- Les règles en animaleries : Elles doivent être définies, qu’il s’agisse de modèles d’infection,
de manipulations génétiques, de GOF ou d’infections d’animaux humanisés. L’exemple de
l’INRAe est très informatif : la règlementation et les règles techniques imposent un suivi de
l’ensemble des laboratoires et leur encadrement par des ingénieurs biosécurité formés et
organisés en réseau (suivant les mêmes directives et les mêmes procédures).
- En cas d’incidents/accidents : le recours à une expertise médicale immédiate doit être
associé à un plan éventuel de confinement des personnels infectés, limitant les conséquences
pour la santé humaine.
De plus, la formation aux déclarations des accidents/incidents nécessite d’être renforcée car
ils sont sous-déclarés et sous-estimés par les responsables. En analyser les causes peut
permettre de les éviter ultérieurement. Cela implique de sensibiliser le personnel sur l’intérêt
de ces déclarations, par une approche constructive non culpabilisante et sans orientation
punitive, selon le modèle utilisé en Belgique (31). Chaque organisme de recherche devrait
s’organiser pour collecter les données, pour pouvoir alimenter une base nationale de données
à partager pour la formation par l’exploitation du retour d’expérience, avec un plan opérationnel
en cas de contamination.
(Voir dans le tableau 1 la Recommandation 3 découlant de ces différents points).
V : La mise à jour et le contrôle des procédures au niveau national et européen :
1 – Le constat :
Dans le contexte de recherches « Duales » à risque de mésusage, le rapport du CNCB
de 2018 fait un état des lieux des réflexions nationales et internationales et des expériences
de guides et/ou de chartes, des réglementations afférentes dans les pays d’Europe soulignant
le problème de la disparité des réglementations dans le monde (32, 33).
- Le classement des laboratoires : La définition du niveau « BSL » est fixée en référence aux
critères de l’OMS dont l’application est de la responsabilité de chaque pays (34). Ces critères
tiennent compte de la contagiosité, de la virulence, de la pathogénicité des virus et des
possibilités de prévention et de traitement. Le classement des pathogènes et toxines dépend
des autorités sanitaires de chaque pays mais n'est pas nécessairement liée au potentiel
pandémique. Le classement étant fait en référence à des listes nationales, et non le fruit d’une
véritable « analyse des risques », cela conduit à des distorsions entre les pays, avec par
exemple la délocalisation d’expériences à risque, vers un pays où les contraintes sont
moindres.
Un autre exemple préoccupant au niveau mondial est celui des coronavirus, y
compris les sarbécovirus de chauve-souris régulièrement étudiée dans des laboratoires de
niveau BSL-2, car arbitrairement considérés comme peu dangereux et non transmissibles à
l’homme. D’une part, des virus inconnus jusqu’alors peuvent se révéler pathogènes pour
l’homme ; d’autre part, des expériences et manipulations génétiques peuvent transformer des
virus non pathogènes en virus pathogènes nécessitant des conditions strictes de protection
des expérimentateurs (en BSL3 voire BSL4).
En France, il faut noter que le nombre de laboratoires classés BSL2 ou BSL3 n’est
pas connu (universitaires ou industriels).
- Le classement des Micro-Organismes et Toxines en « MOT » : En France, des listes
d’« agents à risque » ont été établies, en particulier pour la sécurité sanitaire et la sûreté
nationale. Ils sont soumis à des règlementations nationales (Arrêté du 16 novembre 2021
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