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Sommes et propriétés du triangle de Pascal

Le document présente diverses méthodes pour sommer des coefficients binomiaux dans le triangle de Pascal, en explorant les sommes sur les lignes, colonnes, et diagonales. Quatre propositions principales sont démontrées, chacune illustrant des résultats intéressants liés aux sommes des coefficients. En particulier, les diagonales montantes sont liées à la suite de Fibonacci, montrant une connexion inattendue entre ces deux concepts mathématiques.

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Sommes et propriétés du triangle de Pascal

Le document présente diverses méthodes pour sommer des coefficients binomiaux dans le triangle de Pascal, en explorant les sommes sur les lignes, colonnes, et diagonales. Quatre propositions principales sont démontrées, chacune illustrant des résultats intéressants liés aux sommes des coefficients. En particulier, les diagonales montantes sont liées à la suite de Fibonacci, montrant une connexion inattendue entre ces deux concepts mathématiques.

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Quelques sommes relatives au triangle de Pascal

Marc Lorenzi

11 septembre 2025

Introduction

Voici le triangle de Pascal (enfin, une partie de celui-ci). À la ligne n et à la colonne k, on trouve
n
k .

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
1 1 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
2 1 2 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
3 1 3 3 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
4 1 4 6 4 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
5 1 5 10 10 5 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
6 1 6 15 20 15 6 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0
7 1 7 21 35 35 21 7 1 0 0 0 0 0 0 0 0
8 1 8 28 56 70 56 28 8 1 0 0 0 0 0 0 0
9 1 9 36 84 126 126 84 36 9 1 0 0 0 0 0 0
10 1 10 45 120 210 252 210 120 45 10 1 0 0 0 0 0
11 1 11 55 165 330 462 462 330 165 55 11 1 0 0 0 0
12 1 12 66 220 495 792 924 792 495 220 66 12 1 0 0 0
13 1 13 78 286 715 1287 1716 1716 1287 715 286 78 13 1 0 0
14 1 14 91 364 1001 2002 3003 3432 3003 2002 1001 364 91 14 1 0
15 1 15 105 455 1365 3003 5005 6435 6435 5005 3003 1365 455 105 15 1
Il y a 4 façons « simples » d’additionner des coefficients binomiaux.
• Sommer sur une ligne.
• Sommer sur une colonne, en s’arrêtant à une ligne donnée.
• Sommer sur une diagonale « descendante », en s’arrêtant à une ligne donnée.
• Sommer sur une diagonale « montante ».
Dans chacun des 4 cas, on obtient un résultat intéressant.

1
Lignes

La première possibilité est la plus connue. La somme des nombres en rouge sur la ligne 7 est
égale à 128 = 27 .

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
1 1 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0
2 1 2 1 0 0 0 0 0 0 0 0
3 1 3 3 1 0 0 0 0 0 0 0
4 1 4 6 4 1 0 0 0 0 0 0
5 1 5 10 10 5 1 0 0 0 0 0
6 1 6 15 20 15 6 1 0 0 0 0
7 1 7 21 35 35 21 7 1 0 0 0
8 1 8 28 56 70 56 28 8 1 0 0
9 1 9 36 84 126 126 84 36 9 1 0
10 1 10 45 120 210 252 210 120 45 10 1

Proposition 1. Pour tout n ∈ N,


n
!
X n
= 2n
k=0
k

Démonstration. Par la formule du binôme,


n n
! !
n n
X n k n−k X n
2 = (1 + 1) = 1 1 =
k=0
k k=0
k

2
Colonnes

La somme des coefficients de la colonne 4, jusqu’à la ligne 9, est égale à 252, qui est justement
10
5 .

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
1 1 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0
2 1 2 1 0 0 0 0 0 0 0 0
3 1 3 3 1 0 0 0 0 0 0 0
4 1 4 6 4 1 0 0 0 0 0 0
5 1 5 10 10 5 1 0 0 0 0 0
6 1 6 15 20 15 6 1 0 0 0 0
7 1 7 21 35 35 21 7 1 0 0 0
8 1 8 28 56 70 56 28 8 1 0 0
9 1 9 36 84 126 126 84 36 9 1 0
10 1 10 45 120 210 252 210 120 45 10 1
Exercice. Avant de tourner la page, deviner quelle proposition nous allons énoncer, puis dé-
montrer, à la page suivante.
Pour tous n, k ∈ N,
?
!
X ?
=?
j=?
?

3
Proposition 2. Pour tous n, k ∈ N,
n
! !
X j n+1
=
j=0
k k+1

Démonstration. Montrons par récurrence sur n que pour tout n ∈ N,


n
! !
X j n+1
∀k ∈ N, =
j=0
k k+1

0 Soit k ∈ N.
0
! !
X j 0
=
j=0
k k
1 
Si k = 0, cette quantité vaut 1. Sinon, elle vaut 0. Il en est de même pour k+1 .

n → n + 1 Soit n ∈ N. Supposons que pour tout k ∈ N,


n
! !
X j n+1
=
j=0
k k+1

Soit k ∈ N. On a
n+1 n
! ! !
X j X j n+1
= +
j=0
k j=0
k k
! !
n+1 n+1
= +
k+1 k
!
n+2
= +
k+1

4
Diagonales descendantes

Que se passe-t-il lorsqu’on somme des coefficients binomiaux sur une diagonale descendante ?
La somme des coefficients en rouge ci-dessous est égale à 210 = 10
6 .

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
1 1 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0
2 1 2 1 0 0 0 0 0 0 0 0
3 1 3 3 1 0 0 0 0 0 0 0
4 1 4 6 4 1 0 0 0 0 0 0
5 1 5 10 10 5 1 0 0 0 0 0
6 1 6 15 20 15 6 1 0 0 0 0
7 1 7 21 35 35 21 7 1 0 0 0
8 1 8 28 56 70 56 28 8 1 0 0
9 1 9 36 84 126 126 84 36 9 1 0
10 1 10 45 120 210 252 210 120 45 10 1

Pour tous n, k ∈ N,
?
!
X ?
=?
j=?
?

5
Proposition 3. Pour tous n, k ∈ N,
k
! !
X n+j n+k+1
=
j=0
j k

Démonstration. Montrons par récurrence sur k que pour tout k ∈ N,


k
! !
X n+j n+k+1
∀n ∈ N, =
j=0
j k

0 Soit n ∈ N. On a
0
! ! !
X n+j n n+1
= =1=
j=0
j 0 0

k → k + 1 Soit k ∈ N. Supposons que pour tout n ∈ N,

k
! !
X n+j n+1
=
j=0
j k

Soit n ∈ N. On a
k+1 k
! ! !
X n+j X n+j n+k+1
= +
j=0
j j=0
j k+1
! !
n+k+1 n+k+1
= +
k k+1
!
n+k+2
=
k+1

6
Diagonales montantes

Terminons par les diagonales montantes. C’est là que l’on obtient le résultat le moins intuitif. Soit
(Fn )n∈N la suite de Fibonacci définie par F0 = 0, F1 = 1 et, pour tout n ∈ N, Fn+2 = Fn+1 + Fn .
Voici les premiers termes de la suite de Fibonacci.

n 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13
Fn 0 1 1 2 3 5 8 13 21 34 55 89 144 233

Nous allons montrer qu’en sommant les diagonales montantes du triangle de Pascal, on obtient
les termes de la suite de Fibonacci. Par exemple, la somme des 13 nombres de la diagonale
montante numéro 12 est
! ! ! ! ! !
12 11 10 2 1 0
+ + + ... + + +
0 1 2 10 11 12
= 1 + 11 + 45 + 84 + 70 + 21 + 1 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0 + 0
= 233
= F13

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
1 1 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
2 1 2 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
3 1 3 3 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0
4 1 4 6 4 1 0 0 0 0 0 0 0 0
5 1 5 10 10 5 1 0 0 0 0 0 0 0
6 1 6 15 20 15 6 1 0 0 0 0 0 0
7 1 7 21 35 35 21 7 1 0 0 0 0 0
8 1 8 28 56 70 56 28 8 1 0 0 0 0
9 1 9 36 84 126 126 84 36 9 1 0 0 0
10 1 10 45 120 210 252 210 120 45 10 1 0 0
11 1 11 55 165 330 462 462 330 165 55 11 1 0
12 1 12 66 220 495 792 924 792 495 220 66 12 1

Pour tout n ∈ N,
?
!
X ?
=?
k=?
?

7
Proposition 4. Pour tout n ∈ N,
n
!
X n−k
= Fn+1
k=0
k

Démonstration. Montrons ce résultat par une récurrence à deux termes sur n.


0
! !
X n−k 0
0 = = 1 = F1
k=0
k 0
1
! ! !
X n−k 1 0
1 = + = 1 = F2 .
k=0
k 0 1

n, n + 1 → n + 2 Soit n ∈ N. Supposons

n
!
X n−k
(Hn ) = Fn+1
k=0
k

n+1
!
X n+1−k
(Hn+1 ) = Fn+4
k=0
k
On a alors
n+2 n+1
! !
X n+2−k X n+2−k
= 1+ +0
k=0
k k=1
k
n+1 n+1
! !
X n+1−k X n+1−k
= 1+ +
k=1
k−1 k=1
k
= 1 + S1 + S2

Dans S1 , posons j = k − 1. Par Hn ,


n
!
X n−j
S1 = = Fn+1
j=0
j

Par ailleurs, par Hn+1 , !


n+1
S2 = Fn+2 − = Fn+2 − 1
0
Ainsi,
n+2
!
X n+2−k
= 1 + Fn+1 + (Fn+2 − 1) = Fn+3
k=0
k

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