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I. LES MALADIES VIRALES
LA DENGUE
Prof Odio W., Drs Mbula M., Situakibanza
1. Définition
La dengue est une arbovirose due à un flavivirus.
La dengue
2. Etiologie
L’agent causal est le virus de la dengue dont il existe 4 types (1, 2, 3, 4).
3. Epidémiologie
3.1. Distribution géographique
L’affection sévit sur un mode endémo-épidémique en Afrique intertropicale.
La dengue
3.2. Hôte vertébré
L’homme malade est l’hôte vertébré;
3.3. Vecteur
L’aèdes est le vecteur de l’agent causal.
4. Symptomatologie
4.1. Dengue classique
Incubation : Elle dure 5 à 8 heures.
Début prodrome:
- Commence par de:
▪ Céphalées;
▪ Courbature;
▪ Rash;
▪ Frisson et fièvre.
▪ Après suivent les douleurs ostéo-articulaires;
▪ Rachialgies, photophobie, douleur rétro orbitaire;
▪ Le pouls est dissocié.
Evolution : entre le 3 ème et le 4 ème jours: remision clinique; Réapparition
signes vers le 5 ème et 6 ème jours;
La convalescence est longue.
4.2. Formes atténuées
Dans les formes atténuées, on peut avoir des formes frustres ou
asymptomatiques.
4.3. Formes hémorragiques
Le tableau sera fait de :
Purpura ;
Pétéchies ;
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Ecchymose.
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Le diagnostic est difficile à poser;
Il nécessite l’isolement du virus.
6. Traitement
6.1. Curatif
Il n’y a aucun traitement curatif.
Il est symptomatique.
6.2. Prophylaxie
Lutte contre les aèdes en utilisant des insecticides.
LA FIEVRE JAUNE
1. Définition
C’est une affection causée par un arbovirus, le virus amaril.
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2. Etiologie
L’agent causal est le virus amaril (genre flavivirus) qui comprend deux
souches selon leur pouvoir pathogène.
3. Épidémiologie
3.1. Hôtes vertébrés
L’homme et le singe;
Ce sont des faux réservoirs car à leur niveau la virémie est courte (1
semaine);
3.2. Vecteurs
L’aèdes est le vecteur et constitue le vrai réservoir;
Il s’agit d’aèdes aegypti et d’aèdes sympsoni.
Les aèdes vivent dans les forêts et les galeries forestières, dans des
collections d’eau;
Ils piquent les primates et l’homme.
3.3. Facteurs favorables
Certaines professions peuvent favoriser la contamination : chasseurs et
forestiers par exemple;
3.4. Modalités épidémiologiques
La fièvre jaune existe sous forme sporadique et épidémique.
3.5. Distribution géographique
L’affection se localise en Afrique et en Amérique intertropicales.
4. Symptomatologie
4.1. Forme typique
L’incubation dure 3 à 6 jours;
Le début est brutal et est caractérisé par :
- Des frissons ;
- De la fièvre (39 à 40 ° C) ;
- Des violentes douleurs (lombalgie, céphalées).
Phase rouge
Elle est faite de :
- Agitation ;
- Délire ;
- injection conjonctivale ;
- Angoisse;
- Oedèmes des lèvres et des paupières;
- Haleine est fétide.
- Persistance fièvre;
- Dissociation du pouls et de la température;
- Urines foncées;
- Hépatosplénomégalie et tableau d’hémorragie;
Le 3 ème jour de la maladie, une rémission apparente de 24 heures a lieu.
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Phase jaune
Survient le 4 ème et le 5 ème jours de la maladie;
Le tableau est fait de :
- Fièvre (40° C) ;
- Dissociation du pouls et de la température ;
- Altération de l’état général;
- Prostration et obnubilation.
- Troubles digestifs ;
- Vomissements ;
- Douleurs abdominales ;
- Soif;
- Ictère ;
- Syndrome hémorragique : purpura pétéchial et ecchymotique,
gingivorragie, épistaxis, métrorragies, hématuries, melana,
hématémèse.
- Atteinte rénale avec baisse de la diurèse ;
- Atteinte hépatique avec augmentation des transaminases (SGOT,
SGPT).
Evolution
Elle est redoutable;
La mort survient entre le 4 ème et le 11 ème jours;
Le malade présente :
- Un choc hémorragique ;
- Un coma hépatique ;
- Un coma urémique ;
- Le tableau peut s’améliorer vers le 12ème jour, sans séquelles rénales
ou hépatiques.
L’immunité est définitive.
4.2. Autres formes
4.1. Formes suraiguës
Elles sont mortelles en 2 ou 3 jours;
Le tableau est surtout fait des signes généraux;
L’atteinte hépatosplénique n’est pas franche.
4.2. Formes atypiques
Dans ces formes, l’on peut avoir une atteinte viscérale dissociée;
La clinique peut être comme celle d’une hépatite virale;
Le patient peut faire une forme rénale avec coma urémique.
Le tableau peut être un tableau d’hémorragies sévères;
Il existe des formes cardiovasculaires avec collapsus.
Quelquefois, c’est un tableau d’encéphalite qui prédomine.
4.3. Formes frustres
Elle peut se présenter sous forme de tableau pseudogrippal;
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La clinique sera faite de :
- Fièvre ;
- Rash ;
Les fonctions rénales et hépatiques sont perturbées;
Le pronostic est bon.
5. Diagnostic
Difficile à poser;
Clinique dans les situations les plus courantes de pratique médicale;
Examens virologiques et sérologiques (si présence laboratoire spécialisé).
Il faut faire le diagnostic différentiel avec :
L’hépatite virale due au virus de l’hépatite A ou B ;
Les leptospiroses ;
Les formes ictériques de paludisme.
6. Traitement
6.1. Curatif
Le traitement est symptomatique;
On peut administrer de la vitamine K, des corticoïdes;
6.2. Prophylaxie
Les mesures sont :
- Isoler le malade ;
- Lutter contre les moustiques ;
- La vaccination.
LA POLIOMYELITE ANTERIEURE AIGUË
1. Définition
La poliomyélite antérieure aiguë (PAA) est une affection infectieuse et
contagieuse provoquée par un entérovirus dénommé poliovirus.
2. Etiologie
L’agent causal est le poliovirus;
C’est un virus à ARN qui comprend 3 types (1, 2, 3);
Ces 3 types sont cultivables sur milieux tissulaires ou cellulaires ;
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Ils résistent et vivent longtemps dans le milieu extérieur.
3. Épidémiologie
3.1. Distribution géographique
L’affection sévit surtout en zone intertropicale : Afrique, Asie, Amérique
latine;
3.2. Réservoir de virus
L’homme est le seul réservoir et élimine le virus par le rhinopharynx à la
phase initiale de l’infection puis par les selles durant plusieurs mois.
Le virus vaccinal oral est atténué:
- éliminé par voie fécale;
- peut redevenir virulent (possibilité de maladie chez les sujets
réceptifs).
3.3. Mode de contamination
Transmission virus par voie oro-fécale à partir des mains sales ou
d’objets souillés par les selles des porteurs sains ou malades;
Transmission interhumaine: essentiellement manuportée;
La contamination indirecte se fait en buvant l’eau ou en mangeant des
aliments souillés par les selles.
Les malades sont contagieux:
- juste avant et après l’apparition des signes cliniques;
- quand le virus est présent dans la gorge et dans le fecès.
4. Pathogénie
Après l’ingestion du virus:
- Infection cellules de la muqueuse gastro-intestinale;
- Diffusion et multiplication dans les tissus lymphoïdes de la sous-
muqueuse des amygdales et dans les plaques de Peyer.
Le virus atteint les ganglions lymphatiques régionaux puis provoque une
virémie mineure;
Réplication virale dans les organes du système réticulo-endothélial;
Possibilité virémie majeure et réplication dans différents tissus occasionnant
une maladie symptomatique.
5. Symptomatologie
Incubation: 1 à 2 semaines (peut aller jusqu’à 6 semaines);
Affection habituellement asymptomatique et donne une immunité;
Immunité dirigée contre un seul type;
Pas d’immunité croisée.
La symptomatologie peut être sous forme d’un syndrome grippal, de diarrhée
avec fièvre ou de méningite lymphocytaire;
Dans ce cas, l’évolution est favorable.
Dans certains cas, l’affection prend des formes paralytiques par atteinte de la
corne antérieure de la mœlle;
Le tableau clinique sera fait de :
- Fièvre ;
- Angine ;
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- Troubles digestifs.
- Ensuite viennent les paralysies, myalgies, douleurs vives des membres
avec syndrome méningé;
- Paralysies sont d’apparition brutale (le matin), asymétriques et
s’accompagnent d’hypotonie, abolition des réflexes et d’amyotrophie.
- On peut observer une rétention urinaire, une paralysie des muscles
respiratoires, des troubles d’origine bulbaire (atteinte respiratoire) ou
des paralysies des muscles du carrefour aérodigestif (fausse route).
- L’atteinte respiratoire est de mauvais pronostic si on ne met pas le
patient sous respirateur artificiel.
L’évolution est souvent longue.
6. Diagnostic
Le diagnostic est posé grâce à des arguments d’ordre épidémiologique
(absence de vaccination, notion d’épidémie) et clinique;
S’il y a méningite, on peut isoler le virus dans le LCR. Le virus peut être
également isolé dans le sang et les selles.
Recherche des anticorps et suivi de leur ascension dans les 15 jours suivant
le premier examen.
7. Traitement
7.1. Curatif
Il n’y a aucun traitement curatif;
Il sera préconisé :
- Le repos au lit ;
- D’éviter les positions vicieuses, les injections IM et les mobilisations;
- D’éviter les salycylés (ça fausse le suivi de la température) ;
- La ventilation assistée ;
- La réanimation.
7.2. Prophylaxie
La prévention de la maladie se fera par la vaccination.
LA RAGE
1. Définition
La rage est une zoonose d’origine virale, mortelle, transmise
accidentellement à l’homme par morsure d’animaux et se traduisant par une
encéphalite toujours fatale.
2. Étiologie
L’agent causal est un rabdovirus du genre lyssavirus, présent dans la salive
des animaux infectés;
Il est fragile en dehors d’un organisme infecté;
Il peut être détruit par le savon, l’éther, les solvants des lipides, la trypsine,
les dérivés de l’ammonium quaternaire.
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Ce virus est sensible à la chaleur, à la lumière, à la dessiccation et est d’une
symétrie hélicoïdale;
Il mesure 150 nm et son génome comprend un acide ribonucléique (ARN);
Le « virus des rues » est retrouvé chez l’animal infecté et comporte plusieurs
souches.
3. Épidémiologie
3.1. Cycles naturels
Les 3 grands cycles permettent de perpétuer le virus :
- La rage sauvage des carnassiers ou rage sylvatique;
Le rôle de réservoir est joué par un animal donné dans une région
déterminée comme en Europe ou aux Etats –Unis.
- La rage canine ou rage urbaine
Celle-ci est localisée en Amérique Centrale et du Sud, en Afrique, au Moyen-
Orient, en Asie du Sud-est et en Inde.
- La rage des chiroptères (Vampires ou Chauve-souris);
L’Amérique, l’Europe du nord, les pays tels que l’Espagne et le Portugal sont
concernés par cette forme de rage.
3.2. Réservoirs de virus
La rage est une zoonose transmise accidentellement à l’homme;
Plusieurs espèces d’animaux constituent les réservoirs de virus :
- Chien : surtout en zone tropicale ;
- Chat (en Europe) ;
- Renards (rage vulpine),en Europe;
- Loups et chacals en Inde et au Pakistan;
- Rongeurs au Cameroun, Liban, Guatemala, Costa-Rica; La mouffette aux
États-unis ; Petits carnassiers, bovidés et Chauves-souris (Argentine, Panama,
Trinité, Colombie, Mexique, Venezuela, États-unis
En zone tropicale, le chien constitue un grand danger pour l’homme après
qu’il soit contaminé par un animal sauvage.
En Afrique, de nombreux chiens sont errants, en états semi sauvages,
capables de transmettre la rage à l’homme.
3.3. Mode de transmission
La maladie est contractée par :
- la morsure d’un animal infecté ;
- la contamination d’une blessure ou d’une muqueuse par la salive d’un
animal infecté.
- La griffure ou le léchage des muqueuses ou des excoriations cutanées par
un animal infecté ;
Le virus est contenu dans la salive des animaux et ne traverse pas la peau
saine.
L’inoculation du virus par la muqueuse peut avoir lieu par l’intermédiaire des
doigts souillés ou par inhalation de crottes infestées de chauves-souris.
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La manipulation d’animaux morts est dangereuse et peut occasionner la
transmission du virus de la rage qui conserve toute sa virulence longtemps
dans le cadavre.
Les animaux sont contaminants pendant les 5 à 7 jours qui précèdent
l’apparition des signes cliniques chez eux et cela jusqu’à leur décès.
3.4. Facteurs rendant la morsure dangereuse
- Morsure étendue et profonde ;
- Siège au niveau de la tête et des mains;
- Survenue chez des personnes jeunes ;
- Morsure causée par un mammifère sauvage, un chien ou un chat
(morsure grave).
4. Physiopathologie
Le virus:
- est inoculé par la salive de l’animal enragé;
- neurotrope;
- suit les trajets des nerfs périphériques pour arriver à la moëlle épinière et
au cerveau où il se multiplie.
- ne provoque pas des lésions du cerveau mais perturbe les neurones qui
régulent les fonctionnements de l’activité cardiaque ou respiratoire;
- provoque une encéphalite rabique qui survient plusieurs semaines
après la morsure (raison de la survenue tardive non élucidée).
Une partie du virus passe par les glandes salivaires et dans la salive;
On trouve le corps de Negri dans les cellules.
5. Symptomatologie
5.1. Incubation
- Durée variable et peut être longue (de 10 jours à plus d’une année);
- Fonction du nombre de blessures (dose de virus inoculée), de la
gravité de la morsure (profondeur de la morsure) et de leurs sièges.
L’Incubation est courte quand morsure sur une surface proche du système
central (face, tête, cou par exemple) ou sur des parties du corps riches en
filets nerveux (comme la main ou la face).
5.2. Phase de prodrome
Faite des:
- Démangeaisons;
- Fourmillements;
- douleurs au site de la morsure;
Ces signes de début peuvent être précédés de changement de caractère.
Deux tableaux possibles:
1) La rage furieuse ou spastique
- Excitation psychomotrice importante;
- Hallucinations;
- Convulsions et fièvre;
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- Symptômes exacerbés à la moindre excitation;
- Déclenchement des crises au moindre contact, courant d’air, odeurs,
lumière es crises, par hyperesthésie cutanée sensorielle.
La tentative de boire de l’eau, la vue d’eau ou le fait d’entendre les bruits de
l’eau créent une répulsion intense, de l’agitation, des tremblements des
membres, des contractions des traits, une souffrance extrême, des
convulsions et font pousser des cris inarticulés.
Le malade lutte contre son entourage qui tente de lui faire boire de l’eau;
C’est le spasme hydrophobique dû à des contractions paroxystiques du
pharynx (caractéristique de la rage humaine);
Paradoxalement, alors que le malade présente son spasme hydrophobique, il
a soif et se déshydrate.
Autres signes:
- hypersalivation;
- gène respiratoire (respiration spasmodique, entrecoupée des soupirs
et des pauses);
- irrégularité cardiaque et sueurs abondantes (par atteinte
neurovégétative).
Le malade décède entre le 3 ème et le 5 ème jour dans un tableau d’asphyxie ou
de collapsus.
2) La rage paralytique
Début marqué par des rachialgies atroces suivi d’une paralysie de type
Landry : paralysie intéressant les membres inférieurs d’abord, les sphincters,
le tronc, les membres supérieurs et la face;
La paralysie peut d’abord concerner le membre supérieur en cas de morsure
intéressant cette partie du corps.
L’atteinte bulbaire associée à des paralysies respiratoires, troubles de la
déglutition qui sont à la base du décès du malade entre le 4 ème et le 12 ème
jour par arrêt cardiorespiratoire.
6. Diagnostic
1. Chez l’homme
A. Arguments épidémiologiques et cliniques
Le diagnostic de présomption posée par les contextes épidémiologiques et
cliniques.
La notion de morsure par des animaux susceptibles d’être réservoirs de virus
(en l’occurrence le chien en Afrique) ou de l’échange des muqueuses ou
d’une peau excoriée doit attirer l’attention du clinicien.
B. Examens de laboratoires
On peut mettre en évidence l’antigène rabique par immunofluorescence
directe sur les prélèvements (larmes, salives, LCR, fragments de biopsie
cutanée ou cérébrale) ;
Le virus peut être isolé à partir des cultures cellulaires, des prélèvements
précités ou par microscopie électronique ;
La détection des anticorps spécifiques peut se faire dans le LCR ou le sérum.
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Le diagnostic est plus posé en post mortem car difficile du vivant du malade;
L’autopsie met en évidence le corps de Negri.
2. Chez l’animal
Il est difficile de poser le diagnostic clinique de rage chez l’animal;
Tout changement de comportement doit attirer l’attention (chien ou chat
devenu brutalement agressif sans raison évidente).
7. Diagnostic différentiel
On doit distinguer la rage des affections suivantes :
Encéphalite ;
Tétanos ;
Méningite ;
Hystérie.
8. Pronostic
Il est réservé. La mort est fatale. Si les précautions sont prises, on a 1 % de
décès.
9. Traitement
9.1. Curatif
Il n’existe pas de traitement curatif contre la rage déclarée.
Le principe du traitement est de mettre à profit la période d’incubation de la
maladie pour réaliser une prophylaxie sérovaccinale.
En cas de contamination, la vaccination précoce dès le contact infectant
donne une immunité avant la déclaration de la maladie.
Il faut apprécier le risque de contamination avant de traiter le sujet exposé.
Chez tout sujet mordu ou en contact avec un animal suspect d’être enragé, il
faut :
- Faire un traitement local non spécifique : nettoyer abondamment la plaie ou
le point de contact à l'eau savonneuse puis rincer à l’eau pure.
Appliquer ensuite un détergent, puis de l'éthanol ou de l'alcool à 70 % (de
l’iode en teinture ou en solution aqueuse).
Apprécier le risque de contamination :
- Chez l’animal le diagnostic clinique de la rage est difficile à établir;
- Le signe le plus courant est le changement de comportement.
- Le chien ou le chat devient brutalement agressif, sans raison évidente;
- Si l’animal est vivant, il doit être placé sous surveillance vétérinaire
pendant 14 jours.
Trois certificats vétérinaires doivent être délivrés au J0, J7, J14;
Si la rage n’est pas déclarée après ce délai, l’animal peut être considéré
comme indemne.
Si l’animal meurt spontanément ou est tué après la morsure, sa tête doit être
acheminée vers un laboratoire spécialisé où seront fait une
immunofluorescence indirecte ou une culture sur cellules.
Le risque est également apprécié par le siège de la lésion : les morsures de la
face, du cou, des extrémités et des muqueuses sont les plus dangereuses (à
cause de la richesse en filet nerveux).
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L’interposition des vêtements non déchirés par la morsure est protectrice.
La vaccination : le vaccin antirabique sera administré si l’exposition est des
catégories 2 et 3;
La vaccination se fera le plus rapidement possible après la morsure suivant
les protocoles recommandés par l'OMS.
Pour l’OMS, on parle de catégorie I quand il y a contact, alimentation de
l’animal ou léchage sur peau intacte. Aucun traitement n’est recommandé si
une anamnèse fiable peut être obtenue.
Il y a exposition de catégorie II quand la peau découverte est mordillée,
quand il y a griffures bénignes ou excoriations sans saignement ou
léchage sur peau érodée.
En cas d’exposition de catégorie II, on administre le vaccin immédiatement.
Le traitement est arrêté si l’animal est en bonne santé après 10 jours
d’observation ou si, après euthanasie, la recherche de la rage par les
techniques de laboratoire appropriées est négative.
On parle d’exposition de catégorie III en cas de morsure(s) ou griffure(s)
ayant traversé la peau, la contamination des muqueuses par la salive
(léchage).
Dans cette situation, l’OMS recommande d’administrer immédiatement des
immunoglobulines et le vaccin antirabique.
Le traitement devra être arrêté si l’animal est en bonne santé après 10 jours
d’observation ou si, après euthanasie, la recherche de la rage par les
techniques de laboratoire appropriées est négative.
Les vaccins antirabiques préparés à partir des tissus nerveux, encore d’usage
dans certains pays en développement, ne devraient plus être produits.
Il est conseillé d'utiliser désormais les puissants vaccins hautement purifiés
obtenus sur culture de cellules ou des oeufs embryonés;
Le protocole Essen utilise 5 doses administrées aux jours 0, 3, 7, 14, 28 dans
le deltoïde.
Deux autres méthodes préconisées par la croix rouge consistent en des
injections en 2 points (« 2-2-2-0-1-1 ») et de la méthode « 8-0-4-0-1-1 », par
voie intradermique.
Ces protocoles ont été évalués et utilisées à grande échelle dans les pays en
développement pour remplacer le vaccin préparé sur tissu nerveux
d'injections intramusculaires.
Les injections intradermiques doivent être administrées par du personnel
formé à cette technique.
Le patient peut présenter des incidents allergiques locaux (induration, prurit
au point d’injection), des signes généraux (fièvre, rash);
On peut aussi avoir des incidents neurologiques entre le 10 ème et le 15 ème.
Les immunoglobulines antirabiques doivent obligatoirement être
administrées chez toute personne ayant eu une exposition de catégorie 3 ou
une exposition de catégorie 2 en cas de déficit immunitaire.
On administre 40 UI/Kg (0,5 ml/Kg) en intramusculaire (chevaux
hyperimmunisés : 1 seule injection. Pour les immunoglobulines
humaines 20 UI/ Kg.
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Suturer la plaie : la suture de la plaie doit être repoussée. Néanmoins,
si elle est indispensable, il sera nécessaire d'appliquer au préalable des
immunoglobulines.
Procéder au traitement antitétanique et on prescrira des antimicrobiens
ou d'autres médicaments pour combattre les infections autres que la
rage.
N.B. : Pour les immunoglobulines, on recourt à celles d'origine équine
hautement purifiées (coût moindre et approvisionnement plus facile par
rapport aux immunoglobulines humaines).
Dans les pays développés, on utilise les immunoglobulines humaines (lignes
directrices de l'OMS sur le traitement antirabique après exposition).
En pratique, 4 types de situation sont envisagés :
Animal inconnu, disparu ou dont le cadavre a été détruit : faites un
traitement vaccinal complet.
Animal mort avec encéphale intact : envoyer la tête dans un laboratoire
spécialisé et interrompre la vaccination entreprise.
Animal vivant et suspect au premier examen : vacciner et interrompre la
vaccination si l’animal est sain;
Animal vivant et sain au premier examen : observation vétérinaire sans
traitement;
La vaccination se fera si l’animal présente des signes de rage.
9.2. Prophylaxie
A) Lutte contre la rage animale
On procèdera à la vaccination des chiens et des autres animaux pouvant
transmettre la rage.
B) Vaccination préventive humaine
Elle est recommandée pour certaines catégories professionnelles :
vétérinaires, personnels de laboratoires spécialisés, équarisseurs, animaliers,
gardes-chasses, forestiers etc.
C) Déclaration obligatoire
La rage est une maladie professionnelle;
Elle doit être déclarée
LA ROUGEOLE
1. Définition
La rougeole est une maladie contagieuse, endémo-épidémique, due à un
virus du genre paramyxovirus.
2. Etiologie
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Agent causal: morbillivirus (paramyxovirus); Fait partie de la famille de
paramyxoviridae.
3. Epidémiologie
3.1. Distribution géographique
Essentiellement dans des pays en développement (absence vaccination de
certains enfants).
La rougeole
3.2. Mode de transmission
Contamination: directe (par gouttelettes en suspension dans l’air);
Gouttelettes projetées par la toux et l’éternuement.
La rougeole
Contamination possible par contact rapproché entre personnes ou par
contact direct avec des sécrétions nasales ou laryngées des malades.
3.3. Facteurs favorisants
La survenue de l’affection favorisée par :
- Hygiène précaire ;
- Promiscuité, l’exiguïté.
3.4. Période de contamination
Le malade contamine son entourage durant la période d’invasion.
3.5. Fréquence
La rougeole est cause fréquente de décès dans les pays en développement;
En 2005, 350.000 personnes (en grande partie les enfants) sont décédées de
rougeole.
3.6. Population exposée
Populations exposées:
- Jeunes enfants non vaccinés (très exposés à faire la maladie avec
possibilité des complications responsables de la mortalité).
- Grands enfants, adolescents, adultes non vaccinés;
- Personnes non immunisées après vaccination ou ayant la maladie (sans
développer une immunisation).
4. Symptomatologie
4.1. Incubation
Dure 7 à 10 jours;
Asymptomatique.
4.2. Invasion
Dure 4 jours;
Courte quand l’incubation est longue;
Signes cliniques:
- Fièvre brutale (température:39 à 40 ° C pouvant atteindre 41 ° C).
- Catarrhe nasal ;
- Toux, sèche, rauque, pénible et éprouvante;
- Convulsion ;
- Agitation;
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- Enfant grognon ;
- Pleurs incessants.
- Malaise ;
- Pouls accéléré ;
- Catarrhe oculaire avec yeux injectés, rouges, larmoyants, humides,
paupières gonflées.
- Conjonctivites purulentes ;
- Enanthème (les gencives sont rouges et tuméfiées, couverts parfois
d’un enduit blanchâtre).
- Otalgie ;
- Signes de Koplick : taches blanchâtres sur la muqueuse buccale, à
auréole rouge résistant au frottement qui dure 2 à 4 jours; Apparition
taches: 24 à 48 heures avant l’éruption.
4.3. Eruptions cutanées
L’Eruption cutanée est sous forme de papules saillantes, disparaissant à la
vitro pression;
Signes généraux (aggravation);
Apparition la nuit.
La rougeole
Localisation: visage, derrière les oreilles, racine des cheveux,
mastoïde;
Généralisation progressive.
Premier jour de l’éruption:
- gonflement nez et lèvres;
- yeux à demi-fermé, visage bouffi, accentuation toux au moindre
effort et épuisement total.
Deuxième jour: éruption au tronc et membres supérieurs;
Troisième jour: éruption à l’abdomen et aux membres inférieurs.
Lyse thermique; Si persistance fièvre, soupçonner survenue complications.
4.4. Desquamation
Pas constante;
Squames: fines et enfant à aspect farineux.
4.4. Convalescence
Brusque et rapide;
Guérison: après convalescence.
4.5. Autres manifestations
Signes digestifs sous forme de d’anorexie, diarrhée et vomissement.
4.6. Complications
Habituellement maladie bénigne ou modérément grave;
Formes sévères: apanage jeunes enfants malnutris, surtout en cas d’apport
insuffisant en vitamine A ou de déficience immunitaire (VIH/SIDA) ou d’autres
maladies.
Les complications sont causes les plus fréquentes de mortalité;
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La mortalité est plus élevée avant 5 ans et après 20 ans.
Elles sont de trois types :
- Complications liées au virus ;
- Complications dues à la surinfection ;
- Complications en rapport avec le milieu.
A) Complications liées au virus:
1) Rougeole hémorragique
Souvent mortelle;
Température très élevée;
Convulsion, délire, entrée progressive en coma.
Hémorragies.
2) Pneumonie interstitielle dyspnéisante
Tableau de pneumonie;
Radiographie thorax: accentuation images hilaires. Elle peut évoquer une
miliaire.
La rougeole
3) Encéphalomyélite
Survient dans une proportion de 10 à 20 %; Conduit au décès.
4) Laryngotrachéite
Peut être à la base d’une détresse respiratoire (à cause des faux croups);
5) Adénite
Le virus peut être responsable d’adénite.
6) Appendicite
Elle part des ganglions mésentériques.
La rougeole
B) Complications dues à la surinfection bactériennes
1) Complications otorhinolaryngologiques
Se manifestent sous forme de :
Otite moyenne ;
Mastoïdite.
2) Complications pulmonaires
Elles se présentent sous forme de bronchopneumonie due à des germes tels
que le streptocoque, le pneumocoque ou le staphylocoque.
C) Complications en rapport avec le milieu
Il peut s’agir :
D’une malnutrition
Des troubles hydro-électrolytiques (mal corrigés).
Des parasitoses de sortie (parasitoses ayant existé au préalable).
Des infections intercurrentes (des pathologies comme la shigellose, la
moniliase, l’herpès peuvent se réveiller) ;
D’une kératite surinfectée (cécité possible);
D’une éclosion de tuberculose.
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5. Diagnostic
Il est clinique;
Du point de vue biologique, on peut avoir une leucocytose avec
lymphocytose.
La rougeole
6. Traitement
6.1. Curatif
Le traitement curatif: n’existe pas;
Le traitement est symptomatique et est fait de :
- Antipyrétique ;
- Antitussifs.
- La rougeole
- Perfusion ou hydratation orale par des solutions de réhydratation orale,
en quantité suffisante pour corriger la réhydratation.
- Soutien nutritionnel (en quantité suffisante).
- Administration de deux doses de vitamine A, à 24 heures d’intervalle,
afin d’éviter les lésions oculaires et la cécité. L’administration de la
vitamine A réduit la mortalité d’environ 50 %.
- Congestionants nasaux;
- Antibiotiques en cas de surinfection: traitement des infections
oculaires, auriculaires ou pulmonaires.
6.2. Préventif
Vaccination
- Vaccination systématique de masse
- Première dose administrée à l’enfant à l’âge de neuf mois ou peu
après par les services de vaccination systématique.
- Vaccination à la base de la stratégie de réduction durable de la
mortalité rougeoleuse.
- Recommandation OMS: vaccination systématique chaque année et
dans chaque district au moins 90 % des enfants.
« Deuxième occasion » de vaccination antirougeoleuse pour les
enfants, de 9 mois à 15 ans;
La rougeole
Concerne:
- Enfants n’ayant pas été vaccinés lors vaccination de masse;
- Enfants ayant été vaccinés mais qui n’ont pas développé d'immunité
(environ 15 % d’enfants vaccinés à neuf mois).
Deuxième occasion de vaccination: évite un nombre important
d’enfants sensibles (enfants plus âgés non vaccinés ou non contaminés ou
encore non immunisés).
Elle est organisée :
- par les services de vaccination systématique ;
- dans le cadre des activités de vaccination supplémentaires
périodiques qui ciblent des populations importantes.
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18
Population importante:
- totalité du pays ou de vastes régions dans une contrée);
- tous les enfants vaccinés indépendamment de leurs antécédents de
vaccination.
Existence recommandations standardisées de l’OMS sur la surveillance de la
rougeole;
Les recommandations OMS:
- faire prélèvements sanguins sur les cas présumés.
- analyses réalisées au sein d’un laboratoire accrédité qui confirmera
ou infirmera le diagnostic de rougeole.
Mesure impact du programme par détection et étude rapides des
flambées grâce auxquelles l’on obtient des informations capitales.
L’administration des γ-globulines : ¼ ml/Kg, à administrer chez l’enfant
non encore atteint.
LA VARICELLE
1. Définition
Maladie très souvent bénigne, très contagieuse qui frappe surtout l’enfant.
2. Etiologie
Due à un herpès virus (Herpès virus 3, humain); Responsable du zona.
3. Epidémiologie
3.1. Distribution géographique
Maladie cosmopolite.
3.2. Personnes à risque
Peut survenir à tout âge;
Plus fréquente :
- Avant l'âge de dix ans (90 % des cas) ;
- Chez les immunodéprimés et les adultes qui n'ont jamais fait la
varicelle.
- Les femmes enceintes.
L’atteinte de tous les organes chez les personnes immunodéprimées
(personnes atteintes de sida, de cancer ou sous chimiothérapie ou
immunosuppresseurs).
La récidive possible chez les immunodéprimés;
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Les malformations de l’embryon chez la femme enceinte, atteinte par le virus
de la varicelle, au cours du premier trimestre de la grossesse.
La varicelle chez le nouveau-né: atteinte pulmonaire pouvant être
gravissime.
La varicelle chez l’adulte: à la base des éruptions cutanées importantes
souvent surinfectées;
Lésions correctement traitées: ne laissent pas de cicatrice.
3.3. Facteurs de risque
Contact avec une personne contagieuse ;
Enfants et adultes à système immunitaire affaibli (affectés plus
sévèrement que les autres et font plus de complications).
3.4. Mode de contamination
Par contact direct ou voie respiratoire (par aérosol ou gouttelettes), au
cours toux, éternuements, en inspirant l’air expiré sous toutes ses
formes.
Vésicules contaminants jusqu’au moment où ils sèchent et deviennent des
croûtes.
Les croûtes ne sont pas contaminantes. La maladie se propage par
épidémies.
Période contagieuse: de 24 à 48 heures avant l'apparition des éruptions
(rougeurs);
Dure environ une semaine (jusqu’à l’apparition des vésicules).
4. Clinique
Incubation
Elle dure une à deux semaines;
Phase d’état de la maladie
Elle peut commencer par des signes discrets:
- fièvre peu importante;
- toux;
- rhume.
Peut également se présenter d’emblée sous forme d’une ou deux vésicules
sans autre signe accompagnateur;
En deux à quatre jours, l’éruption caractéristique se généralise et touche tout
l’organisme.
Le patient présentera un prurit (très fréquemment mais il n’est pas
systématique).
L’évolution lésions en plusieurs stades :
Stade initial: comporte une petite tâche rouge, fugace parfois à peine
visible.
Stade de vésicules : la lésion prend en quelques heures l’aspect d’une
petite bulle remplie d’un liquide transparent.
Stade de guérison : la vésicule sèche en deux jours et laisse place à une
croûte qui tombe au bout d’une semaine.
Stade cicatriciel :
▪ atteint à en environ 10 jours (une tache rouge ou blanche);
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20
▪ Les cicatrices s'atténuent généralement en quelques mois.
En cas de varicelle:
- l’immunité acquise est définitive;
- elle protège contre les nouvelles contaminations par ce virus.
Néanmoins, le virus peut resurgir sous forme de zona car il reste au niveau
des nerfs à l’état quiescent.
5. Complications
Affection relativement bénigne chez l’enfant;
Complication possible:
Surinfections : complications les plus fréquentes.
Le germe le plus fréquent: staphylocoque;
La surinfection favorisée par:
- la mauvaise hygiène;
- le grattage;
- l’application de poudres sur les lésions;
- l’usage d’anti-inflammatoires (ibuprofen, aspirine).
Les complications sous forme de:
- Pneumonie ;
- Encéphalite chez l’adulte.
Les complications graves:
- chez nouveaux-nés des mères ayant contracté le virus quelques jours
avant l'accouchement ou quelques jours après.
6. Traitement
6.1. Traitement symptomatique et des complications
Ce traitement vise à :
- Soulager le prurit : prescription des antihistaminiques;
- Eviter les surinfections par les mesures d'hygiène.
Mesures d’hygiène: importantes;
Consistent en:
- un nettoyage antiseptique plusieurs fois par jour des éruptions et des
ongles par de chlorexidine par exemple.
- Quand enfant lavé, veiller à bien sécher toutes les lésions;
- Antibiotiques contre surinfections cutanées (impétigo) et générale
(sepsis).
- Formes compliquées (pneumonie) ou graves (sujets immunodéprimés):
nécessitent une 'hospitalisation.
Le traitement antiviral initié dans les formes potentiellement graves mais
aussi et chez l’adulte.
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6.2. Prévention
Prévention: chez tous sujets à risque (à identifier);
En raison des risques de contagion, l'enfant malade restera à la maison selon
la politique de l'école.
Les immunodéprimés et les adultes qui n'ont jamais fait la varicelle doivent
éviter les enfants atteints de varicelle et les adultes présentant un zona.
La vaccination est possible;
En RDC pas de vaccination.
Exemple des recommandations (en France) au sujet vaccination:
la vaccination pour les personnes non immunisées âgées de 18 ans et
plus, dans les 3 jours qui suivent l'exposition à un sujet affecté par le virus et
présentant une éruption.
aux étudiants des premières années des filières médicales et
paramédicales, sans antécédents de varicelle (ou dont l'histoire est
douteuse) et dont la sérologie est négative.
Aux personnels de santé sans antécédents de varicelle (ou dont
l'histoire est douteuse) et dont la sérologie est négative, exerçant dans
des services accueillant des sujets à risque de varicelle grave :
immunodéprimés, gynéco-obstétrique, néonatalogie, pédiatrie,
maladies infectieuses.
Aux professionnels en contacts avec la petite enfance (notamment en
crèche).
Aux personnes dans l'entourage de malades immunodéprimés, sans
antécédents de varicelle (ou dont l'histoire est douteuse) et dont la
sérologie est négative.
Eviter dans ce cas tout contact avec les personnes immunodéprimées
dans les 10 jours qui suivent la vaccination.
aux enfants en attente d'une greffe d'organe solide, sans antécédents
de varicelle (ou dont l'histoire est douteuse) et dont la sérologie est
négative.
LA VARIOLE
1. Définition
Maladie infectieuse, éruptive, hautement contagieuse, redoutable et
immunisante, souvent mortelle causée par un virus du genre orthopoxvirus.
2. Etiologie
Agent causal: virus à ADN bicaténaire linéaire du genre POXVIRUS
(Orthopoxvirus, de la famille de poxvirudae).
Virus différent du virus de la vaccine;
Le virus de la vaccine affecte le pis de la vache;
Chez l’homme, le virus de la vaccine provoque une immunisation
contre la variole.
Virus variole: stable en aérosol;
Virus ubiquitaire à forte contagiosité (par le passé);
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Souches différentes à la base des formes cliniques majeures ou
mineures.
Poxvirus
- de grande taille;
- à multiplication intracytoplasmique;
- stable à la température ambiante et à la congélation.
- résiste à la dessiccation et à certains agents chimiques;
- très répandus dans le monde animal.
3. Clinique
Existence de deux formes cliniques de variole :
- forme majeure (tuait au moins 30 % des personnes malades non
vaccinées).
- forme mineure ou alastrim (forme moins grave avec une létalité de
moins 1 %);
Au cours épidémies: les deux formes peuvent être différenciées
cliniquement.
3.1. Incubation
Dure en moyenne 14 jours (8 à 14 jours).
3.2. Invasion
Soudaine;
Dure 2 à 4 jours.
Caractérisée par :
- fièvre (température pouvant dépasser 40° C);
- frisson ;
- céphalées ;
- douleurs au dos et à la nuque.
- Vomissement ;
- Dyspnée ;
- Délire ;
- Altération de l’état général ;
- Eruptions cutanées éphémères ou rash au deuxième jour (signes de
mauvais pronostic).
3.3. Eruptions
Phase d’éruptions:
- dure quelques semaines;
- éruptions sous forme des macules, vésicules et énanthème;
- pustules (pox en anglais).
Début
- lésions au front, tempes, poignet puis au niveau de l’avant-bras, des
mains, du dos, les deux bras, la poitrine, les jambes et les pieds (2 ème et 3 ème
jours).
Augmentation importante de la température;
Persistance céphalées;
Malade agité.
3.4. Dessiccation
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Dure environ 10 jours;
Estompement signes généraux;
3.5. Convalescence
Survient 20 jours après le début des éruptions.
4. Complications
1. Respiratoires
Sous forme de:
- bronchopneumonie;
- abcès laryngés et pharyngés (possibles).
2. Cutanées
Les lésions cutanées peuvent être d’origine staphylococcique;
3. Oculaires
Ophtalmie purulente.
4. Sepsis
Tableau de sepsis avec localisations ostéoarticulaires.
6. Diagnostic
Diagnostic en routine: clinique;
Biologie: globules blancs augmentés et éosinophilies;
Mise en évidence virus (laboratoires spécialisés).
7. Traitement
7.1. Curatif
Traitement curatif: n’existe pas;
Consiste à:
- remonter l’état général;
- calmer les douleurs.
- éviter les surinfections secondaires (surinfections respiratoires et
cutanées qui seront traitées par des antibiotiques).
7.2. Préventif
Vaccination: maladie éradiquée grâce à la vaccination (déclarée
éradiquée par l’OMS, en 1980); Plus aucun cas depuis 1980;
La vaccination abandonnée depuis 1980.
Les virus conservés dans 2 laboratoires au monde (aux USA et à la
Fédération de Russie). Le vaccin conservé par certains pays;
La capacité élaboration vaccin par certains pays pour face à d’éventuelles
épidémies.
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24
L’INFECTION A VIH/SIDA
0. Introduction
En juin 1981: le CDC constate une augmentation de la demande en
pentamidine dont il a l’exclusivité de la distribution;
La Pentamidine demandée pour traiter la pneumocystose.
Les 5 premiers cas de SIDA: décrits chez patients atteints de pneumonie à
pneumocystis jiroveci (anciennement appelé pneumocystis carinii).
Patients jeunes et homosexuels, originaires de Los Angeles et
antérieurement en bonne santé; Après description cas de Sarcome de Kaposi
chez des homosexuels originaires de New York.
Les Caractéristiques communes: déficits immunitaires cellulaires;
La maladie dénommée Syndrome d’ImmunoDéficience Acquise (SIDA en
sigle).
Plus tard: manifestations rencontrées chez les hémophiles, les héroïnomanes
et les enfants nés des parents contaminés.
Plusieurs étiologies évoquées.
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25
Les substances incriminées: les poppers (substances à base de nitrite
d’amyle utilisés par les toxicomanes);
Études épidémiologiques: hypothèse étiologie virale (transmission par
sang, sécrétions génitales et de la mère à l’enfant).
Les premiers cas diagnostiqués datent des années 1960 (études
rétrospectives); l’épidémie actuelle remonte aux années 1970;
Premier isolat de VIH: provient d’un sang de 1976.
En 1983, découverte du virus responsable par Barré-Sinoussi (équipe
du Professeur Luc Montagnier, France);
En 1984, Robert Gallo isole également le virus (USA).
1985 :
- Test diagnostique mis au point;
- Consensus trouvé autour de l’appellation VIH (Virus de
l’Immunodéficience Humaine).
En RDC: description premiers cas de SIDA en octobre 1982 par une équipe
Américano –Belge;
La RDC et l’Afrique centrale: premiers cas vers les années 1970.
Durant cette période: observation des maladies comme la cryptococcose
méningée, le Sarcome de Kaposi généralisé (fréquence élevée);
La progression est rapide en Afrique Centrale et Orientale.
1. Etiologie
1.1. Agent responsable
Agent causal: VIH;
Fait partie de la famille des rétrovirus (retroviridae): virus très répandus
au sein des différentes espèces animales.
Les rétrovirus sont caractérisés par leur mode de réplication : l’ARN viral (de
haut poids moléculaire) transcrit en « ADN proviral » grâce à l’action d’une
enzyme dénommée transcriptase inverse.
Les rétrovirus sont composés de 3 sous-familles :
Les oncovirus (oncovirunae):
▪ répandus;
▪ À la base des tumeurs et des leucémies;
▪ Les Human T-Cell Leukemia Virus (HTLV) de cette sous-famille ont été
découverts vers les années 1970.
Les HTLV comptent:
- le HTLV-1: associé à une leucémie T et un lymphome cutané;
- le HTLV-2: associé à une leucémie à tricholeucocytes;
Les oncovirus: transforment les lymphocytes T CD4, in vitro, grâce à une
région codante du génome viral le px.
1983:isolement d’un virus similaire au HTLV des macaques Japonais
(c’est le STLV: Simian T-Cell Leukemia Virus);
Ce virus a été découvert chez des singes verts, des babouins, des
chimpanzés et plusieurs types des macaques.
SIV: très proche de HTLV-1;
Existence d’un autre virus proche du HTLV-2.
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Les lentivirus (lentivirunae)
Virus responsables des maladies à évolution lente (pneumonies, atteintes
neurologiques);
Virus cytopathogènes;
Le VIH fait partie de cette sous-famille.
Il y a deux types de VIH (le VIH-1 et le VIH-2);
Virus similaire chez les singes: Simian Immunodeficiency Virus ou SIV
(chez les singes verts, les mangabés, les mandrills, les chimpanzés).
Les spumavirus :
Virus identifiés chez de nombreux mammifères;
Virus non associés jusque là à une pathologie chez l’homme comme
chez l’animal.
Le VIH comprend 2 types :
- Le VIH-1 qui est cosmopolite (répandu dans le monde entier) ;
- VIH-2: découvert en Afrique de l’Ouest par une équipe Française;
Le VIH2: également cosmopolite mais moins répandu que le VIH-1.
Le VIH2 se rencontre en :
Afrique de l’Ouest : il est plus fréquent dans cette région du monde;
Afrique Centrale et de l’Est : Angola, Tanzanie, Mozambique etc (a été
retrouvé dans d’autres régions d’Afrique);
Europe et Amérique.
Les deux types du VIH ainsi que leurs souches ont été différenciés, grâce au
génie génétique qui a déterminé les formes ARN et ADN du code génétique,
par la technique de Polymerase Chain Reaction (PCR).
Le VIH1 est plus virulent que le VIH2;
Le VIH2 ne compte qu’une petite minorité d’infections;
Néanmoins, les deux types de VIH provoquent la même maladie.
1.2. Les sous-types de VIH-1 et de VIH-2
Le VIH-1:
Existence des distances génétiques entre les souches de VIH-1 rencontrées
chez les patients;
Sur cette base, il a donc été proposé une classification des VIH-1 en trois
groupes.
A) Le groupe « M » ou majoritaire
Il constitue la majorité d’infections dans le monde avec 9 sous-types classés
à l’aide des lettres de l’alphabet : A, B, C, D, F, G, H, J et K.
La plupart de sous-types ont été retrouvés en Afrique;
Certains sous-types sont la forme principale du virus dans d’autres régions
du monde;
Le sous-type B par exemple prédomine en Europe chez les homosexuels mais
il a été aussi retrouvé dans d’autres régions du monde comme en Indonésie.
Globalement, le sous-type C prédomine dans le monde;
Actuellement, il existe des recombinants qui proviennent des recombinaisons
génétiques chez des personnes co-infectées par des sous-types distincts de
VIH-1.
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27
B) Le groupe « O (outlier) »
Ces virus ont été identifiés au Cameroun et au Gabon; Ils constituent une
minorité;
C) Le groupe « N »
La dénomination N pour New ou non M non O; Ce virus a été identifié au
Cameroun et constitue aussi une minorité.
Des liens phylogénétiques ont été établis entre le virus du groupe N et le SIV
de chimpanzé; Ce qui a fait penser à une possibilité de phénomène
d’anthropozoonose pour l’infection VIH-1.
Le VIH-2:
- proviendrait du SIV de mangabé et serait passé chez l’homme;
- classé en sous-types distincts;
Il y a diversité des souches selon les régions géographiques et selon les
individus d’une même région.
Le VIH-2 connaît également les mêmes variabilités que le VIH1;
Plus de 80% des souches rencontrées dans le monde sont présentes en RDC;
Les souches peuvent varier au sein d’un même individu;
Le virus subit beaucoup de mutations.
1.3. Morphologie du VIH
- Particule sphérique de 80 à 120 nanomètres de diamètre;
- Entouré d’une enveloppe bilipidique portant des boutons (glycoprotéines
120) et des glycoprotéines transmembranaires (gp 41).
Après la couche lipidique, on a:
- une matrice protéique à la surface du virion (p17);
- un noyau: particule interne (CORE chez les anglo-saxons), en forme de
cone;
Le core est recouvert d’une couche protéique (le p24).
Le noyau comprend l’ARN et l’enzyme nécessaire à sa réplication, la
transcriptase inverse;
La morphologie des particules de VIH-1 et VIH-2 matures est la même.
Just for Ariane Keto
28
1.4. Structure génétique
Le génome du VIH comprend 9.700 nucléotides;
Le VIH comporte 3 gènes principaux :
gag (group antigen) : pour l’antigène de groupe. Il code pour les antigènes
de la nucléocapside, les protéines de structure p24, p17, p13.
env : il code pour les protéines de surface du virion : glycoprotéines 120
d’enveloppe et les glycoprotéines transmembranaires (gp41) à partir d’un
précurseur le gp 160.
Pol : pour polymérase et qui code pour les enzymes virales, nécessaires à
la réplication telles que :
- La transcriptase inverse (p64) ;
- La protéase (p10) ;
- L’intégrase ou endonucléase (p32).
Il existe d’autres gènes accessoires présents dans les deux types de VIH :
tat : transactivateur; augmente l’expression des gènes viraux et amplifie
la réplication virale.
rev : responsable de la régulation différentielle;
nef : negative regulatory factor; facteur de régulation négative
responsable de la latence.
vif :
- virion infectivity factor;
- détermine le pouvoir infectant et joue un rôle dans la réplication
virale;
Just for Ariane Keto
29
- majore l’infectivité;
vpr
vpu : retrouvé chez le VIH-1 et absent au sein du VIH-2 et SIV;
vpx : pour le VIH-2
1.5. Les protéines constitutives du VIH
Les précurseurs polyprotéiques sont synthétisés à partir des gènes gag, pol
et env;
Ces précurseurs sont clivés en protéines internes par une protéase virale et
en protéines d’enveloppe par des protéases cellulaires.
Les protéines virales ayant une activité enzymatique sont codées par les
gènes pol;
Les enzymes virales sont:
- La transcriptase inverse;
- L’intégrase;
- La protéase.
Les protéines d’enveloppe jouent un rôle important dans la reconnaissance
virus-cellule hôte et dans l’effet cytopathogène du VIH in vitro;
Les protéines du VIH-2: poids moléculaires légèrement différents p26, p16 et
p12.
Existence des réactions croisées immunologiques entre les protéines
du VIH-1 et celles du VIH-2 (épitopes communs entre les protéines codées
par le gène gag de 2 types VIH);
Les protéines d’enveloppe sont spécifiques de chaque type de virus ou
groupe de virus pour le VIH-1.
Par exemple les réactions immunologiques entre les glycoprotéines
d’enveloppe des VIH-1 du groupe M et du groupe O sont limitées;
Cette limitation est encore plus importante entre les protéines d’enveloppe
du VIH-1 et du VIH-2.
Les glycoprotéines du VIH-2 sont le gp 105 (à la place de gp 120) et le gp 36
(à la place de gp 41);
Ces différences jouent un rôle dans le diagnostic de l’infection à VIH;
Ce diagnostic est fondé sur la reconnaissance des protéines constitutives par
les anticorps du sujet infecté par le VIH.
A chaque extrémité de l’ADN proviral se trouve une séquence qui se répète
qui s’appelle Long Terminal Repeat ou LTR;
Elle permet l’intégration de l’ADN proviral dans le génome de la cellule hôte.
1.7. Cycle réplicatif du VIH
Le VIH se réplique dans de nombreux tissus tels que les ganglions
lymphatiques, l’intestin, le thymus, le cerveau etc; au niveau des liquides
biologiques tels que le sang, le liquide bronchoalvéolaire etc, dans lesquels
l’on trouve des cellules cibles du VIH.
Les étapes principales du cycle réplicatif sont communes à tous les
rétrovirus;
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30
La connaissance du cycle réplicatif permet de comprendre la
physiopathologie de l’infection à VIH;
Chaque étape constitue également une cible potentielle pour l’élaboration
des substances antirétrovirales.
1. La fixation (adsorption) et pénétration
C’est l’étape de fixation et de l’ancrage du VIH;
Elle comprend 3 sous-étapes.
A) Liaison de gp 120 au récepteur CD4
Reconnaissance par la gp 120 de l’enveloppe virale du récepteur de
haute affinité, la molécule CD4;
Le CD4 permet la fixation du virus sur la cellule hôte.
Au niveau de la molécule CD4, la gp 120 virale utilise le premier
domaine extracellulaire (le domaine V1) qui a une forte affinité pour la partie
C terminale de gp 120 viral.
La reconnaissance de la molécule CD4 par la gp 120 n’est pas
suffisante pour permettre la pénétration du virus dans la cellule humaine;
Il faut que le VIH reconnaisse également les co-récepteurs.
B) Liaison de la gp 120 aux co-récepteurs
Pour pénétrer dans la cellule hôte, la gp 120 reconnaît les co-récepteurs;
La gp 120 viral subit un changement conformationnel qui permet la
reconnaissance, par les co-récepteurs de la cellule hôte, d’une région
particulière de la gp 120, le domaine V3.
Les co-récepteurs utilisés par le VIH sont des récepteurs des chémokines; On
en connaît une dizaine;
En temps normal, ces co-récepteurs ont comme rôle de reconnaître des
facteurs solubles (substances chimioattractantes) appelées chemokines.
Parmi les co-récepteurs utilisés par le VIH-1, il y a :
- Le CXCR4 ou fusine qui est exprimé à la surface d’un certain
nombre de cellules;
Le CXCR4 n’est reconnu que par des VIH-1 se répliquant dans des lignées de
cellules T;
Ce sont des virus T lymphotropes;
Ces virus induisent la formation des syncitia (fusion des cellules).
Ils sont appelés virus SI; C’est à cette particularité des virus SI que l’on a
imputé la disparition des cellules CD4.
- Le CCR5 qui est exprimé surtout à la surface des macrophages et les
lymphocytes T mémoires;
Cette molécule est utilisée comme co-récepteurs par les VIH T lymphotropes
et par les virus monocytotropes qui induisent peu la formation de syncitia
(NSI).
Les récepteurs sont des sites potentiels des antirétroviraux en élaboration;
Il existe actuellement un antagoniste de CCR5, en élaboration, qui empêche
la liaison de gp 120 au co-récepteur CCR5.
Just for Ariane Keto
31
C) La fusion du virus à la cellule hôte (humaine)
Cette fusion est favorisée par le gp 41;
Il existe un inhibiteur de fusion (le T20 ou Fuzeon ou encore Enfurvitude);
Il se fixe au gp 41 et empêche la fusion du virus à la cellule hôte.
2. La synthèse de l’ADN proviral
A partir de la copie de l’ARN viral sous l’action de la transcriptase inverse, au
sein d’un complexe de réintégration→ Synthèse d’un ADN simple brin puis d’
un ADN double brin ;
La transcriptase inverse commet des erreurs de copie lors de la synthèse de
cet ADN proviral: source de variabilité génétique du VIH.
Ce qui rend difficile l’élaboration d’un vaccin;
Ces erreurs sont responsables des mutations qui peuvent être mineures
(sans signification clinique) ou majeure (cliniquement significative);
Les erreurs de copie justifie l’usage des ARV en association (trithérapie).
3. L’intégration de l’ADN proviral
L’intégration de l’ADN proviral dans le génome de la cellule hôte grâce à une
enzyme dénommée intégrase; Site potentiel inhibiteurs de l’intégrase ;
L’inhibiteur intégrase en élaboration Elvitegravir est assez avancé dans son
élaboration.
Les étapes qui suivent aboutissent à l’expression de nouvelles particules
virales;
Elles dépendent du type et de l’état de la cellule infectée.
4. Transcription de l’ADN proviral en ARN génomique
Il y a synthèse de l’ARN m grâce à l’ARN polymérase II de la cellule hôte au
sein du noyau;
Le taux de cette synthèse est contrôlé par les protéines de régulation codées
par des gènes tat et rev.
L’ARN m synthétisé migre du noyau vers le cytoplasme; Il est épissé en
différents ARN m qui codent pour les protéines env et les protéines de
régulation;
Le gène rev contrôle la migration de l’ARN messager et veille sur l’équilibre
entre les différents ARN m.
Site potentiel de nouveaux ARV: inhibiteurs de tat, de rev, des
ologonucléotides anti-sens;
ARV non encore élaborés.
5. Synthèse des protéines virales
Protéines synthétisées grâce aux ARN m qui amènent l’information au
ribosome;
6. Assemblage des polyprotéines virales
Just for Ariane Keto
32
Etape de la maturation des protéines;
Les polyprotéines virales formées vont être assemblées à cette étape.
Maturation protéique, après clivage par les protéases (longues chaînes
protéiques clivées en petites chaînes protéiques utilisables pour la formation
de nouveaux virions) →Encapsidation de l’ARN.
7. Bourgeonnement des particules virales
Sortie des particules virales formées des cellules par bourgeonnement à la
surface cellulaire →Libération par la suite dans le milieu extracellulaire pour
infecter d’autres cellules cibles.
1.8. Conséquences de la réplication virale
Survenue d’une maladie à évolution lente;
L’évolution liée aux interactions virus-hôte et virus-cellules; Malgré la
réponse immunitaire de l’hôte, l’infection persiste.
L’infection à VIH est chronique car établissement précoce des réservoirs des
virus (cellules présentatrices des antigènes, CD4 au repos);
La réplication est constante chez l’hôte;
Il y a émergence avec possibilité de sélection de variants viraux
échappant aux réponses immunes de l’organisme.
La réplication virale est intense (environ 1 à 10 milliards de particules virales
sont produites par jour);
Les virions se renouvellent rapidement et de façon permanente;
La charge virale tissulaire et sanguine augmente constamment.
L’augmentation de la charge virale entraîne une destruction des
lymphocytes par divers mécanismes :
- Mécanismes directs : effet cytopathogène des VIH sur les lymphocytes
CD4;
- Mécanismes indirects : perturbation de l’homéostasie et activation
chronique des cellules immunocompétentes).
Au fil des années, les lymphocytes détruits sont rapidement renouvelés;
A longue, les organes lymphoïdes centraux (thymus) s’altèrent.
La perte de capacité de régénération des lymphocytes;
L’augmentation charge virale responasable de:
- l’activation chronique du système immunitaire;
- Activation de la réplication virale.
L’activation chronique des cellules immunocompétentes
probablement responsable de:
- Anergie ;
- Apoptose ;
- Déséquilibre des sous-populations des lymphocytes sécrétrices des
cytokines ;
- Déficit immunitaire profond.
Le VIH possède un système de régulation complexe de sa réplication et une
capacité à échapper in vivo au système immunitaire.
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33
1.9. Cellules cibles du VIH
Le VIH infecte un nombre variable des cellules dont principalement les
cellules T CD4 helper ou auxilliaire.
Il infecte également:
- les monocytes;
- les macrophages;
- les lymphocytes B;
- les cellules de Langherans de la peau;
- les cellules microgliales et dendritiques des ganglions;
- les cellules de Küpffer.
Toutes ces cellules expriment des récepteurs CD4 à des degrés variables ou
les co-récepteurs.
Ces cellules présentatrices d’antigènes sont des réservoirs de VIH,
interviennent dans la dissémination et l’entrée du virus dans l’organisme.
Les cellules dendritiques exprimeraient à leur surface une molécule de
surface le DC-SIGN qui lie le VIH et le transmet aux lymphocytes T CD4;
Dans d’autres cellules, le VIH est emprisonné sans se multiplier.
C’est le cas de VIH des cellules folliculaires dendritiques des centres
germinatifs des ganglions.
1.10. Organes cibles
Organes lymphoïdes:
- Cibles précoces du VIH;
- Réservoir du VIH.
Dès le début de la maladie, les ganglions contiennent 5 à 10 fois plus de VIH
que les cellules mononuclées circulantes par exemple.
Une proportion importante de VIH est piégée par les cellules folliculaires
dendritiques des centres germinatifs des ganglions;
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34
Cette atteinte des ganglions et la dissémination du VIH en leur sein sont dues
à l’activation généralisée et chronique des cellules immunes.
L’activation des cellules immunes se traduit par une infiltration de
lymphocytes CD8 dans les centres germinatifs et une accumulation des
lymphocytes B.
Ce phénomène d’activation est à la base de l’hyperplasie folliculaire
rencontrée dans la phase asymptomatique de l’infection à VIH.
Les centres germinatifs et les zones T des ganglions sont progressivement
détruits en réponse à cette activation chronique durant la phase
asymptomatique de l’infection;
La rate, l’intestin et le thymus sont également atteints.
En conclusion, le processus pathologique de l’infection à VIH-1 commence au
sein des organes lymphoïdes probablement dès le début de l’infection.
Le déficit qualitatif et quantitatif des lymphocytes CD4 circulants en
périphérie ne serait qu’un témoin tardif de ce qui se passe précocement au
sein des tissus.
2. Epidémiologie
2.1. Situation de l’épidémie, tendances et fréquences
L’infection à VIH a commencé à se diffuser à la fin des années 1970 et au
début des années 1980.
La diffusion du VIH a commencé chez :
- Les homosexuels et bisexuels de certaines zones d’Amérique,
dAustralie et d’Europe occidentale.
- Les hommes et les femmes à partenaires sexuels multiples dans les
Caraïbes, l’Afrique centrale et orientale;
Par la suite, la propagation s’est poursuivie chez les usagers de la drogue par
voie intraveineuse et leurs partenaires sexuels.
Dans certaines régions de l’Europe orientale et d’Asie centrale, la diffusion
n’a commencé qu’au début des années 1990;
En 1999, tous les pays du monde étaient touchés mais à des degrés
différents.
La transmissibilité et la pathogénicité de deux virus diffèrent :
- Le VIH-2 est moins transmissible ;
- L’évolution vers le SIDA dans le cadre du VIH-2 est moins rapide;
Néanmoins, leur mode de transmission est le même.
L’infection touche environ 40 millions de personnes dans le monde
(personnes infectées et personnes déjà atteintes de SIDA) selon les
estimations de l’ONUSIDA pour l’année 2006.
Les estimations présentées ci-dessus proviennent des documents de
l’ONUSIDA.
Tableau I : données sur l’épidémie mondiale de SIDA en
décembre 2006
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35
Nombre de personnes vivant avec le VIH en 2006
Total 39,5 millions
Adultes 37,2 millions
Femmes 17,7 millions
Enfants, moins de 15 ans 2,3 millions
Nouvelles infections à VIH en 2006
Total 4,3 millions
Adultes 3,8 millions
Enfants < 15 ans 530 000
Décès dus au SIDA en 2006
Total 2,9 millions
Adultes 2,6 millions
Enfants < 15 ans 380 000
Le nombre de personnes vivant avec le VIH en 2006: 39,5 millions à travers
le monde;
En Afrique subsaharienne: nombre le plus élevé des cas.
En Afrique subsaharienne: 63% des adultes et des enfants vivant avec le VIH
dans le monde (24,7 millions).
Le nombre des cas a augmenté de façon générale dans le monde mais plus
particulièrement en Asie de l’Est, en Europe orientale et Asie centrale.
Le Nombre de nouvelles infections en 2006: 4,3 millions d’adultes et
d’enfants;
La fréquence plus élevée chez les jeunes (entre 15 et 24 ans): 40 % des
personnes atteintes se situe au-delà de 15 ans.
En Afrique australe: 32% de toutes les personnes vivant avec le VIH dans le
monde.
Le Total décès: 2,9 millions (2006);
72% décès: en Afrique subsaharienne (2,1 millions);
Le Décès par SIDA en Afrique subsaharienne: majoritairement en Afrique
Australe (34% de tous les décès dus au SIDA).
Le nombre des femmes atteintes, en augmentation (2006);
Le nombre des femmes vivant le VIH: 17,6 millions (en Afrique
subsaharienne: pour 10 hommes adultes vivant avec le VIH, il y a 14 femmes
adultes infectées par le virus).
La séroprévalence de l’infection à VIH en République Démocratique du
Congo: 4,5 % (chez femmes enceintes: sites sentinelles);
Le nombre des personnes infectées par le VIH et atteinte de SIDA est de
1,2millions.
2.2. Modes de contamination
Le VIH se transmet par 3 voies :
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36
- La voie sexuelle ;
- La voie sanguine ;
- La transmission de la mère à l’enfant c'est-à-dire la transmission
verticale.
A. La voie sexuelle
- Représente 80 à 85 % des cas de transmission;
- Transmission par:
▪ Relation hétérosexuelle (entre un homme et une femme).
▪ Relation homosexuelle (entre hommes ayant des relations sexuelles par
voie rectale ou entre femmes utilisant un pénis artificiel avec pénétration
chez l’une puis chez l’autre).
La transmission: se fait au cours d’une relation sexuelle non protégée par
l’intermédiaire des muqueuses vaginale, rectale ou buccale.
La pénétration virus à travers muqueuses lorsqu’elles sont en contact avec
les sécrétions génitales ou du sang contenant le VIH.
Ces muqueuses présentent une perméabilité vis-à-vis du VIH;
Après contamination par voie vaginale, sans traumatisme, on retrouve des
cellules infectées (cellules dendritiques) dans la sous-muqueuse.
La muqueuse rectale est plus fragile que la muqueuse vaginale; Une relation
sexuelle par voie rectale fait courir plus de risque qu’une relation sexuelle
par voie vaginale.
Le risque de transmission est 10 fois plus élevé par la muqueuse rectale que
par la muqueuse vaginale.
La muqueuse rectale est faite d’un épithelium monocellulaire; Ce qui la rend
plus vulnérable.
Les relations sexuelles buccogénitales réceptives (fellation réceptive) avec
ou sans éjaculation, avec un partenaire infecté ou inconnu, peuvent
transmettre le VIH (risque estimé : entre 0,01 et 0,17 avec une moyenne de
0,04).
Le risque est plus grand quand il y a rapport orogénital réceptif avec
éjaculation;
Un seul rapport sexuel vaginal peut suffire pour occasionner une
contamination mais le risque est faible (0,1%) quelque soit le partenaire.
Le risque de transmission d’un sexe vers l’autre est variable selon les
statistiques;
Risque transmission de homme vers femme est estimé à 0,15 %;
Risque transmission femme vers homme: 0,09 % par acte sexuel.
Les facteurs augmentant le risque de transmission par voie sexuelle:
- Infectiosité du partenaire infecté : en cas de charge virale élevée, le
risque de transmission est aussi élevé (en cas de syndrome rétroviral aigu et
de maladie SIDA = transmission VIH très élevée).
Il existe une assez bonne corrélation entre la charge virale plasmatique et la
charge virale dans les sécrétions génitales.
Néanmoins, quelques différences ont été notées entre la charge virale dans
le sang et le sperme témoignant d’une réplication virale indépendante pour
chaque compartiment.
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37
Lors du traitement ARV, le risque de contamination diminue mais n’est pas
nul;
Il persiste du virus intracellulaire qui peut être à la base de la contamination.
- Le taux de CD4 inférieur à 200 cellules par mm3 ;
- La présence de l’antigénemie p24 ;
- Une multirésistance aux ARV chez la personne source (celle
qui contamine).
D’autres facteurs favorisent aussi la contamination par le VIH :
- Les infections sexuellement transmissibles (IST) : les IST
favorisent la pénétration du VIH par les ulcérations qu’elles peuvent
provoquer (risque accru pour la personne exposée) ou l’infection dont elles
sont responsables (infectiosité accrue du partenaire qui transmet).
Le risque de transmission majoré:
- Si partenaire infecté a une uréthrite à gonocoque;
- Si femme présente des ulcères génitaux;
La quantité de virus augmente dans les sécrétions génitales.
En cas d’ulcères génitaux (chancre mou, herpès génital), la susceptibilité
augmente;
Le sujet exposé a un risque élevé de contracter le VIH en cas de gonococcie,
chlamydiose ou trichomoniase.
- L’ectopie du col de l’uterus;
- Les relations sexuelles pendant les règles augmente
l’infectiosité: une femme infectée peut facilement transmettre le VIH si elle
a des relations sexuelles pendant les menstruations.
Pendant les règles les vaisseaux sont ouverts;
Une relation sexuelle entre une femme non infectée et un homme infecté par
le VIH peut augmenter le risque d’infection par le VIH pour la femme.
- Le saignement pendant les relations sexuelles par exemple
lors des premiers rapports sexuels ou lors de viol;
- L’absence de circoncision : la circoncision chez un sujet
exposé au VIH protège contre l’inflammation et l’ulcère génital.
- L’usage des plantes en intravaginal au cours des relations
sexuelles peut irriter la muqueuse vaginale, provoquer
éventuellement des ulcérations.
- La pénétration du VIH peut être facilitée dans des telles
circonstances;
- Cette pratique est utilisée pour faire plaisir à l’homme
pendant les relations sexuelles.
- Les pratiques de sororat et de lévirat sont causes de
transmission de VIH lorsque les relations sexuelles ont lieu avec une
personne contaminée.
Les relations sexuelles occasionnelles ayant lieu entre un veuf ou une veuve
d’un sujet infecté par le VIH et un homme ou une femme rencontré (é)
occasionnellement dans le cadre des rites de purification (« kolongala
mokuya ou botutu »).
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38
B. La voie sanguine
- Elle représente 10 à 15 %;
- Elle comprend :
L’acte de transfusion
- Transfusion de sang non testé préalablement et contenant le VIH;
- Probabilité de transmission du VIH par transfusion: quasi de 100%.
L’administration des dérivées sanguins
- Dérivés sanguins contenant le VIH;
- Transmission du VIH à des hémophiles lorsque les techniques
d’inactivation virale n’ont pas été appliquées.
L’usage:
- Des aiguilles d’injection;
- Des lames de bistouri;
- Des ustensiles de manicure et de pédicure;
- Des matériels d’acupuncture;
- Des lames de rasoir.
- D’autres objets tranchants souillés par du sang contenant du VIH;
Tous ces objets transmettent le VIH s’ils sont contaminés et ne sont pas
stérilisés avant l’usage.
Contamination professionnels de santé en milieu de soins ou au laboratoire
lors d’accidents exposant au sang.
Les accidents d’exposition au sang: surviennent au cours des blessures ou
de piqûres avec du matériel contaminé par du sang ou un liquide
contenant du sang;
Le risque de séroconversion après exposition percutanée: estimé à 0,32 %.
Contaminations lors projections sang:
- sur une muqueuse: risque de contamination estimé à 0,03 %);
- sur une peau lésée (risque faible, non encore estimé).
L’accident d’exposition au sang: risque directement lié:
- A la profondeur de la blessure ;
- A la réalisation d’un geste en intraveineux ou en intra-artériel ;
- Au stade de la personne source.
La prophylaxie post-expositionnelle: réduit significativement le risque de
contamination en milieu de soins.
Certains gestes limitent la transmission du VIH en milieu de soins :
- Port des gants : diminution quantité sang injectée lors acte
contaminant (les gants « essuient » l’aiguille) et réduction du risque de
contamination.
- Intervalle de temps entre l’utilisation de l’aiguille chez le sujet infecté
et l’exposition accidentelle au sang chez le personnel soignant: un délai long
réduit le risque de contamination.
La transmission du soignant au soigné
- Patients contaminés (?) par:
▪ Dentiste Américain atteint de SIDA lors soins dentaires invasifs;
▪ Chirurgien Français au cours intervention chirurgicale;
▪ Infirmière lors soins infirmiers.
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Usage drogue par voie intraveineuse avec échange d’aiguilles:
- Aguilles non stérilisées au préalable: risque de contamination utilisateurs
drogue par voie IV ( car inoculation d’une certaine quantité de sang).
Le taux transmission: estimé à 0,67 %;
Le risque plus élevé: quand partage seringue et drogue.
La présence sang du précèdent utilisateur dans la seringue et seringue
utilisée par le prochain utilisateur.
Lors prélèvement drogue à partir du flacon: sang contenu dans
l’aiguille passe dans le flacon contenant la drogue lors de la manœuvre de
pompage pour ajuster la dose.
L’utilisation du reste de drogue du flacon occasionne la transmission du
VIH;
Injections intramusculaires: font courir moins de risque que les
injections intraveineuses ou les prélèvements de sang par ponction veineuse.
Aiguilles creuses (utilisées pour les prélèvements de sang ou les
injections IV): font courir plus de risque que les aiguilles serties (utilisées
pour les sutures en chirurgie).
Les pratiques de scarification, de tatouage ou d’acupuncture
- Favorisent la transmission du VIH lorsqu’on utilise des aiguilles
souillées par le VIH et non stérilisées.
Les transmissions nosocomiales :
- Transmissions VIH entre patients lors des contacts cutanéomuqueux
avec du sang contenant le VIH;
- Transmissions probables signalées au cours des bagarres ou des sports
violents.
C. Transmission verticale
Transmettre virus de la mère à l’enfant;
La transmission à différentes étapes de la grossesse :
Dans les semaines précédent l’accouchement, in utero : dans un tiers des
cas.
Au cours accouchement, en intra-partum : dans deux tiers des cas;
Transmission possible après accouchement :
- Lors de la période de l’allaitement (risque estimé à 5 à 7 %).
Différents mécanismes sont évoqués pour expliquer la transmission du VIH
de la mère à l’enfant; Cette transmission est multifactorielle.
Seules 20 à 35 % des femmes transmettent le VIH-1 à leurs enfants,
quelques soient leurs races ou les modes de contamination de la mère;
Le risque de transmission du VIH-2 de la mère à l’enfant est minime (1 %).
Les facteurs favorisant la transmission du VIH-1 de la mère à l’enfant:
- Des facteurs liés au VIH;
- Des facteurs maternels :
La charge virale plasmatique de la mère : le risque de transmission est
majoré lorsque la charge virale est élevée (antigénémie p24 positive,
virémie plasmatique élevée).
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Le taux de CD4 : la transmission se fait plus facilement chez des
patients (mère) ayant un taux de CD4 bas (< à 200/mm 3).
Le stade avancé de la maladie : la transmission se réalise plus
facilement lorsque la mère est à un stade avancé de la maladie;
Une IST inflammatoire ;
Une rupture prolongée des membranes
Des facteurs liés à la susceptibilité génétique de l’enfant.
3.3. Liquides biologiques contenant le VIH
Le VIH est rencontré en grande quantité dans :
- Le sang ;
- Les sécrétions génitales (sperme et sécrétions vaginales).
Il peut également être rencontré dans divers liquides biologiques:
- Le liquide céphalo-rachidien ;
- Le liquide pleural ;
- Le liquide broncho-alvéolaire.
- La salive ;
- Les larmes ;
- Les urines.
Le VIH se trouve dans ces liquides biologiques en faible concentration;
Présence des facteurs inactivant le VIH dans ces liquides.
D’où transmission VIH par l’intermédiaire de ce liquide: quasi nulle.
3. Mécanismes immunopathologiques
Le VIH infecte les lymphocytes T et les cellules présentatrices d’antigènes,
cellules jouant un rôle clé dans la défense immunitaire.
L’infection de ces cellules a pour conséquence un déficit profond de
l’immunité cellulaire;
Le VIH a un tropisme spécifique pour les cellules immunocompétentes.
La réplication virale persistante est source d’activation immune importante et
est responsable du déficit immunitaire induit par l’infection à VIH.
Malgré l’intensité des réponses immunes dirigées contre le VIH, il s’installe
un déficit de l’immunité cellulaire progressif.
Le traitement ARV corrige ce déficit;
Dans l’infection à VIH, les réponses immunes spécifiques et innés sont mises
en jeu pour limiter la progression de cette infection.
3.1. Immunité et infection à VIH
Il existe une interaction dynamique entre le VIH et le système immunitaire.
A. Récepteurs du VIH
La gp120 du VIH a une sélectivité vis-à-vis du récepteur CD4. Le récepteur
CD4 est exprimé à la surface d’un certain nombre des cellules dont les
lymphocytes T.
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41
Ces récepteurs sont aussi présents mais à un moindre degré au niveau des
cellules présentatrices d’antigène : monocytes, macrophages, cellules
dendritiques, de langherans, microgloglie au niveau du cerveau.
Les cellules folliculaires dendritiques fixent le VIH mais ne sont pas
infectables;
Le CD4 est un récepteur de haute affinité pour la gp 120;
Toute cellule portant le récepteur CD4 peut donc être infectée par le VIH.
La liaison de la gp 120 au CD4 est un des facteurs qui déterminent la
colonisation de la cellule hôte (lymphocyte T4) et conduit à l’initiation de la
réponse T et à un déficit immunitaire sévère.
Une fois dans la cellule, le virus utilise les molécules de la cellule hôte pour
son propre compte.
Par l’infection de la cellule CD4, tous les tissus de l’organisme peuvent ainsi
être infiltrés.
Par l’infection de la cellule CD4, le VIH infecte:
- la cellule centrale du système immunitaire;
- tous les tissus de l’organisme.
Pour pénétrer dans la cellule hôte, la gp 120 du VIH se lie à:
- son récepteur de haute affinité (le récepteur CD4);
- des co-récepteurs (récepteurs accessoires);
Une dizaine des co-récepteurs ont été identifiés.
Deux d’entre eux sont utilisés par le VIH lors de la pénétration de la cellule
hôte: le CCR-5 et CXCR- 4;
Ce sont des récepteurs des chémokines ou chémo-attractants. Ces
récepteurs sont exprimés à la surface des lymphocytes T4 et des
macrophages.
Il existe des virus à tropisme :
1) Macrophagique
- Ils constituent 90 % des virus à transmissions sexuelles.
- Ils utilisent le récepteur des ß-chémokines (CCR-5).
2) T dépendent du récepteur α-chémokines (CXC-R4 ou fusine).
La nature et l’intégrité des co-récepteurs déterminent la progression de la
maladie;
Par exemple: mutation de CCR-5 a conduit à la synthèse d’une protéine non
fonctionnelle dans la transmission des signaux et dans la pénétration du VIH.
Dans cette situation, les cellules ne sont pas infectables par des virus
utilisant le CCR-5;
Les virus utilisant le CXCR-4 peuvent infecter ces cellules;
Le taux initial d’infection des cellules T est 1 cellule sur 10.000.
Ce taux peut atteindre 1 sur 100. Ces cellules représentent presque la
totalité des cellules de l’organisme infectées par le VIH.
Le taux d’infection par le VIH des cellules présentatrices d’antigènes est 10 à
100 fois moins que celui des cellules T;
Elles jouent le rôle de réservoir pour le VIH et d’immunogénicité majeure du
VIH pour les cellules T.
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Les cellules de la microglie sont également des réservoirs pour le VIH et le
cerveau constitue un sanctuaire immunologique.
3.2. Activation immune et réplication virale
Le VIH intégre la cellule hôte et se réplique après activation de celle-ci.
Lorsqu’il y a stimulation antigénique des CD4 et des macrophages infectés, le
VIH initie sa ré[Link] utilise les molécules intracellulaires qui régulent la
trancription des cytokines.
La plupart des cytokines élaborées par les CD4 de type Th1 induisent ou
amplifient la réplication virale;
Il s’agit des cytokines :
- Il-1 ;
- Il-2 ;
- Il-6 ;
- Il-10 ;
- INF-α.
Certaines inhibent la réplication virale :
- IFN-γ ;
- IFN-α ;
- TGF-ß.
La plupart de ces cytokines assurent la régulation de la réplication virale
dans les macrophages;
Toute situation d’activation lymphocytaire ou macrophagique peut amplifier
la réplication virale et le nombre des cellules infectées. Cet effet est obtenu
lorsqu’on administre par exemple les vaccins antiVIH.
Les lymphocytes infectés représentent 95 à 99 % du stock des cellules
infectées au sein de l’organisme;
Ils peuvent être répartis en :
- Cellules à réplication active. Ce sont les CD4 activés par des
antigènes et les cytokines.
- Cellules à réplication latente.
Ce sont des cellules au repos mais préalablement infectées et qui
contiennent l’ADN proviral déjà intégré.
Ce sont, le plus souvent, des cellules T mémoires qui n’expriment pas à leur
surface des marqueurs d’activation.
Elles peuvent à tout moment entrer en activation et induire la réplication
virale.
La durée moyenne du cycle réplicatif dans le pool des cellules à réplicative
active est de 1 à 2 jours.
Dans le pool à réplication latente, cette durée est de 2 semaines ou plus.
Les organes lymphoïdes jouent un rôle dans la présentation d’antigène et
dans l’activation lymphocytaire; ce sont les sites de prédilection pour la
réplication virale.
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43
Le VIH a une sélectivité pour le CD4, persiste dans les follicules lymphoïdes
par les cellules dendritiques folliculaires et utilise les voies d’activation
physiologique.
La charge virale dans les organes lymphoïdes est 10 fois supérieure par
rapport à celle du sang périphérique.
3.3. Réponses immunes
Le VIH provoque des réponses immunitaires spécifiques puissantes qui
contrôlent partiellement l’infection au cours de la primo-infection et de la
phase asymptomatique.
Le virus est très variable. Ce qui oblige le système immunitaire à s’adapter
constamment aux variants. A la longue, le système immunitaire s’épuise.
A) Réponses humorales spécifiques
Ces réponses sont faites des anticorps dirigés contre les protéines du VIH :
- Protéines de surface : gp 120 et gp 41 ;
- Protéines de capside : p24, p18, transcriptase inverse, nef etc
La séroconversion a lieu entre 3 et 12 semaines après la contamination.
Des anticorps spécifiques sont produits et persiste jusqu’à la phase de
progression de la maladie;
Le taux d’Ac antip24 diminue.
Les Ac neutralisants qui sont protecteurs apparaissent tardivement (après le
2 ème mois, vers le 6 ème mois).
4. Symptomatologie
1) Primo-infection
C’est le premier contact entre l’organisme et le VIH;
La primo-infection symptomatique = Syndrome rétroviral aigu qui survient
dans 30 à 50 % des cas d’infection par le VIH;
Tout sujet ayant été en contact avec le VIH ne développe pas le syndrome
rétroviral aigu.
Symptômes:
peu spécifiques;
ressemblent à un syndrome pseudogrippal; fait de :
- Fièvre;
- Dysphagie ;
- Céphalées.
- Myalgies ;
- Asthénie ;
- Amaigrissement ;
- Signes cutanés : éruption cutanées maculopapuleuses du tronc, de la
face et des membres, extrémités, paumes des mains et plantes des
pieds;
- Ulcérations cutanéomuqueuses superficielles (souvent buccales et
génitales).
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44
- Adénopathies superficielles multiples cervicales, axillaires et inguinales
regressant en quelques semaines ou persistant plusieurs mois ;
- Les manifestations digestives se présentent sous forme de diarrhées et
douleurs abdominales et de candidose orale ;
- Les manifestations neurologiques peuvent exister sous forme de
méningo-encéphalite, , de méningite lymphocytaire ou d’attteintes
neurologiques périphériques (mononévrite ou polyraculonévrite ;
- Sur le plan biologique, le taux de CD4 diminue sensiblement, la charge
virale augmente.
- On observe une thrombopénie, leucopénie, neutropénie.
- On peut observer une hyperlymphocytose qui dure 2 à 3 semaines.
C’est au cours de cette phase qu’apparaît le syndrome
mononucléosique.
Ainsi un syndrome pseudogrippal associé à une éruption cutanée et des
ulcérations cutanéomuqueuses font évoquer le diagnostic de primo-infection
symptomatique.
2) Manifestations pulmonaires
Les atteintes pulmonaires sont nombreuses et fréquentes. Elles peuvent
être :
a) Des atteintes respiratoires basses chez des patients n’ayant pas un
traitement ARV.
La pneumocystose est l’une de ces pathologies (elle est provoquée par
Pneumocystis gioveci.
Les parasitoses pulmonaires ont été décrites sous forme de toxoplasmose ou
de cryptosporidiose.
Les mycoses pulmonaires dues à :
Cryptococcus neoformans ;
L’aspergillose
L’histoplasmose ;
Candida albicans.
Les pneumonies bactériennes peuvent être dues au bacille de Koch, aux
mycobactéries atypiques et aux bactéries pyogènes.
Les virus peuvent également être à la base des atteintes pulmonaires ainsi
que des tumeurs.
3) manifestations neurologiques
Les atteientes du système peuvent être centrales ou périphériques.
Ces atteintes sont :
La toxoplasmose cérébrale due à toxoplasma gondii ;
Les encéphalites à cytomégalovirus ;
Les myélites ;
Les tuberculomes et les abcès cérébraux ;
Les cryptococcoses ;
La syphilis ;
Les atteintes par le virus herpès simplex ;
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Le virus du zona ;
Les lymphomes et autres tumeurs ;
Les myélopathies associées au VIH ;
Les polyneuropathies liées au VIH ou au traitement ARV.
4) Manifestations digestives
Les atteintes peuvent concerner :
L’œsophage : oesophagite à Candida, oesophagites virales (Herpès,
cytomégalovirus), oesophagites infectieuses ;
L’intestin grêle : diarrhées tumorales, infectieuses ou d’origine
médicamenteuse
Les atteintes hépatiques : médicamenteuses, dues aux infections
opportunistes, aux tumeurs malignes
5) Manifestations dermatologiques
Les atteintes dermatologiques peuvent être dues :
Aux infections bactériennes banales ;
A la syphilis ;
Aux mycobactéries ;
Aux infections virales (Herpès simplex virus, zona, molluscum
contagiosum) ;
A des infections mycosiques (candidose, dermatophytes) ;
A des infections parasitaires (gale) ;
Aux tumeurs (sarcome de kaposi, lymphomes) ;
Au prurigo et aux toxidermies.
6) Les IST
Gonococcie, la syphilis et autres (herpès génital)
7) Manifestations hématologiques
Anémie, thrombopénies
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II. LES MALADIES FONGIQUES
L’ASPERGILLOSE
1. Définition
L’aspergillose est une affection due à un champignon du genre aspergillus.
2. Etiologie
L’agent responsable de l’aspergillose est l’aspergillus qui comprend plusieurs
espèces :
- A. fumigatus ;
- A. flavus ;
- A. nidulans ;
- A. niger ;
- A. terreus.
3. Habitat
L’aspergillus est répandu dans la nature : le sol, les matières organiques
comme les déchets des plantes, la farine avariée etc
4. Epidémiologie
4.1. Distribution géographique
L’affection est cosmopolite.
4.2. Facteurs de risque
Certaines professions exposent à la maladie :
- Ouvriers agricoles ;
- Meuniers ;
- Eleveurs des pigeons.
5. Symptomatologie
Elle est fonction de la forme clinique;
Néanmoins, la clinique est faite de toux, hémoptysie, douleurs thoraciques,
fièvre, dyspnée.
5.1. L’aspergillose pulmonaire
L’aspergillome : développement dans une bronche ou une cavité
préformée d’une masse ovoïde, libre, faite d’une culture d’aspergillus
sans atteinte du parenchyme pulmonaire.
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L’aspergillose pleurale : elle fait suite à un pyothorax thérapeutique ou
une intervention chirurgicale.
La pneumonie aspergillaire : elle est due à A. fumigatus et est de
pronostic sombre;
Elle peut être à la base de dissémination extrapulmonaire.
La bronchite aspergillaire mucomembraneuse : elle est fréquente chez
les éleveurs des pigeons, des grainetiers;
Elle conduit à des atélectasies (moules bronchiques) ;
Les pneumopathies immuno-allergiques aspergillaires .
L’asthme aspergillaire : elle est due à une allergie aux spores
d’aspergillus;
L’aspergillose bronchopulmonaire : elle évolue par poussée aiguë et
peut aboutir à l’insuffisance respiratoire aiguë.
L’alvéolite allergique extrinsèque : elle fait suite à l’inhalation des
poussières.
5.2. L’aspergillose extra-pulmonaire
L’aspergillose oculaire : elle est favorisée par l’administration répétée
des collyres antibiotiques; Elle entraîne une kératite.
L’aspergillose du conduit auditif externe : elle est due à A. fumigatus ou
A. niger;
Elle survient sur des lésions antérieures (eczéma), chez des personnes
à mauvaise hygiène et sous antibiothérapie locale.
L’aspergillose des ongles : onyxis aspergillaire ;
L’aspergillose disséminée : elle est fréquente chez les
immunodéprimés et redoutable;
L’endocardite aspergillaire : elle survient en post-chirurgical.
6. Diagnostic
6.1. Mycologique
L’on peut faire :
Un examen microscopique.
L’examen microscopique portera sur les produits pathologiques suivants:
- Crachats ;
- Liquides d’aspiration bronchique, ;
- Sécrétions du conduit auditif ou de la cornée.
L’examen microscopique mettra en évidence des filaments septés ou
ramifiés.
Une culture sur milieu de Sabouraud avec antibiogramme à 37° C ou 45° C,
repiquée sur milieu de Czapeck qui permet de d’identifier l’espèce.
6.2. Immunologique
Les anticorps peuvent être mis en évidence par :
- Immunodiffusion en gélose ;
- Immunoélectrophorèse ;
- Electrosynérèse.
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6.3. Histopathologie
L’aspergillome est reconnu après exérèse chirurgicale;
Le produit obtenu après exérèse est examiné en anatomopathologie.
6.4. Radiographie de thorax (face et profil)
Dans l’aspergillome primitif ou secondaire, on met en évidence une image en
grelot avec opacité dense, ovalaire, à grand axe vertical, surmontée d’un
croissant clair, siégeant à l’apex.
Des images moins caractéristiques peuvent être observées :
- Opacité arrondie sans croissant clair ;
- Opacités multiples (pneumonie) ;
- Infiltrats pulmonaires labiles.
6.5. Examen du liquide pleural : en microscopie
7. Traitement
7.1. Chirurgical
On peut procéder à l’exérèse de l’aspergillome si la fonction respiratoire est
bonne ; sinon il faut donner l’amphotéricine B en intracavitaire.
7.2. Médical
Kétoconazole : 200 à 400 mg par jour (les résultats sont modestes) ;
Itraconazole : 200 à 400 mg par jour (est plus efficace) ;
Amphotéricine B : 0,3 à 0,5 mg par kg de poids corporel par jour, en IV,
seule ou associée au Flucytosine (150 à 200 mg par kg par jour, en IV).
Amphotéricine B en aérosol associée aux corticoïdes pour les formes
allergiques.
La durée de traitement de l’aspergillose est de plusieurs semaines.
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L’HISTOPLASMOSE
Prof Odio W., Dr Mbula M., Situakibanza N.
1. Définition
L’histoplasmose est une affection causée par un champignon du genre
histoplasma.
2. Etiologie et types d’histoplasmoses
Il existe deux types d’histoplasmoses:
- histoplasmose due à histoplasma capsulatum;
- histoplasmose à histoplasma duboisii.
Les deux types diffèrent par leur épidémiologie et leur symptomatologie.
3. Etude par types
A) Histoplasmose à Histoplasma capsulatum :
Cette forme est aussi appelée histoplasmose américaine, histoplasmose de
Darling ou histoplasmose à « petites formes ».
Elle possède des spores de petites formes;
Elle se rencontre en Amérique mais aussi en Afrique;
C’est la forme classique;
Elle est cosmopolite.
I) Agent causal
L’histoplasma capsulatum, est un champignon dimorphique se développant
dans les cellules histiomonocytaires, sous forme des petites levures.
Chez l’homme, il a la forme levure : 1 à 3 µm, bourgeonnante, à paroi
réfringente, bien colorée par le PAS et l’argent.
En culture sur milieu de Sabouraud ou sur le sol, il prend la forme
mycélienne, filaments clairs, septés, de 1 à 2 µm de large, avec deux types
de fructification :
-petites spores arrondies ou piriformes;
- et grosses chlamydospores de 6 à 15 µm.
II) Habitat de l’agent causal
Nature: sol humide riches en matières organiques (excréments d’oiseaux et
guano de chauve-souris) dans les régions d’endémie;
Animaux domestiques et sauvages.
III) Epidémiologie
Distribution géographique
La maladie de Darling fréquente en Amérique du nord (USA), en Amérique
centrale, en Amérique du sud et les îles des Caraïbes.
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En Afrique, l’affection sévit plus fréquemment au sud mais aussi dans
d’autres régions au centre, à l’est et ailleurs (RDC, Tanzanie, Kenya, Soudan,
Djibouti, Gabon, Cameroun, Bénin etc). Elle est également rencontrée en
Asie. En Europe, on rencontre des cas importés.
Mode de contamination
- inhalation des poussières contenant beaucoup de spores (poussières de
fermes, de pigeonniers, de grottes ou de certaines forêts);
- Voie digestive;
- Excorition cutanée.
Pas de contamination d’animal à l’homme ou d’homme à homme car
l’homme héberge les formes levures et non les formes mycéliennes qui
produisent les spores infectantes.
IV) Symptomatologie
L’histoplasmose à Histoplasma capsulatum évolue en 3 phases :
La primo-infection ;
La dissémination ;
La phase chronique.
a) La primo-infection ou stade I: Elle est principalement pulmonaire;
De façon exceptionnelle, l’atteinte peut être :
- Cutanéo-dermique ;
- Digestive.
1) Primo-infection pulmonaire
Incubation : 1 à 3 semaines ;
Après l’incubation, l’affection débute par un tableau pseudogrippal avec
fièvre modérée, malaise, douleurs vagues;
L’affection peut rester latente.
Elle peut être grave et dans ce cas le tableau est fait de dyspnée,
d’hémoptysies et douleurs thoraciques;
La guérison clinique est spontanée, en quelques semaines.
2) Primo-infections extra-pulmonaires
Exceptionnelles;
Se localisent au niveau de :
- La peau : sous forme des nodules, des ulcérations ;
- Muqueuses : ulcérations au niveau des lèvres, de la langue, des gencives,
du rhinopharynx ou du larynx.
- Voies digestives : tableau fait de diarrhée, d’hémorragies ou des
perforations intestinales (particulièrement chez l’enfant).
b) La forme disséminée ou stade II
Le champignon se dissémine par voie sanguine ou lymphatique et touche le
système histiomonocytaire;
La dissémination peut survenir longtemps après l’infestation.
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Cette forme est sévère, peu fréquente et se rencontre en cas
d’immunodépression et de tare:
Diabète ;
Hémopathies malignes ;
Corticothérapie ;
SIDA.
L’histoplasmose
Ganglions : adénopathies ;
Rate : splénomégalie ;
Foie : hépatomégalie ;
Le tableau est fait de fièvre élevée, d’altération de l’état général.
Différentes localisations peuvent avoir lieu, au niveau de :
- La moëlle osseuse : atteinte médullaire avec anémie et leucopénie ;
- SNC : sous forme de méningite, encéphalomyélite.
- Cardiaque : les 3 tuniques peuvent être touchées ;
- Poumon et médiastin;
- Os ;
- Système gastro-intestinal, cutanéo-muqueux ;
- Surrénale, rénale et oculaire.
Le pronostic de la forme disséminée est sombre;
Si cette forme n’est pas traitée, elle conduit au décès.
C) La forme chronique localisée ou stade III
L’histoplasmose chronique peut concerner :
- Les poumons : il s’agit d’une histoplasmose pulmonaire chronique due à
une réinfection endogène ou exogène.
La clinique est faite de :
Toux ;
Hémoptysies ;
Dyspnée ;
Fièvre ;
Altération de l’état général;
La maladie évolue vers l’insuffisance respiratoire et le cœur pulmonaire
chronique;
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La peau et la muqueuse : ce sont des formes chroniques localisées
extrapulmonaires.
V) Diagnostic
a) Mycologique :
La recherche de histoplasma peut se faire sur les produits pathologiques
suivants :
L’expectoration et le liquide du tubage duodénal ;
Le sang, La moëlle ;
Le tissu hépatique;
Une lésion cutanée ou muqueuse.
Examen direct microscopique (après coloration de Giemsa) met en évidence
des levures des petites formes, à l’intérieur de cellules histiocytaires
(histiocytes virchowiens avec larges vacuoles contenant des histoplasma);
La recherche d’histoplasma est délicat dans le pus et les crachats.
L’Histoplasma est mieux distingué dans les coupes histopathologiques
colorées au PAS ou l’argent.
Culture sur milieu de Sabouraud: met en évidence des formes mycéliennes
et les chlamydospores classiques;
La culture sur milieu enrichi (sang, cerveau, cœur, cystéine), à 30 °c, en 5 à
30 jours, isole des colonies des petites levures identiques à celles observées
dans les lésions.
Les produits pathologiques peuvent être inoculés au hamster, en
intrapéritonéal;
L’animal développe des abcès hépatiques et péritonéaux au bout de 4 à 6
semaines.
On peut faire des rétrocultures après le sacrifice de l’animal; Cette technique
permet de sensibiliser la mise en évidence du champignon.
b) Immunologique
- L’intradermoréaction à l’histamine; Est positive à partir de la primo-
infection;
Reste positive durant une longue période.
L’intradermoréaction est négative dans les formes disséminées et
anergiques;
La valeur de cet examen est limitée là où l’affection sévit sous forme
d’endémie :
de nombreuses personnes ont une sérologie positive.
- Les méthodes sérologiques : mettent en évidence les anticorps;
- Tests: - immunodiffusion en gélose ;
- immunoélectrophorèse;
Ils mettent en évidence des arcs dont certains sont spécifiques d’une
infection active.
- Autres examens: dans les formes disséminées;
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Il s’agit de :
Fixation du complément ;
Agglutination des particules ou d’hématies sensibilisées;
Immunofluorescence indirect
c) Imagerie
1) Primo-infection pulmonaire
La radiographie pulmonaire montre le complexe gangliopulmonaire :
adénopathies hilaires uni ou bilatérales avec infiltrats parenchymateux.
D’autres types des lésions peuvent être mises en évidence :
Opacités miliaires ;
Opacités nodulaires ± disséminées ;
Certaines images peuvent faire penser à la tuberculose;
Il faut donc exclure le diagnostic de la tuberculose et rechercher le
champignon.
Le diagnostic peut être fait de façon rétrospective par la mise en évidence
des calcifications pulmonaires et spléniques.
2) Forme chronique localisée ou stade III
On visualise à la radiographie des infiltrats plus ou moins étendus, parfois
pseudotumoraux (histoplastome);
Des images cavitaires peuvent être mises en évidence
VI) Evolution
Dans la primo-infection, l’évolution est habituellement favorable;
La guérison clinique et radiologique survient spontanément en quelques
semaines.
VII) Traitement
Médical
Les médicaments utilisés sont :
- L’amphotéricine B;
- L’itraconazole ;
- Le fluconazole.
a) Histoplasmose aiguë
Ne nécessite pas de traitement car évolue spontanément vers la guérison;
L’itraconazole à la dose de 200 mg par jour per os raccourcirait la durée de
l’évolution
b) Histoplasmose disséminée ou fibronodulaire chronique
- Chez l‘immunocompétent, on prescrit :
▪ L’amphotéricine B : 0,7 à 1 mg/ kg/ jour, dans 500 cc de glucosé 5%, à faire
couler en 6 heures, une fois par jour;
La durée de traitement est de 10 semaines.
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▪ L’itraconazole : 2 x 200 mg par jour pendant 6 et 12 mois;
▪ Le kétoconazole : 1 x 400 à 800 mg par jour (en lieu et place de
l’itraconazole) quand il n’y a pas d’atteinte du système nerveux.
Il n’est pas recommandé de prescrire de traitement de longue durée aux
dérivés azolés chez l’immunocompétent (en dehors du SIDA);
Rechutes possibles en cas d’histoplasmose pulmonaire chronique et
d’histoplasmose disséminée;
Il faut donc une surveillance soutenue durant 1 an après l’arrêt du
traitement.
- Chez l’immunodéprimé ou malade grave
a) Traitement d’attaque
▪ Amphotéricine B : 0,7 à 1 mg/ Kg/jour en IV, en 3 à 14 jours ;
▪ Ambisome : 3 mg/Kg/jour en IV ;
▪ Itraconazole : 3 x 200 mg per os, 3 jours puis 2 x 200 mg avec un repas, ±
avec boisson acide ou 2 x 100 à 200 mg de suspension orale dans un
estomac vide.
L’itraconazole est utilisé pour des formes moyennes ou modérément sévères
, sans atteinte du SNC;
Comme alternative de traitement :
▪ Fluconazole : 800 mg/jour.
b) Traitement d’entretien
▪ Itraconazole : 200 à 400 mg/jour indéfiniment au cours de repas ou liquide
dans un estomac vide, après l’aphotéricine B ou itraconazole selon le schéma
d’attaque.
Comme alternatives
▪ Amphotéricine B : 1 mg/Kg/jour, une fois par semaine ;
▪ Fluconazole : 800 mg/jour per os
c) Prophylaxie primaire
Pour certains auteurs, dans les zones d’endémie, la prophylaxie primaire
peut être réalisée, quand le taux de CD4 est ‹ 100/mm3.
On donnera
- Itraconazole : 200 mg/jour per os;
- fluconazole : 200 mg par jour per os;
Chirurgical
En cas de fibrose pulmonaire.
B) Histoplasmose à histoplasma duboisii
Histoplasmose africaine ou histoplasmose à grande cellule, découverte en
1945.
1) Agent causal
Champignon dimorphique;
Se présente sous forme de grande cellule bourgeonnante de 7 à 15 µm,
ovalaire ou arrondie, entouré d’une épaisse membrane réfringente;
Contient un ou deux corpuscules lipidiques.
Levures dans des cellules géantes ou libres dans le pus;
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En culture, en milieu de Sabouraud, il a le même aspect que H. capsulatum;
H. duboisii parasite l’homme et le singe cynocéphale.
2) Habitat de l’agent causal
H. duboisii n’a pas été isolé dans le sol des régions d’endémie.
3) Epidémiologie
a) Distribution géographique
Histoplasma duboisii est Africain;
Il se rencontre en:
- Afrique de l’Ouest (Cote d’Ivoire, Sénégal, Mali, burkina Faso);
- Afrique centrale (en République Démocratique du Congo, au Tchad, Congo
Brazzaville).
- Au sud l’affection est rare; On y rencontre plutôt l’histoplasmose classique.
b) Mode de contamination
Il n’est pas bien connu;
Les portes d’entrée sont muqueuses (bouche ou digestive);
La porte d’entrée peut aussi être cutanée.
4) Symptomatologie
a) Formes localisées
L’histoplasmose Africaine atteint plus fréquemment les téguments, le
squelette et les ganglions
- Les lésions cutanéo-dermiques
Elles se présentent sous forme de:
▪ Papilles lenticulaires ;
▪ Nodules dermo-épidermiques ou hypodermques ;
▪ Abcès froids qui parfois fistulisent ;
▪ Ulcérations.
Ces lésions se localisent au niveau de la tête et du tronc;
Elles peuvent être uniques ou multiples et évoluent durant des semaines, des
mois ou des années.
- Les localisations ostéo-articulaires
Certaines formes simulent la tuberculose: par exemple l’histoplasmose
vertébrale peut prendre l’aspect d’un mal de Pott;
Dans l’histoplasmose vertébrale, l’on peut avoir une compression médullaire.
L’histoplasmose peut siéger au niveau:
- des poignets ;
- des coudes ;
- des genoux ;
- du sternum ;
- des côtes.
A la radiographie du thorax, on aura des images des géodes mal limitées;
- Les localisations ganglionnaires : isolées ou satellites d’une autre lésion;
Elles ressemblent à des adénites tuberculeuses.
b) Formes disséminées
Rares mais très graves lorsqu ‘elles existent;
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Les localisations atteintes :
▪ Hépatospléniques : fréquemment mortelles ;
▪ Gastro-intestinales ;
▪ Péritonéales.
▪ Uro-génitales ;
▪ Les formes avec sepsis ;
▪ L’atteinte pulmonaire est exceptionnelle.
V) Diagnostic biologique
histoplasmes recherchés au niveau des lésions par ponction ou biopsie.
Un examen microscopique direct des produits pathologiques qui mettront en
évidence les grandes levures d’H. duboisii.
Les histoplasmes sont libres, extracellulaires, bien visibles à frais dans le pus;
Les biopsies: montrent un granulome à cellules épithélioïdes et
histiomonocytaires;
Les histoplasmes sont retrouvés dans des volumineuses cellules géantes
localisées au sein du granulome.
Les histoplasmes sont bien colorés par les techniques au PAS et à l’argent;
En culture (milieu de Sabouraud), l’aspect de [Link] est le même que
celui de H. capsulatum :
- Filaments mycéliens ;
- Petites spores ;
- Volumineuses clamydospores.
Sur milieu enrichi, il est mis en évidence des grandes levures;
Inoculation au Hamster : en cas d’échec des autres méthodes;
Mise en évidence d’anticorps : elle est inconstante.
VI. Traitement
L’amphotéricine B reste le meilleur traitement;
On donnera aux doses habituelles : 0,7 à 1 mg/Kg de poids corporel par jour;
La dose totale ne peut pas être inférieure à 2 g;
Le traitement doit être répété.
On peut également donner en traitement initial :
- L’itraconazole : 600 à 800 mg/ jour pendant un an ;
- Le kétoconazole: 600 à 800 mg/ jour;
Au traitement médical, il faut associer l’exérèse ganglionnaire et
ostéoarticulaire.
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LES BLASTOMYCOSES
Prof Odio W., Drs Mbula M., Situakibanza N.
1. Etiologie
Agent causal: blastomyces dermatitis;
Champignon dimorphique, de 8 à 15 mm, à paroi épaisse;
Un seul bourgeon apparaît lors de la multiplication;
En culture, il a un aspect filamenteux;
On le trouve dans la nature.
2. Epidémiologie
2.1. Distribution géographique
Les blastomycoses sont rencontrées en :
- Amérique du nord (USA, Canada, Mexique) ;
- Afrique du nord, Centrale (dont la RDC) et du Sud;
2.2. Porte d’entrée
Elle est pulmonaire.
3. Symptomatologie
3.1. Forme aiguë pulmonaire
Pneumopathie aiguë sans spécificité particulière;
Asymptomatique ou sévère;
Radiographie de thorax (face et profil):
- condensations parenchymateuses avec adénopathies hilaire;
- formes miliaires possibles.
3.2. Formes chroniques cutanée et osseuse
Papules puis des pustules hémorragiques;
3.3. Formes systémiques
Elles conduisent à des:
- Atteintes pulmonaires avec opacités pulmonaires, adénopathies hilaires,
nodulaires, abcédés ou pseudo-tumorales ;
- Atteintes cutanées et osseuses ;
- Atteintes du tractus urogénital.
4. Diagnostic
Examen direct de pus, des sécrétions des lésions cutanées, des crachats,
du liquide céphalo-rachidien (LCR) ;
Culture sur milieu de Sabouraud à 25°C : met en évidence des formes
mycéliennes ;
Gélose au sang à 37°C : mise en évidence des formes levures.
Inoculations à la souris ;
Histopathologie :
- fragment biopsique coloré à l’hématoxylline;
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- mise en évidence des levures.
5. Traitement
Kétoconazole: 400 à 800 mg par jour pendant 6 mois dans les formes
viscérales profondes sans atteinte méningée.
LA PNEUMOCYSTOSE
1. Définition
La pneumocyctose est une parasitose cosmopolite qui atteint les
immunodéprimés et les prématurés.
2. Etiologie
L’agent causal de la pneumocycstose est le pneumocystis jiroveci;
C’est un agent pathogène opportuniste.
2.1. Habitat
Son habitat naturel est le poumon;
Il est responsable de pneumopathie chez les immunodéprimés;
Il est actuellement classé dans le règne fongique et non plus chez les
protozoaires.
Ceci se justifie par le fait que l’analyse du séquençage de ses gènes de l’ARN
ribosomial, des protéines mitochondriales et des enzymes principaux montre
qu’il est plus proche des champignons que des protozoaires.
Les formes de pneumocystis jiroveci dans ses stades de développement
sont :
Le trophoïte : il mesure 1 à 4 µm. C’est la forme végétative à
réproduction asexuée.
Le kyste : mesure 5 à 8 µm;
Sa paroi est épaisse et contient 8 corps kystiques et le prékyste (stade
intermédiaire);
Sa reproduction est sexuée.
P. jiroveci comprend des organes primitifs et son métabolisme est peu connu.
Il comprend deux groupes majeurs d’antigènes :
gp 120 (glycoprotéine de 110 à 120 KDa) qui médie l’adhérence aux
cellules hôtes ;
Fragment de 35 à 45 KDa (Ag reconnu par l’hôte).
P. jiroveci comprend plusieurs souches et espèces mais qui sont
morphologiquement identiques
3. Epidémiologie
3.1. Distribution géographique
L’affection est cosmopolite mais elle est moins fréquente dans les pays
tropicaux où surviennent d’autres infections plus graves telle que la
tuberculose.
3.2. Mode de contamination
La transmission se fait par voie aérienne;
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La contamination interhumaine a été incriminée du fait de sa survenue sous
forme d’épidémie de collectivité des enfants fragilisés et dans les hôpitaux
traitant les immunodéprimés.
3.3. Réservoirs
L’homme est le réservoir de P. jiroveci. De nombreux animaux l’hebergent
également
3.4. Age de contact avec P. jiroveci
Le contact avec P. jiroveci a lieu dès l’enfance, vers l’âge de 3 à 4 ans.
3.5. Terrain de survenue
L’affection survient sur terrain particulier :
- Prématurés ;
- Nourrissons ;
- Malnutris ;
- Enfants ayant un déficit immunitaire primaire ;
- Patients sous immunosuppresseurs (comme les corticoïdes ou la
chimiothérapie anticancéreuse).
- Le cancer ;
- La transplantation d’organes et autres affections.
- Les patients atteints de SIDA (en occident, elle se rencontre actuellement
chez les immunodéprimés non dépistés ou non suivis).
4. Pathogénie et anatomo-pathologie
Le facteur essentiel prédisposant à la pneumocystose est le déficit
immunitaire (déficit de l’immunité cellulaire et humorale).
La pneumocystose survient sur des terrains particuliers comme précités ci-
dessus.
Les études chez les animaux ont démontré le rôle central des CD4 dans la
défense contre le P. jiroveci et la corrélation entre la survenue de la
pneumocystose et le nombre des CD4 chez les patients immunodéprimés.
L’incidence de la survenue de la pneumocystose est corrélée au nombre de
CD4 circulants.
Les anticorps jouent aussi un rôle de défense de l’hôte contre P. jiroveci dont
le développement est lié à une réactivation d’une infection latente.
Les principales cellules agissant contre P. jiroveci sont les macrophages
alvéolaires qui ingèrent et tuent le pathogène.
Il s’ensuit une libération des cytokines pro-inflammatoires (Tumor necrosis
factor=TNF et Interleukine 1= Il 1) qui jouent un rôle dans la défense précoce
de l’hôte. Le rôle des autres cytokines n’est pas connu.
Le VIH altère la liaison entre P. jiroveci et les récepteurs des macrophages; La
phagocytose est ainsi inhibée.
Après son inhalation, P. jiroveci s’attache aux pneumocytes alvéolaires de
type 1 mais en restant extracellulaire Dans certains cas, le pathogène reste
longtemps chez l’hôte et une pneumonie se développe plutard par
réactivation d’une infection latente.
Just for Ariane Keto
60
Dans d’autres cas, la pneumonie se développe à partir d’une nouvelle
infection. P. jiroveci se propage et remplit les alvéoles quand le système
immunitaire devient déficient;
L’infection entraîne une augmentation de la perméabilité alvéolo-capillaire et
des lésions de cellules de type I.
On va observer des anomalies du surfactant avec une baisse des
phospholipides du liquide de lavage broncho-alvéolaire (LBA) et une
augmentation des protéines A et D du surfactant.
L’inflammation contribue aux lésions pulmonaires comme le témoigne
l’augmentation du taux de l’IL-8 et des neutrophiles dans le LBA.
Les coupes des poumons colorées à l’hématoxyline-éosine montre :
- des alvéoles remplies d’exsudat spumeux vacuolé typique ;
- un œdème interstitiel ;
- une fibrose ;
- des membranes hyalines (formes sévères de la maladie).
Les modifications inflammatoires sont du genre hypertrophie des cellules
alvéolaires de type II, infiltrat interstitiel fait des cellules mononuclées.
On rencontre des plasmocytes chez les nourrissons mal nourris.
5. Symptomatologie
5.1. Chez le nourrisson
L’affection débute entre le deuxième et le sixième mois de la vie.
Le nourrisson présente une absence de gain pondéral ou une perte de poids.
Le tableau sera également fait de toux avec expectoration blanchâtre
mousseuse;
Le patient aura une polypnée croissante avec cyanose. La température est
normale;
Souvent l’examen physique est décevant.
5.2. Le grand enfant et l’adulte
La symptomatologie initiale est discrète.
Les symptômes sont noyés par la pathologie de fond (hémopathie, cancer
etc).
Le patient présentera de la dyspnée, la toux sèche (majoration progressive),
la cyanose, la fièvre, des douleurs thoraciques, la tachycardie.
L’auscultation est normale.
A un stade avancé, des râles crépitants discrets apparaissent alors que les
anomalies radiologiques sont de grande ampleur.
6. Diagnostic
6.1. Lavage broncho-alvéoalire
Elle recherche les formes végétatives et les kystes de P. jiroveci dans le
produit d’aspiration.
Ce produit sera examiné après coloration au May-Grünwald-Giemsa, Gram-
weigert, Grocott etc).
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6.2. Biopsie chirurgicale et biopsie transbronchique
L’histologie montrera :
- des exsudats alvéolaires en nid d’abeille ;
- une hyperplasie de l’endothélium ;
- des infiltrats lymphoplasmocytaires.
6.3. La radiographie du thorax
Elle peut être normale dans plus de 20 % des cas (stade précoce).
Elle n’est pas spécifique;
On peut y observer:
des infiltrats plus ou moins étendus;
des images réticulo-nodulaires;
des opacités interstitielles diffuses (aspect habituel) mais aussi
alvéolaires, bilatérales, symétriques, parfois associés à des
pseudokystes ou un pneumothorax.
A un stade avancé, les images réticulo-nodulaires font place à des poumons
blancs (stade tardif);
Quelques autres aspects ont été observés :
- Opacités situées aux sommets ;
- Nodules disséminés ± disséminés ;
- Adénopathies médiastinales ;
- Hydro-pneumothorax.
6.4. Gazométrie
Au départ, la gazométrie est normale;
Plutard, on notera une hypoxémie avec réduction pression partielle
d’oxygène ou l’élévation du gradient alvéolo-artériel en oxygène au repos et
en cours d’exercice ;
On peut observer une hypercapnie modérée.
6.5. Le lactico-déshydrogénase
Le LDH est supérieur à 500 mg/dl.
7. Traitement
7.1. Curatif
A. Médicaments
Différents médicaments peuvent être utilisés :
Le cotrimoxazole (traitement de choix) : il peut être contre-indiqué en
cas d’allergie. Il est administré par voie orale ou IV;
L’iséthionate de pentamidine : ce produit est utilisé comme alternative;
Il est excellent par voie IV et est réservé aux pneumocystoses
menaçantes.
Administré en aérosol, la tolérance est bonne mais la réponse clinique est
lente et les rechutes sont fréquentes;
D’où cette forme est réservée aux pneumocystoses peu hypoxémiantes.
Atovaquone : médicament auquel on recourt en cas d’impasse
thérapeutique ;
Association triméthoprime et diaminophényl-sulfone (dapsone) en cas
d’impasse thérapeutique ;
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62
Clindamycine-primaquine : cette association est réservée aux
pneumocystoses peu ou modérément sévères.
En cas de pneumocystose sévère avec allergie au cotrimoxazole, on peut
recourir, outre à la pentamidine, à l’association trimétrexate et acide
folinique.
On peut associer les corticoïdes en cas de formes sévères.
B. Posologies
Cotrimoxazole : C’est le traitement de première intention;
Le cotrimoxazole comprend deux composés (sulfaméthoxazole et
triméthoprime)
Les doses de cotrimoxazole à administrer peuvent se calculer en fonction de
l’un ou l’autre composé.
Sulfamethoxazole 75-100 mg/Kg/ jour (ne pas dépasser 6 comprimés de
cotrimoxazole forte ou 12 ampoules de cotrimoxale IV), par voie orale ou IV ;
La dose peut également se calculer en fonction de triméthoprime : 15-20 mg/
Kg/ jour;
N.B. : ne pas administrer en cas d’antécédents de réactions sévères
d’hypersensibilité.
Les effets secondaires pouvant être observés sont :
- Intolérance cutanée ;
- Fièvre ;
- Nausées ;
- Vomissements ;
- Insuffisance rénale ;
- Hyperkaliémie ;
- Neutropénie ;
- Anémie ;
- Élévation des transaminases;
La durée de traitement est de 14 à 21 jours;
Les doses journalières sont administrées en 3 ou 4 prises.
Pentamidine
C’est le traitement de seconde intention;
On administre 3 à 4 mg/Kg/ jour en IV (perfusion lente de 3 à 4 heures sous
surveillance médicale), pendant 21 jours.
Les effets secondaires possibles sont :
- Hypotension ;
- Torsades de pointe ;
- Choc ;
- Insuffisance rénale ;
- Pancréatite aiguë ;
- Diabète.
L’association dapsone-triméthoprime
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63
Le dapsone se donne à la dose de 100 mg/ jour et le timéthoprime, à la dose
de 20 mg/ Kg/ jour, per os, pendant 21 jours.
La pneumocystose
Cette association est réservée aux formes peu sévères;
Il s’agit d’un traitement alternatif;
Les effets secondaires sont :
- Cutanés : intolérance cutanée ;
- Digestifs : nausées, vomissements ;
- Hématologique : anémie hémolytique, méthémoglobulinémie, neutropénie.
Atovaquone
Ce médicament fait aussi partie du traitement alternatif.
La pneumocystose
Les doses prescrites sont de 3 x 250 mg/ jour (250 mg toutes les 8 heures)
par voie orale (suspension).
Ce traitement présente quelques inconvénients :
- Moindre efficacité par rapport au cotrimoxazole ;
- Son absorption digestive est variable (elle est diminuée par la diarrhée).
Le produit doit être administré pendant le repas;
Les effets secondaires sont :
- Cutané: intolérance cutanée ;
- Troubles digestifs : nausées, vomissements.
L’association clindamycine-primaquine
C’est autre traitement alternatif;
Se donne à la dose de 600 mg toutes les 6 ou 8 heures par jour (3 ou 4 x
600 mg/ jour) pour la clindamycine par voie orale ou IV.
La primaquine s’administre à la dose de 15 à 30 mg/ jour;
Cette association est réservée aux formes peu sévères.
Les effets secondaires peuvent de différents ordres :
- Cutané : intolérance cutanée ;
- Manifestations digestives : diarrhée.
Autres traitements
D’autres médicaments peuvent être administrés en cas de besoin;
- Timétrexate associé à l’acide folinique par IV;
Le trimétrexate se donne à la dose de 30 à 40 mg/m2/jour.
La dose de l’acide folinique est de 20 mg/ m 2/6 heures;
Ce traitement est un traitement de relais, dans les formes sévères.
Les effets secondaires de ces médicaments sont :
Hématologiques : neutropénie, thrombopénie ;
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64
LA CRYPTOCOCCOSE
1. Définition
- La cryptococcose est une maladie infectieuse causée par cryptococcus
neoformans.
2. Etiologie
A. Espèce de cryptocoque
Le Cryptococcus neoformans comprend deux espèces :
Cryptococcus neoformans neoformans ;
Cryptococcus neoformans bacillisporus ou gatii.
Il existe des différences biochimiques, épidémiologiques et des sérotypes
entre les 2 espèces;
Mais la maladie clinique et la réponse au traitement paraissent la même.
Toutefois, en clinique, c’est l’unique appellation de cryptococcus neoformans
qui est d’usage.
B. Caractéristiques microbiologiques
- Reproduction
La reproduction se fait par bourgeonnement et forme des cellules rondes,
lévuriformes entourées d’une capsule polysaccharidique.
- Dimension
Le cryptocoque mesure 4 à 6 µm de diamètre.
- Milieux de culture
La culture se fait sur milieu de Sabouraud ou milieu simple entre 22 et 37 °c;
Les cultures poussent sous forme des colonies blanches, lisses et crémeuses.
- Identification
Elle est basée sur l’aspect macroscopique et microscopique;
Les tests biochimiques et la croissance à 37 ° c.
3. Epidémiologie
Mode de transmission
L’affection est acquise par inhalation du champignon;
Une porte d’entrée cutanée est possible;
Aucun passage d’animal à l’homme ou d’homme à homme n’est connu.
Source de cryptocoque
Le cryptocoque se trouve dans la nature (la poussière), aux endroits exposés
aux déjections de pigeons.
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65
Groupes exposés
Aucune population n’est particulièrement exposée;
Il n’existe pas d’aires d’endémie ou de prédominance raciale ou
professionnelle;
Avant la puberté, l’affection est rare;
Le rapport homme/femme est de 2/1.
Causes favorisantes
La survenue de la crytococccose est favorisée par des maladies
immunodépressives :
- Le SIDA ;
- Les lymphomes ;
- La sarcoïdose ;
-Elle est également favorisée par les médicaments immunosuppresseurs
(corticoïdes, antimitotiques etc)
4. Pathogénie et anatomopathologie
Le cryptocoque pénètre dans l’organisme humain par inhalation des levures
ou des spores présentes dans le sol;
Il détermine initialement une atteinte pulmonaire (atteinte primaire).
Cette atteinte pulmonaire est peu fréquente et ne se manifeste pas souvent
cliniquement; Elle est asymptomatique et la guérison est spontanée.
Ces foyers pulmonaires sont granulomateux;
La dissémination vers le cerveau se fait par voie hématogène.
Des nids de cryptocoque se forment dans les aires périvasculaires de la
substance grise corticale des ganglions de base ou en d’autres points du
système nerveux central.
La réaction inflammatoire autour de ces foyers est faible; Une arachnoïdite
basilaire dense peut survenir;
A l’autopsie, on note un œdème cérébral dans les cas aigus et une
hydrocéphalie dans les cas chroniques.
5. Manifestations cliniques
Les atteintes pulmonaires sont asymptomatiques;
On peut noter une toux sèche associée éventuellement à des douleurs
thoraciques.
La plupart des malades ont une atteinte méningoencéphalique.
Le début peut être brutal ou progressif;
L’affection peut révéler une immunodéficience et être inaugurale du SIDA.
Les signes d’appel sont faits des céphalées, le manque de concentration, des
vertiges, la lourdeur de la tête;
Ces signes sont suivis des troubles neuropsychiatriques : démarche
titubante, crises démentielles, irritabilité, confusion, dépression et vision
floue.
Les signes de latéralisation (paralysie des nerfs, de l’hémicorps) sont peu
fréquents.
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66
Le patient entre en coma dans l’évolution et on peut noter des signes de
compression du tronc cérébral.
En plus de signes précités ci-dessus, on peut également noter la présence
des signes généraux : nausées, fièvre etc.
Toutefois, la fièvre est peu fréquente comme d’ailleurs la raideur de la
nuque.
On peut observer des lésions papuleuses qui s’ulcèrent à la longue au niveau
de la peau;
Des atteintes hépatiques, gastro-intestinales, pancréatiques, osseuses,
rénales, péritonéales, péricardites, prostatique, endophtalmique.
Pour les os, des lésions d’ostéolyse apparaissent sous forme d’abcès froid.
5. Diagnostic
Il est posé essentiellement par l’examen du liquide céphalo-rachidien (LCR)
recueilli à la ponction lombaire.
Aspect : le LCR est clair.
Pression : la pression du LCR est généralement normale.
Cytologie : les éléments sont peu nombreux. Habituellement mais peuvent
aller de 20 à 600 par mm3. Ces leucocytes sont à prédominance
lymphocytaires.
Biochimie
- La glycorrachie est basse;
- La protidorrachie est élevée.
Examens mycologiques
- Encre de chine : les cryptococques sont mis en évidence à l’encre de
chine.
- Sabouraud : les cryptocoques sont également mis en évidence par la
culture en milieu de Sabouraud;
Les produits pathologiques à cultiver sont : le LCR, le crachat en cas
d’atteinte pulmonaire)
- Recherche de l’antigène (Ag) capsulaire : l’Ag est détectable dans le
sang comme le LCR par agglutination au latex; Néanmoins, il existe des
réactions faussement positives.
- Recherche de cryptococque dans le sang et les urines : le cryptocoque
peut être isolé dans les urines comme dans le sang;
La fongémie est un signe de mauvais pronostic.
Imagerie
- On note un ou plusieurs infiltrats denses bien circonscrits;
- Des images faisant évoquer l’abcèdation, l’épanchement pleural ou des
adénopathies hilaires sont rares.
- Les calcifications sont rares ainsi que la fibrose.
Anatomopathologie
- L’on peut réaliser une biopsie cutanée qui va mettre en évidence le
cryptocoque.
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67
6. Traitement
La cryptococcose est une maladie grave qui survient, en cas de SIDA, à un
stade avancé de l’immunodépression (CD4 ‹ 100 /mm3);
Le traitement doit être bien conduit, avec promptitude; Le personnel doit être
bien formé, doit connaître les posologies exactes des médicaments utilisés,
leurs effets secondaires.
Le personnel doit également connaître les précautions à prendre dans leur
usage en vue d’une administration en toute sécurité.
Médicaments utilisés
Les médicaments pouvant être utilisés dans le traitement de la
cryptococcose sont :
1) L’amphotéricine B
On utilise la forme injectable, flacon de 50 mg qu’on peut diluer dans 10 cc
de glucosé 5%.
L’amphotéricine B s’administre par voie intraveineuse;
La dose journalière sera placée dans 500 cc de glucosé 5 % que l’on fait
couler en 6 heures.
2) Le flucytosine: se présente
- En comprimés de 500 mg ;
- En flacon de 2,5 g (solution à 1%), 250 ml à faire couler en 45 minutes.
3) Le fluconazole
- En géllules de 50, 100, 150, 200 mg ;
- En poudre pour solution buvable : 200 mg/ 5 ml, 50 mg/ 5 ml ;
- En flacon de 2 mg/ ml : flacons de 50 ml, de 100 ml, 200 ml pour
perfusion.
4) Itraconazole :
- 10 mg par ml pour solution buvable ;
- géllule de 100 mg et solution pour perfusion contenant 10 mg/ml.
Les phases de traitement
Le traitement de la cryptococcose comprend:
Le traitement initial (d’attaque) qui est subdivisé en phase d’induction
et en phase de consolidation ;
Le traitement d’entretien.
Le traitement initial (d’attaque)
a) Phase d’induction
Schéma 1
L’on peut utiliser plusieurs schémas thérapeutiques.
- L’amphotéricine B : 0,7 à 1 mg/kg/ jour, en association avec
- Le flucytosine : 100 mg/ Kg/jour;
Durée de traitement : 14 jours.
Schéma 2
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- L’amphotéricine B : 0,7 à 1 mg/ kg/jour sans le flucytosine pendant 14
jours.
Schéma 3
- Le fluconazole : 400 à 800 mg par jour, en association avec
- Le flucytosine : 100 mg/ Kg/ jour
Durée de traitement : 6 à 10 semaines. Après ce schéma 3, on passe
directement au traitement d’entretien.
Schéma 4
- Ambisome : 4 mg /kg/jour en IV pendant 14 jours.
b) Phase de consolidation
- Fluconazole : 400 mg / Kg/ jour pendant 6 à 10 semaines
Traitement d’entretien
- Fluconazole : 200 mg/ jour per os toute la vie;
Le traitement d’entretien peut être arrêté en cas de traitement antirétroviral
si le taux de CD4 est supérieur 350/ mm3.
La dose de fluconazole peut être majorée à 400 mg/ jour.
- Amphotéricine B : 1 mg/kg/ une fois par semaine;
- L’itraconazole : 200 mg per os, deux fois par jour sous forme de capsule,
avec un repas et une boisson acide.
Itraconazole: 100 à 200 mg, deux fois par jour dans un estomac vide en cas
de solution.
Le traitement d’entretien constitue la prophylaxie secondaire;
Dans la cryptococcose sans méningite (cryptococcose disséminée ou en cas
d’antigénémie), l’on administrera le fluconazole 200 à 400 mg par jour per os
indéfiniment jusqu’à la restauration immunitaire.
Comme alternative de traitement, l’on donnera l’itraconazole 2 x 200 mg si
ce sont des capsules avec repas et boisson plus ou moins acide ou 100 à 200
mg en cas de suspension orale dans un estomac vide.
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69
LA COCCIDIOÏDOMYCOSE
1. Etiologie
Agent causal: coccidioïdes immitis; Champignon dimorphique présentant
l’aspect de sphérule de 20 à 40 µm avec endospores;
Les spores sont libérées par éclatement des sphérules;
Coccidioides immitis a comme hôtes les hommes et les animaux (rongeurs).
Habitat: sol, dans la nature; Sol contaminé par des rongeurs;
C. immitis s’y présente sous forme de mycelium cloisonné avec :
- Arthrospores ;
- Clamydospores
2. Epidémiologie
2.1. Distribution géographique
[Link] est localisé dans les régions ci-après:
- Sud-ouest des Etats-Unis d’Amérique ;
- Amérique centrale ;
- Venezuela ;
- Argentine.
2.2. Mode de contamination
Inhalation des poussières contenant des arthrospores durant les saisons
chaudes et sèches;
Inoculation à travers une blessure.
3. Symptomatologie
Elle est fonction des formes cliniques
A. Coccidioïdomycose primaire
1. Formes pulmonaires
Les plus fréquentes ; Souvent asymptomatiques; Reconnues ultérieurement
par des calcifications pulmonaires et la réaction cutanée à la coccidioïdine
qui est positive.
Quand symptomatique :
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70
▪ Syndrome pseudo-grippal ;
▪ Un tableau pneumonique ou pleurétique ;
▪ Un érythème noueux ;
▪Ceci est l’infection primaire.
Radiographie du thorax
- infiltrats systématisés ;
- images macronodulaires ou miliaires ;
- adénopathies médiastinales;
- pneumothorax ou épanchements pleuraux.
2. Formes cutanées
Font suite à une infection primaire pulmonaire;
Ulcérations, nodules ou verrues;
Formes primaires: guérison spontanée en une ou deux semaines ;
Peuvent évoluer en forme résiduelle bénigne ou en forme disséminée.
B. Forme disséminée ou granulomateuse
Dissémination: par voie sanguine ou lymphatique;
Elle se fait vers n’importe quel organe : les os, le système nerveux, le tractus
uro-génital;
Evolution vers gravité.
Les formes graves sont rencontrées chez les immunodéprimés (90 %), dans
10 % des cas: tableau de méningite;
Survient chez des patients ayant des CD4 < à 250 CD4/ ml.
La clinique de coccidioïdomycose disséminée :
- Fièvre ;
- Adénopathies généralisées ;
- Nodules cutanés et des ulcères ;
- Hépatite ;
- Lésions osseuses et articulaires ;
- Péritonite.
La clinique de la forme méningée :
- Fièvre ;
- Léthargie ;
- Céphalées ;
- Nausées et vomissements;
- LCR: ▪ pléicytose à mononucléaires ;
▪ Glucorrachie: < 50 mg/dl;
▪ Protéinorrachie: normale ou légèrement augmentée.
Le diagnostic est posé quand la sérologie par fixation du complément est
positive dans le LCR.
C. Forme résiduelle bénigne
Elle est caractérisée par des lésions pulmonaires chroniques :
bronchectasies, fibrose pulmonaire, emphysème, cavités chroniques qui
peuvent se rompre dans la plèvre et provoquer de pneumo ou hydrothorax.
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71
4. Diagnostic
A. Clinique
Diagnostic clinique est basée sur la symptomatologie;
Le diagnostic différentiel:
▪ Tuberculose (toutes les formes cliniques);
▪ Autres mycoses viscérales américaines.
B. Mycologique
Les sporanges de C. immitis: mise en évidence dans :
Les crachats ;
Les exsudats ;
Les prélèvements biopsiques ;
C. immitis pousse facilement sur milieu de Sabouraud;
L’histopathologie met en évidence des sphérules typiques.
L’inoculation aux animaux: par voie intratesticulaire au cobaye et par voie
intrapéritonéale à la souris;
C. Diagnostic immunologique
Intradermoréaction à la coccidioïdine ou à la sphéruline est plus sensible;
- Positive dans les formes primaires et secondaires et le reste pendant
des années;
- Négative dans les formes généralisées.
Anticorps spécifiques: mise en évidence par différentes techniques
(fixation de complément, immunodiffusion en gélose, déviation de
complément…);
Des taux de 1/16 évoquent une coccidioïdomycose disséminée.
5. Traitement
5.1. Médical
5.1.1. Traitement d’attaque
Coccidioïdomycose pulmonaire et disséminée
- L’amphotéricine B : 0,5 à 1 mg/ Kg/ jour en IV jusqu’à l’amélioration
clinique;
Dose totale: doit varier entre 500 et 1000 mg;
Des échecs sont possibles dans les cas graves.
Maladie modérée
- Fluconazole : 400-800 mg/ jour par voie orale ;
- Itraconazole : 2 x 200 mg/ jour;
Méningite
- Fluconazole : 400- 800 mg/ jour en IV ou per os.
5.1.2. Traitement d’entretien
- Fluconazole : 400 mg/ jour (traitement préféré à cause d’une meilleure
absorption et le nombre réduit d’interactions médicamenteuses) ;
- Itraconazole : 2 x 200- 400 mg par jour.
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5.2. Chirurgical
Pour les lésions focales: débridement ou un drainage;
La réponse est lente (semaines) et les rechutes sont communes.
En cas de non réponse, les doses des médicaments (fluconazole, les azolés
alternatifs, l’amphotéricine) doivent être majorées;
Le traitement est à vie;
Interruption traitement quand restauration immune.
LA CANDIDOSE OU MONILIASE
1. Définition
C’est une affection due à des levures du genre candida
2. Etiologie
Différents types de Candida sont responsables de la candidose;
Candida albicans est le plus pathogène pour l’homme.
C’est un eucaryote dont la multiplication se fait par bourgeonnement et qui
peut émettre des filaments.
Les autres types de candida responsables de la candidose sont :
- Candida tropicalis et paratropicalis ;
- Candida Krusei et parakrusei ;
- Candida glabrata (levure haploïde qui n’émet pas des filaments et infecte
l’homme dans une proportion de 15 % environ);
- Candida parapsilosis ;
- Candida kefyr ;
- Candida guilliermondi.
Ces levures sont des saprophytes;
Candida albicans est saprophyte des muqueuses du tube digestif (de la
bouche à l’anus) et du vagin.
Par contre les autres Candidas sont saprophytes de la peau; Ils vivent tous
en équilibre avec la flore microbienne.
Les facteurs de virulence de Candida albicans sont:
- L’adhérence sur des récepteurs spécifiques à la surface des cellules
épithéliales ;
- La filamentation ;
- La production d’enzymes protéolytiques;
- Les structures antigéniques des candidas sont complexes;
- Certaines fractions des antigènes sont communes à plusieurs
espèces;
Ces antigènes provoquent chez l’homme la formation:
- d’anticorps utilisés pour le diagnostic;
- L’immunité cellulaire (macrophage et lymphocyte T).
Cette immunité cellulaire joue un rôle capital dans le contrôle de la
pathogénicité au niveau cutané et muqueux.
Just for Ariane Keto
73
Ce qui explique que l’infection à VIH et le déséquilibre de la flore microbienne
dû à l’usage des antibiotiques favorisent la survenue des lésions locales de
candidose.
La dissémination hématogène du Candida est contrôlée par les
polynucléaires neutrophiles.
Dans l’infection à VIH, la fonction phagocytaire est relativement préservée;
Ce qui justifie la rareté des atteintes viscérales profondes.
Ces atteintes seront présentes en cas d’agranulocytose thérapeutique ou en
phase terminale.
3. Epidémiologie
3.1. Distribution géographique
C’est une affection cosmopolite.
3.2. Facteurs favorisants le développement des candidas
3.2.1. Candidoses superficielles
Les modifications locales ou générales de terrain
Le candida se multiplie et devient pathogène; Ce qui conduit à des lésions de
la peau et des muqueuses ; Altération des barrières mécaniques naturelles;
L’apport exogène :
Contage vénérien dans les candidoses génitales: transmission de
candida lors des relations sexuelles ;
Le nouveau-né peut être contaminé lors de l’accouchement (au cours
du passage de la filière génitale) si la mère est atteinte de candidose ;
- La grossesse ;
- L’usage des contraceptifs ;
- La ménopause;
- La macération (favorise les candidoses cutanées).
- L’usage des antibiotiques appliqués localement favorise le développement
des candidoses locales.
3.2.2. Candidoses profondes
Elles sont secondaires à une candidose superficielle;
Les candidoses profondes peuvent se développer par :
Extension (par contiguïté) : une candidose orale peut s’étendre au tube
digestif ou dans les voies respiratoires et l’atteinte urinaire peut avoir une
origine génitale ;
Voie hématogène : avec possibilité de développement de sepsis qui peut
être:
- Endogène (origine candida d’un muguet ou candida des voies digestives);
- Exogène (en cas de cathérisme cardiaque qui permet l’introduction des
candidas autres que Candida Albicans).
Les candidas passent dans le sang en traversant les muqueuses pour
coloniser les capillaires.
De nombreux autres facteurs peuvent favoriser la survenue des candidoses
(superficielles ou profondes) :
Just for Ariane Keto
74
- Les carences vitaminiques et protéiques ;
- Des maladies telles que :
Le diabète ;
Les affections cachectisantes ;
Les cancers ;
Les hémopathies ;
Les déficits immunitaires (congénitaux ou acquis : SIDA) ;
L’utilisation de certains médicaments tels que les antibiotiques à large
spectre (qui détruisent la flore microbienne qui est en équilibre avec les
levures) ;
- Les corticoïdes ;
- Les antimitotiques et les immunosuppresseurs.
3.3. Transmission
La transmission des candidas se fait par :
Voie sexuelle lors des relations sexuelles ;
Passage de la filière génitale pour le nouveau-né lors de l’accouchement ;
Transmission interhumaine nosocomiale (dans les soins intensifs par
manuportage ou non) ;
Bien souvent, ce sont les candidas endogènes saprophytes qui se
développent;
Leur pouvoir pathogène est exacerbé par des facteurs locaux ou généraux.
4. Symptomatologie
4.1. Candidoses superficielles
4.1.1. Lésions cutanées
- L’intertrigo à candida : les lésions se localisent au niveau du fond d’un pli
cutané et s’étend symétriquement.
- Les lésions sont prurigineuses, cuisantes, rouges et suintantes;
- Les contours des lésions sont dentelés.
Les sièges des lésions sont :
Les plis inguino-cruraux ;
Les plis interfessiers et sous-mammaires ;
Les commissures labiales (perlèche) ;
Les aisselles, l’ombilic et les espaces interdigitaux.
Chez les nourrissons, les lésions fessières peuvent s’étendre et se présentent
sous forme des plaques érythémato-squameuses
Les candidoses peuvent être chroniques (rares), granulomateuses chez des
sujets immunodéprimés.
- Lésions unguéales : le candida touche les bases des ongles et cause un
perionyxis sous forme de bourrelet rouge, douloureux;
A la pression, la lésion fait sourdre du pus. L’atteinte unguéale fait suite à
l’atteinte péri-unguéale.
1) La candidose orale
Plus le taux de CD4 est bas, plus la candidose orale peut se développer ;
La candidose orale fait classer le patient au stade B du CDC et la candidose
oesophagienne fait classer le patient au stade C de CDC ;
L’apparition d’un muguet est un signe de mauvais pronostic;
Just for Ariane Keto
75
Elle annonce des complications graves, s’il n’y a pas changement
thérapeutique en cas d’échec thérapeutique.
Les lésions se présentent sous forme de taches blanchâtres (enduits
blanchâtres) reposant sur une base érythémateuse (c’est le muguet buccal).
Les lésions de muguet se localisent sur la langue, les faces internes des
joues, le voile du palais, les gencives ou le pharynx;
Les candidas peuvent être à la base de stomatite, de glossite (langue
dépapillée) associées à une perlèche.
2) Candidoses génitales
- Les lésions peuvent concerner la vulve ; on aura une vulvite;
- La candidose peut concerner le vagin (présence des signes de
vaginite).
- La candidose peut toucher le col (cervite);
- Chez l’homme, l’on peut avoir une balanite.
3) Candidoses anales
La clinique sera faite des lésions d’anite et de périanite qui sont souvent des
complications d’une antibiothérapie au long cours.
4.2. Candidoses profondes
Candidoses viscérales sans sepsis
Elle fait suite à une candidose superficielle;
On distingue :
Candidoses digestives (œsophage, estomac, intestin) se développant
sur un ulcère ou un cancer.
Candidoses respiratoires (laryngites, bronchites, bronchopneumonie) ;
Candidoses urinaires avec urethrites et cystites.
Sepsis ou septico-pyohémies
La symptomatologie est celle du sepsis;
Elle est peu caractéristique :
Fièvre ;
Frissons ;
Altération de l’état général ;
Splénomégalie ;
Muguet buccal.
Autres localisations
Articulaires ;
Osseuses ;
Myocardiques.
4.3. Manifestations allergiques
Les lésions seront sous forme des lévurides (eczéma, dyshidrose, urticaire).
5. Diagnostic
- Examen direct : met en évidence des levures ;
- Culture : permet l’identification de l’espèce.
Les produits pathologiques à envoyer au laboratoire sont :
Les squames ;
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Le pus ;
Les selles
Le sang ;
Le LCR ;
Le crachat ;
Les sécrétions bronchiques ;
Les urines.
- Biopsies des tissus;
- Réactions sérologiques.
6. Traitement
- Le traitement médical ne se fait qu’en cas des lésions évidentes;
- En phase de colonisation, le nombre de levure peut augmenter bien qu’il
n’y ait pas des lésion
- L’objectif est donc de traiter la lésion et de supprimer, si possible les
facteurs favorisant l’apparition de la candidose;
- Le traitement est global c'est-à-dire étiologique et symptomatique.
6.1. Mesures générales
Les règles à respecter sont :
- Arrêt de tabac et d’alcool (consommation excessive) ;
La candidose
- Hygiène bucco-dentaire après chaque repas, en utilisant un dentifrice
bicarbonaté ou en procèdent au brossage de la langue en cas de
candidose pseudo-membraneuse ;
- Le bain de bouche avec du bicarbonate de soude chaque soir (1 cuillère à
café dans un verre d’eau) permet de maintenir une bonne hygiène
buccale).
- Le matin et le midi, le patient peut utiliser le chlorhéxidine (antifongique
excellent pour [Link]) pour le bain de bouche.
- Soins dentaires : traiter les caries s’il y en a faire le détartrage ;
- Ne pas manger entre les repas ;
- Pas des sucreries : les sucreries augmentent les phases acides orales ;
- Eviter les aliments acides, l’alcool et toute alimentation irritante ;
- Les pathologies systémiques doivent être stabilisées ;
- Remplacer les médicaments à effets sialoprives par d’autres;
- Si ce n’est pas possible de le remplacer, prendre des mesures pratiques
comme par exemple se rincer et bien nettoyer la bouche après usage des
corticoïdes en inhalation afin d’éliminer les corticoïdes résiduels déposés
sur les muqueuses.
6.2. Traitement antifongique
Principes généraux
- Formes aiguës : traitement topique local pendant 1 à 2 semaines ;
- Formes chroniques : traitement topique pour les formes en foyer unique et
pour les candidoses post-radiothérapiques (car il y a sclérose vasculaire et
absence des salives) pendant 3 semaines
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77
En cas de xérostome, le traitement local est mieux indiqué car certains
antifongiques systémiques nécesitent une sécrétion salivaire normale pour
mieux agir.
Lorsqu’il y a plusieurs foyers de candidose, il faut un traitement local et
général, pendant 2 à 3 semaines.
Durant le traitement, s’il y a doute sur l’efficacité du traitement, un
prélèvement de contrôle peut être fait pour vérifier l’efficacité du traitement.
De façon générale, il faut privilégier en première intention, les topiques.
Le produit sera gardé en bouche pendant 3 minutes, en demandant au
malade de faire un gargarisme buccal afin qu’il y ait un bon contact
muqueux ;
Ensuite, le produit devra être avalé pour bien tapisser l’oropharynx et
l’œsophage ;
Le patient ne doit pas boire ni manger pendant les 2 heures qui suivent
l’application du produit.
Le traitement systémique est requis si :
- Il y a une mauvaise indication du traitement topique ;
- Le traitement topique est très contraignant pour le malade ;
- Le traitement local échoue (absence de coopération du patient,
intolérance au goût, résistance du champignon au traitement, atteinte
étendue comme chez l’immunodéprimé) ;
Candidose chronique au niveau cutanéo-muqueux.
Médications antifongiques
Médicaments topiques à action locale (sans effet systémique)
On utilise les médicaments de la famille des polyènes;
- Amphotéricine B : suspension buvable, géllules ouvertes dans la bouche.
- Nystatine : poudre pour suspension buvable, dragées écrasés ou comprimés
gynécologiques à sucer.
Ces médicaments ont comme avantages :
- Utilisation facile ;
- Peu ou pas d’effets secondaires ;
- Action par contact direct ;
- Sont fongistatiques ou fongicides ;
- Sont mieux supportés que le gel en cas d’asialie ou d’hyposialie sévère.
- Les inconvénients liés à l’utilisation de ces produits sont :
- Durée longue de traitement (3 semaines au moins dans les formes
chroniques);
- Goût pas supporté par les patients ;
- Nécessite d’une bonne coopération du patient (adhérence non garantie
d’avance).
Médicaments à action topique avec action générale faible
- Miconazole gel et comprimé mucoadhésif;
Avantages :
- Adhésion du gel aux muqueuses : temps de contact long de la molécule
sur la lésion ;
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78
- Utilisation en massage digital et en brossage ;
Médicament à action locale et systémique
Fluconazole
Avantages :
- Action générale importante ;
- Bonne diffusion salivaire ;
- Présentation en poudre et comprimés;
Ainsi, en première intention, on donnera :
- L’amphotéricine B en suspension : 4 à 6 x 1 càc par jour pendant 1 à 2
semaines;
- Nystatine : poudre pour suspension buvable : 4 X 1 càc par jour pendant
1 à 2 semaines;
- Miconazole : 4 X 2 cuillères –mesure pendant 10 à 15 jours.
- Miconazole comprimé muco-adhésif : 1 comprimé par jour pendant 7
jours (comprimé appliqué sur la gencive).
En seconde intention, le traitement sera fait de :
- L’amphotéricine B en IV : 0,5 mg à 1 mg/Kg/jour dans 500 cc de
glucosé 5%, à faire couler en 6 heures, en protégeant le baxter et la
tubulure de la lumière;
Le traitement durera 3 semaines au moins pour les récidives et les formes
chroniques; Une seule injection par jour.
- Le fluconazole : 50 à 100 mg/jour pendant 7 à 10 jours (on peut aller
jusqu’à 14 jours) pour la candidose orale;
En cas de forme chronique, la durée de traitement est de 3 semaines au
moins. Une seule prise par jour.
Le fluconazole : poudre pour suspension buvable : 1 à 2 cuillères-mesure par
jour pendant 1 à 2 semaines (à garder 3 minutes en bouche avant de l’avaler
pour la candidose orale). Une seule prise par jour.
- Le fluconazole : 100 à 200 mg par jour pour la candidose oesophagienne
pendant 15 jours au moins;
Une seule prise par jour.
- L’itraconazole : géllules de 100 mg ; 200 à 400 mg par jour, par voie
orale, en une seule prise, à prendre au milieu du repas ;
- L’itraconazole en cyclodextrine en solution orale, 100 à 200 mg,
éradique les lésions buccopharyngées par effet topique, en cas d’échec au
fluconazole.
Pour les perlèches, on utilise, les polyènes topiques ou les dérivés imidazoles.
N.B : il existe des résistances à l’amphotéricine, au fluconazole.
Comme alternative de traitement, on peut prescrire le voriconazole, le
posaconazole.
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III. LES MALADIES PARASITAIRES
L’OXYURIOSE
Professeur Odio,
Drs Mbula M., Situakibanza N.
1. Définition
L’oxyuriose est une helminthiase cosmopolite touchant l’homme
(particulièrement l’enfant) et les animaux (chien, porc etc..).
2. Etiologie
Agent causal: enterobius vermicularis (Oxyure); Nématode blanc de 10
mm de long;
Ne vit pas plus de 2 mois.
3. Cycle
Oeufs embryonnés ingérés: libèrent des larves dans l’estomac; Celles-ci
migrent vers l’iléon et le coecum maturation en 3 ou 4 semaines.
Les adultes: vivent dans l’intestin grêle (région coeco-appendiculaire et
autour du colon);
Les femelles: migrent le soir ou la nuit et pondent des œufs embryonnés au
niveau des plis radiés de l’anus.
4. Epidémiologie
1. Distribution géographique
C’est une affection cosmopolite;
2. Age
Atteint plus fréquemment les enfants en âge scolaire.
3. Facteurs favorisants
La survenue affection: favorisée par l’hygiène défectueuse.
4. Mode de transmission
- Auto-infection
Le sujet infecté porte ses doigts contenant des œufs embryonnés dans la
bouche.
- Rétro-infection
Remontée du tube digestif des larves libérées à la marge anale après
éclosion des œufs jusqu’au coecum (ré-infection).
Entourage contaminé par:
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80
- Les œufs contenus dans les fèces ayant souillé les mains des sujets
infectés;
- les œufs transportés par du linge, la poussière des chambres, des toilettes
ou la nourriture souillée.
5. Symptomatologie
Souvent asymptomatique;
Quand symptomatique, la clinique est faite de:
- prurit anal, vespéral se compliquant des lésions de grattage de la région
anale;
- troubles digestifs : anorexie, diarrhée, douleurs de la fosse iliaque droite.
6. Diagnostic
Les adultes visualisés dans la région anale ou dans les selles en cas de
diarrhée.
La recherche des œufs (difficilement mis en évidence dans les selles) à la
marge anale, la nuit, avant le sommeil ou tôt le matin avant la toilette par la
méthode cellophane adhésif (scotch-tape).
En pratique:
- Cellophane adhésif appliqué sur l’anus;
- Le coller ensuite sur une lame porte-objet;
- Procéder à l’examen de la lame au laboratoire.
7. Traitement
1. Curatif
On prescrit :
a) Le mebendazole ou le flubendazole;
Présentation:
- comprimés de 100 mg, de 500 mg ;
- sirop de 100 mg par 5 ml.
Posologie:
- 1 comprimé de 100 mg en une prise;
- 5 ml de suspension buvable, quelque soit l’âge.
N.B: refaire la cure 15 jours plus tard.
b) Le pamoate de pyrvinium :
- 5 mg par Kg en une prise;
- 1 comprimé de 50 mg ou 1 cuillère à café par 10 Kg de poids corporel;
Ce produit colore les selles en rouge.
c) L’albendazole :
1 comprimé de 400 mg en une prise.
d) Le pamoate de pyrantel
- 10 mg par Kg de poids corporel;
- 1 comprimé de 125 mg ou 1 mesure de suspension pour 10 Kg de poids
corporel.
e) Sels de pipérazine
- 2 g par jour pendant 7 jours chez l’adulte;
- 50 mg par Kg de poids corporel par jour ou 1 cuillère à café pour 10 Kg de
poids par jour.
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2. Mesures générales
Traitement de tous les autres membres de la famille ou de la collectivité
(parasités ou suspects).
Respect des règles habituelles d’hygiène;
Ø Se laver les mains avant les repas ;
Ø Ne pas porter les doigts dans la bouche ;
Ø Couper les ongles courts;
Ø Répéter la cure d’oxyuricide après 10 à 15 jours.
LA TRICHOCEPHALOSE
Professeur Odio,
Drs Mbula M., Situakibanza N.
1. Définition
La trichocéphalose est une helminthiase bénigne cosmopolite.
2. Etiologie
Agent causal: trichuris trichiura qui mesure 3 à 5 cm de long.
3. Cycle évolutif
Habitat adulte: coecum;
Au niveau coecum: ponte par femelles de nombreux œufs non infectants lors
de leur émission par jour.
Après émission des œufs: formation embryon lors de leur passage dans un
sol humide, chaud et ombragé;
Ils deviennent infectants au bout de 2 à 3 semaines.
Ingérés, ces œufs embryonnés libèrent des larves dans l’estomac qui se
transforment en vers adultes qui peuvent vivre 3 ans.
4. Epidémiologie
4.1. Distribution géographique.
C’est une parasitose cosmopolite, plus fréquente dans les pays chauds à
hygiène défectueuse.
4.2. Age
L’affection frappe plus fréquemment les enfants.
4.3. Mode de contamination
Ingestion d’œufs embryonnés contenus l’eau polluée ou des aliments
(crudités) souillées des matières fécales;
Le fait de porter des doigts souillés ayant été en contact avec le sol la
bouche.
5. Symptomatologie
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82
Affection asymptomatique chez un sujet atteint et porteur de moins de 400
vers.
La trichocéphalose-maladie est responsable de :
- Coliques abdominales ;
- Diarrhée glairo-sanguinolente ;
- Ténesme et syndrome dysentérique chez les malnutris.
- Prolapsus rectal (en cas de forte diarrhée);
- Anémie (en cas des selles sanguinolentes);
- -Invagination intestinale possible;
- altération de l’état général.
6. Diagnostic
- Mise en évidence des œufs de trichocéphale à l’examen des selles à frais;
- Visualisation des vers adultes sur la muqueuse rectale en cas de prolapsus
rectal;
- Eosinophilie sanguine.
7. Traitement
7.1. Curatif
Nécessaire en cas d’infestation massive ou de polyparasitisme massif.
On administre :
Le mebendazole : 2 x 1 comprimé de 100 mg pendant 3 jours ou le
flubendazole à la même dose
Le mebendazole : 1 comprimé de 500 mg par jour en une prise;
L’albendazole : 400 mg par jour en 1 prise.
7.2. Préventif
Il consiste au respect de l’hygiène corporelle et alimentaire et à
l’assainissement du milieu.
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L’ASCARIDIOSE
Professeur Odio W.,
Drs Mbula M., Situakibanza N.
1. Définition
L’ascaridiose est une parasitose due à ascaris lumbricoïde.
2. Etiologie
Agent causal: ascaris lumbricoïde;
- Caractéristiques:
Ver blanc-ivoire, rigide, cylindrique;
Dimension: 15 et 25 mm de long et 2 à 6 mm de diamètre;
Poids: environ 3 g.
3. Cycle évolutif
Ingestion d’œufs embryonnés: éclosion dans le duodénum; libération
d’une larve qui pénètre dans le foie.
Du foie, la larve passe dans le système porte, cave, le cœur droit et les
poumons traversée de la paroi alvéolo-capillaire après passage sanguin.
Pénétration dans l’alvéole remontée dans les voies respiratoires jusqu’à la
trachée pour être déglutie après passage par la glotte;
Après 2 à 3 mois de vie dans le grêle: ponte de nombreux œufs (200.000
par jour) non infectants.
Transformation des œufs émis en œufs embryonnés après passage dans un
sol réunissant les conditions nécessaires (sol chaud, humide et ombragé);
Les œufs embryonnés peuvent vivre longtemps dans le sol (jusqu’à 10 ans).
4. Epidémiologie
1. Distribution géographique
Elle est cosmopolite; Mais plus fréquente dans les pays en développement où
l’hygiène est défectueuse.
2. Mode de contamination
Ingestion œufs embryonnés contenus dans les aliments souillés par des
matières fécales ou provenant des potagers fertilisés à l’aide de matières
fécales.
Les enfants se contaminent en portant leurs doigts souillés de terre
(contenant des œufs embryonnés) dans la bouche.
5. Symptomatologie
Souvent asymptomatique;
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84
Parfois, découverte fortuite à l’occasion d’un examen systématique des selles
ou lors de l’émission d’un ver adulte dans les selles.
a) Invasion :
- Correspond au passage pulmonaire des larves; Elle est caractérisée par :
La fièvre (température pouvant atteindre 38,5°c) ;
Une toux sèche ou avec expectoration muqueuse (rarement hémoptoïque);
Toux quinteuse, parfois dyspnéisante;
Parfois tableaux de bronchopneumonie et d’asthme (possibles).
Quelquefois, clinique pauvre (auscultation sans particularité) alors que la
radiographie visualise une ou plusieurs opacités systématisées, floues,
pommelées, nodulaires ou même miliaires).
Le passage pulmonaire des larves: correspond au syndrome de Loëffler.
b) Période d’état : correspond à l’apparition des signes digestifs :
Douleurs abdominales pouvant prendre un caractère pseudo-ulcéreux ;
Anorexie.
Nausées et vomissements (vomissements des vers parfois) ;
Diarrhée banale ou mucosanguinolente;
L’état général peut s’altérer.
6. Complications
1. Occlusion intestinale
Imputable à :
Un bouchon d’ascaris ;
Un volvulus d’une anse intestinale alourdie par des vers;
Une invagination intestinale ou un étranglement herniaire au niveau d’un
bouchon d’ascaris.
2. Migrations aberrantes des vers adultes
- Migration dans les annexes du tube digestif ou le péritoine;
- D’où on peut avoir :
Une ascaridiose hépato-biliaire avec blocage de l’ascaris dans le
cholédoque ;
Une cholécystite.
Une pancréatite aiguë (obstruction de l’ampoule de Vater ou du canal
de Wirsung) ;
Une appendicite aiguë ;
Une péritonite.
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85
7. Diagnostic
Le diagnostic est posé par :
L’examen des selles : il met en évidence les œufs d’ascaris
lumbricoïde;
Les vomissements des vers adultes ou leur émission par les selles.
L’examen de sang : on peut noter une hyperéosinophilie lors du
passage pulmonaire des larves.
8. Traitement
1. Curatif
On peut traiter l’ascaridiose par différents médicaments :
a) Lévamisole (Décaris®, Solaskil®): comprimé de 50 et 150 mg.
Posologie : 3 à 5 mg/ Kg de poids corporel ; ça correspond à 50 mg par
semaine pour l’enfant et 150 mg par semaine pour l’adulte, pendant 2
semaines.
Les selles se négativent dans près de 100%;
On peut faire un traitement de masse, trimestriellement, dans les écoles;
Le sujet traité peut présenter des céphalées, des vomissements et des
nausées.
c) Mebendazole (Vermox®) ou flubendazole (Fluvermal®): comprimés de
100 et de 500mg ; puis suspension de 100 mg par cuillère à café.
Posologie : 2 x 1 comprimé de 100 mg par jour pendant 3 jours;
1 comprimé de 500 mg en une seule prise;
On peut donner jusqu’à 2 comprimés (1.000mg) :2 x 1 cuillère à café par jour
pendant 3 jours.
c) Albendazole : comprimés de 200 et 4OO mg ;
Posologie : 400 mg en une prise chez l’adulte; 200 mg en une prise chez
l’enfant.
d) Thiabendazol (Mintezol®) : il est d’efficacité et de tolérance moindre ;
Présentation : comprimé de 250 mg;
Posologie : 50 mg/kg/jour en une ou deux prises.
e) Sel de pipérazine : comprimé de 250 mg ;
Posologie : 50 à 100 mg par Kg de poids.
On donne 3 g chez l’enfant en une dose unique (1 cuillère à café par Kg) et
4,5 g chez l’adulte;
Le traitement est efficace et peu coûteux.
2. Préventif
La prévention va consister à respecter les règles d’hygiène :
Bien laver les légumes avant de les manger comme crudités ;
Ne pas porter les mains dans bouche.
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LA STRONGYLOÏDOSE (ANGUILLULOSE)
Professeur Odio,
Drs Mbula M., Situakibanza N.
1. Définition
La strongyloïdose est une helmintiase causée par strongyloïdes stercoralis.
2. Etiologie
Agent causal: strogyloïdes stercoralis, un nématode de 3 mm de long;
Les adultes femelles vivent au niveau des plis et sous-muqueuses de
l’intestin grêle.
3. Cycle évolutif
Ponte des œufs à partir de la muqueuse duodéno-jejunale→Eclosion des œufs
dans l’intestin dès leur émission→ Libération des larves rhabditoïdes, très
mobiles, éliminés avec les selles.
Arrivés au sol, ces larves rhabditoïdes peuvent soit :
1) Se transformer en larves filiformes infectantes en 2 à 4 jours (pays
froids); C’est le développement direct.
2) Subir une maturation et se transformer en adultes qui pondent des
œufs qui vont éclorent et libérer des larves filiformes;
C’est le cycle indirect rencontré dans les pays chauds.
La formation directe des larves filiformes dans l’intestin ou la région péri
anale à partir des larves rhaditoïdes;
Elles traversent alors la muqueuse intestinale ou la peau, passent dans la
circulation sanguine, le cœur droit, les poumons, les alvéoles, la trachée et
seront ensuite dégluties.
La pénétration dans l’organisme par la peau: les larves rejoignent la
circulation de retour et suivent le même circuit décrit précédemment en
passant par le cœur droit, la circulation pulmonaire, les alvéoles, la trachée
et l’œsophage après déglutition.
Le cycle accéléré larves filiformes formées dans le grêle migration vers le
côlon, le rectum;
Traversée de la muqueuse par les larves passage dans la circulation
sanguine, le cœur et les poumons transformation en adultes;
Il y a une hyperinfection: fréquente au cours du SIDA.
4. Epidémiologie
1. Distribution géographique
Cosmopolite; Mais plus fréquente dans les pays tropicaux et subtropicaux.
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2. Mode de transmission
• Contamination
- Lors de la marche pieds nus (pénétration larves à travers peau saine);
- Consommation d’une eau de boisson ou d’aliments souillés.
• Par cycle interne d’auto-infection: larves infectantes dans l’intestin (fait
durer l’infection durant toute la vie).
• Par auto-infection externe: les larves rhabditoïdes se transforment en
larves filiformes dans l’intestin ou région péri anale puis traversent la
peau.
5. Symptomatologie
Lors de phase de migration, le syndrome de Loëffler est possible;
Dans le parasitisme intestinal, on peut avoir un syndrome de malabsorption
avec stéatorrhée.
Le patient peut présenter de la diarrhée, des nausées et un prurit anal;
A un stade avancé, on peut observer une cachexie avec oedèmes.
On a également décrit :
des syndromes pseudo-ulcéreux ;
des formes cliniques chroniques ;
des formes malignes, fatales accompagnées de diarrhée très abondantes
parfois hémorragiques.
des péritonites;
des troubles de conscience ;
des manifestations méningées;
des atteintes rénales et myocardiques.
▪ Dans le larva currens, on a:
- une migration sous-cutanée rapide des larves;
- des traînées urticariennes.
6. Diagnostic
• Examens des selles fraîches: mise en évidence des larves rhaditoïdes
mobiles (répéter les examens pour augmenter les possibilités de mettre
en évidence les larves rhabditoïdes);
• Examens après concentrations et la coproculture.
• L’hyperéosinophilie est observée;
Les larves sont recherchées dans:
- le liquide du tubage duodénal;
- par un examen microscopique des expectorations.
• Immunologique:
-immunofluorescence indirecte (IFI): utilise des tests peu sensibles et
peu spécifiques (réactions croisées avec des Ag filariens, les ascaris etc..).
7. Traitement
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7.1. Curatif
On prescrit:
- Le thiabendazole : présenté en comprimés de 250 mg; On administre 50
mg/ kg/ jour en une fois ou en deux prises.
- L’Albendazole : 800 mg
(4 comprimés de 200 mg ou 2 comprimés de 400 mg) pendant 3 jours;
En cas d’hyper infection, au cours du SIDA, on donne le thiabendozole
pendant 5 jours.
7.2. Préventif
Il faut éviter le contact avec des sols boueux.
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L’ANKYLOSTOMIASE
1. Définition
L’ankylostomiase est une parasitose due à Ancylostoma duodenale et
Necator americanus.
2. Etiologie
Agents responsables
- A. duodenale;
- N. americanus;
Habitat des vers adultes
La muqueuse duodénale et jejunale:
▪ attachés à la muqueuse par la capsule buccale.
▪ provoquent des micro-hémorragies;
▪ sécrètent des substances anticoagulantes qui sont également
responsables des hémorragies.
3. Cycle évolutif
Oeufs émis transformés au sol en larves rhabditoïdes;
Les larves rhabditoïdes transformées en larves filiformes (stade infectant).
Celles-ci pénètrent par la peau, passent par la circulation sanguine, les
poumons, la trachée, le pharynx et seront avalées pour passer dans le grêle.
4. Physiopathologie
Les adultes attachés à la muqueuse duodéno-jéjunale responsables de:
- hémorragies;
- pertes des protéines et des infections des ulcérations muqueuses
responsables de duodénite.
Ils peuvent envahir le duodénum et causer de la diarrhée
mucosanguinolante;
Les pertes sanguines journalières sont responsables de l’anémie hypochrome
(il y a perte en fer).
L’intensité de l’anémie est fonction de :
L’espèce du vers et la quantité des vers à la base de l’atteinte (500
vers) ;
L’hôte : l’âge, le sexe, l’état nutritionnel des sujets atteints ;
La durée de l’infection.
5. Clinique
Lorsque l’affection est symptomatique, le patient présentera les signes
suivants :
• Toux ;
• Des signes d’angine ;
• L’aphonie ;
• La rectorragie ;
Just for Ariane Keto
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• Des douleurs abdominales ;
• Une dermite rampante (en cas de larva migrans cutanea) issues des
animaux;
Il s’agit notamment de A. braziliense, A. caninum.
6. Diagnostic
On peut examiner les selles du sujet malade à frais;
On mettra en évidence des œufs (1 œuf correspond à 20 vers): Les larves
peuvent également être mises en évidence par coproculture.
7. Traitement
7.1. Curatif
L’ankylostomiase se traite à l’aide de :
• Albendazole : 400 mg par jour;
• Mébendazole : 500 mg en une fois ou 2 x 100 mg par jour pendant 3 jours.
7.2. Préventif
• Le respect des règles d’hygiène évite de se faire contaminer;
• Le port des chaussures protège contre les larves.
• Levamisole : 150 mg (1 comprimé pour adulte) par semaine pendant 2
semaines;
• Le pamoate de pyrantel : 10 mg par Kg en une fois;
• Ivermectine: comprimé de 3 mg (Posologie: 12 mg par jour, en 1 prise).
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LA DISTOMATOSE PULMONAIRE
1. Définition
C’est une affection parasitaire causée par une douve du genre Paragonimus.
2. Etiologie
Agent causal: paragonimus;
Plusieurs espèces :
P. westermani ou ringeri, en Asie ;
P. africanus et P. uterobilateralis, en Afrique;
D’autres espèces existent en Afrique et en Asie;
Les adultes ont des formes de grain de café.
3. Cycle évolutif
Les œufs sont éliminés avec les crachats ou les selles (après déglutition);
Ils se transforment en miracidium 3 à 4 semaines après leur passage dans
l’eau.
Le miracidium pénètre dans un premier hôte intermédiaire (mollusque de
type melania en Asie, potadoma en Afrique occidentale puis évolue en
sporocystes.
La transformation des sporocystes en redies puis en redies-filles qui
deviennent finalement des cerccaires;
Les crustacés (crabes, écrevisse, crevette) récupèrent les cercaires puis
libèrent des métacercaires après ingestion des crustacés par l’homme.
Chez l’homme, les douvules sont libérées dans le tube digestif;
Elles traversent la paroi intestinale, la cavité péritonéale, le diaphragme, la
cavité pleurale et le parenchyme pulmonaire.
Elles se localisent dans les bronchioles où elles deviennent adultes;
Par la suite, elles s’enkystent.
4. Epidémiologie
4.1. Distribution géographique
Les distomatoses pulmonaires: fréquentes en Extrême-orient (Japon, Corée,
Philippines, Chine, Taiwan); Se rencontrent également en Afrique occidentale
et centrale (Nigeria, Côte d’Ivoire, Liberia, Guinée, Gabon, République
Démocratique du Congo…).
En République Démocratique Du Congo: cas signalés particulièrement dans
la région d’Ipamu;
Des cas dus à d’autres espèces ont été rapportés dans d’autres régions du
monde.
4.2. Mode de contamination
• Contamination
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- Ingestion métacercaires contenus dans les crustacés d’eau douce (crabes,
crevettes, écrevisses).
4.3. Fréquence
• Fonction des habitudes alimentaires et culture des populations
concernées:
- ingestion des crustacés crus;
- consommation de jus d’écrevisse pour soigner la rougeole;
- ingestion des crevettes pour soigner les femmes stériles…).
4.4. Hôtes
• Douves = hôtes naturels de certains animaux domestiques et sauvages
(félidés, canidés, porc, rat, singe, mangouste etc…).
5. Symptomatologie
Installation progressive des signes cliniques;
Ils sont faits des douleurs thoraciques, toux quinteuse accompagnée
d’expectorations rouillées, hémoptysies et fébricule;
A la longue, l’état général s’altère.
6. Complications
Elles peuvent être :
Respiratoires : sous forme d’insuffisance respiratoire. Les patients peuvent
présenter des hémoptysies qui peuvent être sévères.
Cardiaques : se manifestent sous forme d’insuffisance cardiaque;
Surinfections bactériennes :
Retard staturo-pondéral et psychomoteur chez l’enfant.
On peut observer des localisations erratiques :
Tissu cellulaire sous-cutané et muscles de la paroi abdominale ;
Cavité péritonéale ;
Foie;
Appareil uro-génital ;
Cerveau : la clinique sera faite de convulsions, troubles de la conscience,
déficits moteurs.
7. Diagnostic
7.1. D’orientation
• V.S. accélérée ;
• Eosinophilie ;
• Radiographie de thorax (face et profil) montre:
- au Stade I: opacités nodulaires et des infiltrats avec des
épanchements pleuraux.
- Au stade II: on peut observer des cavités;
- Au stade III: une fibrose et des calcifications parenchymateuses ou
pleurales sont observées.
• Radiographie de crâne : on note des calcifications;
• Eosinophilie au niveau du LCR;
• Réactions immunologiques :
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- Intradermoréaction;
- Réaction de fixation du complément ;
- Immunoélectrophorèse.
7.2. De certitude
Mise en évidence des œufs des douves dans les selles.
8. Traitement
8.1. Médicamenteux
- Bithionol (Bitin®) :
30 à 50 mg/Kg/jour en 3 prises après les repas, un jour sur deux
pendant 20 à 30 jours;
- Niclofolan (Bilevon®) : 2 mg/Kg en dose unique;
- Praziquatel (Biltricide®) : 7,5 mg/Kg/jour en 3 prises pendant 2 à 3 jours.
8.2. Chirurgie
Indiquée dans la paragonimose cérébrale;
Elle est rarement indiquée dans la forme pulmonaire.
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La schistosomiase
Prof Odio W.,
Drs Situakibanza N., Mbula M.
1. Définition
Maladie du péril fécal et urinaire d’origine parasitaire.
2. Etiologie
Les agents responsables des bilharzioses: dénommés bilharzies ou
schistosomes;
Ce sont des vers plats (plathelminthes) vivant dans le système circulatoire
veineux;
Cinq espèces sont pathogènes pour l’homme :
Schistosoma hematobium ;
S. mansoni ;
S. japonicum ;
S. intercalatum ;
S. mekongi.
Trois espèces sont d’intérêt africain :
S. mansoni;
S. haematobium ;
S. intercalatum.
3. Cycle évolutif
L’être humain infecté élimine les œufs des bilharzies dans les milieux
extérieurs à travers les urines (pour S. haematobium) et les selles (pour S.
mansoni, [Link], S. intercalatum et [Link]);
Les œufs tombés dans l’eau libèrent un embryon cilié appelé miracidium.
Les vecteurs sont spécifiques d’espèces des bilharzies et assurent la
multiplication du parasite;
Quatre semaines après, les mollusques libèrent de milliers de furcocercaires
(larves à queue bifide) responsables des infections ultérieures.
Les furcocercaires pénètrent à travers la peau ou la muqueuse;
Par voie veineuse et lymphatique, ils atteignent les poumons, le tronc
coeliaque, le foie, le système porte;
Colonisation de divers plexus veineux: mésentérique, rectal, vésical, …).
Les femelles pondent les œufs dans les sous-muqueuses;
Trois destinées pour les œufs :
Lumière des organes creux;
Blocage dans les tissus d’organes;
Embolisation dans divers organes.
4. Epidémiologie
4.1. Distribution géographique
Foyers de schistosomiase:
S. haematobium
Bas-Congo : Kimpese;
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Katanga : Kabalo, Kongolo, Sakania;
Maniema : Kindu et environs.
S. Mansoni
Bas-Congo : Bas-Fleuve, Lukaya, Kwilu-Ngongo, Lemfu;
Kinshasa: Bandalungwa, Kisenso, Kimbanseke;
Equateur: Bosobolo, Mobayi.
Province orientale : Uélés, Niangara, Kibali-Ituri
Nord Kivu : Butembo, Bukavu
Maniema : Kasongo, Kindu
Katanga : Kongolo, Kalémie, Dilolo, Likasi, Lubumbashi
Kasaï-oriental : Sankuru, …
S. intercalatum :
Bassin du Fleuve Congo entre Lisala et Kisantu, Kindu.
4.2. Vecteur
- Hôte intermédiaire qui abrite des formes larvaires sans les transmettre
activement;
- Les vecteurs des bilharzies sont des mollusques.
Il en existe différentes espèces :
- Bulinus africanus, B. globosus, etc… : S. haematobium;
- Biomphalaria sudanica, B. pfeifferi, etc… : S. mansoni;
Physopsis : S. intercalatum.
4.3. Réservoir :
- Strictement humain pour S. haematobium et [Link]
- Homme, animaux domestiques, animaux sauvages pour S. Mansoni
5. Pathogénie
Ver adulte: entraîne l’apparition progressive d’une immunité relative;
Ver mort: responsable d’une endophlébite proliférative avec fibrose;
Œufs: à la base des symptômes et lésions anatomopathologiques;
Durée de vie moyenne du schistosome : 2 à 18 ans voire 30 ans.
6. Anatomie pathologique
Les lésions anatomopathologiques sont faites de :
- Granulome appelé Bilharziome;
- Granulome: constitué d’oeufs, d’éosinophiles, d’histiocytes, des cellules
épithélioïdes et géantes et de fibrose;
Glomérulonéphrite par dépôts de complexes immuns (S. mansoni).
7. Symptomatologie
Symptomatologie: évolue en 3 phases;
Les deux premières phases: communes à toutes les formes cliniques;
Il existe des formes habituelles et d’autres formes touchant les systèmes
cardiovasculaire, nerveux, cutané, anogénitale.
Manifestations communes à toutes les formes
- Phase de pénétration cutanée
▪ Manifestations cliniques quelques heures à 7 jours après la contamination
sous forme de:
→ Prurit localisé ou généralisé;
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→ Eruptions maculopapuleuses.
▪ Symptômes de courte durée, souvent méconnus;
▪ C’est une dermatite cercarienne;
- Phase d’invasion
S. haematobium
- Tableau uro-génital;
- Dysurie;
- Pollakiurie.
- Douleurs sus-pubiennes;
- Impression de chaude pisse;
- Spermatorrhée;
- HEMATURIE.
S. mansoni
- Tableau intestinal et hépato-splénique;
- Douleurs abdominales;
- Diarrhée (selle sanguinolente);
- Hépato-splénomégalie avec hypertension portale (hémorragie
digestive).
S. Intercalatum
Tableau intestinal;
- Coliques;
- Diarrhée (selle sanguinolente);
- Douleurs rectales;
- Ténesme;
- Prolapsus rectal.
Complications Communes aux schistosomiases:
- Cœur pulmonaire chronique;
- Bilharziome du SNC;
- Bilharziome ophtalmique;
- Portage chronique de salmonelles.
8. Diagnostic
Éléments d’orientation
1. Contage et incubation
- Vie ou séjour en zone d’endémie;
- Baignade en eau douce;
2. Examens paracliniques
- Hyperéosinophilie: en phase d’invasion.
- L’échographie hépatique, au cours des bilharzioses hépatiques, évalue:
▪ La fibrose périportale, la taille du foie et de la rate;
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▪ Les signes d’hypertension portale et les risques d’hémorragies
digestives.
- La radiographie sans préparation: peut mettre en évidence des
calcifications (bilharzioses urinaires);
- L’échographie évalue:
▪ Les dilatations des voies urinaires supérieures, l’épaisseur du
parenchyme rénal;
▪ Les nodules et calcifications de la paroi vésicale.
- Cystoscopie avec biopsies: mise en évidence des granulomes ou des
calcifications (en cas de difficultés diagnostiques);
- Urographie intraveineuse:
▪ guide des gestes chirurgicaux éventuels;
▪ montre:
◦ Des uretères atones.
◦ Des sténoses urétérales uniques ou multiples (1/3 inférieur) avec
dilatation;
◦ Hydronéphroses en amont;
◦ Rein muet.
Éléments de certitude
1. Parasitologie
Mise en évidence des œufs par examens selles et urines:
- Œufs à éperon terminal pour:
S. haematobium et S. intercalatum.
- Œufs à éperon latéral pour:
[Link], S. japonicum et S. mekongi;
2. Endoscopie digestive couplée à la biopsie rectale;
3. Imagerie médicale couplée à la biopsie hépatique.
4. Histopathologie
- Biopsies hépatiques, rectales ou des localisations atypiques
- Met en évidence un granulome bilharzien centré par un œuf;
5. Sérologie
- Immunofluorescence indirecte ou hémaglutination passive
- la sérologie:
▪ ne distingue pas les espèces et n’indique pas si l’affection est évolutive ou
non;
▪ permet le diagnostic de la primo-infection bilharzienne;
▪ a un intérêt dans les localisations atypiques.
9. Diagnostic différentiel
1. Syndrome de Katayama (fièvre de safari):
- paludisme;
- fièvre typhoïde;
- dengue;
2. Hématuries:
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- tumorales, lithiasiques, tuberculeuses
3. Diarrhées
- Autres causes de diarrhée ou dysenteries bactériennes ou parasitaires;
4. Pathologies urinaires, génitales, hépatiques d’autres origines;
5. Cirrhose et autres fibroses hépatiques.
6. Granulomes bilharziens pelviens:
Condylomes vénériens, cancers;
7. Bilharziose cutanée: molluscum contagiosum, verrues;
8. Localisations neurologiques:
Tumeurs, autres helminthoses larvaires, impasses parasitaires.
10. Traitement
10.1. Prévention
A) Individu
- hygiène fécale et urinaire;
- ébullition ou filtration d’eau de boisson;
- port de bottes de pêche et de gants de ménage;
- éviter les baignades dans des eaux souillées.
B) Collectivité
- destruction des mollusques;
- latrines publiques;
- adduction d’eau potable;
- hygiène du milieu;
- assainissement
- traitement ciblé, de masse, sous direction communautaire (praziquantel);
- Education sanitaire.
10.2. Curatif
Toutes espèces peuvent être traitées à l’aide de praziquantel:
- 40 mg/ kg en dose unique contre [Link], S. intercalatum, S.
mansoni;
- 60 mg/ Kg en 1 ou 2 prises sur 1 jour contre S. japonicum, S. mekongi.
Praziquantel
- contre-indiqué en cas de grossesse;
- nécessite suspension allaitement pendant 3 jours;
- effets secondaires: vertiges, céphalées, troubles digestifs (mineurs:
traitement en phase d’état).
Traitement en phase d’invasion: effets secondaires majeurs (fièvre, douleurs
abdominales);
Traitement indiqué en cas de schistosomiase évolutive;
Si mise en évidence œufs non viables, morts ou calcifiés (œufs noirs): pas de
traitement.
Autres traitements curatifs utilisés
- Oxamnique contre S. mansoni et intercalatum:
15 à 20 mg/ kg en dose unique, per os;
- Metrifonate contre S. haematobium: 7,5 à 10 mg / kg en 2
prises sur 1 jour, à répéter 15 jours plus tard, per os.
- Oltipraz actif sur toutes les espèces
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S. mehongi et S. intercalatum: 15 à 20 mg / kg;
S. haematobium: 30 à 35 mg / kg en 2 à 3 prises sur 1 jour, per os;
Tenir compte d’effets secondaires et de contre-indications.
LA TENIASE A T. SAGINATA
Professeur Odio W.,
Drs Mbula M., Situakibanza N.
1. Définition et étiologie
La téniase à T. saginata est une affection cosmopolite due à [Link];
Agent causal: T. saginata;
Cestode, ver segmenté et plat de 2 à 6 mètres.
2. Cycle évolutif
Le bœuf ingère l’embryophore;
Dans son tube digestif, la coque est lysée et l’embryon hexacanthe est libéré;
Cet embryon se transforme en une larve cysticerque (cysticerque bovis)
dans les muscles striés du bœuf.
En mangeant la viande de bœuf crue ou mal cuite ayant des cysticerques
viables, l’homme se contamine.
3. Epidémiologie
3.1. Distribution géographique
C’est une affection cosmopolite: existe partout où l’on consomme la viande
de bœuf crue ou insuffisamment cuite;
En RDC, l’affection existe dans les régions d’élevage (Ituri par exemple).
3.2. Mode de contamination
L’homme se contamine par la consommation de viande de bœuf crue ou mal
cuite contenant des cysticerques viables.
3.3. Hôtes
L’homme est l’hôte définitif;
Les hôtes intermédiaires sont constitués par les bovidés, le chameau, la
girafe, le buffle, l’antilope, le Zébu.
4. Symptomatologie
L’affection est souvent asymptomatique;
Quand symptomatique: boulimie, anorexie, nausées, vomissements,
éructations, pyrosis, diarrhée alternant avec la constipation, douleurs
abdominales, de l’hypochondre droit et de la fosse iliaque droit.
Autres signes:
Céphalées;
Troubles sommeil et de caractère; - crises convulsives;
Troubles de vision (diplopie, baisse d’acuité visuelle);
Troubles de l’audition et de l’équilibre.
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100
Manifestations allergiques: sous forme de dyspnée asthmatiforme, toux
spastique, prurit, urticaire, œdème de Quincke.
5. Diagnostic
Emission d’anneaux par l’anus (anneaux dans le lit, sur le linge ou le fèces);
Émission adulte entier après prise de vermifuge;
Emission œufs (rare): œufs difficles à distinguer de T. solium;
Oeufs prélevés à la marge anale par le scotch-test de Graham.
Mise en évidence de proglottis gravides et des œufs dans les selles;
Examen cysticerque excisé au microscope.
6. Traitement
1. Niclosamide (Yomesan®): comprimé de 500 mg;
On donne 2 comprimés le matin à jeun (à mâcher lentement) et 2 comprimés
à prendre 1 heure après;
Le repas est pris 2 à 3 heures après.
2. Praziquantel (Biltricide®)
Ce produit se donne à la dose de 10 mg/ Kg en 1 prise;
4. Mebendazole et albendazole en cure de 3 jours.
5.
LA TENIASE A. SOLIUM
Professeur Odio W.,
Drs Mbula M., Situakibanza N.
1. Définition et étiologie
C’est une helminthiase causée par [Link];
L’agent causal de la téniase à [Link] est T. solium.
2. Epidémiologie
2.1. Distribution géographique
Affection cosmopolite;
Localisée dans les régions d’élevage de porc;
En RDC: Katanga, Ituri et autres régions de la République où se font l’élevage
des porcs.
2.2. Mode de contamination
Ingestion de viande de porc crue ou mal cuite;
Contamination par 3 voies:
a) Auto-infection interne :
le malade régurgite les anneaux de son propre tenia;
digestion des anneaux régurgités dans l’estomac.
b) Auto-infection externe :
Le malade ingère les œufs de son propre ténia;
c) Hétéro-infection :
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101
Par ingestion des œufs d’un porteur de ténia solium adulte.
3. Symptomatologie
Affection habituellement asymptomatique;
De temps en temps:
Troubles digestifs sous forme de diarrhée, des douleurs abdominales ou
anorexie;
Dans la localisation cérébrale du cysticerque: tableau d’épilepsie, des
troubles mentaux.
4. Diagnostic
Mise en évidence de proglottis gravide et des œufs dans les selles;
On peut examiner au microscope un cysticerque excisé.
5. Traitement
1. Niclosamide (Yomesan®): comprimé de 500 mg
On donne 2 comprimés le matin à jeun (à mâcher lentement) et 2 comprimés
à prendre après 1 heure;
Le repas est pris 2 à 3 heures après.
2. Praziquantel (Biltricide®)
Dose de 10 mg/ Kg en 1 prise;
Dans la cysticercose cérébrale: dose de 50 mg par Kg par jour en 3 prises
pendant 15 jours ou l’albendazole à la dose de 15 mg/Kg pendant 1 mois.
L’ONCHOCERCOSE
Professeur Odio W.,
Drs Mbula M., Situakibanza N.
1. Définition
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102
Filariose cutanéo-dermique, grave par ses complications (la cécité) qui
constitue un obstacle au développement.
2. Etiologie
Agent causal: Onchocerca volvulus;
Les adultes vivent dans les tissus sous-cutanés;
Les microfilaires constituent le stade infectant;
Les adultes peuvent vivre 10 à 15 ans tandis que les microfilaires ont une
durée de vie de 6 à 30 mois.
3. Epidémiologie
3.1. Distribution géographique
Localisée en Afrique tropicale et en Amérique tropicale;
En RDC, différents foyers existent et se situent :
Au Kasaï-Sankuru ;
Dans les Uélés ;
A Boende ;
A Inga ;
A kinshasa (foyer de Kinsuka).
3.2. Mode de contamination
Contamination: piqûre de vecteur qui est la simulie;
Il existe plusieurs espèces de simulies dont S. damnosum et S. naevi.
Simulies = mouches noires, piquant le jour, vivant à proximité des rivières à
cours rapide, où elles pondent des œufs qu’elles accrochent sous la surface
de l’eau, à des rochers, des branches d’arbres ou des végétaux;
Les simulies inoculent à l’homme des larves infectantes.
4. Symptomatologie
L’affection est souvent cliniquement muette;
Quand il est symptomatique, elle se présente sous forme de 3 grands
syndromes.
1. Syndrome cutané
Il se manifeste par :
Un prurit conduisant à des lésions de grattage;
Des lésions cutanées localisées au tronc, aux fesses, aux cuisses, aux
régions prétibiales.
La gâle filarienne qui est faite des papules, des vésicules et des pustules;
Le lymphoedème qui est localisé ou non, en peau d’orange;
La peau est oedématiée et devient sombre.
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103
Des zones dépigmentées aux membres inférieurs, aux organes génitaux;
Ce qui donne l’aspect de peau de lézard;
La peau est atrophique, sèche, fragile, ridée sans élasticité.
2. Syndrome kystique
Le patient présente des onchocercomes : kystes onchocercquiens dus
à l’enkystement des adultes; de taille variable (entre celle des petits pois et
celle de la mandarine).
Ils sont indolores, durs, fibreux, roulant sous le doigt;
Plusieurs kystes peuvent s’accoler ;
Ce sont alors des masses polylobées, volumineuses, adhérents au plan
profond et à la peau.
Ils apparaissent un an après la contamination;
Ils sont palpables là où les plans osseux sont superficiels surtout en regard
des trochanters, des coccyx, des crêtes iliaques, du grill costal.
3. Syndrome oculaire
Les lésions oculaires ont fait donner à la maladie le nom de « cécité des
rivières »;
Elles sont fonction de :
La durée de la maladie ;
L’intensité de l’infection.
La profession (certaines professions exposent plus aux piqûres des
simulies comme le métier de cultivateur);
Le sexe: l’homme est plus atteint que la femme (du fait qu’il est plus
exposé de par ses activités journalières probablement).
Les lésions oculaires sont dues probablement à:
La mort des microfilaires dans l’œil ;
La réaction des tissus de l’hôte (hypersensibilité retardée et/ou
réaction auto-immune).
Les lésions immunes rencontrées sont celles d’une :
Kératite ;
Iridocyclite ;
Choriorétinite.
On peut observer une atrophie post-névritique.
Autres manifestations : On peut observer :
- Atteinte lymphatique avec adénopathies ;
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104
- Onchocercose généralisée : présence d’[Link] dans le sang, les
urines, les vaisseaux, le foie, les poumons, la rate, les reins, le LCR,
l’expectoration et les frottis vaginaux.
5. Diagnostic
La recherche des microfilaires se fait par :
La ponction biopsie des nodules ;
La biopsie de la conjonctive et de la peau ;
L’observation des microfilaires à l’aide de la lampe à fente.
La scarification dermique;
On peut trouver des microfilaires dans les urines après administration
de DEC.
Test de Mazzotti en administrant 50 mg de DEC;
En cas d’onchocercose, un violent prurit avec œdème de la peau
apparaît après 15 à 30 minutes.
6. Traitement
6.1. Curatif
Ivermectine (Mectizan®) : 200µg/Kg soit 2 comprimés de 6 mg ou 4
comprims de 3 mg chez l’adulte;
6.2. Chirurgical
Excision des nodules lorsqu’ils sont peu nombreux, accessibles et
inesthétiques.
6.3. Préventif
6.3.1. Collective
On préconise :
L’utilisation d’insecticide répandu par avion ou hélicoptère ou par bateau le
long des cours d’eau pour éliminer les simulies.
On fait également la lutte antilarvaire par épandage d’insecticide non
remanants (temephos par exemple).
6.3.2. Individuelle
Port des vêtements plus ou moins hermétiques de façon à éviter les
piqûres des simulies.
LA WUCHERERIOSE
Professeur Odio W., Drs Mbula M., Situakibanza N.
1. Définition et étiologie
Est une filariose lymphatique due à Wuchereria bancrofti;
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105
Agent causal: W. bancrofti dont les adultes vivent dans les tissus
lymphatiques;
C’est une filariose à périodicité nocturne.
2. Epidémiologie
2.1. Distribution géographique
Régions tropicales et subtropicales d’Asie, d’Afrique, d’Amérique du sud, les
îles du pacifique et le bassin des caraïbes;
C’est la filaire humaine la plus répandue; Elle touche près de 80 millions de
personnes dans le monde;
En RDC, l’affection existe au Kwango et à la Tshuapa.
2.2. Mode de transmission
Contamination: par piqûre vecteurs;
Vecteurs = moustiques de type Culex fatigans (zones urbaines), les
Anophèles et les Aedes (zones rurales).
3. Anatomie pathologique
L’inflammation des vaisseaux lymphatiques: due aux vers adultes
responsables des modifications pathologiques;
Habitat des vers adultes: constitué par les lymphatiques afférents ou les
sinus des ganglions;
Conséquence: dilatation lymphatique et épaississement des parois
vasculaires; Vaisseaux infectés avec pourtour infiltrés des plasmocytes, des
éosinophiles et des macrophages ;
Conséquences :
Prolifération du tissu endothélial et conjonctif ;
Sinuosité des lymphatiques;
Altérations des valvules lymphatiques ;
Présence lymphoedème et modifications chroniques de stase conduisant à
un œdème dur et tuméfié sous la peau.
Effets causés par :
l’action directe des vers ;
les réponses immunes de l’hôte;
Les réponses immunes provoquent de granulome et de processus
prolifératifs.
Perméabilité vaisseaux maintenues tant que les vers adultes sont vivants;
C’est la mort du ver qui est à la base d’une fibrose et donc d’une obstruction
des vaisseaux.
Fonction lymphatique compromise par obstruction lymphatiques;
Installation circulation collatérale;
Présence d’une dystrophie sous-cutanée due à la stase lymphatique.
4. Symptomatologie
Habituellement asymptomatique (microfilarémie asymptomatique chez de
nombreux sujets);
Lorsqu’elle est symptomatique, on observe :
Just for Ariane Keto
106
Un pseudosyndrome de Loëffler sévère cliniquement et de longue durée
(« Poumons tropical »).
Manifestations aiguës précoces, caractérisées par :
La fièvre ;
Le frisson ;
La lymphadénite avec adénomégalie ; les accès s’améliorent en 5 à 7
jours et peuvent se répéter.
Les lymphangites se localisent au niveau de scrotum, du canal déférent
(funiculite), des testicules et l’épididyme (orchiépididymite);
Les lymphangites des membres inférieurs sont centrifuges et
récidivantes.
Les lymphangites sont aussi profondes avec :
- Fièvre et douleurs thoraciques ;
- Fièvre et douleurs abdominales (coliques filariennes).
Les manifestations tardives sont chroniques et lymphatiques ;
Elles se manifestent par :
- Adénolymphocèle ;
- Varices lymphatiques ;
- Chylurie.
- Epanchements séreux ;
- Des signes d’orchiépididymite ;
- Hydrocèle et hyperplasie du derme et de l’hypoderme elephantiasis des
membres, organes génitaux, seins…).
5. Diagnostic
Diagnostic de présomption et d’orientation: fait en cas de forte éosinophilie
sanguine lors des poussées lymphatiques et la positivité des réactions
sérologiques.
Mise en évidence des microfilaires dans:
- le frottis sanguin prélevé après 22 heures;
- un épanchement séreux (la recherche peut être infructueuse dans la phase
initiale et peut se négativer à la phase tardive).
6. Diagnostic différentiel
Le diagnostic différentiel se fait avec les affections suivantes :
- Lymphodèmes d’une cicatrisation post- opératoire ;
- Lymphangites bactériennes des membres (au stade précoce).
- Lymphoedèmes des affections malignes;
- Accès fébriles isolés (en cas de lymphangites profondes du tronc) ;
- Thrombophlébite ;
- Etats œdémateux chroniques.
- Traumatisme ;
Just for Ariane Keto
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- Anomalies congénitales du système lymphatique.
7. Evolution et pronostic
Traitement précoce: possibilité d’un seul accident lymphatique si le sujet
quitte la zone d’endémie ou s’il est sous chimioprophylaxie;
En cas de réinfections multiples, les séquelles sont obligatoires et fréquentes
(zones d’endémie).
8. Traitement
8.1. Curatif
On donne la diéthylcarbamazine (DEC) qui agit mieux en cas de
maturation larvaire et de stade précoce;
Les doses sont progressives et la dose de 6 mg/Kg sera atteinte en une
semaine à 10 jours.
La durée de traitement est de 3 semaines (300 mg à 400 mg par jour en 2, 3
ou 4 prises);
Les macrofilaires peuvent persister;
L’ivermectine se donne aussi:100 à 150 µg/ kg/ jour en une prise.
8.2. Préventif
La chimioprophylaxie de masse peut se faire en zone d’endémie (5 à 6 mg de
DEC en dose unique tous les 6 à 12 mois);
L’ivermectine se donne en une prise (100 à 150 µg/ Kg).
LA LOASE
Professeur Odio W.,
Drs Mbula M., Situakibanza N.
1. Définition et étiologie
C’est une affection parasitaire causée par une filaire dénommée Loa loa;
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Agent responsable: Loa loa dont les adultes vivent dans le tissu cellulaire
sous-cutané et y circulent activement;
La localisation des microfilaires dans les méninges est possible.
2. Cycle évolutif
Les adultes mâles et femelles vivent dans les tissus sous-cutanés; Ils donnent
des microfilaires qui entrent dans la circulation;
Les microfilaires constituent le stade diagnostic et peuvent être mises en
évidence dans le sang.
Vecteur = chrysops (mouche noire);
Le chrysops puise les microfilaires lorsqu’elle s’alimente chez l’homme
infecté;
Celles-ci vont subir des transformations en différents stades des larves.
La larve de type III constitue le stade infectant;
C’est cette larve que la mouche transmet à l’homme par la piqûre lors d’un
repas ultérieur.
3. Epidémiologie
3.1. Distribution géographique
Filariose typiquement Africaine répandue en Afrique occidentale et centrale;
En RDC: fréquente dans les régions forestières comme le Mayumbe dans le
Bas-Congo (Bas-Fleuve) et les Uélés; Des foyers anciens sont redevenus
actifs.
Des malades originaires de la Lukaya (Bas-Congo), du Maniema et walekale
ont été soignés aux Cliniques Universitaires de Kinshasa;
A kinshasa des cas ont été décrits à Maluku.
3.2. Transmission
Contamination: se fait par piqûre vecteur (chrysops);
Le chrysops injecte à l’homme la larve infectante au cours repas sanguin.
4. symptomatologie
L’affection peut être asymptomatique;
Lorsqu’elle est symptomatique, le malade présente :
Des oedèmes prurigineux prenant différentes localisations.
On peut avoir des oedèmes fugaces dits de Calabar qui se localisent au
niveau des genoux, des mains, de la région orbitaire;
Un prurit qui s’accompagne des oedèmes ;
Des arthralgies ;
De l’urticaire.
La visualisation du ver adulte à certains endroits de l’organisme où la peau
est fine et le pannicule adipeux peu important ou encore sous la conjonctive.
5. Evolution et pronostic
On peut observer différentes complications :
Méningo-encéphaliques : il a été décrit des localisations méningo-
encéphaliques de loa loa.
Just for Ariane Keto
109
Certains auteurs pensent que le parasite peut se retrouver dans le LCR du
fait d’une PL traumatique, d’autres disent que le parasite peut bel et bien se
localiser dans le méninge.
Gale filarienne
Est liée au prurit féroce ; Elle fait suite aux lésions de grattage qui par ailleurs
peuvent se surinfecter.
Cardiaque : Sous forme d’endocardite pariétale fibroplastique;
Rénale: L’atteinte rénale par loa loa peut conduire à un syndrome
néphrotique.
6. Diagnostic
Le diagnostic de la loase peut être posé grâce à différents examens :
La goutte épaisse : celle-ci met en évidence des microfilaires qui sont de
périodicité diurne (le prélèvement doit se faire le jour).
La formule leucocytaire met en évidence une éosinophilie ; Celle-ci n’est
pas spécifique.
Test de Mazzotti : - traitement d’épreuve (administration de 25 mg de
diéthylcarbamazine); Cette administration est suivie de l’apparition d’une
réaction plus ou moins fébrile avec des œdèmes localisés, un prurit et un
urticaire.
7. Traitement
7.1. Curatif
Le traitement curatif peut être médicamenteux ou chirugical.
A) Traitement médicamenteux :
Les médicaments utilisés sont :
La diéthylcarbamazine (DEC) qui se présente sous forme des
comprimés de 25, 50, 100 mg;
L’ivermectine existant en comprimé de 3 et 6 mg.
Les posologies se présentent de la manière suivante :
Pour la DEC : 5 à 6 mg/Kg par jour repartis en 2, 3 , 4 prises journalières,
pendant 21 jours.
En pratique, chez l’adulte, on administre 300 à 400 mg par jour selon les
modalités suivantes : 2 x 200 mg/jour ; Ou 3 x 100 mg/jour ; Ou 4 x 100 mg/
jour.
Les doses journalières de 300 à 400 mg ne s’administrent pas d’emblée aux
doses maximales.
Elles sont atteintes progressivement ;
A titre d’exemple, on peut présenter le schéma suivant :
- Le premier jour, on peut donner 1/16 de comprimé de 100 mg, c'est-à-dire
6,25 mg.
- Les deuxième et troisième jours, on administre 1/8 de comprimé de 100
mg, c'est-à-dire 12,5 mg ;
Just for Ariane Keto
110
- Les quatrième et cinquième jours, la posologie peut être de ¼ de
comprimé, c'est-à-dire de 25 mg ;
- Les septième et huitième jours, la dose journalière peut être de ½
comprimé, c'est-à-dire 50 mg ;
- Les neuvième et dixième jours, 100 mg peuvent être administrées alors que
le onzième jour, on peut donner 200 mg et le douzième jour 400 mg.
Lors du traitement, il est recommandé de :
Ne passer à la dose supérieure que lorsque le patient a supporté la dose
précédente.
Faire attention lorsqu’on a atteint la dose de 25 mg ;
Cette dose est une dose critique;
C’est à partir de cette dose que les complications thérapeutiques surviennent
(en l’occurrence l’encéphalite filarienne) ;
Les doses journalières peuvent être doublées chaque jour ou tous les deux
jours;
Comme traitement adjudvant, on administre des antihistaminiques non
stéroïdiens ou stéroïdiens (par exemple 100 à 300 mg d’hydrocortisone en IV
ou encore de l’astémisole 1 comprimé par jour).
B) Traitement chirurgical :
Il s’agit de procéder à l’extraction du ver adulte lorsqu’il passe sous la
conjonctive de l’œil.
7.2. Traitement préventif
Pour éviter les piqûres de chrysops, on a préconisé l’application sur la peau
de diéthylphtalate (plusieurs applications par jour).
On peut procéder à la chimioprophylaxie en donnant 100 mg de DEC par
semaine ou 50 mg , deux fois par semaine.
LA MANSONELLOSE A MANSONELLA PERSTANS
Just for Ariane Keto
111
Professeurs Odio W.,
Drs Mbula M., Situakibanza N.
1. Définition
C’est une filariose due à Mansonnella perstans.
2. Etiologie
Parasite responsable: mansonnella perstans ou Dipetalonema perstans ou
encore Acantocheilonema perstans;
Parasite qui n’a pas de périodicité (apériodique);
Ses adultes vivent à la base du mésentère dans le tissu péritonéal et
rétropéritonéal;
On peut retrouver des adultes dans la cavité pleurale ou péricardique;
Le stade infectant est la larve de type III.
3. Epidémiologie
1. Distribution géographique.
Cette filariose est rencontrée en Afrique et en Amérique tropicales;
Elle existe en RDC, au niveau de la cuvette centrale.
2. Mode de transmission et vecteur
• Contamination: par la piqûre du vecteur (diptère dénommé Culicoïdes, de
la famille de cerapogonidae);
Culicoïdes austerni et grahami peuvent transmettre le parasite.
4. Symptomatologie
Généralement l’affection est asymptomatique;
Lorsqu’elle est symptomatique, le patient présentera de:
- prurit;
- oedèmes de membres inférieurs;
- l’asthme;
- arthralgies et une hépatomégalie.
5. Diagnostic
On pose le diagnostic en recherchant les microfilaires dans le sang.
6. Traitement
Aucun traitement curatif contre la mansonnellose à [Link];
Toutefois certains médicaments ont été préconisés tels que :
Le lévamisole : 50 mg par jour ou
Le mébendazole : 2 x 100 mg par jour;
La durée de traitement est de 15 jours.
LA MANSONELLOSE A MANSONELLA STREPTOCERCA
1. Définition
Just for Ariane Keto
112
C’est une parasitose causée par un parasite dénommé mansonnella
streptocerca.
2. Etiologie
Agent causal: mansonnella streptocerca qui vit dans le tissu sous cutané
(derme);
Il est normalement apathogène;
Le stade infectant est la larve de type III.
3. Epidémiologie
3.1. Distribution géographique
Afrique centrale et occidentale;
En RDC, elle est fréquente dans la cuvette centrale et la partie forestière du
Mayumbe.
Cette filariose avait été décrite par le passé à Basankusu, Lisala, au Kasaï,
dans le Bandundu, le Kwango-Kwuilu, le Mayindombe, dans l’Uélé (Nepoko),
la Tshuapa (Equateur), à Kinshasa.
3.2. Mode de transmission et vecteur
• L’affection se transmet par la piqûre du vecteur,le culicoïdes grahami;
Ce vecteur est un ceratopogonidé.
Les larves du vecteur se développent dans les collections d’eau profonde ou
dans des gîtes humides riches en matières organiques (creux d’arbre,
bananiers coupés);
Leurs femelles sont hematophages.
4. Symptômes
L’affection est apathogène;
Lorsqu’elle est pathogène, elle est peu pathogène;
Elle se caractérise par:
- le prurit;
- la dermatite hypochromique chronique.
- la lymphadenopathie inguinale bilatérale.
5. Diagnostic
Comme pour O. volvulus, le diagnostic se fait par des scarifications ou des
biopsies cutanées;
La réaction de mazzoti se fait à 200 mg.
6. Traitement
On traite cette mansonnellose par la diethylcarbamazine;
Les effets secondaires sont en rapport avec la charge filarienne;
Il faut donner des doses progressives : 400 mg par jour en 2, 3, 4 prises.
PRISE EN CHARGE DU PALUDISME NON COMPLIQUÉ
Just for Ariane Keto
113
I. Objectifs
Général
Aider à réduire la morbidité et mortalité dues au paludisme
Spécifiques
Au terme de ce chapitre, l’apprenant doit être capable de:
Reconnaître les symptômes/signes d’un accès palustre non compliqué
Poser un diagnostic correct
Traiter adéquatement un accès palustre non compliqué
Appliquer et faire appliquer les mesures préventives du paludisme
II. Clinique
Manifestations non spécifiques
Céphalée
Asthénie
Courbatures
Nausées
Fièvre
Manifestations non spécifiques
Nuchalgies
Polyarthralgies
Lombalgies
Lourdeur de la tête
Myalgies, …
III. Diagnostic
Contexte épidémiologique
Éléments cliniques
Parasitologie
GE, Frottis mince
Immunologie
Tests rapides (Ac détectant les Ag plasmodiaux)
Biologie moléculaire
Western blot, PCR, …pour les études de chimiosensibilité, schéma de 42
jours
Note : Sérologie (très peu d’intérêt en zones
Impaludées
IV. Traitement
Rappel
Just for Ariane Keto
114
Apparition de résistance vis-à-vis du
traitement anti-palu en monothérapie
Molécule Année d’introduction 1ers cas de
résistance
Quinine 1632 1910 (278 ans)
Chloroquine 1945 1957 (12 ans)
Proguanil 1948 1949 (1 an)
SP 1967 1967 (< 1 an)
Méfloquine 1977 1982 (5 ans)
Atovaquone 1996 1996 (< 1 an)
Echecs Thérapeutiques à la CQ et à la SP chez les enfants de moins de 5 ans
avec Paludisme à P. falc, Mai 2000 - Novembre 2001, RDC
Kisangani
49%; 18%
Vanga Bukavu
49%; 5% 80%;9%
Kimpese
50%; 10% Mikalayi Kapolowe
Kinshasa 29%; 0% 34%; 4%
35%; 6%
Principes
Précoce (endéans 24 h dès l’apparition des premiers symptômes/signes
de la maladie)
Correct
Avec des médicaments efficaces faits de combinaisons thérapeutiques
à base d’artémisinine (ACT = Artemisinin-based Combination Therapy)
Si échec, transfert vers une structure de
santé habilitée pour R/Quinine per os ou en perfusion
Just for Ariane Keto
115
intraveineuse si aggravation
Avantages des dérivés d’artémisinine
- Courte demi-vie (condition nécessaire pour la combinaison)
- Disparition rapide des symptômes
- Réduction rapide de la charge parasitaire
- Grande efficacité sur les souches multi résistantes de P. falciparum
- Réduction de portage des gamétocytes
- Pas d’effets collatéraux délétères rapportés
Avantages des ACT
- Induire une action synergique et rapide
- Obtenir une action de longue durée avec destruction des parasites
résiduels
- Retarder l’émergence des souches résistantes
- Réduire la durée de la cure
PS: Les monothérapies ne sont pas recommandées dans les formes non
compliquées (simples) du paludisme
Indications: Formes non compliquées de paludisme à P. falciparum chez:
- Enfants
- Adultes
- Personnes vivant avec le VIH/SIDA
- Femmes enceintes aux 2ème et 3ème trimestres
Combinaisons thérapeutiques
SP+AS
SP+DHA
AQ+AS
AQ+DHA
ATM+LMF
SP=Sulfalène ou Sulfadoxine + Pyriméthamine
DHA=Dihydroartémisinine
AQ=Amodiaquine LMF=Luméfantrine
AS=Artésunate ATM=Artéméther
Posologies
SP : 1 cé / 20 kg
AQ : 10 mg / kg
AS : 4 mg / kg
DHA : 4 mg / kg
SP+AS : SP+AS en 1 prise au J1, AS seul aux J2-3
Tjrs en 1 prise
AQ+AS : 1 prise / j / 3j ; AQ+DHA : 1 prise / j / 3j
Just for Ariane Keto
116
Coformulation AS-AQ:
4,5-8 kg (2-11 mois) --- 1cé/j/3j (AS25 / AQ67,5)
9-17 kg (1-5 ans) ---- 1cé/j/3j (AS50 / AQ135)
18-35 kg (6-13 ans) ---- 1cé/j/3j (AS100 / AQ270)
≥36 kg (≥14 ans) ----- 2cés/j/3j (AS100 / AQ270)
ATM-LMF (coformulation) : 4 cés puis 4 autres cés, 8 h plus tard au j1; enfin 2
x 4 cés aux j2-3 ou 2 x 4 cés / j / 3j
Voie orale (Tenir compte de contre-indications)
Pour ATM-LMF, adapter la posologie, en Pédiatrie
Prévention
Pulvérisation intra domiciliaire d’insecticide à effet rémanent (2)
Assainissement péri et intra domiciliaire
Just for Ariane Keto
117
Just for Ariane Keto
118
Promotion de l’utilisation de la moustiquaire imprégnée d’insecticide
Just for Ariane Keto
119
V. Prévention (2)
Protection de la femme enceinte
MII
TPI à la SP aux 16ème et 28ème SA (16ème , 28ème et 32ème SA pour
la femme enceinte VIH positif)
à la consultation pré natale
Promotion de la lutte anti paludique
Communiquer pour le changement de comportement
Communication des masses
Promotion de l’habitat et du standing
PRISE EN CHARGE DE L’ACCÈS PALUSTRE GRAVE CHEZ L’ADULTE
0. Objectifs
Général
Aider à réduire la morbidité et la mortalité dues au paludisme
Spécifiques
Au terme de ce chapitre, l’apprenant doit être capable de:
Reconnaître les symptômes/signes d’un accès palustre grave
(compliqué)
Poser un diagnostic correct
Administrer un traitement adéquat
Appliquer et faire appliquer les mesures préventives du paludisme
I. Morbidité/mortalité globale
Paludisme: maladie parasitaire la plus répandue au monde
Just for Ariane Keto
120
300 à 500 millions d’accès palustres par an
1,5 à 2,5 millions de décès par an
90 % des cas en Afrique sub-saharienne
Plasmodium falciparum : espèce plasmodiale la plus féroce et la plus
retrouvée dans la même région (>95 %)
Anopheles gambiae : espèce vectorielle la plus impliquée
Paludisme, motif de 59 % des consultaions externes chez les enfants
de moins de 5 ans (PNLP, 2001)
48 % des hospitalisations dans le même groupe (PNLP, 2001)
41 % des consultations externes chez les femmes enceintes (PNLP,
2001)
Paludisme, 54 % des hospitalisations chez les femmes enceintes (PNLP,
2001)
72 % des transfusions sanguines pour anémie palustre (PNLP, CNTS,
2001-2002)
Paludisme, première cause de morbidité chez l’écolier congolais et
deuxième motif d’absentéisme scolaire (ESP, PNLP, 2002-2003)
Paludisme, responsable de 25 à 30 % de mortalité infantile (< 5 ans)
en RD Congo (PNLP, 2003)
II. Formes cliniques
Groupes cibles
Enfants de 6 mois à < 5 ans
Femmes enceintes
Immunodéprimés
Sujets naïfs ou assimilés
Vieillards
Expressions cliniques
Neuropaludisme (a)
Formes psychiatriques (b)
Î (a) + (b) = malaria cérébrale
Formes pulmonaires
Formes rénales
Formes digestives
Formes hypoglycémiques
Formes algides
Expressions cliniques
Formes hyperpyrétiques
Formes hémorragiques
Formes anémiques
Just for Ariane Keto
121
Convulsions généralisées
Formes hyperparasitémiques
Expression particulière :
Fièvre bilieuse hémoglobinurique
Autre expression clinique particulière :
Splénomégalie hyperréactive palustre (SHP)
• Long séjour en zone impaludée (P.f.)
• Splénomégalie chronique non fébrile
• Gêne abdominale
• Asthénie physique
• Pâleur cutanéo-muqueuse
• Pancytopénie avec bilan parasitologique pauvre
• Taux d’Ac anti-plasmodium significatif (Ig M)
Autre expression clinique particulière (SHP) :
• Traitement très controversé
Chloroquine au long cours
Méfloquine pour d’autres
Voire quinine
Prise en charge spécialisée
III. Diagnostic
Epidémiologie
Clinique
Parasitologie
Goutte épaisse, frottis mince
Immunologie
Test rapide (détection des Ag plasmodiaux)
Biologie moléculaire
Western blot, PCR (chimiosensibilité aux AP, schéma de 42 jours)
IV. Critères de définition de la gravité
Cliniques
Prostration
Altération de la conscience
Respiration acidosique
Convulsions répétées
Collapsus cardiovasculaire
Œdème pulmonaire
Diathèse hémorragique
Ictère
Hémoglobinurie macroscopique
(Test TUMA au papier blanc)
Biologiques
Just for Ariane Keto
122
Hémoglobine < 5 g / dL
Hématocrite < 15 %
Plaquettes < 20 000 / mm3
Glycémie < 40 mg / dL
Bicarbonates < 15 mEq / L
pH < 7,35
Lactatémies > 5 mmol / L
≥ 5 % des GR infectés
ou > 250 000 parasites / μL (sujets non immuns)
Créatininémie > 3 mg / dL
Diurèse < 400 ml / 24 h après réhydratation
(< 12 ml / kg / 24 h chez l’enfant)
Bilirubinémie totale > 50 μmol / L
V. Approche thérapeutique
Quinine
Dose de charge : 20 mg / kg dans 5-10 ml de glucosé à 5 % / kg en
perfusion IV pendant 4 h
12 h plus tard (par % au début de la 1ère perfusion), placer la 2ème
perfusion (10 mg / kg, même volume, même durée) qui sera répétée
toutes les 12 h
Ne pas dépasser 1,5g de Quinine base par 24 heures
Dès que possible, passer à la voie orale
Alors, 2 à 3x10 mg / kg / j de Quinine pour atteindre 5 à 7 j
La dose de charge est contre-indiquée si prise de Quinine dans les
précédentes 48 h ou de la Méfloquine dans les 7 j précédents
Actuellement, et selon l’OMS, on peut, aussi, prescrire, en phase aiguë,
en première intention et en monothérapie, dans les formes graves, les
dérivés d’artémisinine, par voie parentérale, sauf, au premier trimestre,
chez la femme enceinte
Ces molécules peuvent également être prescrites si la Quinine est
contre indiquée (ex en cas de Fièvre bilieuse hémoglobinurique, …)
Artéméther (IM)
Artémotil (IM)
α-ß Arteether (IM)
Artésunate (IV ou IM) ð en zone de faible
transmission
En Pédiatrie, on recourt, parfois, aux perfusions de Quinine en intra-
osseux
Just for Ariane Keto
123
Note : Le traitement AP est toujours accompagné de la prise
en charge des symptômes et complications
VI. Mesures préventives
Promotion de l’utilisation de la MII
Distribution/vente dans les zones de santé
Distribution/vente par le marketing social
Protection de la femme enceinte
MII
TPI à la SP aux 16ème et 28ème Semaines d’aménorrhée (16ème,
28ème et 32ème SA si VIH+)
APPROCHE PHYSIOPATHOLOGIQUE DU PALUDISME
PROF ODIO W., Drs N. SITUAKIBANZA, M. MBULA
Objectifs
Général
Aider à améliorer la compréhension des principes de traitements
antipaludiques
Spécifique
Au terme de ce chapitre, l’apprenant doit être capable de:
Décrire les mécanismes impliqués dans la survenue des crises
palustres
DES MECANISMES FORT INTRIQUES
Just for Ariane Keto
124
PHYSIOPATHLOGIE
PLASMODIUM
ENDOTOXINE Ag PLASMODIAUX
plPLASMODIALE
LT(CD4, GD, …), MACROPHAGE
IFN-G, IL1, IL3, TNF …
Tx PHYSIOLOG Tx ELEVE
DESTRUCTION DES
PROTECTION PARASITES
EFFETS MORBIDES
INTRAGLOBULAIRES
BAISSE DE L’INFECTIVITE
DES
GAMETOCYTES
DEPRESSION DE CYTO-ADHERENCE ACCRUE
L’ERYTHROPOIESE
ERYTHRO-PHAGOCYTOSE CEPHALEE
FIEVRE
HYPOGLYCEMI
E
THROMBOPEN
NEUROPALUDISME IE
OEDEME PULM AIGU TR DIGESTIFS
INSUFF HEPATIQUE ASTHENIE
ANEMIE etc
Just for Ariane Keto
125
PHYSIOPATHOLOGIE
EPURATION SPLENIQUE MULTIPLICATION INTRA-
ACCRUE DES GR INFECTES ERYTHTROCYTAIRE DU
VOIRE NON PARASITES PLASMODIUM
Tx HEMOGLOBINE
ANEMIE LIBRE ELEVE
HEMOLYSE
ATTEINTES
RENALES
Just for Ariane Keto
126
AU COURS DE LA GROSSESSE
PLASMODIUM
INFESTATION
FIEVRE MORT IN PLACENTAIRE
UTERO
PERTURBATIONS DES
VIA Pg E ECHANGES
MATERNO-FOETAUX
AVORTEMENT HYPOTROPHIE
ACCT PREMATURE FOETALE
Just for Ariane Keto
127
AU COURS DE LA GROSSESSE
CARACTERE IMMUNOLOGIQUEMENT
INONDATION
NAIF DE LA CIRCULATION DEPRESSION
OESTROGENIQUE
UTERO-PLACENTAIRE IMMUNITAIRE
DES ESPACES
VIS-A-VIS DU PALUDISME DE LA GROSSESSE
INTER-VILLEUX
AU COURS DES 1ères GROSSESSES
BAISSE DE
L’IMMUNITE LOCALE PRODUCTION
PAR SUPPRESSION ACCRUE DE CORTISOL
DES REPONSES AU COURS DES
LYMPHOPROLIFERATIVES PREMIERES GROSSESSES
ACCROISSEMENT DE LA SUSCEPTIBILITE
A L’INFECTION PALUSTRE
FORMES GRAVES DU PALUDISME
Just for Ariane Keto
128
AMIBIASE
0. OBJECTIFS
GENERAL
Aider à réduire la morbidité (mortalité) due à l’amibiase
SPECIFIQUES
Au terme de ce chapitre, l’étudiant doit être capable de:
Reconnaître les symptômes d’une crise d’amibiase
Poser un diagnostic correct
Administrer un traitement adéquat
Appliquer et faire les mesures préventives de l’amibiase
I. DEFINITION
Amibiase ou Amoebose, Maladie des mains sales d’origine parasitaire
II. EPIDEMIOLOGIE
Parasite : Entamoeba histolytica
3 formes
Forme végétative histolytica=E. histolytica histolytica=forme
hématophage : stade diagnostique
Forme végétative minuta=E. histolytica minuta: responsable
multiplication du parasite
Forme kystique : stade infectant
Cycle évolutif
Non pathogène : f. kystique et minuta
Pathogène : f. hématophage
III. CLINIQUE & DIAGNOSTIC
Amibiase intestinale
Amibiase extra-intestinale
Amibiase intestinale
A. intestinale aiguë (syndrome dysentérique)
Amoebomes(troubles digestifs divers)
Diagnostic
Selle
Rectoscopie
Histopathologie
Imagerie médicale
Complications
Just for Ariane Keto
129
Hémorragies digestives
Perforation intestinale
Atteinte hépatique ou autres (plèvre, cerveau, …)
Séquelles s/f de colite chronique post-amibienne(troubles fonctionnels
intestinaux)
A. extra-intestinale
- Hépatique
- Pleuro-pulmonaire
- Cérébrale (rare)
- Douleur exquise à l’hypochondre droit
- Fièvre élevée avec amaigrissement
- Hépatomégalie douloureuse
- Dans 30 % des cas, sd pleuro-pulmonaire associé
- Signes de localisation (forme cérébrale)
- Diagnostic
- Sd inflammatoire marqué
- Sérologie anti-amibienne
- Imagerie médicale (RX thorax, échographie, scintigraphie,
- CT scan …)
IV. TRAITEMENT
a. Prévention
Collectivité : adduction d’eau potable, construction de latrines et
installation de poubelles publiques
Hygiène alimentaire (prêt-à-manger)
Dépistage et traitement des porteurs asymptomatiques (restaurateurs,
vendeurs de vivres frais, pain, …)
Individu : hygiène fécale et alimentaire, bouillir l’eau de boisson ou la
filtrer, …
b. Curatif
Anti-amibiens mixtes (de contact et tissulaires), quelle que soit la forme
clinique
Métronidazole ou dérivés
A. intestinale
Métronidazole (Flagyl®)3x500 mg/j/10 j po (cés 250 mg, 500 mg)
Ou Tinidazole (Fasigyn®)2x1g/j/3j vs 3cés/prise/j/4j po (Cé 500 mg)
Ou Ornidazole (Tibéral®) 3cés/prise/j/3j po (cé 500 mg)
Anti-amibiens de contact
Manadiar 3x2 cés / j po cure 20 cés, …
Ou Meyamycine 3x2 cés / j po cure 20 cés
extra-intestinale
Just for Ariane Keto
130
En perfusion IV très lente, au début :
Métronidazole 3x500 mg(vial de 100 ml/500 mg) / j à raison de 1h30
par perfusion pdt 3 à 5 j(en général) puis po pour atteindre 10 j, au
moins
Ou Ornidazole 2x1 g(vial de 100 ml), idem
Traitement symptomatique
Antalgiques viscéraux(spasfon, papavérine, …)
Anti-pyrétiques(paracétamol, …)
Note : Giardiase(idem mais aussi albendazole 400 mg / j /5 j po)
THA
Prof W. ODIO, Drs N. SITUAKIBANZA, M. MBULA
Just for Ariane Keto
131
0. objectifs
Général
Aider à réduire la morbi-mortalité due aux trypanosomiases humaines
africaines
Spécifiques
Au terme de ce chapitre, l’étudiant doit être capable de:
Reconnaître les symptômes d’une trypanosomiase humaine africaine
Expliquer les mécanismes impliqués dans la survenue des
trypanosomiases humaines africaines
Poser un diagnostic correct
Administrer un traitement adéquat et bien prendre en charge ses effets
secondaires possibles
Appliquer et faire appliquer les mesures préventives des
trypanosomiases
I. Définition
Endémies tropicales africaines dues à des protozoaires flagellés
[Link]émiologie
Parasite : T. b. gambiense
T. b. rhodesiense
Vecteur : Glossine (mouche tsé-tsé)
Pour T. b. gambiense, d’intérêt majeur en RD Congo,
C’est le groupe palpalis (Glossina palpalis):
Glossina palpalis palpalis au Bas-Congo; G. fuscipes quanzensis pour
Kinshasa, Bandundu et les 2 Kasaï; G. f. fuscipes pour l’Equateur, la Province
Orientale et une partie du Maniema; G. f. martinii pour le reste du Maniema
et au Nord Katanga
En 2004, la RDC comptait 27.000 trypanosés recensés (70 % de tous les cas
africains)
Le mâle et la femelle sont hématophages ; Ils piquent l’homme et l’animal
La femelle pond 6 à 8 larves la vie, 3 à 10 % seulement deviennent
infestantes après un repas infecté
Autres modes de contamination :
transfusion sanguine
accident de laboratoire
voie congénitale
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132
Foyers :
BC : Manterne, Mpozo, Songololo, Territoire de Madimba
Kin : N’djili Brasserie, Lac de Ma Vallée, Chutes de la Lukaya, Maluku
Bdd : Kwamouth, Masimanimba, Popokabaka, Mushie, Nyoki
Eq : Makanza, Karawa, Bwamanda, Businga
PO : Bas-Uélé, Frontière Ougadaise
Kv : Kasongo, kabambare
Kasaï : Mbuji-mayi, Kabinda, Sankuru
Katanga : Haut-Lomami
III. Physiopathologie
IV. Clinique
Deux formes :
Après une incubation de 5 à 20 jours en moyenne
Forme sommeilleuse ouest-africaine à T. b. gambiense (évolution
chronique)
Forme aiguë est-africaine à T. b. rhodesiense (évolution aiguë)
a) Forme sommeilleuse
Phase hémo-lymphatique
Fièvre
Lymphadénomégalies
Hépato splénomégalie
Signes cutanés(trypanides)
Prurit
Œdème de la face(physionomie japonaise)
Phase cérébrale ou méningoencéphalitique ou de polarisation cérébrale
(Encéphalite mésenchymateuse péri vasculaire, sous phase précoce
encore chimiosensible, Encéphalite démyélinisante, sous phase
tardive d’origine auto-immune, non chimiosensible)
Fièvre persistante
Céphalée de longue durée
Manifestations neurologiques et / ou psychiatriques:
- Troubles sensitifs(signe de la clé de Kerandel ou de la poignée de
mains de Tuma)
- Troubles moteurs variés
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133
- Troubles du sommeil
- Signes méningés
Manifestations neurologiques et / ou psychiatriques:
- Troubles neuroendocriniens
- Troubles de comportement
Évolution vers une cachexie sommeilleuse terminale
b) Forme aiguë
Syndrome infectieux marqué
Amaigrissement rapide
Troubles myocardiques
Troubles hépatiques
Décès endéans 3 à 6 mois avant même la phase de
polarisation cérébrale
V. Diagnostic
Arguments indirects
Hémogramme
- Hyperleucocytose ( monocytes, plasmocytes, parfois vacuolisés appelés
cellules de Mott, )
- Plus de 15 % de lymphocytes PAS + à la coloration par l’acide périodique et
le Schiff (nl ≤ 6 %)
Protidogramme
-Immunoglobulines, surtout Ig M, très élevées
-VS très accélérée (100 à 150 mm à la 1ère heure)
Sérologie
-Immunofluorescence indirecte, Elisa, CATT, …
Arguments de certitude
-Mise en évidence du parasite dans : sang, suc ganglionnaire, suc médullaire,
foie, rein, rate, …
-Biologie moléculaire (PCR): Rechute ? Réinfection ?
-Autres :
Suratex (intérêt vétérinaire)
CIATT (card indirect agglutination test for trypanosomiasis)
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134
Ces 2 méthodes immunologiques sont fondées sur la détection d’un
Ag commun aux trypanosomes à l’aide d’un Ac monoclonal
Déjà validées par l’OMS, elles ont été mises au point par le Dr V.
Nantulya
VI. Traitement
Prévention
Rompre la chaîne de transmission
Agir sur :
Le vecteur
o Pièges de Challier-Laveissière, mieux, imprégnés
o Épandage d’insecticides
o Méthodes de stérilisation des glossines
L’homme
o Dépistage actif
o Dépistage passif (près de 20 % des cas d’après le PNLTHA) suivis d’une
PEC adéquate
Curatif
Mélarsoprol(Arsobal®) plusieurs posologies : 1,8 mg / kg; 3,6 mg / Kg; …En
3 séries de 3 injections séparées par un intervalle libre de 7 jours, en
milieu hospitalier obligatoire, après consentement éclairé du patient ou de
son tuteur, par écrit (idéal)
Voie d’administration : IV stricte, sous supervision médicale, sans dépasser
180 mg par prise
Note : bcp d’effets délétères (encéphalopathie arsenicale, …), problème de
résistance, contre-indications (cfr cours de parasitologie
médicale, …)
Actuellement, au niveau de l’OMS(TDR) : évaluation des schémas de
traitement courts à base de pentamidine, suramine et mélarsoprol
La mise au point récente par un chercheur congolais (RD Congo), le Pr B. K.
Kubata, d’un puissant trypanocide, à base de noix de kola (B. K. Kubata, et
all. Kola acuminata proanthocyanidins: a class of anti-trypanosomal
compounds effective against Trypanosoma brucei. International Journal for
Parasitology 35 (2005):91-103)
Just for Ariane Keto
135
LA TOXOPLASMOSE
Professeur Odio W.,
Drs Mbula M., Situakibanza N.
1. Définition
• C’est une parasitose cosmopolite causée par toxoplasma gondii.
2. Etiologie
• L’agent causal de la toxoplasmose est le toxoplasma gondii;
• C’est une coccidie, de la sous-classe des Eiméridés;
Just for Ariane Keto
136
• C’est un parasite intracellulaire obligatoire du système histiomonocytaire.
• Il existe sous 3 formes :
- Trophozoïte :
C’est la forme végétative à prolifération rapide;
Retrouvé dans les tissus et les liquides de l’organisme (histiocytes,
monocytes, liquide péritonéal souris).
Il est semi-lunaire, asymétrique, de 5 à 8 µm de long sur 2 à 5 µm de
large;
- Kystes :
C’est la forme latente capable de persister définitivement dans
l’organisme dans la maladie chronique.
Il provient d’une multiplication intense du parasite dont les éléments
produits s’accolent et s’entourent d’une membrane propre;
Il se localise au SNC et aux muscles.
- Oocystes :
C’est la forme de résistance et de dissémination;
Ils se localisent au niveau du tube digestif du chat;
Après avoir été rejetés en milieu extérieur, ils se transforment en
sporocystes en 1 ou 2 jours.
3. Epidémiologie
3.1. Distribution géographique
• La toxoplasmose est cosmopolite;
• L’affection est ubiquitaire;
• Elle est largement répandue au sein de la population générale.
• Séroprévalence: varie selon les pays et les populations étudiées;
• La RDC est concernée ;
• Séroprévalence RDC: 68,8% dans une enquête réalisée il y a quelques
années;
• Présence anticorps spécifiques: témoigne d’une infection ancienne.
3.2. Contamination
• Contamination par :
- Ingestion des oocystes mûrs contenus dans les aliments souillés par
des selles de chat faute d’hygiène.
- Ingestion des kystes toxoplasmiques vivants par consommation des
viandes insuffisamment cuites.
- Passage des trophozoïtes de la mère vers le fœtus si la mère est
infectée au cours de la grossesse;
- Inoculation des trophozoïtes par transfusion sanguine (situation rare).
3.3. Fréquence au cours du SIDA
• Fonction de la prévalence de l’infection à VIH au sein de la population;
• Elle est donc variable en fonction des pays et des populations.
4. Pathogénie
3 périodes dans la toxoplasmose acquise :
1) Première période (phase aiguë ou primaire) :
A cette phase:
Just for Ariane Keto
137
- Multiplication du parasite au niveau des cellules du système
histiomonocytaire;
- Diffusion du parasite dans tout l’organisme.
2) Deuxième période (période secondaire ou phase aiguë) :
• Progression du parasite limitée grâce aux défenses immunitaires ;
Cantonnement du parasite au niveau des tissus nerveux, musculaires et la
rétine.
3) Troisième période ou phase tertiaire :
• Etablissement équilibre entre les anticorps circulants et les kystes
quiescents.
• Ces 3 périodes sont généralement muettes ;
• La maladie est mise en évidence lors d’un dépistage systématique par
exemple chez la femme enceinte…).
• Infection à VIH:
- toxoplasmose cérébrale: due à une réactivation endogène des kystes
toxoplasmiques présents dans l’organisme, liée à la baisse immunitaire en
rapport avec le VIH.
- Survient chez des sujets qui ont moins de 200 lymphocytes CD4 par
mm3 et ayant une sérologie toxoplasmique positive et non soumis à une
prophylaxie antitoxoplasmique.
5. Symptômes
1. Toxoplasmose acquise
• Affection latente chez l’enfant et l’adulte;
• L’expression clinique, la gravité et la signification de la maladie est
fonction du type de toxoplasmose (congénitale ou acquise);
• La symptomatologie éventuelle est fonction des formes cliniques.
A. Forme bénigne :
1. Atteinte ganglionnaire
• Elle est la plus fréquente;
• Les adénopathies sont de petite taille, fermes, mobiles, non douloureuses
et non inflammatoires.
• Elles ne suppurent pas;
• Elles siègent le plus souvent en occipitale mais peuvent être
médiastinales (rare).
5. Symptomatologie
• Le patient peut présenter:
- des fébricules;
- de l’exanthème fugace;
- des myalgies;
- de l’asthénie.
2. Autres manifestations
• A la phase aiguë, différents viscères peuvent être atteints;
• L’atteinte peut être :
- Hépatique ;
Just for Ariane Keto
138
- Sanguine : sous forme de purpura thrombopénique, d’anémie
hémolytique ;
• - Myocardique.
- Neurologique : sous forme d’encéphalite, d’un syndrome cérébelleux ou
vestibulaire.
B. Formes graves :
• Elles sont exceptionnelles;
• Elles se rencontrent dans :
Les infections massives survenant au cours des infections de
laboratoire par exemple.
L’immunodépression : celle-ci peut être thérapeutique (en cas
d’utilisation d’immunosuppresseurs ou des corticoïdes par exemple);
Elle est également rencontrée dans les hémopathies malignes, le
lymphome et le SIDA).
• Les formes cliniques sont diverses :
- Il existe des formes disséminées qui constituent des maladies
infectieuses graves avec : fièvre, atteinte de l’état général, des arthralgies,
des éruptions cutanées, des signes pulmonaires, myocardiques, hépatiques
et cérébraux.
• Les formes de l’immunodéprimé s’accompagnent d’encéphalite abcédée
focalisée avec, convulsion et signes de latéralisation (hémiplégie ou
hémiparésie, ataxie, déficit sensitif, hémianopsie…).
• Les formes d’atteinte diffuse sans signes de localisation se manifestent
par des troubles de conscience avec convulsion (un tableau d’épilepsie
généralisée peut être observée).
• L’IRM peut mettre en évidence un abcès même si cliniquement il n’existe
aucun signe de latéralisation.
• En plus des signes rapportés, les patients peuvent présenter de la fièvre,
des symptômes d’hypertension intracrânienne : vomissements, céphalées,
troubles de la conscience…
• La toxoplasmose peut être inaugurale de SIDA;
• Elle est fréquemment mode d’entrée de SIDA chez des patients:
- dont la séropositivité est connue mais qui ne sont pas suivis
régulièrement ou ayant abandonné leur traitement.
Symptomatologie
- Elle est aussi mode d’entrée chez des patients dont la séropositivité
n’est pas connue.
• Les syndromes déficitaires sont d’intensité variable et d’installation
progressive;
• On peut également observer un syndrome cérébelleux.
• En dehors de l’encéphalite, on peut observer une choriorétinite dans les
atteintes ophtalmologiques.
Toxoplasmose congénitale
2.1. Transmission
• Le toxoplasme peut se transmettre de la mère à l’enfant au cours de la
grossesse;
Just for Ariane Keto
139
• Le fœtus est infecté si la mère est atteinte pendant la grossesse.
• Cela entraîne une infection placentaire;
• Il se produit une diffusion du toxoplasme dans le sang;
• Le risque d’infection est fonction de l’âge de l’atteinte du fœtus pendant
la grossesse.
2.2. Risque d’infection et gravité de la maladie.
• Lorsque l’atteinte a lieu :
- Au premier trimestre : l’infection fœtale est rare mais grave.
- Au deuxième trimestre : les caractéristiques sont intermédiaires entre
celles de l’atteinte du premier et du troisième trimestres;
- Au troisième trimestre : l’infection fœtale est plus fréquente mais
bénigne.
• En cas de toxoplasmose congénitale, on peut observer un avortement;
• Si l’enfant naît, il peut présenter une infection néonatale avec syndrome
hémorragique, ictère, hépatomégalie, splénomégalie, encéphalopathie.
Cela peut aboutir au décès.
• Des complications sont possibles :
- Hydrocéphalie avec convulsions, souffrance neurologique….
- Choriorétinite : les kystes se localisent au niveau de la rétine;
• La maladie peut parfois être latente.
6. Diagnostic
1. Neuroradiologie
1.1. La tomodensitométrie
1) lésions hypodenses centrales (ou présence d’un hyposignal)
multiples cernées par un anneau hyperdense après injection de produit de
contraste prise de contraste).
- hypodensité en périphérie de la lésion, en rapport avec un œdème
cérébral;
- Le tout donne une image en cocarde;
- lésions avec effet de masse (déplacement des structures médianes
comme le faux du cerveau ou des ventricules).
2) hyperdensités nodulaires arrondies;
3) hypodensités isolées;
Ces trois types des lésions peuvent être associées.
1.2. L’imagerie à résonance magnétique (IRM)
Examen plus sensible que le scanner;
Peut montrer des lésions précoces que le scanner ne met pas en
évidence;
Images: les mêmes que celles décrites en rapport avec le scanner.
• Les lésions se localisent au niveau de:
• L’hémisphère ;
• Les noyaux gris centraux ;
Just for Ariane Keto
140
• A la jonction de la substance blanche et de la substance grise ;
• Cervelet;
• Remarque : Le diagnostic différentiel: lymphome.
2. Examens sérologiques
• Par les examens sérologiques, on peut mettre en évidence les anticorps
antitoxoplasmes par les tests suivants (dans le sang ou le LCR):
- Le test de lyse (Dye test) ;
- L’immunoflurescence indirecte (IFI).
- La réaction de fixation de complément
- La réaction d’hémaglutination directe des toxoplasmes ;
- La réaction d’agglutination indirecte.
Le seuil significatif est de 1/1000 au laboratoire de parasitologie de la
faculté de Médecine de l’université de Kinshasa;
Les immunoglobulines M (Ig M) sont plus spécifiques;
L’intérêt de la recherche d’anticorps est de montrer l’existence de
l’infection ancienne.
• En cas d’image radiologique de masse intracérébrale et d’une sérologie
antitoxoplasmique négative, l’hypothèse de toxoplasmose doit être
exclue.
3. Examens cytobiochimiques
• Analyse du LCR: pas déterminante dans la démarche diagnostique car les
anomalies possibles mises en évidence sont inconstantes et non
spécifiques : hyperprotéinorrachie modérée et hyperlymphocytose peu
importante.
4. Mise en évidence de parasite
• Examens directs après prélèvement de sang, de moelle, de ganglion, de
placenta ou de fragment de cerveau.
• Mise en évidence est délicate;
• Biopsie cérébrale:
- plus réalisée en première intention;
- quand le traitement d’épreuve antitoxoplasmique est non concluant.
• Biopsie cérébrale: permet de poser le diagnostic d’autres pathologies tels
que le lymphome ou le leucoencéphalopathie multifocale progressive
(LEMP);
• Echantillons obtenus par biopsie cérébrale: à colorer au May-grünwald
giemsa.
• Cultures cellulaires (par inoculation du sang sur culture cellulaire);
• Inoculations du sang à la souris.
5. Polymerase chain reaction (PCR)
• peu sensible;
• n’aide pas tellement au diagnostic;
• Il s’agit de détection de l’ADN toxoplasmique par multiplication
génomique, dans le sang ou le LCR lors de toxoplasmose disséminée
systémique.
Just for Ariane Keto
141
• En pratique, il faut un faisceau d’argument pour poser le diagnostic de la
toxoplasmose:
- anamnèse: antécédents de VIH ou d’éléments en faveur de l’infection
à VIH (partenariat sexuel multiple par exemple, transfusion d’un sang non
contrôlé, IST).
- examen physique :
- traitement d’épreuve à la sulfadiazine et pyriméthamine, clindamycine et
pyriméthamine ou au cotrimoxazole ;
- imagerie médicale.
• traitement en urgence;
• traitement rapide: améliore le pronostic vital et neurologique et permet de
poser rapidement le diagnostic (épreuve thérapeutique).
• Le traitement comprend deux phases :
- Le traitement d’attaque;
- Le traitement d’entretien qui correspondant à la prophylaxie
secondaire.
N.B.: la prophylaxie primaire se fait avant que ne survienne la toxoplasmose.
• Les médicaments:
- Sulfadiazine: qui se présente en comprimé de 500 mg ;
• La pyriméthamine: comprimé de 25 mg.
• Le cotrimoxazole en comprimé et forme injectable:
- 400/80 mg et 800/160 mg (cotrimoxazole forte)
400 et 800 mg de sulfaméthoxazole;
80 et 160 mg de pyriméthamine).
• La clindamycine: capsules de 150 et 300 mg;
• L’atovaquone : un dérivé de la famille de l’hydroxynaphtoquinone qui
peut être utilisé en 3 ème ou 4 ème intention.
• Néanmoins, la réponse clinique est variable en fonction des variations
individuelles des taux plasmatiques et des taux intracellulaires du produit;
• Ce qui place la molécule en position 3 ou 4 dans le choix thérapeutique.
• La spiramycine et la roxithromycine sont inefficaces;
• La clarithromycine et l’azithromycine semblent efficaces en association
avec la pyriméthamine;
• Le dapsone a été également utilisé.
A. Traitement d’attaque
• La prise en charge de la toxoplasmose en traitement d’attaque se fait
selon différents schémas thérapeutiques. qui sont les suivants :
1. Premier schéma :
Traitement de choix et schéma de première intension:
- Sulfadiazine (Adiazine®) :
4 à 6 g par jour per os, en 4 prises;
La sulfadiazine s’administre avec la pyriméthamine.
Just for Ariane Keto
142
- La pyriméthamine : 50 à 75 mg par jour per os (avec possibilité d’une
dose de charge de 100 à 200 mg le premier jour dans les formes sévères);
La pyriméthamine ne s’administre pas seule.
7. Traitement
• A ces 2 médicaments (sulfadiazine et pyriméthamine), on associe l’acide
folinique à la dose de 15 mg par jour pour prévenir ou corriger les effets
secondaires (hématologiques) de la pyriméthamine et de la sulfadiazine.
• Ces deux molécules agissent en synergie en bloquant la synthèse des
folates qui sont indispensables au développement des trophozoïtes de
toxoplasme gondii.
• Leur association est responsable d’une toxicité hématologique (anémie);
• Ces deux molécules sont facilement absorbées par voie digestive et
traversent aisément la barrière hémato-encéphalique;
• On observe 80 à 90% de succès avec ce traitement.
2. Deuxième schéma :
• C’est le traitement de seconde intention et constitue une alternative
efficace (mais d’efficacité moins rapide) à l’association sulfadiazine et
pyriméthamine.
7. Traitement
• On utilise dans ce schéma :
La clindamycine : 2,4 mg par jour per os, en 3 ou 4 prises, associée à la
pyriméthamine : 50 à 75 mg par jour per os.
• On associe à cette association la’acide folinique 25 mg.
[Link]ème schéma :
• Le cotrimoxazole;
• La dose de cotrimoxazole est de 30 à 50 mg par de poids corporel de
sulfaméthoxazole ou 5 à 8 mg par kg de poids corporel de triméthoprime.
4. Quatrième schéma :
• L’atovaquone à la dose de 4 x 750 mg par jour;
• Le traitement d’attaque dure 6 à 8 semaines.
B. Traitement d’entretien
• Il correspond à la prophylaxie secondaire de la toxoplasmose;
• Il est maintenu tant que le taux de CD4 est inférieur à 200 par ml.
Traitement d’entretien: se fait parce que les médicaments administrés
en traitement d’attaque n’ont pas d’effets sur les kystes;
En cas d’arrêt de traitement d’attaque, il y a habituellement rechutes
dues au dékystement des kystes de toxoplasme.
1. Sulfadiazine-pyriméthamine :
• Le traitement d’entretien de référence associe pyriméthamine 25 mg par
à la sulfadiazine 2 g par jour.
2. Clindamycine-pyriméthamine :
• En cas d’intolérance de l’association sulfadiazine-pyriméthamine, on peut
recourir à l’association pyriméthamine
25 mg par jour et 1,2 g par jour de clindamycine;
Just for Ariane Keto
143
• Un taux de 25 % des rechutes est observé.
3. Atovaquone : 4 x 750 mg par jour;
4. Cotrimoxazole : 800/160 mg par jour chez l’adulte.
Traitement adjuvant
• Fait des anti oedémateux en cas d’hypertension intracrânienne ;
• On peut donner :
Dexaméthasone : à la dose de 240 mg par jour ;
Mannitol.
• Prophylaxie primaire: mise en route chez des sujets ayant :
- Une sérologie antitoxoplasmique négative ;
- Un taux de CD4 200 /ml ;
- Un rapport CD4/CD8 20%.
Les médicaments utilisés sont :
• - Le cotrimoxazole à la dose de 800/160 mg par jour ; une désensibisation
peut être réalisée en cas d’intolérance au cotrimoxazole.
7. Traitement
- Le dapsone à la dose de 50 à 100 mg par jour associé à la
pyriméthamine à la dose de 50 mg par semaine;
La prophylaxie peut être arrêtée en cas de remontée du taux de CD4
au-delà de 200/ml.
effets secondaires des médicaments utilisés
1. Association Sulfadiazine-pyriméthamine :
-Rash cutané : il survient dans 20 à 40% ; il s’accompagne de fièvre et
peuvent être grave dans 2% des cas (syndrome de Stevens-Johnson ou
Syndrome de Lyell).
• Cet effet secondaire est pris en charge, en cas de rash modéré, en
donnant des antihistaminiques et des antiseptiques (traitement
symptomatique);
• Les symptômes peuvent s’amender spontanément même si le traitement
n’est pas arrêté.
- Hématotoxicité : elle survient dans 10 à 30% des cas;
• On observe des effets tels que la leucopénie, l’anémie, la thrombopénie.
Ces effets secondaires sont plus imputables à la pyriméthamine.
Si les effets sont très sévères, il est recommandé de majorer les doses
de l’acide folinique, de suspendre éventuellement la sulfadiazine, en
maintenant la pyriméthamine ( en tolérant tout de même un certain dégré
d’hématotoxicité).
- Autres effets secondaires :
• Cytolyse hépatique ;
• Cristallurie responsable des coliques néphrétiques: d’où la nécessité de
boire beaucoup d’eau.
2. Clindamycine-pyriméthamine :
Just for Ariane Keto
144
Cette association donne également divers effets secondaires qui
représentent environ 60% :
- Rash cutané : il est rencontré dans 30 à 40% des cas. Il est moins
sévère que dans l’association sulfadiazine-pyriméthamine et nécessite
rarement l’arrêt de traitement;
- Diarrhée : dans 30% des cas, avec possibilté de colite
pseudomembraneuse ;
- Hématotoxicité : dans environ 30%.
8. Evolution de la maladie
• Le traitement de la toxoplasmose donne des meilleurs résultats lorsqu’il
est instauré précocement;
• Le traitement précoce garantit un meilleur pronostic vital et fonctionnel;
• La récupération se fait dans un délai de 2 à 10 jours.
• Les déficits moteurs peuvent demeurer sous forme des séquelles, le tout
dépend de l’importance des types de déficit moteur initial;
• Les images radiologiques disparaissent beaucoup plus lentement.
L’ISOSPOROSE
Professeur Odio w.,
Just for Ariane Keto
145
Drs Mbula M., Situakibanza N.
1. Définition
C’est une affection parasitaire causée par isospora belli caractérisée
cliniquement par la diarrhée et des douleurs abdominales.
2. Etiologie
Agent causal: isospora belli;
Coccidie, hôte spécifique de l’homme qui colonise les cellules intestinales
(intestin grêle : le jejunum et le duodenum).
3. Cycle évolutif
Le cycle à 2 phases :
- Sporogonie (sexuée) et
- Schizogonie (asexuée);
Les 2 phases se passent entièrement chez l’homme.
1. Cycle schizogonique : Transformation des trophozoïtes en schizontes à
plusieurs noyaux, dans l’entérocyte;
Eclatement des entérocytes et libération des mérozoïtes qui colonisent des
nouvelles cellules intestinales.
2. Cycle sporogonique : Transformation mérozoïtes en gamètes mâles et
femelles (macrogamètes);
Après fécondation: formation et libération d’un oocyste.
Après maturation: oocyste infectant en milieu extérieur;
L’oocyste se segmente en 2 sporocystes qui renferment chacun 4 trophoïtes.
4. Epidémiologie
1. Distribution géographique
Affection cosmopolite mais relativement plus fréquente en zones tropicale et
subtropicale.
2. Mode de transmission
Contamination après ingestion des oocystes mûrs;
Transmission directe d’homme à homme, par voie féco-orale;
3. Terrain
Survenue chez des sujets sains (immunocompétents) comme les
immunodéprimés.
5. Symptomatologie
Peut être asymptomatique;
Lorsque symptomatique: incubation 7 à 11 jours;
La maladie caractérisée habituellement par une diarrhée modérée;
Elle régresse spontanément en quelques jours ou semaines chez les sujets
sains.
Les tableaux sévères chez les immunodéprimés :
- diarrhée intense, sévère, d’allure chronique avec émission de plusieurs
selles par jour;
- stéatorrhée, syndrome de malabsorption et perte de poids.
Just for Ariane Keto
146
Les autres signes d’accompagnement: douleurs abdominales, fièvre,
flatulence, anorexie, malaises.
6. Diagnostic
Recherche des parasites dans les selles, le liquide d’aspiration duodénal
ou la biopsie duodénale;
Prévenir laboratoire de la recherche d’isospora belli.
Oocystes mis en évidence après coloration de ziehl neelsen modifié
(Kinyoun);
Coprocultures sur charbon: identification de l’espèce.
Biopsie: révèle:
- une atrophie villositaire;
- des infiltrats du chorion riche en éosinophiles et parasites (à tous les
stades);
La biopsie est parfois seul moyen pour poser le diagnostic.
7. Traitement
Diffère selon les auteurs;
Le médicament de choix:
- Cotrimoxazole: 30 à 50 mg par kg de poids de sulfaméthoxazole par jour
(800/160 mg, 4 fois par jour) pendant 10 jours ou 800/160 mg, 2 fois par jour
pendant 10 à 14 jours.
Autres schémas utilisés:
- Cotrimoxazole 800/160 mg, 4 fois par jour pendant 10 jours;
- puis cotrimoxazole 800/160 mg, 3 fois par semaine, à vie.
En cas d’allergie au cotrimoxazole, la pyriméthamine peut se donner à la
dose de 50 à 75 mg par jour en 2 ou 3 prises, plus l’acide folinique: 5 à 10
mg par jour,pendant 10 jours.
Autres traitements alternatifs:
- Ciprofloxacine: 2 x 500 mg/jour pendant 10 jours;
Autres traitements:
- Réhydratation;
- Nutrition;
- ARV.
Just for Ariane Keto
147
LES CRYPTOSPORIDIOSES
1. Définition et étiologie
• Elles constituent des parasitoses provoquées par la cryptosoridium
parvum;
• Cryptosporidium parvum est responsable des cryptosporidioses;
• Ce protozoaire se localise au niveau des entérocytes.
En occident, affections ayant existé avant la mise sur le marché des
antiprotéases (fréquence 25 à 30%);
Actuellement, forte réduction du nombre des cas de cryptosporidiose
sous antirétroviraux (car ne survenant qu’en dessous de 100 CD4/ml).
• Encore cause de diarrhée chez les immunodéprimés sans ARV et ayant
moins de 100 CD4/ml;
• Il existe 4 espèces de cryptosporidium;
• Schizontes localisés sous les bordures en brosse des entérocytes.
Oocystes libérés du tube digestif directement infectants.
2. Epidémiologie
Distribution géographique
• Affections cosmopolites.
3. Symptomatologie
Incubation : 2 à 4 jours;
Chez l’immunocompétent:
- maladie à diarrhée modérée, peu ou pas fébrile;
- diarrhée spontanément curable en 10 à 15 jours chez
l’immunocompétent.
Dans le SIDA, la diarrhée est massive, cholériforme, accompagnée des
douleurs abdominales, fièvre et déshydratation;
Des atteintes vésiculaires et pulmonaires ont été décrites.
4. Diagnostic
• Examen des selles par la technique de ziehl modifié (Kinyoun);
• Biopsie du colon ou du grêle : mise en évidence oocystes après coloration
de Ziehl-Neelsen modifié.
5. Traitement
• Il n’y a aucun traitement efficace actuellement;
• Plusieurs médicaments ont été essayés mais n’ont pas fait de preuve.
IV. LES MALADIES BACTERIENNES
Just for Ariane Keto
148
LA FIEVRE ET L’HYPERTHERMIE
Plan de la présentation
Objectifs
Définition des concepts
Thermorégulation
Variations circadiennes de la température
Pathogénie de la fièvre
Caractéristiques de la fièvre
Origine de la fièvre
Attitude à adopter face à la fièvre
1. Objectifs
Objectif général
A la fin de ce chapitre, l’apprenant devra être capable de prendre en charge
un patient présentant de la fièvre
Objectifs spécifiques
A la fin de ce chapitre, l’apprenant devra être capable de:
- Définir les concepts de fièvre et d’hyperthermie;
- Expliquer les mécanismes de thermorégulation;
- Citer les variations circadiennes normales de la température;
- Expliquer la pathogénie, les caractéristiques et l’origine de la fièvre;
- Expliquer l’attitude à adopter face à la fièvre;
2. Définition des concepts
Fièvre
- Elévation de la température corporelle au-delà des valeurs circadiennes
normales due à un changement du centre thermorégulateur (élévation du
point d’équilibre);
-Symptôme cardinal des maladies infectieuses;
- Peut être due à des pathologies non infectieuses: immunologiques,
inflammatoires, néoplasiques, traumatiques etc…
Hyperthermie
Just for Ariane Keto
149
-Elévation de la température corporelle due à une élévation de la
température centrale alors que le point d’équilibre hypothalamique est
normo thermique
(non élévation du point d’équilibre);
- Le trouble de contrôle de régulation thermique est dû à :
- une production excessive de la chaleur;
- Une baisse de la dissipation de chaleur;
- Une perte de la fonction de régulation du centre thermorégulateur
hypothalamique.
3. La Thermorégulation
L’homme est un homéotherme (t° corporelle variant dans des limites fixes
malgré les variations environnementales).
Ceci grâce à l’action du centre thermorégulateur (localisé dans
l’hypothalamus antérieur) qui réalise un équilibre entre la production et la
déperdition de la chaleur.
Des neurones partent de la région pré-optique de l’hypothalamus
antérieur (et de l’hypothalamus postérieur) et reçoivent 2 types de
signaux:
- l’un par des nerfs périphériques en contact avec des récepteurs qui
fournissent des informations sur la température ambiante (récepteurs de la
chaleur et du froid).
- l’autre par la température du sang circulant (dans lequel baigne
l’hypothalamus).
- ces 2 signaux sont intégrés par le centre thermorégulateur qui
maintient la température normale, entre 37°c et 38°c pour les organes
internes
Ce qui correspond à la température centrale.
On obtient la meilleure mesure de la température centrale au niveau du
bas œsophage et des gros vaisseaux.
Normalement, la production de l’organisme en chaleur est supérieure aux
besoins nécessaires pour maintenir la température centrale à 37°c ;
L’organisme contrôle la température par le biais de l’hypothalamus par la
déperdition de la chaleur par divers mécanismes.
Les neurones de la région pré-optique de l’hypothalamus antérieur
susmentionnés sont vascularisés par un réseau vasculaire riche et
perméable. Ce réseau spécialisé s’appelle organum vasculorum laminae
terminalis.
Les cellules endothéliales de ce réseau libèrent les dérivés de l’acide
arachidonique au contact des pyrogènes endogènes de la circulation
sanguine.
Par ses effets sur la production et sur la déperdition de chaleur, grâce à 2
mono-amines (sérotonine et noradrénaline), le centre thermorégulateur
maintient la température dans les limites des variations circadiennes.
Just for Ariane Keto
150
La sérotonine est thermogénique alors que la noradrénaline est
thermolytique.
Thermogenèse.
La production de la chaleur se fait par combustion des protéines, des
lipides et des glucides au niveau du foie et des muscles striés
essentiellement.
La combustion d’un gramme de protéine ou de glucide produit 4 calories
alors que celle des lipides aboutit à la production de 9 calories.
L’organisme produit plus de chaleur qu’il n’en faut.
Une partie de la chaleur produite doit être dissipée.
Le contrôle de la température revient donc à l’hypothalamus par
l’équilibre qu’il maintient entre la production et la dissipation de la
chaleur.
Thermolyse.
La déperdition de la chaleur se fait par :
La conduction : passage de chaleur entre 2 objets en contact. Il se
produit une conductilité entre la surface corporelle et les éléments ou les
objets à son contact (les métaux, l’eau par exemple). La conduction joue
un rôle faible dans la déperdition de la chaleur chez l’homme.
La convection : passage de chaleur par un mouvement des molécules de
gaz ou des liquides. Il y a déplacement au sein du fluide ambiant (l’air ou
l’eau) des particules éloignées. Ce facteur joue un rôle important. Il
dépend de :
- La chaleur spécifique du milieu ambiant (faible pour l’air).
- La vitesse de renouvellement
La radiation:
- passage de chaleur entre 2 objets qui ne sont pas en contact.
- transmission de chaleur à travers le milieu ambiant par ondes
électromagnétiques (surtout par les infrarouges).
- émission ou réception de chaleur à travers l’air (par exemple:
exposition du corps au soleil ou à un radiateur).
L’évaporation : déperdition de chaleur par évaporation d’eau à la
surface de la peau et des muqueuses respiratoires. Elle se fait donc aux
dépens de la sueur, de l’eau qui imprègne la peau, s’il n’y a pas de
sueur.
Just for Ariane Keto
151
4. Valeurs normales de la température corporelle.
Etre humain=homéotherme. Sa température corporelle varie dans des
limites fixes, grâce au contrôle hypothalamique.
Animaux= poïkilothermes (températures variant en fonction de la
température ambiante).
Température moyenne normale: définie par Wunderlich il y a plus de
120 ans.
Elle a été fixée à 37°c (98,19°F). Selon cet auteur, le matin, la
température se situe entre 36°c et 37°c et le soir entre 37,1°c et
37,4°c. A partir de 37,5°c, on parle de fièvre.
La température minimale est atteinte à 6 heures du matin et la
température maximale entre 16 et 18 heures.
Actuellement, l’on considère dans une population normale (sujets âgés
de 18 à 40 ans) que la température mesurée par voie orale à 6 heures
est de 37,2°c au plus (98,9°F) et à 16 heures de 37,7°c( 99,9°F ).
Sont considérées comme fièvres toutes températures supérieures à
37,2°c, à 6 heures du matin ou à 37,7°c à 16 heures. Les variations
circadiennes de la température sont de 0,5°c à 1°c.
N.B.: ces valeurs sont différentes selon les auteurs.
En ce qui concerne les organes internes, le cerveau et le foie ont des
températures avoisinant 38°c ; quant à la peau, sa température est
basse par rapport à la température des organes internes.
D’où la t° prise à l’aisselle, la bouche, l’anus etc est légèrement
inférieure à la t° des organes internes qui est proche de la température
centrale.
La température axillaire est inférieure de 1°c par rapport à la
température centrale. Les températures orale et rectale reflètent la
température centrale mais la température orale est souvent inférieure
à cause de la respiration (elle est rapide dans les affections
respiratoires par exemple).
La température des urines fraîchement émises reflète également la
température centrale.
En pratique clinique courante, la température orale mesurée
correctement donne une bonne approximation de la température
centrale.
Le centre thermorégulateur localisé au niveau de l’hypothalamus
antérieur maintient la température normale.
Just for Ariane Keto
152
Il existe des variations de la température liée à :
- L’activité génitale :
Chez la femme, la température s’élève de 0,2°c à 0,6°c après l’ovulation
jusqu’aux règles.
- La saison : des variations saisonnières de température peuvent être
observées.
- Des phénomènes physiologiques tels que la grossesse, les repas
(périodes post-prandiales), des facteurs endocriniens (comme l’hormone
thyroïdienne), l’âge, l’effort musculaire…peuvent entraîner une élévation de
la température.
- Des individus : certains sujets peuvent avoir une température à 38°c
sans qu’elle ne soit pathologique.
5. Pathogénie de la fièvre.
La fièvre est souvent due à des causes infectieuses.
Il existe des causes non infectieuses (inflammation, néoplasies,
maladies d’origine immunitaire, traumatisme…).
La fièvre fait suite à une cascade d’événements:
Pyrogènes: substances induisant une fièvre. Il existe des pyrogènes
exogènes et endogènes.
Pyrogènes exogènes
facteurs stimulants qui déclenchant les mécanismes
pathogéniques à la base de la fièvre.
Ils proviennent de l’environnement (en dehors de l’hôte). Ils
sont constitués de :
- des microorganismes : bactéries, virus, parasites, champignons.
- des produits des microorganismes :
Le lipopolysaccharide (LPS) des bactéries gram- = endotoxine. Le
LPS est le pyrogène le mieux étudié. On le trouve sur les
membranes des bactéries gram- et fait partie d’un groupe
hétérogène des molécules communes à ces bactéries.
L’acide lipotéichoïque, le peptidoglycane, diverses exotoxines et
entérotoxines des bactéries gram+ etc. Ces pyrogènes sont
également puissants.
Les pyrogènes exogènes induisent la formation des pyrogènes endogènes
par action sur certaines cellules dont les monocytes et les macrophages.
Ils ont aussi la possibilité d‘agir directement sur le cerveau sans
passer par la production des pyrogènes endogènes.
Pyrogènes endogènes.
de nature polypeptidique;
Just for Ariane Keto
153
produits localement ou par voie générale par différentes
cellules dont les macrophages et les monocytes qui les produisent
après avoir été stimulés par les pyrogènes exogènes.
Ils passent par la circulation sanguine et provoquent la fièvre en agissant sur
le thermostat hypothalamique.
Les pyrogènes endogènes sont regroupés sous le nom général de
cytokine: polypeptides issus des diverses cellules :
- macrophages ;
- monocytes ;
- cellules épithéliales ;
- kératinocytes ;
- fibroblastes ;
- hépatocytes ;
- cellules endothéliales ;
- cellules musculaires lisses et gliales ;
- lymphocytes NK ;
- astrocytes etc
Les pyrogènes endogènes peuvent se comporter comme des
pyrogènes exogènes et libérer des pyrogènes endogènes responsables
de fièvre. C’est le cas de certaines cytokines telles que l’interleukine-2,
l’interferon, l’interleukine-1, le TNF…), des acides biliaires, des
métabolites d’hormones stéroïdes…
Difficile de distinguer un pyrogène exogène d’un pyrogène endogène.
Les pyrogènes endogènes les plus importants parmi les cytokines
sont :
- l’interleukine 1α ;
- l’interleukine1β ;
- le tumor necrosis factorα et β ( TNFα et β );
- l’interféron α (IFN α) ;
- l’Interleukine-6 (Il-6).
En expérimentation, l’injection des pyrogènes endogènes à l’homme
fait apparaître la fièvre et des frissons. Les plus pyrogènes des
cytokines précitées sont l’interleukine-1α et l’interleukine-1β ; à
certaines doses, le TNFα provoque aussi des frissons et de la fièvre.
Pathogénie de la fièvre proprement dite.
Différents facteurs (agents infectieux, toxines, cellules
tumorales, médiateurs de l’inflammation etc) stimulent les
monocytes, les macrophages, les cellules épithéliales et d’autres
types cellulaires.
Ces cellules vont libérer des cytokines pyrogènes,
particulièrement l’Il-1, le TNF, l’Il-6, l’IFN.
Just for Ariane Keto
154
Ces cytokines pyrogènes vont atteindre, via la voie sanguine,
l’hypothalamus et vont agir sur le réseau vasculaire spécialisé mentionné ci-
dessus.
Aux contacts des pyrogènes endogènes, cette structure va induire la
sécrétion des métabolites de l’acide arachidonique dont les
prostaglandines E2 (PGE2= puissant facteur pyrogène) et d’autres
médiateurs qui provoquent la libération de l’AMP-cyclique qui élève le
point d’équilibre thermorégulateur.
Avec le nouveau point d’équilibre élevé, un signal va en périphérie à
destination des nerfs efférents (fibres sympathiques innervant les
vaisseaux) et provoquent une vasoconstriction avec conservation de la
chaleur.
Le centre thermorégulateur envoie des messages au cortex cérébral;
Conséquence:
- changement de comportement recherche d’un environnement
chaud (habillement chaud) et adoption d’une posture spéciale.
- élévation température corporelle de 2 ou 3°c.
En cas des besoins plus accrus de chaleur au niveau de
l’hypothalamus, des frissons apparaissent (contractions musculaires
involontaires) en vue d’augmenter la production de la chaleur.
Le cycle de conservation de la chaleur et la hausse de la production de
la chaleur va persister jusqu’au moment où la température du sang
dans lequel baigne les neurones de l’hypothalamus correspondent au
niveau du nouveau point d’équilibre qui est en hausse.
Le point d’équilibre peut baisser en cas d’administration d’inhibiteurs
de cyclooxygénase (inhibiteurs de la synthèse de prostaglandine
comme l’aspirine ou l’ibuprofen.
Baisse température par l’acetaminophen= due au métabolisme du
médicament par les cytochromes du cerveau ou l’inhibition de la
cyclooxygénase cérébrale.
La dissipation de la chaleur se fait par vasodilatation et la transpiration
à travers la radiation et la conduction par la peau.
Il existe des antipyrétiques endogènes capables de modifier la capacité
des pyrogènes endogènes à produire les prostaglandines tels que :
- L’arginine-vasopressine ;
- L’adrenocorticotropine ;
- L’hormone mélanotrope ;
- L’hormone corticotrope
La fièvre peut baisser par l’administration:
Des antagonistes spécifiques des cytokines, comme l’antagoniste de
l’Il-1 ou des protéines spécifiques de liaison de TNF
Just for Ariane Keto
155
Des cytokines inhibitrices (facteur de croissance ;l’Il-4 et l’Il-10 qui
inhibent la production des pyrogènes majeurs) ;
6. Clinique de la fièvre
Signes accompagnant la fièvre.
La fièvre peut s’accompagner des divers signes :
- douleur dorsale ;
- myalgie généralisée ;
- arthralgie, anorexie et somnolence ;
- frissons;
- horripilation (chair de poule);
- grelottement sévère avec grand frisson;
- inconfort et épuisement (accompagnant les frissons).
- modifications de la conscience et convulsions (nourrissons et enfant de
moins de 5 ans)
- épilepsie ;
- pouls dissociés;
- bradycardie.
7. Caractéristiques de la fièvre
Selon le mode d’apparition.
La fièvre peut être brutale ou progressive.
Selon l’horaire.
La fièvre peut être matinale ou vespérale.
Selon l’intensité.
- Lorsque la température est à située entre 37,5°c et 38°c, la fièvre est
légère (fébricule).
- Au-dessus de 38°c jusqu’à 39°c, la fièvre est moyenne.
- Au-delà de 39°c jusqu’à 41°c la fièvre élevée.
Quand la température dépasse 41°c, on observe des convulsions.
Des lésions cérébrales peuvent survenir quand la température est
supérieure à 42° (dénaturation des protéines suite à une inhibition
enzymatique).
A 43°c, il y a décès.
A 33°c, une perte de connaissance peut s’en suivre ;
Entre 29°c et 30°c, le cœur entre en fibrillation ventriculaire.
Just for Ariane Keto
156
Selon la courbe.
-La fièvre en plateau.
Les températures matinale et vespérale sont autour du même chiffre. Les
variations de la température sont inférieures ou égales à 1°c ; Ce type de
courbe est rencontré dans la fièvre typhoïde.
-La fièvre oscillante ou hectique.
La température varie entre 37°c et 40°c au courant de la même. Ce sont
des fièvres prolongées à grandes oscillations avec amaigrissement et
altérations de l’état général. Cette courbe est rencontrée dans le sepsis.
-La fièvre intermittente.
La température atteint 39°c, 40°c et 41°c certains jours séparée des jours
sans fièvre. Cette courbe est rencontrée dans la malaria.
-La fièvre rémittente.
C’est une fièvre qui s’accompagne des rémissions de 1°c ou 2°c entre la
température matinale et vespérale mais la température ne revient jamais à
la normale. Exemples : la tuberculose ou l’endocardite.
-La fièvre ondulante.
On observe des ondes fébriles de 2 3 semaines. La température du début
s’élève chaque jour de quelques dixièmes de degré pour atteindre 40°c en 1
semaine. Elle se retrouve dans la maladie d’Hodgkin et la brucellose.
-Les fébricules.
Ce sont des petites fièvres peu élevées (37,5°c à 38°c).
Exemple : petites suppurations localisées.
8. Origine de la fièvre
Selon l’origine de la fièvre, on distingue :
- la fièvre en général.
- la fièvre d’origine inexpliquée.
A. La fièvre en général.
- Les infections et les maladies parasitaires : 87,7% des cas ( Odio, Kinshasa
).
Les maladies parasitaires: la malaria, la trypanosomiase, l’amibiase
hépatique, la toxoplasmose et la schistosomiase.
Les maladies bactériennes:la tuberculose, l’angine, l’infection urinaire,
la méningite, la shigellose, les salmonelloses, l’endocardite, la
pneumonie, le sepsis, l’otite aiguë etc.
Les maladies virales:hépatite, grippe, varicelle, rougeole, oreillons,
SIDA etc
- Les collagénoses et les maladies vasculaires: 1,3% (Odio, Kinshasa).
Just for Ariane Keto
157
Le lupus érythémateux disséminé (LED);
Le rhumatisme articulaire aigu (RAA);
La goutte;
Les phlébites;
L’embolie pulmonaire;
Les accidents vasculaires cérébraux etc.
- Les néoplasmes et les hémopathies:1% (Odio, kinshasa).
La maladie de Hodgkin;
Les leucémies;
L’hépatocarcinome;
Les néoplasmes divers (rein, colon, sein)
- Maladies dues à des champignons:
Le cryptococcus neoformans;
L’histoplasma;
Le candida;
L’aspergillus etc
- Les causes diverses:
Les fièvres sans diagnostic.
Le traumatisme et les brûlures.
Les allergies
B. La fièvre d’origine inexpliquée (FOI).
Définition.
Selon Petersdorf et Beeson (1961): 3 critères ; il s’agit d’une fièvre dont :
La durée dépasse 3 semaines
L’intensité est supérieure ou égale à 38,3°c (101°F) à plusieurs
reprises
L’étiologie n’est pas déterminée 1 semaine après investigation
(approfondie) en milieu hospitalier
Classification.
Nouvelle classification proposée par Durack et Street :
a. FOI classique :
Elle est définie par une fièvre :
Qui dure 3 semaines (certains auteurs acceptent 2 semaines) ;
Dont l’intensité est supérieure ou égale à 38,3°c ;
Avec 3 visites externes ou 3 jours d’hospitalisation sans qu’une
cause ne soit trouvée
Just for Ariane Keto
158
b. FOI nosocomiale :
Fièvre ≥ à 38,3°c à plusieurs reprises ;
Patient hospitalisé ayant des soins intensifs et n’ayant pas eu une
infection à son admission ;
Trois jours d’investigation avec au moins 3 jours d’incubation des
cultures bactériologiques.
Diagnostics des FOI nosocomiales :
Embolie pulmonaire ;
Infection virale transmise par transfusion sanguine ;
Fièvre médicamenteuse
c. FOI neutropénique :
Fièvre à 38,3°c à plusieurs reprises ;
Patient neutropénique < 500 polynucléaires par mm3 ;
Fièvre sans cause particulière déterminée après 3 jours
d’investigation incluant 2 jours d’incubations des cultures.
Causes:
infections bactériennes localisées ou généralisées. Il s’agit des
infections à partir des cathéters (causes de thrombophlébite). On peut
avoir :
Une candidose ;
Une aspergillose ;
Infections virales : herpès simplex ou cytomégalovirus
Non traitées complications graves.
d. FOI associée au VIH :
Température est à 38,3°c à plusieurs reprises ;
Fièvre dure au moins 4 semaines ;
Patients en ambulatoire ou hospitalisés depuis plus de 3 jours sans
que l’étiologie ne soit précisée
Il faut considérer 2 jours nécessaires aux incubations des cultures.
Etiologies possibles:
L’infection à VIH elle même ;
L’infection à cytomégalovirus ;
L’infection par mycobacterium avium intracellulare
(MAI) ;
La tuberculose, les salmonelloses;
La toxoplasmose;
L’histoplasmose, la cryptococcose, la
pneumocystose ;
Le lymphome malin non Hodgkinien ;
Les fièvres médicamenteuses ;
Causes de FOI
Just for Ariane Keto
159
Causes Jacoby (USA) Odio (RDC)
Infections 40 70
Néoplasmes 20 7
Collagénoses 15 2
Causes 25 21
diverses
9. Attitude pratique devant la fièvre
Devant une fièvre, il faut :
faire une anamnèse fouillée ;
faire un examen physique détaillé à la recherche d’un foyer infectieux ;
demander des examens complémentaires.
a. Anamnèse fouillée:
Histoire affection avec plaintes et chronologie des symptômes;
Préciser début et circonstances d’apparition de la fièvre.
Préciser les prises des médicaments (auto-médication et
médicaments prescrits par le personnel médical) ;
Préciser les traitements chirurgicaux et soins dentaires subits
antérieurement (consigner dans le dossier).
Tous les matériels de types prothèses et autres doivent être
identifiés quant à leur nature.
L’anamnèse doit porter sur:
- les activités professionnelles;
- les morsures d’animaux;
- les fumées toxiques;
- des contaminations possibles par des agents infectieux;
-des contacts avec des personnes atteintes des maladies infectieuses
contagieuses à la maison, au lieu de travail ou à l’école (notion de
contact de rougeole, d’hépatite, de fièvre typhoïde, de choléra).
- l’histoire familiale qui doit être bien établie pour rechercher :
la présence des affections fébriles, des pathologies articulaires ou
des collagénoses, des symptômes familiaux comme l’urticaire, la
polysérosite, des douleurs osseuses ou l’anémie.
les séjours dans des zones d’endémies de certaines maladies
(trypanosomiase).
L’anamnèse doit rechercher aussi:
des habitudes inhabituelles;
des habitudes alimentaires consistant à manger de la viande crue ou
insuffisamment cuite, des poissons crus…
Just for Ariane Keto
160
S’informer sur:
- les pratiques sexuelles du patient;
- les relations sexuelles (protégées ou pas);
- la prise de tabac, d’alcool, des drogues en IV;
- des traumatismes, des piqûres d’insectes;
- médicamenteuses ou d’hypersensibilités
- les notions de transfusions, de vaccinations, d’allergies;
- certaines pathologies sont associées à des races déterminées
(sicklanémie chez les noirs, fièvres méditerranéennes chez les Turques, les
Juifs, les Arabes, les Arméniens).
Étudier la courbe de température (prise d’antibiotiques, des corticoïdes et
d’antipyrétiques ne permettent pas d’avoir des courbes classiques).
Les courbes de t°donnent des indications sur l’origine de la fièvre.
b. Examen physique détaillé.
Examen physique méticuleux à intervalle régulier à la recherche des
foyers infectieux.
Tête et cou :
- la peau : furoncles, abcès, plaies surinfectées ou autres lésions
responsables de fièvre au niveau de la face, du cuir chevelu.
- les yeux : rechercher :
un ictère ;
une pâleur (anémie) conjonctivale ;
une infection conjonctivale.
- le nez : rechercher l’existence d’un catarrhe occulo-nasal.
- les oreilles : on notera la présence d’une douleur provoquée par la
pression du tragus ou des sécrétions purulentes (otorrhée purulente), un
tympan bombant…
- le sinus : des points douloureux au niveau des sinus seront recherchés.
- la bouche : examen de la bouche recherchera des gengivorragies, des
taches de Koplick, un muguet ou des abcès dentaires…
- L’examen de l’arrière-gorge doit être effectué à la recherche d’une
angine.
- le cou : raideur de la nuque?
des adenomégalies?
Le thorax :
- les poumons : râles? Matité? frottement?
- Le coeur : arythmie? Souffle? assourdissement des bruits cardiaques?
L’abdomen :
- ballonnement abdominal?
- sensibilité du cadre colique? de la fosse iliaque droite?
- des points costolombaires? de la rate et du foie?
- hépatomégalie et /ou une splénomégalie?
Just for Ariane Keto
161
- sensibilité des points de Mac Burney et de Murphy ?
- prostate augmentée de volume et sensible ;
- cul de sac douloureux et contenant masses?
- pertes génitales louches (toucher vaginal: possibilité sensibilité annexes,
taches de traumatisme en cas d’avortement).
Les membres : signes évocateurs d’une arthrite? ou d’une phlébite?
Examens complémentaires.
- La fièvre = symptôme fréquent des maladies infectieuses;
- peut faire évoquer une multitude des diagnostics.
- le diagnostic peut être simple (peu complexe) par exemple un accès
palustre simple, une grippe, une fièvre typhoïde, une angine
(Streptococcique) etc.
Le diagnostic peut être complexe et nécessiter des examens
complémentaires complexes par exemple en cas de FOI.
Commencer par les examens les plus simples puis les plus complexes après.
Privilégier les examens conduisant au diagnostic de certitude
Apprécier le rythme, la complexité des examens à réaliser en fonction des
diagnostics envisagés et de l’état immunitaire des patients.
Examens d’orientation :
Hématologique :
numération des globules blancs avec la formule leucocytaire identifiant :
les éosinophiles ;
les formes jeunes ou à bandes, des granulocytes toxiques et des corps
de Döhle (signes d’une infection).
On peut observer une neutropénie en cas de :
- infections virales ;
- fièvres médicamenteuses ;
- lupus érythémateux disséminé ;
- fièvre typhoïde ;
- brucellose;
- infiltrations médullaires (lymphomes, leucémie ) ;
Une lymphocytose est rencontrée dans :
- la fièvre typhoïde ;
- la tuberculose ;
- les infections virales (VIH, CMV, EBV, rubéole, varicelle, dengue,
hépatite);
Monocytose: fièvre typhoïde, lymphomes, brucellose, tuberculose;
Eosinophilie: allergies médicamenteuses, maladie d’Hodgkin,
insuffisance surrrénalienne
Just for Ariane Keto
162
Biochimique :
- les transaminases ;
- l’urée, la créatinine ;
- les électrolytes (ionogramme);
- la glycémie;
-d’autres composants pouvant témoigner de l’atteinte des organes
éventuellement lésés.
Sérologique :
- anticorps antitoxoplasmes;
- anticorps antiamibiens;
- anticorps antitrypanosomes ;
- les ASLO ;
- La sérologie syphilitique : le bordet Wasserman B.W.), le TPHA, leVDRL;
- la recherche des anticorps antiVIH.
Radiologique :
- la radiographie du thorax face et profil peut information sur les atteintes
pulmonaires éventuelles ;
- le transit baryté et le colon par lavement: peut donner des indications sur
les atteintes digestives ;
- les radiographies des sinus et d’autres organes peuvent orienter le
diagnostic ;
- l’urographie intraveineuse pour l’exploration des voies urinaires;
Endoscopique :
- la laparoscopie pour explorer des organes intra-abdominaux
- la gastroscopie, la colonoscopie etc
Certitude :
- la goutte épaisse : à la recherche des trypanosomes, des plasmodiums..
- les hémocultures, les coprocultures, les urocultures et la culture du LCR ;
-des cultures des différents liquides d’épanchement (en cas d’épanchement
pleural, péritonéal (en d’ascite), articulaire, ou autres) ;
Autres examens:
- la recherche des facteurs antinucléaires ( FAN) , des cellules L.E.
- la vitesse de sédimentation ;
- le taux de fibrinogène ;
- le sédiment urinaire ;
- des examens de selles (recherche de sang) ;
- des examens des organes dont on suspecte l’atteinte.
- le Ziehl sur crachat ;
- des frottis avec culture des expectorations.
- des cultures des sécrétions provenant de l’urètre, de l’anus, du vagin etc
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163
les biopsies :
- pleurales ;
- hépatiques ;
- ganglionnaires ;
- sternale.
L’examen ophtalmologique :
- le fond d’œil : peut mettre en évidence le corps de Bouchut ;
10. Traitement
Faut-il traiter la fièvre ?
- les antipyrétiques sont administrés couramment en cas de fièvre lorsque
la température est supérieure à une certaine valeur fixée de façon
arbitraire attitude justifiée logiquement ;
Toutefois fièvre et ses signes d’accompagnement (frissons, grelottement…):
incommodants pour les malades.
Nécessité de codifier l’usage des antipyrétiques (pour bon usage).
Nécessité de distinguer fièvre et hyperthermie car l’attitude à prendre dans
les 2 cas n’est pas la même.
Les antipyrétiques peuvent être prescrits en cas de :
hyperpyrexie (température 41°C). On peut associer les moyens
physiques pour combattre la fièvre;
enfant faisant de la fièvre (convulsion facile) ;
femme enceinte
Patient avec insuffisance cardiaque, respiratoire ou ayant un déficit
cérébral;
Il n’est pas prouvé qu’une fièvre légère ou modérée doit être traitée parce
que dangereuse ; l’administration systématique des antipyrétiques masquent
certaines précieuses informations obtenues grâce à l’observation de la fièvre.
L’administration des anti-inflammatoires non stéroïdiens et des
glucocorticoïdes empêche que les signes inflammatoires soient reconnus et
de localiser l’infection. Elle peut par contre favoriser la propagation de
l’infection.
Les antipyrétiques ont des effets secondaires qu’il faut connaître lorsque l’on
veut l’administrer :
- aspirine: syndrome de Reye s’il est administré chez l’enfant faisant la
grippe, varicelle ou infections à entérovirus ; il a également des effets
antiplaquettaires et antiphagocytaires. Pour cette raison, le paracétamol lui a
été préféré.
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164
- Les glucocorticoïdes sont indiqués dans les maladies fébriles avec
composante inflammatoire prédominante (péricardite tuberculeuse,
vascularité... Ils inhibent la PGE2 au niveau de la phosphodiestérase A2. Ils
bloquent la transcription et la transduction de l’ARNm de l’Il-1 et du TNF.
- Le paracétamol est un mauvais inhibiteur de la cyclo-oxygénase dans les
tissus périphériques
(pas d’activité anti-inflammatoire) ; au niveau du SNC, il est transformé en
inhibiteur actif de la cyclo-oxygénase (effet antipyrétique).
- L’ibuprofène, l’indométacine, le naproxène peuvent être utilisés pour
lutter contre la fièvre.
Traitement spécifique.
Diagnostic est suspecté ou confirmé traitement spécifique. Instaurée.
En cas de diagnostic clair:
- En cas de sepsis : prescrivez une association d’antibiotiques comprenant
une céphalosporine de 3ème génération avec un aminosides (large spectre)
ou ticarcilline avec l’acide clavulanique (action sur les gram- et gram+)
- Staphylocoque résistant à la méthycilline: R/ vancomycine à ajouter au
traitement.
- Splénectomisés: ampicilline + sulbactam;
- Fièvre typhoïde: quinolones (ofloxacine, ciprofloxacine, norfloxacine…).
- Paludisme: se conformer à la politique nationale;
- Tuberculose: voir politique nationale
En cas de Diagnostic non clair :
Diagnostic non clair d’emblée, faire quelques examens puis s’orienter à l’aide
des éléments cliniques :
- En cas de malaria, on prescrira le traitement en fonction de la stratégie
nationale de traitement du paludisme.
- Suspection infection légère: ampicilline à la dose de 3g par jour (répartie en
3 prises), du cotrimoxazole (25 à 30 mg de sulfaméthoxazole par Kg de
poids)
- Infections graves: ampicilline à la dose de 200 mg/Kg de poids associé à la
gentamycine 1.5mg par Kg, 3 fois par jour ou le cefotaxim aux mêmes doses
que l’ampicilline
Hyperthermie
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165
Définition et étiologie.
L’hyperthermie est une élévation de la température centrale qui ne
s’accompagne pas d’un déplacement (dans le sens de la hausse) du point
d’équilibre hypothalamique. L’hyperthermie est dû à :
une déperdition insuffisante (c’est la cause la plus fréquente) ;
une production excessive avec déperdition compensatoire insuffisante
(Cette situation est peu fréquente).
L’hyperthermie peut survenir dans :
le coup de chaleur (température ambiante augmente et/ ou avec une
insuffisance dans la thermorégulation). Le coup de chaleur se subdivise
en :
–Le Coup de chaleur classique (sujet âgé, pendant les périodes de forte
chaleur).
–Le coup de chaleur à l’effort (jeunes au cours de l’activité physique en
situation des températures et/ou d’humidité élevées)
Le coup de chaleur peut être favorisée par la déshydratation ou l’utilisation
de certains médicaments (antihistaminiques par exemple).
Types
Hyperthermie médicamenteuse: lors de l’usage des inhibiteurs de la
monoamine-oxydase, les antidépresseurs tricycliques, les amphétamines, de
cocaïne…
Hyperthermie maligne due à une anomalie héréditaire du réticulum
endoplasmique des muscles squelettiques responsables de l’augmentation
du calcium intracellulaire en présence des anesthésiques inhalés (halothane
par exemple…).
Syndrome des neuroleptiques: en cas de prise de phénothiazine ou de
l’halopéridol inhibition des récepteurs dopaminergiques
hypothalamiques responsables de l’augmentation et de la déperdition de la
chaleur ou encore en cas de thyréotoxicose ou de phéochromocytome
Clinique
- une peau sèche ;
- des hallucinations ;
- de la confusion :
- de la mydriase ;
- des spasmes
Biologie
- Biologiquement, on a une augmentation de la créatine-phosphokinase.
Diagnostic.
- fièvre élevée ;
- chaleur ambiante,
- prise des médicaments: anticholinergiques ou neuroleptiques ;
antidépresseurs tricycliques ;
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166
succinylcholine
Prise en charge
- enveloppements humides ;
- bains glacés ;
- administration de dantrolène (dans l’hyperthermie maligne ou de syndrome
malin des neuroleptiques) ;
- administration de la physostigmine en cas de prise d’antidépresseurs
tricycliques
- lavage gastrique, ou péritonéal par solution saline froide si les moyens
physiques préconisés ci-dessus ne baissent pas la température ;
- si la température ne baisse pas malgré ces mesures on préconise
l’hémodialyse ou le pontage cardio-pulmonaire avec refroidissement du sang.
LES ENDOCARDITES INFECTIEUSES
0. Introduction
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167
• L’endocardite est actuellement appelée infectieuse;
• On ne parle plus d’endocardite bactérienne car il n’y a pas que les
bactéries qui sont responsables des endocardites;
• C’est une infection rare mais grave à cause de ses conséquences
cardiaques;
• Elle est fréquemment localisée au cœur gauche.
1. Définition.
• L’endocardite est le développement d’un germe, à partir d’un foyer
infectieux, sur l’endocarde d’une valve cardiaque, l’endartère d’un gros
vaisseau, d’une fistule artério-veineuse, d’un septum défectueux, d’une
fistule artério-artérielle (canal artériel), d’une coarctation de l’aorte.
Actuellement, les termes d’endocardites infectieuses sont préférés à
l’endocardite bactérienne, car les rickettsies, les champignons, le
mycoplasme et peut être les virus peuvent être responsables de cette
pathologie
2. Etiologie
• L’endocardite infectieuse est causée par divers germes :
1. Streptococcus viridans:
- saprophyte de la bouche;
- responsable d’endocardite dans une proportion de 50% des cas.
2. Streptococcus fecalis (entérocoque); saprophyte du tube digestif et
du périnée (incriminée dans une proportion de 5 à 10% de cas, surtout
après une manoeuvre uro-génitale);
3 .Staphylocoque coagulase négative (5 à 10% de cas) et doré (19 à
20% de cas).
4. Autres germes : les endocardites infectieuses peuvent être
provoquées par des germes tels que :
– Streptocoque anaérobie ;
– Pneumocoque ;
– Gonocoque ;
– Bacilles gram négatif ;
– Rickettsies ;
– Candida albicans ;
– Histoplasma.
3. Epidémiologie
3.1. Facteurs prédisposant
• L’endocardite infectieuse est favorisée par :
– des valvulopathies pré-existantes (rhumatismale, syphilitique…) ;
– des malformations cardiaques congénitales (canal artériel) ;
– la chirurgie cardiaque.
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168
• Dans les atteintes cardiaques des valvules, les valvules mitrales sont
les plus fréquemment touchées suivie des valvules aortiques.
• Les atteintes combinées, valvules mitrales et aortiques, peuvent
également être rencontrées. Les valvules tricuspidiennes sont
rarement concernées et les valvules pulmonaires le sont encore moins.
• Les maladies rhumatismales et syphilitiques sont les causes les plus
fréquentes qui occasionnent les atteintes valvulaires : la syphilis pour
les valvules aortiques et le RAA pour les valvules mitrales (et aortiques
dans une faible proportion).
• Toute maladie des structures cardiaques peut prédisposer à
l’endocardite infectieuse surtout lorsque le défaut s’accompagne d’une
turbulence du courant sanguin;
• Les valvulopathies mitrales régressent dans certains pays.
• Les maladies congénitales tels que la persistance du canal artériel, le
défaut du septum interventriculaire, la coarctation de l’aorte, la
tétralogie de Fallot et rarement la sténose pulmonaire peuvent être
responsables de l’endocardite infectieuse.
• Les atteintes congénitales des valvules bicuspides aortiques sont des
causes fréquentes d’endocardite.
• Il en est de même du syndrome de Marfan associé à l’insuffisance
aortique.
• Les lésions cardiaques dégénératives tels que l’anneau mitral calcifié,
les lésions nodulaires calcifiées secondaires aux maladies
cardiovasculaires liées à l’artériosclérose, les thromboses post infarctus
du myocarde sont impliqués dans la survenue de l’endocardite
infectieuse;
• La fréquence est plus élevée chez les sujets âgés.
• D’autres situations créent des conditions favorables à l’apparition des
endocardites infectieuses :
• fistules artérielles ;
• fistules ou shunts d’hémodialyse ;
• pace maker intracardiaque ;
• prothèses intracardiaques.
3.2. Portes d’entrée.
• Les portes d’entrées des germes sont diverses. Elles peuvent être :
3.2.1. Stomatologique.
Germe responsable: streptococcus viridans. L’endocardite infectieuse
due à ce germe survient après extraction dentaire ou au cours d’une
carie dentaire.
3.2.2. Digestive.
Germe le plus incriminé: streptococcus fecalis (entérocoque).
3.2.3. Urogénitale.
Deux types de germes pénètrent par cette porte d’entrée :
l’entérocoque et le gonocoque.
Les circonstances conduisant à la propagation des germes sont :
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169
• un travail prolongée et pénible ;
• une exploration instrumentale des voies urinaires ;
• une gonococcie avec gonococcémie.
3.2.4. Cutanée.
• Des germes tels que les staphylocoques dorés ou blancs peuvent se
greffer sur le cœur à partir d’un abcès ou d’un furoncle en passant par
le sang (sepsis).
3.2.5. Intraveineuse.
Germes:
- bacilles gram négatifs;
- staphylocoque doré;
- candida;
Porte d’entrée fréquente chez les héroïnomanes (usage des seringues
non stériles et non désinfection de la peau avant injection drogue).
3.2.6. Pulmonaire.
Germe: pneumocoque.
3.3.7. Méningée.
Germe: méningocoque responsable des atteintes cardiaques à porte
d’entrée méningée.
4. Classification.
Dans le passé, l’endocardite était classifiée en formes aiguës, subaiguës et
chroniques. Les formes subaiguës et chroniques étaient regroupées
ensemble.
La forme aiguë, dans cette classification est d’évolution fulminante et
s’accompagne habituellement de forte fièvre avec toxicité systémique et
leucocytaire.
Décès: quelques jours à 6 semaines.
Germes responsables:
-Staphylococcus aureus;
-Strepcoccus pneumoniae;
-Neisseria gonorhoreae
Décès dans forme subaiguë: entre 6 semaines et 3 mois;
Décès dans forme chronique: au-delà de 3 mois.
Ces 2 dernières formes surviennent sur des valves antérieurement lésées
et sont caractérisées par une évolution lente avec fièvre, sueurs
nocturnes, amaigrissement et des symptômes vagues.
Classiquement, ces 2 dernières formes sont causées par le streptocoque
viridans. Cette classification, encore utilisée par certains auteurs, ignore
les formes non bactériennes et les manifestations liées aux germes
individuels comme l’entérocoque.
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170
La classification basée sur les agents étiologiques est préférable (elle a des
implications sur l’évolution, la probabilité des lésions préexistantes et les
agents antimicrobiens à utiliser pour traiter le patient).
5. Physiopathologie.
Lorsque le cœur a une valvulopathie préexistante, le flux sanguin est
élevé.
Il y a des turbulences hémodynamiques et des effets de jet qui conduisent à
des lésions du myocarde.
Au niveau de ces lésions, il va se former des thrombi fibrinoplaquettaires
amicrobiens initialement;
Les germes pénètrent par les portes d’entrée et se fixent sur les valvules
(mitrales, aortiques, tricuspidiennes ou pulmonaires) ou au niveau des
malformations congénitales.
Les facteurs hémodynamiques vont jouer un rôle important dans la
localisation des germes. Les germes se fixent dans les zones du cœur ou des
gros vaisseaux où le flux sanguin est le plus élevé, d’où l’atteinte
prédominante du cœur gauche.
Les germes colonisent les thrombi qui s’organise en végétations. La
fixation des germes sur l’endocarde est favorisée par la présence d’anticorps
agglutinants, les propriétés d’adhérence du germe et sa capacité à résister à
l’activité bactéricide du sérum.
Les germes peuvent se fixer sur l’endocarde sans lésions et thrombi
préexistants;
Les germes (surtout les plus virulents comme le staphylocoque doré)
provoquent des ulcérations, des déchirures, perforations, des destructions
valvulaires, des abcès péri-annulaires, des ruptures des cordages…(valves
mitrales et tricuspides).
Cela conduit à une insuffisance valvulaire majeure cause d’insuffisance
cardiaque.
Le dépôt de la fibrine et des plaquettes sur les valves conduit à la
formation des végétations bourgeonnantes et peu vascularisées ; D’où la
difficulté d’atteindre les germes situés sur les végétations. Ainsi,
l’antibiothérapie prescrite pour soigner ces patients devra être à fortes doses
et de longue durée. Les végétations sont très friables et se détachent
facilement ; d’où :
– les manifestations emboliques ;
– les métastases à distance (poumons, cerveau, reins foie, rate
etc).
Les végétations infectées sont à l’origine des manifestations
immunologiques à distance par relargage d’antigènes et des complexes
immuns dans la circulation sanguine qui se déposent à distance et entraînant
des lésions de vascularite.
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171
Les vascularites d’origine immunologique et les emboles septiques au
niveau des vasa vasorum provoquent des dilatations des parois artérielles à
la base des anévrismes dits « mycotiques »dont les parois sont fragiles et se
rupturent facilement occasionnant ainsi des hémorragies viscérales.
6. Symptômes
Aucun symptôme ne fait poser à lui seul le diagnostic d’endocardite. Il
faut qu’un ensemble de signes soit réuni pour diagnostiquer une endocardite
infectieuse.
L’endocardite infectieuse due à des germes peu virulents comme le
streptococcus viridans a :
- un début insidieux ;
- une évolution longue et lente ;
Elle survient sur un cœur avec lésions préalables.
Subjectivement, le patient se plaindra de :
- asthénie ;
- amaigrissement ;
- sueurs nocturnes ;
- anorexie ;
- arthralgies…
Objectivement, on observera :
– une atteinte de l’état général ;
– une fièvre rémittente, parfois intermittente et prolongée ;
– une pâleur conjonctivale témoins d’une anémie ;
– des lésions cutanéo-muqueuses : fréquentes et polymorphes.
Elles se présentent sous forme de :
• Pétéchies : lésions rouges, d’aspect hémorragique, indolore, ne
disparaissant pas à la vitro pression. Elles se localisent au niveau de :
– la muqueuse buccale, pharyngienne ;
– la conjonctive ;
– la peau, des ongles (hémorragie en écharde) ;
– la rétine : on observe au fond d’oeil des taches hémorragiques
dénommées taches de Roth. Un exsudat blanchâtre peut y être
associé : c’est le purpura conjonctival.
• Nodosités d’Osler : ce sont des papules douloureuses (sur la pulpe des
doigts).
Érythèmes sensibles et de nodules douloureux sur les paumes de
mains et les plantes des pieds(lésions emboliques). Ce sont les placards de
Janeway ( rares).
• Hippocratisme digital ( rare) ;
– des anomalies cardiaques qui sont fonction des anomalies sous
jacentes.
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172
• On peut ausculter des souffles cardiaques qui augmentent d’intensité
de jour en jour. Cette caractéristique est liée aux lésions des valves
(ulcération),
• à la dilatation des cavités ou de l’anneau valvulaire, à la rupture des
cordages tendineux;
• En l’absence de souffle cardiaque, il faut suspecter une endocardite du
cœur droit, une fistule artérioveineuse pulmonaire ou périphérique
infectée
• une splénomégalie ;
• des signes d’arthrite aiguë (faire le diagnostic différentiel avec un RAA).
• De l’hématurie (très fréquente et due à une embolie rénale
responsable d’infarctus rénal en cas de gros embole ou de
glomérulonéphrite focale ou diffuse s’il s’agit d’un petit embole).
Par contre, l’endocardite due à des germes méchants comme le
staphylocoque doré, le pneumocoque, le gonocoque, les bacilles gram
négatifs, se manifeste par:
• un début progressif ;
• une évolution rapide et fulgurante.
Elle survient sur un cœur généralement sain, sans lésions valvulaires
préexistantes et complique un processus infectieux déjà manifesté
(méningite à méningocoque, pneumonie à pneumocoque, thrombophlébite
suppurée etc).
L’évolution étant rapide et fulgurante, certains signes cités ci-dessus n’ont
pas le temps de se manifester faute de pouvoir se constituer au début (il
s’agit notamment de l’amaigrissement, de l’anémie, des nodosités, des
nodules érythémateux douloureux etc).
Les symptômes, d’une façon générale, restent les mêmes que ceux
décrits pour l’endocardite à germes peu virulents mais ils seront beaucoup
plus marqués.
On aura :
– la fièvre ;
– Des pétéchies ( plus nombreuses) ;
– Des phénomènes emboliques (plus fréquents) ;
– Des métastases septiques ;
– Des destructions cardiaques plus méchantes et rapides.
7. Complication
Elles s’expliquent par les pouvoirs destructeurs des germes, de
phénomènes emboliques et immunitaires.
7.1. Cardiaques.
– Insuffisance cardiaque :
• Elle fait suite à la destruction valvulaire, à la rupture des cordages
tendineux ou des piliers, à la dilatation de l’anneau valvulaire.
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173
– Angine de poitrine :
• Elle survient par embolie et occlusion partielle des coronaires.
– Infarctus du myocarde :
• Elle est due à une embolie et une occlusion complète des coronaires.
7.2. Pulmonaires.
• Les complications pulmonaires sont dues aux migrations d’emboles :
– embolies pulmonaires lorsqu’on a un petit embole ;
– infarctus pulmonaire en cas de gros embole ;
– abcès pulmonaire due aux métastases
7.3. Cérébrales.
• Les emboles peuvent migrer vers le cerveau et être responsables de :
– abcès cérébral ;
– embolie cérébrale avec hémiplégie.
7.4. Vasculaires
• Elles sont dues à la migration d’emboles qui sont responsables de :
– anévrismes mycotiques capables de se rompre (par atteinte de
vasa vasorum de grosses artères par les emboles.
– gangrènes des doigts et des orteils (occlusions des artères
périphériques par emboles) ;
– cécité brutale (occlusion de l’artère ophtalmique).
7.5. Hépatiques
• Les métastases septiques sont habituellement responsables de :
– abcès septique du foie ;
– hépatite septique avec ictère.
7.6. Spléniques :
• Les emboles et les germes entraînent :
– l’infarctus de la rate, accompagné d’un frottement splénique ;
– abcès de la rate.
7.7. Rénales
• Les reins peuvent être l’objet de complications d’endocardite par
atteinte par des emboles, des germes ou par de phénomènes
immunitaires. De ce fait, de glomérulonéphrites focales ou diffuses
peuvent se développer.
7.8. Osseuses
• Les os peuvent être l’objet d’ostéomyélite.
8. Diagnostic
8.1. Présomption
• Le diagnostic de présomption est fait devant un tableau fait de :
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174
– fièvre, arthralgies, souffle cardiaque qui augmente d’intensité de
jour en jour ;
– pétéchies, splénomégalie, manifestations emboliques, atteinte
poly viscérale ;
– antécédents de valvulopathies, d’extraction dentaire,
d’avortement, de chirurgie cardiaque ou d’exploration
instrumentale (cathétérisme cardiaque, urétrale etc…).
8.2. Diagnostic d’orientation
• Il est posé en face de perturbations de quelques examens paracliniques
– la vitesse de sédimentation est augmentée ;
– l’hyperleucocytose avec prédominance des neutrophiles. Le taux
des globules peut également être normal.
– l’hémoglobine peut être basse (signe d’anémie, surtout dans
l’endocardite subaiguë).
– présence des complexes immuns et du facteur rhumatoïde (50%
de cas) ;
– diminution du taux de complément ;
– mise en évidence des macrophages (histiocytes) dans la
première goutte de sang prélevé au lobule de l’oreille ;
– hématurie microscopique et protéinurie (inconstants mais
évocateurs).
– hyper gammaglobulinémie polyclonale ;
– l’ECG, la radiographie du thorax et le dosage de la créatinémie
orientent vers les complications.
8.3. Diagnostic de certitude
• On pratique 3 à 5 hémocultures, de préférence pendant les pics
fébriles, à intervalle de 30 à 60 minutes et avant l’antibiothérapie. Elles
sont positives dans près de 85% des cas.
• Elles sont négatives quand il y a eu prise préalable d’antibiotique ou en
cas d’endocardite à champignon (révélée par une culture de sang sur
milieu de Sabouraud).
• Echocardiographie : - elle met en évidence les végétations.
L’échographie peut être normale mais l’absence des végétations
n’exclut pas une endocardite car celles-ci peuvent apparaître bien
après le début de la maladie et même au cours du traitement.
• - elle met en évidence les lésions subies par l’appareil valvulaire, les
cordages, les piliers etc précise le retentissement de ces dégâts sur le
fonctionnement du myocarde.
• L’échographie transthoraciques a une sensibilité de 60 à 80% ; on peut
obtenir de meilleurs résultats avec l’échographie transoesophagienne
qui peut visualiser les abcès de l’anneau et est intéressant pour les
endocardites sur prothèses.
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175
9. Diagnostic différentiel.
Le tableau de l’endocardite ferait discuter le diagnostic différentiel avec
les pathologies suivantes :
- le RAA avec localisation cardiaque ;
- le lupus érythémateux disséminé : fièvre, arthralgies, lésions
cutanées, souffle cardiaque, hématurie, anémie…
-la périartérite noueuse ;
- la fièvre prolongée d’origine inexpliquée ;
- le myxome de l’oreillette : fièvre, souffle présent ou absent selon la
position du patient ;
- fièvre d’origine médicamenteuse.
10. Traitement
10.1. Prophylactique
Elle consiste en l’administration d’antibiotique chez les porteurs de souffle
cardiaque 24 à 48 heures après une intervention mineure :
– Extraction dentaire : une extraction sur 500 se complique.
• le germe responsable est le streptocoque viridans qui est
très sensible à la pénicilline G ;on administre 1 million d’unité par jour
en IM.
• On peut également administrer l’ampicilline : 2g par jour en 4 prises
(4x500 mg) per os, pendant 3 jours.
• Cathétérisme urétral : les germes en cause sont habituellement le
streptocoque fecalis (entérocoque) et les bacilles gram-.
• on peut donner l’ampicilline : 4x500 mg, par jour, per os pendant 3
jours ou la terramycine : 4x500 mg, par, per os pendant 3 jours.
• Cathétérisme cardiaque : le germe responsable est le
staphylocoque doré, sensible à l’oxacilline : 4x500 mg par jour,
per os pendant 3 jours.
10.2. Curatif.
Il doit être : - précoce : cela évite les complications locales et à
distance.
• énergique : une forte antibiothérapie est nécessaire pour
atteindre les sites infectieux les moins accessibles (végétations).
Les végétations sont avasculaires, d’où la difficulté d’éradiquer
les germes qui s’y trouvent.
• de longue durée : la durée de traitement de l’endocardite est de
4 à 6 semaines. Cela évite les rechutes. Le choix de l’antibiotique
est fonction du germe en cause quand il est connu ; à défaut, il
tient compte de la forme clinique. On donne des bactéricides par
voie parentérale. En cas de présomption d’endocardite subaiguë,
le germe responsable est le streptocoque viridans ou fecalis.
Dans ce cas, on administre :
• La pénicilline G : 4x5 millions d’unité internationale (UI), dans 500
cc de glucosé 5%, en 6 heures, pendant 4 semaines.
Just for Ariane Keto
176
• La pénicilline G : 4x500 millions d’UI comme dans (1) associée à
la streptomycine (7,5 mg par Kg de poids, en 1 prise ou toutes
les 12 heures, en IM.
• La pénicilline G et la streptomycine se donnent en 2 semaines
chacune dans ce schéma.
• En RDC, compte de risque de créer une résistance vis-à-vis des
mycobactéries en administrant la streptomycine (comme une
monothérapie au lieu de quatrithérapie), on préfère administrer
la gentamycine : 1mg par Kg, toutes les 8 heures.
• la pénicilline G comme dans (1), pendant 4 semaines associée à
la streptomycine et la gentamycine comme dans (2).
• la cefazoline : 1 à 2g, en IV ou IM toutes les 6 à 6 heures pendant
4 semaines (3 à 4x 1 à 2g en IV ou IM).
• La vancomycine : 15mg par Kg, en IV, toutes les 12 heures,
pendant 4 semaines.
En cas d’entérocoque ou autres streptocoques :
• la pénicilline G : 4x5 millions d’UI, par jour, avec les modalités
d’administration comme dans (1) ci-dessus.
• l’ampicillline : 12g par jour, en IV toutes les 4 heures associée à
• la kanamycine : 1g, IM ou la gentamycine 1mg par Kg toutes les
8 heures ou encore la streptomycine : 7,5mg par jour toutes les
12 heures.
• la vancomycine : 15mg par Kg, toutes les 12 heures associée à
la gentamycine ou la streptomycine comme prescrit ci-dessus,
pendant 4 à 6 semaines.
En cas de staphylocoque doré ou epidermidis :
• la méthicilline : 2g, en IV, toutes les 4 heures ;
• l’oxacilline : 2g, en IV, toutes les 4 heures ;
• la nafcilline(pénicilline lactamase résistante) : 2g, en IV, toutes
les 4 heures pendant 4 à 6 semaines avec ou sans gentamycine.
• la cefazoline : 2g, en IV, toutes les 6 heures, pendant 4 à 6
semaines, avec ou sans la gentamycine.
• la vancomycine : 15mg par Kg en IV toutes les 12 heures,
pendant 4 à 6 semaines, associée à la gentamycine ou la
streptomycine.
En cas de champignons (candida, histoplasme,
cryptocoque…) ;
On administre :
• l’amphotécine B : 0,3 à 0,5 mg/Kg/jour, dans 500cc de glucosé
5%, pendant 6 à 8 heures. On prescrira, au préalable au patient
de :
• l’hydrocortisone : 100 à 200mg en IV ; ou
• phenergan : 25mg en IM ;
• l’acide acétylsalycilique : 1g avant l’administration de
l’amphotéricine.
En cas d’endocardite sur prothèse valvulaire, on donnera :
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177
• la pénicilline G : 4x5 millions d’UI par jour, en 6 semaines ;
• la cefazoline : 1 à 2 g, en IV ou IM toutes les 6 à 8 heures avec de
la gentamycine ou de la streptomycine pendant les 2 premières
semaines.
10.3. Chirurgie
• On peut poser des valves artificielles (valves de starr) s’il y a séquelles
valvulaires graves (destruction complète des valves).
LE SEPSIS ET LE CHOC SEPTIQUE
0. Introduction
• En 1992, une conférence de consensus médical a été organisée pour
harmoniser les vues sur certaines notions qui étaient jusqu’alors
Just for Ariane Keto
178
utilisées et définies différemment, selon les auteurs, dans les
publications scientifiques.
• Des concepts comme septicémie, sepsis, syndrome septique n’étaient
pas compris de la même manière. C’est ainsi que the American college
of Chest Physicians et the Society of Critical Care ont organisé la dite
conférence
• Les nouvelles techniques de réanimation couplées aux nouvelles mises
au point des anti-infectieux ont prolongé la vie de nombreux patients
atteints des pathologies graves avec comme effets négatifs,
l’augmentation de risque d’infection.
• Ces infections surviennent chez des malades dont l’équilibre vital est
altéré avec dépression immunitaire.
• Le sepsis est une source importante de morbidité et de mortalité dans
de nombreux pays.
• Pour une meilleure compréhension et un entendement commun, les
concepts utilisés en rapport avec l’invasion microbienne et les
réponses de l’hôte face à cette invasion ont été définies.
1. Définition des concepts
1.1. Sepsis
• Le sepsis est défini comme la réponse systémique inflammatoire de
l’organisme à l’invasion microbienne (bactérienne ou fongique). Il est
caractérisé cliniquement par la fièvre ou l’hypothermie, la tachycardie
et la la tachypnée au début
• Il aboutit finalement à des désordres hémodynamiques (choc septique)
et viscéraux (Syndrome de défaillance multiviscérale) lorsque les
mécanismes de défense sont dépassés.
• Initialement, l’on a cru que les principales manifestations présentées
par des patients souffrant de septicémie étaient liées exclusivement à
la présence des germes.
• A la longue, l’expérience a prouvé que les réponses de l’hôte à
l’invasion microbienne avaient autant d’effets délétères pour
l’organisme ; d’où la tendance à abandonner le terme septicémie au
profit du terme sepsis.
1.2. Systemic Inflammatory Response Syndrome (SIRS)
• C’est le syndrome de réponse inflammatoire systémique caractérisée
par au moins 2 de 4 conditions ci-après :
• température supérieure à 38°c ou inférieure à 36°c.
• fréquence cardiaque supérieure à 90 battements par minute.
• fréquence respiratoire supérieure à 20 cycles par minute.
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179
• des globules blancs supérieurs à 12000/mm3ouinférieurs à 4000/mm3
ou encore la présence de plus de 10% des formes immatures apparues
récemment et en l’absence des causes autres que l’infection telle que
la chimiothérapie aplasiante.
• Ou des phénomènes d’origine non infectieuse peuvent conduire aussi à
ce type de tableau inflammatoire (brûlure, traumatisme, pancréatite,
choc hémorragique, hypoxémie sévère etc);
Le sepsis est en définitive un SIRS dont l’origine infectieuse est confirmée
ou suspectée (étiologie microbienne prouvée ou suspectée).
1.3. Sepsis grave ou sévère sepsis.
• Il s’agit d’un sepsis qui s’accompagne d’un ou plusieurs signes de
dysfonction d’organes, d’hypotension ou d’hypoperfusion
• Les signes d’hypoperfusion sont l’acidose lactique, l’oligurie,
l’altération de la fonction respiratoire avec hypoxie.
• Le terme de syndrome septique, employé antérieurement pour
désigner un sepsis grave, a été abandonné.
1.4. L’hypotension
• On parle d’hypotension quand la tension artérielle systolique (TAS) est
inférieure à 90 mm Hg ou lorsque la baisse de la TAS est supérieure ou
égale à 40 mm Hg du chiffre habituel de la tenson artérielle, en
l’absence d’autres causes d’hypotension (chocs cardiogénique,
hémorragique etc).
• Les patients qui reçoivent des produits inotropes ou vasocconstricteurs
qui ne sont plus hypotendus mais chez qui les signes d’hypotension et
de dysfonction d’organe persistent doivent être considérés comme
ayant un choc septique.
1.5. Choc septique.
• C’est un sepsis avec hypotension qui ne répond pas à une expansion
volémique accompagnée
• d’une dysfonction d’organe ou des anomalies de perfusion.
1.6. Choc septique réfractaire.
• C’est un choc qui dure plus d’une heure et qui ne répond à l’expansion
volémique ou à l’administration des substances vasopressives.
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180
1.7. Syndrome de défaillance multiviscérale (MODS ou multiple
organ dysfunction syndrome)
Il consiste en une dysfonction de plus d’un organe nécessitant une
intervention pour maintenir l’homéostasie.
1.8. Bactériémie (fongémie, parasitémie et virémie)
• C’est la présence des germes viables (bactéries, champignons,
parasites ou virus) dans le sang prouvée par une hémoculture ou
autres cultures positives ou encore par la mise en évidence du
parasite).
• La présence des virus dans le sang sera désignée par le terme virémie
et celle des parasites par parasitémie.
1.9. Infection
• C’est un problème microbien caractérisé par une réponse
inflammatoire à la présence des micro-organismes ou de leur passage
dans des tissus habituellement stériles.
• A titre de rappel, nous reprenons ci-dessous les définitions classiques :
1.10. Septicémie.
• Il s’agit d’une maladie systémique causée par la dissémination des
microbes ou de leurs toxines dans l’organisme via le sang. La
septicémie est difficile à distinguée de la définition actuelle de
bactériémie.
• Elle a été considérée comme une présence permanente ou répétitive
des germes dans le sang à partir d’un foyer infectieux. C’est une
infection grave avec un risque de décès précoce (Défaillances
viscérales).
• On la considérait comme causée par des bacilles gram- (d’où
l’appellation de choc endotoxinique du choc septique).
1.11. Bactériémie.
• Elle est définie comme un simple passage transitoire ou une présence
passagère des bactéries dans le sang en l’absence de toute
manifestation clinique (par exemple en cas d’extraction dentaire sans
conséquence pathologique).
Lors de la conférence de consensus de l’American College of Chest
Physician et la Critcal care Medicine ont adopté les définitions de :
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181
– SIRS ;
– Sepsis ;
– Sepsis grave (severe sepsis) ;
– Hypotension ;
– Choc septique (septic chock)
– MODS
2. Etiologie
• Différents types de germes peuvent être à la base du sepsis. Il s’agit le
plus souvent des bactéries gram- mais aussi gram +.
• Les champignons, les mycobactéries, les rickettsies, les virus et les
protozoaires peuvent être responsables de sepsis.
• Toutefois, la présence des germes dans le sang n’est pas un élément
indispensable pour avoir un tableau de sepsis car les cytokines
produites par l’organisme peuvent conduire à un tableau de sepsis
lorsqu’elles sont injectées expérimentalement.
• Toutefois, la présence des germes dans le sang n’est pas un élément
indispensable pour avoir un tableau de sepsis car les cytokines
produites par l’organisme peuvent conduire à un tableau de sepsis
lorsqu’elles sont injectées expérimentalement.
• Par ailleurs, seuls 20 à 40% des patients avec sepsis grave et 40 à 70%
de ceux qui présentent
• un choc septique a des hémocultures positives aux USA pour les
bactéries et les champignons. Les 2/3 des germes identifiés sont des
gram-. Les entérobactéries sont plus fréquents suivies des cocci
(staphylocoque, pneumocoque etc) et le pseudomonas.
• En cas d’hémocultures négatives, les germes responsables peuvent
être isolés à partir du site primitif (porte d’entrée) dont on peut
examiner les matériels par culture ou examen direct. La bactériémie
(avec germes identifiés) ne conduit pas nécessairement à un sepsis.
• Parmi les germes responsables de sepsis, on trouve des bactéries
aérobies et anaérobies.
1. Bactéries aérobies :
• Cocci :
• Staphylocoque ;
• Streptocoque ;
• Pneumocoque ;
• Méningocoque et gonocoque;
• Entérobactéries :
• E. coli ;
• Citrobacter ;
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182
• Shigella ;
• Klebsielle
• Enterbacter ;
• Salmonella.
• Parvobactéries :
• Pasteurella ;
• Yersinia ;
• Brucella ;
• Haemophilus ;
• Bordetella.
2. Bactéries anaérobies.
– Clostridium perfringens ;
– Bactéroïdes ;
– Streptocoques anaérobies ;
– Staphylocoques anaérobies.
• Les anaérobies constituent 50% de la flore intestinale soit 108 à 1010
des germes par gramme des selles et peuvent provoquer 10 à 20% de
sepsis.
• Les germes responsables de sepsis les plus sévères sont :
• 1. Les staphylocoques dorés.
• Ces germes ont une extension locale très rapide avec de nombreuses
métastases à distance.
• Les bacilles gram – (les entérobactéries).
• Ils sont à la base de chocs septiques fréquemment mortels et des
complications viscérales particulièrement rénales.
• Le clostridium perfrigens conduit à un choc sévère et à des
complications rénales.
• Les germes d’origine hospitalière, habituellement multirésistants, sont
très fréquemment cause de sepsis.
3. Epidémiologie.
3.1. Fréquence.
Le sepsis est de plus en plus fréquent. Il est une source importante de
morbidité et de mortalité.
• L’incidence et la prévalence au Congo ne sont pas connues.
• Aux USA, le sepsis est cause de près de 100.000 décès par an.
L’incidence annuelle est estimée à 300.000 cas par an (elle peut
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183
atteindre 500.000 cas). Les 2/3 des cas sont constitués des patients
hospitalisés pour d’autres maladies.
3.2. Facteurs favorables :
3.2.1 Administration préalable d’antibiotiques.
• C’est le facteur favorable le plus rencontré;
• Il bouleverse l’équilibre normal de la flore bactérienne dans les voies
urinaires, digestives, génitales et respiratoires.
• Cela entraîne une émergence des souches multirésistantes surtout
parmi les gram- et les staphylocoques. Ceci contre-indique la
prescription de l’antibiothérapie de couverture ou de sécurité.
• Les fongémies se développent chez les immunodéprimés ayant reçu
des antibiotiques à large spectre.
3.2.2. Terrain.
• Il existe des facteurs prédisposant au sepsis avec bactériémie à gram-.
Ce sont les maladies telles que :
• le diabète sucré ;
• les hémopathies malignes (syndrome lymphoprolifératif).
• Le vieillissement de la population surtout dans les pays développés.
• La survie prolongée des malades atteints des maladies chroniques.
3.2.3.. Porte d’entrée.
• Elles sont multiples et variées. Elles peuvent être :
– urinaire : la voie urinaire est la pus fréquente porte d’entrée.
– cutanée : les germes pénètrent dans l’organisme à partir des
escarres, des furoncles, des plaies et des brûlures.
– Respiratoires l’infection peut constituer une porte d’entrée à
partir des cholécystites, des angiocholites et appendicites.
– dentaire : les abcès, les caries dentaires peuvent occasionner des
sepsis.
– oto-rhino-laryngologique : le sepsis peut provenir d’une sinusite
ou d’une otite.
• Dans ce cas c’est une infection locale d’un tissu qui est à la base d’une
bactériémie ou
• d’une fongémie.
• Les germes peuvent également être directement inoculés
• dans la circulation sanguine à partir d’un cathéter intraveineux par
exemple.
• Dans certains cas la porte d ‘entrée peut ne pas être mise en
évidence.
4. Physiopathologie
Just for Ariane Keto
184
• Sepsis = résultante d’une interaction entre les signaux moléculaires
microbiens et les réponses de l’hôte infecté;
• L’hôte réagit par le biais des leucocytes, de l’endothélium vasculaire,
des facteurs humoraux et des médiateurs.
• Réponse septique initiée à partir de la diffusion des germes;
• Les germes existent déjà dans l’organisme ou y pénètrent par
différentes portes d’entrée.
• Les portes d’entrée peuvent être:
- urinaire: la plus fréquente à partir d’une infection urinaire;
- cutanée: abcès, furoncle, myosite;
- génitale: avortement septique, autres infections des voies génitales;
- pulmonaire:bronchite, pneumonie, bronchopneumonie;
- digestives: à partir des germes localisées dans le tube digestif.
• Les germes commensaux de la peau et du tube digestif sont capables
de migrer vers des tissus voisins et provoquer un sepsis.
• Le sepsis survient lorsque les germes ont pris le dessus sur le système
immunitaire.
• Les facteurs de l’hôte qui vont favoriser la croissance des germes
sont :
Les déficiences en anticorps ;
Les facteurs du complément ;
Altération de l’immunité à médiation cellulaire.
• Facteurs des germes :
Signaux microbiens: molécules microbiennes reconnues par les
êtres vivants, lors de l’invasion microbienne, comme des signaux;
Un de ces signaux est le lipopolysaccharide (LPS) des bactéries
gram – appelé également endotoxine.
Elle est la molécule la mieux étudiée et la mieux connue
actuellement
• Le LPS se lie à un récepteur = CD14 et probablement à d’autres
récepteurs des monocytes, macrophages et neutrophiles.
• Cette liaison est facilitée par une protéine LPS-binding protein
• Le LPS-BP augmente et accélère l’interaction entre le CD14 et le LPS
• Il existe d’autres signaux moléculaires:
• Peptidoglycane et des acides lipotéicoïques des bactéries gram+ ;
• Certains polysaccharides, enzymes extracellulaires et toxines.
• L’hôte réagit en produisant et en libérant des médiateurs qui amplifient
et transmettent le signal à d’autres cellules.
Facteurs de l’hôte impliqués dans la physiopathologie du sepsis.
L’inflammation.
- Les cytokines.
Just for Ariane Keto
185
• En réponse à l’invasion microbienne, l’organisme libère des cytokines
dont :
Le TNF : une des cytokines importantes dans la réponse septique ;
Le TNF augmente le turn over de l’acide arachidonique;
Dans le sepsis grave, le taux de TNF est souvent élevé.
• Lorsqu’on injecte à un sujet sain du TNF, il présente des signes
évocateurs d’un sepsis (fièvre, tachycardie, tachypnée, myalgie,
hyperleucocytose).
• En expérimentation animale, l’administration des fortes doses de TNF
entraîne le choc, la CIVD et la mort.
• Ces manifestations de la réponse septique n’apparaissent pas ou
disparaissent lorsqu’on administre des antagonistes de TNF.
Le interleukines :
Les formes 1 sont les plus libérées. Elles ont des propriétés
proches de celles du TNF et joue un rôle important dans la réponse
septique.
• Les Interleukines 6 et 8 sont aussi libérées;
- l’interféron-, et d’autres médiateurs sont aussi sécrétés et agissent en
synergie avec le TNF dans la réponse septique.
Les médiateurs phospholipidiques
• Les phospholipides des membranes libèrent l’acide arachidonique sous
l’action de la phospholipase A2 ;
• Cet acide arachidonique est transformé en prostaglandines et
thromboxanes par la voie de la cyclooxygénase.
• Les prostaglandines E2 et la prostacycline entraînent une
vasodilatation.
• Le thromboxane est vasoconstricteur et entraîne une agrégation
plaquettaire.
• Les leucotriènes (produits du métabolisme de l’arachidonate par la voie
de la lipooxygénase et puissants médiateurs) provoquent l’ischémie et
participent au choc.
• Les leucotriènes B4 (principal métabolite de l’arachidonate
leucocytaire) favorisent l’activation des leucocytes et contribuent aux
lésions vasculaires locales et à la thrombose.
• Platelet activating factor (PAF) est le produit de dégration des
phospholipides choliniques ;
• C’est un puissant stimulant de l’agrégation plaquettaire et de la
dégranulation des neutrophiles.
• Il contribue aux lésions tissulaires.
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186
• La coagulation.
- Les facteurs de coagulation
• L’infection et la coagulation sont intimement liées. Les médiateurs
libérés dans le but de lutter contre l’infection vont stimuler la
coagulation.
• L’agent infectieux cause des dommages au niveau de l’endothélium
qui active la coagulation.
• Les facteurs de coagulation sont activés quand le sang entre en
contact avec les tissus conjonctifs sous-endothéliaux exposés après
dommage.
• Le facteur XII se lie à la surface sous-endothéliale exposée par la lésion
et est activé.
• Le facteur XII activé active le facteur XI.
• Le facteur X est éventuellement activé par un complexe des molécules
contenant le facteur IX, le facteur VIII, le calcium et les phospholipides.
• L’activation du système de coagulation conduit à la production de
thrombine;
• La thrombine convertit le fibrinogène soluble en fibrine;
• La fibrine insoluble s’agrège et forme un caillot ensemble avec des
plaquettes agrégées (thrombi).
• Dans le sepsis la coagulation est activée.
• Le sepsis est caractérisé par :
• le dépôt intravasculaire de fibrine ;
• la coagulation intravasculaire disséminée (CIVD).
• la thrombose ;
• Le LPS et le TNF favorisent la mise en route d’une CIVD
par stimulation de la production du facteur tissulaire par les monocytes
• Ce facteur est un récepteur de haute affinité et un cofacteur du facteur
VIIa avec lequel il se lie pour former un complexe actif transformant les
facteurs X et IX en enzymes actives.
• Ceci aboutit à l’activation des voies intrinsèques et extrinsèques de la
coagulation avec formation de fibrine.
• La formation du caillot est favorisée par :
• une diminution du taux d’antithrombine III et d’activateur tissulaire du
plasminogène.
• Une augmentation des concentrations en PAI-1
• Dans le sepsis sévères, en cas de mise à nu de la membrane basale
vasculaire, il y a activation de la surface de contact
• Le complément.
• Le C5a et les autres produits de l’activation du complément (C 3a)
favorisent :
• le chimiotactisme des neutrophiles ;
• la synthèse des leucotriènes.
• L’agrégation, la dégranulation et la production des radicaux O2.
Just for Ariane Keto
187
• L’activation de l’endothélium vasculaire.
• Dans le sepsis, l’endothélium vasculaire est lésé avec comme
conséquence :
• des microthromboses ;
• une baisse de l’utilité de l’O2 et des substrats des tissus atteints.
Les lésions de l’endothélium sont provoqués par :
– les médiateurs d’origine leucocytaire ;
– les thrombi fibrinoleucocytaires et plaquettaires ;
– l’endothélium lui-même.
– L’action du LPS et du TNF peut conduire au niveau de l’endothélium
vasculaire à la production et la libération :
– des cytokines ;
– des cytokines pro-coagulantes ;
– de PAF ;
– d’un facteur de relation (oxyde nitrique).
– D’autres médiateurs…
–
Le choc septique
• Le sepsis conduit dans son évolution au choc septique=choc distributif.
• Les médiateurs du choc septique ne sont pas bien connus.
• Néanmoins, certains d’entre eux ont été étudiés malgré le fait que l’on
ne peut pas extrapoler les études expérimentales sur l’animal chez
l’homme.
• Le TNF et l’interleukine 1 sont les médiateurs cellulaires les plus
incriminés;
• Ils entraînent l’hypotension;
• D’autres cytokines ont été mises en évidence en cas de choc septique
(Les Il-6, 8,10).
• Des médiateurs humoraux sont également mis en jeu :
• les catécholamines: responsables de l’extravasation plasmatique et le
caractère hyperkinétique du choc septique.
• l’histamine : libérée par les plaquettes, les basophiles et les
mastocytes périvasculaires;
• Elle entraîne une vasodilatation et augmente la perméabilité
capillaire. Elle bloque l’activité phagocytaire et le chimiotactisme.
• l’activation du système de kallicreine-kinine ou système de contact
aboutit à la production de bradykinine, à l’activation du complément et
du système lytique (CIVD);
• Les endorphines et les enkèphalines sont des facteurs aggravant par
l’atténuation de la réponse catécholinergique initiale.
• Les dérivés de l’acide arachidonique, les leucotriènes et les
prostaglandines jouent un rôle dans la survenue du choc.
Just for Ariane Keto
188
• l’activation du système de kallicreine-kinine ou système de contact
aboutit à la production de bradykinine, à l’activation du complément et
du système lytique (CIVD);
• Les endorphines et les enkèphalines sont des facteurs aggravant par
l’atténuation de la réponse catécholinergique initiale.
• Les dérivés de l’acide arachidonique, les leucotriènes et les
prostaglandines jouent un rôle dans la survenue du choc.
• Complications cardiaques
Une défaillance myocardique peut survenir avec :
- élévation de la fraction d’éjection après 24h dans le sepsis grave
(sévère).
Maintien du débit cardiaque malgré une basse fraction d’éjection (la
dilatation ventriculaire permet d’avoir un volume d’éjection normale). La
fonction myocardique peut se normaliser en quelques jours si le malade
survit.
• Le choc septique est liée à :
• une baisse de la résistance vasculaire systémique ;
• une mauvaise distribution du flux sanguin ;
• une hypovolémie fonctionnelle à cause de transudation capillaire
diffuse des éléments sanguins.
• au début, le débit cardiaque est normal ou élevé.
• Le choc septique peut être distingué du choc cardiogénique ou un choc
dû à un obstacle extraventriculaire par le fait qu’il comporte un débit
cardiaque normal ou élevé associé à un effondrement des résistances
vasculaires périphériques.
• Complications pulmonaires
• Baisse précoce de la P02 artérielle à la suite des troubles ventilation-
perfusion.
• Transudation intrapulmonaire responsable de la diminution de la
compliance pulmonaire et de l’interférence avec les échanges en O2.
• L ‘installation du syndrome de détresse respiratoire aigue (SDRA) se
traduit par :
• la diminution de la compliance ;
• l’hypoxémie artérielle (réfractaire à l’oxygénothérapie).
• L ‘installation du syndrome de détresse respiratoire aigue (SDRA) se
traduit par :
• la diminution de la compliance ;
• l’hypoxémie artérielle (réfractaire à l’oxygénothérapie).
• La défaillance des muscles respiratoires peut aggraver l’hypoxémie.
Une pression capillaire élevée ( 18 mm Hg) évoque une surcharge
liquidienne ou une insuffisance cardiaque.
• Conséquences systémiques du choc:
Just for Ariane Keto
189
• une altération de l’extraction de l’oxygène avec sa mauvaise utilisation
dans les tissus;
• Les besoins en O2 augmentent alors que la consommation diminue. Le
métabolisme anaérobie augmente.
• Une hypovolémie conséquente à :
diminution des résistances vasculaires systémiques;
fuite plasmatique ;
séquestrations splanchniques ;
fuite digestive.
• L’hypovolémie est d’environ 30% du volume plasmatique et est donc
majeure. L’organisme tente de restaurer la volémie
• L’organisme a des mécanismes de contrôle de la réponse
inflammatoire (mécanismes de contre régulation);
• L’ACTH et le cortisol sont retrouvés en grande quantité dans le sang.
• Les antagonistes des cytokines atténuent ou contrôlent la réponse
septique.
5. Symptômes
Les manifestations cliniques du sepsis sont liées :
A la porte d’entrée;
Aux affections sous-jacentes;
Aux complications viscérales;
Au sepsis proprement dit.
5.1. A la porte d’entrée.
-Respiratoire : toux, dyspnée. On peut ausculter des râles.
-Biliaire : douleurs à l’hypochondre droit, ictère, hépatomégalie
sensible…
– Urinaire : pollakiurie, dysurie, mictalgie et points costo-lombaires
sensibles.
– Génitale : pertes purulentes ou sanglantes.
5.3. Aux complications viscérales.
Différentes complications peuvent survenir dans le sepsis
notamment cardiovasculaires, rénales, des anomalies de la coagulation,
méningées, hépatiques.
5.4. Au sepsis proprement dit
- Fièvre ou hypothermie:
courbe de température habituellement oscillante.
la fièvre peut être absente chez les vieillards et les nouveaux-nés;
Just for Ariane Keto
190
Température parfois normale chez les prématurés, les sujets cachectiques,
les débilités, les insuffisants rénaux ou les sujets sous corticoïdes.
• L’hypothermie caractérise le sepsis à gram négatifs.
tachycardie ;
tachypnée
frisson brutal faisant trembler le lit du patient ;
altération de l’état de conscience et une hypotension.
myalgies.
hépatosplénomégalie ;
hyperventilation ;
Désorientation;
Confusion et d‘autres signes d’encéphalopathie
Acrocyanose et nécrose ischémique des tissus périphériques
(particulièrement les extrémités) sont favorisées par
l’hypotension et la CIVD.
Cellulite;
pustules;
bulles ou lésions hémorragiques par infection de la peau et des tissus
mous sous-jacents par des bactéries et champignons par voie hématogène.
Pétéchies cutanées ou purpura font suspecter une infection à Neisseria
meningitidis ou haemophilus infuenzae (moins souvent);
echtyma gangrenosum: lésion bulleuse entourée d’oedème hémorragique
et nécrotique au centre.
Elle survient chez des patients neutropéniques.
Elle est due à Pseudomonas aeroginosa hydrophila.
Lésions hémorragiques ou bulleuses chez des personnes ayant mangé des
huîtres crues: Vibrio vulnificus ou en cas de morsure de chien
(capnocytophaga canimorsus ou [Link]).
L’érythrodermie généralisée (en rapport avec un choc toxique à
Staphylococcus aureus ou Streptococcus pyogènes).
des nausées, vomissements et diarrhée et occlusion en cas de gastro-
entérite aigue ;
ulcère de stress se manifestant par un saignement du tube digestif supérieur.
ictère (cholostatique).
• Le tableau peut être varier selon les patients. La température peut être
normale, l’état mental peut ne pas être perturbé. Le rythme respiratoire, la
fréquence cardiaque, le taux des plaquettes peuvent être normaux chez
certains patients.
Les signes faisant évoquer le sepsis ne sont pas spécifiques parce qu’ils
peuvent être rencontrées dans le SIRS où il existe des réponses des réponses
systémiques.
Just for Ariane Keto
191
6. Complications
Elles sont nombreuses et nécessitent un traitement rapide et énergique.
6.1. Choc septique.
- C’est la complication la plus redoutable et la plus meurtrière.
- Elle complique 20 à 40% des sepsis à gram-.
- La mortalité par cette complication est de 70%.
• hyperkinétique à la phase précoce;
• se caractérise par des symptômes mineurs et non spécifiques :
sensation de malaise, prostration, angoisse, troubles du comportement,
nausées, tachycardie.
• fréquence cardiaque: modérément accélérée;
• T.A. normale ou pincée ou élevée;
• Extrémités chaudes;
• Diurèse normale et pression veineuse centrale diminuée;
• A la phase précoce choc difficile à diagnostiquer. C’est un choc chaud.
• A la phase secondaire, le diagnostic est plus facile.
• C’est un choc « froid » et tardif.
• La fréquence cardiaque est très accélérée;
• la T.A. est diminuée (T.A. 90 mm Hg ou abaissée de plus de 40 mm Hg
par rapport à la TAS habituelle).
• Les extrémités sont froides.
• On peut observer une insuffisance cardiaque clinique, une tachypnée,
un pouls accéléré, filant, difficile à percevoir (même à la fémorale).
• le patient présentera des myalgies, une cyanose, une fièvre
d’apparition brutale.
• La conscience sera normale ou obnubilée.
• La diurèse est inférieure à 20 ml/h (oligurie);
La pression veineuse centrale augmente.
6.2. Complications pulmonaires.
• Le sepsis peut aboutir à des complications pulmonaires;
• Le SDRA est le « poumon de choc» et se rencontre chez 20 à 50 % des
malades avec sepsis ;
• On peut observer :
– des embolies pulmonaires septiques ;
– une pneumonie ;
– une bronchopneumonie,
– un abcès pulmonaire.
6.3. Complications cardiaques
• Le sepsis peut aboutir à une complication cardiaque;
• Une défaillance myocardique peut survenir dans l’évolution du sepsis;
• Le décès des patients peut être dû à un:
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192
- effondrement des résistances périphériques ou à une défaillance
multiviscérale;
- dysfonctionnement cardiaque.
• Une endocardite peut survenir par greffe des germes sur les valvules
cardiaques lésées antérieurement ou sur un coeur sain. Le sepsis peut
être responsable d’une myocadite.
• On observe une insuffisance rénale par nécrose tubulaire aigue due à
l’hypotension ou à l’agression capillaire. Il est possible de rencontrer :
– une glomérulonéphrite ;
– une nécrose corticale rénale
– une néphrite interstitielle.
• L’administration des médicaments tels que les aminosides pour soigner
le sepsis peut conduire à des lésions rénales.
6.4. Anomalies de la coagulation.
• Une thrombopénie dont le mécanisme est mal connu peut s’observer
dans 10 à 30% des cas. Dans la CIVD compliquant un sepsis, une
hypoplaquettose inférieure à 50.000/ml est observée (Atteinte endothéliale
diffuse).
6.5. Complications arthritiques.
• La gonococcie est souvent à l’origine de sepsis se compliquant
d’arthrite. L’atteinte est habituellement unilatérale et porte sur le
genou.
6.6. Complications osseuses.
• Elles se manifestent sous forme d’ostémyélite;
• Le germe à la base du sepsis est le staphylocoque.
6.7. Thrombophlébite du sinus caverneux.
• Elle est fréquente en cas d’atteinte par staphylocoque. Les paupières
sont oedématiées avec protrusion des globes oculaires accompagnée
de mydriase. Elle peut aboutir à la cécité.
7. Diagnostic
7.1. Présomption.
• Une clinique faite de fièvre ou hypothermie, de tachycardie, tachypnée,
détérioration de l’état mental accompagnée d’une leucytose ou
leucopénie, thrombocytopénie évoque le sepsis.
7.2. Orientation.
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193
• Au stade précoce:
- hyperleucytose avec polynucléose;
- thombocytopénie;
- hyperbilirubinémie;
- protéinurie.
- Une leucopénie peut s’observer
• Quand le sepsis s’aggrave, on observe :
– une augmentation de la thrombocytopénie ;
– un allongement du taux de fibrine ;
– la prèsence de D-dimères.
• Ces pertubations sont en relation avec CIVD.
• On note une majoration de l’azotémie, d’aminotransférases et de
bilirubine.
• Face à toute hémolyse active, le clinicien pensera à :
– une bactériémie active ;
– un paludisme ;
– un accident médicamenteux ;
– une CIVD.
• On observe : - des modifications globulaires micro-angiopathiques sur
le frottis sanguin.
- hyperventilation avec alcalose respiratoire qui devient
métabolique à la longue par épuisement des muscles respiratoires et
accumulation de lactate responsable du déséquilibre électrolytique
augmentant.
-hypoxémie (à la gazométrie). Celle-ci peut être
corrigée par l’oxygènothérapie qui devient plus tard réfractaire à l’oxygène (il
y a un shunt droit-gauche).
• La radiographie pulmonaire peut :
– être normale ;
– mettre en évidence une pneumonie associée ;
– montrer un oedème de surcharge ou des infiltrats de SDRA.
• L’ECG montre :
– une tachycardie sinusale ; ou encore
– des anomalies non spécifiques de l’espace ST et de l’onde T.
• D’autres examens de laboratoire peuvent montrer des pertubations :
– une hyperglycémie chez les diabétiques avec possibilité d’acido-
cétose en cas de sepsis ;
– une hypoglycémie (rare) ;
– une albuminémie normale au début mais qui diminue à la
longue ;
– l’hypocalcémie est rare
–
7.3. Diagnostic de certitude.
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194
• C’est la mise en évidence du germe dans le sang ou dans le foyer
primitif de l’infection. Il faut pratiquer au moins 3 hémocultures. On
peut arriver à 5 hémocultures.
• Les hémocultures doivent se faire lorsque les patients sont fébriles ; ce
qui n’exclut pas qu’elles se fassent en dehors des pics fébriles. Il est
préférable de les prélever avant l’antibiothérapie toutes les 30 minutes
après l’arrivée à l’hôpital.
• On prélève 10 ml pour chaque flacon (aérobie et anaérobie). Les
bactéries à bacille gram- sont pauci-microbienne (moins de 10 germes
par ml de sang). Ce qui nécesite des hémocultures répétées et une
incubation prolongée des cultures pour isoler le germe
• Staphylococcus pousse plus aisément et cela dès la 48èmeheure.
• Les hémocultures sont négatives dans 1/3 des cas à cause.
– de prise antérieure d’antibiotiques ;
– des germes fragiles ;
– de lente croissance ;
– d’une baisse de bactérièmie.
• L’identification des germes peut se faire par coloration ou culture des
produits pathologiques provenant des foyers primitifs ou des lésions
cutanées.
• Les germes peuvent être retrouvés sur un frottis de sang périphérique
après coloration dans les infections massives à pneumocoques ou les
méningococcèmies fulminantes. L’examen de la peau et des
muqueuses est nècessaire et doit se répèter car il peut orienter le
diagnostic des infections à staphylococcus aureus.
8. Traitement
• Le traitement doit se faire de façon urgente, rapide et efficace car le
sepsis peut tuer rapidement.
• La prise en charge aura comme objectif de :
– traiter la porte d’entrée ;
– fournir une assistance hèmodynamique et une assistance
respiratoire ;
– supprimer les germes responsables de l’infection.
– Traiter les maladies sous-jacentes qui peuvent influer sur le
pronostic.
8.1. Suppression de la source d’infection.
• Pour mieux lutter contre le sepsis, il faut rechercher avec minutie des
foyers inapparents. Chez tout malade avec sepsis, il faut :
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195
– retirer tout cathéter à demeure s’il y en a en place et mettre son
extrémité en culture sur gélose. Cela permet une évaluation
quantitative de la contamination. un nouveau cathéter sera placé
en un endroit différent.
– Retirer et remplacer un drain obstrué.
– penser à une sinusite paranasale à gram – d’origine hospitalière
chez les patients ayant subi une intubation par voie nasale.
– examiner la peau chez les neutropéniques à la la recherche d’une
zone douloureuse et érythématique surtout dans la règion
périanale.
– éliminer une collection suppurée ou des tissus mous (le scanner
peut être nécesaire pour poser le diagnostic) en cas d’ulcères de
decubitus ou ischiaux.
– Éliminer une obstruction urétérale, un abcès périrénal ou rénal à
l’aide de l’échographie ou le scanner en cas d’infection urinaire.
8.2. Assistance hémodynamique et respiratoire.
8.2.1. Assistance hémodynamique.
Elle a pour but de restaurer un apport adéquat en O2 et en
substrats aux tissus.
– En cas de sepsis avec hypotension, le traitement initial sera fait:
– d’administration de liquide par voie intraveineuse : 1 à 2 litres de
sérum physiologique en 1 ou 2 heures à cause de la chute du
volume intravasculaire efficace.
– des volumes plus importants peuvent être nécessaires.
– Ce remplissage vasculaire peut permettre le contrôle de
l’hypotension dans un tiers de cas.
– La pression capillaire pulmonaire ou la pression veineuse centrale
doivent être contrôlées. Elles doivent se situer entre 12 et 15 mm
Hg pour la pression capillaire pulmonaire et entre 10 et 12 cm
H20 pour la pression veineuse centrale
– Le remplissage vasculaire doit maintenir la pression artérielle
moyenne à plus de 60 mm Hg (TAS90 mm Hg).
–
– On administre la dopamine comme agent cardiaque, à petites
doses : - 5 à 10 g/Kg/minute.
– La dopamine ( 1 adrénergique) augmente le débit cardiaque et
dilate les artérioles tissulaires en stimulant les récepteurs
dopaminergiques..
– Des fortes doses de dopamine (20 g/kg/minute) stimulent les
récepteurs adrénergiques et sont capables de créer une
vasoconstriction périphérique avec ischémique et gangrène.
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196
– On peut également administrer la norépinéphrine qui doit être
titrée minutieusement pour maintenir la pression artérielle
moyenne au minimum à 60 mm Hg.
– Ce médicament a un effet 1- stimulant et peut être administré
chez des patients hypotendus malgré la dopamine (1 à 4
g/kg/minute) pour maintenir une perfusion rénale et intestinale
suffisante et permettre un meilleur contrôle de la pression
artérielle
8.2.2. Assistance ventilatoire.
– Elle est indiquée dans l’hypoxémie progressive, d’hypercapnie,
des troubles neurologiques, d’insuffisance musculaire
respiratoire.
– On peut :
intuber pour assurer un oxygénation adéquate;
dériver le sang des muscles respiratoires;
réduire la post-charge cardiaque ;
transfuser si l’hémoglobine est basse (perturbation en apport en
O2).
8.3. Traitement de la l’acidose et de la CIVD.
• En cas d’une acidose métabolique sévère (pH 7,2), on prescrit du
sérum bicarbonaté (efficacité discutable).
• Des transfusions de plasma frais congelé et de plaquettes sont
nécessaires au cours de CIVD compliquée des saignements.
• L’acidose et la CIVD sont mieux combattus par un traitement efficace
de l’infection.
8.4. Traitement par agents antimicrobiens
• Ils visent à éliminer le germe. Ils s’appuient sur les principes suivants :
– l’antibiothérapie doit débuter avant le prélèvement des
hémocultures et la mise en culture des produits pathologiques
provenant du site infectieux primitif ;
– le traitement initial tient compte de la fréquence des germes les
plus fréquemment rencontrés en fonction des localisations
spécifiques ;
– le choix du traitement tient également compte du profil de
sensibilité des germes selon leur provenance intra ou extra-
hospitalière ;
– Avant la mise en évidence des germes, l’antibiothérapie initiale
doit couvrir les bactéries gram+ et gram- ;
– les doses à administrer doivent être maximales et s’administrent
voie intraveineuse ;
Just for Ariane Keto
197
– les doses doivent adaptées à la fonction rénale.
Lorsque les germes ne sont pas connus, il est conseillé de prescrire :
– le céfotaxime : 2g toute les 4 heures ou 3g toutes les 6 heures en
IV associé à la gentamycine (1,5 mg/kg toutes les 8 heures),
– la ceftazidime : 2g toutes les 8 heures en IV associée à la
gentamycine ou la tobramycine aux doses mentionnées ci-
dessus.
Ces associations antibiotiques sont indiquées quand il n’y a pas de
foyers infectieux primitifs apparents.
En cas de Pseudomonas aeruginosa, on peut administrer l’association
ceftazidime-tobramycine.
Chez les drogués IV ou les porteurs de cathéters intraveineuses
vasculaires à demeure, on prescrit la Nafcilline 3g IV toutes les 6
heures ou la vancomycine 15 mg/kg IV toutes 12 heures.
Dans les infections ayant une origine abdominale, la clindamycine 600
mg toutes les 6 heures en IV ou le métronidazole 500 mg IV les 6
heures sont à ajouter.
Dans le sepsis, chez les neutropéniques et les patients à l’entérocoque,
il est recommandé une betalactamine associée à un aminoside.
Quand le germe est identifié, le traitement se fera en fonction de
l’antibiogramme et une monothérapie peut suffire.
En cas de manque de moyens, l’on peut se contenter de :
l’ampicilline 2g toutes les 4 heures en IV ;
la ciprofloxacine : 3 à 4 x 200 mg en IV,
Ces 2 produits peuvent être associés à la gentamycine.
– l’amoxycilline : 2g toutes 4 heures ;
– la pénicilline G (4x 5 millions dans 500 cc de glucosé à 5%, à
faire couler en moins de 6 heures car le produit s’altérer au
contact prolongé de la lumière) ;
le cotrimoxazole : 40 mg de sulfaméthoxazole par Kg de poids
repartis en 3 prises, dans 500cc glucosé à 5% pour chaque dose.
8.5. Autres mesures.
8.5.1. Insuffisance surrrénalienne.
En cas d’insuffisance surrénalienne, on peut administrer
l’hydrocortisonne 50 mg en IV toutes les 6 heures en cas d’hypotension
réfractaire.
(L’usage des corticoïdes dans le choc septique est controversé).
8.5.2. Agents antiendotoxines.
Ce sont des médicaments en expérimentation préconisés à cause du
mauvais pronostic malgré le traitement instauré;
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198
Des anticorps monoclonaux agissant sur le lipide A du LPS sont en
expérimentation. Il s’agit des anticorps anti-toxines
D’autres agents en expérimentation comporte une protéine des
polynucléaires qui protége en se combinant au LPS et l’empêche de se
fixer à son récepteur.
8.5.3. Agents antimédiateurs.
Des agents anticytokines sont en cours d’évaluation ;
Il s’agit notamment de :
antagoniste recombinant du récepteur interleukine 1 ;
les récepteurs solubles du TNF et les anticorps antiTNF et les
anticorps anti- TNF.
les antagonistes du PAF ;
des inhibiteurs de la synthèse de l’oxyde nitrique de synthèse: la
pentoxyfylline ;
les récepteurs solubles du complément ;
des anticoagulants (1-antitrypsine recombinant) ;
l’antithrombine III ;
la protéine C
Les antiTNF et l’Il-1 peuvent être bénéfiques et préjudiciables car les
cytokines sont bénéfiques pour l’hôte.
9. Pronostic et prévention.
9.1. Pronostic.
La mortalité globale par le sepsis est de plus de 25%. Le décès dans les
symptômes (1/3 des cas) mais la mort peut aussi survenir dans les 14
jours au plu tard.
• Les décès tardifs sont liés :
– au mauvais contrôle de l’infection ;
– aux coplications de réanimation ;
– à une défaillance multiviscérale.
• L’état clinique antérieur et la frèquence des complications
conditionnent la mortalité.
• Les variables déterminant sont :
– l’âge ;
– le SDRA ;
– la CIVD ;
– l’insuffisance rénale ;
– l’acidose sévère ;
– l’hypothermie ;
– la détérioration de l’état mental ;
Just for Ariane Keto
199
– la défaillance multiviscérale.
La nature du germe n’est pas le facteur le plus important dans la
mortalité bien que des germes comme [Link] ou des infections
polymicrobiennes majorent le risque de mortalité.
9.2. Prévention.
• La meilleure façon de lutter contre les conséquences du sepsis est la
prévention d’autant plus que les complications nosocomiales sont
responsables de bon nombre de sepsis sévère et de choc.
• La prévention du sepsis peut se faire en :
• réduisant le nombre d’explorations invasives ;
• limitant l’usage des cathéters.
LA PESTE
Prof Odio, Drs Mbula et Situakibanza
Plan de la présentation
0. Introduction
1. Définition
2. Etiologie
3. Epidémiologie
4. Symptomatologie
5. Diagnostic
6. Traitement
0. Introduction
• Trois grandes pandémies ont sévi dans le monde depuis l’ère
chrétienne :
– La peste de Justinien:
Est survenue au 6ème siècle;
A attaqué le bassin de la méditerranée.
- Peste noire:
Au 16ème siècle;
Partie de l’Inde et a ravagé l’Europe.
A tué plus de 25 millions de personnes.
- Dernière pandémie:
1891.
Point de départ: Mongolie.
A fait le tour du monde grâce à la navigation à vapeur.
Just for Ariane Keto
200
• L’affection est quasi éradiquée dans les pays à haut niveau d’hygiène
où il persiste parfois quelques foyers portuaires;
• Elle reste actuellement l’apanage des pays tropicaux à hygiène
défectueuse.
• L’agent causal a été découvert en 1894, par Alexandre Yersin, à Hong
Kong.
1. Définitions
• La peste est une zoonose caractérisée par: Des adénopathies
suppurées peste bubonique;
Pneumonie peste pulmonaire;
Sepsis ou une diathèse hémorragique peste noire.
• Zoonose: maladie naturellement transmissible entre animaux
vertébrés et l’homme (OMS).
• Peste = anthropozoonose c’est-à-dire une infection humaine
acquise à partir d’autres vertébrés.
3. Etiologie
• L’agent causal de la peste est le Yersinia pestis ou Pasteurella
pestis ou bacille de Yersin.
• C’est un gram-, aérobie et anaérobie facultatif.
• Y. pestis pousse sur bouillon peptoné à 28° C.
• Il élabore une endotoxine;
• Il est sensible à la chaleur, à la dessiccation, aux sulfamides et à
certains antibiotiques.
• On distingue deux souches de bacille de Yersin :
- Une souche occidentale comprenant 2 variétés
Y. antiqua (Asie centrale et Afrique);
[Link] (Russie et Kurdistan) ;
- Une souche orientale:
Y. orientalis en Inde et au sud-est asiatique;
4. Epidémiologie
• Réservoir des germes
- Homme : réservoir important des bactéries pendant les grandes
épidémies.
– Rats : rôle essentiel
Just for Ariane Keto
201
Rat noir (Rattus rattus): le plus sensible à la peste et est rencontré
sous les tropiques et en Europe;
– Réservoir des germes
- Homme : réservoir important des bactéries pendant les grandes
épidémies.
Rat gris (Rattus novegicus):
- Rats d’égouts en Europe;
- Moins sensible à le peste;
- Fait des formes d’évolution lente.
Rôle épidémiologique des rats:liés au fait qu’ils vivent à proximité des
hommes et qu’ils se déplacent dans les cales des navires.
• D’autres espèces des rongeurs sauvages peuvent être atteints des
pestes;
• Les rats sensibles à la peste font des formes suraiguës mortelles et
sont des mauvais réservoirs;
• Les espèces résistantes (mais non réfractaires) font des formes moins
sévères, non létales et jouent un rôle dans la conservation des bacilles.
5. Vecteurs
• Les vecteurs sont constitués par des puces :
– La puce du rat, le Xenopsylla cheopis, peut piquer l’homme.
– La puce de l’homme est le Pulex irritans.
6. Modes de contamination
– Indirect :
C’est le mode le plus fréquent;
La puce se contamine en piquant un rongeur ou un homme en phase
de sepsis.
Elle est infestante jusqu’à sa mort mais ne transmet pas la maladie à
sa descendance.
• La puce contamine l’homme lors de son repas, pendant la piqûre
(régurgitation dans la plaie de piqûre des bacilles). Le bacille pénètre
par l’excoriation cutanée.
– Direct :
L’homme se contamine dans cette situation par l’inhalation des
gouttelettes de flügge et par la manipulation des cadavres des rongeurs.
Modalités épidémiologiques
• Il existe 3 types de foyers pesteux :
Just for Ariane Keto
202
- Foyers de peste sauvage : la peste est limitée aux rats. L’homme est
rarement atteint.
• Foyers de peste rurale : les cas humains sont rares. Ce sont les
rongeurs sauvages qui sont touchés.
• Foyer de peste « urbaine » : ces foyers sont rares actuellement. La
transmission se fait de rat à rat. Le rat contamine par la suite l’homme.
Répartition géographique
• L’affection est rencontrée en :
– Asie ;
– Afrique : au nord, en Lybie ; sous les tropiques on la rencontre
au Kenya, au Mozambique, en Angola, en République
Démocratique du Congo.
– Amérique latine.
Physiopathologie
• Après la pénétration des bacilles, il se développe une adénite satellite
suppurée bubon) avec un tableau infectieux sévère;
• La dissémination des germes peut se faire par voie hématogène
(développement d’un sepsis avec atteinte multiviscérale dont
pulmonaire);
• La contamination peut se faire par voie pulmonaire (peste pulmonaire)
et aboutir à un œdème lésionnel responsable d’insuffisance respiratoire
aiguë.
7. Symptomatologie
Peste bubonique
– Incubation : elle dure 1 à 6 jours.
– Invasion : elle dure 1 à 2 jours. Le patient présente :
• Ø De malaises généraux ;
• Ø Des algies diffuses ;
• Ø Des céphalées, frissons, fièvre pouvant aller jusqu’à 40°C (la courbe
est en plateau).
• Ø Des phlyctènes, au niveau des piqûres des puces.
– Période d’état :
• Ø Bubon : adénite pesteux (son siège est fonction du site de piqûre) ; il
est ferme, arrondi, adhérent aux 2 plans (périadénite).
• Fièvre :
En plateau sans dissociation pouls-température ;
• Faciès angoissé ;
• Abattement et prostration ;
• Phases de délire ;
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203
• Hallucinations ;
• Troubles digestifs: vomissements et diarrhée ;
• Langue saburrale.
Evolution
• Bonne :
- Favorable même sans traitement dans certains cas vers le 8ème et le
10 ème jour. On peut avoir :
– Des fistulisations du bubon ;
– Un amendement des signes généraux et neurologiques.
• Mauvaise :
• En cas de mauvaise évolution, la mort peut survenir par
syncope ou sepsis terminal.
• Des complications : dans les complications, on peut avoir :
– Un charbon pesteux (au point d’inoculation) ;
– Une ulcération ;
– Des thromboses vasculaires ;
– Des complications oculaires, méningés, pulmonaires.
Peste pulmonaire.
– Incubation : elle dure quelques heures à quelques jours.
– Invasion et période d’état :
• Le début est brutal. Le patient présente :
• Ø Des algies multiples ;
• Ø De la fièvre, des frissons, une altération de l’état général, une
asthénie profonde ;
• Ø Un point de côté, une sensation d’oppression respiratoire ;
• Ø Une polypnée, une cyanose, des vertiges ;
• Ø Une toux quinteuse avec crachats spumeux parfois des
hémoptysies ;
• Ø Une hépatomégalie et une splénomégalie ;
• Ø Des râles ;
• Ø Une détresse respiratoire, une insuffisance cardio-pulmonaire et un
collapsus circulatoire;
• A la radiographie du thorax (face), on note des lésions de
bronchopneumonie.
Evolution
• Généralement, elle est bonne sous traitement antibiotique.
• En l’absence de traitement, le patient décède par œdème aigu des
poumons.
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204
Peste avec sepsis
• Elle se caractérise par :
– un début brutal ;
– Un syndrome infectieux et dysentérique avec nausées,
vomissements, diarrhée, douleurs abdominales.
• Une hypotension réfractaire, une insuffisance rénale, une obnubilation
peuvent être observée. Un syndrome de détresse respiratoire aigu peut
apparaître.
• Le tableau clinique est celui d’un sepsis.
• Il peut être fulminant et fatal.
• Les hémocultures sont habituellement positives.
Peste noire
• Elle s’accompagne de :
– Un syndrome hémorragique : pétéchies, ecchymoses,
saignement à partir des sites d’injection ou des traumatismes
minimes ;
– Gangrènes des extrémités ;
• C’est un tableau de CIVD qui fait suite au sepsis.
8. Diagnostic
• Présomption.
- Basée sur la notion d’épidémie et sur la clinique.
• Orientation.
- Sérologie:
peu d’intérêt;
intérêt épidémiologique et diagnostic tardif.
Test de diagnostic rapide sur bandelettes: met en évidence l’Ag
capsulaire F1.
- Globules blancs: hyperleucocytose à polynucléaires;
- Thrombopénie.
• On peut aussi procéder à l’examen des cadavres suspects ou des
rongeurs.
9. Traitement
Curatif
• Le traitement curatif doit être fait en urgence;
• Les doses des médicaments doivent être suffisantes;
• La durée de traitement doit être suffisante (au moins dix jours).
• On donnera des antibiotiques :
• Sulfadiazine : 4 à 6 g par jour pendant 10 jours ;
Just for Ariane Keto
205
• Sulfalène :
• Sulfadoxine : 2 g en I.M. en une prise ;
• Streptomycine : 3 g par jour puis 2 g par jour pendant 10 jours.
• Chloramphénicol : 2 à 3 g par jour en 2 ou 3 prises pendant 10
jours ;
• Cotrimoxazole : 3 x 2 comprimés de 400/80 mg par jour et
pendant 10 jours chez l’adulte.
• Tétracyclines : 4 x 500 mg par jour pendant 10 jours;
• Doxyciclines: 200 mg/jour pendant 10 jours
Prévention
– Malade : le malade doit être isolé. On procèdera à la désinfection
des vêtements et de la literie.
– Entourage du malade et le personnel soignant: on fera une
chimioprophylaxie en administrant la sulfadiazine à la dose de 2
à 4 g par jour ou la sulfadoxine.
– Doxyciclines: 100 mg/jour pendant 7 jours;
– On peut également vacciné mais la vaccination ne confère qu’une
immunité e 6 mois.
– prophylaxie générale : la lutte contre les puces se fera à l’aide
d’un insecticide (DDT par exemple).
• On lutera également contre les rats (dans les navires, à la campagne) ;
• La maladie doit être obligatoirement déclarée.
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206
LES ANTI-INFECTIEUX
Prof Odio, Drs Mbula et Situakibanza
Les antibiotiques antibactériens
Définition
Les antibiotiques sont des substances qui s’opposent à la vie de certains
micro-organismes en entraînant soit :
– un arrêt de leur multiplication (effet bactériostase) ;
– leur destruction (effet bactéricidie).
Origine des antibiotiques
• Initialement, antibiotiques: extrait des micro-organismes
vivants( champignons microscopiques et microbes).
• b-lactamines par exemple: pénicilline G extraite de Penicilium notatum
ou [Link] ;
• dans la lignée des céphalosporines, la céphalosporine C a été extraite
de cephalosporium acrenium, ils sont obtenus par synthèse chimique.
Classification des agents anti infectieux
Selon la structure chimique.
Classification par famille: la plus utilisée.
Fondée sur la structure chimique de base d’un chef de file (premier d’une
série).
Regroupement en « familles » ou « classes » car caractéristiques
communes de structure, spectre d’activité, cible moléculaire bactérienne ou
sensibilité à des mécanismes de résistance.
• Classification ayant des limites car nouveaux médicaments élaborés
par hémisynthèse à partir d’un noyau commun.
• Produits obtenus par substitution chimique et différents chimiquement
des chefs de file antibiotiques au spectre large et plus stable aux
mécanismes de résistance.
• Substances des mêmes classes: propriétés différentes nécessité qu’on
les subdivise en sous-groupes.
Les antibiotiques antibactériens
• Les bétalactamines.
Substances de cette famille: en commun un cycle bétalactame.
Comprend les pénicillines et les céphalosporines.
Just for Ariane Keto
207
• Les pénicillines.
Elles portent un noyau thiazolidique et un cycle b-lactame.
A. Les pénicillines naturelles.
Elles ne résistent pas à la pénicillinase.
– Non résistant à l’acidité gastrique :
Ø Pénicilline G (benzylpénicilline)
Ø Pénicilline semi-retard (pénicilline procaïne).
Ø Pénicilline retard (benzathine-benzyl pénicilline ; extencilline
ou penadur)
Résistant à l’acidité gastrique :
Ø Péniciline V ou pen oral (phénoxyméthylpénicilline).
B. Pénicillines sémi-synthétiques résistant à la pénicillinase
Ø Méthycilline ou celbénin
Ø Oxacilline ou Penstapho ou Bristopen
Cloxacilline ou Orbénin
Dicloxacilline ou Diclocil
C. Pénicillines synthétiques à large spectre, résistant à l’acidité gastrique et
non résistant à la pénicillinase
Amoxycilline (clamoxyl)
Ø Ampicilline (Pentrexyl ou totapen, penbritin, albetathen
Ø Ethacilline ou Versapen (Hetacilline)
Ø Carbénicilline ou pyopen.
Pivampicilline ou pondocilline ou pivatil
Bacampicilline
Ø Pénèmes :
• Carbapénèmes
- Imipénème (+cilastine)= Tiénam
- Méropénème
ØMonobactames :
- Aztréonam (voie parentérale)
• Les céphalosporines
- Contiennent un cycle dihydrothiazine et un cycle b-lactamine.
- Existence de 3 générations:
1ère génération :
Ø Céphalothine ou keflin
Ø Céphaloridine ou Keflodin (ceporine)
Ø céflaclor
Ø Céfradine
Ø Céfadoxil
2ème génération
Ø Cefuroxime (curoxime)
Just for Ariane Keto
208
Ø Cefuroxime axétil (zinat)
Ø Céfamandole Kéfandol)
Ø Céfamycine : céfoxitine Méfoxin)
3 ème génération
Ø Céfotétan (apacef)
Ø Céfotaxim (claforan)
Ø Ceftizoxime (cefizox)
Ø Céfopérazone (céfobis)
Ø Céftazidime (fortum)
Ø Céfmémoxime (cemix)
Ø Ceftriaxone (rocéphine)
Ø Céfotiam (pansporine)
Ø Oxacéphemes :
Latamoxef (moxactam)
• Aminoglycosides.
Par extraction (fermentation)
Ø Streptomycine
Ø Kanamycine
Ø Neomycine (framycétine)
Ø Paromomycine (humactin)
Ø Gentamycine
Ø Tobramycine
Ø Sisomycine (sisoline)
Ø Spectinomycine (trobicine)
De demi-synthèse
Ø Amikacine
Ø Arbekacine
• Tétracyclines
1ère gérération
Ø Tétracyclines
Ø Oxytétracyclines (térramycine)
Ø Chortétraclines ou auréomycine
2ème génération
Ø Doxicycline ou vibramycine
Ø Minocycline ou minocin
Ø Rolitétracycline ou réverin
• Chloramphénicol
Ø Chloramphénicol ou chloromycétine
Ø Thiamphénicol
• Polypeptides
Ø Polymycines B
Ø Colimycine ou colistine (polymycyxine E)
Ø Bacitracine
Ø Solutricine ou tyrothricine
• Macrolides et apparentés :
à 14 atomes
Just for Ariane Keto
209
Ø Erythromycine
Ø Troléandomycine (TAO)
Ø Roxithromicine (Rulid)
à 15 atomes
Ø Azithromycine
à 16 atomes
Ø Josamycine (josacine)
Ø Spiramycine (rovamycine)
Ø Midécamycine
• Apparentés aux macrolides
® Lincosamides :
Ø Lincomycine (lincocine)
Ø Clindamycine (dalacine)
® Streptogramines (synergistines)
Ø Pristinamycine (pyostatine)
Ø Virginamycine
• Glycopeptide
• Ø Vancomycine
Ø Téicoplamine
• Rifamycines (ansamycines)
Ø Rifampicine
Ø Rifabutine
• Antibiotiques phosphoniques
Ø Fosfomycine ( par voie IV uniquement) ;
Ø Fosfomycine-trométanol (voie orale) ;
• Les antimycotiques
Ø Amphotéricine B
Ø Nystatine
Ø 5-fluorocytosine
Ø Miconazole (daktarin)
Ø Itraconazole
Ø Fluconazole
• Les sulfamides
Ø Cotrimoxazole (trimetoprim+sulfametoxazole)
Ø Sulfafurazol ou gentrisin
Ø Sulfaadimethoxine ou madribon
Ø Salazo-sulfapyridine (salazopyrne) : produit à action
locale au niveau intestinal.
Ø Sulfadiazine argentique (flamazine) : produit à application locale.
Ø Dapsone (DDS) : disulone (sulfones).
• Les autres anti-infectieux
Quinolones
Just for Ariane Keto
210
Ø 1ère génération (non fluorés) :
– acide nalidixique (negram)
– acide pippémidique (pipram)
Ø 2ème génération :
Monofluorés
– ciprofloxacine
– norfloxacine
– ofloxacine
– péfloxacine
Difluorées
– loméfloxacine
– difloxacine
Trifluorées
– fléroxacine
– tosufloxacine
Nitrofurantoïnes
- Urinaire : nitrofurantoïne
- Intestinal : furazolidone
Oxyquinoléines
- Urinaires : nitroxoline
- Intestinal : tilbroquinol (intetrix)
Classification selon le mode d’action
Bactéricides Bactériostatiques
Béta-lactamines Tétracyclines
Aminosides Chloramphénicol
Polypeptides Macrolides
Vancomycine Sulfamides et
antiseptiques urinaires
Classification selon le spectre d’action
– Antibiotiques à large spectre : actifs contre les coques, les
bacilles à gram + ou -.
Par exemple : - ampicilline ;
- kanamycine ;
Just for Ariane Keto
211
- tétracyclines
- chloramphénicol
– Antibiotiques à spectre étroit : actifs sur une seule catégorie de
germes, les coques
Par exemple : - pénicilline ;
- érythromycine ;
- streptomycine.
Classification selon le mécanisme d’action
• Les antibiotiques peuvent agir à 3 niveaux ; leur action peuvent porter
sur:
• la paroi bactérienne (capsule) ; on rencontre dans ce groupe :
- céphalosporines
- pénicillines
- bacitracine
- novobiocine
- vancomycine
• la membrane : l’antibiotique se fixe sur la membrane et augmente sa
perméabilité.
• Il se réalise une fuite du contenu cytoplasmique. Il s’agit d’antibiotiques
ou d’anti-infectieux de types :
- polypeptides
- amphotéricine B
- nystatine
c) le cytoplasme et ses structures.
L’antibiotique agit :
– en inhibant l’action des nucléotides et de l’ADN.
– en troublant la lecture du code génétique lors de la synthèse des
protéines.
– En empêchant la construction des chaînes peptidiques par action
au niveau de l’ARN messager.
Ce sont :
· les aminosides : streptomycine, kanamycine, gentamycine.
• les tetracyclines
• certains macrolides et apparentés.
• le chloramphénicol
Résistances des bactéries aux antibiotiques.
• Résistance= capacité à s’adapter dans un milieu contenant un
antibiotique c-à-d absence d’éradication par une antibiothérapie.
• Concentration minimale inhibitrice.
Quantité d’antibiotique la plus faible capable d’inhiber la croissance
microbienne.
Just for Ariane Keto
212
• On la recherche en ensemençant des tubes des bouillons contenant
une quantité croissante d’un antibiotique avec une souche
microbienne.
• Si la concentration sanguine de l’antibiotique est inférieure à la CMI, il
n’y a pas d’effet thérapeutique. On parle de résistance.
• Plus une CMI est élevée, moins un antibiotique est efficace.
• Origine de la résistance
- La résistance= naturelle ou acquise (au sein d’espèces théoriquement
sensibles).
- La résistance peut être génétique ou non génétique.
• Résistance non génétique
Action antibiotiques nécessite multiplication active des germes. D’où
germes non en phase de multiplication peuvent être résistants à un
antibiotique (sensibilité naturelle masquée temporairement).
• Les mycobactéries par exemple restent longtemps dans l’organisme
sans se multiplier et sont résistants en cette phase d’inactivité
biologique. Lorsque leur multiplication reprend, elles redeviennent
sensibles aux antibiotiques.
• Résistance génétique
Résistance naturelle
- Caractère déterminé génétiquement retrouvé chez toutes les bactéries
(par exemple la benzylpénicilline sur pseudomonas).
- Caractère présent dès les premières études sur la sensibilité.
• Résistance acquise
- Caractère se développe après usage des antibiotiques sur des
souches initialement sensibles. Le spectre de l’antibiotique est modifié.
• La résistance peut être extra chromosomique ou chromosomique
• Résistance extra chromosomique.
- Fréquente : 90% des résistances;
- Pas spontanée mais acquise;
- Favorisée par l’usage abusif d’antibiotiques.
- Se fait par transfert de matériel génétique de résistance appelé
plasmide ou épisome :
– soit par conjugaison (simple contact entre les 2 germes);
– Soit par transduction (par l’intermédiaire d’un bactériophage
chargé d’un plasmide).
– Mécanisme résistance= production par germe d’une enzyme qui
inactive l’antibiotique.
Par exemple pénicilinase pour la pénicilline ou l’acétylase dans le cas de
chloramphénicol ou la kanamycine.
· Résistance chromosomique
- Rare et spontanée.
Just for Ariane Keto
213
- Concerne une bactérie sur un à dix milliards.
- Mutation du chromosome bactérien sur un locus contrôlant la
sensibilité à un antibiotique
• Liée à la présence de l’antibiotique;
• Spécifique et indépendant.
• Après exposition à l’antibiotique sélection des souches bactériennes
(peu nombreuses) qui vont se développer.
• Par la suite développement de la résistance de deux manières :
• développement rapide (résistance à un échelon) : exemple
streptomycine, rifamycine, quinolones (une mutation suffit à rendre la
souche résistante).
• développement en plusieurs jours (résistance à plusieurs échelons) :
par exemple béta-lactamines, macrolides, tétracyclines,
chloramphénicol, certains aminosides.
• Dans ce cas, il y a plusieurs mutants à niveaux de résistance différents
au sein d’une même population dans laquelle subsiste des souches
sensibles.
• La CMI augmente à des niveaux variables (important pour la résistance
à un échelon et faible pour la résistance à deux échelons).
• Mécanisme de résistance aux antibiotiques
- Plusieurs mécanismes de résistance.
- Production d’enzymes détruisant l’antibiotique
- C’est le du staphylocoque producteur de béta-lactamase hydrolysant
le cycle béta-lactame.
• Mécanisme de résistance aux antibiotiques
- Plusieurs mécanismes de résistance.
- Production d’enzymes détruisant l’antibiotique
- C’est le du staphylocoque producteur de béta-lactamase hydrolysant
le cycle béta-lactame.
• Mécanisme de résistance aux antibiotiques
- Plusieurs mécanismes de résistance.
- Production d’enzymes détruisant l’antibiotique
- C’est le du staphylocoque producteur de béta-lactamase hydrolysant
le cycle béta-lactame.
• Acquisition d’un état de tolérance
Certains germes non sensibles aux sulfamides utilisent
directement l’acide folique et ne nécessite plus l’utilisation de l’acide para-
amino benzoïque.
Choix d’un antibiotique.
• Fonction de beaucoup d’éléments :
Ø La nature du germe en cause :
Just for Ariane Keto
214
Le staphylocoque sécréteur de la pénicillinase n’est sensible qu’à
quelques antibiotiques, par exemple les pénicillines sémi-synthétiques
(oxacilline, cloxacilline, méthicilline…).
La nature du germe suggérée par la localisation de l’infection :
• L’otite est souvent causée par le pneumocoque qui est très sensible à
la pénicilline.
Le site de l’infection
• Dans la méningite, on n’utilisera pas les antibiotiques qui ne diffusent
pas dans le liquide céphalorachidien (LCR) comme la terramycine, la
gentamycine. Par contre, les sulfamides
• (80%), le chloamphénicol (50%) du taux sérique passe dans le LCR.
L’âge du patient :
• La terramycine ne peut être donnée aux petits enfants car colore les
dents en jaune.
• Le chloramphénicol entraine chez le nouveau-né un collapsus mortel
par immaturité de la glucuronyl-transférase et une majoration du
risque hématologique.
La pré-existence d’une affection :
Aminoglucosides surdité en cas d’insuffisance rénale pré-existante.
Ø L’état physiologique :
La femme enceinte doit éviter la terramycine ( risque d’ictère grave) et
d’autres antibiotiques qui lèsent le fœtus (chloramphénicol, streptomycine,
kanamycine, bactrim etc).
La sensibilité individuelle :
Dans la prescription des antibiotiques, il faut :
-tenir compte des allergies ;
-déficit enzymatique : les sulfamides et la furadantine provoquent une
hémolyse chez les patients déficients en G6PD.
La gravité de la maladie commande le recours aux bactéricides et à
l’association d’antibiotiques.
Association d’antibiotiques
Indications.
But :
– réduire la toxicité de chaleur des antibiotiques de l’association
par diminution de la dose de chaque antibiotique.
– retarder ou empêcher l’apparition des résistances.
– traiter les infections à flore mixte dont les germes sont de nature et de
sensibilité diverses;
– élargir le spectre antibactérien dans les infections bactériennes
d’allure grave.
– Obtenir une synergie car l’usage de 2 bactéricides donne des
résultats supérieurs à la moyenne arythmétique.
Règles de l’association synergique.
Just for Ariane Keto
215
Lorsqu’on associe les antibiotiques, 2 antibiotiques et non 3 ou 4. Il
existe des exceptions :
– quadriple association antituberculeuse.
– La triple association pénicilline, chloramphénicol et sulfamides
dans la méningite (ancien schéma).
– Il faut 2 antibiotiques bactéricides :
– pas 1 bactéricide et 1 bactériostatique ;
– pas 2 bactériostatiques entre eux.
– Néanmoins, il existe des exceptions : par exemple le cotrimoxale qui
est une association très synergique entre un bactéricide (trimetoprim)
et un bactériostatique (sulfaméthoxazole).
– Associer 2 bactéricides de familles ou groupes différents. Par exemple,
on ne doit pas associer 2 pénicillines entre elles, ni 2 aminoacides entre
eux.
– Combiner par exemple une pénicilline et un aminoside (2 familles
différentes).
– Associer au sein d’une même famille 2 antibiotiques des groupes
différents. Par exemple: bétalactamines (associer pénicilline et
céphalosporine).
LES MENINGITES AIGUES
Prof Odio W., Drs Mbula M., Situakibanza N.
1. Définitions des concepts
1.1. La méningite : inflammation des méninges (enveloppes de cerveau et
de la moelle) caractérisée par une augmentation du nombre des globules
blancs dans le liquide céphalorachidien (LCR).
1.2. La méningite aiguë : se caractérise par la survenue des signes
méningés en quelques heures ou plusieurs jours.
1.3. La méningite chronique : méningite dans laquelle les manifestations
cliniques et les anomalies du LCR apparaissent 4 semaines au moins après la
contamination
1.4. L’encéphalite : se caractérise par une détérioration mentale
(confusion ou stupeur) apparaissant précocement durant la maladie avec un
minimum des signes méningés;
Cette distinction est utile pour la prise en charge mais est artificielle en
termes d’étiologie et de pathologie.
2. Etiologie
De nombreux germes sont responsables des méningites aiguës;
Des causes non infectieuses peuvent également être à la base des
méningites.
Ce chapitre ne reprend pas:
Just for Ariane Keto
216
Les pathologies dans lesquelles les symptômes méningés ne sont pas
prédominants comme la rougeole;
Les affections chroniques responsables de méningite aiguë dans
leur évolution.
A. Les arbovirus
Dans ce groupe, on rencontre :
- les flavirus;
- les bunyavirus;
- les orbivirus.
B. Le virus de l’oreillon
Responsables des méningites aseptiques et les encéphalites chez des sujets
n’ayant pas d’immunisation contre les oreillons;
10 à 30% des sujets avec oreillons, quelquefois sans évidence de parotidite.
Dans 40 à 50% des cas d’oreillons, avec méningite, on n’observe pas de
tuméfactions des glandes parotides;
La méningite est la plus commune des manifestations neurologiques des
atteintes par oreillons.
C. Le virus de la chorioméningite lymphocytaire
Virus retrouvé précocement et de façon significative aux méningites
aseptiques dans le passé; Actuellement: rarement incriminé comme agent
causal.
D. L’herpès virus
C’est l’herpès simplex virus (HSV) qui a été retrouvé de façon significative
dans les atteintes neurologiques.
E. Le virus de l’immunodéficience humaine (le VIH)
Il peut infecter les méninges précocement et persister dans le LCR après
l’infection initiale;
La méningite à VIH peut survenir dans l’infection initiale ou chez des patients
infectés il y a plusieurs années.
F. Les autres virus
Les méningites aiguës peuvent être dues:
à des adenovirus ;
au poliovirus;
à l’arenavirus ;
au virus de la rougeole, de la varicelle ;
à l’Epstein Barr Virus (EBV) responsable de la mononucléose
infectieuse.
Just for Ariane Keto
217
2.2. Les méningites bactériennes
Cosmopolites; Plusieurs bactéries peuvent en être responsables;
Trois germes sont plus incriminés (80% des cas).
Germes responsables des méningites bactériennes :
Haemophilus influenza : provoque fréquemment des méningites chez
les enfants;
Neisseria méningitidis (méningocoque): responsable d’épidémies;
Provoque la méningite chez les enfants et les jeunes adultes.
Streptococcus pneumoniae (pneumocoque) : Cause la méningite chez
des sujets jeunes et des adultes de plus de 40 ans.
Autres germes moins fréquents:
Listéria monocytogène ;
Streptococcus agalactiae ;
Bacilles gram- aérobies (Klebsiella spp., [Link], Serratia marcessens,
Pseudomonas aeruginosa, Salmonella spp.).
Entérobactéries
- Responsables des méningites chez les nouveaux-nés ;
- Proviennent du tube digestif, des voies urinaires, génitales ou du péritoine.
Staphylococcus aureus (staphylocoque doré) et le Staphylococcus
epidermidis : l’atteinte méningée se fait à partir d’une thrombophlébite
du sinus caverneux, d’une plaie de la face ou du cuir chevelu …
- Nocardia ;
- Propriobacterium acnes ;
- Enterococcus faecalis ;
Anaérobies (rares sauf en cas de foyer infectieux contigu);
Mycobacterium tuberculosis : atteinte méningée secondaire à un foyer
pulmonaire, ganglionnaire, péritonéal, génital, urinaire, osseux.
Spirochètes;
Treponème pallidum ;
Borrelia burgdorferi (maladie de Lyme) ;
Leptospira spp.
Just for Ariane Keto
218
Chez l’adulte et chez l’enfant de moins de 5 ans, les germes les plus
fréquents sont:
Méningocoque;
Streptocoque;
Listeria monocytogènes.
Chez le nourrisson et l’enfant de moins de 5 ans, les germes les plus
rencontrés sont:
Méningocoque;
Pneumocoque;
Haemophilus influenzae.
Chez le nouveau-né, les germes les plus incriminés sont:
Streptococcus agalactiae;
Enterobactéries ([Link]);
Listeria monocytogènes.
2.3. Les méningites parasitaires
Les protozoaires et les helminthes peuvent entraîner des méningites :
Naegleria fowleri ;
Angiostrongylus cantonensis ;
Strongyloides stercoralis (hyperinfection).
Toxoplasmas gondii ;
Trypanosoma brucei : gambiense ou rhodesiense (moins fréquemment
pour ce dernier).
2.4. Les méningites dues aux champignons
Champignons responsables de méningite:
Cryptococcus neoformans ;
Histoplasma duboisii ;
Candida.
2.5. Les rickettsies
R. rickettsies;
Just for Ariane Keto
219
R. coronii;
R. prowazeckii;
R. typhi ;
-R. tsutsuganushi;
R. Ehrlichia.
2.6. Maladies non infectieuses et d’étiologie non connue
a) Les kystes intracrâniens
- Les kystes dermoïdes;
- Les kystes epidermoïdes;
b) Tumeurs intracrâniennes
- Craniopharyngiome;
- Tératome.
2.7. Médications
- Les agents antimicrobiens ;
- Les anti-inflammatoires non stéroïdiens;
- Le muromonab;
- Le CD3 (OKT3);
- L’azathioprime ;
- Le cytosine arabinoside (forte dose);
- Les immunoglobulines;
- Le phenazepyridine.
2.8. Maladies de système
- Lupus érythémateux disséminé ;
- Le Syndrome de Vogt-Koyanagi-harada;
2.9. Autres maladies
- Sarcoïdose;
- Leucémie aiguë.
3. Epidémiologie
3.1. Porte d’entrée
De la tête et du cou :
- Sinus frontal, maxillaire : à partir d’ une sinusite;
- Oreilles : en cas d’otite, de mastoïdite;
- Peau : en cas d’abcès, de furoncle de la face, plaie du cuir chevelu…
- Oropharynx : à partir d’une infection se localisant dans cette région.
Du thorax :
- Poumons : pneumonie, abcès, bronchectasie…
- Cœur : en cas d’endocardite infectieuse…
De l’abdomen :
Just for Ariane Keto
220
- Appendice, péritoine et voies biliaires : à partir d’une appendicite, d’une
péritonite ou d’une angiocholite;
Urogénital :
▪ A partir d’une infection urinaire, d’une annexite ou d’une pelvipéritonite;
▪ En post-partum et en post-abortum.
3.2. Facteurs favorables
- Foyers para méningés d’infection ;
- Sinusite, otite, mastoïdite…
- Abcès cérébral, sous dural, épidural, pituitaire.
- Fracture du crâne ;
- Rhinorrhée du LCR ;
- Déficit en immunoglobulines (pneumocoque) ;
- L’infection à VIH.
3.3. Éléments cliniques orientant vers certains germes
A. Eléments faisant évoquer une atteinte par le pneumocoque
- L’alcoolisme ;
- Antécédents de traumatisme crânien, de chirurgie à la base du crâne ;
- Antécédents de méningite, rhinorrhée claire, chronique.
- Altération des moyens de défense : asplénie, infection à VIH, myélome ;
- Début brutal ;
- coma, convulsions, signes neurologiques focaux sus-tentoriels ;
- Infection récente ou en cours des voies aériennes : otites, sinusite,
pneumopathie.
B. Eléments orientant vers le méningocoque
- Saison froide (hiver ou saison sèche);
- Notion d’épidémie ;
- Début brutal.
- Purpura, surtout c’est extensif ;
- Absence de signes neurologiques focaux ;
- Déficit en complément ;
- absence de vaccination spécifique.
C. Eléments faisant penser au Listeria monocytogènes
- Age : au-délà de 50 ans ;
- Grossesse ;
- Immunodépression : corticothérapie, myélome.
- Notion d’épidémie ;
- Evolution progressive des manifestations cliniques ;
- Signes de rhobencéphalite ;
- LCR : formule panachée.
D. Eléments en faveur d’Haemophilus
- Age inférieur à 5 ans ;
- Association otite-conjonctivite ;
- absence de vaccination spécifique.
E. Eléments en faveur du cryptocoque
- Immunodépression.
Just for Ariane Keto
221
F. Eléments faisant évoquer les oreillons
- Epidémie;
- Contage;
- Absence de vaccination;
G. Eléments faisant penser la tuberculose
- Corticothérapie ;
- Infection à VIH ;
- Primo-infection non traitée ;
- Séquelles radiologiques de tuberculose pulmonaire ;
- Contage.
3.4. Orientation étiologique selon le terrain
Terrain Germes possibles
Alcoolisme Pneumocoque, L. monocytogènes,
Diabète Pneumocoque, [Link]ènes , S.
aureus
Cancer Entérobactéries, pneumocoque,
[Link]ènes, C. neoformans
Immunodépression L. monocytogènes, C. neoformans,
[Link]
Infection à VIH C. neoformans, pneumocoque
Splénectomie Pneumocoque, H. influenze
Fracture du crâne ouverte Entérobactéries, S. aureus
Fracture du crâne fermée Pneumocoque, entérobactéries, H.
influenzae
Otorrhée, rhinorrhée Pneumocoque, entérobactéries, S.
aureus
Otite aiguë Pneumocoque, H. influenzae
Otite chronique Pneumocoque, proteus sp, anaérobies,
P. aeruginosa
Valve atriovenriculaire S. aureus, S. epidermidis
4. Pathogénie et physiopathologie
4.1. Méningite virale
a) Infection initiale
A l’état normal: présence barrières empêchant l’entrée des virus à travers les
muqueuses;
Au niveau des voies respiratoires: existence d’un fin film de mucus et des
élévateurs mucociliaires qui déplacent les virus à partir des voies
respiratoires basses.
Just for Ariane Keto
222
En cas de traversée de cette barrière: action de phagocytose sur les
particules virales par les macrophages alvéolaires;
Au niveau de l’estomac: rôle joué par l’acidité gastrique qui inactive les virus
avalés (défenses de l’organisme), enzymes gastro-intestinales et bile: lysent
les enveloppes virales, les protéines des capsides et les lipoprotéines des
membranes.
Les virus non enveloppés sont résistants à l’acidité gastrique (entérovirus,
adénovirus, reovirus, parvovirus) et sont adaptés à la réplication dans les
voies gastro-intestinales.
Au contact des virus: muqueuses gastro-intestinales et respiratoires revêtues
des Ig A sécrétoires et empêchent attachement et pénétration dans les
cellules.
Virus ayant échappé aux défenses de l’hôte: réplication et dissémination
avec potentiel d’invasion du système nerveux central (SNC);
Infection initiée quand il y a colonisation des surfaces muqueuses qui
conduit à la virémie et l’extension au SNC.
4.2. Infection bactérienne
A partir d’un foyer infectieux (colonisation locale) qui constitue la porte
d’entrée, le germe atteint les méninges, après une invasion locale, par 2
voies.
a) Voie indirecte ou sanguine : plus fréquente; Les germes arrivent aux
méninges à partir d’un foyer périphérique par le biais de la bactériémie;
Le foyer peut être pulmonaire, cardiaque, abdominal, nasopharyngien etc.
b) Voie directe
Le germe atteint directement les méninges à partir du nasopharynx à travers
la lame criblée de l’ethmoïde; Le germe atteint les méninges par voie de
contiguïté , de proche en proche, à partir d’une otite par exemple
responsable de mastoïdite
Après l’invasion des méninges:
- multiplication bactérienne dans l’espace sous-arachnoïdien;
- largage des composants bactériens (paroi, LPS).
Les composants bactériens atteignent:
1. l’endothélium microvasculaire cérébral
Conséquences:
augmentation de la perméabilité de la barrière hémato-encéphalique
(BHE).
Formation d’un œdème vasogénique responsable d’une augmentation de
pression intracrânienne.
2. les macrophages
- Libérent les cytokines (l’Il1 et le TNF) agissant sur la BHE et augmentent sa
perméabilité: aggravation de l’œdème vasogénique (augmentation de la
pression intracranienne).
Just for Ariane Keto
223
Les cytokines entraînent une inflammation de l’arachnoïde, de l’espace sous-
arachnoïdien et des structures qu’elle enveloppe (encéphale, moelle, racines
des nerfs crâniens et médullaires, ventricules, cervelet…);
Conséquences:
vasculite cérébrale et infarctus cérébral;
formation d’un exsudat et trouble de la circulation du LCR (dû à
l’inflammation et à l’exsudat purulent qui obstruent les trous de Monro, de
Magendie et de Luschka).
hydrocéphalie;
œdème interstitiel: augmentation de la pression intracrânienne
(hypertension intracrânienne=HTIC);
œdème cytotoxique (augmentation de la pression intracrânienne).
L’augmentation de la pression intracrânienne a 3 origines:
- l’œdème vasogénique ;
- l’œdème interstitiel ;
- l’œdème cytotoxique.
L’augmentation de la pression cérébrale et l’infarctus cérébral provoqueront
une baisse du courant sanguin cérébral et une perte de l’autorégulation
cérébrovasculaire.
Les lésions vasculaires consistent en:
- une atteinte de l’endartère;
- un dépôt de fibrine;
- une thrombose vasculaire
Ces lésions vasculaires sont responsables de :
- déficits moteurs ;
- crises convulsives ou d’une aphasie.
La libération des composants bactériens (dont le LPS en l’occurrence)
provoque:
- le choc;
- les manifestations hémorragiques sous forme de pétéchies, de CIVD…
5. Symptômes
Subjectifs
Le patient se plaindra des :
- céphalées térébrantes aggravées par le bruit ;
- nausées, photophobies, des douleurs à la nuque et au dos ;
- arthralgies, de la fièvre…
Objectifs
Le malade peut présenter des :
- vomissements, souvent en jet lorsqu’il y a hypertension intracrânienne ;
- pétéchies et taches purpuriques (témoins d’une méningococcémie);
- signes neuropsychiatriques :
Just for Ariane Keto
224
· Irritabilité, délire, obnubilation, convulsions ;
· Fontanelles bombantes chez les nouveaux-nés et les petits enfants ;
· Raideur de la nuque : la flexion passive du cou est arrêtée par une
contracture et une vive douleur (signe d’irritation méningée).
· Position « en chien de fusil » : les jambes du patient sont fléchies sur
les cuisses et les cuisses sur l’abdomen;
· Position d’opisthotonos comme chez les tétaniques si la méningite est
avancée;
· Déficit moteur, paralysie faciale.
· Signes de Kernig : impossibilité pour le malade de s’asseoir dans
son lit sans fléchir les jambes sur les cuisses s’il est mis en position assise.
Malade en position couchée: tendance à plier ses jambes sur les cuisses;
Il a mal lorsqu’on tend à amener les jambes à angle droit.
· Signes de Brudzinski : couché sur le dos, la flexion du cou du malade
entraîne une flexion soit d’une jambe soit de deux; Couché sur le dos, la
flexion de la jambe sur la cuisse, la cuisse sur l’abdomen, entraîne une
flexion spontanée de l’autre jambe.
L’examinateur réalise la flexion de la jambe sur la cuisse, la cuisse sur le
bassin au niveau d’un membre inférieur ;
Lorsqu’il réalise la même manœuvre à l’autre membre inférieur (membre
inférieur chontrolatéral), le premier membre inférieur ébauche une
extension.
· Réflexes : ils sont variables, tantôt normaux, tantôt anormaux
(exagérés ou émoussés).
7. Diagnostic
7.1. Présomption
Basé sur les symptômes:
- fièvre;
- céphalées;
- raideur de la nuque;
- pétéchies;
- convulsions et signes neurologiques (signes de Kernig, de Brudzinski..).
7.2. Certitude
Diagnostic de certitude:
- Prélèvement du liquide céphalorachidien (LCR) après ponction lombaire
(PL);
- PL prudente et peut nécessiter qu’un fond d’œil (F.O.) soit fait au préalable.
- En cas d’hypertension intracrânienne: papille de stase (au F.O.);
Pour tout LCR recueilli, noter :
· L’aspect du LCR : celui-ci est normalement limpide ou eau de roche.
Maladies Aspect du LCR
Méningite bactérienne clair au début ; trouble,
opalescent ;
louche; purulent.
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225
Méningite tuberculeuse clair mais parfois trouble,
hémorragique
Méningite à cryptocoque clair ou trouble
Méningite à Trypanosome clair
Neurosyphilis clair
Abcès cérébral clair ou eau de roche
Tumeur cérébrale clair
· Pression du LCR : - Valeurs normales en moyenne: de 70 à 180 cm d’eau
(prise à l’aide d’un manomètre); Variables selon les auteurs;
Pour certains auteurs: en position couchée: 10 à 15 cm d’eau et 18 à 25 cm
d’eau en position assise.
Pression élevée Pression normale
Méningite bactérienne Trypanosomiase humaine Africaine
(THA)
Méningite tuberculeuse Méningite virale
Méningite cryptococcique
Syphilis
Sur ce même LCR, le laboratoire fera :
· La numération des éléments:
Le nombre normal des éléments dans le LCR est de 0 à 5 par mm3;
Eléments très augmentés: en cas de Méningite bactérienne (le LCR est à
prédominance neutrophilique).
Les éléments sont augmentés mais á à 500 /mm3 en cas de : méningite
tuberculeuse (formule à prédominance lymphocytaire) ; T H A (prédominance
lymphocytaire).
Les éléments sont légèrement augmentés en cas de :
- Cryptococcose (prédominance lymphocytaire ; le nombre d’éléments peut
être normal);
- Méningite virale (prédominance lymphocytaire);
- Neurosyphilis (prédominance lymphocytaire).
· Les examens biochimiques.
La glucorachie est le 2/3 de la glycémie à l’état normal;
La protéinorachie varie entre 15 et 45 mg% ;
La chlorurorachie se situe entre 120 et 130 mEq/l.
La protéinorachie est augmentée en cas de méningite :
- Bactérienne ;
- Tuberculeuse ;
- Cryptocococcose;
- Trypanosomiase ;
Just for Ariane Keto
226
- Syphilis.
La glucorachie est diminuée dans les méningites suivantes :
- Bactérienne ;
- Tuberculeuse ;
- Cryptococcique.
La glucorachie est normale est en cas de méningite :
- Virale ;
- A Trypanosome;
- Syphilitique.
· Les examens bactériologiques
Sur le LCR, il sera réalisé :
- Le gram et la culture ordinaire ;
- Le Ziehl et le lowenstein ;
- L’encre de chine et la recherche de l’Ag soluble cryptococcique
- La sérologie syphilitique : VDRL, TPHA , B.W. ;
- Hémocultures: à réaliser car à partir de la porte d’entrée, le germe peut
passer dans le sang (bactériémie) et migrer vers le cerveau;
Les sucs provenant des pétéchies doivent également être examinées (elle
peut faire mettre en évidence des méningocoques).
· Les examens parasitologiques
Recherche des trypanosomes et les microfilaires;
Recherche d’anticorps (Ac) au niveau du LCR et du sang:
- Ac antitrypanosomes;
- Ac antitoxoplasmes.
Autres examens à faire:
- Les radiographies:
▪ du thorax (face et profil): à la recherche d’un foyer primitif de la
tuberculose);
▪ du crâne: à la recherche d’une porte d’entrée; elles peuvent mettre en
évidence des foyers infectieux.
- F.O.: peut mettre en évidence une papille de stase;
- L’hémogramme et les tests inflammatoires: peuvent être perturbés,
globules blancs, vitesse de sédimentation, fibrinogènes: peuvent être
augmentés.
8. Diagnostic différentiel des méningites
Se fait avec les différents types des méningites sur base du LCR;
1. Les méningites à LCR clair :
- Virale ;
- Tuberculeuse ;
- Trypanosomiase humaine Africaine.
- Bactérienne au début ;
- Leucémie;
Dans ces méningites, la protéinorachie est en général augmentée.
2. Les méningites à LCR trouble :
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227
Méningites bactériennes:
- glucorachie: abaissée;
- protéinorachie: augmentée; éléments très augmentés.
3. Autres maladies pouvant provoquer une atteinte neurologique ou non :
- L’abcès cérébral :
▪ LCR: normal, clair; Nombre d’éléments: normal; mais dans certains cas, on
peut avoir une lymphocytose.
▪ Evolution dans l’abcès cérébral: moins aiguë, fièvre; présence des signes
de latéralisation (habituellement ils sont constants).
- La tumeur cérébrale :
▪ LCR: normal ou taux des lymphocytes augmenté, pas de fièvre ou
température peu élevée;
- Le tétanos : LCR normal, trismus et évolution lente.
- Le neuropaludisme : LCR non perturbé;
▪ Goutte épaisse: peut être positive;
- L’accident vasculaire cérébral : Hémorragie cérébroméningée: → signes
méningés et de latéralisation; → habituellement, survenue sur terrain d’HTA
et le LCR hémorragique ou xanthochromique.
9. Complications
9.1. Encéphaliques
- Hypertension intracrânienne;
- L’hydrocéphalie;
- L’abcès cérébral (par confluence d’exsudat purulent).
- Engagement des amygdales cérébelleuses : risque de mort subite;
- Epanchement sous-dural : plus fréquente chez l’enfant.
9.2. Sensorielles
- Cécité;
- Surdité;
- Paralysie faciale.
9.3. Vasculaires cérébrales
- Déficit moteur avec hémiplégie ;
- Crise convulsive ;
- Coma ;
- Epilepsie.
9.4. Psychiatriques
- Troubles psychiatriques observées: liées habituellement aux séquelles des
méningites.
10. Complications à distance
- Sous forme des métastases septiques;
- Dissémination des germes à distance.
- La dissémination des germes peut être responsable de :
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228
Endocardite bactérienne ;
Coagulation intravasculaire disséminée : fréquente en cas de méningite
à méningocoque ;
Arthrite purulente.
11. Traitement
11.1. Méningite bactérienne non spécifique
Méningites bactériennes:
- affections graves;
- mettent le pronostic vital en jeu, d’où traitement en urgence, avec des
fortes doses d’antibiotiques et une durée déterminée.
Le traitement aura comme objectifs de :
Ø Lutter contre les germes en administrant les antibiotiques appropriés ;
Ø Réduire la mortalité ;
Ø Eviter les séquelles.
Les principes de traitement sont les suivants :
- Traiter les patients en urgence : antibiothérapie prescrite à domicile si
patient examiné chez lui et si l’état clinique l’impose.
- Prescrire une antibiothérapie fait d’antibiotiques traversant la barrière
hémato-encéphalique (certains antibiotiques ne traversent pas ou peu la
barrière hémato-encéphaliques ; l’inflammation des méninges favorisent la
pénétration des antibiotiques dans le LCR).
- Les antibiotiques doivent s’administrer à fortes doses: les expériences dans
les méningites animales ont montré qu’il faut user des doses 10 à 20 fois la
concentration minimale d’antibiotiques nécessitée pour la thérapeutique
optimale);
La méningite doit donc être traitée promptement.
- La durée de traitement doit être suffisante : il n’est pas recommandé de
réduire la dose en cours de traitement quand il y a amélioration clinique
(pénétration meilleure en cas d’inflammation) ; Diminution inflammation:
baisse quantité d’antibiotique pénétrant dans le LCR.
- L’antibiothérapie doit tenir compte de la sensibilité des germes qui est
fonction de :
Ø La fréquence des germes incriminée dans la survenue des
méningites (ceci est connu à l’aide des études réalisées dans le monde et
localement).
Ø L’antibiogramme lorsqu’il peut être réalisé ;
Porte d’entrée: donne une indication sur la nature des germes (présence rash
purpurique : méningocoque ; intervention neurochirurgicale récente :
staphylocoque…).
Choix antibiotiques:
- doit tenir compte de la nature, de la sensibilité de germes et de la
diffusion des antibiotiques dans le LCR;
Just for Ariane Keto
229
- A titre d’exemple, pour les sulfamides, 80% du taux plasmatique se
retrouvent dans le LCR.
Chloramphénicol: seuls 50% du taux plasmatique se retrouvent dans le LCR;
En cas d’inflammation, les pénicillines et la streptomycine passent la barrière
hémato-encéphalique.
- L’antibiothérapie doit se donner par voie parentérale (voie
intraveineuse);
- L’antibiothérapie est habituellement empirique (probabiliste) avant la
mise en évidence des germes.
Le choix porte habituellement sur la pénicilline, l’ampicilline et les
céphalosporines de 3èmegénération;
En tenant compte de la tranche d’âge, on administrera les antibiotiques .
En se référant aux germes, les antibiotiques peuvent être prescrits de la
manière suivante :
1. Méningocoque :
- Cefotaxime ou le ceftriaxone;
- Pénicilline G: traitement de choix en cas de méningocoque sensible;
- Sinon: ampicilline.
Contacts: doivent subir une prophylaxie;
- Rifampicine : 10 mg/Kg toutes les 12 heures pendant 2 jours;
- Ciprofloxacine : 750 mg en une dose;
- Azithromycine : 500 mg en une dose;
- Ceftriaxone : 250 mg en IM.
2. Pneumocoque :
On prescrit :
- Cefotaxime et vancomycine;
- Ceftriaxone et vancomycine
- Pénicilline : tester la sensibilité du germe ; en cas de résistance: s’abstenir
de le prescrire.
On peut donner la vancomycine en intraventriculaire (20 mg/jour).
3. Gram négatifs :
Les antibiotiques à utiliser pour lutter contre les gram – sont :
- le cefotaxime ;
- le ceftriaxone ;
- le ceftazidime.
Injections intrarachidiennes pour les antibiotiques actifs sur les gram- mais
ne traversant pas la barrière hémato-encéphalique;
Injections sont dangereuses (arachnoïdite et choc); n’injecter qu’une seule
fois.
On peut administrer de :
- la gentamycine : 5mg/jour en IR (adulte) et 1 mg/jour;
- la kanamycine : 50 à 100 mg/jour en IR;
- la polymyxine : 16.000 unités/jour en IR (enfant) et 50.000 unités/jour
(adultes).
4. Le pseudomonas :
- Ceftazidime: agit sur ce germe;
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230
5. Le staphylocoque :
- Nafcilline : 9 à 12 g/jour pour le staphylocoque méthicilline sensible
- Vancomycine : 2g/jour pour le staphylocoque résistant.
6. Le listéria :
- Ampicilline;
7. L’hémophilus :
- Ceftriaxone ou cefotaxime;
8. Le staphylococcus agalactia :
- Ampicilline ou pénicilline.
9. Le bacteroïdes fragilis :
- Métronidazole : 2g/jour;
10. Le fusobacterium :
Métronidazole : 2g/jour.
11.2. Méningite tuberculeuse
a) Phase d’attaque : dure 2 mois et on prescrira :
- La rifampicine (R): 10 mg/Kg/jour (600 mg en 1 prise chez l’adulte);
- L’INH (H) : 5 mg/Kg/jour (300 mg en 1 fois chez l’adulte).
- L’éthambutol (E) : 15-20 mg/Kg/jour (800 mg en 1 fois chez l’adulte);
- La Streptomycine (S): 1g en IM/jour.
b) Phase de consolidation : celle-ci dure 4 mois;
On donne H et R pendant 4 mois, aux doses et modalités d’administration
telles que indiqués ci-dessus.
11.3. Méningite à cryptocoque
a) Traitement d’attaque : Amphotéricine B : 0,7 à 1 mg/Kg /jour pendant 2
semaines;
b) Traitement de consolidation: fluconazole (400 mg/jour: 8 à 10 semaines).
c) Traitement d’entretien :Fluconazole: 200 mg/jour ad vitam;
Ce traitement peut être arrêté si le taux de CD4 depasse 200/mm 3.
L’amphotéricine B peut se donner seule ou associée au flucytosine en cas de
résistance.
Flucytosine : 100 à 200 mg/Kg/jour en 4 prises; Elle ne se donne qu’en
association avec la l’amphotéricine B ou le fluconazol.
Just for Ariane Keto
231
LES FIEVRES TYPHO-PARATYPHOIDES
1. Définition
Ce sont des troubles digestifs sous forme de constipation ou de diarrhée
ou encore de la diarrhée alternant avec la constipation.
Les fièvres typho-paratyphoïdes sont des maladies fébriles et transmissibles
caractérisées par :
La fièvre ;
Des céphalées ;
De l’asthénie intense.
2. Etiologie
Les germes incriminés dans la survenue des fièvres typho-paratyphoïdes
sont :
Salmonella typhi ;
Salmonella paratyphi A et B
Certains auteurs incluent salmonella paratyphi C
3. Épidémiologie
3.1. Source de contamination
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232
humaine : à partir des malades et des porteurs chroniques ;
3.2. Voie de contamination
Voie digestive : pénétration des germes par la bouche et
localisation dans l’iléon et le caecum.
3.3. Mode de contamination
Direct
D’homme à homme :
A partir des mains sales des personnes qui manipulent des aliments
(cuisiniers, serveurs des bars) ;
Mains souillées fécales.
Ongles des personnes (regorgeant des germes) qui contaminent leur
entourage en les saluant après avoir été à selles sans se laver les mains
ou après avoir manipulé les aliments à l’aide de leurs mains souillées des
matières fécales.
Indirect
La contamination indirecte se fait par :
Par le biais des mouches, des cancrelats et d’autres bestioles qui
entrent en contact avec les matières fécales ;
A partir d’un puits non couvert ou de l’eau de boisson contaminée
par des matières fécales.
3.4. Matériels contaminants
Selles ;
Vomiques ;
Crachats
Urines…
3.5. Facteurs favorisants les épidémies
3.5.1. Hygiène publique et individuelle déficiente
Elle consiste à :
ne pas se laver les mains avant les repas ou après avoir été à la
toilette.
exposer les aliments à l’air libre ;
avoir des fosses septiques bouchées ou mal entretenues ;
le manque d’eau peut favoriser la déficience d’hygiène publique et
individuelle.
3.5.2. Les grandes concentrations humaines
Dans :
Les internats ;
Casernes, prisons et d’autres structures dans lesquelles il y a
étroitesse des relations.
Just for Ariane Keto
233
La survenue d’épidémies de fièvre typhoïde se fait quand il y a :
insuffisance des toilettes ;
des toilettes en mauvais état.
4. Physiopathologie
Elle est caractérisée par 3 étapes :
4.1. La période initiale
La pénétration des germes par la bouche passage des germes par la
bouche passage des germes dans l’œsophage, l’estomac pour atteindre
l’iléon.
Dans l’estomac, une partie des germes survivent à l’action du suc
gastrique. Les germes survivent lorsque la dose infectante est importante.
Les germes traversent l’iléon sans lésion et atteignent les ganglions
mésentériques, les plaques de payer, le canal thoracique puis provoquent
une adénite et une tuméfaction des plaques de Peyer.
Cette période dure environ 15 jours et constitue la période d’incubation.
4.2. La période de sepsis
C’est le 1er septénaire ; la dissémination se fait via la circulation sanguine.
A ce stade, on aura une hépato-splénomégalie.
4.3. La phase bilio-colique
C’est les 2èmes et 3èmes septénaires ; Les germes arrivés au foie,
s’éliminent par la bile après s’être multipliés dans vésicule biliaire.
L’évolution peut se faire vers l’état de porteur avec élimination régulière
des germes vers l’intestin.
Les germes libèrent la toxine, celle-ci est responsable des différentes
manifestations cliniques telles que :
Au niveau du SNC, il y aura atteinte des noyaux neuro-végétatifs qui
expliquera l’apathie, le typhos, la dissociation du pouls-température.
Dans l’intestin, la toxine est responsable d’hémorragies digestives ;
Les perforations sont dues à l’action de la toxine sur les plaques de
Peyer.
La toxine et les médiateurs libérés sont à la base du choc ; L’imprégnation de
la moelle par la toxine est incriminée dans la survenue de la leucopénie.
5. Les symptômes
Just for Ariane Keto
234
La période d’incubation dure en moyenne 15 jours (1 à 5 semaines).
La période d’état (1er septénaire) : il y a augmentation progressive de la
température ; Le patient présentera des céphalées, des troubles digestifs
et une splénomégalie.
Les 2ème et 3ème septénaires (période d’état) :
La température est en plateau,
Il y a dissociation pouls-température,
Des céphalées,
Le typhos,
La langue chargée (suburrhaie),
Des troubles digestifs sous formes de :
o Diarrhée ;
o Constipation ;
o Alternance diarrhée-constipation ;
o Alternance constipation-diarrhée.
Autres signes :
o insomnie,
o toux,
o épistaxis,
o angine de Duguet,
o gargouillement de la fosse iliaque droite,
o taches lenticulaires (roséole),
o hépato-splénomégalie
Les 4ème et 5ème septénaires
Il y a lyse thermique avec régression des autres signes,
Asthénie intense,
Convalescence longue.
6. Complications
Elles surviennent entre le 2ème et le 3ème septénaires ; Elles s’expliquent par
l’action de la toxine et du sepsis.
a) Hémorragies digestives
Elles représentent 10 à 20 des complications ; Elles sont responsables
d’anémie et de choc hémorragique.
b) Perforations intestinales
Elles constituent environ 1 des complications ; Elles intéressent la dernière
anse intestinale iléale.
Elles se caractérisent :
Par des douleurs abdominales brusques,
Des nausées,
Des vomissements par l’arrêt du péristaltisme,
Just for Ariane Keto
235
La contracture abdominale,
La matité pré-hépatique diminuée ou disparu avec chute de la tension,
Pouls accéléré,
Hyperleucocytose,
Croissant d’air sous la coupole diaphragmatique à l’abdomen à blanc.
c) Choc toxi-infectieux
Il est du à l’effet de l’endotoxine
d) Bronchopneumonie
e) Myocardite
f) Cholécystite
g) Hépatite
h) Encéphalite typique
Elle due à l’action de la toxine sur le centre neurovégétatif ; Elle entraine des
troubles circulatoires, vasodilatation, hémorragique péri-vasculaire et œdème
cérébral.
Les conséquences de l’atteinte neurologique consteront en :
typhos,
délire,
tremblements des extrémités, hypertonie musculaire,
troubles respiratoires.
i) Insuffisance rénale
j) Rechute
k) Portage
l) Ostéite à salmonella
m) Rupture du grand droit
n) Avortement (grossesse au 1er trimestre),
o) Thrombophlébite (particulièrement celle de la veine fémorale),
p) Méninge (particulièrement chez l’enfant),
q) Coagulation intra vasculaire disséminée (CIVD)
7. Diagnostic
a) Diagnostic de présomption
La fièvre typhoïde évoquée en présence d’un tableau fait de :
Fièvre
céphalées,
asthénie,
épistaxis
troubles digestifs,
typhos,
dissociation pouls et température,
Just for Ariane Keto
236
hépato-splénomégalie etc.
b) Diagnostic d’orientation
Hémogramme :
Leucopénie possible : taux des globules blancs inférieur à 4.000 par
mm3,
Parfois globules blancs normaux,
Quelquefois hyperleucocytose (mais l’hyperleucocytose peut témoigner
d’une complication),
Vitesse de sédimentation peut être accélérée,
Fibrinogène peut augmentée,
Widal-félix
Seuils de signification : varie selon les laboratoires ; avec les réactifs utilisés
CUK, les seuils significatifs sont :
TO : 1/160 (anticorps contre l’antigène O),
TH : 1/320 (anticorps contre l’antigène H).
Les anticorps contre l’antigène O :
apparaissent entre le 6ème et le 10 ème jour ;
disparaissent vers le 3ème
Les anticorps contre l’antigène H :
apparaissent entre le 10ème et le 15ème jour ;
disparaissent après 2 ans.
Le Widal-felix peut être faussement positif ou négatif.
Les faux négatifs : est un test réalisé avant le 6ème jour c.à.d avant
apparition des anticorps. Ils sont rencontrés en cas de carence immunitaire
(par exemple une agamma ou hypoglobulinémie).
Souche différente de la souche responsable de la maladie, instauration
précoce du traitement :
Chloramphénicol : inhibe la synthèse protéique et diminue le potentiel
antigénique. De ce fait l’organisme n’élabore pas les anticorps.
Usage des corticoïdes : blocage de la formation des anticorps par
l’action immunosuppressive.
Les faux positifs : sont rencontrés dans les situations suivantes :
Salmonelloses typhoïdiques ou non typhoïdiques : interférence en
cas d’infection par salmonella typhi murium para typhi A par exemple par
existence d’une communauté antigénique.
L’interférence entre salmonella et un germe d’un autre genre s’observent
dans des pathologies telles que : la moniliose, leptospirose, rickettsiose,
pasteurellose, pseudo-tuberculose…
Les affections induisant à une modification des Ig sont :
Le palu aigu ;
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237
La maladie d’Hodgkin,
L’hépatite chronique active,
La leucémie aiguë,
Le myélome multiple,
Les collagénoses comme le LED,
La cirrhose décompensée.
Vaccination (présence des anticorps Th),
Positivité sans explication.
c) Diagnostic de certitude
Les hémocultures
3 à 5 hémocultures ;
Prélèvement lors des pics fébriles de préférence ;
Plus fréquemment positives vers la 2ème et la 3ème semaine ;
Les 4 premières semaines de la maladie donnent des résultats positifs ;
Apres la 4ème semaine, elles sont rarement positives.
Coprocultures
En faire au moins 2 pour augmenter la possibilité de mettre les germes en
évidence ;
Sans traitement, elles sont positives durant toute la maladie ;
L’excrétion des germes diminue après la 6ème semaine ;
Avec le traitement, plus de 95% de patients ont des coprocultures
négatives et ces patients constituent un grave danger pour leur
entourage ; ce sont des porteurs chroniques.
Sortie du malade après traitement à l’hôpital : après 2 coprocultures
négatives à intervalle d’une semaine.
Culture de la bile ou biliculture
Elle est fréquemment positive car la vésicule biliaire constitue un site de
passage des bacilles typhiques.
La culture des urines ou uroculture
Elle est parfois positive
La culture des vomiques et des crachats
Elles peuvent isoler les bacilles typhiques.
8. Diagnostic différentiel
La malaria ;
Le sepsis ;
L’angiocholite ;
La TBC ;
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238
La shigellose ;
Les salmonelloses non typhiques ;
L’amibiase colo-hépatique.
9. Traitement
a. Préventif
L’hygiène personnelle et collective :
Entretenir correctement les toilettes ;
Laver correctement les mains avant les repas (surtout si l’on mange à la
main), avant de manipuler les aliments et après avoir été à la toilette ;
Couper les ongles à ras ;
Bouillir l’eau de boisson ou la désinfecter à l’aide de l’eau de javel ;
Eviter les aliments exposés aux mouches ou aux cancrelats dans les
marchés ou à domicile ;
Eviter de manger les denrées alimentaires crues et mal nettoyés ou mal
conservés ou encore non chauffés avant d’être servis à table.
La vaccination :
Pratiquée surtout pour les armées, personnels de santé, laborantins et les
voyageurs en provenance des pays occidentaux.
b. Curatif
L’antibiothérapie :
Les quinolones :
Norfloxacine : comprimé de 400 mg à la dose de 2×400 mg/jour pendant
10 jours environ.
Perfloxacine : comprimé de 400 mg à la dose de 2×400 mg pendant 10
jours.
Ofloxacine : comprimé de 200 mg : 2×200 mg pendant 10 jours ;
Ciprofloxacine : comprimé de 500 mg : 2×500 mg pendant 10 jours ;
Ampicilline : capsules de 250 mg ou de 500 mg à la dose de 50 mg à 100
mg par Kg de poids corporel pendant 10-14 jours c.à.d. 4-6 g par jour ;
Amoxycilline : capsule de 250 et 500 mg à la dose de 100 mg par Kg de
poids corporel c.à.d. 4-6 g par jour pendant 10 à 14 jours ;
Cotrimoxazole : comprimé de 400/80 mg et de 800/160 mg à la dose de
30 à 50 mg/Kg/jour de sulfamethozole ou la dose de 6 à 10 mg/Kg/jour de
trimethoprime ;
Céphalosporines de 3ème génération :
Ceftriaxone : flacon ampoule de 1 g pour injection IM, flacon ampoule de 1
g pour injection IV et flacon ampoule de 2 g pour perfusion, dose de 30 à
50 mg/Kg/jour en une prise. On peut donner 2 à 3 g/jour en IM ou IV en 5 à
7 jours ;
Cefotaxime : flacons de 1 et 2 g de céfotaxime, prescrite à la dose de 50
mg/Kg/jour en IV (2 à 3 g) en 2 ou 3 prises journalières.
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Chloramphénicol : capsule de 250 mg et flacon de 1 g, administrée à la
dose de 30 à 50 mg/Kg/jour pendant 10 jours ; il faut une administration
des doses progressives en commençant par 1 g puis 1.5g, 2 g et enfin 3 g
par jour et cela quand il y a forte imprégnation toxinique (encéphalite,
myocardite…) pour éviter une lyse massive des bacilles (risque de choc
toxi-infectieux).
Thiamphénicol : 30 à 50 mg/jour pendant une dizaine de jour en 3 prises
journalières, par voie IV, IM ou orale. Cela nécessite un contrôle de
l’hémogramme avant le traitement et une fois par semaine lors du
traitement à cause de ses effets sur la moelle épinière (aplasie
médullaire).
Traitement chirurgical :
En cas de fièvre typhoïde compliquée d’une perforation intestinale avec
péritonite ;
Cholécystectomie en cas de persistance des germes dans la vésicule
biliaire.
Traitement adjuvant : comprend les perfusions en cas de déshydratation,
la transfusion en cas d’anémie importante, correction des troubles
électrolytiques etc.
c. Portage des germes
En vas de portage des germes, le patient sera soigné :
A l’ampicilline : 4 g/jour en 6 semaines ;
Aux quinolones : les doses sont les mêmes que celles préconisées ci-
dessus pendant 2 à 3 semaines.
10. Evolution de la maladie
Lyse thermique : après 3 à 5 jours ; parfois lyse thermique après 5 jours
(jusqu’au 9ème jour).
Toute fois la persistance de la fièvre doit faire craindre :
Une erreur de diagnostic ;
Une malaria associée méconnue et non traitée ;
Une résistance à l’antibiotique utilisé.
La surveillance de l’efficacité thérapeutique et le dépistage des complications
se fait :
Cliniquement :
Par un suivi de la température, du pouls, de la pression artérielle, de l’état
de conscience, de l’auscultation cardiaque ;
Par l’observation des selles (à la recherche des hémorragies) ;
Par la palpation de l’abdomen (à la recherche des signes d’irritation
péritonéale) ;
Just for Ariane Keto
240
Par la surveillance de la diurèse (insuffisance rénale).
Biologiquement :
L’hémogramme : leucocytose, hémoglobine, les plaquettes doivent être
suivis ;
L’urée, la créatinine en cas d’insuffisance rénale ;
Les transaminases, la bilirubine en cas d’atteinte hépatique ;
La coproculture : lorsqu’elle est positive à l’admission du patient, on doit
avoir 2 coprocultures négatives avant de faire la sortie du patient lorsque
ce dernier est hospitalisé.
LA SHIGELLOSE
1. Définition : une maladie infectieuse causée par des entérobactéries
responsables de la dysenterie bacillaire.
2. Etiologie
La Shigellose: provoquée par des enterobactéries (batonnet) gram-;
Il existe 4 espèces dans le genre shigella :
- [Link] (groupe A) ;
- [Link] (groupe B);
- [Link] (groupe C) ;
- [Link] (groupe D).
3. Epidémiologie
3.1. Distribution géographique
C’est une maladie cosmopolite;
Elle se retrouve dans les pays industrialisés mais plus fréquemment dans les
pays en développement où les conditions d’hygiène sont médiocres.
3.2. Fréquence
Au moins 140 millions de cas de shigellose sont notifiés; 600.000 cas
surviennent chez les enfants de moins de 5 ans (essentiellement dans les
pays en développement).
3.3. Source de contamination
Elle est essentiellement l’homme (les malades et les porteurs);
Le tube digestif de l’homme est donc le principal réservoir des germes;
Quelques primates ont été également incriminés comme étant source de
contamination.
3.4. Mode de contamination
Just for Ariane Keto
241
- Mode direct : Il se fait d’homme à homme;
- Mode indirect : Par les aliments, l’eau de boisson contaminée; Les mouches
et les cancrelats peuvent servir des « vecteurs».
Certaines contaminations ont eu lieu dans des piscines ou des lacs (eaux
contaminées par les matières fécales).
3.5. Voie de contamination
Elle est digestive;
3.6. Facteurs favorisant les épidémies
- Hygiène individuelle et collective;
Plusieurs épidémies sont survenues en République Démocratique du Congo
notamment à l’Est, au Centre puis à l’Ouest;
Les dernières sont celles de du Bas-fleuve, de Kikwit qui avait été dénommée
« diarrhée rouge » et Mwaka .
Contamination rapide chez des personnes confinées en contact clos dans :
- des centres des soins du jour ;
- les institutions des retardés mentaux ;
- les croisières en bateau ;
- le personnel militaire.
Dans les familles, la transmission secondaire est fréquente.
4. Pathogénie
Les shigelles sont ingérées par voie orale et résistent à un pH bas plus
facilement que les autres germes entériques;
Elles envahissent les cellules endothéliales coliques et se propagent de
cellule à cellule.
Elles s’attachent aux cellules qu’elles infectent et pénètrent par endocytose
dans l’épithélium intestinal.
Elles entraînent une réaction inflammatoire avec:
- ulcérations muqueuses;
- destruction des villosités qui provoquent des troubles de l’absorption;
L’intensité des lésions muqueuses provoque des signes généraux.
Le tableau qui en résulte est un syndrome dysentériforme :
Diarrhée glaireuse, muco-purulente ou sanglante ;
Douleurs abdominales coliques (diffuses, en cadre ou bipolaire) ;
Épreintes ;
Ténesme ;
Fièvre.
5. Symptômes
La période d’incubation dure 2 à 4 jours;
L’affection se manifeste par:
la diarrhée ;
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242
des douleurs abdominales intenses ;
épreintes.
ténesme ;
fièvre élevée (39 à 40°C) ;
manifestations neurologiques dans les formes sévères :
- Convulsions ;
- Troubles psychiques.
6. Diagnostic
Le diagnostic est fait par :
- la coproculture sur milieu spécial (SS) ;
- des hémocultures: rarement positives (les bactériémies sont rares).
7. Traitement
7.1. Curatif
Le traitement antibiotique dépend de l’espèce de shigelle et de la sévérité de
la maladie; L’infection par shigella sonnei guérit habituellement
spontanément et ne nécessite pas de traitement.
L’antibiothérapie est indiquée dans les cas sévères (diarrhée sanglante,
dysenterie);
La shigellose se traite à l’aide des fluoroquinolones dans les régions de
résistance :
· Norfloxacine : 2 x 400 mg pendant 5 jours;
· Ciprofloxacine : 2 x 500 mg par jour pendant 5 jours.
Les shigelles sont résistantes aux sulfamides, streptomycine,
chloramphénicol et tétracyclines. Mais lorsqu’elles sont sensibles, on peut
administrer :
· L’ampicilline : 50 à 100 mg/kg/jour chez l’enfant et 2 g/jour en 4
prises.
· Cotrimoxazole : 40 mg/kg/jour de sulfaméthoxazole ou 8
mg/kg/jour, pendant 5 jours.
· Inhibiteurs de la motilité intestinale telle que la lopéramide:
peut être utile dans les diarrhées importantes mais empêchent
l’élimination des bactéries;
· Réhydratation: sel de réhydratation orale ou solutés pour perfusion;
· Correction des troubles hydroélectrolytiques.
Just for Ariane Keto
243
7.2. Préventif
Il faut un environnement approprié et une hygiène personnelle;
Les mesures suivantes sont préconisées :
· Lavage des mains au savon et à l’eau ;
· La décontamination des apports d’eau.
· L’utilisation des latrines sanitaires, de toilettes ;
· Réduire la malnutrition ;
· La désinfection des selles des malades hospitalisés.
LE TETANOS
1. DEFINITION
Est une maladie grave, redoutable, caractérisée par des contractures
musculaires paroxystiques et une mortalité élevée.
2. ETIOLOGIE
L’agent causal du tétanos est le clostridium tetani dénommé aussi
plectrium tetani ou le bacille de Nicolaer.
a. Caractères
C’est un bacille gram-, trapu, mobile, anaérobique strict ;
Pousse dans des milieux sans oxygène (O2) ;
Fragile sous la forme végétative et ses spores sont très résistantes à la
chaleur, à la dessiccation, à la lumière et aux antiseptiques.
b. Habitat
Le germe se localise :
Au sol ;
Dans le TD de certains animaux comme les chevaux, moutons, vaches….
Cette localisation du germe fait que certaines professions soient
particulièrement exposées : cultivateurs, des jardiniers, des éleveurs…
c. La toxine
Est une protiene de poids moleculaire de 68.000 ;
Fragile ;
détruite à 65°c;
Inactivée par l’air (O2) et les oxydants.
La toxine contient 2 facteurs :
Just for Ariane Keto
244
- Tétanolysine: hémolytique, nécrotique, cardiotoxique et fragile;
- Tétanospamine: facteur essentiel de la toxine qui se fixe sur les lipides du
système nerveux.
La fixation de la tétanospamine sur le SNC explique le tableau tétanique;
La tétanospamine est puissante; Elle a une affinité pour le système nerveux
central (SNC) à cause de sa richesse en lipides (gangliosides) par rapport au
système nerveux périphérique.
d. Anatoxine : vaccin antitétanique (VAT)
Elle est obtenue en soumettant la toxine à l’action de formol (3,5 à 5%) et de
la chaleur (1 mois à 38 à 40° C); Elle perd son pouvoir toxique mais conserve
son pouvoir antigénique; Et est ainsi transformée en anatoxine tétanique ou
VAT.
e. Antitoxine tétanique ou Sérum antitétanique (SAT)
Elle est obtenue par la vaccination des chevaux contre le tétanos puis par
leur hyper-immunisation à l’aide de la toxine; Les anticorps antitoxine
obtenus correspondent au SAT.
3. EPIDEMIOLOGIE
3.1. Voie de pénétration
Cutanée :
- Plaie souillée ;
- Incision opératoire ;
- Piqûre
- Extraction des chiques ;
- Scarification ;
- Perçage des oreilles.
Ombilicale :
- Incision septique du cordon ombilicale ;
- Accouchement septique;
Génitale :
- Accouchement et avortement septiques;
Inconnue : dans plus ou moins 8% de cas la porte d’entrée est inconnue.
3.2. Facteurs de risque
Un certain nombre de facteurs prédispose à la survenue de l’affection :
Age : enfants nés des mères non vaccinées et à cordon ombilical sectionné
avec du matériel non stérilisé.
3.2. Facteurs prédisposant
Certains métiers font courir plus de risque car ils exposent au germe:
- cultivateurs;
Just for Ariane Keto
245
- jardiniers.
4. PHYSIOPATHOLOGIE
Pénétration germe par la porte d’entrée sous forme de spore ou forme
végétative → multiplication au point d’inoculation si les conditions sont
réunies : absence d’oxygène et présence de nécrose tissulaire; → De ce point
de départ, le germe sécrète la tétanospamine, toxine qui a un tropisme pour
le SNC (neurotropisme).
Cette toxine atteint le SNC par voie sanguine ou nerveuse; La conséquence
de la présence des germes et de la sécrétion de toxine est l’apparition des
contractions.
5. SYMPTOMATOLOGIE
5.1. Incubation
C’est la période séparant la pénétration du germe et l’apparition du premier
signe qui est le trismus;
Elle dure en moyenne 14 jours;
Lorsqu’elle est inférieure à 7 jours, le pronostic est réservé;
Quand elle est supérieure à 7 jours, le pronostic est bon.
5.2. Invasion
Premier signe témoin de l’invasion: spasme généralisé;
Quand elle est supérieure à 2 jours, le pronostic est bon ;
Lorsqu’elle est inférieure à 2 jours, le pronostic est mauvais
5.3. La période d’état
Le patient présente :
· Une raideur de la nuque avec un opistotonos (le malade est couché avec le
dos ayant la forme d’un arc, le cou et la tête renversés en arrière).
5.4. Symptômes proprement dit
- Au début, il y a apparition du trismus qui est dû à une atteinte du nerf V
(spasmes des muscles masticateurs),
- Spasmes: paroxystiques, généralisés et intermittents (exacerbés par les
bruits, les piqûres etc);
- Dysphagie: due à l’atteinte du glossopharyngien;
- Dyspnée due à l’atteinte des muscles respiratoires ;
- Hypertonie généralisée avec tension abdominale.
- Fièvre (rare, la température est généralement normale);
- Rire sardonique par atteinte du nerf VII;
- Malade est lucide.
6. DIAGNOSTIC
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246
Essentiellement clinique; Il n’y a pas d’examen clinique conduisant au
diagnostic de tétanos; Les globules blancs sont normaux et le LCR est
normal.
7. DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
Il faut différentier le tétanos de :
- la méningite ;
- affections dentaires qui peuvent donner un trismus ;
- l’atteinte de l’articulation temporo-maxillaire avec trismus.
- L’hypoglycémie ;
- L’hypocalcémie ;
- L’idiosyncrasie à l’amodiaquine, au primperan ou au torécan
8. COMPLICATIONS
8.1. Respiratoires
- Complications les plus graves et les plus fréquentes;
- Parmi ces complications, on note:
▪ Le spasme de la glotte: est redoutable; Conduit à la mort brutale par apnée
due à l’obstruction des voies respiratoires.
→ Chaque spasme fait courir au malade le risque d’un spasme de la glotte;
→ D’où nécessité d’éviter au patient l’occasion de tout spasme.
▪ La dysphagie:
- due au spasme des muscles;
- conduit à l’accumulation des sécrétions dans l’oropharynx ;
- conduit au risque des fausses déglutitions (« fausses routes »);
- peuvent conduire à l’insuffisance respiratoire aiguë aggravée par les
spasmes des muscles respiratoires.
▪ Des bronchopneumonies : provoquées par les fausses déglutitions et les
spasmes des muscles respiratoires;
▪ Iatrogènes
- Coma toxique: dû au surdosage des tranquillisants (diazépan et
barituriques).
→ Les tranquillisants doivent être administrés à des doses qui permettent
d’espacer et d’abolir les contractions mais sans entraîner le coma;
→ Le malade peut somnoler à cause des médicaments qu’on lui donne mais
ne doit pas entrer en coma.
▪ Infection urinaire : les germes pénètrent par la sonde urinaire si celle-ci est
en place;
▪ Maladie sérique : survient entre le 4ème et le 10ème jour, après
administration de sérum antitétanique.
Les maladies sériques dues aux complexes immuns Ag-Ac;
Cliniquement, le patient présentera la fièvre, des arthralgies.
▪ Cardiaques : Les complications cardiaques se manifestent sous forme de :
Just for Ariane Keto
247
- myocardite ;
- troubles de rythme.
▪ Osseuses : On peut rencontrer des fractures de la colonne vertébrale, si les
spasmes généralisés sont violents.
9. Pronostic
- Pronostic: très souvent réservé car maladie grave ;
- 20 à 50% de décès;
-il est fonction de :
la durée de la période d’incubation ;
la durée de la période d’invasion ;
la nature de la porte d’entrée.
l’âge du patient ;
l’existence ou non d’une affection sous-jacente ;
la virulence de la souche contaminante ;
la présence de la fièvre au-delà de 38,4° C.
Le pronostic est émis au 3 ème jour d’hospitalisation car un tétanos banal à
l’entrée peut se révéler très grave après le 3 ème jour.
Pronostic par rapport au score de Dakar
Le pronostic est très bon quand le score est de 0;
Le pronostic est bon quand le score est situé entre 1 et 3;
Le pronostic est mauvais lorsque le score est situé entre 4 et 6.
10. Traitement
10.1. Prophylaxie
A. Education
Il faut éviter :
- tout tatouage septique ;
- de marcher pieds nus ;
- tout avortement criminel.
- accouchement septique;
- toute intervention septique;
- il faut former les accoucheuses traditionnelles et les matrones sur les règles
d’asepsies.
B. Vaccination (VAT)
Consiste à injecter une ampoule par mois pendant 3 mois;
Le premier rappel se fait après un an puis tous les 5 ans (10 ans pour
d’autres);
On vaccine la population en général et les femmes enceintes en particulier.
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248
C. Sérothérapie
Sérum antitétanique: injecté à la dose de 3.000 unités quand il y a blessure
faisant courir un risque de tétanos;
On fait un test de sensibilité : administration de 0,1 ml en S/C et attendre 30
minutes.
Si réaction positive: administrer un antihistaminique (par exemple le
phenergan 25 mg en I .M. ou de l’hydrocortisone 100 mg en I.V).
10.2. Curatif
Il dure 3 à 6 semaines;
A. Environnement
Créer un climat calme sans bruits ni lumière blanche;
Observer le malade sous une lumière verte (moins excitante);
Le malade doit être isolé.
Bannir tout ce qui peut provoquer une contraction paroxystique :
- parler à voix basse;
- ne pas claquer les portes ou laisser tomber des objets qui font du bruits
en tombant etc.
B. Surveillance
Une infirmière doit être placée en permanence auprès du malade pour :
- Porter secours ;
- Noter le nombre de contractions par minute, leur durée et leur intensité.
Surveiller:
- la respiration;
- La température;
- L’état de conscience;
- La tension artérielle;
- Le pouls, la température, la diurèse.
Ne pas faire des bruits avec les chaussures ;
Ne pas claquer les portes ;
La surveillance est délicate.
10.3. Soins généraux
L’équipe des soins :
- Placer une sonde nasogastrique pour administrer les médicaments et
alimenter le patient;
- Placer une sonde vésicale à demeure.
- Recueillir les urines dans un urinal (pour éviter que les linges se mouillent
car cela peut entraîner des contractions) .
10.4. Sérothérapie
Administration de 1.000 Unités de sérum antitétanique par kilogramme de
poids corporel sans dépasser les 60.000 unités;
A l’époque, on administrait du sérum de cheval ;
Just for Ariane Keto
249
Ce sérum est à la base d’allergie.
Actuellement, on administre du sérum humain qui est moins allergisant et qui
se donne à un volume plus réduit.
10.5. Sédatifs
Diazépan: 10 mg toutes les heures en IV;
La dose peut être doublée;
Garder le patient dans un état de coma vigil (qu’il réponde à l’appel de son
nom).
L’administration des doses excessives de diazépan peut conduire à un coma
toxique;
Si les contractions sont fortes, on administrera du luminal 3 x 100 mg per os.
10.6. Soins de la porte d’entrée
Débridement de la plaie ;
Imbiber la plaie de l’eau oxygénée;
Fera une révision utérine si celle-ci est nécessaire etc.
10.7. Antibiothérapie
Discutable (tout le monde n’est pas d’accord sur son efficacité);
Si l’on doit administrer un antibiotique, on donnera 1,5 à 2 g d’ampicilline par
jour par exemple pendant 7 à 10 jours.
10.8. Cas grave
La trachéotomie peut être réalisée ; Elle permet une respiration et
l’aspiration des sécrétions;
Le patient peut également être curarisé si les spasmes sont très violents.
Le malade peut être placé sous respirateur artificiel (les muscles
respiratoires curarisés sont normalement paralysés).
10.9. Vaccination
15 jours après l’administration du SAT: vacciner le patient pour éviter le
tétanos en cas d’exposition au germe;
Administrer du VAT;
Rappels: à 1 an et à 5 ans. Puis tous les 10 ans.
Le tétanos est une maladie grave et nécessite que le personnel soit
disponible, plein de compréhension et d’amour.
Just for Ariane Keto
250
LE CHOLERA
.
1. Introduction
- fait peur et a semé la panique dans le monde durant des siècles;
- accompagne les séismes, les inondations, les famines, les guerres et sévit
avec vigueur;
- Son extension peut être rapide.
Historique: existence des zones permanentes d’endémie: en Inde et au
Bengladesh;
Au 19ème siècle, 6 pandémies ont sévi et ont frappé l’Asie, l’Europe et
l’Amérique;
La pandémie actuelle date de 1961;
Le choléra sévit en Afrique depuis les années 1970;
Depuis 1975, la pandémie existe sous forme des cas isolés, des petits
foyers ou des flambées épidémiques.
Les épidémies ont suivi les parcours des hommes en déplacement :
- voie de caravane ;
- trafic côtier ;
- navire de commerce ;
- sillage des armées ;
- voie ferrée ;
- populations déplacées etc.
Vibrio cholerae classique: découvert en 1883;
El Tor: découvert en 1905, au Lazaret de EL TOR (Mecque);
Initialement, on a cru qu’EL TOR n’était pas pathogène;
Sa pathogénicité a été reconnue après.
Pour la pandémie actuelle, en 1966, l’Afganistan, l’Iran et l’Irak ont été
frappés;
Puis il y a eu extension en Israël, en Jordanie, Turquie, l’ancienne Union
Soviétique, la tchécoslavaquie et l’Egypte.
Pour l’Afrique, il y a 3 axes :
- Au Nord : Egypte, Libye, Tunisie, Maroc et l’Algérie ;
- A l’Est : Soudan, Somalie, Ethiopie, Kenya, Tanzanie et Rwanda. ;
- A l’Ouest : l’Afrique occidentale et centrale.
2. Définition
Just for Ariane Keto
251
Maladie caractérisée par une diarrhée redoutable, sévère, souvent
accompagnée de vomissements qui entraînent le décès en quelques heures.
3. Etiologie
Agent causal: Vibrion cholérique (Vibrio cholerae ou Vibrio de Koch);
2 variétés de Vibrion cholérique:
- le Vibrio cholerae classique;
- le El Tor (biotype du classique découvert au Lazaret de la Mecque en
1905).
Vibrion cholérique:
- bactérie gram-, en virgule, très mobile;
- aérobie et anaérobie facultative;
- pousse à 37°c et est tué à 80°c;
- conservé par le froid jusqu’à
- 31°c.
Son développement se fait sur milieu alcalin (pH entre 8,5 et 9,2) ou
hypersalé Nacl à 30 ‰;
L’Ag O a 3 facteurs ou fractions: A, B, C;
La combinaison AB donne le sérotype Ogawa ;
La combinaison AC donne le sérotype Inaba.
La combinaison ABC donne le sérotype Hikojima;
L’Ag O est de nature glucidolipidoprotéique;
Il est thermolabile à 100°c;
Elle est assimilée à l’endotoxine bactérienne.
4. Epidémiologie
4.1. Source de contamination
4.1.1. Réservoir de germes
Homme: malades, porteurs sains et convalescents;
4.1.2. Eau et aliments :
Sources accessoires de contamination.
Vibrion cholérique:
- survie longue dans le milieu extérieur;
- peut faire quelques jours dans l’eau et les aliments, les excrétas des
malades et des porteurs.
La survie peut être de plusieurs mois dans les eaux profondes, les
vases, le plancton et les algues;
Le bacille est présent dans les régions sèches (désert);
4.2. Voie de contamination
Elle est buccale.
4.3. Mode de contamination :
- Direct :
La contamination se fait d’homme à homme.
- Indirect :
Just for Ariane Keto
252
Le mode indirect de contamination se fait par les mouches, les cadavres,
l’eau et les aliments souillés.
4.4. Matériels contaminant
Les matériels contaminant sont :
- Selles ;
- Vomiques ;
- Cadavres ;
- Sueurs;
Un millilitre de liquide cholérique contient 10 8 germes.
4.5. Facteurs favorisant les épidémies
Les épidémies sont favorisées par :
- L’hygiène publique et individuelle déficiente ;
- La promiscuité : surpopulation urbaine comme dans les internats, les
prisons et les casernes.
4.6. Facteurs de diffusion des épidémies
Diffusion des épidémies:
- favorisée par le trafic intense (déplacement des populations par route,
bateau et avion).
5. Physiopathologie
Pénétration du Vibrion cholerae par la bouche;
Passage par l’estomac: une quantité suffisante des germes survit à
l’action de l’acide chlorhydrique.
Après l’estomac, les germes atteignent l’intestin grêle qui a un pH
alcalin;
Les germes vont s’y multiplier et vont sécréter une exotoxine de nature
protéique.
Cette exotoxine est cholériforme, thermolabile et a une sous-unité A;
La sous-unité A a deux fractions: A1 et A2;
L’exotoxine possède aussi cinq sous-unités B.
Les sous-unités B se lient à leur récepteur intestinal (ganglioside GM1)
et stimulent l’adényl-cyclase;
La stimulation de l’adénylcyclase conduit à la production et
l’accumulation de l’AMPcyclique;
La sous-unité A1 va ainsi inhiber l’absorption de sodium (Na+), ce qui
entraînera la sécrétion de chlore (Cl-) et du bicarbonate (HCo3-).
Conséquence: perte abondante d’eau (H2O), des sels, des HCO3-, du
potassium (K+);
Pertes estimée à 10 litres de H2O, 10 milliéquivalents (mEq) de Cl- et de
40 mEq de HCO3- et de 15 mEq de K+.
La perte d’eau va entraîner une déshydratation;
Les pertes hydriques et électrolytiques massives et brutales expliquent
les manifestations cliniques du choléra et la conduite à tenir.
6. Symptomatologie
6.1. Forme grave
Just for Ariane Keto
253
La période d’incubation dans cette forme est de 2 à 7 jours;
La clinique se caractérisera par :
- La tension abdominale ;
- La diarrhée: plusieurs selles liquides par jour (fréquence pouvant aller
jusqu’à 80 selles par jour).
- diarrhée aqueuse, riziforme;
- sensation d’évacuation impérieuse, en jet puis selles s’évacuant de façon
continue;
- diarrhée indolore;
- peut devenir rapidement abondante.
- vomissements : en jet puis sans effort ;
- déshydratation massive: entraîne une asthénie profonde et un
amaigrissement ;
- soif intense : à partir d’une perte liquidienne de 3 à 5% du poids
corporel.
- Des crampes musculaires, douloureuses ;
- Un pouls rapide, faible, filant et imprenable ;
- La tension artérielle basse ou nulle (entre 5 et 8% des pertes de poids
corporel ; on peut avoir une hypotension orthostatique.
- Une diurèse nulle ;
- Une respiration difficile ;
- Une température normale ou élevée ;
- Un état général altéré, une tachycardie et une déshydratation cutanée.
- Au dessus de 10% des pertes hydriques, on aura une oligurie;
- Le décès survient en 3 jours s’il n’y a pas de traitement énergique.
6.2. Forme avec diarrhée sanguinolente
La clinique est faite de:
- fièvre légère;
- vomissements peu abondants;
- selles sanguinolentes.
6.3. « Cholera sec »
Accumulation de liquide dans l’intestin, sans s’extérioriser et survenue
d’un choc;
Conséquence: mort subite par choc avant que le liquide s’extériorise.
6.4. Gastro-entérite banale
- C’est une forme de diagnostic difficile;
- Clinique faite d’un tableau de vomissement et diarrhée.
7. Evolution
Pertes d’eau et d’électrolytes compensées: le malade peut survivre;
Traitement rapide et urgent: taux de mortalité est d’environ 1 à 5%;
Au cours d’épidémies: la mortalité peut atteindre 50% à cause du
nombre important des malades et des difficultés liées à la prise en charge
d’un grand nombre des malades.
Just for Ariane Keto
254
8. Complications
Le cholera peut se compliquer de :
- Choc hypovolémique :
▪ la plus fréquente des complications ;
▪ s’explique par la déshydratation massive qui accompagne souvent le
cholera.
- Insuffisance rénale aiguë (IRA): par spoliation liquidienne importante et choc
hypovolémique ;
- Avortement chez la femme enceinte .
- Décompensation cardiaque: par surcharge hydrique lors de la
réhydratation (excès de liquide lors des perfusions chez l’enfant et le
vieillard).
9. Diagnostic
En cas d’épidémie: diagnostic aisément posé (la clinique oriente);
Bactériologie: permet de mettre en évidence le Vibrio cholerae sur
milieu spécial TCBS (thiosulfate-citrate-sels biliaires-saccharose : les germes
croissent sous forme des colonies plates et jaunes.
10. Diagnostic différentiel
Le cholera doit être distingué de :
- Salmonellose sévère ;
- Shigellose ;
- Amibiase intestinale ;
- Toxi-infection alimentaire ;
- Accès palustre chez des personnes peu immunisées.
11. Traitement
11.1. Curatif
Administration des liquides en quantité suffisante et en fonction des
estimations des pertes liquidiennes : 6 à 12 litres par jour selon l’importance
de la déshydratation;
Eviter tout excès de liquide;
Réhydratation: par voie parentérale.
- Correction des troubles électrolytiques en fonction de l’importance des
pertes (correction massive);
- Les liquides à administrer sont de type :
Ringer-Hartmann au lactate de calcium ;
Sérum salé isotonique et bicarbonaté.
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- Faire couler 1.000 ml de liquide en 15 minutes puis l’équivalent du 10%
du poids corporel en 3 à 5 heures (ce qui correspond à 5 à 6 litres);
- Après 36 à 48 heures, on poursuivra la réhydratation avec les mêmes
solutés mais à un rythme moins rapide en fonction de l’importance de la
diarrhée.
- En moyenne, on administre au total 8 à 12 litres pendant 3 ou 4 jours;
- Mais si la diarrhée persiste, on peut donner jusqu’à 20 à 25 litres;
- En cas de manque des solutés, on prescrira une solution salée et sucrée
par voie orale.
- On prescrira des antibiotiques qui diminuent la durée de la diarrhée et
le portage:
Tétracyclines : 3 x 2 gélules par jour, en 3 ou 4 jours ;
Chloramphénicol : 3 x 2 gélules par jour, en 3 ou 4 jours.
Cotrimoxazole : 2 x 2 gélules par jour, en 3 ou 4 jours ;
Vibramycine : 2 x 1 gélule par jour en 3 ou 4 jours ;
Fanasil : 1,5 g à 2 g en fois et en intramusculaire ; cette dose couvre 8
jours.
- Les antibiotiques agissent directement sur le germe ;
- la diarrhée cède en 2 à 4 jours;
- Les Vibrio cholerae disparaît des selles en 3 à 7 jours;
- En cas de résistance, on peut donner les fluoroquinolones;
- Normalement, les malades sont placés dans des lits troués pour
cholériques ou par terre.
Le malade sera placé en position semi-assise pour réduire les
vomissements;
La propreté, la désinfection, le recueil des excrétas et l’hygiène vont
empêcher la contamination du personnel;
L’habilité manuelle des infirmiers et une bonne organisation des soins
permettent d’obtenir des meilleurs résultats (baisse de la mortalité).
11.2. Prophylaxie
a) Mesures d’hygiène générale
- Importantes dans la lutte contre le choléra et empêchent sa survenue;
- Le risque cholérique est limité dans les pays développés ayant un niveau
d’hygiène élevé; - Lorsque l’hygiène générale est négligée, le risque
cholérique augmente.
- En cas d’épidémie, les mesures de prévention doivent concerner d’abord
les individus car l’affection se transmet de façon interhumaine et ensuite
l’environnement.
Les mesures à prendre sont :
- Le bouclage des zones atteintes ;
- L’isolement des malades ;
- La non manipulation des cadavres et l’enterrement surveillé ou
l’incinération des cadavres.
- La désinfection par le chlore, le phénol, le crésyl etc permet de
décontaminer les selles, les vomissements;
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- La protection de personnel soignant et la non diffusion des germes par
les blouses, les masques ou les bottes etc
- Surveillance des contacts, des suspects…
Les mesures d’hygiène générale dans l’entourage consiste en :
- Lavage de mains ;
- L’hygiène alimentaire.
b) Vaccination
Non retenue dans la politique nationale de la République Démocratique
du Congo;
Ne protége que 50% des personnes vaccinées en cas d’administration
par voie injection intramusculaire ;
N’est valable que pour 6 mois;
Si vaccination avec 2 injections: protection de 60% de personnes.
C) Chimioprophylaxie
- Pratiqué chez les contacts en cas d’épidémie;
- Les médicaments prescrits sont les suivants :
▪ Sulfadoxine : comprimé de 500 mg,
3 à 4 comprimés par pendant 3 à 4 jours.
▪ La fanasil en IM pour protéger les suspects, les contacts (manipulateurs
des cadavres, familles, amis, soignants etc.
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