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Introduction à la thermique du bâtiment

La thermique du bâtiment étudie les échanges de chaleur entre un bâtiment et son environnement, visant à assurer le confort thermique tout en réduisant la consommation d'énergie. Avec l'urbanisation croissante, la demande énergétique augmente, particulièrement en Afrique où les bâtiments représentent une part significative de la consommation d'électricité. Comprendre les facteurs thermiques, tels que les conditions environnementales et les matériaux de construction, est essentiel pour améliorer l'efficacité énergétique et le confort dans les bâtiments, notamment dans des régions chaudes comme Djibouti.

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Introduction à la thermique du bâtiment

La thermique du bâtiment étudie les échanges de chaleur entre un bâtiment et son environnement, visant à assurer le confort thermique tout en réduisant la consommation d'énergie. Avec l'urbanisation croissante, la demande énergétique augmente, particulièrement en Afrique où les bâtiments représentent une part significative de la consommation d'électricité. Comprendre les facteurs thermiques, tels que les conditions environnementales et les matériaux de construction, est essentiel pour améliorer l'efficacité énergétique et le confort dans les bâtiments, notamment dans des régions chaudes comme Djibouti.

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Université de Djibouti – Institut Universitaire de Technologie Industrielle

Thermique du Bâtiment

Dr ABDOU IDRIS
Master en Génie Énergétique et Efficacité Energétique (M-G3E)
2025/2026

Chapter 1

Generalités et introduction à
la thermique du bâtiment

1
A quoi ca sert la physique du bâtiment?
❑ La thermique du bâtiment regroupe l’ensemble des sciences et
techniques qui étudient les échanges de chaleur entre un
bâtiment et son environnement (air, sol, rayonnement solaire,
occupants…).
❑ Elle vise à assurer le confort thermique des occupants tout en
réduisant la consommation d’énergie, à travers :
▪ une meilleure isolation,
▪ une ventilation adaptée,
▪ et un choix raisonné des matériaux et de l’orientation.
❑ C’est une discipline centrale pour le développement durable, la
résilience climatique et la qualité de vie dans les régions
chaudes. 75% of the buildings that will be present
Motivation
in 2040 have not yet been built

❑ Urbanisation rapide et demande croissante


en énergie
❑ Aujourd’hui, plus de 50 % de la population
mondiale vit dans les villes.
❑ En 2050, environ 75 % de la population 2009
mondiale, estimée à 9 milliards de 400
Millions
personnes, vivra en milieu urbain.
2040
NEW BUILDINGS COMFORT
1
Billion
Source: UN-Habitat 2
A quoi ca sert la physique du bâtiment?

Consommation d’énergie en Afrique

❑ L’urbanisation croissante s’accompagne


d’une augmentation de la demande en
Augmentation de
services énergétiques, estimée à 8 % par la dépendance à
an dans la plupart des pays en développement. aux combustibles CLIMATE CHANGE
fossiles
❑ L’énergie utilisée dans les bâtiments en
Afrique représente environ 56 % de la
consommation nationale totale
d’électricité.

❑ Les grandes villes consomment plus de 75


% de toute l’électricité produite.

❑ Moins de 60 % de la production
d’électricité provient de sources
renouvelables, comme les centrales
hydroélectriques, dont la capacité est
menacée par le changement climatique.

3
A quoi ca sert la physique du bâtiment?
▪ L'accès à l'énergie
moderne reste très faible
en Afrique.
▪ Le rationnement de
l'électricité est fréquent

Les populations les plus $


pauvres d'Afrique paient un
kWh d'énergie parmi les plus
chers du monde 575 2 770
kWh kWh

Subregional distribution of energy


consumption per person
Pourcentage of population in EA member states with ▪ Annual energy per capita are
acces electricity the lowest in the world:
▪ 31 Kwh in Rwanda
▪ 63 Kwh in Uganda
▪ 69 Kwh in Tanzania
▪ 179 Kwh in Kenya.
▪ 330 kWh in Djibouti

4
A quoi ca sert la physique du bâtiment?
Répartition sectorielle de la
A Djibouti consommation d'énergie finale
- Données IRENA, 2015 -
• ~70% de la population en zone urbaine 81%
• Bâtiment 90% de la consommation électrique Transport
• Coût très élevé de l’électricité (~36 FDJ/kWh) Industrie
• Absence de leviers politiques et réglementaires Résidentiel
sur la performance énergétique (En cours…) Tertiaire
7%
11%
1%
Climatisation
• Système actif
• Acquis de base des bâtiments modernes

Climatiseur, 72%
Bureautique, 15%
Eclairage, 10%
Ventilateur, 2%
Autres, 1%

Répartition de la
consommation d’électricité
- Données IRENA, 2015 - 5
Les trois familles de facteurs thermiques

Trois catégories de facteurs influencent les échanges thermiques :


❑ Facteurs environnementaux
▪ Climat, température, humidité, vent, rayonnement solaire, orientation et topographie du site.
▪ Ces paramètres déterminent la quantité de chaleur reçue ou dissipée par le bâtiment.
Exemple : à Djibouti, un rayonnement solaire intense et une humidité élevée aggravent la surchauffe des
espaces mal ventilés.
❑ Facteurs fonctionnels
▪ Usage du bâtiment : un hôpital, une école ou un logement n’ont pas les mêmes besoins
thermiques.
▪ Les occupants, équipements, éclairage et appareils produisent de la chaleur interne.
Dans les bureaux et écoles climatisés de Djibouti, la densité d’équipements électriques (ordinateurs, éclairage
artificiel) accentue les charges thermiques internes.
❑ Facteurs matériels et constructifs
▪ Nature, épaisseur et couleur des parois, vitrages, planchers et toitures.
▪ Ces éléments définissent la conductivité, l’inertie et la perméabilité à l’air du bâtiment.
À Djibouti, les toitures en tôle sans isolation et les façades orientées Est-Ouest absorbent une grande quantité
de chaleur, provoquant la surchauffe intérieure.

Comprendre et maîtriser ces trois familles de facteurs permet d’adapter le bâtiment à son climat,
de réduire la consommation d’énergie et d’améliorer le confort thermique.

6
Notion de chaleur : l’énergie en mouvement

❑ La chaleur est une forme d’énergie liée au


mouvement désordonné des molécules.
❑ Elle se transfère spontanément du corps chaud
vers le corps froid, selon le 2ᵉ principe de la
thermodynamique.
❑ Son unité de mesure est le joule (J).
Exemple : Une maison mal isolée perd sa chaleur vers l’extérieur
comme une tasse de thé qui refroidit sur la table.

Cas de Djibouti et des pays chauds


À Djibouti, les transferts de chaleur par conduction à
travers les murs en béton non isolés représentent le
principal poste de gain thermique pendant la journée.
Le soleil chauffe les parois, qui accumulent la chaleur
et la restituent la nuit, maintenant l’intérieur chaud même
après le coucher du soleil.
Cela explique pourquoi les bâtiments mal isolés restent
chauds même avec climatisation en marche.

7
Notion de température : niveau d’agitation moléculaire
❑ La température est une grandeur physique qui mesure le degré de
chaleur d’un corps.
❑ Elle traduit le niveau d’agitation des molécules : plus elles s’agitent, plus la
température est élevée.
❑ Lorsque deux corps à des températures différentes sont mis en contact, ils
échangent de la chaleur jusqu’à atteindre un équilibre thermique.
❑ Elle est liée à l’énergie cinétique moyenne des particules du corps.
❑ À une température de –273,15 °C, dite zéro absolu, l’agitation moléculaire
devient nulle.

En thermodynamique, la température n’est pas seulement une sensation (“il fait


chaud” ou “il fait froid”) : c’est une variable d’état fondamentale, indispensable
pour définir les transferts de chaleur, les bilans d’énergie et les performances
thermiques des matériaux.

Dans le contexte chaud :


❑ La température moyenne extérieure varie entre 30 et 42°C selon la saison.
❑ Les murs massifs peuvent atteindre plus de 50°C en surface sous
rayonnement direct.
❑ À l’intérieur, le gradient de température entre les parois, l’air et les occupants
conditionne le confort thermique.

Comprendre la température, c’est comprendre pourquoi un mur chaud continue à


rayonner de la chaleur bien après le coucher du soleil. 8
Échelles de température et unités de chaleur
Échelle Point de congélation Point d’ébullition Conversion
Celsius (°C) 0 100 T [K] = T [°C] + 273,15
Fahrenheit (°F) 32 212 (°F − 32) × 5/9 = °C
Kelvin (K) 273,15 373,15 —

❑ Rappel :
Le Kelvin (K) est l’unité officielle du Système international (SI), utilisée dans tous les calculs de transfert
thermique et de thermodynamique.
Exemple: Température moyenne à Djibouti : 35 °C = 308 K
Cela illustre l’importance du Kelvin dans les bilans énergétiques, où les variations ΔT sont identiques à celles en °C.

❑ Les unités de chaleur


1 Calorie (Cal) = 4,1855 joules (J)
1 kilowattheure (kWh) = 3 600 000 J = 860 000 Cal
1 thermie = 1000 kilocalories (kcal)
❑ Rappel de conversion utile :
1 kWh = 0,86 thermie
Exemple : Une climatisation de 2 kW consomme environ 2 kWh/h = 7,2 MJ d’énergie thermique.

La consommation électrique moyenne d’un foyer djiboutien est environ 10 fois plus faible que celle d’un foyer
européen. Pourtant, le refroidissement (climatisation et ventilation) en représente plus de la moitié

Cela montre que la maîtrise de la chaleur est un enjeu bien plus important que la quantité totale d’énergie disponible.
9
Pourquoi certains matériaux gardent mieux la chaleur ?
Principe Énoncé scientifique Equ.
La température est une grandeur repérable : si deux
Principe zéro systèmes sont en équilibre thermique avec un troisième, -
ils sont en équilibre entre eux.
Principe de conservation de l’énergie interne : l’énergie
Premier principe ne se crée ni ne se détruit, elle se transforme entre ΔU=Q−W
chaleur (Q) et travail (W).

Principe d’évolution : un système isolé évolue


Deuxième principe dS≥δQ/T
spontanément vers un état d’entropie maximale.

À la limite du zéro absolu, l’entropie d’un cristal parfait


Troisième principe (Nernst) S(T=0)=0
est nulle.

Les flux thermodynamiques sont linéairement liés aux


Quatrième principe (Onsager)
forces qui les provoquent.

Principe 0 → définit la température et l’équilibre thermique.


Principe 1 → fonde les bilans énergétiques des bâtiments.
Principe 2 → explique le sens irréversible des transferts de chaleur (du chaud vers le froid).
Principe 3 → fixe la référence absolue de température (Kelvin).
Principe 4 → décrit les transferts couplés (chaleur, masse, humidité) dans les matériaux.

L’énergie interne 𝑈des parois et de l’air intérieur varie selon les apports solaires, la conduction et les
systèmes de climatisation.
Les transferts de chaleur à travers les parois illustrent le second principe : flux naturel du chaud vers le
froid, avec production d’entropie.
10
Régimes thermiques et parois adiabatiques
❑ Régimes thermiques dans un bâtiment
Un régime thermique décrit l’évolution de la température dans un système au cours du temps.
Selon la stabilité de cette température, on distingue deux états fondamentaux :
• Régime permanent (stationnaire)→ La température ne dépend pas du temps : le système a atteint un
équilibre entre les flux entrants et sortants.
Exemple : un local souterrain ou une cave où la température reste pratiquement constante.
• Régime transitoire (variable) → La température évolue au cours du temps en réponse aux conditions
extérieures (soleil, vent, apports internes).
Exemple : la toiture d’un bâtiment dont la température augmente le jour et diminue la nuit.

❑ Paroi adiabatique
Une paroi adiabatique est une paroi idéale qui n’échange aucune chaleur avec son environnement.
Elle vérifie 𝑄ሶ = 0 (flux thermique nul à travers la paroi). Ce concept est utilisé comme hypothèse simplificatrice
pour isoler thermiquement une zone ou modéliser un bilan énergétique.

• Les toitures plates exposées sont soumises à des régimes thermiques transitoires extrêmes, avec
des écarts pouvant atteindre 30 °C entre le jour et la nuit.
• Les matériaux à faible inertie (tôle, béton mince) réagissent rapidement à ces variations, provoquant des
surchauffes diurnes et un refroidissement rapide nocturne.
• Comprendre ces régimes est essentiel pour concevoir des bâtiments à confort stable malgré les
fluctuations climatiques.

11
Quiz
[Link] thermique du bâtiment étudie principalement :
A. Les échanges de chaleur entre les occupants et les équipements
B. Les échanges thermiques entre un bâtiment et son environnement
C. Le confort acoustique et la ventilation naturelle
D. Les pertes électriques dues à l’éclairage

[Link] facteur n’appartient pas aux trois familles influençant les échanges thermiques ?
A. Facteurs environnementaux
B. Facteurs fonctionnels
C. Facteurs matériels
D. Facteurs financiers

Q3. Selon le deuxième principe de la thermodynamique, la chaleur se déplace spontanément :


A. Du corps le plus froid vers le corps le plus chaud
B. Du corps le plus chaud vers le corps le plus froid
C. Dans les deux sens selon la masse
D. Seulement lorsque les températures sont égales

[Link] température mesure :


A. Le contenu total d’énergie d’un corps
B. Le niveau d’agitation moléculaire de la matière
C. La quantité de chaleur transférée
D. La capacité thermique d’un matériau

12
Quiz
Q5. Quelle est l’unité officielle (SI) de température thermodynamique ?
A. Le degré Celsius (°C)
B. Le Fahrenheit (°F)
C. Le Kelvin (K)
D. La calorie (Cal)

Q6. Parmi ces matériaux, lequel possède la plus forte inertie thermique ?
A. Tôle métallique
B. Béton
C. Terre crue (bouzoulon)
D. Acier Q9. Quel énoncé décrit le régime thermique
transitoire ?
Q7. Dans une paroi adiabatique, le flux de chaleur : A. La température reste constante dans le temps
A. Est nul B. La température varie en fonction du temps et
B. Dépend de la différence de température extérieure des conditions extérieures
C. Se déplace uniquement du froid vers le chaud C. Le flux thermique est nul
D. S’annule uniquement à haute température D. Le bâtiment est en équilibre énergétique
permanent
Q8.
À Djibouti, la principale cause de surchauffe des bâtiments est :
A. La mauvaise orientation des façades et les toitures métalliques non isolées
B. L’éclairage artificiel
C. L’absence de double vitrage
D. Le taux d’humidité faible
13
Problem
Formulaire minimal P.1 Deux bâtiments identiques à Djibouti :
• Loi de Fourier (1D, régime permanent) • Toiture A : tôle d’acier, e = 0,5 mm.
φ = λ × ΔT / e [W/m²] • Toiture B : terre stabilisée, e = 30 cm (λ = 0,9 W/m·K ; ρ = 1700 kg/m³ ;
• Diffusivité thermique
c = 1000 J/kg·K).
α = λ / (ρ × c) [m²/s]
• Pulsation diurne Climat diurne simplifié : Text(t) ≈ onde sinusoïdale d’amplitude A = 15 °C
ω = 2π / (24 h) = 2π / 86400 ≈ 7,272 × 10⁻⁵ s⁻¹ autour d’une moyenne Tₘ.
• Profondeur de pénétration (onde sinusoïdale) Rayonnement fort le jour : amplitude effective ±15 °C.
δ = √(2 × α / ω) [m] [Link] la diffusivité α pour la terre (et rappelez que pour l’acier : λ ≈
• Déphasage à travers une paroi d’épaisseur e 45 W/mK ; ρ ≈ 7850 kg/m³ ; c ≈ 500 J/kgK).
φ = e / δ [radian] Δt = φ / ω [s]
[Link] la profondeur de pénétration δ = √(2 α / ω) pour les deux
• Décrément (atténuation d’amplitude)
f = exp(−e / δ) (0 < f < 1) toitures.
• Équation de la chaleur (1D, transitoire) [Link] le déphasage φ = e/δ puis le retard temporel Δt = φ/ω.
∂T/∂t = α × ∂²T/∂x² [Link] le décrément f = exp(−e/δ) et l’amplitude intérieure Ain = f × A
• Premier principe (bilan d’énergie) pour chaque toiture.
ΔU = Q − W [Link] sur le confort thermique (amplitude intérieure + heure du pic)
et proposez 3 mesures passives pour améliorer la tôle.

P.2 Concevez une pièce confortable sans climatisation à Djibouti (40 °C jour, 28 °C nuit).
Matériaux disponibles : béton, brique de terre crue (CEB), tôle, bois,parpaings….
Aides :
• Visez pour la toiture : f < 0,15 et Δt > 6–8 h.
• Pour les murs : f < 0,2 et Δt > 6 h.
• Premier principe : ΔU = Q − W, avec W ≈ 0 → limiter Q entrant le jour, favoriser Q sortant la nuit
(ventilation).
Travail demandé :
[Link] un système de paroi (composition, épaisseurs) et estimez qualitativement δ, φ, f.
2.Décrivez le régime thermique visé (transitoire lent quasi stationnaire).
[Link] une stratégie de gestion thermique : albédo, isolation extérieure, masse, night flushing.
[Link] 3 indicateurs de performance : amplitude intérieure, heure du pic, puissance crête à évacuer. 14
END

15

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