d’anticorps spécifiques peuvent également conduire à la sélection de souches dangereuses
échappant aux vaccins.
- Les risques liés à l’usage d’animaux transgéniques humanisés : Administrés à des
animaux transgéniques, ces infections virales ont pour objectifs soit de tester la pathogénicité
virale ou l’effet antiviral de molécules, soit d’étudier les réponses immunitaires, notamment en
termes de production d’anticorps neutralisants par les animaux vaccinés, en comparaison à
des animaux témoins infectés. Ces expériences peuvent être particulièrement risquées et
dangereuses lors d’études de virus respiratoires, du fait des aérosols produits par les animaux
infectés, en particulier en cas de virus à pouvoir pathogène augmenté. Les risques de
manipulations de tels modèles animaux sont importants, notamment en cas de morsures et/ou
d’absence de protection suffisante des manipulateurs face à la diffusion de virus par aérosols,
dans un environnement insuffisamment confiné de type A2 ou A3 (classement des
animaleries). Les expériences de franchissement de barrière d’espèces ou l’insertion
concertée de mutations associées à la pathogénèse ou à la virulence sont les risques majeurs
à prendre en considération, en particulier face à l’accélération des progrès techniques,
notamment ceux portés par l’IA.
- Les risques de certaines recherches sont sous-estimés par les chercheurs : Les
recherches de traitements antiviraux et les recherches vaccinales basées sur les techniques
précédemment citées sont souvent présentées comme une justification des expériences de
GOF. Or, celles-ci peuvent représenter des risques de développement de virus hautement
infectieux et pathogènes pour l’homme (23, 24). La littérature récente décrit plusieurs
exemples montrant qu’un certain nombre d’équipes poursuivent des expériences dans des
conditions qu’elles estiment sans risque, alors que d’autres considèrent irresponsable de
pratiquer de telles expériences jugées dangereuses, en raison de l’impossibilité d’en estimer
les conséquences en cas d’accidents (25, 26). Il a été constaté, encore récemment, que
certains auteurs jugent suffisant des manipulations à risque dans des laboratoires de type
BSL2 (moindre protection du personnel et de l’environnement que ceux du type BSL3).
2 – Les propositions d’actions :
Pour tout projet en virologie, il est impératif de définir un cadre et des limites, du fait
de manipulations à risque d’augmenter la virulence et/ou de modifier la transmission inter-
espèces et/ou à l’homme et/ou d’augmenter une plus forte pathogénicité chez l’homme et chez
des animaux (transgéniques ou non). Les risques sont non seulement liés à la manipulation
des pathogènes, mais également à la publication des résultats dont on peut redouter un usage
malveillant appelé « recherches duales à risque » (27).
- La formation des étudiants et des chercheurs : De nombreux exemples révèlent les besoins
de responsabiliser les équipes de recherche sur les risques inhérents à leurs travaux. Pour
sensibiliser à ce type de réflexion, la formation aux questions scientifiques et éthiques de la
recherche devrait être abordée dès le début des études scientifiques et médicales. Y seraient
abordées certaines recherches à risque pour la société et la santé globale (à instaurer aussi
dans les écoles doctorales, les écoles d’ingénieurs et les BTS).
- Une formation sensibilisant à la responsabilité scientifique, aux enjeux et à l’éventuel
impact des résultats attendus, dont il faut réfléchir en amont des conséquences qu’ils soient
négatifs ou positifs ; au moment d’engager un projet de recherche, il faut accepter de réfléchir
aux aspects éthiques du projet : est-ce que tous les résultats sont publiables ?
- Une formation aux questions de risques liés aux technologies utilisées doit être
instaurée, en particulier dans le contexte du développement de nouveaux outils. De plus, la
sensibilisation des responsables (de laboratoires, d’établissements et d’organismes de
recherche publics ou privés) à ces questions et à l’évolution des risques devrait être
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