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Aperçu de la France et son histoire

La France est un État souverain transcontinental avec un territoire métropolitain en Europe et des territoires ultramarins dans divers océans. Elle est une république constitutionnelle unitaire avec Paris comme capitale, et elle joue un rôle majeur sur la scène internationale en tant que membre de l'Union européenne et des Nations unies. Avec une économie parmi les plus importantes au monde, la France est reconnue pour ses contributions culturelles, politiques et militaires.

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Aperçu de la France et son histoire

La France est un État souverain transcontinental avec un territoire métropolitain en Europe et des territoires ultramarins dans divers océans. Elle est une république constitutionnelle unitaire avec Paris comme capitale, et elle joue un rôle majeur sur la scène internationale en tant que membre de l'Union européenne et des Nations unies. Avec une économie parmi les plus importantes au monde, la France est reconnue pour ses contributions culturelles, politiques et militaires.

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La France Écouterⓘ, en forme longue la République française[7] Écouterⓘ, est

un État souverain transcontinental dont le territoire métropolitain s'étend en Europe de


l'Ouest et dont le territoire ultramarin s'étend dans
les océans Indien, Atlantique et Pacifique, ainsi qu'en Antarctique[N 6] et en Amérique du
Sud. Le pays a des frontières terrestres avec la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne,
la Suisse, l'Italie, l'Espagne, Monaco et l'Andorre en Europe, auxquelles s'ajoutent les
frontières terrestres avec le Brésil, le Suriname et les Pays-Bas aux Amériques. La
France dispose d'importantes façades maritimes sur l'Atlantique, la Méditerranée,
le Pacifique et l'océan Indien, lui permettant de bénéficier de la deuxième zone
économique exclusive la plus vaste au monde.

Depuis la promulgation de la constitution de la Cinquième République en 1958, la


France est une république constitutionnelle unitaire ayant un régime semi-présidentiel.
Elle a pour capitale Paris et pour langue officielle le français, langue de l'administration
depuis 1539. Au 1er janvier 2025, la population de la France est d'environ 68,6
millions d'habitants.

Pendant l'âge du fer, le territoire de la France métropolitaine actuelle est habité par
les Gaulois (peuple celtique), avant de tomber sous la domination romaine en 51 av. J.-
C. à la suite de la guerre des Gaules. Les Francs (peuple germanique) s'y installent
au Ve siècle et fondent l'Empire carolingien au IXe siècle. L'empire est partitionné en 843,
et la Francie occidentale devient le royaume de France, puissance majeure en Europe
depuis le Moyen Âge. En 1789, la Révolution française adopte la déclaration des droits
de l'homme et du citoyen, marque la fin de l'ancien régime et de la monarchie absolue,
ainsi que la propagation des idées révolutionnaires. Le pays connaît ensuite plusieurs
changements de régime institutionnel (Première République, Premier
Empire, Restauration, monarchie de Juillet, Deuxième République, Second Empire)
jusqu'à l'avènement définitif de la République à la suite de la défaite contre la Prusse et
de la guerre civile de 1871. Du milieu du XVIe siècle au milieu du XXe siècle, elle est le
deuxième plus vaste empire colonial, dont la France d'outre-mer est l'héritière, derrière
l'empire britannique. La France est l'un des principaux belligérants de la Première et de
la Seconde Guerre mondiale.

À partir des années 1950, elle est l'un des acteurs de la construction de l'Union
européenne, l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations
unies et membre de l'OTAN. La France est également membre du G7, du G20, de
l'Organisation Internationale de la Francophonie et de la zone euro, et abrite le siège de
plusieurs organisations internationales dont le Conseil de l'Europe, l'UNESCO,
l'OCDE, Interpol, et le Centre international de recherche sur le cancer. Depuis
la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, première déclaration
des droits humains, la France a maintenu un rôle notable dans l'élaboration du droit
international concernant les droits de l'Homme. Comptant le cinquième budget de la
Défense au monde, elle est la septième puissance militaire mondiale et dans les cinq
premiers en nombre de têtes nucléaires. Elle exerce une influence notable en
matière politique, économique, militaire, diplomatique, linguistique et culturelle, en
Europe et dans le reste du monde.

Produisant un PIB nominal de 3 100 milliards de dollars américains en 2023 selon


le FMI, la France est cette année-là la troisième économie européenne après
l'Allemagne et le Royaume-Uni, ainsi que la septième économie mondiale. Elle affiche
un niveau de vie « très élevé » sur le classement IDH. Elle figure parmi les chefs de file
mondiaux dans les secteurs de l'agroalimentaire, de l'aéronautique, de l'automobile,
du tourisme, du nucléaire, de la mode et du luxe.

Toponymie

Article détaillé : Nom de la France.

La France tire son nom des Francs (peuple germanique) qui en ont institué les premiers
fondements sur les bases de la Gaule romaine. Le nom Francs vient lui-même du proto-
germanique frankon, qui signifie javelot ou lance ou alors peut-être du mot frank qui
signifie « homme libre ».

Les premières occurrences du mot « France » en langue française se rencontrent


au XIe siècle, notamment dans la Chanson de Roland (vers 1080)[8], mais le
terme latin Francia était déjà employé dans les textes antérieurs, avec des acceptions
variables.

Géographie

Article détaillé : Géographie de la France.

Localisation, frontières et superficie

Articles détaillés : Frontières de la France et Superficie de la France.

La partie européenne de la France, appelée France métropolitaine, est située à


l'extrémité occidentale de l'Europe et sa délimitation est restée inchangée depuis la fin
de la Seconde Guerre mondiale et le traité de Paris en 1947. Elle est bordée par la mer
du Nord au nord, la Manche au nord-nord-ouest, la mer Celtique à l'ouest-nord-ouest,
le golfe de Gascogne à l'ouest et la mer Méditerranée au sud-est. Elle est frontalière de
la Belgique au nord-nord-est, du Luxembourg au nord-est, de l'Allemagne à l'est-nord-
est, de la Suisse à l'est, de l'Italie à l'est-sud-est, de Monaco au sud-est et de
l'Espagne et Andorre au sud-sud-ouest.

Les frontières à l'est, au sud-est et au sud-ouest du territoire métropolitain sont établies


en s'appuyant sur des cours d'eau et des massifs montagneux, à savoir le Rhin, le Jura,
le Léman, les Alpes et les Pyrénées[N 7], tandis qu'au nord-est la frontière ne se fonde pas
sur des éléments naturels.
La France est également composée de nombreux territoires situés en dehors du
continent européen, couramment appelés France d'outre-mer, qui lui permettent d'être
présente dans tous les océans du monde sauf l'océan Arctique.

Ces territoires ont des statuts variés dans l'administration territoriale de la France et
sont situés :

• en Amérique du Nord : Saint-Pierre-et-Miquelon ;

• en Amérique du Sud : la Guyane ;

• dans les Antilles : la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Barthélemy et Saint-


Martin ;

• dans l'océan Pacifique : la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Wallis-


et-Futuna, ainsi que l'île Clipperton ;

• dans l'océan Indien : La Réunion et Mayotte, ainsi que les îles Éparses, les îles
Kerguelen, l'archipel des Crozet et les îles Saint-Paul et Amsterdam qui forment
les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) ;

• en Antarctique : la Terre Adélie[N 8], également incluse dans les TAAF.

La France possède des frontières terrestres avec le Brésil et le Suriname en Guyane,


ainsi qu'avec les Pays-Bas sur l'île de Saint-Martin dans les Antilles.

La longueur du littoral de la France métropolitaine est de 5 853 km et atteint


15 945 km en incluant les territoires d'outre-mer[9].

Selon l'Insee, la France métropolitaine couvre 543 940 km2, tandis que l'IGN, qui prend
en compte toutes les surfaces jusqu'à la laisse de basse mer, comptabilise une
superficie de 551 695 km2 qui constitue la valeur officielle.

Des différences similaires apparaissent pour la superficie de la France métropolitaine et


des DROM qui s'établit à 633 109 km2 pour l'Insee (superficie cadastrale) et à
641 184 km2 pour l'IGN (superficie géodésique). La superficie de la France entière,
comprenant les DROM, les COM et les TOM[N 9], mais hors Terre Adélie s'établit à
672 051 km2.

La France est le 42e plus grand État du monde par sa surface terrestre. C'est aussi le
troisième plus grand pays d'Europe, après la Russie et l'Ukraine, ou le deuxième si on
inclut les départements ultra-marins, et le plus grand de l'Union européenne et de
l'Europe occidentale[10].

Géologie, topographie et hydrographie

Articles détaillés : Géologie de la France, Relief de la France et Liste des fleuves de


France.
Topographie de la France métropolitaine.

Géologie de la France métropolitaine.

Le territoire métropolitain de la France offre une grande variété


d'ensembles topographiques et de paysages naturels[b 1]. De vastes parties du territoire
européen actuel de la France ont été soulevées lors de plusieurs épisodes tectoniques,
notamment la surrection hercynienne à l'ère paléozoïque, qui est à l'origine des
massifs armoricain, central, morvandiau, vosgien, ardennais et Corse[b 2]. Les
massifs alpin, pyrénéen et jurassien sont eux beaucoup plus jeunes, et possèdent des
formes moins érodées[b 2] — les Alpes culminent à 4 806 mètres d'altitude au mont
Blanc[11]. Bien que 60 % des communes soient classées comme présentant des risques
sismiques, ceux-ci restent modérés[12].

Ces massifs délimitent plusieurs bassins sédimentaires, notamment le Bassin


aquitain au sud-ouest et le Bassin parisien au nord[b 2] — ce dernier comprend plusieurs
régions au sol particulièrement fertile, notamment les plateaux limoneux de
la Beauce et de la Brie[b 3]. En outre, diverses voies de passage naturelles, telles que
la vallée du Rhône, permettent des communications aisées[b 4]. Les littoraux offrent des
paysages assez contrastés ; il s'agit tantôt de retombées de massifs montagneux
(la Côte d'Azur par exemple), de plateaux se terminant sur des falaises (la Côte
d'Albâtre) ou de larges plaines sableuses (la plaine du Languedoc)[b 5].

Le réseau hydrographique de la France métropolitaine est principalement organisé


autour de quatre grands fleuves, la Loire, la Seine, la Garonne et le Rhône[b 6], auxquels
on peut ajouter la Meuse et le Rhin, moins importants en France, mais majeurs à
l'échelle européenne. Le bassin versant français des quatre premiers couvre plus de
62 % du territoire métropolitain[b 6].

Les territoires ultramarins, par leur dispersion dans différents océans et continents,
présentent tous des caractéristiques topographiques spécifiques. Ils partagent
toutefois des points communs, notamment des contraintes, des risques ou des
potentialités physiques, à commencer par l'insularité (à l'exception de la Guyane)[13]. La
plupart de ces îles sont d'origine volcanique, sous la forme d'arcs volcaniques liés à
une subduction (la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Barthélemy et Saint-Martin dans
les Petites Antilles, les îles Matthew et Hunter au sud de l'arc du Vanuatu ou les îles
Loyauté en Nouvelle-Calédonie), de chapelets d'îles formés initialement autour
de points chauds sur la lithosphère océanique (les archipels constitutifs de la Polynésie
française ou des TAAF, La Réunion, Mayotte dans l'archipel des Comores, Clipperton),
de plateaux volcaniques issus de panaches mantelliques (le plateau des Kerguelen dont
les terres émergées forment l'archipel du même nom et celui de l'archipel Crozet dans
les TAAF) ou de composantes en partie immergées d'un massif montagneux sur
la lithosphère continentale (Saint-Pierre-et-Miquelon est ainsi lié à l'orogenèse
des Appalaches)[14].

Les âges plus ou moins anciens des épisodes volcaniques qui ont provoqué leur
formation expliquent des degrés divers d'érosion des reliefs, de subsidences, de
formations de récifs coralliens et de dépôts calcaires. De ce fait, plusieurs de ces îles
conservent un reliquat rocheux plus ou moins élevé des anciens volcans (les « îles
hautes », avec ou sans bordure corallienne), qu'ils soient inactifs (dans la plupart des
îles hautes de Polynésie française comme Tahiti, les îles Matthew et Hunter
en Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna, Mayotte, les îles Kerguelen en TAAF),
potentiellement actifs (l'île de la Possession dans l'archipel Crozet et les TAAF), ou actifs
(la Soufrière sur Basse-Terre en Guadeloupe, la montagne Pelée en Martinique, le piton
de la Fournaise à La Réunion, Mehetia dans l'archipel de la Société en Polynésie
française, les îles Saint-Paul et Nouvelle-Amsterdam dans les TAAF)[14]. C'est dans ces
îles hautes que se trouvent les points culminants de l'Outre-mer français. Les deux
seuls territoires ultramarins à avoir des sommets dépassant les 2 000 m d'altitude sont
La Réunion (culminant au piton des Neiges à 3 070,5 m) et Tahiti (le mont
Orohena atteint 2 241 m).

Les îles les plus anciennes ou touchées par d'autres phénomènes géologiques ont des
reliefs beaucoup moins élevés et des sols davantage calcaires, ayant pu devenir
des presqu'atolls (Clipperton, potentiellement Fatu Huku aux Marquises en Polynésie
française), des atolls surélevés (Grande-Terre, Marie-Galante, La Désirade et les îles de
la Petite-Terre en Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, les îles Loyauté mais
aussi l'île des Pins en Nouvelle-Calédonie, Alofi à Wallis-et-Futuna, Makatea dans
les Tuamotu ou Bora-Bora et Huahine dans l'archipel de la Société en Polynésie
française, l'île Tromelin dans les îles Éparses de l'océan Indien et les TAAF) ou
des atolls (nombreux en Polynésie française, également dans les récifs
d'Entrecasteaux en Nouvelle-Calédonie, les îles Éparses de l'océan Indien dans les
TAAF)[14].

Par ailleurs, l'archipel de la Nouvelle-Calédonie présente la particularité parmi les


ensembles insulaires de l'Outre-mer français de n'avoir aucun lien avec une activité
volcanique, ayant été formé par une série d'obductions du manteau au-dessus d'une
partie des terres émergées du microcontinent Zealandia, ce qui explique sa richesse
en roches ultramafiques (péridotites) et, par l'altération de ces dernières, en nickel.
La Grande Terre, qui constitue la plus grande île française, et l'ensemble des îles qui la
prolonge au nord-ouest (Bélep) et au sud-est (l'île des Pins) sont entourées
d'une barrière de corail de 1 600 km de long (le deuxième plus grand ensemble corallien
au monde après la Grande Barrière de corail) délimitant l'un des plus grands lagons du
monde (24 000 km2)[14].

Seuls territoires continentaux de la France d'outre-mer, la Guyane et la Terre Adélie sont


tous les deux des composantes de cratons d'âges Précambriens où prédominent
les roches métamorphiques (respectivement le plateau des Guyanes et celui
d'Antarctique oriental) et, pour leurs littoraux comme pour les sols immergés, de marges
continentales. Toutes deux présentent également le point commun d'être recouvertes,
pour une grande majorité de leurs territoires, de milieux naturels spécifiques très peu
touchés par les activités humaines : la forêt amazonienne pour la première et l'inlandsis
de l'Antarctique pour la seconde[14].

La France dispose de 11 millions de kilomètres carrés d'eaux marines sous sa


juridiction, dans trois océans et à 97 % en outre-mer[15]. Ils constituent la deuxième plus
vaste zone économique exclusive du monde[16].

Climat

Article détaillé : Climat de la France.


Carte des climats de France
métropolitaine hors Corse en 2010.

Le climat de la France métropolitaine est fortement influencé par l'anticyclone des


Açores, mais également par le Gulf Stream comme le reste de l'Europe de l'Ouest[17],
avec des variantes régionales ou locales assez marquées. La France
métropolitaine connaît des événements climatiques aux conséquences importantes :
des tempêtes (celles de décembre 1999 ont abattu 7 % des arbres des forêts
françaises[b 7]), des canicules (la canicule européenne de 2003 a fait 15 000 morts[b 7]),
des incendies et des inondations.

On distingue usuellement le climat océanique strict très marqué à l'ouest[18]. Il s'étend


de la Flandre au Pays basque, sur une bande côtière de quelques dizaines de kilomètres
(la limite est difficile à définir), plus étroite au nord et au sud, plus large en Bretagne qui
est concernée en quasi-totalité par ce climat. Le climat océanique aquitain du sud-
ouest est plus chaud, car plus au sud[19]. Le climat de la façade nord-ouest est
océanique, mais plus frais que le climat océanique aquitain ; l'intensité des vents
d'ouest y est beaucoup plus forte. Le climat océanique dégradé de plaine situé au
centre-nord, est parfois appelé « parisien » car il correspond approximativement
au bassin parisien, pour lequel le climat océanique est plus faiblement altéré. Le climat
semi-continental au nord-est et au centre-est (Alsace, plaines de Saône ou du moyen-
Rhône, plaines dauphinoises, auvergnates ou savoyardes) est lui-même subdivisé et
possède des caractéristiques encore plus modifiées par le voisinage des massifs
montagneux. Un climat semi-continental méridional caractérisé par un climat chaud
existe dans les plaines de la vallée du Rhône autour de Lyon ainsi que celles du Forez.
La Limagne et la région autour de Clermont-Ferrand connaît le même climat par l'effet
de foehn et une position géographique dans la moitié sud de la France. Le climat semi-
continental oriental quant à lui est présent de la Bourgogne jusqu'aux Ardennes. Les
plaines ou bas-relief du littoral méridional et de la Corse ainsi que la basse vallée du
Rhône sont pour leur part soumis au climat méditerranéen. Enfin le climat
montagnard est présent, principalement en altitude dans les Alpes, les Pyrénées,
le Massif central, les Vosges, le Jura et la montagne Corse.

Une grande partie de la France d'outre-mer est également soumise à des climats
tropicaux (avec de fortes disparités)[b 8], auxquels il faut ajouter le climat équatorial de
la Guyane[20], le climat subarctique de Saint-Pierre-et-Miquelon[21] et les
climats océanique et polaire[22] des Terres australes et antarctiques françaises.

La température moyenne en France s'est élevée de +0,1 °C en moyenne par décennie au


cours du XXe siècle[b 9]. Le 28 juin 2019 à Vérargues, le thermomètre atteint 46 °C,
établissant un nouveau record absolu de température en France métropolitaine depuis
que les relevés existent[23].

Paysages et environnement

Articles détaillés : Environnement en France, Paysage en France, Forêt en France et Liste


du patrimoine mondial en France.

La France métropolitaine possède une grande variété de paysages, avec des plaines
agricoles ou boisées, des chaînes de montagnes plus ou moins érodées, des littoraux
diversifiés et des vallées mêlant ville et nature. La France d'outre-mer possède quant à
elle une importante biodiversité, par exemple dans la forêt équatoriale guyanaise ou
dans les lagons de Nouvelle-Calédonie[24]. La France est un des pays les plus boisés
d'Europe occidentale, les forêts occupant 31 % du territoire métropolitain. La superficie
forestière en métropole est constituée de 67 % de feuillus, 21 % de conifères et 12 % de
peuplement mixte[25]. Les zones humides, qui concernent potentiellement environ un
quart de la surface de la France, ont fortement régressé depuis le XIXe siècle[26]. En 2024,
l'UNESCO recensait 7 sites naturels inscrits et 2 mixtes en France, dont 5 en outre-mer,
sur la liste du patrimoine mondial, telles la chaîne des Puys et les terres et mers
australes, le plus grand Bien inscrit.

• Paysages de France

La Loire à Montsoreau, Val de Loire.


Falaises d'Étretat, Normandie.

Lac des Perches, massif des Vosges, Alsace.

Châtenois, Alsace.

Aiguille du Dru, Haute-Savoie.


Village d'Usson, Massif central.

Torrent de haute montagne, Haute-Maurienne.

Champ de lavande en Provence.

Milieu humide du Marais poitevin.


Calanques de Piana, Corse.

La plage de Sainte-Anne, Guadeloupe.

Forêt tropicale amazonienne, Guyane.

Glacier Cook, îles Kerguelen.


Dune du Pilat en Nouvelle-Aquitaine.

Pointe du Van, à l'extrémité occidentale de la Bretagne.

Calanque des Pierres-Tombées à Cassis.

Paysage de savane à niaoulis au nord de la côte Ouest de la Grande Terre en Nouvelle-


Calédonie.
Cette diversité des paysages et des écosystèmes est menacée par la fragmentation
écologique des milieux due à un dense réseau routier[27], par le développement
horizontal de l'urbanisation qu'il favorise, par l'artificialisation des côtes et par la
pollution de son eau et de ses sols. Un tiers des eaux de surface sont de mauvaise, voire
de très mauvaise qualité, principalement à cause des pollutions industrielles[b 10] ; les
pollutions agricoles liées à l'usage d'engrais et de pesticides ont quant à elles fortement
détérioré la qualité des nappes phréatiques dans plusieurs régions, en particulier
en Bretagne[b 11]. La littoralisation du peuplement et des activités[b 12] entraîne une
extension et une densification du bâti sur les côtes[b 13], malgré la loi littoral de 1986 et
l'intervention du Conservatoire du littoral[b 14] ainsi que le caractère inondable de
certains secteurs. Quant aux infrastructures de transport, notamment routières, elles
exposent leurs riverains à une pollution atmosphérique, sonore et visuelle
importante[27].

L'empreinte carbone de la France (9,2 tonnes équivalent CO2 par habitant en 2018)
est 1,4 fois plus importante que son poids démographique au niveau mondial, et 50 %
plus élevée que la moyenne mondiale (6,1 tonnes équivalent CO2 par habitant en
2018)[28]. Elle est le 8e pays émetteur de dioxyde de carbone en cumulé depuis 1850[29].
La France et l'Union européenne sont engagées dans une réduction de leurs émissions
nettes de 55 % d'ici 2030 par rapport à 1990[30]. Les émissions territoriales de gaz à effet
de serre en France ont baissé de 23,1 % en 2021 par rapport à 1990[31]. En 2019, la
France est le deuxième pays émetteur de gaz à effet de serre (454,8 MtCO2e) de l'Union
européenne derrière l'Allemagne (839,7 Mt-CO2e), mais ses émissions par habitant (6,8
tCO2e) la placent au 21e rang sur 27 ; elles sont inférieures de 19 % à la moyenne de l'UE
(8,4 tCO2e) et de 33 % à celles de l'Allemagne (10,1 tCO2e)[32]. En France, les forêts et les
terres agricoles (cultures et prairies) constituent d'importants stocks de carbone
contenu dans la biomasse vivante, la biomasse morte et les sols. Le bilan en France
métropolitaine du secteur UTCATF présente davantage d'absorptions de CO2 que
d'émissions. C'est un puits de carbone.

Avec une empreinte écologique par habitant de 4,9 hectares globaux (hag) et
une biocapacité par habitant de 3 hag en 2011, la France est en déficit écologique[33].

La production de plastique en France a augmenté de 7,8 % entre 2016 et 2017[34].


Chaque année, 11 200 tonnes de déchets plastiques français sont déversées dans
la Méditerranée[35]. Les rivières sont également atteintes par la pollution
aux microplastiques[36].

En 2015, une commission d'enquête parlementaire indique que la pollution de


l'air représente un coût annuel de 101,3 milliards d'euros pour la France[37].

Préservation de l'environnement
Les pouvoirs publics tentent depuis plusieurs décennies de répondre à ces défis
environnementaux. Aux réserves naturelles et aux parcs nationaux se sont ajoutés
depuis 1967 les parcs naturels régionaux[38], qui mêlent conservation et mise en valeur
du patrimoine naturel et culturel[c 1] et couvrent, en 2018, 15 % du territoire français[39].
Six agences de l'eau ont été mises en place pour gérer et protéger les ressources en eau
du pays[40],[b 10].

Le réseau Natura 2000 rassemble des sites naturels ou semi-naturels de l'Union


européenne ayant une grande valeur patrimoniale, par la faune et
la flore exceptionnelles qu'ils contiennent. En décembre 2018, le réseau Natura
2000 compte en France 1 779 sites, dont 212 sites marins, comprenant 402 zones de
protection spéciale (ZPS) pour les oiseaux et 1 377 zones spéciales de
conservation (ZSC) pour les habitats et les espèces.

La superficie totale est de 200 364 km2, ce qui représente 12,9 % de la surface terrestre
métropolitaine (soit 7 millions d'hectares) et 33 % de la surface marine de la zone
économique exclusive (soit 12,3 millions d'hectares)[41],[42],[43],[44].

L'estuaire de la
Gironde est classé parc naturel marin et appartient au réseau Natura 2000. La rive
gauche fait partie du parc naturel régional du Médoc. Couvrant une superficie de
635 km2, il est le plus vaste estuaire d'Europe[45].

Répartition spatiale de la population et des activités

Article détaillé : Aire d'attraction d'une ville.

Carte synthétique de la répartition de la population


en France métropolitaine en 2010. Sont indiquées les densités de population par
département, les 18 aires urbaines de plus de 400 000 habitants, la ligne Le Havre-
Marseille et les limites approximatives de la « diagonale des faibles densités ».

• + de 5 000 hab./km2

• de 300 à 1 000 hab./km2

• de 150 à 250 hab./km2

• de 100 à 150 hab./km2

• de 70 à 100 hab./km2

• de 40 à 70 hab./km2

• - de 40 hab./km2

Carte de densité de population en France (2023).

La France métropolitaine est marquée par des déséquilibres spatiaux multiples. D'une
part, elle possède l'originalité d'avoir une capitale six fois plus peuplée que la
deuxième aire d'attraction du pays[N 10], regroupant un quart des étudiants[I 2] et la quasi-
totalité des sièges de grandes entreprises du pays[46]. D'autre part, la ligne Le Havre–
Marseille est souvent considérée comme la limite entre un ouest longtemps resté
agricole et qui bénéficie actuellement d'un important essor démographique et
économique[n 1], et un est à l'industrie et à l'urbanisation anciennes, aujourd'hui[Quand ?] en
déclin. Enfin, des Ardennes au nord-est aux Landes au sud-ouest se dessine une
« diagonale du vide », caractérisée par un peuplement faible comparé au reste du pays
et une économie souvent en difficulté[47].

Après un long exode rural au XIXe siècle et jusque dans la deuxième moitié
du XXe siècle[n 2], le solde migratoire des campagnes françaises est redevenu positif dans
les années 1990[n 1]. L'essentiel de la croissance urbaine se fait dans les
zones périurbaines, de plus en plus éloignées de l'agglomération-centre[n 2]. Le tableau
ci-dessous présente, classées en fonction de leur population en 2022, la liste des vingt
principales aires d'attraction des villes, celle des vingt principales unités urbaines et
celle des vingt principales communes[48].

Principales aires d'attraction des villes, unités urbains et communes par


population

Aire
Populati Unité Populati Commun Population[
d'attracti
on urbaine on e 49]
on

Paris 13 239 090 Paris 10 944 094 Paris 2 113 705

Lyon 2 327 861 Lyon 1 716 050 Marseille 877 215

Marseille - Marseille -
Aix-en- 1 900 957 Aix-en- 1 635 154 Lyon 520 774
Provence Provence

Lille (partie
1 528 848 Toulouse 1 081 726 Toulouse 511 684
française)

Lille (partie
Toulouse 1 513 396 1 063 491 Nice 353 701
française)

Bordeaux 1 412 388 Bordeaux 1 022 534 Nantes 325 070

Montpellie
Nantes 1 041 894 Nice 973 296 307 101
r

Strasbourg
(partie 868 865 Nantes 683 313 Strasbourg 291 709
française)

Montpellier 834 366 Toulon 600 052 Bordeaux 265 328

Douai -
Rennes 780 549 505 515 Lille 238 695
Lens

Strasbourg
Grenoble 724 742 (partie 489 538 Rennes 227 830
française)

Rouen 712 886 Montpellier 480 915 Toulon 180 834


Principales aires d'attraction des villes, unités urbains et communes par
population

Aire
Populati Unité Populati Commun Population[
d'attracti
on urbaine on e 49]
on

Nice 634 940 Rouen 478 593 Reims 178 478

Saint-
Toulon 586 917 Avignon 466 924 172 569
Étienne

Tours 526 370 Grenoble 456 093 Le Havre 166 462

Clermont- Villeurban
510 669 Rennes 375 940 162 207
Ferrand ne

Saint-
Nancy 508 921 375 797 Dijon 159 941
Étienne

Saint-
502 196 Tours 367 484 Angers 157 555
Étienne

Caen 481 985 Béthune 356 543 Grenoble 156 389

Valencienn
Saint-
Orléans 458 814 es (partie 332 838 156 149
Denis
française)

Axes de communication et de transports

Article détaillé : Transport en France.

En raison de sa situation géographique qui forme un carrefour européen, la France est


un pays de passage[b 15]. Elle est, en effet, le passage obligé pour les hommes et les
marchandises circulant par voie terrestre entre la péninsule Ibérique et le reste de
l'Europe ainsi que, depuis l'ouverture en 1994[50] du tunnel sous la Manche, entre
le Royaume-Uni et le continent[b 15]. Héritages de l'histoire, les réseaux de transports
français sont très centralisés autour de Paris[b 16] ; cette centralisation est
particulièrement forte dans les transports ferroviaires et aériens, même si elle
commence à diminuer[51].

Transport routier
Le transport routier est le principal mode de transport utilisé en France, en 2014, il
représentait 83 % des trafics voyageurs et 85 % des trafics marchandises[N 11],[52]. La
France compte près de 1,1 million de kilomètres de routes en 2014, dont la quasi-
totalité est revêtue[53]. Depuis la Libération, la France s'est dotée d'un réseau autoroutier
étendu, qui totalise 11 560 km en 2014[53]. Depuis quelques décennies, les politiques
publiques s'attachent à réduire les accidents mortels sur la route, dont les principales
causes identifiées sont la vitesse et l'alcool[j 1], et cherchent à promouvoir d'autres
moyens de transport moins polluants que la voiture individuelle[i 1].

Transport ferroviaire

Un TGV Duplex sur la LGV Méditerranée.

Le réseau ferré national date pour l'essentiel du milieu et de la fin du XIXe siècle ; en
2018, il compte environ 28 000 km de lignes, dont plus de la moitié sont électrifiées et
2 800 km de lignes à grande vitesse[54]. L'essentiel du trafic est géré par la société
anonyme à capitaux publics SNCF sur des lignes appartenant à l'État et attribuées
à SNCF Réseau, une filiale de la société. Depuis les années 1980, le trafic
voyageurs augmente en France grâce à la prise en charge par les régions du trafic
régional et local et surtout grâce à la naissance et à l'extension continue du réseau de
lignes à grande vitesse parcouru par le TGV[55]. En revanche, le trafic fret est en constante
diminution. Par ailleurs, les principales villes du pays sont dotées d'un réseau ferroviaire
urbain, de
type métro (Paris, Lyon, Lille, Marseille, Toulouse et Rennes), tramway (Paris, Lyon, Mars
eille, Nantes, Strasbourg, Bordeaux, Toulouse, Grenoble, Montpellier et Nice notammen
t) ou RER (Paris) ; le métro de Paris, né en 1900, forme l'un des réseaux les plus anciens
et denses au monde[56].

Transport aérien

Le transport aérien est particulièrement centralisé : les deux aéroports parisiens


— Roissy-Charles-de-Gaulle et Orly — ont accueilli 101,5 millions de passagers en
2017, alors que le premier aéroport régional, Nice-Côte d'Azur, en accueillait 13,3
millions[57]. Les aéroports régionaux sont, en effet, concurrencés par le TGV pour le trafic
national, tandis que les aéroports parisiens accueillent la quasi-totalité du trafic long-
courrier[b 17]. La France est également le siège de l'une des premières compagnies
aériennes mondiales en nombre de passagers transportés (Air France-KLM[58]) et du
premier constructeur aéronautique civil mondial (Airbus[b 18],[N 12]).

Transport maritime

D'autres modes de transport sont utilisés en France, mais ils sont plus marginaux. Le
trafic fluvial assure une part négligeable du trafic voyageurs et très secondaire du trafic
marchandises, principalement en raison de l'inadaptation d'une grande partie du réseau
au trafic moderne[59]. Le trafic maritime est important : Calais est le deuxième port
mondial pour le trafic de passagers. En ce qui concerne le fret maritime, les ports
de Dunkerque, du Havre, de Nantes–Saint-Nazaire et de Bordeaux sont moins
importants que leurs rivaux de la mer du Nord comme ceux de Rotterdam, d'Anvers et
de Hambourg et sont désormais largement devancés par ceux d'Amsterdam et
de Brême-Bremerhaven[60] ; le port de Marseille, au premier rang français par son trafic,
et un des premiers terminaux d'Europe pour les croisières, est le deuxième port de
la Méditerranée, derrière Algésiras (Espagne)[60].

Réseau cyclable

Carte des véloroutes en France vers 2020.

Depuis 2006, des réseaux urbains de pistes cyclables se développent ainsi que
des vélos en libre-service dans plusieurs villes du pays[i 2]. La qualité de ces
aménagements est très inégale selon les territoires[61]. En 2022, l'infrastructure
cyclable fait près de 75 000 km, dont 46 % sont des pistes cyclables (réservées aux
vélos) et 23 % sont des véloroutes (routes grandes distances). La moitié des ménages
possèdent une bicyclette et environ 700 000 Français utilisent un vélo pour des trajets
domicile-travail, soit environ 5 % de la population. Cette faible part s'explique par la
vulnérabilité du vélo sur la route (226 cyclistes ont perdu la vie en 2021), faute
d'infrastructures suffisantes[62]. Une partie des véloroutes français s'intègre dans un
réseau européen nommé EuroVelo, projet porté par la Fédération des cyclistes
européens qui, depuis 2014, est intégré au projet RTE-T de l'Union Européenne[63]. En
France, 10 pistes EuroVelo sont présentes et permettent de connecter la France à
l'Europe par voies cyclables et cela permet de faire d'elle la deuxième destination
mondiale pour le cyclotourisme[64],[65],[66].

Histoire

Articles détaillés : Histoire de France, Chronologie de la France et Formation territoriale


de la France.

Évolution du territoire de la France métropolitaine,


de 985 à 1947.

La France métropolitaine actuelle occupe la plus grande partie de


l'ancienne Gaule celtique, conquise par Jules César au Ier siècle av. J.-C., mais elle
tire son nom des Francs, un peuple germanique qui s'y installa à partir du Ve siècle. La
France est un État dont l'unification est de date sujette à débats, mais se fait par la
royauté pendant le Moyen Âge et l’Époque moderne.

Préhistoire, protohistoire et Antiquité

Articles détaillés : Préhistoire de la France, Chronologie de la France à la


Préhistoire, Gaule et Gaule romaine.

Un des chevaux de Lascaux, Dordogne,


environ 18000 av. J.-C.

La présence humaine sur le territoire de la France actuelle remonte au Paléolithique


inférieur ; les traces les plus anciennes de vie humaine datent d'il y a environ
1 800 000 ans[e 1]. L'homme est alors confronté à un climat rude et variable, marqué par
plusieurs ères glaciaires qui modifient son cadre de vie[e 1]. La France compte un nombre
important de grottes ornées du Paléolithique supérieur, dont deux des plus célèbres
sont la grotte de Lascaux[e 1] (Dordogne, -18000 environ[67]) et la grotte Chauvet (Pont
d'Arc, -36000 environ).

Vers -10000, à la fin de la dernière ère glaciaire, le climat s'adoucit[e 1]. À partir de -7000
environ, l'Europe occidentale entre dans le Néolithique et ses habitants se
sédentarisent, même si l'évolution est différente selon les régions[e 2]. Après un fort
développement démographique et agricole aux IVe et IIIe millénaires, la métallurgie fait
son apparition à la fin du IIIe millénaire, d'abord avec le travail de l'or, du cuivre et
du bronze, puis avec celui du fer au VIIIe siècle[e 3].

En -600, des Grecs originaires de la ville de Phocée fondent « la plus ancienne ville de
France »: Marseille (en grec ancien Μασσαλία / Massalia)[68], au bord de la Méditerranée[e
4]
; à la même époque, quelques peuples celtes pénètrent dans le territoire de la France
actuelle, mais cette occupation ne se généralise à la totalité de ce territoire qu'entre
les Ve et IIIe siècles av. J.-C.[e 5]. La notion de Gaule, Γαλατία en grec[69], apparaît alors ; elle
correspond aux territoires de peuplement celte compris entre le Rhin, les Pyrénées,
l'Atlantique et la Méditerranée[e 6].

Carte de la Gaule selon Gustav Droysen[70] d'après


le témoignage de Jules César.

Contrairement à la vision réductrice qu'en donne César dans sa Guerre des Gaules, ce
vaste espace géographique est occupé par une mosaïque de plus d'une centaine de
peuples dont l'organisation est très diverse, mais qui ont tous un point commun : « qu'il
s'agisse de l'agriculture, de l'urbanisme, du commerce ou encore de l'art, ils partagent
un savoir-faire avancé »[71].

À partir de -125, le Sud des Gaules (57 peuples gaulois) est progressivement conquis par
la République romaine à la suite de la victoire de Rome sur les Allobroges et
les Arvernes. Rome y fonde les villes d'Aix-en-Provence, Toulouse et Narbonne[e 7].
En 58 av. J.-C., Jules César prend prétexte d'une demande d'aide des Éduens pour se
lancer à la conquête du reste de la Gaule. D'abord battu à Gergovie, il vainc à Alésia.

Les riches territoires fiscaux nouvellement conquis sont répartis par l'empereur de
Rome Auguste en neuf provinces, dont quatre correspondent approximativement à
l'actuel territoire métropolitain français : la Narbonnaise au sud, l'Aquitaine au sud-
ouest, la Lyonnaise au centre et à l'ouest et la Belgique au nord[e 8]. De nombreuses villes
sont fondées durant la période gallo-romaine, dont Lyon (Lugdunum) en -43, appelée à
être la capitale de la Gaule romaine[e 9] qui connait alors la paix pendant environ deux
siècles.

Au IIIe siècle, la Gaule romaine connaît une crise grave, le limes, frontière fortifiée
protégeant l'Empire des incursions germaniques, étant franchi à plusieurs reprises par
les Barbares[e 10]. Le pouvoir romain chancelant un Empire des Gaules est proclamé en
260 qui échappe à la tutelle romaine jusqu'en 274[e 11]. Pendant la première moitié
du IVe siècle, la Gaule romaine connaît une période de renouveau et de prospérité[e 12].
Toutefois, les invasions barbares reprennent à partir de la seconde moitié du IVe siècle[e
13]
et le 31 décembre 406, les Vandales, Suèves et Alains franchissent le Rhin et
traversent la Gaule jusqu'en Espagne[e 14]. Au milieu du Ve siècle, les Alamans et
les Francs s'installent au nord-est de la France actuelle et exercent une forte pression
sur les généraux romains qui subsistent dans le nord-est de la Gaule[e 15].

Pour ce qui concerne la France d'outre-mer pendant ce temps : la Guyane est occupée
par des peuples vivant de chasse et de cueillette ; Saint-Pierre-et-Miquelon reçoit des
visites de paléoesquimaux[72] ; les Antilles françaises sont animées par une période
précolombienne ; la Guadeloupe par des groupes amérindiens pré-céramiques[73] ;
la Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna reçoivent leurs premiers habitants vers -3000,
et leur première civilisation, le Lapita, se développe au premier millénaire av. J.-C. ; les
autres territoires d'outre-mer semblent inoccupés durant cette période.

Naissance, crises et transformations du royaume de France au Moyen Âge

Articles détaillés : Royaumes francs, Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Royaume


de France, Capétiens directs, Maison capétienne de Valois et Liste des monarques de
France.
Expansion des Francs de 481 à 843/870.

Le baptême de Clovis, représenté dans la Sainte-Chapelle à

Paris (anonyme). Le château de Montsoreau (c. 1450) dans


le Val de Loire, construit sur ordre de Charles VII, annonce la Renaissance en France.

La conversion au christianisme du chef franc Clovis, baptisé à Reims le 24 décembre


496 par l'évêque saint Remi, fait de lui l'allié de l'Église chrétienne nicéenne et lui
permet de conquérir l'essentiel de la Gaule au tournant des Ve et VIe siècles[e 16]. La
fusion des héritages gallo-romains, des apports germaniques et du christianisme est
longue et difficile, les Francs constituant originellement une société guerrière aux lois
très éloignées du droit romain et des principes chrétiens[e 17]. Tandis que la faiblesse
démographique que connaît le royaume des Francs entraîne un déclin des villes, le
christianisme s'installe par la fondation d'églises rurales et surtout de très nombreux
monastères[e 18]. Si le pouvoir de Clovis semblait originellement solide, la dynastie
mérovingienne doit bientôt faire face à de graves difficultés[e 19] ; elle disparaît en 751
lorsque Pépin le Bref est sacré roi des Francs, fondant ainsi la dynastie carolingienne[e
20]
.

Pépin le Bref et son fils Charlemagne agrandissent considérablement le royaume des


Francs, qui s'étend à la fin du VIIIe siècle sur plus d'un million de kilomètres carrés[e 21].
L'immense empire carolingien est contrôlé par une administration centralisée basée
à Aix-la-Chapelle, des comtes représentant Charlemagne dans tout l'empire et
surveillés par les missi dominici[e 22]. Charlemagne, couronné en 800 empereur
d'Occident, relance les arts libéraux dans l'éducation et le palais d'Aix-la-
Chapelle accueille une activité intellectuelle et artistique de haut niveau[e 23].
Néanmoins, après la mort de l'empereur, les comtes et les vassaux de celui-ci
parviennent peu à peu à rendre leur fonction héréditaire, et les petits-fils de
Charlemagne se partagent l'Empire au traité de Verdun (843) ; Charles obtient la Francie
occidentale, qui correspond approximativement aux deux tiers occidentaux de la France
actuelle et dont les frontières varieront peu jusqu'à la fin du Moyen Âge[e 24]. Le nouveau
royaume doit toutefois affronter trois vagues d'invasions différentes aux IXe et Xe siècles,
menées par les musulmans, les Vikings et les Hongrois[e 25]. À la même époque, les
pouvoirs des anciens comtes continuent d'augmenter tandis que le pouvoir royal
diminue[e 26] ; une société féodale se met en place, caractérisée par sa division en trois
ordres : le clergé, la noblesse et le tiers état[e 27].

Jeanne d'Arc conduit l'armée française à plusieurs victoires


importantes pendant la guerre de Cent Ans et ouvre la voie vers la victoire finale.

En 987, Hugues Capet est élu roi par ses pairs, c'est-à-dire les nobles du royaume[N 13] ;
la monarchie redevient héréditaire[e 28] et les Capétiens règneront sur la France pendant
plus de huit siècles. Néanmoins, les premiers rois capétiens ne contrôlent directement
qu'une portion très faible du territoire français, appelée le domaine royal, et certains de
leurs vassaux sont beaucoup plus puissants qu'eux[e 29]. Au XIIe siècle, le pouvoir royal
commence à s'affirmer contre les princes du royaume, mais doit faire face à partir des
années 1150 à la naissance d'un « empire Plantagenêt » regroupant dans un même
ensemble l'Angleterre et le tiers ouest de la France[e 30].

Le royaume capétien atteint son premier apogée au XIIIe siècle, la monarchie reprenant
le pouvoir qu'elle avait perdu[e 31] tandis que l'art et la culture française s'affirment en
Europe[e 32]. Philippe Auguste (1180-1223) parvient à conquérir l'essentiel des
possessions françaises des Plantagenêt, mettant temporairement fin à la menace
anglaise et agrandissant considérablement le domaine royal par la même occasion[e
33]
. Louis IX (1226-1270) se comporte en arbitre de la chrétienté et participe
aux septième et huitième croisades, et sera rapidement canonisé par l'Église
catholique[e 34].

Le XIVe siècle et la première moitié du XVe siècle voient la France plonger dans une crise
grave, dont les expressions sont multiples[e 35]. La guerre de Cent Ans, menée contre
l'Angleterre et née d'un problème de succession à la tête du royaume de France, ravage
le pays[e 36]. Toutefois, la crise des XIVe et XVe siècles n'est pas seulement politique ou
militaire ; elle est aussi démographique : à partir de 1347, la peste noire tue au moins un
tiers de la population du royaume[N 14] ; sociale : les insurrections paysannes et urbaines
se multiplient ; mais également économique et religieuse[e 37]. Si la monarchie est
également touchée par cette crise, elle en sort renforcée : le pouvoir central, qui s'est
déplacé dans la vallée de la Loire, se dote de nouvelles institutions, met en place une
armée et un impôt permanents, et amorce le passage du Moyen Âge à la Renaissance[e
38],[74]
.

De la Renaissance à la monarchie absolue (XVIe au XVIIIe siècle)

Articles détaillés : Histoire coloniale de la France, Société d'Ancien


Régime, Renaissance, Guerres de religion (France), Maison capétienne de
Bourbon, Premier empire colonial français, Histoire de France au XVIIe
siècle et Lumières (philosophie).

Territoire du premier empire colonial


français en Amérique, appelé la Nouvelle-France (1534-1763).
Louis XIV, le « Roi-Soleil », était le monarque absolu de la
France et en a fait la première puissance européenne.

À partir de 1494, les souverains français mènent de multiples guerres en Italie, puis
contre l'empereur Charles Quint[75]. Néanmoins, les règnes de François Ier (1515-1547) et
de son fils Henri II (1547-1559) sont surtout marqués par un renforcement du pouvoir
royal, qui tend à devenir absolu[76], et par une Renaissance littéraire et artistique
fortement influencée par l'Italie[77].

En 1539, l'ordonnance de Villers-Cotterêts fait du français la langue administrative et


judiciaire du royaume[e 39]. Toutefois, l'unité de la France autour de la personne du roi est
bousculée dans la deuxième moitié du XVIe siècle par le problème religieux : entre 1562
et 1598, huit guerres de religion se succèdent entre catholiques et calvinistes[e 40]. Cette
crise religieuse se double d'une crise économique et surtout politique[78]. En 1598, le
roi Henri IV (1589-1610) met fin aux guerres de religion par l'édit de Nantes, qui donne
une liberté de culte partielle aux protestants[e 41].

Louis XIII (1610-1643) et ses ministres Richelieu et Mazarin doivent faire face à
l'opposition de nobles soucieux de reprendre leurs anciens pouvoirs[e 42]. À la même
époque, la France mène plusieurs guerres victorieuses (dont la guerre de Trente Ans) et
commence à former un premier empire colonial, principalement en Nouvelle-France,
aux Antilles et sur la route des Indes[e 43]. Louis XIV affirme plus que jamais le caractère
absolu de son pouvoir[N 15] : le « Roi-Soleil » se considère comme le « lieutenant de Dieu
sur Terre[e 44] » et fait construire le château de Versailles, symbole de son pouvoir[e 45]. Il
s'entoure d'artistes et de savants et travaille à l'unité religieuse de son royaume[e 46] en
reprenant la persécution des protestants et en révoquant l'édit de Nantes par l'édit de
Fontainebleau. Malgré la situation financière critique de la monarchie, Louis XIV mène
plusieurs guerres face à une Europe coalisée contre lui[e 47] tandis que le marquis de
Vauban fait construire un réseau de villes fortifiées aux frontières du royaume[e 48]. Si ces
guerres aboutissent dans un premier temps à des victoires françaises, plusieurs
défaites militaires et des famines ternissent la fin de son règne[e 49].
Louis XV (1715-1774), arrière-petit-fils et successeur de Louis XIV, mène lui aussi
plusieurs guerres, aux résultats contrastés[e 50]. En 1763, par le traité de Paris qui met fin
à la guerre de Sept Ans, la France abandonne ses possessions en Amérique du Nord,
mais acquiert dans la même décennie la Lorraine et la Corse[e 51]. Pendant ce temps, la
France connaît une forte vitalité démographique et économique. La croissance de la
production agricole s'accompagne d'une proto-industrialisation, notamment dans le
secteur textile, ainsi que d'un essor dans les domaines intellectuel et culturel[e 52].
Toutefois, Louis XVI, qui accède au trône en 1774, se révèle incapable de trouver une
solution au surendettement de la monarchie et doit convoquer les états généraux en
1789[e 53].

Révolutions, républiques, monarchies et empires (1789-1914)

Articles détaillés : Histoire coloniale de la France, Révolution française, Consulat


(histoire de France), Premier Empire, Restauration (histoire de France), Monarchie de
Juillet, Deuxième République, Second Empire, Troisième République et Second empire
colonial français.

La prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, est l'un des

premiers faits marquants de la Révolution française. La


partie européenne du territoire de la Première République découpé en départements.

Les délégués envoyés aux États généraux qui s'ouvrent le 5 mai 1789 outrepassent
rapidement les pouvoirs qui leur sont attribués et s'érigent en une Assemblée nationale
constituante[e 54]. Le roi ne peut alors empêcher l'assemblée constituante de décider
l'abolition des privilèges dans la nuit du 4 août puis d'adopter le 26 août la Déclaration
des droits de l'homme et du citoyen[e 55]. La devise Liberté, Égalité, Fraternité apparaît
dans le débat public, en particulier en 1790 dans un discours de Maximilien
Robespierre sur l'organisation de la Garde nationale[79]. Après un essai de monarchie
constitutionnelle, la République naît le 22 septembre 1792, et Louis XVI, condamné
pour trahison, est guillotiné par jugement de la Convention nationale le 21 janvier 1793[e
56]
. La France révolutionnaire connaît alors plusieurs années de guerres et
d'exécutions jusqu'à l'instauration du Directoire en 1795[e 57]. C'est le 27 pluviôse an II (15
février 1794), que le drapeau tricolore est instauré par la Convention nationale, par
décret indiquant que « le pavillon et le drapeau national seront formés des trois couleurs
nationales disposées en trois bandes égales de manière que le bleu soit attaché à la
garde du pavillon, le blanc au milieu et le rouge flottant »[80].

Napoléon Ier, empereur des Français, a construit avec


sa Grande Armée un vaste empire à travers l'Europe. Il a aidé à répandre les idéaux
révolutionnaires français, et ses réformes juridiques ont eu une influence majeure dans
le monde entier.

Le 9 novembre 1799, le général Napoléon Bonaparte renverse le Directoire par un coup


d'État et lui substitue le Consulat ; cinq ans plus tard, il est couronné Empereur des
Français[e 58]. Napoléon Ier crée ou réforme de nombreuses institutions[N 16], et ses
multiples victoires militaires mettent la moitié de la population européenne sous son
contrôle au début des années 1810[e 59]. Le déclin sera néanmoins rapide : après une
éphémère abdication puis un bref retour au pouvoir, l'Empereur est définitivement
vaincu à Waterloo le 18 juin 1815[e 60].

La France entame alors une seconde expérience de monarchie constitutionnelle,


pendant laquelle les rois Louis XVIII (1814-1824) et surtout Charles X (1824-1830)
remettent en question une partie des acquis de la Révolution[e 61]. Quelques semaines
après avoir conquis Alger, Charles X est renversé en 1830 par les Trois Glorieuses, un
mouvement révolutionnaire qui porte sur le trône Louis-Philippe[e 62]. Si ce dernier est
alors considéré comme réformateur, la contestation monte bientôt, malgré l'essor
économique que connaît la France à cette époque[e 63].
En février 1848, une nouvelle révolution éclate, dont les objectifs ne sont plus
seulement politiques, mais aussi sociaux[e 64]. L'éphémère Seconde République qui est
alors mise en place instaure le suffrage universel masculin et abolit l'esclavage dans les
colonies ainsi que la peine de mort pour raison politique[e 65]. Toutefois, elle est
renversée par son président Louis-Napoléon Bonaparte, qui est couronné empereur en
1852[e 66].

Territoire du second empire


colonial français (de 1815 à 1958, date du début des indépendances).

Si les premières années du Second Empire sont celles d'un régime


autoritaire, Napoléon III entame un tournant libéral en 1860, qui n'empêche pas une
montée des oppositions politiques, tandis que le développement industriel et ferroviaire
s'accélère[e 67]. La défaite de la France face à une Allemagne en cours d'unification, en
1870 et 1871, est un double tournant dans l'histoire du pays : l'empereur capitule le 2
septembre 1870 et la République est proclamée le 4, tandis que la Prusse annexe
l'Alsace-Lorraine[e 68]. La défaite française suscite en outre l'épisode dramatique de
la Commune de Paris, écrasée en mai 1871 par les troupes gouvernementales.

Malgré sa naissance chaotique, la Troisième République est le plus long des régimes
politiques qu'a connu la France depuis 1789[e 69]. Les républicains mettent peu à peu en
place leur projet politique : l'école est rendue gratuite, laïque et obligatoire en 1881-
1882, les libertés de presse et de réunion sont accordées en 1881, le divorce et les
syndicats sont autorisés en 1884, et les Églises sont séparées de l'État en 1905[e 70]. À la
même époque, la France se dote d'un vaste empire colonial, qui sera le deuxième au
monde après celui du Royaume-Uni[81],[e 71] : aux possessions en Inde et à
l'Algérie viennent s'ajouter au fil des années l'Indochine, les protectorats de Tunisie et
du Maroc, l'Afrique équatoriale et occidentale et Madagascar. Si plusieurs crises
politiques se succèdent — crise boulangiste, scandale des décorations, scandale de
Panama, affaire Dreyfus —, la menace principale pour la République vient désormais de
l'extérieur, où la guerre apparaît de plus en plus imminente[e 72].

La France dans les deux guerres mondiales (1914-1945)

Articles détaillés : Troisième République, Première Guerre mondiale, Entre-deux-


guerres, Seconde Guerre mondiale, Régime de Vichy et Gouvernement provisoire de la
République française.
Durant la Seconde Guerre mondiale, la France
métropolitaine est divisée entre une « zone occupée » au nord et à l'ouest et une « zone
libre » au sud, auxquelles s'ajoutent d'autres zones de taille plus restreintes au statut

spécial. Les poilus français ont subi d'importantes


pertes lors de la Première Guerre mondiale.

Par le jeu des alliances, la France entre en guerre au début du mois d'août 1914 contre
l'Allemagne, aux côtés du Royaume-Uni et de l'Empire russe[e 73]. La Première Guerre
mondiale, qui fait 1,4 million de victimes françaises et entraîne de nombreuses
destructions dans le nord-est du pays, se conclut le 11 novembre 1918 en faveur de
la Triple-Entente[e 74]. Outre le retour de l'Alsace-Lorraine, la France recevra une partie
des réparations allemandes prévues par le traité de Versailles tout en obtenant des
garanties de sécurité. Néanmoins, celles-ci ne suffisent pas à éviter en 1940, une
nouvelle invasion par l'Allemagne à la suite de la reconstruction de l'armée allemande et
de la remilitarisation de la rive gauche du Rhin.

Georges Clemenceau est célèbre tant pour sa politique


intérieure que pour son rôle dans la Première Guerre mondiale. Il fait preuve d'une
grande détermination[N 17] Une fois l'Allemagne vaincue, il est surnommé « Père la
Victoire ». Guillaume II dira dans ses mémoires : « ce ne sont pas les Alliés qui nous ont
battus, mais c'est le petit vieillard de Clemenceau ! »

Après quelques années de reconstruction laborieuse, marquée par un effort


d'immigration et de productivité pour pallier la pénurie de main-d'œuvre dans les mines,
l'acier ou l'automobile, la France peine à retrouver sa vigueur économique d'avant-
guerre[e 75] avant de vivre une forte croissance à partir de 1924. Elle sera touchée bien
après la plupart des autres puissances par la crise des années 1930[82]. Toutefois, si
cette crise est tardive, elle est durable et profonde. Aux difficultés économiques s'ajoute
une crise politique, malgré l'espoir suscité par l'arrivée au pouvoir en 1936 du Front
populaire[83]. Finalement, lorsque la France déclare le 3 septembre 1939 la guerre à
l'Allemagne nazie, elle sort tout juste de la plus grave crise qu'ait connue la Troisième
République[e 76].

Après huit mois sans combats (la « drôle de guerre »), la Wehrmacht envahit le 10 mai
1940 le nord-est de la France et le maréchal Philippe Pétain demande l'armistice le 22
juin[e 77]. Ce dernier obtient les pleins pouvoirs le 10 juillet, signant ainsi la fin de
la Troisième République et la naissance du régime de Vichy. Celui-ci mène une politique
conservatrice, traditionaliste et antisémite, et collabore avec le Troisième Reich.
Toutefois, la résistance s'organise à l'intérieur et à l'extérieur du pays[e 78].
Le débarquement allié du 6 juin 1944 en Normandie sonne la fin de l'occupation nazie et
le début de la libération de l'Europe[e 79]. Au total, ce conflit aura tué moins de militaires
français que le précédent[N 18] mais les victimes civiles sont nombreuses — au moins
330 000 victimes civiles, dont 75 000 Juifs installés sur le territoire français qui ont été
tués lors de la Shoah[84],[N 19] — et les blessures psychologiques et politiques dues à la
débâcle de 1940, à la collaboration puis aux règlements de compte lors de l'épuration
sont longues à cicatriser[e 79].

La Libération, gaullisme et crise politique (1945-1968)

Articles détaillés : Quatrième République

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