LE JOUR DU MARIAGE
Début acte 1: La mariée va au lieu de la cérémonie
Int - chambre d’hôtel - jour (14H15)
(Vue de dessus- la caméra entre dans la chambre par une fenêtre)
Scène 1: Présentation de la scène
La scène s’ouvre dans une petite chambre d’hôtel, à la décoration à la fois modeste et décente,
dans laquelle on peut observer un groupe de personnes entassées les unes sur les autres qui
chahutent ici et là dans une humeur festive, sous une chaleur de plomb qui incendiait toute la
pièce.
Tsétein, une jeune femme de vingt-cinq ans, est confortablement assise sur une chaise en face
d’un miroir, les yeux fermés et la mine sereine, profitant clairement des soins de la
maquilleuse, qui lui applique les dernières retouches avant le “ok” final. Elle est déjà parée
de ses plus beaux ornements, porte une belle robe blanche, et arbore une coiffure réalisée avec
des mèches humaines attachées sous forme de chignon.
La maquilleuse est une femme rondouillette dans la trentaine passée, avec un visage recouvert de
boutons, et porte un vieux jogging gris qui vire au sale.
La mère et la tante de la mariée, debout à côté d’elles, admirent le travail effectuée par la
maquilleuse.
La mère de la mariée, est une assez belle femme de quarante-cinq ans, petite de corps et
coquette, avec un beau tailleur beige.
La tante de la mariée c’est-à-dire la petite soeur de sa maman, quand à elle est plutôt
ronde,peu apprétée et porte un ensemble pagne quelconque qui la vieillit.
On pouvait voir dans un coin de la pièce en train de prendre des photos, Mengue, un cousin
maigrelet d’une vingtaine d’années, aux allures efféminées.
Et enfin, assis sur le lit, et manipulant un téléphone, Junior, le fils de sept ans de la tante
de Tsétein.
Scène 2: Tsétein admire sa mise en beauté et se fâche contre la famille.
Tsétein, ouvre les yeux, et découvre dans le miroir le reflet d’une belle et jeune femme noire
aux allures de poupée. Elle écarquille les yeux d’étonnement, se lève doucement et machinalement
de la chaise sur laquelle elle se trouve, et se rapproche progressivement du miroir qui est posé
au sol.
Arrivée assez près du miroir, elle s’arrête un moment, et touche timidement son visage, puis se
redresse subitement, reste figée durant quelques secondes, et commence à tournoyer sur
elle-même.
Elle s’arrête net lorsqu’à son nez parvient une odeur affreuse.
(Plan rapproché sur son nez)
Son nez et sa bouche se plissent pour former une moue de dégoût.
Tsétein se retourne d’un pas brusque, dos au miroir, et faisant face à son assemblée, la fixe
avec une mine d’énervement. L'assemblée, sursautante et curieuse, regarde la jeune dame yeux
écarquillés. Tsétein s’approche de sa mère, qu’elle tire à l’écart.
(Tsétein et sa mère chuchotent)
(L’assemblée en fond les regarde curieusement, sans pouvoir entendre distinctement ce qu’elles
se disent)
Tsétein
Maman, ils viennent encore de péter! je ne les supporte plus! Je sais que c’est ta famille, mais
j’en ai marre de tous ces villageois. Ça pète, ça sent et ça passe le temps à dire des bêtises
tout le temps! (en faisant des grands gestes des mains)
(L’assemblée en fond se désintéresse de leur conversation. La maquilleuse quitte la pièce et se
dirige vers les toilettes, la tante dodue s’assoeit sur la chaise de la mariée, Junior à la tête
plongée dans le téléphone, et Mengue s’est couché sur le lit .)
La mère
Pour l’instant, tu vas devoir faire avec! C'est ma famille et on a encore besoin d’eux. Attends
jusqu'au mariage, tu pourras après faire tout ce que tu veux, après que tu auras épousé notre
bel ép…(elle le dit avec les yeux levés au ciel, et s’imagine dans une robe de mariée avec le
fiancé de sa fille)
Tsétein lance un regard à sa mère.
Tsétein
Notre bel quoi??
La mère lance une main à sa fille et répond.
(la tante de tsétein en fond se lève de sa chaise et va s’allonger sur le lit)
La mère
Aka laisse moi ma fille, un lapsus. Écoute, tu vas faire abstraction de ces comportements
désagréables, on doit faire vite et arriver à la mairie à 15H30 au plus tard, le mariage c’est à
15H00. Là, il est déjà 14H20 à mon montre( en regardant sa montre).
Tsétein et sa mère se retournent.
Sa mère s’éloigne d’elle, et va aux toilettes, tandis que Tsétein va s’asseoir sur sa chaise.
Tsétein, calmée, regarde avec un léger sourire, son joli visage dans la glace, mais remarque une
plissure qui s’est formée sur sa peau sous l’effet du fond de teint, et interpelle la
maquilleuse qui s’empresse d’arranger tout ça.
La maquilleuse arrange le maquillage à coup de blender et de fards à paupières, et applique sur
son visage un spray.
La maquilleuse
c’est bon ma chérie, on a fini.
Scène 3: Ils vont tous à la mairie
(La mère de la mariée tape des mains)
La mère de la mariée
Allez, c’est déjà fini, tout le monde dehors, la voiture est déjà là, on ne doit pas trop faire
attendre notre mari (dit-elle en riant)
(Ils sortent tous de la pièce en adressant un petit mot à la mariée).
La tante de la marié
Iiikiii ma chérie tu es belle jusqu’aannnn (elle sort en arrêtant son fils en main)
En fond, la maquilleuse range ses affaires.
Tsétien
Merci tantine Rose.
Le cousin
Hum, tu ressembles déjà à quelque chose.
Tsétien
Mdr merci laideron( dit-elle avec un sourire narquois)
(L’expression faciale du cousin bascule légèrement vers l’énervement, et il sort)
La maquilleuse quitte la pièce.
Le téléphone de la mère de la mariée vibre. Sur le téléphone, est affiché le nom complet de son
mari (Doumtsé Bernard. On peut également voir lorsqu’elle baisse sa fenêtre de notifications 20
appels en absence).
Le père de la mariée demande par message: “ vous êtes à quel niveau????”
La mère de la mariée range son téléphone dans le sac sans répondre au message.
Tsétein est en train de sortir de la pièce quand sa mère l’interpelle.
La mère de la mariée
Ma sté attends
La mère se rapproche de sa fille qui était déjà devant la porte de la chambre, et lui prend les
deux mains, en la regardant dans les yeux, elle pose son front sur le sien, et continue à la
regarder fixement.
Des larmes coulent de ses joues.
Tsétein regarde sa mère, et à son tour, ses yeux se mouillent de larmes.
La mère de la mariée
je suis fière de toi ma fille, tu vas enfin te marier avec l’homme parfait. Tu ne vivras pas ma
vie. Tu n’as pas souffert pour obtenir l’homme que tu voulais.
La mère de la mariée retire sa tête sur celle de sa fille.
La mère de la mariée
Tu sais à quel point j’ai bataillé pour avoir ton père, tu n’as pas souffert comme moi je suis
contente, tu obtiendras tout ce que tu voudras, et ton mari pourra céder à tous nos
caprices(dit-elle en sautant presque de joie)
Tsétein
Hum, mama, c’est d’abord mon mari hein, pas le tien.
La mère esquisse une légère moue, mais revient vite à une mine plus joyeuse.
La mère prend sa fille dans ses bras, puis la fille se retire doucement de l’étreinte.
Tsétein
Oui je sais mama, on a fait plein de choses toi et moi. On a dû se battre contre plein de
personnes, mais toujours à deux. Si on en est là aujourd’hui c’est parce qu’on a su faire ce
qu’il fallait pour obtenir ce qu’on voulait, et on est sur le point de concrétiser l’un de nos
projets.
Les deux femmes sourient, puis sortent de la pièce en emportant quelques affaires.
Scène 4: Tsétein entend une voix.
Int - voiture- jour (14H40)
Il est 14H40 de l’après-midi, il fait chaud, et pour ne rien arranger la mariée et sa suite se
trouvent tous entassé dans un taxi, coincés dans des embouteillages monstres.
À l'arrière de la voiture, il y a la mariée, à côté d’elle sa mère et son cousin. Et devant, la
tante corpulante qui porte sur ses genoux, son fils toujours concentré sur le téléphone.
La voiture stagne depuis déjà 15 min, il est déjà 15H00, et toutes les deux minutes la mariée et
sa mère reçoivent des appels.
(il y a du bruit en fond, klaxonnement de voitures, bruits de ville, conducteurs énervés qui
crient ici et là)
Tsétein
Mince!!! ça c’est quels embouteillages ça nor, nous ne sommes même pas loin de la mairie!
La mariée est stressée, elle bouge du pied et transpire beaucoup. L’embouteillage semble
persister, il y a vraiment des bouchons sur la route, pas moyen de passer.
La mère de la mariée
Je t’assure! c’est grave ( dit-elle, en jetant un coup d’oeil par la fenêtre de la voiture). On
va même arriver là bas aujourd’hui??
La tante
Je te dis, pourtant la mairie n’est même pas loin hein. Si la route était libre, il y a
longtemps que nous serions arrivés.
Tsétein dépose son bras sur la portière.