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Méthodologie d'explication en philosophie

La méthodologie de l'explication de texte en philosophie nécessite de comprendre la thèse centrale et de la mettre en perspective avec des connaissances philosophiques. Il est crucial d'éviter les écueils tels que l'explication d'un texte mal compris et de se concentrer sur l'argumentation plutôt que sur des éléments littéraires. L'écrit doit suivre une structure claire, incluant une introduction problématique, un développement détaillé de l'argumentation et une conclusion synthétique.

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Méthodologie d'explication en philosophie

La méthodologie de l'explication de texte en philosophie nécessite de comprendre la thèse centrale et de la mettre en perspective avec des connaissances philosophiques. Il est crucial d'éviter les écueils tels que l'explication d'un texte mal compris et de se concentrer sur l'argumentation plutôt que sur des éléments littéraires. L'écrit doit suivre une structure claire, incluant une introduction problématique, un développement détaillé de l'argumentation et une conclusion synthétique.

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Méthodologie de l’explication de texte en philosophie

Idéalement il faut non seulement expliquer la thèse du texte mais aussi le mettre en perspective avec
des éléments de connaissances philosophique permettant de déterminer et d’examiner le problème
(il ne s’agit pas nécessairement de connaissances sur l’auteur du texte, mais plutôt de connaissances
philosophiques générales permettant de situer, caractériser et interroger la position de l’auteur).

Esprit de l’exercice et écueils majeurs à éviter) :

1) Ne pas se lancer dans l’explication d’un texte qui n’a pas été compris. Si au bout de deux ou
trois lectures vous ne comprenez pas du tout le texte, ne vous lancez pas dans l’explication en
pensant que le correcteur ne va pas voir que vous n’avez rien compris. L’avantage de la dissertation
par rapport à l’explication est que c’est vous qui menez la réflexion, donc ne pensez pas que
l’explication est une solution de facilité, préparez-vous sérieusement aux deux exercices.

2) Comprendre l’essentiel de l’exercice : il faut identifier précisément une thèse centrale du texte et
comprendre comment tout ce qui est dit est relié à cette thèse centrale. Identifier une thèse et
l’argumentation qui permet de la défendre.

3) Ne pas confondre l’exercice avec l’explication de texte littéraire : évitez de parler des champs
lexicaux, de la ponctuation, des figures de styles, etc. On ne s’intéresse qu’à la thèse et à
l’argumentation. Néanmoins ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas s’attacher à analyser le détail et les
choix précis de formulations. Il faut être proche du texte et commenter certaines expressions et
certains termes précis choisis par l’auteur, mais en le faisant du point de vue conceptuel et
argumentatif. Le genre de questions que vous devez vous poser : Quelle distinction conceptuelle est
en jeu ici ? Quelle est la structure de l’argument ? Qu’est-ce qui sert à justifier quoi ? Qu’est-ce qui
est une conséquence logique de quoi ? Est-ce que telle portion du texte est une objection, une
nuance, ou plutôt une démonstration ou illustration d’une thèse énoncée précédemment ? Envisagez
le texte comme le travail de quelqu’un qui a cherché à dire quelque chose de vrai et de rationnel sur
quelque chose de réel, et qui cherchait à répondre à un problème précis.

Les étapes de votre écrit :

1) L’introduction :

Il faut situer le texte dans un thème et un problème philosophique, si possible mobiliser des
connaissances philosophiques à cette fin. L’introduction et la conclusion sont des moments où vous
pouvez mobiliser des notions, des « repères », des « mots clés » philosophiques et éventuellement
des connaissances sur des doctrines pour situer le texte et caractériser la position développée par
l’auteur. Attention néanmoins à la récitation ! Il ne faut pas céder à la tentation de restituer des
connaissances gratuitement pour montrer ses efforts et sa bonne volonté. Les connaissances que
vous mobilisez doivent être clairement reliées au texte et clairement utilisées pour l’éclairer.

Si vous n’avez pas de connaissances philosophiques que vous pouvez relier au texte, pas de
panique. Demandez-vous simplement « de quoi parle précisément ce texte ? Comment est-ce que je
peux comprendre ce texte comme quelque chose qui développe une thèse en réponse à un
problème ? » et réfléchissez en cherchant à répondre à ces questions.

Une fois que vous avez mentionné un thème et un problème philosophique pour situer le texte dans
votre introduction, vous pouvez présenter le texte qu’on vous a donné comme une tentative de

1
réponse à un problème précis. On montre qu’un certain problème se pose, puis on indique
qu’on trouve une certaine réponse possible dans le texte à expliquer :

Ex : supposons que nous introduisons un texte de Kant sur la causalité comme concept a priori de
l’entendement qui ne peut pas être dérivé de l’expérience :

« Un problème philosophique important est la question de l’importance respective de


l’expérience et de la connaissance a priori pour accéder à la connaissance scientifique
de la nature. Peut-on supposer que toute la connaissance de la nature est obtenue par
l’expérience ? Ou faut-il nécessairement supposer que certains concepts et certains
principes sont donnés a priori et permettent de structurer l’expérience ? Emmanuel Kant
a développé la seconde thèse dans la Critique de la raison pure, car il considère qu’il est
impossible que tous les éléments nécessaires à la connaissance de la nature soient
fournis par l’expérience sensible, notamment en raison de la place de la causalité dans la
connaissance de la nature et de l’impossibilité de fonder notre concept de la causalité
sur l’expérience... »

L’introduction doit contenir une « problématisation ». Il s’agit simplement de montrer que la thèse
du texte est une réponse précise à un problème précis qui n’a pas de réponse évidente. Pour le
montrer vous pouvez éventuellement dire : « sur cette question on pourrait défendre la thèse B et la
thèse A qui sont incompatibles. Il se trouve que … (introduire nom de l’auteur) défend la thèse B
dans ...(introduire nom du texte). »

Une fois que vous avez dit que le texte donne une certaine réponse à un certain problème, et que
vous avez montré ou suggéré que cette réponse n’est pas une réponse évidente à un problème ayant
une solution évidente, le reste de votre travail est d’expliquer pourquoi ce texte donne cette réponse-
là.

Essayez de caractériser le thème, le problème philosophique auquel le texte répond, ainsi que la
thèse du texte de façon précise, ne soyez pas trop vagues. (ex : à éviter « Hobbes pense que l’État
est important pour la vie des gens. » « Berkeley dit que nous percevons des choses »).

La problématique est simplement la formulation du problème central du texte, voire une simple
reformulation de la thèse du texte, sous la forme d’une question à laquelle votre devoir répondra :

Ex« Nous répondrons à la question suivante : Pourquoi, selon Hobbes, l’existence d’un pouvoir
souverain clairement identifiable est nécessaire pour que les individus puissent vivre en paix ? »

Si vous voulez complexifier un peu votre problématique pour éviter d’avoir l’air de paraphraser ou
de répéter, vous pouvez introduire quelques petits éléments de l’argumentation dans la
problématique, ce qui permet de montrer que vous avez compris quels sont les éléments mobilisés
pour appuyer la thèse : ex « Pourquoi, selon Hobbes, étant donné que les êtres humains sont des
êtres de désir et de calcul, l’existence d’un pouvoir souverain clairement identifiable est nécessaire
pour que les individus puissent vivre en paix ? » Évitez néanmoins de mettre tout le contenu du
texte dans la problématique.

Une fois que la problématique est posée, il faut annoncer le plan. Votre plan doit simplement
suivre des « moments », des « articulations » du texte. Il faut que vous analysiez la structure du
texte et le liens entre les différents développements, et que vous fondiez votre plan sur cette analyse
de la structure de l’argumentation. L’explication est toujours linéaire, car il s’agit de suivre le détail

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d’une argumentation. Ex : « dans un premier moment (introduire nom de l’auteur) réfute l’idée que
… dans une seconde partie il montre que … ». Si possible évitez le plan catalogue/liste, et
mentionnez certains petits éléments d’articulation entre les moments du texte (par exemple, au lieu
de « il dit que…, puis il dit que... », dites plutôt, « il réfute… il affirme… il tire la conséquence
suivante :... »

Dans l’annonce du plan vous montrez que vous avez compris la structure argumentative générale du
texte. Vous suivrez ensuite la structure identifiée dans le développement de votre explication. Vous
pouvez profiter de l’annonce du plan pour mentionner rapidement les liens logiques ou
argumentatifs qui existent entre les différents moments du textes : ex dire que l’auteur défend
d’abord une certaine théorie anthropologique, puis dire ensuite qu’il s’appuie sur cette
anthropologie pour tirer des conclusions de philosophie politique.

Il ne faut pas passer trop de temps sur l’introduction, ni chercher à tout dire tout de suite dans
l’introduction. Idéalement l’introduction vous sert à suggérer que vous avez compris beaucoup de
choses, mais il ne faut pas tout expliquer de façon explicite dès le début. L’essentiel du travail est à
faire dans le développement. Ne pas perdre de vue l’essentiel de l’introduction : cadrer, situer
dans un thème, dans un problème précis (étapes à effectuer de façon assez concise), énoncer
clairement et précisément une thèse du texte, mentionner les étapes de l’argumentation.

2) Développement de l’explication (corps du devoir) :

Vous suivez la structure d’argumentation que vous avez identifiée, en expliquant chaque moment
clé. Il faut expliquer tout le texte et éviter de passer des pans entiers sous silence. Ici l’enjeu majeur
est le suivant : trouver un équilibre entre la dissection et le survol. Il faut que vous soyez proches du
textes, que vous analysiez les expressions précises, que vous expliquiez tous les moments
importants de l’argumentation de façon détaillée, mais en même temps il ne faut pas perdre de vue
le fil global de l’argumentation. Il faut parvenir à expliquer le détail tout en le mettant en lien
avec le reste du texte. Pour cela il faut expliquer les liens entre les différents passages. Ex dire que
tel moment permet de parvenir à telle conclusion, qui est ensuite le point de départ du raisonnement
qui vient après ; ou encore : une fois que telle conclusion est posée, l’auteur traite une objection qui
semble envisageable. Soyez très attentifs aux « connecteurs logiques », mais gardez aussi à l’esprit
que toutes les articulations logiques ou argumentatives ne sont pas mentionnées par des
« connecteurs logiques » explicites.

L’essentiel :

a) Définir autant que possible les termes clés, qui jouent un rôle important dans l’argumentation
et qui ont ce qu’on pourrait appeler une « charge philosophique » importante (ex : a priori,
universel, transcendantal, qualités, sensible, normatif, téléologique, nécessaire, arbitraire, libre-
arbitre, substance…).

b) Expliquer l’articulation des idées entre elles : est-ce qu’une première idée justifie une
deuxième ?
Est-ce une conséquence d’une deuxième ? Est-ce une nuance ? Est-ce une objection ? Il faut établir
le plus clairement et le plus précisément possible le rapport, le lien, les relations entre les idées
développées dans le texte. Il faut onsidérer ce qui est dit comme des choses qui doivent être mises
en lien les unes avec les autres, et aussi et surtout avec une thèse défendue : en quoi ceci sert la
thèse centrale ou s’y oppose, pourquoi est-ce que l’auteur dit cela à tel moment du texte ?

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c) Expliciter l’implicite, se demander « comment passe-t-on de telle idée à telle autre ? » : si on
réalise qu’il est nécessaire de supposer une certaine hypothèse, une certaine prémisse implicite pour
faire ce passage, expliciter l’hypothèse.
Il faut s’attarder particulièrement sur les moments ou l’auteur formule clairement une thèse
philosophique importante.

Si un passage vous semble définitivement ambigu et susceptible de plusieurs interprétations


possibles, vous avez le droit de le dire clairement si vous le justifiez. Idéalement vous devez essayer
de trancher entre les différentes interprétations possibles. Surtout n’abusez pas des affirmations sur
l’ambiguïté et la multiplicité d’interprétations possibles en commençant à dire pour tous les
éléments « on pourrait comprendre cela dans ce sens… mais aussi dans ce sens.. » Il faut essayer
autant que possible d’identifier une thèse précise et de montrer comment elle est soutenue par une
argumentation précise.

Il faut qu’on puisse comprendre facilement que vous êtes en train de parler du texte, et qu’on puisse
comprendre facilement de quels passages vous parlez. Il est donc nécessaire de faire des citations du
texte. Ne faites pas ces citations en perdant du temps à copier de longues phrases. Vous pouvez
mentionner un passage entier en utilisant « eienfini […] niene » ou une référence de ligne, ou
choisir de citer des expressions courtes de quelques mots dont vous pensez qu’elles sont
particulièrement importantes.

3) La conclusion :

Il faut synthétiser le coeur de l’argumentation qui a été donnée pour défendre la thèse.
Il faut formuler une réponse claire à la question que vous avez donnée comme problématique.
La problématique disait : « Pourquoi selon untel il faut penser que ceci cela.. ? » La conclusion doit
montrer que vous avez trouvé une réponse précise et claire à la question que vous avez posée en
introduction.

Vous pouvez éventuellement mettre en perspective la thèse développée avec celle d’un autre auteur,
émettre une critique, prendre de la distance « on pourrait objecter que… », mais ce n’est pas
vraiment un attendu et ce n’est pas l’essentiel de l’épreuve.

Si votre explication précise, claire et argumentée vous amène à la conclusion qu’il y a un problème
majeur dans la thèse ou dans l’argument du texte, vous pouvez émettre une critique ou une
objection, mais c’est un peu risqué. Risqué 1) parce que cela vous prend du temps alors que ce n’est
pas réellement un attendu de l’épreuve ; 2) parce que si votre critique est fondée sur un contresens
ou un faux sens (« homme de paille ») vous risquez d’avoir l’air un peu arrogant ; 3) parce que cela
peut ouvrir l’écueil de la transformation de l’explication en dissertation. N’oubliez pas que
l’essentiel de l’épreuve est d’expliquer un texte.

Ne perdez pas de temps avec les fioritures (« accroche », « ouverture », etc), focalisez-vous sur
l’essentiel : l’argumentation.

Pièges à éviter :

-Expliquer une seule partie du texte, se concentrer sur un fragment : l’exercice consiste à montrer
comment chaque élément intervient dans le développement d’une argumentation.

-Oublier le texte et commencer à faire une dissertation : idéalement votre explication doit être

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capable de prendre de la hauteur par rapport au texte, de montrer comment les choses s’insèrent
dans un fil argumentatif, de repérer une structure globale, et de situer la position dans un problème,
mais elle doit aussi suivre précisément le texte.

- Il faut s’attacher à expliquer les termes précis utilisés, les articulations précises de
l’argumentation : ne pas fondre le tout dans une idée vague et générale.

-Ne pas paniquer et se précipiter dans un maximum de restitution de connaissances,notamment ne


pas chercher à restituer un maximum de connaissances sur l’auteur du texte si on en a.

Que faire concrètement pendant l’épreuve ? Sur quoi se focaliser ?

Prenez tout le temps qui vous est imparti. Commencez par lire une première fois le texte. Après une
première lecture faites une première hypothèse sur le problème du texte et sur sa thèse, puis faites
ensuite une deuxième lecture entière en essayant de contrôler votre première hypothèse de lecture :
est-ce que la relecture confirme votre première impression ? Ne vous laissez pas embarquer par une
première compréhension sans l’avoir bien contrôlée et vérifiée par la confrontation avec le détail du
texte.

Rappelez vous des deux objectifs centraux : pour chaque élément philosophique du texte, dire
précisément et clairement ce qui est dit, et pourquoi cela est dit (quel but et quelle justification),
mais aussi comprendre un fonctionnement ou un but d’ensemble du texte (un argument ou une idée
centrale, et un certain cheminement de pensée, qui lie les différents éléments).

Faites aussi au moins une heure et demie de plan et de travail préparatoire. Soulignez tous les mots
qui semblent avoir une importance philosophique majeure dans le texte (les concepts importants
comme « nature », « liberté », « propriété », « droit » etc.). Soulignez tous les concepts qui jouent
un rôle majeur dans l’argumentation, et demandez-vous pour chacun d’entre-eux comment les
définir dans le contexte de ce texte. Il faut que presque chaque phrase soit expliquée : c’est-à-dire
qu’il faut préciser et clarifier ce que dit l’auteur, mais aussi donner des éléments de justification
(quelles raisons peut-on avoir de penser cela?) et des éléments sur le but (dans quel but l’auteur dit-
il cela?). Il faut que tous les éléments importants soient expliqués en détail, avec des définitions, des
précisions, des justifications.

Pour faire cela il faut éclairer les passages du textes les uns par les autres : pour expliquer le sens, la
justification et le but d’un passage du texte, cherchez dans le reste du texte des éléments qui peuvent
l’éclairer. Expliquez en mettant les différents passages en lien les uns avec les autres. Par exemple si
un texte parle de ce qui est « naturel » et critique par ailleurs les artifices et les techniques, vous
pouvez comprendre que le sens du mot « naturel » qui est en jeu ici est « ce qui s’oppose à
l’artificiel ».

Il faut aussi vous appuyer sur vos connaissances philosophiques : utiliser les notions philosophiques
vues en cours pour reformuler et expliquer (notamment les repères du bac), et situer le texte par
rapport à un problème philosophique, et par rapport à d’autres positions possibles sur un problème
donné. Par exemple : dire d’un argument qu’il est hédoniste, utilitariste, eudémoniste. Les mots en «
-isme » peuvent être utiles pour cela si vous êtes capables de les utiliser en précisant clairement le
sens que vous leur donnez.

Il faut toutefois faire attention à ne pas trop s’éparpiller dans le détail : il faut aussi que chaque
élément du texte soit compris dans son lien avec l’argument ou la thèse générale du texte. Il faut

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expliquer explicitement quel est le rôle d’un passage donné dans la structure d’ensemble du texte et
dans l’argumentation ou le cheminement de pensée d’ensemble du texte.

Tout ce travail doit être fait au brouillon de façon quasi-intégrale (avec des abréviations) pour que la
rédaction puisse être claire, dense et efficace.

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