Introduction aux Nombres Complexes
Introduction aux Nombres Complexes
À propos du module UE2. Le programme qui figure dans le syllabus est presque
entièrement contenu dans le programme de terminale. D’autre part, les étudiants de
UE2 sont tous les étudiants qui s’orienteront vers des matières diverses, y compris biolo-
gie (portails IA et IB). Ce module a donc pour objectif la consolidation des “acquis” de
terminale, sous une forme précise et rigoureuse ; plus quelques compléments nécessaires
pour les sciences exactes. Ce n’est pas un module de mathématiques théoriques : tout
est fait rigoureusement mais tout n’est pas prouvé.
Comme prévu dans le syllabus, la logique et la théorie des ensembles ne sont pas
traitées à part. On introduit le vocabulaire au fur et à mesure des besoins, mais le
vocabulaire devra être acquis.
Ce polycopié s’appuie lourdement sur le manuel suivant, qui a en partie été écrit par des
enseignants de l’Université Paul Sabatier :
“Mathématiques. Tout-en-un pour la Licence. Niveau L1” sous la direction de Jean-Pierre Ra-
mis et André Warusfel, Éditions Dunod.
Ce livre coûte 49 euros pour près de 900 pages, mais il n’est absolument pas nécessaire de
l’acheter. Il est consultable à la Bibliothèque Universitaire, et les étudiants pourront y trouver
de nombreux compléments, éclaircissements et exercices supplémentaires.
Il est parfois cité comme référence des différents chapitres du polycopié sous le nom de “L1,
module ...” (dans cette collection, les chapitres sont appelés modules).
Signalons qu’il existe un autre ouvrage de qualité pour le L1, écrit dans un style un peu différent :
“Mathématiques, L1”, sous la direction de Jean-Pierre Marco, Éditions Pearson.
1
Chapitre 1
Nombres complexes
Nous dirons que le complexe z est réel si Im(z) = 0, i.e. s’il est de la forme a + i0
avec a ∈ R. On convient alors d’identifier a ∈ R au complexe a + i0 ; nous verrons plus
2
loin pourquoi cette identification est licite. Nous dirons que le complexe z est imaginaire
pur si Re(z) = 0, i.e. s’il est de la forme 0+ib avec b ∈ R. On l’écrit alors simplement ib.
Exercice: Tout complexe est-il réel ou imaginaire pur ? Existe-t-il des complexes réels
et imaginaires purs ?
Exercice: Est-il vrai que que Re(x + iy) = x dans C ? (Il y a un piège.)
3
vertu de l’égalité presque aussi évidente : (a + i0)(a 0 + i0) = (aa0 ) + i0. C’est pour cela
que l’on a déclaré que l’identification de a à a + i0 était “licite” : elle ne cause pas de
contradiction entre les calculs.
On les résume en disant que Re et Im sont des “morphismes” du groupe (C, +) sur le
groupe (R, +).
À tout z ∈ C, on associe son point image [z] : c’est l’unique point M du plan tel
−−→
que OM = x~u + y~v . À tout point M (x, y), on associe son affixe (mot féminin, comme
abcisse et ordonnée) : Aff(M ) := x + iy. Ces deux applications sont réciproques l’une
de l’autre, donc bijectives. On a donc une bijection entre l’ensemble C des nombres
complexes et le “plan d’Argand-Cauchy” Π.
−→
À tout z ∈ C, on associe son vecteur image [z] : c’est le vecteur x~u + y~v . À tout
vecteur V ~ (x, y), on associe son affixe : Aff(V
~ ) := x + iy. Ces deux applications sont
réciproques l’une de l’autre, donc bijectives. On a donc une bijection entre l’ensemble
→
−
C des nombres complexes et le “plan vectoriel” Π .
Exercice: Quels sont les affixes des points de la droite passant par [z 0 ] et de vecteur
−
→
directeur [z] ?
4
1.1.3 Conjugaison
Le nombre complexe conjugué de z = x + iy est le complexe z := x − iy. (Si
x, y ∈ R !). L’opération de conjugaison vérifie un certain nombre de propriétés, ou
règles de calcul :
z = z,
z+ z0 = z + z0,
zz 0 = zz 0 ,
∀λ ∈ R , λz =
λ z,
1
Re(z) = (z + z),
2
1 i
Im(z) = (z − z) = (z − z),
2i 2
z ∈ R ⇐⇒ z = z,
z ∈ iR ⇐⇒ z = −z.
La norme algébrique du complexe z est N (z) := zz, qui est un réel 1 . En représentation
cartésienne :
N (x + iy) = x2 + y 2 .
Les propriétés suivantes sont faciles à vérifier : la norme algébrique N (z) est un réel
positif ou nul, qui s’annnule si, et seulement si, z = 0. On a N (z) = N (z) et N (zz 0 ) =
N (z)N (z 0 ). Enfin, si z 6= 0, on peut utiliser N (z) pour calculer l’inverse :
z x − iy
z −1 = , ou encore : (x + iy)−1 = 2 ·
N (z) x + y2
Deux nombres intéressants pour la géométrie peuvent être calculés à l’aide du conjugué.
−→
~ := −
Posons z := x + iy, z 0 := x + iy 0 , et U
→
[z], U~ 0 := [z 0 ]. Alors :
Re(zz 0 ) = xx0 + yy 0 .
On reconnait le produit scalaire U~ | U~ 0 . De même :
Im(zz 0 ) = xy 0 − x0 y.
On reconnait le déterminant det U~ , U~ 0 .
1
Le mot “norme” reviendra un peu plus loin, sans l’adjectif “algébrique”. Il désignera tout autre
chose. La norme algébrique n’est pas une norme “tout court”.
5
Exercice: Interpréter géométriquement les applications z 7→ ±z.
1.1.4 Module
p
Le module de z ∈ C est |z| := N (z) ; comme N (z) est un réel positif ou nul, sa
racine carré est bien définie et c’est également un réel positif ou nul. En représentation
cartésienne : p
|x + iy| = x2 + y 2 .
Les propriétés suivantes sont faciles à vérifier : le module |z| est un réel positif ou nul,
qui s’annule si, et seulement si, z = 0. On a |z| = |z| et |zz 0 | = |z| |z 0 |.
C’est donc la deuxième apparition du mot “norme” ; mais il faut noter que le terme
employé ici est beaucoup plus important que dans l’usage précédent.
6
Démonstration. Il s’agit d’une inégalité entre réels positifs, elle est donc équivalente
à l’inégalité entre leurs carrés. On calcule :
2 2
|z| + z 0 − z + z 0 = N (z) + N (z 0 ) + 2 zz 0 − N (z + z 0 ) = 2 zz 0 − 2Re(zz 0 ).
l’égalité ayant lieu si, et seulement si, A, B, C sont alignés et dans cet ordre.
|z| ≤ z − z 0 + z 0 =⇒ |z| − z 0 ≤ z − z 0 .
z 0 − |z| ≤ z − z 0 .
∀a, b ∈ R , a ≤ b et − a ≤ b =⇒ |a| ≤ b.
7
1.1.5 Racines carrées
L’étude de “la racine carrée” dans R se résume à ceci : les réels strictement négatifs
n’ont pas de racine carrée (réelle) ; 0 a une seule racine carrée (lui-même) ; et tout réel
strictement positif admet exactement deux racines carrées, opposées l’une de l’autre.
On appelle la racine carrée celle qui est positive.
L’étude de “la racine carrée” dans C n’est pas un problème simple. En fait, on va
voir que, si tout nombre complexe admet des racines carrées, il n’y a pas de moyen
naturel d’en choisir une et de l’appeler la racine carrée :
√
La notation z n’a de sens que lorsque z est un réel positif ou nul.
Ainsi, si Z 6= 0 admet (au moins) une racine carrée, il en admet exactement deux,
opposées l’une de l’autre.
On commence par les cas faciles, ceux où Z est réel, i.e. Y = 0 et √Z = X. Si
√ X = 0, la
seule racine carrée est z = 0. Si X > 0, les racines carrées sont
√ ± X, p X désigne
où
celle qui est positive. Si X < 0, les racines carrées sont ±i −X = ±i |X|. Il y en a
bien deux opposées, mais aucune des deux ne bénéficie d’une notation particulière.
2 2
8
(On a le droit, car les quantités mises sous racine sont bien des réels positifs.) On se
retrouve donc avec deux valeurs distinctes possibles pour x et deux valeurs distinctes
possibles pour y, donc, a priori, quatre valeurs distinctes possibles pour z = x + iy, ce
qui en fait trop ! En fait, l’équation 2xy = Y impose une liaison de plus entre x et y.
Premier cas : Y > 0. Alors x et y sont de même signe, et l’on trouve les deux racines
carrées :
s √ s √ s √ s √
X + X +Y 2 2 −X + X + Y 2 2 X + X +Y2 2 −X + X 2 + Y 2
+i et − −i ·
2 2 2 2
Deuxième cas : Y < 0. Alors x et y sont de signe contraire, et l’on trouve les deux
racines carrées :
s √ s √ s √ s √
X + X +Y 2 2 2
−X + X + Y 2 X + X +Y 2 2 −X + X 2 + Y 2
−i et − +i ·
2 2 2 2
b 2
Le discriminant ∆ est un nombre complexe. Si ∆ = 0, on a az 2 + bz + c = a z +
2a
b
et l’équation admet la racine double z := − · Si ∆ 6= 0, il admet deux racines carrées
2a
distinctes opposées, δ et −δ. Il y a alors deux racines :
−b + δ −b − δ
z1 := et z2 := ·
2a 2a
On a, comme pour le cas des coefficients réels, la factorisation du trinôme :
az 2 + bz + c = a(z − z1 )(z − z2 ).
On a aussi les relations entre coefficients et racines :
b c
z1 + z 2 = − et z1 z2 = ·
a a
Toutes ces formules sont encore valables lorsque ∆ = 0 en prenant δ := 0.
9
Module UE2 : Première feuille de TD
Nombres complexes
Exercice 1
Résoudre le sytème (dans R2 ) : (a + ib)(x + iy) = 1.
Exercice 2
Déterminer les affixes des points de la droite (M M 0 ).
Exercice 3
Déterminer les affixes des points de la droite passant par [z 0 ] et orthogonale au vecteur
−
→
[z].
Exercice 4
Soient U ~ et U~ 0 des vecteurs d’affixes respectives z et z 0 .
(i) Montrer que les vecteurs U ~ et U~ 0 sont liés (c’est-à-dire que l’un est multiple de
0
l’autre) si, et seulement si, zz ∈ R. (On utilisera le critère de terminale sur le déterminant.)
(ii) À quelle condition ces vecteurs sont-ils positivement liés ? (C’est-à-dire que l’un est
multiple de l’autre par un réel positif ou nul.)
Exercice 5
◦ ◦
À quelle condition les disques ouverts D(z0 , r) et D(z00 , r 0 ) se rencontrent-ils ?
Exercice 6
Calculer les racines cinquièmes de 1.
(Marche à suivre : factoriser z 5 − 1 = (z − 1)P (z) ; diviser P (z) par z 2 ; faire apparaitre
l’inconnue auxiliaire Z := z + z −1 .)
Exercice 7
√
Les dangers de z, deuxième épisode : peut-on
√ choisir pour tout complexe z une racine
√ √ √
carrée z de manière à toujours avoir zz 0 = z z 0 ? (Essayer avec z, z 0 := 1 puis
avec z, z 0 := −1.)
10
1.2 Représentation trigonométrique
Dans cette section, on exploite la connaissance des fonctions trigonométriques ac-
quise dans le secondaire : l’étudiant est donc invité à réviser ses cours sur le sujet.
On dit que l’application θ 7→ eiθ est un “morphisme” de groupes de (R, +) sur (U, .).
Pour prouver la formule, on compare les parties réelles et imaginaires, ce qui nous
ramène aux formules d’addition :
Sachant que eiπ = −1 (célèbre formule d’Euler) et que e −iθ = eiθ , on peut toutjours
ramener le calcul des valeurs de cette fonction au cas où 0 ≤ θ ≤ π/2. Les valeurs
suivantes sont à connaitre par coeur :
ei0 = 1,
√
3 1
eiπ/6 = +i ,
√2 2√
2 2
eiπ/4 = +i ,
2 √ 2
1 3
eiπ/3 = +i ,
2 2
eiπ/2 = i.
11
√
Exercice: On pose eiθ := eiθ/2 . Suivre les valeurs pour θ variant de 0 à 2π. Constater
qu’il y a un problème.
µn := {z ∈ C | z n = 1}.
On a les implications :
z ∈ µn =⇒ z n = 1 =⇒ |z|n = 1 =⇒ |z| = 1 =⇒ z ∈ U,
d’où l’inclusion µn ⊂ U. Pour déterminer les racines nes de l’unité, on les cherche donc
sous la forme eiθ . On a les équivalences :
On peut donc choisir k ∈ [[0, n − 1]] car les autres valeurs de k ne fourniront pas de
nouvelles valeurs de e2kiπ/n . On trouve donc en fin de compte :
µn = {e2kiπ/n | 0 ≤ k ≤ n − 1}.
L’étude des racines de l’unité est applée “cyclotomie” à cause de leur très belle pro-
priété géométrique : les racines n es sont les affixes des sommets d’un polygone régulier.
En effet, ce polygone est invariant par la rotation de centre O et d’angle 2π/n (et par
chacune de ses “itérées”, les rotations de centre O et d’angle 2kπ/n).
12
1.2.3 Module et argument
Tout complexe non nul admet une unique écriture z = ρu, avec ρ > 0 et |u| = 1. En
z
effet, si z 6= 0, cette écriture implique que |z| = ρ, donc que u = ; e,t réciproquement,
|z|
on voit que ces choix conviennent bien.
L’existence et l’unicité d’une telle écriture se traduisent en disant que l’on a une
application bijective : (
R∗+ × U → C∗ ,
(ρ, u) 7→ ρu.
Si l’on combine ce résultat avec ceux de la section 1.2.1, on en déduit que tout complexe
non nul admet une écriture z = ρeiθ , où ρ > 0 est unique et où θ ∈ R est déterminé
modulo 2π : c’est la représentation trigonométrique ou exponentielle. On a donc une
application surjective : (
R∗+ × R → C∗ ,
(ρ, θ) 7→ ρeiθ .
Les réels ρ et θ s’obtiennent à partir de z en posant ρ := |z| et en résolvant l’équation
z
eiθ := .
|z|
La représentation trigonométrique est très commode pour tous les calculs qui com-
portent des multiplications, des inverses, des puissances ... C’est dû aux règles de calcul
suivantes :
0
0
ρ eiθ ρ0 eiθ = (ρρ0 ) ei(θ+θ ) ,
−1
ρ eiθ = ρ−1 e−iθ ,
n
ρ eiθ = ρn eniθ ,
−ρ eiθ = ρ ei(θ+π) .
√
À √
titre d’exemple,
√ calculons les puissances de z := 1 + i. On a |z| = 2 et
z 2 2 √ √
= +i = eiπ/4 , d’où z = 2eiπ/4 . On en conclut que (1 + i)n = ( 2)n eniπ/4 .
|z| 2 2
La représentation trigonométrique conduit à quelques définitions. Soit z un com-
plexe non nul. Tout réel θ tel que z admet une représentation trigonométrique de la
z
forme ρeiθ (autrement dit, tout réel θ tel que e iθ := ) s’appelle un argument de z.
|z|
On note arg(z) l’ensemble des arguments 2 . L’unique argument de z qui appartient à
]−π, π] s’appelle argument principal de z et on le note Arg(z). La fonction z 7→ Arg(z)
est appelée détermination principale de l’argument.
2
Dans la terminologie de UE8 = Maths II, arg(z) est donc une “classe d’équivalence modulo 2π”.
13
Application au calcul des racines n es d’un nombre complexe. On sait a priori
que l’équation z n = 0 a pour seule solution z = 0. Supposons Z 6= 0 et soit Z = re it
une écriture trigonométrique de Z : donc r > 0 est le module de Z et t ∈ R est un
argument de Z. Alors :
Notons d’ailleurs que, si l’on a trouvé l’une quelconque de ces racines n es de Z, mettons
z0 , les autres s’en déduisent :
de sorte que :
{z ∈ C | z n = Z} = {z0 u | u ∈ µn }.
Noter que l’on a employé la notation arg qui désigne un réel modulo 2π. Ainsi, l’angle
orienté de deux vecteurs n’est connu que modulo 2π. Par exemple, l’angle (~ [
u, ~v ) =
\
−
→ −
→
([1], [i]) est égal à arg i = π/2 (mod 2π).
14
Comme on n’additionne pas de véritables réels, mais des “réels modulo 2π”, il faut
préciser ce que peut bien signifier une telle relation. On choisit un argument θ 1 de z1 et
un argument θ2 de z2 et on les additionne : on trouve que θ + θ est un argument de
iθ
0 1iθ0 2 0
z1 z2 . Cela découle d’ailleurs de la règle déjà vue : ρ e ρe = (ρρ0 ) ei(θ+θ ) . Si l’on
choisissait un autre argument θ10 = θ1 + 2kπ de z1 (avec k ∈ Z) et un autre argument
θ20 = θ2 + 2lπ de z2 (avec l ∈ Z), on obtiendrait θ10 + θ20 = θ1 + θ2 + 2(k + l)π, qui est bien
un autre argument de z1 z2 . La morale de cette histoire, c’est que l’on peut additionner
des “réels modulo 2π”. Pour des raisons analogues, on peut également calculer l’opposé
d’un “réel modulo 2π”, et l’on a la relation :
\ ~ ) = −(\
(U~ 0 , U ~ , U~ 0 ).
U
15
0
Exercice: À quelle condition a-t-on ρeiθ = ρ0 eiθ , avec où ρ, ρ0 ∈ R∗ et θ, θ 0 ∈ R ?
Exercice: Tracer les (1 + i)n pour n ∈ Z. Quelles courbes d’équation polaire ρ = f (θ)
simple les relient ?
Exercice: Quels sont les arguments des réels, des imaginaires purs, des réels positifs ?
Exercice: Quelle similitude directe amène [1] sur [i] et [1 + i] sur [1] ? On la calculera
algébriquement (forme z 7→ az + b) et géométriquement (centre, rapport réel, angle).
|ez | = eRez ,
arg ez = Imz (mod 2π).
16
injectivité de l’exponentielle complexe.
Bien entendu, il faut donner un sens à la “somme infinie”, ce qui revient à définir le passage à la limite
dans C à partir des sommes finies. Cela repose sur la notion de “série” que l’on commencera à étudier
dès le second semestre de L1.
On doit ensuite prouver à partir de cette définition diverses propriétés de l’exonentielle complexe, puis
en déduire celles de l’exponentielle réelle et des fonctions trigonométriques. Cette démarche est détaillée
dans la section 5.2 du module II.5 du livre de L1 auquel fait référence l’introduction du poly.
17
La formule du binôme. Pour appliquer la formule de Moivre, on aura souvent
besoin de la formule du binôme (valable pour n ∈ N) :
n
n
X n k n−k
(a + b) = a b .
k
k=0
n! := 1 × 2 × · · · × n.
Expression explicite pour cos nx et sin nx. Ecrivons que cos nx et sin nx sont
respectivement la partie réelle et la partie imaginaire de (cos x + i sin x) n , que l’on
développe avec la formule du binôme. On prend en compte le fait que i k est réel si k
est pair, et imaginaire pur si k est impair : i 2` = (−1)` et i2`+1 = (−1)` i. On trouve :
bn/2c
X n
cos nx = (−1)` (cos x)n−2` (sin x)2` ,
2`
`=0
b(n−1)/2c
X n
sin nx = (−1)` (cos x)n−2`−1 (sin x)2`+1 .
2` + 1
`=0
On a noté bac la partie entière de a. Si l’on remplace partout sin 2 x par 1 − cos2 x, on
constate que cos nx s’exprime comme un polynôme en cos x seul, et que sin nx s’exprime
comme le produit de sin x par un polynôme en cos x seul. Il existe des formules très
générales, mais il est aussi simple de savoir les retrouver au coup par coup.
18
Comme on sait d’avance que le résultat est réel, on peut remplacer chaque terme du
membre droit par sa partie réelle :
n n
X n X n
cosn x = 2−n Re ei(2k−n)x = 2−n cos(2k − n)x.
k k
k=0 k=0
n
P n
P
Un exercice célèbre. Il s’agit du calcul de cos kx et de sin kx. Notons res-
k=0 k=0
pectivement C(x) et S(x) ces deux expressions. Alors :
n
X n
X
W (x) := C(x) + iS(x) = (cos kx + i sin kx) = wk , où w := cos x + i sin x = eix .
k=0 k=0
wn+1 − 1 ei(n+1)x − 1
W (x) = = ·
w−1 eix − 1
Grâce à la “formule utile” rappelée plus haut, on en déduit :
Finalement :
n
X cos nx/2 sin(n + 1)x/2
cos kx = ,
sin x/2
k=0
n
X sin nx/2 sin(n + 1)x/2
sin kx = ·
sin x/2
k=0
sin 3x
Exercice: Exprimer cos 3x et comme des polynômes en cos x.
sin x
Exercice: Linéariser cos 2 x sin3 x.
Exercice: Dans l’exercice célèbre, vérifier que les dénominateurs sont non nuls.
19
Module UE2 : Deuxième feuille de TD
Nombres complexes
Exercice 1
1 + ix
Soit x 6= −i. Montrer que ∈ U ⇔ x ∈ R.
1 − ix
Exercice 2
Soit u := e4iπ/5 . Dessiner le polygone dont les sommets successifs sont 1, u, u 2 , u3 , u4
(étoile Cherifienne). Peut-on obtenir ainsi l’étoile de David (polygone croisé dont les
sommets sont les éléments de µ6 ) ?
Exercice 3
Périmètre et aire du polygone régulier µ n . Limites lorsque n → +∞.
Exercice 4
Calculer Arg(zz 0 ). (Il y a une discussion.)
Exercice 5
Soit x ∈ ]−π, π]. Déterminer le module et l’argument de e ix + 1.
Exercice 6
Calculer log zz 0 . (Il y a une discussion.)
Exercice 7
L’application z 7→ az + b (a, b ∈ C) est-elle une similitude ? La composée de deux
similitudes est-elle une similitude ?
20
Chapitre 2
Fonctions usuelles
Cette partie du cours est basée sur l’analyse de terminale : les fonctions et leurs
propriétés ont déjà été rencontrées. On fait le point en étant précis et rigoureux. Cela
ne veut pas dire que l’on démontre tout ce qui est nécessaire, mais on l’énonce et l’on
dit que cela admet une démonstration.
unbeaugraphe...
On peut tracer un graphe approché par la méthode d’Euler. Soit x > 0 (mais ça
marche également pour x < 0). On subdivise [0, x] en n pas de longueur h := x/n. On
construit les sommets (xk , yk ) d’une ligne brisée pour k := 0, . . . , n en posant x k := kh
21
(donc on va de x0 = 0 à xn = x) et :
Pour interpoler de même les ar , où a ∈ R∗+ est quelconque (si a < 0, on ne peut
même pas prendre r := 1/2), on choisit λ tel que a = e λ et l’on pose ax := eλx . Bien
entendu, on a reconnu λ := ln a, d’où la définition :
ax := ex ln a .
ATTENTION ! On garde la notation (x) mais ce n’est jamais la même fonction, c’est
simplement une abréviation pour “une fonction qui tend vers 0 en 0”.
Pour un développement limité en a 6= 0, il suffit d’écrire e a+x = ea ex = ea (1 + x + · · · ).
On peut prouver l’égalité suivante, de nature différente des développements limités (“développement
en série”) :
+∞ n
1 1 X 1 X 1
e x = 1 + x + x2 + · · · + xn + · · · = xk := lim xk .
2 n! k! n→+∞ k!
k=0 k=0
22
On peut en déduire que e est irrationnel de la manière suivante : pour tout n ∈ N∗ , on a
n!e = a + u avec
n
X n! n! n! 1 1 1
a := ∈ Z et u := + +··· ≤ + 2
+··· = ,
k! (n + 1)! (n + 2)! n + 1 (n + 1) n
k=0
unbeaugraphe...
ln x
Si a > 0, la réciproque de x 7→ ax est la fonction log a (x) = ·
ln a
Propriétés algébriques : ln(ab) = ln(a) + ln(b), ln(a x ) = x ln(a), etc.
Développement limité :
x2 (−1)n−1 n
ln(1 + x) = x − + ··· + x + xn (x) où lim (x) = 0.
2 n x→0
Pour un développement limité en a > 0, écrire ln(a + x) = ln(a) + ln(1 + x/a) et appli-
quer celui qui précède à x/a.
Ordre de grandeur :
23
+∞
P (−1)k−1
Ces égalités sont vérifiées pour −1 < x ≤ 1. Par exemple, ln 2 = .
k=1 k
Exercice: Dérivée k e de ln ?
Enfin, on peut écrire ces conditions avec une fonction à valeurs complexes (mais de
variable réelle) z(x) := cos x + i sin x :
Cette dernière forme fait irrésistiblement penser à une exponentielle, et suggère de no-
ter z(x) = eix .
La fonction C est appelée cosinus, c’est la fonction cos x ; la fonction S est appelée
sinus, c’est la fonction sin x. On a donc retrouvé la formule d’Euler e ix = cos x + i sin x.
eix ≈ (1 + ix/n)n .
Les fonctions cos et sin sont évidemment indéfiniment dérivables. On montre l’exis-
tence d’un réel positif (célèbre) π ≈ 3, 14 tel que les fonctions cos et sin sont 2π-
périodiques, respectivement paire et impaire. Sur [0, π] :
La fonction cos est strictement décroissante de cos 0 = 1 à cos π = −1, points en les-
quels la tangente est horizontale ; elle est concave sur [0, π/2], s’annule avec un point
d’inflexion en π/2 et elle est convexe sur [π/2, π].
24
La fonction sin est convexe, elle est croissante de sin 0 = 0 à sin π/2 = 1 (où elle a une
tangente horizontale) puis décroissante de sin π/2 = 1 à sin π = 0.
En fait, on a sin(x + π/2) = cos x, d’où deux beaux graphes décalés :
unbeaugraphedouble...
Puis on sépare parties réelle et imaginaire. Pour un DL ailleurs qu’en 0, utiliser les
formules d’addition. Par exemple :
cos(a + x) = cos a − (sin a)x + x(x) et sin(a + x) = sin a + (cos a)x + x 0 (x).
sin
Exercice: Étudier la fonction tan :=
·
cos
1 1
Exercice: Comportement de − en 0 ?
sin x x
25
2.2.2 Fonctions circulaires inverses
Fonctions arccos, arcsin, arctan : définition, dérivée, graphe, branches, valeurs spéciales,
formules d’addition, développements limités, développement en série.
Exercices :
1.
2.
3.
Exercices :
1.
2.
3.
Exercices :
1.
2.
3.
26
Chapitre 3
Équations différentielles
27
Chapitre 4
Limites, continuité
28
Chapitre 5
Polynômes
29
Chapitre 6
Géométrie
30