Texte support :
La pomme
Ma mère était malade. Nous n’avons pas d’argent pour payer un médecin et elle refusait
d’aller à l’hôpital. L’absence de nourriture ajoutait à son mal qui empirait de plus en plus.
Un jour, alors qu’elle était couchée, tremblante de fièvre, elle dit dans son délire : « Ma
bouche est amère, j’aimerai tant manger une pomme. Oui, une belle pomme. Peut-être que ce
goût amer s’en irait de ma bouche ! »
Chacun de nous se mit à chercher une solution, comment se procurer la pomme qui allait
redonner la santé à notre pauvre mère. L’argent se faisait rare à la maison depuis longtemps.
Quoi hypothéquer pour avoir de l’argent ? Il n y’a avait rien à vendre …
Rien qu’une pomme avait-elle demandé… Elle pourrait mourir sans la manger, me torturai-je
l’esprit toute la nuit, sans trouver de solution. Soudain, la vision du chemin qui chaque matin
me menait à l’école vint à moi. Sur cet axe se trouvait une belle demeure entourée d’un grand
jardin d’où s’échappaient les plus exquises senteurs à l’approche du printemps.
Le lendemain matin, impatient que le jour éclaire ma voie, je me rendis sur les lieux.
Les branches d’un pommier et d’un poirier pendaient par-dessus la clôture. Je n’en croyais pas
mes yeux, là, devant moi, la pomme salvatrice ! Je ne sus comment faire mais je savais que
j’allais accomplir un méfait. Je saisis une grosse pomme rouge et fonçais tête baissée à la
maison.
Hafsa Zinai Goudil, « la fin d’un rêve », 1984
Texte support :
La pomme
Ma mère était malade. Nous n’avons pas d’argent pour payer un médecin et elle refusait
d’aller à l’hôpital. L’absence de nourriture ajoutait à son mal qui empirait de plus en plus.
Un jour, alors qu’elle était couchée, tremblante de fièvre, elle dit dans son délire : « Ma
bouche est amère, j’aimerai tant manger une pomme. Oui, une belle pomme. Peut-être que ce
goût amer s’en irait de ma bouche ! »
Chacun de nous se mit à chercher une solution, comment se procurer la pomme qui allait
redonner la santé à notre pauvre mère. L’argent se faisait rare à la maison depuis longtemps.
Quoi hypothéquer pour avoir de l’argent ? Il n y’a avait rien à vendre …
Rien qu’une pomme avait-elle demandé… Elle pourrait mourir sans la manger, me torturai-je
l’esprit toute la nuit, sans trouver de solution. Soudain, la vision du chemin qui chaque matin
me menait à l’école vint à moi. Sur cet axe se trouvait une belle demeure entourée d’un grand
jardin d’où s’échappaient les plus exquises senteurs à l’approche du printemps.
Le lendemain matin, impatient que le jour éclaire ma voie, je me rendis sur les lieux.
Les branches d’un pommier et d’un poirier pendaient par-dessus la clôture. Je n’en croyais pas
mes yeux, là, devant moi, la pomme salvatrice ! Je ne sus comment faire mais je savais que
j’allais accomplir un méfait. Je saisis une grosse pomme rouge et fonçais tête baissée à la
maison.
Hafsa Zinai Goudil, « la fin d’un rêve », 1984