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Théorie des ensembles et applications

Le document traite de la théorie des ensembles et des applications, en présentant des définitions clés, des opérations sur les ensembles, et des propriétés des applications telles que l'injectivité, la surjectivité et la bijectivité. Il aborde également les applications réciproques et les propriétés des fonctions continues sur les réels. Enfin, des exercices pratiques sont fournis pour renforcer la compréhension des concepts abordés.

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Théorie des ensembles et applications

Le document traite de la théorie des ensembles et des applications, en présentant des définitions clés, des opérations sur les ensembles, et des propriétés des applications telles que l'injectivité, la surjectivité et la bijectivité. Il aborde également les applications réciproques et les propriétés des fonctions continues sur les réels. Enfin, des exercices pratiques sont fournis pour renforcer la compréhension des concepts abordés.

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V – Ensembles et applications

1/ Théorie des ensembles


1. 1 ) Notions de base

Définition Un ensemble est une collection d’objets à laquelle un objet peut appartenir ou non.
• On note « x ∈ E » lorsque x appartient à l’ensemble E : c’est un élément de E.
• On note « x < E » lorsque x n’appartient pas à l’ensemble E.
• On note ∅ l’ ensemble vide, qui est dépourvu d’élément.
• On note enfin {x} l’ensemble constitué du seul élément x.

Définition
Soient E et F deux ensembles.
• On dit que F est une partie de E et l’on note F ⊂ E si tout élément de F appartient à E.
• L’ensemble des parties de E se note P(E).

Proposition
Soient E, F et G des ensembles quelconques.
• ∅ ⊂ E et E ⊂ E.
• Si E ⊂ F et F ⊂ G, alors E ⊂ G.
• E = F si, et seulement si, (E ⊂ F et F ⊂ E).

1. 2 ) Opérations sur les ensembles

Définition Soient E un ensemble et A, B deux parties de E. On définit les parties suivantes :


n . o
• A ∪ B = x ∈ E x ∈ A ou x ∈ B appelée l’union de A et B
n . o
• A ∩ B = x ∈ E x ∈ A et x ∈ B appelée l’intersection de A et B
n . o
• A = x ∈ E x < A appelée le complémentaire de A
n . o
• A r B = x ∈ A x < B appelée le complémentaire de B dans A

Remarque : l’ensemble A r B = A ∩ B se lit aussi A privé de B.

31
V – Ensembles et applications Théorie des ensembles

Proposition
Soient E un ensemble et A, B, C trois parties de E. On a les relations suivantes :
• A ∪ A = E et A ∩ A = ∅.
• A ∪ (B ∩ C) = (A ∪ B) ∩ (A ∪ C)
• A ∩ (B ∪ C) = (A ∩ B) ∪ (A ∩ C)
• A ∪ B = A ∩ B et A ∩ B = A ∪ B.

Proposition
Soient E un ensemble et A, B deux parties de E. Alors :
• A ⊂ (A ∪ B) et B ⊂ (A ∪ B).
• (A ∩ B) ⊂ A et (A ∩ B) ⊂ B.

Proposition
Soient E un ensemble et A, B deux parties de E.
Si A ⊂ B, alors A ∪ B = B et A ∩ B = A.

Définition Soient An et B .deux ensembles.


o Le produit cartésien de A par B est l’ensemble
A × B = (a, b) a ∈ A, b ∈ B . Lorsque A = B, on note A × A = A2 .

Remarque : cette définition s’étend au produit de n ensembles A1 , A2 , . . . , An via


n . o
A1 × A2 × · · · × An = (a1 , a2 , . . . , an ) a1 ∈ A1 , a2 ∈ A2 , . . . , an ∈ An

1. 3 ) Les quantificateurs

Définition Pour synthétiser les écritures, on utilise les symboles ∀ et ∃.


• « ∀ x ∈ E » se lit « Pour tout x ∈ E »
• « ∃ x ∈ E » se lit « Il existe x ∈ E »
• « ∃ ! x ∈ E » se lit « Il existe un unique x ∈ E »

Proposition
On ne peut pas intervertir deux quantificateurs distincts. Autrement dit,
∀ x ∈ A, ∃ y ∈ B ... , ∃ y ∈ B, ∀ x ∈ A ...

Définition Un prédicat sur un ensemble E est une assertion P(x) dépendant d’une variable x ∈ E.

Tristan Poullaouec 32 [Link]


V – Ensembles et applications Applications

Proposition (négation des quantificateurs)


Soient E un ensemble et P un prédicat sur E.
   
• NON ∀ x ∈ E, P(x) équivaut à ∃ x ∈ E, NON P(x) .
   
• NON ∃ x ∈ E, P(x) équivaut à ∀ x ∈ E, NON P(x) .

2/ Applications
2. 1 ) Notions de base

Définition Soient E et F deux ensembles. Définir une application u de E dans F, c’est associer à
tout élément x ∈ E un unique élément de F noté u(x).
• L’ensemble E est appelé l’ensemble de définition de u.
• L’ensemble F est appelé l’ensemble d’arrivée de u.
• Pour tout élément x ∈ E, l’élément u(x) est appelé l’image de x par u.
• Soit y ∈ F : tout x ∈ E tel que y = u(x) est appelé un antécédent de y par u.

Notation : on note alors u : E −→ F, x 7−→ u(x) .

Définition Soient E et F deux ensembles, et u : E −→ F une application.


• Pour toute partie A de E, l’application u A : A −→ F, x 7−→ u(x) est appelée
la restriction de u à A.
• Toute application v définie sur un ensemble A contenant E et vérifiant v E = u
est appelée un prolongement de u.

2. 2 ) Image directe d’une partie

n . u : E −→ F une
Définition Soient E et F deux ensembles, o application et A une partie de E.
L’ensemble u(A) = y ∈ F ∃ x ∈ A, y = u(x) est appelé l’image directe de A par u.
C’est l’ensemble des images par u des éléments de A.

Caractérisation : x ∈ u(A) ⇐⇒ ∃ a ∈ A, x = u(a)

2. 3 ) Composition d’applications

Définition Soient E, F et G trois ensembles, u : E −→ F et v : F −→ G deux applications.


On appelle composée de u par v l’application v ◦ u : x 7−→ v(u(x)) de E dans G.

Remarque : l’ordre est ici primordial et v ◦ u , u ◦ v en général ; d’ailleurs les ensembles de


définition et d’arrivée de u et v risquent de poser problème.

Tristan Poullaouec 33 [Link]


V – Ensembles et applications Applications

2. 4 ) Injectivité, surjectivité et bijectivité


Soient E, F deux ensembles et u : E −→ F une application.

Définition On dit que u est injective si tout élément de F admet au plus un antécédent par u,
c’est-à-dire que u ne prend jamais deux fois la même valeur.

Proposition (caractérisations équivalentes)


Les trois propositions suivantes sont équivalentes :
(i) L’application u est injective.
(ii) Pour tout y ∈ F, l’équation u(x) = y possède au plus une solution x ∈ E.
(iii) Pour tous (x1 , x2) ∈ E2 , on a u(x1 ) = u(x2 ) =⇒ x1 = x2 .

Définition On dit que u est surjective si tout élément de F admet au moins un antécédent par u,
c’est-à-dire que u atteint toutes les valeurs de l’ensemble d’arrivée.

Proposition (caractérisations équivalentes)


Les trois propositions suivantes sont équivalentes :
(i) L’application u est surjective.
(ii) Pour tout y ∈ F, l’équation u(x) = y possède au moins une solution x ∈ E.
(iii) On a u(E) = F.

Définition On dit que u est bijective si elle est à la fois injective et surjective.

Proposition (caractérisations équivalentes)


Les trois propositions suivantes sont équivalentes :
(i) L’application u est bijective.
(ii) Pour tout y ∈ F, l’équation u(x) = y possède exactement une solution x ∈ E.
(iii) Tout élément de F admet exactement un antécédent par u.

Tristan Poullaouec 34 [Link]


V – Ensembles et applications Application réciproque

3/ Application réciproque
3. 1 ) Définition et premières propriétés

Définition Soit u une bijection de E dans F.


• L’application qui, à tout élément de F, associe son unique antécédent par u dans E
s’appelle l’application réciproque de u. On la note u−1 .
• Pour tout couple (x, y) ∈ E × F, on a donc y = u(x) ⇐⇒ x = u−1 (y).

Proposition
Soient E et F deux ensembles, et u une bijection de E dans F.
Alors u−1 ◦ u = IdE et u ◦ u−1 = IdF .

Théorème
Soient E et F deux ensembles, u : E −→ F et v : F −→ E deux applications telles que
v ◦ u = IdE et u ◦ v = IdF . Alors u est une bijection et v = u−1 .

Corollaire
 −1
Si u est bijection de E dans F, alors u−1 est une bijection de F dans E et u−1 = u.

Proposition
Soient u : E −→ F et v : F −→ G deux bijections. Alors v ◦ u est une bijection de E dans G
et sa réciproque est (v ◦ u)−1 = u−1 ◦ v−1 .

Tristan Poullaouec 35 [Link]


V – Ensembles et applications Application réciproque

3. 2 ) Cas des fonctions de R dans R

Définition On dit qu’une fonction f est continue sur I si lim f (x) = f (a) pour tout a ∈ I.
x→a

Remarque : c’est le cas des fonctions usuelles et de leurs composées diverses.

Théorème (de la bijection continue)


Soient I un intervalle de R et f : I −→ R une fonction telle que :
1) f est continue sur I ;
2) f est strictement monotone sur I ;
Alors f est une bijection de I sur l’intervalle f (I). De plus, f −1 a le même sens de variation.

Remarque : les bornes de f (I) sont les limites de f aux bornes de I. En fait, un tableau de
variations complet fournira a priori tous les renseignements utiles et permettra de débusquer
les bijections (quitte à restreindre les ensembles de départ et d’arrivée si besoin).

Proposition
Soit f une fonction vérifiant les hypothèses du théorème : c’est donc une bijection.
Les courbes C f et C f −1 sont symétriques par rapport à la droite ∆ d’équation y = x.

Proposition
Soit f une fonction vérifiant les hypothèses du théorème. On suppose qu’elle est dérivable et
 ′ 1
que f ′ ne s’annule jamais sur I. Alors f −1 est dérivable sur f (I) et f −1 = ′ .
f ◦ f −1

   ′
Remarque : on dérive la relation f f −1 (x) = x pour obtenir l’expression de f −1 .

Tristan Poullaouec 36 [Link]


Exercices

1/ Théorie des ensembles

Exercice 1.
On considère l’ensemble E = {a; b; c; d}. Déterminer toutes les parties de E.

Exercice 2.
Soient A et B deux parties d’un ensemble E.
1) Comparer les parties A ∩ (A ∪ B) et A.
2) Montrer que A ∪ B = A ∩ B si, et seulement si, A = B.
   
3) Simplifier A ∩ B ∪ A ∩ B ∪ (A ∩ B).
4) Montrer que A et B sont disjointes si, et seulement si, A ∪ B = E.

Exercice 3.
Soient A, B et C trois parties d’un ensemble E.
1) Montrer que (A ∪ B) ⊂ C si, et seulement si, A ⊂ C et B ⊂ C.
2) Montrer que A ∩ C = A ∪ B si, et seulement si, B ⊂ A ⊂ C.

Exercice 4.
Écrire la négation des propositions suivantes :
1) Toutes les voitures rapides sont rouges.
2) Pour tout ε > 0, il existe q ∈ R tel que 0 < q < ε.
3) Pour tout x ∈ R, on a x2 < 0.
4) Tout triangle rectangle possède un angle droit.
5) Il existe un mouton écossais dont au moins un côté est noir.

Exercice 5.
Peut-on intervertir les quantificateurs « ∀ n ∈ N » et « ∃ m ∈ N » dans ce qui suit ?
1) ∀ n ∈ N, ∃ m ∈ N, n > m
2) ∀ n ∈ N, ∃ m ∈ N, n2 > m
3) ∀ n ∈ Z, ∃ m ∈ Z, n > m
4) ∀ n ∈ Z, ∃ m ∈ Z, n2 > m

37
V – Ensembles et applications Applications

2/ Applications
Exercice 6. Soit f : R −→ R, x 7−→ x2 .
1) On pose A = [ −1 ; 4 ]. Déterminer l’ensemble f (A).
2) Soient B et C deux parties de R.
(a) Montrer que B ⊂ C =⇒ f (B) ⊂ f (C).
(b) La réciproque est-elle vraie ?

Exercice 7.
Soit u une application de E dans F. Soient A et A′ deux parties non vides de E.
1) Montrer que u(A ∪ A′ ) = u(A) ∪ u(A′ ).
2) Montrer que u(A ∩ A′ ) ⊂ u(A) ∩ u(A′ ) et que l’inclusion inverse est fausse.
3) Si u est injective, montrer que u(A ∩ A′ ) = u(A) ∩ u(A′ ).

Exercice 8.
Soient f une application de E dans F et g une application de F dans G.
1) Si g ◦ f est injective, montrer que f est injective.
2) Si g ◦ f est surjective, montrer que g est surjective.

Exercice 9.
Soient f une application de E dans F et g une application de F dans G.
1) Si f et g sont injectives, montrer que g ◦ f est injective.
2) Si f et g sont surjectives, montrer que g ◦ f est surjective.
3) Si f et g sont bijectives, montrer que g ◦ f est bijective.

Exercice 10.
Montrer que les fonctions suivantes sont des bijections entre des intervalles à préciser :
f : x 7−→ x2 − 1 g : x 7−→ x3 + 2x − 1 h : x 7−→ x5 + 3x3 + 2x − 1

Exercice 11.
Même exercice avec les fonctions suivantes :
3
f : x 7−→ e 3x + 2e x − 5 g : x 7−→ e x − 1 h : x 7−→ 2 ln x + x3 + x

Tristan Poullaouec 38 [Link]

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