Théorie classique des stratifiés expliquée
Théorie classique des stratifiés expliquée
Introduction 287
Le modèle mécanique 291
La loi fondamentale des stratifiés 298
Les tenseurs normalisés 317
Inversion de la loi fondamentale des stratifiés 321
Stratifiés couplés et découplés 325
Les modules élastiques du monocouche équivalent 330
Le comportement hygro-thermo-élastique 334
Le cas des stratifiés à couches identiques 350
L'utilisation de la méthode polaire 355
286
Introduction
Les couches en composite ne sont jamais utilisées seules, mais
sous la forme de stratifiés, à savoir en plaques obtenues par
superposition de plusieurs plis, le plus souvent identiques.
Les caractéristiques mécaniques de rigidité et résistance des
couches normalement utilisées rendent en fait impossible l'utilisation
de couches simples principalement à cause de:
une trop forte anisotropie de la réponse élastique, au moins pour les
couches à renfort unidirectionnel;
une trop faible résistance en direction transversale;
une trop petite épaisseur (≈ 0.125 mm pour les pre-pregs en carbone),
ce qui rend d'un côté la rigidité, surtout celle flexionnelle, trop petite et
de l'autre donne un fort danger d'instabilité à la compression, dans les
deux directions.
Les couches sont donc utilisées pour composer des stratifiés, par
superposition d'un nombre suffisant de couches, selon les besoins
conceptuels.
287
1
Introduction
Cette opération permet de créer des plaques dont les
caractéristiques mécaniques, de rigidité et résistance, peuvent être
l'objet de la conception.
En fait, tandis que pour une plaque en matériau homogène c'est
l'épaisseur le seul paramètre à dimensionner une fois le matériau
choisi, un stratifié a des caractéristiques mécaniques finales qui
dépendent aussi bien de celles des couches qui le composent que
du nombre de ces couches et surtout de leur orientation relative.
L’utilisation d'un stratifié nécessite donc d'une phase de conception
et de vérification.
La phase de conception doit comprendre normalement la
conception de la résistance et de la rigidité. Il faut spécifier que ceci
comporte non seulement la détermination de requis minimaux de
résistances et rigidité, selon les besoins de la conception, mais
aussi le type de réponse élastique (orthotrope, isotrope etc.).
Un stratifié est, en définitive, un matériau complexe complètement à
concevoir.
288
Introduction
La théorie classique des stratifiés répond à cet but; son objectif est
en fait celui de fournir un modèle mathématique capable de
synthétiser la réponse élastique d'un stratifié comme si celui-ci était
constitué simplement par une seule couche équivalente.
Il s'agit, en définitive, comme déjà anticipé, d'un processus
d'homogénéisation, dans l'épaisseur de la plaque, des
caractéristiques mécaniques macroscopiques de rigidité.
Les résultats de la théorie classique sont condensés dans une loi,
qui formalise la réponse élastique de la plaque monocouche
équivalente du stratifié, et ayant la même épaisseur totale.
Il faut préciser dès maintenant que la théorie classique des stratifiés
est seulement un modèle mathématique, basé sur la théorie
classique des plaques en flexion et qui comme cette dernière est
soumise à des critiques, encore plus importantes dans le cas des
stratifiés pour une série de facteurs dépendants de l'anisotropie et
durtout de l'hétérogénéité (de par la superposition de couches).
289
2
Introduction
Même si la théorie classique ne donne pas touts les résultats
mécaniques (surtout les déformations et contraintes hors plan), elle
est utile en phase de conception et indispensable dans la prédiction
des caractéristiques élastiques globales du stratifié.
Dans la suite, on introduit d'abord le modèle mécanique et donc on
déduit la loi fondamentale des stratifiés.
Dans un deuxième temps, on examinera le comportement hygro-
thermo-élastique, encore en théorie classique des stratifiés, et puis
le cas simplifié des stratifiés à couches identiques.
Finalement, on introduira l'utilisation de la représentation polaire en
théorie classique des stratifiés, car ceci permet de mieux en
comprendre certains aspect fondamentaux.
On a dit que la théorie classique trouve sa meilleure application en
phase de conception. Aujourd'hui, la conception des stratifiés fait
encore l'objet de recherches, car on ne dispose pas encore d'une
seule méthode capable de répondre à tous les besoins de
conception. A cet aspect seront consacrés les chapitres qui suivent.
290
Le modèle mécanique
La théorie classique des stratifiés est basée sur les hypothèses
suivantes:
adhérence parfaite entre les couches;
comportement élastique linéaire des couches;
petits déplacements, rotations et déformations;
épaisseur totale petite;
modèle cinématique du Kirchhoff.
On rappelle que le modèle de Kirchhoff comporte trois hypothèses
qui concernent la déformation de chaque segment droit orthogonal
au plan moyen, qui reste:
rectiligne;
orthogonal à la surface moyenne déformée;
de la même longueur.
Le choix de ce modèle cinématique a, c'est bien connu, des
conséquences mécaniques importantes; en particulier, nous le
verrons, on ne peut pas remonter aux déformations de cisaillement
dans l'épaisseur de la plaque. 291
3
Le modèle mécanique
Considérons donc, voir la figure, quelles sont dans le plan x-z les
conséquences des hypothèses (dans le plan y-z on a une situation
analogue). On cherche le déplacement u= (u,v,w) d'un point
quelconque P, de coordonnées (x,y,z).
A’ β
z
P’ β
A
z w B’
h/2 P w0
z
C’
x B
h/2 u
u0
C
Le modèle mécanique
Le déplacement en direction x d'un point P, situé sur la verticale de
B à distance z du plan moyen, sera
u = u0 − z sin β,
293
4
Le modèle mécanique
Finalement, comme par hypothèse les déplacements et les rotations
sont petits, il est
∂w 0
β ≅ sin β ≅ tan β = , cos β ≅ 1.
∂x
Le modèle mécanique
∂w 0 ( x, y )
u0 ( x, y ) − z ∂x
∂w 0 ( x, y )
u = v 0 ( x, y ) − z .
∂y
w 0 ( x, y )
A remarquer que le champ de déplacement est linéaire en z.
Les déformations se calculent facilement: par l'hypothèse que
celles-ci sont infinitésimales on a pour le champ de déformations
∂u( x, y , z ) ∂u0 ( x, y ) ∂ 2w 0 ( x, y )
ε xx = = −z ,
∂x ∂x ∂x 2
1 ∂u( x, y , z ) ∂v ( x, y , z ) 1 ∂u0 ( x, y ) ∂v 0 ( x, y ) ∂ 2w 0 ( x, y )
ε xy = + = + − z ,
2 ∂y ∂x 2 ∂y ∂x ∂x∂y
1 ∂u( x, y , z ) ∂w ( x, y , z ) 1 ∂w 0 ( x, y ) ∂w 0 ( x, y )
ε xz = + = 2 − + = 0,
2 ∂z ∂x ∂x ∂x
295
5
Le modèle mécanique
∂v ( x, y , z ) ∂v 0 ( x, y ) ∂ 2w 0 ( x, y )
ε yy = = −z ,
∂y ∂y ∂y 2
1 ∂v ( x, y , z ) ∂w ( x, y , z ) 1 ∂w 0 ( x, y ) ∂w 0 ( x, y )
ε yz = + = 2 − + = 0,
2 ∂z ∂y ∂y ∂y
∂w 0 ( x, y )
ε zz = = 0.
∂z
La conséquence, sur le comportement cinématique, des hypothèses
faites est donc que le champ de déformations est plan.
Si l'on indique avec ε° le tenseur des petites déformations dans le
plan moyen,
∂u0 ( x, y )
ε x
o
∂x
∂v 0 ( x, y )
ε o = ε yo = ,
ε o ∂y
s ∂u 0 ( x, y ) ∂v 0 ( x, y )
+
∂y ∂x
296
Le modèle mécanique
et avec κ l’opposé du tenseur des courbures du plan moyen,
assimilable à l'hessian de la fonction w0(x,y), grâce à l'hypothèse de
petits déplacements et rotations,
∂ 2w 0 ( x, y )
2
κ x 2 ∂x
∂ w 0 ( x, y )
κ = κ y = − ,
κ ∂y 2
s ∂ 2w 0 ( x, y )
2
∂x∂y
on obtient finalement, pour le tenseur des déformations,
ε x ε xo κ x
o
ε = εo + z κ → ε y = ε y + z κ y .
ε ε o κ
s s s
On remarque que les tenseurs plans ont été écrits en notation de
Voigt et donc réduits à des vecteurs colonne, comme d'habitude.
297
6
La loi fondamentale des stratifiés
La connaissance du champ de déformations permet de remonter,
par le biais du calcul des contraintes, aux résultantes des actions
internes, et de lier donc ces dernières aux déformations. Ceci est le
but principal de la théorie classique des stratifiés.
Nous avons vu que, dans le modèle mécanique utilisé, le champ de
déformations est plan. Nous nous proposons à présent, en premier
lieu, de passer au champ des contraintes.
Ces passage est seulement apparemment immédiat, alors qu'en
réalité il nécessite d'une certaines attention.
x3=z
D'abord, fixons la situation de calcul: y
il faut trouver les contraintes dans
une couche comme en figure, en
x2
considérant que déformations et
contraintes doivent être connues, en θ x
général, dans un repère quelconque
{x, y, z}, où nous les indiquerons par
le symbole ' (εi' et σi', i=1,...,6). x1
298
7
La loi fondamentale des stratifiés
alors on reconnaît, en suivant les procédures vues pour une rotation
θ autour de l'axe x3 de la matrice [C], que
′ = C24
C14 ′ = C64
′ = C15
′ = C25
′ = C65
′ = 0,
′ = C12 c 2 + C23 s 2 , C23
C13 ′ = −sc (C12 − C23 ),
′ = C12 s 2 + C23 c 2 , C63
s = sin θ, c = cos θ.
La première ligne ci-dessus est vraie même pour le cas plus général
de couches orthotrope avec x3 axe d'orthotropie.
Il en suit
σ 3′ ≠ 0, σ 4′ = σ 5′ = 0.
Dans d'autres mots, tandis que l'état de déformation est plan, celui
de la contrainte ne l'est pas; en général, en fait,
( ) ( )
σ 3′ = C12c 2 + C23s 2 ε1′ + C12s 2 + C23c 2 ε2′ − sc (C12 − C23 )ε6′ .
300
301
8
La loi fondamentale des stratifiés
Ensuite, du moment que l'épaisseur est petite, si les contraintes
varient avec continuité, il est vraisemblable que la valeur absolue de
σ’3 reste bornée et donc négligeable par rapport à celui des
contraintes dans le plan.
Cet argument est classique en mécanique des plaques;
évidemment, cette approximation ne peut être considérée valable là
où on a des états de contrainte triaxiale significatifs, comme c'est le
cas des zones d'appui ou d'encastrement et celles d'application des
charges concentrées.
Un commentaire ultérieure concerne la plausibilité mécanique des
hypothèses faites: en effet, celles-ci amènent, pour les stratifiés, à
deux conséquences importantes.
La première concerne les contraintes à cisaillement en direction x3,
σ’4 et σ’5: comme celles-ci sont nulles, il est en principe impossible
l'équilibre d'un élément de plaque sous l'action de charges
orthogonales au plan moyen.
302
303
9
La loi fondamentale des stratifiés
En admettant donc que l'état de contrainte soit plan, on peut utiliser
comme loi de comportement celle déjà introduite,
σ1 Q11 Q12 0 ε1
Q Q
{σ } = [Q ]{ε} → σ 2 = 0 ε 2 ,
12 22
σ 0 0 Q66 ε 6
6
avec les composantes Qij fonction des Cij, voir page 155.
Dan un repère quelconque {x, y, z}, on aura
{σ }′ = [Q ]′ {ε}′ ,
avec les composantes de la matrice [Q]’ données à page 161.
A se rappeler que dans un repère quelconque, la matrice [Q]’ n'est
pas, en général, orthotrope, à savoir, la couche se comporte comme
un matériau anisotrope.
304
305
10
La loi fondamentale des stratifiés
Dans le calcul de la matrice [Q]’ avec les formules de page 161 il
faut toutefois faire encore attention.
En fait, ces formules permettent le calcul de la matrice de rigidité au
passage du repère {x1, x2, x3} au repère {x, y, z}, tourné de l'angle θ
en sens trigonométrique.
Or, lorsqu'on a à faire avec un stratifié, ce qu'on fait normalement
est de fixer un repère unique, propre au stratifié, dans lequel on va
exprimer toutes les grandeurs tensorielles et vectorielles de chaque
couche et de la plaque en général.
Ce repère ne coïncide pas généralement avec le repère
d'orthotropie de toutes les couches, car celles-ci peuvent avoir une
orientation quelconque.
En effet, les propriétés finales du stratifié s'obtiennent exactement
par rotation relative des couches, de façon à optimiser le
comportement voulu.
Soit donc {x, y, z} le repère global du stratifié.
306
11
La loi fondamentale des stratifiés
(parce que ce sont ceux-ci en effet les angles qu'on utilise pour le
dimensionnement et l'analyse du stratifié), alors dans les formules
qui donnent les composantes de [Q]’, page 161, il faut changer le
signe des puissances impaires de sin θ.
La matrice qui donne les caractéristiques élastiques d'une couches
tournée de θ en sens trigonométrique par rapport au repère du
stratifié est donc la suivante:
308
z Nx z Ms Mx
Ns My
Ns y My Ms y
Ny Ms
Ny Ms
Mx
Ns
Ns
Nx
x x
309
12
La loi fondamentale des stratifiés
Évidemment, les actions internes sont des forces et des moments
par unité de longueur.
A remarquer que pas tous les auteurs utilisent la même
nomenclature et même pas la même convention sur les signes (par
exemple Jones).
Celle adoptée ici est cohérente avec la définition même de moment
fléchissant ou de torsion, à savoir est celle qu'on obtient
naturellement en développant les calculs indiqués ci de suite, dans
le repère adopté (comme dans Lekhnitskii ou Vinson-Sierakowski;
Vasiliev et Morozov utilisent, de leur côté, un repère orienté
négativement).
La définition des actions internes est classique et immédiate: si h est
l'épaisseur du stratifié, alors
h2 h2
N= ∫−h 2 σ dz, M= ∫−h 2 σ z dz.
En termes de composantes, en utilisant encore la notation de Voigt,
il est 310
13
La loi fondamentale des stratifiés
Comme dans le modèle adopté le champ de déformation est unique
pour tous les plis et décrit par deux tenseurs qui ne dépendent pas
de la coordonnée z, on a:
N = ∑k =1 ∫
n zk
zk −1
σ k dz =∑k =1 ∫
n zk
zk −1
[ ]
Q k (δ k ) ε o + z κ dz =
M = ∑k =1 ∫
n zk
zk −1
σ k zdz =∑k =1 ∫
n zk
zk −1
[ ]
Q k (δ k )z ε o + z κ dz =
zk z
A = ∑k =1 ∫
n
Q k (δ k )dz, n
zn
zk −1 h/2
zk zk
B = ∑k =1 ∫
n k
Q k (δ k )zdz, zk-1
zk −1
h/2 2
zk z1
D=∑
n
∫
2 1
Q (δ k
k =1 zk −1 k
)z dz. z0
313
14
La loi fondamentale des stratifiés
Comme les Qk(δk) ne dépendent pas de z, on a
A = ∑k =1( zk − zk −1 )Q k (δ k ),
n
1 n
B=
2
∑ k =1
( zk2 − zk2−1 )Q k (δ k ),
1 n
D = ∑k =1( zk3 − zk3−1 )Q k (δ k ).
3
On parvient donc à la loi fondamentale des stratifiés, qui écrite en
forme matricielle symbolique est
N A B ε o
= B D
M κ
Celle-ci est une véritable loi de comportement, qui dans le cadre des
hypothèses faites lie les actions internes au champ de déformation.
314
et que
M = Bε o + Dκ.
15
La loi fondamentale des stratifiés
Cet effet n'existe pas dans les plaques monocouches et c'est à
cause de ça qu'on est obligés de traiter ensemble les cas de
membrane et de flexion, souvent présentés séparés dans la théorie
classique des plaques.
Le tenseur A est un tenseur de rigidité qui lie les actions et les
déformations de membrane, tandis que le tenseur D lie les moments
et les courbures. Pour cela, A est dit tenseur de rigidité de
membrane et D tenseur de rigidité de flexion.
Par la définition même des trois tenseurs qui décrivent, en rigidité, le
comportement élastique d'un stratifié, on a que, étant symétriques
les tenseurs de rigidité des couches,
A = A T , B = BT , D = DT .
316
[A] = [F / L] (N/m),
[B] = [F] (N),
[D] = [FL] (N m).
Par conséquent, les trois tenseurs ne sont pas directement
comparables.
En outre, ces tenseurs sont des tenseurs de rigidité qui décrivent la
réponse élastique d'un stratifié ayant une épaisseur totale h.
Or, le but principal, déjà annoncé, de la théorie classique est celui
de donner une loi capable de simuler le comportement élastique du
stratifié multicouches comme si celui-ci était constitué par une seule
couche, ayant l'épaisseur totale du stratifié (c'est donc une théorie
monocouche).
317
16
Les tenseurs normalisés
Les trois tenseurs décrivent donc le comportement élastique de ce
monocouche élastiquement équivalent au stratifié.
On peut donc se poser la question suivante: quelles sont les
caractéristiques élastiques du matériau factice constituant ce
monocouche élastiquement équivalent au stratifié?
Comme on s'est réduit à un monocouche, donc homogène, même si
en général anisotrope, la réponse se trouve directement dans la
théorie des plaques homogènes (pour B c'est conventionnel): les
caractéristiques élastiques de ce matériau factice se trouvent à
partir des tenseurs de rigidité par le biais des opérations suivantes
A B D
A* = , B* = 2 2 , D* = 12 3 .
h h h
Le symbole * indique donc les tenseurs normalisés il est simple de
constater que les tenseurs normalisés ont tous les mêmes
dimensions, celles d'un module [FL-2], (MPa), et donc ils sont
directement comparables.
318
319
17
Les tenseurs normalisés
Concrètement, ceci implique qu'un même échantillon obtenu d'un
stratifié et soumis à des tests de laboratoire, montrera des valeurs
différentes, par exemple, du module d'Young équivalent, dans un
test de flexion et dans un test de traction.
Le comportement élastique d'un stratifié vu comme un corps
équivalent homogénéisé à un monocouche est donc celui d'un corps
complexe, qui se caractérise par un couplage membrane-flexion et
par un différent comportement élastique en membrane et en flexion.
Un exemple est celui de la figure
à côté, qui montre le diagramme Em
directionnel du module d'Young Ef
en membrane (orthotrope) et en
flexion (anisotrope) du même
stratifié (séquence [30°/-30°/0°/
-30°/30°] en verre-époxyde).
320
M = Bε o + Dκ → Dκ = M − Bε o → (
κ = D −1 M − Bε o )
o
N = Aε + Bκ = Aε + BD o
(M − Bε ) = (A − BD B)ε
−1 o −1 o
+ BD −1M →
ε o = (A − BD −1B) N − (A − BD −1B) BD −1M.
−1 −1
N = Aε o + Bκ → Aε o = N − Bκ → ε o = A −1 (N − Bκ )
M = Bε o + Dκ = BA −1(N − Bκ ) + Dκ = BA −1N + D − BA −1B κ ( ) →
(
κ = − D − BA −1B )
−1
(
BA −1N + D − BA −1B ) −1
M.
321
18
Inversion de la loi fondamentale des stratifiés
On pose alors
(
a = A − BD −1B ) −1
,
(
b1 = − A − BD −1B ) −1
BD −1 = −aBD −1,
(
d = D − BA −1B )−1
,
(
b 2 = − D − BA −1B ) −1
BA −1 = −dBA −1,
( ) ( )
−1 T −1
a T = A − BD −1B = A − BD −1B
T
=
( ) ( )
−1 −1 −1
= A T − BT DT BT = A − BD −1B = a.
322
(
b1T = − aBD −1 ) T
( )
= − DT
−1
B T a T = −D −1Ba ≠ b1,
b T2 = (− dBA ) −1 T
= −(A ) T −1
B T dT = − A −1Bd ≠ b 2 .
Cependant,
(b ) = −(D
T −1
1
−1
Ba )−1
( )
= −a −1B −1D = − A − BD −1B B −1D = − AB −1D + B,
= (− dBA )
−1 −1
(D − BA B) = −AB ( ) −1
b 2−1 = − AB −1d −1 = − AB −1 −1 −1
D + B = b1T ,
19
Inversion de la loi fondamentale des stratifiés
ε o a b N
= T .
κ b d M
Donc, même si la matrice de la loi inverse a conservé la symétrie
globale, elle n'a plus toutes les symétries de la matrice de la loi
directe, du moment que b n'est pas, en général, symétrique.
En fait, tandis que A et D sont des vrais tenseurs de rigidité, par
exemple ils sont définis positifs, B ne l'est pas, il n'est pas défini et
n'a pas les mêmes symétries de son inverse.
Par les relations à la page précédentes, on obtient pour b une
expression semblable à celles obtenues pour a et d:
(b )
T −1
= − AB −1D + B (
→ b = B − DB −1A )
−1
.
324
ε o a b N
= b T d O → ε o = aN, κ = b TN.
κ
Par le couplage, les actions de membrane provoquent dans le
stratifié non seulement une déformation du plan moyen, mais aussi
une courbure. Si par exemple le stratifié est soumis seulement à
une force membranale monoaxiale Nx, alors
κ x bxx
κ = κ y = N x bxy .
κ b
s xs
A savoir, le stratifié se courbe dans les deux directions et vrille.
325
20
Stratifiés couplés et découplés
Si au contraire on avait appliqué
un moment Mx, on aurait obtenu
un résultat analogue pour ce qui
concerne les déformations dans
le plan moyen.
Quelques fois, ces effets de
déformation dus au couplage
membrane-flexion sont
recherchés et exploités dans
certains buts.
Par exemple, le couplage qui provoque une torsion comme effet
d'une traction (voir la figure) est parfois utilisé dans les hélices des
éoliennes et dans les pales d'hélicoptère pour effectuer un contrôle
passif automatique du pas de l'hélice.
Généralement, toutefois, le couplage est un effet parasite non
souhaité, et les concepteurs cherchent à l'éliminer (nous verrons
comment au chapitre suivant).
326
21
Stratifiés couplés et découplés
Ceci n'est pas vrai, en général, pour un stratifié couplé pour s'en
convaincre, il suffit de considérer, par exemple, la formule qui donne
le tenseur a:
(
a = A − BD −1B )
−1
.
22
Les modules élastiques du monocouche équivalent
On a déjà dit que les tenseurs normalisés représentent le
comportement d'un matériau factice avec lequel on a réalisé un
monocouche équivalent, d'épaisseur égale à celle du stratifié.
Il a donc un sens de se demander quels sont les modules de
l'ingénieur de ce matériau factice, à savoir, quels sont les modules
de l'ingénieur du stratifié vu comme constitué par un milieu
homogène.
Les modules sont définis à partir des composantes du tenseur de
souplesse, à savoir, dans ce cas, des tenseurs inverses a, b et d
normalisés:
(
a* = h a = A * −3 B * D * −1 B * )−1
,
−1
h2 1
b* = b = B * − D * B * −1 A * ,
2 3
d* =
h3
12
(
d = D * −3 B * A * −1 B * )
−1
.
330
* * *
1 1 1 a xy a xs ays
E xm = *
, E m
y = *
, G m
xy = *
, ν m
xy = − *
, η m
xy , x = *
, η m
xy ,y = *
;
a xx ayy ass a xx a xx ayy
* * *
1 1 1 d xy d xs d ys
E xf = *
, E f
y = *
, G f
xy = *
, ν f
xy = − *
, η f
xy , x = *
, η f
xy ,y = *
.
d xx d yy d ss d xx d xx d yy
23
Les modules élastiques du monocouche équivalent
Le calcul des modules de l'ingénieur dans un repère quelconque,
tourné de θ par rapport au repère global, se fait encore par le biais
des formules de transformation analogues à celles de page 163.
De la même manière, les composantes de A, B et D dans un repère
tourné de θ par rapport au repère global, et celles des
correspondants tenseurs normalisés, se trouvent par les formules
de transformation analogues à celles de page 161, introduites pour
la matrice [Q], tandis que pour les tenseurs inverses a, b et d et
leurs correspondants normalisés il faut utiliser les formules de page
162, introduites pour la [S].
Finalement, il faut prendre en compte le fait que dans la définition
des tenseurs εo et κ on a utilisé la notation de Voigt, avec la
convention qui en suit sur la composante de déformation au
cisaillement. Par conséquent, les transformations par rotation des
tenseurs de rigidité et de souplesse ne sont pas identiques. En
définitive, tous les tenseurs de rigidité se comportent comme la
matrice [Q] et tous ceux de souplesse comme la matrice [S].
332
24
Le comportement hygro-thermo-élastique
A l'instar de tout autre matériau, les composites renforcés par des
fibres sont sensibles à la température, qui provoque des
déformations.
Ces actions sont particulièrement importantes pour les stratifiés, qui
souvent sont réalisés avec un processus de polymérisation
thermique sous pression constante (cuisson à ~180°C).
En outre, il faut considérer la possibilité que le matériau se déforme
par absorption d'humidité; ce phénomène se produit dans les
composites à matrice organique.
Voyons donc ce qu'il se passe dans ces circonstances; l'objectif est
de trouver une généralisation de la loi fondamentale des stratifiés de
sorte à prendre en compte les effets hygro-thermo-élastiques.
La théorie qui suit est une généralisation au cas des multicouches
de la théorie classique des plaques soumises à des variations
thermiques, outre qu'à des actions mécaniques.
Les hypothèses mécaniques de base sont les mêmes déjà vues
pour la théorie classique des stratifiés. 334
Le comportement hygro-thermo-élastique
En général, la déformation totale ε est la somme de trois termes:
ε = εf + εt + εc ,
où εf est la déformation due aux forces appliquées, εt celle due aux
variations thermiques et εc celle due à la variation de concentration
d'humidité.
Naturellement, par la loi de Hooke il est
ε f = Zσ,
et on admet que ce soit
ε t = tα,
ε c = cβ.
Dans ces équations, t et c sont respectivement la variation de
température et de concentration d'humidité par rapport à un état où
on considère nulles les déformations thermiques et hygroscopiques;
α et β sont respectivement les tenseurs du second ordre des
coefficients de dilatation thermique et hygroscopique.
335
25
Le comportement hygro-thermo-élastique
z ts, cs
L'inversion de la loi précédente donne zn
n
σ = E(ε − ε t − ε c ) = E ε − t E α − c E β. to, co k zk
zk-1
Considérons donc le cas d'un stratifié. 2 z
1 z1
L'hypothèse classique est que le stratifié ti, ci 0
Le comportement hygro-thermo-élastique
[ ] ∆t
σ k = Q k (δ k ) ε o + z κ − t o + z Q k (δ k )α k (δ k ) − c o +
h
∆c
z Q k (δ k )β k (δ k ).
h
Avec évidente signification des symboles, αk(δk) et βk(δk) indiquent
respectivement le tenseur des coefficients de dilatation thermique et
hygroscopique du pli k, tourné de l'angle δk .
Si maintenant on utilise cette relation dans le calcul des actions
internes N et M, avec les formules déjà vues en théorie classique,
qui conduisent aux tenseurs A, B et D, on obtient d'autres termes,
qui tiennent compte de l'apport dû aux variations thermiques et
hygroscopiques:
N A B ε o U ∆t V F ∆c G
= B D − t o V − h W − c o G − h H ,
M κ
où les tenseurs du second ordre U, V et W décrivent
respectivement, en rigidité, le comportement thermoélastique de
membrane, le couplage thermoélastique membrane-flexion et le
337
26
Le comportement hygro-thermo-élastique
comportement thermoélastique de flexion. Dans d'autres termes, ils
sont les correspondants de A, B et D pour les rigidité
thermoélastiques.
Les tenseurs F, G et H ont les mêmes rôles mais en ce qui
concerne les variations d'humidité.
Les tenseurs ci-dessus sont donnés par les relations suivantes, qui
s'obtiennent immédiatement en injectant dans le calcul des actions
internes la formule des contraintes à la page précédente:
zk
U = ∑k =1∫ γ k (δk ) dz = ∑k =1(zk − zk −1) γ k (δk ),
n n
zk −1
zk 1 n
V = ∑k =1∫ ∑
n
k =1
(zk2 − zk2−1)γ k (δk ),
z γ k (δk ) dz =
zk −1 2
zk 1 n
W = ∑k =1∫ z 2 γ k (δk ) dz = ∑k =1(zk3 − zk3−1)γ k (δk ),
n
zk −1 3
dove
où γ k (δk ) = Qk (δk )αk (δk ).
338
Le comportement hygro-thermo-élastique
D'une manière analogue on a
zk
F = ∑k =1 ∫ λ k (δk ) dz = ∑k =1(zk − zk −1)λ k (δk ) ,
n n
zk −1
zk 1 n
G = ∑k =1∫ ∑ (zk2 − zk2−1)λk (δk ),
n
z λ k (δk ) dz =
zk −1 2 k =1
zk 1 n
H = ∑k =1∫ z 2 λ k (δk ) dz = ∑k =1(zk3 − zk3−1)λ k (δk ),
n
zk −1 3
dove
où λ k (δk ) = Qk (δk )βk (δk ).
La loi de page 337 généralise la loi fondamentale des stratifiés au
cas où on a des effets hygro-thermiques. L'inversion de cette loi
peut se faire de la façon suivante: on pose
N * U ∆ t V F ∆c G
= t o + + co + ,
M * V h W G h H
et on obtient
339
27
Le comportement hygro-thermo-élastique
N + N * A B ε o
= ,
M + M * B D κ
équation dont on connaît déjà la relation inverse:
ε o a b N + N *
= b T d M + M * .
κ
ε o a b N u ∆t v 1 f ∆c g1
= b T d M + t o v + h w + c o g + h h ,
κ 2 2
où
340
[ ] (
u = aU + bV = a U − BD −1V = A − BD −1B )−1(U − BD −1V ),
v1 = aV + bW = a[V − BD −1W ] = (A − BD −1B ) (V − BD −1W ),
−1
et de façon analogue
[ ] (
f = aF + bG = a F − BD −1G = A − BD −1B )−1(F − BD−1G),
g1 = aG + bH = a[G − BD −1H] = (A − BD −1B ) (G − BD −1H),
−1
341
28
Le comportement hygro-thermo-élastique
On observe donc que le lien thermoélastique inverse dépend non
pas de 3 tenseurs, mais de 4, car en général v1 est différent de v2.
Toutefois, les tenseurs thermoélastiques inverses indépendants ne
sont pas 4, mais 3, car il y a la relation suivante, qu'on obtient
facilement de celles précédentes
[
v1 = a V − BD −1W ] [ ( )]
= a d −1v 2 + B A −1U − D −1W .
[ ] [ (
g1 = a G − BD −1H = a d −1g2 + B A −1F − D −1H . )]
C'est utile de faire des observations sur ces résultats.
D'abord, on confirme le fait que les stratifiés sont des milieux
"complexes" par le fait qu'encore une fois le comportement hygro-
thermo-élastique en souplesse n'est pas gouverné par des lois
totalement "symétriques" par rapport à celles de rigidité.
342
Le comportement hygro-thermo-élastique
En fait, on a deux diverses tenseurs de couplage thermo- et hygro-
élastique, même si pas indépendants.
C'est important de comprendre la signification des tenseurs u, v1, v2
et w (pour les tenseurs f, g1, g2 et h vaut un discours analogue).
En comparant la loi inverse de page 340 avec les relations qui
donnent en général les déformations, page 355, on comprends
immédiatement ce qui suit.
Le tenseur u décrit les déformations du plan moyen dues à une
variation de température constante sur l'épaisseur la signification
physique de ses composantes est donc celui des coefficients de
dilatation thermique du monocouche équivalent. Dans d'autres
termes, u est pour le stratifié ce que α est pour la couche.
Le tenseur v1 décrit les déformations du plan moyen pour une
variation linéaire antisymétrique de la température sur l'épaisseur;
ses composantes ont une signification semblable à celles de u, à la
différence du champs de température, variable dans ce cas.
343
29
Le comportement hygro-thermo-élastique
Le tenseur w décrit les courbures d'origine thermique dues à une
variation linéaire antisymétrique de la température sur l'épaisseur
ses composantes sont des coefficients de courbure thermique du
monocouche équivalent.
Finalement, le tenseur v2 décrit les courbures d'origine thermique
dues à une variation de température constante sur l'épaisseur; ses
composantes ont une signification analogue à celles de w, à la
différence du champ de température, constant dans ce cas.
A cause du couplage v1, un stratifié soumis à une variation
thermique linéaire et antisymétrique sur l'épaisseur non seulement
se courbe, comme une plaque homogène, mais il se dilate aussi
dans le plan moyen, de façon différente dans les différentes
directions à cause de l'anisotropie (et il est aussi possible d'avoir
des directions selon lesquelles la déformation est en réalité une
contraction).
A cause du couplage v2, un stratifié soumis à une variation
thermique constante sur l'épaisseur non seulement se
344
Le comportement hygro-thermo-élastique
déforme dans son plan moyen, mais il se courbe aussi, encore une
fois de façon en général différente selon la direction à cause de
l'anisotropie.
Cette circonstance est importante parce que, comme déjà dit,
souvent les stratifiés sont produits par polymérisation sous
température plutôt élevée (autour de 180°C).
Donc, si le stratifié a un couplage de type v2, une fois refroidi il ne
maintiendra pas la forme originaire et prévue, mais il se courbera
(par exemple une plaque devient une coque).
Par conséquent, le contrôle du couplage thermo-élastique est
important en phase de conception d'un stratifié.
Certaines considérations au sujet des relations entre le couplage
élastique et celui thermo- ou hygro-élastique peuvent être faites
dans le cas de stratifiés à couches identiques (voir page 360).
Au contraire, dans le cas de stratifiés à couches quelconques, la
seule chose qu'on peut affirmer est qu'un éventuel découplage
345
30
Le comportement hygro-thermo-élastique
élastique (B=O) ne comporte pas nécessairement un découplage
thermo- ou hygro- élastique (V=G=O), et vice-versa.
Toutefois, si V=O on a que
(
v1 = bW = −aBD −1W = − A − BD −1B) BD −1 −1
W,
U = −(D − BA B ) BA
−1
v 2 = b TU = −dBA −1 −1 −1
U.
Dans d'autres termes, on peut avoir des stratifiés couplés
élastiquement (B≠O), et couplés aussi thermoélastiquement en
souplesse (v1, v2≠O), mais découplés thermoélastiquement en
rigidité (V=O).
Si par contre, outre à V=O c'est aussi B=O, alors le découplage est
total (v1=v2=O).
Une situation analogue existe évidemment pour le cas
hygroélastique.
Une considération à part mérite le problème de la rotation du repère.
Les tenseurs thermo- et hygro- élastiques sont des tenseurs du
second ordre, et écrits en notation de Voigt. 346
Le comportement hygro-thermo-élastique
Donc leurs composantes dans un repère {x’,y’,z’} tourné de l'angle θ
par rapport au repère {x, y, z} se trouvent grâce à des formules
analogues à celles de page 160.
En particulier, celles de {σ} concernent évidemment les tenseurs de
rigidité (U, V, W, F, G et H), tandis que celles de {ε} concernent les
tenseurs de souplesse (α, β, u, v1, v2, w, f, g1, g2 et h); on a donc,
par exemple en ce qui concerne U et u,
U x′ c 2 s 2 2sc U x u ′x c2 s2 sc u x
2 2 2 2
U y′ = s c − 2sc U y , u ′y = s c − sc u y .
U ′ 2 2 u ′ 2 2
s − sc sc c − s U s s − 2sc 2sc c − s us
Comme déjà dans le cas des tenseurs élastiques, même cette fois il
faut faire attention au fait que lorsque les formules de rotation citées
sont utilisées pour tourner dans le repère global du stratifié les
propriétés d'une couche décrite dans son repère matériel, il faut
changer de signe les puissances impaires de sinθ.
347
31
Le comportement hygro-thermo-élastique
Les matrices de transformation sont donc, pour cette opération et
toujours pour ce qui concerne U et u,
U x c 2 s 2 − 2sc U1 u x c2 s2 − sc u1
2 2 2 2
U y = s c 2sc U 2 , u y = s c sc u 2 .
U sc − sc c 2 − s 2 U 6 u 2 2
s s 2sc − 2sc c − s u 6
Evidemment, pour les autres tenseurs on applique les mêmes
transformations.
Le comportement hygro-thermo-élastique
Donc, les tenseurs v1 et v2 n'ont même pas les mêmes dimensions,
tandis que u et w oui. Ceci n'arrive pas aux tenseurs de rigidité
thermoélastique, qui ont les dimensions suivantes
Les dimensions sont alors [F/L²τ ] (N/m² °C). Les tenseurs u, v1, v2
et w ne sont pas normalisés, généralement, parce qu'ils ont déjà la
signification physique et les dimensions recherchées (coefficients de
dilatation, ou de courbure, thermique).
349
32
Le cas des stratifiés à couches identiques
La plupart des stratifiés sont des stratifiés à couches identiques, à
savoir constituées du même matériau et avec la même épaisseur.
Cette classe de stratifiés n'est pas importante que par les
applications, mais aussi pour les aspects théoriques En fait,
seulement dans le cas où les couches sont identiques on peut
obtenir des règles générales sur le comportement et la conception
des stratifiés, comme on verra au chapitre suivant.
La circonstance d'avoir des couches identiques comporte des
simplifications dans les résultats trouvés jusqu'ici.
D'abord, avec la numérotation des couches déjà introduite (voir
page 313), on a immédiatement que
h h 2k − n
zk = − +k = h.
2 n 2n
bk = 2k − n − 1,
d k = 12k (k − n − 1) + 4 + 3n(n + 2).
A remarquer que la somme des bk est nulle tandis que celle des dk
vaut n3.
351
33
Le cas des stratifiés à couches identiques
On remarque d'abord que le comportement en membrane, tenseurs
A, U et F, ne dépend pas de la position des plis dans la séquence:
changer la séquence des couches sans en changer l'orientation ne
varie pas les rigidités de membrane. On peut démontrer que ceci est
vrai même pour le cas de stratifiés à couches non identiques.
Ceci ne se produit pas pour les tenseurs de couplage et de rigidité
en flexion: la position d'une couche dans la séquence d'empilement
influe linéairement sur le couplage et quadratiquement sur la rigidité
de flexion.
Nous verrons que cette circonstance est ce qui principalement rend
très difficile la conception des stratifiés par rapport aux propriétés de
flexion.
n=2p+1 n=2p
2k + 1 h 2k − 1 h
zk = , zk −1 = , per n = 2 p + 1,
pour
2 n 2 n
h h
zk = k , zk −1 = (k − 1) si k > 0,
se
n n per n = 2 p.
pour
h h
zk = (k + 1) , zk −1 = k si k < 0,
se
n n
353
34
Le cas des stratifiés à couches identiques
Alors on obtient
2k se n = 2 p + 1,
si 12k 2 + 1 se n = 2 p + 1,
si
bk = dk = 2
k 12k − 12 k + 4 , d 0 = 0 se
si n = 2 p.
2k − , b0 = 0 sesi n = 2 p;
k
354
35
L'utilisation de la méthode polaire
tenseur
tensore A : tenseur
tensore A* :
T0 = h T0 , T0* = T0 ,
T1 = h T1, T1* = T1,
h
R0 e 4iΦ 0 ∑k =1e 4iδk , 1
n
R0 e 4 iΦ 0 = R0* e 4 iΦ 0 = R0 e 4iΦ 0 ∑k =1e 4 iδ k ,
n
n n
h
= R1e 2iΦ1 ∑k =1e 2iδk ; 1
n
R1 e 2iΦ1 R1* e 2iΦ1 = R1e 2iΦ1 ∑k =1e 2iδ k ;
n
n n
tenseur
tensore B : tenseur
tensore B* :
Tˆ0 = 0, Tˆ0* = 0,
Tˆ1 = 0, Tˆ1* = 0,
1 h2 1
Rˆ 0 e 4 iΦ 0 = R0 e 4 iΦ 0 ∑k =1 bk e 4 iδ k , Rˆ 0* e 4iΦ 0 = 2 R0 e 4 iΦ 0 ∑k =1bk e 4iδk ,
ˆ n ˆ n
2n 2
n
1 h2 1
Rˆ 1* e 2iΦ1 = 2 R1 e 2iΦ1 ∑k =1bk e 2iδk ;
ˆ n
R1 e 2iΦ1 ∑k =1 bk e 2iδ k ;
n
Rˆ 1 e 2iΦ1 =
ˆ
2 n2 n
356
357
36
L'utilisation de la méthode polaire
Au contraire, pour les tenseurs A* et D* la partie isotrope est la
même et elle est identique à celle de la couche de base. Ceci
signifie que le comportement moyen (partie isotrope) du
monocouche équivalent est identique au comportement moyen de la
couche de base.
En outre, pour ces stratifiés, à couches identiques, on a pu, pour
chaque quantité, séparer la partie qui tient aux propriétés de la
couche de base de celle qui est déterminée par la séquence des
couches et de leur orientation.
Nous verrons que cette séparation est importante dans les
techniques de conception des stratifiés.
tensore V :
tenseurj tensore V * :
tenseurj
Tˆ = 0, Tˆ * = 0,
1 h2 1
R e 2iΦ ∑k = − p bk e 2iδk ; Rˆ * e 2iΦ = 2 R e 2iΦ ∑k = − p bk e 2iδk ;
p p
Rˆ e 2iΦ =
ˆ ˆ
2n 2
n
tenseurj
tensore W :
tenseurj
tensore W * :
3
~ h T ~
T * = T,
T = ,
3 4
~ ~ 1
R * e 2iΦ = 3 R e 2iΦ ∑k = − p d k e 2iδk .
p
~ ~ 1 h3
∑k = − p k
p
R e 2iΦ = R e 2iΦ
d e 2iδ k
; n
12 n 3
359
37
L'utilisation de la méthode polaire
Encore une fois, la partie isotrope de V est nulle, comme pour B, et
celle de U* et W* est identique à celle de la couche de base, comme
pour A* et D*.
En outre, en comparant B et V, on observe immédiatement que, si
les couches sont identiques,
B = O ⇒ V = O,
mais le contraire n'est pas vrai. Dans d'autres termes, on peut avoir
des stratifiés découplés thermoélastiquement, mais couplés
élastiquement Cette propriété peut être opportunément exploitée
pour la construction d'hélices thermoformées à contrôle passif du
pas (Winkler, 1986).
Au contraire, un stratifié élastiquement découplé sera aussi toujours
thermoélastiquement découplé (si à couches identiques).
Ce qu'on a dit doit être mieux précisé; en fait, on a déjà observé,
page 346, que si V=O,
v1 = bW, v 2 = b TU.
360
361
38