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Aqueducs et thermes romains en Tunisie

Le document décrit les systèmes d'eau et d'installations hydrauliques à l'époque romaine, en se concentrant sur l'aqueduc de Zaghouan, les citernes de la Malga et les thermes publics. L'aqueduc, long de 132 km, acheminait l'eau jusqu'à Carthage, tandis que les citernes servaient de point d'arrivée principal pour l'eau. Les thermes romains, quant à eux, étaient des centres sociaux et de santé, comprenant plusieurs salles pour différents types de bains.

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Aqueducs et thermes romains en Tunisie

Le document décrit les systèmes d'eau et d'installations hydrauliques à l'époque romaine, en se concentrant sur l'aqueduc de Zaghouan, les citernes de la Malga et les thermes publics. L'aqueduc, long de 132 km, acheminait l'eau jusqu'à Carthage, tandis que les citernes servaient de point d'arrivée principal pour l'eau. Les thermes romains, quant à eux, étaient des centres sociaux et de santé, comprenant plusieurs salles pour différents types de bains.

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EAU ET INTALLATIONS HYDRAULIQUES À L’ÉPOQUE

ROMAINE
1- L’aqueduc de Zaghouan :
L’aqueduc1 de Zaghouan a dû être achevé au plus tard en 162 ap. J.-C. Du
grand nymphée2 sort la principale branche de l’aqueduc qui se dirige
ensuite vers Mogurone où elle se joint à une deuxième branche venant de
la source de Aïn Jouggar. Une troisième branche prend sa source à Aïn
Jour et, à quelques kilomètres au nord de Mogurone, rejoint l’aqueduc. À
partir du point de jonction, les trois branches constituent la conduite
principale qui amenait l’eau jusqu’à Carthage. Le tracé de l’aqueduc est
souvent à fleur du sol ; mais il est tantôt enterré, tantôt porté sur des piliers.
Au total, 17 km du tracé sont portés, dans différentes sections sur des
arcades. Long de 4,5 km, le pont-aqueduc sur l’oued Miliane et dans sa
plaine reste le plus monumental. Son tronçon sur le lit de l’oued se
distingue par ses deux étages d’une hauteur totale de 34 m. La conduite est
dotée de dispositifs hydrauliques de contrôle, d’aération et de régulation.
Après un parcours total d’environ 132 km, l’aqueduc arrive à Carthage,
dans les citernes de la Malga, situées au nord-nord-ouest de la colline de
Byrsa.

1
L’aqueduc est un conduit en maçonnerie permettant d’acheminer l’eau dans une cité depuis
une source parfois distante de plusieurs dizaines de kilomètres. Le tracé de l’aqueduc doit être
le plus direct et le plus court possible. C’est la raison pour laquelle l’aqueduc peut tour à tour
prendre la forme d’un pont pour franchir les vallées mais également d’un canal souterrain
pour traverser montagnes ou collines.
2
Un nymphée est un bassin recevant une source considérée à l'origine comme sacrée.
1
2- Les citernes de la Malga :
Au nord de la ville romaine se situent de vastes citernes relativement bien
conservées. Elles formaient le point d’arrivée principal des aqueducs qui
alimentaient la cité, dont le fameux aqueduc de Zaghouan.
Ces grandes citernes étaient reliées au vaste complexe des thermes
d’Antonin par des canalisations surtout souterraines.
De forme rectangulaire de 130,75 m de long (Est-Ouest) et 101,95 m de
large, l’ensemble est composé de seize compartiments dont quinze, sont
accolés longitudinalement et le seizième se trouvant en position
transversale. Exception faite du compartiment qui délimite à l’ouest le
réservoir et qui a 90 m de longueur, les compartiments longitudinaux
ayant, chacun, 100 m de long sur 7,40 m de large. Le compartiment
transversal, d’orientation est-ouest ayant 132 m de long sur 3,5 m de large.

2
3-Les thermes publics romains :
Les thermes3 publics romains occupaient une place importante dans les
cités romaines. Ils étaient aussi des centres des activités, sportive ainsi que
sociale et intellectuelle. Chaque cité possédait donc des thermes de
quartier, ainsi qu’un établissement central, plus important, qui comptait
parmi ses édifices les plus vastes, les plus solides et les plus décorés. Les
thermes comportaient toujours un certain nombre de salles indispensables
au déroulement du bain selon l’usage romain. Leur plan, souvent simple et
linéaire, comprenait quatre pièces essentielles se succédant dans cet ordre :
d’abord un vestibule servant en même temps de vestiaire ou apodyterium4,
puis une grande salle froide ou frigidarium5, dotée d’un bassin d’eau
froide, ensuite une pièce de transition à température tiède ou tepidarium6,
destinée à préparer l’usage à la grande chaleur d’une salle cruciforme, ou

3
Les thermes romains sont des établissements abritant les bains privés ou publics qui
participent au maintien de la santé publique en permettant aux populations de se laver dans de
bonnes conditions d'hygiène.
4
L’apodyterium est une salle qui constitue un vestiaire disposant de nombreuses niches au
sein des murs, où l'on déposait ses effets personnels. Cette pièce était gardée par des esclaves
du fait des vols relativement fréquents.
5
Le frigidarium était la partie des thermes où l'on pouvait prendre des bains d'eau froide. Elle
était la première salle de bains des thermes.
6
Le tepidarium était la partie des thermes où l'on pouvait prendre des bains tièdes. C’est
l'intermédiaire entre le caldarium et le frigidarium.
3
caldarium7, équipée de bassins d’eau chaude. À côté de ce schéma linéaire
existaient d’autres plans : dans certains cas, les pièces étaient ordonnées de
part et d’autre du frigidarium, qui occupait une position axiale.
Les grands établissements thermaux exigeaient en revanche des solutions
plus élaborées pour permettre l’accès des foules et organiser leur
circulation à l’intérieur. Les architectes multiplièrent les entrées et, surtout,
conçurent un plan symétrique reposant le dédoublement de salles, les
thermes d’Antonin à Carthage appliquaient cette formule d’une manière
remarquable.

7
Le caldarium était la partie des thermes où l'on pouvait prendre des bains chauds.
4
LES BASSINS DES AGHLABIDES À KAIROUAN

Ces bassins faisaient partie d’une quinzaine de bassins qui se trouvaient


extra-muros et qui approvisionnaient la ville de Kairouan en eau. Leur
alimentation se faisait par le drainage des eaux de pluie provenant des
affluents de l’oued Merguelil. Ses eaux étaient captées par de petits
barrages et un canal d’adduction qui les amenait jusqu’au petit bassin. Les
Kairouanais disposaient généralement de puits et de citernes dans leurs
maisons ; et il semble que l’eau récupérée dans ces bassins servait en
période de sécheresse aux plus pauvres parmi la population, mais aussi à
approvisionner les caravanes et abreuver les troupeaux. Ces fameux
bassins furent édifiés en 246-248H/860-862 J.-C, par le prince aghlabide
Abou Ibrahim Ahmed. Ils sont construits en moellons revêtus d’un enduit.
Ils se composent de trois organes :
-Le petit bassin : de 17 m de diamètre, est circonscrit dans un mur
polygonal constitué de 17 contreforts intérieurs et 26 contreforts extérieurs
qui s’alternent et permettent ainsi de consolider l’édifice afin de résister à
la pression des eaux. Ce bassin, d’une contenance de 4 000 m3, sert à
décanter les eaux des débris.
-Le grand bassin : de forme polygonale, il est flanqué de 64 contreforts
internes et 118 externes. De 128 m de diamètre et 4,8 m de profondeur, sa
contenance dépasse les 57 000 m3. Ce grand bassin sert au stockage des
eaux nécessaires aux besoins de la vie quotidienne.
-Les citernes de puisage : Elles sont constituées par deux réservoirs
parallèles et perpendiculairement adossés aux bassins. Elles sont couvertes

5
de voûtes8 en berceau9 soutenues par des arcs- doubleaux10 qui reposent
sur des piliers11. Six ouvertures, placées aux sommets des voûtes,
permettent d’y puiser de l’eau. Ces bassins sont un rappel de la gloire de la
ville et de sa lutte passée contre la soif et le manque en eau.

8
Une voûte est un ouvrage architectural constitué d'un plancher construit en brique, moellon,
pierre, ou en béton, dont le dessous est fait en arc.
9
La voûte en berceau est une voûte qui présente la face de son arc faite d'une courbure
constante ; elle est également définie comme une voûte dont la surface est un cylindre
continu.
10
Un arc-doubleau ou arcdoubleau est un arc perpendiculaire à l’axe de la voûte et appuyé
contre la face intérieure des murs (il double la voûte).

11
Un pilier est un organe architectural sur lequel se concentrent de façon ponctuelle les
charges de la superstructure (par exemple les charges d'une charpente ou celles
des maçonneries des niveaux supérieurs). Il s'agit d'un support vertical maçonné.

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