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Fusion Nucléaire : Concepts et Formules

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MR FAYE CLASSE DE TERMINALE L2

ENERGIE NUCLEAIRE :
P2
REACTIONS SPONTANEES, FISSION ET FUSION

I. LE NOYAU ATOMIQUE
1. Composition du noyau :
1.1 Les nucléons :
Le noyau d’un atome est constitué de particules appelées nucléons qui sont
de deux sortes : les protons et les neutrons :
- le proton est une particule de masse mp sensiblement égale à la masse mn du neutron

𝐦𝐩 ≈ 𝐦𝐧 ≈ 𝟏, 𝟔𝟕. 𝟏𝟎−𝟐𝟕𝐤𝐠
:

- le neutron ne porte pas de charge électrique tandis que le proton porte une
charge électrique égale à la charge élémentaire e = 1,6.10 -19 C.
1.2Nombre de charge et nombre de masse :
Le nombre de charge et nombre de masse sont défit à partir des nombres de
protons et de nucléons contenus dans le noyau :
- le nombre de charge (ou numéro atomique) d’un atome, noté Z, est le
nombre de protons contenus dans son noyau.
- le nombre de masse d’un atome, noté A, est le nombre de nucléons contenus
dans son noyau.
1.3Remarques :
- Le couple (A, Z) fixe la composition du noyau ; il signifie que le noyau
comporte A nucléons dont Z protons et (A-Z) neutrons.
- Les propriétés nucléaires d’un noyau dépendent uniquement du nombre A et non de
Z.
2. Notions fondamentales :
2.1 Elément chimique :
2.1.1 Définition :
Un élément chimique est l’ensemble des atomes qui ont la même valeur de Z.
2.1.2 Exemples :
- l’ensemble des atomes pour lesquels Z=1 forme l’élément chimique
hydrogène, de symbole H.
- l’ensemble des atomes pour lesquels Z=6, forme l’élément chimique carbone, de
symbole
C.
- l’ensemble des atomes pour lesquels Z=92, forme l’élément chimique uranium, de
symbole
U.
2.2 Nucléide :
2.2.1 Définition :
Un nucléide est l’ensemble des atomes dont les noyaux ont la même valeur de Z et

�𝐗 où X est le symbole de l’élément


𝐀
même
valeur de A. Un nucléide se représente par �
l’écriture
chimique correspondant au nombre de charge
Z.
2.2.2 Exemples :

- le nucléide 612𝐶 est l’ensemble des noyaux des atomes formés de 6 protons et 6
On connait actuellement 1 525 nucléides dont 325 nucléides stables :

- le nucléide1 1𝐻 est l’ensemble des noyaux des atomes formés de 1 proton et 0


neutrons.
1
neutron.
16
𝑂; 27
𝐴𝑙 ; 67
𝑍𝑛 ; 235
𝑈.
8 13 30 92
- autres nucléides :
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2.3 Isotopes d’un élément chimique :


2.3.1 Définition :
On appelle isotopes d’un élément, les nucléides ayant même valeur de Z, mais des
valeurs différentes de A.

𝑯
2.3.2 Exemples :
𝟏
- l’élément chimique hydrogène possède trois isotopes que sont le proton

le deutérium 𝟐𝐇 et le tritium 𝟑𝐇 .
(98,985%), �

𝟏 𝟏


- l’élément chimique carbone possède trois isotopes que sont le carbone 12 𝑪
𝟏𝟐

le carbone 13 𝟏𝟑𝑪 (1,11%), le carbone 14 𝟏𝟐𝑪 (10-12%).



(99,89%),
𝟔 𝟔
2.4 Exercices d’application :
2.4.1 Exercice 1 :
 Enoncé
1:
Un
atome d’étain, de symbole Sn possède 120 nucléons. La charge de son noyau est
8.10-
18C.
a) Quel est son numéro atomique Z ?
b) Quels sont le nombre de neutrons et le nombre d’électrons d’un atome d’étain ?
c) En déduire la représentation symbolique de son noyau.
𝑞
a) Numéro atomique Z de l’étain : 𝑍 = = 50
 Solution 1 :
𝑒
b) A = 120 et Z = 50 donc A – Z = 70 d’où Sn a 50 électrons et 70 neutrons.
c) Représentation symbolique du noyau d’étain 50
: 120Sn
2.4.2Exercice 2 :
 Enoncé 2 :
a) On considère la représentation symbolique
16
33S .
a.1) Quel est l’élément chimique ainsi symbolisé ?
a.2)Cette représentation est-elle celle d’un noyau, d’un atome ou d’un ion ?
a.3)Que représente le couple de valeurs (33 ; 16) ?
32 40 30 32 37 27
b) On donne les sept représentations 30 ; Si ; Ca ; Si ; S ; Cl ; Al
suivantes : Si
14 14
b.1) Expliquer ce que signifie 20 19 16 17 13

isotope.
b.2) Parmi les sept représentations, indiquer celle(s) qui est (sont) isotope(s) de
33
16
S
. b.3) Indiquer ensuite, s’il y en a, celles qui sont isotopes entre elles.
 Solution 2 :
a) Soit la représentation1633S
a.1) L’élément chimique
. ainsi symbolisé est le soufre.
a.2)La représentation est celle d’un noyau.
a.3)Le couple de valeurs (33 ; 16) est tel que : A = 33 et Z = 16
b) b.1) Isotope : même Z et A différent.
b.2) Parmi les sept représentations seul 32S est isotope de 33S .
16 16
b.3) 30

Si sont isotopes.
32
14 Si et 14

 Enoncé 3 : 2.4.3Exercice 3 :
2
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L’oxygène naturel contient trois isotopes : 16O ; 17O ; 18O


8 8 8
a) Définir les isotopes d’un
élément.
b) Quelle est la particularité de ces isotopes ?
c) Pourquoi peut-on considérer qu’il s’agit du même élément ?
 Solution 3 :
a) Cours.
b) Ces isotopes appartiennent au même élément.
c) On peut considérer qu’il s’agit du même élément car ils ont le même nombre de
protons.
3. Masse et énergie :
3.1 L’unité de masse atomique :
Le kilogramme est inadapté aux masses nucléaires. Ainsi, on utilise une unité plus
pratique
pour l’étude des noyaux : l’unité de masse atomique.
3.1.1 Définition :

l’atome isotope 12 du carbone ; elle vaut, en kilogramme : 𝟏 𝐮 = 𝟏, 𝟔𝟔𝟎𝟓𝟒𝟎𝟐.


L’unité de masse atomique, de symbole u, est le douzième de la masse de

𝟏𝟎−𝟐𝟕 𝐤𝐠
3.1.2 Valeurs des masses des nucléons :
𝐦 (𝟏𝟏𝐩) 𝐦 (𝟎𝟏𝐧)
𝟏, 𝟎𝟎𝟕 𝟐𝟕𝟔 𝟒𝟕𝟎 𝐮 = 𝟏, 𝟔𝟕𝟐 𝟔𝟒𝟗. 𝟏, 𝟎𝟎𝟖 𝟔𝟔𝟓 𝟎𝟏𝟐 𝐮 = 𝟏, 𝟔𝟕𝟒 𝟗𝟓𝟒.
𝟏𝟎−𝟐𝟕 𝐤𝐠 𝟏𝟎−𝟐𝟕 𝐤𝐠

3.2 Défaut de masse :


Des mesures précises montrent que la masse d’un � � est toujours inférieure à
noyau 𝑨
��

Le défaut de masse ∆𝐦 du noyau est la différence entre la somme des


la somme des masses de ses nucléons.

∆𝐦 = [𝐙𝐦𝐩 +� (𝐀 − 𝐙)𝐦𝐧] −
𝐦( 𝐗)
masses des nucléons et la masse du noyau :
𝐀 �

3.3 Equivalence masse-énergie :


En 1905, Albert Einstein postule l’équivalence entre masse et énergie.
3.3.1 Relation d’Einstein :
Une particule matérielle, même au repos, du seul fait de sa masse m, possède une
énergie
E appelée « énergie de masse » donnée par la relation d’Einstein :

𝒎: 𝒌𝒈
E = m.C 2 {𝑪:
𝒎𝒔−𝟏

C’est la célérité de la lumière ; sa valeur est C = 3.10 8 m/s et E : énergie


de masse
3.3.2 Energie de liaison :
L’énergie de liaison E𝓵 est l’énergie qu’il faut fournir pour séparer les nucléons

défaut de masse ∆m correspond une libération d’énergie égale à l’énergie de


d’un noyau au repos. D’après le principe de l’équivalence masse-énergie, au

liaison :

E𝓵 = {[𝐙𝐦� + (𝐀 − 𝐙� )𝐦 ]−
� 𝐦(
� 𝟐
3
𝐗)}. �
𝑪

� �
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3.3.3 Unité d’énergie pratique : l’électronvolt


A l’échelle atomique, l’unité d’énergie pratique est l’électronvolt (eV) et son
multiple tel que le méga électronvolt (MeV) :
1 eV = 1,6.10 -19 J
1 MeV = 1,6.10 -13 J
Un calcul précis a permis de trouver la valeur de l’équivalence d’énergie
correspondant à 1 u : 1 u = 931,5016 MeV / C2
Valeurs des énergies de masse correspondant aux nucléons :
3.3.4
m (u) Énergie (MeV) Énergie (J)
Proton 1,007 276 938,2723 1,503 279.10 -10
Neutron 1,008 664 939,5656 1,505 351.10 -10
Exercice d’application :

𝐻𝑒 dont la masse déduite des


 Enoncé :
4
2
Calculer l’énergie de liaison du noyau d’hélium
indications
des tables de valeurs est m = 4,0015 u.
On donne : mp = 1,007 276 u ; mn = 1,008 664 u et 1 u = 931,5 MeV/C2.
 Solution :
- 1ère méthode :
E𝓵 = {(2𝑚𝑝 + 2𝑚𝑛) − 𝑚}. 𝐶2
E𝓵 en joule : E𝓵 = {2(1,672 649 + 1,674954). 10−27 − 4,0015 x 1,6605. 10−27}.C2 =
4,54.10 -12
−12
J
E𝓵 en MeV : 4,54.10
𝑀𝑒𝑉 = 28,4 MeV
1,6.10−1
=
3
E𝓵
- 2ème méthode :
∆m = (2mp + 2mn) – m = 0,0303 u = (0,0303 x 931,5016) MeV/C2 ; soit : E𝓵 = 28,3 MeV
3.4 Energie de liaison et stabilité des noyaux :
3.4.1 Energie de liaison par nucléon :

énergie de liaison par le nombre de nucléons A ; soit : E = E𝓵 / A


L’énergie de liaison par nucléon d’un noyau, noté E , est le quotient de son

3.4.2 Stabilité des noyaux :


 Un noyau est d’autant plus stable que son énergie de liaison par nucléon est plus

>
grande.
 Les nucléides les plus stables (50 < A < 75) correspondent à E 8
MeV/nucléon
3.4.3 Remarque :
Les nucléides instables peuvent évoluer en deux façons :
- deux noyaux « légers » fusionnent pour former un noyau « moyen » plus stable
ayant une énergie de liaison par nucléon plus grande que la somme de celles des
deux noyaux légers : c’est la fusion nucléaire ;
- un noyau « lourd » se scinde en deux noyaux « moyens » plus stables : c’est la
fission nucléaire.
3.4.4 Exercice d’application :

a) Le noyau d’uranium 238 se désintègre en émettant une particule 𝛼 et un


 Enoncé :

noyau de thorium 90 ( 90𝑇ℎ). Ecrire l’équation associée à cette réaction


4
nucléaire.
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238
𝑈; 𝑇ℎ et
𝐴 206
𝑃𝑏.
92 90 82
b) On considère les trois noyaux suivants :
b.1) Définir l’énergie de liaison d’un noyau.
b.2) Quelle est, pour chacun d’eux, l’énergie de liaison par nucléon exprimée
en
MeV/nucléon.
b.3) Indiquer, en le justifiant, lequel de ces trois noyaux est le plus instable.
On donne : m (Pb) = 206,92905 u ; m (Th) = 233,99422 u et m (U) = 238,00031 u.
 Solution :

𝑈 → 4𝐻𝑒 + 𝑇ℎ avec : 238 = 4 + A ⇒ A = 234 U → 4He + 234Th


a) Equation associée à la réaction nucléaire :
238 𝐴
238

92 2 90 92 2 90
d’où
b) b.1) Définition de l’énergie de liaison d’un noyau : (cours)

E = E𝓵/A avec E𝓵 = {(𝑍𝑚𝑝 + (𝐴 − 𝑍)𝑚𝑛) − 𝑚(𝑋)}. 𝐶2


b.2) Energie de liaison par nucléon de chacun des noyaux :

E U = 7,570 MeV/nucléon; E Th = 7,597 MeV/nucléon; E U = 7,877 MeV/nucléon.


b.3) Comme l’énergie de liaison par nucléon de l’uranium 238 est la plus faible
donc
ce noyau est le plus instable parmi les trois étudiés.
II. REACTIONS NUCLEAIRES SPONTANEES
Les réactions nucléaires spontanées sont des réactions faisant intervenir les
noyaux d’un certain nombre d’atomes qui se désintègrent en émettant des
particules.
1. Historique :
En 1896, le physicien français Henry Becquerel découvrit la radioactivité en
constatant que des plaques photographiques, bien protégées, avaient été
impressionnées parce que situées à proximité de l’uranium. Les sels d’uranium
émettaient donc eux-mêmes « quelque chose » qui traversa le papier noir et
impressionna la plaque photographique. Il supposa l’existence d’un
rayonnement émis par les d’uranium, et donna au phénomène le nom de
radioactivité.
Deux ans plus tard, Marie Curie et son époux Pierre Curie constatèrent le
même phénomène avec des dérivés du thorium et isolèrent un élément nouveau
qu’ils appelèrent le radium (Ra).
En 1919, les anglais Sir Ernest Rutherford et F. Soddy montrèrent que la
radioactivité résulte de désintégrations (transformations spontanées) de
noyaux atomiques instables en noyaux plus stables avec émission de
rayonnement dit rayonnement radioactif.
2. Généralités :
2.1 Définition :
La radioactivité est la transformation spontanée d’un noyau atomique instable en
en un autre noyau plus stable, accompagné de l’émission d’un rayonnement
radioactif.
2.2 Propriétés générales :
 Les transformations radioactives sont indépendantes de la combinaison
chimique dont le noyau radioactif fait partie et des paramètres usuels que
sont la température et la pression : la radioactivité est un phénomène
essentiellement nucléaire.
 Rien ne peut influencer sur les transformations radioactives ; elles sont :
- Spontanées (elles se réalisent seules) ;
- Inéluctables (rien ne peut les empêcher de se réaliser) ;
- Aléatoires (elles sont imprévisibles).
5
2.3 Les émissions radioactives :
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 L’étude des émissions radioactives (ou rayonnement radioactif) montre,


lorsque des noyaux de certains atomes se désintègrent, ils émettent, d’une
part des particules et d’autre part un rayonnement électromagnétique
appelé rayonnement.

- Les particules 𝛂 qui sont des noyaux d’hélium, de symbole 𝐇𝐞.


 Selon les noyaux émetteurs, on distingue trois catégories de particules :
𝟒

𝟎𝐞 �
- Les particules 𝛃 qui sont des électrons, de

−𝟏

- Les particules 𝛃 qui sont des positons (leur masse est égale à celle de l’électron
symbole .
+

𝐞
et
𝟎
charge opposée), de symbole +𝟏
Les particules α sont éjectées. à grande vitesse, de l’ordre de 20 000 km/s.

centimètres d’air les arrêtent). Les particules β− et β+ sont éjectées avec des
Elles sont facilement ionisantes (une feuille de papier ou quelques

mais moins ionisantes que les particules α .


vitesses très grandes, de l’ordre de 280 000 km/s. Elles sont plus pénétrantes

3. Les lois d’évolution d’une substance radioactive :


3.1 Les lois de conservation :
 Lors de toute désintégration radioactive d’un nucléide, on peut observer les
lois de conservation que sont :
- la loi de conservation de la quantité de mouvement et de l’énergie ;

𝑋 qui se désintègre
- les lois de Soddy (conservation du nombre de nucléons et conservation de la charge).
𝐴
 �
Pour illustrer les lois de Soddy, considérons un nucléide

un autre noyau 𝐴′𝑌 et une particule 𝑋 → 𝐴′𝑌 + 𝑎𝑝



pour 𝐴
𝑎
𝑝 :
donner
𝑍′ 𝑧 𝑍 𝑍′ 𝑧
Conservation du nombre de nucléons : A = A’ + a Conservation de la charge : Z
=
Z’ + z
3.2 Décroissance radioactive :
3.2.1 Loi de décroissance radioactive :
Le nombre d’atomes d’un échantillon diminue en fonction du temps. Ainsi, le nombre
N
d’atomes restant à l’instant t est relié au nombre initial N0 d’atomes

𝐍(𝐭) = 𝐍𝟎𝐞−𝛌𝐭
par :

𝛌 est une constante qui dépend du nucléide étudié ; on l’appelle constante


radioactive ;
elle s’exprime en s - 1
3.2.2 Période radioactive :
 Définition :
La période radioactive T (ou demi-vie) d’un nucléide est la durée au bout de
laquelle la moitié des noyaux radioactifs initialement présents se sont
désintégrés.
 Exemples de périodes radioactives :

235𝑈 14𝐶 3𝐻 32𝑃 39𝐶𝑙 128𝐼


Nucléide
Période 4,5.109 ans 5 570 ans 12,5 ans 14 jours 1 heure 25 minutes

3.2.3 Relations en fonction de la période :


𝓵𝐧𝟐 𝟎, 𝟔𝟗𝟑
𝛌= =
𝐓 𝐓
6 Relation entre constante radioactive et période
radioactive :
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Relation traduisant la loi de décroissance radioactive au 𝐍 = 𝐍𝟎


bout du temps de n période (T) : 𝟐𝐧
3.2.4 Activité :
 Définition :
L’activité A d’une substance radioactive représente le nombre moyen de

𝑨 = 𝛌𝐍
désintégrations
par seconde :
 Symbole :
Dans le système international d’unités, l’activité s’exprime en becquerel, de symbole
Bq :
1 Bq = 1 désintégration par seconde
3.2.4 Courbe de dégénérescence :
N(t)
N0

A partir de la relation N = N0/2n,


on peut tracer la courbe N = f (t)
appelée courbe de N0/2
dégénérescence dont l’allure
N0/22
est ci-contre :
N0/23

0 T 2T 3T t
3.2.5 Exercice
 Enoncé d’application :

Le polonium8210𝑃𝑜 a une constante radioactive λ = 5,8.10 – 8 s-1. Calculer en


:

4 jours, la période radioactive T.

Solution : λ = 0,693/T ⇒ T = 0,693/ λ


seconde et en
 A.N : T = 0,12.108 s = 138
jours4. Les différentes désintégrations nucléaires
spontanées :
On distingue les différentes désintégrations nucléaires spontanées suivantes :

𝛾, la radioactivité 𝛼, la radioactivité 𝛽− et la radioactivité 𝛽+.


l’émission

4.1 L’émission 𝛾 par désexcitation:


3.1.1 Principe :
Lors d’une désintégration nucléaire, le noyau instable appelé noyau père donne
un noyau différent, appelé noyau fils qui se trouve momentanément instable

d’énergie sous forme de rayonnement γ . On dit qu’il se désexcite ; cette


dans un état excité. Le noyau fils devient stable en libérant son excédent

désexcitation accompagne généralement les autres types de réactions


nucléaires.
3.1.2 Equation-bilan et exemple :
 Equation-bilan :
Si on note par Y * le noyau fils excité ; l’équation-bilan de la désexcitation s’écrit :
� 𝐘 →� 𝐘
𝐀 𝐀

Exemple : 8 𝑂 →8 𝑂
*

16 16 � �

+ 𝛾 4.2 La radioactivité 𝛼 :
*

La radioactivité 𝛼 est caractéristique des noyaux lourds (A >200 et Z >82) qui


comprennent trop de nucléons pour être stables.

7
MR FAYE CLASSE DE TERMINALE L2

4.2.1 Définition et équation-bilan :

La radioactivité 𝛼 correspond à la désintégration spontanée d’un noyau lourd instable


 Définition :

expulse une particule 𝛼 et donne un noyau fils plus stable.


qui

� 𝐗 →𝐙−𝟐 𝐘 𝟐 +
𝐀 𝐀−𝟒
 Equation-bilan :

4.2.2 Energie libérée :

La radioactivité 𝛼, comme toute réaction nucléaire spontanée, s’accompagne


 Principe :

d’une perte de masse ; donc d’une libération d'énergie. D’après la relation


d'Einstein, l’énergie libérée est :

 Exemple |∆𝐄| = {𝐦 (𝐗) − [𝐦 (𝐘) + 𝐦𝛂]}. 𝐂𝟐


:
- Enoncé :
Calculons l’énergie libérée par la désintégration d’un noyau de radium 226 selon
8 2
𝐻𝑒
l’équation :
226
𝑅𝑎 → 6
222
𝑅𝑛
4
8
8
+
On
donne : m (Ra) = 225,9771 u ; m (Rn) = 221,9704 u ; m (𝛼) = 4,0015 u et 1 u =
6605.10-
27
kg.

Cette désintégration s’accompagne d’une perte de masse: |∆m| = {m (Ra) −


- Solution :

[m (Rn) + m𝝰]}.
A cette perte de masse correspond une énergie : |∆E| = {m (Ra) − [m (Rn) + m𝝰]}. C2
|∆E| = 4,85 MeV
4.3 La radioactivité 𝛽− :
La radioactivité 𝛽− est le propre des nucléides trop riches en neutrons pour être
stables.
4.3.1 Définition et équation-bilan :

La radioactivité 𝛽− correspond à la désintégration d’un noyau avec émission d’un


 Définition :

𝒆
électron
𝟎
−𝟏.

𝛎̅ (particule de masse et
 Equation-bilan :
𝟎

L’électron est émis en même temps qu’un antineutrino
de charge nulle) mais on fait abstraction de cette �particule dans l’écriture de
𝐀
𝐗 → 𝐀𝐘 + 𝟎𝐞
l’équation-bilan :
𝐙 𝐙+𝟏 −𝟏

0𝑛 1𝑝 − 𝑒.
1 1 0

→ +
L’électron émis provient du noyau par transformation d’un
1
neutron :

4.3.2 Energie libérée :

La radioactivité β−, comme toute réaction nucléaire spontanée, s’accompagne d’une


 Principe :

perte
de masse ; donc d’une libération d'énergie.
 Exemple :

Calculons l’énergie libérée par la désintégration β− du césium 137 selon l’équation :


- Enoncé :
8
𝐶𝑠 → 137
1375 5 𝐵𝑎 + 1�0
5 6 −

On
donne : m (Cs) = 136,8773 u ; m (Ba) = 136,8756 u ; m (e) = 5,5.10-4 u et 1u =
6605.10-
27
kg.
- Solution :
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Cette désintégration s’accompagne d’une perte de masse: |∆m| = {m (Cs) −


[m (Ba) + me]}.
A cette perte de masse correspond une énergie : |∆E| = {m (Cs) − [m (Ba) + me]}. C2
|∆E| = 1,07 MeV

4.4 La radioactivité 𝛽+ :
La radioactivité 𝛽+ ne s’observe généralement qu’avec les éléments artificiels
dont les noyaux sont trop riches en protons.
3.4.1 Historique :

l’isotope 15 du phosphore en bombardant une feuille d’aluminium par des particules α.


C’est en 1934 qu’Irène et Frédéric Joliot-Curie produisirent pour la première fois

isotope conduit, par radioactivité β+, à l’isotope 14 du 1 P 1e + γ


Cet
30 1 Si
30 0

5 → 4
silicium : +
4.3.2 Définition et équation-bilan :

La radioactivité β+ correspond à la transformation d’un noyau avec émission


 Définition :

posit 𝟎 +𝐞
d’un

on 𝟏
.

𝜈 (antiparticule de l’antineutrino)
 Equation-bilan :
0
0
→ 𝐙−𝐀𝐘
Le positon est émis en même temps qu’un neutrino

𝐗
𝐀

mais
� 𝟏

+𝟏�
on fait abstraction de cette particule dans l’écriture de l’équation-bilan :
𝟎

Le � 1 : 01𝑝 →+ 1𝑛 + 0
𝑒.
6 C +1e 1 Ne 9F + 1e
positon émis provient du noyau par transformation d’un proton
13 1
7N
13 19 0
0 19


3.4.4 et
0

Exemples :

4.5 Exercices d’application :


4.5.1 Exercice 1 :
Compléter les équations bilan

a) noyaux émetteurs α :
suivantes :

210
Po Pb…+ … + γ Th… → 219Ra8 + … + ⋯ …… . 9 Th +
230
… …

→8
8 → 0
4
4
He2 + …
b) noyaux émetteurs β− :
…… − e + …P 16 S − e + 55C → … Ba + 1−e
… 32 137
C
14 … 0 0 … 0
→6
+ 1⋯ → + 1⋯ s +
ν
c) noyaux émetteurs β+ :
7CN+→⋯… + ⋯ Ne → 199Fe +1 … Co
2 → Fe…+ e +
14 … … … 53

+
… 1
… 7
4.5.2 Exercice 2 :

a) noyaux émetteurs α 8:
Ecrire les équations de désintégration des noyaux radioactifs suivants :
et 9 b) noyaux émetteurs β− 2: 56𝑀𝑛 et
226
𝑅𝑎 8 238
𝑃𝑢
4 5

92�
239


𝑃𝑜 est un élément radioactif de type 𝛼.
4.5.3 Exercice 3 :
9 210
a) L’isotope 210 du polonium8
4
a.1) Donner la constitution du noyau de cet atome.
a.2)Expliquer en quoi consiste la radioactivité 𝛼.

8 𝑃𝑏.
a.3)Ecrire l’équation de désintégration sachant que le noyau fils obtenu est le

2
b) Déterminer l’énergie totale libérée par cette désintégration.
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On donne : m (Po) = 209,9407 u ; m (Pb) = 205,9295 u ; m (α ) =


4,0015 u et 1u=1,6605.10- 27kg

1 Na est radioactif et émet des particules β suivant la réaction


4.5.4 Exercice 4 :
Le noyau de 24 −

1
nucléaire :124Na →1e−0 AZMg
sodium

1
a) Déterminer +
les nombres A et Z en précisant les lois de conservation utilisées.
b) La période radioactive ou demi-vie de ce nucléide est T = 15 heures.
b.1) Déterminer la constante radioactive de ce nucléide.
b.2) Si N0 est le nombre de noyaux à l’instant t = 0, combien en reste-t-il
au bout de 15 heures, au bout de 30 heures ?

Na est radioactif et émet des particules β+.


4.5.5 Exercice 5 :
23
1
Na ?
Le noyau de sodium
1 23
a) Quelle est la constitution du noyau de l’atome de sodium1
1
b) Ecrire l’équation de la réaction nucléaire correspondante en indiquant les lois
utilisées et préciser le nom du nucléide X obtenu.
c) Calculer l’énergie libérée par cette réaction sachant que des mesures
précises fournissent : m (Na) = 21,9944 u ; m (X) = 21,99138 u ; m
(proton) = 5,486.10- 4 u.
5. Quelques applications radioactives :
5.1Mesures des âges :
6
(14𝐶). Le carbone 14 est radioactif β− ; sa période est de 5 570 ans et sa
On peut dater des objets vieux de 1 000 à 60 000 ans par dosage du carbone 14

proportion (10−6) demeure constante depuis les temps géologiques. Cette


proportion diminue de moitié tous les 5 570 ans
Ainsi, les dosages du carbone 14 sont fréquemment utilisés pour la datation des
tombes anciennes et des fossiles.
5.2 Utilisation des radioéléments artificiels :
5.2.1 Usages des traceurs :
Si, dans une réaction chimique ou biochimique ordinaire par un de ses isotopes
radioactifs, on peut suivre, par comptage du rayonnement émis, le
comportement de cet élément.
5.2.2 Examens fonctionnels :
Des organes tels que la glande thyroïde, le foie, les reins retiennent certains
radioéléments dans leurs tissus qui s’y fixent. La façon dont ils se fixent permet
de déterminer si l’organe fonctionne normalement.

Elle consiste à détruire, par action du rayonnement γ, les cellules cancéreuses.


5.2.3 La radiothérapie :

On utilise pour cela soit l’irradiation externe, en plaçant le malade près d’une

radioélément tel que (131I).


bombe au cobalt, soit l’irradiation interne, en implantant dans la zone malade un
5
3
5.2.4 La gammagraphie :
Elle ne diffère en rien, dans son principe, de la radiographie par des rayons X :

soumise à un rayonnement γ révèle et décèle les défauts d’un organe.


l’image, recueillie sur une plaque photographique, d’une pièce métallique

6. Les effets physiologiques des rayonnements :


Depuis de nombreuses années, l’utilisation de sources de rayonnement dans les
applications industrielles et commerciales n’a cessé de se développer à un
rythme croissant.

10
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L’utilisation actuelle de substances radioactives (médecine, centrales nucléaires,


bombes,
…) modifie les données du problème. Tous ces rayonnements traversant la
matière provoquent des modifications de structures chimiques. En particulier,
dans le cas de la matière vivante, l’irradiation des tissus humains peut entraîner
des lésions d’organes (effets somatiques) et des actions sur la descendance du
sujet irradié (effets génétiques).
III. REACTIONS NUCLEAIRES PROVOQUEES
1. Historique :

Rutherford, et ce, en bombardant une enceinte remplie d’azote par des particules α
La première réaction nucléaire provoquée fut celle observée, en 1939, par Ernest

2He 8O + 1H
issues
7N
14 16 1
4

+
d’une source de polonium


210 :

bombardant une feuille d’aluminium avec des particules α .


En 1934 Irène et Frédéric Joliot-Curie découvrent la radioactivité artificielle en

phosphore :1 27Al 42He n P


Ils produisirent, par réaction provoquée, l’isotope 15 du
1 30
0 15
+ 3 → +
Cet isotope conduit, par réaction spontanée β+, à l’isotope 14 du
silicium :130P 30
1 Si 1e + γ
0

→ 5 +
4

Depuis cette date, des milliers d’autres réactions nucléaires provoquées ont
permis de créer de nouveaux nucléides (nucléides artificiels).
2. La fission nucléaire :
Dés leur découverte en 1932 par Sir James Chadwick, les neutrons ont été
utilisés, du fait de leur absence de charge électrique, comme projectiles, pour
bombarder des cibles. En 1938, au cours d’une expérience de ce type, O. Hahn
et F. Strassman observent qu’un noyau d’uranium 235 peut éclater sous
l’impact d’un neutron et donner deux noyaux plus légers : c’est la fission
nucléaire.
2.1 La réaction de fission :
2.4.1 Définition :
La fission est une réaction nucléaire provoquée, consistant en la cassure d'un
noyau lourd en deux noyaux légers sous l'action d'un neutron lent ; une fission
produit des neutrons.

Un neutron lent (ou neutron thermique :v ≈ 2 km/s) heurte avec une énergie
2.4.2 Principe de la fission :

9 un noyau
235
U ; il est capté et le noyau se scinde en deux fragments
2 avec 2 ou 3 neutrons rapides (v ≈ 2. 104 km/s).
convenable
plus légers
2.4.3 Exemples de réactions de fission :
L’une des réactions les plus fréquentes de fission de l’uranium conduit au strontium 94

𝑛 235𝑈 𝑆𝑟 140𝑋𝑒 + 21𝑛 + 𝛾


et
1 94
+ → +
au néon 140 selon l’équation-bilan
0 92 38 54 0
suivante :
Le nucléide lourd qui subit la fission est dit fissile. Actuellement, quatre

( U)
9
nucléides fissiles sont utilisés ; ce sont le nucléide naturel
235
2
(234𝑈; 236𝑃𝑢 𝑒𝑡 241𝑃𝑢) .
et les nucléides artificiels
92 94 94
Le nucléide fissile est engendré, par réaction, par un nucléide dit fertile tel9que 238
𝑈.
2
2.2 L’énergie libérée par fission :
11 La réaction fission s’accompagne d’une perte de masse ; donc d’une libération
d'énergie.
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2.2.1 Exemple :
 Enoncé :
1
𝑛 + 235𝑈 𝑆𝑟 139𝑋𝑒 + 21𝑛
Calculons l’énergie libérée 95
par la fission d’un noyau d’uranium 235 selon la réaction :
→ +
0 92 38 54 0

0 u ; m ( 𝑛 ) =
1
On donne : m (U) = 235,120 u ; m (Xe) = 138,955 u ; m (Sr) = 94,945
1,008 u.

|∆E| = {[m(n) + m(U)] − [m(Xe) + m(Sr) + 2m(n)]}. C2 = 200 MeV ou |∆E|


 Solution :

= 1 MeV/ nucléon
 Conclusion :
- La fission d’un noyau d’uranium 235 libère une énergie de 1 MeV/nucléon ;
ce qui correspond à 8.1010 J par gramme d’uranium.
- On peut dire encore qu’une tonne d’uranium 235 a le même pouvoir
énergétique que deux millions de tonnes de pétrole.
2.2.2 Remarques :
 Réaction en chaîne :
La fission émet de neutrons susceptibles, à leur tour, d’engendrer d’autres
fissions. Il en résulte une réaction en chaîne. L’énergie dégagée devient très vite
considérable et peut conduire à une explosion si elle est incontrôlée : on obtient
l’effet d’une bombe A.

neutron
fission
neutro
fission n
neutron
neutron
fissio
n neutro
neutro
 Réaction contrôlée n n
:
neutro
n
Convenablement maîtrisée dans un réacteur nucléaire, l’énergie de fission est
récupérée sous forme de chaleur en constituant la source d’énergie nécessaire
au fonctionnement d’une centrale électrique.
3. La fusion nucléaire :
3.1 La réaction de fusion :
3.4.1 Définition :
La fusion nucléaire est l'union de deux noyaux légers qui engendre un noyau lourd.
3.4.2 Principe de la fusion :
Les principales réactions de fusion se font à partir de l’hydrogène et de ses isotopes

sont le deutérium 2𝐻 et le tritium 3𝐻. La fusion nucléaire se produit naturellement


que

1 1
dans
le Soleil et les étoiles et artificiellement et d’une manière incontrôlée lors des explosions
des bombes H ou thermonucléaires.

𝐻 1+ 𝐻 1→ 𝐻 1+ 𝐻 1+ 𝐻 1→ 𝐻𝑒2 + 10𝑛 𝐻 1+ 𝐻 1→ 𝐻𝑒2 + 10𝑛


3.4.3 Exemples de réactions de fusion :
1
𝐻
2 2 2
1

12 3.2 L’énergie libérée par fusion :


2.2.1 Exemples :
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 Enoncé :

1𝐻 1𝐻 2𝐻𝑒 1
Évaluer l'énergie mise en jeu par la fusion de l'hydrogène qui produit de l'hélium selon
0𝑛
2 3 4

+ → +
l’équation-bilan

On donne : 𝑚𝑑 = 2,01355 u ; 𝑚𝑡 = 3,01550 u ; 𝑚𝑛 = 1,00866 u ; 𝑚𝛼 = 4,00150 u


suivante :

 Solution : |∆E| = {[m(d) + m(t)] − [m(α) + m(n)]}. C2 = 17,6 MeV ou |∆E| = 17,6
MeV
2.2.2 Remarques :
- Pour fusionner deux noyaux, il faut vaincre la répulsion électrostatique par
élévation de température de 10 8 K ; c’est la « température d’ignition ».
A partir du gaz interstellaire, et sous l’effet de la gravitation, des atomes
d’hydrogène se rapprochent, se tassent, créant une température d’une dizaine
de millions de degrés kelvin pour que les réactions de fusion deviennent
possibles. Pour alimenter les réactions nucléaires, l’étoile consomme ses réserves
d’hydrogène pendant environ dix milliard d’années.

notamment la fusion de l’hydrogène en hélium : 41𝐻 → 4𝐻𝑒 + 20𝑒 + 2𝜈 + 2𝛾.


- Le Soleil et les étoiles tirent leur énergie (énergie stellaire) de réactions de fusion,
1 2 1

DOCUMENT : L’ENERGIE NUCLEAIRE


L’énergie nucléaire provient de réactions qui se déroulent dans le noyau des
atomes. Les atomes sont souvent considérés comme les « briques » de la
matière. Ils sont formés d’un noyau autour duquel gravitent les électrons. Le
noyau comprend des protons et des neutrons.
Un noyau se désintègre difficilement parce que les particules qui le composent
sont fortement liées les unes aux autres ; mais lorsque cela arrive, l’énergie
libérée est considérable.
Fission nucléaire ou fusion nucléaire ?
Une réaction nucléaire est une réaction qui a lieu dans les noyaux des atomes.
Les noyaux peuvent se diviser en plusieurs fragments (c’est la fission nucléaire)
ou bien s’associer (c’est la fusion nucléaire).
Les réactions de fusion nucléaire ont lieu en permanence dans le cœur des
étoiles : c’est de cette façon que le Soleil éclaire et chauffe la Terre. Pour
l’instant, les scientifiques ne sont pas parvenus à reproduire et à contrôler sur
Terre ce type de réactions qui alimente en énergie les étoiles.
En revanche, les physiciens allemands Otto Hahn et Fritz Strassmann ont
réussi à recréer la fission nucléaire en laboratoire dès 1938. Pour cela, ils ont
bombardé le noyau d’un atome d’uranium avec des neutrons.
Comment fonctionne une centrale nucléaire ?
Il n’existe pas beaucoup d’éléments naturels utilisables dans les centrales
nucléaires : le plus courant est l’uranium. Plus précisément, c’est une sorte
d’uranium particulier, l’uranium-235, qui permet les réactions de fission
nucléaire.
L’uranium est un minerai relativement abondant dans le sous-sol de la Terre, en
particulier en Australie, en Amérique du Nord et en Afrique du Sud. Mais
l’uranium naturel n’est pas très concentré en uranium-235 (moins de 1 %), aussi
doit-il être « enrichi » avant d’être utilisé.

13
MR FAYE CLASSE DE TERMINALE L2

L’uranium enrichi est façonné en pastilles, qui sont empilées dans de longs tubes
appelés
« crayons ». Ces crayons sont placés au cœur du réacteur de la centrale et
bombardés avec des neutrons.
Lorsqu’on le bombarde avec des neutrons, le noyau d’un atome d’uranium-235
se décompose : il forme deux noyaux plus légers et libère deux neutrons, ainsi
qu’une énorme quantité de chaleur. Les neutrons libérés peuvent à leur tour
provoquer la fission d’autres noyaux d’uranium-235 et ainsi de suite : il se
produit donc une réaction en chaîne.
Cette réaction peut être rapide et extrêmement violente si elle n’est pas contrôlée :
c’est
ainsi que fonctionne la bombe atomique.
Dans une centrale nucléaire, la réaction en chaîne est contrôlée à l’aide de barres
de contrôle qui absorbent les surplus de neutrons créés. On utilise l’importante
chaleur dégagée lors des réactions de fission pour chauffer l’eau contenue dans
le réacteur. Cette eau est ensuite transformée en vapeur. La vapeur fait tourner
une turbine qui produit de l’électricité.
Quels sont les avantages du nucléaire ?
Le nucléaire n’a cessé de se développer depuis les années 1970. Aujourd’hui,
environ 15 % de l’électricité produite dans le monde est d’origine nucléaire.
L’énergie nucléaire est économique : les réserves d’uranium sont bien plus
importantes que celles des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel) et le
prix de l’uranium est moins sensible à la situation politique internationale que
celui du pétrole. De plus, l’énergie nucléaire est très puissante : 1 kg d’uranium
peut produire autant d’énergie que 2 500 tonnes de charbon.
Par ailleurs, les centrales nucléaires ne polluent pas l’air comme les centrales qui
fonctionnent avec du pétrole, du charbon ou du gaz naturel : elles ne contribuent
donc pas à augmenter l’effet de serre, responsable du réchauffement de la
planète. Ainsi, à première vue, le nucléaire apparaît comme une source d’énergie
relativement propre et économique. Mais le nucléaire présente également de
lourds inconvénients écologiques (gestion des déchets nucléaires) et
géopolitiques (dissuasion nucléaire et prolifération des armes nucléaires).
Quels sont les dangers du nucléaire ?
Tout d’abord, l’énergie nucléaire est une énergie extrêmement puissante, qui est
utilisée depuis sa découverte pour la fabrication d’armes nucléaires. En 1945, le
largage des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki a entraîné la fin de la
guerre du Pacifique entre les États-Unis et le Japon, et précipité la fin de la
Seconde Guerre mondiale ; les effets néfastes de ces bombes sur les hommes et
la nature sont encore visibles de nos jours (cancers, contamination des sols, de
l’eau, etc.). Par ailleurs, bien que les essais nucléaires aient été stoppés dans la
majorité des pays et que la production d’armes nucléaires soit extrêmement
contrôlée, l’éventualité d’une guerre nucléaire, capable de détruire la Terre
entière, reste d’actualité.
Ensuite, l’industrie nucléaire produit d’importantes quantités de déchets
nucléaires. Ces déchets sont radioactifs et la radioactivité est très dangereuse
pour l’homme : à forte dose, elle tue les cellules et entraîne la mort ; à plus faible
dose, elle peut endommager les cellules et causer de graves maladies (cancers,
troubles du fonctionnement de la thyroïde, etc.).

14
MR FAYE CLASSE DE TERMINALE L2

De plus, une grande partie des déchets nucléaires ne sont pas recyclables et
restent radioactifs pendant plusieurs milliers d’années. Ces déchets sont alors
conditionnés dans des fûts spéciaux et enfouis sous terre.
Dans les années 1970-1980, le nucléaire apparaissait comme l’énergie du futur.
Mais le 26 avril 1986, l’un des réacteurs de la centrale de Tchernobyl (en
Ukraine) a explosé, irradiant toute la région et projetant un gigantesque nuage
radioactif dans l’atmosphère. Là encore, les conséquences humaines et
environnementales de cet accident resteront visibles pendant plusieurs dizaines
d’années. Depuis, de nombreux pays ont préféré ralentir, voire stopper, leurs
programmes nucléaires.

Document extrait d’Encarta Junior

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