans le référentiel centre de masse C l’impulsion totale est nulle :


X→
− X−
→ →

p∗i = p0i ∗ = 0 . (3.29)
i i

30
3.5 Applications
3.5.1 Effet Compton
L’effet Compton décrit la diffusion d’une onde électromagnétique par les électrons
de la matière. Cet effet met en évidence la nature corpusculaire de la lumière en mon-
trant l’existence du photon. Celui-ci est le porteur de l’énergie électromagnétique.
L’effet Compton se situe dans le cadre de l’interaction rayonnement-matière. En ef-
fet, la théorie classique de l’électromagnétisme montre que les électrons de la matière
une fois soumis à une onde électromagnétique monochromatique, entrent dans un
mode de vibrations forcées. Le résultat est l’émission d’un rayonnement de même
fréquence dans toutes les directions. L’expérience montre que le rayonnement émis
possède une fréquence inférieure à celle du rayonnement incident. L’effet Compton
explique cette différence par un choc qui se passe entre un photon incident et un
électron. L’électron en question est initialement au repos. Le principe de conserva-
tion de l’impulsion dans ce cas s’écrit :
→ −
− → − →
P1 = P10 + P20 , (3.30)

→ −
→ −

où P1 est l’impulsion du photon incident, P10 est celle du photon diffusé, et P20 est
l’impulsion de l’électron diffusé. La conservation de l’énergie s’écrit :

E1 + E2 = E10 + E20 , (3.31)


0
où E1/2 sont les énergies du photon et de l’électron avant le choc, et E1/2 sont les
énergies du photon et de l’électron après le choc. Les formules de la dynamique
relativiste permettent d’expliciter les énergies et les impulsions pour l’électron et
le photon. Pour le photon les énergies sont notées : E1 = E et E10 = E 0 , et les
impulsion sont celles d’une particule sans masse P1 = E/c et P10 = E 0 /c. L’électron
2 0
q P2 = 0 et E2 = m0 c , après le choc l’impulsion est P2 et
étant initialement au repos
l’énergie s’écrit E20 = c P20 2 + m20 c2 . En s’appuyant sur la relation de conservation
de l’impulsion on écrit :
→ −
− →
P20 2 = (P1 − P10 )2 = P12 + P10 2 − 2P1 P10 cosθ . (3.32)

L’injection des expressions des impulsions des photons permet d’écrire :

E 2 E 02 EE 0
P20 2 = + − 2 cosθ . (3.33)
c2 c2 c2
Ces mêmes relations permettent aussi de réécrire la conservation de l’énergie :
q
E + m0 c2 = E 0 + c P20 2 + m20 c2 , (3.34)

élever au carré et réarranger permet d’avoir l’expression suivante :

(E − E 0 )2 + 2(E − E 0 )m0 c2 = P20 2 c2 , (3.35)

31
il faut maintenant remplacer l’impulsion au carré P20 2 par son expression. Nous
obtenons :
(E − E 0 )m0 c2 = EE 0 (1 − cosθ) . (3.36)
La division par EE 0 m0 c2 nous conduit à la relation de Compton en terme d’énergie
qui s’écrit :
1 1 1
0
− = (1 − cosθ) . (3.37)
E E m0 c2
En écrivant l’énergie du photon en terme de fréquence E = hν, nous obtenons la
même relation en terme de fréquence du photon incident et du photon diffusé :
1 1 h
− = (1 − cosθ) . (3.38)
ν0 ν m 0 c2
En terme de longueur d’onde nous écrivons (sachant que ν = c/λ) :
h
λ0 − λ = (1 − cosθ) . (3.39)
m0 c2

On pose h
m 0 c2
= λC = 2, 4.10−12 m dite longueur d’onde Compton. Nous écrivons au
final :
λ0 − λ = λC (1 − cosθ) . (3.40)

Figure 3.1 – Schéma de la diffusion Compton.

3.5.2 Effet Cerenkov


L’effet Cerenkov est un phénomène qui se produit lorsqu’une particule chargée
traverse un milieu d’indice de réfraction n. Si la vitesse des particules dépasse la
vitesse de la lumière dans le milieu (v = c/n), un rayonnement est alors observé. Ce
rayonnement s’appelle rayonnement Cerenkov. Prenons l’exemple d’un électron qui
traverse un milieu d’indice de réfraction n. L’électron subit une diffusion et émet un
photon γ. Le principe relativiste de conservation de l’impulsion s’écrit :
→ −
− → − → −
→ − → − →
Pe = Pe0 + Pγ ⇒ Pe0 = Pe − Pγ , (3.41)

32
on peut donc calculer :

→− →
Pe0 2 = Pe2 + Pγ2 − 2Pe .Pγ . (3.42)

→ −

Sachant que Pe = (m0 γ0 → −
v , E), et le photon étant une particule sans masse Pγ =
(→

pγ , Eγ /c). Ces expressions sont établi dans le repère propre de l’électron. Nous
obtenons au final :
2


= 2 m0 γ0 →

pγ .→

 
Pγ2 − v − m0 γ0 Eγ . (3.43)
c
La mécanique ondulatoire permet par la formule de de Broglie d’écrire l’impulsion
du photon comme pγ = h/λ qui peut s’écrire en terme de l’indice de réfraction du
milieu sous la forme suivante :
~ωn
pγ = . (3.44)
c
Comme l’énergie du photon ne varie pas en entrant un milieu, elle s’écrit γ = ~ω,
l’équation (3.43) devient :
2
ω ω

~ (n2 − 1) = 2m0 γ0 (nvcosα − c) , (3.45)
c c
où α représente l’angle formé par les trajectoires de l’électron et du photon. L’angle
α vérifie la relation suivante :
s
c hν (n2 − 1) v2
 
cosα = 1+ 1− 2 . (3.46)
nv c 2m0 c C
Il faut savoir que hν  2m0 c, ce qui permet d’écrire : cosα = v 0 /v. Lors de sont
mouvement, l’électron émet à chaque instant t un photon avec un angle α et une
vitesse v 0 . L’ensemble des trajectoires de ces photon forme un cône de demi-angle au
sommet θ qui vérifie sinθ = v/v 0 . La mesure de θ permet de remonter à la vitesse
des électrons v et ensuite à m0 qui permet d’identifier la particule.

33
3.6 Exercices d’application
3.6.1 Désintégration du pion neutre π 0
Prenons l’exemple de la désintégration d’un pion π 0 statique en deux photons
comme l’explique le diagramme. sur la figure (3.2). L’équation de désintégration
s’écrit :
π0 → γ + γ . (3.47)
La masse du pion est mπ0 c2 = 140M eV . Cherchons l’énergie des photons.

Figure 3.2 – Diagramme de Feynman de désintégration d’un pion neutre π0 en deux photons
γ.

La conservation de l’impulsion s’écrit dans le référentiel du centre de masse sous


la forme suivante :
−→ −→ −→
Pπ0 = Pγ1 + Pγ2 , (3.48)
−→ →

or Pπ0 = (mπ0 c2 /c, 0 ), ce qui permet d’écrire :

−→ −
→ E →
 
Pπ0 = 2Pγ = 2 ,−
p . (3.49)
c
Nous pouvons donc écrire l’équation vectorielle suivante :
! !
Emπ0 c
2 → c
= →− (3.50)

pγ 0

Nous déduisons :

2 = mπ0 c , (3.51)
c
ce qui donne au final l’énergie des photons émis :
1
Eγ = mπ0 c2 = 70M eV . (3.52)
2

34
3.6.2 Mouvement d’une particule chargée dans un champ
électrique uniforme
Soit une particule de charge q de vitesse initiale v0 = 0 dans un repère fixe R.


La particule est soumise à un champ électrique uniforme E orienté suivant l’axe
Ox.
1. En utilisant la définition d’une force, exprimer l’impulsion relativiste puis la
vitesse et fonction du temps.
2. Vérifier la limite classique.
3. Trouver la position x à tout instant t

Solution
1- Expression de l’impulsion et de la vitesse :
Partons de la relation fondamentale de la dynamique, en admettant que seule la
force électrostatique existe nous écrivons :
dP
F = = qE , (3.53)
dt
ce qui permet d’écrire :
dp = qEdt , (3.54)
l’intégration par rapport au temps nous conduit à l’expression de l’impulsion :

P = qEt . (3.55)

Par ailleurs, pour une particule relativiste l’impulsion s’écrit :


m0
P = mv = m0 γv = s  2 v . (3.56)
v
1− c

L’égalité des équations (3.55) et (3.56) permet d’écrire :

qE v
t= s . (3.57)
m0  2
v
1− c

Posons α = qE/m0 c2 pour simplifier. Après un certain nombre de manipulations,


nous écrivons :
t
v=c . (3.58)
1 + (αct)2
2- La limite classique s’obtient lorsque v  c et par conséquent β −→ 0 et
γ −→ 1. On obtient directement à partir de l’équation (3.57) la limite classique :
qe
v= t. (3.59)
m0

35
3- La position :
Ap̀artir de la relation v = dx/dt on peut écrire :
Z x
0
Z t
t0
dx = c dt0 . (3.60)
0 0 1 + (αct0 )2

L’intégration nous donne l’expression de la position x à tout instant t, elle s’écrit :


1 q 
x= 1 + (αct)2 − 1 . (3.61)
α

36
Chapitre 4

L’électromagnétisme relativiste

L’électromagnétisme classique est gouverné par les équations de Maxwell men-


tionnées dans le premier chapitre. Dans le même chapitre nous avons vu que ces
équations ne sont pas invariante sous une transformation de Galilée. Dans ce cha-
pitre nous allons voir le traitement relativiste de l’électromagnétisme et montrer
l’invariance des équations de Maxwell sous la transformation de Lorentz après les
avoir écris sous une nouvelle forme dite forme covariante.

37
4.1 Complément sur l’électromagnétisme classique
Les équations de Maxwell sous la forme locale s’écrivent (dans le vide) sous la
forme suivante :  →
− →− ρ
 ∇. E = ε

− →−

 0

∇. B = 0



− → − ∂B



 ∇ ∧ E = ∂t
 →
− → − →
− −



∇ ∧ B = µ0 j + µ0 ε0 ∂∂tE

La densité de charge et la densité de courant satisfont à l’équation de continuité qui


s’écrit :

− →− ∂ρ
∇. j + =0, (4.2)
∂t
cette équation assure la conservation de la charge totale. Toute particule de charge

− →

q en mouvement dans le champ électromagnétique formé par E et B est soumise à
la force de Lorentz :

− − − →
→ −
F = q( E + → v ∧ b). (4.3)


La force de Lorentz est conservative, elle dérive donc d’un potentiel. Comme F
est composée d’une partie électrique et une partie magnétique, cela induit que l’on
dispose de deux potentiels : le premier est scalaire électrique U , et le deuxième est


magnétique et dit potentiel vecteur A . Les deux relations suivantes permettent d’en
déduire le champ électrique et le champ magnétique à partir des potentiels scalaire
et vecteur, nous avons alors :



− →
− ∂A
E = − ∇U − , (4.4)
∂t
et :

− →
− →

B =∇∧A . (4.5)


Les potentiels U et A doivent être choisis dans le cadre de la jauge de Lorentz qui
s’écrit :

− →− 1 ∂U
∇. A + 2 =0. (4.6)
c ∂t
Dans le cadre de cette jauge les potentiels satisfont aux deux équations suivantes :

1 ∂ 2U −ρ
4U − 2 2
= , (4.7)
c ∂t ε0
et : →


− 1 ∂2 A →

4 A − 2 2 = −µ0 j . (4.8)
c ∂t
Résoudre ces équations sous les conditions du problème posé permet d’avoir expli-


citement la forme des deux potentiels U et A .

38
4.2 L’électromagnétisme dans l’espace de Minkowski :
Invariance des lois !
Une théorie physique est bien établie si ses lois sont invariantes. Les équations
de Mawxell gardent exactement la même forme dans l’espace de Minkowski. Il suffit
d’exprimer l’opérateur différentiel nabla dans l’espace de Minkowski. Nabla prend
la forme d’un quandrivecteur et est dit quadri-opérateur nabla. Il vaut :
−1 ∂
 
2
 c ∂ ∂t 

− −1 → −

 ∂x
 
H = 2
, ∇) =  ∂ 
 , (4.9)
c  ∂y 

∂z

Dans ce cas, le gradient d’une fonction scalaire f s’écrit :



− −1 ∂f → −
 
Hf = , ∇f , (4.10)
c2 ∂t


et la divergence d’un quadrivecteur C s’écrit :

− →
− →
− →

− →
→ − −1 ∂ C ∂C ∂C ∂C
H.C = 2 + + + . (4.11)
c ∂t ∂x ∂y ∂z
Ces considérations permettent de réécrire les grandeurs fondamentales de l’électromagnétisme
sous la forme covariante. Commençons par le quadri-courant qui regroupe la densité
de charge et la densité de courant et qui s’écrit :
ρc
 


− →
− j 
x
J = (ρc, j ) = 
  . (4.12)
 jy 
jz


La quadri-divergence de J est nulle :
− →
→ − ∂ρ → − →−
H. J = + ∇. j = 0 , (4.13)
∂t
cette écriture est la forme covariante de l’équation de conservation de la charge.
Le potentiel scalaire et le potentiel vecteur se regroupent en un quadrivecteur dit
quadri-potentiel qui s’écrit :
U 
c
U →− A 
 
 x
A= ,A = . (4.14)
 Ay 
 
c
Az
− →
→ −
Le quadri-potentiel possède une quadri-divergence nulle : H . A = 0, ce qui représente
la forme covariante de la jauge de Lorentz. Enfin, les équations de l’électromagnétisme
pour les potentiels s’écrivent :

− →

A = −µ0 J , (4.15)

39
et :
U = −µ0 ρc2 . (4.16)

− →− ∂ 2
Ici l’opérateur = H . H = 4 − c12 ∂t 2 est l’opérateur d’Alembertien. Les deux

équations se résument en une seule qui s’écrit :



− →

A = −µ0 J . (4.17)

4.3 Tenseur électromagnétique




Il nous reste maintenant à déterminer le champ électrique E et le champ

− →

magnétique B . Cela sont donnés à partir des potentiels U et A à travers les
équations (4.4) et (4.5). Ce sont deux équations vectorielle dont la forme explicite
s’écrit :



 Ex = −c ∂(U/c)
∂x
− c ∂A
c∂t
x

∂(U/c) ∂Ay
Ey = −c ∂y − c c∂t

Ez = −c ∂(U/c) − c ∂A

 z
∂z c∂t

et : 


 Bx = ∂Az
∂y
− ∂A
∂z
y

∂Ax
By = ∂z
− ∂A
∂x
z

∂Ay
− ∂A

 B =
 x
z ∂x ∂y

Utilisons maintenant les notations d’Einstein des indices muets µ, ν = 0, 1, 2, 3, avec :


t → 0, x → 1, y → 2, et z → 3. Notons aussi les dérivées sous la forme ∂x∂ µ = ∂µ .
Nous pouvons réécrire les composantes des champs électrique et magnétique sous la
forme suivante :  E
 c = −∂1 A0 − ∂0 A1
x

Ey
= −∂2 A0 − ∂0 A2
 Ecz

c
= −∂3 A0 − ∂0 A3

et : 

 Bx = ∂2 A3 − ∂3 A2
B = ∂3 A1 − ∂1 A3
 y

Bz = ∂1 A2 − ∂2 A1

40
L’utilisation des indices muets cités ci-dessus montre que dans le cas général, chaque
composante du champ électrique et du champ magnétique représente un élément
d’un tenseur d’ordre deux (deux indices) antisymétrique. Chacun de ces éléments est
noté Fµν = ∂µ Aν −∂ν Aµ . Le tenseur est noté F ,et est nommé tenseur électromagnétique.
Dans une représentation matricielle sous la convention de signature de l’espace de
Minkowski (+ − −−), il est représenté par la matrice 4 × 4 suivante :
Ey
 
Ex Ez
0 c c c
 −Ex
0 −Bz By 


F =  c (4.22)
 −Ey

 c BZ 0 −Bx 

−Ez
c
−By Bx 0



4.4 Transformation de Lorentz des champs E et


B
Soit donc deux repères Galiléens R fixe, et R0 en mouvement rectiligne uniforme

→ − →
suivant l’axe Ox. Les nouveaux champs E 0 et B 0 dans R0 ont pour composantes les
éléments 0µν du tenseur électromagnétique dans le même repère mobile. Déterminer
les nouvelles composantes des champs électrique et magnétique revient à déterminer
les nouveaux éléments du tenseur électromagnétique dans le repère R0 , qui sont
0
Fµ,ν = ∂µ0 A0ν −∂ν0 A0µ . Il est plus simple de travailler dans la représentation matricielle.
Un élément du tenseur électromagnétique sous transforme sous la forme suivante :

F 0µν = Λµρ Λνσ F ρ,σ , (4.23)

d’une manière plus simple et sous forme matricielle, nous écrivons :

F 0 = ΛF t Λ , (4.24)

où F t est la matrice transposée de F , et Λ la matrice élément du groupe de Lorentz


propre à la transformation choisie. Rappelons l’expression d’une telle matrice dans
le cas d’une translation spatiale suivant (Ox) :

γ −βγ 0 0
 
−βγ γ 0 0
Λ= 
(4.25)
 0 0 1 0
 

0 0 0 1

L’exécution d’un simple produit matriciel nous conduit au tenseur F 0 et à ces nou-
veaux éléments, les composants des champs électrique et magnétique :
Ex0 =


 Ex
Ey0 = γ(Ey − vBz )
 0

Ez = γ(Ez + vBy )

41
et :
Bx0 =


 Bx
0 β
By = γ(By + c Ez )
Bz0 = γ(Bz − βc Ey )

Il est possible d’examiner toutes les autres formes de transformation comme les
rotations et les boosts.
À la limite v  c nous avons les cas limites suivants :

→ →
− − → −
E 0 −→ E + → v ∧B , (4.28)

et : →


→0 →
− →
−v ∧E
B −→ B + . (4.29)
c2
D’une façon générale, pour une vitesse de direction quelconque, les composantes
parallèles et perpendiculaires des champs électrique et magnétique se transforme
sous la forme suivante :
Ek0 =
(
Ek
−→0 −→ →− →

E⊥ = γ(E⊥ + v ∧ B )

et :
Bk0 = 

 Bk
−→0 −→ −

v ∧E


 B⊥ = γ B⊥ − c 2

42
4.5 Exercice d’application
4.5.1 Champ électrique créé par un fil infini
On considère un fil infinie uniformément chargé suivant l’axe Ox. La densité
volumique de charge est ρ, la section du fil s est négligeable devant sa longueur l.
Par conséquent la densité devient linéique et s’écrit λ = ρs. Les charges contenues
dans le fil sont en mouvement rectiligne uniforme animées d’une vitesse → −
v = v→−
ex .

− →

Le mouvement de ces charges crée une densité de courant j = ρ v .
On considère deux référentiels, le premier est noté R lié au fil lui même (non pas
aux charges). Le deuxième est noté R0 est en translation uniforme suivant l’axe Ox
animé d’une vitesse relative v.
1. Donner l’expression du courant électrique dans le repère R.
2. Que vaut le courant dans le repère R0 ?
3. Écrire la matrice de transformation relative à cette transformation, que vaut
sa matrice inverse ?
4. Donner la relation entre les densités de charges ρ et ρ0 relatives à chaque
référentiel.
5. On choisi de travailler dans R0 dans lequel les charges sont immobiles. Le
théorème de Gauss permet d’avoir l’expression du champ électrique radiale

→ ρ0 s →−
E 0 (r) = 2πε 0r
er , le champ magnétique est nul pour des charges statiques.
Donner l’expression du tenseur électromagnétique F 0 d’éléments Fµν
0
exprimé
0
dans R
6. En déduire l’expression du tenseur F d’éléments Fµν exprimé dans R
7. En déduire l’expression du champ radial E(r) ainsi que les composantes du
champ magnétique exprimés dans le repère R.

Solution
1- Le courant dans R :
Le courant s’obtient par le flux du vecteur densité de courant à travers la section s :
− −
→ → ZZ → −

ZZ
I = ⊂⊃ j .dS = ⊂⊃ j −
ex .dS = js = ρvs . (4.32)
s s

2- Le repère R0 se déplace à la même vitesse que les charges en mouvement. Les


charges sont donc statique par rapport à R0 . Il en résulte que la densité de courant

−0
j = 0 et donne donc un courant nul I = 0.

3- La transformation de Lorentz dans cet exercice est une translation spatiale


suivant l’axe Ox, la matrice de transformation s’écrit :

γ −βγ 0 0
 
−βγ γ 0 0
Λ= (4.33)
 
 0 0 1 0

0 0 0 1

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La matrice inverse s’obtient facilement, nous écrivons :

γ βγ 0 0
 
βγ γ 0 0
Λ−1 = 
(4.34)
 0 0 1 0
 

0 0 0 1
4- Relation entre les deux densités :
La charge électrique Q est exactement la même dans les deux référentiels, c’est le
volume mesuré dans chacun d’eux qui diffère. Dans R la charge vaut Q = ρV , et
dans R0 la charge vaut Q = ρ0 V 0 . L’égalité nous permet d’écrire :
ρV = ρ0 V 0 ⇒ ρsl = ρ0 sl0 , (4.35)
or la longueur l mesurée dans R et la longueur l0 mesurée dans R0 sont reliées par
la loi des contractions des longueurs l0 = γl. Nous écrivons alors :
ρl = ρ0 γl , (4.36)
nous avons au final :
ρ = γρ0 . (4.37)
0
5- Nous restons dans la convention choisi dans ce chapitre. Dans R les charges
sont statiques et par conséquent les composantes du champs magnétique Bi0 sont tous
nulles (i = x, y, z). Les coordonnées polaires permettent d’avoir les composantes du
champs électrique. Il faut noté que le champ est nul suivant l’axe Ox par symétrie
axiale. Nous écrivons :

Ex0 =


 0
0 0
Ey = E (r)cosθ
 0
Ez = E 0 (r)sinθ

Nous pouvons alors déduire le tenseur électromagnétique F 0 qui s’écrit :


E 0 (r)cosθ E 0 (r)sinθ
 
0 0 c c
0 0 0 0
 
0
 
F =  0
 −E (r)cosθ
 (4.39)
 c
0 0 0 

−E 0 (r)sinθ
c
0 0 0
6- Il est possible d’en déduire le tenseur F à partir de F 0 en exécutant le produit
matriciel suivant :
F = Λ−1 F 0 Λ−1 . (4.40)
Après calcul nous obtiendrons :
0 0
γ E (r)cosθ γ E (r)sinθ
 
0 0 c c
0 E 0 (r)sinθ 
0 0 βγ E (r)cosθ βγ

 
F = c c (4.41)
 −E 0 (r)cosθ E 0 (r)cosθ

γ c
−βγ c
0 0 

0 E 0 (r)sinθ
γ −E (r)sinθ
c
−βγ c
0 0

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7- Le champ électrique radial dans le repère R s’écrit en comparant les deux
tenseurs électromagnétiques, on trouve :

ρ0 s ρs
E(r) = γE 0 (r) = γ = . (4.42)
2πε0 r 2πε0 r
Les composantes du champ magnétiques sont :

E 0 (r)sinθ
By = βγ , (4.43)
c
et :
E 0 (r)cosθ
Bz = −βγ , (4.44)
c
la composante Bx est nulle.

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Références bibliographiques

1. Mohamed Bendaoud : Relativité restreinte, OPU (Alger).


2. L. Landau : Théorie des champs, Editions Mir (Moscou).
3. Jackson : Electrodynamique Classique, 2001, Dunod (Paris).
4. J. D. Cresser : Lecture notes on special relativity, Macquarie University
(2005).
5. Pierre Salati : Relativité restreinte, Université de Savoie Mont-Blanc (2020).
6. F. Faure : Notes de cours d’introduction à la relativité restreinte : Université
de Joseph Fourier Grenoble (2002).

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