Espérance de vie cancer plèvre 2022
Espérance de vie cancer plèvre 2022
1- Généralités
Selon les dernières estimations publiées par le Centre International de Recherches sur le
Cancer (CICR), 18,1 millions de nouveaux cas de cancer auraient été diagnostiqués dans le
monde en 2018 et 9,6 millions de personnes sont décédées d’un cancer. Ces données,
récoltées dans 185 pays, montrent que 23,4 % des cas de cancer se concentrent dans le
continent européen, 48,4 % en Asie, 13,2 % en Amérique du Nord, 7,8 % en Amérique latine,
5,8 % en Afrique et 1,4 % en Océanie. En Afrique et en Asie, la mortalité due au cancer est
proportionnellement plus importante que dans les autres régions du monde, certainement à
cause d’un moins bon accès aux soins, mais aussi parce que l’incidence de cancers au
pronostic plus défavorable, y est plus importante.
Lors de la Journée mondiale contre le cancer du 4 février 2022, l’OMS a rappelé que
l’Afrique a enregistré environ 1,1 million de nouveaux cas de cancer et jusqu’à 700 000
décès des suites de cette maladie.
Les enfants sont également touchés. Parmi plus de 400 000 cas diagnostiqués chaque
année dans le monde, environ 90 % vivent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Les taux de survie sont très bas, à 20 % ou moins dans les pays africains, contre plus de 80
dans les pays développés. Les taux de mortalité par cancer en Afrique devraient augmenter
de façon exponentielle dans les 20 prochaines années, dépassant de 30 % la moyenne
mondiale.
L’Afrique ne dispose que de 3 % des établissements de traitement du cancer dans le monde
et la radiothérapie n’est disponible que dans 22 pays d’Afrique subsaharienne, ce qui peut
expliquer la faiblesse des taux de survie.
Cependant, grâce aux initiatives de l’OMS, des programmes de dépistage sont désormais
opérationnels dans 72 % des pays, dont 11 proposent un dépistage de haute performance.
Avec le concours de l’Initiative mondiale de lutte contre le cancer de l’enfant, la Zambie, le
Sénégal et le Ghana ont élaboré des directives thérapeutiques propres à chacun de ces
pays, établi des registres pédiatriques thérapeutiques en milieu hospitalier et élargi l’accès à
la chimiothérapie.
En 2020, les cancers les plus courants dans le monde, en termes de nombre de cas
recensés, étaient les suivants :
- le cancer du sein : 2,26 millions de cas,
- le cancer du poumon : 2,21 millions de cas,
- le cancer colorectal : 1,93 million de cas,
- le cancer de la prostate : 1,41 million de cas,
- le cancer de la peau (non-mélanome) : 1,20 million de cas,
- le cancer de l’estomac : 1, 09 million des cas.
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Parmi les agents cancérogènes, les agents biologiques, comme les infections dues à
certains virus, bactéries ou parasites tiennent une place importante dans les PED. Environ
13 % des cancers diagnostiqués dans le monde en 2018 étaient imputables à des infections
cancérogènes : virus des hépatites B et C, papillomavirus (PVH) ; virus d’Epstein-Barr…
L’infection à VIH/Sida a multiplié par six le risque de développer un cancer du col de l’utérus
et accroit fortement le risque de développer d’autres cancers ; comme le sarcome de Kaposi.
Deux millions de cancers d'origine infectieuse sont recensés chaque année dans le monde. Il
s'agit pour la plupart des cancers du foie, du col de l'utérus ou de l'estomac. Ces cancers
pourraient être évités : il existe, en effet, contre ces cancers, des moyens de prévention et,
parfois, des traitements d'autant plus efficaces qu'ils sont précoces.
C'est l’une des originalités des cancers dans les PED que d'avoir une origine infectieuse.
Ainsi en Afrique, 26 % des cas de cancers ont une origine infectieuse.
Le carcinome hépatocellulaire (CHC) est, en Afrique, la 2ème cause de cancer chez l'homme
et la troisième cause chez la femme. Sa prévalence ne cesse d’augmenter à travers le
monde avec une hausse probable de 35 % entre 2005 et 2030. Plus de 50 % dans le monde
des CHC sont diagnostiqués à un stade localement avancé, avec invasion vasculaire, de
pronostic redoutable, le temps de survie étant compris entre 2 et 5 mois.
Les étiologies du CHC en Afrique subsaharienne sont l’infection chronique par le virus de
l’hépatite B (VHB) ou par le virus de l’hépatite C (VHC). L'hépatite à virus B (HVB) est le plus
fréquemment en cause, avec la filiation hépatite chronique active à virus B → cirrhose →
CHC.
Le jeune âge des malades (20-40 ans) atteints de CHC est dû à la transmission verticale
mère-enfant en fin de grossesse et au moment de l’accouchement et par les contacts étroits
durant la petite enfance. Chez le nouveau-né contaminé par sa mère en phase de réplication
virale (AgHBs et AgHBe positifs), le risque de portage chronique est de 90 %. Le taux de
prévalence du portage chronique de l’AgHBs est supérieur à 8 % en Afrique subsaharienne.
L'infection par le virus peut être associée à un carcinogène, l'aflatoxine, produite par
Aspergillus flavus et A. parasiticus, qui est un contaminent notamment du maïs et d'autres
céréales, des fruits à coque, des graines oléagineuses, des épices. L'exposition à l'infection
chronique par le VHB et à l'aflatoxine entraîne un risque de CHC 30 fois plus élevé que
l'exposition à l'aflatoxine seule.
Il y a une forte association entre l’infection persistante par les papillomavirus humains (PVH)
à haut risque, surtout de type 16, et l’apparition d’un cancer du col de l’utérus, qui représente
12 % des cancers féminins dans les régions les moins développées vs moins de 1 % dans
les régions les plus développées.
Le dépistage du cancer du col de l’utérus repose, en pratique, sur le dépistage cytologique
et/ou un test de dépistage HPV. Le test HPV est l’outil de dépistage du cancer du col de
l’utérus en première intention. Il présente une excellente sensibilité pour la détection de
lésion de haut grade, même si sa spécificité est un peu inférieure à celle de la cytologie.
Le traitement des lésions du col passe en règle par une excision à l’aide de biopsies larges
ou d’une anse électro-chirurgicale. Le risque essentiel de ce traitement est celui
d’accouchements prématurés. Près de 90 % de la mortalité néo-natale par prématurité
sévère est liée à des traitements locaux antérieurs du col de l’utérus. D’autres types de
traitement, par cryothérapie ou laser, pas toujours disponibles dans les pays du Sud,
pourraient avoir la même efficacité sans compromettre l’avenir obstétrical des patientes.
Dans les pays les moins développés, le dépistage est très insuffisant et doit être compensé
par la vaccination qui a révolutionné la prévention du cancer cervical.
vaccination à 3 doses, puis un schéma à deux doses a été approuvé. En avril 2022, l’OMS a
estimé qu'une seule dose suffit à protéger les 9-20. Ces nouvelles recommandations doivent
permettre à un plus grand nombre de filles et de femmes d'être vaccinées et d’atteindre plus
rapidement l’objectif d'avoir 90 % des filles vaccinées à l'âge de 15 ans d'ici 2030. L'OMS
continue de recommander deux doses à six mois d'intervalle pour les femmes de plus de 21
ans et au moins deux, voire trois doses chez les personnes immunodéprimées,
principalement les personnes atteintes de l’infection à VIH/Sida.
La vaccination contre les PHV évite non seulement le cancer du col de l’utérus, mais aussi
d’autres cancers, en particulier les cancers de l’oropharynx, d’où l’intérêt du vaccin
nonavalent (Gardasil 9®), qui assure une protection contre 9 souches de HPV.
La Maladie de Kaposi (ou Sarcome de Kaposi) liée au sida est devenue la première cause
de mortalité chez l'homme en Afrique et la quatrième cause chez la femme. Elle représente
dans certaines régions 20 à 50 % de tous les cancers diagnostiqués. Il s’agit d’un processus
prolifératif mésenchymateux concernant les cellules des systèmes sanguin et lymphatique,
induit par des facteurs de croissance viraux, notamment l'interleukine 6 du HHV8.
L’HHV8 est identifié comme l’agent étiologique de la Maladie de Kaposi, mais aussi des
lymphomes des cavités ou lymphomes primitifs des séreuses (PEL).
Le risque de développer une Maladie de Kaposi lors du sida est estimé à 20 000 fois celui de
la population générale et près de 300 fois celui des autres sujets immunodéprimés. Parmi les
sidéens, le risque est bien supérieur pour les homosexuels ayant eu des rapports avec des
hommes bisexuels, les toxicomanes et les malades transfusés par du sang contaminé. Le
rapport anal ou oro-anal homosexuel est le principal mode de transmission dans les pays du
Nord. La séroprévalence peut atteindre 30 à 60 % chez les HSH pour lesquels la
transmission se fait surtout pendant les contacts sexuels.
Alors que l'HHV8 est transmis durant les contacts sexuels dans la population homosexuelle
masculine, les modes de transmission dans les zones de forte transmission, comme en
Afrique, semblent principalement la transmission mère-enfant et la transmission d'un enfant
à l'autre par la salive. La transmission hétérosexuelle semble plus rare en zone d'endémie.
Par ailleurs, l'existence de nombreux porteurs asymptomatiques de l'HHV8 pose le problème
du dépistage de ce virus dans les dons du sang et surtout dans les dons d'organes.
L’HHV8 est identifié comme l’agent étiologique de la Maladie de Kaposi, mais aussi des
lymphomes des cavités ou lymphomes primitifs des séreuses (PEL), de certaines formes
agressives de la maladie de Castleman multicentrique (MCM).
La Maladie de Kaposi est en régression dans les pays du sud, depuis la mise en place des
thérapies antirétrovirales qui réduisent le risque de développer la maladie de 63 %, une
réduction cependant moindre que dans les pays industrialisés du fait, sans doute, d'une
initiation du traitement plus tardive.
Le Lymphome de Burkitt (LB) est un lymphome malin non hodgkinien (LMNH) qui
représente 35 à 50 % des LMNH de l’enfant et 2 % des LMNH de l'adulte. Dans les
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séries africaines, la place des du lymphome de Burkitt est prédominante dans les
cancers pédiatriques. Il s’agit de la première pathologie maligne humaine dans laquelle
le rôle étiologique d’un virus, le virus Epstein-Barr (EBV) a été démontré.
Le traitement du LB est, dans les pays développés, basé sur les protocoles LMB
(Lymphome Malin B), protocoles en constante évolution. Il s'agit de protocoles de
polychimiothérapie de type CHOP (cyclophosphamide, adriamycine, vincristine,
prednisone) ou ACVBP (adriamycine, cyclophosphamide, vindésine, bléomycine,
prednisone). Ces protocoles sont difficiles à mettre en œuvre en Afrique
subsaharienne, car responsables d’aplasie médullaire. Ils justifient que les malades
soient hospitalisés dans des services spécialisés d'oncologie encore rares en Afrique.
Les maladies de l’estomac et du duodénum sous les tropiques sont dominées par les
gastrites, les ulcères gastroduodénaux (UGD) et les cancers gastriques en rapport avec
l'infection à Helicobacter pylori responsable de changements inflammatoires progressifs de
la muqueuse gastrique qui font le lit du cancer. L'infection à H. pylori a été classée par l'OMS
parmi les carcinogènes gastriques de classe 1, c'est-à-dire ayant une relation directe avec le
cancer de l'estomac.
Si l’on se réfère à la « cascade de Correa », il existerait une évolution de la gastrite
chronique non-atrophique à la dysplasie, en passant par la gastrite atrophique et la
métaplasie intestinale, lésions précancéreuses. H. pylori jouerait dans cette cascade le rôle
d’initiateur et le principal facteur de risque du cancer gastrique.
Les tests diagnostiques de l'infection à H. pylori sont de deux types, soit directs, nécessitant
des biopsies gastriques, soit indirects ne nécessitant pas de biopsies gastriques. La
réalisation de cinq biopsies, deux dans l'antre, deux dans le corps et une à l'incisure de la
petite courbure gastrique sont suffisantes pour le diagnostic histologique. La mise en culture
et la PCR nécessitent deux biopsies supplémentaires (une dans l'antre, l'autre dans le
fundus).
Les tests ne nécessitant pas de biopsies gastriques (et donc pas d'endoscopie digestive)
sont la sérologie (anticorps IgG spécifiques dans le sérum, mais persistant longtemps après
la disparition de la bactérie), le test respiratoire à l'urée C13 et la recherche d'antigènes
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bactériens dans les selles. La mise en culture est indispensable pour déterminer la
résistance d'H. pylori aux antibiotiques. Un TDR par technique immuno-chromatographique a
été développé pour la détection des IgG, des IgM et des IgA dans le sérum, le plasma et le
sang total.
Le traitement standard pour l'éradication d' H. pylori est la trithérapie associant un inhibiteur
de la pompe à protons (IPP) et deux antibiotiques (amoxicilline et clarithromycine) pendant 7
jours. Mais, le taux d’éradication d’H. pylori a baissé en dessous de 80 % du fait de
l’augmentation des résistances, notamment à la clarithromycine. Une quadrithérapie à base
de bismuth est donc proposée en première ou deuxième intention.
L’infection à H. pylori est de loin le facteur étiologique majeur du cancer gastrique, l’un des
cancers les plus fréquents dans le monde (un million de cas annuels et 5,7 % de l’ensemble
des cancers diagnostiqués). Le sexe masculin, un bas statut socio-économique, certaines
origines ethniques (populations d’Asie ou des îles du Pacifique, les Amérindiens, les natifs
de l’Alaska ou les Hispaniques) constituent des facteurs de risque. On observe une baisse
d’incidence du cancer gastrique dans plusieurs pays, qui peut être liée à une décroissance
d’H. pylori, mais aussi à une moindre consommation de tabac.
Le virus HTLV-1 ou human T cell leukemia / lymphoma virus type 1, premier virus oncogène
découvert chez l’homme a été isolé en 1980. Il est responsable de la leucémie / lymphome T
de l’adulte (Adult T cell Lymphoma / Leukemia [ATLL]), de la paraparésie spastique tropicale
(Tropical Spastic Paraparesia / HTLV-1 Associated Myelopathy [TSP/HAM] et est associé à
des infections opportunistes, en particulier l’anguillulose. On estime à 5 à 10 millions le
nombre de personnes infectées dans le monde. Les zones de haute prévalence (plus de 2 %
dans la population adulte) sont le sud du Japon, l'Afrique centrale, les Caraïbes dont les
Antilles françaises, l'Amérique centrale et du sud. Sont aussi infectées les populations des
pays du Moyen-Orient), de l’Inde, les populations aborigènes de Papouasie Nouvelle
Guinée, d’Australie, des Iles Salomon, certaines régions de Mélanésie. L'infection à HTLV-1
semble très rare dans les îles de l'océan Indien, sauf aux Seychelles.
La transmission se fait selon trois modes :
- transmission verticale mère-enfant, rarement in utero, surtout par l’allaitement maternel
prolongé de plus de 6 mois,
- transmission sexuelle, avec une transmission préférentielle, mais non exclusive, dans le
sens homme - femme,
- transmission par voie sanguine : transfusions sanguines (culots globulaires, concentrés
plaquettaires, le plasma n’est pas contaminant), utilisation par les toxicomanes de seringues
ou de matériel contaminé, par l'intermédiaire de cellules lymphoïdes infectées.
Trois à sept pour cent des sujets infectés développent une maladie). L’allaitement favoriserait
la survenue de la leucémie / lymphome T, et la transfusion sanguine favoriserait la survenue
de la paraparésie spastique tropicale.
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Divers essais associant chimiothérapie et/ou antiviraux ont donné des résultats
encourageants, dans les formes chroniques en particulier, mais les formes
leucémique et lymphomateuse restent de très sombre pronostic.
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Son dépistage est basé sur la biologie non spécifique (cholestase, marqueurs
tumoraux) et l’échographie qui est peu sensible.
Le traitement de la clonorchiase et de l’opistorchiase repose sur le praziquantel
(Biltricide®) et la prévention sur l'éducation sanitaire, le dépistage de masse et le
traitement des cas dépistés.
3.1- Le tabagisme
Trente pour cent des cancers sont liés au tabagisme dans le monde. Le pic de
l'épidémie doit se situer entre 2020-2030 avec 10 millions de décès imputables au
tabagisme, dont 70 % dans les pays pauvres. Sept millions de personnes meurent
chaque année d’une pathologie provoquée par le tabagisme.
Le cancer lié au tabagisme est une nouvelle menace sur le continent africain.
L'industrie du tabac, parce que les lois sont devenues plus draconiennes en
Occident, s'est tournée vers le continent africain. Les progrès socio-économiques
enregistrés dans certains pays en facilitant l'accès au tabac et l'augmentation de
l'espérance de vie devraient favoriser l'émergence de la population cible du cancer
du poumon. Actuellement, les taux varient chez l'homme de 10/100 000 personnes
dans certaines parties de l'Afrique, en Inde et en Amérique du Sud à plus de 60/100
000 aux États-Unis, en particulier parmi la population noire.
Mais le tabac n'est pas seulement à l'origine du cancer du poumon. Il touche aussi
les voies aériennes supérieures, l'œsophage, la vessie.
L’OMS publie régulièrement des orientations sur la réglementation des produits du
tabac pour une meilleure protection de la santé publique. Mais les stratégies de lutte
ne sont pas parfaitement appliquées par la plupart des pays.
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3.2- L’alcool
Le cancer de la prostate tue plus de 300 000 hommes par an. L’incidence est plus
élevée chez les Noirs que chez les Blancs : par exemple, elle est multipliée par
deux chez les Guadeloupéens, dont 90 % sont d’origine africaine, par rapport aux
Français blancs de métropole. Cette plus forte incidence s’explique par des causes
génétiques. Les Africains et les Européens ont des systèmes immunitaires
différents, en raison notamment de leurs différences génétiques.
Les Africains ont une prédisposition génétique pour le cancer de la prostate, même
si cette prédisposition est très complexe. Une composante familiale est rencontrée
dans 20 % des cas de cancers de la prostate dans le monde. Les avancées de la
génétique permettent actuellement d’identifier des variants génétiques associés à
un risque augmenté de cancer de la prostate.
Quoiqu’il en soit, un contrôle annuel devrait être fait dès 50 ans pour prévenir tout
risque, alors que cet âge est de 55 ans dans la population blanche.
Des facteurs de risque génétique existent aussi dans le cancer du sein, qui est la
deuxième cause de mortalité par cancer chez la femme africaine. Mais d'autres
facteurs de risque sont retrouvés, comme d'ailleurs dans le cancer de la prostate :
facteurs alimentaires (consommation excessive de graisses dans l'alimentation,
excès de calories et de prise de protéines animales), facteurs hormonaux. Ces
facteurs sont qualifiés de possibles et non de certains. Une méta-analyse publiée
aux USA en 2022 confirme la différence de mortalité par cancer du sein entre
femmes blanches et femmes noires. Il y aurait une interaction complexe entre les
facteurs socio-économiques exposant les femmes noires à un médiocre accès aux
soins et des facteurs propres au cancer du sein des femmes noires qui ont des
récepteurs hormonaux plus souvent négatifs que les autres, et notamment des
récepteurs ostrogéniques. C’est par la biologie et la génétique, autant que par un
meilleur accès aux soins, que l’on améliorera la survie des femmes noires.
La progression continue des cancers au cours de ces dernières années dans les
PED, et en particulier sur le continent africain, constitue une réalité épidémiologique.
Il est donc urgent de développer leur prise en charge, qui doit associer diagnostic,
traitement et prévention.
Il existe localement, au moins dans les capitales et les grandes villes africaines, des
moyens de diagnostic et de traitement. Mais, la maladie est souvent très avancée
au moment du diagnostic et le coût élevé des bilans et des traitements limite leur
mise en œuvre. C’est le cas pour les cancers de la prostate : dans une étude
récente menée au Togo, plus de 75 % des patients étaient porteurs de métastases
au moment du diagnostic.
S’ils sont dépistés précocement, certains cancers parmi les plus répandus, comme
le cancer du sein, le cancer du col de l’utérus, le cancer colo-rectal ont une
probabilité de guérison élevée. Mais, si 90 % des malades peuvent bénéficier d’un
traitement complet dans les pays à revenu élevé, ils sont moins de 15 % dans les
pays à faible revenu.
Les soins palliatifs visent à atténuer les symptômes et les souffrances qui en
résultent ainsi qu’à améliorer la qualité de vie des patients et de leurs entourages.
Pour dispenser des soins palliatifs aux patients, il faut mettre en œuvre des
stratégies de santé publique prévoyant dans les PED une prise en charge au niveau
communautaire, et améliore l’accès aux médicaments anti-douleurs, en particulier la
morphine.
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