Optimisation de l'impôt sur les véhicules en RDC
Optimisation de l'impôt sur les véhicules en RDC
« L’impôt est le prix à payer pour une société civilisée, à l’image de cette
pensée, l’impôt sur les véhicules en tant que contribution obligatoire, participe
non seulement au financement des infrastructures routières, mais aussi au
renforcement de l’autorité fiscale »
OLIVIER WENDELL HOLMES Jr.
DEDICACE
Je dédie ce mémoire à ma mère, Léontine Nzingula ainsi qu’à ma famille
pour leur amour et leurs sacrifices, à mes enseignants pour leurs conseils
éclairés, et à tous ceux qui croient en moi et soutiennent mes efforts.
REMERCIEMENTS
Ce travail de fin d’études est l’aboutissement d’un long parcours
académique et personnel. Il n’aurait jamais pu voir le jour sans l’intervention,
l’accompagnement et le soutien de nombreuses personnes que je tiens ici à
remercier avec toute la reconnaissance qui leur est due.
Avant tout Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à Dieu tout-
puissant, source de toute sagesse, de force et de persévérance, pour m’avoir
soutenu durant toutes les étapes de ce travail. Sans sa grâce, rien n’aurait été
possible.
Mes remerciements les plus sincères vont également à l’ensemble du
corps académique pour la qualité de la formation reçue, en particulier à mon
directeur de mon mémoire le professeur KADIMA GODE MPOYI pour ses
conseils, ses remarques constructives, sa disponibilité, ses orientations
précieuses et son implication constante tout au long de ce travail. Son
encadrement m’a permis de donner le meilleur de moi-même, et d’évoluer
intellectuellement avec méthode.
Je remercie également l’ensemble des professeurs de la faculté de la
fiscalité pour la qualité de la formation dispensée tout au long de mon cursus
universitaire. Leur savoir, leurs exigences académiques et leur dévouement ont
contribué à faire de moi un étudiant responsable et engagé.
Je tiens à remercier sincèrement mon pasteur CALEB TSHIAKA pour
ses prières ainsi son encadrement spirituel, ainsi les prières dirigées vers notre
personne nous a permis de tenir bon pendant ce parcours académique
Je tiens à exprimer ma gratitude à ma famille, particulièrement à ma
mère pour son amour inconditionnel, leur soutien moral et matériel ainsi que
leurs sacrifices pour la réussite de mes études. A mes frères, sœurs sans oublier
les syndicats, qui m’ont toujours soutenu et encouragé, je vous remercie
infiniment.
A mes camarades de promotion, à mes amis fidèles et à toutes les
personnes qui de près ou de loin, ont contribué à l’élaboration de ce travail, par
leurs conseils, leur assistance ou leurs encouragements, je vous adresse ici mes
sincères remerciements.
A tous, je dis merci du fond du cœur
A l’instar de tous les pays du monde, la République démocratique du
Congo fait régulièrement face à une gamme variée des charges d’intérêt général.
Certaines
1. INTRODUCTION GERALE
0.1Constations des faits
D’entre elles sont requises pour la sauvegarde de la souveraineté
nationale et d’autres se rapportent aux besoins du développement national. Dans
ce sens, la RDC fait recours à l’impôt en tant que ressource première et ordinaire
ou même classique de tout Etat. Balthus note à cet effet, que : tout citoyen d’un
Etat doit contribuer au soutien du gouvernement dans la proportion la plus juste
exactement mesurée par le revenu dont chacun d’eux jouit sous la protection du
gouvernement.1
C’est dans ce contexte que même ceux qui utilisent les véhicules doivent
s’inscrire dans cette logique afin de renflouer la caisse de l’Etat. Et comme cela
est le moyen de financement de l’Etat, Maurice Duverger estime que c’est ça
même les finances publiques, qu’il définit comme étant une science des moyens
par lesquels l’Etat et les autres collectivités publiques, par la répartition entre
individus des charges qui en résultent.2
Mais à la ville province de Kinshasa la perception de l’impôt sur le
véhicule connait plusieurs insuffisances tant sur le plan administratif
qu’opérationnel. Malgré l’existence d’un cadre légal et institutionnel censé
encadrer cette fiscalité, la mise en œuvre reste confrontée à des défis majeurs.
On observe une faible mobilisation des recettes attendues, due en grande partie à
l’informalité du parc automobile, en manque de collaboration entre les
institutions impliquées (DGRK, Transcom, police de circulation, etc.) à
l’absence de contrôle régulier et au non-respect des échéances par les
contribuables.
Pendant ce temps la ville province de Kinshasa ne cesse d’enregistrer
d’année en année des déficits budgétaires chroniques entrainant des
conséquences dues à l’absence des mécanismes de recevabilité et de
communication de la part de l’administration fiscale sur les réalisations ou les
services rendus grâce aux recettes réalisées, la méfiance du contribuable vis-à-
vis du fisc, etc. de ce fait, cette entité provinciale semble ne pas tirer
suffisamment profit des recettes issues de l’utilisation des véhicules sur son
étendue au regard des nouvelles stratégies de recouvrement de l’impôt y relatif.
0.2 PROBLEMATIQUE
La RDC est un pays qui regorge en son sein des énormes potentiels en
ressources naturelles et qui fait même l’objet de la convoitise par ses voisins et
1
NDJONDO CYRILE, Cours de technique de législation fiscale, G3 Comptabilité, HEC-Kin, 2018
2
BAKENDEJA WA MPUNGU, droit des finances publiques, Ed. Noraf, Kinshasa, 1997
par d’autres pays qui n’ont que les yeux rivés sur ses richesses (minérales ;
forestière ; énergétique agricole ; halieutique) parmi les objectifs de tout état
moderne, le développement économique occupe une place prépondérante. Sa
réalisation exige d’importants moyens ou ressources financières. La grande
interrogation à ce sujet consiste par l’état à déterminer le mode de mobilisation
de ses ressources pour y parvenir.
Il existe plusieurs mécanismes de maximisation des recettes auxquels
l’Etat peut recourir. Il peut procéder à la mobilisation des ressources locales
notamment à travers ses services, particulièrement les régies financières, ses
différentes directions des perceptions des recettes notamment : la DGI ;
DGRAD ; DGDA etc. … ou l’Etat peut recourir à des emprunts intérieurs.3
Malgré toutes ces différentes directions des recettes, l’Etat congolais
n’est toujours pas en mesure de maximiser ses recettes publiques, ni
d’augmenter son budget. Est-ce un problème politique ? certains auteurs
affirment que la RDC dispose des textes de fond dont le contenu s’améliore de
plus en plus et qui peuvent permettre à la longue à ses administrations fiscales,
de se doter des attributs pertinents pour contrer l’évasion fiscale. D’autres par
contre, estiment que dans un tel contexte, il faut nécessairement des réformes.
Serait-ce là un début de solution à l’épineuse question de la maximisation des
recettes publiques ?
Plusieurs questions se posent :
Quelle est la politique mise en place en RDC pour maximiser les recettes
publiques ?
Quid de son efficace ?
Que doit faire la RDC pour optimiser la collecte des recettes publiques ?
0.3Objectifs
Ici notre objectif est d’analyser la perception de l’impôt sur le véhicule
par les contribuables de la ville province de Kinshasa afin d’identifier les
facteurs influençant leur adhésion ou leur résistance à cet impôt
Aussi évaluer l’impact de la perception de l’impôt sur les véhicules sur le
niveau de mobilisation des recettes fiscales dans la ville province de
Kinshasa
0.4 Hypothèses du travail
Dans le présent travail nous allons démonter d’une part qu’il existe avec
exactitude des institutions qui perçoivent les recettes publiques ainsi que des
mécanismes mis en place par le pouvoir central pour réglementer les ressources
3
Kasongo olenga (L), les dépenses fiscales congolaises, B.E.S.I.F, P. 17
publiques tout en garantissant le contrôle et leurs destinations résiduelles dans
leurs missions de faire fonctionner la république.4
0.3Choix et intérêt du sujet
L’impôt est un droit civique, c’est le bien-être de la nation congolaise,
l’impôt est l’un des grands bénéfices pour le financement du budget public. Ce
sujet attire notre curiosité scientifique, entant que futur fiscaliste au regard des
fraudes fiscales et l’évasion fiscale. Ce choix nous permet de connaitre l’apport
de l’impôt sur les véhicules dans la mobilisation des recettes publique.
0.4.1. Intérêt personnel
Sur le plan personnel, ce sujet nous permet d’approfondir notre
connaissance dans le domaine fiscal, ces recherches nous permettent d’enrichir
profondément le cadre qui relève par excellence, les capacités que nous avons
acquises à la haute école de commerce de Kinshasa (HEC/Kinshasa) en sigle. Ce
travail scientifique réunit notre idée à défaut des réalités de l’apport de l’impôt
sur les véhicules dans la mobilisation des recettes publique.
0.4.1 Intérêt social
La fiscalité étant l’une des ressources pour le financement de budget
public et le bien-être de la population, ce sujet attire grandement notre attention,
car l’apport de l’impôt sur les véhicules permet de maximiser les recettes au
développement du pays. Ce travail servira à tous les fiscalistes désireux d’avoir
proposé des voies et moyens pour trouver des solutions sur leurs critiques et
suggestions. Aux responsables de la DGRK de comprendre la situation de
l’apport de l’impôt sur les véhicules dans la mobilisation des recettes publiques.
0.4.2 Intérêt scientifique
Cette étude sert le cadre de référence aux générations futures dans le
domaine fiscal. Ce travail va servir des bases des données aux recherches
ultérieures dans le domaine de la fiscalité. Ce travail apporte par ailleurs un plus
dans la réflexion scientifique et de proposition des solutions à ces problèmes de
maximiser les recettes qu’accuse les régies financières en général
particulièrement la DGRK.
4
Bifami, N, les réformes fiscales communautaires en RDC : la mise en question, PUL, Lerozi, 2006, P.33
0.5. Démarche méthodologique
0.5.1 Méthode de recherche
Comme l’indique le professeur Muntu Monji, la méthode est conçue
comme : un enchainement raisonné de moyens en vue d’une fin plus
précisément comme la voie à suivre pour parvenir à un résultat.5
La méthode se définit dans le dictionnaire Larousse comme une
démarche rationnelle de l’esprit pour arriver à connaissance ou la démonstration
d’une vérité. Dans notre travail, nous allons recourir à la méthode de
comparative, comparer (c’est confronter deux ou plusieurs faits pour déceler les
ressemblances et les différences qui existent entre eux)
La méthode comparative conduit à l’explication des faits sociaux dans la
mesure où elle permet de déceler le lien de causalité ou le facteur générateur des
différences ou des ressemblances constatées entre les faits comparés
C’est à travers cette méthode que nous allons émettre un jugement, en
nous référant aux résultats des différentes recettes réalisées et celles prévues
pour notre période d’études. Nous avons d’abord observé la réalisation des
recettes de l’impôt pour une période bien précise, comparé ces recettes par après
les conséquences dans le même ordre d’idées pour voir si ces recettes
augmentent en année par année.
0.5.2Techniques
Dans le cadre du présent travail, les méthodes choisies se sont appuyées
sur la technique documentaire. Cette technique est de finie comme : l’une des
techniques permettant d’étudier ce qu’une documentation conserve
effectivement et de renseignement qu’elle offre au chercheur que nous sommes.
C’est-à-dire le contenu de la documentation. Le document a l’avantage d’être un
matériel objectif en ce qu’il soulève des interprétations différentes.
Nous avons consulté pour ce faire, des ouvrages, nos notes de cours et
tout manuel ayant un trait effectif avec l’une de variable de notre thème de
recherche, sans écarter les documentaires publiés sur le net.
0.6 Délimitation du sujet
Tout travail qui se veut être scientifique doit nécessairement se fixer des
références dans le temps et l’espace ; notre travail ne déroge pas à ce principe.
5
Ngoy T, notes du cours de méthodologie juridique, G3 Droit, UPC, Kinshasa, 2013-2014. P. 20
Dans l’espace
Nous avons jugé bon de choisir la DGRK comme notre champ
d’investigation
Dans le temps
Nous parlerons de la période de 2020 à 2023, une période très courte en
réalité, mais assez riche pour arriver au bout de notre étude qui est
marquée par le changement économique de la RDC et à une croissance
des recettes budgétaires.
0.7 Subdivision de travail
En dehors de l’introduction générale et la conclusion, notre travail comporte
trois chapitres :
Le premier chapitre traite sur l’élucidation conceptuelle ;
Le deuxième chapitre est consacré sur la présentation du champ
empirique de recherche
Le troisième chapitre est consacré sur l’analyse des données et
interprétation des résultats
CHAPITRE 1. REVUE DE LITTERATURE
Ce chapitre se consacre sur les fondements généraux de la fiscalité. Il y
présente la définition, des objectifs, les principes et les différentes catégories
d’impôts.
SECTION 1 : APPROCHE THÉORIQUE
1.1 Définition de la fiscalité :
La fiscalité est l’ensemble des règles lois et mécanismes mis en place par
l’état pour organiser, prélever et gérer les impôts et taxes versés par les
contribuables6
1.2 Objectifs de la fiscalité
Dans le cadre de la gestion publique, la fiscalité joue un rôle central en
assurant le financement des besoins collectifs. Comme l’explique Michel
Bouvier.
Selon ce dernier, l’objectif fondamental de la fiscalité est de procurer à
l’état les ressources nécessaires à la couverture des charges publiques, mais
aussi de réguler l’économie et de redistribuer les richesses7
1.3 principes de la fiscalité
Les principes de la fiscalité jouent un grand rôle clé pour assurer
l’équité, la légitimité et l’efficacité du prélèvement de l’impôt, ces principes
incluent notamment :
Le principe de légalité : tout impôt doit être établi par la loi
Le principe d’égalité : devant l’impôt : chaque contribuable doit être
traité de manière équitable
Le principe de nécessité : les impôts doivent répondre à un besoin réel de
financement public
Le principe de clarté et de transparence : le système fiscal doit être
compréhensible pour tous
Principe de non-rétroactivité de la loi fiscale : une loi fiscale ne
s’applique qu’à l’avenir, sauf exception clairement définie
Principe de neutralité fiscale : l’impôt ne doit pas influencer
excessivement les décisions économiques des agents 8
1.4 TYPES D’IMPOTS
Dans tout système fiscal, la diversité des impôts permet à l’état de
mobiliser les ressources adaptées à ses besoins. Ainsi, il est essentiel de
distinguer les différents types d’impôts selon leur nature, leur assiette, et leur
mode de perception.
6
BOUVIER. M, introduction au droit fiscal général et à la théorie de l’impôt , Ed. LGDJ 2020 P. 15
7
Ibidem P. 23
8
Ibidem p. 65
A. Impôts directs
Ce sont des impôts payés directement par le contribuable à
l’administration fiscale, en fonction de ses revenus ou de son patrimoine et
l’impôt direct comprend : l’impôt réel et cédulaire sur les revenus. De ce qui suit
nous allons les deux impôts cités ci-haut.
I. L’impôt réel
C’est celui qui frappe une opération, un bien ou une somme d’argent
uniquement dans sa nature, sa valeur monétaire ou sa quantité, abstraction faite
de la personne du contribuable.9
II. L’impôt foncier
Cet impôt frappe la jouissance d’un bien immobilier ou sa propriété. La
loi dit que l’impôt foncier est assis sur deux bases : les propriétés bâties et non
bâties10.
L’arrêté ministériel n°020 du 8 octobre 1997 modifiant certaines
dispositions en matière d’impôts réel, la quelle a été modifiée par le décret-loi
n°111 /2000 du 19 juillet 2000 qui est actuellement en vigueur prévoit une
imposition mixte
Ils sont inclus dans le prix des biens ou services et sont payés de manière
indirecte par le consommateur.
III. L’impôt sur le véhicule11
Il donne lieu à l’opposition d’un timbre fiscal sur le véhicule appelé
vignette. La vignette ou le signe distinctifs dit être fixé sur le véhicule d’une
manière permanente à l’abri des intempéries, à un endroit visible de l’extérieur
et facilement accessible. L’impôt sur le véhicule frappe tout le véhicule à moteur
Le terme véhicules est utilisé ici dans le sens le plus large possible
puisqu’il ne désigne pas uniquement le véhicule automobile mais aussi les
moyens des transports par terre et par eaux. Et ce, quel que soit le mode de
propulsion utilisé en RDC.
IV. L’impôt sur la superficie des concessions minières et hydrocarbures
Il est dû par tout titulaire d’une concession de recherche ou
d’exploitation. La concession est due pour l’année entière si les éléments
existent dès le mois de janvier. L’assiette de cet impôt est constituée par la
superficie des concessions ayant pour objet les concessions servant à la
recherche des substances.12
9
Jean Lamarque, cours de droit fiscal général, notes polycopiées, université paris 2, 2001, p. 81
10
Kola Gonze, op cit pp. 23-25
11
Ibidem p. 24-25
12
Idem p. 24-25
B. Impôt cédulaire sur les revenus mobilier
Il s’agit d’un impôt qui ne frappe que les revenus produits par des
capitaux mobilier investis en RDC. L’article 13 de l’ordonnance de 1969
énumère les différentes sortes de revenus imposables à l’impôt mobilier. Ces
revenus sont de quatre ordres :
Les dividendes et les revenus de part des associés actifs dans les sociétés
autres que par action
Les tantièmes
Les intérêts d’obligations et les intérêts des capitaux empruntés à des fins
professionnels
Les redevances 13
13
Idem pp.52-53
14
KOLA Gonze, op cit pp.37-39
3. Autres types d’impôts/taxes spécifiques
- Impôt professionnel
Définition : Taxe liée à l’exercice d’une activité commerciale ou artisanale.
Exemple : Une entreprise paie une taxe annuelle sur son activité.
- Taxe sur les véhicules (vignette)
Définition : Taxe annuelle payée pour la circulation d’un véhicule.
Exemple : Le propriétaire d’une voiture paie la vignette à la DGRK.
- Taxe de séjour
Définition : Payée par les personnes logées dans une commune ou une ville
touristique.
Exemple : Un hôtel facture une taxe de séjour à ses clients.
- Taxe environnementale
Définition : Destinée à compenser les effets négatifs d’une activité sur
l’environnement.
Exemple : Une entreprise polluante paie une taxe carbone
15
NORBERT BOKIE NDWAYA Publié en 2006 aux édition INADOF P. 22
BOUVIER, MICHEL. Introduction au droit fiscal et à la théorie de l’impôt, 15è
16
5. Règlements administratifs
- Des circulaires et notes de service précisent les mécanismes pratiques de
perception (lieux de paiement, sanctions, contrôles).
Souhaites-tu que je développe cette partie pour l’intégrer dans un chapitre de ton
mémoire ?
17
Ordonnance N°69 /006 DU 10/2/1969
18
Idem
2.1 CADRE LÉGAL NATIONAL
1. La Constitution de 2006
- Elle consacre la décentralisation fiscale.
- L’article 202 attribue aux provinces la compétence de percevoir certaines
taxes, notamment celles liées à la circulation routière (vignette automobile).
19
André Mbata B. Mangu, la décentralisation en république démocratique du Congo : enjeux et perspectives,
P.89, Edition 2010
Laurent ngoy Ndjibu, fiscalité provinciale en R.D. Congo P.270, Edition 2022,
20
collection : géopolitique
5. Arrêtés ministériels et circulaires
- Ces textes secondaires émanent des autorités compétentes (ministère des
Finances, ministères provinciaux) pour fixer les barèmes, modalités de
perception et sanctions.
- FISCALITÉ PROVINCIALE ET CONPETENCE DÉCENTRALISÉE
Fiscalité provinciale et compétence décentralisée en RDC
Avec la Constitution de 2006, la République Démocratique du Congo a adopté
un système de décentralisation politique et administrative qui s’accompagne
d’une décentralisation fiscale. Cela signifie que les provinces disposent
désormais de pouvoirs propres pour gérer certaines ressources fiscales,
notamment pour financer leurs missions.
1. La fiscalité provinciale
- La fiscalité provinciale regroupe l’ensemble des impôts, taxes et redevances
dont la gestion et la perception sont confiées aux provinces.
- Ces ressources sont qualifiées de ressources propres des provinces.
- L’impôt sur les véhicules (comme la vignette) est un exemple typique de
fiscalité provinciale, car il concerne la gestion locale de la circulation routière.
2. La compétence décentralisée
La perception des impôts sur les véhicules à Kinshasa est encadrée par plusieurs
institutions clés qui interviennent à différents niveaux du processus fiscal. Ce
cadre institutionnel assure la bonne organisation, la collecte et le contrôle de cet
impôt provincial.
1. La Direction Générale des Recettes de Kinshasa (DGRK)
- C’est l’institution principale chargée de la collecte des impôts provinciaux,
dont la vignette automobile.
- Elle organise la perception, contrôle le respect des obligations fiscales et lutte
contre la fraude.
- La DGRK travaille en collaboration avec d’autres structures provinciales pour
optimiser la collecte.
5. Gouvernorat de Kinshasa
- Supervise les ministères provinciaux et veille à la mise en œuvre des politiques
fiscales.
- Peut initier des campagnes de sensibilisation ou de recouvrement forcé.
La collaboration interinstitutionnelle
La perception efficace de l’impôt sur les véhicules à Kinshasa repose sur une
collaboration étroite entre plusieurs institutions provinciales et nationales. Cette
coopération interinstitutionnelle est essentielle pour garantir la mobilisation
26
Jean omosombo Tshonda, Kinshasa : ville et environnement urbain, Edition 2011 P. 150, Editeur l’harmattan
optimale des recettes fiscales et lutter contre l’évasion. Au niveau provincial, la
Direction Générale des Recettes de Kinshasa (DGRK) travaille en synergie avec
le Ministère provincial des Finances, qui définit les orientations fiscales, ainsi
qu’avec la Police de circulation routière (PCR), qui contrôle le paiement effectif
de la vignette sur la voie publique.
L’impôt sur le véhicule, couramment appelé vignette automobile, est une taxe
provinciale perçue en République Démocratique du Congo, notamment dans la
ville-province de Kinshasa. Il s’agit d’un impôt réel, c’est-à-dire qu’il porte
directement sur la possession ou l’utilisation d’un bien, en l’occurrence un
véhicule automobile. Il est exigé annuellement auprès des propriétaires de
véhicules immatriculés, qu’ils soient particuliers, entreprises ou institutions
publiques. Cet impôt vise non seulement à générer des recettes fiscales pour
financer les infrastructures routières et les services liés à la circulation, mais
aussi à réguler le parc automobile et à responsabiliser les usagers de la route.
29
qui sert de preuve en cas de contrôle routier. Le non-paiement expose le
contribuable à des amendes et à l’immobilisation du véhicule. L’impôt sur le
véhicule constitue ainsi une ressource importante pour la province et un levier
de gestion de la mobilité urbaine30
L’impôt sur le véhicule, tel que pratiqué à Kinshasa, est de nature réelle,
annuelle et provinciale. Il s’agit d’un impôt réel parce qu’il porte sur un bien (le
véhicule) et non sur la personne du contribuable. Il est également annuel, car
exigé chaque année civile, et provincial, car il relève de la compétence des
provinces selon la Constitution de la RDC (article 202). Sa perception repose sur
la possession ou la mise en circulation d’un véhicule motorisé sur le territoire de
la province, sans considération du revenu du propriétaire.
L’objectif principal de cet impôt est fiscal : il permet de mobiliser des ressources
pour le financement des dépenses publiques provinciales, notamment dans le
secteur des infrastructures routières et de la sécurité routière. Il a aussi un
objectif économique et régulateur, en contribuant à la gestion du parc
automobile, en incitant au respect des normes de circulation, et en identifiant les
véhicules en situation irrégulière. À travers ce prélèvement, les autorités
provinciales cherchent donc à renforcer l’autonomie financière locale tout en
améliorant la gouvernance urbaine.
30
Jean Nkongolo Kabila, précis de droit fiscal congolais P.212, Edition 2015
- Finalité : Financer l’entretien des routes et la régulation du trafic.
- Perçue par : DGRK à Kinshasa.
31
Mutombo Nkulu N’senda, finances publiques et fiscalité en RDC, P.191, Edition 2014, Editeur l’harmattan
Une fois le paiement effectué, une vignette autocollante est délivrée au
contribuable, qui doit l’apposer visiblement sur le pare-brise du véhicule. Cette
vignette sert de preuve de paiement lors des contrôles effectués sur la voie
publique par la Police de circulation routière (PCR), en collaboration avec les
agents de la DGRK.
[Link]. Fonctionnement
1. Le Directeur Général
Le Directeur Général a pour rôle de superviser et de contrôler l’ensemble des
activités de la Direction Générale des recettes de la ville province de Kinshasa.
Il gère le personnel, les crédits ainsi que les biens meubles et immeubles présent
et avenir, mais à la disposition de la DGRK.
2. Le Directeur Général Adjoint
Assiste le Directeur Général dans l’exercice de sa fonction et donne ses avis sur
toutes les matières. Il remplace le DG en cas d’absence ou d’empêchement.
Hormis le DG et le DGA, il y’a d’autres services dirigés par les Directeurs qui
viennent stratégiquement en appui du DG et du DGA
3. Les Directions Stratégiques
4. Inspections des services
Elle contrôle les directions et les centres des recettes de la DGRK sur instruction
du Directeur Général et fait le contre vérification des missions de contrôle.
[Link] de coordination, Etude et Contentieux
Elle a pour rôle de mener les études en matière fiscale et non fiscale, de produire
la législation et de voter le contentieux. Dans ce service y’a un Chef de division
Unique (CDU) qui assiste le DG et le DGA.
6. Direction de l’informatique et Bureautique
Elle est chargée d’élaborer le schéma Directeur de l’informatisation de la DGRK
et sa mise en œuvre.
7. La Direction d’appui Direction Administrative et services Généraux
Elle s’occupe de :
La gestion du personnel ;
La gestion des biens meubles, immeubles et du charroi automobile mise à
la disposition de la DGRK.
8. Direction des finances
Elle pour attribution :
La gestion des crédits alloués à la DGRK
La coordination, l’harmonisation et le suivi de la gestion de la part des
généralités récemment à la DGRK
9. Les Directions opérationnelles
a) La Direction de Gestion des impôts provinciaux et locaux
Elle est chargée de toutes les missions et prérogatives concernant l’assiette et le
contrôle des impôts qui relèvent de la compétence exclusive de la ville province
de Kinshasa, surtout pour les personnes morales et des personnes physiques
ayant des biens disséminés dans la ville province de Kinshasa.
b) La Direction de Contrôle et d’Ordonnancement des recettes non
fiscales
Elle est chargée de toutes les missions et prérogatives concernant les opérations
et l’ordonnancement des taxes administratives, fiscales, rémunératoires et autres
droits ainsi que le suivi des recettes exceptionnelles, de participations et des
recettes des services émergeant aux budget annexes, relevant de la compétence
de la ville province de Kinshasa.
c) Direction du Recouvrement
Il a pour attributions :
De définir la stratégie et de fixer les objectifs quantitatifs et qualitatifs
en matière de recouvrement ;
De percevoir les sommes dues aux trésors urbains au titre de tous les
impôts, taxes redevances et autres droits relevant de la compétence de
la ville ;
D’établir et d’analyser les restes à recueillir la politique en matière de
recouvrement des créances jugées irrecevables ;
D’émettre et de gérer les imprimés relatifs aux opérations de
recouvrement ;
De procéder à l’apurement des comptes courants des redevables des
impôts, taxes, redevance, et autres droits relevant de la compétence de
la ville ;
D’élaborer les statistiques des recettes recouvrées et non recouvrées ;
De mener les opérations des poursuites des restes à recouvrir les acquis
libératoires.
d) Directions des suivis des centres communaux
Ces quatre Directions sont réparties en district à savoir :
Direction de suivi LUKUNGA ;
Direction des recettes de LIMETE ;
Direction des recettes de NGALIEMA ;
Direction des recettes de KASA-VUBU ;
Direction des recettes de BARUMBU.
Elles sont chargées d’assurer l’assiette et y contrôle y compris le recouvrement
des personnes physiques.
6. Les centres des Recettes
Ils sont chargés de mener, dans leurs essors respectivement ; les opérations
d’assiette et recouvrement des impôts provinciaux et locaux ; ainsi que celles de
l’ordonnancement et de recouvrement des taxes, redevances et autres droits dus
par les contribuables ou assujettis sélectionnés selon les critères définis par la
Direction Générale (Cfr les BCO)
Source : Direction des finances de la DGRK, 2023
CHAPITRE TROISIEME : ANALYSE DES DONNEES ET
INTERPRETATION DES RESULTATS
Ce chapitre analyse et explique les résultats de la recherche liés au
thème choisi.
S'il est évident que la plus grande majorité de kinois propriétaires des
véhicules fait preuve d'incivisme fiscal, il ne pas non plus exclu que la majorité
d'autorités publiques se retrouvent dans les rangs d'insolvables. Des questions
fusent de partout : Est - ce une question de manque des moyens, de mauvaise foi
ou d'absence de patriotisme ?
Face à l'étendue du manque à gagner qu'enregistre le Trésor public
kinois, nombreux sont ces analystes qui invitent les autorités à prêcher par
l'exemple pour inciter d'autres contribuables à se mettre en règle.
1.4. Le total des recettes recouvrées par la DGRK dans la ville province de
Kinshasa de 2020 à 2023
Source : tableau élaboré par nous-même sur base des informations reçues à la
DGRK
Interprétation :
Tableau n° 3 : Recettes de la Direction Générale des Recettes de Kinshasa de janvier à décembre 2021(montant en CDF).
PERIODE IMPOTS CUMUL
IF IRL RL IV TS
CR
JANVIER 334.831.723 ,022 44.255.007,64 546.062.366,60 2.494.142 36.762.344,50 964.405.583,96
FEVRIER 600.063.072,95 488.761.734,46 350.021.035,64 3.368.491 1.783.976,26 [Link],31
MARS 97.364.804,80 80.382.703,73 321.553.366,54 100.225.543,60 16.595.582,36 616.122.001,03
AVRIL 54.503.710,70 24.419.463,01 417.422.812,91 108.687.058,23 17.198.078,80 622.231.123,65
MAI 28.827.612,10 36.442.721,35 266.990.669,95 56.502.225,93 238.053,20 389.001.282,53
JUIN 4.128.979,40 6.161.693,69 258.394.052,72 20.265.858,20 7.501.036,76 296.451.620,77
JUILLET 1.594.176,30 3.108.037,43 297.168.559,84 31.186.432,13 6.403.217,49 339.460.423,19
AOUT 11.788.838,60 6.978.032,60 337.781.475,18 11.854.685,50 12.012.763,70 380.415.795,58
SEPTEMBRE 10.919.062,70 2.599.550,10 318.025.403,49 8.206.359 4.286.288,60 344.036.663,86
OCTOBRE 12.076.792 34.110.771,63 343.505.805,45 777.140 10.633.285,60 401.103.794,68
NOVEMBRE 18.538.591,12 68.774.126,60 330.169.437,50 843.688,37 12.000.441,60 430.326.282,19
DECEMBRE 19.655.400,84 21.840.214,90 367.728.705,92 902.160 69.827.384,90 479.953.866,56
TOTAL [Link],73 817.834.054,14 [Link],74 345.313.783,96 195.242.453,77 [Link],34
% 17,8 12,2 61.9 5,1 3,0 100
Interprétation :
En considérant ce tableau 5, il s'avère que les recettes sures : l'impôt foncière est de [Link],68 FC soit 14,1% ;
l'impôt sur les revenus locatifs est de 748.502.463,20 FC soit 7,7% ; la retenue locative est de [Link],64 FC soit 60,3% ;
l'impôt sur les véhicules est de [Link],11 FC soit 16,6% et la taxe spéciale de circulation routière est de 159.186.922,45FC
soit 1,6%.
Donc, au regard du recouvrement des recettes des impôts cédés aux provinces et plus précisément dans la ville province de
Kinshasa, pour la période de janvier à décembre 2023, il ressort que l'impôt sur les véhicules ne représente qu'un faible pourcentage
de 16,6%.
L'incidence de l'impôt sur les véhicules sur les recettes de la DGRK peut être analysée dans un tableau de synthèse des
recettes de ces impôts réalisés au cours de la période de 2020 à 2023 par la Direction Générale des recettes de Kinshasa.
Ce tableau se présente de la manière suivante :
Tableau n° 6 : Tableau de synthèse des recettes de la Direction Générale des Recettes de Kinshasa de 2020 à 2023 (Montant CDF)
Légende :
IF : impôt foncier ;
IRL : impôt sur les revenus locatifs ;
RL : la retenue locative ;
IV : impôt sur les véhicules
TSCR : taxe spéciale de circulation routière
% : pourcentage.
Interprétation
En observant le tableau 6, nous constatons que par rapport aux impôts
recouvrés par la DGRK :
En 2020, l'impôt sur les véhicules représente 6,9% ; alors que l'IF, l'IRL,
l'IR et la TSCR représentent respectivement 16,8%, 12,6%, 18,4% et
6,3%. Pour toute la période de 2020 à 2023 ; 1'TV représente seulement
17,4% alors que l'IF, L'IRL, l'IR et la TSCR représentent respectivement
20,7%, 24,7%, 57,4% et 31,1%.
En 2021, l'impôt sur les véhicules représente 5,1% ; alors que l'IF, l'IRL,
l'IR et la TSCR représentent respectivement 17,8%, 12,2%, 61,9% et
3,0%. Pour toute la période de 2017 en 2020 : l'IV représente seulement
14,6% alors que l'IF, l'IRL, l'IR et la TSCR représentent respectivement
24,5%, 26,4%, 22,2% et 15,9%.
En 2022, l'impôt sur les véhicules représente moins de 1% soit (0,0%) des
impôts prélevés ; alors que l'IF, l'IRL, l'IR et la TSCR représentent
respectivement 16,6%, 9,9%, 67,3% et 6,2%. Pour toute la période de
2020 à 2023 : l'IV représente seulement moins de 1% soit 0,0% alors que
l'IF, l'IRL, l'IR et la TSCR représentent respectivement 26,9%, 25,1%,
28,4% et 40,0%.
En 2023, l'impôt sur les véhicules représente 16,6% ; alors que l'IF, P'IRL,
PIR et la TSCR représentent respectivement 14,1%, 7,7%, 60% et 1,6%.
Pour toute la période de 2020 à 2023 : l'IV représente 68% alors que l'IF,
l'IRL, l'IR et la TSCR représentent respectivement 27,9%, 24,1%, 31% et
13%.