Aperçu de la France et son histoire
Aperçu de la France et son histoire
Pendant l'âge du fer, le territoire de la France métropolitaine actuelle est habité par
les Gaulois (peuple celtique), avant de tomber sous la domination romaine en 51 av. J.-
C. à la suite de la guerre des Gaules. Les Francs (peuple germanique) s'y installent
au Ve siècle et fondent l'Empire carolingien au IXe siècle. L'empire est partitionné en 843,
et la Francie occidentale devient le royaume de France, puissance majeure en Europe
depuis le Moyen Âge. En 1789, la Révolution française adopte la déclaration des droits
de l'homme et du citoyen, marque la fin de l'ancien régime et de la monarchie absolue,
ainsi que la propagation des idées révolutionnaires. Le pays connaît ensuite plusieurs
changements de régime institutionnel (Première République, Premier
Empire, Restauration, monarchie de Juillet, Deuxième République, Second Empire)
jusqu'à l'avènement définitif de la République à la suite de la défaite contre la Prusse et
de la guerre civile de 1871. Du milieu du XVIe siècle au milieu du XXe siècle, elle est le
deuxième plus vaste empire colonial, dont la France d'outre-mer est l'héritière, derrière
l'empire britannique. La France est l'un des principaux belligérants de la Première et de
la Seconde Guerre mondiale.
À partir des années 1950, elle est l'un des acteurs de la construction de l'Union
européenne, l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations
unies et membre de l'OTAN. La France est également membre du G7, du G20, de
l'Organisation Internationale de la Francophonie et de la zone euro, et abrite le siège de
plusieurs organisations internationales dont le Conseil de l'Europe, l'UNESCO,
l'OCDE, Interpol, et le Centre international de recherche sur le cancer. Depuis
la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, première déclaration
des droits humains, la France a maintenu un rôle notable dans l'élaboration du droit
international concernant les droits de l'Homme. Comptant le cinquième budget de la
Défense au monde, elle est la septième puissance militaire mondiale et dans les cinq
premiers en nombre de têtes nucléaires. Elle exerce une influence notable en
matière politique, économique, militaire, diplomatique, linguistique et culturelle, en
Europe et dans le reste du monde.
Toponymie
La France tire son nom des Francs (peuple germanique) qui en ont institué les premiers
fondements sur les bases de la Gaule romaine. Le nom Francs vient lui-même du proto-
germanique frankon, qui signifie javelot ou lance ou alors peut-être du mot frank qui
signifie « homme libre ».
Géographie
Ces territoires ont des statuts variés dans l'administration territoriale de la France et
sont situés :
• dans l'océan Indien : La Réunion et Mayotte, ainsi que les îles Éparses, les îles
Kerguelen, l'archipel des Crozet et les îles Saint-Paul et Amsterdam qui forment
les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) ;
Selon l'Insee, la France métropolitaine couvre 543 940 km2, tandis que l'IGN, qui prend
en compte toutes les surfaces jusqu'à la laisse de basse mer, comptabilise une
superficie de 551 695 km2 qui constitue la valeur officielle.
La France est le 42e plus grand État du monde par sa surface terrestre. C'est aussi le
troisième plus grand pays d'Europe, après la Russie et l'Ukraine, ou le deuxième si on
inclut les départements ultra-marins, et le plus grand de l'Union européenne et de
l'Europe occidentale[10].
Les territoires ultramarins, par leur dispersion dans différents océans et continents,
présentent tous des caractéristiques topographiques spécifiques. Ils partagent
toutefois des points communs, notamment des contraintes, des risques ou des
potentialités physiques, à commencer par l'insularité (à l'exception de la Guyane)[13]. La
plupart de ces îles sont d'origine volcanique, sous la forme d'arcs volcaniques liés à
une subduction (la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Barthélemy et Saint-Martin dans
les Petites Antilles, les îles Matthew et Hunter au sud de l'arc du Vanuatu ou les îles
Loyauté en Nouvelle-Calédonie), de chapelets d'îles formés initialement autour
de points chauds sur la lithosphère océanique (les archipels constitutifs de la Polynésie
française ou des TAAF, La Réunion, Mayotte dans l'archipel des Comores, Clipperton),
de plateaux volcaniques issus de panaches mantelliques (le plateau des Kerguelen dont
les terres émergées forment l'archipel du même nom et celui de l'archipel Crozet dans
les TAAF) ou de composantes en partie immergées d'un massif montagneux sur
la lithosphère continentale (Saint-Pierre-et-Miquelon est ainsi lié à l'orogenèse
des Appalaches)[14].
Les âges plus ou moins anciens des épisodes volcaniques qui ont provoqué leur
formation expliquent des degrés divers d'érosion des reliefs, de subsidences, de
formations de récifs coralliens et de dépôts calcaires. De ce fait, plusieurs de ces îles
conservent un reliquat rocheux plus ou moins élevé des anciens volcans (les « îles
hautes », avec ou sans bordure corallienne), qu'ils soient inactifs (dans la plupart des
îles hautes de Polynésie française comme Tahiti, les îles Matthew et Hunter
en Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna, Mayotte, les îles Kerguelen en TAAF),
potentiellement actifs (l'île de la Possession dans l'archipel Crozet et les TAAF), ou actifs
(la Soufrière sur Basse-Terre en Guadeloupe, la montagne Pelée en Martinique, le piton
de la Fournaise à La Réunion, Mehetia dans l'archipel de la Société en Polynésie
française, les îles Saint-Paul et Nouvelle-Amsterdam dans les TAAF)[14]. C'est dans ces
îles hautes que se trouvent les points culminants de l'Outre-mer français. Les deux
seuls territoires ultramarins à avoir des sommets dépassant les 2 000 m d'altitude sont
La Réunion (culminant au piton des Neiges à 3 070,5 m) et Tahiti (le mont
Orohena atteint 2 241 m).
Les îles les plus anciennes ou touchées par d'autres phénomènes géologiques ont des
reliefs beaucoup moins élevés et des sols davantage calcaires, ayant pu devenir
des presqu'atolls (Clipperton, potentiellement Fatu Huku aux Marquises en Polynésie
française), des atolls surélevés (Grande-Terre, Marie-Galante, La Désirade et les îles de
la Petite-Terre en Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, les îles Loyauté mais
aussi l'île des Pins en Nouvelle-Calédonie, Alofi à Wallis-et-Futuna, Makatea dans
les Tuamotu ou Bora-Bora et Huahine dans l'archipel de la Société en Polynésie
française, l'île Tromelin dans les îles Éparses de l'océan Indien et les TAAF) ou
des atolls (nombreux en Polynésie française, également dans les récifs
d'Entrecasteaux en Nouvelle-Calédonie, les îles Éparses de l'océan Indien dans les
TAAF)[14].
Climat
Une grande partie de la France d'outre-mer est également soumise à des climats
tropicaux (avec de fortes disparités)[b 8], auxquels il faut ajouter le climat équatorial de
la Guyane[20], le climat subarctique de Saint-Pierre-et-Miquelon[21] et les
climats océanique et polaire[22] des Terres australes et antarctiques françaises.
Paysages et environnement
La France métropolitaine possède une grande variété de paysages, avec des plaines
agricoles ou boisées, des chaînes de montagnes plus ou moins érodées, des littoraux
diversifiés et des vallées mêlant ville et nature. La France d'outre-mer possède quant à
elle une importante biodiversité, par exemple dans la forêt équatoriale guyanaise ou
dans les lagons de Nouvelle-Calédonie[24]. La France est un des pays les plus boisés
d'Europe occidentale, les forêts occupant 31 % du territoire métropolitain. La superficie
forestière en métropole est constituée de 67 % de feuillus, 21 % de conifères et 12 % de
peuplement mixte[25]. Les zones humides, qui concernent potentiellement environ un
quart de la surface de la France, ont fortement régressé depuis le XIXe siècle[26]. En 2024,
l'UNESCO recensait 7 sites naturels inscrits et 2 mixtes en France, dont 5 en outre-mer,
sur la liste du patrimoine mondial, telles la chaîne des Puys et les terres et mers
australes, le plus grand Bien inscrit.
• Paysages de France
Châtenois, Alsace.
L'empreinte carbone de la France (9,2 tonnes équivalent CO2 par habitant en 2018)
est 1,4 fois plus importante que son poids démographique au niveau mondial, et 50 %
plus élevée que la moyenne mondiale (6,1 tonnes équivalent CO2 par habitant en
2018)[28]. Elle est le 8e pays émetteur de dioxyde de carbone en cumulé depuis 1850[29].
La France et l'Union européenne sont engagées dans une réduction de leurs émissions
nettes de 55 % d'ici 2030 par rapport à 1990[30]. Les émissions territoriales de gaz à effet
de serre en France ont baissé de 23,1 % en 2021 par rapport à 1990[31]. En 2019, la
France est le deuxième pays émetteur de gaz à effet de serre (454,8 MtCO2e) de l'Union
européenne derrière l'Allemagne (839,7 Mt-CO2e), mais ses émissions par habitant (6,8
tCO2e) la placent au 21e rang sur 27 ; elles sont inférieures de 19 % à la moyenne de l'UE
(8,4 tCO2e) et de 33 % à celles de l'Allemagne (10,1 tCO2e)[32]. En France, les forêts et les
terres agricoles (cultures et prairies) constituent d'importants stocks de carbone
contenu dans la biomasse vivante, la biomasse morte et les sols. Le bilan en France
métropolitaine du secteur UTCATF présente davantage d'absorptions de CO2 que
d'émissions. C'est un puits de carbone.
Avec une empreinte écologique par habitant de 4,9 hectares globaux (hag) et
une biocapacité par habitant de 3 hag en 2011, la France est en déficit écologique[33].
Préservation de l'environnement
Les pouvoirs publics tentent depuis plusieurs décennies de répondre à ces défis
environnementaux. Aux réserves naturelles et aux parcs nationaux se sont ajoutés
depuis 1967 les parcs naturels régionaux[38], qui mêlent conservation et mise en valeur
du patrimoine naturel et culturel[c 1] et couvrent, en 2018, 15 % du territoire français[39].
Six agences de l'eau ont été mises en place pour gérer et protéger les ressources en eau
du pays[40],[b 10].
La superficie totale est de 200 364 km2, ce qui représente 12,9 % de la surface terrestre
métropolitaine (soit 7 millions d'hectares) et 33 % de la surface marine de la zone
économique exclusive (soit 12,3 millions d'hectares)[41],[42],[43],[44].
L'estuaire de la
Gironde est classé parc naturel marin et appartient au réseau Natura 2000. La rive
gauche fait partie du parc naturel régional du Médoc. Couvrant une superficie de
635 km2, il est le plus vaste estuaire d'Europe[45].
• + de 5 000 hab./km2
• de 70 à 100 hab./km2
• de 40 à 70 hab./km2
• - de 40 hab./km2
La France métropolitaine est marquée par des déséquilibres spatiaux multiples. D'une
part, elle possède l'originalité d'avoir une capitale six fois plus peuplée que la
deuxième aire d'attraction du pays[N 10], regroupant un quart des étudiants[I 2] et la quasi-
totalité des sièges de grandes entreprises du pays[46]. D'autre part, la ligne Le Havre–
Marseille est souvent considérée comme la limite entre un ouest longtemps resté
agricole et qui bénéficie actuellement d'un important essor démographique et
économique[n 1], et un est à l'industrie et à l'urbanisation anciennes, aujourd'hui[Quand ?] en
déclin. Enfin, des Ardennes au nord-est aux Landes au sud-ouest se dessine une
« diagonale du vide », caractérisée par un peuplement faible comparé au reste du pays
et une économie souvent en difficulté[47].
Après un long exode rural au XIXe siècle et jusque dans la deuxième moitié
du XXe siècle[n 2], le solde migratoire des campagnes françaises est redevenu positif dans
les années 1990[n 1]. L'essentiel de la croissance urbaine se fait dans les
zones périurbaines, de plus en plus éloignées de l'agglomération-centre[n 2]. Le tableau
ci-dessous présente, classées en fonction de leur population en 2022, la liste des vingt
principales aires d'attraction des villes, celle des vingt principales unités urbaines et
celle des vingt principales communes[48].
Aire
Populati Unité Populati Commun Population[
d'attracti
on urbaine on e 49]
on
Marseille - Marseille -
Aix-en- 1 900 957 Aix-en- 1 635 154 Lyon 520 774
Provence Provence
Lille (partie
1 528 848 Toulouse 1 081 726 Toulouse 511 684
française)
Lille (partie
Toulouse 1 513 396 1 063 491 Nice 353 701
française)
Montpellie
Nantes 1 041 894 Nice 973 296 307 101
r
Strasbourg
(partie 868 865 Nantes 683 313 Strasbourg 291 709
française)
Douai -
Rennes 780 549 505 515 Lille 238 695
Lens
Strasbourg
Grenoble 724 742 (partie 489 538 Rennes 227 830
française)
Aire
Populati Unité Populati Commun Population[
d'attracti
on urbaine on e 49]
on
Saint-
Toulon 586 917 Avignon 466 924 172 569
Étienne
Clermont- Villeurban
510 669 Rennes 375 940 162 207
Ferrand ne
Saint-
Nancy 508 921 375 797 Dijon 159 941
Étienne
Saint-
502 196 Tours 367 484 Angers 157 555
Étienne
Valencienn
Saint-
Orléans 458 814 es (partie 332 838 156 149
Denis
française)
Transport routier
Le transport routier est le principal mode de transport utilisé en France, en 2014, il
représentait 83 % des trafics voyageurs et 85 % des trafics marchandises[N 11],[52]. La
France compte près de 1,1 million de kilomètres de routes en 2014, dont la quasi-
totalité est revêtue[53]. Depuis la Libération, la France s'est dotée d'un réseau autoroutier
étendu, qui totalise 11 560 km en 2014[53]. Depuis quelques décennies, les politiques
publiques s'attachent à réduire les accidents mortels sur la route, dont les principales
causes identifiées sont la vitesse et l'alcool[j 1], et cherchent à promouvoir d'autres
moyens de transport moins polluants que la voiture individuelle[i 1].
Transport ferroviaire
Le réseau ferré national date pour l'essentiel du milieu et de la fin du XIXe siècle ; en
2018, il compte environ 28 000 km de lignes, dont plus de la moitié sont électrifiées et
2 800 km de lignes à grande vitesse[54]. L'essentiel du trafic est géré par la société
anonyme à capitaux publics SNCF sur des lignes appartenant à l'État et attribuées
à SNCF Réseau, une filiale de la société. Depuis les années 1980, le trafic
voyageurs augmente en France grâce à la prise en charge par les régions du trafic
régional et local et surtout grâce à la naissance et à l'extension continue du réseau de
lignes à grande vitesse parcouru par le TGV[55]. En revanche, le trafic fret est en constante
diminution. Par ailleurs, les principales villes du pays sont dotées d'un réseau ferroviaire
urbain, de
type métro (Paris, Lyon, Lille, Marseille, Toulouse et Rennes), tramway (Paris, Lyon, Mars
eille, Nantes, Strasbourg, Bordeaux, Toulouse, Grenoble, Montpellier et Nice notammen
t) ou RER (Paris) ; le métro de Paris, né en 1900, forme l'un des réseaux les plus anciens
et denses au monde[56].
Transport aérien
Transport maritime
D'autres modes de transport sont utilisés en France, mais ils sont plus marginaux. Le
trafic fluvial assure une part négligeable du trafic voyageurs et très secondaire du trafic
marchandises, principalement en raison de l'inadaptation d'une grande partie du réseau
au trafic moderne[59]. Le trafic maritime est important : Calais est le deuxième port
mondial pour le trafic de passagers. En ce qui concerne le fret maritime, les ports
de Dunkerque, du Havre, de Nantes–Saint-Nazaire et de Bordeaux sont moins
importants que leurs rivaux de la mer du Nord comme ceux de Rotterdam, d'Anvers et
de Hambourg et sont désormais largement devancés par ceux d'Amsterdam et
de Brême-Bremerhaven[60] ; le port de Marseille, au premier rang français par son trafic,
et un des premiers terminaux d'Europe pour les croisières, est le deuxième port de
la Méditerranée, derrière Algésiras (Espagne)[60].
Réseau cyclable
Depuis 2006, des réseaux urbains de pistes cyclables se développent ainsi que
des vélos en libre-service dans plusieurs villes du pays[i 2]. La qualité de ces
aménagements est très inégale selon les territoires[61]. En 2022, l'infrastructure
cyclable fait près de 75 000 km, dont 46 % sont des pistes cyclables (réservées aux
vélos) et 23 % sont des véloroutes (routes grandes distances). La moitié des ménages
possèdent une bicyclette et environ 700 000 Français utilisent un vélo pour des trajets
domicile-travail, soit environ 5 % de la population. Cette faible part s'explique par la
vulnérabilité du vélo sur la route (226 cyclistes ont perdu la vie en 2021), faute
d'infrastructures suffisantes[62]. Une partie des véloroutes français s'intègre dans un
réseau européen nommé EuroVelo, projet porté par la Fédération des cyclistes
européens qui, depuis 2014, est intégré au projet RTE-T de l'Union Européenne[63]. En
France, 10 pistes EuroVelo sont présentes et permettent de connecter la France à
l'Europe par voies cyclables et cela permet de faire d'elle la deuxième destination
mondiale pour le cyclotourisme[64],[65],[66].
Histoire
Vers -10000, à la fin de la dernière ère glaciaire, le climat s'adoucit[e 1]. À partir de -7000
environ, l'Europe occidentale entre dans le Néolithique et ses habitants se
sédentarisent, même si l'évolution est différente selon les régions[e 2]. Après un fort
développement démographique et agricole aux IVe et IIIe millénaires, la métallurgie fait
son apparition à la fin du IIIe millénaire, d'abord avec le travail de l'or, du cuivre et
du bronze, puis avec celui du fer au VIIIe siècle[e 3].
En -600, des Grecs originaires de la ville de Phocée fondent « la plus ancienne ville de
France »: Marseille (en grec ancien Μασσαλία / Massalia)[68], au bord de la Méditerranée[e
4]
; à la même époque, quelques peuples celtes pénètrent dans le territoire de la France
actuelle, mais cette occupation ne se généralise à la totalité de ce territoire qu'entre
les Ve et IIIe siècles av. J.-C.[e 5]. La notion de Gaule, Γαλατία en grec[69], apparaît alors ; elle
correspond aux territoires de peuplement celte compris entre le Rhin, les Pyrénées,
l'Atlantique et la Méditerranée[e 6].
Contrairement à la vision réductrice qu'en donne César dans sa Guerre des Gaules, ce
vaste espace géographique est occupé par une mosaïque de plus d'une centaine de
peuples dont l'organisation est très diverse, mais qui ont tous un point commun : « qu'il
s'agisse de l'agriculture, de l'urbanisme, du commerce ou encore de l'art, ils partagent
un savoir-faire avancé »[71].
À partir de -125, le Sud des Gaules (57 peuples gaulois) est progressivement conquis par
la République romaine à la suite de la victoire de Rome sur les Allobroges et
les Arvernes. Rome y fonde les villes d'Aix-en-Provence, Toulouse et Narbonne[e 7].
En 58 av. J.-C., Jules César prend prétexte d'une demande d'aide des Éduens pour se
lancer à la conquête du reste de la Gaule. D'abord battu à Gergovie, il vainc à Alésia.
Les riches territoires fiscaux nouvellement conquis sont répartis par l'empereur de
Rome Auguste en neuf provinces, dont quatre correspondent approximativement à
l'actuel territoire métropolitain français : la Narbonnaise au sud, l'Aquitaine au sud-
ouest, la Lyonnaise au centre et à l'ouest et la Belgique au nord[e 8]. De nombreuses villes
sont fondées durant la période gallo-romaine, dont Lyon (Lugdunum) en -43, appelée à
être la capitale de la Gaule romaine[e 9] qui connait alors la paix pendant environ deux
siècles.
Au IIIe siècle, la Gaule romaine connaît une crise grave, le limes, frontière fortifiée
protégeant l'Empire des incursions germaniques, étant franchi à plusieurs reprises par
les Barbares[e 10]. Le pouvoir romain chancelant un Empire des Gaules est proclamé en
260 qui échappe à la tutelle romaine jusqu'en 274[e 11]. Pendant la première moitié
du IVe siècle, la Gaule romaine connaît une période de renouveau et de prospérité[e 12].
Toutefois, les invasions barbares reprennent à partir de la seconde moitié du IVe siècle[e
13]
et le 31 décembre 406, les Vandales, Suèves et Alains franchissent le Rhin et
traversent la Gaule jusqu'en Espagne[e 14]. Au milieu du Ve siècle, les Alamans et
les Francs s'installent au nord-est de la France actuelle et exercent une forte pression
sur les généraux romains qui subsistent dans le nord-est de la Gaule[e 15].
Pour ce qui concerne la France d'outre-mer pendant ce temps : la Guyane est occupée
par des peuples vivant de chasse et de cueillette ; Saint-Pierre-et-Miquelon reçoit des
visites de paléoesquimaux[72] ; les Antilles françaises sont animées par une période
précolombienne ; la Guadeloupe par des groupes amérindiens pré-céramiques[73] ;
la Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna reçoivent leurs premiers habitants vers -3000,
et leur première civilisation, le Lapita, se développe au premier millénaire av. J.-C. ; les
autres territoires d'outre-mer semblent inoccupés durant cette période.
En 987, Hugues Capet est élu roi par ses pairs, c'est-à-dire les nobles du royaume[N 13] ;
la monarchie redevient héréditaire[e 28] et les Capétiens règneront sur la France pendant
plus de huit siècles. Néanmoins, les premiers rois capétiens ne contrôlent directement
qu'une portion très faible du territoire français, appelée le domaine royal, et certains de
leurs vassaux sont beaucoup plus puissants qu'eux[e 29]. Au XIIe siècle, le pouvoir royal
commence à s'affirmer contre les princes du royaume, mais doit faire face à partir des
années 1150 à la naissance d'un « empire Plantagenêt » regroupant dans un même
ensemble l'Angleterre et le tiers ouest de la France[e 30].
Le royaume capétien atteint son premier apogée au XIIIe siècle, la monarchie reprenant
le pouvoir qu'elle avait perdu[e 31] tandis que l'art et la culture française s'affirment en
Europe[e 32]. Philippe Auguste (1180-1223) parvient à conquérir l'essentiel des
possessions françaises des Plantagenêt, mettant temporairement fin à la menace
anglaise et agrandissant considérablement le domaine royal par la même occasion[e
33]
. Louis IX (1226-1270) se comporte en arbitre de la chrétienté et participe
aux septième et huitième croisades, et sera rapidement canonisé par l'Église
catholique[e 34].
Le XIVe siècle et la première moitié du XVe siècle voient la France plonger dans une crise
grave, dont les expressions sont multiples[e 35]. La guerre de Cent Ans, menée contre
l'Angleterre et née d'un problème de succession à la tête du royaume de France, ravage
le pays[e 36]. Toutefois, la crise des XIVe et XVe siècles n'est pas seulement politique ou
militaire ; elle est aussi démographique : à partir de 1347, la peste noire tue au moins un
tiers de la population du royaume[N 14] ; sociale : les insurrections paysannes et urbaines
se multiplient ; mais également économique et religieuse[e 37]. Si la monarchie est
également touchée par cette crise, elle en sort renforcée : le pouvoir central, qui s'est
déplacé dans la vallée de la Loire, se dote de nouvelles institutions, met en place une
armée et un impôt permanents, et amorce le passage du Moyen Âge à la Renaissance[e
38],[74]
.
À partir de 1494, les souverains français mènent de multiples guerres en Italie, puis
contre l'empereur Charles Quint[75]. Néanmoins, les règnes de François Ier (1515-1547) et
de son fils Henri II (1547-1559) sont surtout marqués par un renforcement du pouvoir
royal, qui tend à devenir absolu[76], et par une Renaissance littéraire et artistique
fortement influencée par l'Italie[77].
Louis XIII (1610-1643) et ses ministres Richelieu et Mazarin doivent faire face à
l'opposition de nobles soucieux de reprendre leurs anciens pouvoirs[e 42]. À la même
époque, la France mène plusieurs guerres victorieuses (dont la guerre de Trente Ans) et
commence à former un premier empire colonial, principalement en Nouvelle-France,
aux Antilles et sur la route des Indes[e 43]. Louis XIV affirme plus que jamais le caractère
absolu de son pouvoir[N 15] : le « Roi-Soleil » se considère comme le « lieutenant de Dieu
sur Terre[e 44] » et fait construire le château de Versailles, symbole de son pouvoir[e 45]. Il
s'entoure d'artistes et de savants et travaille à l'unité religieuse de son royaume[e 46] en
reprenant la persécution des protestants et en révoquant l'édit de Nantes par l'édit de
Fontainebleau. Malgré la situation financière critique de la monarchie, Louis XIV mène
plusieurs guerres face à une Europe coalisée contre lui[e 47] tandis que le marquis de
Vauban fait construire un réseau de villes fortifiées aux frontières du royaume[e 48]. Si ces
guerres aboutissent dans un premier temps à des victoires françaises, plusieurs
défaites militaires et des famines ternissent la fin de son règne[e 49].
Louis XV (1715-1774), arrière-petit-fils et successeur de Louis XIV, mène lui aussi
plusieurs guerres, aux résultats contrastés[e 50]. En 1763, par le traité de Paris qui met fin
à la guerre de Sept Ans, la France abandonne ses possessions en Amérique du Nord,
mais acquiert dans la même décennie la Lorraine et la Corse[e 51]. Pendant ce temps, la
France connaît une forte vitalité démographique et économique. La croissance de la
production agricole s'accompagne d'une proto-industrialisation, notamment dans le
secteur textile, ainsi que d'un essor dans les domaines intellectuel et culturel[e 52].
Toutefois, Louis XVI, qui accède au trône en 1774, se révèle incapable de trouver une
solution au surendettement de la monarchie et doit convoquer les états généraux en
1789[e 53].
Les délégués envoyés aux États généraux qui s'ouvrent le 5 mai 1789 outrepassent
rapidement les pouvoirs qui leur sont attribués et s'érigent en une Assemblée nationale
constituante[e 54]. Le roi ne peut alors empêcher l'assemblée constituante de décider
l'abolition des privilèges dans la nuit du 4 août puis d'adopter le 26 août la Déclaration
des droits de l'homme et du citoyen[e 55]. La devise Liberté, Égalité, Fraternité apparaît
dans le débat public, en particulier en 1790 dans un discours de Maximilien
Robespierre sur l'organisation de la Garde nationale[79]. Après un essai de monarchie
constitutionnelle, la République naît le 22 septembre 1792, et Louis XVI, condamné
pour trahison, est guillotiné par jugement de la Convention nationale le 21 janvier 1793[e
56]
. La France révolutionnaire connaît alors plusieurs années de guerres et
d'exécutions jusqu'à l'instauration du Directoire en 1795[e 57]. C'est le 27 pluviôse an II (15
février 1794), que le drapeau tricolore est instauré par la Convention nationale, par
décret indiquant que « le pavillon et le drapeau national seront formés des trois couleurs
nationales disposées en trois bandes égales de manière que le bleu soit attaché à la
garde du pavillon, le blanc au milieu et le rouge flottant »[80].
Malgré sa naissance chaotique, la Troisième République est le plus long des régimes
politiques qu'a connu la France depuis 1789[e 69]. Les républicains mettent peu à peu en
place leur projet politique : l'école est rendue gratuite, laïque et obligatoire en 1881-
1882, les libertés de presse et de réunion sont accordées en 1881, le divorce et les
syndicats sont autorisés en 1884, et les Églises sont séparées de l'État en 1905[e 70]. À la
même époque, la France se dote d'un vaste empire colonial, qui sera le deuxième au
monde après celui du Royaume-Uni[81],[e 71] : aux possessions en Inde et à
l'Algérie viennent s'ajouter au fil des années l'Indochine, les protectorats de Tunisie et
du Maroc, l'Afrique équatoriale et occidentale et Madagascar. Si plusieurs crises
politiques se succèdent — crise boulangiste, scandale des décorations, scandale de
Panama, affaire Dreyfus —, la menace principale pour la République vient désormais de
l'extérieur, où la guerre apparaît de plus en plus imminente[e 72].
Par le jeu des alliances, la France entre en guerre au début du mois d'août 1914 contre
l'Allemagne, aux côtés du Royaume-Uni et de l'Empire russe[e 73]. La Première Guerre
mondiale, qui fait 1,4 million de victimes françaises et entraîne de nombreuses
destructions dans le nord-est du pays, se conclut le 11 novembre 1918 en faveur de
la Triple-Entente[e 74]. Outre le retour de l'Alsace-Lorraine, la France recevra une partie
des réparations allemandes prévues par le traité de Versailles tout en obtenant des
garanties de sécurité. Néanmoins, celles-ci ne suffisent pas à éviter en 1940, une
nouvelle invasion par l'Allemagne à la suite de la reconstruction de l'armée allemande et
de la remilitarisation de la rive gauche du Rhin.
Après huit mois sans combats (la « drôle de guerre »), la Wehrmacht envahit le 10 mai
1940 le nord-est de la France et le maréchal Philippe Pétain demande l'armistice le 22
juin[e 77]. Ce dernier obtient les pleins pouvoirs le 10 juillet, signant ainsi la fin de
la Troisième République et la naissance du régime de Vichy. Celui-ci mène une politique
conservatrice, traditionaliste et antisémite, et collabore avec le Troisième Reich.
Toutefois, la résistance s'organise à l'intérieur et à l'extérieur du pays[e 78].
Le débarquement allié du 6 juin 1944 en Normandie sonne la fin de l'occupation nazie et
le début de la libération de l'Europe[e 79]. Au total, ce conflit aura tué moins de militaires
français que le précédent[N 18] mais les victimes civiles sont nombreuses — au moins
330 000 victimes civiles, dont 75 000 Juifs installés sur le territoire français qui ont été
tués lors de la Shoah[84],[N 19] — et les blessures psychologiques et politiques dues à la
débâcle de 1940, à la collaboration puis aux règlements de compte lors de l'épuration
sont longues à cicatriser[e 79].