I.
La linguistique textualle
La linguistique textuelle est une branche relativement nouvelle de la linguistique [1], étroitement
liée à l'analyse du discours, dont elle est souvent utilisée comme synonyme, et dont l'objet
d'étude est le texte.
Elle est apparue en Europe, plus particulièrement en Allemagne, dans les années 1960, à la suite
de préoccupations concernant les perspectives théorico-méthodologiques adoptées jusqu'alors
pour l'analyse des phrases et des textes. Son évolution, comme le rappelle Bentes (2006, p. 246),
n'était pas homogène, mais, en général, on peut distinguer trois phases avec des préoccupations
théoriques assez différentes les unes des autres:
Analyse transphrastique
La grammaire du texte
II. L'analyse du discours
L'analyse du discours est une pratique de la linguistique dans le domaine de la communication, et
consiste à analyser la structure d'un texte et à partir de là comprendre les constructions
idéologiques qui y sont présentes.
Le discours lui-même est une construction linguistique liée au contexte social dans lequel le texte
est développé. En d'autres termes, les idéologies présentes dans un discours sont directement
déterminées par le contexte politique et social dans lequel vit l'auteur. Plus qu'une analyse
textuelle, l'analyse du discours est une analyse contextuelle de la structure discursive en question.
Michel Foucault a décrit l'Ordre du discours comme une construction de caractéristiques
sociales. La société qui promeut le contexte du discours analysé est à la base de toute la structure
du texte, reliant ainsi tous les éléments qui peuvent faire partie du sens du discours. Le texte ne
peut être appelé de cette façon que si son destinataire est capable de comprendre sa signification,
et cela dépend de l'auteur du texte et de l'attention qu'il accorde au contexte de la construction de
son discours. C'est la relation de base pour l'existence de la communication verbale: émission -
réception - compréhension.
Les pratiques discursives génèrent également d'autres sphères d'analyse du discours, comme
l'Univers des compétitions, qui consiste en la compétition entre plusieurs diffuseurs pour
atteindre le même public cible. À partir de cela, les expéditeurs doivent interagir avec le contexte
de la vie de leur destinataire, afin de pouvoir le défier selon sa propre idéologie, en s'assurant que
son message est reçu et assimilé par le destinataire sans qu'il se rende compte que est ciblé pour
une tentative convaincante, pour ainsi dire.
Dans l'analyse du discours, il y a aussi le discours esthétique, réalisé au moyen d'images, qui
interpelle l'individu par sa sensibilité, qui est aussi liée à son contexte. La sensibilité d'un
individu est définie par ce qui devient important tout au long de sa vie et aiguise ses sentiments.
Avec cela, nous pouvons analyser les arts produits à différents moments de l'histoire à travers le
monde et percevoir les différentes formes d'interpellation et de contextualité qui y sont présentes.
La parole esthétique a la même capacité idéologique que la parole verbale, avec l'avantage
d'atteindre l'individu esthétiquement, ce qui peut donner beaucoup plus rapidement le succès de
la parole appliquée.
De l'analyse de tous les aspects du discours, le plus important est arrivé: le sens. Le sens du
discours n'est pas fixe, pour plusieurs raisons. Pour le contexte, pour l'esthétique, pour l'ordre du
discours, pour sa forme de construction. Le sens du discours est toujours ouvert à la possibilité
d'interprétation par son destinataire. L'effet du discours est, clairement, de transmettre un
message et d'atteindre un objectif prémédité par l'interprétation et l'interpellation de l'individu
cible.
la théorie du texte L'analyse du discours est un domaine de la linguistique et de la
communication qui se spécialise dans l'analyse de l'utilisation des langues naturelles, en
particulier la manière dont les constructions idéologiques se produisent dans un texte. Il est
souvent utilisé pour analyser les textes médiatiques et les idéologies qui les produisent. Dans
certains de ses aspects, l'analyse du discours est proposée sur la base de la philosophie
matérialiste, qui remet en cause la pratique des sciences humaines et la division du travail
intellectuel.
La parole et le texte sont deux concepts essentiels de l'analyse du discours. La première est la
pratique sociale de la production de textes, tandis que la seconde est le produit d'une activité
discursive, l'objet empirique, la construction sur laquelle l'analyste se concentre pour rechercher,
à sa surface, les marques qui guident l'investigation scientifique. Pour l'analyse du discours, tout
discours est une construction sociale, qui reflète une vision du monde liée à celle de ses auteurs
et à la société dans laquelle ils vivent et qui ne peut être analysée qu'en tenant compte de son
contexte historico-social et de ses conditions de production.
La sémantique
Les problèmes de signification envisagés dans le cadre du mot sont du ressort de la lexicologie,
qui étudie notamment des relations de sens telles que : la polysémie, l’antonymie, la synonymie,
l’homonymie et l’hyperonymie / hyponymie. La lexicologie utilise aussi la notion de champs.
Champs morphologique : ensemble des unités lexicales construites à partir d’un mot-base (ex :
lune – lunaire, lunatique, …).
Champs notionnel ou lexical : ensemble des termes relevant d’une même
notion (ex : garage, parking,…).
Champs sémantique : ensemble des emplois d’un mot (ex : les emplois de
« rouler » dans le dictionnaire).
La lexicologie structurale est basée sur la notion capitale de différence, fondatrice de l’apparition
du sens.
La sémantique structurale met l’accent sur la notion de différence, envisagée cette fois ci dans le
cadre du signifié (ou forme du contenu). De même qu’en phonologie le phonème est défini par
un ensemble de traits distinctifs (mode et point d’articulation par ex.), le signifié est constitué de
traits distinctifs nommés sèmes3 et dont l’ensemble de ces traits constituent le sémème4. Un
lexème peut comprendre plusieurs sémèmes. Les sèmes ont une valeur différentielle et relative
(relationnelle) plutôt que minimale. L’archilexème est substituable à tous les lexèmes quand le
contexte n’exige pas plus de précision. Quand il n’existe pas il est reconstruit : c’est
l’archisémème : ensemble de traits communs à tous les termes du champs.
Analyse en compréhension: indique les propriétés que les éléments de
l’ensemble présentent nécessairement. Il s’agit d’identifier tous les traits des termes du texte
de façon contextuelle.
Analyse en extension : énumère tous les éléments d’un ensemble. Il s’agit de
ranger dans le même ensemble tous les termes contenant tel trait.
Dénotation : c’est le rapport entre le signe et le réfé[Link] signifié est constitué de traits
distinctifs sémantiques qui, dans une langue donnée, caractérisent tel signe par rapport à d’autres.
Pas de rapport direct entre référent et signifiant. Le rapport signifiant – signifié et la
[Link]. : Les signes « étoile du matin » et « étoile du soir » ont le même référent :
« vénus ». // le signifié « la femme du fils » est rendu par 2 signes : « belle-fille » et « bru ».
Connotation : un terme connoté comporte un signifiant (composé du signifiant
et du signifié de dénotation) et son propre signifié. (par ex. : le mot « flamme » en dénotation
a un signifiant : /flam/ et un signifié ‘mélange gazeux en combustion’ // en littérature il
connote ‘l’amour’ // et dire « flamme » pour « amour » c’est connoter ‘poésie’ ! // « t’es mon
pote » connote le niveau de langue populaire).
La sémantique des textes
Le champ lexical, appliqué au texte, désigne l’ensemble des mots (n’appartenant pas forcément
à la même catégorie grammaticale) qui ont entre eux au moins un élément de signification
commun ; on range ces mots dans un ensemble et on donne à cet ensemble, comme titre, cet
élément commun qui est un sème. Pour l’organisation des champs, l’analyse met en jeu
plusieurs relations sémantiques:
- l’équivalence : qui correspond à une identité sémique partielle entre 2 ou plusieurs lexèmes.
- L’antonymie 7: à relier à l’équivalence car on n’oppose que des termes qui peuvent être
comparés8. (ex. : « santé » / « maladie » , « blanc » / « noir »).
- L’inclusion : les champs sont souvent articulés en sous-champs (le champ du /mouvement/
pourra s’articuler, si c’est le cas, en /mouvement vertical/ vs /mouvement horizontal/).
Le découpage en champs lexicaux s’effectue au fur et à mesure des lectures
successives du texte. Ensuite on examine la distribution de ces éléments de sens dans le
texte10 (étude distributionnelle), et les relations qu’ils contractent par la syntaxe (étude
syntagmatique).
Le texte
Le texte est défini comme « suite linguistique autonome (orale ou écrite) constituant une unité
empirique12, et produite par un ou plusieurs énonciateurs dans pratique sociale attestée. Les
textes sont l’objet de la linguistique ». Le texte n’est pas une construction théorique, un artefact,
et c’est là un principe d’objectivité. Il n’existe pas de texte sans genre, et tout genre relève d’un
discours (ex. : religieux, politique, juridique, …) rattaché à un pratique sociale. (ex. dans la
pratique médicale, il y a le discours médical dans lequel on peut distinguer par ex. les genres
écrits dont dispose un médecin dans sa pratique professionnelle : l’observation clinique, l’article
scientifique…).
Les genres n’existent pas que dans la pratique de la littérature et leur (re)connaissance est
primordiale pour l’interprétation des textes. Tout texte est articulé autour de composantes. Une
composante est « une instance systématique qui, en interaction avec d’autres instances de même
sorte, règle la production et l’interprétation des suites linguistiques ».
On distingue 4 composantes de la textualité :
- Thématique : « étude des contenus investis et de leurs structures paradigmatiques » (càd : de
quoi est-il question ?)
- Dialectique : « composante sémantique qui articule la succession des intervalles dans le temps
textuel, comme les états qui y prennet place et les processus qui s’y déroulent ».
- Dialogique : « composante sémantique qui articule les relations modales13 entre univers et
monde ; sa description rend compte de l’énonciation représentée ».
- Tactique : « composante qui règle la disposition linéaire des unités sémantiques » (càd : ordre
des unités). Les degrés de complexité de la description sémantique sont nommés paliers. On
distingue la macrosémantique (qui a pour objet d’étude le texte), la mésosémantique (qui a
pour objet la phrase) et la microsémantique (qui a pour objet les unités du palier inférieur :
morphème, mot, lexie, syntagme).
Les classes
On adopte les conventions suivantes pour représenter les différentes unités linguistiques :
« signe » , sème, « sémème », classe sémantique. Les notions de sèmes et de sémèmes sont
absolument dépendantes de la notion de classe. La signification d’un mot varie avec les classes
où il se trouve inclus, en langue comme en discours. C’est la théorie des classes lexicales qui
fonde l’analyse de la signification lexicale.
Le sème est la plus petite unité de signification définie par l’analyse. Les sèmes sont constitués
d’éléments spécifiques (Sp) et génériques (Sg). (ex. Sg : <<être humain>> avec comme Sp :
<<de sexe féminin>>). Attention ! un sème peut être générique dans un cas et spécifique dans
l’autre ! Le sème n’est pas libre, il est le constituant d’un sémème ; la nature du sème est
relationnelle, relative.
Le sémème (ensemble des sèmes) correspond (en partie ou en totalité) au signifié d’un
morphème (qui peut comprendre plusieurs sémèmes). Il est constitué par le
sémantème (ensemble de sèmes spécifiques du sémème) et le classème (ensemble de sèmes
générique du sémème).
Le morphème est « le signe minimal, indécomposable dans un état synchronique donné.