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Épreuve de Mathématiques C.G.S.T 2016

Le document présente une épreuve de mathématiques du Concours Général des Sciences et Technologies au Maroc, datée de juillet 2016. Il aborde le calcul de l'intégrale de Poisson et l'étude des suites récurrentes linéaires, avec des exercices sur les intégrales, les propriétés des fonctions polynomiales et des relations de récurrence. Les différentes parties de l'épreuve incluent des démonstrations, des calculs d'intégrales et des études de propriétés des opérateurs sur les fonctions numériques.

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Le document présente une épreuve de mathématiques du Concours Général des Sciences et Technologies au Maroc, datée de juillet 2016. Il aborde le calcul de l'intégrale de Poisson et l'étude des suites récurrentes linéaires, avec des exercices sur les intégrales, les propriétés des fonctions polynomiales et des relations de récurrence. Les différentes parties de l'épreuve incluent des démonstrations, des calculs d'intégrales et des études de propriétés des opérateurs sur les fonctions numériques.

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Concours Général des Sciences et Technologies

(C.G.S.T)
Épreuve de Mathématiques

ROYAUME DU MAROC
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Académie Hassan II des Sciences et Techniques
Juillet 2016

Durée de l’épreuve : 4h.

Exercice: Calcul de l’intégrale de Poisson


Calcul de l’intégrale :
Z π
ln(r2 − 2r cos θ + 1)dθ, r ∈] − 1, 1[
−π

Partie I : Calcul d’une intégrale préliminaire


Pour tout élément r de l’intervalle ] − 1, 1[,
 on considère la fonction numérique Pr définie
1+reiθ 1−r2
sur l’ensemble R par : Pr (θ) = Re 1−reiθ et Pr (θ) = r2 −2r cos θ+1 .

1.4. Montrer que pour tout nombre réel θ, on a l’égalité ci-dessus.

2.4. Montrer que pour tout couple (a, b) de nombres réels vérifiant −π < a < b < π, on
a: Z b Z tan(b/2)
1 − r2
Pr (θ)dθ = 2 2 2 2
dt
a tan(a/2) (1 − r) + t (1 + r)

3.4. En déduire que −π Pr (θ)dθ = 2π.

Partie II : Calcul de l’intégrale de Poisson


Pour tout élément θ de l’ensemble R, on considère la fonction numérique fθ définie sur
l’intervalle ] − 1, 1[ par :

∀r ∈] − 1, 1[, fθ (r) = ln(r2 − 2r cos θ + 1)

1
1.3. Montrer que la fonction fθ est deux fois dérivable sur l’intervalle ] − 1, 1[ et que :
12
∀r ∈] − 1, 1[, |fθ′′ (r)| ≤
(1 − |r|)4

B.2. En déduire de ce qui précède que pour tout élément r de l’intervalle ] − R, R[ et


pour tout nombre réel h tel que r + h ∈] − R, R[, on a :
h2 12
|fθ (r + h) − fθ (r) − hfθ′ (r)| ≤ ×
2 (1 − R)4

Soit la fonction numérique ψ définie sur l’intervalle ] − 1, 1[ par :


Z π
∀r ∈] − 1, 1[, ψ(r) = ln(r2 − 2r cos θ + 1)dθ
−π

1.3. Montrer que la fonction ψ est dérivable sur l’intervalle ] − 1, 1[ et que :


Z π
′ r − cos θ
∀r ∈] − 1, 1[, ψ (r) = 2 2

−π r − 2r cos θ + 1
Rπ cos θ
2.3. Calculer l’intégrale −π r2 −2r cos θ+1
dθ, et en déduire que la fonction ψ est constante.

Problème: Étude des suites récurrentes linéaires


Définitions et notations
1- Pour k et r de N où k ≤ r, on note kr le coefficient binomial défini par r r!
 
k
= k!(r−k)!
.
Par convention, on pose kr = 0 si r < k.


2- On note F l’ensemble des fonctions numériques définies sur R, et ∆ l’opérateur


défini sur l’ensemble F par : ∆ : F → F, f 7→ ∆(f ) où chaque fonction f de F est
associée à la fonction numérique ∆(f ) définie sur R par :
∀x ∈ R, ∆(f )(x) = f (x + 1) − f (x).

3- On note P l’ensemble des fonctions polynomiales définies sur R à coefficients réels ;


et pour tout entier naturel n, Pn l’ensemble des fonctions polynomiales appartenant
à P dont le degré ne dépasse pas n.
4- PourP toute fonction polynomiale P de P, de degré r ≥ 1 et définie par P (x) =
x − r−1
r q
q=0 aq x , on considère l’ensemble SP constitué des suites numériques (un )n∈N
qui vérifient la relation de récurrence linéaire (EP ) suivante :
r−1
X
∀n ∈ N, un+r = aq un+q .
q=0

Le but de ce problème est d’étudier l’ensemble SP et de déterminer une expression générale


de ses éléments en fonction des racines de la fonction polynomiale P .

2
Partie I : Étude de quelques propriétés de l’opérateur ∆
Soit f une fonction de F; on rappelle que la fonction numérique ∆(f ) est définie par
∀x ∈ R, ∆(f )(x) = f (x + 1) − f (x). On définit également, pour tout entier naturel n ≥ 2,
la fonction numérique ∆n (f ) par ∆n (f ) = ∆(∆n−1 (f )).
1.1. Soit f une fonction de F et x un nombre réel. Calculer ∆2 (f )(x) en fonction des
nombres réels f (x), f (x + 1) et f (x + 2).
2.1. Soit f une fonction de F et x un nombre réel. Montrer que pour tout entier naturel
n ≥ 2, on a :
n  
n−k n
X
n
∆ (f )(x) = (−1) f (x + k)
k=0
k
Indication : On peut utiliser la formule de Pascal suivante : n−1
 n−1
+ k = nk , 1 ≤

k−1
k ≤ n − 1.
3.1. Soit P une fonction polynomiale de Pn de degré n ≥ 1; on pose P (x) = nk=0 ak xk , x ∈
P
R.
1.3.1. Montrer que ∆(P ) est une fonction polynomiale de degré (n − 1) en précisant
son coefficient dominant.
2.3.1. Déterminer le degré de la fonction polynomiale ∆n (P ), puis montrer que
∆n+1 (P ) = 0.
4.1. Soit P une fonction polynomiale de Pr où r ≥ 2; montrer que ∆r (P ) = 0; et en
déduire que pour tout nombre réel x, on a :
r−1  
r−1−k r
X
P (x + r) = (−1) P (x + k)
k=0
k

5.1. Soit m ≥ 1 un entier naturel ; on déduit de la question 1.3.1. ci-dessus que ∆(Pm ) ⊂
Pm−1 . On vise dans ce qui suit à prouver l’inclusion inverse Pm−1 ⊂ ∆(Pm ).
Pour cela, on considère une fonction polynomiale B de Pm−1 , définie par B(x) =
P m−1 k
k=0 bk x .

1.5.1. Soit A une fonction polynomiale de Pm ; on pose A(x) = m k


P
k=0 ak x pour tout
nombre réel x.
n
∆(A) = B ⇐⇒ (3) br = m k
P 
k=r+1 a k r
, 0 ≤ r ≤ m − 1.

2.5.1. On suppose dans cette question que m = 3. Montrer que le système (3)
ci-dessus, d’inconnue (a1 , a2 , a3 ), admet une solution unique.
3.5.1. Montrer que B ∈ ∆(Pm ). Indication : Vous pouvez raisonner par récurrence
pour montrer que le système (3) ci-dessus, d’inconnue (a1 , ..., am ), admet une
solution, en commençant par déterminer la valeur du nombre am .
6.1. Soit m ≥ 1 un entier naturel et α un nombre réel différent de 1.
∀Q ∈ Pm , ∃S ∈ Pm , ∀x ∈ R, Q(x) = αS(x + 1) − S(x)

3
Partie II : Étude de l’ensemble SP dans le cas P (x) = (x − 1)r , r ≥ 2
Soit r un entier naturel tel que r ≥ 2 et Pr la fonction polynomiale définie par Pr (x) =
(x − 1)r , x ∈ R.

1.2. Soit (uk )k∈N une suite numérique. Montrer que (uk )k∈N appartient à l’ensemble SPr
si et seulement si elle vérifie la relation de récurrence :
r−1  
r−1−k r
X
∀n ∈ N, un+r = (−1) un+k
k=0
k

2.2. Soit Q une fonction polynomiale de Pr−1 ; montrer que la suite (Q(k))k∈N appartient
à l’ensemble SPr .

3.2. Soit (uk )k∈N une suite numérique appartenant à l’ensemble SPr ; on considère la
fonction polynomiale Qu définie par :
r−1
X
∀x ∈ R, Qu (x) = uk Lk (x)
k=0

où, pour chaque k de l’ensemble {0, ..., r − 1}, Lk est la fonction polynomiale définie
par :
r−1
Y (x − j)
∀x ∈ R, Lk (x) =
j=0,j̸=k
(k − j)

1.3.2. Soit k un nombre de l’ensemble {0, ..., r − 1}. Montrer que Lk est une fonction
polynomiale de degré (r − 1) et qu’elle vérifie :
(
1, si i = k
∀i ∈ {0, ..., r − 1}, Lk (i) =
0, si i ̸= k

2.3.2. Vérifier que Qu (i) = ui pour tout nombre i de l’ensemble {0, ..., r − 1}.
3.3.2. Montrer que Qu est une fonction polynomiale de Pr−1 qui vérifie Qu (k) = uk
for tout entier naturel k.

4.2. Montrer que SPr = {(Q(k))k∈N ; Q ∈ Pr−1 }.

Partie III : Étude de l’ensemble SP dans le cas général


Le but de cette partie est de déterminer une expression générale des éléments de l’ensemble
SP en fonction des racines de la fonction polynomiale P .

1.3. Premier cas : P (x) = x − λ où λ est un nombre réel. Montrer dans ce cas
que l’ensemble SP est constitué des suites numériques géométriques de raison λ :

SP = {(aλk )k∈N ; a ∈ R}

4
2.3. Deuxième cas : P (x) = xr où r ≥ 2. Montrer dans ce cas que l’ensemble SP est
constitué des suites numériques (uk )k∈N qui vérifient ∀n ∈ N, un+r = 0.

3.3. Troisième cas : P (x) = (x − λ)r où λ est un nombre réel non nul, et r ≥ 2.
On considère la fonction polynomiale Pr définie par ∀x ∈ R, Pr (x) = (x − 1)r .

1.3.3. Soit (uk )k∈N une suite numérique.


u 
k
(uk )k∈N ∈ SP ⇐⇒ ∈ SPr
λk k∈N

2.3.3. En déduire que SP = {(λk Q(k))k∈N ; Q ∈ Pr−1 }.

4.3. Propriété importante Soit λ un nombre réel, et soient P et R deux fonctions


polynomiales de P telles que ∀x ∈ R, P (x) = (x − λ)R(x).

1.4.3. On pose P (x) = nk=0 ak xk et R(x) = n−1 k


P P
k=0 bk x , et on suppose que n ≥ 2.

a0 = −λb0

an = bn−1

ak = bk−1 − λbk , 1 ≤ k ≤ n − 1

2.4.3. Soit (uk )k∈N une suite numérique.

(uk )k∈N ∈ SP ⇐⇒ (uk+1 − λuk )k∈N ∈ SR

5.3. Cas P (x) = (x − λ)(x − µ)r : où λ et µ sont deux nombres réels vérifiant λ ̸= µ,
λ ̸= 0 et r ≥ 2.

SP = {(aλk + µk R(k))k∈N ; a ∈ R, R ∈ Pr−1 }

Indication : On peut utiliser le résultat de la question 2.3.3 ci-dessus, puis le résultat


de la question 6.1 de la première partie avec α = µλ .

6.3. Cinquième cas : Sans utiliser le résultat de la question 2.2.3 ci-dessus, trouver
une autre méthode pour répondre à la question 5.3 ci-dessus dans le cas où les
nombres λ et µ sont égaux, et montrer que SP = {(λk Q(k))k∈N ; Q ∈ Pr }.

7.3. Cas général : P (x) = rk=1 (x − λk )mk , où r ≥ 2 est un entier naturel, λ1 , λ2 , ..., λr
Q
des nombres réels deux à deux distincts, et m1 , m2 , ..., mr des entiers naturels non
nuls. Montrer que les éléments de l’ensemble SP sont les suites numériques qui
s’écrivent sous la forme : !
X r
λnk Rk (n)
k=1 n∈N

où, pour chaque k de l’ensemble {1, ..., r}, Rk est une fonction polynomiale de
l’ensemble Pmk −1 .

5
Partie IV : Applications
1.4. On considère la fonction polynomiale P définie par : P (x) = x5 − 12x4 + 57x3 −
134x2 + 156x − 72.

1.1.4. ...
2.1.4. Déterminer toutes les suites numériques (un )n∈N qui vérifient la relation de
récurrence linéaire suivante :

∀n ∈ N, un+5 = 12un+4 − 57un+3 + 134un+2 − 156un+1 + 72un

2.4. Soit a et b deux nombres réels tels que a ̸= 1 et b ̸= 0. Déterminer toutes les suites
numériques (un )n∈N qui vérifient la relation de récurrence suivante :

∀n ∈ N, un+2 − (a + 1)un+1 + aun = bn

Indication : On pourra étudier les cas b ∈


/ {1, a}, b = a, b = 1.

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