2– Liu P, Huang M, Guo H et al (2024) Design of customized coronavirus
receptors. Nature Nov;635(8040):978-986.
ANNEXE 6 :
Manipulations en laboratoires classés BSL2 à BSL4
La désignation du niveau BSL est décidée par chaque pays et le plus souvent en
fonction des risques pour les manipulateurs. Le potentiel épidémique n’est pris en compte à
au moment au cours de l’évolution des travaux. Par exemple, la désignation BSL-4 concerne
généralement des virus mortels, infectieux ou non par aérosol, avec ou sans vaccin ni
traitement contre celui-ci. Ainsi, bien que la rage soit mortelle à 100 % chez l'homme, elle peut
être prévenue par un vaccin ou par un sérum post-exposition, elle est donc BSL-2 même si
c’est une infection qui peut être mortelle. Les coronavirus humains, y compris les sarbécovirus,
sont régulièrement étudiés dans des laboratoires de niveau BSL-2 dans le monde, puisque la
possibilité d’infection humaine n’est pas avérée.
Des Exemples concernant les accidents /incidents de laboratoire : L’histoire de
recherches en virologie ayant provoqué des accidents de laboratoires est abondante avec
plusieurs exemples, y compris ces dernières années, incluant le virus H1N1 en 2009,
l’épidémie de virus Ebola en 2014-2016, l’épidémie de virus Zika aux Etats-Unis en 2005-2006
(1). Le niveau précis de risque de ces accidents-incidents est difficile à évaluer en l'absence
de système de déclaration obligatoire dans la majorité des pays. Les enquêtes sont
uniquement basées sur une analyse rétrospective des articles et rapports publiés et sur des
questionnaires sur une base de volontariat, expliquant une importante sous-déclaration. Il a
été répertorié entre 1979 et 2015, près de 2388 infections symptomatiques provenant de 475
références publiées dans le monde entier, dont 42 décès (2 % de létalité), 19 infections
secondaires et 3 infections tertiaires (2). Environ 40 % des rapports concernaient des
laboratoires de recherche. Blacksell et al. ont rapporté 309 accidents publiés entre 2000 et
2021 (3). Les agents pathogènes rencontrés sont des bactéries (Brucella spp., M.
tuberculosis…), des virus (VHB, VHC, VIH, SARS-CoV…), des champignons, des parasites
et des prions. Ces agents ont parfois été à l’origine d’épidémies (1).
1- Heymann DL, Aylward RB, Wolff C. (2004) Dangerous pathogens in the laboratory:
from smallpox to today's SARS setbacks and tomorrow's polio-free world. Lancet. May
15;363(9421):1566-8. PMID: 15145625
2- Byers K.B., Harding, A.L. (2017) Laboratory-Associated Infections (chap. 4, p. 59-82).
In: Biological Safety, Principles and Practices, Eds. Wooley D.P. & Byers K.B. (5th ed.).
3- -Blacksell S.D., Dhanan S., Kusumoto M., et al., (2024) Laboratory-acquired infections
and pathogen escapes worldwide between 2000 and 2021: a scoping review, Lancet
Microbe; 5: e194-e202.
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