🎤 SPEECH FINAL – “SÉISME : CAS DU MAROC /
DONNÉES SISMIQUES”
DIAPO 1 – Introduction
Bonjour à tous,
Le 8 septembre 2023, à 23h11, un séisme de magnitude 6,8 a frappé la région du Haut
Atlas, près du village d’Ighil, à environ 70 km au sud-ouest de Marrakech.
Ce séisme, d’une profondeur focale de 18 km, a provoqué des accélérations maximales du
sol atteignant 0,25 g dans la zone épicentrale et 0,15 g à Marrakech.
Les pertes humaines et matérielles ont été considérables :
plus de 2 000 morts et environ 60 000 bâtiments détruits ou endommagés.
Les constructions en pisé et maçonnerie non armée se sont effondrées,
alors que les bâtiments récents, conçus selon le RPS 2011, ont globalement bien résisté.
➡️Cet événement illustre deux réalités fondamentales :
1️⃣ La vulnérabilité du bâti ancien,
2️⃣ Et l’efficacité des normes parasismiques modernes.
C’est dans ce contexte que, mon binôme et moi, avons choisi de vous présenter notre exposé
intitulé :
“Séisme – Cas du Maroc / Données sismiques”,
réalisé dans le cadre du module Dynamique des structures.
Notre objectif est de comprendre comment la dynamique des structures permet de mieux
anticiper et réduire les effets des séismes sur les constructions marocaines.
Avant d’entrer dans les détails techniques, voyons d’abord le plan général de notre présentation.
DIAPO 2 – Plan de la présentation
Voici le plan que nous allons suivre ensemble :
1. Historique sismique du Maroc
2. Définition et origine des séismes
3. Types d’ondes sismiques
4. Intensité et magnitude
5. Contexte tectonique du Maroc
6.
7.
8. Zonage sismique et RPS 2011
9. La collecte des données sismiques
10. L’utilisation des données sismiques
11. Réponse dynamique des structures
12. Étude de cas simplifiée à Marrakech
13. Solutions parasismiques
14. Conclusion et perspectives
Commençons donc par un rappel essentiel : l’historique sismique du Maroc, pour comprendre
d’où vient notre expérience face aux tremblements de terre.
DIAPO 3 – Historique sismique du Maroc
Le Maroc a connu plusieurs séismes destructeurs au cours de son histoire récente :
Agadir (1960) – magnitude 5,7, plus de 12 000 morts ;
Al Hoceïma (2004) – magnitude 6,3, environ 600 morts ;
Al Haouz (2023) – magnitude 6,8, plus de 2 000 victimes.
On peut aussi citer le séisme de Lisbonne (1755), ressenti jusqu’à Fès et Marrakech.
Ces événements tragiques ont marqué des tournants :
➡️Après Agadir, le Maroc a créé le Règlement Parasismique (RPS).
➡️Après Al Hoceïma, la norme a été mise à jour pour donner le RPS 2011.
Ces rappels montrent que notre pays reste hautement exposé au risque sismique, et que la
prévention passe avant tout par la connaissance et la conception.
Mais pour bien comprendre ces phénomènes, il faut d’abord savoir ce qu’est réellement un séisme
et d’où il provient.
DIAPO 4 – Définition et origine des séismes
Un séisme est une libération soudaine d’énergie accumulée dans la croûte terrestre.
Cette énergie se propage sous forme d’ondes sismiques, qui font vibrer le sol et les
structures.
Les causes peuvent être :
tectoniques, dues au mouvement des plaques (cas principal au Maroc),
volcaniques ou intraplaques,
et parfois anthropiques, liées à l’extraction minière, la fracturation hydraulique ou la
mise en eau de barrages.
🎯 L’essentiel à retenir : un séisme est un phénomène dynamique, c’est-à-dire une excitation
vibratoire transmise aux structures.
Voyons maintenant comment cette énergie se propage dans le sol à travers les différents types
d’ondes sismiques.
DIAPO 5 – Les ondes sismiques
Lors d’un séisme, l’énergie libérée se déplace sous forme d’ondes mécaniques.
Ces ondes se divisent en deux grandes familles :
🔸 . Ondes de volume
Elles traversent la Terre en profondeur.
a) Ondes P (primaires)
Ce sont des ondes de compression et dilatation, se propageant dans tous les milieux
(solides, liquides, gaz).
Leur vitesse est donnée par :
où :
K = module de compressibilité (Pa),
G = module de cisaillement (Pa),
ρ = densité du matériau (kg/m³).
b) Ondes S (secondaires)
Ce sont des ondes de cisaillement, perpendiculaires à la direction de propagation.
Elles ne se propagent que dans les solides.
Leur vitesse :
➤ Exemple :
Pour un sol de densité ρ=1800 kg/m3 et G=3×107 Pa
🔹 Les ondes de surface :
Ondes de Love : déplacement horizontal pur, très destructeur.
Ondes de Rayleigh : mouvement elliptique, vertical et horizontal à la fois.
Ce sont ces dernières qui provoquent les plus grands dégâts sur les bâtiments, surtout dans
les zones à sols meubles.
Ces ondes, une fois arrivées à la surface, produisent des effets mesurables. Voyons maintenant
comment on évalue leur intensité et leur puissance.
DIAPO 6 – Intensité et magnitude
Pour quantifier un séisme, on distingue deux grandeurs :
1️⃣ L’intensité (I)
→ Mesure les effets observés (dommages, réactions humaines).
→ Échelle en 12 degrés (Mercalli, MSK, EMS-92).
Exemple :
I = VI : fissures légères,
I = VIII : dommages structurels,
I = X : destructions massives.
2️⃣ La magnitude (M)
→ Mesure l’énergie libérée au foyer :
M = log(A/T) + F(Δ)
avec :
(A) : amplitude de l’onde (mm),
(T) : période (s),
(F(Δ)) : terme empirique lié à la distance.
Exemple :
Si (A = 285,mm) et (T = 50,s), on obtient (M ≈ 7.1).
Un point de magnitude correspond à 30 fois plus d’énergie.
Ainsi, un séisme M7 libère 30 fois plus d’énergie qu’un M6.
La puissance d’un séisme dépend donc de l’énergie qu’il libère. Mais le contexte géologique du
Maroc explique pourquoi certaines régions sont plus exposées que d’autres.
DIAPO 7 – Contexte sismique du Maroc
Le Maroc se situe à la frontière entre la plaque africaine et la plaque eurasienne,
qui se déplacent l’une vers l’autre à environ 5 mm/an.
Trois grandes zones sismiques se distinguent :
1️⃣ Le Rif – forte activité, séismes fréquents et peu profonds.
2️⃣ Le Haut et Moyen Atlas – compression intracontinentale (cas d’Al Haouz).
3️⃣ La région d’Agadir – bordure atlantique, zone du séisme de 1960.
Ces régions sont traversées par plusieurs failles actives, comme celle de Tizi n’Test ou de
Nekor.
Ces observations géologiques ont conduit à établir un zonage sismique officiel, défini par le RPS
2011.
DIAPO 8 – Zonage sismique et RPS 2011
Le Règlement Parasismique Marocain (RPS 2011) classe le territoire en quatre zones
selon la probabilité d’occurrence et la sévérité des séismes :
Zone Risque Exemples Accélération (a/g)
0 Négligeable Laâyoune 0.00
1 Faible Casablanca 0.07
2 Modéré Marrakech 0.10
3 Fort Al Hoceïma, Agadir 0.17–0.20
Ces valeurs servent à calculer la force horizontale sismique, à partir de laquelle on
dimensionne les bâtiments.
Mais pour établir ce zonage, il a fallu collecter et analyser des milliers de données sismiques.
Voyons maintenant comment ces données sont recueillies et exploitées.
Ces observations géologiques ont conduit à établir un zonage sismique officiel, défini par le RPS
2011.
DIAPO 9 – La collecte des données sismiques
Après avoir vu comment le Maroc est classé sur le plan sismique,
intéressons-nous maintenant à la collecte des données sismiques, une étape essentielle pour
comprendre et surveiller l’activité du sol.
Les données sismiques sont enregistrées par un réseau national de stations sismologiques,
équipées de sismographes.
Chaque station comporte généralement trois capteurs :
deux horizontaux (Nord–Sud et Est–Ouest),
et un vertical.
Ces appareils enregistrent en continu les mouvements du sol sous forme de sismogrammes.
Lorsqu’un séisme survient, les signaux enregistrés permettent de déterminer :
le temps d’arrivée des ondes P et S,
la distance épicentrale,
et la magnitude du séisme.
🎯 Exemple concret :
Si le délai entre l’arrivée des ondes P et S est de 50 secondes, cela correspond à une distance
d’environ 490 km entre la station et l’épicentre.
En reportant cette distance et l’amplitude maximale sur un abaque, on obtient la magnitude
du séisme (par exemple M = 7,1).
Grâce à la méthode dite des cercles, l’intersection des distances calculées à partir de trois
stations différentes permet de localiser précisément l’épicentre.
Ces données sont ensuite transmises en temps réel au Centre National pour la Recherche
Scientifique et Technique (CNRST) et à la Direction de la Météorologie Nationale, qui
assurent la surveillance sismique du Maroc.
Enfin, lorsque la magnitude dépasse 3,5, une alerte officielle est transmise aux autorités
locales afin d’évaluer d’éventuels dégâts.
Une fois ces données collectées, elles ne restent pas inutilisées. Elles servent directement à la
modélisation, la recherche et la conception parasismique. Passons donc à leur utilisation concrète.
DIAPO 10 – L’utilisation des données sismiques
Les données sismiques collectées ne servent pas uniquement à signaler les séismes : elles
jouent un rôle majeur dans la recherche scientifique, la cartographie du risque, et la
conception parasismique.
Elles sont utilisées pour :
1️⃣ Analyser la source sismique :
→ déterminer la profondeur du foyer, la direction de la rupture et la durée du mouvement.
2️⃣ Établir des modèles de propagation des ondes :
→ comprendre comment les vibrations se déplacent selon la géologie locale.
3️⃣ Mettre à jour les cartes de zonage sismique :
→ par exemple, le zonage du RPS 2011 a été défini à partir de dizaines d’années
d’enregistrements sismiques.
4️⃣ Calculer les spectres de réponse et les paramètres d’ingénierie :
→ comme l’accélération maximale du sol (ag), le coefficient de site (S) ou le facteur
d’amplification (F0).
En génie civil, ces données permettent de concevoir des bâtiments adaptés à chaque
région, selon la nature du sol et l’intensité attendue du mouvement.
En résumé :
La collecte des données permet de comprendre le passé,
tandis que leur utilisation permet de prévoir et protéger l’avenir.
Ces informations précieuses permettent ensuite d’étudier la manière dont les bâtiments réagissent
réellement face aux secousses. Passons maintenant à la dynamique des structures.
DIAPO 11 – Réponse dynamique des structures
Lors d’un séisme, le bâtiment réagit comme un système dynamique : une masse (m), une
raideur (k), et un amortissement (c).
L’équation du mouvement s’écrit :
où
Plus le bâtiment est souple, plus il oscille longtemps.
Plus il est rigide, plus il subit des accélérations fortes.
Le but est donc de trouver un équilibre entre rigidité et ductilité.
Pour visualiser cette réponse, on utilise un outil essentiel : le spectre de réponse, que nous allons
appliquer à un exemple concret à Marrakech.
🟩 DIAPO 12 – Spectre de réponse et exemple à Marrakech
Le spectre de réponse relie la période propre du bâtiment (T) à l’accélération maximale
(Sa) qu’il subit :
Sa = S x ag x F0
Exemple pour Marrakech (Zone 2) :
(ag = 0.10g), (S = 1.4), (F0 = 2.5)
→ (Sa = 0.35g)
Cela signifie qu’une structure peut subir une accélération 3,5 fois plus forte que celle du sol !
Exemple de calcul pour un bâtiment de 5 étages (200 tonnes) :
F = m x Sa = 200 x 9.81 x 0.35 ≈ 686kN
Le bâtiment doit donc être dimensionné pour résister à 686 kN de force horizontale.
Mais la réaction d’un bâtiment dépend aussi énormément du type de sol sur lequel il est construit.
DIAPO 13 – Influence du sol
Le type de sol influence énormément la réponse sismique :
Type Description Coeff. S
S1 Roche dure 1.0
Type Description Coeff. S
S2 Argile dense 1.4
S3 Sable meuble 1.7
S4 Sol alluvial très souple 2.0
Un bâtiment construit sur un sol alluvial (S4) subira deux fois plus d’accélération que le
même bâtiment sur roche.
Lors du séisme d’Al Haouz, les zones bâties sur sols meubles ont été les plus touchées.
Enfin, pour réduire ces effets, il existe des solutions techniques et réglementaires que nous allons
voir pour conclure
DIAPO 14 – Solutions et conclusion
Pour limiter les effets d’un séisme :
Solutions techniques :
Ajouter des chaînages verticaux et horizontaux.
Renforcer les nœuds poutre–poteau.
Utiliser des matériaux ductiles (acier, béton armé).
Améliorer les fondations.
Solutions réglementaires :
Application stricte du RPS 2011,
Formation des ingénieurs,
Sensibilisation à la culture du risque sismique.
Conclusion :
Le Maroc est un pays à fort potentiel sismique,
mais grâce à la dynamique des structures, nous pouvons prévoir et concevoir des
bâtiments sûrs et résilients.
🔸 “Un séisme ne tue pas. Ce sont les bâtiments mal conçus qui tuent.”
Merci pour votre attention.